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Un schisme à l'horizon ?

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De Marie Malzac sur le site du journal La Croix :

Le cardinal Müller affirme craindre un schisme

L’ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi demande aux autorités de l’Église d’écouter les « justes réclamations » des anti-François, selon des propos rapportés par le quotidien italien Il Corriere della Sera dimanche 26 novembre.

« Il existe un front de groupes traditionalistes, ainsi que des progressistes, qui voudrait me voir à la tête d’un mouvement contre le pape, mais je ne le ferai jamais ». C’est ce qu’a soutenu récemment le cardinal Gerhard Ludwig Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, qui avait exprimé à plusieurs reprises ses prises de distance par rapport à certaines démarches pontificales.

Dans un entretien avec un éditorialiste du quotidien italien Il Corriere della Sera, Massimo Franco, publié dimanche 26 novembre, il se montre amer et inquiet.

S’il affirme croire dans « l’unité de l’Église », l’ancien préfet n’en appelle pas moins les autorités à « écouter ceux qui ont des questions sérieuses et de justes réclamations : il ne faut pas les ignorer ou, pire, les humilier ». Le cardinal va même plus loin : « Sinon, sans le vouloir, le risque d’une lente séparation peut augmenter, qui pourrait déboucher sur un schisme d’une partie du monde catholique, désorienté et déçu. L’histoire du schisme protestant de Martin Luther d’il y a 500 ans devrait surtout nous montrer les erreurs à éviter ».

Au mois de juillet, le pape François a décidé de remplacer ce cardinal à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le plus important dicastère de la curie romaine. Il avait alors durement critiqué son renvoi. Dans le Corriere, il apporte de nouvelles précisions. À ce moment-là, le pape lui aurait ainsi dit : « Certains m’ont dit de façon anonyme que vous étiez mon ennemi ».

Critique acerbe des « délateurs »

« Après quarante au service de l’Église, déplore-t-il, je me suis laissé dire cette absurdité, préparée par des cancaniers qui au lieu d’instiller de l’inquiétude chez le pape feraient mieux d’aller voir un psychiatre ».

Réaffirmant son attachement au pape, le cardinal soutient toutefois que ses « vrais amis ne sont pas ceux qui l’adulent » mais bien « ceux qui l’aident avec la vérité et une compétence théologique et humaine ».

Le cardinal formule des paroles sévères contre les « délateurs » responsables à ses yeux de son départ de la Congrégation pour la doctrine de la foi. L’ancien préfet ne croit pas au complot contre le pape – « une exagération absolue » – mais reconnaît que d’importantes « tensions » traversent actuellement l’Église.

« Je crois que les cardinaux qui ont exprimé leurs doutes sur Amoris Laetitia, ou les 62 signataires d’une lettre de critiques, dont certaines excessives, contre le pape, doivent être écoutés, et non pas balayés d’un revers de main comme’pharisiens’ou comme des râleurs », avance-t-il. Il faut donc, à son sens, un « dialogue franc et clair ».

L’impression du cardinal allemand est que dans le « cercle magique » du pape, on « s’inquiète surtout d’espionner de prétendus adversaires, empêchant de la sorte une discussion ouverte et équilibrée ».

En gage de sa bonne foi, le cardinal Müller a récemment défendu publiquement l’Exhortation apostolique du pape François sur la famille, un document qui a cristallisé les divergences.

« Classer tous les catholiques selon les catégories ’amis’ ou ’ennemis’ du pape est le plus grand mal qu’ils causent à l’Église, insiste le cardinal Müller. Et on est perplexe lorsqu’on voit qu’un journaliste bien connu, athée, se vante d’être un ami du pape, tandis qu’un évêque catholique, cardinal comme moi, est diffamé comme opposant du pape. Je ne crois pas que ces personnes puissent me donner des leçons de théologie sur le primat du souverain pontife ».

Une Église plus « faible »

Comparée à l’époque de Benoît XVI, l’Église actuelle apparaît plus « faible » aux yeux du cardinal. « Les prêtres sont de plus en plus rares et nous apportons des réponses plus organisationnelles, politiques et diplomatiques que théologiques et spirituelles », regrette-t-il. « L’Église n’est pas un parti politique, avec ses luttes de pouvoir. Nous devons discuter des questions existentielles, sur la vie et la mort, sur la famille et les vocations religieuses, et pas sur la politique ecclésiastique en permanence, développe l’ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Le pape François est populaire, et c’est une bonne chose. Mais les personnes ne prennent plus part aux sacrements. Et sa popularité parmi les catholiques qui le citent avec enthousiasme ne change malheureusement pas leurs fausses convictions ».

Selon le cardinal Müller, il faut désormais dépasser le stade de l’Église « hôpital de campagne », une expression chère au pape François. Aujourd’hui, le monde aurait davantage besoin, à ses yeux, d’une « Sillicon Valley » de l’Église. « Nous devrions être les Steve Jobs de la foi, assure-t-il, et transmettre une vision forte en termes de valeurs morales et culturelles ».

Commentaires

  • Je souscris tout à fait au point de vue du cardinal Muller. Un schisme qui ne dit pas son nom est né au sein de l’Eglise catholique après le concile Vatican II, dont Paul VI n’a pas maîtrisé la mise en œuvre. Jean-Paul II et Benoît XVI ont cherché à réduire la fracture mais leur successeur a ravivé les plaies. Je crains que l’histoire soit sévère pour lui. Son tempérament excessif et autoritaire ne conduit pas le gouvernement de l’Eglise dans la bonne direction: son élection fut sans doute une erreur. Ce n’est évidemment pas la première, ni la dernière, de la longue histoire chrétienne. Seul Dieu est irréversible.

  • Tout à fait d'accord avec Tchantchès ; j'ajoute que ce schisme est d'autant plus grave qu'il refuse de se reconnaître comme tel : les schismatique veulent rester dans l'Eglise (au sommet ou à la base), ils veulent le pouvoir (ils l'ont), ils persécutent leurs opposants et mènent les fidèles vers les abîmes de la mondanité. Or l'esprit du monde (au sens johannique) est le contraire du christianisme.
    L'Eglise ne disparaîtra jamais, c'est une promesse du Christ, mais dans quel était la retrouvera-t-il lors de son retour dans la gloire?

  • Pourquoi, dès qu'on parle de schisme, le vocabulaire devient il si " politique " si " noir- blanc " , si " eux et nous " : Steve Job, silicon valley, la bonne direction, " abîmes " de la mondanité, opposants persécutés ....

  • Quand au nom d'une pseudo-unité, on ne sépare plus le bon grain de l'ivraie, l'erreur de la vérité, on en arrive à une espèce de paix des lâches dont la tiédeur ne peut que révulser ceux qui attendent du christianisme autre chose que de l'hypocrisie. En un mot comme en cent: bas les masques! Assez de circonvolutions! Ce n'est pas d'une éponge mais d'un roc dont le peuple fidèle a besoin. Et ce n'est pas non plus d'un élastique dégoulinant de colle mais d'une épée dont il convient de se servir face à l'hérésie, face aux dangers qui menacent l'intégrité de la foi.

  • Chez beaucoup de modernistes ou progressistes, le schisme et l'hérésie sont déjà bien apparents. Mais un esprit de schisme menace depuis quelques temps des catholiques fidèles à la tradition. Il s'agit de ceux qui pensent que l'élection de François n'est pas valide ou que la démission de Benoît XVI est entachée d'irrégularité. Je connais quelqu'un qui est persuadé que François est un antipape. Dans la confusion actuelle, le cardinal Müller a une position équilibrée et vraiment catholique. Je conseille à ce sujet tout ce que l'abbé Pagès a écrit sur son site Islam et Vérité.
    Voici les liens:

    https://www.islam-et-verite.com/le-sedevacantisme-est-une-heresie/

    https://www.islam-et-verite.com/le-sedevacantisme-est-impossible/

  • Un petit rectificatif. J'ai consulté le dictionnaire de droit canonique de Naz. La référence que donne l'abbé Pagès au début de son premier article n'est pas correcte. Il faut lire colonne 1159 du volume IV.. C'est à l'article "déposition" de ce dictionnaire que Naz résume la doctrine canonique sur la question de l'impossibilité de déposer le pape

  • Comment - hélas ! dirais-je - nier la pertinence des propos de S.Ém. le cardinal Müller ?
    À n’en pas douter, il existe, au moins chez les catholiques pratiquants, un réel malaise à entendre Rome tenir des discours « en sens divers », où l’on recherche trop souvent la cohérence et donc la solidité.
    Qu’on se rappelle, par exemple, la présentation annuelle de vœux que le Pape a tenu en décembre 2014. Si certains ont trouvé bienvenus les reproches adressés publiquement aux cardinaux, ses frères dans l’épiscopat, d’autres se sont souvenus des recommandations de saint Matthieu : « Si ton frère a péché, va le trouver et reprends-le seul à seul. » La « correction fraternelle » administrée par le pape François était on ne peut plus collective ni plus médiatisée.
    En revanche, les « dubia » attendent toujours une réponse.
    « Qui suis-je pour juger ? » a dit le Pape à plusieurs reprises. C’est évidemment une réponse consensuelle et passe-partout. (Presque) tout le monde y a vu une attitude hautement louable, et, fondamentalement, elle l’est. Mais pourquoi cette réponse ambiguë ? Toute l’équivoque est dans le mot « juger » : il y a le Jugement de Dieu – et en effet le Pape n’est pas Dieu –, et il y au moins une attitude concrète à définir. Ainsi, le Pape ne laisse-t-il pas entendre qu’au fond, sur certaines questions « sociétales » posées, l’Église n’a pas d’opinion particulière ni, conséquemment, de réflexion pastorale spécifique à mener.
    Circulez, il n’y a rien à voir.
    On se souvient de la manière dont les traditionnels adversaires de l’Église ont accueilli, chez nous et ailleurs, un certain archevêque qui, contrairement à une longue tradition (depuis 1838), n’a pas été créé cardinal (étrange amnésie romaine, tout de même). Ce sont principalement les mêmes qui, si souvent, trouvent « François » formidable..
    Mutien-Omer Houziaux.

  • La seule chose à faire : prier pour le pape, comme il nous le demande sans cesse.
    C'est le pape !
    Soutenons-le par notre prière et notre jeûne. Ne critiquons pas le pape,
    C'est le pape. !
    En faisant ainsi, nous gardons l'Unité de l'Eglise, comme Jésus nous le demande.

  • Et n'oublions pas que ce Pape a plusieurs fois confié son pontificat à la très Sainte Vierge . Plus spécifiquement à Notre Dame de Fatima.

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