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Débats - Page 3

  • Juppé se dit plus proche du pape François que de la Manif pour tous

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    Lu sur bfmtv.com :

    Contrairement à Fillon, Juppé est plus proche "du pape François que de la Manif pour tous"

    Alain Juppé a dénoncé mardi devant ses soutiens parisiens la vision "extrêmement traditionaliste" de son adversaire à la primaire de la droite, François Fillon, se disant "plus proche de la parole de Pape François" que de la "Manif pour tous". Le maire de Bordeaux, nettement distancé au premier tour par M. Fillon, a évoqué devant ses soutiens parisiens réunis à son QG "la vision extrêmement traditionaliste, pour ne pas dire un petit peu rétrograde sur le rôle des femmes, sur la famille, sur le mariage (...)" de son adversaire. Il a opposé "sa plus grande ouverture d'esprit" sur le sujet. "Je dis à mes co-religionnaires catholiques que moi, je suis plus proche de la parole du Pape François que de la Manif pour tous!"

    Mais (source) :

    Quelques instants plus tard, sur la chaîne voisine, François Fillon a riposté : « Je ne suis pas sûr qu’il ait totalement écouté et lu le pape François. Sur la plupart des sujets sur lesquels Alain Juppé semble vouloir me contester, le pape François dit la même chose que moi. »

  • Madeleine de Jessey : « Beaucoup d'électeurs ont la conviction que François Fillon peut apaiser la France »

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    « Avec François Fillon, ce serait une première étape du dé-tricotage de la loi Taubira : si Nicolas Sarkozy ou Alain Juppé passaient, le volet de la loi Taubira aurait été clos pendant cinq ans au moins, cinq ans durant lesquels la loi se serait enracinée dans les mœurs. On aurait alors toute la peine du monde à ouvrir de nouveau le débat » : la porte-parole de Sens commun, courant des Républicains issu de la Manif Pour Tous, revient sur la très large victoire de François Fillon au premier tour de la primaire. Pour elle, le pari de Sens commun de soutenir l'ancien Premier ministre est gagnant. Une interview réalisée par Hugues Lefèvre pour « Famille chrétienne » :

    « Au lendemain de la victoire de François Fillon au premier tour, quel est votre sentiment ?

    Le sentiment que c'est la France silencieuse qui s'est exprimée. C'est une belle victoire des Français. Cette France silencieuse a plébiscité trois caractéristiques de François Fillon. D'abord, son programme qui est sérieux et le plus abouti de tous. C'est son travail, mûri durant trois ans, qui a été largement récompensé. Ensuite, sa vision. Une vision qui refuse l'atlantisme, qui entend libérer les Français des contraintes qui pèsent sur eux et sur l'emploi. Une vision qui entend défendre la souveraineté de la France et réaffirmer ses valeurs fondamentales. Enfin, la personnalité même de François Fillon a fait la grande différence.

    Les Français ont exprimé leur besoin d'être à nouveau gouvernés par quelqu'un dont ils puissent être fiers. C'est un homme intègre qui n'a jamais été inquiété par la justice. Il est un homme d'État, à rebours de la « politique spectacle » et des présidents communicants et manœuvriers ; un homme qui a su imposer le respect à tous, par sa droiture, son calme et sa hauteur de vue. François Fillon est un homme serein, qui peut aborder des sujets très sensibles mais de manière rationnelle, ce qui permet de désamorcer toutes polémiques. Beaucoup d'électeurs ont la conviction que cet homme peut apaiser la France tout en engageant des actions très fortes et absolument nécessaires pour notre pays.

    Etes-vous étonnée par l'ampleur du résultat ?

    C'était au-delà de toutes nos espérances. C'est ce que nous nous disions tous hier soir. Mais nous ne sommes pas étonnés dans le sens où nous savions qu'il était le meilleur candidat, avec un programme exceptionnel et une stature d'homme d'État.

    Sens commun a réussi son pari ?

    Lorsque Sens commun a déclaré son soutien à François Fillon, il était entre 8% et 10% dans les sondages. Ce n'était pas gagné à ce moment-là. Mais nous avons fait un choix en pariant sur l'homme, son programme et sa vision. Nous étions convaincus que la France avait besoin de lui.

    Vendredi dernier, François Fillon a indiqué sur RMC que les couples homosexuels pourraient continuer à adopter dans le cadre de l'adoption simple. Comprenez-vous l'incompréhension de certains catholiques ?

    Je comprends que la formule puisse surprendre mais François Fillon reste sur sa ligne. Il a toujours dit qu'il supprimerait l'adoption plénière pour les couples homosexuels. Cela revient à dire qu'il laisse la possibilité de l'adoption simple. L'idée est de faire en sorte qu'un enfant ne puisse pas être né de deux pères ou de deux mères sur le papier. C'est l'idée de reconnecter la politique avec le réel.

    Chez Sens commun, nous aimerions qu'à terme la loi Taubira ne reste pas en vigueur parce qu'elle est mauvaise pour la société. Il n'empêche qu'avec François Fillon, ce serait une première étape du dé-tricotage de la loi Taubira. Si Nicolas Sarkozy ou Alain Juppé passaient, le volet de la loi Taubira aurait été clos pendant cinq ans au moins, cinq ans durant lesquels la loi se serait enracinée dans les mœurs. On aurait alors toute la peine du monde à ouvrir de nouveau le débat.

    C'est donc la logique du « petit mieux » qui s'impose ?

    Du petit pas ! C'est la stratégie du petit pas. Il faut bien comprendre aussi que la loi Taubira est l'aboutissement de soixante ans de défaites intellectuelles et culturelles. De la même manière, si nous voulons faire en sorte que cette loi soit définitivement écartée un jour, il va falloir reconquérir le terrain des médias et de la culture. Et nous sommes loin du compte aujourd'hui.

    S'il est élu en 2017, Sens commun veillera à ce que François Fillon applique ce point précis de son programme ?

    Bien sûr. Mais nous ne sommes pas inquiets. Ces derniers mois nous ont permis de le connaître davantage, d'apprécier sa constance. C'est un homme de parole. Nous ne sommes pas du tout inquiets.

    François Fillon est perçu comme un candidat économiquement très libéral et qui peut être en contradiction avec la Doctrine sociale de l'Eglise, notamment sur la notion d'option préférentielle pour les pauvres. Qu'en pensez-vous ?

    Je comprends ces inquiétudes car nous les avions nous-mêmes lorsque nous avons rencontré François Fillon en juin dernier. Nous lui avions parlé de cet ultra-libéralisme dont on l'accuse parfois. Il nous avait répondu que la première cause de pauvreté en France était le chômage, que les mesures drastiques qu'il proposait n'étaient pas une fin en soi mais uniquement un moyen pour libérer l'emploi, et redonner confiance, notamment aux jeunes générations très affectées par le chômage. Il y a chez lui une volonté de remettre l'homme au cœur de notre économie.

    Je pense qu'il faudrait trouver un nouveau terme pour faire la distinction entre un libéralisme égoïste et consumériste et un libéralisme qui vise à libérer l'emploi en mettant l'homme, son autonomie et sa fierté au cœur de son action. Les questions de la dette, du refus de l'étatisme et des suppressions de postes dans la fonction publique s'inscrivent dans un souci réel de faire en sorte que la France n'ait pas les mains liées par des investisseurs étrangers, Qataris, Saoudiens ou Américains par exemple. Car sinon, ces pays détiennent des pans entiers du régalien et peuvent exercer une pression sur nos décisions politiques et diplomatiques.

    Avec François Fillon, nous avons une dimension souverainiste qui s'inscrit complètement dans la vision économique de Sens commun. Lorsqu'on demande à François Fillon s'il est libéral, il répond qu'il est d'abord pragmatique. On ne pourra pas redonner la fierté d'être Français aux jeunes si la France ne leur donne aucune espérance.

    Chez Sens commun, comment comptez-vous peser sur le programme et la personnalité de François Fillon ?

    Nous n'allons pas peser sur son programme. Il est fait et il nous satisfait sur l'immense majorité des sujets. Nous allons continuer à faire campagne, en parfaite collaboration avec les équipes de François Fillon. »

    Ref. Madeleine de Jessey : « Beaucoup d'électeurs ont la conviction que François Fillon peut apaiser la France »

    JPSC

  • François Fillon : un chrétien libéral

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    De Laurent de Boissieu sur le site du journal La Croix (20 septembre):

    François Fillon se livre, chrétien et libéral

    Dans un ouvrage qui paraît (est paru) lundi 20 septembre, l’ancien premier ministre tente de se démarquer de Nicolas Sarkozy, son adversaire à la primaire présidentielle de 2016.

    François Fillon n’est pas homme à se livrer. Dans un ouvrage qui sort (est sorti) lundi 20 septembre (1), le candidat à la primaire présidentielle de 2016 se prête néanmoins à cet exercice personnel. Il revient sur ses racines familiales dans la Sarthe et consacre un chapitre à sa foi catholique. « J’ai été élevé dans cette tradition et j’ai gardé cette foi », explique celui va chaque année se ressourcer à l’abbaye bénédictine Saint-Pierre de Solesmes.

    « Aucune majorité ne reviendra sur le mariage pour les couples homosexuels. Il faut en revanche corriger les excès de cette loi », affirme-t-il, en continuant à dénoncer la remise en cause « à travers l’adoption ou la gestation pour autrui »de la filiation.

    « Prendre le temps du débat sur les questions de société »

    Concrètement, même s’il ne le dit pas ainsi, cela reviendrait donc – comme pour Nicolas Sarkozy – à instituer deux mariages : un mariage hétérosexuel et un mariage homosexuel sans droit à l’adoption.

    « Autant je suis partisan de foncer sur les réformes économiques, autant je crois à la nécessité de prendre le temps du débat sur les questions de société », insiste l’ancien premier ministre. De fait, s’il est élu président de la République, François Fillon avance un programme « radical » de réformes libérales : abrogation de la durée légale du travail (qui sera désormais négociée dans les entreprises avec un plafond de 48 heures hebdomadaires), recul de l’âge de la retraite à 65 ans, dégressivité de l’assurance-chômage (limitée à 75 % du salaire au lieu de 90 %), etc.

    Retour sur le quinquennat de Nicolas Sarkozy

    Enfin, François Fillon revient également sur le quinquennat de Nicolas Sarkozy, battu par François Hollande en 2012 « parce que le charme était rompu » et non « sur son bilan ». Un bilan qui, il est vrai, associe l’un et l’autre.

    Tout en prenant soin d’apporter quelques nuances, l’auteur dresse un portrait acéré de celui qu’il affrontera certainement à la primaire en le qualifiant d’« homme d’État vulnérable aux humeurs de l’opinion ». Une façon, par contraste, d’expliquer qu’il n’hésitera pas, lui, à « faire » les réformes promises, quitte à être « impopulaire ».

    –––––––––––––

    Statistiques ethniques, « un tabou qu’il faut faire sauter »

    Dans un entretien publié dimanche 20 septembre par le Journal du dimanche, François Fillon appelle à « faire sauter » le « tabou » des statistiques ethniques.« Si on veut vraiment piloter la politique d’immigration, comme je le préconise, permettre au Parlement de fixer chaque année le nombre de personnes que la France peut accueillir, ne pas subir une immigration qui ne viendrait que d’une seule région du monde, qui serait déconnectée de nos besoins économiques et de nos possibilités sociales, il faut avoir la possibilité de savoir qui on accueille », plaide-t-il.

    (1) Faire, Éd. Albin Michel, 320 pages, 20 €.

  • Lille, 26 - 27 novembre : "Forum Jésus le Messie" pour mesurer l'extraordinaire force de conviction des musulmans convertis

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    Pour ceux que les relations entre Chrétienté et islam intéresse, pour ceux qui n'ont pas encore eu la chance de mesurer l'extraordinaire force de conviction des musulmans convertis, assister à ce forum et venir écouter une palette de intervenants passionnants est très chaudement recommandé. Inscrivez-vous!

    Du samedi 26 novembre 2016 à 9h15 au dimanche 27 novembre 2016 à 17h00 à MARCQ EN BAROEUL

    Programme des 26 & 27 novembre 2016 à LILLE

    Samedi 26 novembre 2016 : Salle Saint Paul, 22 rue Gallieni - 59700 MARCQ EN BAROEUL

    09H15 : Accueil

    09H30 : Conférence : Dieu miséricordieux en islam et Miséricorde en Jésus-Christ : quelle différence ?, Père Guy PAGES

    10H30 : Présentation des stands et associations

    11H00 : MESSE

    12H15 : Découverte des stands et déjeuner tiré du sac

    14H00 : Conférence : Peut-on annoncer l'Evangile aux musulmans ?, Père Samir Khalil SAMIR

    14H45 : Découverte des stands et associations

    15H15 : Conférence : Quelle liberté d'expression au sujet de l'islam ?, maître Frédéric PICHON

    16H00 : Pause et découverte des stands

    16H30 : Conférence : recherche historique sur les origines de l'islam, Odon LAFONTAINE

    17H30 : Pause et découverte des stands

    18H00 : Conférence : Perspective eschatologique et annonce I, Françoise BREYNAERT               

    19H00 : Dîner, tiré du sac

    20H30 : Veillée prière : chants, témoignage, adoration

    Dimanche 27 novembre 2016 : Salle Saint Paul, 22 rue Gallieni - 59700 MARCQ EN BAROEUL

    9H15 : Accueil

    9H45 : Conférence : Comment évangéliser les musulmans ? Père Henri BOULAD

    11H00 : MESSE

    12H30 : Déjeuner et découverte des stands

    14H00 : Conférence : islam / christianisme : quel Dieu pour quel homme ?, Annie LAURENT

    15H00 : Pause et découverte des stands

    15H30 : Conférence : Perspective eschatologique et annonce II, Odon LAFONTAINE

    16H00 : Atelier : Dialogue et annonce, Mission Angélus

    17H00 : Conclusion Prière finale

    Adresse : Salle Saint Paul
    22 rue Gallieni
    59700 MARCQ EN BAROEUL

    S'INSCRIRE

  • Vatican II : nous ne serions qu'à la moitié du chemin...

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    De Nicolas Senèze sur le site du journal La Croix :

    « Il faut un siècle pour absorber un concile, nous en sommes à la moitié », affirme le pape François

    Interviewé par le quotidien des évêques italiens, le pape François revient sur l’Année de la miséricorde, insiste sur l’unité de l’Église et répond aux critiques les plus virulentes contre lui.

    Dans un entretien paru vendredi 18 novembre dans Avvenire, le quotidien des évêques italiens, le pape François dresse un bilan de l’année jubilaire qui s’achèvera dimanche, insistant sur l’unité de l’Église qui doit se faire, selon lui, dans la ligne du concile Vatican II.

    Le pape commence en effet par replacer l’Année de la miséricorde dans la ligne du concile Vatican II, dont elle entendait marquer le cinquantième anniversaire de la clôture.

    « L’Église existe seulement comme instrument pour communiquer aux hommes le dessein miséricordieux de Dieu, explique-t-il. Au concile, l’Église a senti la responsabilité d’être dans le monde comme un signe vivant de l’amour du Père, comme la Lumen gentium (la « Lumière des nations », titre de la constitution dogmatique sur l’Église votée par Vatican II, NDLR) revenue à la source de sa nature. »

    « Quelques-uns continuent à ne pas comprendre, c’est soit blanc soit noir »

    Pour le pape, « cela déplace l’axe de la conception chrétienne d’un certain légalisme, qui peut être idéologique, à la Personne de Dieu, qui s’est fait miséricorde dans la personne de son Fils. »

    « Quelques-uns – pensez à certaines réponses à Amoris laetitia – continuent à ne pas comprendre, c’est soit blanc soit noir, alors que c’est dans le flux de la vie qu’il faut discerner. C’est ce que nous a dit le concile », ajoute François. Il répond ainsi indirectement à certains cardinaux qui ont récemment exigé de lui une réponse oui/non sur des ambiguïtés qu’ils croient déceler dans son exhortation apostolique.

    Se plaçant dans la ligne directe du concile, le pape assure qu’« un concile, pour être bien absorbé par le corps de l’Église, a besoin d’un siècle ». « Nous en sommes à la moitié ! », relève-t-il.

    Dans ce long entretien de trois pages, le pape revient aussi sur les rencontres œcuméniques qui ont jalonné cette année jubilaire.

    « Je ne dirais pas que ces rencontres sont le fruit de l’Année de la miséricorde », affirme-t-il, en soulignant que lui-même continue « un parcours qui vient de loin ». « Le chemin de la recherche de l’unité des chrétiens s’est fait de petits et grands pas en avant. Je continue à suivre ces pas », explique-t-il.

    Les critiques : « Cela ne m’empêche pas de dormir ! »

    À ceux qui l’accusent de « mettre à l’encan » la doctrine catholique et de « protestantiser » l’Église, le pape répond clairement : « Cela ne m’empêche pas de dormir ! ». « Je continue sur la route de mes prédécesseurs, à la suite du concile », affirme-t-il.

    « Quant aux avis divergents, il faut toujours distinguer l’esprit dans lequel ils sont exprimés. Quand il n’y a pas un mauvais esprit, ils aident aussi à avancer. D’autres fois, on voit immédiatement que les critiques servent çà et là à justifier une position déjà assumée, qu’elles ne sont pas honnêtes, qu’elles sont faites avec un mauvais esprit pour fomenter la division. »

    « On voit immédiatement que certains rigorismes découlent d’un manque, d’une volonté de cacher dans une armure leur triste insatisfaction. Si vous regardez le film Le Festin de Babette, on y voit ce comportement rigide. »

    « L’Adversaire lui-même reconnaît notre unité »

    Le pape revient ensuite longuement sur sa vision de l’unité des chrétiens qui se construit « non pour nous mettre d’accord entre nous mais pour cheminer à la suite de Jésus ». « C’est le chemin à la suite de Jésus qui nous unit », insiste-t-il.

    « En ce moment historique, l’unité se fait selon trois routes », développe le pape. « Cheminer ensemble avec les œuvres de charité, prier ensemble, et reconnaître la confession commune telle qu’elle s’exprime dans le martyre commun reçu au nom du Christ, dans l’œcuménisme du sang. »

    « Et là, on voit que l’Adversaire lui-même reconnaît notre unité, l’unité des baptisés, insiste-t-il. L’Adversaire ne se trompe pas. »

    Commentaire de notre ami Arnaud Dumouch :

    Le pape François apporte une pierre magistérielle importante à l'Eglise en montrant que LA VERITE (que les papes Bx Paul VI, saint Jean-Paul II et Benoît XVI ont fortement structurée) doit s'accompagner de la PASTORALE (qui s'adresse à des personnes, dans un progrès constant et patient). On pourrait résumer son apport théologique à ce proverbe datant de saint Jean Chrysostome : "Sans amour, la vérité tranche et blesse. Sans vérité, l'amour embourbe et noie". Cependant, au plan pastoral, si son apport est très adaptée à l'Amérique du Sud où des évêques hyper doctrinaux se sont souvent exprimés, il n'en est pas de même en Europe et au Canada où la doctrine est malmenée depuis 50 ans. Un coup de barre de plus dans le sens de "l'amour sans doctrine" transforme l'Eglise en un syndicat humaniste sans fondations, en une sorte de banque alimentaire ou en un resto du coeur qui décourage et démobilise les dernières forces vives de la foi.

  • D'après le chroniqueur religieux de la Libre, Mgr De Kesel aurait répondu à l'interpellation des amis de Sainte-Catherine et de la Fraternité des Saints Apôtres

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    De Christian Laporte sur le site de LaLibre.be :

    Mgr De Kesel: "Il faut rester humble"

    A trois jours de la création à Rome comme cardinal de l’archevêque de Malines-Bruxelles, les Amis de Sainte-Catherine et de la Fraternité (dissoute) des Saints Apôtres ont adressé une lettre ouverte à Mgr Jozef De Kesel "afin qu’il pose un premier geste de justice et de conciliation en tant que cardinal, en réhabilitant en Belgique cette fraternité de jeunes prêtres et séminaristes qu’il a injustement dissoute le 15 juillet".

    Dans cette lettre, les signataires vont plus loin et critiquent les orientations suivies depuis le départ de Mgr Léonard allant jusqu’à voir dans cette politique nouvelle "peut-être le germe d’une réelle et inquiétante dissolution de l’Eglise belge".

    Humble et confessante

    Mgr De Kesel a anticipé ces mises en cause sans en avoir cependant pris connaissance mercredi à la tribune des Grandes Conférences catholiques. Face à une salle plus que remplie - on a dû ajouter des sièges sur la scène -, l’archevêque qui avait été introduit par l’ex-sénatrice CDH Clotilde Nyssens - il avait expressément demandé qu’une femme le présente - a expliqué qu’on ne retournerait, évidemment, plus à l’Eglise dominante et triomphante d’antan mais qu’elle ne disparaîtra pas pour autant. A condition de "rester humble" en se situant dans "une société moderne et sécularisée". Sans doute aussi sera-t-elle plus petite et représentera-t-elle "un point de vue et une possibilité parmi d’autres".

    Mgr De Kesel souhaite "une Eglise plus confessante qui n’a pas peur de sa particularité et de son identité". Mais en même temps, elle doit "rester ouverte comme le veulent le concile et le pape François". Et de préciser pour ceux qui n’auraient pas compris que ce ne serait "pas une Eglise qui se renferme et se replie sur elle-même dans une attitude d’autosuffisance, mais une Eglise ouverte au monde, ouverte à ceux qui cherchent, une Eglise qui les accueille avec bienveillance". Ce ne serait "pas une Eglise qui condamne et vit sur la défensive mais une Eglise solidaire des hommes de ce temps, avec leurs espoirs et leurs joies, avec leurs tristesses et leurs angoisses". Enfin, pour le presque cardinal ce sera aussi "une Eglise qui participe au débat public et qui s’engage pour un monde plus humain et plus fraternel".

     

    Cet article a suscité le commentaite suivant :

    M. Laporte, je ne comprends pas votre article. Comment pouvez-vous associer la lettre ouverte adressée à Mgr de Kesel et sa prise de parole aux Grandes Conférences catholiques alors que vous informez que "Mgr De Kesel a anticipé ces mises en cause sans en avoir cependant pris connaissance mercredi à la tribune des Grandes Conférences catholiques" ? Est-ce Mgr qui vous a mis dans le secret de ses intentions (mais alors je suis surprise qu'il s'adresse de manière voilée à un public qui n'est pas venu pour entendre des mises au point destinées à d'autres) et, dans ce cas, vous omettez de préciser que vous lui reconnaissez des dons de prophète ?

    Je crains que vous donniez comme "information" ce qui ne relève que de votre lecture, fort partisane alors, des propos de Mgr De Kesel et non de ses intentions. Ne trouveriez-vous pas tordu, indigne et stupide d'instrumentaliser les Grandes Conférences catholiques, dont la réputation et la qualité ne sont plus à faire, pour régler ses comptes avec les paroissiens de Sainte-Catherine. Ce serait une attitude de cours de récréation et, qui plus est, aux antipodes de l'Eglise que Mgr De Kesel prône lui-même.

  • Accès des divorcés remariés aux sacrements: "amour et vérité", le point de vue de Mgr Léonard

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    IMG_6912.JPG« Je suis partisan d’une pastorale très chaleureuse et proactive à l’égard des personnes qui se sont remariées civilement après un divorce civil ou qui vivent en concubinage. L’Eglise doit chercher le contact avec ces personnes, comprendre ce qui s’est passé dans leur vie et les aider à assumer leur situation, en conjoignant, comme le fait un psaume, amour et vérité.

    Autrement dit, je décourage les pastorales qui font comme si cette nouvelle union civile ou ce concubinage étaient ou pouvaient être un mariage sacramentel : non. Et il ne faut pas faire des choses qui y ressemblent car c’est autre chose. Oui, il y a, bien sûr, des éléments positifs qui se vivent mais ce ne sont pas des situations qu’il faut demander au Seigneur de bénir sacramentellement.

    Il n’y a que deux manières de répondre à ce que le Seigneur attend. Lorsqu’on se trouve dans une situation qui ne correspond pas à ce qu’il demande, quelle que soit la situation dans laquelle nous nous trouvions, pécheurs que nous sommes, il y a toujours un chemin de salut. Mais il n’y a que deux manières tout à fait acceptables, comme chrétiens, de vivre cette situation :

    D’abord, c’est de se dire : au fond, l’homme ou la femme avec qui je vis n’est pas mon conjoint dans le Seigneur puisque mon conjoint, avec lequel je suis marié sacramentellement, est toujours là. Je ne peux pas en avoir deux. Cette seconde union ne peut pas être un signe sacramentel de l’alliance nouvelle et éternelle.

    Alors, première solution possible : j’en tire les conséquences. Je suis un chrétien à part entière, je participe à l’Eucharistie mais au moment d’exprimer sacramentellement, publiquement, objectivement, l’alliance nouvelle et éternelle, librement je m’abstiens de poser le geste sacramentel, parce que celui-ci est un geste objectif que contredit publiquement ma situation objective d’alliance rompue. Et je connais des gens qui font cela en sachant pourquoi, qui le font par amour et qui, dans cette abstention même, communient à la personne du Seigneur avec une intensité qui souvent m’émeut. En voyant cela, je me dis qu’ils communient au Seigneur peut-être plus profondément que moi quand il m’arrive (le plus rarement possible) d’être distrait en communiant et de me rendre compte que j’ai communié au Corps du Seigneur en pensant à ce qui allait suivre dans l’heure prochaine. Et bien, cela, c’est une conclusion qu’on peut tirer : si elle est tirée avec amour, en ayant compris la profondeur de ce geste d’abstention, elle porte du fruit. J’en ai fait l’expérience chez toutes les personnes qui vivent cela.

    Il existe une autre voie possible, plus exceptionnelle et qui n’est pas recommandable sans une grande préparation, mais je la cite parce que cela existe et je connais des couples qui ont en effet tiré cette conclusion : après une conversion, ils se sont dit voilà, je vis avec une personne qui n’est pas mon conjoint dans le Seigneur. Je vais continuer de vivre avec cette personne, car on ne peut pas se séparer, il y a les enfants etc., mais je vais vivre avec mon conjoint une amitié qui s’exprime autrement que si c’était ma femme ou mon mari, qui trouve une autre forme d’expression, une tendresse qui n’est pas typiquement conjugale. Mais pour cela, il faut être bien préparé, bien motivé.

    Être dans d’autres situations qui ne sont pas telles que le Seigneur et l’Eglise le demandent cela ne veut pas dire que l’on est abandonné. Quand je reçois des personnes que ne peuvent vivre aucune des deux choses que j’ai évoquées, je vis avec ces personnes avec respect, car je suis aussi un pécheur et je vis avec elles un chemin de conversion, d’espérance et de supplication adressée à la miséricorde de Dieu dans ma vie. Cela peut aussi se vivre positivement »

     « Toujours, il faut l’amour et la vérité. L’amour sans la vérité flatte les gens mais cela ne les construit pas et la vérité sans l’amour les détruit, les écrase et ce n’est pas bon non plus. Tout l’art dans ces formations, c’est de conjuguer les deux : le coeur et la vérité, avec cela je pense qu’on peut aller loin ».

    Extraits d’une conférence prononcée à l'Ulg par Mgr Léonard un an avant la publication de l’exhortation papale « Amoris laetitia ».

    JPSC

  • Amoris Laetitia : "c'est le Saint Esprit qui parle à travers ce texte"

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    De Nicolas Senèze sur le site du journal La Croix :

    Amoris Laetitia : le Vatican répond aux « doutes » de quatre cardinaux

    Après les critiques de quatre cardinaux contre Amoris laetitia, le cardinal Kevin Farrell, nouveau responsable de la famille au Vatican, prend la défense du texte du pape François.

    Mgr Kevin Farrell, nouveau préfet du dicastère pour les laïcs, la famille et la vie, et qui sera créé cardinal samedi prochain par le pape François, a pris mardi 15 novembre la défense de l’exhortation apostolique Amoris laetitia, critiquée la veille par quatre cardinaux.

    « Honnêtement, je ne vois pas en quoi et pourquoi quelques évêques semblent penser qu’ils ont à interpréter ce document », affirme, dans une interview au National Catholic Reporter à paraître jeudi 17 novembre, celui à qui le pape François a confié la pastorale familiale.

    Lundi 14 novembre, quatre cardinaux avaient rendu publique une lettre au pape exprimant leurs « doutes » sur le texte pontifical, reprochant à François de ne pas leur avoir répondu.

    « Je pense que le pape a parlé », tranche le cardinal Farrell, en référence à la lettre que François a envoyée début septembre aux évêques de la région de Buenos Aires (Argentine) en réponse à leur projet pastoral ouvrant, après un parcours de discernement, l’accès aux sacrements à certains divorcés remariés.

    Pour le futur cardinal Farrell, s’il est important « d’avoir une discussion » autour d’Amoris laetitia, « il est aussi très important que nous comprenions que c’est le Saint-Esprit qui parle » à travers ce texte.

    « Je pense que le document Amoris laetitia est fidèle à la doctrine et à l’enseignement l’Église », estime-t-il en réponse aux quatre cardinaux qui y voient une rupture avec l’enseignement de Jean-Paul II. « Il s’appuie sur la doctrine de Familiaris consortio de Jean-Paul II, ajoute-t-il. Je le crois passionnément. »

    « C’est le Saint-Esprit qui nous parle, martèle-t-il. Pensons-nous que le Saint-Esprit n’était pas là au premier synode ? Pensons-nous qu’il n’était pas là au second synode ? Croyons-nous qu’il n’a pas inspiré notre Saint-Père François en écrivant ce document ? »

    « C’est l’enseignement de l’Église »

    « Il faut être conséquent ici. Je crois fermement que c’est l’enseignement de l’Église. C’est un document pastoral qui nous dit comment nous devrions procéder. Je pense que nous devons le prendre tel qu’il est », explique-t-il, affirmant que les divorcés remariés doivent pouvoir être inclus à tous les niveaux de l’Église.

    « Cela ne signifie pas que je vous dis qu’ils doivent recevoir la communion. C’est un processus de discernement et de conscience », explique-t-il, soulignant que « nous devons accompagner les personnes dans des circonstances difficiles ».

    « Je crois que c’est ce que nous devons faire, mais cela doit être pris au sérieux. Il ne s’agit pas juste de venir et de s’asseoir avec un prêtre pour parler avec lui. C’est un chemin, un discernement. »

  • Deux causes qui n'ont pas bonne presse : défendre le droit de l’enfant à la vie et militer pour un environnement culturel et médiatique sain

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    De Benoît A. Dumas sur le site de France Catholique :

    Avortement et libéralisme sexuel avancé - les droits de l’enfant, les Nations Unies et l’ « l’Evangile de la Vie »

    Parmi les 0NGs, Associations, Comités (aux divers noms et statuts) qui s’engagent pour le développement de tout l’homme et de tous les hommes ou qui militent pour l’accès de tous et de chacun aux droits humains fondamentaux, il est deux groupes qui ne jouissent pas à l’égal des autres du soutien actif ou, à défaut, d’une approbation consensuelle minimale du public. Ce sont ceux qui défendent le droit de l’enfant à la vie, dès sa conception, et ceux qui militent pour un environnement culturel et médiatique, audio-visuel, publicitaire... qui soit moralement sain, préservant d’abord les enfants. Voici de façon synthétique quelques observations majeures sur cette réalité.

    • Ces deux causes appartiennent aux droits de l’enfant, l’une en première position - droit de vivre, premier des droits -, l’autre très proche car appartenant au domaine de l’éducation : le droit à un environnement culturel et moral sain.

    • Ces deux causes figurent dans les déclarations universelles des Nations Unies.

    • Malgré cela, elles sont ignorées par la plupart des législations nationales en Europe ; elles sont souvent moquées et activement combattues, ces deux causes, par des groupes militants ou des lobbies puissants qui récusent leur caractère naturel et universel et ne veulent y voir que des positions religieuses archaïques, contraires aux libertés publiques.

    • De fait, ce sont très majoritairement des chrétiens, qualifiés de traditionnels ou conservateurs (et autres religieux) qui soutiennent ces causes. Ils le font certainement entraînés et éclairés par la foi, mais aussi formellement déterminés par leur adhésion aux droits de l’homme - tels que discernés en conscience - et confortés par les déclarations internationales de droit. Leur combat est donc essentiellement laïque et républicain ; il est pleinement fondé à repousser l’accusation d’ingérence du religieux dans la sphère publique et profane. [1]

    • Majoritaires au sein de leurs associations, ces chrétiens se trouvent plus ou moins noyés dans la masse, composée de croyants et non croyants, dont la plupart sont devenus relativement indifférents à ces valeurs. Dans cette société occidentale, marquée par l’athéisme et le relativisme moral, dominent en effet l’acceptation de l’avortement et le libéralisme sexuel avancé (qui n’est pas sans rapport avec la déréglementation libérale de l’économie de marché)

    • L’Eglise officielle interpelle de temps à autre, et en général de façon plutôt molle, ses fidèles, les pouvoirs publics et l’opinion, en défendant la valeur absolue de la vie humaine ainsi que la dignité de l’amour d’expression corporelle ainsi que le respect et la considération qui lui sont dus.

    • On pourrait, sans forcer, imaginer Jésus à l’Heure du Jugement, poursuivant ainsi l’énumération de nos attitudes à l’égard des plus petits d’entre ses frères, ces “petits” qui parfois dans l’Evangile désignent précisément les enfants (Mt 18, 1-7) : “J’étais un petit enfant dont les parents voulaient se défaire par avortement et vous m’avez sauvé...”, ou encore : “J’étais un enfant (de zéro à 18 ans) abîmé par la pornographie et une image dégradée de l’amour humain... et vous ne m’avez pas délivré de ce fléau...”

    * * *

    Mais comment opérer ce salut et cette délivrance ? Conversations, accompagnement individuel, discussions, aide concrète aux personnes, réunions de formation, catéchèse et prédication pertinentes et courageuses, enseignement... sont évidemment les premiers moyens à mettre en oeuvre. Mais on s’aperçoit sans tarder qu’il faut se rassembler et entrer dans un mouvement qui porte spécifiquement le souci de ces graves problèmes, soit capable d’argumenter, d’éclairer, d’entraîner un public anesthésié, d’interpeller les pouvoirs publics... C’est ce que font des mouvements, associations, ONGs telles que Alliance Vita, Fondation Jérôme Lejeune, AFC (associations familiales catholiques), CLER, Action pour la Dignité Humaine, CitizenGo, Laissez-les-vivre - SOS futures mères, Mère de miséricorde, Avenir de la Culture, la Manif pour tous... Ces organisations agissent premièrement au sein de leur milieu associatif dont elles entretiennent la veille et mobilisent les membres ; et elles entreprennent des actions directes au niveau politique, national et européen, alertant les pouvoirs publics et mettant en oeuvre une pression de signe contraire à la pression exercée par de puissants lobbies. Ce qui en partie dément ce constat désabusé du Christ, visant à faire réagir les siens (à la fin de la parabole de l’intendant infidèle) : “les fils de ce monde-ci sont plus avisés envers leurs propres congénères que les fils de la lumière” (Luc 16, 8)

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  • L'avènement d'un eugénisme consensuel, mou et compassionnel

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    Lu sur genethique.org "Le coin des experts" :

    JACQUES TESTART DÉNONCE LA FABRIQUE DE L'HUMAIN

    Jacques Testart était l’invité des 4e assises Technologos, organisées avec la collaboration du CRIIGEN[1], les 16 et 17 septembre dernier, qui se tenaient à Paris à l’Ecole des Hautes études en sciences sociales. Il est intervenu  pour présenter les  considérations éthiques et des conséquences anthropologiques du recours à la logique techno-industrielle dans le domaine de la procréation humaine. Gènéthique reproduit le contenu de son intervention.

    On peut définir une fabrique de l'humain comme un ensemble de dispositifs techniques permettant de formater des individus conformes à un projet, personnel ou collectif. Les interventions réglementaires ou biomédicales dans la procréation constituent le premier pas dans l'ontogenèse des personnes.

    La sélection des individus

    Historiquement c'est l'eugénisme qui, depuis les temps les plus anciens et dans toutes les cultures, a permis la sélection des individus à la naissance, l'eugénisme négatif permettant de refuser les nouveau-nés non conformes selon des critères évalués par la médecine. Depuis moins de deux siècles, l'apparition et l'évolution de techniques de plus en plus sophistiquées a conduit à affiner mais aussi à étendre les pratiques eugéniques. Après l'infanticide historique, la stérilisation des femmes a concerné des centaines de milliers de personnes dès le début du vingtième siècle, puis le fœticide sélectif s'est imposé bien après la deuxième guerre mondiale et les capacités d'enquête génétique (analyse chromosomique) ou morphologique (échographie) sur le fœtus. Enfin la conjonction de la fécondation hors du corps (1978) et de l'examen de l'ADN embryonnaire (1990) a permis de développer le diagnostic préimplantatoire (DPI) sur les embryons issus de la fécondation in vitro (FIV) depuis les années 1990. Certaines recherches portent désormais sur une phase antérieure à la fécondation, les gamètes (spermatozoïde et ovules), mais rencontrent des limites techniques (le gamète est détruit par son analyse) et logistiques : les loteries génétiques qui précèdent et accompagnent la fécondation (méiose puis appariement des gamètes) ne permettent pas de prévoir l'identité de l'œuf avant sa conception. Des études chez l'animal portent sur la culture de lignées cellulaires (cellules souches) transformables en gamètes, éventuellement après avoir été génétiquement modifiées.

    Avant même la disposition des outils génétiques, l'eugénisme s'est développé dans les années 1970 grâce à la possibilité de congeler le sperme des hommes, permettant ainsi la création de banques de sperme et la sélection de donneurs selon des critères morphologiques, médicaux ou esthétiques. Des évaluations comportementales sont aussi pratiquées depuis que tous les traits humains sont réputés dépendre de la génétique. Ainsi, en 2016, la plus grande banque de sperme britannique recommandait d'éviter les donneurs présentant un déficit d'attention, une hyperactivité, des signes d'autisme ou de dyslexie... L'« appariement de couples reproducteurs », selon l'expression des médecins des Cecos (Centres d'étude et de conservation du sperme), prétend éviter de conjuguer les mêmes facteurs de risques pathologiques chez le donneur et la receveuse du sperme. Sélection et appariement du donneur ont constitué une pratique fondatrice du nouvel eugénisme de l'après-guerre : rompant avec l'eugénisme nazi ou même avec l'eugénisme autoritaire d'avant-guerre, le nouvel eugénisme a pris en compte l'évolution des sociétés, les obligations faites à la médecine (procès de Nuremberg) et les droits des personnes. La fabrique de l'humain relève désormais d'un eugénisme consensuel, mou et compassionnel. 

  • La monarchie, quoi d'autre ?

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    Sur "Le Beffroi", Pascal de Roubaix se fait l'avocat du régime monarchique :

    La Monarchie, what else?

    Je voudrais dire, ici, pourquoi le régime de monarchie constitutionnelle que nous avons la chance de connaître en Belgique est à la fois le plus démocratique, le plus efficace et, surtout, le plus humain de tous les régimes.

    J’ai déjà eu l’occasion à de multiples reprises d’exprimer dans le Courrier du Beffroi, mes craintes et mes joies à propos de divers éléments d’actualité qui touchaient de près ou de loin notre régime monarchique. A l’occasion de l’avènement de notre nouveau Roi, je veux reprendre l’ensemble des éléments qui font de la monarchie constitutionnelle un régime génialement conçu, profondément ancré dans notre histoire, porteur des valeurs qui fondent la véritable liberté, et mieux armé que les autres pour affronter les périls nouveaux qui la menacent à ce jour.

    Un climat délétère.

    La motivation première de cet exercice est le climat délétère imposé par un « air du temps » particulièrement vicié que doivent subir les Belges dès qu’il s’agit du Roi, de ses pouvoirs ou de ses faits et gestes, comme de ceux de chacun des membres de sa famille.

    Depuis des années, mais à un rythme qui s’est accéléré de telle sorte qu’on ne peut plus croire à un libre concours de circonstances, nous assistons à la destruction progressive et systématique de l’image du Roi et de la monarchie dans l’opinion des Belges.

    Nous avons déjà plusieurs fois fait remarquer la curieuse vacuité des attaques de plus en plus odieuses que doit supporter chaque membre de la famille royale depuis ces dernières années. Chacun à son tour est mis en cause par des gens qui se drapent farouchement dans le manteau de la transparence et de la liberté de presse pour justifier l’absurdité de leurs allégations, et surtout l’inconcevable méchanceté de leurs calomnies.  De bons esprits me diront : « Il y aura toujours des putrides pour calomnier, comme des crapauds pour baver ou des hyènes pour mordre ; n’en faisons pas un drame ». Et ils auront raison !

    Moi, ce n’est pas tellement la méchanceté humaine qui m’alarme mais bien l’écho qu’ «on » lui fait. Vous aurez en effet remarqué depuis des mois et des années, qu’au moindre geste, au moindre mot d’un des membres de la famille royale, se trouve, comme par hasard, un esprit tordu pour y voir malice et, instantanément, des journaleux pour y faire écho, gonfler la rumeur en vague calomnieuse,  puis céder le porte-voix à des politiciens de bas étage et à des commentateurs stipendiés. Tous ces gens se font une gloire de salir sans risque la réputation de l’un des membres d’une famille qui a le noble devoir de ne pas se plaindre.

    Ma certitude aujourd’hui est que ces mini-événements sont trop fréquents, trop répétitifs, trop artificiels et privés de fondement pour ne pas être montés de toute pièce. Tous ne sont sans doute pas entièrement orchestrés, mais tous sont exploités avec trop d’empressement opportuniste pour qu’un œil averti puisse croire encore à l’innocence des empressés. Le doute n’est plus permis aujourd’hui, il y a, au sein du monde politico-médiatique et au cœur des partis, une volonté à peine voilée de réduire au plus tôt la monarchie avant de présider plus tard à sa suppression. Il s’agit d’une sorte de coup d’Etat-soft.

    Bien sûr, aujourd’hui les conjurateurs n’ont plus besoin de sang ni même de violence. Le coup d’Etat est larvé (comme le séparatisme qu’ils recherchent est larvé), il est mené pied à pied, par des manœuvres successives  de communications déstabilisantes qui détruisent un à un les liens de sympathie populaires vis-à-vis du Roi et des siens. Ils sapent ainsi le régime tout en prétendant en être les dévoués serviteurs.

    Durant les dernières décennies la particratie s’est installée à tous les niveaux de l’Etat (en le démantelant au passage). Aujourd’hui il lui reste la tête à abattre. C’est ce qu’elle fait très « démocratiquement », sous nos yeux plus ou moins fermés, plus ou moins complices.

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  • Le prêtre doit-il rester célibataire?

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    Voici ce que répondait à cette question, il y a une quinzaine d'années, notre ami regretté, le chanoine Michel Dangoisse (en "opinion" , dans La Libre) :

    Le prêtre doit-il rester célibataire?

    Contrairement aux idées reçues, le célibat n'a rien d'anormal ni d'ahurissant: en ce moment dans le monde, des millions de gens vivent dans le célibat, soit ordinaire, soit religieux (pensons aux moines bouddhistes!). Chez nous, même si le Christ ne l'a pas imposé, dès le début le célibat fut en honneur, librement, chez ceux qui devenaient prêtres; ou bien les hommes mariés renonçaient aux relations charnelles une fois ordonnés. Il devint une règle obligatoire dans le rite latin partir du XIIe iècle. A la différence de l'indissolubilité du mariage (qui est une `loi divine´), c'est donc une `loi ecclésiastique´ que, théoriquement, l'Eglise pourrait rendre facultative (comme c'est le cas chez les catholique de rite oriental).Mais Jean XXIII lui-même disait: `Nous ne le pouvons pas: le célibat est un sacrifice que l'Eglise s'est imposé librement.´ Et Vatican II `approuve et confirme´ cette loi à 95,98 pc des voix en 1965. D'autre part, il est faux de prétendre qu'il serait la cause principale de la rareté des vocations: la même crise se retrouve chez les pasteurs protestants, pourtant mariés pour la plupart; c'est une question de foi, comme le mariage religieux. Faux aussi d'affirmer qu'il inclinerait à la pédophilie: assurément ces faits, s'ils sont réels dans une frange minime du clergé, sont particulièrement graves: mais oublie-t-on que l'immense majorité des pédophiles vivent en couples?

    Pourquoi donc cette `obstination´, malgré les échecs qu'on ne nie pas (même si `un seul pont qui craque fait plus de bruit que 100 ponts qui tiennent´ )? En fait, nonobstant les pressions de ceux que Joseph Folliet appelait déjà en 1964 `les marieurs de curés´, il existe `une haute convenance´ entre sacerdoce et célibat pour plusieurs raisons.1) D'abord, il est possible, car il ne rend pas les gens ni névrosés, ni frustrés. L'histoire abonde en exemples de célibataires équilibrés et joyeux. `Le Christ ne pouvait pas proposer aux hommes une voie qui les diminuerait´, pensait Mgr Ancel. Mais le célibat consacré appelle bien sûr en complément une certaine forme de vie fraternelle et une solide vie de prière.2) Surtout, c'est un soutien spirituel pour les gens mariés, qui, au fond, tiennent beaucoup plus qu'on ne le pense à notre célibat. Vécu dans la joie, le célibat est un puissant soutien pour leur chasteté et leur fidélité conjugales. `Si les laïcs peuvent pratiquer sans effort héroïque la chasteté prénuptiale, la chasteté et la fidélité conjugales, affirmait Jean Guitton, c'est en fait parce qu'ils voient vivre hors des cloîtres des êtres jeunes, forts, virils, radieux et radiants, qui sont chastes avec joie, avec aisance: les prêtres. L'abnégation de quelques-uns élève et assainit l'atmosphère pour tous.´ 3) Dans une société comme la nôtre, hyperérotisée, obsédée par le sexe, le témoignage du célibat consacré apparaît beaucoup plus indispensable qu'au XIXe iècle: ce n'est vraiment pas le moment de le remettre en cause! Car dans un monde qui tire de gras bénéfices du commerce des revues et des cassettes pornographiques, qui invente à la TV `l'île de la tentation´, qui encourage les moeurs les plus libres presque avec fierté, voilà précisément de quoi faire réfléchir: quel témoignage contestataire et révolutionnaire!

    4) Ah! Je rêve d'un saint Paul passant à la TV pour souligner cette extraordinaire et joyeuse unité de vie qui est la nôtre!... Cessons de laisser croire que les séminaires regorgeraient d'adolescents prolongés, impubères et innocents: pendant 6 ou 7 ans, les responsables veillent à ce que les candidats aient, avec la grâce de Dieu, l'équilibre nécessaire. C'est donc en ne donnant son corps à personne que le prêtre peut donner son âme à tous. Il n'y a pas de plus grand amour que de donner toute sa vie pour ceux qu'on aime...5) Mais au-delà de l'étonnante disponibilité qu'il procure, le célibat se justifie avant tout - on ne le dit presque jamais - parce qu'il est rappel lumineux de la primauté du spirituel et anticipation eschatologique, si pauvre soit-elle, de la vie céleste `où on ne prend plus ni femme ni mari´ (Mt 22,30). Les valeurs charnelles de la sexualité, bénies par le Créateur, restent terrestres et provisoires. Ainsi, sans foyer humain sur cette terre, nous misons tout sur Dieu. Vatican II (dont on fait souvent une lecture curieusement sélective) l'a souligné fortement. Et c'est précisément parce qu'il est cette solennelle profession de foi en la vie éternelle que les forces du mal, pratiquement chaque semaine, s'attaquent à ce célibat. Il dérange: c'est le dernier verrou que l'on entend faire sauter! Le philosophe Marcuse, vers mai 68, pensait que le moyen le plus efficace de déclencher la subversion dans la société était de la bouleverser dans le domaine sexuel en général, et, en particulier, d'ébranler le célibat sacerdotal, considéré comme une citadelle: la capitulation générale s'ensuivrait immanquablement. Autant savoir...

    En fait, ce que cherchent `les marieurs de curés´ , ce n'est pas tant des prêtres mariés, disait férocement le Père Manaranche, que des `prêtres divorcés´ . Ce serait tellement rassurant: `Voyez, ils sont comme nous´ ... Il est bien vrai qu'on peut s'égarer dans le célibat; tout comme d'ailleurs dans le mariage. D'où parfois le sourire des gens mariés devant la naïveté des prêtres `hors-les-murs´ qui s'imaginent que le mariage - idéalisé - va résoudre leur difficulté à vivre: or, on voit déjà apparaître des prêtres mariés qui sont séparés ou qui divorcent.

    Guy Gilbert - pas suspect, pas `célibataire endurci´ ... - témoigne avec joie: `Aucune recette de cuisine pour ça. La prière quotidienne, patiente, laborieuse, aimante demeure le suprême aliment qui fortifiera un célibat qui reste et restera aux yeux du monde folie, question, étonnement, contestation.´ C'est pourquoi les prêtres, qui se trouvent heureux dans leur célibat, qui sont sans aucun complexe et sans infantilisme, qui ne ruminent aucun ressentiment contre l'`institution´ Eglise, qui sont psychologiquement sains, sexués comme tous les hommes, sensibles à la beauté, sereinement et respectueusement à l'aise devant une femme, sont pourtant sans regret de n'être pas mariés, tout en éprouvant une grande admiration pour le mariage. Et le complément irremplaçable de leur célibat, c'est une étonnante paternité spirituelle.

    Oui, il importe que le prêtre de rite latin, aujourd'hui plus que jamais, reste célibataire. Il est appelé par pure grâce à manifester que le Seigneur est encore meilleur que les plus belles de ses créatures, et qu'il peut suffire, à lui seul, à combler de bonheur, à pleins bords et dès cette terre, le coeur d'un être humain. Avez-vous déjà assisté à une ordination sacerdotale? C'est prophétique, à contre-courant des slogans païens. Ces jeunes hommes peuvent dire en vérité au peuple chrétien, transposant les paroles de la Consécration: `Voici mon corps, livré pour vous.´ Quand on les voit étendus sur le pavé de la cathédrale, tandis que déferlent sur eux les superbes litanies des saints de tous les temps, que le sol tremble et que les anges du ciel les regardent en frémissant, ce spectacle, comme dirait Bernanos, `a de quoi faire réfléchir ceux qui baîllent à la grand-messe du dimanche´ . Moi, chaque année, il m'arrache des larmes de joie.

    Doyen du Chapitre cathédral de Namur Directeur de la Revue `Pâque Nouvelle´