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Débats - Page 5

  • Bruxelles : quand la recherche d'efficacité l'emporte sur la fécondité de la prière

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    Une opinion d'Hélène et Jean-Baptiste de Franssu sur le site de LaLibre.be :

    Bruxelles, qu’as-tu fait de "Jérusalem" ?

    Les Fraternités monastiques de Jérusalem ont dû quitter Bruxelles. L’avenir de la foi chrétienne n’est-il pas en ville ?

    Septembre 2001. Son Eminence le cardinal Danneels accueillait dans la joie les Fraternités monastiques de Jérusalem à Bruxelles, une de ces communautés "nouvelles" nées dans les années 1970 à Paris, fruit d’un renouveau dans l’Eglise. Cela faisait plusieurs années qu’il attendait leur venue car les moines et les moniales de cette Fraternité, qui forment deux instituts religieux auxquels se sont rattachées des fraternités de laïcs, ont la mission de prier et contempler Dieu au cœur des villes sans qu’aucun cloître ne les isole. En cela, ils répondent à l’un des faits majeurs de notre temps lié au développement des mégapoles où se côtoient mystérieusement le bien et le mal, la sainteté et le péché, la richesse et la pauvreté.

    Une démarche unique qui a amené durant ces 16 dernières années les frères et les sœurs de "Jérusalem" de différentes nationalités à s’insérer dans la ville de Bruxelles. Plus exactement à Saint-Gilles, dans un quartier à forte diversité sociologique et culturelle avec une présence musulmane importante. A la périphérie donc, cette périphérie prophétique du pape François.

    Leur proximité des personnes les plus vulnérables est grande. Les frères et les sœurs tissent des liens profonds d’amitié et de respect avec toutes les populations qui les entourent à travers leur travail dans la ville, la vie fraternelle et les offices qui sont célébrés 3 fois par jour et ouverts à tous. Ils font partie du paysage !

    Pendant toutes ces années, l’Eglise de Bruxelles a, de son côté, continué à évoluer, à interpeller et à s’interpeller. Récemment, elle a notamment décidé d’adopter une gestion efficace de son patrimoine immobilier pour répondre semble-t-il au manque de prêtres. Une telle approche, à laquelle on a donné beaucoup d’importance, peut se comprendre mais elle comporte aussi des risques comme le Saint-Père a pu le souligner en diverses occasions : en effet, l’efficacité humaine peut reléguer la fécondité de la prière à l’arrière-plan. Et c’est précisément dans ce contexte que la présence de la Fraternité est remise en cause.

    Les solutions matérielles envisagées et proposées ne correspondent pas aux besoins des moines et moniales. Si bien que les frères, puis les sœurs, ont annoncé leur départ. Un déchirement là-bas dans cette "périphérie" de Bruxelles. Quelle perte !

    Mais tout n’est pas fini. Car il reste l’espoir. Mais l’espoir, il faut que tous ceux qui sont impliqués le recherchent, le créent, le facilitent. Bruxelles a besoin que ces fraternités reviennent au cœur de son Eglise dans des conditions adaptées pour annoncer le Christ. Car l’avenir de la foi et de la culture chrétiennes en Occident est peut-être d’abord dans les villes et doit emprunter des chemins variés mais complémentaires.

    Le contexte

    Cet été, les moines et les moniales des Fraternités monastiques de Jérusalem ont progressivement quitté la paroisse située sur le Parvis de Saint-Gilles à Bruxelles. Leur départ, annoncé depuis le printemps, fait suite à la réorganisation des paroisses qu’a entreprise l’Eglise bruxelloise. Cette dernière avait choisi de faire de l’église paroissiale de Saint-Gilles occupée par les Fraternités un "clocher émergent" concentrant de nombreuses activités.

    Cette nouvelle affectation ne permettait cependant plus aux Fraternités de développer leurs activités monastiques. Si l’évêché ne souhaitait pas le départ des Fraternités, il n’a pu trouver un autre lieu qui répondait à leurs demandes dans la capitale. L’annonce de leur départ de Bruxelles a créé beaucoup d’émoi. Les Fraternités étaient fortement appréciées. Et ce départ a eu d’autant plus de résonance qu’il s’inscrit dans un contexte difficile pour l’Eglise de Belgique. Alors qu’elle peine à retrouver des vocations, elle doit revoir à la baisse sa présence sur le terrain, sans pouvoir définir clairement la place et le rôle qui seront les siens dans les prochaines années. BdO

  • Voici venu le temps des humains génétiquement modifiés

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    "DANS L’INDIFFÉRENCE GÉNÉRALE, VOICI VENU LE TEMPS DES HUMAINS GÉNÉTIQUEMENT MODIFIÉS (HGM)"

     

    CRISPR-Cas9 a permis, ces cinq dernières années de franchir une nouvelle étape dans l’édition de « l’ADN d’une bactérie, d’une plante, d’un insecte, d’un animal ou d’un humain ». Trois chercheurs Alexandra Henrion-Caude[1], Catherine Bourgain[2] et Alain Privat[3] le décrivent comme « une combinaison hybride entre le ciseau, le Tipp-Ex et l’encre […] facile, rapide, efficace et peu coûteuse ».

    Cette technique « loin d’être arrivée à maturité » soulève cependant de nombreuses questions : « Modifier tel ou tel gène, c’est modifier le gène ciblé, mais aussi d’autres informations, mal connues ou inconnues. Les conséquences de ces changements sont imprévisibles. Nous ignorons jusqu’au moyen d’en assurer le suivi sur l’individu modifié, ainsi que sur les générations suivantes » (cf. CRISPR : des mutations « off-targets » nombreuses et inattendues chez l’homme).

    Une « inquiétude » latente au sein de la communauté scientifique puisqu’appliquer CRISPR « à des embryons humains issus de parents porteurs de mutation » reviendrait à « éliminer leurs embryons sains et, paradoxalement, à ne conserver que ceux porteurs de la mutation sur laquelle la technique serait mise au point ».

    En outre, cette inquiétude dépasse la « simple logique des soins » car à « souhaiter des enfants parfaits », « nous jouons en fait le jeu des promoteurs de l’eugénisme ». Ce « patrimoine le plus partagé entre tous les hommes, le plus ancien, le plus irréductible » est « l’intimité de notre humanité ». « En ce sens, ne devrait-il pas être considéré comme le plus précieux de tous nos patrimoines ? ».

    Les trois chercheurs lancent un « SOS à nos consciences » en rappelant que « le désir de connaître la nature du vivant et d’en dévoiler ses secrets » ne doit pas nous mener à « créer des variétés d’humains sélectionnés ».

    « Certains voient dans ces hommes génétiquement modifiés une évolution vers l’homme du futur. Nous y voyons la mise en place d’un programme d’anéantissement de l’homme dans son altérité, notamment par déni de notre complexité et de notre histoire génétique ».

    Pour aller plus loin :

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    [1] Généticienne, directrice de recherche à l’Inserm.

    [2] Généticienne, chargée de recherche à l’Inserm.

    [3] Neurologiste et membre correspondant de l’Académie de médecine.

     
    Sources: Le Figaro (26/10/2017)
  • Quand Mgr de Germay réveille l'assemblée plénière des évêques de France

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    De Cyril Brun sur infocatho.fr :

    L’édito du jour – Enfin un évêque l’a dit !

    Enfin un évêque l’a dit et dans le saint des saints de l’Assemblée plénière de Lourdes ! En même temps, une bombe ne pouvait venir que de Corse. Car c’est une véritable bombe que Mgr de Germay vient de poser tranquillement dans l’univers catholique non seulement français, mais occidental, en rappelant que l’Eucharistie est avant tout un sacrifice.  Pointant le déséquilibre d’une pastorale longtemps horizontale qui « surinsistait » sur la table et donc le partage, l’évêque d’Ajaccio, a rappelé que l’Eucharistie n’est pas un dû collectif, mais le sacrifice salvateur du Christ. En effet, une certaine banalisation de l’Eucharistie l’a comme vidée, non de sa substance (évidemment), mais de son sens. Devenant exclusivement le pain du partage, on en a oublié qu’il est avant tout communion au Dieu sauveur. Ce même Dieu vers qui Moïse ne pouvait s’approcher qu’en retirant ses sandales.

    En affirmant que la pastorale des divorcés remariés n’est que l’arbre qui masque la forêt, Mgr de Germay soulève le tapis gorgé de poussière qu’on n’osait plus secouer de peur d’y voir les reliquats du sacré, du sacrifice et bien entendu du péché. Evidemment qu’avoir peu à peu banalisé l’accès à la communion, comme simple signe d’appartenance, ne pouvait que renforcer le sentiment de rejet de ceux qui n’avaient pas accès à la table commune. En pointant du doigt la forêt obscure et désertée de la pastorale eucharistique, le prélat ne se contente pas de déplacer le problème, il révèle le cœur de la crise même de l’Eglise : sa relation profonde, non seulement au Christ corps qui unit des frères et des fils, mais surtout au Christ sacrifié, prêtre et Dieu. C’est à une révolution copernicienne qu’invite l’évêque d’Ajaccio en proposant de contempler davantage qu’on ne l’a fait depuis de nombreuses décennies le piquet de bois vertical de la croix et plus seulement son bras horizontal. En fait, Mgr de Germay invite l’Occident (bien plus éloigné de la sacralité que l’Orient ou l’Afrique) à sortir de l’homocentrisme maquillé d’humanisme et à décentrer notre regard de nous-même. Nombrilisme qui nous fait exiger de Dieu la communion que nous réclamons comme un dû, au lieu de nous plonger dans la contemplation du mystère salvateur qui est un don. A nos habitudes captatrices et capricieuses, l’évêque rappelle la tradition millénaire de l’Eglise qui invite à l’abandon et la reconnaissance.

    Une bombe donc qui si elle explosait véritablement renverserait bien des perspectives, car nous ne regarderions plus l’homme pour lui-même, mais nous le verrions à travers le Christ quand aujourd’hui c’est au contraire le Christ qu’on voudrait voir à travers ce qu’il reste de l’homme.

     

  • La question catalane cristallise les tensions relatives à l'avenir des pays de l'Union Européenne

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    Sur le site du Vif, cette carte blanche très éclairante de Varsia Arslanian et Nicolas Solonakis : 

    Catalogne : vers un nouvel ordre européen ?

    L'indépendance de la Catalogne est-elle légale au regard du droit international ? Ensuite, quels facteurs historiques permettent d'expliquer la crise actuelle ? En conséquence, quelle légitimité accorder à la revendication d'indépendance ? Trois questions largement négligées jusqu'à présent.

    Par Varsia Arslanian, juriste, spécialiste de droit international (ULB) et Nicolas Solonakis, docteur en histoire, diplômé de sciences politiques et de géographie et chercheur en histoire économique à l'université de Gand.

    Une déclaration unilatérale d'indépendance : conséquences et légalité

    La déclaration d'indépendance est un acte éminemment politique qui affirme la prétention d'une entité sécessionniste à devenir un État à part entière. Elle n'entraîne de conséquences juridiques que si elle est le fruit d'un accord avec l'État dont l'entité prétend s'autonomiser. Ainsi, le Monténégro (2006) et le Sud-Soudan (2011) ont accédé à leur indépendance à la suite d'un processus négocié avec leur État d'origine. Les cas de sécessions concertées sont cependant rares. De manière générale, l'entité sécessionniste effectue une déclaration  unilatérale d'indépendance (DUI) : l'État d'origine refusant généralement de subir un démembrement, elle doit le faire sans son accord. La question catalane n'échappe pas à la règle. La Catalogne a déclaré son indépendance sans l'aval de l'Espagne - et avec un Parlement largement déserté. Elle a ainsi organisé un referendum d'autodétermination dans le mépris de la Constitution espagnole qui prône l' "unité indissoluble de l'Espagne" (article 2) et interdit par là même la tenue d'une telle procédure. En outre, le Tribunal Constitutionnel avait déclaré dès 2010 au sujet de la Catalogne qu'un référendum se distinguait d'une simple consultation populaire en ce qu'il doit être convoqué et réglé par l'État[1].

    L'appréciation légale d'une DUI est plus nuancée si l'on se place du point de vue du droit international. Le droit international observe une neutralité à l'égard de telles déclarations, et de manière plus générale, à l'égard de la sécession. Il s'agit essentiellement d'une question intérieure à un État qui nécessite d'être traitée en interne. La Cour internationale de justice, dans son avis consultatif du 22 juillet 2010 sur la déclaration d'indépendance du Kosovo, a néanmoins relevé que les DUI ne sont pas en soi interdites par le droit international. Néanmoins, ses conséquences juridiques demeurent nulles.

    En droit international, l'indépendance d'un État est avant tout une question de fait. L'entité sécessionniste devient un "État indépendant" dès lors qu'elle réunit les critères factuels qui déterminent la qualité d'État : une population, un territoire et un gouvernement souverain[2]. Si de manière générale les deux premiers critères vont de soi, c'est le critère déterminant de la souveraineté qui constitue bien souvent la pierre d'achoppement. La souveraineté suppose que l'entité sécessionniste s'affranchisse de tout rapport de subordination par rapport à l'État d'origine. Dans le cas de la Catalogne, c'est ce critère qui fait défaut. L'Espagne lui conteste son droit à l'indépendance et entend maintenir son intégrité territoriale à n'importe quel prix. La suspension par le gouvernement espagnol du statut d'autonomie de la Catalogne suite à application de l'article 155 de la Constitution en est une illustration.

    L'intervention de la déclaration unilatérale d'indépendance de la Catalogne (vendredi 27 octobre) n'a donc aucune incidence sur le statut de la région. La Catalogne demeurera espagnole aussi longtemps que l'Espagne ne marquera pas son accord. En revanche, le droit international permet de reconnaître une telle indépendance en dépit du refus de l'État originel dans un cas particulier : si l'entité sécessionniste a droit au principe d'autodétermination.

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  • La lumière serait faite sur la mort du pape Jean-Paul Ier

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    D'Hélène Ginabat sur zenit.org (6 novembre) :

    Le pape Jean-Paul Ier n’a pas été assassiné: enquête de Stefania Falasca

    Préface du card. Parolin

    Cronaca di una morte @PIemme 2017

    « Une reconstruction effectuée selon un mode de recherche historique rigoureux, sur la base d’une documentation d’exception, inédite à ce jour »: le cardinal Pietro Parolin salue en ces termes le livre sur le pape Luciani, « Pape Luciani. Chronique d’une mort » (« Papa Luciani. Cronaca di una morte », chez Piemme , 7 novembre 2017), de la journaliste italienne Stefania Falasca, vice-postulatrice de la cause de béatification et de canonisation de Jean-Paul Ier.

    Dans sa préface le secrétaire d’État rappelle que la « disparition subite » d’Albino Luciani « a ouvert la voie pendant des décennies » à « une myriade de théories, de soupçons et de suppositions ».

    Il salue donc le « travail de recherche » de Stefania Falasca: « une reconnaissance due à la mémoire de Jean-Paul Ier afin que sa valeur historique puisse être pleinement restituée avec l’exactitude et le sérieux requis, permettant d’ouvrir de nouvelles perspectives d’études sur son œuvre ».

    Grâce à ce livre, la lumière est faite, « à travers la vérification documentaire et la confrontation précise et circonstanciée des preuves des témoins », sur l’épilogue de la vie du pape Luciani et « sont enfin éclaircis ces points restés dans les limbes, amplifiés et travestis par des reconstruction noires », ajoute le cardinal Parolin.

    Pour lui en effet, le bref pontificat de Jean-Paul Ier (33 jours, ndlr), « n’a pas été le passage d’une météorite, qui s’éteint après un bref trajet »: le pape Luciani a renforcé « le projet d’une Église conciliaire proche de la douleur des personnes et de leur soif de charité ».

    Stefania Falasca a confié  au micro de Radio Vatican comment le travail a pris forme: « Il s’agissait de voir, y compris dans des derniers instants de la mort du pape, ce qui est l’épilogue de sa vie. Par conséquent, dans le cadre d’un procès, cela se fait et se fait avec une méthode historico-critique, par la recherche en se basant sur le repère et l’acquisition des sources. C’est indispensable : les sources, les textes et les documents. C’est ce qui intéresse l’histoire et ce qu’il nous intéresse de comprendre. »

    « Nous avons aussi traversé la dernière heure, l’heure extrême, qui montre Jean-Paul Ier dans ce bref colloque qu’il a avec la sœur : celle qui l’a découvert le lendemain. Il s’agit de documents qui sont des sources orales pour un procès ; pratiquement, cela a été examiné avec la documentation médicale et clinique. Nous avons là ce que j’appellerais – et c’est ainsi que cela a été rapporté – une « définition claire » autour de laquelle je considère que l’on ne peut pas faire d’autres suppositions. Comment est mort Luciani : à partir de la documentation clinique – et nous avons aussi reporté la fiche clinique et le diagnostic fait au moment de la mort par le médecin Buzzonetti, qui correspond aussi à d’autres documents, toujours médicaux, qui ont été retrouvés – on peut dire que Luciani est mort pour un problème ischémique qui a provoqué un infarctus. C’est la vérité pure et simple. »

    « C’était un travail nécessaire et juste, ajoute-t-elle. Sur les vertus et sur la sainteté, je ne crois pas qu’il y ait des doutes possibles, parce que Jean-Paul Ier est une figure extrêmement limpide de ce point de vue. Ce qui était nécessaire pour Luciani, c’était de fouiller les archives pour trouver les sources, pour que l’on puisse parler de lui en termes vraiment scientifiques. Et je pense par conséquent que la Cause peut servir de base, en ce sens, à toute une autre saison qui récupèrera la dimension et la valeur de son Magistère dans les circonstances de l’Église à ce moment-là. »

    En espérant qu'il n'y a pas que le témoignage de cette religieuse pour conforter la thèse de Stefania Falasca, car l'adage est sans appel "testis unus, testis nullus"...

  • L'islam pour tous ceux qui veulent en parler (mais ne le connaissent pas encore)

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    De TVLibertés

    Annie Laurent, spécialiste incontestée de l'Islam et du Moyen-Orient publie un ouvrage sans concession intitulé "L'islam pour tous ceux qui veulent en parler (mais ne le connaissent pas encore)". Dans cet ouvrage soigné qui associe clarté et précision, Annie Laurent porte un regard lucide sur l'islam sans vaines polémiques. Elle offre des réponses aux nombreuses et légitimes interrogations que suscite l'islam, du fait de son omniprésence dans une actualité inquiétante, en France et dans le monde ; du fait aussi de son anthropologie juridique, social et politique dont les fondements heurtent ceux de la civilisation européenne. C'est donc un défi existentiel que l'Europe doit relever alors qu'elle connaît une crise d'identité d'une gravité sans précédent.

  • Amoris Laetitia : les doutes persistent et se renforcent

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    Un article de Sandro Magister traduit sur le site diakonos.be :

    Les « dubia » sont plus vivants que jamais. Et le cardinal Müller en ajoute un de son cru

    Deux livres viennent récemment de sortir, tous deux sous la plume d’auteurs prestigieux et tous deux se voulant une réponse aux « dubia » exprimés il y a un an par quatre cardinaux au Pape François concernant l’exhortation post-synodale Amoris laetitia.

    Le premier de ces livres, édité en Italie par Ares, a déjà beaucoup fait parler de lui.  C’est celui de Rocco Buttiglione, philosophe célèbre et interprète autorisé de la pensée philosophique de Jean-Paul II, aujourd’hui grand défenseur des « ouvertures » introduites par François concernant la communion aux divorcés remariés et héraut tout aussi déterminé de la parfaite continuité entre le magistère du pape actuel en matière de morale et celui de l’encyclique « Veritatis splendor » du pape Karol Wojtyla.

    Mais plus encore que ce qu’écrit Buttiglione, rien de très neuf, c’est surtout la préface de son livre qui a beaucoup fait jaser.  Elle est signée par le cardinal Gerhard L. Müller, l’ex-préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

    Et de fait, une telle préface a paru à beaucoup être contradictoire.

    En effet, d’un côté Müller écrit qu’il partage entièrement les thèses de Buttiglione et en recommande chaleureusement la lecture.

    D’un autre côté cependant, le cardinal présente de lui-même – explicitement – un seul cas d’accès éventuel à la communion de la part d’un catholique passé à une nouvelle union alors que son premier conjoint est encore en vie.  Il s’agit du cas où le premier mariage, bien que célébré à l’Eglise, doive être considéré comme invalide pour absence de foi ou pour manque des autres prérequis essentiels au moment de la célébration, mais qu’une telle invalidité « ne puisse pas être canoniquement prouvée ».

    Dans ce cas, Müller écrit :

    « Il est possible que la tension qui existe entre le statut public-objectif du ‘second’ mariage et la faute subjective puisse ouvrir, aux conditions décrites, l’accès au sacrement de la pénitence et à la sainte communion moyennant un discernement pastoral au for interne ».

    Or, personne n’a remarqué que le cas hypothétique évoqué par Müller est le même que celui que Joseph Ratzinger avait déjà proposé et discuté à plusieurs reprises, tout en admettant lui aussi l’éventuel accès aux sacrements, toujours cependant avec une décision prise « au for interne » avec le confesseur et en étant attentif à ne pas causer un scandale public :

    > Pas de communion pour les hors-la-loi. Mais Benoît XVI étudie deux exceptions

    Si l’on s’en tient à ce qu’il écrit à la préface, tel est donc la pierre d’angle – tout à fait traditionnelle – sur laquelle le cardinal Müller se fonde concernant l’accès à la communion des divorcés remariés.

    Buttiglione s’aventure quant à lui beaucoup plus loin en se prévalant de la caution bien peu compréhensible de l’ex-préfet de la doctrine.  Un « dubia » de plus, indiscutablement, plutôt qu’un de moins.

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  • Le 7 novembre 1917 : un coup d'état bolchévique, pas une révolution !

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    De Thierry Wolton sur Figaro Vox (lefigaro.fr), cette mise au point concernant la Révolution d'Octobre (qui, dans notre calendrier grégorien, a eu lieu le 7 novembre 1917) :

    Octobre 1917 : un coup d'Etat bolchévique, pas une révolution !

    FIGAROVOX/TRIBUNE - Thierry Wolton dénonce l'appellation «Révolution d'octobre 1917» pour qualifier la prise du pouvoir par Lénine. Pour lui, il ne s'agit ni plus ni moins que d'un coup d'Etat au profit des communistes.

    Thierry Wolton, essayiste, est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages, consacrés pour la plupart au communisme. Il a notamment publié «Une histoire mondiale du communisme» en trois volumes chez Grasset à partir de 2015. Le troisième tome, intitulé «Les Complices», est en librairie depuis le 20 septembre.

    En ce centième anniversaire d'octobre 1917 persistent des automatismes de pensée qu'on pouvait espérer révolus compte tenu de ce qui est su, sur les faits comme sur leurs conséquences.

    Cette constance laisse voir combien l'illusion reste plus forte que la réalité quand le besoin de croire, propre aux hommes, se heurte au savoir, constitutif du vrai. Ce qui en dit davantage sur nous que sur l'histoire elle-même.

    Il est question de «révolution d'octobre» alors que tous les témoins de l'époque évoquent un coup d'Etat, à commencer par l'envoyé spécial de L'Humanité (celle de Jaurès) dans ses articles écrit sur place. «C'était plus aisé que de soulever une plume», commente Lénine au lendemain de la prise du pouvoir.

    Un an plus tard, dans la Pravda, l'organe des Bolcheviks parle bien de coup d'Etat pour célébrer l'anniversaire. C'est en octobre 1920 que le nouveau pouvoir transforme l'événement en geste révolutionnaire par le biais d'un spectacle son et lumière représentant une foule de gardes rouges à l'assaut du palais d'Hiver, symbole du peuple en arme.

    La fiction est reprise par le film d'Eisenstein, Octobre, produit et diffusé à l'occasion du dixième anniversaire. Cette version finit par s'imposer comme la vérité sur octobre 1917.

    Si le terme de révolution évoque les bouleversements intervenus après cette prise du pouvoir, mieux vaut savoir de quoi il retourne concrètement: toute presse autre que celle des Bolcheviks est interdite dès le lendemain du coup d'Etat, le congrès des soviets (conseils d'ouvriers et de paysans), suspendu, dix jours plus tard. Le nouveau pouvoir décide de légiférer par décret.

    Un mois plus tard se met en place la police politique, la Tchéka, puis intervient en janvier 1918 la dissolution de l'Assemblée constituante élue démocratiquement, avant l'ouverture des premiers camps de concentration en juin 1918. Ce ne fut en rien une libération, y compris pour les ouvriers qui qualifièrent le nouveau régime, dès les premiers mois, de dictature sur le prolétariat.

    «Il a été dit qu'il n'existait pas de parti, en Russie, prêt à prendre le pouvoir entièrement pour lui. Je réponds: si, il y en a un! Nous sommes prêts à chaque minute à prendre entièrement le pouvoir!», avait averti Lénine quatre mois avant octobre, au 1er Congrès des soviets.

    Il n'a jamais été question pour les Bolcheviks de partager. Il suffit de se reporter au Que Faire?, écrit par le leader bolchevique en 1902. Son programme est annoncé. Ce texte permet de comprendre la tournure prise par le régime, avec pour fer de lance la fameuse dictature du parti mise en place au nom du prolétariat, qui conduit à l'instauration d'un parti-Etat tout puissant.

    C'est l'essence même du totalitarisme, modèle que vont suivre par la suite tous les régimes communistes.

    Ni les circonstances - la guerre civile avec les Blancs, postérieure aux premières mesures dictatoriales -, ni les déviations invoquées plus tard - stalinisme, culte de la personnalité, etc. - ne sont responsables d'une quelconque trahison du plan d'origine.

    C'est le programme communiste tel que Marx et Engels (le Manifeste de 1848) puis Lénine l'ont élaboré qui a été appliqué, en Russie puis ailleurs, avec parfois des variantes nationales souvent plus radicales: le maoïsme s'est révélé encore plus mortifère que le stalinisme, le polpotisme cambodgien plus destructeur encore que le maoïsme.

    Parler de «révolution d'octobre» donne une aura à l'événement, et permet de voir le processus communiste sous un jour favorable tant tout acte révolutionnaire correspond dans l'imaginaire collectif à une avancée positive dont le modèle reste 1789.

    Il n'est pas innocent que la propagande soviétique ait cherché à assimiler le coup d'Etat à ce moment fort de l'histoire française, cela l'est encore moins de continuer à le faire. Il en découle des mécanismes de défense qui cherchent à sauver l'idéal de sa réalisation, un cas unique au regard de l'histoire de ce XXe siècle totalitaire.

    L'immunité recherchée tient au projet même du communisme, annoncé comme l'ultime étape de l'humanité, l'âge de la félicité pour tous.

    Cette espérance repose sur l'une des plus vieilles revendications de l'être humain, l‘égalité, dont la plupart des religions avaient fait leur credo pour l'au-delà, avant que le marxisme-léninisme la promette ici et maintenant, ce qui a assuré son succès.

    Difficile de faire le deuil de cette aspiration si bien partagée, d'où les tentatives d'exonérer l'idéologie de sa pratique, donc de son bilan, pour n‘en garder que l'esprit, toujours chargé d'utopie.

    La présentation révolutionnaire d'octobre 1917, que réactive ce centenaire, permet d'entretenir cette passion égalitaire, humaine, trop humaine.

    «Le communisme, c'est zéro pour toi, zéro pour moi», a dit un jour le numéro deux du régime khmer rouge devant de jeunes cambodgiens. C'est probablement la meilleure définition qui existe, mensonge compris.

    Les dirigeants communistes, eux, ne se sont jamais contentés de rien.

  • Le témoignage fort d'un Américain atteint de Trisomie 21 : "Ma vie vaut la peine d'être vécue"

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    Du site de "Sud-Ouest" :

    Vidéo. "Ma vie vaut la peine d’être vécue" : le message d’un Américain atteint de Trisomie 21

    Vidéo.

    Frank Stephens a pris la parole devant le Congrès américain (CAPTURE VIDEO)

    Le plaidoyer de cet acteur et sportif américain a été vu plus de 36 millions de fois sur les réseaux sociaux, suscitant un vif débat.

    "Je suis un homme porteur de trisomie 21 et ma vie vaut la peine d’être vécue." Cette semaine, face au Congrès américain, Frank Stephens, acteur et sportif, a défendu l’importance des personnes trisomiques dans la société et leur droit à vivre. 

    Porte-parole d’une association d’aide aux personnes trisomiques et à leurs familles,l’acteur a souhaité témoigner de son épanouissement personnel, malgré son handicap :

    "Sérieusement, j’ai une belle vie ! J’ai donné des conférences dans des universités, joué dans un film primé et une émission de télévision primée par Emmy, j’ai parlé à des milliers de jeunes de l’acceptation et de la tolérance qui rendront l’Amérique formidable. Je suis allé deux fois à la Maison Blanche…"

    Selon lui, plutôt que de financer les tests pré-nataux permettant de détecter la trisomie in utero (et pratiquer un avortement si les parents le souhaitent), le Congrès devrait allouer des fonds à la recherche pour soigner les personnes atteintes de trisomie, mais aussi à faire avancer la science.

    "Sérieusement, je ne pense pas que je devrais avoir à justifier mon existence, mais à ceux qui remettent en question la valeur des personnes atteintes du syndrome de Down, j’opposerais trois points.

    Premièrement, nous sommes un cadeau médical pour la société, un modèle pour la recherche médicale sur le cancer, la maladie d’Alzheimer et les responsables du système immunitaire. Deuxièmement, (selon une étude, ndlr), nous sommes une source de bonheur exceptionnellement puissante […] Enfin, nous donnons au monde une chance de réfléchir à la question éthique que représente le tri entre les hommes qui ont le droit de vivre et ceux qui ne l’ont pas […] N’y a-t-il vraiment pas de place pour nous dans le monde ?"

    Puis, faisant référence au taux élevé d’avortement en cas de diagnostic de trisomie dans de nombreux pays occidentaux, Frank Stephens ajoute :

    "Agissons en tant qu’Américains, et non comme des Islandais ou des Danois. Essayons de trouver des réponses, non des "solutions finales". Soyons dignes de notre pays : aidons-le à être débarrassé d’Alzheimer, et non de la trisomie 21."

    De nombreuses réactions

    Dans un contexte de débat encore très tendu outre-Atlantique entre les "pro-life" (contre l’avortement) et les "pro-choice" (qui défendent le droit de choisir), le discours d’une personne trisomique, directement concernée, a reçu un écho important, avec plus de 36 millions de vues en quelques jours. Largement partagée sur les médias sociaux, la vidéo a alimenté de nombreux commentaires.

    Parmi eux, plusieurs érigent cette prise de parole en exemple et appellent à la fin de l’interruption de grossesse en cas d’anomalie médicale. (...)

    Que dit la loi ?

    Alors que le droit à l’avortement recule aux États-Unis, plusieurs États interdisent désormais l’interruption de grossesse en cas d’anomalie médicale (dont la trisomie). C’est le cas de l’Indiana et de l’Oklahoma. Parallèlement, au Texas, les médecins sont autorisés à ne pas proposer de tests aux parents ou à ne pas leur communiquer les résultats. 

    En France, le dépistage prénatal de la trisomie 21 est proposé aux mères lors de leur troisième mois de grossesse, par simple prise de sang et échographie (complétées par d’autres examens si les résultats indiquent un risque élevé). Sur 800 000 femmes enceintes chaque année, 600 000 choisissent de réaliser ces tests.

    En cas de diagnostic de trisomie, 96% des couples français choisissent l’interruption médicale de grossesse (contre 90% à 93% aux États-Unis). Contrairement à l’avortement, qui ne peut être pratiqué que jusqu’à la fin du troisième mois de grossesse, l’interruption médicale peut être pratiquée jusqu’à l’accouchement.

    Voir aussi :

    https://www.fondationlejeune.org/suis-homme-porteur-de-trisomie-21-vie-vaut-peine-detre-vecue/

    http://www.genethique.org/fr/interdiction-des-avortements-bases-sur-le-diagnostic-prenatal-de-trisomie-21-en-ohio-un-projet-de#.Wf6zXlvWyM8

    !!! activer les sous-titres (en dessous à droite)

  • Ploërmel : quand le laïcisme sape la laïcité

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    De Samuel Pruvot sur le site de l'hebdomadaire Famille Chrétienne :

    Mgr Centène : « À Ploërmel, le laïcisme sape la laïcité ! »

    L’évêque de Vannes, Mgr Raymond Centène, revient sur l’affaire de la croix de Ploërmel pour tirer au clair un imbroglio juridique qui cache mal une opposition anticléricale d’un autre âge. Il déplore un laïcisme qui sape la laïcité issue du christianisme. 

    La décision du Conseil d’Etat est-elle cohérente par rapport à la loi 1905 ?

    La décision du Conseil d’Etat applique strictement la loi de 1905 qui interdit d’ériger des signes religieux dans les lieux publics. On est d’accord ou pas avec cette loi mais c’est la loi. Comme disaient les Romains : « dura lex sed lex » (la loi est dure mais c’est la loi). Les signes religieux érigés avant 1905 sont conservés, c’est pourquoi en Bretagne il y a des calvaires en tous lieux - y compris à Ploërmel.

    Dans cette affaire, le Conseil d’Etat semble avoir oublié le code de la propriété littéraire et artistique. Le grand public ignore souvent ce fait. Ce code indique clairement qu’on ne peut porter atteinte à l’intégrité d’une œuvre d’art sans l’accord explicite de l’artiste. En le faisant, la mairie s’exposerait à des poursuites judiciaires de la part de l’artiste. La loi de 1905, présentée comme un grand principe de la République, n’est pas supérieure dans la hiérarchie des normes juridiques au principe de propriété artistique... car ce droit est confirmé par tous les traités internationaux, notamment le traité de Berne. Le fait que le sculpteur soit étranger et que le monument dans son intégralité ait été conçu et réalisé en Russie renforce sa position. Ce dernier peut faire tierce opposition à l’arrêt du Conseil d’Etat qui contrevient au droit inaliénable et imprescriptible de l’artiste à voir son œuvre respectée.

    Que peut faire l’évêché en l’état ?

    Je ne peux légalement entrer dans cette affaire. Certains reprochent à l’évêché de ne rien faire... Mais, techniquement, l’évêché n’est pas « partie » à cette instance. Cela veut dire que l’évêque n’a aucun moyen d’agir juridiquement. Ce qui pose problème, ce n’est pas tant la croix qui surplombe la statue que le lieu où elle est érigée. Si on cherche une issue, il faut déplacer la statue sur un autre terrain ou bien changer la nature juridique du terrain public où elle se trouve. En clair : vendre ce terrain à une personne privée.

    En attendant les solutions à venir, on a l’impression que cette campagne contre la statue de Jean-Paul II n’est pas exempte de mauvaise foi…

    Sur Ploërmel, une commune d’une dizaine de milliers d’habitants, l’opposition se résume à deux personnes… Ces opposants sont les mêmes depuis le départ. On s’appuie ici sur des arguties juridiques pour lutter contre l’Eglise. On dirait que ceux qui s’en prennent à la statue reprochent à Jean-Paul II d’avoir existé et à l’Eglise catholique tout court d’exister !

    Pourquoi cette tension autour d’une statue de Jean-Paul II ?

    Cette affaire cristallise beaucoup de choses car il y a en France une grande inquiétude autour de l’identité et de l’appartenance religieuse. Beaucoup de Français se sentent menacés dans leur identité c’est pourquoi cette affaire est devenue un symbole qui agite les réseaux sociaux. Le plus douloureux, c’est que la Croix a vocation à rassembler les hommes, comme le dit l’Ecriture, et non à les diviser. Jésus a donné sa vie pour rassembler les enfants de Dieu dispersés... Autant qu’un signe d’identité culturelle, la Croix est un signe d’unité.

    En quoi le christianisme peut-il faire bon ménage avec la laïcité à la française ?

    Le christianisme en France et en Europe est intimement lié à l’histoire de nos peuples au-delà du culte conscient et objectif. Jean-Paul II parlait des racines chrétiennes de l’Europe. Que les libres penseurs le veuillent ou pas, le christianisme fait partie de notre identité européenne. Le christianisme est plus qu’une religion, il est constitutif de notre être, de notre manière de vivre et de notre façon d’appréhender les problèmes de coexistence. Il faudrait que les opposants comprennent que s’ils n’étaient pas dans un pays chrétien ils ne seraient pas laïques. S’ils ont des idées laïques, c’est parce qu’ils sont eux aussi d’une certaine manière héritiers d’une Histoire façonnée par 2000 ans de christianisme. Ce qui rend possible une approche laïque, c’est précisément cet héritage culturel chrétien. C’est une originalité par rapport à toutes les autres religions. La laïcité repose sur la distinction entre le pouvoir politique et le pouvoir religieux, à savoir un principe posé par l’Evangile. Si le Christ n’avait pas déclaré qu’il fallait rendre à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César, les opposants à la statue de Jean-Paul II ne seraient pas là...

    Comment expliquez-vous ce paradoxe ?

    Pourquoi les premiers chrétiens ont-ils été martyrisés dans un monde polythéiste ? Parce qu’ils refusaient la divinisation de l’empereur ou de sacrifier de l’encens aux dieux de l’empire. Ils refusaient la collusion absolue entre le pouvoir religieux et le pouvoir politique. Des cohortes de martyrs chrétiens ont donné leur vie en affirmant ce principe de distinction. Le danger que ne voient pas ceux qui sont obnubilés par la lutte contre l’Eglise, c’est la montée de religions comme l’islam qui confond les pouvoirs religieux et politiques comme le faisaient les Romains. La charia est une loi donnée par Dieu pour être appliquée sur le terrain civil et pénal. Les laïcistes ne se rendent pas compte qu’ils sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis. Tout ce qui est fait pour affaiblir le christianisme contribue en fait à saper la laïcité. Cela revient à en arracher la racine.

  • Quand la culture de mort fait son come back à l'ONU

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    De G. Puppinck sur zenit.org (4 novembre) :

    ONU : le retour de la culture de mort

    Le handicap pas incompatible avec une vie heureuse.

    Grégor Puppinck @ ECLJ

    Grégor Puppinck @ ECLJ

    Le Comité des droits de l’homme des Nations Unies est en passe d’imposer la légalisation universelle de l’avortement au nom même du droit à la vie.

    Ce comité d’experts, chargé de veiller au respect du Pacte international sur les droits civils et politiques de 1966, s’est réuni à Genève, les 1er et 2 novembre, pour rédiger son interprétation officielle du droit à la vie. Cette interprétation, appelée Observation générale, détient une grande autorité sur les juridictions et les législateurs du monde entier car ce Comité dispose du pouvoir de juger les États quant à leur respect de ce traité.

    Plusieurs de ses membres ont saisi l’occasion pour promouvoir un droit à l’avortement le plus étendu possible. C’est le cas en particulier du français Olivier de Frouville, de l’américaine Sarah Cleveland et du tunisien Yadh Ben Achour. Les autres sont restés largement silencieux. Seule l’experte allemande, Mme Anja Seibert-Fohr, a tenté, en vain, d’obtenir la reconnaissance de « l’intérêt légitime des États à protéger la vie du fœtus », pourtant établi par la Cour européenne. Les trois autres membres connus pour leurs réserves à l’égard de l’avortement étaient les seuls absents.

    D’emblée, M. de Frouville recommanda d’éviter toute « considération philosophique ou théorique » et de se concentrer exclusivement sur les droits des femmes. À aucun moment le caractère moral de l’avortement ne fut questionné. De même, à aucun moment les droits des enfants ne furent évoqués. Moins encore, les membres du Comité ont veillé à ne jamais employer le mot « enfant ». Pour les membres du Comité, l’enfant n’existe pas avant sa naissance, donc il serait vain d’évoquer ses droits et intérêts.

    «  Recourir à l’avortement pour éviter le handicap à titre préventif »

    En fait, il fut question une seule fois, non pas des enfants, mais des « fœtus », pour recommander la légalisation de leur avortement eugénique. Le représentant tunisien a fortement insisté sur cette nécessité. Il a déclaré que, certes, il faut aider les personnes handicapées « après leur naissance », « mais ça, ça ne veut pas dire que nous devons accepter de laisser en vie un fœtus qui est atteint d’un handicap. » Il a ajouté : « nous pouvons éviter les handicaps et nous devons tout faire pour les éviter ». Sur ce, le Président du Comité intervint pour rappeler que les débats sont enregistrés.

    Mais là encore, la référence au « fœtus » était trop explicite. Pour éviter d’être accusés d’eugénisme, des experts ont voulu alors remplacer ce mot par celui de « grossesse », moins choquant, comme si le changement de terme pouvait rendre plus acceptable la réalité de l’eugénisme.

    L’avortement, c’est la vie

    Quant au droit à l’avortement, on peut dire que les recommandations du Planning familial international ont été suivies à la lettre. Reprenant le slogan de cette organisation, les membres du Comité ont déclaré que l’avortement devrait être décriminalisé et rendu « safe, legal and affordable » (« sûr, légal et accessible/gratuit »), sans réelle condition ni limitation de délai. Ils ont aussi adopté son argumentation selon laquelle l’interdiction ou la difficulté d’accéder à l’avortement serait en soi une cause de violation du droit à la vie des femmes. Cela fit dire à M. de Frouville, de façon toute orwellienne, que la décriminalisation de l’avortement « est au cœur de la question du droit à la vie » !

    Une régression morale

    C’est là un complet renversement moral par rapport au sens du droit à la vie. Il résulte de la pensée matérialiste selon laquelle seuls les êtres capables d’intelligence et de volonté seraient véritablement humains et donc dignes de protection. Tant qu’ils n’ont pas atteint cette capacité, ils ne seraient que de la matière corporelle au pouvoir de ceux qui sont « humains », car capables d’intelligence et de volonté. Ainsi, ce n’est plus la « vie humaine » comme réalité biologique qui serait protégée en droit international, mais l’intelligence et la volonté, c’est-à-dire la force. Pas une seule fois, les membres du Comité n’ont rappelé l’engagement pris par les États de réduire le recours à l’avortement et d’aider les femmes enceintes. La faiblesse des enfants à naître et des femmes en détresse ne trouvent qu’une réponse : l’élimination. La loi du plus fort.

    Or, c’est principalement contre l’eugénisme que l’universalité du droit à la vie a été réaffirmée après-guerre. Les rédacteurs de la Déclaration universelle des droits de l’homme refusèrent expressément de tolérer tout avortement eugénique, rappelant son usage par le régime nazi ; et ce n’est que sous la pression des pays soviétiques qu’ils renoncèrent en 1948 à protéger explicitement la vie humaine « dès la conception ». C’est parce que les régimes nazi et soviétique étaient matérialistes qu’ils ont promu l’avortement et l’eugénisme ; et c’est contre cette idéologie que les Nations unies ont été fondées sur la base de l’égale dignité de tout être humain.

    Si le Comité tire un droit à la mort du droit à la vie, il renoue ainsi avec l’idéologie mortifère contre laquelle les Nations unies ont été fondées.

    Contre cette « dérive rétrograde », un autre comité des Nations unies s’est élevé. Le Comité des droits des personnes handicapées a répliqué que « Les lois qui autorisent explicitement l’avortement en raison d’un handicap violent la Convention des droits des personnes handicapées ». Il a ajouté que de telles lois perpétuent « le préjugé selon lequel le handicap serait incompatible avec une vie heureuse. » Mais lComité des droits de l’homme n’en a pas tenu compte, ses membres les plus actifs restant résolument attachés à leur objectif.

    Un excès de pouvoir

    Reste à savoir si le Comité a le pouvoir d’imposer aux États, au nom du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, une obligation contraire à l’intention explicite de ses rédacteurs. Contre les États qui reprochent au Comité d’agir ainsi au-delà de son mandat, certains de ses membres se sont défendus en déclarant que le Pacte serait un « document vivant » dont ils sont les interprètes authentiques. Concrètement, les États seraient donc moins tenus de respecter le Pacte que ce qu’en disent les membres du Comité. Cela est particulièrement problématique lorsque cette interprétation est diamétralement contraire au sens initial du Pacte. Ce qui fit dire à Mme Seibert-Fohr, sous forme d’avertissement, que le Comité des droits de l’homme fragilise dangereusement « l’universalité des droits de l’homme ». De fait, si cette interprétation du Pacte est adoptée, de nombreux États refuseront de l’appliquer ; le zèle idéologique de quelques membres du Comité se retournera alors fatalement contre son autorité.

    La discussion sur ce projet d’observation générale se poursuivra le 10 novembre puis en mars 2018 ; il y sera aussi question du suicide assisté et de l’euthanasie dont le Comité envisage également d’imposer l’acceptation au titre du droit à la vie.

    Début octobre, l’ECLJ a adressé un mémoire au Comité pour défendre le droit à la vie, avec le soutien de plus de 130 000 personnes signataires d’une pétition pour la protection de toute vie humaine.

    Grégor Puppinck,

    Directeur de l’ECLJ

    Mobilisation ici: https://eclj.org/abortion/un/pour-la-protection-de-toute-vie-humaine?lng=fr

  • Quand Microsoft installe une porte dérobée dans nos crânes

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    D'Erwan Le Morhedec (Koz) sur son blog (31 octobre):

    Langage inclusif : Back off, Microsoft !

    Vous connaissez la parabole de la grenouille, Al Gore l’avait utilisée pour souligner la menace climatique. Plongée dans l’eau bouillante, la grenouille s’en extirpe par mouvement réflexe. Mais, soumise à ébullition progressive, la batracienne s’épanouit jusqu’à cuisson. Pour les Français, c’est pareil.

    Trêve de grenouilles, comme on sait, les Français sont des veaux. Ou plutôt, les Françaises et les Français sont des veaux et, tant que nous y sommes, des velles. Ils ont accueilli la nouvelle d’une surveillance institutionnalisée de leur expression et partant, de leur pensée, avec le regard impavide de la bête que l’on mène par le col.

    Les uns ne voient rien venir, les autres diraient bien quelque chose certes mais quoi, et les derniers tendent à penser que Microsoft part d’une bonne intention. Que l’on me pardonne cette expression aussi potentiellement sexiste qu’offensante : bougres de cons, l’intention ne change rien à l’affaire !

    Microsoft vient d’installer une porte dérobée dans vos crânes.

    L’intégration du « langage inclusif » dans les corrections et suggestions de Word est loin d’être indifférente : c’est un basculement, un vrai changement de nature, et un changement inquiétant. Car il ne s’agit plus de corriger les fautes d’orthographe, d’appliquer des règles de grammaire, à la rigueur d’alléger votre style, toutes fonctionnalités classiques d’un traitement de texte. Non, en intégrant à Word le « langage inclusif », Micro$oft nous dit quoi écrire, nous dit quoi penser. Les suggestions étaient stylistiques, elles sont idéologiques. Une entreprise opère des choix idéologiques, et elle nous les impose.

    Ne vous y trompez pas : le vocabulaire est un champ de bataille. Chacun sait qu’en changeant les mots, on change la pensée. C’est d’ailleurs pleinement revendiqué par les tenants du « langage inclusif » et de l’ « écriture inclusive ».

    Lire la suite sur le blog Koztoujours.fr