02/11/2014

Fabrice Hadjadj et l'art contemporain

Lu sur FigaroVox (Paul Piccarreta) :

FIAC, McCarthy... L'oeil de Fabrice Hadjadj sur l'art contemporain

FIGAROVOX/ENTRETIEN - Quelques jours après la clôture de l'édition 2014 de la FIAC, le philosophe Fabrice Hadjadj revient pour FigaroVox sur sa vision de l'art contemporain, ses beautés et ses dérives.

Fabrice Hadjadj est directeur de l'institut européen d'études anthropologiques Philanthropos à Fribourg. Il est écrivain et philosophe. Son dernier ouvrage «Qu'est-ce qu'une famille? suivi de La Transcendance en culottes», est paru en septembre aux Editions Salvator (249 p., 20 €). Il avait publié auparavant un essai «Puisque tout est en voie de destruction», (Le Passeur Éditeur, avril 2014).

FigaroVox: La FIAC (Foire Internationale de l'art contemporain) s'est terminée le week-end dernier. Comme chaque année, la polémique enfle. D'un côté, les laudateurs, de l'autre les contestataires. En ce qui vous concerne, vous passez régulièrement pour un défenseur de la création contemporaine. Et pourtant, vous écrivez aussi contre la modernité. Comment tenez-vous les deux bouts?

Fabrice HADJADJ: Toutes les époques, il y a eu des nuls et des imposteurs. Mais le nom de FIAC m'a toujours indisposé: les acronymes sont déjà des échecs artistiques et n'augurent rien de bon, d'autant que mon oreille tend à n'y entendre que le mot-valise de la «fiente en frac». Cela foire, effectivement. Aujourd'hui chacun sait qu'il n'y a rien de plus ringard que de militer sous la bannière des avant-gardes. Quant aux partis-âneries, comme vous dites, elles tombent toujours dans les affirmations massives: l'accueil en masse ou la condamnation en bloc. On veut s'épargner un vrai travail de discernement, quelque chose qui ne soit pas que de l'adhésion mondaine ou du rejet épidermique, mais qui se pense à partir de la considération des recherches formelles et d'une mise en perspective dans l'histoire de l'art. Parmi les contemporains, il y a des charlatans, certes, mais il y a aussi de vrais artistes, dignes des grands de jadis. Je pense à Gerhard Richter, à Bill Viola, à James Turell, à Yuri Ancarani, à Rineke Dijkstra et tant d'autres. Tous ceux-là ne prétendent pas à un avant-gardisme en complète rupture avec le passé. Ils entendent au contraire s'inscrire dans la plus pure tradition, revendiquant même un lien avec le Quattrocento ou le Moyen-Âge.

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01/11/2014

Union des étudiants catholiques de Liège : prochain lunch-débat à l’ULg le lundi 24 novembre 2014 à 18h00 sur "Moyen Orient et persécution religieuse"

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S’informer ou  

s’inscrire au lunch-débat (obligatoire 3 jours ouvrables à l'avance):

tél 04.344.10.89

ou sur notre site ici :

MOYEN-ORIENT ET PERSÉCUTION RELIGIEUSE

Euthanasie : un nouveau décryptage du livre de Corinne Van Oost

De la synthèse de presse bioéthique de gènéthique du 31 octobre

UN DÉCRYPTAGE DU LIVRE « MÉDECIN CATHOLIQUE, POURQUOI JE PRATIQUE L’EUTHANASIE »

Le docteur Marie-Sylvie Richard de la Maison Médicale Jeanne Garnier propose une lecture du livre de Corinne Van Oost : « Médecin catholique, pourquoi je pratique l’euthanasie » (Retrouverz l’intégralité de la tribune ici ). Elle remarque qu’après avoir décidé de répondre à la demande insistante d’une de ses patientes,  « la transgression qu’elle s’est autorisée a ouvert une porte, et elle a besoin de s’en justifier ».

Dans certaines situations difficiles, Corinne Van Oost soutient que le médecin doit « reconnaitre son impuissance et accéder à la supplique ». La maison Jeanne Garnier accueille aussi des personnes en demande d’euthanasie, mais particulièrement attentifs à leur souffrance, elle cherche à les apaiser, et, « dans un grand nombre de cas, les patients changent d’avis ». Le docteur Richard poursuit : « Confrontée au non sens de la souffrance, Corinne Van Oost accède dans certains cas à cette solution de l’euthanasie. Mais pratiquer l’euthanasie, ce n’est pas pour moi donner du sens ! C’est répondre au non-sens par le non sens. C’est s’octroyer un pouvoir considérable, démesuré sur autrui. » Elle note certaines contradictions dans les propos de Corinne Van Oost, qui affirme par exemple que l’interdit de tuer est un fondement de la société tout en estimant en même temps qu’il « ne renvoie pas au contexte de la fin de vie ».

Corinne Van Oost ne considère pas la possibilité de la sédation, estimant qu’on ne sait pas si elle libère de l’angoisse, mais pour le docteur Richard, « dans ces situations particulières, j’estime que la sédation est une aide précieuse. C’est bien préférable que de provoquer la mort qui, pour moi, reste un interdit fondamental ».

Le livre pose aussi la question du rôle de la médecine, une approche globale qui tend à médicaliser la question du sens. Cependant, « nous, soignants et accompagnants,  aidons les personnes à cheminer, mais pouvons-nous tout résoudre ? Bien des questions restent ouvertes lorsque la mort survient… »

Au terme de son décryptage, le docteur Richard souligne que « contrairement à l’auteur, je ne crois pas ‘qu’une société qui admet l’euthanasie a gagné en humanité !’ La conséquence d’une telle loi, c’est que l’euthanasie augmente, et que le droit à l’euthanasie devient contraignant pour tous. »

Source: ethique-soin.blogs.la-croix.com 27/10/2014

Comment le transhumanisme influence les droits de l'homme

De la synthèse de presse bioéthique de gènéthique du 31 octobre 2014

Dans le cadre des Semaines sociales qui se tenaient sur le thème "L"homme et les technosciences, le défi", Grégor Puppinck(1) explique, dans une interview accordé au quotidien La Croix, la façon dont le transhumanisme influence désormais les droits de l'homme. 

Lors de la signature de la Convention européenne des droits de l'homme en 1950 (Conv.EDH), des "droits dans le but de protéger les capacités inhérentes à l'être humain, sa nature, ce qui distingue l'homme des animaux et manifeste sa dignité" ont été définis.

Aujourd'hui, les biotechnologies augmentent les capacités naturelles de l'homme et lui en donnent de nouvelles : "Un homme renouvelé émerge de l'évolution des techniques, et les droits de l'homme accompagnent cette évolution". Après les droits humanistes puis personnalistes, des droits post-humanistes s'imposent désormais et "ouvrent la voie aux droits transhumanistes" explique G. Puppinck.

Ce post-humanisme se comprend comme "la domination des volontés individuelles sur la nature humaine", avec comme effet, celui de "remplacer les droits de l'homme par les 'droits des individus' ", précise G. Puppinck qui ajoute que "même si la lettre des droits de l'homme n'a pas changé, leur interprétation individualiste a altéré, voire révolutionné, leur contenu". Concrètement, c'est "le dépassement et la substitution de la nature humaine par les biotechnologies". Il y a désormais un droit individuel à accéder à ces technologies "car elles permettent de s'affirmer davantage". Ainsi, "en affirmant l'existence d'un 'droit de mettre au monde un enfant qui ne soit pas affecté par la maladie', la CEDH a intégré les techniques de dépistage génétique dans la définition de l'homme : l'eugénisme devient ainsi une composante de la nature humaine augmentée". 

Finalement, et c'est une nouveauté, la CEDH "estime qu'un argument moral n'a plus de valeur en soi. Toute idée de l'homme serait relative. [...] Une limitation légale portée à la volonté individuelle n'est plus acceptée si elle est fondée sur une conception de l'homme ou du bien : la Cour exige désormais des arguments scientifiques". Ainsi en a-t-il été récemment lorsque, à propos d'une affaire d'adoption par un couple de femme, "elle avait rejeté l'argument moral du gouvernement qui souhaitait l'interdire, demandant des preuves scientifiques qu'il n'est jamais bon pour un enfant d'être élevé par un couple de même sexe".  Par conséquent, il ne reste à la Cour européenne des droits de l'homme que "la science comme 'vérité' sur laquelle fonder son jugement." Or, poursuit G. Puppinck, "ce scepticisme moral détruit les droits de l’homme en ce qu’ils résultent de choix moraux non scientifiques et contribue ainsi à les réduire au seul principe de liberté, qui implique aussi celui d’égalité. Et cette liberté, c’est la volonté individuelle indéfinie."

(1) Grégor Puppinck est docteur en droit et directeur de l'European Centre for Law and Justice (ECLJ). 

Source: La Croix (Flore Thomasset) 31/10/2014

31/10/2014

Saint Suaire : reprendre les choses dans l'ordre

Du Salon Beige :

Honneur au Saint Suaire

Bel article, synthétique, assez complet et bien référencé, de Frédéric Becquérieux, dans Politique Magazine.

"Expertises, contre-expertises, contre-contre-expertises : le linceul de Turin a donné lieu à toutes les controverses possibles. Il faut reprendre les choses dans l’ordre et analyser, froidement, les pièces dont on dispose.

On appelle « Linceul de Turin » une grande pièce de lin, conservée à Turin, qui est censée avoir enveloppé le corps du Christ au tombeau, et sur laquelle son image se serait mystérieusement déposée. Cette relique, en France du moins, n’a pas très bonne réputation. La plupart des gens vous diront qu’il s’agit d’un « faux du Moyen-Âge ». Et si vous êtes capable d’apporter de sérieux éléments en faveur de l’authenticité du linceul, on vous répondra que la foi n’a de toute façon pas besoin de ce genre d’éléments matériels, vestiges de la piété superstitieuse des temps anciens.

Que penser de tout cela ?

Lire la suite sur le blog du salon Beige

30/10/2014

Sédation palliative : le docteur Wim Distelmans veut les voir enregistrées comme les euthanasies

Du blog de Jeanne Smits :

Que la « sédation palliative » soit une sorte d’euthanasie déguisée, une pratique de « zone grise » où l’intention de tuer est parfois le moteur des décisions prises alors qu’en d’autres occurrences elle vise à soulager des souffrances quitte à abréger un peu la vie, je l’écris ici depuis 2007 (voir ici par exemple). C’était une époque où l’euthanasie était en baisse aux Pays-Bas – elle a fortement progressé depuis – mais où la sédation palliative était déjà de plus en plus fréquente. L’administration poussée de calmants couplée avec l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation peut clairement avoir un objectif euthanasique – nombre de médecins avouaient déjà alors la choisi pour hâter la mort – alors même qu’elle peut être utilisée de manière parfaitement éthique alors que celle-ci est imminente.

Zone grise, donc, qui a banalisé les gestes médicaux qui provoquent ou qui hâtent la mort : peut-être avons-nous atteint le moment où le lobby de l’euthanasie entend capitaliser sur l’anesthésie des consciences en montrant que la mort est donnée plus souvent qu’on ne le croit.

C’est en tout cas ce que laisse à penser la dernière initiative du Dr Wim Distelmans en Belgique. Ce spécialiste des soins palliatifs, qui a participé à nombre d’euthanasies très controversées dans le pays, vient de suggérer que les sédations palliatives soient déclarées selon le schéma des euthanasies pour éviter les ratés.

« On ne peut pas donner aux médecins un chèque en blanc pour hâter la fin de vie sans que le patient n’ait son mot à dire. Sinon nous régresserons vers l’Allemagne nazie », a-t-il déclaré selon le quotidien belge De Morgen.

Distelmans assure que « une sédation sur dix présente un raté » : oubli de prévenir la famille, administration de sédatifs en quantité insuffisante de telle sorte que le patient se réveilles, « éternisation du processus de mort ».

L’idée serait de laisser le patient choisir lorsque c’est le cas : « Beaucoup de malades seront d’accord pour passer à l’euthanasie. » Ou bien, lorsque le patient ne s’est pas exprimé, que le médecin puisse prendre une décision d’« urgence » afin d’« abréger les souffrances », pourvu que les proches du malade soient d’accord. Une décision dont ils se méfient, « faute de cadre légal » – et Distelmans approuve ce refus d’agir sans l’accord exprès du patient.

En faisant enregistrer toutes les sédations palliatives, estime Distelmans, on forcerait les médecins à penser plus souvent à renseigner leurs patients sur l’option euthanasique.

On comprend que le but est d’utiliser le recours fréquent à la sédation palliative, présentée dans certains cas comme un pis-aller, pour faciliter le recours à l’euthanasie elle-même.

29/10/2014

Bulletin de l'I.E.B. (28/10) : congélation "sociale" d’ovules pour des femmes célibataires

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Cardinal De Paolis : les équivoques de la pastorale et de la miséricorde

Propos du Cardinal Velasio De Paolis extraits du livre dit des cinq cardinaux   "Demeurer dans la vérité du Christ, Mariage et communion dans l'Eglise catholique", un ensemble de textes rassemblés par Robert Dodaro, éd. Artège, 2014. à l’occasion du synode extraordinaire sur la famille :

LES ÉQUIVOQUES DE LA PASTORALE.

On oppose souvent la pastorale et la doctrine, morale ou dogmatique. Cette dernière serait abstraite, loin de la vie concrète ou de la spiritualité, et elle proposerait un idéal de vie chrétienne inaccessible aux fidèles. La pastorale s'opposerait au droit, parce que la loi étant universelle, elle règlerait la vie en général, tandis que la pastorale devrait s'adapter aux cas concrets.
Il s'agit là d'une vision erronée de la pastorale, laquelle est un art, l'art avec lequel l'Eglise s'édifie elle-même comme peuple de Dieu dans la vie quotidienne. C'est un art qui se fonde sur la dogmatique, la morale, la spiritualité et le droit, pour faire agir avec prudence dans les cas concrets. Il n'est pas de pastorale sans accord avec les vérités de l'Eglise et avec sa morale. Une pastorale en opposition avec les vérités crues et vécues par L'Eglise se transforme facilement en arbitraire nocif à la vie chrétienne elle-même.
A propos des lois, on ne peut omettre la distinction entre les lois de Dieu et les lois du législateur humain. Si, dans certains cas, ces dernières peuvent faire l'objet d'une dispense et ne pas obliger, on ne peut en dire autant des lois de Dieu, positives ou naturelles, qui n'admettent pas d'exception. De plus, si les actes prohibés sont intrinsèquement mauvais, ils ne peuvent être légitimés en aucun cas. Ainsi, un acte sexuel avec une personne qui n'est pas le conjoint n'est jamais admissible et ne peut jamais et sous aucun prétexte être déclaré licite. (…)

LES ÉQUIVOQUES DE LA MISÉRICORDE.

Jésus est le visage de l'amour de Dieu: il est amour quand il pardonne, guérit, cultive l'amitié, mais aussi quand il fait des reproches, reprend et condamne. La condamnation aussi relève de l'amour. La miséricorde est un aspect de l'amour, surtout l'amour qui pardonne. Dieu pardonne toujours, parce qu'il veut notre salut à tous. Mais Dieu ne peut nous pardonner si nous quittons obstinément la route du salut. En ce cas, l'amour de Dieu se manifeste dans le reproche et dans la correction, qui sont aussi des actes de miséricorde, mais non d'une "miséricorde" mal comprise, qui serait l'impossible légitimation de ce qui est mal, qui porterait à la mort ou la confirmerait.
Souvent la miséricorde est présentée comme opposée à la loi, et même à la loi divine. Cette vision est inacceptable. Le commandement de Dieu est une manifestation de l'amour avec lequel Il nous indique la route à emprunter pour ne pas nous perdre sur le chemin de la vie. Opposer la miséricorde de Dieu à sa loi, c'est créer une contradiction inacceptable. Souvent et à juste titre, on dit que nous ne sommes pas appelés à condamner les personnes; de fait, le jugement appartient à Dieu. Mais une chose est de condamner et une autre d'évaluer moralement une situation, pour distinguer ce qui est bien et ce qui est mal, en examinant si elle répond au projet de Dieu sur l'homme. 
Cette évaluation est nécessaire. Face aux différentes situations de la vie, comme celle des divorcés remariés, on peut et on doit dire que nous ne devons pas condamner, mais aider; toutefois, nous ne pouvons pas nous borner à ne pas condamner. Nous sommes appelés à évaluer cette situation à la lumière de la foi et du projet de Dieu et du bien de la famille, des personnes concernées et surtout de la loi de Dieu et de son dessein d'amour. Autrement nous risquons de ne plus savoir apprécier la loi de Dieu et même de la considérer comme un mal. Parfois, on en viendrait presque à dire que, s'il n'y avait pas la loi de l'indissolubilité du mariage, nous nous en porterions mieux. Aberration qui met en lumière les signes de déformation de notre façon de penser et de raisonner. (…) »

 C’est sur le site « Benoît et moi », ici : Les équivoques de la pastorale, et celles de la miséricorde, par le cardinal De Paolis

JPSC

Histoire : à propos de la « condamnation » des prêtres-ouvriers

L’intitulé de notre « post » sur Madeleine Debrêl n’a pas plu à tout le monde, dès lors qu’il différenciait son apostolat en milieu ouvrier de celui des prêtres du même nom. C’est pourtant un fait. L’aventure des prêtres-ouvriers c’est autre chose. Voici soixante ans (1954), Pie XII décida d’y mettre fin, sans trop y réussir d’ailleurs. Mais tout cela, qui a frappé notre jeunesse est devenu étranger au monde d’aujourd’hui : nous ne savons plus trop ce qu’est un « ouvrier » ni, parallèlement, ce qu’est « un prêtre ». Il y a des identités qui se perdent. Reste l’éclairage des historiens. Voici quelques considérations à ce sujet,  extraites d’un article déjà ancien paru sous le titre  «Nouvelles perspectives historiographiques sur les prêtres-ouvriers (1943-1954) » . 

JPSC

« (…) Rarement on aura observé un tel contraste entre le retentissement de cette affaire en 1953-1954 et l’oubli dans lequel elle a sombré depuis. Qui peut croire aujourd’hui qu’un esprit aussi attentif aux « signes des temps » que le dominicain Marie-Dominique Chenu a pu y voir à l’époque « l’événement religieux le plus important depuis la Révolution française » ?

Au point de départ, un livre célèbre, « La France, pays de mission ? »  des abbés Daniel et Godin, dont la sortie en librairie le 12 septembre 1943 a, au dire des contemporains, éclaté comme une « bombe » dans le milieu catholique. 100 000 exemplaires sont vendus en quatre ans et l’ouvrage quadrille d’emblée, et pour plusieurs années, le débat apostolique  (…).

« La France, pays de mission ? « » est directement à l’origine de la Mission de Paris qui va jouer un rôle matriciel dans l’histoire des prêtres-ouvriers. Le cardinal Suhard, archevêque de Paris depuis 1940, était depuis longtemps préoccupé par le problème de la déchristianisation. Il a fondé la Mission de France le 24 juillet 1941, dans le but de fournir des prêtres aux diocèses les plus dépourvus et de les former pour ce genre d’apostolat (…).  

Ils prennent rapidement la mesure de l’incroyance du milieu ouvrier, qui se révèle très différente, par-delà les analogies superficielles, du paganisme des hommes de l’antiquité ou des indigènes des colonies. L’anticléricalisme, qui fait partie de la culture du mouvement ouvrier, fait barrage à la réception du message religieux des nouveaux missionnaires. Du reste, sous la direction du parti communiste et de ses organisations satellites, jamais la classe ouvrière n’a été plus nombreuse, plus organisée et plus cohérente qu’au moment où ils entreprennent d’en faire la conquête. Enfin, ils découvrent la réalité de la lutte des classes, subie au quotidien avant d’être une notion sociologique ou un outil politique, et face à laquelle la doctrine sociale de l’Église, qui la récuse, leur paraît inadaptée.(…) 

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27/10/2014

Les promoteurs de l'euthanasie sous le IIIe Reich, de bonnes âmes ?

Lu sur letemps.ch (Sylvie Arsever) :

La bonne âme des promoteurs de l’euthanasie sous le IIIe Reich

Les médecins qui ont prêté la main au meurtre des aliénés, des handicapés et des marginaux sous le IIIe Reich étaient souvent fort honorables. De quoi susciter quelques réflexions

Durant la dernière guerre, quelque 200 000 personnes, handicapés, malades mentaux, vieillards, marginaux en tout genre, ont été mises à mort en Allemagne, affamées, gazées ou achevées par des doses massives de tranquillisants. Organisée à partir de 1940 à travers les hôpitaux, les asiles psychiatriques et les hospices, cette tuerie semble presque modeste à l’échelle des violences perpétrées par les nazis contre d’autres victimes: Russes, Polonais, Ukrainiens et bien sûr Tziganes et juifs. Et l’histoire en a surtout retenu que, dans ce seul cas, une faible protestation civique, due essentiellement à l’Eglise catholique, a contraint le régime à reculer. En partie seulement: si les gazages massifs d’aliénés ont cessé après l’été 1941, les médecins ont continué à tuer jusqu’à la fin de la guerre.

Dans un livre passionné dont la traduction française paraît ces jours, le politologue allemand Götz Aly choisit un autre angle. Le regard obstinément fixé au niveau du terrain, il se concentre sur les acteurs directs du drame: médecins, infirmières, victimes, familles. Et ce qu’il donne à voir de leurs motivations et de leurs préoccupations offre de troublants parallèles avec le débat actuel entourant le grand handicap, la vieillesse et la déchéance physique et psychique.

Les nombreux médecins, ainsi, qui ont prêté une assistance passive ou, au contraire, très décidée à la tuerie n’étaient pas tous des nazis endurcis ou des apparatchiks sans âme. Beaucoup apparaissent au contraire comme des hommes de progrès, engagés pour certains dans la défense d’une approche thérapeutique plus humaine. Le désir d’améliorer les pratiques psychiatriques, voire de rendre à la discipline une dignité qu’elle doute alors d’avoir pleinement, inspire aussi ceux qui voient dans la campagne d’euthanasie une occasion de libérer des moyens pour la recherche et de lui offrir une réserve inépuisable de cerveaux à disséquer. Insensibilité du chercheur ou zèle bienveillant du réformiste, le résultat est désagréablement familier: un tri qui privilégie les patients susceptibles d’évoluer et de récompenser les efforts thérapeutiques et exclut – définitivement dans ce cas – ceux qui ne réclament «que» des soins bienveillants, sans vraie perspective d’amélioration.

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26/10/2014

Fabrice Hadjadj et son approche rafraichissante de la famille

Lu sur migrosmagazine.ch :

Fabrice Hadjadj: «La famille est l'union du vieux con et du jeune abruti...»

Le philosophe Fabrice Hadjadj défend dans son dernier ouvrage une idée revigorante de la famille: fondée sur le sexe, antérieure à l’idéologie et à l’Etat, déjouant tous les plans et attentes.

«Sans vous je n’aurais rien su de tout cela», cette dédicace à vos parents, vos enfants et votre épouse signifie-t-elle qu’on ne peut parler de la famille que par expérience?

La philosophie a eu tendance à définir l’homme comme un individu raisonnable, et à oublier qu’il est d’abord un fils, issu d’une union sexuelle. Au fond, on se voudrait self-made-man, ou être au moins sorti de la cuisse de Jupiter. Mais voilà qu’on est fils de ces deux vieux, Raymond et Christiane… Notre orgueil en prend un coup. Voilà pourquoi la star ne se montre guère en public en compagnie de ses vieux parents. Et pourtant la vérité est là. C’est cette vérité de notre origine charnelle et de notre vie quotidienne que j’essaie de penser…

Vous affirmez que «La transcendance est dans la culotte», qu’est-ce à dire?

D’abord, ce n’est pas moi qui l’affirme. C’est la Bible. Dès le départ, elle déclare qu’on ne se rapproche pas de Dieu en s’éloignant de la sexualité, mais en y entrant en profondeur.

Dans la Genèse, il est écrit: Dieu créa l’homme à son image, mâle et femelle il les créa. Cela suggère que l’image de Dieu est dans nos slips, c’est-à-dire dans la différence sexuelle.

Pourquoi cela?

Parce que la relation des sexes est quelque chose qui nous pousse toujours au-delà de nous-mêmes. Souvent, quand on désire quelque chose, c’est pour le ramener à soi. Avec le sexe, c’est le contraire: je me tourne vers une femme peut-être pour la ramener à mon petit plaisir, et voilà que c’est tout autre chose – elle me fait face, elle me tient tête, tantôt déesse, tantôt dragon. J’ai beau l’embrasser, elle n’en est que plus incompréhensible… L’union sexuelle n’abolit donc pas la différence, elle l’accomplit et la multiplie: la femme devient encore plus femme, par son souci de plaire à l’homme, sans doute, mais surtout à travers la maternité.

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25/10/2014

Synode sur la famille : belgicatho se "recadre"

L’annonce du Synode sur la Famille, sa préparation, les enquêtes préliminaires, son déroulement, le rapport à mi-parcours, la relation finale, la perspective du prochain Synode en 2015 et des décisions que le pape prendra, tout cela a mobilisé et mobilise l’attention non seulement des catholiques mais aussi des médias et de ceux qui observent l’évolution de l’Eglise. Les positions « d’ouverture » des uns et celles des autres qui défendent les positions traditionnelles de l’Eglise s'affrontent. Au cœur de ces débats, la question de l’accès aux sacrements des personnes divorcées-remariées et celles concernant les personnes homosexuelles ont monopolisé la discussion et suscité des commentaires sans fin, et ce n’est évidemment pas terminé puisque les réponses définitives ne seront apportées que l’an prochain. L’attitude du pape elle-même a soulevé de nombreux commentaires, certains voyant en lui l’artisan d’une attitude d’ouverture qui devrait aboutir à un assouplissement des règles de l’Eglise, d'autres soulignant sa réserve et son silence, d’autres encore professant leur confiance inébranlable en celui qui ne peut que s’en tenir à l’orthodoxie de la doctrine catholique.

Sur ce blog, nous avons fait écho à de nombreuses prises de position tout en laissant percevoir notre souci de rester fidèles aux positions de l’Eglise concernant le mariage et la famille telles qu’elles ont été rappelées par le pape Jean-Paul II dans Familiaris Consortio. Mais nous avons également répercuté des commentaires assez critiques à l’égard de certaines prises de position et même certains qui s’interrogent sur l’attitude du pape lui-même. Après réflexion, nous souhaitons « recadrer » notre blog à l’égard de cette problématique. Nous avons décidé de ne plus relayer que les propos émanant de personnes autorisées, théologiens ou responsables ecclésiastiques, dont les éclairages sont susceptibles d’approfondir la réflexion sans céder à un esprit de division ou d’affrontement qui ne peut être que stérile. Dans leurs commentaires, plusieurs intervenants sur ce blog ont insisté sur la confiance en l’Esprit Saint qui devrait nous animer et sur la nécessité de la prière pour que tout cela débouche sur ce qu’il y a de plus conforme à la volonté de Dieu. C'est aussi notre souci.