Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Le pape François dénonce vigoureusement l'assassinat de masse des enfants à naître

    IMPRIMER

    D'Anita Bourdin sur zenit.org :

    Défendre la vie «durant la vie et jusqu’à la fin», un devoir absolu pour le pape François

    Il en appelle aux politiciens et déplore un « assassinat de masse »

    Défendre la vie humaine  « durant la vie et jusqu’à la fin », est un « devoir absolu » rappelle le pape François qui invite les politiciens à mettre la défense de la vie au centre de leurs programmes. Le pape a déploré un « assassinat de masse ».

    Le pape a reçu, ce 2 février 2019 au Vatican, une délégation du Mouvement italien pour la vie, à l’occasion de la 43e « Journée pour la vie », dimanche 3 février, sur le thème : « Voici, je fais toute chose nouvelle » (Isaïe 43, 19).

    Le pape François a précisé tout ce qu’implique cette défense de la vie dans tous les domaines « la santé, l’éducation, les opportunités de travail » : « tout ce qui permet à une personne de vivre dignement ».

    C’est pourquoi il a lancé un appel particulier aux personnes engagées en politique non seulement pour que la défense des enfants à naître soit la « pierre angulaire » de leur action pour le « bien commun », mais aussi pour que cela ne s’arrête pas là il s’agit aussi de leur « offrir un avenir et une espérance » : le pape cite implicitement le prophète Jérémie…

    Le pape n’hésite pas à déplorer un « assassinat de masse » : « Dans votre action culturelle, vous avez témoigné avec franchise que tous ceux qui sont conçus sont enfants de toute la société et que leur assassinat de masse, avec l’aval des États constitue un grave problème qui mine les bases de la construction de la justice ».

    Il a invité les politiciens à ne pas se laisser « conditionner par des logiques centrées uniquement sur leurs intérêts partisans ou immédiats », mais à « regarder plus loin », et « tout le monde », avec leur « cœur ».

    Le pape a fait observer que le verset d’Isaïe rappelle « l’œuvre merveilleuse » du Créateur qui « génère quelque chose qui n’existait pas et qui porte en lui une beauté inattendue » et il a invité à l’émerveillement et non à la main mise.

    Si la vie qui commence est violée, « ce qui reste n’est pas un accueil du don, reconnaissant et émerveillé, mais un calcul froid de ce que nous avons et de ce dont nous pouvons disposer ».  La vie se réduit alors à un « bien de consommation».  Le pape a fait observer que cette «vision dramatique» engendre « de nombreuses souffrances ».

    Il a invité à la confiance en Dieu pour réussir à inverser la tendance : « Nous continuons à agir, en connaissant nos limites mais aussi la puissance de Dieu ». Il a souligné l’engagement de nombreux jeunes au sein du mouvement et en Eglise.

    Mais le pape a aussi souligné l’engagement en faveur de la vie de qui ne partage pas la foi car « la vérité du bien de la vie, est une valeur humaine et civile, et comme telle, elle demande à être reconnue  par toutes les personnes de bonne volonté», quelle que soit sa religion.

  • Instituer un célibat optionnel des prêtres ? "Non, je ne le ferai pas" répond le pape

    IMPRIMER

    D'Aline Lizotte sur Smart Reading Press :

    LE «NON» FERME DU PAPE FRANÇOIS AU CÉLIBAT OPTIONNEL DU PRÊTRE

    «Est-il possible de penser que, dans l’Église catholique, en suivant le rite oriental, vous permettrez à des hommes mariés de devenir prêtres ?», a demandé une journaliste au pape François dans l’avion de retour des JMJ ? La réponse donnée par le pape ouvre à une réflexion sur le sens profond du célibat sacerdotal et de l’amour auquel le prêtre est appelé.

    Dans l’avion de retour des JMJ de Panama, le pape François a prononcé des paroles très claires : «Deuxièmement, je ne suis pas d’accord pour permettre le célibat optionnel. Non. Seulement, permettre quelques possibilités pour des endroits très éloignés – je pense aux îles du Pacifique. Mais c’est une chose à penser quand il y a une nécessité pastorale. Là, le pasteur doit penser aux fidèles. C’est une chose en discussion entre les théologiens, ce n’est pas ma décision. Ma décision, c’est que le célibat optionnel avant le diaconat : non. C’est mon opinion personnelle. Mais je ne le ferai pas, que cela reste clair. Je peux peut-être sembler fermé là-dessus mais je ne me sens pas paraître devant Dieu avec cette décision».

    UN CHOIX FERME DE L’ÉGLISE LATINE

    Pour l’Église catholique de rite latin (et non pas pour le rite maronite) et pour toute l’Église orthodoxe, le célibat du prêtre, sans faire l’objet d’un vœu, est la règle imposée. Lorsqu’il entre au séminaire, le jeune séminariste sait qu’on ne lui demandera pas, avant qu’il ne soit ordonné diacre, de choisir une vie de prêtre marié ou une vie de prêtre célibataire. Cela est devenu un choix ferme de l’Église latine, qui ne marie pas ses prêtres, bien qu’elle puisse, dans des cas très particuliers, ordonner des hommes mariés.

    Il y a une très grande différence entre introduire une option du célibat et ordonner des hommes mariés.

    Il y a une très grande différence entre introduire une option du célibat et ordonner des hommes mariés. L’option du célibat revient à instaurer un clergé de prêtres mariés auquel, selon la tradition de toutes les Églises, on ferme l’accession à l’épiscopat. On constitue ainsi un clergé à deux niveaux.

    Lire la suite

  • "Cette parole, c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit" (4e dimanche du T.O.)

    IMPRIMER

    Evangile du 4e dimanche du temps ordinaire : Luc, chapitre 4, 21-30

    Dans la synagogue de Nazareth, après la lecture du livre d'Isaïe, Jésus déclara : « Cette parole de l'Écriture, que vous venez d'entendre, c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit. »
    Tous lui rendaient témoignage ; et ils s'étonnaient du message de grâce qui sortait de sa bouche. Ils se demandaient : « N'est-ce pas là le fils de Joseph ? »

    Mais il leur dit : « Sûrement vous allez me citer le dicton : 'Médecin, guéris-toi toi-même. Nous avons appris tout ce qui s'est passé à Capharnaüm : fais donc de même ici dans ton pays !' »

    Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète n'est bien accueilli dans son pays. En toute vérité, je vous le déclare : Au temps du prophète Élie, lorsque la sécheresse et la famine ont sévi pendant trois ans et demi, il y avait beaucoup de veuves en Israël ; pourtant Élie n'a été envoyé vers aucune d'entre elles, mais bien à une veuve étrangère, de la ville de Sarepta, dans le pays de Sidon.

    Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; pourtant aucun d'eux n'a été purifié, mais bien Naaman, un Syrien. »

    A ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux.
    Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline où la ville est construite, pour le précipiter en bas.
    Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin.

     

    Homélie du Père Joseph-Marie Verlinde (Archive 2010 - Homelies.fr)

    « Cette Parole de l’Ecriture que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit » : avec quelle joie Jésus ne devait-il pas prononcer ces paroles solennelles qui inaugurent son ministère ! Elles en constituent à la fois le programme et anticipent son accomplissement.

    Lire la suite

  • "Sans transcendance, pas de fraternité possible"

    IMPRIMER

    Un ENTRETIEN AVEC GUILLAUME DE TANOÜARN publié sur le site de France Catholique :

    Plaidoyer pour la fraternité

    propos recueillis par Guillaume Bonnet

    Dans Le Prix de la Fraternité (Tallandier), l’abbé Guillaume de Tanoüarn entend proposer le trésor chrétien à un monde qui ne l’est plus, englué dans le rationalisme des Lumières, sans transcendance et à bout de souffle. Une vision qui ne manquera pas de susciter le débat.

    Votre réflexion sur la fraternité s’appuie sur un diagnostic : l’homme contemporain est amputé d’une partie de lui-même...

    Guillaume de Tanoüarn : Il existe trois dimensions principales chez l’homme. La dimension de la sensualité dans tous ses états, que flatte la société de consommation. La dimension de la rationalité, c’est-à-dire du calcul ; et dans nos sociétés, on sait très bien compter ! Ce qui est beaucoup plus difficile à percevoir dans la société actuelle, c’est la troisième dimension, celle de la foi, qui touche au cœur, à l’émotion. C’est une dimension fondamentale de l’être humain, mais que notre société a obscurcie et dont elle se moque souvent.

    À partir de quand a-t-on commencé à occulter cette dimension ?

    Au XVIe siècle, la Réforme a déclenché de grands troubles politiques que l’on a résolus avec l’adage «  Cujus regio, ejus religio  » – à chaque région sa religion, selon la religion du prince qui la gouverne. Il oblige les sujets à partager la religion de leurs princes (ou l’inverse). On a le droit de chercher la Vérité, mais en s’enfermant dans les limites de l’opinion religieuse de son souverain. C’est une sorte de «  politique d’abord  » qui s’affirmerait au détriment de la quête spirituelle.

    Cette évolution n’a pourtant pas été accueillie sans réaction ?

    En effet, il y a eu au XVIIe siècle une réaction mystique et personnaliste, incarnée par des figures flamboyantes comme le cardinal de Bérulle, saint Vincent de Paul ou Bossuet qui estimaient pouvoir laisser libre cours à leur recherche. Mais Louis XIV n’était pas très favorable à cette liberté. Les jansénistes vont en faire les frais : à Port-Royal, leurs morts seront déterrés avant que les structures du vieux monastère ne soient arasées. Supprimer les morts, c’est un acte absolument moderne dans sa dimension totalitaire. La prise en charge de la question religieuse par l’autorité politique au XVIe siècle a été dramatique pour l’église. Et le rationalisme des Lumières me semble la conséquence assez lointaine de ce rétrécissement du champ religieux.

    Jean-Jacques Rousseau joue aussi un rôle clé dans la montée du rationalisme politique, dites-vous.

    Rousseau établit une théorie de l’absolutisme qui s’adapte assez bien à la monarchie bourbonienne. Selon lui, un roi efficace ne doit pas se fonder sur la majorité des suffrages exprimés, mais sur l’unanimité présumée d’une population qui se réduit à ce que l’on appellera l’opinion publique. En l’occurrence, celle des salons et des académies. Celle de l’élite sociologique. Rousseau va essayer de fonder la fraternité sur une idée commune, celle de l’opinion publique que tout le monde doit partager, sous peine d’être considéré comme un faux frère. Nous y sommes. C’est la fraternité exclusive. On la retrouve chez les djihadistes qui s’appellent frères entre eux, surtout pour mieux marquer le caractère haïssable de ceux qui ne sont pas frères.

    Vous vous attardez aussi longtemps sur Bernard Mandeville...

    De Spinoza, Mandeville a tiré un rationalisme extrême et un refus de la foi en un Dieu personnel. Et l’idée par conséquent que le monde politique est livré aux forces qui le construisent, dans un mécanisme implacable qui tient lieu de morale. La morale, pour Mandeville, n’est rien d’autre que le pouvoir mécanique des plus forts,, qui indique aux plus faibles de quelle manière leur faiblesse est tolérable. C’est ce que nous vivons aujourd’hui.

    Aujourd’hui le pouvoir appartient aux plus riches. Et les peuples auront beau dire et beau faire, ils ne peuvent pas faire en sorte que ce que la petite élite mondiale a décidé ne se passe pas. Au rebours de cette perspective mécaniste et rationaliste ou comptable, pour que la liberté économique soit profitable, comme l’expliquera Friedrich Hayek beaucoup plus tard, il faut des structures culturelles fortes, des traditions. Et ce que j’ai appelé une foi commune.

    Rousseau comme Mandeville, dont nous sommes les héritiers contraints, rejettent la transcendance. Or, dites-vous, «  sans transcendance, pas de fraternité possible  ».

    La transcendance qui rend la fraternité possible, c’est la paternité. Il n’y a pas de frères et sœurs sans père au moins putatif. Sans l’expression d’une figure paternelle, verticale, qui représente la loi commune. Attention ! Cette verticalité sur laquelle s’adosse la fraternité ne doit pas être exclusive, mais venir d’une foi qui inclut. Fonder la fraternité sur une idée, transcrite dans la loi, c’est la rendre exclusive. C’est le problème des religions fondées sur la loi, et en particulier de l’islam. Ces musulmans qui s’enferment dans la loi vont obligatoirement vers une forme de discrimination négative, entre ceux qui observent la loi et les autres. Alors que la foi, elle, est universelle. C’est d’ailleurs pour cela que, depuis la fin du premier siècle, on appelle les croyants chrétiens des «  catholiques  », des universels.

    Guillaume de Tanoüarn, Le prix de la fraternité, Tallandier, 336 pages, 18,90 €.

  • "Vive le célibat des prêtres!"

    IMPRIMER

    Une opinion de Christophe Doat, Norman Ishimwe Sinamenye, Annie Torres, Calixte des Lauriers et Benoit Gary publiée sur le site de La Libre :

    Vive le célibat des prêtres!

    Nous, jeunes catholiques, nous souhaitons prendre la plume pour remercier tous les prêtres que nous avons croisés sur notre route et qui vivent le célibat dans ses difficultés et ses joies.

    Régulièrement, les uns et les autres se positionnent quant à l’opportunité ou non d’ordonner dans l'Eglise catholique, des hommes mariés. Mercredi dans ces pages, le Père Charles Delhez s.j. appelait de ses voeux à ce que le Pape François l’autorise. Monseigneur Kockerols, à l’occasion du synode sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel convoqué à Rome en octobre dernier, s’était lui-même prononcé sur le sujet, au nom de la conférence des évêques de Belgique, indiquant que “certains jeunes, qui ont puisé dans la vocation baptismale leur appel à s’engager par les liens du mariage, répondraient volontiers 'me voici' si l’Église devait les appeler au ministère presbytéral”.

    À son retour de Panama, où les JMJ ont rassemblé des 600000 jeunes du monde entier à l’appel de leur foi, le pape François lui-même a par ailleurs réaffirmé son souhait de conserver la formule actuelle du célibat sans recourir à l’ordination d’hommes mariés. Il a toutefois souligné la nécessité de se pencher sur les solutions pastorales pouvant être apportées pour permettre aux chrétiens vivant dans des régions fortement reculées de pratiquer les sacrements.

    De belles initiatives

    Si nous ne vivons pas personnellement le célibat des prêtres, nous imaginons la solitude de certains, et constatons avec joie que dans certaines paroisses, l’église a su répondre positivement en évitant que les prêtres n’y vivent trop seuls. Oui, il est parfois difficile d’espérer, et d’imaginer l’Église de Belgique que verront nos enfants mais nous ne pouvons pas non plus nous empêcher de nous réjouir de tant de belles initiatives de l’Eglise où déborde la joie de l’Evangile et où prêtres et laïcs collaborent en communion.

    Au pied de la croix, la plupart pensaient que le rêve d’un projet fou finissait. Et pourtant, la résurrection a tout transformé et résonne encore aujourd’hui dans le cœur de milliards d’êtres humains. Aussi, plutôt que de regarder la croix en cherchant diverses solutions, dont l’ordination d’hommes mariés qui ne semble pas avoir fait ses preuves (1), nous espérons que puissent être remises en avant la beauté et le signe prophétique qu’est le sacerdoce. Nous ne pensons pas qu’une prêtrise à deux vitesses, qui se partagerait entre des prêtres mariés qui officieraient à mi-temps, et d’autres, célibataires, à temps plein, conserve à la fois le sens et la profondeur que revêt aujourd’hui le célibat. Cette solution risque plutôt de confondre et d’abîmer deux vocations (celle d’époux et celle de prêtre) qui sont complémentaires, mais pas identiques. "Le fondement du célibat, écrivait en octobre dernier dans La Croix le père Cédric Burgun, directeur au séminaire des Carmes à Paris, c’est la consécration de toute une vie au Christ. Or, un homme marié fait un don différent. Saint Paul le disait déjà : les époux sont attentifs aux affaires de leur conjoint. D’ailleurs, dans le sacrement de mariage, c’est la femme ou le mari qui est un des moyens de se donner au Christ. Dans le sacerdoce, c’est le ministère lui-même qui a ce rôle, par le célibat. Ce sont donc deux vocations distinctes. Je crains qu’en 'mariant le prêtre' on fasse du ministre ordonné un homme comme tout le monde. Or, la consécration de son corps est déjà une signification de la présence de Dieu dans le monde, indépendamment de ce qu’il dit ou fait."

    Nous cherchons une espérance

    Certains se diront sans doute que nous recherchons des principes auxquels nous raccrocher. Nous recherchons plutôt une espérance et le témoignage que Dieu peut combler, aujourd’hui comme hier, le coeur du prêtre. Et que ce prêtre, au nom de l’amour et non contre lui, peut pleinement consacrer sa vie à Dieu et à ceux qu’il est amené à servir.

    Alors bien sûr, il y a une urgence : les vocations sacerdotales manquent en Belgique. Mais nous pensons aussi qu’il est dans le rôle de nos évêques et de l’église belge de travailler à encourager les vocations, à soutenir nos prêtres en offrant aux catholiques de Belgique une Eglise inspirante, décomplexée, prête à assumer pleinement le message de l’évangile dans sa vérité et ses exigences. Certains diocèses et communautés en Europe continuent d’attirer les vocations, inspirons-nous. De plus, de même qu’il est faux de laisser entendre que célibat et pédophilie sont liés, il est tout aussi faux de penser que l’abondance des vocations est liée à la question du célibat. "L’abondance des vocations vient de communautés qui sont vraiment dynamiques et rayonnantes. Le manque de vocations n’est donc pas d’abord une crise du sacerdoce, c’est une crise du croyant. Ce n’est pas en ordonnant quelques hommes mariés supplémentaires que l’on résoudra la crise" (2).

    Si nous souhaitons lancer un appel, c’est justement celui de redire à nos évêques et à nos prêtres combien nous avons besoin de l’espérance qui habite nos aînés. Partagez avec nous le souffle de votre foi, de ce qui vous fait vivre et de ce qui est beau dans votre vocation. Nous aurons alors des églises plus vivantes et plus missionnaires. Bien sûr l’Église institutionnelle de demain ne sera plus celle de nos grands-parents. Nous souhaitons que l’Eglise d’aujourd’hui et de demain vive davantage de l’héritage de Vatican II qui redonnait une plus grande place à la communion des états de vie, une agilité missionnaire associant mariés et célibataires, laïcs, diacres et prêtres. Les lieux, au rayonnement prophétique, qui existent déjà, seront des foyers de joie et se multiplieront. Nous ne voulons pas confier notre énergie ni aux larmes ni aux solutions tièdes, nous souhaitons investir notre vie dans le monde, dans la réalité de nos contemporains, dans les souffrances liées à l’injustice, le témoignage de notre foi, et le magnifique message, plein et entier, qu'elle porte et fait fructifier. Nous voulons une Eglise missionnaire, joyeuse, en communion.

    (1) Cfr Jean Mercier. Célibat des prêtres. La discipline de l’Église doit-elle changer?

    (2) https://www.la-croix.com/Debats/Forum-et-debats/Ordination-hommes-maries-Il-faut-pas-tout-remettre-cause-2018-10-11-1200975350

     
  • Trop peu de prêtres ou trop peu de chrétiens ?

    IMPRIMER

    De Dominique Janthial en opinion sur le site de la Libre :

    Y a-t-il trop peu de prêtres ou bien trop peu de chrétiens ?

    Un contrepoint signé Dominique Janthial, prêtre du diocèse de Malines-Bruxelles et curé de la paroisse S. François à LLN.

    Dominique Janthial a enseigné la Bible à la Faculté de Théologie des Jésuites à Bruxelles (IET) pendant 20 ans à de futurs prêtres.

    Il y a deux jours, en réaction aux déclarations du pape François, et sous la forme d’une supplique adressée à Sa Sainteté, La Libre publiait la contribution externe de notre confrère, ami et depuis peu voisin, le p. Charles Delhez. Sans surprise, puisqu’il avait déjà exprimé son opinion dans un ouvrage paru il y a une dizaine d’année, le p. Charles – comme l’appellent avec affection les nombreux jeunes qui bénéficient de son ministère notamment dans le cadre des Equipes Saint Michel et sont nombreux à fréquenter aussi notre paroisse St François de Louvain-la-Neuve – le p. Charles donc, est en faveur de l’ordination d’hommes mariés au sacerdoce ministériel. Son propos est nuancé, citant le p. Lobinger, il demande au Pape, l’ordination d’hommes mariés qui exerceraient "leur ministère à temps partiel et seraient ordonnés pour une communauté particulière dans laquelle ils travailleraient en équipe". Les arguments sont également connus : peu d’attraction des jeunes pour une éventuelle "carrière sacerdotale", scandale de la pédophilie, etc.

    En réagissant à son propos, j’ai conscience de jeter un pavé dans le lac de Louvain-la-Neuve – ce que je fais à contre cœur car cela ne manquera pas d’effaroucher les oies, cygnes et autres vilains petits canards qui y évoluent gracieusement. De plus, il n’est jamais agréable d’aller contre une opinion qui, dans notre pays, bénéficie d’un large consensus dans la population en général et même chez les fidèles de l’Église catholique du moins chez les personnes de ma génération, les cinquantenaires et leurs aînés. Cependant il me semble que l’on peut discerner une tendance inverse chez les fidèles plus jeunes. Et cela doit quand même être pris en considération car bien que moins nombreux ils constituent néanmoins l’avenir de l’Église…

    Disons-le tout net, ma réserve vis-à-vis de la proposition du p. Charles n’est nullement d’ordre théologique. L’ordination d’hommes mariés est pratiquée dans les églises catholiques de rite oriental et, en vivant au Moyen-Orient pendant plusieurs années, j’ai pu rencontrer des prêtres mariés qui réalisent un beau travail pastoral. Non, ma réserve se situe sur le terrain de l’opportunité d’un tel changement dans notre contexte ecclésial belge. J’ai coutume de dire que nous ne manquons pas de prêtres, mais nous manquons de chrétiens. Là où il y a des communautés vivantes, des vocations surgissent. J’ai pu le constater durant tout mon ministère et j’ai été ordonné il y a déjà presque 25 ans.

    En revanche, mettre des prêtres que l’on fait venir de l’étranger pour garder des églises que les fidèles ont désertées – comme cela a été la politique de certains de nos évêques par le passé – n’a jamais fait revenir les chrétiens dans ces églises. Le p. Charles constate que les jeunes n’envisagent plus "la carrière sacerdotale [car] ils sont trop loin de l’Église" mais ces jeunes loin de l’Église envisageraient-ils davantage de devenir prêtres en étant mariés ? Je ne le crois pas. De plus être prêtre aujourd’hui nécessite d’avoir une formation très solide et un long mûrissement pour pouvoir répondre aux redoutables questions de notre société très sécularisée et où sévit ce que le Cardinal Danneels appelait "le déboisement de la mémoire chrétienne". Comment des hommes mariés trouveraient-ils le temps d’une telle formation au milieu de leurs activités familiales et professionnelles ? Et à supposer qu’ils le trouvent, qui voudrait être épouse de tels hommes sur-occupés, qu’en penseraient leurs enfants ?

    Je ne sais pas si l’Église doit se montrer obsédée par le désir de "tenir le terrain" ou donner l’impression qu’elle veut recruter des clercs tous azimuts. C’est peut-être là que se niche le cléricalisme le plus subtil. À l’inverse une répartition des tâches harmonieuse entre prêtres et laïcs lorsqu’elle est vécue paisiblement et joyeusement est la meilleure manière, à mon sens, de faire naître des vocations de prêtres et surtout… de chrétiens !

  • Fête de la Présentation du Seigneur au Temple (2 février)

    IMPRIMER

    chris03.jpgHOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI lors de la messe avec les membres des instituts de vie consacrée et des sociétés de vie apostolique en la fête de la Présentation du Seigneur (XVIIe journée de la vie consacrée)

    Basilique vaticane; samedi 2 février 2013

    Chers frères et sœurs !

    Dans son récit de l’enfance de Jésus, saint Luc souligne que Marie et Joseph étaient fidèles à la loi du Seigneur. Avec une profonde dévotion, ils accomplissent tout ce qui est prescrit après la naissance d’un garçon premier-né. Il s’agit de deux prescriptions très anciennes : l’une concerne la mère et l’autre l’enfant nouveau-né. Pour la femme, il est prescrit de s’abstenir des pratiques rituelles pendant quarante jours, et d’offrir ensuite un double sacrifice : un agneau en holocauste, et un pigeon ou une tourterelle pour le péché ; mais si la femme est pauvre, elle peut offrir deux tourterelles ou deux pigeons (cf. Lv 12, 1-8). Saint Luc précise que Marie et Joseph offrirent le sacrifice des pauvres (cf. 2, 24), pour souligner que Jésus est né dans une famille de gens simples, humble mais très croyante : une famille appartenant aux pauvres d’Israël, qui forment le véritable peuple de Dieu. Pour le fils premier-né, qui, selon la loi de Moïse, est la propriété de Dieu, le rachat était en revanche prescrit et établi au moyen de l’offre de cinq sicles, à payer à un prêtre n’importe où. Ceci pour faire éternellement mémoire du fait qu’au temps de l’Exode, Dieu épargna les premiers-nés des juifs (cf. Ex 13, 11-16).

    Lire la suite

  • Lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël

    IMPRIMER

    FÊTE DE LA PRÉSENTATION DU SEIGNEUR AU TEMPLE

    HOMÉLIE DU PAPE JEAN PAUL II
    (Homélie lue par le Cardinal Somalo)

    Mardi 2 février 1999

    1. «Lumière pour éclairer les nations» (Lc 2, 32).

    Le passage de l'Evangile que nous venons d'entendre, tiré du récit de saint Luc, rappelle l'événement qui eut lieu à Jérusalem le quarantième jour après la naissance de Jésus: sa présentation au Temple. Il s'agit de l'un des cas où le temps liturgique reflète le temps de l'histoire: en effet, aujourd'hui, quarante jours se sont écoulés depuis le 25 décembre, solennité du Noël du Seigneur.

    Ce fait n'est pas sans signification. Il indique que la fête de la Présentation de Jésus au Temple constitue comme une «charnière», qui sépare et relie l'étape initiale de sa vie sur la terre, la naissance, de celle qui en sera l'accom- plissement, sa mort et sa résurrection. Aujourd'hui, nous quittons définitivement le temps de Noël et nous nous dirigeons vers le temps quadragésimal, qui commencera dans quinze jours avec le Mercredi des Cendres.

    Les paroles prophétiques prononcées par le vieux Syméon mettent en lumière la mission de l'Enfant amené par ses parents au Temple: «Vois! Cet enfant doit amener la chute et le relèvement d'un grand nombre en Israël; il doit être un signe en butte à la contradiction afin que se révèlent les pensées in- times de bien des cœurs» (Lc 2, 34-35). Syméon dit à Marie: «Et toi-même, une épée te transpercera l'âme» (Lc 2, 35). Les chants de Bethléem viennent de se taire et déjà se profile la croix du Golgotha, et cela se produit dans le Tem- ple, le lieu où sont offerts les sacrifices. L'événement que nous commémorons aujourd'hui constitue donc comme un pont entre les deux temps forts de l'année de l'Eglise.

    2. La seconde lecture, tirée de la Lettre aux Hébreux, offre un commentaire intéressant de cet événement. L'Auteur formule une observation qui nous invite à réfléchir: commentant le sacerdoce du Christ, il souligne comment le Fils de Dieu «se charge de la descendance d'Abraham» (cf. He 2, 16). Abraham est le Père des croyants: tous les croyants sont donc, d'une façon ou d'une autre, compris dans cette «descendance d'Abraham» pour laquelle l'Enfant, qui est dans les bras de Marie, est présenté au Temple. L'événement qui s'accomplit sous les yeux de ces quelques témoins privilégiés constitue une première annonce du sacrifice de la Croix.

    Le texte biblique affirme que le Fils de Dieu, solidaire des hommes, partage leur condition de faiblesse et de fragilité jusqu'au bout, c'est-à-dire jusqu'à la mort, dans le but d'opérer une libération radicale de l'humanité, en vainquant une fois pour toute l'adversaire, le diable, qui trouve précisément dans la mort son point fort sur les êtres humains et sur chaque créature (cf. He 2, 14-15).

    Dans cette admirable synthèse, l'Auteur inspiré exprime toute la vérité sur la rédemption du monde. Il souligne l'importance du sacrifice sacerdotal du Christ, qui «a dû devenir en tout semblable à ses frères, afin de devenir dans leurs rapports avec Dieu un grand prêtre miséricordieux et fidèle, pour expier les péchés du peuple» (He 2, 17).

    Précisément parce qu'elle souligne le lien profond qui unit le mystère de l'Incarnation à celui de la Rédemption, la Lettre aux Hébreux constitue un commentaire adapté à l'événement liturgique que nous célébrons aujourd'hui. Elle souligne la mission rédemptrice du Christ, à laquelle tout le Peuple de la Nouvelle Alliance participe. Vous participez à cette mission de façon particulière, très chères personnes consacrées, qui remplissez la Basilique vaticane et que je salue avec une grande affection. Cette fête de la Présentation est de façon particulière votre fête: en effet, nous célébrons la troisième Journée de la Vie consacrée.

    3. Je suis reconnaissant au Cardinal Eduardo Martínez Somalo, Préfet de la Congrégation pour les Instituts de Vie consacrée et les Sociétés de Vie apostolique, qui préside cette Eucharistie. A travers sa personne, je salue et je remercie ceux qui, à Rome et dans le monde, travaillent au service de la Vie consacrée.

    En ce moment, ma pensée s'adresse avec une affection particulière à toutes les personnes consacrées de la terre: il s'agit d'hommes et de femmes qui ont choisi de suivre le Christ de façon radicale dans la pauvreté, dans la virginité et dans l'obéissance. Je pense aux hôpitaux, aux écoles, aux oratoires, où ils œuvrent dans une attitude de dévouement total au service de leurs frères, pour le Royaume de Dieu: je pense aux milliers de monastères, dans lesquels on vit la communion avec Dieu dans un intense rythme de prière et de travail; je pense aux laïcs consacrés, témoins discrets dans le monde, et aux nombreuses personnes en première ligne parmi les plus pauvres et les exclus.

    Comment ne pas rappeler ici les religieux et les religieuses qui, récemment encore, ont versé leur sang alors qu'ils accomplissaient un service apostolique souvent difficile et pénible? Fidèles à leur mission spirituelle et caritative, ils ont uni le sacrifice de leur vie à celui du Christ pour le salut de l'humanité. La prière de l'Eglise est aujourd'hui dédiée à chaque personne consacrée, mais tout particulièrement à eux. Elle rend grâce pour le don de cette vocation et l'invoque ardemment: en effet, les personnes consacrées contribuent de façon déterminante à l'œuvre de l'évangélisation, en lui conférant la force prophétique qui provient de l'aspect radical de leur choix évangélique.

    4. L'Eglise vit de l'événement et du mystère. En ces journées, elle vit de l'événement de la Présentation du Seigneur au Temple, en cherchant à approfondir le mystère qui y est contenu. Cependant, d'une certaine façon, l'Eglise puise chaque jour à cet événement de la vie du Christ, en méditant sa signification spirituelle. En effet, chaque soir, dans les églises et dans les monastères, dans les chapelles et dans les maisons retentissent dans le monde entier les paroles du vieux Syméon, qui viennent d'être proclamées:

    «Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole,
    laisser ton serviteur en paix;
    car mes yeux ont vu ton salut,
    que tu as préparé à la face de tous les peuples;
    lumière pour éclairer les nations
    et gloire de ton peuple Israël
    » (Lc 2, 29-32).

    C'est ainsi que pria Syméon, auquel il avait été donné de voir la réalisation des promesses de l'Ancienne Alliance. Ainsi prie l'Eglise, qui, sans épargner ses énergies, se prodigue pour apporter à tous les peuples le don de la Nouvelle Alliance.

    Dans la mystérieuse rencontre entre Syméon et Marie, se rencontrent l'Ancien et le Nouveau Testament. Ensemble, le vieux prophète et la jeune Mère rendent grâce pour cette lumière qui a empêché les ténèbres de vaincre. C'est une Lumière qui brille dans le cœur de l'existence humaine: le Christ, Sauveur et Rédempteur du monde, «lumière pour éclairer les nations et gloire de son peuple Israël». Amen!

  • La Chandeleur : une fête assez mystérieuse

    IMPRIMER

    De Presence-Info.ca : 

    Chandeleur: la recherche historique stagne

    Fra-Angelico-Presentation-crop.jpg
    La Présentation de Jésus au Temple, par Fra Angelico (1440-41). 

    Pour plusieurs, la chandeleur est d'abord et avant tout synonyme de crèpes, reléguant l'aspect religieux de la fête de la Présentation de Jésus au temple au second rang. C'est en se penchant récemment sur les origines, les développements de cette fête et les rites qu'on y associe que le professeur Philippe Roy-Lysencourt, spécialiste en histoire du christianisme à la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l'Université, a constaté que la recherche historique bat de l'aile sur cette question. Portrait d'un terrain de recherche en attente d'être labouré.

    Présence : Que fête-t-on exactement le 2 février?

    Philippe Roy-Lysencourt : Le 2 février, en s’appuyant sur l’évangéliste saint Luc (Luc 2, 22-38), l’Église commémore trois épisodes bibliques qui eurent lieu le même jour: la Purification de la Vierge Marie, la Présentation de Jésus au Temple et la double rencontre de la Sainte Famille avec le vieillard Siméon et avec la prophétesse Anne.

    Les deux premiers événements font référence à deux prescriptions juives: celle qui imposait la purification de la mère après un enfantement et celle qui ordonnait de consacrer au Seigneur tout mâle premier-né. La première est une loi de Moïse qui ordonnait aux femmes juives ayant enfanté de demeurer quarante jours sans s’approcher du tabernacle. À l’issue de cette période, elles devaient offrir un sacrifice à Dieu pour être purifiées. Ce sacrifice consistait en l’offrande d’un agneau qui devait être consommé en holocauste, auquel devait s’ajouter une tourterelle ou une colombe. Si la famille était trop démunie pour offrir un agneau, ce qui était le cas de Marie et Joseph, il était permis de le remplacer par une autre tourterelle ou une autre colombe.

    La seconde loi ordonnait aux juifs de racheter à Dieu tout mâle premier-né. Pour comprendre cette prescription, il faut remonter à l’esclavage des juifs en Égypte et aux plaies qui touchèrent ce pays suite au refus obstiné du pharaon de les laisser quitter le pays. Après la dixième plaie au cours de laquelle tous les premiers-nés d’Égypte moururent – sauf ceux des enfants d’Israël – tous les garçons premiers-nés des juifs devinrent propriété de Dieu et devaient lui être rachetés (Exode 13). Ainsi, un mois après sa naissance, le premier-né tombait sous la loi du rachat dont le prix était de 5 sicles d’argent. Marie et Joseph se soumirent à cette prescription le jour où ils présentèrent Jésus au Temple. Il faut mentionner ici que cette dernière démarche n’était pas obligatoire ; ce qui était requis, c’était uniquement le rachat. Cependant la présentation de l’enfant était possible et c’était une pratique pieuse à laquelle Marie et Joseph s’astreignirent.

    Lire la suite

  • Le Christ, Lumière pour toutes les nations

    IMPRIMER

    Du Père Simon Noël sur son blog :

    Chandeleur (archive 2014) 

    La fête de ce jour a reçu plusieurs dénominations, qui toutes évoquent un aspect essentiel du mystère célébré. Dans la tradition liturgique grecque, on parle de l'hypapante, mot grec qui signifie la rencontre, rencontre entre Jésus et Siméon, mystère de Dieu qui vient à la rencontre de son peuple. La liturgie latine parle de présentation du Seigneur au Temple: au début de sa vie, Jésus s'offre à son Père, pour le salut du monde, et il le fait par les mains de sa mère. On parle aussi de la Purification de Notre-Dame, pour rappeler que la sainte famille a observé les rites de purification, prévus par la loi mosaïque pour une femme qui a enfanté. Grand mystère: celui qui a donné la loi à Moïse sur le Sinaï se soumet lui-même à la loi et démontre ainsi qu'il veut vraiment partager la vie religieuse de son peuple. On parle enfin de chandeleur, pour rappeler que le Christ est la lumière qui brille dans nos ténèbres humaines.

    En célébrant aujourd’hui l’entrée de Jésus au temple, 40 jours après sa nativité, nous clôturons tout le cycle de Noël, au sens large. Un signe que nous changeons de temps liturgique est le fait que le soir, à l’issue des complies, nous ne chanterons plus l’Alma Redemptoris Mater, que nous chantions depuis le début de l’avent, mais ce sera désormais jusqu’à Pâques, le chant de l’Ave Regina caelorum.

    Dans l’évangile et l’icône de ce jour, nous voyons, rassemblés autour de l’enfant Jésus, quatre personnages : Marie, Joseph, Siméon et Anne. Ces quatre personnages ont une chose en commun : ils font partie des pauvres du Seigneur, ils sont les représentants du véritable Israël. Lorsque le peuple de Dieu fut exilé à Babylone, en punition de son infidélité, certains prophètes ont commencé à développer le thème du petit reste. Dans le peuple, majoritairement infidèle, il y avait un noyau resté fidèle à Dieu, un noyau qui en somme rachetait le peuple et sauvait son honneur. A ce petit reste allait échoir une mission de salut non seulement pour le peuple en son entier, mais aussi pour toutes les nations de la terre. Une mission universelle donc, comme le dira Siméon : Lumière pour éclairer les nations et gloire d’Israël, ton peuple. Beaucoup de psaumes sont l’expression de l’âme de ces fidèles fervents. Les pauvres du Seigneur, ce noyau de fidèles fervents, au sein du peuple de Dieu, avaient pour caractère d’être des âmes pieuses et qui n’attendaient leur salut que de Dieu. Ils portaient au maximum toute l’espérance messianique d’Israël.

      Eh bien ! aujourd’hui, ces 4 pauvres du Seigneur, sont en train d’accueillir et de célébrer le salut donné par Dieu, la réalisation des promesses de Dieu faites aux Pères, la fidélité de Dieu qui vient visiter et rencontrer son peuple.  Cette fête de clôture reprend et synthétise tout ce que nous avons déjà célébré lors de fêtes de Noël et de l’épiphanie. Examinons trois thèmes présents dans la liturgie de ce jour.

      Nous avons chanté ce verset du psaume 47 : nous accueillons, ô Dieu, ton amour au milieu de ton temple. En voici une autre traduction, tirée de la Bible en français courant : Dieu, à l’intérieur de ton temple, nous refaisons l’expérience de ta bonté. Dans l’action liturgique, nous revivons tous le mystère célébré. Avec Siméon, nous accueillons Marie, qui nous donne l’enfant Jésus, pour la plus grande joie de l’âme. Ce geste de Siméon qui prend l’enfant dans ses bras, nous le revivons tout spécialement au moment de la communion eucharistique. C’est vraiment tout l’amour de Dieu que nous recevons alors, au milieu de l’Église.

      La procession avec les chandelles nous a d’autre part rappelé que le Christ est la lumière des nations. Le Christ est venu apporter aux hommes la vérité sur Dieu et sur l'homme. La lumière apportée par le Seigneur s'appelle la doctrine chrétienne. La doctrine chrétienne est la doctrine que Jésus est venu révéler aux hommes, que les apôtres ont prêchée et que l’Église continue à enseigner. C'est notre trésor le plus précieux. Étudier, approfondir cette doctrine de vérité et de salut remplit l'âme d'une lumière immarcescible et le cœur d'une joie ineffable.  La célébration de ce jour est une invitation à rechercher la lumière du Christ  en étudiant sa parole. Nous sommes invités à lire la Parole de Dieu, la Bible, à lire aussi des livres qui nous parlent de la foi, à lire la vie des saints, qui nous stimulent dans notre vie chrétienne. Saint Benoît nous rappelle l'importance des "saintes lectures" dans la vie spirituelle. Souvent en effet lorsque nous avons notre âme dans le vague, il suffit d'un bon livre pour nous réchauffer et nous enthousiasmer à nouveau pour les choses de Dieu.

      Le Seigneur Jésus sera, selon la prophétie du vieillard Siméon,  un signe de contradiction. Face à sa personne et à son message, les hommes vont devoir prendre position. L’Église est elle aussi en notre temps signe de contradiction. Elle n'est pas au-dessus de son maître. Nous ne devons donc pas nous étonner de constater, de nos jours particulièrement, le développement d'une haine du christianisme. Certains préfèrent les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres sont mauvaises. Dans un pays comme la France, il y a eu pour l'année 2013 pas moins de 800 profanations de lieu de culte, commis dans l'impunité la plus complète. 
     
       Quant à nous restons inébranlablement attachés à celui qui est notre lumière et notre vie, le seul sauveur : Jésus- Christ.
     
    On pourra également relire cette belle homélie de saint Jean-Paul II
  • Quel mal ont donc fait les Chrétiens d'Orient pour qu'on leur accorde si peu de considération ?

    IMPRIMER

    De Monseigneur Gollnisch sur le Figaro Vox (lefigaro.fr):

    «Quel mal ont fait les Chrétiens d'Orient pour qu'on leur accorde si peu de considération ?»

    «Quel mal ont fait les Chrétiens d'Orient pour qu'on leur accorde si peu de considération ?»

    FIGAROVOX/TRIBUNE - La bienveillance des pays occidentaux envers les Chrétiens d'Orient, si nécessaire soit-elle, ne suffit pas à leur rendre justice, considère Mgr Gollnisch. Les Chrétiens d'Orient font partie de notre civilisation, la civilisation de la Méditerranée, et doivent être considérés comme tels, souligne l'homme d'Eglise.

    Monseigneur Gollnisch est directeur général de l'Œuvre d'Orient et Vicaire général de l'Ordinariat des catholiques orientaux en France. En 2016, il a publié Chrétiens d'Orient, résister sur notre terre (Cherche midi).

    Il est temps de redécouvrir l'unité de la civilisation méditerranéenne, notre civilisation.

    De l'Andalousie à la Turquie, de l'Algérie à la Provence, du Maroc à la Grèce et à la Croatie, les paysages se ressemblent, travaillés par les mondes grec et latin, araméen et arabe, égyptien et berbère. Les oliviers, les vignes, les palmiers, les collines qui descendent vers la mer, les pêcheurs, les chants, les temples: voici cette civilisation méditerranéenne, une et multiforme, liée à l'Afrique et à l'Arabie, à la Perse et à l'Europe centrale.

    Comment oublier ce que nous devons aux civilisations égyptienne, araméennes, et assyro-babylonienne? La Méditerranée que tant de gens du nord aiment rejoindre aux beaux jours ne saurait être une division entre deux mondes. Ce serait couper en deux notre propre civilisation, notre propre corps. Il est clair qu'une minorité musulmane se déploie en Europe, dans des pays qui n'y étaient pas habitués, ni préparés. Cela pose les problèmes que nous savons, qui ne sont pas insurmontables mais qui exigent des uns et des autres un retour sur soi-même, une conversion et une clarification qui pourront être bénéfiques à chacun.

    Au sud et à l'est de notre Méditerranée commune, il y a des chrétiens enracinés là depuis deux mille ans.

    Qu'est-ce que les chrétiens disent d'eux-mêmes? Qu'est-ce que les musulmans disent d'eux-mêmes? Et qu'est-ce que la laïcité dit d'elle-même, à un moment où plusieurs confondent la laïcité des pouvoirs publics, celle des services publics, de l'espace publique ou de l'opinion publique. Le prix de la laïcité a été remis en 2017 aux Femen qui avaient envahi la Cathédrale Notre-Dame et l'église de la Madeleine: comment aider dans ces conditions ceux des musulmans réticents à intégrer la laïcité?

    Lire la suite

  • Avec saint Ignace, se laisser enseigner et imprégner par la manière dont Dieu est avec nous dans notre histoire

    IMPRIMER

    Un "topo" proposé par le site Notre-Dame du WEB :

    Topo#6 - Notre histoire de salut

    Notre histoire de salut…ou le salut dans notre histoire.

    Dans notre monde et notre actualité troublés, nous pouvons nous laisser enseigner et imprégner avec saint Ignace par la manière dont Dieu est avec nous dans notre histoire.

    Profondément aimés, attendus, espérés par Dieu, nous découvrons sans cesse son vrai visage et son cœur : la toute-puissance d’Amour. Un amour créateur, un amour qui pardonne. Cet amour est aussi un amour qui pâtit avec chacun de nous : il compatit. Sa compassion l’amène à nous sauver, et à nous sauver parmi nous, avec nous.

    Nous rêverions que notre salut passe par un claquement de doigt, n’est-ce-pas ? Ce serait tellement plus facile. Et pourtant … Dieu a fait le choix d’une histoire et du temps. Nous parlons de l’histoire de notre salut qui prend place dans la Grande Histoire du Salut.

    Car je ne me sauve pas tout seul et je ne suis pas sauvé tout seul. Ce que je suis, je le suis par et avec les autres. Qui s’est donné la vie tout seul ? Qui peut vivre sans relation ?

    Oui, Dieu m’aime personnellement et il aime toute l’humanité. C’est tous et chacun qu’il veut sauver. Pourquoi ? par Amour.

    St Ignace propose, dans ses Exercices, de nous regarder et de regarder le monde, comme Dieu peut le voir. Je peux demander une connaissance intérieure de ce Dieu qui s’est fait Homme. Entrer dans le cœur de Dieu et me mettre à son école. Entrer dans le regard de Dieu, ce regard de Bonté sur notre monde, sur chacun de nous, sur moi et sur la création.

    Je prends le temps de regarder notre monde. Qu’est-ce que je vois ? Qu’est-ce que j’entends ? Quel regard est-ce que je porte sur le monde, sur ce qui m’entoure ?

    Comment Dieu voit-il ce monde ?

    Et Dieu, que voit-il ? Un monde, avec ses contrastes. Contrastes des personnes : des jeunes, des vieux, des enfants, des hommes, des femmes. Mais aussi ceux qui sont très habillés et ceux qui sont presque dévêtus, à cause du climat. Il y a différentes couleurs de peau.

    Contrastes des situations : avec ses joies et ses souffrances, l’amour et la haine, la paix et la guerre. Les uns sont en bonne santé, les autres malades, les uns riches, les autres pauvres, les uns riant, les autres pleurant, les uns ouverts à la vie, les autres enfermés sur eux-mêmes, les uns naissant, les autres mourant etc.

    Il voit ce monde qui va à sa perte, qui souffre et qui est perdu.

    Lire la suite