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François d'Assise (4 octobre)

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15477662.jpgDe missel.free.fr

Grâce aux multiples rameaux de 1a famille franciscaine, Saint François d'Assise est assurément le maître spirituel qui a le plus profondément influencé la conscience religieuse populaire en Occident, singulièrement en ce qui touche la dévotion eucharistique. Des Opuscules qui rassemblent les écrits de Saint François d'Assise, on peut extraire une dizaine de textes particulièrement édifiants pour la piété eucharistique.

Deux des vingt-huit Admonitions, que l'on s'accorde à considérer comme les premières instructions de Saint François d'Assise à ses frères, parlent de l'Eucharistie. Dans la premièreAdmonition, il range parmi les damnés, la « race charnelle » de ceux « qui ne voient pas et ne croient pas, selon l'Esprit et selon Dieu, que ce soit là réellement les très saints Corps et Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ qui, chaque jour, s’humilie, exactement comme au jour où, quittant son palais royal, il s'est incarné dans le sein de la Vierge. » Ces gens sont condamnés parce que la dureté de leur coeur les empêche de contempler, c'est-à-dire de chercher à voir, « avec les yeux de l’esprit » ce qu'ils regardent avec leurs yeux de chair : « nous aussi, lorsque de nos yeux de chair, nous voyons le pain et le vin, sachons voir et croire fermement que nous avons là le Corps et le Sang très saints du Seigneur vivant et vrai. » Il est bien clair, dans la démarche spirituelle de Saint François d'Assise, que voir au-delà de ce que l'on regarde s'acquiert par l'effort du fidèle qui se veut accorder à l'Esprit Saint qui réside en lui, « c'est donc 1' Esprit du Seigneur, habitant ceux qui croient en lui, qui reçoit le Corps et le Sang très saints du Seigneur. Tous les autres, qui n'ont point part à cet Esprit et qui osent le recevoir, mangent et boivent leur condamnation. »

Ainsi, pour le baptisé, contempler Jésus dans l'Eucharistie et recevoir les grâces de la communion, procède de son acceptation des dons du Saint-Esprit qui s'épanouissent dans l'âme de celui qui s'y soumet par un effort constant de la volonté. Or, pour se réaliser pleinement, cet effort constant de la volonté doit nécessairement, selon Saint François d'Assise, s'accompagner de trois conditions : confession fréquente, respect aux ministres de l'Eucharistie, vénération habituelle des lieux de culte.

La Regula I fratrum minorum qui remplaça la règle primitive dont le texte ne nous est pas parvenu, souligne que les frères ne recevront la communion « que contrits et confessés. » Saint François d'Assise signale la même exigence dans la première lettre, adressée à tous les fidèles, et, dans la sixième lettre, il commande à ses frères, pour toutes les prédications qu'ils font, de prêcher au peuple la pénitence. Parce que le fidèle reçoit le Seigneur « d'un coeur pur et dans un corps chaste », il fait des oeuvres de pénitence qui sont fruits de salut, dont la plus grande est l'amour du prochain. Au cours du XIII° siècle, Thomas de Celano écrivait des premiers frères mineurs : « ils s'examinaient continuellement et repassaient dans leur esprit toutes leurs actions, rendant grâces à Dieu pour le bien qu'ils avaient fait, gémissant et pleurant sur leurs négligences ou leurs manques de prudence. »

Dans l'antépénultième et vingt-sixième Admonition, Saint François d'Assise s'écrie : « bienheureux le serviteur de Dieu qui porte foi aux clercs, et malheur à ceux qui les méprisent ! » Et Saint François d'Assise d'ajouter, dans son Testament : « Le Seigneur m'a donné et me donne encore, à cause de leur caractère sacerdotal, une si grande foi en les prêtres qui vivent selon la règle de la sainte Eglise romaine, que même s'ils me persécutaient, c'est à eux que je veux avoir recours ... Je veux les craindre, les aimer et les honorer comme mes seigneurs. » Les prêtres ne sont pas vénérables à cause d'eux-mêmes, écrivait Saint François d'Assise dans la première lettre, car ils peuvent être pécheurs, mais à cause de leur charge de « ministres du Corps et du Sang très saints de Notre-Seigneur Jésus-Christ qu'ils sacrifient sur l'autel, qu'ils reçoivent eux-mêmes et dont ils sont les dispensateurs pour les autres. »

Saint François d'Assise, dans sa première lettre, conjugue les nécessités de « visiter fréquemment les église et de révérer les prêtres. » Dans sa deuxième lettre il déplore les profanateurs qui « laissent l'Eucharistie à l'abandon, en des endroits malpropres, la portant sans honneur dans les rues, la recevant indignement et la distribuant aux autres sans discernement. » Il exige que la Présence Réelle soit entourée d'honneur et de vénération, il entend qu'on observe les règles du culte, qu'on place les saintes espèces « dans des lieux précieusement ornés » , qu' on soit attentif à l'état des vases sacrés et des linges, autant d'actes formels et d'attitudes révérencielles qui portent à la contemplation. « Je vous en prie donc instamment, vous tous, mes frères, en vous baisant les pieds et avec tout l'amour dont je suis capable : témoignez toute révérence et tout honneur, aussi grandement que vous pourrez, au Corps et au Sang très saints de Notre Seigneur Jésus-Christ, en tout ce qu'il y a dans le ciel et tout ce qu'il y a sur la terre a été pacifié et réconcilié au Dieu tout-puissant. »

Fondée sur une expérience mystique privilégiée, la spiritualité de Saint François d'Assise mène à l'adhérence totale au Christ à travers son imitation nourrie dans la méditation de tous les aspects du Christ, singulièrement, comme nous le chantons à Noël, de la crèche au crucifiement. Or, le Christ que Saint François d'Assise voulait imiter exactement, et qui sanctionna cette adéquation par le don des stigmates, se révélait à lui, immédiatement et sensiblement, dans l'Eucharistie. Son âme, éprise de sa propre purification, ordonnée au Seigneur par ses mortifications, communiait activement.

Se mettre à l'école du père séraphique, exige que l'on s'échine à considérer le Christ sous tous ses aspects pour pouvoir discerner, dans nos propres vies, ceux auxquels il nous associe et que nous reproduisons dans le siècle. Comme le résumeront plus tard les pères de l' Ecole française de spiritualité, mettre Jésus devant nos yeux, pour qu'il pénètre nos coeurs, puis anime nos mains. Pour parler comme Bossuet à propos de l' Eglise, le chrétien n'est autre que le Christ répandu et communiqué. Cependant le fidèle ne saurait être au Christ en dehors de l'Eglise qui, d'une part, transmet son enseignement et, d'autre part, communique sa vie. Enfin, à l'exemple et par l'intercession de la Vierge Marie, le chrétien se laisse saisir par le Saint-Esprit pour engendrer spirituellement les âmes dans le Christ et l' Eglise, opération qui s'accomplit chez celui qui accueille dans sa propre vie le Christ sous tous ses aspects, qui vise à aimer Dieu et le prochain par des oeuvres pieuses et miséricordieuses, qui cherche toujours davantage la pureté du coeur par l'examen de sa conscience et la réforme de soi.

Voilà donc ce que chacun de nous doit attendre de la communion qui sera d'autant plus efficace que, avant de la recevoir, il se sera déjà préparé à ses fruits par d'actifs exercices de soumission aux dons du Saint-Esprit. Au lieu d'attendre béatement que l'Eucharistie, reçue plus ou moins dignement, veuille bien nous transformer à l'image du Christ, ayons soin de nous préparer à cette conversion par l'obéissance à l'enseignement de l' Eglise, par la vénération du Saint-Sacrement, par des actes de charité fraternelle, par la contrition, la pénitence et la confession. Que le ministère de la Vierge Marie, Mère de Dieu et notre Mère, nous y aide par l’intermédiaire des saint anges et l’intercession des saints.

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