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  • Imbroglio politico-militaire au moyen-orient : et les chrétiens dans tout cela ?

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    S’il s’attaque enfin à l’État islamique, le président turc Erdogan s’en prend aux Kurdes, pourtant ennemis de Daesh, en Syrie, en Irak, et sur le sol turc. C’est que la résistance des Kurdes à l’EI conforte également leur position  face à la Turquie dans le jeu de pouvoir au moyen orient. Et les chrétiens dans tout cela ? De Philippe Oswald sur le site « aleteia » :

    Ankara ne veut à aucun prix d’un Kurdistan indépendant dont le territoire serait à cheval sur le Kurdistan turc et le Nord de la Syrie. Erdogan profite de son entrée en guerre contre l’État islamique pour relancer l’offensive contre le PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan. Des tirs d’artillerie et de chars turcs postés à la frontière et des raids aériens visent les bases de Daesh et celles de leurs ennemis kurdes, le PYD, branche syrienne du PKK, ainsi que les monts Kandil, bastion du PKK en Irak. En Turquie, des vagues d’arrestations mêlent habilement quelques cellules djihadistes et une majorité d’activistes kurdes, mis devant l’opinion publique dans le même panier sous l’étiquette "terroristes" – non usurpée pour Daesh comme pour le PKK.

    Au nom de la lutte contre le terrorisme

    L’occasion, il est vrai, était à saisir : "La Turquie est confrontée à une flambée de violence depuis l’attentat, attribué à un kamikaze turc d’origine kurde ayant effectué des séjours en Syrie, qui a fait 32 morts lundi 20 juillet à Suruç (Sud-Est), non loin de la frontière avec la Syrie. Deux jours plus tard, le PKK se vengeait en assassinant deux policiers, complices selon lui de complaisance envers les djihadistes, à Ceylanpinar (Sud-Est)" (Le Monde).

    Erdogan compte bien ainsi affaiblir le Parti démocratique des peuples, le HDP, parti politique d’origine kurde dont le succès électoral a coûté au parti d’Erdogan, l’AKP, sa majorité le 7 juin dernier. "Le pouvoir cherche à délégitimer l'opposition et à redorer son blason", constate Le Point : "En créant un climat militariste et nationaliste, tout en donnant l'impression qu'il mène un combat global contre le terrorisme, le pouvoir en place espère s'assurer la victoire de l'AKP lors des élections anticipées".
    Un jeu dangereux, estime Ali Kazancigil, politologue et directeur de la revue de géopolitique Anatolie, interviewé par Radio Vatican : "On peut revenir à la situation catastrophique des années 90 avec des attentats et des assassinats" (le conflit aurait fait 40 000 victimes en 30 ans).

    "Changer l’équilibre dans toute la région"

    "La présence d'une Turquie susceptible d'utiliser efficacement la force peut permettre de changer l'équilibre en Syrie, en Irak et dans toute la région. Tout le monde doit en être conscient", a déclaré le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu (Le Figaro). Tel est le "deal" conclu ces dernières semaines entre Ankara et Washington.

    sources: Revue de presse

    Ref. Turquie : Erdogan frappe l’EI mais vise surtout les Kurdes

    JPSC

  • Ignace, fondateur des jésuites (31 juillet)

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    Lst_ignatius_of_loyola_1491-1556_founder_of_the_jesuits.jpge mercredi 31 juillet 2013, le pape François a prononcé cette homélie en l'église du Gésu à Rome à l'occasion de la fête de saint Ignace :

    En cette Eucharistie au cours de laquelle nous célébrons notre Père Ignace de Loyola, à la lumière des lectures que nous avons écoutées, je voudrais proposer trois pensées simples, guidées par trois expressions : mettre au centre le Christ et l’Église ; se laisser conquérir par Lui pour servir ; ressentir de la honte pour nos limites et nos péchés, pour être humbles devant Lui et devant nos frères.

    1. Notre blason à nous, jésuites, est un monogramme, l’acronyme de Iesus Hominum Salvator (ihs). Chacun de vous pourra me dire : nous le savons parfaitement ! Mais ce blason nous rappelle constamment une réalité que nous ne devons jamais oublier : la place centrale du Christ pour chacun de nous et pour toute la Compagnie, que saint Ignace voulut précisément appeler « de Jésus » pour indiquer le point de référence. Du reste, même au début des Exercices spirituels, il nous place face à notre Seigneur Jésus Christ, à notre Créateur et Sauveur (cf. ee, 6). Et cela nous conduit, nous jésuites et toute la Compagnie, à être « décentrés », à avoir devant nous le « Christ toujours plus grand », le Deus semper maior, l’intimior intimo meo, qui nous fait sortir de nous-mêmes en permanence, qui nous conduit à une certaine kenosis, à « sortir de notre amour, de notre volonté et de notre intérêt » (ee, 189). Pour nous, pour nous tous, cette question n’est pas évidente : le Christ est-il le centre de ma vie ? Est-ce que je place vraiment le Christ au centre de ma vie ? Parce qu’il y a toujours la tentation de penser que c’est nous qui sommes au centre. Et quand un jésuite se met lui-même au centre et non pas le Christ, il commet une erreur. Dans la première lecture, Moïse répète avec insistance au peuple d’aimer le Seigneur, de marcher dans ses voies, « parce qu’Il est ta vie » (cf. Dt 30, 16.20). Le Christ est notre vie ! À la place centrale du Christ correspond aussi la place centrale de l’Église: ce sont deux feux que l’on ne peut séparer: je ne peux pas suivre le Christ sinon dans l’Eglise et avec l’Eglise. Et dans ce cas également, nous, jésuites, et l’ensemble de la Compagnie, nous ne sommes pas au centre, nous sommes, pour ainsi dire, « déplacés », nous sommes au service du Christ et de l’Église, l’Épouse du Christ notre Seigneur, qui est notre Sainte Mère l’Église hiérarchique (cf. ee, 353). Être des hommes enracinés et fondés dans l’Église : c’est ainsi que nous veut Jésus. Il ne peut pas y avoir de chemins parallèles ou isolés. Oui, des chemins de recherche, des chemins créatifs, oui, cela est important : aller vers les périphéries, les nombreuses périphéries. Cela exige de la créativité, mais toujours en communauté, dans l’Église, avec cette appartenance qui nous donne le courage d’aller de l’avant. Servir le Christ, c’est aimer cette Église concrète et la servir avec générosité et dans un esprit d’obéissance.

    2. Quelle est la voie pour vivre ce double caractère central ? Regardons l’expérience de saint Paul, qui est également l’expérience de saint Ignace. Dans la deuxième lecture que nous avons écoutée, l’apôtre écrit : je m’efforce de courir vers la perfection du Christ « ayant été saisi moi-même par le Christ Jésus » (Ph 3, 12). Pour Paul, cela a eu lieu sur le chemin de Damas, pour Ignace dans sa maison de Loyola, mais le point fondamental est commun : se laisser conquérir par le Christ. Je cherche Jésus, je sers Jésus parce que lui m’a cherché en premier, parce que j’ai été conquis par Lui : et c’est là le cœur de notre expérience. Mais lui est premier, toujours. En espagnol, il existe un mot qui est très éloquent, qui l’explique bien : lui nous « primerea », « El nos primerea ». Il est toujours le premier. Quand nous arrivons, Il est arrivé et il nous attend. Et ici, je voudrais rappeler la méditation sur le Royaume pendant la Deuxième Semaine. Le Christ notre Seigneur, Roi éternel, appelle chacun de nous en nous disant : « Qui veut venir avec moi doit travailler avec moi, afin qu’en me suivant dans la souffrance, il me suive aussi dans la gloire » (ee, 95) : être conquis par le Christ pour offrir à ce Roi toute notre personne et tous nos efforts (cf. ee, 96) ; dire au Seigneur de vouloir tout faire pour son plus grand service et sa louange, l’imiter dans sa façon de supporter même les insultes, le mépris, la pauvreté (cf. ee, 98). Mais je pense à notre frère en Syrie en ce moment. Se laisser conquérir par le Christ signifie être toujours tendus vers ce qui se trouve devant moi, vers l’objectif du Christ (cf. Ph 3, 14) et se demander en vérité et avec sincérité : Qu’est-ce que j’ai fait pour le Christ ? Qu’est-ce que je fais pour le Christ ? Que dois-je faire pour le Christ ? (cf. ee, 53).

    3. Et j’en viens au dernier point. Dans l’Évangile, Jésus nous dit : « Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi, celui-là la sauvera »... « Celui qui aura rougi de moi...» (Lc 9, 23). Et ainsi de suite. La honte du jésuite. L’invitation que fait Jésus est de ne jamais rougir de Lui, mais de le suivre toujours avec un dévouement total, en se confiant et en se fiant à Lui. Mais en regardant Jésus, comme saint Ignace nous l’enseigne dans la Première Semaine, surtout en regardant le Christ crucifié, nous ressentons le sentiment si humain et si noble qu’est la honte de ne pas être à la hauteur ; nous regardons la sagesse du Christ et notre ignorance, sa toute-puissance et notre faiblesse, sa justice et notre iniquité, sa bonté et notre méchanceté (cf. ee, 59). Demander la grâce de la honte, la honte qui vient du dialogue constant de miséricorde avec Lui, la honte qui nous fait rougir devant Jésus Christ, la honte qui nous met en harmonie avec le cœur du Christ qui s’est fait péché pour moi, la honte qui met notre cœur en harmonie dans les larmes et qui nous accompagne dans la sequela quotidienne de « mon Seigneur ». Et cela nous conduit toujours, en tant qu’individus et en tant que Compagnie, à l’humilité, à vivre cette grande vertu. Une humilité qui nous fait prendre conscience chaque jour que ce n’est pas nous qui construisons le Royaume de Dieu, mais que c’est toujours la grâce du Seigneur qui agit en nous, l’humilité qui nous pousse à nous placer de tout notre être non pas au service de nous-mêmes ou de nos idées, mais au service du Christ et de l’Église, comme des vases d’argile, fragiles, inadéquats, insuffisants, mais dans lesquels se trouve un immense trésor que nous portons et que nous communiquons (2 Co 4, 7). J’ai toujours aimé penser au crépuscule du jésuite, lorsqu’un jésuite finit sa vie, quand il est à son crépuscule. Et me viennent toujours à l’esprit deux icônes de ce crépuscule du jésuite : l’une, classique, celle de saint François-Xavier, regardant la Chine. L’art l’a peint tant de fois ce crépuscule, cette fin de Xavier. Même la littérature, dans ce beau texte de Pemán. À la fin, sans rien, mais devant le Seigneur ; cela me fait du bien de penser à cela. L’autre crépuscule, l’autre icône qui vient comme un exemple, est celle de Père Arrupe lors de son dernier entretien dans le camp de réfugiés, quand il nous avait dit — ce que lui-même disait — « Je dis ceci comme si c’était mon chant du cygne : priez ». La prière, l’union avec Jésus. Et après avoir dit cela, il a pris l’avion, est arrivé à Rome et a eu cet ictus, qui a marqué le début de ce crépuscule si long et si exemplaire. Deux crépuscules, deux icônes qu’il sera bon pour nous tous de regarder, et d’y revenir. Et demander la grâce que nos crépuscules soient comme les leurs.

    Chers frères, tournons-nous vers Nuestra Señora, Elle qui a apporté le Christ dans son sein et qui a accompagné les premiers pas de l’Église, qu’elle nous aide à mettre au centre de notre vie et de notre ministère le Christ et son Église. Elle qui a été la première et la plus parfaite disciple de son Fils, qu’elle nous aide à nous laisser conquérir par le Christ pour le suivre et le servir dans toutes les situations. Elle qui répondit avec la plus profonde humilité à l’annonce de l’Ange : « Je suis la servante du Seigneur ; qu’il m'advienne selon ta parole ! » ( Lc 1, 38), qu’elle nous fasse ressentir la honte de notre insuffisance face au trésor qui nous a été confié, pour vivre l’humilité devant Dieu. Que nous accompagne sur notre chemin l’intercession paternelle de saint Ignace et de tous les saints jésuites, qui continuent de nous enseigner à tout faire, avec humilité, ad maiorem Dei gloriam.

  • L'Eglise évangélique allemande présente ses excuses pour l'iconoclasme de la Réforme protestante

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    Destruction_of_icons_in_Zurich_1524.jpgD'Anita Bourdin sur ZENIT.org :

    Eglise évangélique : des excuses pour l'iconoclasme de la Réforme
     

    Une déclaration sans précédent de l'Eglise évangélique allemande contre l'iconoclame, lors d'une rencontre avec une délégation orthodoxe, saluée par L'Osservatore Romano.

     

    L’Eglise évangélique d’Allemagne (Evangelische Kirche in Deutschland, EKD) exprime ses excuses pour l’iconoclasme de la Réforme protestante, dans un communiqué de ce 29 juillet, salué par L’Osservatore Romano en italien du 30 juillet.

     

    Orthodoxes et protestants se sont réunis à Hambourg pour discuter et approfondir le sens de l'image pour leurs traditions lors d'une réunion de la délégation de l'EKD et du patriarcat œcuménique de Constantinople, tenue ces derniers jours à Hambourg.

    Le patriarche œcuménique Bartholomaios et l'évêque Heinrich Bedford-Strohm, président de l’Eglise évangélique d’Allemagne, ont envoyé leurs salutations pour bénir la réunion.

    La communauté protestante allemande exprime ses excuses à la destruction généralisée des images religieuses mises en œuvre durant la période de la Réforme, explique L’Osservatore Romano.

    La communauté protestante condamne fermement la pratique destructrice des « images », a déclaré l'évêque Petra,  Bosse-Huber.
    Les icônes sont en effet depuis longtemps devenues « une expression de la piété protestante », ont-ils reconnu.

    Cette déclaration, sans précédent, est d’autant plus importante dans le cadre de la préparation au 500e anniversaire de la Réforme de Martin Luther (1517-2017).

    Dans la première moitié du XVIe siècle, les statues de la Vierge et des saints, ainsi que des vitraux représentant des images religieuses, des événements miraculeux et surnaturels ont été enlevés des églises et chapelles catholiques, et souvent détruites, rappelle L’Osservatore Romano qui cite différents exemples.

    La Suisse, les Pays-Bas, l'Angleterre et le sud de l'Allemagne ont souffert des effets les plus importants de cette pratique destructrice.

  • La prière comme école de l'espérance (*)

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    249450_114385705385135_25045056_n.jpgUne méditation du pape Benoît XVI extraite de « Spe salvi », la plus personnelle de ses trois encycliques consacrées aux vertus théologales : la charité (« Deus caritas est », 25 janvier 2006), l’espérance (« Spe salvi », 30 novembre 2007) et la foi (« Lumen fidei », en collaboration avec son successeur François auquel elle est officiellement attribuée, 5 juillet 2013). JPSC.

    Celui qui prie n’est jamais seul

    Un premier lieu essentiel d'apprentissage de l'espérance est la prière. Si personne ne m'écoute plus, Dieu m'écoute encore. Si je ne peux plus parler avec personne, si je ne peux plus invoquer personne, je peux toujours parler à Dieu. S'il n'y a plus personne qui peut m'aider, là où il s'agit d'une nécessité ou d'une attente qui dépasse la capacité humaine d'espérer, Lui peut m'aider. Si je suis relégué dans une extrême solitude...

    Celui qui prie n'est jamais totalement seul. De ses treize années de prison, dont neuf en isolement, l'inoubliable Cardinal Nguyên Van Thuan (**) nous a laissé un précieux petit livre: Prières d'espérance. Durant treize années de prison, dans une situation de désespoir apparemment total, l'écoute de Dieu, le fait de pouvoir lui parler, devint pour lui une force croissante d'espérance qui, après sa libération, lui a permis de devenir pour les hommes, dans le monde entier, un témoin de l'espérance – de la grande espérance qui ne passe pas, même dans les nuits de la solitude.

    Le cœur doit d’abord être élargi

    De façon très belle, saint Augustin a illustré la relation profonde entre prière et espérance dans une homélie sur la Première lettre de Jean. Il définit la prière comme un exercice du désir. L'homme a été créé pour une grande réalité – pour Dieu lui-même, pour être rempli de Lui. Mais son cœur est trop étroit pour la grande réalité qui lui est assignée. Il doit être élargi. « C'est ainsi que Dieu, en faisant attendre, élargit le désir; en faisant désirer, il élargit l'âme; en l'élargissant, il augmente sa capacité de recevoir ».

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  • Planning familial américain : les accusations de trafic d'organes et de tissus de foetus avortés sont de plus en plus accablantes

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    Lu sur le blog de Jeanne Smits :

    Une nouvelle vidéo publiée par le Center for Medical Progress est venue ce mardi apporter une confirmation supplémentaire du trafic d’organe auquel se livre, en pleine violation de la loi américaine, le Planned Parenthood Federation  des Etats-Unis. Le troisième film mis en ligne par les enquêteurs provie à la fin de 30 mois de tournage clandestin montre une nouvelle responsable du Planning familial discuter le prix des éléments de fœtus qui peuvent être négociés à la suite d’avortements. Il montre aussi comment des responsables du Planning font le compte d’organes utilisables dans une coupelle de laboratoire à la suite d’un avortement, avec des acheteurs potentiels : attention, les images peuvent heurter profondément. La vidéo propose enfin le témoignage d’une jeune femme spécialisée dans les prélèvements sanguins racontant comment elle a été embauchée, sans le savoir d’emblée, pour prélever des organes « intéressants » pour la revente.

    Voir la video et lire la suite sur le blog de Jeanne Smits

  • Belgique : un tiers des demandes d'euthanasie pour souffrances psychiques aboutit

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    De Christophe Herinckx sur info.catho.be :

    En Belgique, un tiers des demandes d’euthanasie pour souffrance psychique aboutit

    Sur 100 patients introduisant, en Belgique, une demande d’euthanasie pour souffrance psychique insurmontable, 35 sont effectivement euthanasiés.

    D’après une étude belge, publiée dans le Journal du Médecin et relayée par l’agence Belga, les requêtes d’euthanasie fondées sur des souffrances psychiques inapaisables restent cependant minoritaires: 100 personnes auraient formulé une telle demande entre octobre 2007 et décembre 2011.

    L’échantillon se composait de patients de 21 à 80 ans, pour un âge moyen de 47 ans, alors que la moyenne tourne autour des 60 ans pour l’ensemble des demandes d’euthanasie. Quant à la répartition selon le sexe, 77 demandes provenaient de femmes, ce qui « contraste très nettement avec la distribution 50-50 pour les demandes émanant de patients en phase terminale« , selon cette étude.

    Nonante personnes présentaient des troubles psychiatriques déjà diagnostiqués, en particulier un état de dépression et/ou un trouble de personnalité.

    Quarante-huit pour cent des demandes fondées sur des raisons psychiques étaient recevables mais 35 patients ont effectivement été euthanasiés au cours des quatre années étudiées. Deux personnes se sont suicidées avant les interventions médicales. Onze autres se sont finalement abstenues, dont deux ont retiré leur candidature.

    La procédure est généralement décrite dans cette étude comme « un acte calme et digne« . Sur l’ensemble des 35 patients euthanasiés, 30 d’entre eux étaient entourés par leurs proches et 28 sont décédés à domicile.

    Une situation interpellante

    Les chiffres publiés par l’étude en question nous rappellent d’abord que la loi belge dépénalisant l’euthanasie, telle que votée en 2002, prévoit effectivement la possibilité d’accéder à des demandes d’euthanasie émanant de personnes vivant des souffrances psychiques qu’elles éprouvent comme insurmontables. Selon L’Institut Européen de Bioéthique (IEB), les travaux parlementaires préparatoires à cette loi contenaient une volonté expresse de ne pas accéder à des demandes émanant de tels patients, qui ne sont pas en fin de vie. Par la suite, la loi a néanmoins prévu d’ouvrir la voie à une possibilité d’euthanasie pour ce type de patients.

    Toujours selon l’IEB, cet aspect de la loi est particulièrement contestable, car on décide de reconnaître aux personnes concernées la pleine possession de leur jugement et de leur libre arbitre. Alors que, par définition, l’état psychique du patient soigné pour des troubles relevant de la psychiatrie ne permet pas de prise de décision véritablement libre et autonome.

    Ne peut-on dès lors pas parler d’une forme de renoncement à soigner les personnes qui vivent des souffrances psychiques intolérables? A quel moment peut-on dire que ce type de souffrance est insurmontable à moyen ou long terme ou, en d’autres termes, inguérissable? La possibilité d’une euthanasie effective pour ces patients, effectivement prévue par la loi belge, ne risque-t-elle pas de mettre un frein au progrès des soins psychologiques ou psychiatriques que l’on peut offrir aux pesonnes qui vivent de telles situations?

  • Homélie pour la fête de sainte Marthe (29 juillet)

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    ParSA08.JPGDu Père Joseph-Marie Verlinde fsJ sur homelies.fr :

    Marie ne manque pas d’audace : elle reproche ouvertement à Jésus de ne pas être venu plus tôt au chevet de son frère : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort ». Ne formule-t-elle pas à haute voix, ce que tous nous avons pensé un jour ou l’autre devant les événements déconcertants de nos vies ou du monde ? « Si Dieu existait, il n’y aurait pas d’enfants qui meurent de faim ; s’il y avait un Dieu, il n’y aurait pas de raz de marée tuant des milliers de personnes en quelques instants ». Comment concilier la souffrance et la mort avec l’idée d’un Dieu bienveillant ? Serait-il donc impuissant ? Mais alors il n’est pas Dieu. Pire encore : s’il est Tout-Puissant et qu’il n’intervient pas, serait-ce donc qu’il se désintéresse de nous ? A quoi bon dès lors nous tourner vers lui ?

    Depuis que l’homme s’est délibérément coupé de Dieu par le péché, ces reproches ne font que ressurgir à chaque époque. Mais ce faisant, nous oublions un peu vite notre part de responsabilité dans la diffusion du mal dans l’univers : que resterait-il de notre liberté si Dieu se contentait d’annuler les conséquences de nos actions négatives ? Mais notre propos n’est pas de tenter de « justifier » Dieu face au mal, puisque son propre Fils ne s’engage pas dans cette voie.

    La conversation aurait pu en rester là, Marthe tournant les talons après avoir mis Jésus devant sa responsabilité devant la mort de son frère. Elle complète tout au contraire son intervention par une affirmation pleine d’espérance : « Je sais que maintenant encore, Dieu t’accordera tout ce que tu lui demanderas ». Telle est l’attitude que le Seigneur attend de nous : nous ne parviendrons pas à comprendre le mystère du mal à la lumière naturelle de notre raison enténébrée par le péché ; ce n’est qu’à la lumière de la foi que nous pouvons pressentir le projet de Dieu sur notre pauvre humanité égarée. Or la foi consiste précisément à reconnaître en Jésus l’Envoyé de Dieu en qui nous est offert le salut, celui qui ouvre devant nous le chemin qui nous donne à nouveau accès à la vérité et à la vie dont nous nous sommes délibérément éloignés par le péché.

    Se mettant au niveau de son interlocutrice, Jésus commence par l’aider à formuler son espérance conformément au « catéchisme de la synagogue » : « Ton frère ressuscitera ». Marthe approuve et renchérit : « Je sais qu’il ressuscitera au dernier jour, à la résurrection ». Elle renvoie à un lointain avenir la victoire définitive de la vie sur la mort pour le moment encore triomphante.

    Reprenant l’initiative, Jésus lui annonce solennellement qu’il est en personne, ici et maintenant, l’accomplissement de cette espérance : « Moi je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; et tout homme qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? »

    Cette dernière question est bien sûr posée à chacun de nous : croyons-nous que par la foi en Jésus, nous participons dès à présent à sa vie de Ressuscité, et que dès lors la mort n’a sur nous plus aucune emprise ? Certes, un jour prochain nous fermerons définitivement les yeux de ce côté-ci du voile ; mais pour les ouvrir instantanément sur l’autre monde, où nous vivrons de la vie même de Dieu. Telle est notre espérance, qui s’enracine dans cette belle confession de foi :

    « Oui, Seigneur, tu es le Messie, je le crois ; tu es le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde ».

    Père Joseph-Marie

  • Pape François : l’icône et l’homme

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    L’image d’une personne publique ne correspond pas toujours à ce qu’elle est réellement. Les papes n’échappent pas à la règle. Pie IX, que l’on se représente toujours majestueux et sévère, était dans son comportement ordinaire un homme chaleureux et spontané, tandis que le « bon pape » Jean XXIII était, dit-on, moins facile à vivre pour ses proches. Jean-Paul II était, par contre, toujours égal à lui-même et sans calcul. Qu’en est-il des comportements du pape actuel ? La célèbre revue "National Geographic" rapporte quelques indications données par le Père Federico Lombardi, porte-parole du Saint-Siège, sur la personnalité de François, pas aussi simple ni limpide qu’il y paraît. Sandro Magister l’évoque sur son site « Chiesa ». Extrait :

    […] « Les opinions du père Lombardi sont exprimées dans un long article, consacré au pontificat de François, qui a été publié dans le numéro du mois d’août de la célèbre revue internationale "National Geographic" :

    > Will the Pope Change the Vatican? Or Will the Vatican Change the Pope?

    Le journaliste américain Robert Draper, auteur de l’article, rapporte quelques phrases d’une conversation que le père Lombardi a eue, à Rome, avec l’un de ses collègues, l’Argentin Federico Wals, qui a été l’attaché de presse de Jorge Mario Bergoglio lorsque celui-ci était à Buenos Aires.

    "Comment te sens-tu quand tu travailles avec mon ancien patron?", demande Wals. Et Lombardi de répondre : "Désorienté".

    Il n’existe pas d’équipe parallèle, petite mais compacte, qui travaillerait au service personnel et direct du pape. Lombardi explique que chacun des collaborateurs de François, y compris les plus proches, connaît seulement une partie des décisions et des actes du souverain pontife.

    À titre d’exemple, le père Lombardi cite une rencontre, à la Maison Sainte-Marthe, entre François et quarante personnalités juives, dont le bureau de presse et lui-même n’ont eu connaissance qu’une fois la rencontre terminée. "Personne n’est informé de la totalité de ce que le pape est en train de faire", explique Lombardi. "Pas même son secrétaire personnel. Je dois toujours passer une série de coups de téléphone : telle personne connaît une partie de son agenda, telle autre une autre partie".

    Il découle de tout cela que Bergoglio utilise l'un ou l’autre de ses confidents les plus intimes en fonction de ce qu’il souhaite et de leurs capacités respectives.

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  • La logique du marché n'est pas celle de l'Evangile

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    De ZENIT.org :

    « Que s’affirme la logique du partage et de l’amour » : c’est le vœu exprimé par le pape François qui a commenté l’Evangile du dimanche avant l’angélus du 26 juillet, depuis la fenêtre du bureau, qui donne place Saint-Pierre.

    « Que notre prière soutienne notre engagement commun à faire en sorte que nul ne manque de ce Pain du Ciel qui donne la vie éternelle et de ce qu’il faut pour avoir une vie digne, et que s’affirme la logique du partage et de l’amour », a dit le pape.

    Il a lancé un appel pour les otages en Syrie et, grâce à une tablette tactile, le pape s’est inscrit en direct à la JMJ Cracovie 2016, invitant les jeunes à s’inscrire à sa suite.

    Voici notre traduction intégrale des paroles du pape François.

    Paroles du pape François avant l’angélus

    Chers frères et sœurs, bonjour !

    L’Evangile de ce dimanche (Jn 6,1-15) présente la grande symbolique de la multiplication des pains, racontée par l’apôtre Jean. Jésus se trouve sur la rive du lac de Galilée, il est entouré d’une «  grande foule » attirée par « les signes qu’il accomplissait pour les malades » (v. 2). La puissance miséricordieuse de Dieu, qui guérit de tout mal du corps et de l’esprit, agit en lui.

    Mais Jésus n’est pas seulement un guérisseur, il est aussi un maître: en effet il gravit la montagne et il s’assied, se mettant dans la position typique du maître lorsqu’il enseigne: il monte sur cette «  chaire » naturelle créée par son Père céleste.

    Il sait ce qu’il a à faire et met ses disciples à l’épreuve. Que faire pour donner à manger à tous ces gens? Philippe, un des Douze, fait un rapide calcul : en organisant une collecte, on pourra recueillir au maximum 200 deniers, qui ne peuvent suffire à nourrir  5 000 personnes.

    Les disciples raisonnent en termes de «  marché », mais Jésus remplace cette logique de l’achat par celle du don.

    Et voici qu’André, un autre apôtre, frère de Simon Pierre, présente un jeune garçon disposé à offrir tout ce qu’il a : cinq pains et deux poissons ; mais bien entendu – dit André – cela n’est rien pour nourrir toute cette foule (cf. v. 9).

    C’est pourtant ce que Jésus attendait. Il ordonne aux disciples de faire asseoir les personnes, puis il prend ces pains et ces poissons, rend grâce au Père et les distribue (cf. v. 11). Ces gestes anticipent ceux de la Cène. Ils donnent au pain de Jésus son vrai sens. Le pain de Dieu est Jésus lui-même.

    En faisant la communion, nous recevons sa vie en nous, nous devenons les enfants du Père céleste et des frères entre nous. En faisant la communion, nous rencontrons Jésus réellement vivant et ressuscité! Participer à l’Eucharistie signifie entrer dans la logique de Jésus, dans la logique de la gratuité, du partage. Et peu importe si on est pauvre, nous pouvons tous donner quelque chose. « Faire la communion » signifie aussi puiser en Jésus-Christ la grâce qui nous rend capables de partager avec autrui ce que nous sommes et ce que nous avons.

    La foule est frappée par le prodige de la multiplication des pains; mais ce que Jésus donne à l’homme affamé c’est une vie pleine. Jésus assouvit la faim, mais pas seulement la faim matérielle, il assouvit aussi une faim plus profonde, la faim du sens de la vie, la faim de Dieu. Face aux souffrances, face à la solitude, face à la pauvreté et aux difficultés de tant de personnes, que pouvons-nous faire? Se plaindre ne résout rien, mais nous pouvons offrir le peu que nous avons, comme le jeune garçon de l’Evangile.

    Nous avons certainement une petite heure, un talent, une quelconque compétence à donner... Qui parmi nous n’a pas ses « cinq pains et deux poissons »? Nous en avons tous! Si nous sommes prêts à les mettre dans les mains du Seigneur,  le monde se remplira d’un peu plus d’amour, de paix, de justice mais surtout de joie. Ô combien le monde a besoin de cette joie ! Dieu est capable de multiplier nos petits gestes de solidarité et de nous faire participer à son don.

    Que notre prière soutienne notre engagement commun à faire en sorte que nul ne manque de ce Pain du Ciel qui donne la vie éternelle et de ce qu’il faut pour avoir une vie digne, et que s’affirme la logique du partage et de l’amour. Que la Vierge Marie nous accompagne de son affection maternelle en intercédant pour nous.

  • Quels sont aujourd’hui, à votre avis, les signes les plus préoccupants pour l’avenir de l’Eglise ?

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    En écho à mon post précédent, qu’une correspondance publiée par « Belgicatho » qualifie d’hystérique,  je me contenterai de renvoyer le lecteur à cette réflexion du cardinal Sarah, préfet de la congrégation du culte divin et de la discipline des sacrements, sur le problème crucial de  la formation du clergé :  

    « Je considère que la difficulté actuelle est triple et une tout à la fois : le manque de prêtres, les carences dans la formation du clergé et la conception souvent erronée du sens de la mission.

    Il existe une tendance missionnaire qui met l’accent sur l’engagement ou la lutte politique, sur le développement socio-économique ; cette approche fait une lecture diluée de l’Evangile et de l’annonce de Jésus. La baisse numérique des prêtres, les déficits de leurs engagements missionnaires et une inquiétante carence de vie intérieure, faute d’une vie de prière et de fréquentation des sacrements , peuvent conduire à couper les fidèles chrétiens des sources auxquelles ils devraient s’abreuver. J’ai parfois le sentiment que les séminaristes et les prêtres  ne sont pas suffisamment appliqués à nourrir leur vie intérieure en la fondant sur la Parole de Dieu, l’exemple des saints, une vie d’oraison et de contemplation, tout enracinée en Dieu seul. Il existe une forme d’appauvrissement, de dessèchement, qui vient de l’intérieur même des ministres du Seigneur. Bien souvent Benoît XVI et François ont dénoncé le carriérisme au niveau du clergé. Récemment, en s’adressant à différentes communautés universitaires, le pape François a prononcé des paroles fortes : « Votre engagement intellectuel, disait-il, dans l’enseignement et la recherche, dans l’étude et la formation au sens large, sera d’autant plus fécond et efficace qu’il sera animé par l’amour pour le Christ et pour l’Eglise, que la relation entre étude et prière sera solide et harmonieuse. Ce n’est pas quelque chose d’ancien, c’est le centre ! C’est l’un des défis de notre temps : transmettre le savoir et en offrir une clef de compréhension vitale, et non une accumulation de notions sans lien entre elles ».

    La formation adéquate des séminaristes, axée sur la maturation de la foi et portant à une adhésion personnelle au Christ, demeure fondamentale. Le monde d’aujourd’hui ainsi que nos sociétés égocentriques  et changeantes nous dispersent par leur agitation. Nous sommes encombrés de trop de possessions ; si nous désirons créer, pour les séminaristes, une ambiance favorable à la rencontre avec le Christ, le silence et la construction de l’homme intérieur sont indispensables. La question est d’autant plus grave qu’elle est presqu’invisible. Il est loisible de se pencher sur les séminaires qui, dans un certain nombre de pays, en particulier en Occident ne sont plus suffisamment pourvus. Mais, si ce problème est incontestable, le point sensible est ailleurs.

    En fait, un vrai séminaire doit être une école qui conduise au « torrent de Kerit » (1 R., 17, 1-6), à la source de la Parole de Dieu, un lieu où l’on apprenne à construire une véritable vie intérieure. L’homme façonné par cette école pour devenir prêtre se prépare à bien prier pour mieux parler à Dieu, car on ne peut trouver les mots sur Dieu  qu’après L’avoir rencontré et avoir tissé des liens personnels avec Lui…La prière est toujours première. Sans la vitalité de la prière, le moteur du prêtre et celui de l’Eglise, par voie de conséquence, tourne au ralenti.

    Nous devons joindre à la prière un travail continu sur nous-mêmes. L’Eglise est uniquement faite pour adorer et prier, ou ils dessécheront le corps entier de l’institution voulue par le Christ. C’est pourquoi les séminaristes, les prêtres et les évêques ne peuvent qu’entretenir une relation personnelle avec Dieu. Si dès les débuts, et tout au long des années de formation au séminaire, ce rapport d’intimité avec Jésus n’est pas solidement établi,  les séminaristes risquent de devenir de purs fonctionnaires ; et le jour de leur ordination, ils ne seront pas percutés jusqu’aux entrailles, ils ne percevront pas la gravité et les conséquences des Paroles que Jésus leur adresse : » Non iam dicam vos servos,  sed amicos » (je ne vous appelle plus serviteurs, mais je vous appelle  amis ). Jn, 15, 15. L’enjeu est simple : il en va de l’identification et de la configuration au Christ. Ainsi, notre vouloir sacerdotal et la volonté de Dieu doivent coïncider toujours plus parfaitement. Nous pourrons dire, comme le Christ : «  Que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui se fasse » (Lc, 22, 42 ; Mc 14, 36).

    Bien sûr, la formation intellectuelle, théologique, philosophique, exégétique et les diplômes sont importants, mais le trésor ne réside pas dans la science…Le vrai trésor, c’est notre amitié avec Dieu. Sans un sacerdoce selon le cœur de Dieu, lavé des modes humaines, l’Eglise n’a pas d’avenir. Je ne minimise pas le rôle du peuple des baptisés, du peuple de Dieu. Mais par la volonté de Dieu, ces âmes sont confiées à des prêtres. Si ces derniers obéissent à des règles purement humaines, sans la charité du Ciel, l’Eglise perdra le sens de la mission. Les crises dans l’Eglise, si graves soient –elles, ont toujours leurs origines dans une crise du sacerdoce ».

    Ref.  Cardinal Robert Sarah avec Nicolas Diat, Dieu ou rien. Entretien sur la foi. Fayard, 2015, pp. 160-162.

    JPSC

  • Abbé Gabriel Ringlet : les confessions du prieur de Malèves Sainte-Marie

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    Dans la veine moderniste des deux derniers siècles illustrée par de grands ancêtres comme Lamennais, Renan et autres Loisy, j’avais pensé qu’on inscrirait peut-être un jour, dans une  note érudite, le nom d’un lointain épigone belge, dont « le Soir » a encore recueilli dévotement les oracles, ce 18 juillet.  Ses propos sont aujourd’hui (71 ans) dédiés à la mémoire et au souvenir.  A leur lecture, je me ravise : il ne suffit pas d’avoir le goût de la transgression,  de forcer le trait et de jouer les provocateurs pour atteindre le niveau de ces maîtres d’hier qui inspirèrent la figure de l’abbé Donissan à Bernanos ou celle de l’abbé Bourret à Joseph Malègue.  Nous sommes finalement ici dans un registre léger, dont la postérité me semble bien moins assurée, comme le suggère d'ailleurs malicieusement le titre ambigu de l’article du « Soir »: "je n'ai jamais tenu la femme à distance". Quelques extraits de cette entrevue, commentés par nos soins, le montrent mieux qu'une longue plaidoirie:

    Malèves Sainte-Marie ce n’est pas la Colline inspirée , ni la Roche de Solutré  mais, tout de même, l’abbé y tient sa petite cour.  « Le soleil matinal est délicieux et le cadre idyllique », note le journaliste : «  Gabriel Ringlet nous reçoit chez lui, dans la bâtisse de style fermette dont il a fait son havre de paix, à quelques enjambées du prieuré de Malèves-Saintes-Marie, véritable Q.G. de la communauté qu’il anime depuis trente ans. Un lieu qui lui a redonné le lien à la terre, vital pour ce prêtre, théologien, écrivain, ancien directeur de l’école de journalisme de Louvain-la-Neuve et vice-recteur émérite de la même université. » .

    Voilà pour le décor et voici pour les références : « Opposé dès son entrée au séminaire au célibat des prêtres, fervent défenseur de l’euthanasie, de la procréation médicalement assistée, très critique sur la façon dont les instances catholiques belges ont géré la crise de la pédophilie, Gabriel Ringlet n’a jamais cessé de dire ses quatre vérités à une Eglise qu’il n’a pourtant jamais songé à quitter. Et c’est sans doute ce qui donne à sa critique de l’institution une telle légitimité ». 

    Où commence son histoire ? « Tout commence à Pair-clavier, dans le Condroz. Mon papa, François, est maçon, il a une toute petite entreprise de maçonnerie avec son frère. A l’époque, on fait encore le métier à pied : on part à 4 heures du matin pour être sur le chantier. Quand je traverse le Condroz aujourd’hui, je peux encore dire quelles sont les maisons construites par mon papa. Mon père est donc maçon, puis clerc de notaire, puis chantre grégorien, dans les petites églises où il m’emmenait petit garçon. Cela ne paraît plus possible aujourd’hui ! Mon père a uniquement fait l’école primaire, mais il écrivait admirablement, sans une faute d’orthographe, et s’exprimait comme un intellectuel. Ma mère, Germaine, était mathématicienne : elle avait fait ses études à l’université à Liège. Si je refuse tellement le clivage entre le monde intellectuel et le monde manuel, c’est que je ne l’ai jamais vécu à la maison. J’ai toujours trouvé un dialogue extraordinaire entre mes parents venant de deux horizons différents ».

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  • « Réforme » de la curie romaine : une rationalisation?

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    Ou une addition d’ initiatives brouillonnes, comme le donne à penser  Sandro Magister sur son site Chiesa :

    « ROME, le 21 juillet 2015 – Ce qui a lieu à l’intérieur des murs du Vatican n’est pas une cure d’amaigrissement de la curie, mais tout le contraire. De nouveaux organismes viennent sans cesse s’ajouter à ceux qui existent déjà.

    Le dernier né de ces organismes est un secrétariat supplémentaire qui a été créé le 27 juin, le secrétariat pour la communication, auquel devraient être rattachés le conseil pontifical pour les communications sociales, le bureau de presse du Saint-Siège, le service internet du Vatican, Radio Vatican, le Centre de Télévision du Vatican, L’Osservatore Romano, l’imprimerie vaticane, le service photographique, et la maison d’édition Libreria Editrice Vaticana.

    Le pape François a nommé préfet de ce nouveau secrétariat l’un de ses collaborateurs et confidents les plus proches, Mgr Dario Edoardo Viganò, qui continue à être, en même temps, le directeur de la télévision du Vatican.

    La première déclaration de Viganò dans le cadre de ses nouvelles fonctions est parue dans "L'Osservatore Romano" du 15 juillet. C’est un panégyrique de "l’oralité" de Jorge Mario Bergoglio en matière de communication, illustré par l’exemple d’un discours prononcé par le pape au Paraguay :

    > VIganò fa l'ermeneutica del papa, ma dimentica la colossale gaffe di Asunción

    Mais après cette nouvelle création, la réforme de la curie, tellement annoncée, est encore à venir.

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