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  • Quelle métaphysique pour les lois scientifiques ? Cinq cours de Michel Ghins à l'UDA

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    Quelle métaphysique pour les lois scientifiques ?

    Bruxelles Woluwe

    Michel Ghinsprof. émérite de la Faculté de philosophie, arts et lettres donnera cinq cours de 2h, accessibles à tous, sur la Métaphysique des lois scientifiques dans le cadre de l’UDA (Université des Aînés).

    Quelle métaphysique pour les lois scientifiques ?

    Qu’est-ce qu’une loi scientifique ? Dans quelle mesure sont-elles vraies ? Quelles sont les réalités susceptibles de les rendre vraies ? Les lois régissent-elles les changements dans la nature ou faut-il avoir recours à des réalités encore plus fondamentales ? Ces réalités sont-elles alors des entités métaphysiques, c’est-à-dire inaccessibles à l’observation, mais dont nous avons de bonnes raisons de croire qu’elles existent ?

    Pour répondre à ces questions, de nouvelles métaphysiques de la nature sont aujourd’hui proposées. Elles s’inspirent de traditions platonicienne ou aristotélicienne, tout en tenant compte des acquis récents de la philosophie et des sciences contemporaines. Ce cours a pour objectif d’évaluer les mérites et les difficultés de ces métaphysiques, et ce dans un langage accessible à tous.

    Quand ? Les mardis 20, 27 octobre et 10, 17, 24 novembre de 10h45 à 12h45

    Mardi 20 octobre : Qu’est-une théorie scientifique ?

    Mardi 27 octobre : Nos meilleures théories scientifiques sont-elles vraies ?

    Mardi 10 novembre : Comment argumenter en faveur de la vérité (partielle et approximative) des lois scientifiques ?

    Mardi 17 novembre : Les conceptions empiristes des lois sont-elles satisfaisantes ?

    Mardi 24 novembre : Comment le recours à des pouvoirs causaux, semblables aux puissances aristotéliciennes, permet-il de fonder la nécessité des lois de la nature ?

    Les cours auront lieu sur le campus de l’UCL à Bruxelles (Woluwé-Saint-Pierre). L’auditoire n'est pas encore fixé mais sera communiqué via la page Facebook de Michel Ghins.

    Rendez-vous le mardi 20 octobre à 10h15 aux bureaux de l'UDA Av. de l'Assomption 73 à Bruxelles. Le cours débute à 10h45.

    Plus d'info sur :

    https://bit.ly/2Zt2lt3

  • TV ou Internet : la messe virtuelle ne remplace pas la messe à l'église

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    De Vatican News :

    12 septembre 2020

    La messe “virtuelle” ne remplace pas la participation personnelle à l'église

    Dans une lettre adressée aux présidents des conférences épiscopales, le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, affirme la nécessité de revenir à la normalité de la vie chrétienne, là où la situation sanitaire liée au coronavirus le permet: assister à la messe par le biais des médias n'est pas comparable à la participation physique à l'église, souligne-t-il.

    Il est urgent de revenir à la normalité de la vie chrétienne avec la présence physique à la messe, lorsque les circonstances le permettent: aucune retransmission n'est comparable à une participation personnelle ou ne peut la remplacer, explique en substance le cardinal Robert Sarah, Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, dans une Lettre sur la célébration de la liturgie pendant et après la pandémie de Covid-19, intitulée “Revenons avec joie à l'Eucharistie !” Le texte, adressé aux présidents des conférences épiscopales de l'Église catholique, a été signé le 15 août dernier et approuvé par le Pape François le 3 septembre.

    La dimension communautaire de la vie chrétienne

    «La pandémie due au nouveau coronavirus, écrit le cardinal Sarah, a provoqué des bouleversements non seulement dans les dynamiques sociales, familiales (…) mais aussi dans la vie de la communauté chrétienne, y compris dans la dimension liturgique». Le prélat rappelle que «la dimension communautaire a une signification théologique: Dieu est la relation des Personnes dans la Très Sainte Trinité» et «il se met en relation avec l'homme et la femme et les appelle à son tour à une relation avec Lui». Ainsi, «tandis que les païens construisaient des temples dédiés à la seule divinité, auxquels les gens n'avaient pas accès, les chrétiens, dès qu'ils jouirent de la liberté de culte, construisirent immédiatement des lieux qui seraient domus Dei et domus ecclesiæ, où les fidèles pourraient se reconnaître comme communauté de Dieu». C'est pourquoi «la maison du Seigneur suppose la présence de la famille des enfants de Dieu».

    Collaboration de l'Église avec les autorités civiles

    «La communauté chrétienne, lit-on dans la lettre, n'a jamais recherché l'isolement et n'a jamais fait de l'église une ville à huis clos. Formés dans la valeur de la vie communautaire et dans la recherche du bien commun, les chrétiens ont toujours cherché l'insertion dans la société». «Et même dans l'urgence pandémique, un grand sens des responsabilités a émergé: à l'écoute et en collaboration avec les autorités civiles et avec les experts, les évêques et leurs conférences territoriales ont été prompts à prendre des décisions difficiles et douloureuses, jusqu'à la suspension prolongée de la participation des fidèles à la célébration de l’Eucharistie», tient à rappeler le préfet de la Congrégation pour le Culte divin.

    Une urgence: revenir à la normalité de la vie chrétienne

    «Cependant, dès que les circonstances le permettent, souligne le cardinal Sarah, il est nécessaire et urgent de revenir à la normalité de la vie chrétienne, qui a le bâtiment de l'église pour foyer et la célébration de la liturgie, en particulier l'Eucharistie, comme “le sommet vers lequel tend l'action de l'Église et en même temps la source d'où émane toute sa force” (Sacrosanctum Concilium, 10). Conscients du fait que Dieu n'abandonne jamais l'humanité qu'il a créée, et que même les épreuves les plus dures peuvent porter des fruits de grâce, nous avons accepté l’éloignement de l'autel du Seigneur comme un temps de jeûne eucharistique, utile pour nous en faire redécouvrir l’importance vitale, la beauté et la préciosité incommensurable. Le plus tôt possible» avec «avec un désir accru de rencontrer le Seigneur, de demeurer avec lui, de le recevoir pour l'amener à nos frères avec le témoignage d'une vie pleine de foi, d’amour et d’espoir», assure le prélat.

    Nécessité d'une participation personnelle à la messe

    Comme l’explique ensuite le cardinal Sarah, «bien que les médias rendent un service apprécié aux malades et à ceux qui ne peuvent pas aller à l'église, et ont fourni un grand service dans la transmission de la Sainte Messe au moment où il n'y avait aucune possibilité de célébrer d’une manière communautaire, aucune transmission équivaut à une participation personnelle ou peut la remplacer. En effet, ces transmissions, à elles seules, risquent de nous éloigner d'une rencontre personnelle et intime avec le Dieu incarné qui s'est donné à nous non pas de manière virtuelle, mais réellement, en disant: "Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui" (Jn 6, 56). Ce contact physique avec le Seigneur est vital, indispensable, irremplaçable. Une fois que les mesures concrètement réalisables ont été identifiées et adoptées pour minimiser la contagion du virus, il faut que tous reprennent leur place dans l'assemblée des frères», en encourageant ceux qui sont «découragés, effrayés, et depuis trop longtemps absents ou distraits».

    Suggestions pour un retour à la célébration de l'Eucharistie

    La lettre suggère également «suggérer quelques lignes d'action pour promouvoir un retour rapide et sûr à la célébration de l'Eucharistie. Une attention particulière aux normes d'hygiène et de sécurité ne peut pas conduire à la stérilisation des gestes et des rites», met-on en garde. Par ailleurs, la Congrégation compte sur «l'action prudente mais ferme des évêques pour que la participation des fidèles à la célébration de l'Eucharistie ne soit pas déclassifiée par les autorités civiles comme un “rassemblement”, et ne soit pas considérée comme comparable ou même subordonnée à formes d'agrégation récréative. Les normes liturgiques ne sont pas une matière sur laquelle les autorités civiles peuvent légiférer, seules peuvent le faire les autorités ecclésiastiques compétentes (cf. Sacrosanctum Concilium, 22)».   

    Respect des normes liturgiques

    Le cardinal Sarah exhorte à «faciliter la participation des fidèles aux célébrations», «mais sans expériences rituelles improvisées et dans le plein respect des normes contenues dans les livres liturgiques qui régissent leur déroulement», et en reconnaissant «aux fidèles le droit de recevoir le Corps du Christ et d'adorer le Seigneur présent dans l'Eucharistie de la manière prévue, sans limitations allant même au-delà de ce qui est prévu par les règles d'hygiène édictées par les autorités publiques ou par les évêques».

    Un principe sûr: l'obéissance aux évêques

    Sur ce point, le cardinal donne une indication précise: «L'obéissance est un principe sûr pour ne pas commettre d'erreur. Obéissance aux normes de l'Église, obéissance aux évêques. En période de difficulté (par exemple on pense aux guerres, aux pandémies), les évêques et les conférences épiscopales peuvent donner des règlements provisoires auxquels il faut se conformer. L'obéissance sauvegarde le trésor confié à l'Église. Ces mesures dictées par les évêques et les conférences épiscopales expirent lorsque la situation revient à la normalité».

    Santé publique et salut éternel

    L'Église, conclut le préfet de la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements, protège la personne humaine «dans sa totalité», et «à la préoccupation nécessaire pour la santé publique », elle «unit l'annonce et l'accompagnement des âmes vers le salut éternel des âmes».

  • Saint Jean Chrysostome (13 septembre)

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    De Patristique.org :

    1. Famille et formation intellectuelle

    Jean naît en 344 à Antioche de parents chrétiens. Son père, Secundus, est un officier (princeps militum), peu de temps après la naissance de son fils, il meurt. Sa mère, Anthousa, très pieuse, est une grecque de pure race. Elle demeure veuve à 20 ans, elle perd aussi sa fille aînée et elle se dévoue entièrement à l’éducation de son fils unique. 
    Après avoir parcouru le cycle de la paideia (programme d’éducation classique des jeunes Grecs), Jean étudie sous la direction du célèbre rhéteur Libanios, païen convaincu. Parmi ses condisciples, il faut mentionner Théodore, le futur évêque de Mopsueste. 
    Les empereurs comblaient Libanios d’honneurs ! Jean raconte lui-même qu’un jour son maître fit publiquement l’éloge de sa mère. Apprenant qu’âgée maintenant de 40 ans, elle était veuve depuis 20 ans, il s’était écrié : « Ah ! Quelles femmes il y a chez les chrétiens ! » Devenu vieux, il aurait répondu à quelqu’un qui lui avait demandé qui il désirait avoir pour successeur : « Jean, mais les chrétiens me l’ont enlevé ! »

    2. Baptême, formation théologique et monachisme

    En 369, Jean reçoit le baptême. Il aimerait vivre en moine avec son ami Basile, le futur évêque de Raphanée en Syrie, dans l’école cléricale et monacale de Diodore de Tarse, mais sa mère s’y oppose ! Tandis que Basile devient moine, Jean demeure élève externe ! Pendant trois ans, il s’initie dans cette célèbre école d’Antioche aux côtés de son ami, Théodore de Mopsueste, à l’exégèse littérale et à la théologie. 
    En 370, il est ordonné lecteur par Mélèce, l’évêque d’Antioche. C’est en cette même année qu’à Césarée en Cappadoce, Basile le Grand était élu évêque. 
    En 374, Jean épris de perfection fuit au désert malgré sa répugnance instinctive.

    • Je me demandais d’où me viendraient les provisions nécessaires, s’il me serait encore possible de manger du pain frais du jour, si l’on ne m’obligerait pas à me servir de la même huile pour ma lampe et pour ma nourriture, si l’on ne me réduirait pas au pauvre régime des légumes et si l’on ne m’obligerait pas à un travail pénible comme de bêcher, de porter du bois et de l’eau et de faire toutes sortes de travaux de ce genre. Je me souciais beaucoup de tout ce qui est confortable.
      De compunctione ad Demetrium, 1, 6

    Pendant quatre ans, Jean mène la vie cénobitique. Ensuite, il passe deux ans solitaire dans une caverne. Son austérité, sans être extravagante, est effrayante et sa santé en demeurera marquée.

    • Pendant deux ans, il passa la plus grande partie du temps sans dormir. Il apprit par cœur le Testament du Christ afin de se débarrasser complètement de l’ignorance. Jamais il ne s’est couché ni de jour ni de nuit.
      Palladius, V

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  • Dieu t'a fait son ami (Jean Chrysostome; 13 septembre)

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    Pourquoi renvoyez-vous votre conversion à la dernière heure de votre vie, tels des fugitifs, tels des hommes voués au mal, comme si vous ne deviez pas vivre pour Dieu ? Pourquoi vous conduisez-vous et pensez-vous comme si vous avez un maître inhumain et sans pitié ? Quoi de plus insipide, de plus misérable que ceux qui reçoivent le baptême à l'extrémité de leur vie ?

    Dieu t'a fait son ami. Il t'a comblé de biens pour que tu lui donnes en retour les témoignages de l'amitié véritable. Dis-moi, si quelqu'un que tu aurais outragé de mille manières, te tenant un jour sous sa main, ne te punissant de tes injustices qu'en te traitant avec honneur, en te faisant part de sa fortune, en te mettant au rang de ses amis, en se plaisant à te nommer son enfant, ne verserais-tu pas d'abondantes larmes dans le cas où il viendrait à mourir ? Ne ressentirais-tu pas cette perte ? Ne dirais-tu pas : « je voudrais qu'il eût vécu, ne serait-ce que pour avoir la possibilité de lui témoigner ma reconnaissance, de la payer en retour de n'être pas accusé d'ingratitude envers un tel bienfaiteur ? »

    Voilà ce que vous êtes pour l'homme, mais lorsqu'il s'agit de Dieu, vous prenez vos dispositions pour quitter la terre sans avoir prouvé votre reconnaissance à l'auteur de tant de dons. Allez donc à lui, tandis que vous pouvez espérer faire quelque chose pour reconnaître ses bienfaits. Pourquoi fuyez-vous de la sorte ? « Je comprends, me direz-vous, mais je n'ai pas le courage de renoncer à mes passions. » Accuserez-vous Dieu de vous commander l'impossible ? Si tout est bouleversé dans le monde, si nous y voyons régner la corruption, c'est que personne ne s'applique à vivre selon Dieu.

    Les catéchumènes n'ont pas d'autre désir que de retarder leur baptême et ne s'occupent nullement de la bonne direction de leur vie. Les baptisés ne montrent pas plus de zèle, soit qu'ils ont reçu le baptême quand ils étaient encore enfants, soit qu'ils ont été baptisés après bien des retards dans une grave maladie. Ceux-là même qui l'ont été, se portant bien, ne témoignent que de peu de zèle ; ils ont vite fait d'éteindre ce beau feu dont ils étaient d'abord enflammés. Mais enfin, est-ce que je vous interdis la gestion de vos affaires ? est-ce que je brise les liens du mariage ? Je vous défends la fornication. Ai-je blâmé l'usage de vos biens ? Je n'ai blâmé que l'injustice et la rapine. Est-ce que je vous oblige à tout donner ? Je ne vous ai demandé pour les pauvres qu'une légère partie de vos revenus.

    Homélie XXIII, sur les Actes des Apôtres

  • Je suis un pécheur pardonné; je pardonne moi aussi aux pécheurs (24e dimanche du TO)

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    Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 18,21-35.

    En ce temps-là, Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? » 
    Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. 
    Ainsi, le royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. 
    Il commençait, quand on lui amena quelqu’un qui lui devait dix mille talents (c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent). 
    Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette. 
    Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.” 
    Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette. 
    Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d’argent. Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant : “Rembourse ta dette !” 
    Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai.” 
    Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait. 
    Ses compagnons, voyant cela, furent profondément attristés et allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé. 
    Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : “Serviteur mauvais ! je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié. 
    Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?” 
    Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait. 
    C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. » 

    Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

    Parabole du serviteur impitoyable, homélie du Père Simon Noël osb

    Parabole du serviteur impitoyable, Claude Vignon, 1629

    Au cœur de l'évangile de ce dimanche se trouvent les thèmes fondamentaux du pardon et de la miséricorde. Pardon reçu et pardon donné. Nous sommes tous l'objet de la miséricorde divine et nous devons être des artisans de la miséricorde. Saint Alphonse proposait à ses enfants spirituels cette courte prière d'humilité et de contrition à dire au début de la méditation : Seigneur, j'ai mérité l'enfer par tous mes péchés. O Bonté infinie, je me repens du fond du cœur de t'avoir offensée. Nous avons mérité l'enfer et si nous sommes sur le chemin du salut éternel, c'est parce que Dieu, dans sa bonté infinie, nous a fait une surabondante miséricorde. Dieu, dit le pape François, ne se lasse jamais de pardonner, c'est nous qui nous lassons de demander pardon. Si nous avons conscience de la grandeur du pardon reçu, nous devons nous aussi pardonner du fond du cœur à ceux qui nous ont offensés.

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  • Canoniser des enfants ?

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    Dix ans après la mort d’Anne-Gabrielle Caron, le moment sera solennel. L’évêque de Fréjus-Toulon présidera ce samedi 12 septembre la session d’ouverture de l’enquête diocésaine pour la cause de béatification de la petite fille, dans l’église Saint-François-de-Paule de Toulon.

    Par cette cérémonie, Mgr Dominique Rey lancera ainsi le processus, qui devra déterminer si la petite Anne-Gabrielle, emportée en 2010 à l’âge de 8 ans par un cancer, a démontré pendant sa courte vie, « des vertus héroïques ».

    « Une maturité spirituelle impressionnante »

    À l’issue de cette première étape, la fillette pourrait être reconnue vénérable, première marche indispensable sur le chemin de reconnaissance de la sainteté. « Sa maturité spirituelle était impressionnante, témoigne Mgr Dominique Rey, qui l’a rencontrée à deux reprises. Sa volonté de prendre encore plus de souffrance sur elle, d’offrir la sienne au Christ, son abandon total à Dieu dans l’épreuve… On la voyait déjà gagnée par Dieu », s’émeut l’évêque pour qui Anne-Gabrielle pourrait un jour constituer « une figure de sainteté pour les enfants malades et leur famille ».

    Quelle que soit l’issue de la procédure, le lancement de la cause d’Anne-Gabrielle reste encore un événement atypique, tant la question de la sainteté des enfants reste récente à l’échelle de l’histoire de l’Église. Hormis les jeunes martyrs, déjà nombreux à être reconnus comme modèles de foi, les premiers enfants déclarés saints par l’Église par reconnaissance de leurs vertus sont Jacinthe et Francisco Marto (9 et 10 ans), deux des trois voyants de Fatima, canonisés en 2017 par le pape François.

    À la même époque que les voyants de Fatima, le cas de la petite Anne de Guigné, morte d’une méningite à 11 ans et déclarée « vénérable » en 1990, fut l’occasion d’une discussion dans l’Église autour de la reconnaissance des vertus héroïques (foi, espérance, charité…) des enfants. Les travaux théologiques conduits au Vatican sur cette question se sont achevés en 1981 sur des conclusions positives.

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  • Le Saint Nom de Marie (12 septembre)

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    De missel.free.fr :

    La fête du Saint Nom de Marie, disparue aujourd'hui du calendrier liturgique, venait de la ville de Cuenca, en Espagne (Nouvelle-Castille), à qui elle fut concédée en 1513, sous le rite double. Un temps abrogée par saint Pie V (1570), la fête du Saint Nom de Marie fut rétablie par Sixte V (1585-1590) et assignée au 17 septembre. Réservée à Cuenca, au diocèse de Tolède, puis à toute l'Espagne, la fête du Saint Nom de Marie fut ensuite permise par Clément X au royaume de Naples (1671) ; le diocèse de Milan la célébra le 11 septembre et d'autres le 22 septembre. La fête du Saint Nom de Marie ne fut instituée à Rome qu'en 1683, par Innocent XI, en action de grâce pour la délivrance de Vienne assiégée par les Turcs (12 septembre 1683).

    Tandis que la Hongrie se révoltait contre les Habsbourgs, les trois cent mille hommes des armées turques conduites par le grand vizir de Mehmed IV, Kara Mustapha Pacha, et guidées par le comte hongrois et protestant Tököly, bloquaient Vienne depuis le 14 juillet 1683. L'empereur Léopold I° (1640-1705) et son beau-frère, Charles de Lorraine, avaient déserté la ville où treize mille hommes attendaient sous le commandement du comte de Sarhenberg. Innocent XI qui eût voulu former une ligue catholique contre les Turcs, ne put compter que sur l'alliance de Jean III Sobieski  (1624-1696), roi de Pologne depuis 1674, que l'on joignit lors d'un pèlerinage à Chestokowa dont il partit le 15 août. Le dimanche 12 septembre 1683, Jean Sobieski servit la messe, communia, arma son fils chevalier et prit le commandement de l'armée catholique où, en plus de ses troupes polonaises, il y avait celles du duc de Lorraine et du prince de Waldeck ; « Aujourd'hui, s'écria-t-il, il y va tout ensemble de la délivrance de Vienne, de la conservation de la Pologne et du salut de la chrétienté entière ! » Puis, il se mit à la tête des coalisés et chargea en criant : « Non nobis, Domine, non nobis, sed nomini tuo da gloriam ! » Les Ottomans furent battus à Kahlenberg et, dans Vienne délivrée, Jean Sobieski vint se prosterner avec ses généraux devant la statue de Notre-Dame de Lorette vénérée dans l'église des Augustins où l'on chanta un Te Deum ; ce jour-là, on avait fait à Rome une grande procession suivie, malgré sa goutte,  par la pape ; le 24 septembre, le cardinal-vicaire prescrit des sonneries de cloches et des prières d'action de grâces et, le 25 novembre, un décret établissait la fête du Saint Nom de Marie et l'assignait au dimanche dans l'octave de la Nativité de la Bienheureuse Vierge.

    Innocent XIII étendit la fête du Saint Nom de Marie à l'Eglise universelle en 1721. La fête du Saint Nom de Marie fut placée au 12 septembre par Pie X lors de la grande réforme du  Bréviaire romain[1]. La fête du Saint Nom de Marie a disparu lors de la réforme du calendrier par Paul VI (1969), mais lui a laissé une messe votive ce qu'a ratifié Jean-Paul II dans Les messes en l'honneur de la Vierge Marie, publié à Rome le 15 août 1986, où la vingt-et-unième messe est en l'honneur du saint Nom de Marie.


    [1] Pie X : constitution apostolique « Divino afflatu », 1° novembre 1911.

  • Ethiopie : 500 chrétiens massacrés depuis le mois de juin

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    Du BarnabasFund.org :

    Au moins 500 chrétiens éthiopiens auraient été massacrés lors d'attaques incessantes dans leurs lieux de résidence depuis le mois de juin

    Un dirigeant chrétien éthiopien a demandé une enquête internationale sur le meurtre de centaines de chrétiens, dont des femmes enceintes, des enfants et des familles entières, lors des attaques extrémistes oromo-musulmanes en cours dans les régions de l'État régional d'Oromia, qui s'étend au sud, au sud-est et à l'est d'Addis-Abeba, depuis la fin juin. Selon les rapports, plus de 500 personnes ont été tuées.

    Ces assassinats coordonnés, qui visent des chrétiens de diverses ethnies, y compris des chrétiens oromos, ont commencé peu après l'assassinat présumé d'un chanteur oromo populaire, Hachallu Hundessa, qui a été abattu le 29 juin, alors qu'il conduisait dans la périphérie de la capitale.

    Ethiopia map

    Les agresseurs sont issus du groupe ethnique oromo, traditionnellement musulman, et sont membres de Qeerroo (signifiant "célibataires"), un mouvement de jeunesse masculin oromo.

    Lors d'attaques de porte-à-porte contre des foyers chrétiens, les extrémistes Qeerroo sont arrivés en voiture et, armés de fusils, de machettes, d'épées et de lances, ont recherché et massacré des chrétiens. Les enfants ont été forcés de voir leurs parents être sauvagement assassinés à coups de machette.

    Les contacts régionaux de Barnabas ont confirmé des attaques dans de nombreuses villes, dont Arsi Negele, Ziway, Shashemane, Gedeb Asasa, Kofele, Dodola, Adaba, Robe, Goba, Bale Agarfa, Chiro, Harar, Dire Dawa, Adama, Dera, Asela et Kembolcha, s'étendant à l'extrême sud-est et à l'est du pays.

    Certains des militants de Qeerroo détenaient des listes de chrétiens et ont été aidés par les autorités locales, souvent dirigées par des musulmans dans la région d'Oromia, à trouver des personnes, en particulier celles qui s'impliquent activement dans le soutien à l'Église.

    Les chrétiens de l'ethnie oromo ont également été ciblés. Un chrétien oromo a été décapité pour avoir refusé de renier sa foi en arrachant le fil autour de son cou (porté par de nombreux chrétiens éthiopiens en signe de baptême). Sa veuve a déclaré à Barnabas : "Les agresseurs ont dit que seul celui qui se prosterne avec nous devant Allah pour la prière est considéré comme un Oromo".

    Des témoins locaux ont déclaré que la police est restée sur place et a assisté au déroulement des meurtres. Cependant, des contacts ont rapporté qu'à Bale Agarfa, certains chrétiens ont été sauvés grâce à l'intervention de courageux musulmans locaux qui ont risqué leur propre vie pour les protéger.

    Les locaux commerciaux et les maisons des chrétiens ont été brûlés, vandalisés ou détruits par les extrémistes. Des milliards de dollars de dommages ont été causés aux biens, notamment aux entreprises appartenant à Haile Gebreselassie, athlète chrétien de renommée internationale, dans les villes de Ziway et Shashamahe.

    La gravité des atrocités a choqué les témoins locaux qui ont relaté des scènes poignantes. À Dera, un témoin a décrit comment les tueurs ont profané des cadavres en "dansant et chantant, en transportant les parties de corps coupées ou coupées en morceaux de ceux qu'ils ont massacrés". Un autre témoin a raconté comment les corps découpés d'un couple de chrétiens âgés, qui ont été battus à mort chez eux, ont été traînés dans les rues de Gedeb Asasa.

    Des milliers de survivants traumatisés ont fui pour sauver leur vie, y compris des enfants orphelins, et beaucoup sont hébergés dans des églises et des centres communautaires. Un contact régional a déclaré à Barnabas : "Beaucoup vivent encore dans la peur. Des responsables chrétiens de toutes les confessions se sont rendus dans ces régions. J'ai regardé les nouvelles où des prêtres et des pasteurs pleuraient physiquement en écoutant les horreurs des familles des victimes".

    Le gouvernement éthiopien a suspendu l'accès à Internet dans la région pendant plusieurs semaines afin de réduire l'incitation à la violence par le biais des médias sociaux. Les forces de sécurité du gouvernement ont été lentes à intervenir pour mettre fin à cette atrocité, qui est comparée à la vague de meurtres qui a conduit au génocide rwandais. Cependant, des milliers d'arrestations ont été effectuées depuis, selon des rapports régionaux, y compris des fonctionnaires locaux impliqués dans les attaques.

    En date du 27 août, les contacts de Barnabas affirment que le "génocide ciblé" des chrétiens par les extrémistes se poursuit dans le sud, le sud-est et l'est d'Addis-Abeba. Les chrétiens éthiopiens en contact avec Barnabas demandent instamment aux lecteurs et aux sympathisants concernés de contacter leur ambassade éthiopienne, pour demander une action immédiate afin de mettre un terme aux atrocités qui se poursuivent dans l'État régional d'Oromia en ce moment.

    Le magnat des médias Oromo, Jawar Mohammed, a provoqué des troubles en Ethiopie en octobre 2019 lorsqu'il a critiqué le gouvernement dans des tweets adressés à ses partisans. De violentes protestations ont suivi, faisant 67 morts. Au même moment, deux pasteurs ont été décapités à Sebeta, dans la région d'Oromia, au sud-est d'Addis-Abeba. Un contact de Barnabas a ajouté que de nombreuses églises ont été brûlées cette année-là.

    Depuis septembre 2018, de violents affrontements ethniques ont entraîné le déplacement de quelque deux millions d'Éthiopiens à l'intérieur du pays.

  • En vue de quoi vivons-nous?

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    Des Editions Téqui :

    la-lumiere-de-la-finalite
    La lumière de la finalité

    entre intelligence et foi

    Jean d’Alançon
     
    25.00

    Le livre de Jean d'Alançon propose une réflexion appuyée sur la grande tradition philosophique, surtout celle d'Aristote et de saint Thomas, mais aussi de Platon, de Plotin et de saint Augustin, afin de répondre à la question : « En vue de quoi vivons-nous ? »

    La pertinence de cette question est mise en relief par le fait que la fin y apparaît comme la cause de toutes les autres causes. C'est en effet dans le but accompli que réside la perfection. L'auteur en déploie la vertu explicative depuis l'existence originelle jusqu'à sa perfection la plus excellente. Il éclaire ainsi de la lumière de la fin les divers niveaux de la réalité, du mouvement jusqu'au plus haut exercice de l'intelligence humaine contemplative et de son objet ultime : la connaissance de Dieu, là encore selon les diverses modalités impliquées par les différentes sources de cette connaissance.

    Ce livre, qui va à l'essentiel sans détours trop érudits, contribuera sans aucun doute à redonner une boussole sérieuse à nos contemporains souvent désemparés.

    L'auteur Officier de Cavalerie, DRH, puis dirigeant d'organisations professionnelles, Jean d'Alançon, docteur en philosophie, master en théologie, a fondé en 2010 l'« École de la vie réelle » où il se propose de transmettre sa recherche centrée sur la personne humaine, entre intelligence et foi, dans l'esprit du Compagnonnage dont il est l'ami.

  • Euthanasie : pourquoi Alain Cocq n'intéresse plus les médias

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    De Benedetto Frigerio sur La NBQ, traduction de "Benoît et moi" :

    Cocq, sponsor de l’euthanasie, ne veut plus mourir.

    11 septembre 2020

    « Le chemin de la libération commence et, croyez-moi, je suis heureux », avait dit le Français Alain Cocq, 57 ans. C’est ainsi que l’homme avait fait savoir au monde qu’à cause de sa maladie, il se laisserait mourir de faim et de soif. Mais maintenant, il a changé d’avis. Une histoire qui montre beaucoup de vérités cachées par les promoteurs de la mort.

    « Le chemin de la libération commence et, croyez-moi, je suis heureux », avait dit le Français Alain Cocq, 57 ans. Ainsi, comme nous l’avons déjà dit, l’homme avait fait savoir au monde qu’en raison de sa maladie, il se laisserait mourir de faim et de soif. Mais maintenant, il a changé d’avis.

    Cocq avait annoncé qu’il cesserait de se nourrir le 4 septembre dernier: cela faisait 30 ans que le Français, souffrant d’une pathologie qui avait paralysé ses membres inférieurs, luttait pour l’élargissement de la réglementation au sens euthanasique. Lui, qui se présentait toujours seul et sans famille à son chevet, avait fait de ce combat sa raison de vivre en s’associant aux militants radicaux de l’Association pour le Droit à mourir dans la Dignité, qui lui étaient proches comme on l’est d’un sponsor très efficace. Pourtant, à la toute fin de son combat, Cocq a abandonné et a demandé à être à nouveau nourri et hydraté.

    Ainsi, tandis que Marco Cappato (homme politique italien d’exrême-gauche, membre du Parti Radical) l’invitait à mourir en direct sur Facebbok, dernière chance qui lui restait de changer la loi française (évidemment et cyniquement Cappato le fait toujours sur le dos des autres), il a décidé de ne pas mourir. Préférant littéralement sa vie de malade à une telle mort : « Je n’étais plus capable de mener cette bataille ».

    C’est pourquoi, lundi dernier, l’homme a été admis à l’hôpital de Dijon, où il réside. Et si Sophie Medjeberg, vice-présidente de l’association Handi-Mais-Pas-Que, qui a soutenu Cocq dans son combat mortifère, avait déclaré à la presse qu’elle craignait qu’il ait été « emmené à l’hôpital contre sa volonté » (montrant ainsi qu’elle n’avait pas été à ses côtés alors qu’il souffrait de l’absence de soutien vital), il l’a ensuite démenti lui-même, soulignant que tout s’était passé « avec son consentement » et que « dans 7 jours, dans 10 jours au plus, je serai chez moi ». Car, poursuit-il, « il est temps de se remettre un peu et de créer une équipe d’hospitalisation à domicile ».

    Bien entendu, les projecteurs des médias se sont brusquement éteints et certainement pas grâce à Facebook, qui avait interdit à Cocq de montrer la mort par faim et soif, non pas parce qu’il était contre, mais plutôt parce que le fait de la montrer pourrait bouleverser beaucoup de gens sur ce que cela signifie vraiment de mourir ainsi.

    L’affaire montre en effet qu’en plus du mensonge de la « compassion » alimenté par les promoteurs de l’euthanasie, qui utilisent les personnes désespérées comme des chevaux de bataille politiques et les abandonnent ensuite à eux-mêmes dans les heures les plus difficiles, l’idéologie s’écrase souvent contre la réalité. Que la mort par la faim et la soif, méthode par laquelle Eluana Englaro, Vincent Lambert ou Terry Schiavo ont été tués, est une fin terrible. Exactement comme la mère de Lambert, Viviane, l’a déclaré : « Nous avons été obligés d’assister au crime commis sur Vincent. C’était terrible pour nous. Nous sommes bouleversés et en colère ». Et que face à la maladie et à la souffrance, l’homme peut décider qu’il vaut mieux vivre, même s’il pensait autrement auparavant. Enfin, on comprend que les hommes, surtout ceux qui veulent une euthanasie légale, ne craignent pas la souffrance (comme on le dit souvent) mais la mort, c’est pourquoi ils veulent la vivre inconsciemment et sans y penser. Pas étonnant que Cocq, qui l’a vue en face, ait changé d’avis.

    Mais ce qui ressort surtout de cette histoire, c’est combien il est difficile de vivre avec la maladie et d’affronter la mort tant qu’on pense en termes d' »autodétermination », car la seule façon de le faire est une compagnie qui vous aide à les accepter et qui veut vous accompagner jusqu’au bout, comme le disent ces quelques mots d’un homme qui, après une bataille qui a duré des décennies, a décidé en quatre jours seulement que maintenant « il est temps de se remettre un peu et de créer une équipe d’hospitalisation à domicile ».

  • Derrière le masque : le triomphe de l'individualisme le plus sournois

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    De Philippe Maxence sur le site de l'Homme Nouveau :

    Notre quinzaine : Le masque et le prochain

    Désormais, nous sommes donc appelés à être masqués en permanence. C’est le cas dans beaucoup de grandes villes de France et, sans nul doute, cette obligation va s’étendre à l’ensemble du pays. Masqués au travail ; masqués dans la rue ; masqués dans les transports en commun ; masqués dans les églises ; masqués lors des réunions amicales ou les rencontres sportives, les sorties scoutes et les concours de pétanque. Masqués encore et toujours ! C’est la nouvelle litanie de notre époque, la « prière » publique du laïcisme hygiéniste qui, chaque jour, s’élève pour conjurer le mal.

    Qu’il faille lutter contre la Covid-19, personne n’en disconvient. Que le port du masque fasse partie de l’attirail de protection, nous sommes tout prêts à le croire. Depuis longtemps, l’ensemble du personnel hospitalier travaille ainsi. Mais, désormais, la maladie n’est plus le seul adversaire. Notre prochain devient un suspect en permanence, un ennemi en puissance, un danger perpétuel. Nous ne sommes pas seulement devant l’extension du domaine de l’hygiène à l’ensemble de la vie sociale, la transformation du pays en un vaste hôpital permanent. Plus profondément, nous sommes confrontés à une mise en cause particulièrement pernicieuse de la nature sociale de l’homme. Derrière le masque, dont l’utilité n’est pas remise en question tant qu’il s’agit de protéger les personnes âgées ou celles particulièrement fragiles, se profile en fait le triomphe de l’individualisme le plus sournois. L’ennemi, c’est l’autre. À défaut de pouvoir l’éliminer, il s’agit de s’en prémunir.

    Un horizon qui se rétrécit

    Faut-il s’en étonner ? Pas vraiment ! Une société fondée sur le primat de l’individu (au sens strict, donc, une non-société) ne peut avoir pour horizon que la recherche effrénée du plaisir et des biens matériels qui le procurent. Le philosophe Claude Polin le remarquait déjà naguère : « Quand on n’a d’autre maître que soi, on n’a d’autres maîtres que ses passions1. » Celles-ci constituent la règle ultime, la seule loi qui s’impose vraiment. Et elles ne s’épanouissent vraiment que dans la recherche des biens matériels dont la possession révèle le plus l’individu à lui-même. J’accumule, je profite, je jouis, donc je suis !

    Mais, confronté aux conséquences d’un virus qui lui échappe, l’individu voit son horizon se rétrécir. Tout d’un coup, la mort se rappelle à lui. Gommée de ses préoccupations quotidiennes, renvoyée dans ses foyers au nom des victoires du progrès, elle s’est pourtant à nouveau présentée sans carton d’invitation. Détachée de toute portée eschatologique, il s’agit d’une mort creuse, vide, sans raison ni espérance.

    Elle avait pourtant déjà frappé et marqué les esprits lors des attentats terroristes islamistes de 2015. Le 2 septembre s’est justement ouvert le procès des attaques contre Charlie Hebdo, une policière à Montrouge et l’Hyper Cacher de Vincennes. Il devrait se tenir jusqu’au 10 novembre prochain. Là aussi, l’effroyable ravage de la mort avait sidéré nos contemporains, les laissant sans autre recours que de manifester en se réclamant du nom d’un journal satirique, au point que le sociologue Emmanuel Todd avait parlé de « fièvre Charlie ». Nous avions alors analysé cette situation en faisant appel à des voix hors du politiquement correct, de France et de l’étranger, dans un petit livre collectif qui n’a finalement rien perdu de sa pertinence2.

    Du travail pour plusieurs générations

    Sidération face aux attentats terroristes ou réactions à la Covid-19, ces situations révèlent finalement la faillite de la civilisation matérialiste issue de la modernité ! À force d’aller contre la Création et donc le Créateur, de nier les exigences de la nature humaine, elle semble n’avoir d’autres recours que de se prémunir de l’autre sous prescription étatique. On semble arriver au bout de la logique individualiste : de son exaltation à la réduction de l’autre au rang d’ennemi. La modernité dans sa phase tardive agonise. Nous ne nous en plaindrons pas. Le matérialisme ne suffit plus à calmer les angoisses du monde. À vrai dire, ce n’est pas nouveau. Et, nous, que faisons-nous ? Les chrétiens peuvent-ils se contenter de rester masqués dans l’attente de la fin de cette civilisation ? Il est plus que temps de prêcher à nouveau l’espérance chrétienne, de redire la vérité sur les fins dernières, de redonner le Christ aux hommes. Il est plus que temps de recréer aussi les exigences d’un ordre juste offrant cette tranquillité permettant à l’homme de parvenir à sa vraie fin. Il y a là du travail pour plusieurs générations. Raison de plus pour commencer dès maintenant.

     

    1. Le Totalitarisme, 1982, p. 111.
    2. Face à la fièvre Charlie, Éd. de L’Homme Nouveau, 124 p., 9 €.

  • Avortement : l'intervention de l'Institut Européen de Bioéthique sur le plateau de la RTBF

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    Du site de l'Institut Européen de Bioéthique :

    Réforme de l'avortement en Belgique : l'IEB intervient sur la RTBF

    10/09/2020

    A l'occasion d'un débat télévisé à la RTBF ce lundi 7 septembre, Constance du Bus, juriste à l'Institut Européen de Bioéthique, pointe les défis actuels autour de l'avortement en Belgique. Les situations de détresse des femmes enceintes en difficultés, évoquées dans les rapports de la Commission d'évaluation de l'avortement, posent la question des pressions sociales, économiques et relationnelles à l'origine de la plupart des avortements. 

    Constance du Bus revient également sur l'extension du délai légal pour avorter, telle que prévue par la proposition de loi débattue. L'extension du délai de 3 à 4 mois et demi de grossesse a des implications par rapport à la méthode d'avortement et à la charge psychologique de ce geste pour les professionnels de la santé.

    Un débat avec le Dr Dominique Roynet, médecin au planning familial de Rochefort, et  le Dr Jean-François Legrève, gynécologue-obstétricien à la maternité de Braine-l'Alleud, animé par Julie Morelle.

    Lien vers l'émission : ICI