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Les intellectuels chrétiens appelés à se lever

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D'Eric de Beukelaer dans la Libre de ce 9 janvier, p. 41, cette chronique de bon aloi sinon que le cher chanoine se croit obligé de stigmatiser au passage "un pseudo-catholicisme identitaire" qui, selon lui, bénéficierait d'un "retour en grâce" (!?) et serait l'héritier de Maurras ("condamné par Pie XI" mais dont la condamnation fut levée par Pie XII en 1939), et aussi l'héritier "des régimes pétainiste et franquiste"... Que dire alors du pseudo-catholicisme libéral ? Ou du pseudo-catholicisme marxisant ? Ou encore du pseudo-catholicisme moderniste ? Tous ces pseudo-catholicismes dévoyés nous paraissent bien plus influents et bien plus présents que celui qu'évoque Eric de Beukelaer. 

Intellectuels chrétiens, levez-vous

Le catholique belge se veut "modéré" et craint d’être taxé d’extrémiste s’il se dévoile. Pourtant, il est temps qu’il fasse entendre sa voix. Il y a quelques années, je participais à un débat sur l’avortement. Comme à mon habitude, j’évoquai le besoin de défendre la vie humaine à naître, en me gardant bien de juger les femmes en détresse. Ma contradictrice, une intellectuelle laïque, me répondit abruptement : "Voir en l’embryon autre chose qu’un ensemble cellulaire dont décide celle qui en est porteuse, c’est polluer un débat de santé publique avec des présupposés religieux." À ce moment précis, je me rendis compte que les divergences éthiques entre chrétiens et laïques sont surtout dues au fait que nous jaugeons une même réalité avec d’autres lunettes. De fait, je ne connais aucun laïque sérieux qui prétende que l’avortement est un acte facile ou agréable, ni aucun chrétien équilibré qui souhaite accabler les femmes qui avortent. Bref, les deux camps posent un regard assez consonant sur la situation, mais ils le font avec des lunettes différentes. Une partisane de l’élargissement de la dépénalisation de l’avortement, déclara récemment dans la presse : "À 12 ou 18 semaines, avorter n’est pas supprimer une vie. C’est choisir la sienne." Belle illustration des lunettes de l’anthropologie individualiste, que promeut la laïcité philosophique : être libre, signifierait choisir souverainement sa vie. Et donc la femme enceinte serait seule maîtresse de son ventre. L’embryologie apprend cependant qu’une vie nouvelle surgit dès la fécondation de l’ovule. Le chrétien jauge l’avortement avec les lunettes de l’anthropologie personnaliste : pas de liberté sans respect de l’altérité. Dès lors, la liberté de la femme enceinte ne peut se réaliser qu’en prenant en compte cette vie en devenir, qu’elle porte en son sein.

Un laïque peut-il être aussi généreux qu’un chrétien ? Bien sûr, mais son altruisme se fonde sur un choix individuel et non sur une grammaire de l’existence, comme l’enseigne l’idéal personnaliste. Traditionnels défenseurs du personnalisme, les intellectuels chrétiens se font - hélas - discrets dans la société belge. Ils ne sont pas légion, les politiques, académiques ou hommes d’affaires, qui s’affichent publiquement en son nom. Pourquoi ? Parce que le dogme individualiste est puissant et qu’il est ardu de se mouiller à contre-courant des évidences sociales. Parce qu’on répète à l’envi que personne ne devrait "imposer ses convictions" aux autres. Parce que le catholique belge se veut "modéré" et qu’il craint d’être taxé d’extrémiste s’il se dévoile. Surtout depuis le retour en grâce, dans une société en deuil de repères, d’un pseudo-catholicisme identitaire - héritier de Charles Maurras (dont la pensée fut condamnée en 1926 par Pie XI) et des régimes pétainiste ou franquiste. L’intellectuel chrétien se contentera donc souvent de promouvoir des "valeurs", tellement passe-partout ("être ouvert et tolérant"), qu’elles en deviennent insignifiantes.

Intellectuels chrétiens, levez-vous. Le pays a besoin d’entendre votre voix. Une voix avec sa tonalité propre : jamais agressive, ni même défensive, mais assertive, c’est-àdire décomplexée, joyeuse, sans haine, ni barrières. "Heureux les doux, ils posséderont la terre" (Matthieu 5,5). Cette voix chante la liberté. Mais non la liberté du "moi" souverain. La liberté chrétienne s’éveille dans la rencontre et la relation. Relation à soi et à l’écosystème malmené. Relation à l’autre, surtout pauvre ou petit. Et - la Grâce aidant - relation à l’Autre… qui en Christ se fit pauvre et petit. La liberté chrétienne n’est pas une possession à défendre, mais une dépossession à partager. "Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la trouvera." (Matthieu 16, 25) "L’enfer, c’est les autres", professait Sartre. Pour le chrétien, tout "autre" est chemin de conversion. Qui pour l’annoncer ? Intellectuels chrétiens, levez-vous.

Commentaires

  • Clergé catholique levez-vous, avec les laïcs catholiques (de quelque bord que ce soit).
    Défendez-vous fermement, sans complexe.

  • "un pseudo-catholicisme identitaire - héritier de Charles Maurras (dont la pensée fut condamnée en 1926 par Pie XI) et des régimes pétainiste ou franquiste."
    En parlant de l'avortement (chez nous en 1990), cette remarque est anachronique.

    Il serait beaucoup plus pertinent de développer la réaction de notre roi Baudouin, en mars avril de cette année-là. Et l'attitude du cardinal Danneels à cette occasion.

    Selon MM Eyskens et Moureaux, à la demande de M. Martens, le cardinal aurait fait savoir que le roi n'engageait pas sa personne en validant cette loi.
    De la part d'un prélat catholique... Celui-ci faisait donc le choix d'un compromis bancal. Ce à quoi le roi aurait répondu : Vous pourriez venir avec le pape de Rome, je dirai toujours non.

    L'abbé de Beukelaer n'était encore pas porte-parole de nos évêques. N'empêche. Il ne doit rien ignorer de l'épisode.
    Appeler le reliquat de laïcs à la mobilisation pour cette cause-là, c'est fort bien. Mais passer sous silence que notre clergé n'ajoute à ses pétitions de principe qu'une mobilisation fort modeste, c'est curieux.

  • Notre clergé, effectivement fuit ses responsabilités en voulant plaire aux hommes et argumentant la Miséricorde de Dieu, ne parlent plus ni de l'enfer, ni du purgatoire ni de l'importance du sacrement de la Réconciliation...La Vierge Marie a souvent mis en garde lors de ses apparitions et beaucoup de voyants ont pu voir l'enfer ( notamment Benoite Rencurel qui a été horrifiée d'avoir vu le nombre de prêtres qui y séjournaient...)Il est urgent de prier pour que nos prêtres retrouvent leur "conviction" du jour de leur ordination et s"appliquent à plaire à Dieu plutôt qu'aux hommes

  • *Avortement et hiérarchie

    Remontons un peu dans l'histoire de la légalisation de l'avortement.

    Quand le 3 avril 1990 la loi sur l'avortement fut votée, le cabinet dont le premier ministre était un démocrate chrétien, dont le parti avait voté contre la loi, aurait dû présenter la démission de son gouvernement. Surtout que le roi avait refusé de signer cette loi, parce que, comme il l'expliqua par écrit, elle contrevenait aux Droit de l'Homme.

    L'argument du premier ministre pour signer quand même la loi fut le respect de la démocratie. Argument spécieux, parce que la démocratie ne prévaut pas sur les Droits de l'Homme. Or comme mis dans mon post précédent dans cette discussion, l'avortement contrevient à l'art. 3 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. (q.v.).

    Mais il y a , du point de vue catholique encore pire : c'est la position molle de nos évêques au moment du vote de la loi sur l'avortement.

    Bien sûr ils avaient déjà désapprouvé précédemment l'avortement publiquement, et l'ont rappelé.

    Mais le Concile Vatican II est formel au sujet de l'avortement : " l'avortement et l'infanticide sont des crimes abominables" ( Gaudium et Spes 51 ,3). Par conséquent tout catholique qui approuve ce crime abominable se met en dehors de l'Église, puisqu'il approuve un crime abominable.

    L'attitude logique du cardinal de l'époque eut été d'avertir les ministres catholiques qu'ils se mettraient hors de l'Église s'ils signaient la loi.

    Et, si les ministres signaient de proclamer publiquement qu'ils s'étaient mis hors de l'Église.

    Hélas, on a le clergé qu'on mérite.

    La collusion entre la hiérarchie de l'Église et le Pouvoir est telle, ce probablement principalement pour des questions d'intérêts financiers, que , tant le cardinal que la conférence épiscopale de l'époque n'ont pas pris pleinement leur responsabilités dans ce domaine en 1990.

    Le résultat de cette attitude molle de nos évêques, attitude qui dépasse hélas le cadre strict de l'avortement, ne s'est pas fait attendre : la déchristianisation généralisée de la population catholique de notre pays. Il ne reste plus qu'environ 5% de catholiques pratiquants, dont la quasi totalité sont des pensionnés.

    À quand un réveil de nos dirigeants spirituels afin de rechristianiser notre population ?

  • Intellectuel catholique, il y a quasi un demi-siècle que je me suis levé.

    *Avortement : ma position..

    Il me semble en tant que médecin et démocrate qu’il est de mon devoir de rappeler deux faits:

    Le premier est une réalité, un fait scientifiquement prouvé et établi depuis plus d’un siècle et que rigoureusement aucun scientifique ne met en doute : c’est le moment du début de la vie humaine (et animale) individuelle. Ce moment intervient lors de la télophase (la fin) de la fusion des noyaux du spermatozoïde avec celui de l’ovocyte. L’individu humain existe en tant que tel, en tant que fait scientifiquement prouvé dès ce moment. C’est à dire : bien avant les avortements les plus précoces.
    Par conséquent l’avortement supprime inéluctablement la vie d’un individu humain.

    Cela m’amène au deuxième point : en tant que démocrate , j’estime que tous les humains doivent respecter les Droits de l’Homme. Or l’article 3 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme stipule que « Tout individu a droit à la vie… »
    Par conséquent l’avortement , qui supprime délibérément et avec préméditation un individu humain , contrevient frontalement et dans tous les cas aux Droits de l’Homme..

    Je mets au défi toute personne qui pourrait démontrer l’inexactitude de ce qui est mis ci-dessus.

    Cela dit , la responsabilité de fait de cette action qui tue délibérément et avec préméditation est très inégalement partagée.

    Pour moi, en tant que médecin j’estime que la femme avortée est la seconde victime de ce crime. Elle tue en même temps que son descendant, son enfant à naître également sa propre maternité. Cela beaucoup de femmes avortées ne s’en rendent compte, hélas seulement qu'après coup.
    De plus elle est victime d’un enseignement et d’une éducation dévoyés quant à la responsabilité que devraient avoir les jeunes et les légèrement moins jeunes quant aux implications qu’entrainent l’acte sexuel. Car le premier but physiologique de l'acte sexuel est la reproduction de l'espèce. Mais comme l'homme est bien plus qu'un animal, il est logique qu'il mette l'accent sur la relation amoureuse que contient l'acte sexuel. Mais mettre une barrière totale et radicale à la reproduction est une illusion, même si ce qu'on appelle un "accident" est statistiquement peu fréquent. Tant en biologie qu'en médecine, les mots "toujours" et "jamais" n'existent pas. Si une grossesse non désirée survient, l'avortement tue le plus innocent des protagonistes du drame. Il faut savoir prendre ses responsabilités et éduquer les jeunes à prendre celles ci. Cela tant dans les familles que dans l'enseignement.
    Plus que jamais, le 5me commandement "Tu ne tueras pas" garde toute son actualité.

    Par contre la responsabilité tant des politiciens, des médecins, des éducateurs et des parents est bien plus importante, souvent même capitale.

    Finalement, ce n’est pas parce que les catholiques sont , dans ce domaine souvent plus respectueux des Droits de l’Homme que certains autres (heureusement pas tous),qu’il faille en faire une question de débat entre catholiques et non-catholiques.
    J'estime que c'est au delà de l'honnêteté d'oser le faire.

    Remontons un peu dans l'histoire de la légalisation de l'avortement.

    Quand le 3 avril 1990 la loi sur l'avortement fut votée, le cabinet dont le premier ministre était un démocrate chrétien, dont le parti avait voté contre la loi, aurait dû présenter la démission de son gouvernement. Surtout que le roi avait refusé de signer cette loi, parce que, comme il l'expliqua par écrit, elle contrevenait aux Droit de l'Homme.

    L'argument du premier ministre pour signer quand même la loi fut le respect de la démocratie. Argument spécieux, parce que la démocratie ne prévaut pas sur les Droits de l'Homme. Or comme mis dans mon post précédent dans cette discussion, l'avortement contrevient à l'art. 3 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. (q.v.).

    Mais il y a , du point de vue catholique encore pire : c'est la position molle de nos évêques au moment du vote de la loi sur l'avortement.

    Bien sûr ils avaient déjà désapprouvé précédemment l'avortement publiquement, et l'ont rappelé.

    Mais le Concile Vatican II est formel au sujet de l'avortement : " l'avortement et l'infanticide sont des crimes abominables" ( Gaudium et Spes 51 ,3). Par conséquent tout catholique qui approuve ce crime abominable se met en dehors de l'Église, puisqu'il approuve un crime abominable.

    L'attitude logique du cardinal de l'époque eut été d'avertir les ministres catholiques qu'ils se mettraient hors de l'Église s'ils signaient la loi.

    Et, si les ministres signaient de proclamer publiquement qu'ils s'étaient mis hors de l'Église.

    Hélas, on a le clergé qu'on mérite.

    La collusion entre la hiérarchie de l'Église et le Pouvoir est telle, ce probablement principalement pour des questions d'intérêts financiers, que , tant le cardinal que la conférence épiscopale de l'époque n'ont pas pris pleinement leur responsabilités dans ce domaine en 1990.

    Le résultat de cette attitude molle de nos évêques, attitude qui dépasse hélas le cadre strict de l'avortement, ne s'est pas fait attendre : la déchristianisation généralisée de la population catholique de notre pays. Il ne reste plus qu'environ 5% de catholiques pratiquants, dont la quasi totalité sont des pensionnés.

    À quand un réveil de nos dirigeants spirituels afin de rechristianiser notre population ?

  • Déclaration de guerre qui parle d'intransigeance ? Devinez...
    Bel exemple de charité chrétienne ..

  • Où avez-vous vu une "déclaration de guerre" ?

  • le texte d'Eric de Beukelaer représente tout à fait ce que je crois et en qui je crois !

  • Une voix avec sa tonalité propre : jamais agressive, ni même défensive, mais assertive, c’est-àdire décomplexée, joyeuse, sans haine, ni barrières. "Heureux les doux, ils posséderont la terre". Pour moi, tout est dit !

  • Le monde a-t-il jamais été sauvé par les intellectuels ?
    En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance » Matthieu, 11, 25-27.
    Comme disait un affreux identitaire : « L'intellectuel est si souvent un imbécile que nous devrions toujours le tenir pour tel, jusqu'à ce qu'il nous ait prouvé contraire » (Bernanos)

  • Ce Bernanos, quel humoriste ! Mais aussi, quel réaliste.

    Par exemple quand il nous parle de l'évêque de Palma de Majorque, juste avant et au tout début de la guerre civile.

  • Déclaration de guerre qui parle d'intransigeance ? Devinez...
    Bel exemple de charité chrétienne ..

  • Bernanos est le contraire du chrétien identitaire. Il suffit de lire les premières pages de sa "lettre aux Anglais" pour s'en persuader....
    Le fait de condamner l'arianisme ne doit pas faire verser dans l'apollinarisme. De même, pour lutter contre un christianisme sécularisé, il ne s'agit pas de tomber dans le piège identitaire.
    Curieux que cela ne soit pas une évidence. Quand et où le Christ se comporte-t-il comme en factieux? Quand et où l'Eglise "catholique" devient-elle la propriété d'un peuple, d'une race, ou d'une culture?
    Ma chronique insiste sur ce risque, vu que nombre d'intellectuels chrétiens se taisent par peur d'être taxés de cela (pas du contraire). Ne l'aviez-vous pas compris?
    Quant à dire que les "intellectuels" sont inutiles pour sauver le monde,... je veux bien. Mais s'ils n'ont aucune part à y jouer, soyez conséquents et... fermez votre blog Belgicatho.

  • Le chanoine de Beukelaer n’aime pas les chrétiens identitaires. Moi non plus si l’on entend par là des chrétiens dont la foi est corrompue par les idéologies. « Bernanos, écrit-il, est le contraire d’un identitaire ». Je pense qu’il faut s’entendre sur les mots. Toute l’œuvre romanesque de Bernanos est centrée sur l’identité chrétienne au sens le plus profond du terme, cette identité sans guillemets qui tend à s’effacer dans l’Eglise d’aujourd’hui.

  • Celui qui est identitaire n'a pas d'identité ancrée... C'est exactement ce que Bernanos reproche aux "bonnes consciences" de Vichy dans les lumineuses première pages de sa "lettre aux anglais" (mais on peut aussi penser à son "Cimetières sous la lune"). A méditer aujourd'hui, plus que jamais. Croire que l'Adversaire se contente de corrompre le christianisme par la sécularisation, c'est être bigrement naïf. Ce ne sont pas les Juifs sécularisés qui ont crucifiés le Christ, mais ceux qui se considéraient propriétaires du Temple.

  • Oui, les bonnes consciences propriétaires du Temple sont en effet de tous les temps, même chez ceux qui, comme le bourgeois gentilhomme, font de la prose sans le savoir.

  • Je ne comprends pas les réactions de ce site. Les " valeurs passe-partout devenant insignifiantes " dont parle le chanoine de Beukelaer sont plutôt le fait de modernistes et de catholiques tièdes.
    Les réctions ci dessus et sur le blog d'EdB montreraient une nouvelle fois qu ' un intellectuel catholique ( comme le Père de Beukelaer ) risque de se faire lapider par la droite, par la gauche et par
    le centre.
    Disons que la lapidation se fait par des étiquettes qui volent vite et bas.

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