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Quand la pub fait l'impasse sur Noël... et si c'était tant mieux ?

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Coup de tonnerre sur nos pauvres sociétés européennes : une certaine marque de bière très connue ne produira plus de « bière de Noël » mais de la « bière d’hiver ». Dans le même temps, ce même mot recule aux frontons des temples du commerce et des enseignes municipales. Exit Noël, la société laïque pare ses tables pour « les fêtes de fin d’année » (le jour de l’An soit, et la deuxième, quelle est-elle ?)

Et les uns de relayer ces horreurs estampillées #christianophobie, tandis que d’autres sabrent le champagne : l’emprise de Léreligion sur la société recule !

Ridicule. Aussi ridicule, et ce n’est pas peu dire, que la brusque toquade de quelques élus pour l’origine vaguement mariale du graphisme du drapeau européen, ou que Jean-Luc Mélenchon voyant dans le folklorique titre de chanoine de Latran la preuve d’une mainmise vaticane sur la République française. Ah ! si monsieur Mélenchon connaissait mieux le pape François… vu son programme économique, écologique et social, cette allégeance, il l’appellerait de ses vœux ! Mais passons. C’est ridicule, oui, de voir un « viol de conscience », un « obscurantisme tentaculaire » dans le mot de « Noël » appendu aux vitrines pleines de foie gras, et une libération dans son retrait. Voilà une liberté qui ne coûte pas cher à consentir et qui fait oublier le reste.

Grotesque tartarinade laïcarde, oui. Mais est-ce tellement mieux de s’arc-bouter, au nom de la défense de « l’identité chrétienne », sur la présence du mot Noël sur les emballages de marrons glacés ? C’est un fait, même s’il nous déplaît fort, à nous chrétiens : l’immense majorité de nos concitoyens ne fête pas, fin décembre, la venue du Dieu fait homme. Et ce n’est pas parce qu’elle s’est convertie au grand méchant z’islam. L’hypothèse salafiste est assez peu crédible pour expliquer la disparition d’un nom de fête chrétienne de sur un… pack de bière. À moins que l’expression « pression des milieux islamistes » n’ait pris un sens nouveau, plus mousseux et aussi quelque peu inattendu. Bref, c’est juste que nos concitoyens sont majoritairement sans religion et que du coup, l’étiquette Noël relève plutôt du simulacre.

Peu importe à qui célafôte. C’est ainsi : la France n’est plus un pays majoritairement chrétien et l’on peut toujours clabauder « ouimédeculturechrétienne » ou « didentitéchrétienne », imposer de parler de Noël à quelqu’un qui se fiche comme d’une guigne de ce qui s’est passé à Bethléem dans une certaine étable, cela ne nous mène à rien. C’est se bercer d’illusions, faire semblant, et contraindre les autres à le faire. Ils ne croient plus. C’est ainsi.

Et dans ces conditions, je crois que nous n’avons aucun intérêt à combattre pour défendre le royaume du Christ sur des boîtes de chocolats ou les calendriers des postes. Ne nous plaignions-nous pas chaque année ? N’était-ce pas même devenu proverbial, que Noël ne fût plus pour la majorité qu’une fête commerciale ? Et bien ! que le commerce fasse sa bringue, et nous, fêtons Noël. L’Enfant n’a pas besoin de catalogues de jouets mi-partis roses et bleus, ni de Mon Chéri, ni de Pyrénéens. Il se passera très bien d’être prétexte à lucullutiennes agapes, concours du cadeau hors de prix et rubans rouges autour des tablettes et des iphone. Rien de nouveau, nous le répétons chaque année.

Mais si l’emballage frelaté tombe, c’est encore mieux. Il se laissera même d’autant mieux rencontrer de ceux qui, ne Le connaissant pas, Le verront débarrassés de cette gangue.

Il y a bien un quart de siècle, il m’était venu dans les mains une BD de Franck Margerin mettant en scène une bande de potes occupés à râler sur le Noël consumériste. Avant de « se faire une petite bouffe toute simple entre amis histoire de marquer le coup »… qui s’achevait bien sûr en réveillon en bonne et due forme où ne manquait pas même la crèche, improvisée avec des petits soldats et des animaux-jouets.

Il y avait beaucoup plus dans ces pages que l’ironie au premier degré. Qui dégraisse Noël a toujours la bonne surprise de retrouver l’essentiel. Oui, il y a bien quelque chose à attendre, quelque chose autour de quoi se réunir et qui n’est pas juste le monceau de boîtes colorées sous un sapin de Nordmann trop tôt ravi aux forêts morvandelles.

Nos temples de la consommation décomplexée, eux, ne résisteraient pas à l’opération. Ils ne sont que gras : ils fondraient jusqu’au bout. Il n’en resterait rien.

Du coup, il se pourrait bien que la disparition du vocabulaire chrétien de leurs frontons soit une bénédiction. Ce n’est pas par leurs portes qu’entre le Roi de gloire. Alors, si le simulacre prend fin, tant mieux. Cent fois tant mieux. Le bonhomme Coca-Cola ne pourra plus se faire passer pour le Rédempteur. On ne confondra plus les anges de Bethléem et les sirènes d’une promotion sur les tablettes.

promonoel

Mais, me direz-vous, c’est tout de même triste de devoir ainsi constater sans équivoque que nos contemporains ne fêtent pas Noël.

C’est vrai, mais ce n’est pas à coups de guirlandes made in China (ou même in France, d’ailleurs) qu’on renversera la tendance.

N’est-ce pas l’occasion de dévoiler plus clairement ce que c’est vraiment que préparer Noël ? D’apparaître vraiment comme ceux qui veillent dans l’attente de la venue du Fils ?

Comme ceux qui ne préparent pas que la table couverte de bougies et de branches de houx ?

De questionner par ce témoignage ceux qui ne savent plus trop de quelle espérance habiter le 24 décembre ?

sEt, soyons fous, qu’ils se retrouvent par là évangélisés ? Le cœur réchauffé de l’attente joyeuse du Sauveur ?

Un, plus un, plus un, plus un, à participer à cette veille…

Ce serait drôlement plus chrétien qu’une offre promotionnelle « de Noël© », non ?

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