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  • Le déclin du catholicisme en France : des perspectives très inquiétantes

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    Le site "Riposte catholique" publie cette analyse alarmante du déclin de l'Eglise en France (mais la Belgique n'est sûrement pas mieux lotie) :

    La chute de l’Eglise en France

    On me transmet un article intéressant, sur l’évolution de l’Eglise qui est en France. Cet article date de 2013, mais avec les statistiques transmises en ligne par l’épiscopat, il doit pouvoir être possible de le mettre à jour.

    J’ai par exemple transformé les tableaux du nombre de baptêmes et de mariages en France de 1990 à 2015 en graphique, afin que l’on constate, d’un simple coup d’oeil, la baisse continue (et inexorable ?) :

     

    En partant de l’hypothèse, aujourd’hui tout à fait crédible, que cette baisse ne cesse pas, l’article mentionné plus haut estime que le dernier baptême catholique en France aura lieu en 2048, soit dans 30 ans, et le dernier mariage catholique pour 2031, dans moins de 15 ans.

    J’ai mis à part l’évolution du nombre de prêtres, car l’échelle de valeur est bien plus petite. Mais la courbe est très ressemblante :

    Alors le dernier prêtre ordonné en France ? Si rien ne change, c’est effectivement pour bientôt.

    Oh certes, on peut estimer que les oasis de chrétienté qui subsistent ça et là avec le scoutisme, les mouvements traditionalistes et quelques communautés nouvelles, continueront à porter des fruits en France, mais ce sera avec quelques centaines de prêtres seulement et quelques dizaines de milliers de catholiques pratiquants. Ajoutez à ce sombre tableau l’essor de l’islam en France et vous pouvez facilement imaginer, hypothèse tout à fait crédible (pour ne pas dire la plus crédible aujourd’hui), que les chrétiens de France subiront le même sort que les chrétiens d’Orient. Au cours de ce siècle.

  • L'épiscopat congolais réagit aux attaques de Joseph Kabila

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    Du site de "rfi Afrique" :

    RDC: l'Eglise réagit aux flèches de Joseph Kabila

    Quelques jours après de nombreuses critiques venues de l'intérieur comme de l'extérieur du pays suite à la répression des marches des chrétiens qui réclament l'ouverture de l'espace politique, le président congolais Joseph Kabila s'est adressé  aux journalistes à Kinshasa, lors d'une conférence de presse. Un fait rare qui en a surpris plus d'un. Particulièrement ciblées dans le discours du chef de l'Etat, les autorités catholiques, ainsi que la Monusco, répondent sur le fond des critiques.

    « Nulle part, dans la Bible, Jésus-Christ n'a jamais présidé une commission électorale. » Sous le vernis de l'humour la critique est cinglante. Joseph Kabila a ainsi tenu à recadrer l'Eglise catholique. Elle n'a pas à se mêler du processus électoral, selon lui.

    → RDC: à Kinshasa, le président Kabila répond à la presse après 5 ans de silence

    Réponse de la conférence épiscopale congolaise : l'Eglise a, au contraire, l'obligation au contraire de prendre position, affirme Donatien Nshole, porte-parole de la Cenco. « Le pape Benoît XVI disait que l'Eglise doit être présente là où la population souffre. C'est le cas en RDC. Et c'est la crise socio-politique qui a accentué cette souffrance, donc c'est tout à fait normal que les évêques travaillent pour la consolidation de la démocratie. »

    Autre cible des critiques du chef de l'Etat, le comité laïc de coordination de l'Eglise catholique, organisateur des marches de protestation ces dernières semaines.

    Joseph Kabila l'accuse de vouloir faire dérailler le processus électoral et de  proposer un saut dans le vide. « S'il y a ceux qui pensent qu'ils sont intelligents, qu'ils ont des idées pour améliorer le processus, la porte est ouverte. Mais essayer de faire dérailler ce processus avec des propositions farfelues, cela est tout à fait inadmissible ».

    Parmi les revendications du Comité laïc : une « déclaration publique du président de la République qu'il ne sera pas candidat à sa propre succession », tout comme « l'application de toutes les mesures de décrispation de l'accord de la Saint-Sylvestre ». Exemple : la libération sans condition de tous les détenus politiques, ou encore la fin de l'exil des opposants menacés d'arrestation. Des points sur lesquels Joseph Kabila est une nouvelle fois... resté vague hier.

    L'ONU rappelle qu'elle a aidé Kinshasa face au M23

    Il n'y a pas eu d'annonce particulière durant la déclaration de Jospeh Kabila, celui-ci s'en est surtout pris à ses détracteurs. Parmi eux, l'Eglise donc, mais aussi la Monusco. La force onusienne est sous le feu des critiques des autorités, critiques qui n'avaient rien de public jusqu'aux déclarations du président congolais, hier :

    On a toujours posé la question à nos amis de la Monusco : "citez-nous un seul groupe que vous avez réussi à maîtriser, à éradiquer, puisque c’est ça le mot ?" Aucun.

    Kinshasa reproche à la mission onusienne de violer le Sofa, l'accord signé entre l'ONU et son gouvernement, et de mener des actions sans consultation. Côté onusien, on parle d'entraves quasi-quotidiennes des autorités et partout à travers le pays, comme récemment encore, les drones de la mission qui ont été cloués au sol pour un vol de nuit qui n'aurait pas été signalé.

    Et quand le président congolais assure qu'il ne permettra pas une « cogestion de l'Etat congolais avec l'ONU », côté onusien, on soupire : « C'est surtout que chaque fois qu'on dénonce quoique ce soit, le ton monte et ce n'est pas nouveau, les relations sont mauvaises depuis la chute du M23. » Mais pour vaincre cette rébellion, les casques bleus ont aidé, rétorque-t-on côté onusien. Quand le chef de l'Etat congolais affirme que la Monusco n'a jamais éradiqué aucun groupe armé, ces sources expliquent que les opérations seraient sans doute moins compliquées s'il n'existait pas de liens entre ces groupes et certains officiers de l'armée congolaise.

    Concernant les élections que la Monusco n'aurait soutenu ni en 2011, ni aujourd'hui, ces sources onusiennes démentent. Selon le Centre Carter, la Monusco a même assuré un soutien logistique à hauteur de 7% du budget des élections en 2011.

    Quant au nouveau cycle électoral, l'ONU a déjà convoyé 4000 tonnes de matériel électoral et a transmis, tel que requis, à la Commission électorale son plan d'appui logistique.

    Voir aussi : https://www.aed-france.org/congo-rdc-leglise-ultime-rebellion/

  • Euthanasie : le pape prie la Congrégation pour la doctrine de la foi de rappeler la dignité « intangible » de l’homme

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    Du site de l'hebdomadaire Famille Chrétienne :

    Euthanasie : le pape demande à la Congrégation pour la doctrine de la foi de rappeler la dignité « intangible » de l’homme

    (Agence I.Media)

    Le pape François a reçu en audience le 26 janvier 2018 les participants de l’assemblée plénière de la Congrégation pour la doctrine de la foi qui s’est en particulier penchée sur les questions de fin de vie. Face à l’acceptation croissante de l’euthanasie, a déclaré le pontife, le dicastère a une mission “éminemment pastorale” pour aider les hommes à retrouver le sens de leur dignité “intangible“.

    La Congrégation pour la doctrine de la foi, a expliqué le Souverain pontife, doit rappeler aux hommes leur “vocation transcendante”. A une époque où les hommes semblent conter sur leurs propres forces pour le Salut, il est nécessaire de rappeler que celui-ci consiste “en la communion avec le Christ ressuscité”. Selon le pontife, L’Eglise a pour devoir de “ne pas abandonner l’homme à lui-même” et à ses erreurs.

    La vocation du dicastère, a poursuivi l’évêque de Rome, est donc “éminemment pastorale”, en particulier sur les questions liées à la fin de vie. Face à la demande croissante de légalisation de l’euthanasie comme “affirmation idéologique de la puissance de l’homme”, il faut rappeler que la dignité humaine est ”intangible“, a insisté le pape François. Quand la dignité est jugée selon son “efficacité et par sa productivité”, a-t-il déploré, tout devient possible.

    La sécularisation actuelle, a regretté le pontife, “absolutise“ l’autodétermination et l’autonomie. Une allusion critique notamment à l’Italie, où le Parlement a voté fin 2017 une loi faisant valoir des directives anticipées sur les décisions médicales, sans objection de conscience possible. Plusieurs hôpitaux catholiques du pays ont annoncé qu’ils s’opposeraient à ce refus d’objection. XLN

  • Les chrétiens syriens sont à nouveau plongés dans la tourmente

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    Du site "Journal chrétien" :

    Les chrétiens de Syrie de nouveau dans la tourmente

  • Saint Thomas d'Aquin (28 janvier)

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    Saint_thomas_d_aquin.jpgLors de l'audience générale du mercredi 2 juin 2010, le pape Benoît XVI a consacré sa catéchèse à Saint Thomas d'Aquin :

    Chers frères et sœurs,

    Après quelques catéchèses sur le sacerdoce et mes derniers voyages, nous revenons aujourd'hui à notre thème principal, c'est-à-dire la méditation de certains grands penseurs du Moyen-Age. Nous avions vu dernièrement la grande figure de saint Bonaventure, franciscain, et je voudrais aujourd'hui parler de celui que l'Eglise appelle le Doctor communis:  c'est-à-dire saint Thomas d'Aquin. Mon vénéré prédécesseur, le Pape Jean-Paul II, dans son encyclique Fides et ratioa rappelé que saint Thomas "a toujours été proposé à juste titre par l'Eglise comme un maître de pensée et le modèle d'une façon correcte de faire de la théologie" (n. 43). Il n'est donc pas surprenant que, après saint Augustin, parmi les écrivains ecclésiastiques mentionnés dans le Catéchisme de l'Eglise catholique, saint Thomas soit cité plus que tout autre, pas moins de soixante et une fois! Il a également été appelé Doctor Angelicus, sans doute en raison de ses vertus, en particulier le caractère sublime de sa pensée et la pureté de sa vie.

    Thomas naquit entre 1224 et 1225 dans le château que sa famille, noble et riche, possédait à Roccasecca, près d'Aquin, à côté de la célèbre abbaye du Mont Cassin, où il fut envoyé par ses parents pour recevoir les premiers éléments de son instruction. Quelques années plus tard, il se rendit dans la capitale du Royaume de Sicile, Naples, où Frédéric II avait fondé une prestigieuse Université. On y enseignait, sans les limitations imposées ailleurs, la pensée du philosophe grec Aristote, auquel le jeune Thomas fut introduit, et dont il comprit immédiatement la grande valeur. Mais surtout, c'est au cours de ces années passées à Naples, que naquit sa vocation dominicaine. Thomas fut en effet attiré par l'idéal de l'Ordre fondé quelques années auparavant par saint Dominique. Toutefois, lorsqu'il revêtit l'habit dominicain, sa famille s'opposa à ce choix, et il fut contraint de quitter le couvent et de passer un certain temps auprès de sa famille.

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  • Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent (4e dimanche du temps ordinaire)

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    Homélie du Père Joseph-Marie Verlinde fsJ - homelies.fr (Archive 2009)

    L’homme est l’être de la parole : c’est là sa spécificité au milieu du monde animal auquel il appartient par sa dimension somatique. Mais il n’est pas la source du verbe : l’enfant n’accède à la parole que dans la mesure où un adulte - son père - l’invite à prendre sa place dans le dialogue qu’il instaure avec lui. Autrement dit, la prise de parole est toujours réponse, qui fait suite à l’écoute d’une parole venant d’un autre. Ultimement, au bout de la chaîne - qu’elle soit horizontale ou verticale - c’est la Parole du Tout-Autre qui fonde notre discours humain.

    Hélas depuis que la ruse du Serpent a perverti notre intelligence, la parole du « Père du mensonge » (Jn 8, 44) interfère avec celle de Dieu. Désormais notre cœur est double : nous avons le souci non seulement « des affaires du Seigneur », mais aussi - et souvent en priorité - « des affaires de cette vie » (2nd Lect.). Pour retrouver l’unité et la paix intérieures et extérieures, il n’est pas d’autre chemin que de nous recentrer sur la Parole de Dieu, afin « de lui être attachés sans partage » (Ibid.). C’est pourquoi le Seigneur nous a envoyé ses serviteurs, porteurs de sa Parole ; il a promis à Moïse de faire lever au milieu de ses frères un prophète comme lui, qui transmettrait tout ce que le Très-Haut lui prescrirait (cf. 1ère lect.).

    Nous le croyons : c’est en Jésus, le Verbe incarné, que Dieu accomplit cette promesse. L’Evangile de ce jour décrit l’action toute-puissante et irrésistible de sa Parole : « Voilà un enseignement nouveau, proclamé avec autorité ! Il commande même aux esprits mauvais, et ils lui obéissent ». Non seulement Jésus est la Parole de Dieu qui nous offre la possibilité d’entrer à nouveau en dialogue avec le Père, mais par sa simple présence, il dévoile le Menteur et lui impose le silence.

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  • Pour conclure la semaine de prière pour l'unité des chrétiens

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    Du blog du Père Simon Noël, ces

    Réflexions sur l'unité des chrétiens

    En conclusion de la semaine de prière pour l'unité des chrétiens, le père Jean Geysens, moine de Chevetogne, a fait part de ses réflexions à sa communauté monastique, par une causerie dont nous avons le plaisir de vous donner le texte.

    Le passage de l'évangile proposé pour ce dernier jour vient de Jean 17. Il y a un beau petit n° du Catéchisme de l'Eglise Catholique à cet égard : Dans cette prière Pascale, sacrificielle, tout est récapitulé en Lui : Dieu et le monde, le Verbe et la chair, la vie éternelle et le temps, l'amour qui se livre et le péché qui le trahit, les disciples présents et ceux qui croiront en Lui par leur parole, l'abaissement et la gloire. Elle est la prière de l'Unité (n° 2748). Précisément : de quelle unité s'agit-il dans la prière dite sacerdotale du Christ, cité très souvent en contexte œcuménique ? Jusqu'aux premières décennies du XXème siècle, ces paroles (surtout le vs. 21) ont été comprises surtout comme une prière pour l'union de l'homme avec Dieu. Il s'agit d'une unité qui s'enracine en Dieu. Etre ancrés, enracinés, en Dieu, ainsi est la préoccupation principale de Jésus dans cette partie du discours d'adieu. L'unité entre les hommes et entre les disciples en particulier ne pourra devenir effective que si elle est basée sur ce qui est essentiel dans la foi, à savoir : l'union à Dieu, qui est la condition pour arriver à l'unité en Dieu.

    Donc, la prière de l'Unité en Jn 17 a d'abord une signification mystique – participer consciemment à la vie trinitaire – et donne une dimension eschatologique au pèlerinage de la foi vers la Jérusalem céleste, « Jérusalem, ville où tout ensemble ne fait qu'un » (Ps 121, 3). Nous nous sommes un peu éloignés de la perspective de l'unité visible telle que le mouvement œcuménique – en tout cas en partie – la conçoit. Et justement, je voudrais méditer un peu avec vous autour de cette question : unité visible, oui, mais qu'est-ce à dire ? Qu'est-ce que cela signifie ? Mon propos manquera de logique, vous êtes avertis. Mais la vie, aussi la vie œcuménique, est souvent un puzzle où on ne trouve pas – pas encore – où insérer certaines pièces. En attendant, c'est un peu confus. Je vais essayer de décrire quelques paradoxes, ou même des perplexités – je veux dire en regardant le monde des chrétiens d'aujourd'hui et de hier – pour finalement opter pour l'espérance de la gloire, cette gloire que la prière de Jean 17 identifie en quelque sorte avec l'unité en Dieu.

    Donc : unité visible, oui, mais laquelle ? Si l'on pense arriver un jour à une unité visible dans le sens institutionnel, cela semble plutôt une utopie, vu la faiblesse humaine dans histoire, marquée par le péché et la grâce. Il y aura sans doute toujours des groupes, assez importants peut-être, de chrétiens qui ne voudront pas s'y associer. Néanmoins, une utopie, déjà au plan humain, social, peut toujours appeler à une dynamique. Et ainsi on peut aller de rapprochement en rapprochement. Plus on se rapproche entre disciples, plus on s'approche du Christ, plus on fait de place pour sa venue. Sa venue en gloire. L'unité visible en plénitude ne sera sans doute réalisée qu'au Jour de la Parousie.

    Mais, je dois nuancer cette approche purement eschatologique de l'unité. Car il y a certainement des unités visibles partielles possibles dans l'histoire. Prenons l'exemple de l'Eglise Catholique et l'Eglise ou les Eglises Orthodoxes. Comme le P. Louis Bouyer a écrit déjà dans les années '70 : avec plus de bonne volonté de part et d'autre, ce retour à la pleine communion aurait déjà dû être réalisé. On peut aussi relativiser l'exemplarité du premier millénaire – que l'on a tendance à prendre pour modèle – car les relations entre Rome et Constantinople, par exemple, sont beaucoup plus cordiales depuis le Bx. Pape Paul VI et le patriarche Athénagoras, qu'à certaines époques du premier millénaire, même celles où la communion sacramentelle était maintenue. Il faut oser chercher d'autres modèles que ceux du passé. Mais ceci est un autre sujet.

    Je laisse la question de l'unité visible en suspens. Je voudrais aborder une autre question. On ne distingue pas assez, me semble-t-il, entre unité (ou pleine communion ecclésiale) et réconciliation. La dernière devrait être toujours et partout possible entre chrétiens et malheureusement elle ne l'est pas encore. Je veux dire ceci : il devrait être possible en tout lieu d'avoir des relations humaines normales – c'est un minimum au-dessous de la mesure évangélique – et des relations cordiales en tant que disciples du Christ, au-delà de nos divergences doctrinales et autres. Je crois que dans les Pays-Bas et en Allemagne, ainsi qu'en France ceci se vit déjà. Mais quand on apprend qu'en Irlande du Nord, à Belfast par exemple, un catholique ne peut entrer qu'à ses risques et périls dans un quartier protestant, et l'inverse ! Il y a encore quelques années on a intimidé des jeunes filles d'une école primaire catholique, qui doivent passer près d'un quartier protestant. On parle même d'un lynchage d'un ouvrier. Et sans doute que tous ces gens sont complètement indifférents ou presque pour les querelles théologiques qui sont à l'origine des divisions confessionnelles. Donc urgence de continuer à oeuvrer pour la réconciliation, là où elle n'est pas encore en place. En Grèce on peut rencontrer une marque plus bénigne de cela, lorsque – tout en restant poli – on vous fait sentir que vous n'êtes pas du même bord, qu'il faut maintenir une distance et si l'on se parle on pose vite des questions polémiques : par exemple, pourquoi avez-vous supprimé telle fête ? (il s'agissait de saint Georges). Donc, il y a encore du chemin à parcourir pour une réconciliation en profondeur.

    Elle ne suffit pourtant pas pour parler d'unité. Nous revenons constamment à la question initiale, de savoir comment comprendre l'unité visible de l'Eglise, dans l'histoire. Souvent on évoque une unité originelle de l'Eglise, qui s'est brisée ensuite, de sorte qu'on parle alors de l'histoire de nos divisions. Jusqu'à un certain degré, cette idée est correcte, en ce sens qu'elle contemple l'événement de la Pentecôte – avec la belle diversité des dons de l'Esprit dans l'unité de la foi. Puis, on peut encore en parler en lisant la description des Actes des Apôtres de la première communauté de Jérusalem, avec cette expression – si chère à un saint Augustin - « la multitude des croyants n'avait qu'un coeur et qu'une âme ». C'est sans doute déjà un portrait quelque peu idéalisé car d'autres passages des Actes montrent des tensions et des conflits. Mais ceux-ci ne veulent pas immédiatement dire que la communion n'existait plus. Comment cette communion a-t-elle continuée lorsque de plus en plus de communautés ont été fondées, surtout avec l'entrée des païens dans l'Eglise ? Cette unité, pouvait-elle se manifester, être visible, et comment ? Pour nous, qui avons le NT devant nous comme un ensemble d'écrits inspirés qui forment les livres canoniques, il est clair que les différents regards posés sur Jésus le Christ, se complètent, s'harmonisent. Mais au moment même de leur rédaction – lors de la prédication d'une église locale – ce n'était sans doute pas si évident. Si l'on lit la 1ère épître de saint Paul aux Corinthiens, on voit une église avec des divisions internes, que l'apôtre exhorte à vaincre. Ailleurs, il y a question de scissions, de ceux qui sont partis, des faux docteurs, ceux qui cherchent à égarer les fidèles, ceux qui ne demeurent pas dans la doctrine du Christ : je fais référence surtout aux épîtres de saint Jean, à la deuxième de saint Pierre et à celle de Jude. Bien sûr, qu'on peut dire qu'il s'agissait de groupes schismatiques et parfois hérétiques. Je pense à la gnose, aussi. Néanmoins, au plan historique, nous ne savons pas exactement ce qui s'est passé. Je pense par exemple – pour l'époque après la rédaction du NT – à ce qui est arrivé avec les communautés judéo-chrétiennes. Toujours plus marginalisées à cause de l'évolution de la grande Eglise dans un sens toujours plus hellénique jusqu'au moment où elles étaient considérées comme sectaires. Certains diront – peut-être de façon exagérée – que la foi chrétienne devenait surtout une matière à penser plutôt qu'une sagesse pratique, incarnée dans la vie, donc plutôt grecque que sémitique. Apparemment je suis bien éloigné de l'oecuménisme au sens strict. J'y reviens, car justement, après ces considérations concernant les débuts du christianisme – où l'on ne voit pas d'unité évidente pour tous – je saute en plein 16ème siècle. A vrai dire je suis assez réticent devant toutes ces demandes de pardon pour nos divisions, surtout quand on les entend être lus par des braves personnes – souvent d'un certain âge – lors de célébrations oecuméniques, comme si nous sommes toujours responsables pour les fautes de nos ancêtres. J'irai même jusqu'à dire que je crois en grande partie en la bonne foi de nos ancêtres, des deux côtés. C'est cela qui rend la chose difficile. Car, justement, à base même de certains textes du NT, on se croyait obligé en conscience de considérer telle ou telle position comme déviante, hérétique. On ne pouvait pas voir – comme nous, avec le recul de l'histoire – que l'on défendait d'autres aspects du mystère et qu'il restait beaucoup – l'essentiel même – qu'on avait en commun. Je donne un exemple. Lorsqu'un catholique et un orthodoxe lisait dans l'Institution de Calvin comment, en moins d'une page, il détruit le Concile de Nicée II, en tout cas tout ce qui concerne la vénération des saintes images/icônes, c'est normal qu'on l'a considéré comme hérétique, car renouant avec les iconoclastes. Pour Calvin, d'autre part, l'Eglise romaine était corrompue, depuis le dernier bon pape, saint Grégoire le Grand et depuis l'époque de saint Augustin, où il y avait encore des moines bons chrétiens. Je pense que l'historiographie protestante elle-même ne partage plus ce jugement de Calvin sur les siècles écoulés entres l'époque des Pères et son temps. De même on a pu créer des divisions – notamment dans les ordres religieux – pour la bonne cause d'une réforme. Sainte Thérèse de Jésus voulait une juste autonomie juridique pour son premier petit Carmel réformé et ce n'est qu'après maints combats que tout le monde a reconnu qu'il s'agissait d'un nouveau charisme, qui avait besoin de cette autonomie par rapport à l'institution d'où elle (T.) était partie. Je fais de nouveau un saut, et je veux citer d'un article d'Irénikon, l'article du pasteur Carmine Napolitano : Les pentecôtistes et l'oecuménisme qui viendra , là où il dit (dans la partie : 'aspects problématiques du rapport des Pentecôtistes avec l'oecuménisme') : « Donc, l'unité ne peut être recherchée à tout prix parce qu'il y a des formes d'unité qui produisent l'infidélité envers la Parole de Dieu, et par conséquent, la division devient nécessaire (Lc 12, 51 ; 1 Co 11, 19) ». Je le cite, non pas que je me reconnais en tout ce qu'il écrit, mais pour illustrer mon propos, car je pense qu'au 16ième siècle on s'est basé sur cette conviction, de part et d'autre.

    Il serait d'ailleurs une bonne chose, si à l'intérieur même de chaque Eglise, de chaque confession, on essayait de vivre des divisions réelles en maintenant la tension dans le dialogue et dans le silence, sans rupture de la communion. Je donne un exemple concret. L'Eglise catholique – comme l'Orthodoxe – possède une doctrine morale et sociale assez développée que l'on retrouve dans des documents officiels. Pourtant, un regard protestant sur nous autres, va nous révéler que derrière d'autres options pastorales, il y a des interprétations parfois très différentes de la doctrine. La lettre de l'épiscopat polonais sur l'exhortation postsynodale Amoris Laetitia dit que tout reste comme par le passé, rien ne change. La lettre pastorale de l'épiscopat de Malte, dit autre chose et donne des exemples qui vont plus loin que ce qui était officiellement admis. Je n'entre pas dans cette discussion. On peut interpréter cette situation comme une augmentation de division. Les questions éthiques, notamment, ne divisent pas seulement les Eglises entre elles, mais aussi en elles-mêmes, même si c'est difficile pour certaines de l'admettre. J'ose suggérer de voir cette situation non pas de façon dramatique, mais plutôt comme un défi oecuménique supplémentaire. On est finalement tous confrontés avec des problèmes nouveaux, auxquels nous n'avons pas de réponses toutes faites. Cela vaut aussi pour d'autres domaines. Il faut qu'on se laisse interpeller par les questions qui sont ouvertement débattues dans d'autres Eglises, lorsque dans la sienne propre certains sujets sont tabous. Déjà je regrette que notre Eglise, pour des matières beaucoup moins sensibles, ne s'ouvre pas à des possibilités spirituelles autres et qui ne demandent même pas d'évolution dans la doctrine, je pense notamment au sacerdoce marié. Même un cardinal réputé 'ouvert', comme Cardinal Marx (Munich) hésite sur l'ordination d'hommes mariés en Occident, avec une motivation très ambiguë, c.à.d. Que cette nouvelle pratique pourrait décourager ceux qui ont été ordonnés dans le célibat ! Pour revenir encore à la morale. Une interrogation d'un autre cardinal germanophone, Christophe Schönborn (Vienne), après le synode sur la famille, me semble ouvrir des pistes de réflexion, avec incidence oecuménique, lorsqu'il disait qu'il voit un parallèle possible entre la reconnaissance par Vatican II d'éléments d'ecclésialité hors de la visibilité de l'unité de l'Eglise catholique romaine ET l'existence d'éléments de moralité hors de situations régulières, donc hors de la norme doctrinale. Evidemment après beaucoup de discernement.

    En conclusion, je voudrais insister sur la dimension missionnaire : sans chrétiens confessants on ne peut pas construite l'Eglise du Christ. On ne peut pas se contenter des valeurs chrétiennes ou des chrétiens anonymes. Je pense à l'effort missionnaire déployé par les moines au 19ième et dans la première moitié du 20ème siècle, ici en Europe occidentale. Cette nouvelle évangélisation, a peut-être mauvaise presse chez certains à cause du goût de pouvoir temporel qui peut y être associé ça et là, mais quoi de plus logique avec une solide théologie et spiritualité du baptême, que de souhaiter que les nombreux baptisés mais non vraiment initiés dans la foi et la vie chrétiennes, puissent en découvrir la beauté et la force de transformation de leur vie en louange de gloire ? Les Evangéliques nous reprochent – avec tact – que nous, les cathos, et sans doute aussi les orthodoxes, ne nous occupons pas assez de l'essentiel dans la vie de l'Eglise, à savoir la rencontre avec le Dieu vivant en JC.

    La gloire, voilà, la dimension eschatologique, enfant pauvre au Concile Vatican II, qui baignait dans l'optimisme économique et sociétale des années '60. Notre temps de crise offre une nouvelle possibilité pour l'espérance de la gloire, celle de la venue du Christ. C'est ici que le témoignage des religieux est important pour maintenir cette tension dans l'Eglise. Important aussi pour l'oecuménisme : tout en s'efforçant de se rapprocher le plus possible d'une réelle unité dans l'histoire, en même temps, viser au-delà. Je regrette qu'en Flandre, il est devenu normal de laisser tomber la prière de l'embolisme après le Notre Père : c'est justement là que la bienheureuse espérance est exprimée.

    Nous devons aussi redécouvrir en Eglise la vraie intercession, qui est autre chose que les intercessions (prière universelle) que l'on entend souvent dans les églises surtout paroissiales, où l'on a l'impression que l'on veut surtout sensibiliser l'opinion publique des fidèles, les motiver pour faire des choses et informer de façon immodérée le Seigneur. Souvent on n'ose pas demander ce qu'il faudrait demander et l'on demande à Dieu de faire des choses qu'Il attend justement de nous. Il est difficile de vouloir coûte que coûte actualiser sans tomber dans la moralisation. Je préfère la litanie de la paix du rite byzantin, même en contexte de rite romain. Lorsque j'évoque l'intercession, je veux dire la supplication ardente devant la face de Dieu. Comme disait sainte Thérèse de Jésus: le monde est en feu, ce n'est pas le moment d'importuner le Seigneur avec des bagatelles.

  • Promouvoir une médecine qui soigne plutôt qu'une technique qui déshumanise

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    « CONTRE UNE TECHNIQUE QUI DÉSHUMANISE, IL EST ENCORE TEMPS DE PROMOUVOIR UNE MÉDECINE QUI SOIGNE »

     de genethique.org

    Quelques jours après le lancement des états généraux de la bioéthique, Marianne Durano, agrégée de philosophie et auteur de Mon corps ne vous appartient pas, publie une tribune dans le Figaro dans laquelle elle dénonce le « simulacre de débat (…) censé déboucher sur un consensus non seulement sur la PMA, mais à court terme, sur la GPA elle-même ». L’issue est « connue d’avance »constate-t-elle : « le business plan est prêt, avec ses éléments de langage, son calendrier, ses porte-parole médiatiques et ses représentants de commerce ». Elle use de ces termes car « quoiqu’on en pense, « la PMA est un service bien plus qu’un soin » : les différentes techniques d’assistance médicale à la procréation « n’ont pas pour but de soigner des corps malades mais de se substituer techniquement à la procréation ».

    « Service public » ou « service clients » ? Dans les deux cas, « le problème n’est pas individuel, mais politique ». Un service public relève de la solidarité nationale, qui « n’a pas à fournir des prestations techniques, mais à prendre soin des plus fragiles ». Or ouvrir la PMA aux femmes seules ou homosexuelles, redéfinit le rôle de cette solidarité nationale « désormais chargée de prendre en charge non plus seulement les maladies, mais les frustrations. (…) Financer leur PMA à des femmes qui sont biologiquement fertiles, alors même qu’un français sur trois renonce à se soigner faute d’argent, et que le nombre de maternités a été divisé par trois en quarante ans, c’est détourner de l’argent public à des fins privées » observe la philosophe. En outre, « subventionner des procréations artificielles pour des femmes qui sont en bonne santé », c’est consacrer un « droit à l’enfant, potentiellement inconditionnel et illimité », et ainsi transformer l’enfant en objet. Alors, « si la biologie n’est plus un critère, au nom de quoi priver une célibataire sexagénaire de la joie d’être mère ?»

    Mais  « il est encore temps de refuser qu’on fabrique des enfants sur commande. Contre une technique qui déshumanise, il est encore temps de promouvoir une médecine qui soigne » conclut Marianne Durano.

    Sources: Le Figaro, Marianne Durano (23/01/2018)

  • Retour sur les principes éthiques - non négociables - que les chrétiens doivent respecter en politique

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    D'Agnès Pinard Legry sur aleteia.org :

    Quels sont les « principes éthiques » que les chrétiens doivent respecter en politique ?

    Alors qu’il était encore cardinal, Benoît XVI a formalisé en 2002, pour la première fois, une liste de "points non négociables" concernant "l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique".

    « En deux mille ans d’histoire, l’engagement des chrétiens dans le monde s’est réalisé sous des formes diverses. L’une d’entre elles a été la participation à l’action politique ». En 2002 le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a formalisé dans une note doctrinale les « points non négociables » concernant « l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique ».

    « Quand l’action politique est confrontée à des principes moraux qui n’admettent ni dérogation, ni exception, ni aucun compromis, l’engagement des catholiques devient plus évident et se fait lourd de responsabilités, prévient-il. Face à ces exigences éthiques fondamentales auxquelles on ne peut renoncer, les chrétiens doivent en effet savoir qu’est en jeu l’essence de l’ordre moral, qui concerne le bien intégral de la personne ». Retrouvez ci-dessous les principales thématiques sur lesquelles les chrétiens sont appelés à agir.

    Les lois civiles en matière d’avortement et d’euthanasie. À ne pas confondre avec le renoncement à l’acharnement thérapeutique qui, même du point de vue moral, est légitime. Elles doivent « protéger le droit primordial à la vie, depuis sa conception jusqu’à sa fin naturelle »

    Le respect et la protection des droits de l’embryon humain.

    La protection et la promotion de la famille. Cette dernière est « fondée sur le mariage monogame entre personnes de sexe différent ». Elle doit être « protégée dans son unité et sa stabilité, face aux lois modernes sur le divorce ». « Aucune autre forme de vie commune ne peut en aucune manière lui être juridiquement assimilable, ni ne peut recevoir, en tant que telle, une reconnaissance légale », affirme le cardinal Joseph Ratzinger.

    La liberté d’éducation des enfants, un droit inaliénable des parents. Elle est reconnue entre autre par les déclarations internationales des droits humains.

    La liberté religieuse.

    Le développement dans le sens d’une économie qui soit au service de la personne et du bien commun. Il doit avoir lieu « dans le respect de la justice sociale, du principe de solidarité humaine et de la subsidiarité, qui veut que les droits de toutes les personnes, de toutes les familles et de tous les groupes, et que l’exercice de ces droits, soient reconnus ».

    La paix. « Une vision irénique et idéologique tend parfois à donner un sens profane à la valeur de la paix, tandis que, dans d’autres cas, on se limite à un jugement éthique sommaire, oubliant la complexité des raisons en question. La paix est toujours « œuvre de la justice et effet de la charité » ; elle exige le refus radical et absolu de la violence et du terrorisme, et elle requiert un engagement constant et vigilant de la part de ceux qui ont une responsabilité politique ».

    Plus globalement, à chacun de se souvenir, en son âme et conscience, que « la structure démocratique sur laquelle entend se construire un État moderne aurait une certaine fragilité si elle ne prenait pas comme fondement le caractère central de la personne. C’est d’ailleurs le respect de la personne qui rend possible la participation démocratique ».

    A titre d'illustration : Pour l’évêque de Montauban, le MRJC n’est plus un mouvement catholique

  • Le cardinal Monsengwo, "le Wojtyla congolais"

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    D'Isabelle Cousturié sur aleteia.org :

    RDC : le Cardinal Monsengwo, bien plus qu’un homme d’Église 

    Portrait de celui que les Congolais appellent le « Wojtyla congolais », bête noire pour les pouvoirs barbares et source d’espérance pour le peuple.

    « Que les médiocres dégagent ! », lançait l’archevêque de Kinshasa, le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, pour décrire les dirigeants « barbares et incapables » de la République démocratique du Congo à la suite de la fusillade qui a fait au moins cinq morts, le 31 décembre dernier lors de la marche pacifique des catholiques censée, à son appel, « libérer l’avenir et faire du pays une terre de paix, de dignité, d’hospitalité, de progrès pour tous ».

    Le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya est « un homme de Dieu courageux » soulignait alors Réveil FM International, une radio congolaise fermée par le gouvernement mais toujours accessible sur Internet. Un homme  de Dieu à la parole « rare mais pointue », ajoutait encore ce média qui soutient celui que certains appellent désormais « le Wojtyla congolais », pour ses franches prises de position en politique. Une nouvelle marche a eu lieu le 21 janvier faisant à nouveau au moins 6 morts et 49 blessés.

    Lire aussi : Nouvelle marche sanglante des chrétiens en RDC

    Pasteur et patriote

    Né en 1939 – en pleine colonisation belge — ordonné prêtre en 1963, Laurent Monsengwo est le premier Africain titulaire d’un doctorat en Écritures saintes à l’Institut biblique pontifical de Rome, en 1970. Il est ordonné évêque par Jean Paul II, en visite à Kinshasa, en 1980. Et nommé évêque de Kisangani en 1988. À 41 ans à peine, il s’impose comme l’un des acteurs politiques majeurs de la période de retour à la démocratie qui a suivi le régime du dictateur Joseph-Désiré Mobutu. En 1991, il devient président du Bureau de la conférence nationale souveraine, et de 1992 à 1996, dirige le Haut conseil de la République, érigé en parlement de transition en 1994.

    À 78 ans, l’archevêque de Kinshasa est reconnu comme une autorité morale incontestée dans son pays. Il « plie mais ne rompt jamais » quant il s’agit de défendre les droits humains et lutter en faveur de la démocratisation d’un pays qui a connu la plus cruelle des guerres civiles entre 1998 et 2002, faisant des milliers de morts dans l’est du pays. Car chez les gouvernants, « l’appétit de pouvoir est une drogue. J’en sais quelque chose : malgré moi, j’ai pratiqué le pouvoir six ans ! Quand vous y êtes, il faut beaucoup d’esprit des Béatitudes pour ne pas succomber à la tentation de modifier la Constitution pour rester en poste ! », a-t-il confié en 2011 au quotidien La Croix, lors d’une visite en France. Il évoquait ses années de forte implication politique.

    Lire la suite sur aleteia.org

    Lire aussi : "Cardinal Monsengwo : « Nous voulons que règne la force de la loi et non la loi de la force. »

  • Si la vague migratoire coûte à la sécurité sociale, elle devrait rapporter ensuite

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    De Jean-Paul Bombaerts sur le site de l'Echo :

    La vague migratoire coûte d'abord à la sécurité sociale et rapporte ensuite 

    Selon le président de la N-VA Bart de Wever, "il faut choisir: ouvrir les frontières ou préserver notre système social". Une opposition qui est fausse et qui n'a pas lieu d'être selon l'opposition. Vérifions à l'aide de chiffres.

    ♦ Les faits

    Les migrants coûtent-ils à la sécurité sociale, au point de mettre la viabilité de celle-ci en danger? La question est posée par le président de la N-VA Bart De Wever dans une carte blanche publiée ce mercredi matin dans le quotidien flamand De Morgen. "Ouvrir les frontières aux migrants comme le préconise la gauche, mettra inévitablement le fonctionnement actuel de la sécurité sociale en péril. Il y a 37 millions de Soudanais qui aspirent sans doute à une vie meilleure. Avons-nous le devoir moral d’accueillir 37 millions de Soudanais? Et quid des autres Africains?", a-t-il lancé.

    À ses yeux, ces "bien pensants de gauche" doivent choisir: accueillir tout le monde et ouvrir les frontières, ou préserver notre système social à son niveau actuel. "Car si l’on décide de mettre notre sécurité sociale à disposition de chacun, alors elle s’écroulera", prédit-il.

    Pour l’opposition socialiste, ce ne sont pas les migrants qui menacent d’éroder la sécurité sociale, mais la N-VA. Le député PS Ahmed Laaouej a ainsi pointé du doigt les réductions de cotisations sociales décidées par le gouvernement, qui se traduisent par un manque à gagner pour la sécurité sociale de plusieurs milliards d’euros, le saut d’index ou encore les mesures en matière de pension.

    ♦ Le décodage

    Au-delà des postures idéologiques qui polluent souvent le débat migratoire, nous avons fait parler certains chiffres.

    • Sommes-nous face à une invasion migratoire? L’actuelle crise de l’asile a culminé en 2015 avec 35.500 demandes d’asile. Il faut remonter à 1999 (42.700 demandes d’asile) et 2000 (35.800) pour rencontrer de tels chiffres. C’était lors de la crise des Balkans. En 2016 et 2017, on est retombé aux alentours de 17.000 demandes. Toutefois, le taux de reconnaissance du statut de réfugié est aujourd’hui beaucoup plus élevé (de l’ordre de 70%).
    • Un coût maîtrisé. Accueillir des réfugiés, qui arrivent dans un dénuement total, a inévitablement un coût. En 2016, la Banque nationale a publié une étude sur la question. Les dépenses supplémentaires pour l’accueil des réfugiés s’élèvent à 134 millions d’euros en 2015, puis 308 millions en 2016 (au plus fort de la crise migratoire) et 154 millions en 2017. 

    À cela, il faut ajouter 1,3 milliard d’euros en allocations sociales (chômage et revenu d’intégration) sur la période 2015-2020. Ce montant est à charge de la sécurité sociale. Au début, cela grève le déficit public de 0,04% du PIB. Mais en 2020, ce déficit se transformera en excédent de 0,03% du PIB grâce aux impôts et cotisations de ces nouveaux venus. 

    Au final, en 2020, l’économie belge engrangera une croissance supplémentaire de 0,1% du PIB, d’après les projections de la BNB. Au départ, le surcroît de croissance est surtout dû aux dépenses publiques; après quoi, la consommation privée des ménages immigrés prend le relais.

    • Les migrants s’intègrent-ils? L’intégration passe avant tout par la participation au marché du travail. Or sur ce plan, la Belgique est le plus mauvais élève européen après la Suède. En 2014, l’écart de taux d’emploi des immigrés non européens par rapport aux Belges de souche était de 28%. 

    Un écart qui s’explique en partie par le niveau d’éducation. Frédéric Docquier, professeur d’économie à l’UCL, observe dans une étude publiée par l’IRES que les ressortissants syriens et irakiens sont en général moins bien scolarisés que les réfugiés d’ex-Yougoslavie, mais mieux scolarisés que les réfugiés d’Afghanistan, RDC ou Tchétchénie.

    Si l’immigration peut combler les pénuries sur le marché de l’emploi, elle aura aussi pour effet d’exercer une pression à la baisse sur les salaires des autochtones. Pour la Belgique, Frédéric Docquier estime l’effet de 0% à 1% sur le salaire moyen et de 0,6% à 1,2% sur le salaire des travailleurs peu qualifiés.

     © Mediafin© Mediafin
  • "Ne pas être des propagateurs inconscients de la désinformation, mais des acteurs de son dévoilement"

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    D'Anne Kurian sur zenit.org :

    Communications sociales : message du pape (texte intégral)

    « L’antidote le plus radical au virus du mensonge est de se laisser purifier par la vérité »

    Dans ce message, publié le 24 janvier, en la fête de saint François de Sales, le pape encourage à « redécouvrir la valeur de la profession journalistique et la responsabilité personnelle de chacun dans la communication de la vérité », c’est-à-dire à « ne pas être des propagateurs inconscients de la désinformation, mais des acteurs de son dévoilement ».

    « La vérité a à voir avec la vie entière », ajoute le pape : « Libération du mensonge et recherche de la relation: voici les deux ingrédients qui ne peuvent pas manquer pour que nos paroles et nos gestes soient vrais, authentiques, fiables. »

    AK

    Message du pape François

    « La vérité vous rendra libres » (Jn 8, 32). Fake news et journalisme de paix

    Chers frères et sœurs,

    dans le dessein de Dieu, la communication humaine est un moyen essentiel de vivre la communion. L’être humain, image et ressemblance du Créateur, est capable d’exprimer et de partager le vrai, le bien, le beau. Il est capable de raconter sa propre expérience et le monde, et de construire ainsi la mémoire et la compréhension des événements. Mais l’homme, s’il suit son propre égoïsme orgueilleux, peut faire un usage déformé de la faculté de communiquer, comme l’illustrent dès l’origine les épisodes bibliques de Caïn et Abel et de la tour de Babel (cf. Gn 4,1-16; 11,1-9).

    La manipulation de la vérité est le symptôme typique d’une telle distorsion, tant au niveau individuel que collectif. Au contraire, dans la fidélité à la logique de Dieu, la communication devient un lieu d’expression de sa propre responsabilité dans la recherche de la vérité et dans la réalisation du bien. Aujourd’hui, dans un contexte de communication toujours plus rapide et au sein d’un système numérique, nous voyons le phénomène des «fausses nouvelles», les soi-disant fake news: cela nous invite à réfléchir et m’a suggéré de consacrer ce message au thème de la vérité, comme l’ont déjà fait plusieurs fois mes prédécesseurs depuis Paul VI (cf. Message 1972: « Les communications sociales au service de la vérité »). Je voudrais ainsi contribuer à l’engagement commun pour prévenir la diffusion de fausses nouvelles et pour redécouvrir la valeur de la profession journalistique et la responsabilité personnelle de chacun dans la communication de la vérité.

    1. Qu’est-ce qui est faux dans les « fausses nouvelles » ?

    Fake news est un terme discuté et qui fait l’objet de débat. Il s’agit généralement de la désinformation diffusée en ligne ou dans les médias traditionnels. Cette expression fait référence à des informations non fondées, basées sur des données inexistantes ou déformées et visant à tromper voire à manipuler le lecteur. Leur propagation peut répondre à des objectifs fixés, influencer les choix politiques et favoriser des gains économiques.

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