03/05/2014

Les catholiques : quelle influence ?

Lu sur le site « Liberté Politique » :

« Le sondeur Jérome Fourquet et le démographe Hervé Le Bras se sont associés pour réaliser une étude sur le vote et la géographie des catholiques en France. Ils se sont particulièrement intéressés aux cinquante dernières années. Si la pratique a diminué, la religion garde un rôle non négligeable dans le vote.

Des changements sociologiques de grande importance ont eu lieu depuis Vatican II. En effet, la période de l'après-concile a été marquée par le déclin spectaculaire du catholicisme. La fréquentation de la messe est moindre, le nombre de baptisés baisse, etc. L'influence du catholicisme est donc en chute notable.

Le « messalisant », une espèce en voie de rétrécissement

Les auteurs définissent les catholiques pratiquant comme « une partie de la population disposant d’un système de valeurs spécifiques, et qui prend toujours en considération les messages et les valeurs de l’Église. D’un point de vue sociologique, le profil des catholiques pratiquants présente plusieurs particularités : ce sont majoritairement des femmes et des personnes dont la catégorie socio-professionnelle se situe dans les plus aisées, avec une forte représentation de retraités et d’agriculteurs ».

Le messalisant, lui, se rend tous les dimanches ou plus à la messe, le pratiquant s'y rendant lui « régulièrement ». Sans surprise, le messalisant et le pratiquant constituent les deux « catégories » de catholiques les plus « sensibles » (sic) à l’enseignement de l'Église.

L'influence indirecte du catholicisme

Le catholicisme, s'il a perdu son influence directe (seuls 6% des Français se rendent à la messe au moins le dimanche) a gardé une influence indirecte, une empreinte culturelle sur la vie politique.

Si les facteurs sociaux-économiques prennent le dessus sur l’impact religieux, les auteurs expliquent cependant que l’effacement de la religion ne doit pas être confondu avec celui de la tradition catholique qui demeure efficiente. Ainsi, « bien que la pratique décline, les populations des régions de tradition catholique continuent à se comporter de manière différente de celles des régions déchristianisées de longue date. […] La tradition catholique demeure donc un acteur central du jeu politique et social ».

Les racines chrétiennes de la France sont donc bien vivantes, mais disent plus que ce que constatent sondeurs et démographes, dont l’analyse est platement statistique : « Ce sont les minorités créatrices qui bâtissent l’avenir » disait Benoît XVI. Or c’est ce qui manque le plus à cette riche étude sur la population catholique : une appréciation fine du potentiel d’influence intellectuelle et culturelle que pourrait indiquer la typologie des messalisants.  

 François de Lens

Sources : La CroixLe PointFondation Jean Jaurès."

Réf. Les catholiques, une influence géographique

 L’Europe ou l’Amérique ne sont pas l’Asie, ni l’Afrique

A côté de l’ « anima vagula blandula » qui s’estompe toujours plus dans la culture des pays où le catholicisme a perdu la partie après le concile Vatican II et les rêves actuels d’immersion dans les « périphéries », il faut d’abord se demander s’il existe encore, pour ces pays en tout cas, un centre capable de rayonner au-delà des chapelles qui se partagent aujourd’hui les minorités de messalisants. Un beau thème de débat sur les racines et spiritualités chrétiennes au XXIe siècle…

JPSC

Commentaires

La France n'est effectivement pas du tout représentative de l'Église catholique universelle, tout comme la Belgique d'ailleurs. La France n'est plus « fille aînée de l'Église » depuis Philippe le Bel. Elle est plutôt devenue alors une « fille prodigue » qui s'est largement prostituée avec le paganisme matérialiste. Et cette accointance a culminé sous Louis XIV, un despote admiré par Voltaire. Et ce paganisme a pris finalement le pouvoir total, en s'imposant définitivement par la Terreur de 1789 et en éliminant Louis XVI.
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Louis XIV avait imposé aux Français l'Église gallicane (créée par ses prédécesseurs) une sorte d'Église hexagonale qui avait fait du Roi de France une sorte de Pape effectif des catholiques français. Le Pape de Rome avait été placé de fait sous le Roi de France, auto proclamé de droit divin (!) plus haut en définitive que le Pape de Rome.
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Pour Louis XIV, les cardinaux français étaient devenus de simples Ministres à son service, chargés de répandre sa dévotion dans le peuple, bien avant le Pape, et quasiment à l'égal d'un dieu. Cette Église gallicane était une sorte de théocratie protestante, mais qui n'aurait pas aboli la doctrine catholique pour la remplacer par l'une ou l'autre doctrine hérétique.
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Louis XIV avait poussé ce paganisme jusqu'à la caricature, en s'autoproclamant Roi Soleil, à vénérer comme un Pharaon ou un César antique. Et ce despote avait asservi son peuple pour sa gloire, l'envoyant se faire tuer dans des guerres colonialistes en Europe, ou lui faisant édifier des temples à sa gloire. On ne construisit plus de temples à Dieu, on ne construisit plus de cathédrales en France, on construisit des châteaux somptueux, des temples à la gloire du paganisme mêlé à l'Église gallicane. Versailles devait éclipser Chartres ou Notre-Dame de Paris.
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Et la France s'allia même avec le Grand Turc, dans une vision de partage politique de l'Europe, l'Est pour l'Empire ottoman, l'Ouest pour le Royaume de France. Pas étonnant sans doute qu'en 1789, les Français assimilèrent dans une même révolte le Roi et le clergé de cette Église gallicane à sa dévotion.
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Bref, ce n'est qu'en 1905 que les catholiques français furent finalement libérés des diktats de ce paganisme matérialiste et de cet assujettissement aux César français de toute sorte qui se sont succédés sur le Trône de France. Bien qu'ils aient payé le prix fort pour cette liberté retrouvée et pour leurs liens normaux avec Rome retrouvés. Ils avaient en fait vécu pendant des siècles sous le régime vécu aujourd'hui encore par les catholiques chinois.
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Remercions donc Dieu qu'après une Histoire aussi chaotique, et après les coups de butoir terrible du paganisme matérialiste contre les catholiques romains, il est resté en France encore un bon terreau de catholiques fidèles à Rome, qui écoutent le Pape, qui le soutiennent, qui prient pour lui et qui participent activement à ce qu'il propose. Même s'ils ont dû parfois se réfugier dans des catacombes (ou dans une « sphère privée ») pour ne pas être éliminés par certains César.

Écrit par : Pauvre Job | 03/05/2014

Cela veut dire quoi, en fait, "fille aînée de l'Eglise" ???

Restons modestes : notre foi nous le demande !

Des "catholiques fidèles à Rome" ? C'est si important ???
Mais des "catholiques fidèles à l'Evangile" : oui !

Écrit par : Jacques Delen | 04/05/2014

Fils aîné de l'Église est un titre qui fut porté par les rois de France. L’expression « France, fille aînée de l'Église » est attestée pour la première fois lors du « Discours sur la vocation de la nation française » prononcé le 14 février 1841 par le père Henri-Dominique Lacordaire dans la Cathédrale Notre-Dame de Paris, évoquant le lien entre le roi Louis XIX alors en exil et sa filiation avec l'Église. Le titre de Fils aîné de l'Église peut être comparé à celui de Très chrétien, également spécifique au roi de France.

Plusieurs auteurs ont étudié les origines de cette désignation. Cette filiation spirituelle qui lie le roi de France à l'Église catholique remonte à l'époque carolingienne mais sa systématisation, de même que la transmission de cette filiation à la France en tant que nation, remonte à la Renaissance.

La France est désignée fille aînée de l'Église, car ses rois sont les successeurs directs de Clovis Ier, premier roi barbare baptisé chrétien en 496 et sont à ce titre fils aînés de l'Église mais cette expression est historiquement infondée.

L’empereur romain Dioclétien installe Tiridate IV (298-330) sur le trône d’Arménie. Le roi est païen, mais un prédicateur, Grégoire Ier l'Illuminateur, le convainc de se faire baptiser et faire de l’Arménie le premier État officiellement chrétien en 301. Le christianisme en Éthiopie lui emboîte le pas avec la conversion du roi Ezana d'Aksoum par Frumentius vers 330, puis l'empire romain avec Théodose Ierqui décrète le 28 février 380 l'édit de Thessalonique qui y officialise le culte catholique orthodoxe5. Le royaume des Francs n'occupe donc que la quatrième place mais comme la décision de Clovis intervient après le sac de Rome en 410 et les conciles d'Éphèse et de Chalcédoine, le peuple franc est considéré par la tradition chrétienne comme le premier peuple barbare à avoir été baptisé dans la foi de Nicée.

La notion de filiation spirituelle des rois Francs apparaît à l'époque de Pépin le Bref lorsque celui-ci donne naissance aux États pontificaux le 14 avril 754 et se fait sacrer roi des Francs le 28 juillet 754 par le pape Étienne III qui le proclame « Défenseur de l'Église romaine »6,7. Lorsque Pépin lance trois campagnes (couronnées de succès) de 756 à 758, pour parvenir à repousser les Lombards et finalement livrer au pape les territoires conquis, appelés depuis le patrimoine de Saint-Pierre, il est alors qualifié de Protecteur, Fils aîné de l'Église et roi très chrétien8. La tradition rapporte de plus qu'en 757, le pape Paul Ier fait transporter les reliques de sainte Pétronille dans la basilique Saint-Pierre. Cette femme légendaire considérée comme la fille spirituelle de saint Pierre est reconnue comme patronne du royaume de France qui est considéré comme le premier fils de l'Église comme Pétronille est la fille du premier chef de l'Église9. Cette filiation se poursuit lorsque le pape Grégoire IX sollicite l'aide de Saint Louis contre l’empereur Frédéric II le 21 octobre 1239.
Cependant, cette mention d'aînesse se manifeste surtout dès la Renaissance :

• le pape Alexandre VI appelle Charles VIII son fils aîné ;

• les rois de France Louis XII et François Ier se diront premiers fils de l'Église ;

• la reine Catherine de Médicis assure en 1562 à l'ambassadeur d'Angleterre que « le royaume de France était l'aîné de la sainte Église » ;

• la ligue en lutte contre Henri III déclara la France fille aînée de l'Église.
Elle se poursuit dans la perspective providentialiste du XIXe siècle lorsque les papes appellent la France au secours pour défendre leurs intérêts temporels, comme en atteste la politique italienne de Napoléon III. Elle triomphe en 1896 avec le quatorzième centenaire du baptême de Clovis célébré en grande pompe à Reims.

Lors du premier voyage apostolique de Jean-Paul II en France, le pape apostrophe les évêques réunis au Bourget, dans son homélie du 1er juin 1980, en ces termes « France, fille aînée de l'Église, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? ». Lorsqu'il est revenu en France en 1996 pour l'anniversaire du baptême de Clovis et en 2004, le pape n'utilise plus cette expression qui manque de fondement historique. (CQFD)

Écrit par : Jacques Delen | 04/05/2014

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