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  • Réflexions sur l’avenir des communautés Ecclesia Dei

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    Lu dans le N° 294 du mensuel « La Nef » :

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    "Quel avenir pour la mouvance Ecclesia Dei ? L’un des facteurs qui invite à la réflexion est la possible réintégration de la Fraternité Saint-Pie X dans la pleine communion ecclesiale.

    On parle de « mouvance Ecclesia Dei » car il s’agit d’une réalité polymorphique : communautés religieuses, sociétés de vie apostolique de droit pontifical, prêtres diocésains isolés ou constitués en associations cléricales. Certaines de ces communautés sont des dissidences de la Fraternité Saint-Pie X (Fraternité Saint-Pierre, Institut du Bon Pasteur), d’autres étaient liées à la Fraternité Saint-Pie X jusqu’en 1988 (le Barroux), d’autres ont toujours été indépendantes de cette Fraternité (Fontgombault, Dominicaines du Saint-Esprit, Chanoines réguliers de la Mère de Dieu) tandis que d’autres encore viennent d’un horizon différent (Fraternité Saint-Vincent Ferrier) ou, fondées après 1988, développent une spiritualité propre (Institut du Christ Roi). L’insertion diocésaine peut être mise en valeur (Missionnaires de la Miséricorde divine, Association Totus tuus). N’oublions pas les laïcs présents dans ce créneau par leurs publications, éditions, écoles, etc.

    Ces réalités ecclésiales se réfèrent toutes au Motu proprio Ecclesia Dei du 2 juillet 1988, qui demandait aux évêques d’appliquer de façon large et généreuse les concessions des traditions liturgiques antérieures accordées en 1984, concessions qui sont d’ailleurs devenues un véritable droit reconnu à partir du Motu proprio Summorum Pontificum du 7 juillet 2007. Au plan canonique, certaines de ces communautés relèvent du Saint-Siège, via la Commission pontificale Ecclesia Dei ou via la Congrégation pour les Instituts de Vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique ; d’autres sont de droit diocésain. Le ministère proprement dit s’exerce d’ailleurs toujours sous l’autorité de l’Ordinaire du lieu.

    Ces communautés, pour nous focaliser sur elles, ont maintenant leur histoire propre, valorisent leur charisme spécifique. Certains parmi leurs membres ont voulu accueillir positivement les enseignements conciliaires selon la fameuse « herméneutique de la réforme dans la continuité de l’unique sujet-Église » ; d’autres donnent un assentiment minimal à Vatican II et préfèrent se référer à un moment donné de la théologie de l’Église. Certains excluent de célébrer la forme ordinaire du rite romain tandis que d’autres l’acceptent en pratique. La mosaïque – plus que la nébuleuse – Ecclesia Dei dans son ensemble manifeste une vitalité certaine au plan vocationnel, en comparaison notamment du nombre de séminaristes dans les diocèses. S’il est difficile de donner des chiffres, on peut estimer qu’en France, la couverture du terrain (prêtres, fidèles, églises, écoles) par la mouvance Ecclesia Dei est au moins aussi importante que celle de la Fraternité Saint-Pie X qui bénéficiait pourtant d’une avance de vingt ans. Ce qui signifie concrètement que la Fraternité Saint-Pie X, près de trente ans après les sacres de 1988, n’a plus le monopole pastoral dans ce créneau.

    Voici donc deux courants qui convergent apparemment dans la manière de célébrer le sacrifice eucharistique mais qui sont assez fondamentalement dissemblables dans leur rapport aux évêques et au Magistère actuel, dans la conception qu’ils se font de la mission de l’Église dans le monde de ce temps.

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  • Etats-Unis : les médecins qui refusent de pratiquer l'avortement seront protégés

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    Du site RT France :

    Clause de conscience : Trump va protéger les médecins qui refusent de pratiquer l'avortement

    Aux Etats-Unis, les personnels de santé qui ne souhaitent pas être associés à l'avortement ou encore s'occuper de personnes transgenres seront désormais soutenus par une division ministérielle consacrée aux libertés de conscience et religieuse.

    Le gouvernement américain a annoncé le 18 janvier la création d'une nouvelle division ministérielle consacrée aux libertés de conscience et religieuse, qui soutiendra les médecins et infirmiers refusant d'accomplir certains soins qu'ils estiment contraires à leurs convictions.

    Cette division devrait notamment offrir un appui aux professionnels de santé qui ne veulent pas être associés aux avortements ni s'occuper de personnes transgenres. La nouvelle entité administrative a été fondée au sein du département de la Santé et des services sociaux, dont les responsables et des élus républicains ont pris la parole lors d'une cérémonie.

    «Le président [Donald] Trump a promis aux Américains que son gouvernement défendrait énergiquement les droits relevant de la conscience et de la liberté religieuse. Cette promesse est tenue aujourd'hui», s'est félicité Eric Hargan, secrétaire par intérim.

    Cette initiative inquiète des associations, qui redoutent une discrimination dans l'accès aux traitements médicaux dont pourraient souffrir certaines catégories de la population. «Personne ne devrait se voir refuser des soins, y compris un avortement sûr et légal», a réagi l'organisation de planning familial Planned Parenthood.

    La création de la nouvelle division du département a été annoncée à la veille de la «Marche pour la vie» à Washington, grand rendez-vous annuel des militants opposés à l'avortement. Le président américain s'exprimera, par lien vidéo, lors de ce rassemblement.

    Depuis son arrivée à la Maison Blanche, Donald Trump a pris différentes mesures visant le droit à l'avortement et à la contraception, ainsi que les droits des personnes transgenres. 

  • Une initiative oecuménique en Russie pour venir au secours des femmes enceintes en détresse

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    De L'Aide à l'Eglise en Détresse (Belgique) :

    Russie : mesures concrètes dans un esprit œcuménique

    Du 18 au 25 janvier, les Églises chrétiennes célèbrent la « Semaine de prière pour l’unité des chrétiens ». La fondation pontificale l’Aide à l’Église en Détresse encourage depuis 25 ans le dialogue entre l’Église catholique et l’Église russe orthodoxe. Le directeur du bureau britannique de la fondation décrit une nouvelle initiative commune à Stavropol qui, avec le soutien de l’Aide à l’Église en Détresse, aide les femmes qui vivent une grossesse non désirée ou se trouvent dans une autre situation de détresse.

    Toute vie humaine a sa propre dignité. Voilà pourquoi l’Aide à l’Église en Détresse soutient en Russie les femmes particulièrement vulnérables et leurs enfants à naître. Dans le cadre d’une démarche concrète, l’Église catholique et l’Église russe orthodoxe apportent actuellement leur aide à jusqu’à 42 femmes dans le besoin ainsi qu’à leurs familles, en leur fournissant un logement dans le sud de la Russie jusqu’à ce qu’elles aient trouvé un domicile fixe.

    Conjointement avec le métropolite de l’Église russe orthodoxe, Son Éminence Cyrille, évêque de Stavropol et de Nevinnomyssk, le directeur du bureau national britannique de la fondation Aide à l’Église en Détresse, Neville Kyrke-Smith, a inauguré l’automne dernier un premier site d’hébergement d’urgence pour jeunes mères à Stavropol. Le nom de cette ville située au nord-est de Sotchi signifie « Ville de la croix ». Le métropolite et le directeur britannique d’Aide à l’Église en Détresse ont rencontré des femmes concernées qui reçoivent une aide pratique. Parmi elles, il y a aussi une famille musulmane dans le besoin. Neville Kyrke-Smith a déclaré : « Ce projet est d’une importance vitale. Il soutient les femmes enceintes qui, souvent, ne bénéficient d’aucune aide. »

    Ce centre fondé par l’Église orthodoxe contribue en même temps à l’œcuménisme, souligne Neville Kyrke-Smith. L’Aide à l’Église en Détresse a fourni plus de 22 000 euros pour créer ce logement protégé du centre de crise. Il offre aux femmes une alternative à l’avortement et les soutient à travers des consultations.

    Le projet repose sur des initiatives antérieures lancées autant par l’Église catholique que par l’Église russe orthodoxe. L’année dernière, des représentants de ces deux communautés se sont rendus à la conférence internationale pour « la protection de la vie », organisée par le Patriarcat de Moscou. C’est à cette époque qu’a été lancé l’appel au « respect du droit inaliénable à la vie » qui, plus tard, a été intégré à la déclaration commune de Leurs Saintetés le pape François et le métropolite Cyrille. Peter Humeniuk, expert de l’Aide à l’Église en Détresse pour la Russie, souligne que dès le début, il s’agissait de « mesures concrètes dans un esprit d’œcuménisme ». Cela signifie que l’on ne se concentrait pas seulement sur l’analyse de la situation, mais aussi sur la recherche de solutions. Pour cela, les délégués ont rapidement rencontré un groupe expérimenté de catholiques venus de Milan, qui propose des consultations en cas de grossesse non désirée et qui a déjà sauvé la vie de presque 20 000 enfants.

    Au vu des conséquences de l’avortement, Peter Humeniuk fait l’observation suivante : « Malheureusement, l’avortement est largement répandu en Russie. Cela remonte jusqu’à l’époque soviétique. Les gens en Russie commencent à prendre lentement conscience du problème, également en raison de l’évolution démographique en Russie et dans les pays occidentaux qui, entre-temps, a réveillé beaucoup de personnes. »

    L’Aide à l’Église en Détresse soutient en outre d’autres projets en Russie, notamment un programme de réhabilitation pour toxicomanes, qui affiche un taux de succès de 80 %, ainsi que la construction d’une nouvelle chapelle à Stavropol. Auparavant, la communauté catholique devait se réunir dans l’atelier d’un agriculteur. Le Père Mitrzak est le premier prêtre catholique qui y a établi son siège permanent depuis la révolution. Le métropolite orthodoxe Cyrille aide la chapelle à régler les formalités d’enregistrement.

    Le directeur britannique d’Aide à l’Église en Détresse, Neville Kyrke-Smith, considère que la coopération entre l’Église russe orthodoxe et l’Église catholique lors de projets pour des personnes dans le besoin et de projets pour la protection de la vie « est très encourageante pour l’Aide à l’Église en Détresse. »

    La fondation pontificale l’Aide à l’Église en Détresse s’engage depuis 25 ans en faveur du dialogue entre l’Église catholique et l’Église russe orthodoxe, répondant ainsi à un désir du pape Saint Jean-Paul II et de ses successeurs au ministère pétrinien.

    Lors de leur rencontre historique à La Havane en février 2016, le pape François et le patriarche de Moscou Cyrille avaient fait apparaître différents sujets pour une coopération encore plus intense des deux Églises. En réponse à leur appel, de nouvelles opportunités de coopération ont émergé entre-temps entre chrétiens catholiques et orthodoxes. Il a donc été fondé un groupe de travail œcuménique auquel l’Aide à l’Église en Détresse participe largement. Ce groupe de travail coordonne et organise des initiatives, des manifestations et conférences au service de la promotion de la vie humaine et de la famille ainsi que du soutien des chrétiens persécutés au Proche-Orient. Le centre de crise pour femmes à Stavropol est un exemple d’une telle initiative commune.

    Par Murcadha O’Flaherty & John Pontifex

    Ensemble, avec vous, nous aidons ceux qui sont dans le besoin. Grâce à vous, l’Aide à l’Église en Détresse apporte un soutien aux fidèles partout où ils sont persécutés, opprimés ou en détresse, à travers des informations, des prières et des actions.

    Vous pouvez nous soutenir par :

    - un don pour un projet pastoral au numéro de compte :

    • Belgique : IBAN : BE25 1960 0933 4182 et BIC : CREGBEBB (Aide à l’Église en Détresse a.s.b.l. – sans attestation fiscale). En vertu de la loi Belge, les projets pastoraux ne sont pas admissibles à l’octroi d’une attestation fiscale.
    • Luxembourg : IBAN : LU66 1111 0261 9404 0000 et BIC : CCPLLULL

    - un don pour un projet social au numéro de compte IBAN : BE72 1960 1357 6116 et BIC : CREGBEBB (Aide et Espoir a.s.b.l. – avec attestation fiscale à partir de € 40,00). Ceux qui, au cours de l’année, ont fait un don de € 40,00 ou plus pour un projet social, reçoivent automatiquement une attestation fiscale l’année qui suit.

    Merci pour votre soutien !

  • Bilan de la Marche pour la Vie à Paris

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    D'Odon de Cacqueray sur le site de l'Homme Nouveau :

    Marche pour la Vie, le pari sur l'avenir

    Marche pour la Vie, le pari sur l'avenirPhotos: © Michel Pourny

    Cécile Edel mère de famille et psychologue est également Présidente de l'asociation Choisir la Vie et Vice-Présidente de la Marche pour la Vie, au lendemain de cette manifestation elle a accepté de répondre à nos questions et dresser un bilan ainsi que des objectis.

    Au lendemain de cette 13e Marche pour la Vie, un premier bilan ? 

    Cécile Edel : Le bilan est bon comme chaque année. Mais il est vrai qu’avec les mauvaises conditions météorologiques que nous avons eues, nous étions encore plus heureux de voir qu’il y avait quand même 40 000 participants1. Donc un grand succès, surtout au moment des états généraux de la bioéthique. Cela permet d’ouvrir le débat sur ces sujets-là. 

    Concernant les prises de parole, l’eurodéputé polonais Marek Jurek était présent, nous n’avons pas vu de politiques français monter à la tribune, est-ce une volonté de votre part ou un manque d’engagement de nos hommes politiques ? 

    C’est un manque d’engagement. Je regrette que parmi tous les députés, et il y en a beaucoup en France, il n’y en ait que très peu qui défendent la vie de la conception à la mort naturelle, de manière très faible. Il y a un manque de députés qui respectent la vie, c’est très clair, surtout depuis l’élection d’Emmanuel Macron. Nous avons face à nous plutôt des députés hostiles, voire très hostiles. 

    La menace de représailles judiciaires qui pèse sur les opposants à l’avortement dissuade-t-elle les personnalités de prendre la parole ? 

    Je ne pense pas. Quand nous observons par exemple le délit d’entrave voté l’année dernière, ce délit d’entrave visait principalement les antennes d’écoute aux femmes en difficulté. Ceux qui sont freinés par ces mesures, ce sont surtout les bénévoles qui aimeraient être engagés dans ces antennes d’écoute, mais qui ont peur des représailles. Les politiques ne sont pas réellement impactés, mais certains sont un peu désespérés de voir que le débat a du mal à s’ouvrir. Je regrette qu’il y ait une telle loi du silence, un tel tabou autour des questions sur l’avortement. Ce qui n’est pas du tout le cas aux États-Unis et nous l’avons vu. La différence devient d’ailleurs énorme avec eux surtout depuis que Donald Trump est intervenu à The March for Life quand nous n’avons toujours pas de politiques qui interviennent à La Marche pour la Vie. 

    500 000 personnes défilent aux États-Unis pour la 45e édition, vous annoncez 40 000 marcheurs pour la 13e Marche pour la Vie en France, constatez-vous une progression d’une année sur l’autre ? Quels sont vos objectifs ? 

    Je suis dans l’espérance. J’étais présente pour la première marche en 2005 et je vois la différence entre 2005 et 2018. Cette différence est énorme au niveau des chiffres bien sûr : nous avons commencé à seulement quelques milliers. Cette différence est également frappante au niveau du pourcentage de jeunes. Il y avait cette année presque 80 % de jeunes de moins de 30 ans voire moins de 25. C’est extrêmement encourageant pour l’avenir. Ces jeunes sont très motivés, très déterminés et n’acceptent aucun compromis sur le respect de la vie. Nous avons pris exemple sur le modèle américain lorsque nous avons créé la Marche pour la Vie en France et d’ici quelques années je pense que nous arriverons à avoir un chiffre très important parce qu’on n’a pas encore réussi à mobiliser toutes les communautés, toutes les familles. 

    Notre objectif n’est pas nécessairement d’être énormément, même si le chiffre aide à gagner. Ce qui est le plus important c’est de garder toujours le même discours, qui est un discours très ferme. C’est notre fidélité, notre clarté et notre détermination qui nous feront gagner.

    Comme d’habitude les chiffres sont discutés…

    Nous fonctionnons avec un comptage au clic qui est fiable, la difficulté réside dans le fait que tous les marcheurs ne font pas le parcours en entier. Certains partent avant la fin quand d’autres nous rejoignent en cours de route. Nous en tenons compte. En étant présents à cette marche nous pouvions constater être au minimum autant que l’année dernière, ce qui une fois de plus, au vu de la météo, est une belle réussite. 

    La Marche pour la Vie est désormais une institution rodée. Prévoyez-vous d’autres actions en plus de ce rendez-vous annuel ?

    La Marche pour la Vie est une association qui regroupe plusieurs associations. Toute l’année ces associations œuvrent de leur côté, avec des moyens qui leur sont propres, leurs spécificités, pour le respect de la vie. Toute l’année il y a un continuum d’actions, pas au nom de la Marche pour la Vie mais au nom des associations qui composent en grande partie la Marche pour la Vie. Notre objectif à long terme est d’arriver à être une force de mobilisation toute l’année, avec des opérations coup-de-poing, des mobilisations en dehors du mois de janvier… Si une loi doit passer en milieu d’année, il faut que nous soyons capables de nous mobiliser. Il faut que nous devenions une vraie force de mobilisation. 

    1. Selon les organisateurs.

  • Un chrétien sur douze subit la persécution

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    Du site "Christianisme aujourd'hui" :

    Un chrétien sur douze souffre pour sa foi

    Un chrétien sur douze souffre pour sa foi

    22.01.18 - Depuis vingt ans, l’Index mondial de la persécution des chrétiens permet de visualiser leur situation autour du globe. Quels enseignements tirer de l’Index 2018, publié en janvier? Entretien avec Michel Varton, directeur de Portes Ouvertes (PO) France.

    Remarquez-vous un intérêt accru des médias pour la situation des chrétiens dans le monde?
    Oui très nettement depuis cinq ans. Ce qui s’est passé au Moyen-Orient, le génocide des chrétiens par Daech, a alerté les médias. Il y a dix ans, si je disais à quelqu’un que je travaille pour une mission qui soutient les chrétiens persécutés, on me répondait: «Ah, ça existe?» Aujourd’hui, on me dit: «Ah, vous devez avoir beaucoup de travail.» C’est parce que la situation va mal que les médias s’intéressent et que les gens sont informés. 

    Qu’est-ce qui vous a surpris dans ce nouvel Index?
    Les tendances se réaffirment. Même en faisant abstraction du fait que notre recherche devient plus pointue, il est possible d’affirmer qu’une augmentation de la persécution est présente. 215 millions de chrétiens sont concernés, donc un chrétien sur douze vit dans une situation de persécution forte.


    On note également une tendance au nationalisme religieux. Partout dans le monde, les gens se mettent derrière des murs, considèrent tout ce qui est externe comme une menace. Souvent, les chrétiens sont considérés comme nouveaux dans le paysage, donc une menace, comme en Inde ou au Népal, ce dernier ayant grimpé en flèche dans l’Index 2018.
    Avec 90% des assassinats de chrétiens, l’Afrique reste le continent de la violence la plus importante. Les trois mêmes pays se retrouvent dans le trio de tête (Corée du nord, Afghanistan et Somalie). Une surprise pourtant: malgré la défaite militaire de Daech au Moyen-Orient, la situation reste grave en Irak. Les chrétiennes n’ont pas le droit de sortir sans un voile à Bagdad ou Bassora. C’est le signe d’une intolérance envers l’Eglise, même dans la partie chiite du pays. Par contre, il y a un semblant d’amélioration en Syrie.

    Le Nigéria compte le plus de chrétiens tués (2000) en 2017. Pourquoi se situe-t-il en bas du classement?
    Le Nigéria a reculé de la douzième à la quatorzième place. Boko Haram a été repoussé vers le
    Cameroun, la grande partie nord-est est libérée et les chrétiens rentrent chez eux. Mais le problème vient maintenant des Peuls Fulhani. Ces nomades musulmans considèrent qu’ils ont le droit de faire pâturer leurs animaux partout: ils incendient les Eglises et les maisons, plus ou moins avec la connivence de la police. C’est un nettoyage religieux dans le nord et dans la ceinture centrale. 

    Pas moins de cinq pays d’Asie centrale se trouvent dans l’Index. L’Azerbaïdjan y fait même son entrée. Pourtant, on entend peu parler de ces pays-là...
    Anciennement communistes et encore avant, islamiques, ces pays sont des dictatures qui voient tout ce qui a trait au religieux comme une menace. De ce fait, les chrétiens sont mis dans le même panier que les djihadistes.
    On pourrait appeler ça du nationalisme pragmatique: l’Etat considère que les chrétiens ne lui sont pas soumis, ni n’appartiennent à la culture. Nées après la chute du communisme, les Eglises sont composées à 100% de nouveaux convertis. Tout est fait pour qu’elles ne grandissent plus.

    Comment les chrétiens occidentaux peuvent-ils se mobiliser?
    La prière est très importante, c’est la première chose qu’on nous demande sur le terrain. Ensuite, Portes Ouvertes propose plusieurs possibilités différentes: des voyages dans les pays où sévit la persécution pour prier et apporter un peu de littérature ou rencontrer et encourager les chrétiens.
    On initie régulièrement des pétitions, comme celle présentée récemment aux Nations Unies. C’est un petit geste de signer mais les chrétiens persécutés sont touchés, c’est une façon de leur dire qu’on est à leurs côtés. 
    Il est également possible d’envoyer des cartes, qui peuvent être une aide très précieuse. Puis le soutien par des dons, par le biais parfois de courses sponsorisées. Notre but, c’est d’être sur le terrain et de mettre sur pied des actions qui permettront la fortification de l’Eglise. 

    Propos recueillis par Sandrine Roulet

  • Dieu est-il tabou ? Une interview du nouvel archevêque de Paris

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    Mgr M. Aupetit : Dieu est tabou ? « Aujourd’hui, le tabou n’est plus le sexe, mais Dieu »

    Entré au séminaire à 39 ans, Michel Aupetit succède à André Vingt-Trois comme archevêque de Paris

    Écolier, il détestait passer au tableau et préférait de loin faire rire ses camarades. Nommé archevêque de Paris par le pape François le 7 décembre 2017 et installé dans cette fonction le 6 janvier, Mgr Michel Aupetit est de ce fait devenu le point de mire de nombreux catholiques. Si en théorie l’évêque de Paris est un évêque parmi les autres, il occupe en pratique une place éminente dans l’Eglise catholique. À 66 ans, lui qui « n’aime pas trop être exposé » sera désormais l’une des voix les plus écoutées de cette institution. Cet ancien médecin, entré au séminaire à 39 ans et devenu évêque de Nanterre en 2014, succède à Mgr André Vingt-Trois.

    Vous avez exercé pendant onze ans comme médecin généraliste avant d’entrer au séminaire. En quoi cette vie de laïc influence-t-elle votre approche de prêtre ?

    Laïc, j’étais ce que l’on appelle dans l’Eglise un « consommateur ». Je rentrais chez moi à 22 heures le soir et j’étais donc assez peu investi dans la vie de l’Eglise. C’est mon péché ! Quant au reste, la médecine m’a appris à aimer les gens indépendamment de ce qu’ils sont. Quand vous êtes médecin, vous soignez des gentils et des pas gentils. Cela vous ouvre à tous, et l’Eglise est ouverte à tous. On ne demande pas leurs papiers ou leur certificat de baptême aux personnes qui entrent. L’hiver, les SDF viennent se réchauffer, on les laisse tranquilles. D’autres viennent simplement pour avoir un temps de repos et de silence. Il n’y a pas beaucoup de lieux comme ça où on peut se poser, gratuitement, paisiblement. Et la médecine m’avait déjà appris ça : accueillir de manière inconditionnelle les personnes qui frappent à votre porte.

    Vous avez grandi dans une famille où la pratique religieuse n’était pas la règle. Cela vous donne-t-il une vision particulière de la transmission religieuse ?

    C’est assez étonnant, car cela ne m’a jamais vraiment troublé. Ma maman était une femme de foi, elle allait à la messe assez souvent, pas forcément avec moi. Mais je sais qu’elle avait profondément la foi et je voyais l’influence que ça pouvait avoir dans sa vie. Alors que, du côté « mâle », on était plutôt incroyant. Mes amis non plus ne pratiquaient pas. Donc j’ai longtemps vécu ma foi de manière isolée. La transmission, je pense qu’elle s’est faite par la prière. Car dans la prière, on apprend à parler à Dieu. On entretient une relation. Alors que dans une relation de catéchisme, on apprend à parler « de » Dieu, c’est intellectuel. La seule chose que ma mère m’a apprise, c’est le Notre Père et le Je vous salue Marie. A partir de ces deux prières, j’ai appris à parler à Dieu. Mais en secret : personne n’en savait rien.

    Quand j’ai quitté mon cabinet de médecin, j’ai dit pourquoi à mes patients. Plusieurs m’ont alors confié qu’ils priaient matin et soir depuis trente ans sans même que leur femme le sache ! Je me suis rendu compte que beaucoup de gens ont une vie spirituelle, mais ne le montrent pas.

    L’accueil des migrants est un sujet qui mobilise ou qui trouble les croyants. Que leur dites-vous à ce sujet ?

    C’est un sujet difficile. A Nanterre, j’ai relayé dès le lendemain l’appel du pape François [afin que les paroisses accueillent des réfugiés, en 2015]. J’ai été étonné des réponses positives immédiates. Des gens ont mis à disposition un appartement, d’autres ont accueilli quelqu’un dans leur pavillon, des écoles catholiques ont ouvert leur porte avec la cantine gratuite, des professeurs de français se sont mis à disposition. Ces gens étaient en danger de mort.

    Il y a peut-être une différence dans l’accueil de gens qui sont dans une situation de détresse absolue, pour qui on ouvre toutes les portes, et ceux qui viennent pour des raisons économiques. Là, ça passe en effet moins bien chez les fidèles. Notre réflexion se base sur deux principes. Le premier, évangélique, c’est l’accueil inconditionnel des personnes. Le second, c’est le principe du bien commun : comment faire pour que chacun puisse trouver sa place, mais en pensant à tous les autres ?

    Une partie des catholiques craignent la venue de migrants en trop grand nombre. Les évêques doivent-ils parler plus clairement ?

    Il y a une crainte de l’insécurité culturelle. Lorsque j’étais médecin à Colombes, au départ, dans les cités, les gens vivaient très bien ensemble. On ne regardait pas qui était musulman ou chrétien. On se rendait des services entre personnes. Aujourd’hui, c’est ghettoïsé. Les mairies tentent de favoriser la mixité sociale, mais on est quand même très engagé vers le communautarisme.

    Un imam m’a dit : « On n’a plus de contrôle sur nos jeunes, ce n’est plus nous qui les formons à la religion. Ils vont se former ailleurs. » Ailleurs, c’est sur Internet. Il y a là une vraie question. Nous avons des religieux et des religieuses dans les cités. Peu nombreux, mais reconnus comme tels. Ils essaient de faire du lien entre les personnes. Mais c’est vrai qu’il y a des zones de non-droit absolu, avec des choses terribles, où la police ne peut pas intervenir.

    Les catholiques sont-ils désormais une minorité religieuse en France ?

    Beaucoup de gens se disent catholiques même s’ils ne fréquentent pas l’Eglise. Qu’est-ce qu’un catholique ? Quelqu’un qui pratique ? Ou qui se reconnaît dans cette religion, car il est né dans cette culture, qu’il fait siennes les valeurs évangéliques, alors que son rapport à Dieu ou à l’Eglise est plus que ténu ? Qu’est-ce que cela veut dire ? Moi, je n’en sais rien, je laisse cela à Dieu. Si on ne compte que ceux qui pratiquent, les catholiques sont incontestablement une minorité. Beaucoup sont investis sur des questions de solidarité, pas forcément avec l’étiquette « catholique », mais ils le sont quand même au nom de leur foi.

    Comment s’adresser à ces « catholiques culturels » ?

    S’ils se disent catholiques, c’est qu’il y a quelque chose, et il faut respecter ce quelque chose. Il ne faut pas éteindre la mèche qui brûle encore un peu. Parfois, à la fin de la messe, des gens venaient me voir pour me demander une bénédiction car l’un de leurs proches était malade ou leur conjoint les avait quittés… Pour répondre à cette souffrance, j’ai organisé à la cathédrale de Nanterre une grande prière de guérison et de délivrance. C’était plein ! Il y avait tous les milieux sociaux. Sommes-nous à l’écoute des attentes des gens, de leurs souffrances ? Plutôt que de leur proposer un produit fini, il faut être à l’écoute de leur soif, qui est aussi spirituelle.

    La « guerre des laïcités » traduit-elle selon vous un rejet du religieux en général ou une méfiance envers l’islam ?

    Mes deux grands-pères étaient anticléricaux jusqu’au bout des ongles, je connais donc un peu le système. Deux formes de laïcité sont aujourd’hui défendues. Celle de Jean-Louis Bianco [président de l’Observatoire de la laïcité] et d’Emmanuel Macron, qui doit permettre à chacun de pratiquer sa religion. L’autre, c’est celle d’une religion assignée à la sphère privée, qui ne doit apparaître nulle part.

    La société française est divisée. La question de l’islam fait peur, à cause des attentats et de certains discours qui affirment que la France va devenir une terre d’islam – on retrouve la question de l’insécurité culturelle. Mais nous avons vécu dans le passé d’autres insécurités culturelles ! Sainte Geneviève, patronne de Paris, vivait à l’époque d’Attila et de Childéric, roi des Francs. Les Germains et les Francs qui arrivaient n’étaient pas du tout dans la culture gallo-romaine ni dans la culture chrétienne. C’était une transition colossale. L’Eglise, alors, a privilégié la culture évangélique, quitte à sacrifier la culture romaine. Cette période, bien pire que la nôtre, a aussi fait ce que nous sommes.

    Le gouvernement veut étoffer l’enseignement du fait religieux à l’école. Quel rôle pouvez-vous avoir ?

    Il est dans le rôle de l’Etat de contrôler ce que nous pouvons faire, et notamment s’il fait appel à des religieux. Il y a le fait religieux sous l’angle historique. C’est souvent par là que l’on passe. Mais je pense qu’il faudrait aller plus loin, jusqu’à l’espace théologique. Dans le RER, des musulmans m’interrogent en tant que prêtre. A la fin, ils me disent : « Merci d’avoir parlé de Dieu. » Les musulmans qui mettent leurs enfants dans une école catholique le font parce que, là, on peut « parler de Dieu ».

    Il faut aller plus loin que le fait historique. Qu’est-ce que la transcendance ? Pourquoi l’homme prie ? Ne peut-on pas parler de Dieu ? C’est le tabou, Dieu, aujourd’hui ! Ce n’est plus le sexe, c’est Dieu. On n’a pas le droit de parler de Dieu, sinon on gêne. • Cécile Chambraud

    « Ce qui se joue, c’est la question d’une société humaine »

    Comment l’Eglise catholique abordera-t-elle les Etats généraux de la bioéthique, qui s’ouvrent le 18 janvier ?

    Notre contribution doit toucher les intelligences et les cœurs. Ce qui se joue, c’est la question d’une société humaine. Le progrès technique, c’est très bien, mais c’est l’éthique qui nous dit ce qui est juste dans l’utilisation de ce progrès technique. Les questions les plus importantes porteront sur l’intelligence artificielle et la robotisation. Qu’est-ce qui distingue une intelligence artificielle d’une intelligence humaine ? Qu’est-ce qui fait que nous sommes humains ? C’est là-dessus que doit porter la réflexion. Ce qui distingue l’humain, c’est la capacité à intégrer la fragilité. C’est que nous sommes solidaires des plus faibles. Le code d’Hammourabi, la première loi écrite que nous connaissions [datant du XVIIIe siècle av. J.C], l’a été « pour que le fort n’opprime pas le faible ». Cela veut dire : sortir de la loi de la jungle, tout simplement. C’est là où s’introduit l’humanité.

    Un sondage publié par « La Croix » le 3 janvier montre l’acceptation croissante de la procréation médicalement assistée (PMA), de la gestation pour autrui (GPA) ou encore du suicide assisté, y compris par les catholiques. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

    Ce n’est pas parce qu’une majorité pense quelque chose que cette chose est juste. « Tu ne suivras pas une majorité qui veut le mal », est-il écrit dans le livre de l’Exode. Ce sondage est un constat, il n’est pas rassurant. Le pape parle d’une civilisation du déchet. C’est vrai. On peut même parler de la société des encombrants ! Ceux qui nous encombrent, on les jette. Des amis belges m’ont dit que leurs parents avaient intégré le fait que, s’ils n’allaient pas bien, ils devaient disparaître. Ils trouvent normal qu’on les euthanasie. C’est quand même effrayant ! On élimine les personnes handicapées avant qu’elles naissent. Qu’est-ce que cela veut dire ? J’ai soigné des personnes handicapées pendant onze ans. Elles m’ont bien plus appris que tous mes autres patients. Qu’au-delà des apparences, il y a une humanité formidable. Avec eux, on ne peut ni tricher ni porter un masque. La mentalité change, effectivement, mais il y a un véritable enjeu. Il faut se poser, avoir une réflexion de fond sur tous ces sujets. • propos recueillis par Cé. C.

    Source : paris.catholique.fr

  • Grand-Duché : mobilisation contre la suppression des fabriques d'églises

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    Du site RTL 5' :

    Le Syfel ne renonce pas et annonce des recours juridiques

    Les discussions autour des fabriques d'église ont souvent été animées et elles risquent de se poursuivre devant les tribunaux.

    La semaine dernière, le projet de loi qui finalise la séparation de l'Eglise et de l'Etat et qui prévoit notamment la fin des fabriques d'église, a été adopté par les députés. Les fabriques d'église sont donc appelées à disparaître dès avril. Mais le Syfel ne renonce pas : le syndicat des fabriques d'église vient encore de publier un communiqué. 

    Selon le Syfel, les débats à la Chambre ont montré à quel point les différents partis politiques du pays se distanciaient en ce qui concerne l'interprétation du projet de loi. Le syndicat s'étonne aussi de ce que signifient les portes ouvertes dans les paroisses telles qu'annoncées par l'Evêché, car "tels que se présentent maintenant le statut provisoire et le règlement interne du fonds, les portes seraient plutôt fermées en matière de démocratie de base et de droit de regard". 

    Il ne serait pas légitime que la loi entre en vigueur dès avril, en vertu de la manière dont l'affaire a été menée car, jusqu'au dernier jour, la majorité politique au Parlement, s'est refusée obstinément à rechercher une solution correcte, selon le Syfel. Il revient à présent aux juges de trancher, précise le syndicat qui veut entamer toutes les démarches juridiques nécessaires.

    De son côté, l'archevêché s'exprime publiquement sur le sujet (source) :

    Fabriques d’église : l’archevêché brise le silence

    Le vicaire général, Leo Wagener, a analysé les tenants et les aboutissants de la transition découlant de l'abolition des fabriques d'église.

    L’abolition des fabriques d’église, votée mercredi à la Chambre, marque la fin d’une ère. Le vicaire général, Leo Wagener, a fait le point, vendredi, sur les conséquences en découlant.

    Révolution de velours ou révolution tout court ? La deuxième option apparaît comme la plus plausible, vu le visage fermé et le ton grave employé par le vicaire général, Leo Wagener. L’abolition des fabriques d’église, entérinée deux jours auparavant au Parlement, a inévitablement laissé des séquelles pour l’éternité.

    Cela étant, bien qu’on assiste à un changement de paradigme, le vicaire général semble avoir pardonné aux instigateurs du processus de séparation entre État et Église. « Les portes du Fonds de gestion des édifices religieux et autres biens relevant du culte catholique restent grandes ouvertes », a en effet déclaré Leo Wagener en préambule de son point presse.

    Appel aux bénévoles

    Soit une manière de témoigner – en façade du moins – du fait que la transition est relativement bien «digérée». Car oui, la vie (catholique) continue.

    Dans ce contexte, l’archevêché de Luxembourg a mis en lumière l’importance du volontariat et appelé les bénévoles à se manifester, car « ils seront plus que jamais indispensables à l’avenir », dixit Leo Wagener, qui estime également que leurs responsabilités respectives n’en seront que plus grandes au cours de la phase transitoire qui aboutira à l’entrée en service effective du fonds précité, en 2019. Concrètement, le vicaire général a rappelé que les 33 paroisses du pays seront à l’avenir chacune gérées par un conseil de gestion, dans lesquels siégeront au minimum sept personnes.

    Ligne identique au Vatican

    Ces instances seront chargées de voter un budget, mais seront également amenées à conclure des transactions immobilières et à organiser des collectes de fonds. Cela étant, Leo Wagener a tenu à souligner qu’il était « exclu que le moindre euro du fonds nouvellement créé soit reversé dans les caisses de l’archevêché ». Une distinction radicale avec la nouvelle structure administrative sera donc de rigueur dans le cadre de cette décentralisation.

    Par ailleurs, au sujet du litige avec le Syndicat des fabriques d’église (Syfel), le vicaire général a joué la carte de la sagesse diplomatique en indiquant simplement que la majorité des fabriques d’église (167 sur 285) n’ont pas intenté d’action en justice. « Cela ne rend pas le contentieux moins pénible, mais il faut le souligner. De même qu’il faut préciser que la nonciature apostolique pour la Belgique et le Luxembourg et le Saint-Siège ont été informés des moindres détails du dossier et se sont positionnés en faveur de l’archevêché de Luxembourg », a tenu à faire savoir Leo Wagener.

    Concernant le traitement des salariés des fabriques d’église abolies, le vicaire général a rappelé qu’ils seront intégralement pris en charge par le Fonds de gestion des édifices religieux et autres biens relevant du culte catholique. Au niveau de la gestion de ce même fonds, il a été indiqué que son conseil d’administration se mettrait progressivement en place.

    Claude Damiani

  • La béatification d'un Italien martyrisé sous le nazisme

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    De Maria Droujnina sur zenit.org :

    Italie: béatification du martyr du nazisme Teresio Olivelli

    Une célébration présidée par le card. Amato

    La célébration sera présidée par le cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour les causes des Saints, et concélébrée par l’évêque de Vigevano, Mgr Maurizio Gervasoni.

    Teresio Olivelli est né le 7 janvier 1916 à Bellagio (Côme, Italie). Très jeune, il participe déjà à la vie ecclésiale et caritative, et à l’âge de 18 ans, il s’inscrit à l’Action catholique italienne.

    De 1934 à 1938, il fréquente le collège universitaire « Ghislieri » de Pavie, en Lombardie, où il obtient son diplôme en droit. Au cours des années universitaires, il se fait connaître pour sa foi et pour sa charité, en particulier envers les pauvres.

    En 1939, il est nommé professeur adjoint de la chaire de droit administratif à l’Université de Turin. Le 22 mai 1940, il est appelé à Rome à l’Institut national de la culture.

    Au début de la guerre, sa pensée s’adresse toujours aux laissés-pour-compte et aux humbles. Parmi ceux-ci, il y a les soldats engagés dans la campagne de Russie où l’Italie subit des pertes substantielles. Nommé officier des troupes alpines, Teresio demande à se porter volontaire pour la guerre en Russie de façon à rester avec les jeunes soldats et partager leur sort.

    Il revient sain et sauf en Italie au printemps de 1943 et il se consacre à l’éducation des jeunes en tant que recteur du Collège Ghisleri.

    Teresio se range aux côtés de la Résistance catholique avec ceux qui rêvent de liberté et de paix et il fonde à Milan le journal clandestin Il Ribelle (Le rebelle). Son témoignage est clair : il ne se laisse jamais contaminer par l’idéologie, mais cherche continuellement à évangéliser, en mettant à la première place les valeurs chrétiennes et morales.

    Arrêté à Milan le 27 avril 1944, il est conduit d’abord à Flossenburg et puis à Hersabruck, en Allemagne.

    Dans le camp, il accompagne le départ des mourants par la prière et il défend les plus faibles. Sa foi chrétienne, qui s’exprime dans une vie spirituelle intense, dans des attitudes religieuses et des gestes de solidarité, est la principale raison de l’exacerbation des mauvais traitements à son égard.

    Il meurt à 29 ans, le 17 janvier 1945, des suites des coups mortels reçus d’un kapo pour avoir cherché à servir de bouclier par son corps à un jeune prisonnier ukrainien qui était brutalement tabassé.

    Son procès de béatification a été ouvert en 1988 et un décret reconnaissant son martyre a été publié le 17 juin 2017.

  • saint François de Sales (24 janvier)

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    Saint_francois_de_sales.jpgLors de l'audience générale du mercredi 2 mars 2011, Benoît XVI évoquait la figure de François de Sales que l'on fête aujourd'hui :

    Chers frères et sœurs,

    «Dieu est le Dieu du cœur humain» (Traité de l’Amour de Dieu, I, XV): dans ces paroles apparemment simples, nous percevons l’empreinte de la spiritualité d’un grand maître, dont je voudrais vous parler aujourd’hui, saint François de Sale, évêque et docteur de l’Eglise. Né en 1567 dans une région frontalière de France, il était le fils du Seigneur de Boisy, antique et noble famille de Savoie. Ayant vécu à cheval entre deux siècles, le XVIe et le XVIIe, il rassemblait en lui le meilleur des enseignements et des conquêtes culturelles du siècle qui s’achevait, réconciliant l’héritage de l’humanisme et la tension vers l’absolu propre aux courants mystiques. Sa formation fut très complète; à Paris, il suivit ses études supérieures, se consacrant également à la théologie, et à l’Université de Padoue celles de droit, suivant le désir de son père, qu’il conclut brillamment par une maîtrise in utroque iure, droit canonique et droit civil. Dans sa jeunesse équilibrée, réfléchissant sur la pensée de saint Augustin et de saint Thomas d’Aquin, il traversa une crise profonde qui le conduisit à s’interroger sur son salut éternel et sur la prédestination de Dieu à son égard, vivant avec souffrance comme un véritable drame spirituel les questions théologiques de son époque. Il priait intensément, mais le doute le tourmenta si fort que pendant plusieurs semaines, il ne réussit presque plus à manger et à dormir. Au comble de l’épreuve, il se rendit dans l’église des dominicains à Paris, ouvrit son cœur et pria ainsi: «Quoi qu’il advienne, Seigneur, toi qui détiens tout entre tes mains, et dont les voies sont justice et vérité; quoi que tu aies établi à mon égard...; toi qui es toujours un juge équitable et un Père miséricordieux, je t’aimerai Seigneur (...) je j’aimerai ici, ô mon Dieu, et j’espérerai toujours en ta miséricorde, et je répéterai toujours tes louanges... O Seigneur Jésus, tu seras toujours mon espérance et mon salut dans la terre des vivants» (I Proc. Canon., vol. I, art. 4). François, âgé de vingt ans, trouva la paix dans la réalité radicale et libératrice de l’amour de Dieu: l’aimer sans rien attendre en retour et placer sa confiance dans l’amour divin; ne plus demander ce que Dieu fera de moi: moi je l’aime simplement, indépendamment de ce qu’il me donne ou pas. Ainsi, il trouva la paix, et la question de la prédestination — sur laquelle on débattait à cette époque — s’en trouva résolue, car il ne cherchait pas plus que ce qu’il pouvait avoir de Dieu; il l’aimait simplement, il s’abandonnait à sa bonté. Et cela sera le secret de sa vie, qui transparaîtra dans son œuvre principale: le Traité de l’amour de Dieu.

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  • La longue marche de l'Eglise vers une entente entre la Chine et le Vatican

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    Alors qu'un renforcement du contrôle des Eglises est à l'ordre du jour en Chine, le site des Missions Etrangères de Paris propose un éclairage approfondi de la question :

    POUR APPROFONDIR - La longue marche de l’Eglise vers une entente Chine-Vatican (1/3)

    CHINE 22/01/2018

    « Prions pour que les chrétiens, ainsi que les autres minorités religieuses, puissent vivre leur foi en toute liberté dans les pays asiatiques » : telle est l'intention de prière du pape François pour le mois de janvier . A cette occasion, le P. Jean Charbonnier, prêtre des Missions Etrangères de Paris (MEP) et spécialiste du christianisme chinois, revient sur la longue histoire sino-vaticane.

     

    POUR APPROFONDIR - La longue marche de l’Eglise vers une entente Chine-Vatican (2/3)

    CHINE 24/01/2018

    « Prions pour que les chrétiens, ainsi que les autres minorités religieuses, puissent vivre leur foi en toute liberté dans les pays asiatiques » : telle est l'intention de prière du pape François pour le mois de janvier . A cette occasion, le P. Jean Charbonnier, prêtre des Missions Etrangères de Paris (MEP) et spécialiste du christianisme chinois, revient sur la longue histoire sino-vaticane. En voici la deuxième partie.

    POUR APPROFONDIR - La longue marche de l’Eglise vers une entente Chine-Vatican (3/3)

    « Prions pour que les chrétiens, ainsi que les autres minorités religieuses, puissent vivre leur foi en toute liberté dans les pays asiatiques » : telle est l'intention de prière du pape François p...

  • La popularité du pape écornée pour la première fois...

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    De Jean-Marie Guénois sur le site du Figaro :

    Au Chili, la popularité du Pape a été écornée pour la première fois

    La plupart des espaces de messes en plein air, où l'on attendait une déferlante des compatriotes du Pape ont été au mieux remplis aux deux tiers, parfois moins.

    Vus du Vatican, les voyages du Pape sont des entreprises missionnaires mais aussi des baromètres. Et, jusque-là, le pape François avait fait une sorte de carton plein. Il engrangeait à chaque descente d'avion - 22 voyages internationaux, 33 pays visités - des louanges et une popularité sans faille.

    Cette ferveur clouait sur place ses opposants - qui lui reprochent d'être trop progressiste - car, depuis les meilleures années de Jean-Paul II, c'est-à-dire depuis vingt ans, jamais l'image de l'Église catholique ne s'était aussi bien portée. ...

    La suite peut être lue ICI

  • Des milliers de participants ont marché pour la Vie, hier, à Paris

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    De Corinne Laurent sur le site du quotidien La Croix; la journaliste évoque 2000 participants alors que la Préfecture les évalue à 8500 et les organisateurs à 40.000 ! La presse "politiquement et culturellement correcte" parle d'un millier (vous avez dit "désinformation"?).

    Une Marche pour la vie sur fond de débats bioéthiques

    La 12e édition de la Marche pour la vie s’est déroulée hier à Paris, pour réclamer l’interdiction de l’euthanasie et une révision de la législation sur la procréation médicalement assistée.

    Malgré la pluie et le froid, les manifestants arrivent par petites grappes, en famille le plus souvent. Ils se serrent sous des parapluies, arborant les affiches colorées, bleu, rose, orange, du collectif En marche pour la vie, qui réunit la Fondation Jérôme-Lejeune, Renaissance catholique, Choisir la vie, les Éveilleurs d’espérance et les Survivants. De la porte Dauphine au Trocadéro, à Paris, hier, environ 2 000 personnes ont ainsi défilé contre l’avortement, l’euthanasie et l’élargissement de la procréation médicalement assistée (PMA).

    Les organisateurs ont demandé à quelques témoins d’évoquer leur expérience pour tenter de sensibiliser l’opinion à leur combat. Ainsi, Madeleine, 35 ans, infirmière, n’a pas procédé elle-même à une interruption volontaire de grossesse (IVG) mais elle se veut la porte-parole de ses collègues. « Il faut libérer la parole, estime-t-elle, il faut dire que cela ne fait pas souffrir que les mamans mais aussi le personnel médical. Ce ne sont que des histoires tristes, on en fait des cauchemars. »

    Après avoir défilé l’an dernier pour demander, en vain, le retrait de la proposition de loi sur l’extension du délit d’entrave à l’IVG, la Marche pour la vie veut profiter cette année du lancement des états généraux de la bioéthique pour faire entendre ses inquiétudes s’agissant d’une éventuelle extension de la PMA aux couples de femmes et aux célibataires.

    « La PMA va être au cœur de 2018 », relève Victoire de Gubernatis, porte-parole de la Marche pour la vie, soulignant qu’elle pose plusieurs « problèmes éthiques », comme « la production des embryons surnuméraires » ou « la question de la sélection embryonnaire ». Le collectif réclame une révision de la législation actuelle. Parmi les manifestants, Henri et Isabelle, un couple venu de Mayenne, s’inquiètent des projets du président de la République Emmanuel Macron. « Il semble favorable à l’extension de la PMA, et la PMA conduira forcément à la gestation pour autrui et à toutes les dérives »,affirment-ils ensemble. « Sur l’euthanasie, avec la loi Leonetti, on est sur la tangente, cela suffit », ajoute Henri, alors que, sur les affiches du cortège, il est écrit « sédation définitive = euthanasie active ».

    Venue de Belgique où l’euthanasie est légale depuis une quinzaine d’années, Lisa acquiesce : « Dans mon pays, on voit le résultat : le système est en place, ça commence à déraper et maintenant c’est trop tard. » « On ne peut pas être chrétien et ne pas être là », approuve Marie-Noëlle, venue d’Angers avec deux de ses jeunes garçons.

    Les responsables de la Marche pour la vie espèrent changer leur image. « Il faut arrêter les caricatures. On nous présente comme des obscurantistes, des intégristes, des militants extrémistes et violents, alors que nous sommes des témoins pacifiques », assure Nicolas Sevillia, délégué général de la Marche. Hier, le député européen et ancien président de la Diète polonaise, Marek Jurek, est venu leur apporter son soutien. Alors que les ultraconservateurs souhaitent limiter encore les possibilités de recourir à l’IVG en Pologne, il a souhaité que « les peuples d’Europe résistent partout à la contre-culture de la mort ».