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Débats - Page 3

  • Quand les évêques allemands prennent le parti d'assouplir la discipline des sacrements

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    Du site de l'Homme Nouveau :

    Érosion de la discipline des sacrements de l’Église catholique en Allemagne

    Fils du philosophe catholique allemand Robert Spaemann, le docteur Christian Spaemann a réagi à la récente décision de la Conférence des évêques allemands d'élargir la possibilité de recevoir les sacrements aux fidèles se trouvant dans une situation irrégulière. Nous publions ici la version française (traduction d'Elisabeth Franc) de son texte publié en allemand sur kath.net ainsi que sur différents sites en langue étrangère.

    C’est désormais chose faite. Les évêques allemands ont pris une décision qui ne relève pas de leur autorité. Ils ont assoupli la discipline des sacrements de l’Église catholique : les croyants se trouvant dans une situation irrégulière, c’est-à-dire qui entretiennent des relations sexuelles hors mariage sacramentel, doivent avoir la possibilité de recevoir les sacrements. Il convient de « respecter leur décision de recevoir les sacrements…. » Dans leur texte, les évêques reprochent aux prêtres qui se conforment à l’ordre en vigueur jusqu’ici d’avoir tendance à « juger rapidement » et à adopter une « attitude rigoriste (et) extrême ». Ils suivent ainsi une logique dans laquelle ils interprètent de manière erronée la notion de miséricorde et ont une image déformée de ceux qui observent le magistère de l’Église catholique et sa rationalité intérieure. Dans leur communiqué, les évêques allemands transgressent des normes claires que de nombreux papes, en particulier Jean-Paul II, et le Catéchisme de l’Église catholique ont définies sans ambiguïté, en accord avec l’enseignement traditionnel de l’Église. Le fait qu’ils se fondent sur l’exhortation post-synodale « Amoris laetitia » (AL) du Pape François ne justifie pas cette façon de procéder, étant donné que cette exhortation doit être interprétée à la lumière de la tradition, faute de quoi il ne faudrait pas s’y conformer car le Pape ne suivrait pas l’enseignement traditionnel de l’Église.

    Le point essentiel

    Le point essentiel à retenir est que l’enseignement de l’Église contient des normes qui s’appliquent sans aucune exception et ne sont pas soumises à un examen circonstancié, c’est-à-dire qu’il n’est pas possible de prendre des décisions divergentes au cas par cas. Cela est lié à la nature de l’homme, auquel est conféré une dignité qui impose certaines limites dans la relation avec soi-même et avec les autres. La sexualité en fait partie. L’homme ne peut pas l’instrumentaliser ou la vivre en dehors d’un contexte défini sans porter atteinte à sa dignité ni assumer la responsabilité de sa faute, quelle que soit la manière de pondérer les circonstances subjectives et donc la faute personnelle. Par exemple, lorsqu’un homme souffre d’un trouble psycho-organique l’empêchant de contrôler ses affects et qu’en conséquence il insulte régulièrement sa femme, il souille quand même sa relation avec elle et lui exprimera son regret à maintes reprises alors qu’il ne peut rien ou presque rien y faire.

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  • P. Simon Noël, osb : contra spem in spe

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    Jésus calme la tempête.jpg«Contra spem in spe », dit saint Paul : contre l'espérance dans l'espérance. Le P. Simon Noël (Chevetogne) a posté ce billet sur son blog, au retour d’une session charismatique, marquée par la crise qui ébranle l’Eglise en Belgique et ailleurs en Europe : 

    « Je reviens de deux journées d'une session charismatique de louange et de guérison pour enfants et leurs parents. Cela m'a permis de prendre un peu la température de notre Église. La session avait lieu dans un lieu où vivent des religieux âgés ou malades. J'ai eu des contacts avec ceux-ci aussi bien qu'avec les participants de la session.

    Quelles conclusions tirer des conversations auxquelles j'ai pris part ? D'abord beaucoup de témoignages désabusés sur la situation actuelle de l’Église de la part des religieux qui nous accueillaient : plus de vocations, une pratique religieuse vieillissante et en baisse constante. La sécularisation ne cesse de s'affirmer. Ainsi un home proche pour personnes âgées, qui portait un nom chrétien, y a renoncé récemment pour adopter un nom plus neutre. Pax Christi vient aussi de changer son nom en Be.Pax. Les religieux en question craignent eux-mêmes de devoir aller bientôt dans une maison de repos, où, semble-t-il, ils ne disposeront plus d'une chapelle. Et tant d'autres choses furent dites qui vont dans le sens d'une apostasie qui se généralise et d'une confusion au sein même de l’Église.

    Et puis, il y eut tant de belles choses, prometteuses d'un avenir meilleur, dans la session des enfants et de leurs parents. Des petits et des grands qui vivent en profondeur le sacrement de la réconciliation. Des enfants initiés à l'adoration du Saint Sacrement et à la prière du rosaire. Des adultes qui se sont relayés jour et nuit devant le Saint Sacrement pour la louange et l'intercession. De nombreuses grâces de délivrance et de guérison. Une écoute patiente et priante de tant de souffrances humaines, de la part des accompagnateurs, prêtres, religieuses et laïcs.

    Alors que dire ? La situation est bien contrastée. D'une part, la mort spirituelle, d'autre part, la vie de l'Esprit. Oui la crise est réelle mais l'avenir de l’Église est entre les mains de Dieu.

    Je conclus par ce que m'a dit un des prêtres accompagnateurs de la session. La crise est grave, et pourrait s'aggraver, au point qu'à un moment donné, tout humainement semblera perdu. Alors ce sera l'intervention directe, inattendue et miraculeuse de Dieu, qui semble dormir pour l'instant au fond de la barque de Pierre. Un renouveau extraordinaire s'ensuivra et fera notre émerveillement.

    Par notre prière, notre silence et notre fidélité, que soit hâtée la venue de ce jour. Gardons confiance et restons calmes. »

    Ref. Une session charismatique

    Volens nolens, l’Europe passera aux « barbares », en fait des peuples souvent plus religieux  que  le monde aux cheveux blancs qui s’étiole sous nos yeux. Les chrétiens ne sont pas absents de ces migrations venues d’outre mers : déjà, dans nos paroisses et communautés, ils partagent la jeunesse et la conviction de leur foi vivante avec les minorités de souche restées fidèles. Quelqu’un a dit « noli timere, pusillus grex », n’aie  pas peur, petit troupeau: j’ai vaincu le monde. L’identité qui nous intéresse c’est celle du Christ.

    JPSC

  • Ordonner des "viri probati" ? Cela ne résoudrait pas le problème...

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    De Clémence Houdaille sur le site du journal La Croix :

    Ordination d’hommes mariés : « Ce n’est pas la solution car ce n’est pas le problème »

    Mgr Francis Bestion, évêque de Tulle (Corrèze), est membre de la Commission pour les ministres ordonnés et les laïcs en mission ecclésiale de la Conférence des évêques de France

    Cette question de viri probati n’est pas du tout nouvelle, elle se pose depuis le Concile Vatican II. Dans son interview à Die Zeit, le pape François dit que le célibat optionnel n’est pas la solution. Je le comprends. Ce n’est pas la solution car ce n’est pas le problème. On se focalise sur les vocations et sur le célibat des prêtres, alors que le problème est une Église qui se soucie de la survie de ses structures au lieu de chercher à être missionnaire. Si notre inquiétude est de maintenir des structures qui existent depuis des siècles, c’est dramatique.

    A LIRE : Le pape François envisage une réflexion autour de l’ordination…

    Mon problème, en tant qu’évêque d’un diocèse rural, ce n’est pas d’avoir moins de prêtres, mais de ne pas avoir de jeunes prêtres. Je peux déjà ordonner des hommes mariés diacres, et les candidats ne se bousculent pas à ma porte. Même si l’on ouvrait l’ordination à des viri probati, je n’aurais sans doute pas beaucoup de candidats. Et même si j’ordonnais des viri probati, cela ne résoudrait pas le problème, qui est que nos communautés sont devenues des assemblées de personnes âgées. Ce n’est pas surprenant qu’il n’y ait pas de jeunes dans les séminaires, quand on voit la composition des assemblées ! L’inverse serait surprenant. Mais si l’on n’a aucun jeune prêtre, qui va être le ferment de la mission ? Même les laïcs engagés sont beaucoup plus investis dans la survie des structures existantes que dans l’évangélisation. Le défi est de faire vivre notre baptême, d’appeler davantage de jeunes, plutôt que de nous épuiser à faire survivre des structures héritées des siècles passés et qui ne correspondent plus à la vie d’aujourd’hui. En milieu rural, les jeunes pratiquants sont prêts à faire des kilomètres pour se rendre dans une paroisse où ils se sentent bien. Ils ne demandent pas à avoir un prêtre dans leur village.

    Crise profonde de la foi

    Ce qui me soucie n’est pas le célibat des prêtres, c’est qu’il n’y a personne pour annoncer l’Évangile. Le vrai problème est la crise profonde de la foi que traversent nos sociétés occidentales. Alors dans beaucoup de diocèses, on essaie de boucher les trous en faisant venir des prêtres de l’étranger. Mais ce n’est pas cela qui va répondre à la problématique essentielle : l’Église doit continuer à être fraternelle, missionnaire et appelante. Il ne s’agit pas de perdurer mais d’annoncer le Royaume de Dieu, même s’il faut pour cela laisser mourir un mode de fonctionnement passé.

    Il faut aussi savoir regarder ce qui est en train de naître. Mon grand espoir, aujourd’hui, est le nombre grandissant de catéchumènes adolescents et adultes. C’est là qu’il doit y avoir un travail d’accompagnement de la part de nos communautés.

  • Sédation : le médecin doit-il obéir à un patient qui la demande ?

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    Du bulletin de l'Institut Européen de Bioéthique :

    Sédation : le médecin doit-il obéir à un patient qui la demande ?

    Une décision du conseil de discipline des soins de santé (RTG) de La Haye vient attiser le débat autour de la sédation en phase terminale aux Pays-Bas. Dans un jugement récent, le conseil de la RTG a en effet condamné un spécialiste en gériatrie qui n’avait pas jugé opportun de sédater une patiente de 102 ans qui le demandait. Celle-ci exprimait en effet le désir de ne plus vivre. Le gériatre mis en question affirme que sa patiente était calme, dormait bien et réagissait bien aux doses de morphine. Aucun symptôme réfractaire physique n’était observé, selon lui.

    Ce n’est pas l’avis du Conseil qui a estimé que le médecin devait également prendre en considération la souffrance psychique d’être encore en vie, alors que la patiente souhaitait mourir. Le Conseil a donc laissé entendre que le seul fait de vouloir mourir, peut être qualifié de « symptôme réfractaire », qui, ne pouvant être « atténué », constitue une raison valable à la sédation.
    De son côté, le Collège disciplinaire de la Fédération des médecins néerlandais (KNMG), qui a été saisi de l’affaire, a rappelé que la décision de plonger un patient dans un état d’inconscience par sédation ne dépend ni de la famille ni du patient, mais bien du médecin. Ceci est d’ailleurs spécifié dans la directive de la KNMG sur la sédation palliative.

    Cette Directive pose deux conditions cumulatives pour pouvoir pratiquer la sédation. Premièrement, le décès doit être prévisible à brève échéance (une ou deux semaines). Deuxièmement, un ou plusieurs symptômes réfractaires doivent être présents chez le patient. « la sédation palliative est une intervention médicale, et qui repose sur la responsabilité du médecin, quant à la décision et l’exécution de la sédation. » Le médecin, devant agir en connaissance de cause, doit logiquement obtenir l’accord du patient, mais c’est le médecin seul qui prend la décision de plonger le patient dans le coma. Il n’y a donc pas de décision bilatérale, mais bien unilatérale, émanant du médecin. Il n’est donc pas question d’accorder automatiquement la sédation à un patient qui la demande.

    La famille de la personne décédée naturellement a toutefois porté plainte, arguant que le désir de mourir était un symptôme réfractaire et que, sur cette base, les médecins ne pouvaient refuser la sédation. Ce refus dans ce cas précis aurait causé, disent-ils, une souffrance physique et psychologique à la patiente qui aurait, selon la famille pu être évitée. C’est sur cette base que le médecin a reçu un blâme émanant du Conseil de discipline des soins de santé (RTG).

     Source : Nederlands Tijdschrift voor Geneeskunde

    Qu'est-ce que la sédation ? Voir  Fiche Didactique "Fin de vie : s'entendre sur les mots"

  • Le groupe Croissance en butte à l'hostilité du Centre d'Action Laïque

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    Depuis le mois de mai 2016, le Groupe Croissance est l’objet de diffamation de la part du CAL (Centre d’Action Laïque). Le Groupe Croissance intervient principalement dans les écoles secondaires du réseau libre pour faire réfléchir les jeunes en matière de vie relationnelle, affective et sexuelle. Leur message se base sur le respect de l’autre, l’unité de la personne, la sexualité responsable, l’amour durable, la beauté de la relation sexuelle, le respect de soi et la transmission de la vie. Les 25 animateurs sont des professionnels compétents qui travaillent bénévolement : sexologues, enseignants, infirmiers, médecins, pères et mères tous formés à l’écoute, l’animation, la sexologie et la physiologie.

    Le groupe a fait en 2015-2016, 170 animations dans 30 écoles pour 3730 élèves.

    Cela ne semble pas plaire aux sympathisants du CAL qui, depuis mai 2016 jusqu’à maintenant,  par de nombreux médias interposés, par la radio et la TV ainsi que par des questions au Parlement de  la Communauté Française jettent la suspicion sur le contenu des animations par la technique des déformations de propos et d’amalgame. Les griefs repris sont toujours les mêmes : infiltration d’un groupe anti-avortement, absence de neutralité, manque de rigueur dans les animations, culpabilisation des élèves, identité chrétienne. Les journalistes font état de lettres d’élèves qu’ils ont pu lire. Malgré ses demandes répétées, le Groupe Croissance ne parvient pas à en voir les copies même anonymes …La Ministre Schyns (CDH) a diligenté une inspection dans une école de Bruxelles. Le rapport signale que les inspecteurs n’ont pas rencontré de problème avec le Groupe Croissance.

    Depuis 2012, la Communauté Française a rédigé deux textes légaux pour baliser et pérenniser le projet EVRAS pour « Education à la Vie Relationnelle, Affective et Sexuelle » dans les écoles. Toutes les écoles sont donc tenues de programmer des animations EVRAS. La Communauté Française s’est attelée aujourd’hui à l’étude d’une labellisation des groupes qui seraient reconnus comme partenaires des écoles dans le cadre de l’EVRAS.

    Comme l’écrit fort bien le journaliste Bosco d’Ottreppe dans La Libre Belgique du 8 novembre 2016, l’enjeu est de nature éthique, philosophique et anthropologique. Il est clair que le CAL (Centre d’Action Laïque) et ses sympathisants désirent éliminer des groupes qui ne partagent pas leur vision de la sexualité et de l’amour pour avoir l’exclusivité des interventions EVRAS à travers les Planning Familiaux. Leurs interventions ne respectent en rien la neutralité.

    L’enjeu dépasse le territoire de la Communauté Française comme, par exemple, en Flandre où Sensoa qui prône l’avortement, la sexualité hygiéniste et récréative et le genre  est devenu incontournable dans les institutions sociales pour jeunes en difficulté ou dans l’enseignement. En France, certaines écoles sont attaquées pour le contenu de ces animations par des groupes laïques et LGBT.

    Les jeunes ont besoin, plus que jamais dans une société perturbée,  de recevoir un message positif sur la sexualité et l’amour. Ce thème est au cœur de la construction de leur identité et ils sont réellement demandeurs. Avec détermination, le Groupe Croissance veut continuer à faire réfléchir les jeunes rencontrés malgré les sérieuses difficultés survenues depuis 11 mois.

  • Ecoles catholiques : quelle éducation affective et sexuelle délivrer ?

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    Cet article de Pauline Quillon, sur le site de l'hebdomadaire Famille Chrétienne, illustre la situation des établissements catholiques en France; on fera le rapprochement avec ce qui s'est passé au Collège du Christ-Roi d'Ottignies où des enseignants ont été désavoués par leur direction pour avoir notamment fait appel au groupe "Croissance"...

    Éducation affective et sexuelle : l’école catholique prise à partie

    Après un nouvel incident touchant un livret distribué au lycée Sainte-Croix de Neuilly, les chefs d’établissement s’interrogent sur leur mission, entre le devoir de prudence et celui d’enseigner les positions de l’Église.

    Peut-on encore délivrer de l’anthropologie chrétienne dans les lycées catholiques sous contrat sans s’attirer des ennuis ? Depuis quelques années, ces derniers se trouvent en butte à des polémiques récurrentes, qui prennent parfois à partie le tribunal médiatique. Dernier en date, Notre-Dame de Sainte-Croix de Neuilly a dû faire face, fin février, à une accusation d’homophobie à l’endroit d’un livret intitulé Pour réussir ta vie sentimentale et sexuelle (voir encadré ci-dessous). L’année dernière, en septembre 2016, c’était un manuel de bioéthique de la Fondation Lejeune qui avait suscité la polémique dans différents établissements. En avril 2014, l’affaire Gerson avait aussi défrayé la chronique : le lycée parisien du 16e arrondissement avait dû faire face à un procès pour « dérives intégristes » après des propos tenus sur l’avortement lors d’une intervention d’Alliance Vita.

    Dans le cas de Sainte-Croix, l’accusation d’homophobie était-elle justifiée ? Marc Bouchacourt, directeur du lycée des maristes à Lyon, juge que le livret mis en cause ne méritait pas un tel désaveu. Mais il estime que les termes et analyses proposés sont contestables, faute d’être scandaleux. Le livret avance en effet des explications causales de l’attirance homosexuelle pour le moins rapides et peu fondées. « Depuis quelques années, l’Église est sortie de l’explication de l’homosexualité par l’histoire familiale. Réduire une personne à une explication, c’est maladroit et réducteur », analyse-t-il. Et le fait que l’auteur, le Père Jean-Benoît Casterman, ait signé des articles sur des sites classés à l’extrême droite, tel Riposte laïque, a contribué à jeter l’opprobre sur le texte.

    Quoi qu’il en soit du bien-fondé ou non du retrait du livret incriminé, l’affaire pose la question de la liberté d’expression dans l’Enseignement catholique. Les chefs d’établissement se trouvent dans des situations inextricables et sont attaqués de toute part.

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  • Eglise: le pape François veut modifier la loi du célibat obligatoire pour les prêtres de rite latin

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    DieZeit_cover.jpgC’est ce qu’il a réaffirmé à l’hebdomadaire allemand « Die Zeit » le 9 mars dernier (voir ici  sur Belgicatho).  Il n’y a là aucun « scoop ». Le 13 juillet 2014, Eugenio Scalfari, fondateur et ancien directeur du quotidien italien de gauche « La Reppublica » avait déjà reproduit ce dialogue censé transcrire la parole même du pape régnant  à propos du célibat des prêtres:

     -« Comment va évoluer au fil du temps ce problème dans l'Eglise de Rome ? » 

    - «Peut-être ne savez-vous pas que le célibat a été établi au Xe siècle, c'est-à-dire 900 ans après la mort de notre Seigneur (1). L'Eglise catholique orientale a à ce jour la faculté que ses prêtres se marient. Le problème existe certainement mais n'est pas d'une grande ampleur. Il faut du temps, mais il y a des solutions et je les trouverai. »

    Le célibat ecclésiastique, une invention tardive ?

    Ceux qui comme le pape régnant voient dans le célibat des clercs majeurs une invention tardive (1) sont de moins en moins nombreux, car l’argument, tiré en fait d'une disposition du 2e concile de Latran (1139), ne résiste pas à une simple lecture du texte conciliaire : celui-ci a pour objet de frapper de nullité tout mariage contracté par un clerc déjà ordonné. Mais les auteurs qui font autorité reconnaissent généralement que le respect de la continence exigé des clercs est bien antérieur à cette époque. On en trouve la trace formelle dans un décret du concile d’Elvire (305 ou 306), dont on peut déduire qu'il "canonise" une pratique existante. Etablir le motif exact de celle-ci et la genèse précise de son développement est une autre question: c'est sur ce point que les auteurs divergent, bien plus que sur l'antiquité de la règle. 

    Approfondir la doctrine

    Par ailleurs, les seuls arguments historiques ou disciplinaires sont rarement décisifs pour mettre fin à une  contestation (ce n’est pas la première) dans un domaine aussi sensible : a fortiori lorsqu’elle refait surface  dans l’ambiance séculariste postconciliaire exaltant toutes les formes de liberté. C’est pourquoi, dans l’époque précédant le règne du pape François, la réflexion s’est surtout portée sur le développement théologique légitime de la doctrine du célibat ecclésiastique.

    Selon l’argumentaire avancé à ce titre, la prêtrise est un état avant d’être une fonction et si -selon l’adage- le prêtre devient un autre Christ, par le sacrement qui l’ordonne à son Seigneur, il doit lui être « configuré en tout ». Ceci expliquerait que le prêtre ne puisse être une femme et demeure célibataire.

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  • Pas de mystère autour de la démission de Benoît XVI

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    D'Anne Kurian sur zenit.org :

    Démission de Benoît XVI: « Il n’y a aucun mystère à révéler », affirme le p. Lombardi

    Benoît XVI n’a pas subi de « pressions » qui l’auraient poussé à sa renonciation et « il n’y a aucun mystère à révéler ». C’est la mise au point du père Federico Lombardi, président de la Fondation vaticane Joseph Ratzinger – Benoît XVI et ancien directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, qui ne mâche pas ses mots après des propos de Mgr Luigi Negri, archevêque émérite de Ferrare (Italie). (voir ICI)

    Sur le site proche du Saint-Siège Il Sismografo, le père Lombardi réagit à un entretien dans lequel Mgr Negri soupçonne « de graves responsabilités à l’intérieur et à l’extérieur du Vatican » en ce qui concerne la démission de Benoît XVI. L’archevêque fait allusion à « des pressions énormes » subies par le pape allemand, exercées notamment par l’administration américaine de « Barack Obama » .

    Pour le jésuite, qui était porte-parole du Vatican au moment de la renonciation, en février 2013, les allégations de Mgr Negri créent une « confusion inutile ».

    Il invite à revenir aux déclarations de Benoît XVI aux cardinaux et dans son livre d’entretien avec Peter Seewald : « Il affirme en effet qu’il a pris la décision de sa renonciation en pleine liberté et responsabilité et qu’il n’y a aucun mystère à révéler ». Et le père Lombardi de défendre le pape émérite : « J’ai toujours pensé que Benoît XVI était un homme qui donne la priorité à la vérité ».

    « Il est très vrai – comme le dit Mgr Negri – que le pape émérite est ‘très lucide de pensée’, mais aussi ‘physiquement fragilisé’, ajoute-t-il. C’est pourquoi en quatre ans il n’aurait plus été en mesure de présider de longues célébrations publiques, de longues audiences, des réunions complexes, des assemblées synodales, et encore moins de faire des voyages ni des visites en paroisse. (…) Dans sa parfaite lucidité, il en était pleinement conscient déjà il y a quatre ans, et il a pensé que ce serait un problème pour la communauté de l’Eglise ».

    « Comment lui donner tort ? », s’interroge le p. Lombardi : « Il ne me semble pas qu’il soit nécessaire de penser à de terribles pressions d’outre-Atlantique. Nous pouvons tranquillement penser que cela a été une décision très sage et raisonnable, devant Dieu et devant les hommes ».

    Dans l’entretien, Mgr Negri dit aussi qu’à sa mort, il demandera à Saint-Pierre des éclaircissements sur l’affaire. Ce à quoi le père Lombardi rétorque : « Je ne poserai pas à saint Pierre la même question que Mgr Negri, parce que Benoît XVI a déjà donné la réponse et personnellement j’y crois ».

  • Le pape serait favorable à l'ordination de "viri probati"

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    De Jean-Marie Guénois sur le site du Figaro.fr :

    Le pape François est ouvert à l'ordination d'hommes mariés, les «viri probati»

    Dans une interview accordée à l'hebdomadaire allemand Die Zeit, le pape François confirme pour la première fois officiellement que l'Église catholique pourrait bientôt ordonner au sacerdoce des «viri probati», des hommes d'âges mûrs qui ont fait leur preuve pour remédier au manque de prêtres dans des régions reculées.

    Le pape François confirme pour la première fois publiquement qu'il n'est pas opposé à la perspective d'ordonner au sacerdoce des hommes mariés dans l'Église catholique latine. Mais il réserverait cette possibilité aux seuls «viri probati» des hommes d'âges mûrs qui ont fait leur preuve sur le plan chrétien. François estime en effet que «permettre de choisir le célibat» ou non, à de jeunes séminaristes «n'est pas la solution» au «sérieux problème des vocations».

    C'est la première fois que le Pape est aussi clair sur ce sujet. Il répond à une interview accordée à l'hebdomadaire allemand Die Zeit, daté du 9 mars 2017. «Nous devons réfléchir, dit-il, pour savoir si les viri probati sont une possibilité. Ensuite, nous devons aussi déterminer quel rôle ils peuvent jouer, notamment dans les communautés éloignées».

    François estime même qu'il est de la responsabilité de l'Église de «discerner quand le Saint-Esprit appelle à quelque chose» à propos de l'ordination des «viri probati». On savait que le Pape avait autorisé la conférence des évêques brésiliens à lancer une commission d'étude sur l'ordination de «viri probati» pour permettre à des hommes mariés d'officier dans des contrées reculées où ne viennent que très rarement des prêtres. Mais cela n'avait jamais été confirmé officiellement.

    L'Église pourrait évoluer sur le célibat sacerdotal

    Le 3 janvier dernier, le théologien de la libération Leonardo Boff, ancien prêtre, aujourd'hui marié, avait assuré après l'avoir rencontré que «le pape François était prêt à autoriser pour une phase expérimentale, préliminaire, limitée au Brésil, le retour au sacerdoce d'anciens prêtres qui l'ont quitté parce qu'ils se sont mariés». La confirmation, en tout cas par le Pape lui-même, que le dossier de l'ordination de «viri probati» est à l'étude s'inscrit dans le contexte de la préparation d'un synode sur les jeunes et les vocations, programmé pour octobre 2018.

    L'enquête préliminaire lancée le 13 janvier 2017 ne comporte pas de questions sur ce thème mais beaucoup pensent que les résultats de cette consultation mondiale - qui vont revenir à Rome d'ici l'été - vont demander à l'Église d'évoluer sur le célibat sacerdotal. Ce sujet pourrait donc se trouver au cœur de ce synode sur les vocations.

    L'Église catholique autorise depuis toujours les prêtres mariés dans les Églises de rite oriental, au Proche-Orient notamment. Elle a imposé le célibat - qu'elle a toujours recommandé - dans l'Église latine , au XIe siècle, au titre de la discipline ecclésiastique et non pour des raisons théologiques. Théologiquement, rien n'empêche en effet un prêtre marié de célébrer validement les sacrements. Si l'Église le décidait, elle pourrait donc lever cette pratique.

    Mais des religions qui autorisent le mariage de leurs rabbins, prêtres, pasteurs, imams rencontrent les mêmes problèmes de recrutement notamment parce que ces fonctions ne sont pas valorisées socialement.

  • Belgique : la loi sur l'euthanasie doit être évaluée en profondeur

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    Du bulletin de l'Institut Européen de Bioéthique :

    La Loi euthanasie en Belgique doit être évaluée en profondeur

    Quatre des membres de la Commission fédérale de contrôle et d'évaluation de l'euthanasie (CFCEE) (Wim Distelmans, Jacqueline Herremans, Gilles Génicot et le Dr Proot, ont présenté il y a quelques jours le Rapport 2014-2015 de la Commission aux députés membres de la commission Santé publique de la Chambre. Les questions de ceux-ci ont porté sur des points essentiels et révèlent un certain malaise par rapport au contrôle de la loi euthanasie mais aussi par rapport à d’autres faits qu’ils ont voulu souligner.

    Tout d’abord, les députées Els Van Hoof (CD&V) et Catherine Fonck (cdH) se sont interrogées sur la médiatisation de certains cas d’euthanasie, se demandant pourquoi certains membres de la Commission sont tellement prompts à prendre la parole pour expliquer aux médias le bien-fondé de tel ou tel cas qui, de prime abord, pourraient sembler non conforme à la loi euthanasie. Quelle est l’implication de membres de la commission dans cette médiatisation ? « Déontologiquement, cela me pose question et provoque en moi un profond malaise. Qu’en est-il de la confidentialité ? » demande Catherine Fonck. De plus, celle-ci a souligné le danger d’utiliser leur titre de « membre de la commission d’évaluation » lors d’une interview, pour faire passer leurs opinions personnelles. La députée a donc encouragé chacun des membres de la commission euthanasie à une certaine réserve du fait de leur fonction officielle.

    Une question importante a été celle de l’effectivité du contrôle qu’exerce la Commission. Pourquoi depuis toutes ces années, la Commission n’a-t-elle jamais souhaité trouver une explication sur la différence de répartition des euthanasies selon le régime linguistique (80% en Flandre, 20% en Wallonie) s’est inquiétée Els Van Hoof ? Comment la Commission peut-elle juger de l’indépendance des deux médecins impliqués dans la décision d’euthanasie, dans les 3700 cas où la commission n’a pas ouvert le « volet 1 », confidentiel, mais qui est précisément celui qui révèle les identités du médecin pratiquant l’euthanasie et de son confrère ?

    La question de l’euthanasie pour maladies psychiques a également soulevé beaucoup d’interrogations puisque la Commission a bien approuvé 10% des cas d’euthanasies pour maladies psychiques, de personnes qui n’étaient donc pas en fin de vie. « Comment pouvez-vous être sûr qu’il n’y avait aucune perspective d’amélioration ? », a ainsi demandé Els Van Hoof. Dans plusieurs cas, il semblerait, a poursuivi la députée, que vous outrepassiez le rôle d’évaluation qui est le vôtre, et que vous vous arrogiez le rôle du législateur en interprétant et fixant les limites de la loi. La Députée CD&V a pris l’exemple des 67 euthanasies de personnes qui n’avaient plus conscience d’elles-mêmes. Etaient-elles toutes dans le coma ?

    Dans le même sens, Catherine Fonck, a regretté que la Commission approuve des euthanasies sur base d’une souffrance future. La loi parle d’une souffrance réelle et actuelle, et non d’une souffrance à venir. De plus, la Commission a avalisé des cas de suicide assistéqui ne sont pas couverts par la loi euthanasie. Ce à quoi le Prof. Wim Distelmans a rétorqué que le suicide assisté ne se distingue pas de l’euthanasie si le médecin reste dans la chambre du patient pendant que celui-ci ingurgite le produit létal. Cela serait un suicide assisté, estime le Prof. Distelmans, si le médecin quittait la chambre du malade alors qu’il se donne la mort.

    La députée Van Peel (NV-a) a enchaîné en demandant une évaluation en profondeur de l’application de la loi euthanasie. « Sommes-nous encore en ligne avec l’esprit de la loi ? » Les membres de la Commission d’évaluation s’y sont montrés favorables.

    Source : IEB / Le Journal Du Médecin

  • Les prêtres condamnés à gérer un patrimoine de plus en plus lourd?

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    Un billet de Pierre Amar sur le site de l'hebdomadaire "La Vie" :

    Les prêtres deviendront-ils des gardiens de musée ? 

    Dans beaucoup de villages de France, l’Église s’épuise à accomplir ce que ni La Poste, ni la Gendarmerie, ni l’Éducation nationale n’ont accepté de faire : maintenir coûte que coûte une présence. Celle-ci ressemble le plus souvent à une vitrine vide. Sous le vieux clocher qui sonne encore l’angelus trois fois par jour, il n’y a plus grand chose : parfois un mariage, plus souvent un enterrement (sans messe), rarement l’eucharistie. Cela fait déjà plusieurs années que « la vieille dame qui avait les clés de l’église » est morte. Les derniers à lui avoir demandé d’y accéder pour y faire une courte prière étaient des scouts en exploration. Depuis, la clé se trouve à la mairie.

    Propriétaire et affectataire

    La mairie, justement, ne sait plus très bien quoi faire. La République a eu l’idée de confisquer les églises : la malheureuse ! La voilà propriétaire de plus de 40.000 édifices et l’entretien de l’église pèse très lourd dans le budget de nombreuses petites communes. Pour rentabiliser ce lieu, le Conseil municipal a bien proposé que des concerts et des expositions soient organisés : l’église serait pleine, pour une fois ! Mais l’affectataire, c’est-à-dire le curé, doit encore donner son feu vert. Or, il ne le fait pas systématiquement, car les événements proposés ne respectent pas toujours le caractère sacré du lieu où sont parfois clairement antichrétiens. Certains maires menacent et fustigent : pourquoi devraient-ils considérer l’église comme un lieu de culte alors que, justement, il n’y a (presque) plus de culte ? 

    La désaffectation d’un édifice religieux est une procédure bien définie. En cas de non-célébration du culte pendant plus de six mois ou de délabrement avancé, le maire peut seulement alerter le préfet qui, par arrêté et après accord écrit de l'évêque, prononcera la désaffectation. Libre alors au maire d’en faire un loft, une salle de concert ou bien de la démolir. C’est un crève-cœur pour les paroissiens, mais pas seulement. Beaucoup d’habitants interprètent la destruction du clocher comme la fin symbolique d’une foi qu’ils n’ont plus mais qui faisait, inconsciemment, leur identité.

    Trop c’est trop

    Le plafond de l’une de mes vingt églises vient de s’effondrer : je n’ai pu m’empêcher de pousser un « ouf » de soulagement. Une de moins ! Nous en sommes là. Il faut dire courageusement la vérité : beaucoup de curés en ont plus qu’assez. Sont-ils envoyés vers des pierres ou vers des cœurs ? Deviendront-ils des gardiens de musée ? Quand vont-ils enfin faire de l’évangélisation et arrêter de courir ? Dans leur paroisse, il y a un seul supermarché, pas quarante. Quel sens cela a-t-il de faire cinquante kilomètres pour célébrer la messe à une assistance de vingt-cinq personnes dont vingt-trois ne sont pas du village ? La pastorale de l’éclatement s’apparente à un acharnement thérapeutique. Il faut avoir le courage de reconnaître l’absurdité de desservir des clochers jusqu’à l’épuisement. 

    Le dimanche doit pouvoir rassembler toute la communauté chrétienne, dans sa diversité et ses richesses, en un lieu unique où coulerait la source eucharistique. Ni plus ni moins qu’un sanctuaire vers lequel on viendrait pour boire à la source, reprendre des forces et se rassembler pour vivre l’essentiel. Un covoiturage devrait être mis en place. À proximité immédiate du sanctuaire, une cité paroissiale fonctionnelle accueillerait de multiples activités pour un dimanche bien rempli : catéchèse, activités pour les enfants, repas, messe, jeux, conférence et pourquoi pas les vêpres ? Avant que les paroisses n’existent, on affluait vers les monastères et les cathédrales, ces pôles rayonnants où soufflait l’Esprit ; c’est ainsi que nos ancêtres ont évangélisé la France. 

    L’enjeu est de taille : voulons-nous gérer la pénurie, être les administrateurs d’un patrimoine de plus en plus lourd, ou bien redécouvrir la créativité missionnaire des évangélisateurs ? Faut-il inexorablement fermer boutique sans même réfléchir à demain ? Pourquoi n’organisons-nous pas des tournées missionnaires ? Pourquoi n’essayons-nous pas non plus de faire venir des prêtres et des religieux « différents », issus par exemple des communautés nouvelles ou traditionnelles ? Face à l’urgence, est-il encore temps de défendre nos prés carrés ? Ne sommes-nous pas tous serviteurs de la même évangélisation ? Quel avenir pour nos églises ? Toutes ces questions ne sont pas nouvelles : depuis l’article « L’eau monte » du père Jean-Louis Blaise qui décrivait (en 2001) la diminution du nombre de prêtres sans réduction de la pastorale, à Monsieur le curé fait sa crise de Jean Mercier (2016), en passant par Quel avenir pour nos paroisses ? du père Montoux (2011), on voit bien que cette problématique est récurrente et ancienne. Pourquoi est-ce si difficile d’en parler publiquement et paisiblement ? Et pourquoi n’avons-nous pas de réponses à nos questions ?

  • En Irlande : pas d'holocauste mais bien une tragédie de la pauvreté

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    De Stefano Magni sur la Nuova Bussola Quotidiana (notre traduction) :

    Irlande: non pas un «Holocauste», mais bien une tragédie de la pauvreté

    La presse, pendant deux jours, à la fin de la semaine dernière, a découvert une sorte d'"Holocauste irlandais". Ensuite, on n'en a pratiquement plus parlé. Ce qui a attiré l'attention, tant de la presse que de la télévision? La découverte d'une "fosse commune" avec les corps de 800 enfants dans le sol d'un orphelinat catholique à Tuam, dans le nord-ouest de l'Irlande. C'était les enfants de mères célibataires. L'orphelinat, dirigé par les Sœurs du Bon Secours, en activité de 1925 à 1961, est aujourd'hui accusé d'avoir laissé mourir de faim et d'épuisement ses jeunes hôtes, de les avoir enterrés dans une fosse commune, en guise de punition pour le péché parental. Mais cela s'est-il vraiment passé comme cela?

    La Nuova Bussola Quotidiana s'est entretenue avec David Quinn, de l'Irish Independent. "L'histoire est née il y a près de trois ans - explique-t-il - en juin 2014, quand une historienne locale, Catherine Coreless, a mené des recherches sur les enfants morts dans l'orphelinat de Tuam. Elle a trouvé tous les certificats de décès, les noms et les causes de la mort de près de 800 enfants, 796 pour être précis. Ces enfants ont dû être enterrés quelque part ". C'est revenu à la une parce que "les ossements ont été retrouvés et que ce qui avait été soupçonné était ainsi confirmé : ils ont été enterrés dans l'enceinte de l'orphelinat. On ne sait pas combien ont été retrouvés; on dit «un nombre important», probablement beaucoup moins que 796, mais nous n'avons aucun moyen de le savoir."

    Cela a fait immédiatement scandale, "tout comme lorsque la nouvelle avait été annoncée la première fois en 2014. Alors, les journaux ont titré que les corps de 800 enfants avaient été jetés dans une fosse septique. Après les enquêtes et les fouilles, on a trouvé deux structures souterraines. Dans l'une, des corps ont été trouvés, datant des années 50 et des décennies précédentes. Nous ne savons pas à quoi était destiné cet espace et il n'est pas du tout certain qu'il s'agissait d'une fosse septique". En général, "ce qui fait aujourd'hui scandale - continue Quinn - c'est que des centaines d'enfants sont morts dans un orphelinat, puis enterrés dans une fosse anonyme. Des réalités similaires à celle de l'orphelinat de Tuam, il y en avait dans toute l'Irlande, mais aussi en Angleterre et dans le reste de l'Europe. Je ne vais pas défendre ces pratiques répandues en tant que telles, mais la réalité de Tuam était commune alors." Le nombre de décès dans cet orphelinat n'est pas supérieur à la moyenne; ainsi "à l'intérieur de l'orphelinat de Tuam, le taux de mortalité était encore plus faible que chez les enfants nés dans des familles pauvres dans le reste du pays. Et la pauvreté, on ne l'entendait pas alors comme nous la connaissons aujourd'hui, mais bien en tant que difficulté à obtenir suffisamment de nourriture pour survivre".

    La majeure partie des morts, selon ces documents, est due à la maladie. "Considérons alors les espaces et le niveau de l'encombrement. Comme on le voit dans la liste des défunts et les causes de leur mort, un enfant malade de la rougeole provoque une contagion très rapide, comme un feu d'été, comme cela est arrivé en 1936 et 1947. En 1943, dans les mois de mai et juin, nous voyons des dizaines de décès par coqueluche (certains de coqueluche avec arrêt cardiaque). Beaucoup ont été infectés et sont morts dans un court laps de temps. Ce n'est pas pour justifier quoi que ce soit: on pouvait probablement consacrer plus d'attention et de soins aux enfants. Cependant, les vaccins et les antibiotiques n'étaient pas encore répandus; lorsqu'ils sont intervenus à la fin des années 40, les statistiques montrent une baisse drastique du taux de mortalité infantile due à la maladie".

    Dans les médias, cependant, on parle beaucoup de ceux qui sont morts de faim, de malnutrition... "Sur la liste des morts, la cause du décès est répertoriée comme mort par la faim ou la malnutrition. Y a 18 cas de «marasme», parmi les causes énumérées. Il faut en effet garder à l'esprit que c'étaient des enfants très pauvres. Ils sont arrivés à l'orphelinat déjà malnutris, ainsi que leurs mères qui souffraient de malnutrition. «Marasme» était alors un terme, indiqué par celui qui constatait la mort de l'enfant, qui incluait également d'autres causes de décès. Et, au total, il s'agit d'une petite minorité. Ce que je voudrais souligner, cependant, c'est que rien n'est caché: nous connaissons les noms du défunt, la date du décès et sa cause.

    S'agit-il, par conséquent, d'un cas tellement exceptionnel? "Je veux rappeler les circonstances - conclut Quinn - : un orphelinat pauvre, dans un pays parmi les plus pauvres d'Europe, dans une région parmi les plus pauvres du pays, à une époque où la mortalité infantile était très élevée partout (et dans le sud de l'Italie, en 1925, elle était encore plus élevé qu'en Irlande). L'opinion publique jette l'opprobre sur l'Irlande catholique qui a «abandonné» les enfants des mères célibataires dans les orphelinats. Mais qu'est-ce qui est arrivé à ce moment-là, dans d'autres pays? Les mêmes pratiques étaient monnaie courante partout dans le monde, dans les pays catholiques ou pas, chrétiens ou pas. Dans la laïque et sociale Suède démocratique, c'était encore pire: les mères célibataires ont été contraintes à l'avortement et stérilisées, selon les lois eugéniques. Et il ne me semble pas que la chose aujourd'hui fasse autant de scandale".