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Les églises sont vides, les séminaires ferment, les âmes se perdent... mais l'Eglise a d'autres chats à fouetter qu'à penser à reconquérir le terrain perdu !

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C'est ce qui ressort des propos - on ne peut plus mous et consensuels - tenus par notre cardinal primat. Heureusement que, lors de la Réforme, il s'est trouvé des papes, des évêques et des cardinaux d'une autre trempe...

Cardinal Jozef De Kesel: « l’Eglise n’est pas là pour reconquérir » (source)

Dans une interview accordée par l’hebdomadaire européen «  », le cardinal Jozef De Kesel, archevêque de Malines-Bruxelles, revient sur le rôle de l’Eglise catholique dans une Europe sécularisée et pluraliste. Pour le cardinal, l’Eglise ne doit pas céder à la tentation d’une « reconquête », mais a une mission à remplir et des valeurs à défendre au sein des sociétés européennes. 

A la question de savoir quel est le rôle de l’Eglise catholique dans l’Europe d’aujourd’hui, où la sécularisation et le pluralisme ont modifié la dynamique entre les citoyens et leurs relations avec l’une des institutions les plus anciennes du continent, le cardinal Jozef De Kesel répond qu’être catholique implique de participer à cette société sécularisée, où différentes convictions se côtoient. Il s’agit de « vivre ensemble en respectant les autres. L’Eglise n’est pas là pour ‘reconquérir le terrain perdu’. Ce n’est pas notre mission. Être catholique, c’est être fidèle à ses convictions, dans un environnement qui s’est transformé en une société pluraliste. Cela implique le respect de l’être humaine et de ses convictions« .

Pour le cardinal, l’Eglise ne doit donc pas chercher à s’imposer. Elle a cependant pour mission de défendre ses convictions et certaines valeurs, dans une attitude de « solidarité avec tous ceux qui aspirent à une société plus juste et plus fraternelle« . « Si nous luttons pour le respect de la liberté religieuse« , ajoute-t-il, « c’est parce que nous acceptons la société sécularisée« . C’est peut-être là que réside le principal défi pour l’Eglise en Europe, mais il s’agit également d’une opportunité: accepter pleinement la société sécularisée, ce qui « nous aide à redécouvrir nos racines et notre mission« , et à rencontrer les autres. Cela implique une forme de conversion pour de nombreux évêques.

Fondamentale ouverture

Pour certains, l’Eglise catholique serait toujours à la recherche de pouvoir, comme par le passé. Pour le cardinal De Kesel, ce n’est pas vrai: « Ce que nous revendiquons, c’est le droit d’être ce que nous sommes. Cela s’applique à chacun, à toutes les religions et aux non croyants également« . Avant le concile Vatican II, l’Eglise catholique avait du mal à accepter la modernité. Mais le concile a amené un « changement fondamental concernant l’ouverture« . Il ne s’agit pas de condamner le passé, mais les circonstances historiques ont changé: « Il n’est pas bon de vivre dans la nostalgie et pour un passé qui n’est plus possible« .

Au journaliste qui le qualifie de progressiste et libéral, le cardinal répond ceci: « Je n’aime pas les étiquettes. Certains disent que je suis progressiste, d’autres disent le contraire. Je ne me sens pas à l’aise quand on dit que je suis ‘progressiste’. Je préfère le terme ‘ouvert’« . Et de se pencher sur la notion de progrès: « Qu’est-ce que le progrès? Si on parle d’euthanasie, par exemple, est-ce un progrès ou non? Un progrès est un progrès seulement s’il est valable pour tout homme et pour toute l’humanité. Car on peut progresser économiquement et devenir et, en même temps, être spirituellement et humainement très pauvre« .

Poursuivant sa réflexion, le cardinal désigne deux valeurs fondamentales, liées au respect de l’être humain: la liberté et la solidarité. Si la Révolution française a placé la liberté au premier plan, il ne peut y avoir de vraie liberté sans solidarité. Quant au communisme, c’est la fraternité sans liberté, ce qui équivaut à un totalitarisme. Ces valeurs sont donc indissociables: « Si la liberté se pose de manière absolue, cela ne sert pas le progrès. les deux vont toujours ensemble – liberté et fraternité. C’est un concept chrétien qui, aujourd’hui, ne lui appartient plus exclusivement, il est entré dans notre culture« .

Le défi de la pauvreté

Selon le cardinal Jozef De Kesel – qui se situe à cet égard, comme sur d’autres sujets, clairement dans la ligne du pape François -, le défi le plus important au niveau mondial est cependant la pauvreté. « C’est un problème global qui touche aussi le problème de l’immigration. cela ne peut être résolu qu’à travers la solidarité« . S’agissant de ces problématiques, les chrétiens doivent agir en tant que citoyens à part entière: « l’Eglise ne peut se retirer de la société. Avec tous les citoyens, nous travaillons à une société plus juste. Comme le dit le pape François, notre planète est notre ‘maison commune’, pour laquelle nous sommes conjointement responsables« .

« Nous ne pouvons privatiser tout ce qui est religieux« , ajoute le cardinal. « Nous avons des convictions religieuses, nous sommes en même temps des citoyens. on ne peut séparer les deux. C’est vrai pour les catholiques comme pour d’autres religions et convictions« . Il s’agit d’un défi, car « il y a des tendances extrémistes dans la société. Aussi dans l’Eglise, ce qui nous renferme sur nous-même. mais la mission de l’Eglise est de travailler ensemble pour une société plus humaine et plus juste« .

Un appel à la mémoire, à la spiritualité et à la solidarité

Dans la dernière partie de l’interview accordée à « New Europe », le cardinal s’élève contre la privatisation extrême de la religion dans nos sociétés. « Je ne suis pas d’accord avec cela. Je soutiens de tout coeur une société pluraliste, mais ce pluralisme, je le vois comme un pluralisme actif. Bien sûr, les lois sont déterminées par le Parlement, mais la société civile est un espace de liberté dans lequel les religions ont un rôle à jouer« .

S’il est pour un un gouvernement séculier, il n’en reste pas moins que l’Etat ne peut pas tout imposer. « Regardez, par exemple, en Italie, la déclaration de Mr Salvini (ministre italien de l’Intérieur, NDLR.), qui dit que le capitaine du Sea Watch, qui a permis à des migrants d’être secourus à Lampedusa, a commis un acte criminel. A-t-il le droit de dire cela? D’autres pensent que ce qu’il a fait n’est pas un acte criminel« . Par ailleurs, « l’Etat doit respecter la liberté de conscience et la liberté de religion« .

Enfin, le cardinal invite les jeunes générations en Europe à trois choses. D’abord, ne pas oublier le passé, ne pas oublier ce qui s’est passé en Europe au moment de la deuxième Guerre mondiale. « A Anvers, la police a collaboré et arrêté les Juifs de la ville. A Bruxelles, ils ont refusé d’obéir à cet ordre. Il faut que les jeunes se souviennent de cela« .

« Je dirais également aux jeunes de ne pas perdre leur âme. Il y a un besoin de spiritualité. Que dit la société aux jeunes quand ils demandent quoi faire de leurs vies. La société dit: ‘tout ce que vous voulez’. mais qu’est-ce qui donne sens à ma vie? Qu’est-ce qui peut combler ma vie? Qu’est-ce qui me rend heureux? Ces questions trouvent leur réponse dans la spiritualité« .

Pour terminer, le cardinal De Kesel appelle les jeunes à la solidarité, qui répond à la question: que puis-je signifier pour l’autre?

Christophe Herinckx, d’après « New Europe »

Retrouvez l’intégralité de l’interview du cardinal De Kesel (en anglais) en cliquant ici.

Commentaires

  • Un parfait concentré-sucré de l'esprit du monde, tel que Dieu le rejette.
    Heureusement que nous n'avons pas besoin de tels pseudo-pasteurs pour continuer à vivre notre foi ; je fais partie des nombreuses brebis qui ne reconnaissent pas la voix du Pasteur dans ces propos débiles (Jn 10, 4).

  • Si vous aviez encore un doute sur le devenir de l'Eglise en Belgique, maintenant nous sommes fixés. Merci M. le Cardinal.
    On se débrouillera sans vous.

  • Monseigneur,
    au vu de ce que vous dites et de ce que vous faites, permettez-moi de vous suggérer un poste qui vous irait à merveille. En effet, comme la devise de la révolution française semble bien mieux vous convenir que le Credo et que l'idéologie philanthropique de ce monde d'ici-bas vous met bien plus à l'aise que le salut éternel des âmes (dont vous ne faites absolument aucun cas mais qui pour le Christ et les apôtres était la priorité numéro 1), ne feriez-vous pas mieux de vous lancer dans la politique? Je parie que quelqu'un comme Emmanuel Macron serait particulièrement heureux de vous compter parmi les siens. Dès lors, qu'attendez-vous pour vous recycler? Je suppose que vous admettrez que les résultats de votre ministère ne sont autres qu'un échec cuisant. Pas un seul nouveau séminariste cette année.! Pas un seul non plus l'année passée! En somme, en faisant l'inverse de votre prédécesseur (qui, trouvant à son arrivée 5 malheureux séminaristes en a laissé 55 à son départ), vous me semblez contribuer à miner la foi catholique de l'intérieur, à transformer l'Eglise de Belgique en désert. Dès lors, ne serait-il pas opportun d'enlever votre masque afin de rejoindre ceux qui, à gauche de l'échiquier politique, portent les mêmes valeurs que vous? jpsnyers.blogspot.com

  • Une religion sans Dieu : voilà ce qu'on retient de ces propos consternants de lâcheté et d'insignifiance intellectuelle. La comparaison avec son prédécesseur est cruelle.

  • Ce genre de discours se situe dans le contexte typique de l’effacement de l’identité chrétienne en Occident, fruit d’une crise de la conscience européenne d’origine déjà ancienne mais qui atteint aujourd’hui toute la société dans ses fondements par une transposition générale de sens qui affadit le cœur même de la foi des chrétiens eux-mêmes.

    L’unicité du Christ et le sel de l’Evangile se dissolvent sous nos yeux dans une ouverture dépourvue d’identité propre, une sorte d’apostasie tranquille qui, dans un geste las et indifférent, abandonne le Christ vivant et corrode son Eglise : sans bruit, sur la pointe des pieds.

    Alors que s’éloigne cette âme religieuse, c’est la parole du Christ lui-même qui nous interpelle : « vous êtes le sel de la terre mais si le sel s'affadit, avec quoi le salera-t-on? Il n'est plus bon à rien qu'à être jeté dehors pour être foulé aux pieds par les hommes » (Matthieu, 5, 13) et ailleurs encore : « Quand le Fils de l’Homme reviendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » (Luc, 18, 7).

  • Si l'Eglise se fait humanismocentrique, solidaritécentrique, valeurscentrique, spititualitécentrique, convictionscentrique, libertécentrique, planétocentrique, sociétécentrique, falbalacentrique...elle devient comme Saint-Pierre dans ses pires moments, elle renie son divin Chef! L'Eglise doit absolument, crucialement et obligatoirement être CHRISTOCENTRIQUE. Quelle place est-elle-réservée à Jésus-Christ dans cet article??? Aucune, donc poubelle!

  • On peut être contre les propos tenus par l'archevêque mais la moindre des choses c'est de rester correct dans les commentaires...ce n'est pas non plus tous ces gens hargneux réfugiés dans leurs petites chapelles à l'abri de toute invasion progressiste qui seront le sel de la terre... d'ailleurs en parlant du sel force est de constater qu'il tue toutes les herbes.....et même le goût quand on en met de trop ...

  • bien d'accord avec vous : c'est en partageant la vie des gens de son temps, leurs préoccupations (ils n'ont rien à manger) que Jésus a pu leur parler du Royaume. Heureux les doux, ils obtiendront la terre promise ! La douceur n'est pas forcément à mettre à l'index : Jésus promet le bonheur aux doux, aux persécutés, pas à ceux qui font mine d'agresser le monde tel qu'il est; c'est quand il envahit la pâte, en douceur et de l'intérieur que le levain la fait lever et nous donne le pain ! Il faut aussi, en toute objectivité, distinguer ce que le Cardinal dit à un journal "grand public" et les encouragements qu'il peut donner à des chrétiens convaincus...

  • Je me disais aussi...
    Jugez l'arbre à ses fruits, ça doit être une démarche de fasciste.

  • … étranges sommes-nous, nous les humains et surtout ceux qui nous dirigent.
    En écologie, face aux dérèglements climatiques, il nous est demandé d'être "vertueux" et nous nous appliquons.
    En l' Eglise, face aux dérèglements moraux, spirituels il nous est demandé de nous adapter au monde tel qu'il est, comprendre et puis faire avec ...
    Le Christ nous a pourtant bien montré le Chemin, la Vérité et la Vie.
    L'Eglise a toujours parlé des "vertus". L'héroïsme des vertus même.

    La jeunesse la cherche aussi, c'est une évidence … mais c'est un dur combat l'union à Dieu.
    il y a tant dérèglements …

  • @ Emilie

    Bien sûr, les invectives ne devraient pas avoir leur place ici. Pour le reste, prenons exemple sur le Christ. Jésus parle à la Samaritaine. A cette femme qui vit en concubinage après avoir eu sept maris, il demande même à boire. Mais il lui propose en échange une eau grâce à laquelle la Samaritaine n’aurait plus jamais soif et pas un dialogue sur les vertus du pluralisme religieux ou moral.

  • Cette nouvelle (?) bafouille est tout à fait dans la ligne du Pape : "tout est dans tout". Les "valeurs" sont partagées selon les points de vues différents, mais sincères, donc vrais "quelque part", Ainsi l'"ouverture" est le maître mot. Il est cependant rassurant que des convictions de bonne "valeur" existent dans l'Eglise... Mais BOF, qui croit à "LA VERITE"...

  • Dire que le Pape a promptement congédié le fougueux Mgr Léonard pour le remplacer par ce prélat, qui, étant données ses préconisations, ne pourra que jouir d'une carrière tranquille... mais stérile.

  • effarrant.! notre primat qui dit que la mission de l’Eglise est de travailler ensemble pour une société plus humaine et plus juste, et qu'il soutient de tout coeur une société pluraliste. La mission de l'Eglise c'est l'annonce de Jésus Christ Sauveur qui est chemin, vérité et vie. Quand un prêtre ne mentionne pas Dieu ou Christ dans ses propos, c'est inquiétant. il faut prier pour lui !

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