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Actualité - Page 5

  • Les chrétiens sont invités à porter la lumière du Christ dans le monde

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    De Radio Vatican :

    Audience générale: Porter la lumière du Christ dans le monde

    «Que veut dire être chrétien ? C’est regarder la lumière, continuer à professer la foi en la lumière, même quand le monde est enveloppé par la nuit et les ténèbres». Ces paroles, François les illustre en rappelant les rites antiques du baptême, quand les catéchumènes, regardant vers l’occident, renonçaient à Satan ; avant de se tourner vers l’abside, en direction de l’Orient où le soleil se lève, pour professer leur foi en la trinité.

    Par la grâce du baptême, les chrétiens «ne croient pas en l’obscurité, mais en la clarté du jour; ne succombent pas à la nuit, mais espèrent en l’aurore; ne sont pas défaits par la mort, mais aspirent à ressusciter».

    «La vie de l’Église est contagion de lumière»

    «Nous sommes ceux qui croient que Dieu est père (…), que Jésus est descendu parmi nous (…), que l’Esprit Saint œuvre sans arrêt pour le bien de l’humanité et du monde»: «voilà la lumière», répète le Pape, «voilà l’espérance qui nous réveille chaque matin !»

    Cette lumière est appelée à se propager, comme le cierge pascal le jour de Pâques mais aussi à chaque baptême, lorsqu’on y allume la bougie remise aux parents ou au catéchumène. «La vie de l’Église est contagion de lumière», souligne le Pape, avant de se demander si l’histoire retiendra de nous «que nous avons été capable d’espérance, ou que nous avons mis notre lumière sous le boisseau.»

    Pour toujours se souvenir de transmettre cette lumière d’espérance, le Saint-Père donne un conseil: trouver et «se rappeler la date de notre baptême!»

    (RV) Après la pause estivale du mois de juillet, le Pape François a repris ce matin les audiences générales. Devant près de 7.000 pèlerins réunis en salle Paul VI dans un climat festif, le Saint-Père a poursuivi son cycle de catéchèses sur l’espérance chrétienne. Revenant sur le rite du baptême, il a exhorté les fidèles à porter la lumière du Christ dans le monde.

  • Karl Rahner, le théologien qui a enseigné comment se rendre au monde

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    De Jeanne Smits sur le site "Réinformation TV" :

    Karl Rahner, le théologien qui a signé la capitulation face au monde 

    On n’en finit pas de mesurer les effets de la théologie erronée de Karl Rahner. L’observatoire international sur la doctrine sociale de l’Eglise « Cardinale Van Thuân » a publié au début de juillet une chronique hispanophone du dernier livre de Stefano Fontana, La nuova Chiesa di Karl Rahner (« La nouvelle Eglise de Karl Rahner, le théologien qui a enseigné comment se rendre au monde »). Ce texte sur la capitulation face à la mondanité vient heureusement compléter des articles similaires comme celui traduit depuis l’italien en avril dernier par le site benoit-et-moi et montrant comment le théologien jésuite a profondément influencé les récents synodes sur la famille.

    Le nouvel article, signé Silvio Brachetta, éclaire de manière particulièrement intéressante le véritable renversement qu’a opéré la théologie de ce penseur allemand, en partant du constat déjà fait en 1980 par le cardinal Giuseppe Siri dans Getsemani : l’évêque de Gênes y montrait comment Rahner a inventé « le concept du surnaturel non gratuit » qui se trouve à la racine de ses erreurs théologiques.

    Le monde selon Karl Rahner

    Brachetta résume : pour Rahner, le surnaturel est « nécessairement » lié à la nature humaine, mais si cela était vrai la grâce ne serait plus gratuite, ne serait pas un don, et ne pourrait être acceptée ou rejetée librement par l’homme. La gratuité obligatoire en quelque sorte. A partir de là la foi devient inutile dès lors que Dieu fait déjà partie de l’homme que celui-ci le veuille ou non, notait le cardinal Siri.

    Le livre de Fontana cherche à montrer que cette idée s’est répandue bien au-delà de l’esprit du théologien hétérodoxe, contaminant une grande partie de la théologie de ces 60 dernières années. « Il semble avoir gagné », souligne Fontana, rappelant qu’à l’université pontificale du Latran, peu après la clôture du concile Vatican II, une enquête auprès des séminaristes y faisant leurs études révélait que la majorité d’entre eux tenait Rahner pour le plus grand théologien catholique de tous les temps, loin devant saint Thomas d’Aquin et saint Augustin.

    Le présupposé central de la philosophie de la théologie de Rahner se résume à une méthode assumée sous le nom du « transcendantal moderne » : dans la modernité, on ne conçoit plus une relation directe avec la réalité à connaître, mais on estime que l’homme voit le monde travers des lentilles dont il ne peut se libérer. C’est une vision qui modifie ou limite l’objet de la connaissance rendant impossible toute certitude, toute conclusion à son sujet, qu’il s’agisse d’une chose matérielle ou de Dieu lui-même.

    Karl Rahner, le théologien du « trou de la serrure »

    Dans cette optique, chaque théologien regarde par son propre « trou de la serrure ». Pour Fontana, celui de Rahner se résumerait ainsi : « Dieu se révèle dans l’obscurité qui précède et entoure le trou de la serrure » – et encore, de manière « athématique », privée de contenu. Ce qui devient intéressant dès lors, c’est ce qui se trouve au-delà du trou de la serrure : le monde de l’expérience et des paroles humaines, dont la relation avec la vérité ne peut qu’être équivoque, faite de doutes et d’incertitudes, puisque des critères de jugement se trouvent en-deçà de la serrure, là où je me trouve et là où se trouve Dieu mais où règnent le silence et l’obscurité. Ce qui aboutit à un subjectivisme total.

    La gnoséologie de Rahner rappelle celle de Kant mais plus encore celle d’Heidegger pour qui l’homme s’interrogeant sur l’être se trouve à l’intérieur du problème et ne peut pas avoir une connaissance d’un objet qui ne soit pas en même temps une connaissance subjective. « Il s’agit d’une reddition inconditionnelle face à l’opinion, au point de vue personnel. Si en outre, le sujet est défectueux, il va également rendre défectueux l’objet, le monde, Dieu, mon expérience dans le monde, la vérité du monde et celle de Dieu », observe Silvio Brachetta.

    Cette théologie n’a rien à voir avec la connaissance imparfaite que les philosophies classiques ont bien perçue et identifiée, sans jamais tomber dans l’erreur de penser que l’homme ne pouvait pas atteindre la vérité. Le classique situe le critère du jugement sur le monde bien au-delà du cosmos et accepte l’aide d’un Dieu qui se révèle et qui parle, dépassant les limites de la phénoménologie.

    Capitulation face au monde puisque le temps est supérieur à la vérité !

    Avec Rahner, c’est au fond la métaphysique qui disparaît, et avec elle tous les contenus liés au concept de nature, d’essence et de substance. Au bout du compte, vient l’impossibilité de concevoir une nature humaine et chez Rahner comme chez Heidegger avant lui, cet existentialisme mène à dire que « l’homme n’a pas de nature dans la mesure où il est un être historique ». Dans cette logique, l’être se fluidifie et se transforme sans cesse dans le temps et dans l’histoire, ce qui rend évidemment inopérante la loi naturelle et impossible tout discours en relation avec le surnaturel. Et ce aussi bien pour l’histoire sacrée que pour l’histoire profane.

    Partant de ce point de vue, Rahner a suivi les suggestions de la théologie protestante du XXe siècle en vue de la « déshellénisation » du christianisme afin de le purger des catégories de la philosophie grecque. On évacue la doctrine qui permet de discerner le temps présent, c’est la praxis qui se voit attribuer le primat absolu et toute conclusion de la pensée se devrait de suivre le devenir historique. Doctrine, dogme, enseignement : tout est dès lors absorbé par l’historicisme, tout est en relation avec les époques et coutumes ; et d’ailleurs tout peut être remis en question et évoluer, y compris la Révélation. Celle-ci se réalise dans l’immanence de l’histoire et elle ne doit jamais être tenue pour achevée, voilà le sens de la théologie de Rahner dégagé par Fontana.

    Le théologien Karl Rahner fait suite à Kant, Heidegger, Hegel

    Ce faisant, à la suite du protestantisme, cette théologie prive la foi des catégories rationnelles et s’oppose – à la manière d’une antithèse – à la raison. Et chaque homme, où qu’il se trouve, se situe à égale distance de la Révélation et de la vérité. Dans ce contexte, l’Eglise enseignante et l’évangélisation deviennent inutiles – et les hommes sont tous chrétiens, qu’ils le sachent ou non. A partir de là, il n’y a plus lieu de gouverner d’enseigner ou de sanctifier qui que ce soit, mais de se mettre à l’écoute du non-croyant et de l’accueillir.

    Voilà le fond réel des priorités que beaucoup d’évêques fixent à l’action pastorale, observe Brachetta, ce qui va de pair avec la dévaluation du thomisme et la promotion du dialogue à n’importe quel prix – sans compter la recherche du consensus, de préférence en utilisant le langage du monde.

    On ne sera pas surpris par le rappel du fait que le cardinal Kasper, qui joua un rôle tellement proéminent lors des synodes sur la famille, est de formation totalement rahnerienne, épousant son rejet maçonnique du dogme selon l’acception traditionnelle du mot. Kasper pense qu’il faut « considérer le dogme comme intermédiaire entre la parole de Dieu et la situation de vie de la communauté chrétienne ». De vérité définitive, le dogme devient dès lors « une simple expression linguistique qui doit se plier face à la situation réelle de la personne et des perceptions historiques modifiées ».

    Et c’est bien ainsi que le modernisme nous vend aujourd’hui l’idée d’une vérité qui ne cesse de changer et d’exigences qui varient selon les circonstances et les temps : on peut s’étonner avec Brachetta et Fontana de ce que Rahner n’ait jamais été condamné – il était expert au Concile à la demande de Jean XXIII. La crise que nous vivons aujourd’hui a des racines profondes.

  • Scalfari /Pera : deux monstres sacrés face au pape François

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    Sur le site de « Monde et Vie » le 22 juillet :

     « Début juillet s’est tenue la dernière réunion du G20 et à cette occasion’ La Repubblica’ a publié un entretien avec le pape François par l’inénarrable Eugenio Scalfari. Eugenio Scalfari, âgé de 93 ans est une figure du journalisme italien. Fondateur de La Repubblica. revendiquant son athéisme, il fut de tous les combats de la gauche italienne depuis la Seconde Guerre mondiale. En 2013 ses interviews-fleuve du pape François dans lesquelles celui-ci exprimait des positions souvent aventurées sur Dieu, le Bien et le Mal, ont fait grand bruit et provoqué un certain embarras de la part du Saint-Siège : présentées sur le site du Vatican, elles en ont été retirées précipitamment quand Scalfari lui-même confessa sa pratique d’un journalisme “artistique” et sa retranscription « de mémoire » de ses entretiens avec le pape, sans notes ni magnétophone. Il avait alors 89 ans. Entretiens néanmoins publiés par la Librairie Éditrice Vaticane. Cette amitié « presque parfaite et insolite » entre le chef de l’Église et un non croyant est née ainsi : « le pape sait naturellement que je ne suis pas croyant, mais il sait aussi que j’apprécie énormément la prédication de Jésus de Nazareth que je considère comme un homme et non un Dieu. Le pape du reste sait que Jésus s’est incarné réellement, est devenu homme jusqu’à ce qu’il soit crucifié. La “Resurrectio” est en effet la preuve qu’un Dieu devenu homme redevient Dieu seulement après sa mort. Ces choses, nous nous les sommes dites de nombreuses fois ». Fasciste puis de gauche. On remarquera la ligne théologique horizontale à laquelle Scalfari associe (nolens volens ?) le pape. Tout l’entretien est de la même eau, le pape demandant à Scalfari pourquoi il devrait lever l’excommunication de Spinoza, ou canoniser Pascal… On croit rêver enfin quand le pape sollicite les lumières du journaliste sur la déontologie dans les médias. Mais le clou de l’entretien, la vraie raison pour laquelle il a convoqué Scalfari au Vatican est sa vision géopolitique de la question migratoire « Je crains, explique François, des alliances assez dangereuses entre des puissances qui ont une vision déformée du monde : Amérique et Russie, Chine et Corée du Nord, Poutine et Assad dans la guerre en Syrie. (…) Le danger concerne l’immigration. Notre problème principal (…) est celui des pauvres, des faibles, des exclus dont les immigrés font partie. (…) Certains pays qui ont peu de pauvres craignent l’invasion des migrants. Voilà pourquoi le G20 m’inquiète : il touche surtout les pays du tiers-monde. (…). Les peuples pauvres sont attirés par les continents et les pays d’ancienne richesse. Le colonialisme partit d’Europe. Il y eut des aspects positifs dans le colonialisme, mais aussi négatifs. En tout état de cause, l’Europe devint plus riche et sera donc l’objectif premier des peuples migrants. » Et le pape de conclure : « Les pays (occidentaux) redeviendront actifs s’ils acceptent une vérité : ou bien l’Europe devient une communauté fédérale, ou elle ne comptera plus pour rien dans le monde ». Et Scalfari de donner au final sa vision de l’entretien : « j’ai souvent écrit que François est un révolutionnaire. Il pense à béatifier Pascal, il pense aux pauvres et aux immigrés, il appelle de ses vœux une Europe fédérale. Nous n’avons jamais eu un pape comme celui-ci ».

    Dès le lendemain paraissait dans le quotidien Il Mattino une réponse magistrale du philosophe et ancien président du Sénat Marcello Pera, ami de longue date du pape Benoit XVI.Du socialisme au catholicisme. Magistrale, car Marcello Pera est un homme politique et un philosophe italien d’envergure. Tandis que Scalfari flirtait avec le fascisme dans les années quarante, avant de se tourner résolument vers la gauche idéologiquement la plus radicale, l’évolution politique de Marcello Pera fut bien différente. Philosophe de renommée internationale, spécialiste de la philosophie des sciences, il évolua du socialisme au catholicisme libéral. Dans les années 2000 il commence à se rapprocher du christianisme, suivant l’injonction pascalienne de vivre comme si Dieu existait. De 2001 à 2006 il fut président du Sénat, et c’est à cette période qu’il se lie d’amitié avec le cardinal Ratzinger, avec lequel il publie en 2004 un ouvrage écrit à quatre mains : Sans racines. L’Europe, le relativisme, le christianisme, l’Islam. Sénateur de centre droit de 2006 à 2013, il poursuit ses travaux apologétiques, alimentés par son activité politique. Il publie en 2008 Pourquoi nous devons nous dire chrétiens, Le libéralisme, l’Europe et l’éthique, vivant plaidoyer en faveur des racines chrétiennes de l‘Europe. Prônant un catholicisme qui se vit dans toutes les sphères de la vie sociale, il pointe les dangers d’une Europe sans mémoire, d’une société où les droits et désirs individuels deviennent la mesure de l’action politique. C’est dire si ce face-à face entre deux monstres sacrés de la vie intellectuelle italienne, à propos de la question migratoire, est crucial.Dans l’entretien d’Il Mattino, les critiques de Marcello Pera envers les prises de position politiques du pape François sont extrêmement dures. Fustigeant ses appels répétés à l’accueil inconditionnel et massif par l’Europe des immigrés, « au-delà de toute compréhension rationnelle », il demande : « quel est l’objectif de tout cela ? (…) Le pape fait cela parce qu’il déteste l’Occident, il aspire à le détruire, comme il veut détruire la tradition chrétienne, le christianisme tel qu’il s’est réalisé dans l’histoire ». Et de poursuivre : « il n’y a pas non plus de justifications évangéliques qui justifieraient ce que dit le pape. C’est un pape qui fait seulement de la politique (…). Il a une vision sud-américaine d’un justicialisme péroniste qui n’a rien à voir avec la tradition occidentale des libertés politiques ni avec sa matrice chrétienne ». Évoquant l’absolue nouveauté de ce pontificat – « Bergoglio n’est intéressé en rien par le christianisme en tant que doctrine, par l’aspect théologique » – il affirme que le pape « n’est pas préoccupé par le salut des âmes mais seulement par la sécurité et le bien-être social », provoquant une crise politique et religieuse de plus en plus incontrôlable, aux conséquences majeures. Le pape « suggère à nos Etats de se suicider, il demande à l’Europe de ne plus être elle-même ». Après cette critique politique vient le diagnostic religieux : « Un schisme caché est présent dans le monde catholique, produit avec obstination et détermination par Bergoglio, et de la part de ses collaborateurs, avec malveillance ». Le 8 juillet, le pape twittait : « Les migrants sont nos frères et sœurs qui cherchent une vie meilleure loin de la pauvreté, de la faim et de la guerre », et le 11 « L’Europe a un patrimoine idéal et spirituel unique au monde qui mérite d’être reproposé avec passion et une fraicheur renouvelée ». Que doit-on comprendre ? Que les immigrés clandestins vont faire vivre l’Europe avec une fraicheur renouvelée ? Ou que l’Europe, si elle veut revivre, doit régler les flux migratoires à ses frontières, comme le Catéchisme catholique en reconnaît le droit et le devoir à tout pays souverain ?    

    Marie d’Armagnac »

    Ref. deux monstres sacrés face au pape François

    Et si la papauté reprenait un peu de hauteur ?

    JPSC

     

  • Nouvelles périphéries pour le pape François

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    Le pape François aime les périphéries : fin novembre, il visitera la Birmanie (6% de catholiques) puis le Bangladesh (0,24% de catholiques) où il a créé un cardinal et une délégation du Vatican se rendra  fin août dans ces deux pays pour préparer son voyage.  Mais le pape sera aussi de retour  en Amérique du Sud: en Colombie (septembre), au Chili et au Pérou (janvier). Lu sur le site du journal « La Croix » :

    « Le voyage du pape François en Birmanie et au Bangladesh se prépare activement, a affirmé le cardinal Patrick D’Rozario, l’archevêque de Dacca, la capitale du Bangladesh, au site spécialisé Crux.

    Le cardinal bangladais a notamment affirmé qu’une délégation du Vatican se rendrait dans son pays la troisième semaine d’août pour préparer le voyage du pape et en arrêter les dates définitives. Les équipes d’organisation sont à pied d’œuvre depuis mai, a-t-il également précisé

    Premier pape en Birmanie

    Ces informations de Crux confirment ce qu’avançait l’agence argentine Telam jeudi 27 juillet. Le voyage devrait se tenir fin novembre, seule date encore libre dans son agenda public.

    François serait alors le deuxième pape à se rendre au Bangladesh, après Jean-Paul II en 1986. Quant à la Birmanie, aucun pape ne s’y est jamais rendu. De fait, si le pape avait exprimé à plusieurs reprises sa volonté de se rendre au Bangladesh, le voyage en Birmanie constitue une surprise.

    Aung San Suu Kyi

    Le 4 mai, le Saint-Siège et la Birmanie avaient annoncé l’établissement de relations diplomatiques entre leurs deux pays à l’occasion de la visite au Vatican de la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi.

    La petite Église catholique birmane représente 800 000 fidèles, soit 6,2 % de la population. Au cours des derniers mois, le pape François a également montré une attention soutenue pour les Rohingyas, musulmans persécutés par le pouvoir bouddhiste birman.

    Au Bangladesh, les catholiques sont ultra-minoritaires, puisqu’ils représentent 0,24 % de la population : 375 000 baptisés pour 159 millions d’habitants, selon les statistiques établies par le Saint-Siège en 2015. Le pays compte moins de 400 prêtres.

    > À lire aussi. Le Saint-Siège et la Birmanie établissent des relations diplomatiques

    Ces projets de voyages viennent compléter le programme de déplacements du pape. Il se rendra du 6 au 11 septembre en Colombie, puis du 15 au 21 janvier 2018 au Chili et au Pérou. Il est également probable qu’il participe à la rencontre mondiale des familles, organisées à Dublin entre le 22 et le 26 août 2018.

    Loup Besmond de Senneville ».

    Ref. Le pape en Birmanie et au Bangladesh fin novembre

    JPSC

  • Que faire pour réformer l’Eglise ? Se réformer soi-même

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    De Michel Janva sur le blog « Salon beige » :

    « Prions pour le pape, la curie et nos pasteurs. Lu sur Infocatho :

    ‘Nous allons bientôt fêter Notre-Dame de l’Assomption, figure de l’Eglise triomphante. Prions-la pour l’Eglise militante et tout spécialement pour nos pasteurs. Malheureusement, l’Épouse sans tache est trop souvent défigurée par les péchés de ses fils. Ainsi avons-nous appris avec effroi la nouvelle de ces orgies homosexuelles, où la drogue coulait à flot, à deux pas de Saint-Pierre de Rome ; ou encore les “ennuis” du Cardinal Pell.

    Mais, plus grave encore peut-être, la foi elle-même est parfois abandonnée par ceux-là mêmes qui ont reçu du Christ mandat de l’annoncer jusqu’aux extrémités de la terre.

    Mais, ces prières doivent aussi s’accompagner de notre propre réforme intellectuelle, morale et spirituelle. Mère Teresa répondait malicieusement  à un journaliste qui l’interrogeait sur ce qui n’allait pas dans l’Eglise : “Vous et moi.” Ce sont nos péchés qui défigurent l’Eglise qui, malgré tout, demeure sous les souillures l’Épouse immaculée du Verbe de Dieu.

    Nous vous proposons donc, amis lecteurs d’Infocatho, de vous inscrire ici, soit pour jeûner, au moins une fois avant le 15 août, soit pour réciter une dizaine de chapelet, pour l’Eglise, le Pape et nos pasteurs, et notre propre conversion.’

    Michel Janva »

    JPSC

  • Ils sont trois : les "mousquetaires" du pape François

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    De Sandro Magister*, cet article traduit sur le site Diakonos.be :

    Les trois mousquetaires du Pape François

    Autrefois, les partis communistes avaient leurs intellectuels organiques.  Mais c’est aussi le cas du Pape François. Ils se nomment Antonio Spadaro, Marcelo Figueroa et Víctor Manuel Fernández. 

    Le premier est italien et jésuite, c’est le directeur de « La Civiltà Cattolica ».  Les deux autres sont argentins et le second n’est même pas catholique mais pasteur presbytérien, et malgré cela, François l’a nommé à la tête de l’édition de Buenos Aires de « L’Osservatore Romano ». 

    Spadaro a transformé « La Civiltà Cattolica » en un organe de la Maison Sante-Marthe, c’est-à-dire du Pape.  Et avec Figueroa, il vient de signer dans le dernier numéro de la revue un article qui a fait l’effet d’une bombe aux Etats-Unis parce qu’il accuse les courants conservateurs, aussi bien catholiques que protestants, d’agir dans ce pays « avec une logique pas très différente de celle qui inspire le fondamentalisme islamique », rien moins qu’Oussama ben Laden ou le Califat. 

    Et qu’est-ce qui pousserait donc bien ces catholiques et protestants à faire cause commune tels de « nouveaux croisés » ?  Il s’agit « de thèmes comme l’avortement, le mariage entre personnes de même sexe, l’éducation religieuse dans les écoles », en d’autres mots « une forme particulière de défense de la liberté religieuse ».  Avec le résultat – selon les deux auteurs de l’article – de fomenter un « œcuménisme de la haine », nostalgique d’un « Etat aux traits théocratiques ».  Tout l’opposé de l’œcuménisme de Jorge Mario Bergoglio, le pape de « l’inclusion, de la paix et de la rencontre ». 

    Le problème c’est que la défense de la vie, de la famille et des libertés religieuses figurent depuis plus d’une décennie tout en haut de l’agenda de l’Eglise catholique américaine.  Cette dernière ne pouvait donc pas rester sans réaction en voyant « des croyants attaqués par leurs propres coreligionnaires uniquement parce qu’ils se battent pour ce que leurs Eglises ont toujours cru être vrai ».  

    La protestation de plus haut niveau est arrivée par la voix de l’archevêque de Philadelphie, Charles Chaput, qui a qualifié l’article de Spadaro et de Figueroa d' « exercice simpliste et inadapté ».  Mais d’autres commentaires ont été beaucoup plus durs et ont eu beau jeu de mettre en évidence une série d’erreurs historiques et logiques grossières dans l’article. 

    « Toute autre revue aurait jeté au bac un article pareil », a par exemple écrit le canadien Raymond J. de Souza dans « Crux » , le site d’information catholique le plus important et le plus équilibré des Etats-Unis. 

    Mais à Sainte-Marthe, sur le bureau du pape François, les choses n’en sont pas restées là, bien au contraire. L’article de Spadaro et Figueroa a été porté aux nues et a fait d’autant plus bonne impression qu’il a été à juste titre vu par tous comme l’expression non seulement de la pensée du pape mais aussi de son style de gouvernement: dans le cas présent il s’agit d’une attaque d’une violence inouïe contre le leadership « ratzingerien » de l’Eglise catholique américaine par personnes interposées. 

    Au niveau doctrinal, le père Spadaro est assez désinvolte, il prétend que « en théologie, 2 plus 2 font 5 » et il se montre infaillible quand il s’agit de pronostiquer les grandes et petites révolutions de Bergoglio.  Mais entre tous les conseillers et confidents, il en est un qui est encore plus proche du pape que lui.  Il s’agit précisément de l’argentin Víctor Manuel Fernández, un théologien dont la première œuvre révélatrice fut, en 1995, un volume intitulé « Guéris-moi avec ta bouche.  L’art du baiser« . 

    Il n’est donc pas surprenant qu’après ces débuts et deux autres livres non moins discutables, Rome n’ait opposé son veto à la nomination de Fernández comme recteur de l’Universidad Católica Argentina, avant de devoir ensuite s’incliner en 2009 face à celui qui était alors l’archevêque de Buenos Aires qui fit des pieds et des mains pour obtenir l’autorisation de promouvoir son protégé. 

    En 2013, à peine élu pape, Bergoglio a nommé Fernández archevêque.  Et depuis lors, ce personnage passe plus de temps à Rome qu’en Argentine, tout à ses occupations de faire office de conseiller et d’écrivain fantôme de son ami pape. 

    On a découvert récemment que des paragraphes entiers du chapitre huit d’Amoris laetitia, le document du pape François qui a tant secoué l’Eglise, ont été purement et simplement recopiés d’articles rédigés par Fernández il y a une dizaine d’années.

    * Cet article a été publié dans le n°30 de « L’Espresso » de 2017, sorti en librairie le 30 juillet, dans la rubrique d’opinion intitulée « Settimo Cielo » confiée à Sandro Magister. 

  • Bilan 2017 de la lutte contre la pédophilie dans l'Eglise catholique

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    Bilan 2017 de la lutte contre la pédophilie dans l'Eglise catholique (20 mn)

    Soutenez l’Institut Docteur Angélique sur Tipeee : https://www.tipeee.com/institut-docte...
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    Ne pas confondre le focus des médias sur le catholicisme et la réalité.
    Les décisions de Benoît XVI suite aux enquêtes US de 2005
    Y a-t-il un lien entre pédophilie et célibat des prêtres ?
    Y a-t-il un lien entre pédophilie et homosexualité de certains prêtres ? L'avis de Benoît XVI.
    Pourquoi Benoît XVI puis François ont-ils interdit le sacerdoce aux homosexuels ? 
    Y a-t-il un lien entre homosexualité et pédophilie ?
    La loi actuelle en cas de dénonciation de faits de pédophilie dans l'Eglise : Pourquoi le cas doit-il être remis par les évêques aux Procureurs civils ?
    Le prêtre dénoncé doit-il être immédiatement relevé de toutes ses fonctions ? La juste pratique en cette matière.

  • Une réponse chrétienne au terrorisme ?

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    Une émission présentée par Laurent Verpoorten sur RCF :

    Y a-t-il une réponse chrétienne au terrorisme ?

    Suite de la rediffusion de l'émission Perspectives dans laquelle Laurent Verpoorten vous proposait la lecture de "Rien que l'amour - Repères pour le martyr qui vient". Un ouvrage du philosophe catholique français Martin Steffens, publié aux Editions Salvator et qui a été récompensé du prix français de littérature religieuse en 2016. 

     
  • Pourquoi de nombreux catholiques allemands abandonnent-ils l'Eglise ?

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    De Delphine Nerbollier sur le site du journal La Croix :

    Allemagne, pourquoi les catholiques quittent l’Eglise ?

    En 2016, 162 000 Allemands ont cessé d’acquitter leur impôt ecclésiastique et ainsi « quitté » les rangs de l’Église catholique.

    Ils étaient un peu plus de 4 000 dans le diocèse d’Essen (Ouest de l’Allemagne), qui a lancé une vaste étude pour comprendre les motivations de ses anciens fidèles.

    En quoi consiste cette étude ?

    Elle cherche à comprendre les raisons qui poussent certains à quitter les rangs de l’Église. Elle a été menée en avril et mai via un formulaire très complet mis en ligne sur le site Internet du diocèse. 3 000 personnes y ont participé, de manière volontaire, dont 305 ayant déjà quitté l’Église catholique. 41 ont ensuite pris part à un entretien qualitatif, par téléphone, d’une durée de 40 à 70 minutes.

    Que ressort-il de cette enquête ?

    « L’éloignement » et « le manque de lien » avec l’Église sont les deux raisons principales motivant les sorties. C’est ce que constate Ulrich Riegel, professeur à l’université de Siegen et l’un des deux théologiens ayant dirigé l’étude.

    « Derrière ces deux notions se cache le fait que l’Église est perçue comme une institution basée sur des intérêts de pouvoir et des manigances », explique-t-il dans les pages du magazine diocésain Bene« Elle est jugée peu crédible alors que les messages et les comportements de certains représentants religieux divergents ».

    A LIRE : L’Eglise allemande aide les femmes à accéder aux postes à responsabilité

    À cela s’ajoutent des « raisons plus concrètes », comme le montant de l’impôt religieux, mais aussi de « mauvaises expériences personnelles ». Par ailleurs, le célibat des prêtres, l’image de la femme, la position de l’Église sur l’homosexualité, ou encore les scandales de pédophilie reviennent aussi en force dans les réponses des participants, sans toutefois « mener directement à un départ », ajoute Ulrich Riegel.

    Pour le théologien, une chose est sûre : « Les sorties d’Église sont le résultat d’un processus de long terme ». Son collègue, Tobias Faix, de l’institut de recherche Empirica à Kassel, a lui aussi codirigé cette étude et rappelle « qu’il n’y a jamais une seule raison » motivant le départ d’un paroissien. « Plusieurs facteurs se combinent jusqu’au jour où on se dit : ça suffit ». Pour Tobias Faix, ces processus sont « longs et émotionnellement difficiles surtout pour les personnes âgées ». La question de l'impôt n’est donc souvent qu’un déclencheur. « Personne ne quitte l'église pour faire des économies », assure Tobias Faix, sur le site www.katholisch.de.

    Lors de cette enquête qualitative, Ulrich Riegel a constaté un autre phénomène. « Certains, même s’ils sont peu nombreux, jugent l’Église insuffisamment pieuse et incapable de s'acquitter de sa mission, à savoir célébrer l’Eucharistie et sauver les âmes. »

    Quelles suites ?

    Compte tenu de la variété des motivations mises en évidence par cette enquête, les mesures à prendre ne sont pas évidentes. Comme le résume le théologien Ulrich Riegel, il est difficile de se contenter de plaider « pour un abandon de l’impôt religieux et pour des prêches plus modernes ».

    D’ici l'automne, les chercheurs vont aussi se pencher sur les raisons qui poussent des dizaines de milliers de paroissiens à rester au sein de l’Église, sans toutefois participer activement à la vie de la communauté. Le diocèse souhaite ensuite développer des stratégies pour mieux répondre aux attentes de ses paroissiens et organisera une conférence sur le sujet en 2018.

    Certaines idées circulent déjà comme la possibilité de créer une permanence destinée aux personnes qui s’interrogent. « Les gens disent souvent ne pas trouver de partenaires pour parler », explique Tobias Faix. « Ils ne se sentent ni écoutés ni pris au sérieux. Quitter l'Église est alors un dernier cri de protestation. »

    Delphine Nerbollier (en Allemagne)

    Les prises de position du cardinal Marx seraient-elles susceptibles de ramener des ouailles à l'église ?

  • Après la mort du petit Charlie Gard : une déclaration de l'hôpital du Bambino Gesu

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    D'Anne Kurian sur zenit.org :

    Charlie Gard : développer un modèle de médecine personnalisée

    Déclaration du Bambino Gesù

    « C’est le véritable héritage du cas Charlie [Gard] : l’engagement à développer concrètement un modèle de médecine personnalisée », estiment les experts de l’hôpital Bambino Gesù du Saint-Siège. Il « valait la peine de faire tout ce que nous avons fait », affirment-ils alors que le petit britannique de 11 mois atteint d’une maladie rare mitochondriale, s’est éteint le 28 juillet 2017.

    La fin de vie a été décidée le 27 juillet par la Haute Cour de Justice britannique, suite à l’accord manqué entre les parents de l’enfant et l’Hôpital Great Ormond Street de Londres, où Charlie est hospitalisé. Le Great Ormond « nous a refusé notre ultime désir », a déclaré la mère du petit Charlie, Connie Yates, faisant allusion à la possibilité de garder le petit en vie pendant quelques jours avant sa mort, pour passer quelques jours « dans la tranquillité ». Le nourrisson a été transféré dans un centre assisté pour malades en phase terminale et est décédé en l’absence de respirateur artificiel.

    « Nous avons fait tout ce que nous pouvions pour répondre à l’appel de la famille et chercher de donner une nouvelle opportunité de soins au petit Charlie », peut-on lire dans un document diffusé le 25 juillet par l’hôpital du Bambino Gesù, après la décision des parents d’abandonner leur bataille judiciaire pour la survie de l’enfant.

    L’hôpital romain a participé à une confrontation internationale entre cliniciens et chercheurs, pour étudier le bien-fondé d’un traitement expérimental et pour assurer une évaluation clinique de Charlie Gard « qui, malheureusement, au moment où nous avons pu l’effectuer, a donné un résultat non positif ».

    Lors de « l’évaluation clinique conjointe effectuée sur place par notre chercheur et médecin – le professeur Enrico Silvio Bertini, médecin-chef pour les maladies musculaires et neurodégénératives – avec le professeur de neurologie de l’Université Columbia, Michio Hirano, a émergé l’impossibilité de lancer le plan thérapeutique expérimental, à cause des conditions gravement compromises du tissu musculaire du petit Charlie ».

    « Le très grave contexte clinique que nous avons trouvé aurait fait de la tentative de thérapie expérimentale un acharnement thérapeutique. (…) Tout ceci rempli notre cœur de tristesse », soulignent les soignants : « nous avons malheureusement constaté que nous sommes peut-être arrivés tard… Dans le domaine des maladies rares et ultra-rares, chaque histoire est un cas en soi ».

    Un précédent pour l’avenir des maladies rares

    Mais ils soulignent deux résultats : « On n’a pas débranché sans avoir auparavant répondu à une demande de soins légitime de la part des parents et sans avoir auparavant vérifié jusqu’au bout les conditions de l’enfant et les opportunités concrètes offertes par la recherche au niveau international ».

    Le second résultat a été celui de la « confrontation conjointe internationale approfondie, sur le plan scientifique comme sur le plan clinique ; un fait extraordinaire, un cas emblématique pour l’avenir des maladies rares ».

    « Pour la première fois, explique la note, la communauté scientifique internationale s’est démenée pour évaluer concrètement et jusqu’au bout les possibilités de soins. La communauté clinique et scientifique internationale, qui se met en réseau et crée une synergie pour un malade et se mobilise pour une vie, en travaillant en lien étroit, représente un précédent qui donnera plus de force à tous les Charlie qui viendront. C’est le véritable héritage du cas Charlie : l’engagement à développer concrètement un modèle de médecine personnalisée ».

    « C’est pourquoi, conclut le texte, cela valait la peine de faire tout ce que nous avons fait, tirés par la force de Charlie et de ses magnifiques parents, par la force du partage indispensable dans le parcours de soins avec la famille, par la force de l’alliance entre les cliniciens, la famille et le patient ».

    Avec une traduction de Constance Roques

    Voir aussi : le_pape_François_prie_pour_le_petit_Charlie_Gard

  • Des avertissements concernant la surpopulation et l’implosion de la population

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    De Susan Yoshihara sur le site C-Fam :

    La Journée mondiale de la population (World Population Day) a apporté des avertissements concernant la surpopulation et l’implosion de la population

    NEW YORK, le 14 juillet (C-Fam) Au cours de la célébration de la Journée mondiale de la population cette semaine, les promoteurs de la planification familiale mondiale ont identifié des point critiques tels que les urgences humanitaires et le ralentissement financier mondial pour justifier davantage le financement visant à limiter la population mondiale. Pendant ce temps, leurs critiques ont discrédité les programmes concernant la population et sensibilisé au déclin rapide de la population et à la crise concernant le vieillissement mondial.

    Le principal argument que les promoteurs de la planification familiale utilisaient pour obtenir plus de financement était la théorie d’un «dividende démographique», selon lequel moins d’enfants entraînerait plus d’épargne, d’enseignement supérieur et une meilleure santé par enfant et aussi plus de temps pour les femmes leur premettant de s’engager dans un travail extérieur à la maison . Comme par le passé, les défenseurs ont mis en avant les “Tigres” asiatiques des années 1960 et 1990 comme preuve que la théorie fonctionne. La référence a eu l’effet alternatif de souligner le fait qu’il n’y a pas d’autres exemples marquants que les Tigres. Les pays d’Amérique latine et du Moyen-Orient, qui ont adopté des politiques similaires, n’ont pas eu le même essor de leur croissance économique. En Europe, l’industrialisation n’avait pas pour résultat des familles plus petites, mais c’est plutôt le contraire qui était vrai.

    Cette semaine, les gouvernements des mêmes pays asiatiques ont publié de nouveaux chiffres montrant les effets économiques négatifs à long terme des programmes de planification familiale.

    La Banque de Corée a prévenu que les tendances démographiques pourraient conduire l’économie du pays à générer une croissance proche de zéro en dix ans. La population japonaise a chuté plus rapidement l’année dernière que dans n’importe quelle période depuis le début du sondage gouvernemental en 1968. La semaine dernière, Tokyo a déclaré que, malgré les mesures visant à lutter contre le vieillissement de la population et la perte de pouvoir économique, la population japonaise s’est réduite de 308 084 personnes en 2016, sa huitième année de déclin consécutive. Les jeunes japonais s’abstiennent de relations dans ce que l’on appelle une  sorte d’«épidémie de virginité». La population chinoise vieillit plus rapidement que n’importe où et le nombre de personnes à charge sur chaque travailleur devrait atteindre 44% d’ici 2050.

    Le rapport biennal de la Division population des Nations Unies, publié juste avant la Journée mondiale de la population, a déclaré que la fécondité diminue globalement et que la moitié des pays du monde ont des taux de fécondité inférieurs au niveau de remplacement d’un peu plus de deux enfants par femme. Le nombre de personnes âgées de quatre-vingts ans ou plus devrait tripler d’ici 2050, et la population européenne devrait diminuer de 25 millions à ce moment-là.

    En raison du déclin rapide de la population en Occident, le rapport a qualifié les taux de fécondité africains d’élevés, bien que la fécondité totale soit tombée de 5,1 naissances par femme en 2000-2005 à 4,7 en 2010-2015. Les avocats de ce sujet sur la population ont utilisé le rapport comme preuve d’une crise en Inde et en Afrique, et en particulier au Nigeria, qui selon le rapport projeté dépasserait les États-Unis en tant que troisième nation la plus peuplée d’ici 2050.

    Le Fonds des Nations Unies pour la population et la Fondation Bill et Melinda Gates ont demandé au gouvernement nigérian de déclarer l’état d’urgence en raison de sa forte population prévisionnelle. Les groupes se sont réunis cette semaine avec des défenseurs de la planification familiale à Londres pour recueillir davantage de fonds publics destinés à la planification familiale africaine.

    Joachin Ulasi, directeur de la Commission nationale pour la population du Nigéria à Anambra, a repoussé cela, affirmant que, avec 180 millions de dollars, le Nigeria n’est pas trop peuplé. “Nous avons la chance d’être dans la moyenne (middle-heavy)”, a déclaré Ulasi. “Si vous allez en Grande-Bretagne, vous remarquerez qu’ils ont une population très “pesante” (“heavy”), ce qui signifie qu’ils ont plus de personnes âgées. Au Nigéria, nous avons plus de jeunes qui sont productifs et qui montrent que notre population est de qualité et si nous gérons bien notre population, le Nigéria pourra produire ce dont elle a besoin en tant que nation “.

  • Pourquoi la Belgique affiche-t-elle aujourd'hui un des plus faibles taux de natalité du monde ?

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    De Paul Vaute sur son blog "Le Passé belge", un sujet très actuel :

    Toujours moins de berceaux, pourquoi ?

    Avec onze ou douze berceaux par an pour 1000 habitants, la Belgique affiche aujourd'hui un des plus faibles taux de natalité du monde. Au XIXè siècle, il était trois fois plus élevé qu'en ce début du XXIè, évoluant entre 30 et 35 ‰. La chute libre a commencé au début du XXè siècle et n'a été, depuis, interrompue durablement que pendant les vingt années de rebond qui suivirent la Seconde Guerre mondiale (autour de 17 ‰). La récupération intervenue après 1918 avait été quant à elle beaucoup plus éphémère et la reprise enregistrée après les années 1980 fut trop légère. Comment expliquer ce déficit qui frappe, à des degrés divers, tous les pays du monde occidental ?

    Il n'est pas douteux que les causes économiques, fréquemment invoquées, jouent ici un grand rôle. Mais elles interagissent avec beaucoup d'autres et n'opèrent pas toujours en conformité avec les prédictions. C'est ce qui ressort de l'éclairage sur la longue durée – de la fin de l'Ancien Régime à nos jours – que jettent Thierry Eggerickx, Sandra Brée et Mélanie Bourguignon, du centre de recherche en démographie de l'Université catholique de Louvain, après avoir confronté les modèles théoriques et les monographies réalisées particulièrement en région wallonne [1].

    Au XVIIIè siècle et encore pendant une bonne partie du XIXè s'impose la vision d'une population connaissant, autour de taux constants sur le long terme, des fluctuations liées aux revenus, eux-mêmes dépendant de la production et des prix agricoles. Quand les conditions deviennent plus difficiles, voire dramatiques (épidémies), les mariages tardifs et les célibats se font plus nombreux: ce sont les freins démographiques classiques. On ne peut cependant s'en tenir à cette simple équation malthusienne entre ressources et habitants, car d'autres formes d'adaptation ont fait leur chemin. Outre les migrations, les développements de la culture de la pomme de terre, de l'artisanat et des activités (proto-)industrielles, parmi d'autres innovations, s'imposent comme autant de réponses favorables, contrairement aux précédentes, à la natalité. Les situations varient toutefois grandement, même à l'intérieur d'une province, les marchés locaux étant alors très cloisonnés.

    Contrairement à une idée reçue, la transition démographique, marquée par la baisse des chiffres de natalité comme de mortalité, n'est pas liée à la première révolution industrielle. Entre 1840 et 1870, alors que la condition ouvrière ne fait pas mentir les sombres tableaux qu'en brossent Emile Zola ou Camille Lemonnier, la fécondité wallonne est en hausse. C'est qu'autour des usines, le mariage n'est plus subordonné à la possession d'une terre et se fait dès lors plus précoce. L'enfant, en outre, est bien plus qu'une "bouche à nourrir": comme dans le monde rural, il travaille dès le plus jeune âge et c'est lui qui subvient aux besoins de ses parents quand la vieillesse les rend moins actifs ou inactifs. En 1866 encore, on compte en moyenne 5,3 enfants par femme dans la grande majorité des cités industrielles wallonnes et bruxelloises, soit bien davantage que dans les villes moyennes comme Namur ou Tournai (3,7) et que dans les campagnes (4,2). La très paysanne Entre-Sambre-et-Meuse a même connu un refluement décisif des cigognes dès les années 1820-1830, prenant ainsi un demi-siècle d'avance sur le reste de la Belgique romane. Les crises agricoles et alimentaires des années 1845-1856 (maladie de la pomme de terre, mauvaises récoltes de céréales, structure vulnérable...) viennent évidemment perturber la croissance. En 1850, dans de nombreuses communes brabançonnes, un habitant sur deux est recensé comme pauvre, selon leMémorial administratif de la Province. La période est marquée par des mouvements migratoires importants vers d'autres régions, voire vers les Etats-Unis. On se marie moins et on procrée moins aussi.

    Le dernier quart du XIXè siècle connaît également une crise économique à incidences démographiques mais qui, cette fois, ouvre sur la grande transition. Une légère stabilisation, tout au plus, précédera la courbe descendante du XXè siècle. Le travail mené par le professeur Eggerickx sur le bassin de Charleroi, concordant avec celui de René Leboutte sur les bassins en aval de Liège, a permis d'y distinguer trois phases: la première, de 1850 à 1873, marquée par une amélioration relative et progressive du niveau de vie, avec les nouvelles habitudes de consommation qui y sont liées et une fécondité élevée; la deuxième, de 1873 à 1886, pendant laquelle la détérioration socioéconomique se traduit par une tendance à l'espacement ou à l'arrêt des naissances; la troisième, à partir de 1886, qui apparaît comme "une phase de légitimation et de généralisation des attitudes contraceptives, sous l'impact de la limitation du travail des femmes et des enfants, du développement de l'instruction, de la sécularisation de la société, de la baisse de la mortalité infantile et de la propagande néomalthusienne".

    Le tournant est pris et on y voit d'emblée mis en avant des facteurs qui ne sont pas que matériels: ils sont aussi (tout autant ou plus ?) idéologiques, culturels, mentaux... Il est remarquable à cet égard que dès l'extrême fin du XIXè siècle, le sociologue belge Hector Denis, dans Le mouvement de la population et ses conditions économiques (1899-1900), avait formulé une ébauche de théorie explicative invoquant notamment "les progrès de l'individuation" qui "ont contrarié la multiplication de l'espèce". Et de constater que "lorsque le salaire réel a reçu une amélioration suffisamment prolongée pour fixer "l'habitude" d'un mieux-être appréciable, la représentation de la perte, pour soi et pour sa descendance, de l'avantage acquis éveille des sentiments d'égoïsme ou d'altruisme familial qui retardent les unions et contrarient la reproduction de l'espèce". Le langage est daté mais cette approche de la progression du contrôle des naissances comme moyen de préserver l'acquis compromis par la crise est apparue pertinente à un René Leboutte pour comprendre la baisse de la fécondité dans les bassins wallons. Les lois qui limitent le travail des plus jeunes dans les mines et les usines n'ont pu que renforcer le courant. L'enfant "source de richesse" s'estompe sous l'effet des sirènes de la consommation en même temps que l'enfant "don de Dieu" est emporté par le flot de la déchristianisation. Entre 1920 et 1940, chez nous comme dans nombre d'autres pays européens, on tombe sous le plancher des 2 enfants par femme, donc sous le minimum minimorum du renouvellement des générations.

    Mais après ? Autant la relance de la natalité qui suit la Seconde Guerre mondiale peut s'expliquer par la hausse du niveau de vie, autant le grand basculement qui fait passer du baby-boom au baby-bust ne le peut pas. En Belgique comme dans l'ensemble du monde développé, le revirement survient au milieu des années '60, alors que le taux d'emploi et le pouvoir d'achat ne se réduisent pas, bien au contraire. On se trouve toujours au cœur des Trente Glorieuses chères à Jean Fourastié. Débordement du goût pris au confort, qui incite à avoir moins d'enfants pour répondre à des exigences accrues en matière de santé, d'affectivité, de formation, de loisirs… ? Crainte malthusienne devant la perspective d'un marché du travail "saturé" par l'arrivée du grand nombre des enfants nés après 1945, alors que les femmes y sont elles aussi entrées massivement ? Sans doute mais il faut également, soulignent les chercheurs néolouvanistes, compter avec "les mutations qui ont touché la famille traditionnelle – augmentation de la cohabitation hors mariage, du célibat définitif, de la divortialité, des familles monoparentales…" Quand la stabilité et la durabilité du couple est sujette à caution, la femme opte bien souvent pour une attitude attentiste face à la maternité. Et pour obvier à celle-ci, la société moderne regorge de moyens…

    Avec le passage sous les 2 enfants par femme en 1973 et jusqu'à 1,5 en 1980, la Belgique arrive au point où seul le support migratoire empêchera ou retardera l'extinction progressive. Mais en région wallonne, le signal d'alarme d'Alfred Sauvy, non évoqué dans la présente étude, a retenti bien auparavant, dès 1962. Le rapport du spécialiste français sur Le problème de l'économie et de la population en Wallonie a suscité la création du Centre d'étude de la population et de la famille, composé de démographes de toutes les universités belges francophones. Vingt ans plus tard, en 1983, ceux-ci constateront sans fard que nous sommes toujours plus engagés sur la voie de la dépopulation, liée à "l'apparition, dans les nouvelles générations, d'un nouveau système de normes et de valeurs régissant la vie familiale", système "nettement orienté vers l'individualisme, l'épanouissement personnel[2]. Il n'est pas certain qu'aujourd'hui, un groupe pluraliste d'experts pourrait parvenir à un constat moral aussi explicite.

    Ces dernières années, après une embellie de courte durée, la fécondité est repartie à la baisse en 2010, sans qu'on puisse dire, faute de recul, si la crise économique a influé sur ce qui demeure, de toute manière, une tendance globale au déclin. "Aujourd'hui, la maternité n'est plus un destin, mais un projet", titrait en couverture un grand hebdomadaire féminin au début des années '80. Un projet qui subit bien des révisions à la baisse, quand il ne reste pas lettre morte. 

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    [1] "Transition de fécondité et évolutions économiques du 18è au 21è siècle. Le cas de la Wallonie", dans Revue belge d'histoire contemporaine, XLVI, 3/4, Bruxelles, 2016, pp. 46-74,https://www.journalbelgianhistory.be/en/system/files/article_summary/005_Bree_Eggerickx_Bourguignon_2016_3_4.pdf (en libre accès).

    [2] La Libre Belgique, 22-23 janv. 1983.