Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Débats - Page 3

  • La souffrance comme lieu d’apprentissage de l’espérance

    IMPRIMER

    jeanpaulIIratzinger.jpg

    Un article publié récemment ici sur ce blog m'y a fait repenser: rien ne fâche plus la société d'aujourd'hui que la conception chrétienne de la souffrance. Compatir et soulager la peine font, certes, partie du message de l'Evangile mais, comme le dit si bien l' "Imitation de Jésus-Christ" (XVe siècle): " disposez de tout selon vos vues, réglez tout selon vos désirs, et toujours vous trouverez qu'il vous faut souffrir quelque chose, que vous le vouliez ou non; et ainsi vous trouverez toujours la Croix".

    Au coeur du mystère de l’homme, la Croix de Jésus nous montre que l’amour est, en lui-même, une passion. Comme l’a remarqué un jour Benoît XVI, en disant que la souffrance est une face intérieure de l’amour, nous comprenons pourquoi il est si important d’apprendre à souffrir et, inversement, pourquoi éviter à tout prix la souffrance rend l’homme inapte à la vie : il connaîtrait le vide de l’existence qui ne peut entraîner qu’amertume et refus, et non acceptation et maturation : celui qui a intérieurement accepté la souffrance, mûrit et devient compréhensif envers les autres et plus humain. Celui qui a toujours évité la souffrance ne comprend pas les autres ; il devient dur et égoïste. En ce sens, nous pouvons répéter cette parole de saint Josémaria, si mal comprise : « bénie soit la douleur, aimée soit la douleur, sanctifiée soit la douleur » (Chemin, n° 208) qui accomplit l’Homme nouveau. Car, depuis le matin de Pâques, nous le savons : sa croix et ses plaies sont devenues glo-rieuses. Christus resurgens ex mortuis, jam non moritur : mors illi ultra non dominabitur (Rom., 6,9).

    Dans sa belle encyclique « Spe salvi » (30 novembre 2007,) le Saint-Père Benoît XVI a consacré à l’accueil chrétien de la souffrance qui frappe notre condition présente un exposé (n°s 36 à 40)  à la fois exigeant et irrecevable par l’esprit du monde qui, soyons-en sûr, lui préfère largement les discours sur la gestion écologique de notre sœur la terre, où nous n’avons cependant pas notre demeure éternelle. Extraits:

    Lire la suite

  • Pourquoi l’abbé Ringlet reste-t-il dans l’Eglise catholique ?

    IMPRIMER

    Suite à l’article paru ici un ami nous communique la réflexion suivante : 

    « Dans la veine moderniste des deux derniers siècles illustrée par de grands ancêtres comme Lamennais, Renan et autres Loisy, j’avais pensé qu’on inscrirait peut-être un jour, dans une  note érudite, le nom d’un lointain épigone belge, dont « le Soir » a encore recueilli dévotement les oracles, ce 18 juillet.  Ses propos sont aujourd’hui (71 ans) dédiés à la mémoire et au souvenir.  A leur lecture, je me ravise : il ne suffit pas d’avoir le goût de la transgression,  de forcer le trait et de jouer les provocateurs pour atteindre le niveau de ces maîtres d’hier qui inspirèrent la figure de l’abbé Donissan à Bernanos ou celle de l’abbé Bourret à Joseph Malègue.  Nous sommes finalement ici dans un registre léger, dont la postérité me semble bien moins assurée, comme le suggère d'ailleurs malicieusement le titre ambigu de l’article du « Soir »: « je n'ai jamais tenu la femme à distance. 

    C’est en ces termes que le site Belgicatho introduisait de longues citations de l’interview données par l’abbé Ringlet au « Soir ». 

    Lecture faite, deux questions viennent à l’esprit : comment et pourquoi le comportement et les positions de l’abbé Ringlet ont-ils été tolérés (du séminaire à aujourd’hui) dans l’Eglise de Belgique ?  Pourquoi reste-t-il dans l’Eglise catholique alors que tant de chapelles l’accueilleraient sans difficulté extra-muros? 

    Nous pouvons trouver un élément de réponse à la seconde question dans un ouvrage de Karl Rahner où l’auteur s’exprime comme suit : « Pourquoi des chrétiens qui sont conscients de l’opposition de leurs conceptions avec la doctrine de l’Eglise officielle, veulent-ils pourtant rester dans l’Eglise ? Une raison en a déjà été indiquée : ils se mettraient eux-mêmes par là aussi en contradiction avec une proposition de foi déjà reconnue par eux-mêmes, celle qui concerne la véritable Eglise et son magistère. Mais il s’y ajoute certainement d’autres raisons encore. Par opposition aux temps d’un individualisme et d’un libéralisme conscient de soi, l’homme d’aujourd’hui n’a plus autant de confiance en sa propre opinion, il n’est plus si bien convaincu que l’on puisse facilement soi-même fonder une nouvelle communauté religieuse, sans se perdre dans l’esprit de secte et dans des rêveries sans issue. Lorsqu’on  éprouve ce sentiment sans pourtant réaliser la foi inconditionnée en l’Eglise, on en vient – depuis l’époque du modernisme – aux essais de bâtir sa propre petite chapelle au sein de la grande Eglise, et de former une secte ésotérique au sein de la grande communauté » (Dangers dans le catholicisme d’aujourd’hui, DDB, 1959, p.121). »

    JPSC 

  • Quand un Dominicain écrit dans la revue des Jésuites

    IMPRIMER

    Cottier-Georges.jpgLe cardinal suisse Georges Cottier o.p.(photo),théologien émérite de la Maison pontificale, s’est confié ce mois-ci à la revue jésuite « Civilta Cattolica » dirigée par le P. Antonio Spadaro, l’un des proches conseillers du pape François. Il dénonce notamment les excès de légalisme de l’Eglise concernant les divorcés remariés et en appelle à la miséricorde (celle-ci est le thème de l’article) dans les termes suivants, dont rend compte le journal « La Croix » :  

    « Le cardinal Georges Cottier juge la question des « divorcés remariés », formulée en termes  « trop génériques » et s’appliquant à des situations fondamentalement différentes. Il distingue le cas d’une personne abandonnée par son conjoint, qui conserve la charge des enfants et contracte un mariage civil avec un nouveau compagnon qui l’aide et la sécurise, d’une autre qui laisse sa famille pour épouser « une personne plus jeune et brillante » en se laissant « transporter par la passion ».

    « Dans le second, il y a un "scandale", dans le premier au contraire nous percevons le poids de la solitude, la difficulté à aller de l’avant, la faiblesse et même la nécessité d’une compagnie », note le cardinal. Il propose le« jugement prudentiel de l’évêque » comme solution, non sans avouer ses doutes face à la division de l’épiscopat sur la question.

    « Mon avis s’applique d’abord à certaines situations où il y a une probabilité sérieuse de nullité du premier mariage, mais pour laquelle il est difficile de fournir des preuves canoniques », précise-t-il. Cependant il appelle plus généralement à rester attentif « aux mutations historiques et aux évolutions des mentalités. Certainement pas pour s’y soumettre mais pour surmonter les obstacles qui peuvent s’opposer à l’accueil de ses conseils et de ses directives ».

    Il évoque aussi « la responsabilité des confesseurs » dans le rejet ressenti par certains fidèles face à « un jugement négatif émis d’une manière impersonnelle et privée d’âme ».« Toujours et partout, quel que soit le jugement exprimé, il doit être présenté et expliqué dans un langage qui fasse entendre clairement la sollicitude maternelle de l’Église », défend le théologien dominicain, pour qui il ne fait aucun doute que l’année de la miséricorde illuminera le travail du synode de 2015. »

    Tout l’article ici : Le cardinal Cottier regrette la brutalité « inhérente » au rigorisme sur le cas des divorcés remariés.

    Le concile Vatican II nous a habitués à un certain nombre de formules « pastorales » qui pour franchir l’obstacle énoncent une règle assortie, un peu plus loin dans la phrase, d’une échappatoire qui la transforme finalement en exception. Lorsque la Parole du Seigneur lui-même est en cause, employer cette méthode serait d'autant moins acceptable.  

    La position défendue par notre archevêque, Mgr Léonard, dans sa conférence du 28 janvier dernier à l’Université de Liège, me parait plus clairement conforme au double souci de la vérité et de la miséricorde en ces matières difficiles que constituent les conflits matrimoniaux.

    Quelques extraits significatifs nous invitent à la réflexion :

    « Se marier, pour des chrétiens, c’est, pour reprendre une expression de saint Paul, « se marier dans le Seigneur » (je raffole de cette expression, beaucoup plus riche que « se marier à l’église ») : s’aimer l’un l’autre à la manière dont Jésus nous aime, à la manière dont le Seigneur aime son Eglise, à la manière dont Dieu aime l’humanité.

    C’est donc un pari d’une beauté mais aussi d’une exigence extraordinaires que de se marier « dans le Seigneur ». Cela veut dire, une formule de mariage le disais jadis explicitement, qu’un homme se lie à une femme, une femme à un homme, en lui disant : je vais t’aimer comme le Seigneur nous aime. Je vais t’aimer pour le meilleur et pour le moins bon, éventuellement pour le pire. Je vais t’aimer comme le Seigneur nous aime : fidèlement, même si nous le lâchons, même si nous l’oublions ou le trahissons.  Même si nous lui sommes infidèles, lui nous demeurera fidèle car il ne peut pas se renier lui-même : il nous aimera fidèlement. Et on fait le pari de dire la même chose à son conjoint : toi, je t’aimerai fidèlement, même si tu vieillis mal, même si tu es moins joli, ou moins jolie, dans vingt ans que maintenant, même si ta santé s’étiole, même quand tu vas commencer à grisonner et, à la limite, même si tu m’abandonnais, je te resterai fidèle.

    C’est un pari considérable mais c’est un pari très beau, redoutable aussi et la manière dont Jésus a parlé de cette fidélité est, dans un premier temps, déconcertante.  Il est notable que les apôtres, quand ils entendent la manière dont Jésus parle du mariage et de la fidélité aient réagi comme lorsque Jésus parle de la richesse. Jésus dit : ah, mes enfants, comme il est difficile à un riche accroché à sa richesse d’entrer dans le royaume des cieux ; il est plus facile à un chameau de passer par le chas de l’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume des cieux ; vous ne pouvez pas avoir deux maîtres, Dieu et l’argent. Alors les apôtres, qui raisonnent comme dans le judaïsme traditionnel où la richesse est le signe de la bénédiction de Dieu, rétorquent : mais, à ce compte-là, qui peut être sauvé ? Le Christ répond : aux hommes, c’est impossible mais tout est possible pour celui qui met sa confiance en Dieu car pour Lui, tout est possible. »

    Voilà pour la vérité et voici pour la miséricorde :

     « Que d’attention on doit avoir pour les personnes divorcées. La première chose que le Seigneur leur demande, si elles le consultent, c’est d’assumer la fidélité au mariage et au conjoint, même s’il n’est plus làsi on a été « plaqué » par lui. Mais aucune solitude ne peut être vécue si l’on est seul. Il y a beaucoup de solitudes. On peut vivre une situation de solitude d’abord avec le Seigneur, et avec des frères et sœurs qui nous soutiennent.  

    Il y a une certaine solitude dans le célibat du prêtre. Pas dans mon cas : comme beaucoup de confrères, je souffrirais plutôt du manque de solitude, mais certains souffrent aussi de solitudes. On ne peut la vivre positivement qu’avec le Seigneur et si vous aimez vos prêtres, d’une manière adaptée à leur situation de célibataires. Les prêtres ont besoin de votre affection, de votre soutien pour vivre positivement leur célibat sacerdotal, avec la compagnie de leurs confrères et celle du Seigneur.  C’est la même chose pour une personne qui se retrouve veuf, veuve ou célibataire sans l’avoir choisi, parce que la vie n’a pas présenté une âme sœur, ou séparé ou divorcé. On ne peut assumer cette solitude qu’avec le Seigneur dans la solitude de la croix. Jésus est mort dans la solitude, abandonné des hommes et abandonné, apparemment, de Dieu son Père. On ne peut vivre cette solitude qu’avec le soutien de frères et sœurs ou dans une communauté, sinon ce n’est pas tenable.

    Je voudrais dire un mot  -cela reviendra peut-être dans les questions tout à l’heure- sur le fait que je suis partisan d’une pastorale très chaleureuse et proactive à l’égard des personnes qui se sont remariées civilement après un divorce civil ou qui vivent en concubinage. L’Eglise doit chercher le contact avec ces personnes, comprendre ce qui s’est passé dans leur vie et les aider à assumer leur situation, en conjoignant, comme le fait un psaume, amour et vérité.  

    Autrement dit, je décourage les pastorales qui font comme si cette nouvelle union civile ou ce concubinage étaient ou pouvaient être un mariage sacramentel : non. Et il ne faut pas faire des choses qui y ressemblent  car c’est autre chose. Oui, il y a, bien sûr, des éléments positifs qui se vivent mais ce ne sont pas des situations qu’il faut demander au Seigneur de bénir sacramentellement.

    Il n’y a que deux manières de répondre à ce que le Seigneur attend. Lorsqu’on se trouve dans une situation qui ne correspond pas à ce qu’il demande,quelle que soit la situation dans laquelle nous nous trouvions, pécheurs que nous sommes, il y a toujours un chemin de salut. Mais il n’y a que deux manières tout à fait  acceptables, comme chrétiens, de vivre cette situation :

    D’abord,  c’est de se dire : au fond, l’homme ou la femme avec qui je vis n’est pas mon conjoint dans le Seigneur puisque mon conjoint, avec lequel je suis marié sacramentellement, est toujours là. Je ne peux pas en avoir deux. Cette seconde union ne peut pas être un signe sacramentel de l’alliance nouvelle et éternelle.

    Alors, première solution possible : j’en tire les conséquences. Je suis un chrétien à part entière, je participe à l’Eucharistie mais au moment d’exprimer sacramentellement, publiquement, objectivement, l’alliance nouvelle et éternelle, librement je m’abstiens de poser le geste sacramentel, parce que celui-ci est un geste objectif que contredit publiquement ma situation objective d’alliance rompue. Et je connais des gens qui font cela en sachant pourquoi, qui le font par amour et qui, dans cette abstention même, communient à la personne du Seigneur avec une intensité qui souvent m’émeut. En voyant cela, je me dis qu’ils communient au Seigneur peut-être plus profondément que moi quand il m’arrive (le plus rarement possible) d’être distrait en communiant et de me rendre compte que j’ai communié au Corps du Seigneur en pensant à ce qui allait suivre dans l’heure prochaine. Et bien, cela, c’est une conclusion qu’on peut tirer : si elle est tirée avec amour, en ayant compris la profondeur de ce geste d’abstention, elle porte du fruit. J’en ai fait l’expérience chez toutes les personnes qui vivent cela.

    Il existe une autre voie possible, plus exceptionnelle et qui n’est pas recommandable sans une grande préparation, mais je la cite parce que cela existe  et je connais des couples qui ont en effet tiré cette conclusion : après une conversion, ils se sont dit voilà, je vis avec une personne qui n’est pas mon conjoint dans le Seigneur.  Je vais continuer de vivre avec cette personne,  car on ne peut pas se séparer, il y a les enfants etc., mais je vais vivre avec mon conjoint une amitié qui s’exprime autrement que si c’était ma femme ou mon mari, qui trouve une autre forme d’expression, une tendresse qui n’est pas typiquement conjugale. Mais pour cela, il faut être bien préparé, bien motivé.

    Être dans d’autres situations qui ne sont pas telles que le Seigneur et l’Eglise le demandent cela ne veut pas dire que l’on est abandonné.Quand je reçois des personnes que ne peuvent vivre aucune des deux choses  que j’ai évoquées, je vis avec ces personnes avec respect, car je suis aussi un pécheur et je vis avec elles un chemin de conversion, d’espérance et de supplication adressée à la miséricorde de Dieu dans ma vie. Cela peut aussi se vivre positivement ».

     Réf. Monseigneur Léonard à l'Université de Liège: Enjeux des synodes sur la famille

    Le mariage chrétien est, en effet, d’une exigence redoutable que le monde païen d’aujourd’hui -comme celui de la Rome antique- ne peut accepter. Et de tous temps, le catholicisme a été tenté de baisser la garde, sur ce sujet comme sur d’autres aussi délicats. Confrontée plus que jamais à la pression séculariste et aux accommodements consentis par d’autres confessions chrétiennes (protestantes, anglicane ou  « orthodoxe »), l’unique Eglise du Christ se trouve une fois de plus à la croisée des chemins. L’enjeu ne se résume pas au droit prétendu des divorcés-remariés à la communion sacramentelle (une revendication sans doute numériquement marginale): il concerne tous les états de vie qui ne sont pas conformes à la parole évangélique.

    JPSC

  • Le pape François jouerait-il avec la foi ?

    IMPRIMER

    De Guillaume de Prémare sur ichtus.fr :

    Le pape joue-t-il avec la foi ?

    Après le discours du pape à Santa Cruz, l’ancien magistrat Philippe Bilger – aujourd’hui chroniqueur médiatique – a commis pour FigaroVox un billet dans lequel il affirme que « le pape joue avec le feu, avec la foi ». On ne peut porter une attaque plus lourde contre un pape que de dire qu’il joue avec la foi, précisément parce qu’il en est le gardien ultime : « J’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point », dit Jésus à Pierre.

    Selon Philippe Bilger, le pape jouerait avec la foi parce qu’il porterait une vision plus proche de « la lutte des classes » que d’une « classique conception de la justice sociale » ; parce qu’il donnerait du crédit à une Eglise « imprégnée de la théologie de la libération » ; parce qu’il prêcherait un Jésus-Christ « boutefeu qui pourrait être récupéré par Karl Marx ». Ainsi la doctrine du pape serait-elle erronée. La question est essentielle tant la parole de l’Eglise ne peut pas être dissociée de sa doctrine.

    La lutte des classes est une conception marxiste de l’histoire qui voit dans la classe laborieuse, non pas des personnes à défendre et respecter, mais un instrument de masse de la subversion sociale. Marx n’appelle pas les possédants à œuvrer pour la justice, il appelle le prolétariat à renverser la bourgeoisie par la Révolution, pour lui substituer un autre pouvoir, celui du prolétariat, en vue d’une société sans classes.

    Le discours du pape constitue le strict inverse du marxisme : il appelle les riches et les puissants à leur devoir de justice sociale ; et il appelle le peuple à être un acteur responsable de processus de changement, le mettant en garde contre l’illusion du grand soir révolutionnaire. Le pape ne prône pas le rêve d’une société sans classe, il prône la mise en œuvre d’un bien commun.

    Parlons maintenant de la théologie de la libération. Au plan doctrinal, cette question a été tranchée par l’Eglise sous la signature du cardinal Ratzinger en 1984, dans un document de référence intitulé Libertatis Nuntius. J’encourage à relire cette instruction doctrinale pour constater que les paroles du pape François s’inscrivent sans ambiguïté dans la doctrine traditionnelle de l’Eglise et non dans certaines errements de la théologie de la libération.

    Philippe Bilger regrette par ailleurs que le pape François « bouscule » trop vertement « la famille traditionnelle et conservatrice du catholicisme ». J’invite à revisiter l’histoire du catholicisme social au XIXe siècle. Dans son encyclique Rerum Novarum, le pape Léon XIII s’était montré au moins aussi véhément que le pape François aujourd’hui. Il avait alors bousculé les catholiques de son temps.

    Et voici ce qu’Albert de Mun, catholique social issu de l’école de pensée la plus traditionnelle, avait dit aux catholiques « bousculés » en 1892, à l’occasion de son fameux discours de Saint-Etienne : « J’ai toujours cru que les catholiques ne pouvaient se désintéresser de la question sociale, sous peine de manquer à leurs obligations vis-à-vis du peuple : aujourd’hui, depuis l’encyclique sur la condition des ouvriers, je crois qu’ils n’en ont pas le droit et que leur programme social est là, tout écrit. »

    Aujourd’hui, de la même manière, c’est la fidélité à la doctrine et à la tradition de l’Eglise qui est en jeu dans notre fidélité au pape François.

    Guillaume de Prémare

    Chronique Radio Espérance du 24 juillet 2015

  • Malgré (?) la contraception, le nombre des IVG est toujours en hausse

    IMPRIMER

    C'est en France, mais cela vaut sans doute pour les pays limithrophes dont le nôtre.

    Lu sur Liberté Politique :

    Les IVG en hausse, malgré (ou à cause ?) de la contraception

    Le recours à l’avortement en légère hausse en France en 2013, malgré une relative stabilité depuis une dizaine d’années, d’après les auteurs d’une étude publiée le 9 juillet par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES).

    En 2013, 229 000 IVG ont été réalisées en France, dont presque 217 000 en métropole. Ces chiffres correspondent donc à une légère hausse par rapport à 2012 (219 000), alors que la tendance était à la baisse les deux précédentes années, avec 226 100 IVG enregistrées en 2010 et 222 200 en 2011.

    La contraception n’empêche pas l’IVG

    D’après les auteurs de l’étude, « seules 3 % des femmes, ni enceintes ni stériles, ayant des rapports hétérosexuels et ne voulant pas d’enfant, n’utilisaient aucune méthode de contraception », s’appuyant sur les données de l’enquête Fécond, menée par l’Institut national d’études démographiques (INED).

    Ainsi, « le nombre des IVG, y compris chez les plus jeunes, ne s’explique pas principalement par un défaut de couverture contraceptive », alors qu’en 2007, « 2 femmes sur 3 ayant eu une IVG utilisaient une méthode contraceptive qui n’avait pas fonctionné, en raison d’un oubli de pilule ou d’un accident de préservatif ».

    Le Quotidien du médecin note que pour les chercheuses de la DREES, les femmes ont également davantage recours à la contraception d’urgence ; depuis 2005, plus d’1 million de pilules du lendemain et du surlendemain sont vendues chaque année.

    IVG médicamenteuses

    C’est parmi les femmes de 20 à 24 ans que les IVG demeurent les plus fréquentes, avec un taux de 28,8 IVG pour 1 000 jeunes femmes, alors que la moyenne est de 15,6 pour 1 000 pour les 15-49 ans. Chez les moins de 20 ans, les taux continuent de décroître, avec 9,5 recours pour 1 000 femmes chez les 15-17 ans, et 21,8 chez les 18-19 ans.

    Les IVG médicamenteuses représentent 58 % du total des IVG. À l’hôpital, 81 % des IVG sont prises en charge dans le secteur public.

    Sources : DREES, Quotidien du médecin (9/07/15)

  • Grand-Duché : tensions entre l'archevêché et les fabriques d'église

    IMPRIMER

    Lu sur "paperjam" ces informations qui mettent en évidence l'affrontement de conceptions divergentes concernant la gestion du patrimoine religieux :

    «L’archevêché ne soutient pas les fabriques d’église»

    Selon Serge Eberhard, la création d’un fonds de gestion des édifices religieux aura notamment pour conséquence une baisse de l’engagement des bénévoles dans l’Église.

    La signature de la convention entre l’Église et l’État prévoit la création d’un fonds destiné à gérer le patrimoine ecclésiastique. Ce à quoi s’oppose le Syfel, syndicat des fabriques d’église, qui menace de porter plainte.

    Pour gérer les quelque 500 lieux de culte catholiques du Luxembourg, l’Église s’appuyait depuis 1809 sur les fabriques d’église, ces «structures autonomes et personnes juridiques» en charge de la gestion des biens appartenant à une paroisse. Mais avec la signature, en janvier dernier, de la convention entre l’archevêché et l’État, les choses vont bientôt changer. Le texte prévoit ainsi la disparition pure et simple des fabriques d’église et leur remplacement par un fonds.

    Pour Serge Eberhard, président de l’asbl Syndicat des fabriques d’église du Luxembourg (Syfel), cité par Le Quotidien, cette mort annoncée des fabriques d’église, remplacées par un fonds de gestion qui appartiendra à l’archevêché, aboutira à une situation à deux vitesses. Selon lui, «le projet de loi reflète le désir du gouvernement ou d’un ministre d’interdire aux communes de soutenir financièrement les fabriques d’église» et donc «une discrimination de la communauté catholique» car «les communes (…) qui sont libres et autonomes (…) pourront soutenir les autres communautés religieuses».

    Souhait de créer «un fonds de secours»

    En clair, Serge Eberhard craint que les bâtiments actuellement gérés par les fabriques et dont une partie appartient aux communes ne soient pas bien conservés, faute de financement suffisant. Autre appréhension, le coût de cette réforme. «Le fonds sera centralisé et (…) il va néanmoins falloir recruter des spécialistes sur les plans financier, économique et technique et leur verser des salaires. Il s’agira donc d’un appareil dont le fonctionnement coûtera très cher.» Un nouveau système que Serge Eberhard oppose au dispositif actuel, composé «de bénévoles qui font preuve de beaucoup d’engagement depuis 200 ans».

    Alors que l’archevêché souhaite la création du fonds de gestion, le Syfel plaide pour la mise sur pied d’une autre structure, baptisée «fonds de secours» destinée à libérer les communes de l’obligation de couvrir les déficits des paroisses, «tout en leur laissant le choix, si tel est leur souhait». Un fonds composé «d’une partie du patrimoine de toutes les fabriques d’église et qui entrera en service le jour où une paroisse donnée (…) rencontrera des données financières». Sur ce projet, le Syfel affirme que «l’archevêque ne nous soutient pas».

    Souhaitant démonter le mythe qui entoure les finances de l’Église, «ces gens qui veulent croire en l’existence d’un trésor enfoui quelque part dans leur jardin avec l’espoir de le retrouver un jour», le président du Syfel assure que les fabriques d’église qui disposent d’un grand patrimoine ne sont «pas tant que cela». «Un certain nombre» d’entre elles fonctionneraient ainsi «normalement», tandis qu’«un bon nombre» ne posséderaient rien. Selon les chiffres publiés par le ministère de l’Intérieur, les communes devront débourser, en 2015, 13,6 millions d’euros en faveur du culte catholique. Soit 1,8 million de plus qu’en 2014 et 3,8 millions supplémentaires par rapport à 2013.

  • Vincent Lambert : un appel des évêques de Rhône-Alpes

    IMPRIMER

    Vincent Lambert : un appel épiscopal

    Publié le 21 juillet 2015

    Aujourd’hui le visage le plus fragile de notre société se prénomme Vincent.

    A l’avant-veille de la décision du Dr Simon qui pourrait annoncer « l’arrêt des traitements », voici la déclaration des évêques de Rhône-Alpes au sujet de Vincent Lambert, dont les parents vivent dans la Drôme.

    Dans quelques jours, une décision médicale risque de provoquer délibérément la mort de Vincent Lambert.
    Il n’est pourtant pas en fin de vie et il ne fait l’objet d’aucun soin disproportionné. En lui donnant la nourriture et l’hydratation nécessaires, ceux qui prennent soin de lui respectent simplement le cours de cette vie dont le mystère nous échappe et dont le terme n’appartient à personne.
    Les débats auxquels nous assistons prouvent que notre société hésite sur des principes majeurs, comme « Tu ne tueras pas » ou « Nul ne peut décider de mettre fin à la vie d’autrui ». Ils étaient considérés jusqu’à présent comme des valeurs fondamentales, comme le socle de notre vivre ensemble [1]. Et si l’on venait à y renoncer, on voit mal comment le corps médical pourrait continuer à prononcer le serment d’Hippocrate [2].
    C’est le renoncement à ces principes qui fait peser sur la famille un poids insupportable. Nous voudrions exprimer à tous ses membres notre compassion, en respectant leur souffrance.
    A l’issue des travaux menés sur la situation de Vincent Lambert par la Cour Européenne des Droits de l’Homme, les cinq membres qui se sont opposés de toute leur force à la décision votée par les sept autres ont crié leur révolte. Ils ont déclaré que la Cour ne méritait plus de porter le titre de « conscience de l’Europe » qu’elle s’était donné en 2010 [3].
    En union avec beaucoup d’autres, croyants ou non, nous lançons un appel aux autorités politiques, juridiques et médicales. Que ceux qui ont à en juger sachent que derrière la personne de Vincent Lambert, c’est le symbole de la vie la plus fragile qui est en jeu pour l’avenir de notre société.
    Si sa mort doit survenir, nous prierons pour que tous puissent accueillir cet événement dans l’espérance. Mais aujourd’hui, notre frère Vincent n’est pas en fin de vie, et plusieurs établissements spécialisés se sont déclarés prêts à le recevoir. Qu’est-ce qui l’empêche ?

    Mgr Philippe Ballot, archevêque de Chambéry, Maurienne et Tarentaise 
    Mgr Jean-Louis Balsa, évêque nommé de Viviers 
    Cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon 
    Mgr Yves Boivineau, évêque d’Annecy 
    Mgr Guy de Kerimel, évêque de Grenoble-Vienne 
    Mgr Dominique Lebrun, évêque de Saint-Étienne 
    Mgr Patrick Le Gal, évêque auxiliaire de Lyon 
    Mgr Pierre-Yves Michel, évêque de Valence 
    Mgr Pascal Roland, évêque de Belley-Ars 

    [1] C’est le titre et le sens de l’appel interreligieux signé pendant le débat parlementaire sur la fin de vie http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/03/09/nous-hauts-dignitaires-religieux-demandons-a-ce-que-soit-preserve-l-interdit-de-tuer_4589691_3232.html 
    [2] Serment d’Hippocrate. Article R 4127-38 du code de la santé publique 
    [3] http://hudoc.echr.coe.int/sites/fra/pages/search.aspx?i=001-155264

  • L'encyclique Laudato si, un document catholique ?

    IMPRIMER

    L’encyclique Laudato si : Est-elle un document catholique ou un traité humaniste ? (13 mn)
    Par Arnaud Dumouch, 19 juillet 2015. Pour écouter l’encyclique complète en Audio : http://metz-catholique.fr/dossiers/en...
    Les médias classiques ne parlent que de la dimension environnementale de cette encyclique. Ils refont l’erreur qu’ils firent pour la lecture de Vatican II, dont ils déformèrent le message. Les commentateurs catholiques semblent croire les médias classiques !
    Pour écouter l’encyclique complète en Audio : http://metz-catholique.fr/dossiers/en...

    Les médias classiques ne parlent que de la dimension environnementale de cette encyclique. Ils refont l’erreur qu’ils firent pour la lecture de Vatican II, dont ils déformèrent le message. Or les commentateurs catholiques semblent croire les médias classiques !

    Il faut donc la lire ou l’écouter. Le pape François développe au contraire une ECOLOGIE TOTALE, à la manière de Tugdual Derville. Dans la ligne de toute la foi de l’Eglise, il montre que TOUT EST LIÉ et que les 5 dimensions de l’homme ne sauraient être bafouées (1° mystique –verticale, le sens ultime de la vie, le Sauveur- ; 2° la dimension spirituelle -relations humaines- ; 3° psychologique (les sentiments du bien-être) ; 4° corporelle –santé- et 5° environnementale –exaltées avec raison par nos médias-).
    Et c’est bien la dimension mystique qui débute et conclut cette encyclique. La négliger comme le fait l’Europe depuis 50 ans en exaltant l’homme et en tuant Dieu, conduit à une vengeance de la nature et à la venue d’hommes qui, en réaction, exaltent Dieu et tuent l’homme.

  • Les évêques anglais s'opposent au suicide assisté

    IMPRIMER

    Les évêques du Royaume-Uni mobilisés contre le suicide assisté

    2015-07-19 Radio Vatican

    (RV) Au Royaume-Uni, à deux mois du débat et du vote à la Chambre des communes du projet de loi concernant le suicide assisté, les évêques expriment à nouveau toute leur préoccupation. « Il s’agit d’un débat extrêmement important » écrit Mgr Peter Smith, archevêque de Southwark et président du Département de la responsabilité chrétienne et de la citoyenneté de la Conférence épiscopale d’Angleterre et du Pays de Galles.

    Ce projet vise à rendre possible, pour les adultes en phase terminale, le choix de mettre fin à leur vie avec une assistance médicale spécifique. Ce qui implique la possibilité, pour les médecins, d’injecter des substances létales aux malades en phase terminale. Mgr Smith, exhorte les catholiques « à contacter au plus vite les députés pour exprimer leur inquiétude face à l'impact dangereux qu'un tel projet de loi pourrait avoir sur les personnes les plus vulnérables ». Ce qui est nécessaire, ajoute t-il « ce sont plus et de meilleurs soins palliatifs et non pas le suicide assisté ».

    L’ archevêque de Southwark indique que la Conférence épiscopale d’Angleterre et du Pays de Galles a créé une page internet spéciale qui explique, en détail, le projet de loi et ses conséquences tragiques. « La vie de chaque personne est toujours digne de respect et de protection » peut-on lire sur cette page qui rappelle aussi que dans la douleur, la souffrance ou la solitude, tout homme mérite « attention et soutien, et non pas le suicide assisté ». D’où l’appel à développer les soins palliatifs afin qu’ils soient accessibles à tous.

    Citant le message du Pape François aux catholiques d’Irlande, d’Ecosse, d’Angleterre et du Pays de Galles dans le cadre de la Journée pour la vie 2013, les évêques soulignent que « même les plus faibles et les plus vulnérables, les malades et les personnes âgées, les enfants à naître et les pauvres sont un chef-d’œuvre de la création de Dieu, fait à Son image ; ils sont destinés à vivre pour toujours et mérite le plus grand respect et la plus absolue vénération ».

    Ils s’attardent par ailleurs sur l’avis des médecins indiquant que « la British Medical Association et le Royal Medical Colleges sont fortement opposés à la légalisation du suicide assisté », car elle violerait « les principes fondamentaux de l'éthique médicale professionnelle », principes qui remontent, précisent-ils « au serment d’Hippocrate » qui affirme que « les médecins doivent montrer le plus grand respect pour la vie humaine ».

  • Ecologie : ne pas tomber dans une vision irréelle de la création

    IMPRIMER

    Cette semaine, une chaîne télévisée française passait un reportage impressionnant sur les Virungas, une chaîne de montagnes et de volcans située entre le lac Edouard et le lac Kivu , le long de la frontière entre le Congo, le Rwanda et l’Ouganda.

    Dans cette jungle humide, sanctuaire cynégétique des pygmées batwas, la faune et la flore sont magnifiques. Du  gorille au babouin, une étonnante variété de singes l’occupe aussi. Elle ne se contente pas, comme on pourrait croire, d’y mâcher  gentiment des herbes ou des feuilles : on voit des chimpanzés carnivores faire la guerre à d’autres tribus simiesques et la conclure en dévorant leurs frères ennemis vaincus.

    Dans l’ancien parc national Albert, le Nyiragongo domine  le lac Kivu. A 3.500 mètres d'altitude au sommet du volcan, le spectacle du lac de lave au fond du cratère est toujours aussi fascinant. L’ennui c’est que cette lave bouillonnante se transforme quelquefois en une rivière incandescente qui déverse, à l’allure exceptionnelle de 100 km/heure, son magma brûlant dans les villages  jusqu’à Goma, une ville située au bord du lac Kivu : une masse d’eau (superficie 2.700 km2, volume 500 km3) sous laquelle on a découvert, piégés en  profondeur, l’existence de milliards de m³ de gaz méthane d’origine biogénique récente. Si la lave devait  entrer en contact avec ce méthane, le cocktail provoquerait une gigantesque explosion meurtrière qui ruinerait aussi pour longtemps l’ecosystème d’une des régions les plus peuplées d’Afrique de l’Est.

    Ces deux exemples illustrant l’ambiguïté de l’état présent de la nature et la pertinence relative de la franciscomania attisée par la récente encyclique « Laudato si » sur l’écologie, m’ont remis en mémoire l’interview iconoclaste  accordée voici quelques mois par Monseigneur Léonard à Olivier Rogeau pour le Vif/l’Express  (JPSC) :

    307341.jpg« Le Vif/L'Express : Monseigneur, auriez-vous pu être franciscain ?

    Mgr Léonard : Je n'ai jamais envisagé cette vocation-là.

    L'intellectuel que vous êtes aurait-il préféré devenir jésuite ? Je ne suis ni jésuite, ni franciscain, et j'en suis fort aise !

    La figure de François d'Assise n'est-elle pas fascinante ? J'ai mes réserves vis-à-vis de saint François.

    N'est-il pas le plus populaire des saints chrétiens ?

    Il est populaire pour une raison qui me laisse perplexe. Beaucoup l'admirent parce qu'il a chanté la beauté de la nature et prêché aux oiseaux. Il a répandu une conception très optimiste de la création.

    Qui vous déplaît ?

    En réalité, la vie des humains et celle des animaux est tragique. La vie animale est une boucherie, une entretuerie. C'est bien gentil de prêcher aux oiseaux, mais quand ceux-ci voient un ver de terre, ils le déchiquettent. Quand un chat voit une souris, il ne lui fait pas des choses très sympathiques !

    A la fin de sa vie, François d'Assise a composé le Cantique des créatures, qu'il chante haut et fort au pire de ses maladies. N'est-ce pas émouvant ?

    Je lui suis reconnaissant d'avoir parlé, dans son cantique, du soleil, de la lune, des étoiles, de l'eau, du feu, du vent... "Béni soit notre frère le vent", clame-t-il. Encore que, si ce vent souffle à 300 kilomètres à l'heure, ce n'est pas un frère très commode. C'est plutôt un ennemi. Notre frère le feu, on l'apprécie dans l'âtre qui chauffe la maison, pas dans les forêts incendiées. Et heureusement que saint François ne bénit pas nos frères crocodiles et serpents ! Heureusement qu'il ne dit pas "Loué sois-Tu, mon Seigneur, par toutes Tes créatures, spécialement messire le frère serpent. Tu l'as doté de muscles puissants, d'un venin actif et d'une langue effilée qui lui permettent d'étouffer et d'empoisonner sa petite victime en quelques minutes."

    Quelle est votre propre conception de la création ?

    Je suis un ardent défenseur des versets 18 et suivants du chapitre VIII de la Lettre de saint Paul aux Romains. Il y est dit que la création, dans son état présent, est "assujettie à la vanité" et "livrée à l'esclavage de la corruption". N'oublions jamais cela. François chante la beauté de la création, alors qu'elle est effroyablement cruelle. La création nous nourrit, mais elle nous tue. Elle contient tous les virus qui nous empoisonnent la vie. Je n'aime pas cet esprit franciscain béat qui célèbre sans nuance la beauté du cosmos. »

    Ref. : Mgr Léonard: "J'ai mes réserves vis-à-vis de saint François" 

  • Le pape François aurait-t-il légitimé la théologie de la libération ?

    IMPRIMER

    D'Isabelle Schmitz sur FIGAROVOX :

    Le pape François et la théologie de la libération: les liaisons dangereuses ?

    Après le voyage du pape en Amérique du Sud, ses discours continuent de faire débat. Isabelle Schmitz nous rappelle quel fut le rapport du Cardinal Bergoglio avec la théologie de la libération.

    Parmi les cadeaux remis au pape François par le président bolivien, Evo Morales, un Christ couché sur une croix en forme de faucille et de marteau a déclenché la polémique.

    Le crucifix offert par le président bolivien Evo Morales est une réplique de celui en bois que tailla, dans les années 1970, le jésuite espagnol Luis Espinal, en forme de faucille et marteau, sur lequel il fixa le Christ de ses premiers vœux de religieux (il fut ordonné en 1962 en Catalogne). Il mena à partir de 1968, date de son arrivée en Colombie, un apostolat engagé auprès des pauvres, comme journaliste et réalisateur de films qui dénonçaient les injustices et les abus de la dictature militaire. Il participa également aux grèves des mineurs et des travailleurs. Le 21 Mars 1980, il fut enlevé, torturé, et finalement abattu sur ordre du dictateur luis Garcia Meza Tejada.

    Avant son entretien avec le président Morales, le pape François alla se recueillir devant la croix érigée à l'entrée du quartier d'Achachicala, à La Paz, où fut retrouvé le corps supplicié du prêtre, et loua le courage de ce défenseur du droit des opprimés: «Il prêcha l'évangile, cet évangile qui nous apporte la liberté, qui nous rend libre, comme tout enfant de Dieu»

    En recevant le cadeau, le pape a laissé paraître un certain embarras démenti le lendemain par son porte-parole, le père Federico Lombardi: selon les précisions du père Lombardi, ce crucifix n'aurait pas été, pour le père Espinal, un signe idéologique, mais le signe d'une réflexion intime sur le christianisme et le marxisme. «Il n'était pas communiste, mais c'était une manière de chercher le dialogue avec les ouvriers et les paysans, qui était selon lui absolument nécessaire», déclara le père Albo, jésuite, un ami proche d'Espinal. Ce crucifix «revisité» illustre l'influence que put avoir sur l'Eglise latino-américaine la théologie de la libération, apparue dans les années 1960 en réponse à des situations de grande instabilité politique et d'injustices sociales criantes.

    Il mettait cependant en garde contre la tentation d'idéologiser le message évangélique par une « réduction socialisante », « une prétention interprétative sur la base d'une herméneutique selon les sciences sociales, (qui) recouvre les champs les plus variés : du libéralisme de marché aux catégories marxistes ».

    En acceptant ce cadeau, et en allant de recueillir sur la tombe du père Espinal, le pape François aurait-il légitimé la théologie de la libération?

    lire la suite sur FIGAROVOX

    ... et une autre "lecture" ICI

  • Quand l'image du pape telle que les médias la fabriquent risque de poser un réel problème pour les temps à venir

    IMPRIMER

    Sur Belgicatho, nous nous refusons à entrer dans un débat que nous considérons délétère et contreproductif à propos de gestes, de paroles ou d'attitudes du pape François qui peuvent surprendre voire scandaliser certains. Il est vrai que les médias n'en ratent pas une pour tenter de présenter les faits et gestes du pape actuel comme des actes "révolutionnaires" et des signes de rupture par rapport à la façon dont les papes précédents, particulièrement Benoît XVI, ont exercé leur charge et proclamé l'enseignement de l'Eglise.

    La position exprimée sur son blog par le Père Hunwicke qui distingue d'une part le pontificat réel de François - interprété comme conforme à l'enseignement traditionnel de l'Eglise - et d'autre part le pontificat tel que le présentent les médias nous paraît plus proche de la réalité. Cependant, tout comme pour le concile Vatican II dont l'image fabriquée par les médias a fini par prendre le pas sur la réalité même de ce qu'il a été, il est à craindre que l'image que les médias donnent du pape actuel vienne occulter la réalité de ce qu'il est et de ce qu'il enseigne vraiment, en jetant ainsi le trouble dans les esprits. Il suffit d'entendre ce que les gens racontent, persuadés que François est favorable à tout ce que véhicule l'air du temps. Et au-delà du pontificat actuel, un pape à venir, moins doué pour la communication, risquerait de faire les frais d'un décalage trop sensible entre l'image médiatique de son prédécesseur et un mode plus classique de l'exercice du souverain pontificat.

    On trouvera sur le site "Benoît-et-moi" la traduction de l'article du Père Hunwicke : http://benoit-et-moi.fr/2015-II/actualite/le-prochain-pontificat.html 

    Extrait :

    "Après le pontificat actuel, les loups, les journalistes qui haïssent le Christ, les prêtres infidèles, vont oublier, effacer, le véritable 'dossier' d'orthodoxie et d'impeccable fidélité ecclésiale du pape François. Tout comme le Malin a promu une fausse image du Concile, de la même façon, il présentera une fausse image du pape François comme quelqu'un qui a «refusé de condamner», quelqu'un qui «n'a eu aucun problème» avec le divorce, l'homosexualité et autres aberrations du Zeitgeist ; un pape «doux», «humble», «aimant» et «miséricordieux». Et tout comme la fausse image de Vatican II a sapé et entravé la vie de l'Eglise pendant plus d'un demi-siècle de même la fausse image du pape François entravera les pas de ses successeurs. Quoi qu'ils fassent, ils seront accusés d'«essayer de reculer l'horloge juqu'à l'ère d'avant le bon pape François». Une image totalement faussée, un "Pape François" totalement anti-historique, sera sans cesse brandi pour harceler les futurs papes, faire obstacle à leur ministère et tenir à distance le doux souffle de l'Esprit Saint."