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Débats - Page 5

  • Aux Pays-Bas : une loi vidée de son sens et qui n’assure plus la protection des personnes souffrant de démence ou de troubles psychiatriques

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    Du Bulletin d'Information de l'Institut Européen de Bioéthique :

    Pays-Bas : érosion de la loi euthanasie et dangers pour les personnes atteintes de démence

    Entièreté de l'opinion du Dr. Chabot : ICI

    A la suite de la publication du troisième Rapport quinquennal d’évaluation de la loi Euthanasie aux Pays-Bas, dans lequel des experts se félicitent de la bonne application de la loi, le psychiatre Boudewijn Chabot dénonce quant à lui, le fait que cette loi ait été vidée de son sens et n’assure plus la protection des personnes souffrant de démence ou de troubles psychiatriques, qui sont de plus en plus nombreuses et pour lesquelles de plus en plus de médecins pratiquent l’euthanasie.

    Tout d’abord, il s’inquiète du laxisme de certains médecins et de la Commission d’évaluation de la loi quant à l’appréciation des critères de conformité. La loi en prévoit trois pour pouvoir pratiquer une euthanasie : il doit y avoir une « demande volontaire et délibérée » du patient, exprimant une « souffrance insupportable sans perspective d’amélioration » et qu’il n’y ait « aucune alternative raisonnable à l’euthanasie ».

    Or, ce dernier critère (absence d'alternative raisonnable) est mis à mal à partir du moment où le patient refuse l’alternative proposée par le thérapeute et qui pourrait soulager sa souffrance. De même pour le critère de "souffrance insupportable", pour lequel un simple refus d’alternative raisonnable annihile la perspective d’alléger la souffrance. La demande d’euthanasie ne dépend donc réellement que de son caractère « volontaire et délibéré » et donc de la seule autonomie et volonté personnelle du patient, qui peut rejeter tout accompagnement thérapeutique.

    Ensuite, cette « culture euthanasique » se développe également par le biais de la Clinique de Fin de Vie (Levenseindekliniek), constate le Dr Chabot. Lorsque le médecin traitant refuse d’accéder à la demande d’euthanasie de son patient, il se peut que la Clinique de Fin de Vie le fasse.  « En 2016, environ 40 médecins travaillant à temps partiel à la Clinique de Fin de Vie ont pratiqué 498 euthanasies. En moyenne, cela revient à 12 euthanasies par médecin, soit une par mois. Au sein de la clinique, la pratique de l’euthanasie devient un acte vertueux dont se targuent les médecins, surtout dans les cas de démence sévère et de patients psychiatriques chroniques », dixit le psychiatre qui s’interroge : « Que se passe-t-il chez un médecin pour qui l’injection létale devient une routine mensuelle ? ».

    N’ayant pas pour mission d’offrir un accompagnement thérapeutique aux patients mais bien de répondre le plus largement possible aux demandes d’euthanasies, les médecins de cette clinique ne s’inscrivent pas dans le cadre d’une relation thérapeutique avec leurs patients. Or, le traitement des maladies psychiques nécessite une relation dans la durée.

    A un degré avancé de démence, et même si le patient a rédigé des directives anticipées, comment se situer puisqu’il n’est plus en mesure au moment même, de formuler sa demande de façon « volontaire et délibérée » ?   « Peut-on euthanasier un patient dément puisqu’il n’a pas conscience de ce qui est en train de lui arriver ? Comment peut-on tuer quelqu’un qui ne comprend pas qu’il va être tué ? »

    Le Dr. Chabot développe d’autres critiques qui sont ICI

  • Quand notre société organise la traque des enfants trisomiques

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    De Sandrine De Schutter sur le site de LaLibre.be relayé par didoc.be :

    Pourquoi traquer les enfants trisomiques ?

    Une mère réagit à une nouvelle mesure du gouvernement. Celle-ci prévoit le remboursement presque intégral d’un test de dépistage de la trisomie 21, alors que plus de fonds devraient être débloqués pour le traitement de cette même maladie.

    Je veux hurler que ma petite fille blonde aux yeux bleus est un trésor ! Que chacun de ses progrès nous fait vivre un bonheur intense. Elle est trisomique, et alors ? Le budget consacré au dépistage précoce me dégoûte !

    C’est la douleur d’une mère, celle d’un enfant trisomique, que j’ai envie de hurler à la face du monde en apprenant ce matin, à la radio, que le test prénatal non invasif (ou « NIPT ») sera désormais remboursé, en totalité ou en très grande partie, à tous ceux qui y recourent.

    Le NIPT permet de dépister précocement la trisomie 21 avec un taux de certitude de 99,8 %. Actuellement, il coûte environ 290 euros. À partir du 1er juillet prochain, il devrait être presque intégralement remboursé. Pour assurer ce dépistage à grande échelle, traquer au mieux ces enfants trisomiques, quinze millions d’euros ont été débloqués. Quelque 100.000 tests par an sont annoncés : de quoi avertir (et prévenir) autant que possible de la naissance de ce que le ministre De Block appelle les mongoloïdes.

    Gestion sélective des naissances ?

    Ce test contribue à éviter à la mère une amniocentèse dangereuse, c’est vrai. Mais est-ce là l’objectif véritable d’un tel dépistage ? N’a-t-on pas plutôt fait un pas de plus dans ce qu’il est désormais convenu pudiquement d’appeler la « gestion sélective des naissances » ? La honte et le dégoût m’étreignent.

    Nous, parents d’un enfant trisomique, aurions tellement aimé recevoir du ministre de la Santé le même soutien : en remboursant la logopédie, les services d’aide précoce ou l’inclusion scolaire, par exemple. Mais avec un quotient intellectuel en dessous de 86 points (s’agissant de notre enfant), on ne veut pas investir : c’est grave.

    Je veux crier haut et fort que ma petite fille blonde aux yeux bleus est un trésor ! Que chacun de ses progrès est une vraie victoire qui nous fait vivre un bonheur intense : bien plus beau, bien plus vrai, bien plus profond, que tous les bonheurs éphémères inlassablement proposés par la société de consommation. Elle est trisomique, et alors ?

    Chaque jour, elle nous fait grandir

    À force de stimulations et de persévérance, notre fille suit une scolarité normale avec de l’aide, engrange les amitiés, apprend à lire et à écrire, nage, roule à vélo,… à son rythme. Investir en elle, c’est l’aider à progresser et à devenir autonome. Elle est profondément heureuse avec sa trisomie : c’est une autre réalité qu’il est bon de souligner, encore et encore. Pour cela, il lui suffit de se sentir aimée.

    Bien sûr, la vie n’est pas toujours facile. Ni la sienne, ni la nôtre. Mais quelle vie est facile ? Notre vie a du sens car elle est utile à un autre être, plus faible peut-être, mais qui a tant à nous apporter. Combien de personnes dépressives ne retrouvent-elles pas du sens à leur existence en s’engageant au service des autres ?

    À 9 ans, elle est rayonnante, pleine d’empathie et de joie. Elle rend ses frères et sœurs plus attentifs aux autres, nous fait tous grandir dans le don de nous-même, nous enseigne la patience et le courage. La vérité est que notre fille trisomique, jour après jour, continue à nous faire grandir en humanité.

    Pourquoi cette traque ?

    Alors je veux crier une nouvelle fois ma tristesse face à une société qui semble avoir définitivement démissionné face à la fragilité. Pourquoi traque-t-on ainsi les enfants trisomiques ? Parce qu’un avortement coûterait moins cher à la collectivité qu’en assurer la prise en charge adéquate ? La vie de ma fille vaudrait-elle moins que celle d’un autre ? Dois-je comprendre que la différence rend indigne de vivre ?

    Combien de temps faudra-t-il encore avant que je ne me voie reprocher un manque de conscience citoyenne en faisant le choix personnel de garder un enfant dont le handicap coûtera cher au reste de la population ? Combien de temps s’écoulera-t-il avant qu’on ne me considère comme l’égoïste n’ayant pas voulu tirer les leçons pourtant si simples d’un NIPT positif ? N’aurais-je pas manqué de solidarité avec le portefeuille de mon voisin ?

    Non, définitivement, une campagne de dépistage précoce de la trisomie 21, remboursement à la clé, n’est ni un progrès ni une avancée. Vers où allons-nous ? Faut-il être parfait pour rester en vie ? Allons-nous aussi supprimer les enfants atteints de mucoviscidose ? Ou ceux qui, plus tard, développeront un cancer ? Où nous arrêterons-nous ? Quelle société sommes-nous en train de construire ? Peut-être celle du mensonge, où une pratique eugéniste nous est vendue comme un simple test destiné à aider les parents à se préparer au mieux à la naissance de leur enfant. Mais de quoi parle-t-on ?

    Le manque d’accompagnement

    Une fois le syndrome de Down détecté, quelle information et quel accompagnement sont apportés aux parents ? Presque aucun. A-t-on vraiment le droit de décider de la vie ou de la mort d’un enfant dont personne ne nous dit le bonheur qu’il vivra et qu’il nous procurera au-delà de sa différence ? On a peur de ce qu’on ne connaît pas. Pourtant, nombreux sont les parents qui, après avoir découvert à la naissance la trisomie de leur enfant, après avoir encaissé ce qui fut assurément un choc, se sont relevés et n’imaginent désormais plus la vie sans cet enfant.

    Ce n’est pas du handicap que l’enfant trisomique et sa famille souffrent le plus. C’est d’être pointés du doigt. Alors, qu’il me soit permis de faire ici une confidence : mon mari et moi-même n’avons pas choisi de poursuivre une grossesse déjà bien entamée, mais d’adopter notre fille trisomique. Oui, d’adopter. Nous avons fait un choix, en pleine conscience. Un choix de vie qui est pour nous un vrai chemin de bonheur.

    C’est ce bonheur que je veux aussi hurler à qui veut l’entendre, plus encore que la colère qui m’habite face à cette traque honteuse qu’on appelle dépistage. C’est la joie qu’apporte notre enfant trisomique que je veux clamer à la société tout entière. Jusqu’à m’en époumoner.

    Cet article a été publié dans La Libre Belgique du 19-6-17 sous le titre « Ce n’est pas du handicap que l’enfant trisomique et sa famille souffrent le plus. C’est d’être pointés du doigt. » Sandrine De Schutter se présente comme maman.

    Source : http://www.lalibre.be/debats/opinions/ce-n-est-pas-du-handicap-que-l-enfant-trisomique-et-sa-famille-souffrent-le-plus-c-est-d-etre-pointes-du-doigt-opinion-59469955cd709410f324f151

  • A aucun moment Simone Veil n'avait voulu que l'IVG devienne un droit

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    De Chantal Delsol (via Magistro.fr) qui dérape magistralement ! Comme le dit Jean-Marie Le Méné dans un tweet, "L'acharnement des cathos-bobos à défendre la loi Veil est sans limite. Le pire est l'article de Chantal Delsol dans le Figaro. Sidérant." :

    La loi Veil : 1975 et aujourd'hui

    Simone Veil : ce que fut son intention en 1975 et ce qu'est devenue sa loi depuis 

    La législation actuelle sur l'IVG ne correspond plus à l'équilibre que la ministre de la Santé souhaitait atteindre en 1975, argumente Chantal Delsol, professeur de philosophie politique à l'université Paris-Est*.

    La mort de Simone Veil a provoqué, dans l'opinion, une émotion légitime. Rendons à la personne publique l'hommage qui lui est dû, tout en conservant le droit à la réflexion sur la loi qui porte son nom. La "loi Veil", aujourd'hui, ne correspond plus à l'équilibre trouvé en 1975.

    Un rappel, d'abord. La loi sur l'IVG ne tenait pas du tout, quoi qu'en croient beaucoup de gens, à la simple nécessité de rendre légal un acte qui de toute façon se faisait en cachette et dès lors de façon dramatique et dangereuse. Beaucoup d'actes se pratiquent en cachette, qu'on n'a pas envie de légaliser parce qu'on les juge maléfiques. Non : la décision si importante qui fut prise ce jour-là rendait compte d'une rupture de civilisation, rien de moins.

    La détermination de Simone Veil de rendre légal l'IVG provenait d'un constat juste qu'elle partageait avec Valéry Giscard d'Estaing : désormais, la France n'est plus en chrétienté. Désormais (et cela s'est fait finalement assez vite au regard de l'histoire), ce n'est plus l'institution ecclésiale qui donne le ton de l'éthique générale, qui inspire les lois, qui dirige les consciences. Les chrétiens bien sûr n'ont pas du tout disparu. Mais ils constituent dorénavant une minorité, peut-être active selon les opinions, en tout cas illégitime pour commander ou arrêter à elle seule la main du législateur.

    Or, cela change tout. Dans la très longue histoire des siècles et dans la très large géographie humaine, tous les peuples sans exception ont toujours supprimé des enfants à la naissance, quand pour une raison ou une autre (biologique, sociale, parentale) ils ne devaient pas vivre. Dans la longue histoire des humains, la société judéo-chrétienne est la première et la seule à l'interdire, au nom de la dignité intrinsèque de la personne. Quand, au IIe siècle après J.-C., un certain Diognète demande à un anonyme qui sont ces chrétiens dont on parle, et de les décrire, l'anonyme répond entre autres choses, résumant laconiquement tout un monde : "Ces gens-là ne se débarrassent pas des bébés surnuméraires." C'est d'ailleurs sur la pression de l'Occident, et dans le désir de se moderniser, donc de s'occidentaliser, que par exemple, en Chine, Mao Tsé-toung, ce n'est pas vieux, brisa une coutume millénaire en interdisant de "noyer les bébés filles".

    S'agissant de l'interruption volontaire de grossesse, le débat n'est pas seulement, comme on l'a dit, dans le fait de savoir si le fœtus est un amas de cellules. La précision des échographies montre autre chose qu'un amas de cellules et les femmes qui ont pratiqué l'IVG savent qu'il s'agit d'un acte d'une grande gravité. D'ailleurs, en France, l'IVG peut dans les cas graves devenir une Interruption médicale de grossesse, après 22 semaines (soit près de six mois de gestation). Et il n'y a là rien de surprenant ni même de honteux mais le fait qu'une culture qui a abandonné la chrétienté se conduise de façon "païenne", sans aucune acception péjorative, c'est-à-dire tout simplement non chrétienne. Valéry Giscard d'Estaing et Simone Veil ont simplement constaté que nous arrivions à la ligne de partage des eaux, le lieu où notre société, de chrétienne, devenait "païenne", et ils en ont tiré les conséquences. Ce qui est juste. (?!) Un gouvernant n'a pas le droit de faire vivre un peuple en dehors de sa culture. Si une population dans sa grande majorité juge que la liberté individuelle (en l'occurrence celle des femmes) a davantage de valeur que la vie d'un enfant à naître, il est illégitime de lui imposer de vivre selon une loi qui impose le contraire. (???!!!) Voilà ce qui s'est passé.

    Cependant, l'histoire ne s'arrête pas là. Simone Veil n'imaginait pas du tout que l'IVG pût devenir un acte automatique. D'ailleurs, dans les diverses civilisations, la décision de se débarrasser d'un bébé surnuméraire s'accomplissait selon des coutumes et des mœurs chaque fois différentes. Simone Veil avait mesuré la détresse des femmes qui subissaient dans leur chair une loi dont elles ne voyaient plus la légitimité. Elle savait bien en outre, parce que personne ne pouvait l'ignorer, que les chrétiens eux-mêmes campaient sur leur loi de pénalisation sans vouloir regarder en face ces femmes abandonnées, que l'on traitait de "traînées" et d' "assassines". Je veux dire que les chrétiens n'avaient pas du tout compris qu'ils étaient devenus minoritaires et continuaient de se comporter avec la jactance et parfois la cruauté de meneurs d'opinion tout-puissants (voir l'ignoble manière dont Simone Veil fut traitée par certains députés pendant les débats à l'époque) - cela n'arrangeait pas les choses, et engendrait des désirs de vengeance. (???!!!)

    Ayant mesuré la détresse, Simone Veil réservait l'IVG aux cas de détresse. Elle pensait que cet acte, loin d'être un droit automatique, demeurerait livré à la conscience personnelle. Elle dépénalisait, mais conférait à cet acte une gravité majeure, et de ce fait le considérait comme inscrit dans une situation limite. Elle ignorait sans doute qu'elle venait d'ouvrir une boîte de Pandore. Le citoyen postmoderne ne sait plus très bien ce qu'est une situation limite, où il faut décider en conscience, dans l'effroi, et pour ainsi dire au bord des normes contradictoires. Il veut la tranquillité et l'assurance de la loi : cela est permis, cela est défendu. C'est pourquoi on est vilipendé quand on met les gens devant des cas de conscience : il ne faut pas les culpabiliser !, vous répond-on. De plus, dans la société contemporaine affolée et victimaire, n'importe quelle contrariété est devenue synonyme de détresse. Simone Veil savait que cet acte de privation de la vie d'un être sans défense, qui pouvait être justifié dans d'autres civilisations par l'autorité du père de famille ou par la pauvreté de la famille ou la démographie exponentielle, ici pouvait l'être par la conscience individuelle pesant gravement le pour et le contre. Le fait que l'IVG soit devenue un droit, une option comme une autre, comme on le voit dans le feuilleton Plus belle la vie (sorte de village Potemkine de notre temps), la rend banale et par là insignifiante, ce qu'à aucun moment Simone Veil n'avait voulu.

    Mais Simone Veil n'avait pas prévu non plus un renversement des raisons et des pouvoirs qui fait de l'IVG le contraire exact de ce qu'il était : un acte qu'on se doit de défendre à tout prix, au risque d'apparaître comme un criminel en puissance. C'est-à-dire que la liberté de conscience à son égard est devenue quelque chose de très douteux. Le "délit d'entrave numérique à l'IVG", réclamé à grands cris et adopté par le Parlement en février 2017, indique que la décision de conscience devient elle-même illégitime, et qu'il est devenu "nauséabond" de se déclarer contre l'IVG en son âme et conscience. La déclaration de François Fillon au début de sa campagne électorale, selon laquelle il était "personnellement et spirituellement contre l'IVG", a provoqué un séisme qui n'est certainement pas innocent dans le meurtre politique qui a suivi. Sur ce sujet, il n'y a pas de liberté de conscience. C'est-à-dire que les contemporains se conduisent exactement comme le faisait à cet égard l'Église qu'ils fustigent : refusant d'avoir le moindre débat contradictoire avec leurs détracteurs, et les traitant dès qu'ils apparaissent comme des criminels de haut vol. À preuve : les attaques de plus en plus serrées contre la clause de conscience des chirurgiens, qui pourtant est bien le moins dans une société dite démocratique.

    Ce n'est pas qu'on a désormais le droit de prôner l'IVG. C'est plutôt qu'on y est obligé. Les lois ont leur vie et évoluent comme les institutions, parfois se commuant en avatars insoupçonnables. Qu'on ne prête pas au moins l'évolution actuelle de la loi à sa fondatrice. Simone Veil valait mieux que cela.

    * De l'Institut. Dernier ouvrage paru: Un personnage d'aventure. Petite philosophie de l'enfance (Éditions du Cerf, avril 2017, 208 p., 15 €).

    Paru dans Le Figaro, 4 juillet 2017

  • Londres : revirement à l’hôpital Great Ormond street qui envisage de nouvelles possibilités pour traiter Charlie Gard

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    Lu sur le site d'Ouest-France :

    Trump et le pape pour le maintien en vie d’un bébé, l’hôpital revoit sa position

    L'hôpital pour enfants de Great Ormond street à Londres a annoncé ce vendredi qu'il allait examiner de nouvelles possibilités pour traiter Charlie Gard, un bébé atteint d'une maladie rare.

    L’hôpital pour enfants de Great Ormond street à Londres a annoncé ce vendredi qu’il allait examiner de nouvelles possibilités pour traiter Charlie Gard, un bébé atteint d’une maladie rare, quelques jours après les interventions du Pape et du président américain Donald Trump.

    Le petit Charlie Gard, onze mois, souffre d’une maladie génétique rare et son cerveau et fortement endommagé. Il ne peut plus bouger, ne voit plus, et n’est plus capable de pleurer ou de déglutir. Ses parents se battent pour l’emmener aux États-Unis où un traitement expériemental est en cours d’élaboration, pour financer le déplacement, ils ont lancé une cagnotte, dont l’objectif est déjà atteint.

    L’hôpital devait cesser de maintenir en vie le bébé, Charlie Gard, à la suite d’une décision de justice mais contre l’avis de ses parents. « Deux hôpitaux internationaux et leurs chercheurs nous ont indiqué ces dernières 24 heures qu’ils avaient de nouveaux éléments pour le traitement expérimental qu’ils avaient proposé », a expliqué l’hôpital dans un communiqué, indiquant qu’il allait les examiner.

    « Nous estimons, tout comme les parents de Charlie, qu’il est juste d’explorer ces éléments », a ajouté l’établissement.

    Soutien du pape et de Trump

    En avril dernier, un tribunal britannique avait estimé que les médecins devaient cesser de maintenir artificiellement en vie Charlie Gard, qui souffre d’une maladie génétique rare et dont le cerveau est fortement endommagé.

    Après avoir été porté devant la Cour d’appel puis la Cour suprême au Royaume-Uni, le jugement avait été confirmé en juin par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), tandis que Connie Yates et Chris Gard, les parents de l’enfant, souhaitaient l’emmener aux Etats-Unis pour le faire soigner.

    Quelques jours après la décision de la CEDH, le Pape François et le président américain Donald Trump s’étaient exprimés. Dans un communiqué du Vatican, le pape avait demandé que le petit Charlie puisse être soigné jusqu’au bout : « Le Saint-Père suit avec affection et émotion l’affaire du petit Charlie Gard et exprime sa proximité à ses parents. » De son côté, Donald Trump affirmait dans un tweet que « les États-Unis seraient ravis d’aider le petit Charlie ».

  • Un consensus autour de l'élimination de nouveaux-nés jugés gravement malades ?

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    De Constance Roques sur zenit.org :

    De l’euthanasie des enfants, par Lucetta Scaraffia

    L’Osservatore Romano évoque le « protocole de Groningen »

    « La vague de solidarité et de protection que le cas de Charlie Gard a suscitée ne doit (…) pas s’épuiser dans un moment d’émotion isolée, bien qu’intense, mais devenir une occasion de dénoncer des cas encore plus graves. Afin d’inciter les responsables à réfléchir sur la gravité de ce qui se passe sous leurs yeux, dans une illégalité non seulement tolérée mais carrément justifiée », estime Lucetta Scaraffia, dans L’Osservatore Romano en italien du 8 juillet 2017.

    « Tandis que l’on se mobilise de différentes parties pour empêcher ou au moins éloigner le moment de la mort du petit Charlie Gard, cas tragique mais éloigné de l’euthanasie, dans le silence le plus absolu des nouveau-nés jugés gravement malades sont habituellement tués », affirme cette plume bien connue du quotidien du Vatican.

    Elle rappelle que « celui qui a proposé de règlementer cette pratique, en 2005, est le médecin hollandais Eduard Verhagen, en partant du présupposé que, sur 200.000 enfants qui naissent chaque année aux Pays-Bas, environ 1000 meurent dans les douze premiers mois, dont 600 suite à une décision médicale, en général relative à l’opportunité de ne pas continuer ou de ne pas initier un traitement lourd, c’est-à-dire pour éviter l’acharnement thérapeutique » : « Verhagen inspire ainsi le fameux protocole de Groningen, selon lequel la possibilité d’une intervention s’étend aussi à une véritable euthanasie pour des enfants qui « peuvent avoir une qualité de vie très basse, sans perspective d’amélioration ». Le concept extrêmement vague de « qualité » de la vie s’ouvre donc à diverses possibilités qui dépassent largement l’acharnement thérapeutique. »

    Lucetta Scaraffia analyse le processus de légitimation de cette pratique : « Pour rendre légitime ce procédé, qui requiert évidemment aussi le consensus des parents, le protocole prévoit une procédure bureaucratique complexe, à remplir avant et après la mort de l’enfant.

    Même si l’euthanasie est légale aux Pays-Bas, et à partir de douze ans, ce protocole élaboré à l’hôpital universitaire de Groningen, et approuvé peu après par l’Association hollandaise de pédiatrie, n’a pas été voté comme loi. Qui le met en œuvre peut donc être légalement poursuivi mais, de fait, cela ne se produit pas parce que les tribunaux hollandais se sont jusqu’ici toujours exprimés en faveur des médecins qui ont accompli des actes euthanasiques y compris sur des nouveau-nés. »

    Elle souligne le flou dont ces procédés s’entourent : « Le statut d’illégalité des pratiques explique pourquoi il n’est pas possible de découvrir le nombre des enfants soumis à ce procédé : en effet, les médecins découragés par la longueur de la procédure bureaucratique proposée, préfèrent déclarer un décès naturel même quand ils interviennent à des fins euthanasiques. Il suffit de penser qu’aucun rapport conforme au protocole n’a été remis en 2012 et en 2013, même s’il est plus que probable que des euthanasies ont été pratiquées. »

    Mais elle épingle aussi le consentement tacite de la société, mêlé de manque d’espérance dans les capacités des personnes et de la science : « Cela se produit parce qu’au fond, l’opinion publique est en grande partie favorable au protocole et l’accepte bien qu’il ne soit pas légalisé. Il y a pourtant des médecins qui ont émis des critiques, surtout relatives à la possibilité d’émettre des pronostics sur la « qualité de vie future » en ignorant les ressources de chaque patient et les éventuels progrès scientifiques. »

    Quant au consentement des parents, les conditions de discernement sont problématiques : « Les critiques signalent aussi que le consensus des parents se base sur un concept très ambigu : leur réponse, en effet, est toujours conditionnée par la manière dont a été présentée la situation des enfants par les médecins, sans compter l’état de dépression émotionnelle dans laquelle ils se trouvent. »

    Et l’on masque la réalité derrière des mots : « Deux philosophes sont récemment intervenus dans le « Journal of Medical Ethics », toujours en faveur de l’euthanasie des nouveau-nés, la motivant à propos de nouveau-nés dont la condition aurait « justifié » l’avortement, au point de dénommer leur euthanasie un « avortement post-natal ». »

  • Migrations : le cardinal Turkson invite à exclure tout autant l'accueil désordonné que le repli sur soi

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    D'Anne Kurian sur zenit.org :

    Migration : « L’idée même de l’être humain est en jeu »

    Le card. Turkson invite les Européens à être « vraiment ambitieux »

    Face à la crise migratoire, les Européens doivent être « vraiment ambitieux » car « le destin de l’humanité est en jeu. L’idée même de l’être humain est en jeu », affirme le cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson, préfet du Dicastère pour le service du développement humain intégral. A la veille d’une réunion de crise des ministres de l’Intérieur de l’Union européenne à Tallinn (Estonie), le 5 juillet 2017, il a accordé un entretien au Huffingtonpost.

    Évoquant l’afflux migratoire de l’Afrique vers l’Europe, il invite à faire des distinctions : « Le continent africain est très diversifié. On ne peut pas continuer à parler de l’Afrique comme si c’était un corps uniforme : un monolithe ! C’est une chose si les personnes fuient la guerre ; et c’en est une autre si les personnes fuient parce qu’il n’y a pas de travail… Dans le premier cas, il faut construire une vraie paix ; dans le second il fait changer le paradigme de développement ».

    Pour le préfet, la solution réside à la fois « en Europe et en Afrique ». Sur le Vieux continent, il déplore un « énorme retard sur une vision culturelle, et également politique » du phénomène. Un retard lié « à l’incompréhension profonde du mouvement des peuples… les visions régionales ne suffisent pas : il faut une vision globale ».

    Il appelle à « une politique commune et une vision culturelle haute et historique » afin que l’Europe puisse « relever la tête comme modèle de paix, justice et liberté ». « Il faut courage et honnêteté ».

    « Une Europe barricadée sur elle-même, sans souffle d’idéal, n’est plus Europe », affirme-t-il. Et de questionner : « Qu’auraient fait aujourd’hui Adenauer, Schumann et De Gasperi ? ». Le cardinal encourage les Européens à « être vraiment ambitieux : regarder l’idée d’Europe et regarder l’histoire, pas le moment. Le destin de l’humanité est en jeu. L’idée même de l’être humain est en jeu ».

    « On dirait qu’en Occident on ne parvient pas à dépasser deux visions que certains politiques exacerbent pour en tirer des avantages électoraux », poursuit le cardinal Turkson : la vision selon laquelle « chacun doit rester chez soi et construire des murs », et la vision sur la base de laquelle « il faudrait accueillir de façon désordonnée ».

    « Ce sont toutes les deux des visions erronées, incomplètes, non raisonnées, et vieilles, filles de débris idéologiques du passé », assure-t-il. Le préfet du Dicastère prône une voie médiane qui mette au centre « la personne, toutes les personnes avec leurs droits et leurs devoirs en vue du bien commun ».

    Quant aux Africains, explique-t-il, ils « doivent être mis en condition et doivent trouver le moyen de se mettre eux-mêmes en condition de croissance. La question est : comment procéder là où sévissent la corruption, le crime organisé, les intérêts des pays étrangers… ? »

  • Pour que la liturgie devienne toujours plus le cœur de la vie de foi et de charité de la communauté chrétienne

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    De Guillaume Luyt sur le site de l'Homme Nouveau :

    Dix ans de Summorum Pontificum: un entretien exclusif avec Mgr Guido Pozzo

    À l'occasion du 10ème anniversaire du motu proprio Summorum Pontificum de Sa Sainteté le pape Benoît XVI, Mgr Guido Pozzo, Secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei, a bien voulu nous accorder un entretien exclusif.

    Excellence, vous êtes entré à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi il y a 30 ans, en 1987 : quel souvenir gardez-vous du cardinal Ratzinger ?

    Mgr Guido Pozzo : Dès ma première rencontre avec celui qui était alors Préfet de la Congrégation, la figure du cardinal Ratzinger m'est apparue riche de compétence théologique éminente et de profonde spiritualité sacerdotale. Les années durant lesquelles j'ai eu le privilège de collaborer avec lui à la Doctrine de la Foi continuent de représenter pour moi une école d'authentique discipline intellectuelle et de grande maturation dans la foi et le ministère sacerdotal.

    Il y a 10 ans, le cardinal Ratzinger, devenu le pape Benoît XVI, signait le motu proprio Summorum Pontificum libéralisant l'usage du missel de saint Jean XXIII : comment avez-vous accueilli ce document ?

    Comme un acte de justice qui a pleinement réhabilité l'usus antiquior du rite romain, que personne ne pouvait évidemment abroger mais dont seulement l'exercice pratique pouvait éventuellement être régulé. Cela a en outre été l'occasion de valoriser, au profit de toute l'Église, un trésor plein de richesses spirituelles.

    En 2009, lorsque le pape Benoît XVI, en accord avec le cardinal Levada, alors Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, décide de placer la Commission Ecclesia Dei sous l'autorité de ce dicastère, vous y êtes nommé comme Secrétaire : quelle image aviez-vous alors du monde traditionnel ?

    J'ai toujours pensé, et je le pense encore, que le monde dit “traditionaliste” est un archipel non homogène. Il serait tout à fait inopportun de prétendre en donner une définition précise. Ce qui, en revanche, me semble opportun est de distinguer les fidèles, laïcs et prêtres, légitimement attachés aux traditions liturgiques, disciplinaires et spirituelles antérieures à la réforme conciliaire – et qui ont le droit de pouvoir les suivre – des initiatives et groupes idéologiquement marqués qui se réfèrent et promeuvent des modèles historiques, culturels et politiques d'époques et sociétés désormais révolues. Cette distinction n'est pas toujours facile mais elle est nécessaire pour éviter, justement, l'idéologisation de la notion de Tradition catholique. De la même façon que certains groupes ou certaines orientations théologiques et pastorales tendent à idéologiser le concile Vatican II, le concept et la défense de la Tradition catholique peuvent eux aussi risquer d'être idéologisés.

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  • L’Occident dévoyé est incapable de porter un regard lucide sur l’islam

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    D'Henri de Begard sur le site "Le Rouge et le Noir" ("Les Inquisitoriales") : 

    Annie Laurent : « la conscience d’une identité européenne s’est largement forgée dans la confrontation avec l’islam »

    Titulaire d’un doctorat d’Etat en sciences politiques, Annie Laurent s’est spécialisée dans les domaines touchant aux questions politiques du Proche-Orient, à l’Islam, aux chrétiens d’Orient et aux relations interreligieuses. Auteur de plusieurs livres sur ces sujets, elle fut aussi nommée experte par le pape Benoît XVI au Synode spécial des Évêques pour le Moyen-Orient qui s’est tenu à Rome en octobre 2010.

    Elle a bien voulu accorder un entretien fleuve au Rouge & le Noir à l’occasion de la sortie de son dernier ouvrage, L’Islam - pour tous ceux qui veulent en parler (mais ne le connaissent pas encore) publié aux éditions Artège en avril 2017. 288 pages.

    R&N : Quelles sont les principales questions que soulève la présence de l’islam en Europe ?

    Annie Laurent : « Naguère, nous rencontrions des musulmans, aujourd’hui nous rencontrons l’islam ». Cette phrase prononcée par le cardinal Bernard Panafieu, archevêque émérite de Marseille, dans une conférence qu’il donnait il y a une quinzaine d’années, illustre bien le changement de perspective qui s’est opéré, dans notre pays. Après la Seconde Guerre mondiale, les premiers immigrés musulmans étaient pour l’essentiel des hommes qui venaient en célibataires pour des raisons économiques et aspiraient à rentrer dans leurs pays d’origine une fois qu’ils auraient les moyens de faire vivre leurs familles chez eux. Ils n’avaient donc aucune revendication d’ordre religieux ou communautaire. Tout a changé à partir des années 1970 au cours desquelles divers gouvernements ont opté pour le regroupement familial (en France, ce fut en 1974, sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing), puis pour des assouplissements en matière de nationalité (droit du sol plutôt que droit du sang) et, enfin, la possibilité accordée aux étrangers de fonder des associations de la loi 1901. Des évolutions de cette nature se sont produites dans la plupart des pays d’Europe, certains optant même officiellement pour le multiculturalisme, comme en Grande-Bretagne.

    Ainsi, peu à peu, le Vieux Continent a eu affaire à une immigration de peuplement, donc définitive. Les musulmans en Europe veulent vivre selon les principes de leur religion et de leur culture. Il faut savoir que l’islam porte un projet qui est aussi social et politique puisqu’il mêle le spirituel et le temporel. Et cette conception repose sur une volonté attribuée à Dieu, à travers le Coran, et sur l’exemplarité de Mahomet, qualifié de « beau modèle » dans ce même Coran (33, 21).

    Or, les fondements de la culture islamique sont étrangers à ceux de la culture européenne, qui repose essentiellement sur le christianisme. Par exemple, l’islam ignore le concept de « personne », qui est d’origine biblique et s’enracine dans la réalité du Dieu trinitaire. La Genèse enseigne en effet que “Dieu créa l’homme à Son image, à l’image de Dieu, Il le créa, Il les créa homme et femme” (Gen 1, 27). Ainsi comprise, la personne humaine est dotée d’une dignité inaliénable et inviolable. Or, le récit coranique de la création occulte cette merveilleuse réalité. Allah reste étranger à l’homme, Il ne partage rien avec lui. Le mot « personne » est d’ailleurs absent du vocabulaire arabe. C’est pourquoi les chrétiens arabisés du Proche-Orient ont conservé l’usage du mot « ouqnoum », qui signifie « personne » en araméen, la langue que parlait le Christ. Dans l’islam, l’individu trouve sa dignité en tant que « soumis » à Dieu et membre de l’Oumma, la communauté des musulmans, éléments qui le privent d’une vraie liberté, notamment dans le domaine de la conscience et de la raison.

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  • François envisagerait-il d’abolir Summorum Pontificum ?

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    De Nicolas Senèze sur le site du journal La Croix :

    Le pape François réfléchit à l’avenir du motu proprio

    Le pape, qui a conscience des tensions qu’a pu entraîner la possibilité pour les prêtres de choisir leur rite pourrait profiter de l’accord avec les lefebvristes pour réserver l’ancien rite à leur seule prélature personnelle.

    Dans les couloirs du Vatican, Summorum Pontificum n’est plus vraiment un texte d’actualité. Plus importantes semblent être aujourd’hui les discussions avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) pour qui le texte de Benoît XVI n’a pas forcément été une bonne nouvelle : en sortant du débat la question liturgique, le pape allemand avait en effet permis d’aller au fond des désaccords théologiques.

    Selon la Commission « Ecclesia Dei », chargée à Rome du dialogue avec la FSSPX, ces désaccords seraient aujourd’hui aplanis. Seule manque encore la signature de Mgr Bernard Fellay au bas du document soumis il y a déjà plusieurs années. « S’ils ne signent pas, ils sont vraiment très bêtes, car on leur fait un pont d’or », commente un observateur qui a lu le texte. Le supérieur général de la FSSPX devrait signer après avoir convaincu les plus récalcitrants au sein de la Fraternité. Et probablement avant l’été 2018, date du prochain chapitre général au cours duquel son mandat sera remis en jeu. Être nommé à vie à la tête d’une prélature lui éviterait une réélection compliquée.

    le prêtre ne doit pas choisir son rite

    Pour François, il s’agit d’abord d’un geste d’unité : partisan d’une « diversité réconciliée » et non d’une Église uniforme, il est persuadé que, du moment que la FSSPX se dit catholique, elle y a sa place. Reste à savoir si les lefebvristes trouveront leur place dans l’Église plurielle de François. « Que feront les évêques dans les diocèses avec la prélature lefebvriste en face d’eux ? »,interroge un observateur.

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  • Selon des chercheurs de l'UCL, les athées auraient l'esprit moins ouvert que les croyants

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    D'Anne Dolhein sur le site "RéinformationTV" :

    Les athées ont l’esprit moins ouvert que les croyants, découvre l’Université catholique de Louvain

    Ils ont beau se croire plus ouverts, plus tolérants, plus capables de respecter les exigences de l’intellect, les athées sont en réalité plus bornés que les croyants. Cette mauvaise nouvelle pour les esprits forts nous parvient de l’université catholique de Louvain, où une étude réalisée par le Dr Filip Uzarevic a permis de constater que les sans religion et les sceptiques ont tendance à être moins tolérants à l’égard d’opinions qui diffèrent des leurs que la moyenne des personnes adhérant à une foi déterminée.

    La recherche trouve son origine dans un constat. Avec son équipe, Uzarevic avait constaté que dans le débat public, « bien que les groupes conservateurs et religieux d’une part, et les groupes progressistes et laïcistes d’autre part faisaient montre d’une forte animosité à l’égard de leurs opposants sur l’échiquier idéologique, c’était généralement les premiers qui étaient désignés comme ayant l’esprit étroit ».

    L’Université catholique de Louvain s’intéresse à l’intelligence des athées

    L’équipe de psychologues s’est interrogée d’abord de manière informelle sur le fait de savoir si cela est toujours exact : en somme, la religion vous met-elle des œillères ? D’où l’enquête.

    L’étude a été menée sur un échantillon de 788 adultes provenant du Royaume-Uni, d’Espagne et de France, et comportant 302 athées, 143 agnostiques et pour le reste, des chrétiens, des musulmans, des bouddhistes, des juifs ou des personnes se réclamant d’autres religions.

    Sans surprise, ceux qui s’affichent chrétiens sont plus enclins à avoir un tour d’esprit dogmatique que les participants non religieux : ils étaient par exemple plus nombreux en proportion à être en désaccord avec l’idée selon laquelle « il y a tant de choses qui restent à découvrir que personne ne devrait être absolument certain de la véracité de ses croyances ». C’est l’attitude de celui qui se croit ou se sait dans la vérité.

    Plus surprenant était le constat à propos des athées : en moyenne, ils se sont montrés plus intolérants par rapport à leurs contradicteurs et, chose plus intéressante encore, ils ont eu plus de mal à envisager la pertinence d’arguments contredisant les leurs.

    Les croyants et les chrétiens ont l’esprit plus ouvert que les sceptiques

    « Les non religieux, en comparaison avec les personnes ayant une foi religieuse, semblaient être moins étroits d’esprit en ce qui concerne la certitude en leurs propres croyances. (…) Mais pour ce qui est de la mesure fine de la propension à accepter des points de vue divergents ou contraires à leurs propres perspectives, ce sont les personnes religieuses qui se sont montrées les plus ouvertes. »

    En fin de course, on est bien obligé d’accepter que l’étroitesse d’esprit n’est pas l’apanage des croyants religieux, les athées et les sceptiques étant tout à fait capables de les dépasser dans ce domaine.

    Les chercheurs ont souligné les limites de l’étude, à la fois par le nombre des cas étudiés et par l’origine occidentale de l’échantillon. D’autres recherches sont envisagées.

     
  • Le Vatican : une pétaudière ?

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    L'historien Jean-Baptiste Noé répond aux questions sur le site Atlantico.fr :

    Pétaudière au Vatican : le pape François confronté à une opposition grandissante

    Et la valse des cardinaux ne s'arrête plus, chacun participant autour du pape à une certaine densification des tensions depuis quelques jours. Et le pape s'en retrouve de plus en plus seul.

    1/ Le Pape François semble être confronté à une forte agitation parmi ses cardinaux : l'éviction du Cardinal Müller qu'il remplace par un jésuite (Ladaria), l'affaire de pédophilie qui touche le Cardinal australien George Pell, la déclaration du Cardinal Tukson demandant à ce que l'immigration soit combattue pour protéger l'Afrique... Le Vatican connait-il une crise majeure de sa gouvernance aujourd'hui ?

    Jean-Baptiste Noé : Le pontificat connaît un moment difficile, l’adhésion au Pape des premières années est en train de s’effriter. L’attitude ambiguë du document Amoris laetitia, qui peut être interprété de différentes façons, les questions restées sans réponse de quatre cardinaux majeurs à ce document, la façon autoritaire dont le Pape gouverne, fait que de nombreuses tensions apparaissent.

    Le cardinal Müller n’est pas favorable à l’accès à la communion pour les divorcés remariés alors que le Pape semble au contraire pour, même s’il ne l’a jamais dit clairement.

    Une telle opposition ne pouvait pas durer. Ce sont des figures importantes de l’Église qui s’en vont, et le Pape se trouve de plus en plus seul, ou bien entouré de personnes qui n’osent pas exprimer leurs avis, de peur d’être sanctionnées.

    Le cardinal Turkson est le préfet du dicastère du développement humain intégral, créé par le Pape le 1er janvier dernier en regroupement de nombreux autres dicastères. Sa prise de position répond à un problème précis. L’Italie est submergée par les migrants. Elle ne sait plus où les faire attendre ni comment les gérer. Les autres pays d’Europe ne veulent pas les prendre et n’aident pas l’Italie à affronter cette crise.

    Sur la question migratoire, le Vatican est dans la cacophonie. Le Pape a toujours appelé à être généreux dans l’accueil et la communauté Sant’Egidio organise des couloirs humanitaires pour faire venir des migrants en Europe. Sauf qu’aujourd'hui ceux qui viennent ne fuient pas la guerre, mais viennent pour des motifs économiques.

    On voit se dessiner une fracture entre le Nord et le Sud. Les évêques d’Europe sont, dans l’ensemble, favorables à la vague migratoire et demandent aux Européens d’accueillir ces personnes. Les évêques d’Afrique et du Moyen-Orient sont en revanche beaucoup plus circonspects. En Syrie et en Irak, les évêques ont demandé à leurs fidèles de ne pas partir afin que la présence chrétienne puisse continuer. Partir, c’est donner la victoire à l’État islamique.

    En Afrique, les cardinaux Turkson et Sarah ont recommandé à l’Europe de fermer le robinet migratoire. Ils mettent en garde les Européens contre la perte de culture et les difficultés d’intégration de ces personnes. Les évêques du Moyen-Orient sont très surpris par l’attitude de l’Europe, car, pour eux, faire venir ces personnes sur le sol européen c’est, à terme, importer le conflit islamique en Europe. 

    Quant au cardinal Pell, c’est une figure importante qui s’en va et une personne estimée et appréciée par le Pape qui l’avait nommé pour réformer les finances du Saint-Siège. On lui reproche des faits qui se seraient tenus il y a cinquante ans. La présomption d’innocence doit prévaloir. En France, l’évêque de Dax avait été accusé de tels actes, il vient d’être blanchi par la justice. Mais l’innocence fait toujours moins de bruit que la mise en examen. Pourquoi ces accusations sont-elles lancées maintenant ?

    Il a été mis en disponibilité pour pouvoir se défendre en Australie. Mais compte tenu de son âge (75 ans) et de la lenteur du processus judiciaire, il est peu probable qu’il revienne à Rome.

    La réforme de la Curie engagée par le Pape a soulevé beaucoup d’espoirs, mais pour l’instant peu de choses ont été réalisées. Sur ce point-là, le bilan du Pape François est maigre.

    La déclaration du supérieur des Jésuites sur la nature "symbolique inventée par l'homme" du diable semble avoir particulièrement troublée les chrétiens : peut-on parler d'une sorte de "putsch" jésuite au Vatican avec la nomination par François du cardinal jésuite Ladaria au poste de préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi ?

    Cela fait longtemps que certains jésuites ont des problèmes avec les fondamentaux du dogme chrétien. Ces propos contredisent directement la pensée du Pape qui, à plusieurs reprises, a explicitement dit que le diable existe, et cela dès le début de son pontificat. Ce qui avait par ailleurs beaucoup marqué les observateurs. Les propos de ce supérieur n’engagent que lui. Ils n’ont pas de liens avec la nomination de Mgr Ladaria comme préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Celui-ci était secrétaire de cette congrégation et il y avait été nommé par Benoît XVI. Le préfet n’étant pas renouvelé, il était dans l’ordre des choses que ce soit le secrétaire qui le remplace.  

    L'image d'un pape autoritaire contrastant avec une image médiatique soignée se vérifie-t-elle aujourd'hui ?

    Le Pape a toujours aimé agir seul et parfois de façon abrupte. Ce trait de son caractère émerge un peu plus aujourd'hui. Les médias lui étaient jusqu’à présent favorables, mais les choses sont en train de changer. En Italie, des critiques se font jour. En Argentine la presse et la population sont dans l’incompréhension. Le Pape a annoncé se rendre au Chili en janvier 2018, mais il ne se rendra pas en Argentine, alors que les deux pays sont limitrophes. Compte tenu des tensions jalouses entre le Chili et l’Argentine cela a été très mal vécu par les Argentins qui s’estiment trahis par leur Pape. Le pontificat doit trouver un nouveau souffle s’il veut rester sur la bonne dynamique des débuts.

  • Sur Cathobel : du charabia inaudible pour laisser la porte ouverte à l'accompagnement de l'euthanasie

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    Il faut du courage pour écouter cette émission jusqu'à la fin mais le discours est ambigu et laisse la porte ouverte à l'accompagnement de l'euthanasie. Face à de telles logorrhées, on comprend que les derniers catholiques qui subsistent se détournent des discours que leur distillent les porte-paroles d'une pensée pseudo-catholique telle que peut la délivrer l'Université dite catholique de Louvain...