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Quand Mgr de Germay réveille l'assemblée plénière des évêques de France

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De Cyril Brun sur infocatho.fr :

L’édito du jour – Enfin un évêque l’a dit !

Enfin un évêque l’a dit et dans le saint des saints de l’Assemblée plénière de Lourdes ! En même temps, une bombe ne pouvait venir que de Corse. Car c’est une véritable bombe que Mgr de Germay vient de poser tranquillement dans l’univers catholique non seulement français, mais occidental, en rappelant que l’Eucharistie est avant tout un sacrifice.  Pointant le déséquilibre d’une pastorale longtemps horizontale qui « surinsistait » sur la table et donc le partage, l’évêque d’Ajaccio, a rappelé que l’Eucharistie n’est pas un dû collectif, mais le sacrifice salvateur du Christ. En effet, une certaine banalisation de l’Eucharistie l’a comme vidée, non de sa substance (évidemment), mais de son sens. Devenant exclusivement le pain du partage, on en a oublié qu’il est avant tout communion au Dieu sauveur. Ce même Dieu vers qui Moïse ne pouvait s’approcher qu’en retirant ses sandales.

En affirmant que la pastorale des divorcés remariés n’est que l’arbre qui masque la forêt, Mgr de Germay soulève le tapis gorgé de poussière qu’on n’osait plus secouer de peur d’y voir les reliquats du sacré, du sacrifice et bien entendu du péché. Evidemment qu’avoir peu à peu banalisé l’accès à la communion, comme simple signe d’appartenance, ne pouvait que renforcer le sentiment de rejet de ceux qui n’avaient pas accès à la table commune. En pointant du doigt la forêt obscure et désertée de la pastorale eucharistique, le prélat ne se contente pas de déplacer le problème, il révèle le cœur de la crise même de l’Eglise : sa relation profonde, non seulement au Christ corps qui unit des frères et des fils, mais surtout au Christ sacrifié, prêtre et Dieu. C’est à une révolution copernicienne qu’invite l’évêque d’Ajaccio en proposant de contempler davantage qu’on ne l’a fait depuis de nombreuses décennies le piquet de bois vertical de la croix et plus seulement son bras horizontal. En fait, Mgr de Germay invite l’Occident (bien plus éloigné de la sacralité que l’Orient ou l’Afrique) à sortir de l’homocentrisme maquillé d’humanisme et à décentrer notre regard de nous-même. Nombrilisme qui nous fait exiger de Dieu la communion que nous réclamons comme un dû, au lieu de nous plonger dans la contemplation du mystère salvateur qui est un don. A nos habitudes captatrices et capricieuses, l’évêque rappelle la tradition millénaire de l’Eglise qui invite à l’abandon et la reconnaissance.

Une bombe donc qui si elle explosait véritablement renverserait bien des perspectives, car nous ne regarderions plus l’homme pour lui-même, mais nous le verrions à travers le Christ quand aujourd’hui c’est au contraire le Christ qu’on voudrait voir à travers ce qu’il reste de l’homme.

 

Commentaires

  • Bravo!!! Enfin un évêque qui ne parle pas pour ne rien dire et qui voit clair! Enfin un véritable garant de la foi qui vient au secours des catholiques désemparés, affligés et meurtris devant tant de "serpents d'Eglise" (l'expression est de Frossard) qui, n'attaquant jamais les dogmes de face, les vident de leur substance pour n'en conserver que l'enveloppe.

  • Ces déclarations viennent de quelqu'un qui n'a, à l'évidence, pas compris l'Évangile tel qu'il doit être réinterprété aujourd'hui !

    Encore un évêque rigide et dur de cœur, image de l’Église d'hier, ayant une propension à fuir les implications pastorales réelles pour se réfugier dans les formes d'un passé révolu et qui ignore que la doctrine doit évoluer afin de répondre aux défis des temps qui changent...

  • Merci, cher Monseigneur de Germay, de rappeler enfin la vraie réalité de la Sainte Eucharistie qui est en effet bien plus que le partage du Pain et de la Parole. Enfin, un évêque qui rappelle
    et croit au renouvellement - non sanglant - du Saint Sacrifice au Calvaire. Cette vérité n'est pas acceptée par Luther et nous différencie de la théologie protestante. Il est important de le rappeler en ce temps abominable où la confusion règne en maître dans notre Eglise.

    Si l'on croit réellement en la Sainte Eucharistie, on supprimera les chaises assises et on remettra les chaises d'autrefois car l'homme n'est grand aux yeux de Dieu que s'il s'agenouille devant Son Créateur et Père. Maintenant, quand on entre à l'Eglise, bien rares sont ceux qui font encore la génuflexion avant de ... s'asseoir ! Comment nos enfants pourraient-ils croire en l'incroyable grandeur de ce Sacrifice si on continue à le banaliser ?

    Comment est-il concevable de recevoir Son Sauveur dans la main et en file indienne et de croire en la Présence "réelle" de Jésus-Sauveur dans l'humble hostie qu'on vous remet ? Quand rétablirons-nous les bancs de communion, véritable table du repas des noces où l'on s'agenouille en recevant dans l'adoration Notre Divin Jésus Rédempteur ?

    Heureusement que divers Instituts traditionnels ont conservé ces antiques usages pour sensibiliser les fidèles à la grandeur et à l'humilité de Jésus " sacrifié" sur l'Autel pour notre Salut !

    Puissent les évêques recueillir ce témoignage de Mgr. de Germay et prendre aussi en compte les recommandations du Cardinal Sarah jusqu'à les faire appliquer pour le bien du Peuple de Dieu.et l'honneur de Son Fils-Bien-aimé !

    Ceux qui, par miséricorde, dénaturent les Evangiles pour faire plaisir à tous ceux qui revendiquent de nouveaux droits tels que ceux revendiqués par certains divorcés-remariés, assument de très lourdes responsabilités dans le chaos spirituel que connaît Notre Sainte Mère l'Eglise. C'est du moins mon humble avis. Puisse le Saint-Esprit nous éclairer !

    Merci à Jean-Pierre SNYERS dont je partage tout-à- fait les commentaires.

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