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Cinq ans de pontificat de François : mesurer l'impact d'un pape jésuite...

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Entrevue avec Frédéric Barriault

De Philippe Vaillancourt sur le site "Présence - Information religieuse" (Québec) :

Les 5 ans de François: l’impact d’un pape jésuite

Le pape François, le 5 octobre 2015.
Le pape François, le 5 octobre 2015.   (CNS photo/Paul Haring)

L’historien Frédéric Barriault est adjoint aux communications chez les Jésuites du Canada français et d’Haïti et chargé de projets pour le Centre justice et foi. Pour souligner les cinq ans de pontificat du premier pape jésuite, il a été invité par le Forum André-Naud de Nicolet/Trois-Rivières à donner une conférence sur le pape François le 13 mars. Il répond aux questions de Présence au sujet de l’impact du pape François.

Quelles principales continuités et ruptures observez-vous dans ce pontificat?

Au plan doctrinal, François est tout, sauf un novateur, me semble-t-il. Sur les questions bioéthiques, tout comme sur celles relatives au mariage, à la famille et à la sexualité, il se situe dans le sillage de ses prédécesseurs. Son originalité est ici toute «jésuite», si j'ose dire: tout en refusant de transformer radicalement la doctrine, il adopte un style pastoral désarçonnant pour les pasteurs rigoristes et les défenseurs tatillons de l'orthodoxie/praxie doctrinale. En insistant sur le cas par cas, le discernement spirituel et l'accompagnement pastoral individualisé, il s'inscrit clairement dans une vision optimiste de la théologie morale, empreinte de compassion à l'égard de la faiblesse humaine. Ce qui est conforme, du reste, à la place centrale qu'occupe la miséricorde dans son pontificat. Tout comme son apparent refus de condamner sans réserve et sans nuance (pensons ici à son célèbre «qui suis-je pour juger?» au sujet des personnes LGBTQ mais aussi à son étonnante défense de Mgr Juan Barros, se disant incapable de le condamner au vu des preuves en sa possession). Et ce, sans être le moindrement laxiste dans sa façon de défendre l'enseignement traditionnel de l'Église.      

Jorge Bergoglio demeure donc un homme de fidélité dans la tradition. Encore qu'il se prête volontiers à un processus de tri à l'égard de cette tradition. Au plan liturgique et ecclésiologique, il est clairement un homme de Vatican II. D'où son opposition au traditionalisme liturgique et son allergie aux fastueux Princes de l'Église vivant encore à l'heure du Concile de Trente.

 

En matière de justice sociale et environnementale, il affirme être fidèle à la doctrine sociale de l'Église et poursuivre l'œuvre de ses prédécesseurs. À mon avis, ici, il est clairement un novateur: sa critique implacable du capitalisme néolibéral financiarisé et mondialisé tranche avec le discours de Jean-Paul II, resté un homme de la Guerre froide. François regarde le néolibéralisme en homme de l'hémisphère sud, qui n'a pas connu les régimes communistes d'Europe de l'Est mais qui a cependant connu, comme Argentin, diverses crises financières, de même que l'arrogance des technocrates du Fonds monétaire international, et l'impact des mesures d'austérité néolibérales sur ses propres diocésains, notamment en 2001 et en 2008. D'où les mots très durs qu'il emploie pour parler du capitalisme financier: une «économie qui tue», soumise à la «dictature de finance» et au service du «dieu argent», ce «fumier du diable».

Sa prise en compte des changements climatiques dans Laudato si’, est au diapason de cette capacité à penser les enjeux de justice socio-économique en regardant le monde à travers le regard des pauvres et plus encore ceux de l'hémisphère sud. Notons d'ailleurs le rôle qu'il a joué dans la réhabilitation de la théologie de la libération. La canonisation imminente de Mgr Romero va dans ce sens.

Y a-t-il un moment particulier qui illustre son pontificat jusqu’ici?

Je crois que son discours à Lampedusa, en 2013, sur la mondialisation de l'indifférence a structuré durablement son pontificat. Là-encore s'affirme son regard d'homme de l'hémisphère sud, qui regarde les drames migratoires et humains à partir de la situation des pauvres et avec les yeux d'un homme du sud. C'est un moment fondateur car il vient à peine d'arriver dans la Ville éternelle, avec son faste et sa dolce vita à l'italienne. Puis surgit cette crise des migrants en partie causée par les changements climatiques, puis l'implosion de la Syrie et de l'Irak, puis cette marée humaine fuyant les bombes, les violences des milices armées et des djihadistes; puis la noyade du petit Aylan Kurdi, et ainsi de suite.

Ça donne triplement le ton à son pontificat: son engagement en faveur de l'accueil des migrants et des réfugiés, son engagement en faveur de la paix et dialogue interreligieux, son engagement en faveur d'une «mondialisation de la solidarité», c'est-à-dire sa promotion du multilatéralisme, en contexte de dérives autoritaires et ultra-nationalistes. Sur les questions d'immigration, de changements climatiques, de coexistence pacifique, il mise sur la nécessité du dialogue et de solutions concertées, et corollairement, sur le rejet de l'égoïsme et de la préférence nationale/confessionnelle, face à un monde en crise et qui souffre.

Quel impact François a-t-il sur les jésuites dans le monde et au Canada?

Ce qui est clair, c'est que Jorge Bergoglio a lui-même été structuré par la Compagnie et que cela se reflète dans son action pastorale. J'ai évoqué plus tôt la place centrale du discernement spirituel et de l'accompagnement pastoral, de même que sa théologie morale résolument optimiste et empreinte de miséricorde. C'est, je crois, typiquement ignacien et  jésuite.

La place de choix qu'occupent le souffle missionnaire et l'inculturation de l'Évangile (cf. La joie de l'Évangile) dans son action pastorale sont eux aussi assez clairement jésuites. Son regard résolument mondial et sa capacité à faire écho aux préoccupations des catholiques de l'hémisphère sud est également au diapason de son insertion dans cette «internationale» jésuite.

Ici, François a d’abord un impact sur le dynamisme du Service jésuite des réfugiés, qui est sans doute galvanisé par l'appui sans équivoque de François à cette mission essentielle. J'ajouterais aussi que la place centrale de la réconciliation dans l'action de François jusqu'ici, qui est en totale résonance avec l'action des deux Provinces jésuites du Canada à ce sujet, notamment sur la question autochtone.

En quoi ce pape influence-t-il l’Église du Québec?

François a clairement eu un impact positif sur l'Église d'ici, qui est sortie de sa torpeur et de son immobilisme. Le tournant missionnaire en est une illustration éloquente. Bien des catholiques sont sortis de leur timidité et assument plus volontiers leur identité confessionnelle.

Le pape est devenu une coqueluche médiatique, encore que ce soit à géométrie variable. Laudato si’ passe bien, ses déclarations sur le capitalisme et la finance également. Son discours tolérant sur les personnes LGBT aussi. D'autres éléments passent évidement moins bien mais ce sont des invariants: la place des femmes dans l'Église, ou encore la défense de l'avortement. François n'y est pour «rien»: l'Église part de loin au plan médiatique et socioculturel.

Je ne suis pas sûr que les catholiques d'ici «suivent» le pape sur tous les enjeux. Sur les réfugiés, l'immigration et la dialogue avec l'islam, force est de constater que les thèses xénophobes et islamophobes font florès, y compris dans nos paroisses et diocèses. Ce qui hélas n'a rien d'exceptionnel quand on sait le nombre très élevé de catholiques français et américains ayant voté pour Marine Le Pen en France et Donald Trump aux États-Unis. La même chose vient d'ailleurs de se produire dans «l'arrière-cour» du pape, en Italie. C'est aussi ça hélas la mondialisation de l'indifférence.

Je ne suis pas davantage certain que les catholiques d'ici ont mesuré le caractère révolutionnaire et contre-culturel de ce que propose le pape dans Laudato si’. On est loin de la cueillette sélective, des toits verts et des panneaux solaires: c'est d'un changement de paradigme dont il est question dans l'encyclique. L'Église d'ici en est encore aux vœux pieux à ce sujet, me semble-t-il.***

CONFÉRENCE ÉCHANGE avec Frédéric Barriault - historien
13 mars 2018, église Jean-XXIII, Trois-Rivières, 18 h 45
Contribution volontaire
819-693-5963

Commentaires

  • MERCI Pape François pour ce que vous êtes.
    Comme vous l'avez vous-même demandé, je prie pour vous.

  • Accompagner sans trêve les commencements.
    Oser, par-delà peurs et mépris, la surprise.
    Vivre en co-créateur d’un monde en mouvement.
    Faire naître l’espérance au cœur des voies en crise.

    Jacques DELEN
    Ce 14 mars 2018 (Quatrain)

  • La "miséricorde" est une vertu bien mise en valeur durant ce pontificat. C'est la mise à jour de nos plaies pour les soigner .. .les guérir.
    Respecter la Vie humaine.
    Nous laver les pieds les uns les autres. Mais pouvons-nous le faire sans la Foi ?
    Mère Teresa et d'autres bienfaiteurs de l'humanité se retiraient "en silence" pour prier et s'unir à Dieu
    Donc, pour moi et d'autres avec moi,, ne pas oublier cette autre vertu : La Foi.
    Le Cardinal Sarah en est fortement préoccupé : "Dieu ou rien" écrit-il - Prise de conscience aussi du "silence" dans nos vies pour mieux rejoindre Dieu et aider pour si possible guérir nos frères et nous sauver. (sainteté de vie) avec la grâce de Dieu.
    Un Pape, successeur de Pierre, est élu, me semble-t-il pour aider pour le salut du monde entier avons nous appris.. Les plaies du corps, les plaies de l'âme, c'est "lié"
    Tout est "lié" avait dit et écrit pape François ...
    Il y a beaucoup d'enfants qui souffrent de la désunion de leurs parents ... il faut bien le dire aussi.

  • Un Pape issu de l'Ordre des jésuites est la meilleure chose qui pouvait arriver, en ces temps de tempêtes contre l'Église. Cet Ordre est le plus calomnié et le plus persécuté par les ennemis de l'Église, car c'est précisément celui qu'ils craignent le plus. Les suppôts de Satan ne savent en effet comment les tromper. Les Jésuites sont à la fois organisés, érudits, enseignants, missionnaires et évangélisateurs.

  • Aubelle, vous dites " Nous laver les pieds les uns les autres. Mais pouvons-nous le faire sans la Foi ? "

    La foi aide, bien évidemment.

    Mais c'est présomptueux de déclarer que ceux qui ne possèdent pas la foi ne peuvent réaliser des gestes vrais de fraternité ...

    Le chrétien n'a pas le monopole de la charité ...

  • ... par expérience, Jacques Delen, je sais que la Foi aide. Et j'aime à le dire.
    On peut être à bout physiquement et crier "au secours" dans les moments d'aides apportées à notre prochain. (famille - collègue - amis) Ce n'est pas si naturel que ça !
    Je remercie mes parents et toutes les personnes que le Seigneur a mis sur ma route, j'ai pu aller plus loin que ce que je ne pensais pouvoir faire.
    L' Espérance, la si belle vertu n'est pas un mot en l'air. Le Seigneur nous attend, mission accomplie ... Puissions nous être tous et toutes touchés par l'enseignement de notre Eglise.
    Il y a de braves personnes partout, heureusement. Mais
    quand on n'a pas la foi au Dieu Créateur, on peut croire que nous sommes nés par hasard et que le corps humain n'est qu'une marchandise à jeter si elle ne sert plus ou coûte trop chère. Des personnes demandent le suicide actuellement d'une façon qui est devenue "normale".

  • @Aubelle
    Il est à noter que le suicide est une forme de « vertu héroïque » exaltée par la franc-maçonnerie. Je dirais plutôt une forme de « vice satanique ».

    Un athée, de façon générale, veut être seul maître de sa vie, puisqu'il nie Dieu, le Créateur de la vie. Même s'il n'a pu décider du début de sa vie, l'athée aime donc au moins décider seul de la fin de sa vie. On en a eu un sinistre exemple, je crois, avec le suicide de Dominique Venner, mis en scène devant l'autel de Notre-Dame de Paris.

  • De plus, Jacques Delen, j'ai pu voir et lire le petit carnet qu'un prisonnier de la guerre 1940-45 en Allemagne avait rédigé et conservé soigneusement, pour tenir le coup, s'unir au Seigneur et à Maman Marie, très précieuse ai-je pu remarquer,
    Il est rentré au pays heureusement et a vécu le reste de sa vie comme un bienfaiteur. Au travail, il laissa son emploi à un jeune qui débutait, et comme un parrain, il le prit en charge et, lui, il se contenta d'un simple petit poste de second plan.
    Son fils athée entra à l'église lors de son décès mais après beaucoup d'hésitations...

  • @Jacques Delen @Aubelle
    Il est difficile de conclure sur des cas particuliers, du style : tel athée a bien agi, ou tel chrétien a mal agi.

    Le chrétien a foi en la doctrine chrétienne, qui est « Aime Dieu et ton prochain ». L'athée a foi en la doctrine athée, qui est « Fais ce que bon te semble ».

    Si un chrétien agit bien, il agit en bon chrétien. S'ils agit mal, il agit en mauvais chrétien. Que l'athée agisse bien ou mal, il agit toujours en bon athée.

    On peut se réjouir que beaucoup d'athées agissent bien. Mais on ne peut en déduire que la doctrine athée soit bonne. On peut aussi regretter que certains chrétiens agissent mal, mais on ne peut en déduire que la doctrine chrétienne soit mauvaise.

  • Du temps où j 'étais athée je ne réussissais pas à aimer mes ennemis .
    Mais si certains réussissent à aimer leurs ennemis en comptant uniquement sur leurs propres forces, tant mieux pour eux .
    Tant mieux ? C'est à voir. Car depuis que je crois en Dieu, que j'essaie de suivre Jesus au plus près, la mort ( tendances suicidaires, par ex. ) n' a plus vraiment de prise sur moi . " Chaque matin je m' éveille avec une joie secrète " ( Père Carré ) .
    Cependant, je ne peux pas m'empêcher d'être triste en pensant aux athées et seule l' Espérance chrétienne , la pensée de la Miséricorde divine , la prière surtout , arrivent à me consoler.
    André Frossard, converti à l' âge adulte, disait des cathos de naissance : " ils sont nés, le c.. dans le beurre et ils ne le savent pas ".

  • In petto: bonne analyse.

    MAIS quand vous dites : " Que l'athée agisse bien ou mal, il agit toujours en bon athée ",
    là je ne suis pas d'accord. L'athée a aussi une conscience et, pour la plupart, un philosophie humaniste à laquelle il se réfère.
    Je peux l'affirmer parce que j'ai pu parler longuement avec des athées ... Et on abordait le problème " du bien et du mal" ! Sur l'essentiel, ON se retrouvait.

    Le chrétien également : il ne doit pas seulement "faire le bien" parce que c'est une consigne évangélique ...

  • @Jacques Delen
    Il faut être prudent. Quand un athée parle de sa "morale", c'est la morale qu'il s'est fabriquée personnellement. Elle est relative à lui, et elle peut varier en fonction des circonstances.

    Le problème est qu'il n'y a pas de morale de l'athéisme, car il ne peut pas y en avoir. Son dogme principal est l'absence d'un créateur de ce monde, et donc l'absence de sens et finalité de ce monde, mais aussi l'absence d'une morale en ce monde.

    Quand un créateur crée quelque chose, il publie en même temps une morale, c-à-d, un guide de bon et mauvais usage de sa création. Pas de créateur, pas de morale. L'athée, simple utilisateur du monde, se permet d'appuyer sur n'importe quel bouton, sans se soucier de l’existence d'un guide de l'utilisateur.

  • @Jacques Delen
    Attention aussi à l'expression « philosophie humaniste » chez un athée. Selon moi, cela ne veut rien dire.

    Toute science, selon Aristote, est la recherche des causes premières des phénomènes observés. Donc, y compris la philosophie.

    Or, le mot « humanisme » désigne une sorte de religion de l'homme, de l'homme qui se fait dieu, qui rapporte tout à lui, qui ne compte que sur sa propre raison humaine.

    « Philosophie humaniste » voudrait donc dire que l'athée cherche en lui-même sa propre cause première, et forcément se débarrasse de l'idée même d'une cause première de l'Univers, dont pourtant il fait partie.

    Pour tout dire, je ne sais même pas comment des gens intelligents peuvent adhérer à cette croyance athée.

    John Lennox: « Soit l'intelligence humaine tire son origine de la matière stupide, soit il y a un Créateur. Il est étrange que certains prétendent que c'est leur intelligence qui les conduit à préférer la première origine à la seconde. »

  • In petto, vous dites : " Pour tout dire, je ne sais même pas comment des gens intelligents peuvent adhérer à cette croyance athée."

    Avec de tels propos, je ne sais pas comment j'aurais pu dialoguer franchement avec des athées.

    Ces derniers, je les ai beaucoup rencontré dans mes multiples engagements. Ils étaient droits, soucieux du bien de leurs frères et soeurs humains ...
    Ils respectaient les croyants ...

    Je les ai rencontrés entre autre dans mes engagements " à la Croix Rouge", au sein de multiples chorales dont j'ai fait partie ... et dans d'autres domaines, par ex. dans les groupes interculturels et religieux ...
    Si cela fonctionnait c'est parce que nous nous respections et ainsi nous respections la croyance de chacun au bénéfice de tous ...

  • Tout le monde ou presque aime les histoires vraies qui finissent bien. Autrefois, je possédais les 4 volumes d'une compilation de récits de convertis célèbres du XXe siècle. ( 15 par volume, 60 en tout ) Quel bonheur à la lire ( certains convertis venaient de l' atheïsme,d'autres de l' anarchie philosophique,du nihilisme, d'autres encore du syndicalisme ou du communisme pur et dur ...... ). Un Père jésuite de haut niveau théologique à qui je les montrais me conforta dans mon bon choix en disant : ' En Afrique on aime beaucoup ce genre de livre ...." . Ce qui nous fit largement sourire tous les deux, J' étais heureuse d'avoir le même goût que les africains

  • @Jacques Delen
    Je vous donne simplement mon avis sur la croyance athée.
    Selon moi, c'est la plus irrationnelle des croyances.
    Il est impossible de discuter du cas particulier d'athées que vous connaissez.

    Vous ont-ils parfois expliqué pour quelles raisons ils croyaient à l'athéisme ?

    La Bruyère disait : « Sous un Roi athée, tous les dévots seront athées. »
    Nous sommes sous un Roi athée.
    Se dire athée est bien vu du Roi.

    Par ailleurs, quelle mise en œuvre concrète de l'athéisme vous semble la plus digne de respect : capitalisme, libéralisme, communisme, socialisme, fascisme, anarchisme, .. ?

  • A Jacques Delen,
    Il es vrai, le mot " intelligent " est peut être malheureux car il y a plusieurs formes d'intelligence. Cependant j' ai suffisemment entendu les mots " obscurantiste " , " ignare ", " superstitieux ", " rétrogrades " censés qualifier les cathos, pour comprendre la réaction d'in petto.
    Ceci dit , je pense que vous parlez d' athées de la première génération c'-à-d d'athées ayant reçu une morale chrétienne de leurs parents. Pour ceux- ci le divorce, l' avortement, l' eugénisme, l' écart entre les riches et les pauvres sont à éviter absolument, méritent qu'on lutte contre, cont des contre -valeurs .....
    Par contre , en ce qui concerne la seconde génération, je peux dire que " je n'ai pas rencontré d ' athée heureux ...." ( pour paraphraser le film: " je n'ai pas rencontré de tzigane heureux ". )

  • Au long de ces cinq ans le Pape François a fait une revolution dans l'Eglise applaudie pour tous les ennemis de celle-ci. Le nier c'est refuser de voir la realite.

  • Il n'y a pas de mépris envers les gens qui nous entourent, Jacques Delen, entendons-nous bien.
    Comme nous le dit In Petto, c'est l'idéologie "athée" qui n'apporte pas les fruits escomptés. Trop de libertés sans conscience des actions reconnues comme "bonnes" ou "mauvaises" ne conduit pas à l'harmonie du monde.
    Actuellement, les enseignants sont épuisés, découragés, plus souvent malades et moins nombreux. De plus les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes.
    Ils demandent à partir plus tôt à la retraite et à être reconnus dans la catégorie des métiers "pénibles".
    La société a évolué ... comme le dit une certaine théorie, c'est donc "normal"...
    Jadis, il y avait le décalogue qui enseignait des articles de base à observer déjà dans les familles, l'Eglise ... nous baptisait et faisait de nous des "enfants de Dieu" et encore aujourd"hui évidemment.
    Sans éducation, sans l'étude du catéchisme, sans le retour à la pratique des sacrements, sans la connaissance de soi et de la place qui nous avons à tenir sur cette terre en union avec notre Dieu Créateur, nous n'irons pas loin ... C'est comme le code de la route, et les manuels pour les appareils que nous utilisons, nous avons tous besoin d'un code, celui qui vient de Dieu à connaître absolument ...

  • Petit sujet de méditation : Y a-t-il une différence entre charité et philanthropie ?

  • @Claude Charles
    On pourrait dire que la charité vit et souffre avec le pauvre dans son bidonville (Mère Teresa, Sœur Emmanuelle, Abbé Pierre, Père Damien, ..). Le pauvre est un frère pour la charité.

    Tandis que la philanthropie vit dans sa maison ou à l'hôtel, elle est sur une autre planète que le pauvre. Le pauvre est au mieux une espèce à protéger pour la philanthropie.

  • La fondation Bill Gates a placé " gracieusement " dans le ventre de femmes africaines , des sortes de sterilets dont les effets nocifs étaient tels que même les femmes pauvres latino des US n'en voulaient pas.

  • @Thérèse
    C'est un bon exemple.
    Bill Gates se qualifie lui-même de "philanthrope".
    Les athées se donnent les "saints" qu'ils peuvent.

  • Il est parfois bon de retourner dans son vénérable catéchisme. La prière connue sous le nom d'Acte de Charité rappelle ce qu'est la charité catholique. Elle consiste d'abord à "aimer Dieu par dessus toutes choses" et à "aimer son prochain comme soi-même" pour l'amour de Dieu. Il y a donc une hiérarchie des priorités dans l'amour : Dieu, le prochain et soi-même. Ceci rappelle que la charité catholique est axée sur Dieu alors que la philanthropie ne s'appuie que sur la conception laïque de l'homme. Il peut certes arriver qu'un athée pose un acte que nous pourrions considérer comme charitable, mais ce serait "par hasard" car il ignore volontairement la loi de Dieu. Un athée peut par exemple considérer que l'avortement est un droit des femmes et soutenir en conséquence le planning familial ce qu'un catholique ne fera pas (du moins je l'espère).. Ne confondons donc pas ces deux termes, ils ne sont pas interchangeables.

  • @Claude Charles
    Je crois que saint Augustin disait qu'il faut aimer Dieu comme un Père, et son prochain comme un frère, c'est-à-dire, comme un autre soi-même. C'est l'image d'une famille. Les parents aiment leurs enfants, les enfants s'aiment entre eux et aiment leurs parents. L'amour donné par les parents nourrit l'amour donné par les enfants.

    Les athées ayant éliminé Dieu le Père, leur philanthropie ne peut se conformer à cette image d'une famille, qui est aussi l'image de l'humanité.

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