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"Seigneur n'y aura-t-il que peu de gens à être sauvés ?"; homélie pour le 21ème dimanche du temps ordinaire

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Homélie du 21ème dimanche ordinaire année C

(archive du 25 août 2013)

Prédication du frère Alain Quilici op du couvent de Toulouse (source)

Pensez-vous que la question qui est aujourd'hui posée à Jésus : Seigneur n'y aura-t-il que peu de gens à être sauvés ? soit bien judicieuse ? Quel intérêt y a-t-il à poser de telles questions et que voulez-vous que Jésus réponde ?

S'il répond qu'il y aura énormément de gens sauvés, voire tout le monde, ne va-t-on pas en conclure qu'il n'y a pas de raison de s'en faire. Dieu est si bon qu'il sauvera tout le monde ! S'il répond qu'il n'y aura que peu de gens sauvés, cela risque de décourager le pauvre monde et d'amener les gens à se dire que c'est si difficile que ce n'est même pas la peine d'essayer.

Aussi Jésus ne répond-il pas à cette question, trop générale, trop théorique, sans utilité. Il choisit plutôt de mettre son interlocuteur face à lui-même. Quand il lui dit : Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite, il renvoie le questionneur à la seule question qui devrait vraiment l'intéresser et le toucher et qui est la question de son propre salut éternel.

Jésus lui dit clairement et assez brutalement : méfie-toi, ce n'est pas gagné !

Pour être sauvé, c'est-à-dire pour être admis à participer à la vie éternelle dans le royaume en communion avec Dieu, il ne suffit pas de faire partie du groupe, en l'occurrence ici du peuple élu. Il ne suffit pas de se satisfaire d'avoir mangé et bu en présence du Seigneur, comme qui dirait d'avoir participé à des repas paroissiaux ; ni d'avoir fait partie des foules qui l'ont entendu parler.

Le salut dont parle Jésus n'est pas une affaire collective et impersonnelle ; c'est une affaire éminemment personnelle. Et tel est le sens de la porte étroite. Ce n'est pas tant une porte où tout le monde se précipiterait comme dans un entonnoir, ce qui serait démoralisant. Ce n'est pas non plus comme un portique d'aéroport où ne passeraient que ceux qui n'ont aucun bagage, ce qui serait moralisant.

La porte est étroite en ce sens qu'on y passe un à un. Chacun compte pour un. Le salut que propose Jésus est une affaire personnelle entre lui et chacun de nous. C'est à chacun que Jésus adresse la parole, c'est à chacun qu'il tend la main, c'est de chacun qu'il attend une réponse.

Il n'y a pas de raison de douter que chacun de ceux qui auront répondu à son appel, chacun de ceux qui l'auront suivi, même imparfaitement comme des pécheurs que nous sommes, comme de pauvres gens qui font ce qu'ils peuvent, il n'y a pas de raison de douter que celui-là ne soit bien accueilli comme fut bien accueilli le fils prodigue de la parabole.

L'essentiel est de se rappeler qu'on ne se donne pas à soi-même le salut éternel. Beaucoup chercheront à entrer et ne le pourront pas , dit Jésus. Le salut on le reçoit de Dieu. C'est un don. Et ce don n'est pas réservé à une élite. Au contraire : Allez et de toutes les nations faites des disciples. Tous ceux qui croiront et seront baptisés seront sauvés. Ou comme disait la première lecture : je viens rassembler les hommes de toute nation et de toute langue.

D'où l'importance de la mission, l'importance de l'évangélisation qui est toujours nouvelle. Chacun doit pouvoir entendre le message. Chacun doit pouvoir y répondre. Il est adressé largement à tout le monde, et à chacun personnellement.

Voyez quel bonheur est le nôtre d'avoir entendu l'appel de Jésus et d'y avoir répondu, le bonheur d'avoir été baptisés et d'avoir avec Jésus une relation personnelle. Nous ne devons cesser de rendre grâce à Dieu de nous avoir rendus sensibles à son appel.

Mais voyez aussi quelle responsabilité est la nôtre. Malheur à moi, si je n'évangélise pas, disait saint Paul. Nous ne devons pas être en paix tant qu'il reste ne serait-ce qu'une personne qui n'a pas entendu le message de l'évangile qui n'ait pas eu la possibilité d'y répondre.

Alors peu importe de savoir s'il y aura peu ou beaucoup de gens sauvés. Ce n'est pas le nombre qui compte. C'est chacun qui compte aux yeux de Dieu.

Chacun doit donner sa réponse. Le créneau est étroit. Il faut saisir l'occasion. Que le Seigneur achève en nous ce qu'il a commencé.

Amen

Commentaires

  • Très jésuitique commentaire de l'évangile, splendide escamotage! La Sainte Vierge à Fatima tint un tout autre langage... qui est celui même de l'évangile non corrompu par l'esprit du monde et surtout du temps présent.

  • Il me semble que vous êtes sévère, Alain. Si nos prêtres prêchaient comme le père Quilici, je serais vraiment content.

  • “Allez et de toutes les nations faites des disciples. Tous ceux qui croiront et seront baptisés seront sauvés”.

    Dans St Marc 16, il faut lire plus loin:

    “Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné”.

    Dans St Mathieu 28, on peut lire:

    “Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit”.

    St Jean écrit (chapitre 3): “Celui qui croit en lui n'est point jugé; mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.”

    Quand St Marc prend la peine de préciser: “celui qui ne croira pas sera condamné”, quand St Jean reprend la même hypothèse négative, il faudrait peut-être regarder comment la Tradition a interprété ces passages, et comment le pape les interprète aujourd’hui. Si j'ai bien une petite idée de ce que la Tradition a toujours enseigné, j’ai eu la curiosité de lire le texte de son Angelus de ce 21 août. On peut notamment lire ceci:

    “Dio non fa preferenze, ma accoglie sempre tutti, senza distinzioni. Una porta stretta per restringere il nostro orgoglio e la nostra paura; una porta spalancata perché Dio ci accoglie senza distinzioni. E la salvezza che Egli ci dona è un flusso incessante di misericordia, che abbatte ogni barriera e apre sorprendenti prospettive di luce e di pace...”

    Ce qui donne, en français:

    “ Dieu ne fait pas de preference, mais accueille toujours tout le monde, sans distinction. Une porte étroite pour limiter notre fierté et notre peur; une porte ouverte parce que Dieu accueille sans distinctions. Le Salut de Dieu est un flux incessant de miséricorde, qui abat toute barrière et ouvre de surprenantes perspectives de lumière et de paix…”

    Un journaliste catholique écrivait récemment ceci:

    “Sur le dôme du rocher, construit par les musulmans à la place de l’endroit sacré des juifs, qui remplace le vieux temple de Jérusalem, on distingue une inscription qui nie précisément la Trinité : “Dieu n’a pas de fils”.

    Dans sa première lettre au chapitre 2 21 - 23, Saint Jean a écrit ceci:

    “Je ne vous ai pas écrit que vous ignorez la vérité, mais que vous la connaissez, et que de la vérité ne vient aucun mensonge. Le menteur n’est-il pas celui qui refuse que Jésus soit le Christ ? Celui-là est l’anti-Christ : il refuse à la fois le Père et le Fils ; quiconque refuse le Fils n’a pas non plus le Père ; celui qui reconnaît le Fils a aussi le Père.”

    Eh oui, ça fait réfléchir…

  • Oui, les passages bibliques que vous citez font réfléchir. Mais si l'interprétation de ceux-ci par le pape le 21 août est celle que vous rapportez, il faut se détourner d'elle (et de lui?) au plus vite, car ce n'est plus la même doctrine que celle enseignée par les apôtres. De même, quand le cardinal Kasper ose écrire que Dieu n'a pas dit à MoIse "Je suis Celui qui suis", mais "Je suis Celui qui accompagne l'homme", nous devons être sur nos gardes face à ce théologien dangereux qui trahit l'Ecriture pour la rendre conforme à ses idées. Saint Paul nous a prévenu: "Il arrivera un temps où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine, mais ayant la démangeaison d'entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs" (II Tim, 4;3). jpsnyers.blogspot.com

  • Monsieur Snyers je vous ai lu trop rapidement: "je suis celui qui suis" est d'abord la réponse que Dieu fait à Moïse... vous avez raison de le dire. Le lien avec ce que Jésus répond aux juifs en St Jean 8-58 n'en est que plus interpellant.

  • Bonjour Monsieur Snyers,

    Le texte de l'Angelus figure ici, en entier (et en italien) :

    http://w2.vatican.va/content/francesco/it/angelus/2016/documents/papa-francesco_angelus_20160821.html

    Extrait en français :
    http://fr.radiovaticana.va/news/2016/08/21/ang%C3%A9lus__la_porte_du_salut_est_%C3%A9troite,_mais_grande_ouverte/1252726

    Le passage de Saint Paul que vous citez fait naturellement écho chez de nombreux chrétiens à l'heure actuelle, à commencer par ceux qui se tiennent informés autrement que par la presse généraliste.

    Que dire de cet autre passage, auquel vous faites aussi référence, en St Jean 8 - 58: "Les Juifs lui dirent: Tu n'as pas encore cinquante ans, et tu as vu Abraham! Jésus leur dit: En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham fût, je suis."

    Jésus fait ici très clairement comprendre qu'Il est Dieu. Soit dit en passant (juste une association d'idée), c'est précisément Thomas qui le qualifie expressément de DIEU, après avoir douté: "mon Seigneur et mon Dieu"... alors que Pierre "se contente" de dire: "tu es le Messie, le fils du Dieu vivant". Je referme la parenthèse...

    Alors, allons un peu plus loin. J'aimerais qu'on m'explique. Selon l'Islam, Jésus (Issa) est un prophète, qui mérite la vénération. Très bien, sauf que pour nous, chrétiens, qualifier Jésus de prophète est un blasphème, puisque la divinité du Christ est niée. Passons, si j'ose dire.

    Nous savons que Jésus se révèle comme Dieu, dans l'Evangile. Soit indirectement (par ses miracles), soit directement, parce qu'Il le reconnaît lui-même, comme nous venons de le voir, ou parce que d'autres le reconnaissent comme tels.

    Donc... puisque selon l'Islam Jésus est un prophète, mais qu'en même temps, au moment de la rédaction du Coran, l'auteur (fût-il "divin", ce qui entre en contradiction avec un autre passage de l'Ecriture, en Galate 1 (quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un autre Evangile que celui que nous vous avons prêché, qu'il soit anathème - tiens tiens... un ange ???????? - ) avait connaissance de l'Evangile, alors, il est clair que selon l'Islam, Jésus ne pouvait être qu'un faux prophète.

    D'où ma question: comment l'Islam peut-il vénérer un faux prophète ? Pourquoi vénère-t-il sa mère, au lieux de les mépriser, l'un et l'autre ? au lieux de prendre le soin d'indiquer le lieu de naissance de Jésus, sous un palmier, dans le désert, bien loin de Bethléem, pourtant promise à recevoir le Sauveur ? au lieux de prendre le soin de supprimer sa filiation davidique ? au lieu d'affirmer avec emphase que malgré toutes les discussions, ce n'est pas lui qui est mort sur la croix ?

    Alors j'en reviens au passage de l'Angelus de François...

    Comment peut-il établir une concordance entre d'un côté ses critères d'ouverture ou de fermeture de la porte... en évoquant même la notion de salut (cf. "Une porte étroite pour limiter notre fierté et notre peur; une porte ouverte parce que Dieu accueille sans distinctions") et de l'autre, le critère de St Jean que j'ai rappelé plus tôt, dans sa 1ère lettre - pour ne parler que de celui-là - ? Comment un anti-Christ passerait-il à travers une porte qu'on sait déjà étroite... étroite non pas en vertu des critères de J.M. Bergoglio mais selon la Parole de Dieu ? J'aimerais beaucoup qu'un théologien ou n'importe quel homme ou femme de bon sens qui passe par ici nous éclaire... et nous démontre que nous avons tout faux.

    On peut remuer l'Ecriture dans tous les sens... encore dans Romain 1 par exemple... la doctrine chrétienne est cohérente:

    "Car je n'ai point honte de l'Evangile: c'est une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit, du Juif premièrement, puis du Grec, parce qu'en lui est révélée la justice de Dieu par la foi et pour la foi, selon qu'il est écrit: Le juste vivra par la foi."

    "Fierté, peur" (cf. l'Angelus) ... rien que des concepts purement humains, sans aucune transcendance. Sans aucune référence à la notion de péché ou au manque de foi. Que dire encore de cette barrière abattue qui "ouvre de surprenantes perspectives de lumière et de paix"... ça me semble relever d'une audace qui fait peine à imaginer, et dont l'ambiguïté tend plutôt à nous confirmer, dans le mauvais sens. Qui a besoin d’être surpris pour croire ?

  • "Tous ceux qui croiront et seront baptisés seront sauvés".

    Mais combien y a t il encore de croyants ????...


    Lu sur proliturgia ce mardi 23/08 :

    "Au cours d'une récente émission de “C dans l’air”, quelqu’un - je crois, sans en être sûr, qu’il s’agissait de Jean-François Colosimo - a annoncé qu’il n’y avait plus, en France, que 4 % de catholiques pratiquants. C’est-à-dire allant à la messe tous les dimanches.
    Autrement dit, qu’il n’y avait plus que 4% de “vrais” catholiques. Les autres étant au catholicisme ce que serait un footballeur professionnel qui ne jouerait jamais au foot.
    Parmi ces 4% de “pratiquants”, les fidèles de plus de 60 ans sont les plus nombreux, les jeunes n’allant généralement à la messe qu’occasionnellement comme, par exemple, lors de rencontres telles que les JMJ ou des camps.
    Et toujours parmi ces 4%, très rares sont celles et ceux qui adhérent aux articles du “Credo” qu’ils disent tous les dimanches et sont capables de répondre à la question toute simple : qu’est-ce que la messe ?"

  • "Ceux qui seront baptisés seront sauvés"

    C'est pareil pour le corps. Les médecins nous disent si nous mangeons "équilibré", nous serons sauvés. Et c'est très juste.
    Combien sommes-nous à connaître la diététique et à la mettre en pratique, c'est pourtant important pour la bonne gestion des différentes fonctions de l'organisme que le Seigneur nous a donné avec Amour, dans l'Amour, pour l'Amour.
    Oui, nous avons le devoir d'en prendre grand soin pour éviter de graves conséquences qui peuvent se répercuter sur nous-même, nos enfants, les générations futures.
    Il faut savoir pour être sauvés ...
    -Tous nos actes nous suivent disait-on.
    C'est pareil pour notre Ame, notre Esprit, caractéristiques spécifiques de notre personne. Si nous voulons les sauver des dangers que Notre Seigneur Dieu Trinité Sainte a révélé à son Eglise depuis des milliers d'années, il ne faut pas, en 2016 dire : "On ne savait pas". l'éducation, la transmission doivent être faites".
    Je dirai, perso : "Ceux qui seront éduqués, formés à tout ce qui constitue notre personnalité vouée à l'immortalité, rachetée par le Christ seront sauvés".

  • En France et en Wallonie BXL il y a déjà beaucoup de communautés nouvelles . Ils sont souvent "semi traditionnels " ( s'il faut absolument les qualifier ) mais fidèles à l' essentiel . Des " recommençants " ou des convertis à l' âge adulte ." apparaissent un peu partout.......

  • rectification : ce commentaire citant les communautés nouvelles de France et de Wallonie BXL dont l' Esprit commence à vivifier la Flandre, était, en fait , destiné à l' article sur l' église en Flandre . Excusez moi

  • Là on peut parler ouvertement de relgion vivante

  • Autre homélie plus honnête et plus authentique :

    http://benoit-et-moi.fr/2016/actualite/la-porte-etroite.html

  • oui, malgré l'orage qui sévit, on voit apparaître une petite éclaircie... Gardons confiance ! Mais il y a beaucoup à faire ...
    L'Evêque Jorge Lozano, président de la Commission épiscopale pour la pastorale en Argentine s'est exprimé ce dimanche 21 août lors de la journée de l'enfant. L'éducation dès l'enfance est primordiale a-t-il dit.
    Il cite : - "Qui sème la tendresse récolte le bonheur" et - "Apprendre à aimer dès l'enfance".
    Pour lui, l'un des défis les plus difficiles est d'essayer de reconstruire ou d'incorporer des comportements ou des attitudes que les jeunes n'ont pas assimilés étant petits, tels que l'ordre, le respect, la persévérance dans une tâche.
    Il nous donne une première solution très simple : débuter très tôt l'amitié avec Jésus. Les éducateurs et les parents doivent en prendre la responsabilité. Et il termine en demandant à Dieu la grâce d'être responsable de ce trésor qu'est l'enfance.
    (site aleteia)
    C'est aussi mon avis. Si cette base n'est pas donnée en son temps, c'est l'école qui va peiner pour rattraper ce qui n'a pas été fait. Si ce n'est pas l'école, ce seront les forces de l'ordre qui séviront, éduqueront, mais alors là ce sera plus costaud, avec des traces indélébiles très préjudiciables pour l'avenir de la personne, au pire, la prison.
    Il faut investir plus de temps, des compétences, et plus d'argent pour l'enfance surtout par l'intermédiaire de la Famille. C'est en effet un bon investissement pour le capital humain et spirituel.
    Tout pour Dieu, avec Lui et en Lui !

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