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Le coup de gueule d'un curé français

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Du site "Riposte catholique" :
 
France : le cri d’un curé de campagne

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Dans quelques mois, j’entrerai dans ma trentième année de sacerdoce dont vingt-cinq comme curé de paroisse. Certains de mes confères (ceux qui sont encore dans le sacerdoce !) fêtent cet anniversaire, d’autres le boudent… Mais au-delà de cette  herméneutique, il me semble que l’Église est en faillite, du moins dans nos pays de vieille chrétienté, dont la France. Lors de mon ordination dans les années quatre-vingts, les pseudo ténors des séminaires et des évêchés se voulaient rassurants en clamant haut et fort : « le creux de la vague est atteint, nous remontons… » Eh bien non !

La population a décroché massivement de la pratique religieuse. La jeunesse lui a tourné le dos, malgré les grands rassemblements des JMJ, ou de quelques réunions diocésaines ou interdiocésaines. Les vocations sacerdotales tendent à se raréfier et même à disparaître dans de nombreux diocèses. En raison de la moyenne d’âge du clergé, la population sacerdotale, en nombre déjà insuffisant pour assurer le soutien spirituel des quelques fidèles qui n’ont pas abandonné le navire, va continuer de fondre dans les années à venir et à un rythme de plus en plus soutenu, d’autant plus que les «récents» scandales laminent le fond.

Cet effondrement du tissu ecclésial français s’explique par une double cause :

• d’abord, les changements sociétaux des “Trente Glorieuses” ;

• ensuite, la pastorale des années soixante-dix menée tambour battant par l’immense majorité du clergé avec les fameux cantiques « il est formidable d’aimer » ou bien « Main ! Main! Main ! dans la Main » et j’en passe des plus croustillants tel « Jésus-Christ plus jamais ne sera mort » ; cette pastorale a encouragé et très probablement accéléré l’effondrement au lieu de tenter de le contenir.

La situation actuelle, tout en étant complexe dans le détail, est pourtant limpide dans ses grandes lignes : toutes les institutions, paroisses, communautés qui ont adopté cette pastorale des années soixante-dix sont aujourd’hui de ce fait condamnées à disparaître à plus ou moins court terme.

À cette règle, il n’existe quasiment pas d’exception.

Parallèlement à cette situation, un certain nombre de faits objectifs doivent être relevés :

• 25 % des ordinations en France s’effectuent aujourd’hui selon la “forme extraordinaire” du rite romain. Il est vrai que, paradoxalement, les évêques acceptent plus facilement cette “forme extraordinaire”, qu’ils considèrent sans avenir, que la “forme ordinaire” bien célébrée qui ferait ombrage à leur pastorale liturgique défaillante.

• Bien que cette réalité soit difficilement quantifiable, il apparait clairement qu’une majorité des jeunes prêtres sortant actuellement des séminaires diocésains refusent de suivre leurs aînés dans la pastorale ultra progressiste qui règne encore au sein des diocèses et des paroisses. Ils demeurent cependant persécutés.

• Le séminaire de la Communauté Saint-Martin, l’un des rares séminaires de France à ne pas connaître la crise, s’est imposé en quelques années comme la première maison de formation sacerdotale du pays ; il se trouve que ce séminaire est à peu près le seul à avoir appliqué fidèlement les directives et les intuitions du concile Vatican II, dans un esprit de continuité et non de rupture.

• Le pèlerinage de Pentecôte de Paris à Chartres, attaché à la “forme extraordinaire” du rite romain, connaît une affluence croissante, en particulier dans la jeunesse, et s’est imposé en quelques années comme le premier pèlerinage organisé en France et même de toute l’Europe occidentale.

• Les communautés religieuses et monastiques restées fidèles à la Tradition de l’Église (Solesmes, Kergonan, Flavigny, le Barroux, Fontgombault, les chanoines de Lagrasse, la Fraternité Saint-Vincent Ferrier, etc.) sont quasiment les seules à attirer des vocations ; certaines de ces communautés connaissent même un succès tel qu’elles devront probablement essaimer dans les années à venir.

De cet ensemble de faits indéniables, il ressort qu’aujourd’hui, en France, en 2018, il y a une Église qui vit et se développe et une Église qui meurt.

• Ceux qui dans les années 1970 nous expliquaient que la Tradition de l’Église pouvait être abandonnée sans tort pour l’Église se sont trompés ;

• Ceux qui nous expliquaient que l’habit distinctif du prêtre ou de la religieuse, qu’une liturgie et une spiritualité traditionnelles, que le chant grégorien, que le sens du sacré, du silence et de la contemplation n’intéressaient plus la jeunesse et devaient être remisés au grenier se sont lourdement trompés et nous ont trompés.

• Nos évêques sont actuellement plus préoccupés par les finances de leur diocèse que de l’évangélisation ; et leurs économes diocésains gèrent l’Église particulière comme une véritable entreprise commerciale au centime près. Ces laïcs en mission (avec un bon salaire) prennent les curés pour de simples manutentionnaires de cierges ou de dispensateurs de bénédictions.

« Mal qui répand la terreur,

Mal que l’épiscope en sa fureur,

Inventa pour punir les curés de la terre,

Le Fric (puisqu’il faut l’appeler par son nom)

Capable d’enrichir la curie diocésaine

Faisait aux ministres du culte la guerre » (d’après La Fontaine)

• Les vicaires généraux, ou ces prêtres opportunistes, porte-voix de leur supérieurs sont inodores (pour la plupart) et sans saveur, heureux d’être à la droite et à la gauche de la mitre pour les honneurs (mais non pour le travail), surtout quand un beau liseré violet vient s’ajouter à leurs plus beaux habits de chœur ou leur carte de visite, « ecclésiastique quand tu nous tiens !!! »

« Définis la cour un pas où les gens,

Tristes, gais, prêts à tout, à tout indifférents,

Sont ce qu’il plaît au prince, ou, s’ils ne peuvent l’être,

Tâchent au moins de le paraître ;

On dirait qu’un esprit anime mille corps;

C’est bien là que les gens sont de simples ressorts… » La Fontaine

La simple constatation des faits et des tendances actuelles à l’œuvre au sein de l’Église de France suffit à le démontrer.

Face à cette situation, l’attitude d’une majorité d’évêques – consistant à ne pas voir cet ensemble de faits objectifs et à continuer obstinément à pratiquer cette pastorale délétère (la théorie du comme si… et de ces généraux sans armée) qui conduit à vider les églises en tournant le dos à deux millénaires de christianisme – demeure un défi lancé à la raison et un mystère parfaitement inexplicable.

L’Église qui est en France entre dans l’agonie du Vendredi Saint, mais pour combien de temps ? Ponce Pilate se lave les mains et combien de prêtres fidèles à la réforme de la réforme vont-ils encore vivre l’épuration du Goulag épiscopal ?

Dans tous les cas, redisons-nous que la vérité triomphe toujours, et c’est en soi une bonne Nouvelle ! Reste à savoir quand  et à quel prix ?

Je ne saurais trop inviter les fidèles chrétiens à prier Marie comme le préconise notre pape François.

Commentaires

  • Je rame dans le même sens en tant que laïque formée à la théologie, mais je deviens le vilain petit canard du diocèse qui ose se mêler de l'action pastorale sur le terrain

  • Je trouve dommage que le prêtre ne révèle pas son nom, mais je peux en comprendre les raisons

  • La crise a commencé bien avant le XXe siècle et ses pastorales gnangnan...

    Elle est extrêmement simple : l'Eglise n'arrive plus à expliquer au monde pourquoi et pour quoi il faut être chrétien, à cause de quoi et en vue de quoi il faut être chrétien .

    C'est en fait la question du salut, du salut personnel comme du salut du monde qui est en jeu. On ne traite pas vraiment cette question en analysant la crise de l'Eglise sous des angles moraux (c'est bien / pas bien), de vérité (car on ne va jamais expliquer réellement ce qui serait vrai ou faux) ou de forme (chants de messe cucul / bonne liturgie) si l'on n'entre pas dans le contenu du discours sur le salut. Il faut expliquer que l'Eglise fait face à des contre-églises, que la proposition chrétienne de salut (personnel et collectif) a été contrefaite dans de nombreux systèmes et contrepropositions, et qu'elle est mise en concurrence avec ses contrefaçons. Et ce jusqu'au sein de l'Eglise elle même qui tend à remplacer l'espérance de la délivrance du mal par le Christ (à la fin des temps, par son retour dans la gloire et par son jugement) par une sorte de projet de construction humaine de monde de paix, de bisous, de grande farandole où il n'y aurait plus de guerre, plus de haine, et plus de mal... Ce qui est impossible, mortifère et hérétique (cf. parabole du bon grain et de l'ivraie)

    C'est là qu'il faut porter le fer : expliquer au monde quel est le vrai salut, avec des mots qui portent et qui touchent ceux qui sont englués dans ses contrefaçons . Celles-ci ne datent pas seulement du XVIIIe s. en occident (Lumières, "homme-dieu", utopies positivistes, millénarismes et révolutions, etc), mais ont émergé depuis bien plus longtemps, à minima depuis la fin du Moyen Age (dont elles sonnent le glas), et bien plus tôt encore en Orient, déjà aux temps apostoliques (1 Jean 2,19 : "Ils sont sortis de chez nous mais ils n'étaient pas des nôtres" ). L'islam en est une parfaite illustration. La seule mise en avant de la tradition et du "comme il faut" d'avant ne suffira donc pas à résoudre la crise si l'on n'en comprend pas les racines réelles. Rappelons en effet que cette crise a germé et proliféré dans un monde où la tradition était la norme...

    La crise est donc bien plus profonde que ce que l'on peut reprocher à l'esprit post Vatican II (ce concile ayant d'ailleurs très bien compris la nécessité de parler au monde, et de lui annoncer le vrai salut dans un langage qu'il est en mesure de comprendre). Bien plus profonde que l'irruption du modernisme et de la pastorale progressiste. Bien plus profonde...

  • Je suis étonnée de voir le peu de gens qui répondent à ce cri d'alarme d'un prêtre, comme si sa souffrance n'était pas prise en compte par les chrétiens non plus. En tout cas je le soutient par ma compassion et mon humble prière, Qui entendra son cri? Qui le soutiendra dans son ministère? Que font les chrétiens qui reconnaissent leur village sur la photo? Qui se laissera interpeller?

  • Nous sommes bien d accord avec lui. Les ordres qui ont adopté la libéralité post 68 sont en train de disparaître style les bonnes soeurs en jupe fleurie et bigoudis. Nous nous devons nous enraciner dans l adoration pour rester en Christ. Courage!

  • L’Église a perdu le sens du sacré
    La société a perdu le sens du bien et du mal. Un acte mauvais n'est plus nommé un"péché" mais une bêtise ,quelque chose de peu sympa , une erreur , etc.. mais le mot pêché est vilain et à proscrire.Le mot obligation produit l'effet contraire,donc il n'y a plus d'obligations. Il n'y a plus de modèles de vie.
    Le nouveau catéchisme est donné par les médias et l’Église se tait Le relativisme est à la page. Le mot miséricorde est galvaudé etc..

  • Ce genre de coup de gueule n’a jamais vraiment servi à une renaissance spirituelle. C’est une analyse un peu courte du point de vue des véritables causes et des enjeux authentiques.

    Si l'on croit que c'est avec l'attitude de la "tour d'ivoire", du repliement psychologique et sécuritaire sur le passé que l'on va s'en sortir, alors on se trompe totalement! Pas plus que par un laisser-aller aux goûts du temps. Les réformes dans l'Eglise ne se sont faites que par un retour à la folie de l'Evangile : S. Bernard, S. Romuald, S. Bruno, S.François, S.Dominique, S, Ignace, S. Charles Borromée, S.Philippe Néri, Ste Teresa de Calcutta…

    Le pape François a montré l’impasse de ces deux attitudes :

    La première: « La tentation du raidissement hostile, c’est-à-dire de vouloir s’enfermer dans la lettre (...), à l’intérieur de la loi, avec la certitude de ce que nous connaissons et non de ce que devons encore apprendre et atteindre. A l'époque de Jésus, c’est la tentation des zélotes, des scrupuleux, des impatients et aujourd'hui de ceux qu’on appelle aujourd’hui des "traditionnalistes" ou aussi des "intellectualistes". »

    La deuxième: « La tentation d’un bonisme destructeur d’un angélisme destructeur, qui, au nom d’une miséricorde traîtresse, met un pansement sur les blessures sans d’abord les soigner, qui traite les symptômes et non les causes et les racines. C’est la tentation des timorés, et aussi de ceux qu’on nomme les progressistes et les libéraux. »

  • Admettons à titre d'hypothèse votre analyse qui récuse ce qu'il est convenu d'appeler traditionalisme et progressisme. Je suppose que vous vous situez au milieu, mais en quoi cette position consiste-t-elle ?

  • Cher Claude, il ne s'agit pas de se situer au milieu... Il s'agit du se situer du côté de Christ, pauvre et humilié, crucifié et ressuscité. Il s'agir de sortir par en haut, ou mieux par en-bas, par l'abaissement du Verbe, avec comme charte les Béatitudes, la folie de la croix, l'audace de de l'Evangile, la simplicité de Jésus... La vie des saints... tout le reste ne tiendra pas à l'épreuve du temps... Ce ne sont pas des rites qu'il faut opposer au drame de notre monde. C'est encore une réaction "mondaine" dans le sens psychologique, comme un mécanisme de défense devant l'ampleur de la crise. C'est oser aller désarmés, avec la force de la charité, la lumière de la vérité et la douceur de la miséricorde au devant de ce monde que le Père a tant aimé et pour lequel il a envoyé son Fils, son Unique...

  • Cher monsieur,
    Pour s'efforcer de se rapprocher de l'idéal catholique que vous avez rappelé avec grand talent, il faut évidemment le secours de la prière et des sacrements. Nous ne sommes pas des anges mais des hommes {1} de chair et de sang, donc fragiles, et de plus soumis à la tentation.
    Je limiterai la suite de ma missive au seul cas de la messe afin de ne pas être trop long. De façon générale le rite, que vous semblez considérer de peu d'intérêt, a un sens. Pour ne pas choquer le courant progressiste, le très cher pape Benoît XVI a habilement préféré parler de deux formes de l'unique rite de l'Eglise latine. C'est néanmoins contestable car peut-être serez-vous d'accord pour admettre qu'il eut été plus réaliste d'avouer qu'il s'agit de deux rites tant ils diffèrent, non seulement par la forme, mais surtout par le message qu'expriment les paroles et les attitudes de l'officiant. Le plus évident dans la forme ordinaire est la confusion voulue entre le sacerdoce sacramentel du prêtre et le "sacerdoce" de l'assemblée alors qu'ils ne sont pas du tout de même nature.
    J'ajouterai que si le rite est sans importance, j'aimerais que l'on m'explique pourquoi il a été modifié avec un tel manque de charité suite au concile. Si l'Eglise estimait qu'il était souhaitable d'introduire un deuxième rite, elle aurait pu le faire sans interdire l'ancien comme si celui-ci était devenu subitement exécrable. J'ai 75 ans, donc l'âge d'avoir connu cette époque où l'Eglise n'a pas montré son meilleur visage.

    {1} Il s'agit évidemment du sens spécifique et non du sens générique. La langue française a son génie que la pratique actuelle maltraite avec sa détestable habitude de parler constamment "des hommes et des femmes" (ou vice-versa) comme si on ignorait l'existence des deux sexes.

  • A Claude Charles,
    Convertie à l 'âge adulte, après le Concile donc, il m' arrive encore d'être émue jusqu' aux larmes pendant la prière eucharistique. A ce moment, j' éprouve aussi une reconnaissance infinie pour ces hommes qui, jeunes ou dans la force de l' âge ont tout donné: les prêtres. Et pour ces paroissiens fidèles à la paroisse où la Providence les a mis. ( tout en comprenant qu'ils aillent chercher ailleurs si la messe de leur paroisse diffère trop de leur attente. Il ne sert à tien d'être masochiste)..
    Oserais-je avouer que, souvent, je préfère les messes de semaine où nous sommes heureux ensemble d' avoir trouvé un prêtre qui veuille ( peut) encore se déplacer. J' aime aussi ressentir une joie véritable pendant le Sanctus qui'il soit dit en langue vernaculaire ou chanté en latin.
    L' attention comme condition de l' amour tant envers Dieu qu' envers le prochain me semble plus importante que le rite lui -même.
    L' attention bienveillante pendant la messe est une décision que nous sommes libres de prendre ou de ne pas prendre..
    .

  • Même si le constat qu’établit courageusement ce prêtre est affligeant, alarmant et désolant, il ne peut qu’être très utile, ne fusse que pour nous amener à nous poser les bonnes questions et à tirer les conclusions qui s’imposent autant à la bonne foi qu’à la raison.
    C’est peut-être d’ailleurs ce qu’il a voulu faire puisque ses propos expriment bien qu’il n’est plus guère possible de restaurer dans sa splendeur antérieure ce qu’on a abandonné ou rejeté pour lui préférer l’esprit du monde.
    Et c’est manifestement ce qui manque abondamment aujourd’hui : se poser les bonnes questions, chercher les bonnes réponses, tirer les bonnes conclusions, trouver les bonnes solutions ou, à défaut, avoir les bonnes réactions.
    Mais il est encore temps de le faire si on ne veut pas que tant d’énergie ait été dépensée en vain.
    Il suffit pour cela de s’intéresser sérieusement à la réalité de l’actualité dans l’Eglise et dans le monde, car la destinée des deux est liée.
    Forcément, on ne saurait manquer de trébucher sur la question capitale : qu’est-il en train d’advenir de la Sainte Eglise catholique instituée par le Seigneur Jésus-Christ ?
    Il n’y a pas que le pape qui fait ou qui défait l’Eglise. Il y a aussi tous les baptisés et les gouvernements selon qu’ils luttent pour elle ou contre elle.

  • MERCI à cet humble prêtre de nous avoir donné son témoignage. et son excellente analyse. . Nous lui souhaitons une belle fête pour ses trente années de sacerdoce qu'il a vécues dans la foi et la fidélité, malgré la catastrophe post-conciliaire en ce qui concerne la liturgie, la désacralisation, et la sécularisation....

    Espérons seulement qu'à terme, la restauration de la liturgie entreprise par le Pape émérite Benoît XVI soit enfin menée à bonne fin pour le bien du Peuple de Dieu, aujourd'hui bien malmené et déboussolé....

    Courage et confiance ! Christus vincit !

    Guy ELIAT

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