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Débats - Page 5

  • Pour comprendre le pari perdu de François Fillon

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    De Samuel Pruvot sur le site de l'hebdomadaire Famille Chrétienne :

    Pourquoi François Fillon a perdu son pari

    Avec 20 % des suffrages, François Fillon n’a pas pu se qualifier pour le second tour de la présidentielle. Un véritable choc pour la droite qui doit en chercher les causes profondes.

    « Je serai au second tour.» François Fillon n’a pas été capable de tenir sa promesse téméraire. Jusqu’au bout pourtant, cet amateur de sport automobile a voulu croire au miracle de Jacky Ickx remportant les 24 Heures du Mans en déjouant tous les pronostics. Le candidat sarthois n’avait-il pas remporté haut la main la primaire de la droite contre tous les barons de son camp ?

    La disqualification est donc un vrai choc. « Sa défaite est le résultat d’un pari raté, explique Matthieu Chaigne, politologue auteur de ‘La France en face’ (Rocher). François Fillon pensait que son programme serait plus fort que les symboles. Mais son échec à la présidentielle démontre que sa faute morale, au lendemain du Pénélope Gate, a été perçue comme trop importante. Il a cru que les électeurs de droite finiraient par retourner au bercail parce qu’il incarnait un programme de rupture. » En réalité François Fillon a rassemblé le socle des militants LR mais pas au-delà.

    Comment expliquer cette élimination du candidat de la droite qui devait naturellement incarner l’alternance ? Pour Matthieu Chaigne, le ver était dans le fruit depuis la primaire. « François Fillon a payé le 24 avril une campagne des primaires hémiplégique. Sa victoire a été le résultat de la mobilisation d’un électorat de retraités CSP+. » Autrement dit, depuis le début l’adhésion des catégories populaires il a fait défaut à François Fillon. « Dans toutes les études, précise Matthieu Chaigne, le candidat a toujours plafonné sous la barre des 10% auprès des ouvriers et des employés. Ces derniers lui reprochaient un programme trop dur avec les plus faibles. »

    Son absence au second tour de la présidentielle révèle aujourd’hui une erreur de perspective ancienne : « François Fillon a imaginé que les Français étaient prêts pour des réformes radicales. Mais ces réformes sociales n’ont jamais été acceptées par les catégories populaires. La preuve, le premier décrochage de François Fillon a eu lieu avant le Pénélope Gate à propos de l’Assurance maladie… » Matthieu Chaigne estime que ce blocage s’est manifesté à l’occasion de la loi El Khomri. « Cette loi de gauche a effrayé les états majors de droite. Pourquoi ? Parce que les projets de réforme se heurtent toujours à une majorité de Français. »  La réforme est perçue comme une menace pour les salariés et les petits tandis que l’Etat apparait comme le seul bien qui reste quand on n’a plus rien. Matthieu Chaigne conclut sur ce point : « François Fillon s’est adressé à un électorat de la transmission des valeurs et des richesses. Des populations convaincues qu’il faut assainir l’Etat et en finir avec la purge fiscale. Cela a marché pour les primaires mais pas pour la présidentielle. »

    Pour le sociologue Jean-Pierre Le Goff la défaite de François Fillon traduit aussi une déception d’ordre symbolique. « J’ai été sidéré d’apprendre que François Fillon avait fait appel au journaliste Joseph Macé-Scaron pour écrire certains discours. Cet homme incarne selon moi la caricature du relativisme et de l’air du temps postmoderne ! Comment Fillon a-t-il pu solliciter un homme sans éthique qui a défendu le mariage gay ?! C’est l’autre face de Fillon… aux antipodes de l’image du notaire de province et du chrétien austère. » Dommage estime Jean-Pierre Le Goff car François Fillon était de loin le candidat le plus crédible face au « gauchisme culturel ».

    Au final, son image de candidat « ultra libéral » a été fatale aux yeux de Jean-Pierre Le Goff. « Sa défaite provient d’un déficit de politique sociale. On n’a rien vu dans ce domaine sinon quelques miettes. François Fillon n’a pas réussi à briser l’image d’une droite repliée dans un monde qu’elle ne comprend plus. Le volet économique a fini par occulter les valeurs. » Il précise : « Fillon a promis de vaincre le chômage. Mais cette promesse remonte à Raymond barre ! Cela supposait un libéralisme de choc et des recettes empruntées à l’étranger. Les Français ne pouvaient pas marcher. » Le fait de proposer au peuple français de s’aligner sur la réussite d’un autre pays n’a pas été mobilisateur. « Pour les jeunes générations, cela ne fait pas rêver de prendre la place de l’Allemagne ! Nous ne sommes plus à l’époque du général de Gaulle. La France ne peut plus rejouer les mêmes cartes que dans les années 60... » Est-ce à dire que le gaullisme n’est plus une matrice féconde dans une France qui se cherche ?

    Lire aussi : http://www.hommenouveau.fr/2015/politique-societe/la-victoire-de-hollande-2-0-.htm

    et aussi : http://www.magistro.fr/index.php/template/lorem-ipsum/du-cote-des-elites/item/3088-l-election-de-macron-sonnerait-le-glas-de-la-democratie

  • Paroisses bruxelloises : il y a de la restructuration dans l'air...

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    De : INFOS PAROISSE [mailto:ndg.infosparoisse@skynet.be]
    Envoyé : vendredi 21 avril 2017 15:54
    À : INFOS PAROISSE
    Objet : MESSAGE IMPORTANT : SOIRÉE D'INFORMATION AVEC MGR JEAN KOCKEROLS SUR L'AVENIR DE L'UNITÉ PASTORALE

    Un grand changement dans notre Unité pastorale : Soirée d'information avec Mgr Jean Kockerols

    Chers amis de l'Unité pastorale de la Woluwe,

    Des changements importants dans notre Église de Bruxelles se dessinent à l'horizon de cette fin d'année pastorale,

    et plus spécialement chez nous, dans l'Unité pastorale de la Woluwe, où une restructuration a été pensée et souhaitée par le Conseil Vicarial.

    Cela impliquera des modifications en profondeur pour notre travail et notre cheminement en Unité.

    Monseigneur Jean Kockerols nous convie pour une soirée d'information, qui se tiendra le mardi 2 mai à 20h15 en l'église St Lambert.

    Il nous expliquera le pourquoi et les modalités de ces changements. Nous aurons ensuite l'occasion de poser nos questions et de lui faire part de nos réactions.

    Tout ceci aura bien sûr un retentissement certain sur le travail de nos équipes et de tous les bénévoles impliqués dans nos paroisses.

    C'est pourquoi nous vous prions de nous rejoindre pour entendre le message de Mgr Jean Kockerols et sa vision de l'avenir de nos Unités.

    Toute personne investie dans une équipe ou un service est concernée par le sujet.

    N'hésitez donc pas à transmettre ce message aux membres de vos équipes : nous espérons vous retrouver nombreux pour cette soirée.

    Bien cordialement à tous,

    Frère Benjamin Kabongo ofm, Responsable d'Unité, avec toute l’Équipe pastorale d'Unité :

    Ivan Colsoul, Istvan Havas, Ildephonse Ndimina, Christian Buffoni, Giovanni Battista Bettoni,

    Claire Buxin, Cécile et Benoit Nyssen, Magali Dallemagne, Yves Gautier, Jean-Luc Baukens.

  • Les Soeurs de l'Abbaye de Clairefontaine ont mandaté un avocat

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    Vu sur le site de RTL :

    Les Soeurs de l'Abbaye de Clairefontaine, sommées de quitter les lieux: elles ont mandaté un avocat


    L'Ordre des Trappistes aurait décidé de fermer l'abbaye de Cordemois

    Que va devenir l'Abbaye de Cordemois à Bouillon ? Rome a décidé a décidé de la fermer, pour cause, dit-on, de « graves tensions dans la communauté». Depuis, les religieuses qui, semble-t-il, posaient problème ont quitté l'endroit. Aujourd'hui, celles qui restent, et de nombreux habitants, ont donc décidé de se battre pour empêcher cette fermeture.

    Les Soeurs de l’Abbaye de Clairefontaine de Bouillon ont reçu l'ordre de quitter leur couvent situé à Bouillon. L’Ordre Cistercien a, en effet, publié un communiqué de presse en rapport avec la décision de fermeture de l’Abbaye de Clairefontaine à Bouillon. Dans ce communiqué, il est indiqué "qu'après de nombreux échanges et consultations, la Congrégation romaine responsable des communautés religieuses est arrivée à la conclusion qu’une vie communautaire conforme aux Constitutions de l’Ordre n’est plus possible à l’Abbaye de Clairefontaine. Elle a donc décidé sa fermeture et a confié à l’Ordre d’engager le processus de fermeture."

    Cette décision concerne 21 Soeurs. Dix d'entre elles ont déjà quitté les lieux et ont été relogées dans d'autres monastères. Onze nonnes, âgées de 61 à 92 ans, sont toujours sur place. Cette décision est d'autant plus incomprise, que les Soeurs en désaccord ont quitté l'abbaye, il y a 3 ans.

    Sur la page Facebook de cette destination bucolique, certains habitués ont tenu à exprimé leur soutien à la congrégation, comme c'est le cas de Patricia: "Cet endroit est tellement formidable qu'il serait triste de ne plus vous y voir et de ne plus y manger notre bon cramique", déplore-t-elle.

    Marc confie qu'il soutient les Soeurs "dans les épreuves qu'elles passent".

    Francis Jourdan, le directeur de l'institut Sainte-Marie regrettait également cette fermeture dans le RTLinfo 13H: "Quand on a appris cette nouvelle très désagréable, nous espérions que cette décision ne soit finalement pas prise et que le monastère puisse survivre. Les Soeurs soutiennent les gens de Bouillon, elles soutiennent les écoles comme elles l'ont toujours fait".

    Conformément à leur engagement religieux, elles ne souhaitent pas s'exprimer publiquement, mais elles ont mandaté un avocat pour le faire. 

    Maître Paul Muylaert, s'exprimait au nom des nonnes dans le RTLinfo 13H : "Ces dissensions n'existent plus depuis 3 années. Il y a une série de Soeurs qui ont quitté la communauté. Et la communauté comme elle est composée actuellement, fonctionne parfaitement, comme cela apparaît dans les nombreux témoignages que j'ai reçus".

    Les Soeurs espèrent une annulation de la fermeture décidée à Rome mais il semble qu'à ce stade, seul, le pape peut faire marche arrière.

    Voir la pétition : 

    http://belgicatho.hautetfort.com/archive/2017/04/18/signer-une-petition-contre-la-fermeture-de-l-abbaye-de-corde-5934293.html

  • Droits de l’homme et ‘bricolage procréatif’ : quand la CEDH est saisie par les deux "mères" d'un même enfant

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    De Priscille Kulczyk et Grégor Puppinck sur zenit.org :

    Europe: la CEDH saisie par les deux «mères» d’un même enfant

    « Droits de l’homme et ‘bricolage procréatif’ »

    La Cour européenne des droits de l’homme, dans l’affaire R.F. et autres c. Allemagne a été saisie d’une affaire ayant trait à la filiation d’un enfant conçu artificiellement par deux femmes vivant en couple.

    Le Centre européen pour le Droit et la Justice a été autorisé par la Cour européenne des droits de l’homme à déposer des observations écrites dans cette affaire.

    En l’espèce, l’une des deux ressortissantes allemandes unies par un partenariat civil a mis au monde un enfant en ayant recours à la PMA en Belgique, car l’Allemagne réserve cette technique aux couples hétérosexuels souffrant d’infertilité. L’enfant a été conçu au moyen d’un ovocyte prélevé dans l’une des partenaires, fécondé in vitro par un homme anonyme, et implanté dans l’utérus de l’autre femme. Les deux femmes et l’enfant se plaignent devant la Cour du refus des juridictions allemandes d’enregistrer automatiquement la partenaire de la femme ayant accouché comme mère légale et second parent de l’enfant. Elle a néanmoins pu adopter l’enfant pour être reconnue comme telle. Les requérants soutiennent que le droit au respect de leur vie privée et familiale a été violé (CEDH art. 8) et qu’ils ont été victimes d’une discrimination prohibée fondée sur leur orientation sexuelle (CEDH art. 8 et 14 combinés).

    Cette affaire s’inscrit dans la ligne des jurisprudences Gas et Dubois c. France (n° 25951/07) et X. et autres c. Autriche (n° 19010/07) en matière d’établissement de la filiation adoptive au sein de couples de même sexe. Elle fait encore suite à des affaires dans lesquelles la Cour a traité de la non-reconnaissance d’un des membres d’un couple de même sexe comme parent légal de l’enfant de l’autre : ainsi dans les affaires X, Y et Z c. Royaume-Uni (n° 21830/93) pour un cas de transsexualisme et Boeckel et Gessner-Boeckel c. Allemagne (n° 8017/11) pour des faits et griefs comparables à la présente espèce. Cette dernière recèle toutefois une nouveauté et se distingue donc des affaires susmentionnées en ce qu’elle traite à présent de l’établissement de la filiation biologique puisqu’existe un lien génétique entre l’enfant et la requérante qui n’a pas accouché, la requérante ayant accouché ne présentant donc pas, quant à elle, de lien génétique avec l’enfant (sous réserve de l’apport génétique des mitochondries).

    Dans ses observations écrites, l’ECLJ se prononce en faveur de la non-condamnation de l’Etat allemand dans cette affaire. Il est tout d’abord d’avis que la requête est irrecevable dès lors que les requérants ne peuvent se prétendre victimes d’une violation de leurs droits au regard de la Convention alors même qu’ils ont obtenu satisfaction par l’établissement d’un lien de filiation entre la partenaire de la femme ayant accouché et l’enfant grâce à l’adoption prévue par le droit allemand en ce cas. Il démontre en outre que le raisonnement ayant conduit la Cour à conclure à l’absence de violation de l’article 8 et des articles 8 et 14 combinés et à l’irrecevabilité de la requête pour défaut manifeste de fondement dans l’affaire Boeckel et Gessner-Boeckel c. Allemagne pourrait trouver à s’appliquer mutatis mutandis dans la présente affaire dont les faits sont similaires, et cela même en présence d’un lien biologique.

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  • Amoris Laetitia : discerner en conscience ?

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    Du blog Settimo Cielo de Sandro Magister :

    Discerner en conscience?

    par Thibaud Collin

    Voilà plus d'un an que l'exhortation Amoris laetitia a été publiée. Or le débat portant sur l'interprétation de son chapitre 8 n'a pas cessé. Le débat s’est concentré sur la question suivante  : quant à la discipline sacramentelle concernant les divorcés et remariés civilement (DR), le chapitre 8 opère-t-il un changement avec le magistère antérieur et si oui, ce changement est-il homogène? Matériellement presque tous les interprètes sont d'accord: ce chapitre est dans la continuité notamment de Familiaris consortio (FC); il n'y aurait pas rupture mais continuité. Mais formellement les avis divergent voire s'opposent. Ainsi certains (1) disent que ce chapitre est dans la continuité de FC parce que justement il n'apporte rien de nouveau (la discipline sacramentelle demeure). Au contraire, d’autres (2) affirment qu'il apporte du nouveau mais que ce nouveau est un développement homogène  de la tradition (dans certains cas les DR vivant more uxorio peuvent recevoir la réconciliation et la communion). Il s’agit alors d'expliquer en quoi ce changement disciplinaire est l'actualisation de ce qui était en germe dans FC n°84. Le problème est que certains arguments étayant cette interprétation apparaissent opposés à l’enseignement de Veritatis splendor (VS). En effet, ils semblent très proches de ceux utilisés par certains théologiens pour contester et minimiser la doctrine morale enseignée dans Humanae vitae (HV).

    Cette étrange situation justifie pleinement la démarche des quatre cardinaux de formuler les cinq dubia. Ceux-ci peuvent être lus comme autant de problématiques en attente de résolution. Puisque certains passages du chapitre 8 peuvent recevoir des interprétations contradictoires, le peuple de Dieu est en droit d’attendre une auto-interprétation du magistère. Cette interprétation définitive n'étant pour l'instant pas donnée, le débat interprétatif perdure. Pourtant ceux qui voient une nouveauté homogène dans AL considèrent que le débat est clôt et que les auteurs des dubia ratent le point central de l'exhortation. Le cœur de toute la démarche exposée dans l’Exhortation serait le discernement en conscience. Discernement du fidèle en «  situation dite irrégulière  »; mais aussi discernement du pasteur quant à la manière d'accompagner le fidèle dont il a la charge. Dans ces deux cas, la voie privilégiée par le pape serait effectivement la conscience comme organe du discernement. Cette voie est présentée comme traditionnelle mais trop négligée jusque-là dans la praxis de l’Eglise.

    Emprunter résolument cette voie, c’est-à-dire prendre davantage en compte la conscience du fidèle, permettrait ainsi de lire AL comme un développement homogène de ce que FC portait déjà implicitement. Ainsi le cardinal Schönborn s’appuie sur le n° 84 de FC dans lequel saint Jean-Paul II appelle le pasteur à discerner différentes situations. Certains DR peuvent avoir accès aux sacrements «  tout en restant publiquement dans une situation objectivement irrégulière  » s’«  ils s’abstiennent des actes réservés aux époux, donc  », continue le cardinal autrichien, «  une condition qui relève de la chambre à coucher et de la conscience des sujets  : mêmes s’ils vivent en frère et sœur, objectivement ils mènent une vie de couple. Il y a donc une non-équivalence pure et simple entre la situation objective et la réalité de grâce devant Dieu et son Eglise. Il (Jean-Paul II) ouvre une porte à une compréhension plus large passant par le discernement des différents cas qui ne sont pas objectivement identiques et par la prise en compte du for interne.  » (3) Plusieurs remarques sur cette interprétation. Notons l’usage remarquablement ambivalent du mot objectivité. Le cardinal utilise ici le terme dans une acception mondaine. Cet homme et cette femme apparaissent comme mariés. Et même vivant en frère et sœur, aux yeux du monde s’ils cohabitent sous le même toit, leur «  situation objective  » est de former un couple. Or ils peuvent néanmoins être fidèles à la volonté de Dieu, en tant que pour Jean-Paul II, ils reconnaissent justement qu’ils ne sont pas unis par un lien conjugal et assument donc dans leur vie la vérité de leur situation (= objective au sens strict et traditionnel du terme). En effet, dans la tradition et le vocabulaire de l’Eglise l’objectivité morale et sacramentelle est prise du côté de Dieu et de la nature du bien personnel et non selon les normes de la société.  Du coup, le cardinal utilise cette ambiguïté terminologique pour laisser penser que dans ce texte, saint Jean-Paul II rendrait possible un élargissement des cas par le biais du for interne (coupé de la loi de Dieu telle que la rappelle pourtant explicitement saint Jean-Paul II). Or aucun moment le saint pape n’affirme que les DR mènent «  une vie de couple  » ce qui suggérerait qu’il y aurait un lien de nature analogiquement conjugale entre eux  ; doctrine niant l’indissolubilité du mariage. L’accès aux sacrements ne relève donc pas, selon FC, du for interne et de la chambre à coucher (opposé à l’objectivité dans son acception sociale) mais bien de l’objectivité de  devant Dieu et devant l’Eglise, réfléchie par la conscience droite du fidèle (4).

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  • Quand Jean-Pierre Snyers s'adresse aux électeurs français

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    De Jean-Pierre Snyers :

    Lettre aux électeurs français

    Du sang. Encore du sang répandu par le terrorisme islamique. Cette fois, la France est touchée en plein coeur. Mais, outre l'horreur de ce nouveau crime abject, votre pays montre hélas sa faiblesse face à un monstre prêt à tout pour vous dévorer. Demain, vous irez voter. Vous aurez notamment le choix entre un Macron qui, comme Hamon ou Mélenchon, incarne cette faiblesse et un Fillon qui incarne la force, le courage et la détermination. A travers celui que vous choisirez, quel visage de votre patrie allez-vous nous montrer? Fluette ou forte, quelle sera la voix qui vous représentera à l'étranger? Allez-vous vous fier à un candidat qui, en dernière minute, fait mine de s'intéresser au terrorisme et à la délinquance ou à quelqu'un qui n'a pas attendu l'attentat d'hier à Paris pour s'attaquer fermement à ces deux maux? Trop facile en effet de pleurnicher à la veille des élections face au sang qui coule dans vos rues en prônant une politique à l'eau de rose dans son programme. Dans la situation où elle se trouve, le temps n'est plus à l'hésitation, à une série de propos lénifiants qui "en même temps" vont de Robert Hue à Alain Madelin. A force de vouloir contenter tout le monde; à force de vouloir être partout, on finit tôt ou tard par n'être plus nulle part et la route en zigzag que certains veulent vous faire emprunter risque fort de vous conduire dans le fossé. Français, réveillez-vous! Optez pour du solide et non pour du liquide! Ne cédez pas aux sirènes de ceux qui vous chantent des berceuses et qui noient votre identité, votre histoire, votre patrimoine, vos racines judéo-chrétiennes, votre culture et finalement l'âme de votre peuple. Qui, sinon François Fillon représente cette vraie France admirée dans le monde entier? Qui sinon lui vous protégera avec force et courage  des dangers qui la menacent, de ce qui la défigure, de ce qui l'amoindrit, de ce qui la détruit à petit feu? Pour vous-mêmes et pour vos enfants, ne niez pas dimanche votre passé, ce socle qui vous aidera à bâtir votre avenir. Ne niez pas celui en qui se reconnaîtraient tant et tant de grands noms de votre histoire et qui seul incarne cette force dont vous avez un urgent besoin.

    Jean-Pierre Snyers, 4190 Ferrières, Belgique Adresse blog: jpsnyers.blogspot.com

  • La saga de l’Ordre « souverain » de Malte : nouvel épisode

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    Lu sur « diakonos.be » :

    ordre de malte.png« Le Conseil Complet des Chevaliers profès, l’organe qui procède à l’élection du nouveau Grand Maître de l’Ordre de Malte en vertu de ses statuts, a été convoqué à Rome le 29 avril.

    Comme nous le savons, le précédent Grand Maître, l’anglais Fra‘ Matthew Festing, obéissait le 24 janvier dernier à l’ordre du Pape François en remettant sa démission entre ses mains.

    Depuis lors, le gouvernement suprême de l’Ordre est temporairement confié au Grand Commandeur Fra’ Ludwig Hoffmann von Rumerstein en qualité de lieutenant ad interim.

    Depuis le 4 février pourtant , le Pape François a également imposé à l’Ordre un Délégué spécial et « porte-parole exclusif », doté dans les faits des pleins pouvoirs, en la personne de l’archevêque Angelo Becciu, le Secrétaire d’Etat adjoint du Vatican.

    La lettre qui suit est la preuve flagrante de ces pleins pouvoirs.

    Au nom du pape, Becciu vient d’interdire à l’ex Grand Maître Festing de prendre part à l’élection de son successeur. Mais ce n’est pas tout.  Il lui interdit même de se rendre à Rome à l’occasion du conclave.

    Voici la traduction intégrale de la lettre envoyée à Festing le jour du Samedi Saint.

    *

    Le Délégué Spécial
    auprès de l’ Ordre souverain militaire hospitalier
    de Saint-Jean de Jérusalem,
    de Rhodes et de Malte.
    00120 CITÉ DU VATICAN

    Vatican, le 15 avril 2017

    Cher Vénérable Frère,

    Depuis que j’ai accepté la charge qui m’a été confiée par le Saint-Père d’être Son Délégué auprès de l’ Ordre souverain militaire hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte, une de mes priorités a consisté à approfondir ma connaissance de l’Ordre, aussi bien à travers des rencontres personnelles avec ses membres que par la correspondance. De cette façon, j’ai pu apprécier la vitalité de l’Ordre ainsi que la complexité de ses problèmes.  Il en est ressorti une certain désorientation accompagnée d’une profonde souffrance à cause des crises récentes.  Dans l’ensemble on peut cependant constater le désir de tourner la page en travaillant à réconcilier les différents éléments et à mettre en œuvre une révision des Constitutions.

    Cependant, dans la perspective du Conseil Complet d’Etat qui se tiendra le 29 avril, de nombreuses personnes ont exprimé le souhait que vous ne veniez pas à Rome et que vous ne participiez pas aux sessions de vote. Votre présence rouvrirait des blessures à peine refermées et empêcherait que l’événement ne se déroule dans une atmosphère de paix et d’harmonie retrouvée.

    En conséquence de quoi, après avoir partagé cette décision avec le Saint-Père, je vous demande, en vertu de mes pouvoirs de Délégué Spécial, de ne pas être présent au Conseil Complet d’Etat et de renoncer à venir à Rome à cette occasion. Je vous demande cela comme un acte d’obéissance au travers duquel considérerez sans nul doute votre sacrifice comme un geste de don de vous-même pour le bien de l’Ordre de Malte.

    Je vous souhaite de Joyeuses Pâques et vous assure de mon meilleur souvenir dans mes prières,

    Bien à vous dans le Christ,

    Archevêque Angela Becciu
    Délégué Spécial
    Fra’ Matthew Festing
    Burks, Tarsot
    Hexham NE48 1LA
    Northumberland
    Grande-Bretagne

    *

    Les précédents articles de cette année sur la saga des chevaliers de Malte :

    28 marzo 2017
    > Chevaliers de Malte.  La double vérité sur ces 30 millions

    25 marzo 2017
    > Chevaliers de Malte.  La réponse du porte-parole de l’Ordre

    23 marzo 2017
    > Chevaliers de Malte.  Le mystère de ces 30 millions de francs suisses

    29 gennaio 2017
    > Après celle du Grand Maître, une seconde tête va tomber à l’Ordre de Malte

    25 gennaio 2017
    > Le torchon brûle entre Rome et Malte
     

    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

    DERNIÈRES NOUVELLES"

    Ref. Le Grand Maître frappé d’interdit. Le pape lui ordonne de ne pas poser le pied à Rome

    JPSC

  • Pays-Bas : accroissement de 10% des cas d’euthanasie en 2016

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    Du Bulletin d'information de l'Institut Européen de Bioéthique :

    Pays-Bas : accroissement de 10% des cas d’euthanasie en 2016

    6091 euthanasies et suicides assistés ont été enregistrés en 2016 aux Pays-Bas. Cela signifie que 4% des personnes décédées (148.973) ont demandé à ce qu’un médecin provoque leur mort ou les y assiste (216 suicides assistés). Comment expliquer cette hausse importante ? Dans le Rapport annuel 2016 des comités régionaux d'examen de l'euthanasie (Regionale Toetsingcommissies Euthanasie, RTE) qui vient d’être publié, les membres desdites commissions ne font que poser des questions. Les médecins déclareraient-ils plus facilement les euthanasies pratiquées ? Hésitent-ils moins à répondre à la demande de leurs patients ? Serait-ce que les patients sont plus décidés et fermes dans leur choix de demander la mort ? Aucune réponse n’est fournie.

    Les pathologies

    Si l’on examine les chiffres selon les pathologies, il ressort entre autres que 68% des personnes ayant demandé à être euthanasiées souffraient d’un cancer. Alors qu’en 2012, 41 personnes atteintes de démence avaient été euthanasiées, ce chiffre est par ailleurs multiplié par trois en 2016, puisque cela a concerné 141 personnes. Quant aux euthanasies de malades atteints de troubles psychiatriques, elles ont concerné 60 personnes en 2016. Enfin, 244 personnes âgées souffrant d’une accumulation de maux dus à la vieillesse ont été euthanasiées.En ce qui concerne les patients atteints de démence, c’est en... Suite Flash Expert :  ICI

  • L'avortement est un crime, c'est l'aumônier de l'Assemblée Nationale française qui l'affirme

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    Lu sur Valeurs Actuelles :

    L’aumônier de l’Assemblée nationale affirme que l’IVG “est un crime”

    Le débat animé par Pascal Praud sur CNews ce lundi 17 avril portait sur le vote des catholiques à l’élection présidentielle à venir. Présents sur le plateau : Jérôme Béglé, journaliste au Point, Charlotte d’Ornellas, journaliste à Boulevard Voltaire, Hélène Pilichowski, éditorialiste et Laurent Stalla-Bourdillon, aumônier de l’Assemblée nationale.

    Alors que le débat s’oriente sur la question de l’avortement, Laurent Stella-Bourdillon affirme que sa “position est celle de la doctrine de l’Eglise catholique : l’IVG est un crime”. Il justifie ensuite les catholiques ayant la même position idéologique : “un certain nombre de concitoyens ont besoin de défendre des réalités auxquelles ils sont attachés, parce qu'ils sentent que c'est ça qui conditionne la condition de vivre ensemble, le respect de leur identité ou de leur dignité de personnes”.

    Pour le journaliste Bruno Roger-Petit, affirmer de tels propos est “monstrueux”. Mais pour Charlotte d’Ornellas la logique est tout autre : “Est-ce que vous pouvez entendre que c’est précisément parce qu’on est préoccupés par ces femmes obligées d’avorter qu’on tient un tel discours sur l’IVG ?”, d'après des propos relevés par Marianne.

    Polémique. Sur CNews, lundi 17 avril, un débat était consacré au vote des catholiques lors de la présidentielle. L’aumônier de l’Assemblée nationale était présent sur le plateau. (à la minute 26'59'')

    Clash en direct sur CNews quand un prêtre... par morandini

  • "L’affaire Mercier" et l'avortement : une nouvelle prise de conscience et une nouvelle mobilisation ?

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    Nous remercions l'auteure de cette analyse qui met en évidence les conséquences positives que "l'Affaire Mercier" permet déjà de souligner :

    Ce que « l’affaire Mercier » permet aujourd’hui…

    Puisque cela fuse de tous côtés, pourquoi ne pas réfléchir calmement sur les bienfaits possibles pour la Belgique de ce que beaucoup appellent « l’affaire Mercier ».

    Ceux qui ne sont pas au courant n’auront aucun mal à consulter Google avec les deux mots « Mercier avortement » et voir que depuis le 21 mars 2017, articles et opinions, dans les médias francophones, néerlandophones et même italiens et américains donnent leur version des faits.

    Quels sont les fruits de cette petite bombe printanière que Synergie-Wallonie en cheville avec la conseillère du recteur pour la politique du genre (oui, oui, un poste fixe dans plusieurs universités du pays !) à l’Université Catholique de Louvain a voulu faire exploser ? 

    Certains se sont offusqués du fait qu’on puisse encore mettre en doute le bien-fondé de l’avortement. Les confrontations entre étudiants de l’UCL ont été sans doute trop violentes, tout comme l’avortement lui-même est violent. « Comment ? alors qu’on croyait que ce « droit » était acquis, le voilà remis en question ? » Et de voir les soi-disant menaces défiler : Trump, Pologne, Irlande, Espagne, rétrogrades, catho …tous dans le même panier ! Il faut « dénoncer ces menaces qui pèsent sur ce droit très précieux » lance le Centre d’Action Laïque.

    Car enfin « Chaque femme a la liberté de choisir, sans contrainte, si elle souhaite ou non poursuivre sa grossesse. Ce choix, posé à un moment de la vie, doit être respecté. Choisir si l’on veut avoir des enfants ou non, avec qui, et à quel moment est un droit fondamental. »  Ces lobbies s’agitent car l’agenda est bien une dépénalisation totale de l’avortement.

    Grâce à l’affaire Mercier, une nouvelle prise de conscience, une nouvelle mobilisation est-elle en train de s’opérer ?

    Pour réaffirmer ce « droit » à l’avortement, il y a même eu une distribution de persil organisée par le Conseil des Femmes francophones dans différents lieux comme Louvain-la-Neuve. (On a ainsi pu découvrir les vertus du persil…)

    Voyant cette agitation, certaines jeunes-filles nous ont confié avoir compris que l’avortement n’était pas aussi anodin que ce que les lobbies anti-life voulaient leur faire croire. Oui, en reparler a permis de prendre la mesure du geste et de ses conséquences.

    Plusieurs, dont Stéphane Mercier et Yvan de Beauffort ont osé exprimer leur opinion, le premier par la parole, le deuxième par sa participation en tête de la Marche pour la Vie. Le lynchage a été immédiat. Il n’est plus permis pour certains de par leur engagement académique ou de par leur engagement politique d’exprimer une opinion personnelle. Le MR de Schaerbeek, dont Yvan de Beauffort fait partie a réagi au quart de tour. Le chargé de cours invité, lui aussi a été suspendu. La liberté d’expression mais aussi la liberté académique sont ici menacées comme le soulignaient les Professeurs Michel GHINS et Jean BRICMONT dans une Carte Blanche publiée dans Le Soir. Un autre cas nous a été rapporté d’une fonctionnaire menacée de perdre son emploi parce qu’elle avait exprimé son opinion lors de la MPV face à une caméra, et que ses collègues ont dénoncée dès le lendemain.

    Le rôle de l’Université et celui d’un cours de philosophie ont, eux aussi, été questionnés. Après Ghins-Bricmont, voici le Professeur V. Hanssens qui est interviewé dans La Libre. Lorsqu’elle est catholique, l’université ne doit pas, pour autant, être confondue avec une institution ecclésiale ; en tant qu’académique, elle ne peut en tout cas pas être pervertie par le débat politique. La réponse à ceci est venue de Xavier Dijon s.J. dans une opinion non publiée par La Libre qui a trouvé que cela suffisait de parler de l’avortement. La conclusion de Xavier Dijon mérite d’être relevée : «… si un professeur ne s’est pas plié à ce discours politiquement correct, préférant reprendre – même avec des maladresses – le débat à sa racine strictement philosophique, a-t-il perverti une fonction essentielle de l’université ou bien l’a-t-il plutôt honorée ? » Un autre fruit de l’affaire Mercier est de nous faire réfléchir sur le rôle de l’Université, et tout simplement réfléchir grâce à un cours de philosophie !

    Dans la même opinion, Xavier Dijon nous interpelle sur le « C » de l’UCL, catholique ou pas ? « (…) il serait tout de même dangereux que l’Université catholique évacue le message révélé du Dieu d’amour ou les acquis de la foi dans le Christ ressuscité pour développer un savoir scientifique qui ne tournerait plus que sur lui-même. On sait en effet combien la science peut faire du tort lorsqu’elle se détache de la conscience. Est-il sûr par exemple que la façon dont les embryons humains sont traités aujourd’hui dans nos centres de recherches correspond à la dignité dont ils sont titulaires ? »

    Là aussi, n’y aurait-il pas un électrochoc salutaire de « l’affaire Mercier » à se poser la question : que se passe-t-il au sein d’une institution catholique ? Car n’enseigne-t-on pas aux étudiants en médecine (aux infirmières et aux sages-femmes) comment faire des avortements, comment arrêter une grossesse pour handicap, comment réaliser la procréation médicalement assistée, comment et pourquoi faire des recherches sur les embryons, comment pratiquer l’euthanasie ? Oui, « ON » a laissé faire depuis 30 ans…

    Et si le citoyen lambda, ose se lever et exprimer une opinion dissidente à celle du Main stream, certains hurlent et crachent vulgarité, violence, obscénité et injures…(article de Moustique)

    Oser vraiment penser

    On peut rêver et être plein d’enthousiasme aussi. Sans vouloir provoquer encore plus de haine et de violence chez nos amis d’en face, oserait-on parier qu’en tant que féministe ou laïque du CAL, on puisse encore s’interroger sur ces pratiques devenues si communes et qui touchent à la vie et à la mort ? La Carte Blanche de la féministe Sophie HEINE dans Le Soir, « L’avortement: liberté ou vulnérabilité? », est en ce sens novatrice et ouvre la voie à un dialogue lorsqu’elle affirme « Dans un tel contexte, que peut bien signifier la liberté individuelle si souvent postulée dans la décision d’avorter – et confirmée par le terme officiel d’« interruption volontaire de grossesse  ? Comment les femmes peuvent-elles être effectivement libres dans de telles circonstances si elles sont structurellement soumises à des dominations ? N’est-il pas absurde de considérer que, face à la question cornélienne de prolonger ou non une grossesse, les contraintes s’imposant habituellement à elles soudain s’évaporent ? »

    Un des fruits de l’affaire Mercier, me semble-t-il, sera aussi que des jeunes médecins et autres soignants, réalisent leur vocation : soigner et accompagner ne revient pas à provoquer la mort du fœtus, de l’embryon, de ce bébé handicapé, de cette personne en fin de vie, mais bien à se placer à leurs côtés pour traverser ensemble l’épreuve et inviter chacun des citoyens, vous et moi, à s’investir dans l’aide aux plus fragiles.

    La conclusion sera laissée à au Révérend Général des Frères de la Charité, René Stockman, qui vient de publier dans Tertio cette opinion traduite en français (sur belgicatho) : « Devons-nous retourner aux catacombes ? ».

    « Ceux qui défendent la vie à naître, non seulement avec émotion mais aussi avec des arguments inspirés des enseignements de l’Eglise catholique, sont aujourd’hui en grande difficulté. Nous vivons dans une société devenue allergique à l’application, la proclamation et la défense d’une morale développée sous cet angle. Il y a pourtant dans la Constitution, le principe de la liberté d’expression, mais cela n’est apparemment vrai que pour certains, et la contrepartie est sommée de se taire. Certains de nos hommes politiques ont beaucoup de difficultés à faire valoir le principe de la liberté d’expression à d’autres. »

    A bon entendeur…

  • Le combat pour la vie nous condamne-t-il à la marginalisation et à retourner aux catacombes ?

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    De René Stockman, Révérend Général des Frères de la Charité, cet article paru sur Tertio et traduit par une amie :

    De retour aux catacombes ?

    L’affaire du Prof. Mercier et de l’UCL a de nouveau éveillé la polémique au sujet de l’avortement. C’est l’occasion d’éclaircir quelques points et d’essayer de comprendre pourquoi un cours de philosophie, dans lequel on défend une position claire, peut agiter jusqu’aux plus hautes sphères d’une université.

    Tout d’abord, il y a la position défendue et argumentée par le professeur en question, que l’avortement doit être considéré comme un crime. En soi, il n’y a aucune objection légitime à ce propos puisque l’avortement consiste à tuer délibérément un être vivant. Y compris dans la loi belge actuelle, l’avortement est encore considéré comme un crime. Celui-ci n’est que dépénalisé sous certaines conditions. Le simple fait qu’il faille partiellement dépénaliser un acte est la preuve la plus évidente qu’il s’agit d’un crime. La manière dont le professeur a abordé le sujet a certainement alimenté la polémique. Effectivement, certains exemples qu’il avait choisis n’étaient peut-être pas les plus appropriés. Un tel cours offrait l’opportunité d’ouvrir un débat sur ce sujet controversé. La discussion n’a apparemment pas eu lieu.

    De plus, le Professeur Mercier n’a aucunement parlé des drames personnels qui peuvent conduire à l’avortement, ni des cas dans lesquels l’avortement est permis comme un acte médical et même justifié. Un sujet comme l’avortement doit se présenter dans son contexte et ne pas se focaliser uniquement sur l’acte en tant que tel.

    A l’opposé, nous avons l’argument assez violent de l’UCL réduisant le professeur Mercier au silence. Sur quelle base cette décision a-t-elle été prise? Le professeur a-t-il prêché une erreur ? A-t-il été à l’encontre des principes fondamentaux de l’UCL et de sa philosophie ? Il n’y aurait donc à l’UCL qu’une place limitée pour exprimer son opinion. Ces faits ne sont-ils pas en totale contradiction avec la liberté scientifique pourtant si valorisée par les universités ? Et quid du droit à l’erreur évoqué par le Recteur de la KUL, Piet De Somer, à l’occasion de la visite du Pape Jean-Paul II à Louvain ? L’UCL se trompe en effet quand elle déclare que l’avortement est un droit. L’UCL ne supporte apparemment pas qu’une autre opinion, plus correcte, en lien avec la doctrine de l’Eglise soit formulée quand bien même les termes choisis étaient - je le répète - maladroits. Donc, visiblement, un professeur à l’UCL n’est plus autorisé à penser sur les principes fondamentaux de la doctrine de l’Eglise catholique, doctrine à partir de laquelle l’université s’est tout de même développée, mais qui maintenant s’en est plutôt éloignée.

    L’ensemble de cette campagne diffamatoire nous amène à une considération plus fondamentale du sujet de l’avortement et des autres thèmes en rapport avec la vie. Aujourd’hui, presque tout est subordonné à la morale de l’intention. Une chose est bonne quand elle sert un bon objectif. Qu’une chose puisse être intrinsèquement mauvaise, est sacrifié à l’intention que la personne en a. C’est une tendance dangereuse qui évolue de plus en plus et occupe de plus en plus de terrain. Qui sera finalement encore en sécurité dans cette morale de l’intention ? L’eugénisme, n’était-il pas également totalement focalisé sur l’intention ? Pour obtenir une race pure, tous ceux qui n’étaient pas à la hauteur devaient être écartés ou ne plus se reproduire. J’entends déjà arriver les critiques m’accusant de comparer ces pratiques eugénistes avec l’avortement. Je dois donc faire attention à ne pas prendre le même chemin que notre professeur, Stéphane Mercier, avec ses nombreux exemples. Non, dans la question de l’avortement il s’agit avant tout d’une autodétermination absolue placée au-dessus de l’inviolabilité de la vie, c’est à dire l’enfant à naître. Encore une fois, nous ne nions pas la situation dramatique dans laquelle une personne peut se trouver quand elle considère le recours à l’avortement, ni les luttes et blessures personnelles cela peut également causer. Nous ne devons en effet pas séparer l’acte de la personne, mais d’autre part ne pas confondre naïvement l’un avec l’autre. Nous devons préserver l’honnêteté afin de considérer et juger l’acte en tant qu’acte, et en même temps être ouvert aux problèmes dans lesquels se trouve la personne. Mais notre jugement de l’acte ne peut totalement changer en fonction de la situation dans laquelle se trouve la personne qui pose cet acte. C’est une morale d’intention qui a perdu les pédales. Quand on considérera l’avortement comme un droit, le prochain pas sera de le considérer comme quelque chose de bien. Ainsi, tous les efforts pour chercher des alternatives qui tiennent à la fois compte de la situation problématique dans laquelle se trouve la femme et du statut juridique de l’enfant à naître disparaitront. Il faut tout de même souligner que même la vie prénatale est et sera toujours une vie qui a le droit d’être protégée, d’autant plus qu’elle ne peut absolument pas se défendre d’elle-même. L’inviolabilité du droit à la vie n’est nulle part aussi précieuse que chez l’enfant à naître.

    Ceux qui défendent la vie à naître, non seulement avec émotion mais aussi avec des arguments inspirés des enseignements de l’Eglise catholique, sont aujourd’hui en grande difficulté. Nous vivons dans une société devenue allergique à l’application, la proclamation et la défense d’une morale développée sous cet angle. Il y a pourtant dans la Constitution, le principe de la liberté d’expression, mais cela n’est apparemment vrai que pour certains, et la contrepartie est sommée de se taire. Certains de nos hommes politiques ont beaucoup de difficultés à faire valoir le principe de la liberté d’expression à d’autres. Il semble également difficile d’aborder ouvertement une morale conforme aux enseignements de l’Eglise catholique au sein même de nos propres maisons. Notre professeur pourra en témoigner. Parce que je croyais que l’on pouvait quand même encore considérer l’UCL comme une université avec un certain cachet, une signature qui nous est familière et dans laquelle nous devrions nous sentir accueillis en tant que chrétiens, ou tout du moins y expérimenter la liberté de formuler et échanger nos points de vue judicieusement et de manière sereine. Les faits montrent que cela n’est plus d’actualité. Et l’UCL n’est pas seule dans ce cas. Quand nous voyons comment d’autres soi-disant organisations chrétiennes se laissent de plus en plus emporter par la sécularisation qui ne ronge pas les branches mais bien les racines de l’arbre. Nous nous trouvons donc dans une double sécularisation : celle de la société mais aussi celle des organisations fondées par l’Eglise, des ordres et des congrégations ; appelez ça le milieu chrétien. Cette seconde forme de sécularisation est très malheureuse et douloureuse, car c’est ainsi que naît une érosion de l’intérieur et que nous perdons aussi la plate-forme sociale où les chrétiens peuvent s’adresser les uns aux autres avec leurs engagements et visions afin de les évaluer en toute honnêteté. Faut-il alors être surpris que les individus et les groupes, qui veulent encore être fidèle à l’enseignement de l’Eglise, se replient de plus en plus sur eux-mêmes, avec le danger d’être considérés par les autres comme extrémistes ? Et ces individus et groupes peuvent bien manquer cette connotation dans une époque où l’extrémisme n’a plus rien à voir avec le vécu radical d’une doctrine. Mais lorsque les plateformes existantes disparaissent, alors on ne peut faire autrement que de créer sa propre plate-forme, jusqu’à ce qu’on soit peut-être obligé de retourner aux catacombes ! 

    Fr. René Stockman

  • France : voter tout de même...

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    D'Erwan Le Morhedec sur son blog "KozToujours" :

    Alors on vote.

    On peut être le type de gars à vouloir espérer contre toute espérance et se trouver pourtant en proie au plus grand désarroi. Je relativise certes la mystique du grand débat national que serait une élection présidentielle : la volonté de cliver, marquer sa différence, souder son camp avant de rassembler les Français, conduit à hystériser – au sens plein, névrotique – des questions essentielles. Mais si cette campagne a peut-être intéressé davantage les Français que la précédente (souvenons-nous), c’est à la façon d’une telenovela. Aucun thème ne s’est imposé, aucun enjeu majeur pour les cinq, dix et vingt années prochaines n’a été sérieusement discuté. Il y avait pourtant urgence, pour le pays, pour la politique.

    Je n’ai guère entendu de réponse satisfaisante à la seule question qui me semble devoir se poser : que voulons-nous pour la France ? J’ai entendu l’un évoquer une « startup Nation », l’autre « la première puissance économique d’Europe ». Cela ne fait pas un pays. L’économie ne fait pas un pays. Pour n’être pas un enjeu négligeable, la prospérité économique ne peut pas être l’ultima ratio de la politique, et de notre temps en particulier. Car oui, nous faisons face aujourd’hui à un enjeu de civilisation. Non que, comme certains se complaisent à l’affirmer, notre civilisation soit en péril. Mais elle est en mouvement.

    Faute de « volonté commune dans le présent » autant que de reconnaissance de « gloires communes dans le passé », c’est l’existence même d’une Nation qui est en suspens.
    Nous ne nous sommes guère penchés sur ce que nous considérons aujourd’hui encore comme des choix fondateurs de notre civilisation, de notre culture. Nous avons bien peu débattu de ce que signifie aujourd’hui former une Nation. Quelle Nation souhaitons-nous former en commun, sur quels fondements existants et avec quelle ouverture aux possibles ? Quel contrat tacite passons-nous avec l’ensemble des Français, ceux de plus ancienne implantation comme ceux de plus récente arrivée ? Si la Nation est ce « plébiscite de tous les jours » selon la formule ressassée de Renan, savons-nous seulement ce que nous voulons ? C’est bien la volonté qui forme les Nations et, comme il l’écrit plus loin, « avoir des gloires communes dans le passé, une volonté commune dans le présent; avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voilà les conditions essentielles pour faire un peuple ». Notre peuple, notre Nation, ne se perpétueront pas par la seule invocation des gloires communes dans le passé mais par la distinction d’une volonté commune dans le présent, et l’adhésion du peuple à celle-ci. Or, en tout ceci, tant l’existence d’une volonté elle-même que celle de la mettre en œuvre en commun sont incertaines, de sorte que c’est bien l’existence même d’une Nation qui est en suspens.

    Cela aurait pu donner lieu à un débat, tant je pense que même l’efficacité économique peut découler d’une vision commune, de la volonté de participer à un destin partagé. Nous aurions pu aussi débattre en profondeur de l’éducation, « mère de toutes les batailles » –  y compris face aux visées religieuses fondamentalistes1. Il y avait bien des choses à dire, des propositions à entendre.

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