Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

"Je suis venu allumer un feu sur la terre..." (20e dimanche du temps ordinaire)

IMPRIMER

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12,49-53 (20e dimanche du temps ordinaire)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé !

Je dois recevoir un baptême, et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli! Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division. Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées : trois contre deux et deux contre trois ; ils se diviseront : le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Commentaire de Denise Nouailhat sur le site de Famille Chrétienne (archive 2001)

Jésus disait à ses disciples : «Je suis venu apporter un feu sur la Terre, et comme je voudrais qu'il soit déjà allumé ! je dois recevoir un baptême, et comme il m'en coûte d'attendre qu'il soit accompli !

"Pensez-vous que je sois venu mettre la paix dans le monde ? Non, je vous le dis, mais plutôt la division. Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées : trois contre deux et deux contre trois ; ils se diviseront : le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère".

«Un feu»

Jésus s'entretient avec ses disciples. Il évoque deux fois son Incarnation : «Je suis venu» (verset 49 et verset 51). Il exprime en termes mystérieux la raison d'être de sa venue sur la terre : «Apporter un feu». Ce feu apportera certainement les plus grands bienfaits aux hommes puisque le Christ désire aussi ardemment le voir s'allumer.

Nous pensons au feu de la Pentecôte, à l'Esprit Saint qui descend sur les Apôtres. Ce feu représente les transformations opérées par l'Esprit Saint lorsqu'Il vient sur les hommes et leur insuffle une vie nouvelle : Il purifie du péché, embrase d'amour et rayonne, suscitant un grand élan missionnaire.

Lorsque nous disons le Notre Père, nous nous unissons au désir ardent du Fils bien-aimé pour la gloire de son Père et à sa supplication pour la venue du règne de Dieu.

Le «baptême» d'eau

Jésus a reçu un baptême d'eau dans le Jourdain des mains de Jean Baptiste. Ce baptême n'était pas un sacrement, mais un geste rituel par lequel les pécheurs exprimaient leur volonté de rejeter leur péché et leur désir de conversion. Il valait par la seule disposition intérieure et la prière des pénitents. Jésus, en demandant ce baptême, se met au rang des pécheurs. Comme le Serviteur souffrant d'Isaïe 53, Il prend sur Lui les péchés des hommes qu'Il veut sauver et prélude ainsi au sacrifice du Golgotha.

Le «baptême» de sang

La Bible de Jérusalem traduit : «Quelle n'est pas mon angoisse jusqu'à ce qu'il soit consommé !» C'est déjà l'angoisse de Gethsémani qui envahit Jésus à l'avance, car c'est sa mort prochaine qu'Il envisage en parlant ici de «baptême».

Jésus laisse déferler sur Lui la douleur de tous les péchés du monde. Il a conscience de cette lutte terrible avec le mal qu'Il va bientôt livrer pour racheter les hommes et les délivrer de leur péché.

Au cours de sa Passion, Jésus fera définitivement sienne la cause du monde pécheur et ainsi réalisera pleinement ce que l'événement du Jourdain n'avait pu qu'annoncer et ébaucher. Dans l'esprit de Jésus, ces deux étapes de sa solidarité avec les pécheurs ne font qu'un.

Cela explique l'image du baptême employée ici pour désigner son martyre.

Le «baptême» des chrétiens

En appelant sa mort un baptême, le Christ n'était pas sans songer au baptême des chrétiens à venir, le sacrement de l'Eglise du Christ que nous connaissons.

En effet, le Bon Pasteur pensait à ce troupeau qu'il fallait sanctifier par la Parole et les sacrements. Le baptême de sang de la mort de Jésus ouvre à tous les hommes les sources du baptême-sacrement qui unit les chrétiens à la mort et à la résurrection du Christ.

Jésus, avant de quitter ses Apôtres, leur donne la consigne de proclamer l'Evangile à toutes les nations et de les baptiser au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit (Matthieu 28, 18-20).

«La division»

Jésus annonce qu'Il est apparu pour établir non pas la paix sur la terre, mais la division. Cela pourrait sembler en contradiction avec la personnalité de Jésus «doux et humble de coeur» et avec les promesses de paix du Christ aux Apôtres (Jean 16, 33). La paix en Jésus est offerte à tous les hommes, mais beaucoup la rejetteront, ne voulant pas croire au Fils de l'Homme qui deviendra «un signe en butte à la contradiction» selon la prophétie de Syméon (Luc 2, 34).

Jésus met en garde les Apôtres contre les difficultés qu'ils vont rencontrer à l'avenir afin qu'ils puissent, intérieurement, demeurer dans la paix et la joie de leur union avec Lui, et cela même au milieu de la haine et des persécutions.

La prophétie de Michée 7, 6, reprise par Jésus (verset 53), suggère que les chrétiens pourront souffrir cette contradiction au sein même de leur famille.

Denise Nouailhat

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.

Optionnel