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La révolution bergoglienne : à petites doses mais irréversible...

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Une note de Sandro Magister parue dans « L’Espresso » n. 46 de 2017, à la page d’opinion intitulée "Settimo Cielo", traduite sur le site diakonos.be :

La révolution de Bergoglio. A petites doses mais irréversible

L’étoile du Pape François brille aujourd’hui plus fort que jamais sur la scène internationale depuis qu’il joue le rôle de pacificateur nucléaire entre les Etats-Unis et la Corée du Nord.  Mais au sein de l’Eglise aussi il se trouve aux prises avec une guerre mondiale par étapes, une drôle de guerre qu’il a lui-même contribué à déchaîner, archi-convaincu qu’il pourra la mener à bien.

Si Jorge Mario Bergoglio est indiscutablement un innovateur, il l’est bien davantage en matière de méthode qu’en matière de résultats.

Il a toujours introduit les nouveautés à petites doses, en catimini, parfois dans une note de bas de page allusive, comme dans le cas de la désormais célèbre note 351 de l’exhortation post-synodale Amoris laetitia, quitte à déclarer ensuite avec candeur, quand on l’interpelle sur le sujet au cours de l’une de ses tout aussi célèbres conférences de presse aériennes, ne même plus se souvenir de cette note.

Et pourtant, ces quelques lignes sibyllines ont suffi à enflammer au sein de l’Eglise un conflit sans précédent dans lequel s’affrontent des conférences épiscopales entières, en Allemagne en faveur des nouveautés, en Pologne contre, et ainsi de suite dans le monde entier, diocèse contre diocèse, paroisse contre paroisse.  Ce qui se joue, ce n’est pas tant le oui ou le non à la communion des divorcés remariés mais bien la fin de l’indissolubilité du mariage et l’admission du divorce au sein de l’Eglise catholique également, comme c’est déjà le cas chez les protestants et chez les orthodoxes.

Certains s’inquiètent de cette confusion qui envahit l’Eglise. Mais François ne fait rien pour remettre de l’ordre chez lui.  Il fonce tête baissée.  Sans se préoccuper le moins du monde des cardinaux qui lui soumettent leurs « dubia » et ceux de tant d’autres sur des questions clés de la doctrine qu’ils voient menacée et qui lui demandent de faire la clarté.  Il laisse courir les interprétations les plus disparates, aussi bien conservatrices qu’ultra-progressistes sans jamais condamner explicitement personne.

L’important pour lui c’est de « jeter la graine pour que la force se déchaîne », et de « mélanger le levain pour que la force fasse grandir », selon les termes qu’il a lui-même utilisés dans une homélie à Sainte-Marthe il y a quelques jours. Et « si je me salis les mains, Dieu soit loué !  Malheur à ceux qui prêchent avec l’illusion de ne pas se salir les mains.  Ceux-là sont des gardiens de musée ».

Pascal, le philosophe et l’homme de foi que François déclare vouloir béatifier, avait eu des paroles incendiaire pour les jésuites de son époque qui jetaient en pâture leurs thèses les plus audacieuses pour faire en sorte qu’elles prennent peu à peu racine et qu’elles deviennent la pensée commune.

C’est exactement ce que fait aujourd’hui le premier pape jésuite de l’histoire : il met en route des « processus » dans lesquels il sème les nouveautés qu’il souhaite à terme voir triompher, dans les domaines les plus divers, comme par exemple concernant le jugement sur le protestantisme.

Quand il était en Argentine, Jorge Mario Bergoglio proférait des invectives terribles contre Luther et Calvin.  Mais depuis qu’il est pape, il fait tout le contraire et n’a plus pour Luther que des éloges.  Au cours d’une visite à l’église luthérienne de Rome, quand on lui a demandé si catholiques et protestants pouvaient communier ensemble malgré que les premiers croient que le pain et le vin deviennent « réellement » corps et sang du Christ au contraire des seconds, il a répondu oui, et puis non, et puis je ne sais pas, et puis faites comme vous le sentez, s’embrouillant dans des propos contradictoires mais donnant en pratique le feu vert.

La véritable nouveauté du pontificat de François, c’est la liquidité de son magistère. Ce qu’il ne tolère pas c’est que quelqu’un ose le fixer dans des idées claires et distinctes en le dépouillant de ce qu’il contient d’innovant.

Quand le cardinal Gerhard L. Müller, en tant que Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, s’obstinait à dire qu’il il n’y avait rien de nouveau dans Amoris laetitia par rapport à la tradition, il l’a brutalement limogé.

Quant au cardinal Robert Sarah, le Préfet de la Congrégation pour le culte divin, qui voudrait se réserver le contrôle total des traductions du missel latin dans les différentes langues, il l’a humilié publiquement, l’obligeant à dire à tous les évêques que le pape laisse au contraire la liberté à chaque Eglise nationale de traduire comme ils l’entendent, embryon d’une future Eglise catholique non plus monolithique mais fédérale, l’un des autres objectifs visés par le redoutable calculateur qu’est le Pape Bergoglio.

Commentaires

  • Quelle merveille d'avoir un pape à l'écoute du Saint-Esprit !!!

  • Le style de Sandro Magister. ....( tout comme celui de Lysanias..... )
    S.M. dit sûrement, parfois des choses justes mais elles sont tellement noyées dans des jugements téméraires, excessifs, définitfs pour ne pas dire carrément malveillants, qu il n' atteint plus son but.
    On devrait avoir la charité de lui dire que ses harangues sont contreproductives.

  • Je ne sais pas, Thérèse. J'ai plutôt l'impression qu'à travers des intellectuels bien au courant des faits, comme Sandro Magister, Vittorio Messori et bien d'autres, l'Esprit Saint veut nous mettre en garde contre les dangers qui menacent gravement l'Eglise. N'étant guère de ceux qui pensent que "le souverain pontife a toujours raison", j'avoue qu'il m'arrive de songer à cette terrible parole de Jésus-Christ au premier pape: "Arrière de moi, Satan". Et rien ne permet de dire que ces mots ne furent prononcés qu'une seule fois en 2000 ans d'histoire.

  • ... "à l'écoute de l'Esprit-Saint !! " oui c'est la dimension super importante : "inspire - expire". Elle équilibre et rend l'Homme enfant de Dieu et responsable.
    Pour bien respirer spirituellement et physiquement il faut s'aérer, St Jean-Paul II l'avait bien compris, lui, et aussi cher Benoît XVI.
    Il y a quelques temps, Nicolas Haulot est passé à Rome, en urgence, pour dire que l'air était pollué, Suite à cela, Lauda si" est sorti.
    On comprend aisément que si on n'a qu'un poumon, on peut effectivement étouffer, c'est vrai ... d'où l'urgence de dire qu'il faut prendre des mesures chacun. pour notre corps physique. Ok.

    Mais spirituellement, si l'Eglise, le Corps du Christ n'a qu'un poumon, comme on pourrait le croire, on n'est peut-être pas non plus en mesure de bien fonctionner. Etouffement aussi là. Mise à mal du Corps Spirituel tout entier
    Pourtant, les cathos apportent leurs contributions pour qu'un bonne respiration circule parmi les membres.
    Maman Marie ne cesse de dire aux Apôtres et à chacun d'entre-nous : "Faites tout ce qu'Il vous dira"
    Ce serait l'asphyxie que de vouloir amputer ce poumon la, celui de la Tradition..

    Les athées, les gens de la périphérie, les bonnes volontés qui demandent à venir respirer aussi le bon AIR du Christ ont évidemment besoin d'un poumon qui inspire et expire pour vivre en bonne harmonie avec le Corps/ Eglise tout entier.

    Amoris Laetitia est arrivé , suite à leurs propres questionnements, (?) Mais avec des points d'interrogation qui sont restés sans réponse.
    Il y a, selon moi, un problème d'organe de respiration dans notre Eglise. et il est urgent de remplacer les fonctions du poumon atrophié ou manquant à savoir Mg SARAH, CAFFARA, MULLER et autres cardinaux, évêques, prêtres, professeurs, mutés. Il me paraît que la bonne santé de l'Eglise catholique a besoin d'attention bienveillante, respectueuse de ces porteurs d'eau. Il y a un problème vital, selon moi.

  • ... "il a répondu oui, et puis non, et puis je ne sais pas, et puis faites comme vous le sentez", s’embrouillant dans des propos contradictoires...

    Est-ce bien là l’œuvre du Saint Esprit (Esprit de Dieu, de clarté et de Vérité)?

  • "Il est urgent que le pape, en exerçant le ministère qu’il a reçu du Seigneur, affermisse ses frères dans la foi par une expression claire de l’enseignement concernant à la fois la morale chrétienne ainsi que le sens de la pratique sacramentelle de l’Église." Cardinal Raymond Burke.

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