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Combien de temps la stratégie du silence adoptée par le pape François sur les scandales des abus sexuels dans l'Église va-t-elle durer ?

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De Jean-Marie Guénois sur le site du Figaro :

La crise s'amplifie dans l'Église catholique

Combien de temps la stratégie du silence adoptée par le pape François sur les scandales des abus sexuels dans l'Église va-t-elle durer? Par exemple, pour rendre compte, jeudi, de l'importante réunion entre François et la tête de l'épiscopat américain, venu spécialement à Rome à la suite de l'affaire McCarrick, le service de communication du Saint-Siège s'est contenté de publier… deux photographies de la rencontre.

L'une montre un Pape préoccupé entouré de quatre prélats, dont le président de la Conférence des évêques américains, le cardinal Daniel DiNardo, évêque de Galveston-Houston, et l'important archevêque de Boston, le cardinal Sean Patrick O'Malley, revêtu pour l'occasion de sa robe de bure franciscaine. Sur la seconde, on les voit rire, détendus, autour du bureau du Pape.

Un communiqué a néanmoins été diffusé à la même heure aux États-Unis - mais pas au Vatican - sous la responsabilité de la Conférence des évêques américains. Il remercie le Pape d'avoir accordé cette audience où il a été question de «la situation» aux États-Unis et «combien le corps du Christ est lacéré par le mal des abus sexuels». Les évêques soulignent que le Pape les a «très profondément écoutés avec son cœur» et que ce fut un «long, fructueux et bon échange». Il s'est conclu par une «prière» où ils ont imploré «la miséricorde de Dieu et sa force alors que nous travaillons à guérir les blessures». Et pour «continuer activement notre discernement commun pour identifier les prochaines étapes les plus efficaces».

Il est vrai qu'en cette rentrée, l'Église catholique se trouve aux prises avec une crise majeure où elle donne l'impression de ne plus rien contrôler. Au traumatisme américain déclenché le 14 août dernier par le rapport sur la pédophilie cléricale en Pennsylvanie s'est ajouté, dans la soirée du 12 septembre, le rapport allemand sur le même sujet (lire ci-dessous). Le tout sur un fond de violente polémique, toujours en cours, après la lettre ouverte par Mgr Carlo Maria Vigano.

Sommet extraordinaire… en 2019

Le 24 août, cet ancien nonce apostolique aux États-Unis et ancien haut responsable du Vatican, dont il connaît tous les rouages, a demandé la démission du Pape en l'accusant d'avoir couvert le comportement homosexuel de l'ancien archevêque de Washington, le cardinal McCarrick avec des séminaristes. Et surtout, le travail actif d'un «réseau homosexuel» au plus haut niveau de l'Église visant à «subvertir» la doctrine de l'Église sur l'homosexualité. Affirmations non encore démenties sur le fond à ce jour.

Sur cette affaire, le Pape, au retour d'Irlande, le 24 août, a décidé de «ne pas dire un mot». Mais, mardi 11 septembre, lors de l'homélie de la messe, il a toutefois assuré voir dans cette affaire l'œuvre du «Grand Accusateur», un des noms du «diable» qui «s'en prend aux évêques» pour «dévoiler les péchés» et ainsi «scandaliser le peuple». Concluant «C'est vrai, […] nous sommes tous pécheurs, nous les évêques.» Le 11 septembre au soir, le Vatican annonçait que le Pape convoquait pour le mois de février 2019 un sommet extraordinaire au Vatican de tous les présidents des conférences épiscopales du monde pour affronter cette crise. C'est dire que François entend prendre le temps pour affronter ce tremblement de terre ecclésial. Il sait qu'il vient de très loin dans le temps et qu'il implique à présent, de près ou de loin, toute la hiérarchie épiscopale. La plupart des évêques de 70 ans et plus ont été confrontés un jour ou l'autre à une affaire de prêtre pédophile.

C'est ainsi que la nouvelle ligne d'attaque contre les révélations de Mgr Vigano consiste non seulement à accuser maintenant Benoît XVI d'avoir lui aussi couvert McCarrick, mais de chercher des dossiers quand Joseph Ratzinger était archevêque de Munich. C'est l'un des enjeux du rapport allemand. Quand d'autres ressortent à présent des dossiers délicats pour le pape François quand il était archevêque de Buenos Aires. Le 20 août, dans une «lettre au peuple de Dieu» le Pape a demandé «la prière et la pénitence» aux catholiques.

Commentaires

  • Si la proposition de Mgr Vilano à l’égard du pape François est retenue, c’est toute l’Église qui risque de s’écrouler. Les scandales de pédophilie, aux Etats-Unis comme ailleurs, exigent une réaction forte et apparemment François la met en œuvre. Il faut espérer qu’elle s’attaquera à l’immense défi de la maîtrise de la sexualité qui concerne toute l’humanité, ce qui n’a plus guère été fait depuis Saint Augustin.

  • Parlez, Saint Père! De grâce, ne laissez pas planer le doute et ne permettez plus à votre Eglise de prendre aux yeux de beaucoup le visage d'une mafia, d'une organisation pratiquant l'omerta! Les accusations circonstanciées et explosives de Mgr Vigano à votre encontre ne sont-elles pas suffisamment graves? Vous qui, en d'autres circonstances, avez déjà démenti certaines déclarations, pourquoi ne le faites vous pas dans le cas présent? Si cet ancien nonce apostolique aux USA a menti aux hommes, à l'Eglise et à Dieu (à ce Dieu dont il redoute le jugement), pourquoi ne pas le dire clairement et, au besoin, l'attaquer en diffamation? J'entends souvent l'adage: "Qui ne dit mot consent". et celui-ci gagne les esprits à votre égard. N'est-il pas temps de faire cesser ce qui ne serait que des bobards? A part des critiques ad hominem qui me font penser à un prof qui jugerait un étudiant à la place de juger son examen, où sont les contestations sur le fond, sur les faits avancés par Mgr Vigano? Ses dires seraient-ils irréfutables? Et s'ils ne le sont pas, pourquoi le Vatican persiste t-il dans son mutisme, dans son assourdissant silence chaque jour plus préjudiciable?
    jpsnyers.blogspot.com

  • @Kerkefas
    Permettez qu'on estime que vous appréciez mal la situation : c'est le maintien du statuquo qui est un danger mortel pour l'Eglise.
    Elle survivrait à l'épuration drastique et nécessaire.
    Par contre, elle n'a plus les poumons pour nager indéfiniment entre deux eaux : le manteau de Noé, "circulez, il n'y a rien à voir", le "bon" pape va arranger tout ça...
    C'est ça le choix suicidaire.
    Un chef qui dit tout et son contraire, n'est qu'un berger mercenaire.

  • @ Etienne
    Mon message n’a pas été compris si on croit que je suis pour le maintien du statuquo dans l’Église. Du moins en ce qui concerne le cléricalisme il me semble évident que le Pape François lutte pour changer les pratiques sclérosantes. De même je suis convaincu qu’il n’hésitera pas à ‘épurer’ les clercs qui ont effectivement commis des actes de pédophilie, ce qu’il a déjà commencé. Dans la mesure du possible je lis attentivement tout ce qu’il a écrit et je n’ai jamais trouvé qu’il dit tout et son contraire. En tant que ‘chef’ il ne peut sanctionner sans être totalement sûr que des actes inamissibles ont été commis. Et si cela est le cas pour trop de clercs, en même temps qu’une sanction pour ces âmes en déroute il faut aussi rechercher les causes de ces dérives. Souvent je me demande si une de ces cause n’est pas un isolement trop grand de ces clercs qui par leur fonction se sentent obligés de paraître parfaits tout en récitant les formules habituelles pour se reconnaître pécheurs.

  • Mgr VIGANO n' a certainement pas agi à la légère. Vu les silences de l'Eglise et l'absence de réaction et de mesures drastiques, il se sentait coupable et responsable devant Dieu s'il continuait à garder le silence. sur cette machination diabolique, C'est pour cette raison et cette raison seule, qu'il dévoila ces "horreurs" inimaginables pour les simples fidèles ( d' actions individuelles en séries jusqu'à la création de réseaux entre évêques au plus haut niveau, pourrissement de nombreux séminaristes et expulsion de ceux qui refusaient de se laisser impliquer dans ce jeu sordide, promotions inacceptables de certains clercs responsables etc....)

    Dommage , à notre avis, , que Mgr. Vigano ait mêlé le Pape aussi directement dans cette tragédie pour l'Eglise. au point d'en exiger la démission.... Je crains que c'est l'argument dont profitent ses adversaires pour tenter de le discréditer....en vain, heureusement ! Il eut sans doute mieux valu d'attendre les résultat des enquêtes que les U.S.A. et les services du Vatican ne manqueront pas d'entreprendre avec le plus grand soin.

    Il serait très opportun de relire les prophéties mariales de La Salette ( 1845 ), de Garabandal ) et d'Akita( 1972-73. On dirait qu'elles concernaient ouvertement de notre temps, un temps de décadence morale et de permissivité diabolique en vérité. Ce n'est pas pour rien que Marie pleurait abondamment, tant sur l'Eglise, Corps du Christ flagellé et agonisant à nouveau; que sur le châtiment qui pourrait être infligé à notre humanité révoltée contre Dieu et Sa Loi....C'est ce qu'on appelle aussi la Grande Purification.

    Le plus grave, semble-t-il, c'est l'inconscience de notre monde, sa négation de tout châtiment possible de la part de Dieu envers ces législateurs impies qui votent des lois favorisant la permissivité et allant contre le 'vivre ensemble' tel que décrit dans le Décalogue....

    A mon humble avis, l'essentiel demeure : prions pour que le Pape soit protégé et puisse discerner quelles mesures peuvent être prises au plus vite pour éradiquer ce fléau mortel d'une sexualité débridée pour l'Eglise et son avenir...

    Prions aussi pour que notre temps connaisse un nouveau saint à l'image de Pïerre Damien qui, au XIème/ début du XIIème, obtint du Pape Léon IX de prendre des mesures radicales comme la réduction à l'état laïque de tous les clercs responsables de ces méfaits catastrophiques.

    "Soyons vigilants car le Maître viendra comme un voleur, à
    l'heure où on ne L'attend pas...."

    Et, de toute manière, l'espérance, fruit de notre Foi, nous permet de fredonner ce beau refrain d'autrefois:
    " Christus vincit ! Christus regnat ! Christus imperat !"

    Guy Eliat

  • "NOUVEAU Lundi, 17 septembre 2018. Assez d’appels à la repentance, de demande de silence, de mines contrites, de discours, de lettre pastorales laissant deviner l’immaturité de leurs auteurs... Le temps est désormais à la justice. C’est à la justice de tracer une ligne claire permettant de mettre d’un côté les coupable, et de l’autre côté des victimes.
    Quant aux fidèles laïcs et prêtres qui ne sont ni coupables ni victimes, qu’on les laisse vaquer en paix à leurs occupations."
    Sur : https://www.proliturgia.org/actua.html

    Permettez (peut-être, qui sait) un ajout de mon cru.
    Si vous comptez sur ceux qui ont mis le chat dans les poules pour rétablir la paix dans le poulailler, vous n'avez pas fini d'attendre.

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