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L’incroyable histoire du miracle attribué à Charles de Foucauld

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De Hugues Lefèvre sur le site web de « Famille Chrétienne », ce 29 mai 2020 :

cent-ans-mort-violente-Charles-Foucauld-e1480691677936.jpgMardi 26 mai, le pape François a autorisé la publication de huit décrets de la congrégation pour les causes des Saints. Parmi les miracles reconnus, celui attribué au bienheureux Charles de Foucauld. Récit d’un événement officiellement « miraculeux » survenu à Saumur en novembre 2016.

Le mercredi 30 novembre 2016, une équipe d’ouvriers de l’entreprise Asselin, spécialisée dans la restauration du patrimoine et de monuments historiques, travaille sur la charpente de la chapelle de l’établissement scolaire Saint-Louis, à Saumur. Parmi les spécialistes du bois présent ce jour-là, Charle, 21 ans, jeune charpentier, évolue entre la voute de l’édifice et la charpente. Vers 16h30, un accident d’une rare violence se produit. Dans un geste précipité, le jeune homme passe outre le chemin sécurisé et marche sur la voute de la chapelle. Sous le poids du jeune homme, celle-ci s’écroule soudainement. Charle chute de quinze mètres cinquante et tombe à plat ventre sur un banc d’église. Un montant en bois lui perfore l’abdomen, juste sous le cœur.

Sur le chantier, c’est l’effroi. « Jamais un tel accident ne s’était produit », confie François Asselin le patron de l’entreprise. Alors qu’on le pense mort, l’inouï va se produire. Le jeune homme se relève avec le morceau de bois qui le transperce de part en part. Plus délirant encore, il marche une cinquantaine de mètres, rencontre du personnel du lycée et les avertit qu’un problème vient de se produire. Estomaquées par cette vision, des personnes appellent en catastrophe les secours qui arrivent en hélicoptère. Mais impossible de faire monter Charle à bord de l’appareil à cause du corps étranger qui le traverse. Il faut donc partir en ambulance jusqu’à Angers. Encore quarante-cinq minutes durant lesquelles tout peut arriver.

« Pour moi, il ne peut pas s’en sortir »

« Je suis prévenu environ 1h30 après l’accident mais je ne sais rien de son état. J’ai simplement les faits, cette chute effrayante… Pour moi, il ne peut pas s’en sortir », explique François Asselin. Le patron de l’entreprise de 130 salariés est alors à Paris. Devant l’angoisse terrible qui l’assaille, le chef d’entreprise n’a qu’un réflexe : il faut prier.  Avec son épouse, il appelle la Fraternité de Marie, Reine immaculée, dont ils sont très proches ainsi que sa paroisse de Saumur. Créée en 2012, elle porte le nom de Charles de Foucauld…

« La coïncidence est étonnante. Lorsque François Asselin me contacte pour m’annoncer l’accident, nous vivons à la paroisse dans un contexte de préparatifs de fête pour célébrer Charles de Foucauld », raconte le curé, le père Vincent Artarit. En effet, le lendemain, jeudi 1er décembre, marque les cent ans jour pour jour de sa mort. Durant un an, les paroissiens ont notamment prié pour que celui qui fut béatifié en 2005 puisse être un jour canonisé. C’est donc dans ce contexte, au moment où se termine une neuvaine en préparation de la fête paroissiale, que l’accident se produit…

Au petit matin, la mère de Charle annonce la nouvelle

Les réseaux de prières s’activent et déjà des centaines de personnes prient le bienheureux Charles de Foucauld d’intercéder pour la santé du jeune Charle. Le postulateur de la cause, le père Ardura, expliquera d’ailleurs dans la procédure canonique combien l’appel à l’aide immédiat et collectif lancé à Charles de Foucauld fut réel.

Les heures passent. François Asselin a beau appeler l’hôpital, il n’obtient aucune nouvelle. « Elles sont courtes ces nuits… », se souvient-il, la voix empreinte d’émotion. Au petit matin, la mère de Charle l’appelle enfin. Victoire ! L’opération consistant à ôter le morceau de bois a réussi. Son fils est vivant. Aucun organe vital ne semble touché. « C’était extraordinaire. J’ai pu aller le voir trois jours plus tard et discuter avec lui comme je vous parle… », s’étonne encore son patron.

« Tu n’as pas à demander pardon… tu es en vie ! »

Dans cette chambre d’hôpital, un autre événement va particulièrement toucher le responsable de l’entreprise. « Quand je suis arrivé devant lui, il a commencé par me demander pardon… Pardon d’avoir eu un geste précipité qui allait causer beaucoup de problème… J’étais stupéfait. "Non, tu n’as pas à demander pardon… tu es en vie !" ai-je dû lui répondre », raconte celui qui est aussi le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME). Alors que la discussion se poursuit avec Charle et sa maman, François Asselin, chamboulé par les événements, s’autorise à raconter la grande mobilisation spirituelle qui a jailli autour du jeune charpentier. C’est ainsi qu’il en vient à leur parler de Charles de Foucauld, dont ils ignoraient l’existence. Il leur offre d’ailleurs la bande-dessinée sur le bienheureux français.

Non chrétien, Charle accepte que son cas soit étudié par l’Église

Deux mois plus tard, Charle est déjà de retour au travail. Il n’a aucune séquelle de l’accident. Pour beaucoup de chrétiens ayant suivi l’affaire, pas de doute : c’est un miracle, un clin d’œil de Dieu en cette année jubilaire. Ce n’est qu’après l’euphorie passée que François Asselin, de nature pragmatique, se décide à creuser la chose. Les faits sont trop têtus pour enterrer l’histoire. « Je savais qu’on s’embarquait peut-être dans une aventure longue et laborieuse. Mais si cet événement avait véritablement un lien avec Charles de Foucauld, je ne me sentais pas le droit de ne pas y aller. Cette affaire ne nous appartenait pas, elle nous dépassait tous ».

Charle, qui n’est pas chrétien, ne s’oppose pas à la proposition que son cas soit étudié par l’Église. « La reconnaissance du miracle n’a été possible que parce qu’il a accepté dès le départ qu’on puisse parler de lui et que des personnes aient accès à son dossier médical. Lui ne parle pas de miracle mais sent bien qu’il a été préservé par quelque chose qui le dépasse », explique le père Vincent Artarit. Le curé de la paroisse de Saumur-centre y voit d’ailleurs un signe : « quand on connait la vie de Charles de Foucauld, c’est étonnant de voir que le miracle qui lui est attribué concerne quelqu’un qui n’a pas la foi chrétienne… Cela fait écho à son désir missionnaire d’aller évangéliser ceux qui ne sont pas du sérail. »

« Pour nous, il est déjà saint… »

Avec l’accord de Charle, la procédure se met donc en branle. L’évêque de Tamanrasset, où Charles de Foucauld est mort, est contacté. Il transmet l’information au postulateur de la cause. L’évêque d’Angers, Mgr Delmas, ouvre ensuite une enquête diocésaine avant que le dossier ne parte à Rome en 2019. Et c’est donc ce mardi 26 mai que le pape François autorise la publication de huit décrets de la congrégation pour les Causes des Saints. Parmi les miracles reconnus, celui attribué au bienheureux Charles de Foucauld.

« Charle est très heureux pour les chrétiens que le miracle soit reconnu », confie le curé. Dans l’entreprise Asselin, la joie est aussi présente. « Je ne saurais pas vous dire parmi les 130 salariés combien croient en Dieu mais cette nouvelle suscite beaucoup d’enthousiasme. Pour la canonisation, nous organiserons certainement quelque chose pour être présent place Saint-Pierre. Sans trop m’avancer, je pense que beaucoup répondront présent à cette invitation… » se réjouit François Asselin.

Ref. L’incroyable histoire du miracle attribué à Charles de Foucauld

JPSC

Commentaires

  • C'est l'histoire de Charle(s) et de François:

    Charle est tombé,
    François (un patron extraordinaire!) a prié,
    Charles a sauvé Charle
    et François (le pape) le canonise.

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