01/07/2014

Hymne à la joie

De l’abbé Grosjean en tribune sur Figarovox  (extrait):

3132777_d2bc0f72-1bf3-11e3-9625-00151780182c_640x280 (1).jpgEn ce mois de juin, 140 prêtres religieux et séculiers, dont 82 prêtres diocésains, sont ordonnés en France(…). On peut s'inquiéter des chiffres qui baissent, des églises qui ferment, des prêtres qui tombent. Il faut être lucides, et savoir nous remettre en cause, tous et chacun. Car les vocations seront le fruit non de nouvelles stratégies de marketing mais de la foi vivante des communautés, de la prière d'un peuple, du témoignage de fidélité et de générosité des prêtres et consacrés, heureux de l'être.

Mais à côté des débats sur le nombre de vocations, il semble important de rappeler, surtout vis-à-vis des plus jeunes, la joie d'être prêtre. Une certaine pudeur, un agenda bien chargé, la médiatisation de ceux qui râlent ou se rebellent contre l'institution, parfois aussi la fatigue ou les difficultés, nous empêchent sans doute de redire et de témoigner que nous sommes - pour l'immense majorité d'entre nous - d'abord heureux d'être prêtres!

La joie humble et discrète de nos anciens, exemples de fidélité cachée, qui continuent jusqu'aux dernières forces de célébrer la messe et qui savent qu'ils ne seront pas remplacés … Combien d'enfants baptisés de leurs mains? De couples préparés et mariés? De mourants accompagnés? De communions données? De cœurs apaisés par le pardon offert? Je suis toujours ému en les écoutant. Ils se souviennent de leurs clochers et de leurs brebis … Ils en ont traversé des tourmentes! Ils ont vu partir des confrères, parfois avec fracas … eux, pourtant, sont restés. Humblement. Joyeusement. Sans faire de bruit. Ils continuent d'offrir, de témoigner et de prier.

Et pourtant, dans ce désert spirituel, ils peuvent témoigner combien la soif de sens n'a jamais été aussi forte. Le prêtre a la joie d'annoncer plus que lui-même, de désigner à ceux qui cherchent la Vérité et le Bonheur, un Autre que lui-même.

La joie affermie de ces prêtres actifs, en pleine force de l'âge. La déchristianisation de notre pays les inquiète: ils l'observent chaque jour, là où ils sont. Et pourtant, dans ce désert spirituel, ils peuvent témoigner combien la soif de sens n'a jamais été aussi forte. Le prêtre a la joie d'annoncer plus que lui-même, de désigner à ceux qui cherchent la Vérité et le Bonheur, un Autre que lui-même. Voilà l'espérance du prêtre: il est au service d'un message qui le dépasse, dont il peut voir la fécondité chez ceux qui l'accueillent. Est-il frustré? Ce célibat qui obsède tant de journalistes, il est heureux de l'offrir au service d'un autre amour. Il n'a pas renoncé à aimer: il se donne autrement. A l'Autre et aux autres. Pleinement. Pour que ce monde qui ne sait plus aimer, qui ne se sait plus aimé, redécouvre la vraie joie.

La joie enfin de ces jeunes ordonnés. Dans un oui généreux et total, fou aux yeux du monde, ils viennent tout donner. Joie claire, étonnante et touchante. Les épreuves viendront: les soucis, les drames à accompagner, l'expérience de leur pauvreté. Le prêtre partage la vie de ceux qui lui sont confiés, il est témoin des joies et des peines de beaucoup, ils les portent avec tous. A cette joie neuve de l'ordination se mêlera très vite une certaine gravité, car le prêtre est au cœur du combat spirituel qui se déroule. L'enjeu est grave: rien de moins que notre salut. Mais à l'aube de son ministère comme au soir de sa vie, aujourd'hui comme hier, dans les difficultés comme dans les réussites, ce qui demeure chez le prêtre, c'est … sa joie d'être prêtre.

Ref. Abbé Grosjean : Notre joie d'être prêtres

Pierre-Hervé Grosjean est prêtre du Diocèse de Versailles, secrétaire Général de la Commission Ethique & Politique du Diocèse, et curé de Saint-Cyr l'Ecole. Avec deux autres prêtres, il anime le Padre Blog, qu’il a créé.

JPSC

28/06/2014

Ce dimanche 29 juin 2014 : sept ordinations sacerdotales à Namur

Lu sur le site web du diocèse de Namur: 010-Ordinands1.jpgce dimanche 29 juin, le diocèse de Namur comptera sept nouveaux prêtres. Pierre Dujardin, Claudio Fabian Diaz Gomez, Michel de Meulenaer, Franck Toffoun, Giovanni Sannino, Frédéric Simonis et Reginaldo Lugarezi recevront de Mgr Vancottem l'ordination sacerdotale. A quelques jours de leur ordination que chacun tient à vivre avant tout comme une fête pour toute l'Eglise, nous avons rencontré les futurs prêtres. Ils passaient une semaine de retraite à l'abbaye de Rochefort. Sept ordinands confiants voire impatients de démarrer dans leur ministère.

Voir la suite ici : Ordinations sacerdotales d'abord une grande fête pour toute l'Eglise

Nos félicitations à tous ces ordinands, demain ordonnés, et notre amical souvenir à Pierre Dujardin, fidèle compagnon des grands pèlerinages effectués jadis sous la houlette de Monseigneur Léonard ! JPSC

Dimanche 29 juin 2014 : Pierre et Paul, colonnes de l’Eglise

16 GRECE PIERRE ET PAUL.jpgLe 29 juin, l’Eglise fête les saints Pierre et Paul, princes des apôtres -si dissemblables et cependant unis dans le Christ. Un sujet pérenne de méditation pour ceux qui se disent disciples du Seigneur. Extrait d’une homélie prononcée par le pape Benoît XVI , le 29 juin 2005

« La Catholicité n'exprime pas qu'une dimension horizontale, le rassemblement de nombreuses personnes dans l'unité; elle exprime également une dimension verticale: ce n'est qu'en tournant le regard vers Dieu, seulement en s'ouvrant à Lui que nous pouvons devenir vraiment une seule chose. Comme Paul, Pierre vint lui aussi à Rome, dans la ville qui était le lieu de convergence de tous les peuples et qui, précisément pour cette raison, pouvait devenir avant toute autre l'expression de l'universalité de l'Evangile. En entreprenant le voyage de Jérusalem à Rome, il savait assurément qu'il était guidé par les voix des prophètes, par la foi et par la prière d'Israël. En effet, la mission vers le monde entier fait également partie de l'annonce de l'Ancienne Alliance:  le peuple d'Israël était destiné à être une lumière pour les nations. Le grand Psaume de la Passion, le psaume 21, dont le premier verset est:  "Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m'as-tu abandonné?". Jésus a prononcé ce psaume sur la croix, il se terminait par la vision suivante:  "Tous les lointains de la terre se souviendront et reviendront vers Yahvé; toutes les familles des nations se prosterneront devant lui" (Ps 21, 28). Quand Pierre et Paul vinrent à Rome le Seigneur, qui avait commencé ce psaume sur la croix, était ressuscité; cette victoire de Dieu devait à présent être annoncée à tous les peuples, accomplissant ainsi la promesse avec laquelle le Psaume se concluait.

Catholicité signifie universalité - multiplicité qui devient unité; unité qui demeure toutefois multiplicité. A partir de la parole de Paul sur l'universalité de l'Eglise, nous avons déjà vu que la capacité des peuples à se dépasser eux-mêmes, pour regarder vers l'unique Dieu, fait partie de cette unité. Le fondateur de la théologie catholique, saint Irénée de Lyon au II siècle, a exprimé d'une très belle façon ce lien entre catholicité et unité, et je le cite. Il dit:  "C'est cette doctrine et cette foi que l'Eglise, disséminée dans le monde entier, conserve avec diligence, formant presque une unique famille:  la même foi avec une seule âme et un seul coeur, la même prédication, enseignement, tradition comme si elle ne possédait qu'une seule bouche. Les langues sont différentes selon les régions, mais la force de la tradition est unique et la même. Les Eglises d'Allemagne n'ont pas une foi ou une tradition différente, ni même celles d'Espagne, de Gaule, d'Egypte, de Lybie, de l'Orient, du centre de la terre; comme le soleil, créature de Dieu, est un seul et identique dans le monde entier, ainsi la lumière de la vraie prédication resplendit partout et éclaire tous les hommes qui veulent venir à la connaissance de la vérité" (Adv. haer., I 10, 2). L'unité des hommes dans leur multiplicité est devenue possible car Dieu, cet unique Dieu du ciel et de la terre, s'est montré à nous; parce que la vérité essentielle sur notre vie, sur notre "d'où?" et "vers où?", est devenue visible quand Il s'est montré à nous et, en Jésus Christ, nous a fait voir son visage, lui-même. Cette vérité sur l'essence de notre être, sur notre vie et sur notre mort, vérité qui a été rendue visible par Dieu, nous unit et nous fait devenir frères. Catholicité et unité vont de pair. Et l'unité a un contenu:  la foi que les Apôtres nous ont transmise de la part du Christ »

Toute l’homélie ici : SOLENNITÉ DES SAINTS APÔTRES PIERRE ET PAUL

JPSC

Le Coeur Immaculé de Marie

De Benoît XVI (30/05/2009) via "Evangile au Quotidien" : 

« Sa mère gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur »

      Dans le Nouveau Testament, nous voyons que la foi de Marie « attire », pour ainsi dire, le don de l'Esprit Saint — avant tout dans la conception du Fils de Dieu, mystère que l'archange Gabriel lui-même explique ainsi : « L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre » (Lc 1,35)… Le cœur de Marie, en parfaite harmonie avec le Fils divin, est le temple de l'Esprit de vérité (Jn 14,17), où chaque parole et chaque événement sont conservés dans la foi, dans l'espérance et dans la charité. 

      Nous pouvons ainsi être certains que le très saint cœur de Jésus, pendant toute la période de sa vie cachée à Nazareth, a toujours trouvé dans le cœur immaculé de la Mère un foyer toujours ardent de prière et d'attention constante à la voix de l'Esprit. Ce qui s’est passé aux noces de Cana (Jn 2,1s) témoigne de cette harmonie particulière entre mère et fils pour rechercher la volonté de Dieu. Dans une situation chargée de symboles de l'alliance, tel que le banquet nuptial, la Vierge Marie intercède et provoque, pour ainsi dire, un signe de grâce surabondante : le « bon vin », qui renvoie au mystère du Sang du Christ. Cela nous conduit directement au Calvaire, où Marie se tient sous la croix avec les autres femmes et avec l'apôtre Jean. La mère et le disciple recueillent spirituellement le testament de Jésus : ses dernières paroles et son dernier souffle, dans lequel il commence à diffuser l'Esprit, et ils recueillent le cri silencieux de son Sang, entièrement versé pour nous (Jn 19,25s). Marie savait d'où venait ce sang (cf Jn 2,9) : il s'était formé en elle par l'opération de l'Esprit Saint, et elle savait que cette même puissance créatrice allait ressusciter Jésus, comme il l'avait promis. 

      Ainsi, la foi de Marie a soutenu celle des disciples jusqu'à la rencontre avec le Seigneur ressuscité, et a continué à les accompagner également après son ascension au ciel, dans l'attente du « baptême dans l'Esprit Saint » (Ac 1,5)…. Voilà pourquoi Marie est, pour toutes les générations, l'image et le modèle de l'Église qui, avec l'Esprit, avance dans le temps en invoquant le retour glorieux du Christ : « Viens, Seigneur Jésus » (Ap 22,17.20).

27/06/2014

BXL (Koekelberg), 29 juin : grande journée "Maranatha" dédiée au Coeur de Jésus

arton5514-c02f2.jpgUN CŒUR COMME IL N’Y EN A PAS D’AUTRE !

Grande journée « Maranatha » le 29 juin 2014

en la solennité du Cœur de Jésus

à la Basilique de Koekelberg (Bruxelles)

avec Mgr Léonard

Le 29 juin prochain, dans l’après-midi et la soirée, Mgr Léonard présidera, en la Basilique de Koekelberg, une grande journée « Maranatha », du nom qu’il a donné à un large mouvement d’intercession et d’action pour la conversion du cœur humain (à commencer par le nôtre !) et la guérison de l’humanité. C’est déjà sous ce vocable qu’avait été vécu, le 9 mars 2013, un grand rassemblement en cette même Basilique nationale et, en août 2013, un pèlerinage en Terre Sainte, avec près de 600 personnes venues de plusieurs pays.

Le nom de ce mouvement international (« Maranatha ») est emprunté à l’avant-dernier verset de la Bible, au terme de l’Apocalypse (cf. Ap 22, 20), et a, par ailleurs, fourni le contenu de la devise épiscopale de l’archevêque de Malines-Bruxelles : « Oh oui, viens, Seigneur Jésus ! » Vous trouverez ci-dessous le programme de la journée du 29 juin prochain.

Une journée dédiée au Cœur de Jésus

Le 29 juin, nous fêterons la solennité des saints Apôtres Pierre et Paul et il en sera, bien sûr, fait mention. Mais, avec l’aimable permission de ces deux colonnes de l’Église, les organisateurs de ce rassemblement ont décidé de célébrer par priorité la solennité différée (de deux jours seulement !) du Sacré-Cœur de Jésus, ainsi qu’il convient en la Basilique nationale du Sacré-Cœur !

En effet, au cours de ce rassemblement, nous allons, grâce à plusieurs intervenants, mieux comprendre la réalité profonde du Cœur du Christ et la manière dont nous sommes appelés à la vivre concrètement. Et, durant la célébration de l’Eucharistie, les participants seront invités à se consacrer au Cœur de Jésus à titre personnel, mais aussi au nom de toutes les provinces belges qu’ils représenteront.

Programme

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La fête du Sacré-Coeur de Jésus

ob_f0f7138f2b90c693a762b79e0a8dae76_sacre-coeur-2.jpgHomélie du Frère Elie (Famille de saint Joseph - homelies.fr) :

L’Eglise nous invite aujourd’hui à fêter le Sacré-Cœur de Jésus. Cette fête fut instituée pour célébrer la charité divine dans un signe humain : le cœur du Fils de Dieu fait homme. 
La première lecture nous présente cet Amour de Dieu comme raison et motif de l’élection du peuple d’Israël avec qui Dieu a fait alliance : « Si le Seigneur s’est attaché à vous, s’il vous a choisis, ce n’est pas que vous soyez le plus nombreux de tous les peuples, car vous êtes le plus petit de tous. C’est par amour pour vous, et par fidélité au serment fait à vos pères, que le Seigneur vous a fait sortir par la force de sa main, et vous a délivrés de la maison d’esclavage et de la main de Pharaon, roi d’Egypte. »

Comme nous le dit la première épître de saint Jean, Dieu, le premier, nous a aimé (1 Jn 4, 19). Notre foi réside d’abord dans ce constat émerveillé : Dieu nous a aimé le premier et ce, gratuitement, sans aucun mérite de notre part, garantie de la vérité de son Amour. Nous pourrions même dire : Dieu m’a aimé le premier. Car Dieu n’aime pas les hommes en vrac mais chacun d’un amour personnel et unique. 
Dieu m’a aimé le premier parce qu’il « est Amour », amour plein, charité parfaite, comme nous le rappelle la deuxième lecture (1 Jn 4, 8.16). Si Dieu ne nous adressait pas la parole première de son Amour nous n’existerions pas.
Mais en rester là serait insuffisant. L’Amour de Dieu n’est pas l’amour conceptuel d’un Dieu là-haut dans son ciel mais l’amour d’un Dieu qui a pris chair de notre chair, qui s’est fait homme, l’amour d’un Dieu selon la nature humaine qu’il a assumée : « Voici à quoi se reconnaît l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, c’est lui qui nous a aimés, et il a envoyé son Fils qui est la victime offerte pour nos péchés » (Cf. 2ème lecture).

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24/06/2014

La nativité de saint Jean-Baptiste

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la nativité de Jean-Baptiste par Ghirlandaio (Santa Maria Novella, Florence)

Méditation et historique (missel.free.fr)

L'Église célèbre la naissance du Sauveur au solstice d'hiver et celle de Jean-Baptiste au solstice d'été. Ces deux fêtes, séparées l'une de l'autre par un intervalle de six mois, appartiennent au cycle de l'Incarnation ; elles sont, par leur objet, dans une mutuelle dépendance ; à cause de ces relations, on peut leur donner le même titre, c'est en latin : nativitas, naissance ; natalis dies,Noël.

Pourquoi célébrer la naissance de Jean-Baptiste, se demande saint Augustin, dans un sermon qui se lit à l'office nocturne ? La célébration de l'entrée de Jésus-Christ dans ce monde s'explique fort bien ; mais les hommes - et Jean-Baptiste en est un - sont d'une condition différente ; s'ils deviennent des saints, leur fête est plutôt celle de leur mort : leur labeur est consommé, leurs mérites sont acquis ; après avoir remporté la victoire sur le monde, ils inaugurent une vie nouvelle qui durera toute l'éternité. Saint Jean-Baptiste est le seul à qui soit réservé cet honneur ; et cela dès le cinquième siècle, car la nativité de la Vierge Marie ne fut instituée que beaucoup plus tard. Ce privilège est fondé sur ce fait que Jean a été sanctifié dès le sein de sa mère Élisabeth, quand elle reçut la visite de Marie sa cousine ; il se trouva délivré du péché originel ; sa naissance fut sainte, on peut donc la célébrer. C'est un homme à part, il n'est inférieur à personne, non surrexit inter natos mulierum major Jobanne Baptista. L'ange Gabriel vint annoncer sa naissance, son nom et sa mission, nous dit saint Maxime, dans une leçon de l'octave ; sa naissance merveilleuse a été suivie d'une existence admirable, qu'un glorieux trépas a couronnée ; l'Esprit Saint l'a prophétisé, un ange l'a annoncé, le Seigneur a célébré ses louanges, la gloire éternelle d'une sainte mort l'a consacré. Pour ces motifs, l'Église du Christ se réjouit dans tout l'univers de la naissance du témoin qui signala aux mortels la présence de celui par lequel leur arrivent les joies de l'éternité.

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23/06/2014

Triduum de la Fête-Dieu à Liège (suite): près d’un demi-millier de Liégeois à l’église du Saint-Sacrement avec Monseigneur Delville (samedi 21 juin)

Après le millier de fidèles présents le jeudi 19 mars à la basilique Saint-Martin pour laIMG_6586.JPG messe et la procession dans les rues de la ville jusqu'à la cathédrale, plus de quatre cents Liégeois (photo) se sont encore retrouvés avec leur Evêque le samedi 21 juin à 18h à l’église du Saint-Sacrement pour la célébration de la Fête-Dieu selon la forme extraordinaire du rite romain : une messe priante où au chant des fidèles répondait celui de l’Ensemble « Praeludium » (issu du Chœur universitaire de Liège) et des Voix féminines du Chœur grégorien de Paris. On retiendra, en particulier une superbe interprétation, souple et déliée, du « Lauda Sion » dont la  monodie était entrelacée tantôt par le déchant, tantôt par l’ison tenu en sourdine. Une mention toute spéciale revient aussi à la belle illustration des antiennes de l’office primitif de cette solennité ainsi qu’au florilège de polyphonies sacrées offert par les universitaires liégeois.

Dans le transept de l'église, une exposition  de gravures anciennes, pièces d’orfévrerie et ornements liturgiques appartenant pour la plupart au Trésor de la Cathédrale de Liège illustrait le thème « Liège et la Fête-Dieu » : on a pu la visiter durant tout le week-end.

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Sans vouloir anticiper le bilan que feront les autorités ecclésiastiques, on retiendra que, loin de se faire concurrence, ces manifestations et sans doute aussi les autres inscrites au programme de ce « Triduum de la Fête-Dieu à Liège » ont eu un effet cumulatif.  Belle preuve, en tout cas, qu'on peut faire l'unité dans la diversité.

Nous formons des vœux pour qu'on progresse ainsi dans l'avenir, de sorte que le renouveau de cette fête au cœur de la Cité de l’Eucharistie s'inscrive vraiment dans la durée et la même convivialité.

JPSC

Voici le texte de l’homélie prononcée par Monseigneur Jean-Pierre Delville lors de la messe qu’il a célébrée à l’église du Saint-Sacrement :

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22/06/2014

Une fête pour adorer, louer et rendre grâce publiquement au Seigneur

Corpus-Christi-pope-banner-640x375.jpgLe jeudi 7 juin 2007, jour de la Fête-Dieu, sur le parvis de la Basilique Saint-Jean-de-Latran, le pape Benoît XVI a prononcé cette homélie :

Chers frères et sœurs!

Il y a quelques instants, nous avons chanté dans la Séquence:  "Dogma datur christianis / quod in carnem transit panis / et vinum in sanguinem - C'est un dogme pour les chrétiens:  / que le pain se change en son corps, / que le vin devient son sang". Aujourd'hui, nous réaffirmons avec une grande joie notre foi dans l'Eucharistie, le Mystère qui constitue le cœur de l'Eglise. Dans la récente Exhortation post-synodale Sacramentum caritatis, j'ai rappelé que le Mystère eucharistique "est le don que Jésus Christ fait de lui-même, nous révélant l'amour infini de Dieu pour tout homme" (n. 1). C'est pourquoi la fête du Corpus Domini est une fête particulière et constitue un rendez-vous de foi et de louange pour chaque communauté chrétienne. C'est une fête qui a trouvé son origine dans un contexte historique et culturel précis:  elle est née dans le but bien précis de réaffirmer ouvertement la foi du Peuple de Dieu en Jésus Christ vivant et réellement présent dans le Très Saint Sacrement de l'Eucharistie. C'est  une  fête instituée pour adorer, louer et rendre grâce publiquement au Seigneur, qui "continue de nous aimer "jusqu'au bout", jusqu'au don de son corps et de son sang" (Sacramentum caritatis, n. 1).

La célébration eucharistique de ce soir nous reconduit à l'atmosphère spirituelle du Jeudi Saint, le jour où le Christ, la veille de sa Passion, institua la Très Sainte Eucharistie au Cénacle. Le Corpus Domini constitue ainsi une reprise du mystère du Jeudi Saint, presque en obéissance à l'invitation de Jésus de "proclamer sur les toits" ce qu'Il nous a dit dans le creux de l'oreille (cf. Mt 10, 27). Les Apôtres reçurent le don de l'Eucharistie du Seigneur dans l'intimité de la Dernière Cène, mais il était destiné à tous, au monde entier. Voilà pourquoi il doit être proclamé et exposé ouvertement, afin que chacun puisse rencontrer "Jésus qui passe", comme cela avait lieu sur les route de Galilée, de Samarie et de Judée; afin que chacun, en le recevant, puisse être guéri et renouvelé par la force de son amour. Chers amis, tel est l'héritage perpétuel et vivant que Jésus nous a laissé dans le Sacrement de son Corps et de son Sang. Un héritage qui demande d'être constamment repensé, revécu, afin que, comme le dit le vénéré Paul VI, il puisse "imprimer son efficacité sans limites sur tous les jours de notre vie mortelle" (Audience générale du 24 mai 1967, Insegnamenti, V [1967], p. 779).

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21/06/2014

La présence réelle du Christ dans l'Eucharistie : un éclairage de Fabrice Hadjadj

Hostie1.jpgDe Fabrice Hadjadj dans "La Terre, Chemin du Ciel", pp.90-92, Les Provinciales (Cerf), 2002 :

Cette présence substantielle (du Christ) ne fut-elle que le bref privilège des disciples qui, sous Ponce Pilate, parcoururent la Palestine auprès de Lui, le Ciel fait terre? « Pour les consoler de son départ, écrit l'abbé Guerric d'Igny, il inventait ce nouveau mode de présence, [le sacrement de son corps et de son sang] ; ainsi tout en les quittant et leur ôtant sa présence corporelle, il restait non seulement avec eux, mais même en eux, et au milieu d'eux, par la vertu de ce sacrement*. » Telle est la violence de l'amour de Dieu pour nous qu'Il s'offre substantiellement chaque jour à nos gueules fétides, à nos dents cariées, à nos aigres estomacs. Il veut que nous mastiquions son Éternité. Il veut que nous déglutissions l'Infini. Mais cet Amour que nous avalons est plus fort que nous et c'est lui, en fin de compte, qui nous dévore.

Ainsi le fruit de la terre et du travail des hommes devient miraculeusement le Ciel parfait. Le froment de ces champs, le raisin de ces vignobles, tout ce qui fut commandé hier par la piété des moines-laboureurs, tout cela se trouve dans les oblats et, à l'instant de la consécration, se convertit au Corps et au Sang en lesquels habite la plénitude de la divinité.

J'ai lu naguère l'histoire véridique d'un roi qui aimait à travailler parmi les vignes et les blés : il voulait choisir lui-même les épis les plus beaux, les grappes les plus vermeilles qui serviraient à fabriquer les offrandes de l'Eucharistie; il savait qu'il n'y avait pas d'office plus royal. Ne fût-ce que pour cette raison, le chrétien doit prendre soin du sol, s'émerveiller de la moindre graine et révérer les meules, enfin par-delà la culture « bio », envisager une culture « théo », qui ne se préoccupe pas que de santé, mais aussi de sainteté, en contemplant avec hommage et tremblement les nourritures terrestres qui peuvent être transsubstantiées en Pain des anges.

Sous l'apparence d'une miette sans levain et d'un peu de vin blanc qui pour croître exigent toute notre terre et l'alternance des saisons, le Ciel est là. Un instant, notre corps tient son Bien-Aimé, et avec Lui, parce qu'Il est le Créateur, tous les pays, tous les hommes, et son propre voisin M. Franchon, et l'éventuel habitant de Proxima du Centaure, et sa maison de pierres grises, et les vivants et les morts. Un instant, le Tout-Puissant entre dans notre formule brève, l'Immensité du Ciel fond dans notre bouche, descend par notre gorge, diffuse sa grâce du fond de nos viscères. Mais il demeure dans cette petite église, autour de quoi jadis s'organisaient le village et les travaux des champs. Il est là, au coin d'une rue, derrière les bruyantes voitures qui l'ignorent et les passants pressés qui ne se signent pas. Où allons-nous plus loin? Pourquoi ces oeillères qui nous font chercher au-delà? Faudra-t-il que nous mangions les pissenlits par la racine, comme on dit, faudra-t-il l'obscurité de la tombe, l'inhumation profonde, pour nous faire enfin reconnaître la clarté meuble et l'amour sous les remblais?

* Sermons pour la fète de l'Ascension, 1, Sources chrétiennes 202.

20/06/2014

"A quelle table est-ce que je veux me nourrir ?" L'homélie du pape pour la Fête-Dieu

Lors de la messe de la Fête-Dieu célébrée sur le parvis de la basilique Saint-Jean de Latran, le pape a prononcé cette homélie (source) : 

« Le Seigneur, ton Dieu… t’a donné à manger la manne que tu ne connaissais pas » (cf. Dt 8,2).

Ces paroles de Moïse font référence à l’histoire d’Israël, que Dieu a fait sortir d’Égypte, de sa condition d’esclavage, et qu’il a guidé pendant quarante ans dans le désert vers la Terre promise. Une fois établi sur la terre, le peuple élu atteint une certaine autonomie, un certain bien-être et il court le risque d’oublier les tristes événements de son passé, surmontés grâce à l’intervention de Dieu et à son infinie bonté. Les Écritures exhortent alors à se souvenir, à faire mémoire de tout le chemin parcouru dans le désert, au temps de la famine et de l’inconfort. L’invitation de Moïse est de retourner à l’essentiel, à l’expérience de la dépendance totale de Dieu, quand la survie de l’homme était confiée à sa main, pour qu’il comprenne qu’il « ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur » (Dt 8,3). Outre la faim physique, l’homme porte en lui une autre faim, une faim qui ne peut être satisfaite par la nourriture ordinaire. C’est une faim de vie, une faim d’amour, une faim d’éternité. Et le signe de la manne, comme toute l’expérience de l’exode, contenait aussi en lui cette dimension : c’était la figure d’une nourriture qui ne satisfait pas cette faim profonde qui est dans l’homme. Jésus nous donne cette nourriture, ou plutôt, il est lui-même le pain vivant qui donne la vie au monde (cf. Jn 6,51). Son Corps est la vraie nourriture sous les espèces du pain ; son Sang est la vraie boisson sous les espèces du vin. Ce n’est pas simplement un aliment avec lequel rassasier nos corps, comme la manne ; le Corps du Christ est le pain des derniers temps, capable de donner la vie, et la vie éternelle, parce que la substance de ce pain est l’amour.

Dans l’Eucharistie, se communique l’amour du Seigneur pour nous : un amour si grand qu’il nous nourrit de lui-même, un amour gratuit, toujours à la disposition de toute personne affamée et qui a besoin de refaire ses forces. Vivre l’expérience de la foi signifie se laisser nourrir par le Seigneur et bâtir son existence non pas sur les biens matériels mais sur la réalité qui ne périt pas : les dons de Dieu, sa Parole et son Corps. Si nous regardons autour de nous, nous nous apercevons qu’il y a beaucoup de propositions de nourriture qui ne viennent pas du Seigneur et qui, apparemment, satisfont davantage. Certains se nourrissent de l’argent, d’autres du succès et de vanité d’autres encore du pouvoir et de l’orgueil. Mais la nourriture qui nous nourrit vraiment et qui nous rassasie est seulement celle que nous donne le Seigneur ! La nourriture que le Seigneur nous offre est différente des autres, et peut-être ne nous semble-t-elle pas aussi appétissante que certains plats que nous offre le monde.

Alors, nous rêvons d’autres plats, comme les Hébreux dans le désert, qui regrettaient la viande et les oignons qu’ils mangeaient en Égypte, mais ils oubliaient qu’ils mangeaient ces plats à la table de l’esclavage. En ces moments de tentation, ils avaient de la mémoire, mais une mémoire malade, une mémoire sélective, une mémoire esclave, non libre. Nous pouvons tous, aujourd’hui, nous demander : et moi ? Où est-ce que je veux manger ? À quelle table est-ce que je veux me nourrir ? À la table du Seigneur ? Ou est-ce que je rêve de manger des mets délicieux, mais dans l’esclavage ? Chacun de nous peut se demander : Quelle est ma mémoire ? Celle du Seigneur qui me sauve, ou celle de l’ail et des oignons de l’esclavage ? De quelle mémoire est-ce que je rassasie mon âme ? Le Père nous dit : « Je t’ai nourri de la manne que tu ne connaissais pas ». Retrouvons notre mémoire, c'est notre devoir : retrouver la mémoire ; et apprenons à reconnaître le faux pain qui leurre et qui corrompt, parce qu’il est le fruit de l’égoïsme, de la suffisance et du péché. Nous allons bientôt, dans la procession, suivre Jésus réellement présent dans l’Eucharistie. L’hostie est notre manne, par laquelle le Seigneur se donne à nous. Tournons-nous vers lui avec confiance : Jésus, défends-nous des tentations de la nourriture mondaine qui nous rend esclaves, une nourriture empoisonnée ; purifie notre mémoire, afin qu’elle ne reste pas prisonnière de sélections égoïstes et mondaines, mais qu’elle soit mémoire vivante de ta présence tout au long de l’histoire de ton peuple, mémoire qui se fait « mémorial » de ton geste d’amour rédempteur. Amen.

Traduction de Zenit, Constance Roques

19/06/2014

Rome : Le Pape François ne guidera pas la procession de la Fête Dieu

A230508_6.jpg(Radio Vatican) Pour la Fête de Dieu, le Pape François en fin d’après-midi célébrera la messe sur le parvis de la Basilique Saint Jean de Latran mais ne participera pas à la procession qui partira ensuite vers la Basilique de Saint Marie Majeure, tout au long de la Via Merulana. Il s’y rendra directement en voiture couverte, et non découverte, afin que l’attention des fidèles reste portée sur l’adoration du Saint Sacrement. 

Le Pape attendra l’arrivée de la procession et donnera à ce moment-là sa bénédiction du parvis de Sainte Marie Majeure. Une précision donnée par le Directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, le Père Federico Lombardi. « Le Pape a renoncé au long parcours à pied en vue de son agenda des prochains jours, notamment la visite pastorale à Cassano, en Calabre, samedi prochain ».

Il faut savoir que depuis quelques jours, 120 sans-logis, originaires d’Italie mais aussi d’Afrique du Nord et d’Europe de l’Est, ont trouvé refuge dans la Basilique de Sainte Marie Majeure. Le Père Lombardi a estimé que « même si l’on ne peut jamais exclure des surprises, il semble peu probable que le Pape aille rencontrer ces personnes, étant donné que l’évènement est délicieusement (sic) liturgique ». De plus, a ajouté le Père Lombardi, « l’affaire est de la compétence de la Commune de Rome Capitale, qui cherche des solutions depuis plusieurs jours ». 

Le Père Lombardi a aussi précisé « que les sans-logis ont été accueillis dans la basilique avec beaucoup de gentillesse et d’attention, et le sont encore avec beaucoup d’humanité. » « Ils ont reçu la visite de Mgr Konrad Krajewski, l’aumônier pontifical. Mais il serait inopportun d’utiliser le Pape pour emphatiser (re-sic) médiatiquement chaque problème : ce n’est pas à lui de les résoudre tous… »

Photo: la procession avec le Pape Benoît XVI en juin 2012

Ref. Le Pape ne guidera pas la procession de la Fête Dieu

Et le bon usage de la langue française se perd aussi à Rome...JPSC