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Débats - Page 5

  • Intercommunion : réunion cruciale aujourd'hui à Rome

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    De Sandro Magister traduit sur le site diakonos.be :

    Un cardinal, sept évêques et quatre nouveaux « dubia ». Cette fois sur l’intercommunion

    Samedi 28 avril dernier, le Pape François a reçu en audience le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, l’archevêque jésuite Luis Francisco Ladaria Ferrer, accompagné par le secrétaire de cette même congrégation, Giacomo Morandi.

    On peut raisonnablement imaginer qu’ils aient parlé du conflit qui se joue entre les évêques d’Allemagne quant à la possibilité de donner la communion également aux époux protestants mariés avec un catholique.

    En effet, en guise de confirmation, le 30 avril, la salle de presse du Vatican a déclaré qu’un sommet sur cette question se tiendrait justement le 3 mai prochain au Vatican.

    Mais comment cette question s’est-elle imposée à l’agenda ? Faisons quelques pas en arrière.

    Le 20 février dernier, la Conférence épiscopale allemande a approuvé à une large majorité un « manuel pastoral » d’instructions – qui n’a pas encore été publié mais dont le contenu essentiel a été immédiatement divulgué par le cardinal Reinhardt Marx, le président de la conférence – qui spécifie quand, comment et pourquoi autoriser une telle communion, bien au-delà des rares cas d’extrême nécessité prévus par le droit canon.

    Cependant, 13 évêques ont voté contre. Et sept d’entre eux, dont un cardinal, ont envoyé le 22 mars dernier leurs « dubia » par écrit à Rome dans une lettre adressée au préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi demandant une clarification.  Ils ont également envoyé cette lettre pour information au cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, à Juan Ignacio Arrieta Ochoa de Chinchetru, le secrétaire du Conseil pontifical pour les textes législatif ainsi qu’au nonce apostolique en Allemagne, Nikola Eterovic.

    Les sept signataires de la lettre sont Rainer Woelki, cardinal archevêque de Cologne (au centre de la photo, avec le cardinal Marx à sa droite), Ludwig Schick, archevêque de Bamberg, Gregor Hanke, évêque d’Eichstätt, Konrad Zdarsa, évêque d’Augsbourg, Wolfgang Ipolt, évêque de Görlitz, Rudolf Voderholzer, évêque de Ratisbonne, et Stefan Oster, évêque de Passau.

     

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  • Mai 68 : la grande désintégration

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    Du Figaro Vox (LeFigaro.fr) du 2 mars 2018 :

    Éric Zemmour : «Mai 68, la grande désintégration»

    ANALYSE - Famille, autorité, héritage, nation : au-delà de son aspect festif, le mouvement de Mai 68 précipita, par la remise en cause des valeurs traditionnelles, la grande désagrégation des sociétés occidentales.

    Maintenant on sait. On sait que Mai 68 n'était qu'une ruse de l'histoire. On sait que le marxisme emphatique des jeunes révolutionnaires n'était qu'une manière détournée de faire le jeu du marché. On a lu Régis Debray, dès 1978, et Luc Ferry, au milieu des années 1980. Avant eux, l'Américain Christopher Lasch, et tous les autres depuis. On sait que la «crise de civilisation» diagnostiquée alors par Georges Pompidou était surtout une mutation du capitalisme, qui passait d'un système fondé sur la production, l'industrie et l'épargne, à une économie basée sur la consommation, les services et la dette.

    On sait que même la «grève générale», rêve séculaire de tous les syndicalistes, a été noyée sous les augmentations de salaires - bientôt dévorées par la dévaluation du franc et l'inflation - et le retour de l'essence dans les stations-service pour les départs du week-end de la Pentecôte.

    On sait que le talent du slogan travaillé dans les ateliers de la Sorbonne s'est reconverti dans les agences de publicité. On sait que la libido des étudiants de Nanterre qui voulaient aller dans le dortoir des filles s'est transmuée en pulsion de consommation. On sait que leur universalisme utopique a fait le lit du marché mondial des capitaux et des marchandises.

    On sait que leur antiracisme généreux a forgé dans l'ouest de l'Europe des sociétés multiculturelles où chacun suit sa coutume, ses racines, sa loi religieuse. On sait que l'austérité virile des militants maoïstes a été subvertie et vaincue par le féminisme hédoniste du MLF et des mouvements «gays».

    On sait que Mai 68 a commencé avant mai 1968. A Vatican II, avec la chute de la pratique du catholicisme. Ou en cette même année 1965, avec la fin du baby-boom démographique. Ou en 1967, avec la légalisation de la pilule. Ou avec les émeutes raciales de Los Angeles ou les manifestations contre la guerre du Vietnam, ou l'émergence du «politically correct», la défense véhémente des minorités.

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  • La bioéthique, les chrétiens et la laïcité

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    De Benoît A. Dumas, lu sur le site de « France Catholique » le 30 avril 2018 :

    • "Ne pas se presser d’estimer que l’athéisme déclaré est moralement neutre. Car dans le domaine moral, il faut un référant d’ordre supérieur ou transcendant en fonction duquel orienter l’action humaine. Si ce pôle transcendant est explicitement nié ou rejeté, par quoi est-il remplacé ? Par un consensus historico-social sensiblement variable, plus ou moins universellement admis et reconnu ? Par un choix subjectif en principe libre, mais conditionné en fait par le contexte culturel et social ? Par mes intérêts personnels ou ceux de mon groupe, familial ou de classe ?

    Si je suis plutôt athée, mais d’un athéisme non catégorique, car l’idée et le sens du Bien supérieur habitent ma conscience et la sollicitent au point de qualifier finalement mon action, il convient de faire apparaître ce qu’implique cette idée de Bien, la réalité dont elle est l’indication et le signe, à laquelle elle renvoie et se rapporte. Car le domaine du Bien n’est pas purement idéal, conceptuel, théorique : il est consistant, extra-mental, affectif, attractif.
    Si je me situe ainsi, je suis agnostique et pas véritablement athée. Et je puis être en communion avancée avec ceux qui se réfèrent à Dieu comme Bien suprême et fondement de l’ordre moral - cet ordre moral étant entendu comme inspirateur au moins, et parfois guide précis, de la bonté de nos actions.

    • Le domaine de la bioéthique, comme son nom l’indique, est intrinsèquement pénétré par la moralité, parce qu’il touche profondément à notre humanité. Il est tout sauf moralement neutre ou indifférent (amour humain, respect de la vie humaine, processus de génération, parentalité, fin de vie..., je ne m’étends pas).
    • Les chrétiens (catholiques principalement) ont des positions précises sur la plupart des problèmes de bioéthique, positions qui sont couplées à leur foi chrétienne, mais qui n’en relèvent pas formellement, car elles peuvent être exprimées et explicitées en indépendance à l’égard de cette foi, c’est à dire de façon humaine et rationnelle. Ce sont des positions anthropologiques naturelles. Elles peuvent donc être proposées et défendues dans le champ de la laïcité républicaine (loi de 1905)
    • Cette anthropologie qui éclaire et irrigue les positions des chrétiens sur l’ensemble des questions de la bioéthique - positions opposées à la majorité des avancées sociétales contemporaines permises par les progrès de la techno- science, et qui tendent à déshumaniser la sexualité, la procréation, la filiation - est une anthropologie reliée à une philosophie de la nature. Cette philosophie de la nature est communément partageable, c’est à dire accessible à tous. Mais nous devons reconnaître qu’elle se fonde en définitive, sur la saisie de la nature humaine - et de la nature en général - comme étant créée par Dieu et, par sa volonté, façonnée telle. Le fait que la nature fasse des erreurs et commette parfois des monstruosités, qu’elle soit sujette à anomalies et accidents qui nous contrarient très fort n’est certes pas anodin.

    Mais ces déficiences font ressortir par leur existence même que le plus souvent, dans la plupart des cas, la nature fait le meilleur - on n’y prend pas garde... - et ne le fait donc pas par hasard, mais qu’elle répond à une organisation intelligente qui lui est transmise et imprimée. C’est pourquoi ce concept de « nature » n’est pas désuet ou ringard, il est un des piliers de notre compréhension du monde, et, dans l’ordre pratique, de la régulation du comportement humain.

    • Cela signifie que cette anthropologie dite naturelle se trouve reliée à certaines caractéristiques essentielles, dispositions ou lois, on dirait aujourd’hui « programmations », conduites à tenir... Et qu’il nous revient à nous qui sommes façonnés par cette nature, de la percevoir justement et de l’accueillir, car nous n’en sommes pas les maîtres et seigneurs. Bien au contraire, comme dans tous les autres secteurs de la morale humaine, nous avons à nous faire disciples enseignés et accepter de nous laisser sinon strictement conduire, du moins inspirer. En résumé, la bioéthique est partie constitutive d’une anthropologie elle-même reliée au souverain Bien.
    • Nous restons dans le cadre de la laïcité républicaine à condition de faire reconnaître que l’adhésion à Dieu souverain Bien (ou sa reconnaissance) inspirateur de nos positions sur ces problèmes, est elle-même une attitude qui n’est pas de l’ordre d’une foi particulière subjective, mais de la droite raison et de la sensibilité morale usant de leurs potentialités ou ressources propres. « Tout bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre porte de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un arbre gâté porter de bons fruits » (Matthieu 7, 17-18) » C’est parce que nous sommes aptes à justifier et fonder en raison notre relation de créatures au Bien transcendant - Bien qui nous appartient et auquel nous appartenons tous - que les requêtes de la bioéthique soutenues par les chrétiens et par d’autres secteurs de population non chrétiens (il y en a...), ne sont pas « confessionnelles » à proprement parler, et donc ne contreviennent pas à la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat. Nos positions dans ce domaine peuvent s’affirmer comme étant citoyennes et laïques, non soumises à une appartenance religieuse positive.
    • Pour que ce courant passe et prenne de la force, qu’il soit accepté par les tenants de la laïcité « à l’ancienne » ou du laïcisme, il faudrait que le peuple chrétien dans son ensemble, à commencer par ses pasteurs (en général assez réservés), acquière et développe une claire vision du droit inaliénable de tout homme et de ses capacités intrinsèques à s’auto-percevoir, se saisir et s’exprimer comme être existant dans le champ d’une moralité qui le précède. Nous sommes mesurés et polarisés par la lumière et l’attrait du souverain Bien créateur. Ce que je dis de la personne individuelle est valable pour le groupe humain et ses manifestations citoyennes.

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  • Il y a 50 ans : Mai 68 ou la subversion au secours du marxisme

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    Du site "Ichtus.fr", cette analyse parue en janvier 2007 qui garde toute son actualité :

    Mai 68 : la subversion au secours du marxisme

    Le 2 mai 1968 les premiers pavés volent au Quartier Latin. Le 3 mai la police fait évacuer la Sorbonne occupée par les étudiants. C’est la première nuit des barricades au Quartier Latin qui se termine par 596 interpellations. Le 10 mai, 60 barricades sont érigées par les étudiants qui exigent la libération de leurs camarades (selon le schéma de la praxis marxiste : provocation-répression-mobilisation) arrêtés dans la nuit du 3 au 4 mai. Le 13 mai de jeunes ouvriers se mêlent aux manifestations étudiantes. Le 15 mai les syndicats représentatifs, et particulièrement la CGT, bien mieux implantée dans le monde du secteur secondaire des usines que dans celui plus diversifié du tertiaire et particulièrement dans celui de l’enseignement, indiscipliné et individualiste, rattrapent le train en marche et décrètent la grève générale avec occupation des lieux de travail. La France s’arrête.

    Une subversion qui se développait dans les coulisses

    Ce calendrier insurrectionnel dans un pays prospère qui s’apprête aux vacances, marque une étape historique par l’irruption sur la scène politique d’une subversion des mœurs qui se développait depuis longtemps dans les coulisses, et par le renouvellement d’une pensée marxiste à la fois exsangue sur le plan théorique et gravement compromise avec la dictature soviétique. La contestation suintait déjà dans les caves du Saint Germain des Près d’après-guerre. L’on trouvait dans les librairies du Quartier Latin tous les ouvrages, interdits par la censure anglaise ou américaine, d’une subversion intellectuelle qui avait démarré avec Miller, Joyce et Laurence et ne devait que s’amplifier par la suite. Il y eut la Lolita de Nabokov, puis L’homme de gingembre de J.P. Douleavy, suivi du Festin nu de William Burrought, ce dernier achevant d’écrire son roman en 1958 à Paris, au fameux Beat Hotel de la rue Gît-le-Cœur, là où vivaient à temps partiel, depuis le début des années 5O, Gregory Corso et Allen Ginsberg, pour ne citer qu’eux. « C’est jazz, l’endroit gronde, les filles ont les épaules nues, c’est le beat, la génération cool, toujours là et toujours très loin. Sur Time Square, des punkies traînent à peine sortis de taule… » [[- In On the road, sortit en 1957. Il s’appelait en fait Jacques Lebris de Kerouac et était issu d’une vieille famille bretonne émigrée aux Etats-Unis. On the road portait sur sa couverture l’explicitation de sa démarche : « This is the Bible of the « beat generation », the explosive best-seller that tells all about today wild youth and their fanatic search.]]. En quelques vers, Kerouac donnait le ton avec des expressions et des émotions qui vivent toujours aujourd’hui. Les punks et les beatnicks étaient nés dont la descendance sera nombreuse et perdure encore aujourd’hui. La production cinématographique viendra prêter main forte à la littérature. En 1956, c’est la sortie de Et Dieu créa la femme de Roger Vadim, avec Brigitte Bardot qui devient du jour au lendemain le symbole de la jeune femme libérée. En 196O, la France découvre le A bout de souffle de Jean-Luc Godard avec Claude Chabrol comme conseiller technique. Godard impose son premier long métrage comme le symbole de la « nouvelle vague ».

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  • Le libéralisme : une erreur anthropologique

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    Du Figaro Vox (LeFigaro.fr) (Eugénie Bastié) :

    John Milbank : « Le libéralisme est une erreur anthropologique »

    FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN - Dans « La politique de la vertu », le théologien et philosophe britannique John Milbank, théoricien du « blue socialism » propose une alternative au libéralisme dans le retour d'une éthique des vertus et une économie sociale de marché fondée sur la coopération.

    John Milbank est un théologien chrétien anglican, professeur de religion, politique et éthique à l'université de Nottingham. Il a publié La politique de la vertu avec Adrian Pabst (Desclée de Brouwer, 537p, 24€).

    FIGAROVOX.- Dans votre livre «La politique de la vertu», vous critiquez abondement le «libéralisme» qui est selon vous dans une «métacrise». Qu'entendez-vous par là?

    John MILBANK.- Le libéralisme peut vouloir dire beaucoup de choses. C'est avant tout une erreur anthropologique: l'intuition d'Hobbes et de Locke de construire une théorie politique en partant des individus isolés, détachés de tous liens. L'individu est décrit comme une créature inquiète et désirante faisant preuve de volonté, et non plus comme un être constitué par ses liens aux autres ayant des finalités. Ce libéralisme pense de façon abstraite l'individu en dehors de tout contexte culturel, social ou historique. Il s'agit de déterminer ce qu'un système politique doit nécessairement être, en le déduisant d'un hypothétique état de nature, sans traits culturels. Alors que le libéralisme est souvent associé à l'optimisme, il fait preuve en réalité d'un pessimisme anthropologique radical, même s'il est censé être socialement amélioré par le miracle de la main invisible. Une autre forme d'anthropologie libérale est celle de Rousseau, qui pense lui aussi l'individu isolé de tout comme originellement bon. L'association a tendance à corrompre l'individu, en introduisant la rivalité, l'avidité. Cela implique un différent type d'ingénierie sociale pour produire une société qui minimise la rivalité. Ce sont deux formes de pessimisme: pessimisme au niveau de l'individu jugé intrinsèquement égoïste, ou pessimisme au niveau d'un processus culturel jugé intrinsèquement corrupteur. Dans les deux cas, cela repose sur une dualité instaurée entre nature et culture.

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  • Affaire Alfie Evans : dénouement d'une controverse ?

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    L'affaire a trouvé son dénouement la nuit dernière (le 28 à 2H30) avec la mort du petit garçon.

    Les droits de l’enfant entre pouvoirs publics et parentaux :

    JPSC

  • Belgique : des marchandages surréalistes autour de l'avortement et du statut de l'embryon

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    Lu sur Le Soir de ce jour (27/4), p. 8 :

    Un deal entre IVG et embryon ? 

    La controverse sur la dépénalisation de l’avortement agite la majorité fédérale. On résume : plusieurs propositions de lois, émanant des rangs socialistes, verts et libéraux flamands (certaines sont au frigo depuis plus d’un an) reviennent à l’avant-plan dans le débat public, et seront bientôt à l’agenda de la commission Justice de la Chambre, dans une semaine en principe. Problème pour les suédois ? Oui. L’on présume que les libéraux du nord comme les francophones, sont favorables à la réforme au moins dans sa forme minimale : sortir l’IVG (l’interruption volontaire de grossesse) du Code pénal. 

    Les députés libéraux-réformateurs se sont retrouvés pour discuter de tout cela mercredi avant la séance plénière au parlement fédéral, en présence de Charles Michel. Pour constater que la plupart d’entre eux sont favorables au fond au retrait de l’IVG du Code pénal, pour s’inquiéter du blocage dans la majorité fédérale, et pour évoquer ensemble – ce fut un échange de vues, pas davantage à ce stade – les pistes éventuelles afin de tenter d’atterrir sans dommage dans cette affaire. Dont celle-ci : concéder au CD&V des avancées à propos du « statut de l’embryon », en échange d’un assouplissement des chrétiens-démocrates sur la dépénalisation de l’IVG. À savoir : le CD&V plaide en faveur d’une reconnaissance symbolique des bébés nés sans vie avant six mois de grossesse, on touche là au statut de l’embryon, il faudra abaisser le seuil à partir duquel celui-ci est reconnu comme enfant. Notons que cette réforme dans le domaine éthique est prévue explicitement dans l’accord de gouvernement, ce qui n’est pas le cas pour la dépénalisation de l’avortement. Des avancées dans ce dossier pourraient-elles rouvrir le jeu sur l’IVG ? Les milieux laïques sont sur pied de guerre, considérant que cela... restreindrait le droit à l’avortement. Et il faut préciser que les bleus ont refusé jusqu’à présent d’envisager toute modification législative ayant trait à l’embryon.

  • Alfie Evans : les choses s'apaiseraient-elles ?

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    Du site de la Nuova Bussola Quotidiana :

    Tom demande le silence, un accord se profile avec l'Alder Hey Hospital

    Un accord existe entre Thomas et Kate Evans et l'Alder Hey Hospital, bien que, pour le moment, il ne soit pas possible de savoir quelle pourrait être la solution. C'est ce qui ressort d'une déclaration de Thomas Evans, le père d'Alfie, qui demande le silence pour permettre l'établissement d'une relation constructive avec l'Alder Hey Hospital.

    La déclaration écrite publiée le 26 dans la soirée par Tom et Kate demande à tout le monde de "revenir à une vie normale" pour permettre aux parents d'Alfie et aux médecins hospitaliers d'établir une relation constructive. Une hypothèse est que l'hôpital accepte maintenant d'offrir une aide complète à Alfie (alimentation, hydratation, oxygène, antibiotiques) en le gardant pour un certain temps à l'hôpital, puis en s'accordant sur sa sortie de l'hôpital. Cela serait conforme aux souhaits du Juge Hayden exprimés lors de la dernière audience du 24 avril. Compte tenu des précédents et des attitudes de l'Alder Hey, si telles sont les bases de l'accord, c'est très risqué pour les Evans et nécessitera une vigilance continue.

    Voici le texte intégral de la déclaration:

    DÉCLARATION DE KATE JAMES ET TOM EVANS

    Je voudrais faire une déclaration en mon nom et en celui de Kate.

    Nos vies ont été bouleversées par le très grand intérêt dont Alfie et sa situation ont été l'objet. Notre petite famille et l'Alder Hey Hospital sont devenus le centre d'attention de nombreuses personnes partout dans le monde et cela signifie que nous ne pouvions pas vivre comme nous l'aurions souhaité.

    Nous sommes très reconnaissants et apprécions tout le soutien que nous avons reçu de partout dans le monde, y compris de nos supporters italiens et polonais, qui ont consacré leur temps et leur soutien à notre incroyable combat. Maintenant, nous vous demandons de retourner à votre vie quotidienne et de nous permettre, à moi, à Kate et à l'Alder Hey d'établir une relation, de construire un pont et de le franchir.

    Nous voudrions également remercier le personnel de l'Alder Hey Hospital, à tous les niveaux, pour leur dignité et leur professionnalisme manifestés dans cette période incroyablement difficile pour eux aussi. Avec eux, nous reconnaissons la grande tension que les événements récents ont causée pour nous tous, et maintenant nous voulons un retour à la vie privée pour tous ceux qui sont impliqués.

    Dans l'intérêt d'Alfie, nous allons travailler avec les médecins qui le suivent pour un programme qui garantisse à notre petit la dignité et le confort dont il a besoin.

    A partir de ce moment, aucune autre déclaration ne sera publiée ni aucune interview accordée. Nous espérons que vous voudrez respecter cela.

    Merci

  • Maurras or not Maurras ?

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    Sur le site du bi-mensuel « L’Homme Nouveau », Philippe Maxence revient sur une controverse académique qui aura agité le monde politico-médiatique français ces derniers mois et a finalement remis devant les yeux du public la personnalité de Charles Maurras. De Philippe Maxence sur le site du bi-mensuel « L’Homme Nouveau » :

    Maurras.jpg« Né le 20 avril 1868, mort en novembre 1952, le maître de l’Action française avait été inscrit au registre des commémorations nationales. Il était évident que la République française, combattue par Maurras toute sa vie, n’allait pas encenser l’auteur de L’Enquête sur la monarchie ou de Mes idées politiques. Il était peu probable également que le ministre Blanquer ait voulu inscrire au programme des écoles les poèmes maurrassiens ou sa remise en cause du romantisme et de ses conséquences. Encore moins imaginable que sa théorie des « quatre États confédérés » et son « antisémitisme d’État » deviennent, par l’onction d’une célébration, la ligne de conduite de la présidence macronienne.

    Le prisme de l’idéologie rendant aveugle, les réseaux sociaux se sont emparés du sujet, poussant le ministre de la Culture à retirer Maurras de la liste des commémorations nationales et entraînant une série de conséquences alors difficilement prévisibles. Le grand vainqueur de cette agitation est bien évidemment Maurras lui-même dont on n’a peut-être jamais autant parlé depuis quelques années.

    Désormais, on peut également le lire. Maurras est à nouveau disponible en librairie. Pas encore en livre de poche comme son grand concurrent Karl Marx, mais à travers un volume de la célèbre collection « Bouquins », édité par les éditions Robert Laffont. 

    Selon les exigences de cette collection, le volume est constitué de textes choisis (œuvres complètes ou extraits importants) ainsi que d’introductions historiques qui permettent, non seulement de resituer les œuvres dans leur contexte, mais aussi d’en souligner la portée. Sous la direction éditoriale de Christophe Parry, qui a eu le courage de mener un tel projet, la réalisation du volume Maurras a été confiée et réalisé par Martin Motte, directeur d’études à l’École pratique des hautes études-PSL. Intitulé, L’Avenir de l’intelligence et autres textes, le livre bénéficie d’une belle et instructive préface de Jean-Christophe Buisson, directeur-adjoint du Figaro Magazine et présentateur de l’émission « Historiquement show » sur la chaîne Histoire.

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  • Alfie Evans victime de l'acharnement thanatologique des médecins et des juges

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    De Sandro Magister traduit sur le site diakonos.be :

    Les Pâques d’Alfie et le tombeau vide

    Le petit Alfie aurait dû mourir en l’espace de quelques minutes, une fois son respirateur débranché. Avec les médicaments « de confort » de circonstance.  « Soigneusement installé sur les genoux de Mr Evans et de Ms James, s’ils le désirent ».  Et « après que la mort aura été confirmée, la famille pourra le laver, l’habiller et passer du temps avec lui ».

    Voilà ce qui était spécifié dans le « protocole » pour la mort d’Alfie, tel que notifié à ses parents Tom et Kate par l’Alder Hey Children’s Hospital de Liverpool.

    Mais ce n’est pas comme ça que les choses se sont passées. Parce que même sans le petit tuyau d’oxygène, débranché à 22h17 le lundi 23 avril, Alfie a continué à respirer.  Seul.  Pendant des heures et des heures.  A tel point que le jour suivant, les médecins de l’hôpital – manifestement contredits par les faits – ont dû lui redonner de l’oxygène, de l’eau et de la nourriture.  « Un miracle de la prière », a déclaré Francesco Cavina, l’évêque qui avait accompagné le père d’Alfie le 18 avril, pour « un petit guerrier qui veut vivre ».

    Ce lundi de la quatrième semaine de Pâques, nombreux sont ceux qui s’étaient mobilisés pour arrêter ceux qui voulaient faire mourir Alfie. A Rome, l’hôpital pédiatrique du Bambino Gesù, appartenant au Saint-Siège, était prêt à l’accueillir et à le soigner.  La Secrétairerie d’Etat du Vatican était à l’œuvre depuis plusieurs jours sur ordre direct du Pape.  Le gouvernement de Rome avait donné la nationalité italienne à l’enfant et avait activé sa propre ambassade et consulats au Royaume-Uni.  La présidente du Bambino Gesù, Mariella Enoc, s’était rendue en personne à Liverpool tandis qu’un avion spécial était prêt à décoller de Rome avec à son bord une équipe médicale.  Le Pape François s’était de nouveau exprimé en faveur d’Alfie, dans un tweet : « Je renouvelle mon appel afin que la souffrance de ses parents soit entendue et que leur souhait d’accéder à de nouvelles possibilités de traitement soit exaucé. »

    Le jour suivant, mardi 24 avril, étant donné comment la stupéfiante vitalité d’Alfie contredisait de façon flagrante ceux qui voulaient le voir mort, les pressions pour la défense de l’enfant se sont faites intensifiées. Au point que le juge anglais chargé le dossier depuis le début et qui avait donné l’ordre de le mettre à mort la veille s’est vu contraint de convoquer une nouvelle fois les parties à l’audience, à Manchester, l’après-midi.

    Anthony Hayden, le juge, était titulaire jusqu’à il y a deux jours de la Family Division de la haute cour britannique, en plus d’être un activiste LGBT et l’auteur du livre « Children and Same Sex Families ». Sa thèse a toujours été qu’il fallait donner la mort à Alfie parce qu’elle correspondait à « his best interest », son meilleur intérêt.  Et c’était également la thèse de Alder Hey Children’s Hospital de Liverpool  où l’enfant était soigné.  Contre l’avis des parents qui s’y opposent.

    Des parents très jeunes, elle est anglicane et lui est catholique, issus de familles ouvrières, déjà plusieurs fois humiliés par les médecins de l’hôpital, ignorés par les grands journaux britanniques, et aujourd’hui traités de « naïfs » et de « fanatiques » par des juges méprisants au cours de l’audience convoquée par le juge Hayden.

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  • Faut-il dépénaliser totalement l'avortement ?

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    Du Bulletin d'Information de l'Institut Européen de Bioéthique :

    Faut-il dépénaliser totalement l'avortement ?

    Le politique parle beaucoup de l'avortement en Belgique. Non pas des aides insuffisantes pour prévenir l'avortement losque la femme est enceinte, non pas des conséquences sociétalesque constitue cet enjeu de santé publique.

    La question qui fait débat est celle de ladépénalisation totale l'IVG pour que la femme "ne se sente plus culpabilisée".

    Quels sont les chiffres ? Y a-t-il vraiment des études fiables quant aux effets psychologiquesd'une IVG sur les femmes ?

    Les documents repris ci-dessous aideront  le lecteur à mieux cerner la problématique au-delà de toute revendication idéologique et politique.

    Tableau comparatif de l’évolution des IVG en Europe : en 8 ans en Belgique, 22% d’augmentation d’IVG. La Belgique se place ainsi en deuxième place après l’Espagne.

    Flash Expert :

    Sortir l’avortement du Code Pénal ?

    Il n’y a aucun « droit à l’avortement » issu du droit international et européen

    L'avortement tardif au-delà de 12 semaines

    Fiche didactique l’avortement provoqué en Belgique

    Dossiers : Conséquences psychologiques de l’avortement

    Meta-étude Etudes scientifiques: syndrome post-avortement

    Derniers chiffres de la Commission Avortement 

  • Initiative citoyenne européenne "One of Us" ("Un de nous") : la Cour de Justice de l'Union Européenne a rendu son jugement

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    INITIATIVE CITOYENNE EUROPÉENNE "UN DE NOUS" : LA COUR DE JUSTICE DE L'UNION EUROPÉENNE REND SON JUGEMENT

    Avec plus 1,7 millions de signatures, l’Initiative Citoyenne Européenne (ICE) Un de Nous a rassemblé le plus grands nombre de signatures de l’histoire de l’Europe. Cependant, en 2014, la Commission Européenne refuse de transmettre la proposition législative issue de l’ICE au Parlement européen. Un de nous saisi la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE), qui a rendu son jugement le 23 avril 2018. Grégor Puppinck, docteur en droit et Directeur du Centre Européen pour le Droit et la Justice (ECLJ-Strasbourg), analyse la décision pour Gènéthique.

    Sur l’aspect institutionnel du recours, le Tribunal a donné raison à Un de nous en décidant que l’acte par lequel la Commission a décidé de ne pas donner suite à l’Initiative citoyenne produit des effets juridiques et qu’il est donc attaquable devant le Tribunal de l’Union européenne (§77). Le Tribunal adopte la position d’Un de nous lorsqu’il reconnaît que : « le défaut de soumission du refus de la Commission […] à un contrôle juridictionnel compromettrait la réalisation de cet objectif [« encourager la participation des citoyens à la vie démocratique et de rendre l’Union plus accessible »], dans la mesure où le risque d’arbitraire de la part de la Commission dissuaderait tout recours au mécanisme de l’ICE, eu égard, également, aux procédures et conditions exigeantes auxquelles ce mécanisme est soumis. » Ainsi, le Tribunal donne raison à Un de nous sur un élément important de son recours et sauve le mécanisme d’Initiative citoyenne européenne à l’arbitraire le plus complet de la Commission en décidant qu’il peut faire l’objet d’un contrôle juridictionnel. Le quasi-monopole d’initiative législative de la Commission s’en trouve d’autant réduit.

    Néanmoins, le Tribunal a aussitôt limité la portée de son contrôle en jugeant, d’une part, que « la Commission dispose d’un large pouvoir d’appréciation aux fins de décider d’entreprendre ou pas une action à la suite d’une ICE » (§§145 et 169) et d’autre part, que la décision de la Commission : « doit faire l’objet d’un contrôle restreint de la part du Tribunal, visant à vérifier, outre la suffisance de sa motivation, l’existence, notamment, d’erreurs manifestes d’appréciation viciant ladite décision » (§ 170). Dès lors, le Tribunal n’a pas examiné de façon approfondie les griefs relatifs aux questions éthiques soulevés par Un de nous. Il ne leur a consacré qu’une dizaine de paragraphes sur les 185 que compte le jugement pour conclure, au terme de ce survol, que l’argumentation de la Commission n’était pas « entachée d’erreur manifeste » (§182).

    Ainsi, ce jugement constitue une victoire sur le plan institutionnel, et une défaite sur le plan éthique pour Un de Nous Il est surtout une victoire pour la Cour de Justice qui a étendu son pouvoir de contrôle sur la Commission en matière d’initiative législative. Les partisans d’une démocratisation de l’Union européenne s’en réjouiront car le mécanisme d’Initiative citoyenne s’en trouve quelque peu renforcé.

    Finalement, l’Initiative Un de Nous n’est certes pas parvenue à renverser le choix de la Commission européenne de sacrifier le respect de la vie humaine prénatale à l’intérêt de la technoscience et au contrôle démographique des pays pauvres. Mais cette Initiative a néanmoins permis :

    • de porter, avec une puissance inégalée, le témoignage de l’humanité de chaque vie individuelle, dès avant la naissance ;
    • de rassembler, au sein de la Fédération Un de Nous, un grand nombre de personnes et d’organisations porteuses de ce témoignage à travers l’Europe ;
    • de placer l'Union européenne face à ses contradictions en matière de démocratie et de rendre un peu moins arbitraire le pouvoir de la Commission européenne.