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La découverte d'un édifice religieux datant du début du XVIIe siècle atteste la présence chrétienne au Congo avant la colonisation belge

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De Nioni Masela sur adiac-congo.com (16 novembre) :

Histoire : KongoKing dévoile le site de la plus vieille église de la RDC à Ngongo Mbata

Les vestiges trouvés lors de fouilles archéologiques réalisées en 2014 ont révélé la présence d’un édifice religieux datant du début du XVIIe siècle, antérieur à la cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption de Boma présentée jusqu’ici comme l’édifice religieux le plus ancien du pays mais qui n’est, en fait, que le plus vieux de l’époque coloniale construit le 2 septembre 1886 dans une usine de forgerie près de Charleroi en Belgique. 

Considérée comme l’une des plus grandes trouvailles du projet KongoKing sur le plan archéologique, la première église construite en pierres, tout comme la vieille cathédrale démontable en acier de Boma arrivée au pays le 21 septembre 1889, a existé dans la province du Kongo-Central. Cette découverte matérielle tenue pour l’une des plus parlantes date du début du XVIIe siècle. Elle est sans aucun doute l’une des traces les plus anciennes de la présence du christianisme en RDC. À cet effet, le Pr Koen Bostoen, qui a conduit le projet KongoKing entre 2012 et 2016, a rappelé que Jean 1er ou Joâo 1er fut le premier roi Kongo converti au christianisme et ce, déjà à la fin du XVe siècle, plus précisément en 1491. Et de préciser : « Il n’est pas vrai que l’église de Boma est la plus vieille du pays. Elle est juste la plus ancienne de l’époque coloniale. Car le christianisme et le catholicisme étaient bien présents au Kongo avant l’arrivée des premiers Belges ». Il est donc normal qu’à partir de ce moment-là, les églises se soient répandues dans sa contrée et d'autres avoisinantes. Ce qui s’est vérifié « à la fois au nord de l’Angola mais aussi dans ce qui est aujourd’hui la province du Kongo-Central et voire dans certaines parties de l’ancienne province du Bandundu », a dit le professeur belge.

Koen Bostoen a souligné que ce n’est pas par hasard que le projet KongoKing, à la base de cette trouvaille de réelle importance susmentionnée, se soit focalisé sur les origines et l’histoire ancienne du Royaume Kongo. Ce choix a été fait en raison de l’abondante documentation historique existant sur le sujet. « Nous avions une bonne base documentaire pour commencer les recherches. Du reste, les premiers contacts entre le Royaume Kongo et l’Europe datent de la fin du XVe siècle. Donc, c’est à partir de cette époque-là que l’histoire de la région est plus ou moins connue », a-t-il confié au Courrier de Kinshasa. L’on comprend que pour Koen Bostoen, professeur de linguistique au département de langues et cultures africaines à l’Université de Gand, en Belgique, ce soit un atout de taille. Il a reconnu et soutenu dès lors que « ces connaissances historiques ont facilité les recherches en archéologie et en linguistique ». Et d’ajouter encore : « C’est grâce à elles que nous avons pu mieux orienter nos recherches en archéologie et en linguistique historiques afin de confirmer ou infirmer certaines hypothèses émises par les historiens .»

 

Premier catéchisme en langue bantoue

Nous tenons encore du linguiste belge que l’entrée du christianisme, réalisée assez tôt dans le Royaume Kongo, en a fait une région plutôt exceptionnelle du point de vue de la documentation. Ceci a fait en sorte que, a-t-il dit, «  la période littéraire a commencé beaucoup plus tôt que dans d’autres parties du pays ou de l’Afrique centrale plus généralement ». Il a renchéri qu’en conséquence, « les plus anciens documents ou les sources écrites sur les langues bantoues sont celles sur le kikongo, celui parlé à Mbanza-Kongo, la capitale du Royaume Kongo aujourd’hui située en Angola ».

Dès lors, il nous revient que le premier catéchisme en langue bantoue, en kikongo, date de 1624 et le premier dictionnaire d’une langue bantoue date de 1652. Ce lexique qui proposait des traductions de mots en trois langues, à savoir le latin, l’espagnol et le kikongo se trouve être le plus ancien de toute l’Afrique "bantouphone". Il a offert la plus ancienne grammaire d’une des langues bantoues sur la même variété du kikongo que le catéchisme et date de 1659. Ce sont des outils qui ont concouru à l’étude de la linguistique historique en Afrique centrale et à examiner l’évolution de cette langue à partir du XVIIe siècle jusqu’à ce jour.

Ambitieux, premier du genre mené dans la région de l’Afrique centrale, le projet KongoKing tient à une coopération interuniversitaire financée par le Conseil de recherches européen. Koen Bostoen nous a appris qu’à cet effet, y ont travaillé en collaboration l’Université de Gand, l’Université libre de Bruxelles, le Musée royal de l’Afrique centrale de Tervuren en Belgique, l’Université de Kinshasa, l’Institut des musées nationaux du Congo et l’Université Kongo en RDC. Les principaux résultats de ce projet de recherche auquel ont aussi contribué plusieurs chercheurs congolais feront l’objet de deux publications d’ici à la fin du premier trimestre de 2018. Au nombre des chercheurs congolais qui ont pris part aux travaux, Koen Bostoen a cité deux doctorants, à savoir Igor Matonda Sakala de l’Unikin et Mandela Kaumba de l’Université de Lubumbashi. Tous deux sont thésards en Belgique. Le premier a déjà soutenu sa thèse sur "L’histoire du Royaume Kongo" alors que le second soutiendra la sienne l’an prochain sur "La culture matérielle du Royaume Kongo".

Nioni Masela

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