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  • Missa Gloria tibi Trinitas (John Taverner, 1490-1545)

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    JPSC

  • Que soit bénie la sainte et indivisible Trinité

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    IN FESTO SANCTISSIMÆ TRINITATIS

    Ant. ad Introitum. Tob. 12, 6.
    Benedícta sit sancta Trínitas atque indivísa Unitas : confitébimur ei, quia fecit nobíscum misericórdiam suam.
    Bénie soit la sainte Trinité et son indivisible unité : glorifions-la, parce qu’elle a fait éclater sur nous sa miséricorde.

    Ps. 8, 2.
    Dómine, Dóminus noster, quam admirábile est nomen tuum in univérsa terra !
    Seigneur notre Maître, que votre nom est admirable dans toute la terre !

    V/. Glória Patri.

  • La Sainte Trinité

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    trinite1c3.jpgDu Père Joseph-Marie Verlinde (Famille de saint-Joseph) sur homelies.fr

    Le mystère de la Trinité est un des trois principaux mystères de la foi chrétienne - avec le mystère de l’incarnation et celui de la rédemption. C’est le mystère le plus englobant, celui qui nous révèle l’origine et la fin de toutes choses ; mais nous ne pouvons nous élever à une telle hauteur qu’en nous appuyant sur les deux autres. Car tout ce que nous affirmons de Dieu, nous l’apprenons de son Fils Jésus Christ. « Dieu » est un concept philosophique qui désigne, dans toutes les cultures, la Cause première et ultime, celle qui par définition est au-delà de tout, et demeure par conséquent inconnaissable, ineffable. Mais sorti de ces généralités sur lesquelles les avis convergent, les différences entre les conceptions du divin vont s’accumuler au point de conduire à des doctrines totalement incompatibles entre elles. Ce qui prouve bien que l’homme est incapable de remonter à la Source par ses propres efforts.

    C’est pourquoi Dieu lui-même est sorti de son silence et est venu au-devant de nos efforts pour nous révéler son identité. Dans un premier temps, par le ministère des hagiographes de la première alliance, il affirme à la fois sa transcendance et son caractère personnel. Dieu ne se confond pas avec la nature ; les puissances qui s’y manifestent ne sont pas divines : la puissance et la sagesse que l’on contemple dans ce monde témoignent de la toute-puissance et de la suprême sagesse du Créateur, qui donne à chaque instant « la vie, le mouvement et l’être » à tout ce qui existe. En outre, le Dieu transcendant n’est pas une Energie impersonnelle : il a créé l’homme afin d’engager un dialogue avec lui ; en vue de l’alliance d’amour qu’il voulait sceller avec lui, il l’avait doté d’intelligence, de volonté et de libre disposition de soi. Lorsque Dieu révèle aux hommes son Nom, ce n’est pas sa puissance qu’il met en avant, ni même sa justice, mais sa tendresse et sa miséricorde : « Le Seigneur, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de fidélité ».

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  • Le mystère de la sainte Trinité est-il incompréhensible ?

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    De Charles Becquérieux sur le site de France Catholique :

    La Trinité est-elle incompréhensible ?

    par Charles Becquérieux

    La Trinité paraît si difficile à concevoir que beaucoup se demandent s’il ne faut opter pour un Dieu plus simple, celui de l’islam par exemple...

    Le problème, évidemment, c’est que nous n’avons pas le choix. La question n’est pas de savoir quel Dieu nous plaît, mais quel est le vrai Dieu. Or, la Trinité n’est pas une invention. Elle nous a été révélée : il ressort en effet d’une lecture attentive des Évangiles : 1° qu’il n’y a qu’un seul Dieu (Mc 12, 29) ; 2° qu’il existe une certaine pluralité en Dieu, puisqu’il est Père, Fils et Esprit ; 3° que le Père, le Fils et l’Esprit sont réellement distincts (Jean 15, 26) et que chacun peut être appelé «  Dieu  » (Jean 1, 1 ; Actes 5, 4).

    Approcher le mystère

    À l’issue d’un long travail théologique, cela s’est résumé en une formule : une seule substance, trois personnes. Bien sûr, il y a là un fameux casse-tête pour les métaphysiciens. Mais, après tout, que la vie intérieure de Dieu soit difficile à comprendre, ce n’est pas très étonnant : la moindre personne humaine n’est-elle pas un mystère impénétrable ?

    On pourrait être tenté d’en rester là. Mais on aurait tort. Car s’il est vrai que la Trinité n’est pas démontrable à la façon d’un théorème de géométrie, il est tout de même possible d’en approcher le mystère par des analogies. Mieux que cela, il est possible de montrer que le caractère trinitaire de Dieu n’est pas une atténuation du monothéisme. Mais plutôt son explicitation. Voyons comment.

    Dieu est créateur, donc amour

    Repartons de l’essentiel : «  Dieu est charité  » (1 Jn 4, 8). Cette affirmation suppose que, même si Dieu n’avait pas créé l’Univers, il aurait tout de même été éternellement animé par un mouvement d’amour. En effet, si Dieu est créateur par décision libre, il est amour par nature. Si donc Dieu était libre d’exercer (ou non) son amour à l’extérieur de lui-même, c’est que cet amour préexistait à son exercice.

    Mais alors une question abyssale se pose : amour pour qui ? Comment éprouver de l’amour quand on est tout seul ? Réfléchissons : aimer c’est se donner à un autre, c’est prendre de soi pour promouvoir l’existence de quelqu’un d’autre : on peut donc supposer que Dieu, en lui-même, sans sortir de lui-même, avant toute création, ait en lui une sorte d’autre lui-même, égal à lui, qui soit aimé de lui.

    Cet «  autre lui-même  » a tout en commun avec lui, il lui est parfaitement identique, sauf en un point : il dépend de son géniteur, de son Père. C’est le Fils éternel.

    Qui dit amour dit fécondité

    Mais ce face-à-face, comme celui de deux amants, est encore imparfait ; s’il reste stérile, il vire au double-miroir narcissique. Or Dieu, étant parfait, ne saurait souffrir de ce défaut. Pour s’accomplir pleinement, l’amour entre ces deux pôles doit donc être lui-même fécond. Les deux premiers termes doivent donc donner une sorte d’objectivité à leur amour mutuel en laissant surgir un troisième terme. L’analogie familiale est ici encore très parlante : l’enfant est la preuve concrète de l’amour des parents. En Dieu, c’est l’Esprit – amour personnifié du Père et du Fils.

    Nécessité d’être trois

    Il faut ajouter que l’amour faisant partie de la nature de Dieu, le Père ne peut pas ne pas engendrer le Fils, et ces derniers ne peuvent pas ne pas produire ensemble l’Esprit. C’est donc nécessairement que Dieu est Trois. Ce n’est pas un choix de sa part. Il est Trois de toute éternité, indépendamment de toute création, par nature. Un Dieu unique qui n’aurait pas cette trinité ne serait pas un Dieu vivant. En somme, on peut fort bien concevoir un monothéisme plus «  pur  », mais c’est alors celui d’un Dieu minéral, d’un Dieu abstrait, d’un Dieu mort.

    Dans Le Génie du christianisme, Chateaubriand décrivait Dieu comme le «  Grand Solitaire de l’univers, l’éternel célibataire des mondes  ». Il se trompait complètement. Car, même célibataire, Dieu n’est pas seul. Il est, en son intimité même, don, circulation, relation. Comme toujours, c’est Bossuet qui a raison : «  Ô Père ! Vous n’avez pas besoin de société : en voilà une en vous-même, éternelle et inséparable de vous !  » (Élévations à Dieu sur tous les mystères de la religion chrétienne, 1re élévation de la 3e semaine.)

  • Franco Zeffirelli est mort

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    "J'ai peur de mourir. Je suis un croyant et je prie beaucoup " (Zeffirelli dans une de ses dernières interviews)

    "Dans ses films, il a montré la beauté du christianisme, comme l'Église l'a toujours fait dans l'art et la liturgie..." (NBQ)

    De Jean-Baptiste Garat sur le site du Figaro :

    Le metteur en scène et réalisateur Franco Zeffirelli est mort à 96 ans

    Le metteur en scène et réalisateur Franco Zeffirelli est mort à 96 ans

    DISPARITION - L’homme de théâtre et de cinéma est décédé à Rome. Il avait épaulé Lucchino Visconti pour le tournage du Guépard, avant de devenir célèbre pour ses productions d’opéras et pour ses films inspirés de la littérature anglaise.

    Le monde de la culture italienne vient de perdre son plus grand dandy. Le réalisateur et metteur en scène Franco Zeffirelli est mort à l’âge de 96 ans samedi dans sa résidence de Rome. Le cinéaste «s’est éteint sereinement après une longue maladie, qui s’était aggravée ces derniers mois», annoncent les médias italiens citant des sources familiales de Zeffirelli.

    » LIRE AUSSI - Le cinéaste Franco Zeffirelli, descendant de Léonard de Vinci

    «Je n’aurais jamais voulu que ce jour arrive. Franco Zeffirelli est parti ce matin. Un des plus grands hommes de la culture mondiale. Nous nous joignons à la douleur de ses proches. Adieu, cher Maître, Florence ne t’oubliera jamais», a écrit sur Twitter Dario Nardella, le maire de Florence, ville natale du maître.

    Elizabeth Taylor, Richard Burton, Glenn Close, Fanny Ardant

    Il y a environ une semaine, lui qui souffrait depuis longtemps d'une pneumonie avait reçu les derniers sacrements, rapportent les médias italiens citant la famille. Franco Zeffirelli, après les funérailles dont la date et le lieu restent à définir, reposera dans le cimetière des Portes Saintes de Florence. Une chapelle ardente sera installée lundi au Capitole, colline de Rome où se trouve la mairie.

    Réalisateur, scénariste, producteur, Franco Zeffirelli a signé une vingtaine de longs-métrages. Il était le chantre d’un cinéma d’esthète étudié auprès de son maître Luchino Visconti et inspiré des chefs-d’œuvre de la littérature anglaise. Son film le plus célèbre, Roméo et Juliette (1968), est d’ailleurs une adaptation de Shakespeare, auquel il a aussi emprunté Hamlet (1992, avec Mel Gibson et Glenn Close) et La Mégère apprivoisée (1967, avec Elizabeth Taylor et Richard Burton). Anobli par la reine d'Angleterre (le seul en Italie dans de cas), il avait été nommé à deux reprises aux Oscars: comme metteur en scène pour Roméo et Juliette et comme décorateur pour La Traviata. Dans un autre registre, il signa, à la fin des années 1970, une adaptation de la vie du Christ pour la télévision italienne. Après plusieurs années d'absence, il revient sur les plateaux avec Jane Eyre, adapté du roman de Jane Austen (1996, avec Charlotte Gainsbourg), puis Un thé avec Mussolini (2001).

    Le metteur en scène de Callas, Sutherland et Domingo

    Zeffirelli était également très connu des amateurs d’opéras pour ses mises en scène opulentes, dignes des superproductions d’Hollywood. Beaucoup de ses créations lyriques sont toujours à l’affiche aujourd’hui. Le Metropolitan Opera a une nouvelle fois programmé la saison prochaine son Turandot. Mais aussi sa Bohème, qui a été montée sur quasiment toutes les scènes du monde. En avril dernier, l’Opéra de Vienne avait ainsi donné la 437e représentation de cette mise en scène du célèbre opéra de Puccini que Zeffirelli avait créée en 1963.

    Son style peut paraître aujourd’hui conventionnel et sa direction très littérale ; ce qui explique son succès toujours aussi grand auprès du public américain, par exemple, plus conservateur que les amateurs européens. Mais il faut se souvenir combien Zeffirelli a bousculé les habitudes des spectateurs et des scènes lyriques, il y a maintenant plus de 60 ans. Très attaché aux détails, au point de signer souvent les décors et les costumes en plus de la direction, il était très exigeant avec les chanteurs. Il se battait avec eux pour qu’ils oublient la gestuelle et les mimiques classiques, travaillait chaque geste, chaque regard pour qu’ils incarnent leurs rôles au-delà du chant.

    Sa rencontre avec Maria Callas, qui s’est transformée en amitié, fera des étincelles. Il accompagna la diva dans une Traviata phénoménale qui paracheva le statut de superstar de la soprano. À Paris, il monta pour elle sa dernière Norma de Bellini. Et il signa la mise en scène de Tosca de Puccini, travail resté célèbre car il s’agit de l’une des seules traces vidéos qui reste de l’art de la diva sur scène. Des années plus tard, le réalisateur rendait hommage à la diva en tournant Callas Forever, avec Fanny Ardant dans le rôle-titre.

    Son parcours le mena également à travailler avec Joan Sutherland pour lui offrir l’un de ses plus beaux rôles: Lucia di Lammermoor. Et, naturellement, quand vint la mode des films d’opéra au début des années 1980, les producteurs se tournèrent vers Zeffirelli pour qu’il réalise quelques superproductions avec le ténor star de l’époque: Placido Domingo.

    Sa dernière œuvre du metteur en scène, un rêve nourri depuis plus de dix ans, aura été la mise en scène d'une nouvelle Traviata qui ouvrira la saison du festival d'opéra dans les Arènes du Vérone le 21 juin. A 96 ans, il projetait encore un Rigoletto dont les débuts étaient prévus pour le 17 septembre 2020 au sultanat d'Oman, avec l'Opéra Royal de Mascate. Au cinéma, il ambitionnait encore de tourner un film sur L’Enfer de Dante ou une saga sur la dynastie des Médicis, deux projets confrontés à des coûts de production incommensurables.

    Profondément attaché à Florence, sa ville natale, Franco Zeffirelli avait réalisé en 1966 le film-documentaire Per Firenze dans lequel il décrivait avec émotion l'inondation historique qui avait frappé la cité la même année et qui avait détérioré nombre de ses richesses artistiques. Ce film pour lequel l'acteur Richard Burton avait prêté sa voix avait permis de recueillir vingt millions de dollars pour les travaux de restauration et de reconstruction.

    Franco Zeffirelli avait aussi installé dans le centre historique de Florence sa fondation dont il voulait qu'elle rende son oeuvre accessible au plus grand nombre. Dans cette espace baroque de 4.000 mètres carrés, que lui avait offert la ville pour ses 92 ans, le maestro avait entreposé ses innombrables collections: des milliers de croquis, épreuves préparatoires pour ses somptueux décors d'opéra, affichettes de la vingtaine de films qu'il a tournés au cours de sa longue carrière. Une précieuse bibliothèque y contenait plus de 10.000 volumes consacrés à l'art, l'histoire, la littérature et le spectacle.

    La rédaction vous conseille

  • Notre-Dame de Paris : l'Eglise monte la garde

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    De Hugues Lefèvre sur le site de Famille Chrétienne :

    Reconstruction de Notre-Dame : comment l’Église monte la garde

    MAGAZINE – Le diocèse de Paris ne veut pas être évincé des réflexions sur la future rénovation de la cathédrale. Deux mois après le drame, il fait le nécessaire pour y parvenir.

    Une loi contestée

    Dès le 24 avril, un texte pour la restauration de la cathédrale était présenté à l’Assemblée nationale.
    • Au Sénat, le texte a été retoqué, les élus fustigeant le principe d’une loi d’exception rédigée dans la précipitation.
    • Le 4 juin,la commission mixte paritaire n’est pas parvenue à élaborer un texte commun aux deux chambres. La loi ne devrait pas être adoptée avant fin juillet.

    « J’ai été bouleversé par ce que vous venez de nous dire. » Scène inattendue sous les ors du Sénat où Pierre Ouzoulias, sénateur communiste des Hauts-de-Seine et archéologue, n’y est pas allé par quatre chemins pour saluer l’intervention du dominicain et historien Yves Combeau. Le prêtre venait alors de prendre la parole lors d’une table ronde sur les apports des sciences et des technologies à la restauration de Notre-Dame de Paris. Son propos d’historien et d’homme d’Église a fait mouche. L’élu communiste, précisant qu’il est athée, a confessé être d’accord avec le dominicain : la reconstruction de Notre-Dame ne sera réussie que si une réelle attention est accordée aux dimensions cultuelle et spirituelle de l’édifice.

    De belles paroles ? La présence à cette audition du Père Combeau, ancien élève de l’École nationale des chartes, n’est pas qu’une simple question d’affichage. Elle est le fruit d’une volonté, notamment de Cédric Villani, le député La République en marche, à l’initiative de la table ronde. « Il a insisté pour qu’un ecclésiastique soit présent », confirme Olivier de Châlus, ingénieur en bâtiment et historien, qui a aidé à l’organisation de cette rencontre. Lui connaît parfaitement Notre-Dame de Paris : il réalise actuellement sa thèse sur l’organisation de son chantier médiéval et était responsable des guides de la cathédrale au moment du drame. « Cédric Villani ne croit pas en Dieu, mais il a conscience de l’importance de ne pas exclure l’Église de l’immense réflexion qui s’ouvre. »

    « L’Église a bien joué »

    Alors que certains s’inquiètent que l’Église puisse être écartée du chantier du siècle par pur laïcisme, elle est pour l’instant considérée et écoutée. Elle parvient à se faire entendre en étant aux bons endroits, aux bons moments, avec les bonnes personnes, comme au Sénat. « L’Église a bien joué », confirme une source du ministère de la Culture qui explique qu’en n’entrant pas directement dans le débat sur la loi sur la rénovation de la cathédrale et sur la création d’un établissement public associé, elle a fait preuve d’intelligence. « Mgr Aupetit est un pragmatique. Sur la question du futur établissement public, il ne s’est pas posé la question de savoir si c’était l’instance la plus pertinente ou pas. Ce qui lui importait, c’était que l’Église y soit associée en tant qu’affectataire des lieux. C’est ce qu’il a obtenu », raconte ce bon connaisseur du dossier. « En revanche, poursuit-il, s’il est une institution qui a été mise sur la touche, c’est bien le ministère de la Culture avec le vote de cette loi stupide et la création de cet établissement dont personne n’avait besoin ! »

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  • Jésus, oui ! L'Eglise, non !

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    D'Aline Lizotte sur Smart Reading Press :

    UN NOUVEAU CHRISTIANISME DE LA POSTMODERNITÉ

    L'Église et la postmodernité
    «Confrontés à la modernité, les chrétiens sont déstabilisés. Que valent leurs dogmes à la lumière de la raison ? […] Mais, à son tour, le rêve moderne est en crise, entre les effets destructeurs de la mondialisation libérale, la hantise du terrorisme islamiste, la perte de confiance dans les responsables politiques et la montée des populismes. Le projet d’émancipation porté par les Lumières, dont on attendait tant, a dégénéré en fantasme de toute-puissance. […] Une identité chrétienne est à reconstruire», constate le sociologue Philippe d’Iribarne dans son dernier livre. Aline Lizotte nous propose son analyse de la thèse qu’il présente : il faut détruire l’obligation de la Vérité pour proclamer la Charité, et ainsi adapter le christianisme à la postmodernité.

    Philippe d’Iribarne1 vient de publier, aux éditions Gallimard, un nouveau livre intitulé Chrétien et moderne. Philippe d’Iribarne est un sociologue, dont les recherches portent sur la rencontre entre la modernité et la diversité des cultures et des religions. Il est notamment l’auteur de Penser la diversité du monde (Seuil, 2008) et de L’envers du moderne (CNRS Éditions, 2012). Il a récemment publié L’islam devant la démocratie (Gallimard, 2013).

    La pensée de Philippe d’Iribarne est à la fois intéressante et inquiétante. Intéressante parce que, dans le parcours qu’il trace du christianisme et de ce qu’il appelle son pouvoir «d’habiter l’humanité», depuis sa fondation jusqu’à la modernité, on trouve une certaine ressemblance avec la vérité du christianisme. Inquiétante, parce que l’auteur, qui cite l’Évangile à moult reprises, se démarque profondément de l’Église, principalement de l’Église catholique qu’il accuserait presque d’avoir «figé», sinon «trahi» la pensée profonde de Jésus.

    JÉSUS, OUI ! L’ÉGLISE, NON !

    Iribarne illustre bien cette mentalité d’un certain nombre de penseurs modernes qui sont en empathie avec l’idéal culturel et humain de l’enseignement du Christ, mais qui récusent à l’Église le droit d’en être l’unique représentante : Jésus, oui ! L’Église, non ! L’ouvrage s’ouvre sur un bon nombre de phrases tirées des Évangiles et présentées selon un lien propre à l’auteur, qui met en évidence la force du Christ permettant à l’homme d’«oser penser par lui-même». À la limite, Emmanuel Kant deviendrait le meilleur disciple du Christ.

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  • Le WWF soutiendrait des programmes de stérilisation forcée

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    LE WWF ACCUSÉ DE SOUTENIR DES « PROGRAMMES DE STÉRILISATIONS FORCÉES » DE VILLAGEOIS

    de genethique.org

    Une enquête de l'émission Zembla, diffusée le 17 mai dernier à la télévision néerlandaise, a révélé que le WWF[1] serait « impliqué dans des programmes de stérilisation autour de parcs nationaux en Afrique et en Inde ». L’association aurait contribué à installer des « camps sanitaires dans plusieurs endroits du monde incluant une fonction de "planning familial" ». Le WWF Pays-Bas a lui-même confirmé que « trois programmes de "planning familial" sont en cours au Cameroun, au Congo et en Ouganda ».

    Parmi les témoignages, un médecin employé par le WWF entre 2005 et 2011 raconte qu’« en plus de son travail » habituel, parfois, il s’occupait « aussi de planification familiale » : « Pour la planification familiale, j’ai fait de la stérilisation sans scalpel chez les hommes. Un petit trou est fait dans la peau du scrotum […] La procédure ne prend que cinq à dix minutes ». Il précise avoir été payé 600 roupies, soit environ 8 euros par opération. Il ajoute qu’ « il est difficile de leur faire comprendre que ce n’est pas mauvais pour eux. (…) Après l’opération, ils sont convaincus ».

    WWF International a confirmé s’être engagé à travers le monde dans des projets de population santé environnement (PSE) dont des « services de santé reproductive incluant la planification familiale ». L’organisation a cependant déclaré que si « certains projets PSE comportent une composante de planification familiale », « la fourniture de services de santé relève de la compétence des experts du secteur » balayant ainsi toute responsabilité.

    De telles accusations ne sont pas les premières. En 2017, Survival International[2] avait accusé « des gardes forestiers financés par WWF de violation des droits humains envers les Pygmées au Cameroun, en RDC et en Centrafrique ».

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    [1]Ou  Fonds mondial pour la nature organisation non gouvernementale internationale créée en 1961, vouée à la protection de l'environnement et fortement impliquée en faveur du développement durable.

    [2] ONG de défense des droits des peuples autochtones.

    Sources : Libération, Jacques Pezet (21/05/2019) - L'ONG WWF mène-t-elle des programmes de stérilisation forcée aux abords de parcs nationaux en Inde ? ; Atlantico (19/05/2019) - L'association WWF accusée de soutenir des programmes de stérilisation forcée aux abords de parcs nationaux en Afrique et en Inde 

  • "Euthanasie, l'envers du décor ". Quand les soignants réfléchissent et livrent leurs expériences

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    "Euthanasie, l'envers du décor ". Quand les soignants réfléchissent et livrent leurs expériences

     Publié le : 12/06/2019

    Donner la parole aux professionnels de santé directement touchés par les questions relatives à l'euthanasie, à la fin de vie, et aux soins palliatifs : voici ce que propose l'ouvrage Euthanasie : l'envers du décor, coordonné par le Professeur Timothy Devos, hématologue à la KULeuven. La richesse et la force du livre résident dans le partage de leur vécu, et ils emmènent le lecteur dans la réalité de la fin de vie.

    « Les auteurs veulent prévenir les abus et percer les illusions et les idées simplistes », relève le philosophe et professeur émérite à la KULeuven, Herman De Dijn, dans la préface.

    Le Dr Catherine Dopchie, oncologue, responsable d'une unité de soins palliatifs à Tournai, a témoigné de son expérience dans le livre. Lors d'un entretien réalisé par Le Quotidien du Médecin, elle énonce : « L'euthanasie transforme une alliance en contrat de droits respectifs (…) L'euthanasie réduit la médecine à résoudre des problèmes, au lieu de s'intéresser à la personne qui souffre. L'euthanasie reste une tentation à laquelle il est juste et bon de résister. »

    Benoit Beuselink, docteur en médecine et chef de clinique au service d'oncologie médicale des Hôpitaux Universitaires de KULeuven, a lui aussi participé à la rédaction de l'ouvrage. Lors d'une interview réalisée le 29 mai 2019 sur La Première, il explique : « Nous croyons que le véritable soin est de s'occuper de la personne dans sa totalité, avec la santé physique, mais aussi psychique, sociale, spirituelle, que la fin de vie est plus qu'une souffrance physique (…) Nous sommes surtout en faveur des soins palliatifs ». Le médecin précise que cet ouvrage ne vise pas à formuler un dogme, mais plutôt une « opposition philosophique » « Nous pensons qu'il y a une transgression qu'il vaudrait mieux ne pas faire parce qu'elle devient incontrôlable ».

    De façon très humaine, la réflexion proposée apporte un éclairage unique et invite le lecteur à découvrir la réalité qui se cache derrière la normalisation de l'euthanasie.

    Le livre est accessible sur Amazon, à la Fnac, mais également sur le site internet de plusieurs librairies. 

    «Euthanasie : l'envers du décor. Témoignages de soignants», Parution 30/05/2019, Editions MOLS Collection(s) : Autres regards

    ...et sur RCF :

    Euthanasie, l'envers du décor

    Présentée par La rédaction de Cathobel

    En débat

    Le Professeur Timothy Devos a coordonné un ouvrage collectif intitulé "Euthanasie, l'envers du décor". Il explique la position du personnel médical face à cet acte.

  • Joseph Ratzinger et Jorge Bergoglio : deux visions politiques très éloignées ?

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    De Sandro Magister en traduction française sur le site diakonos.be :

    De Ratzinger a Bergoglio. Deux visions politiques distantes de plusieurs années-lumière

    Le texte qui ci-dessous est la conférence prononcée par Sandro Magister au colloque d’études organisé le 4 juin 2019 au Palazzo Giustiniani à Rome par la Fondazione Magna Carta sur le thème : « Les catholiques, la politique et les défis du troisième millénaire ».

    *

    Joseph Ratzinger a beaucoup parlé de politique et beaucoup écrit à ce sujet, comme théologien, comme évêque et comme Pape. Mais pour bien comprendre sa vision d’ensemble, il suffit de relire le discours qu’il a prononcé le 22 septembre 2011 à Berlin devant le Bundestag, au cours de son dernier voyage en Allemagne.

    Il a commencé par citer la prière du jeune roi Salomon le jour de sa montée sur le trône, quand il n’a pas demandé à Dieu le succès ni la richesse mais « un cœur docile pour gouverner ton peuple, pour discerner entre le bien et le mal » (1 Rois 3, 9). Une question qui est en fait « la question décisive devant laquelle l’homme politique et la politique se trouvent aussi aujourd’hui ».

    Ensuite, voici comment Benoît XVI a résumé le rôle joué par le christianisme sur cette question à travers l’histoire.

    « Contrairement aux autres grandes religions, le christianisme n’a jamais imposé à l’État et à la société un droit révélé, ni un règlement juridique découlant d’une révélation. Il a au contraire renvoyé à la nature et à la raison comme vraies sources du droit – il a renvoyé à l’harmonie entre raison objective et subjective, une harmonie qui toutefois suppose le fait d’être toutes deux les sphères fondées dans la Raison créatrice de Dieu.  Avec cela les théologiens chrétiens se sont associés à un mouvement philosophique et juridique qui s’était formé depuis le II.me siècle av. JC.  Dans la première moitié du deuxième siècle préchrétien, il y eut une rencontre entre le droit naturel social développé par les philosophes stoïciens et des maîtres influents du droit romain.  Dans ce contact est née la culture juridique occidentale, qui a été et est encore d’une importance déterminante pour la culture juridique de l’humanité.  De ce lien préchrétien entre droit et philosophie part le chemin qui conduit, à travers le Moyen-âge chrétien, au développement juridique des Lumières jusqu’à la Déclaration des Droits de l’homme ».

    Mais aujourd’hui, a-t-il poursuivi, cet édifice a volé en éclats :

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  • "Coming out" : quand un musulman converti au catholicisme témoigne sur scène

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    Du site de France Catholique :

    Musulman converti au catholicisme, Mehdi Djaadi témoigne sur scène

    Ce samedi 15 juin à Paris, pour une date unique, Mehdi Djaadi accomplira sur scène son « coming-out » catholique. Une démarche courageuse, pleine de souffle et d’humour, à ne manquer sous aucun prétexte.

    « Coming-out ». D’emblée, le titre du spectacle de Mehdi Djaadi interpelle. Car la déclaration publique à laquelle il se livre n’est pas celle qu’exige notre époque des personnes homosexuelles. A bien des égards, elle est bien plus intempestive et, disons-le, risquée. Né musulman, ce comédien qui a rencontré le Christ en passant par la case du protestantisme, est désormais un catholique passionné. Et il a à cœur de le proclamer.

    Repéré au cinéma ou à la télévision dans plusieurs succès récents, comme La Prière de Cédric Kahn ou encore la série Hippocrate sur Canal+, sélectionné parmi les révélations des César 2016, Mehdi Djaadi a voulu livrer au public le récit de son « odyssée spirituelle » qui l’a conduit jusqu’à l’Église et à Dieu. Son propos est dénué de toute ambiguïté, « Coming-out » est un one-man-show, « corrosif, subversif (ou plus exactement contre-subversif), rempli d’humour, et plus encore porteur d’espérance ». Espérance pour les musulmans de France en particulier dont seule la conversion, estime-t-il, sera porteuse d’un « avenir radieux ».

    De l’école coranique à l’Église

    Élevé à Saint-Étienne (Loire) dans une famille d’origine algérienne, Mehdi Djaadi allait à l’école privée catholique en semaine et à l’école coranique le week-end. Habité par les préoccupations religieuses, il s’éloigne pourtant de l’islam et bascule dans la délinquance. Il découvre le christianisme grâce à un pasteur évangélique qui lui remet une Bible, avant d’évoluer progressivement vers le catholicisme et de demander le baptême. Au-delà de sa rencontre avec le Christ qui surpasse tout, Mehdi Djaadi aime aussi à dire qu’en « ouvrant la porte du catholicisme, (il a) ouvert la porte de la France ». Y compris du point de vue gastronomique : « J’ai pris 15 kilos en devenant catholique » déclara-t-il un jour devant un public hilare.

    Attention, il n’y a qu’une seule date – ce samedi 15 juin - pour assister à ce spectacle. L’entrée est libre, mais la générosité est de mise puisque tous les dons sont destinés à la paroisse du Cœur Eucharistique (Paris 20e) et au conseil Saint Louis Martin des Chevaliers de Colomb qui lui est rattaché. L’année dernière, une quinzaine de jeunes avaient ainsi pu partir à la découverte du Puy-du-Fou.

    « Coming Out », samedi 15 juin, 20H00, salle Montbeillard – 22, rue du lieutenant Chauré ou 13, rue Alphonse Penaud – 75020 Paris. Métro : Porte de Bagnolet.