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Le centième anniversaire de la mort de Léon Bloy

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De Mélinée Le Priol sur le site du quotidien La Croix (3 novembre) :

Qui sont les catholiques qui lisent Léon Bloy aujourd’hui ?

Léon Bloy, pamphlétaire catholique et écrivain mystique, est mort il y a tout juste un siècle, le 3 novembre 1917.

Peu connu du grand public, il reste un auteur important pour de nombreux convertis au catholicisme et certains milieux catholiques de droite.

« Celui qui ne prie pas Dieu prie le diable. » Le 14 mars 2013, lors de sa toute première homélie pontificale, le pape François fraîchement élu cite un auteur français mal connu, sinon tout à fait ignoré du grand public actuel : Léon Bloy (1846-1917). Cette référence à un écrivain aussi virulent et tempétueux n’a pas manqué de surprendre, notamment les milieux catholiques.

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Il faut dire que Léon Bloy, converti à l’âge de 23 ans au contact de l’écrivain chrétien Jules Barbey d’Aurevilly, nourrissait pour les bourgeois et les chrétiens « tièdes » de son temps une haine féroce. Venu du socialisme révolutionnaire et de l’anticléricalisme, ce « prophète des pauvres » reprochait notamment au clergé sa complicité avec la bourgeoisie. Détesté des croyants comme des incroyants, il sera qualifié d’anarchiste de droite.

Son œuvre furieuse, brûlante, inquiète du naufrage spirituel d’une société en voie de sécularisation, continue d’influencer certains milieux catholiques de droite, et notamment la droite royaliste.

L’auteur des convertis ?

« Quand on a envie d’en découdre avec le monde moderne, Léon Bloy est le polémiste idéal », soutient pour sa part Paul Piccarreta, directeur de la revue Limite, qui, sans se reconnaître dans les rangs de cette droite catholique, compte cet auteur parmi ses pamphlétaires préférés. Lui-même converti, il se sent aussi proche d’autres écrivains catholiques convertis du XIXe siècle, comme Jules Barbey d’Aurevilly ou Charles Péguy.

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« Je crois que Léon Bloy continue aujourd’hui d’accompagner de nombreux catholiques dans leur conversion », ajoute Paul Piccarreta, qui voit dans cette figure un auteur de jeunesse, « à lire à 20 ans ». « Il vous introduit dans un univers dramatique, assez jobien (propre au personnage biblique Job, NDLR.), qui tient du cri vers Dieu. C’est un rapport à Dieu en perpétuelle tension. »

Un « aliment spirituel vivifiant »

La foi violente et lumineuse de Léon Bloy lui a permis de susciter de nombreuses conversions au catholicisme parmi les intellectuels de son temps, à commencer par Jacques Maritain et son épouse Raïssa, dont il fut le parrain de baptême. Il fut aussi admiré par les écrivains Paul Claudel et Georges Bernanos.

Pour Pierre Glaudes, auteur d’un ouvrage récent sur cette figure (1), Léon Bloy reste d’une « actualité persistante » et peut être « aliment spirituel vivifiant »pour les catholiques d’aujourd’hui. « Mais Bloy n’est pas un théologien, précise-t-il, c’est un écrivain, un homme qui parle par analogie, qui joue avec les ressources de la fiction et qui donne à penser de cette façon. »

Mélinée Le Priol

(1) Léon Bloy, la littérature et la Bible, Les Belles Lettres, 464 p., 35 €.

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