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Ethique - Page 3

  • 12 considérations sur le document Vigano

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    De Hubert Champrun sur le site infovaticana :

    Douze considérations sur le document de Mgr Viganò

    Huit jours après, voici quelques remarques inspirées à la fois par la lettre de Mgr Viganò et par les réactions à ce rarissime acte d’accusation formulé publiquement par un diplomate du Saint-Siège. Elles sont bien incomplètes. Mais transformer le grand scandale dénoncé par Viganò – celui de la corruption (homo)sexuelle au sein de l’Église et de l’impunité dont elle semble jouir – en petit scandale Viganò, c’est filtrer le moucheron et laisser passer le chameau (Mt 23, 13-24).

    Sur l’objet des accusations de Mgr Viganò : les crimes sexuels du cardinal McCarrick

    1. L’immense majorité des agressions pédophiles sont commises au sein des familles : donc, ce n’est pas en mettant fin au célibat des prêtres qu’on diminuera le nombre des agressions qu’ils commettent. Et considérer le mariage comme une sorte de thérapie sexuelle préventive pour déviants est une curieuse conception de la chose.

    2. Rapportées au nombre d’agressions sexuelles, homosexuelles ou non, pédophiles ou non, les agressions commises par les prêtres catholiques sont en petit nombre – ce qui ne diminue en rien leur caractère scandaleux. On peut toujours regretter qu’elles fassent plus les gros titres que celles perpétrées par des religieux d’autres confessions, ou par des représentants d’autres professions (éducateurs, enseignants, magistrats…), ou par d’autres humains, mais ces humains, ces autres professions et ces autres religions n’ont pas la même prétention à la charité universelle. Les prêtres sont justement jugés à hauteur de leurs prétentions et du message chrétien. Le chrétien ne doit pas s’irriter d’une inégalité démocratique dans le traitement de l’information, ni d’un deux poids-deux mesures judiciaires : il n’appartient ni à un parti ni à une fédération professionnelle.

    3. Il est évident que l’Église devrait se doter d’outils de discernement psychologiques pour évaluer les vocations et que toutes les tendances qui incitent à enfreindre le célibat et la chasteté doivent être considérées comme des obstacles au sacerdoce. Il est non moins évident que le cléricalisme, cette tendance qu’ont les clercs à se confondre avec l’Église en profitant souvent de la naturelle confiance des fidèles en l’autorité, a fait des ravages, et que de nombreux pasteurs ont développé une culture de l’excuse et de l’immunité, prétendument pour préserver l’Église, ce qui est une abomination. L’Église devrait aussi se doter d’outils de discernement adaptés pour la promotion des clercs à des positions d’autorité. Elle répondra qu’elle en a, et depuis plusieurs siècles. Force est de constater qu’ils sont inadaptés aux circonstances – surtout si ces circonstances démontrent que ceux qui les manient sont précisément ceux qu’on aurait dû écarter…

    4. Certes, il ne faut pas confondre pédophilie et homosexualité. Dans le cas du cardinal McCarrick, concerné par les accusations de Mgr Viganò, il apparaît toutefois que les harcèlements, les abus d’autorité, les relations homosexuelles sous contrainte aient été souvent à tendance éphébophile et, au moins dans un cas, celui dont la dénonciation a fini par provoquer la démission du cardinal, pédophile. Pourtant, beaucoup des contre-feux allumés contre Viganò (voir cet article d’Andrea Tornielli par exemple) tendent à gommer cette dimension et insistent sur le fait que les prêtres et séminaristes concernés par les déviances de McCarrick étaient majeurs : comme si cela était moins répréhensible… Or, pour un prêtre en position d’autorité, le harcèlement sexuel d’une personne subordonnée constitue dans tous les cas à la fois une violence sexuelle et un manquement au vœu de chasteté. Organiser ce manquement à grande échelle est évidemment encore plus ignoble, surtout quand cette autorité est crossée, mitrée et même cardinalicement pourprée.

    Voilà ce qui fonde l’inquiétude, l’indignation et l’interpellation de Mgr Viganò.

    Sur la réception faite au témoignage de Mgr Viganò

    5. Viganò ne rapporterait que des faits invérifiables, des on-dit, des conversations privées… alors qu’il fait mention de rapports remis et archivés. Dire cela, c’est volontairement oublier ce qui est objectif. Les documents évoqués par Viganò existent – ou pas. Donc, si l’Église veut, elle peut les rendre public. Elle s’y est toujours refusé jusqu’à maintenant, se mettant ainsi, et de plus en plus lourdement à chaque fois, en défaut vis-à-vis des autorités civiles quand il était avéré que les reproches étaient fondés.

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  • Deux nouveaux cycles de formation à l'amour et au mariage "Bâtir sa maison sur le roc" à Bruxelles et à Rixensart

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    Le cycle de formation « Bâtir sa maison sur le Roc » s’adresse aux couples de fiancés ou jeunes mariés, qui souhaitent fonder les bases de leur mariage sur le Christ, pour bâtir leur foyer « sur le roc » et prendre un départ solide dans la vie conjugale.

    Il vise également à réfléchir et à approfondir avec des couples déjà mariés les réalités de l’amour conjugal et du mariage, à la lumière de l’enseignement de l’Eglise catholique. Cette réflexion les aidera à persévérer et à consolider leur engagement afin de rayonner cet amour dans leur foyer et vers l’extérieur.. 

    Deux nouveaux cycles de formation à l'amour et au mariage "Bâtir sa maison sur le roc", seront organisés en parallèle, l’un à Rixensart, chez et animé par Véronique et Christophe Depreter (première soirée le samedi 20 octobre 2018), l’autre à Bruxelles (WSL), chez et animé par Oriane et Christophe de Hemptinne (première soirée le samedi 27 octobre 2018).  

    Le nombre de places est limité.

    Pour toutes informations, y compris les dates des cycles de cette nouvelle saison, voir le site www.batirsamaisonsurleroc.be.

    Visitez la page facebook, sur laquelle vous trouverez de nombreuses publications enrichissantes.

  • Garder la foi malgré tout quand de graves scandales discréditent l'Eglise

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    De Miguel Pastorino sur le site aleteia.org :

    Comment garder la foi quand l’Église est frappée par de graves scandales ?

    Ou plutôt : en quelle Église croyons-nous ? Une Église parfaite ou pécheresse ?

    En 1969, Joseph Ratzinger, à l’époque théologien, écrivait dans son œuvre « Introduction au christianisme » un bref chapitre sur l’Église qui commençait d’une manière qui peut nous paraître quelque peu familière actuellement :

    « Parlons également de ce qui nous accable de nos jours. N’essayons pas de le cacher ; aujourd’hui nous sommes tentés de dire que l’Église n’est ni sainte, ni catholique… L’histoire de l’Église est remplie d’humains corrompus. Nous pouvons comprendre l’horrible vision de Dante qui voyait monter dans la voiture de l’Église les prostituées de Babylone, et nous comprenons les terribles mots de Guillaume d’Auvergne (XIIIe siècle), qui affirmait que nous devrions trembler face à la perversion de l’Église : « L’Église n’est plus une épouse, mais un monstre effrayant, difforme et sauvage… »

    La catholicité de l’Église nous semble tout aussi problématique que la sainteté. Les partis et les batailles ont divisé la tunique du Seigneur, ont divisé l’Église en de nombreuses Églises qui prétendent être, de manière plus ou moins vive, la seule vraie et unique Église. C’est la raison pour laquelle aujourd’hui l’Église est devenue pour de nombreuses personnes l’obstacle principal à la foi. On ne peut voir en elle que la lutte pour le pouvoir humain, le misérable théâtre de ceux qui, avec leurs affirmations, veulent absolutiser le christianisme officiel et paralyser le réel esprit du christianisme ».

    Il l’affirme de la manière la plus claire et dure qu’il soit, convaincu qu’on ne peut réfuter ces arguments et que cette perception se base non seulement sur des raisons fondées, mais aussi sur des cœurs déçus et blessés qui ont vu leurs attentes s’effondrer. Et c’est à partir de là, de ce contraste entre l’opinion que l’on a de la foi et ce que l’on perçoit dans la réalité, qu’on se demande : « Pourquoi, en dépit de tout, aimons-nous l’Église ? »

    Église sainte ?

    « Église sainte » ne sous-entend pas que chacun de ses membres est saint, immaculé. Joseph Ratzinger soutient que le rêve d’une église immaculée renaît à toutes les époques mais n’a pas sa place dans le Credo, et qu’en réalité les critiques les plus vives envers l’Église viennent de ce rêve irréaliste d’une église immaculée.

    « La sainteté de l’Église réside dans ce pouvoir de sanctification que Dieu exerce malgré le caractère pécheur de l’homme. Elle est donnée par Dieu comme une grâce, qui subsiste en dépit de l’infidélité de l’homme. C’est l’expression de l’amour de Dieu qui ne se laisse pas vaincre par l’incapacité de l’homme, mais qui continue, malgré tout, à être bon avec celui-ci, il ne cesse de l’accueillir justement en tant que pécheur, il se tourne vers lui, il le sanctifie et l’aime. »

    Tout comme ce qui est gratuit ne dépend pas du mérite des croyants, la sainteté de l’Église est celle du Christ, pas la nôtre. « Mais c’est toujours vraiment la sainteté du Seigneur qui se fait présente ici, et il choisit aussi et justement les mains sales des hommes comme réceptacle de sa présence. »

    Pour Joseph Ratzinger, la déconcertante association de la sainteté de Dieu et de l’infidélité de l’homme est l’aspect dramatique de la grâce de ce monde, car elle rend visible l’amour gratuit et inconditionnel de Dieu, qui hier comme aujourd’hui s’assied à la table des pécheurs.

    Le rêve d’un monde pur

    L’idée selon laquelle l’Église ne se mêle pas au péché est une pensée simpliste et dualiste, qui présente une image idéale et noble, mais pas réelle. Joseph Ratzinger rappelle ce qui était déjà perçu comme scandaleux dans la sainteté du Christ, aux yeux de ses contemporains, était qu’il ne faisait pas descendre le feu sur ceux qui étaient indignes et ne cherchait pas la pureté en séparant le blé de l’ivraie.

    « La sainteté de Jésus se manifestait précisément dans ses rencontres avec les pécheurs, qu’il attirait à lui, en complète communauté de destin avec les égarés, révélant ainsi ce qu’est la véritable sainteté : non pas une séparation mais une unification ; non pas un jugement mais un amour rédempteur. »

    Les questions qui surviennent de cette manière de voir les choses sont effroyables, mais pleines d’espoir : « L’Église n’est-elle pas simplement la poursuite de cet abandon de Dieu à la misère humaine ? N’est-elle pas la continuation des repas pris par Jésus avec les pécheurs ? N’est-elle pas la continuation de ses contacts avec la pauvreté du péché, au point d’avoir l’air d’y sombrer ? Dans la sainteté de l’Église, bien peu sainte par rapport à l’attente humaine d’une pureté absolue, n’y a-t-il pas la révélation de la véritable sainteté de Dieu qui est amour, un amour qui toutefois ne se réfugie pas dans le noble détachement de l’intangible pureté, mais qui se mêle à la saleté du monde de façon à la nettoyer ? La sainteté de l’Église peut-elle être autre chose que le fait que les uns portent les charges des autres, ce qui vient évidemment, pour tous, du fait que tous sont soutenus par le Christ ? »

    S’aider les uns les autres, car Il a porté le fardeau avec nous

    Il confesse, de sa plume toujours lucide et transparente, que la sainteté presque imperceptible de l’Église a quelque chose de consolateur. Parce que nous serions découragés face à une sainteté immaculée, dévastatrice et qui nous juge ; une sainteté qui ne comprendrait pas la fragilité humaine et qui n’offrirait pas toujours le pardon à celui qui se repent de tout son cœur. En réalité, nous devrions tous être radiés de l’Église si elle était une communauté de personnes qui méritent un prix pour leur perfection.

    Ceux qui vivent en étant conscients d’avoir besoin du soutien des autres ne pourront pas refuser de porter le poids de leurs frères. La seule consolation que la communauté chrétienne peut offrir est de porter les autres comme on est nous-mêmes portés.

    Ce qui importe réellement aux croyants

    L’idée réductrice que l’on se fait de l’Église ne tient pas compte de l’opinion qu’a l’Église d’elle-même, ni de son centre, Jésus-Christ. La particularité de l’Église se situe au-delà de son organisation, « dans la consolation de la Parole de Dieu et des sacrements qu’elle apporte dans les jours de joie ou de tristesse. »

    « Les vrais croyants ne donnent jamais une importance excessive à la lutte pour la réorganisation des formes ecclésiales. Ils vivent de ce que l’Église est toujours. Si l’on veut savoir ce qu’est vraiment l’Église, c’est eux qu’il faut aller voir. L’Église n’est pas là où l’on organise, où l’on réforme, où l’on dirige ; elle est présente en ceux qui croient avec simplicité et qui reçoivent en elle le don de la foi, qui devient pour eux source de vie. »

    Pour Joseph Ratzinger, l’Église vit de la lutte de ceux qui ne sont pas saints pour parvenir à la sainteté, mais c’est une lutte qui n’est constructive que si elle est portée par un authentique et véritable amour. Une Église aux portes fermées détruit ceux qui sont à l’intérieur, et Joseph Ratzinger considère qu’il est une illusion de croire qu’en nous isolant du monde, on peut le rendre meilleur, car c’est aussi une illusion de croire en une « Église des Saints », car ce qui existe réellement est une « Église sainte », car « le Seigneur lui prodigue le don de la sainteté, sans aucun mérite de notre part. »

  • Une centaine de Belges ont retiré leur demande anticipée d'euthanasie en 2016-2017

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    2016-2017, 98 BELGES ONT RETIRÉ LEUR "DÉCLARATION D’EUTHANASIE"

     

    En 2016 et 2017, « 98 Belges ont retiré la déclaration anticipée d’euthanasie qu’ils avaient déposée ».

    La Belgique autorise ce type de déclaration depuis 2008. A ce jour, 170 942 déclarations pour demander l'euthanasie ont été déposées. Parmi elles, « 128 291 déclarations toujours actives et 42 651 autres arrivées à échéance ». Concernant les déclarations arrivées à échéance, « 29 842 enregistrements n’ont pas été confirmés, le reste émanait de personnes entre-temps décédées ».

    Gert Huysmans, président de la Fédération flamande des soins palliatifs, estime entre autres que « les gens rédigent leur déclaration alors qu’ils sont en bonne santé et sous-estiment alors l’instinct de survie qui les animera quand ils seront malades ».

    Sources: La Libre (01/09/2018)

  • Face aux scandales sexuels : la solution ?

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    Arnaud Dumouch a trouvé un précédent historique éclairant dont on pourrait s'inspirer pour répondre à la crise actuelle déclenchée par les scandales sexuels :

    Scandales sexuels : la solution ?

    Un docteur de l'Eglise inconnu a su agir et a réussi : saint Pierre Damien, Docteur de l’Eglise, qui annihila la pédophilie au XI° s (+ 1072).

    Comment ce saint moine, confronté à une des pires crises de la papauté et à une des pires décadences du clergé, réussit à extirper les vices de la pédérastie (c'est le vrai nom de l'abus par des homosexuels de jeunes garçons et de jeunes adultes) et de la simonie dans le clergé de son temps. Pour cela, il analysa les causes puis désigna le remède : réduire à l’état laïc tout clerc, fut-il cardinal, coupable de ces vices. Il obtient de la papauté (Léon IX aidé par Hildebrand, futur pape saint Grégoire VII) une réaction adaptée. Sa prédication forte par ses lettres, sa droiture morale, prépare la réforme grégorienne et la merveilleuse efflorescence du XIII° siècle.

  • Homosexualité : le pape a blasphémé !

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    De Christian Vanneste sur le site de Nouvelles de France :

    Pauvre Pape François…

    Pauvre Pape François élu en remplacement de Benoît XVI pour que l’Eglise soit plus conforme au goût du jour ! Il avait pourtant prodigué bien des efforts à propos de « l’homosexualité ». « Qui suis-je pour juger ? » avait-il dit dans une de ces conférences aériennes qu’il affectionne. De quoi décourager tous les catholiques qui croyaient défendre la morale de l’Eglise et sa condamnation des « actes d’homosexualité » comme « intrinsèquement désordonnés » en s’opposant à la légitimation de ceux-ci à travers le « mariage unisexe » ! La stratégie élastique qui consiste à reculer pour préparer la contre-offensive présente un défaut encore plus grave dans le combat des idées que dans la guerre réelle : elle conduit le plus souvent à la capitulation. C’est ce qui vient de se produire : le « Souverain-Pontife » a osé évoquer la psychiatrie à propos des tendances homosexuelles chez des enfants. Il a pourtant enrobé ce mot de multiples circonlocutions extrêmement respectueuses des personnes homosexuelles avec lesquelles les parents doivent dialoguer et qu’il faut respecter dans leur choix dès qu’elles sont adultes. Le mal était fait. (voir ici) Le Pape avait blasphémé ! Parce que dans notre société, qui marche sur sa tête en allant vers sa mort, c’est désormais le Pape qui peut être voué au bûcher s’il ne respecte pas les dogmes de la pensée dominante et de son clergé médiatique. Certains diront que ce n’est que justice à l’égard des victimes de l’Inquisition. On peut toutefois penser que cette censure inversée assassine l’un des progrès les plus évidents que nous avions connus : la libération de la parole. Que l’on interdise au Chef d’une Eglise, qui représente 1,2 milliard de croyants, de tenir le seul discours qui puisse correspondre à la morale contenue dans ses textes fondamentaux et issue de sa tradition, est assez inouï ! Si c’est une bonne nouvelle pour le groupe de pression « homosexuel » dont le pouvoir grandissant ne cesse de surprendre le bon sens, c’en est une très mauvaise pour la liberté de penser et de s’exprimer, sans laquelle la démocratie n’est qu’une illusion.

    Le type de lynchage médiatique dont le Saint-Père a été victime, au point de gommer sa parole, appartient à l’ordre du réflexe et non de la réflexion. Le mot « psychiatrie » sorti du contexte a été un stimulus qui a déclenché la réprobation. Ce phénomène tue la pensée. L’Eglise devrait pouvoir défendre son magistère et les opinions contraires s’exprimer librement. Elle ne peut plus le faire. Pourquoi ? Sa position sur le sujet est cohérente. Tout au moins l’était-elle jusqu’à Benoît XVI. L’Eglise, depuis Saint Augustin, ne condamne pas les personnes, mais les comportements, et elle fonde son jugement sur la loi naturelle. Les deux sexes appartiennent à la nature voulue par Dieu. Les « genres » sont étrangers au plan divin. La science confirme ce point de vue en ne faisant plus nécessairement appel à un créateur. On peut donc légitimement défendre l’idée que « l’homosexualité » est acquise et non innée ou génétique, ce qui serait quand même bien paradoxal. La psychanalyse fournit des explications. On peut aussi penser que le premier plaisir sexuel peut par imprégnation initier la préférence d’un individu. Lorsqu’au Chili, le Pape avait dit à une victime d’un prêtre pédophile : « que tu sois gay m’est égal », peut-être avait il pensé que le comportement du prêtre n’était pas étranger à la préférence actuelle de la victime. Bref, que la psychologie s’intéresse à la question, et qu’un pédo-psychiatre se penche sur le problème plutôt que de le considérer comme un fait inéluctable et quasiment sacré, ce sont des propositions pleines de bon sens et qui ne blessent personne. Il est même assez respectable que des parents qui aiment leur enfant s’entourent des avis d’un médecin pour l’aider dans son développement. L’homosexualité n’est plus une maladie depuis que l’OMS l’a exclue de la liste en 1992. A l’origine de cette évolution, il y a en 1973, le vote à 58% des psychiatres américains pour sortir l’homosexualité des maladies mentales. La connaissance ne procède pas du vote. Le débat idéologique autour de cette question a pris le pas sur la recherche scientifique. C’est ce qui fait dire aux prédicants de la pensée dominante qu’il est d’un autre temps, comme si la recherche devait dépendre des modes. Là encore, l’Eglise, en son temps, interdisait certaines recherches. L’inversion des situations est troublante.

    Aujourd’hui, l’Eglise catholique est condamnée à se soumettre à l’inquisition médiatique. Affaiblie par le scandale des « prêtres pédophiles » qu’on lui jette à la face sans nuance, elle assume sa culpabilité au point de ne plus défendre sa ligne parce que certains de ses membres l’ont trahie sans vergogne. C’est triste pour l’Eglise. C’est triste aussi pour le débat ouvert sans lequel notre société n’est qu’un contraignant mensonge.

  • Le « J’accuse » de Mgr Vigano divise l’épiscopat américain

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    La lettre de onze pages de Mgr Vigano, l’ancien nonce qui accuse - entre autres - le pape François d’avoir couvert le cardinal américain McCarrick, a déclenché une vague de réactions contradictoires chez les évêques américains. Certains y voient une manœuvre d’un camp pour atteindre le pape François. D’autres assurent de l’intégrité de Mgr Vigano. Commentaire d’Hugues Lefevre sur le site de « Famille Chrétienne :

    « Après la bombe lancée par Mgr Vigano, la guerre des tranchées. Les réactions des évêques américains aux graves accusations de l’ancien nonce sur le cardinal McCarrick et le pape François n’ont pas tardé. Deux sons de cloche. D’un côté, ceux qui voient en Mgr Vigano un affabulateur. De l’autre, ceux qui demandent à prendre au sérieux ses accusations. Au milieu, le cardinal Daniel DiNardo de Houston, le président de la conférence des évêques américains (USCCB). Dans un communiqué publié sur le site de la conférence, il explique que cette lettre mérite un examen « urgent ». « Les questions soulevées méritent des réponses concluantes et basées sur des preuves. Sans ces réponses, des hommes innocents pourraient être entachés de fausses accusations et les coupables répéter les péchés du passé », écrit-il, se disant « impatient d’avoir une audience avec le Saint-Père » pour évoquer l’affaire McCarrick.

     « Stupéfaction », « tristesse » et « consternation ». Tels sont les mots choisis par le Cardinal Tobin, archevêque de Newark, sur la côte-est, pour commenter la lettre de Mgr Vigano. Par communiqué, il dénonce un témoignage à l’« idéologie redoutable » dans lequel réside des « erreurs factuelles ». « Ensemble, avec le pape François, nous sommes convaincus que l’examen minutieux des revendications de l’ancien nonce contribuera à établir la vérité ».

    Réplique cinglante de l'archevêque de Chicago

    Dans la même veine, le cardinal Wuerl, archevêque de Washington directement visé par Mgr Vigano. Lui nie « catégoriquement » le fait que des informations concernant des sanctions prises par Benoît XVI à l’encontre de Mgr McCarrick lui seraient un jour parvenues. Egalement éclaboussé par l’ancien nonce, le cardinal Cupich, archevêque de Chicago a lui aussi réagi vertement en mettant en doute l’argumentaire de la lettre. Lui, dont la nomination à Chicago a, selon Mgr Vigano, était « orchestrée » par Mgr McCarrick - entre autres, s’étonne de l’attitude du nonce qui, en 2014, lui annonçait personnellement sa nomination en le félicitant. « De plus, l'ancien nonce a personnellement participé à ma cérémonie d'installation à Chicago, en novembre 2014, et a personnellement présidé à l'imposition du pallium l'été suivant et, dans les deux cas, n'a offert que des remarques et des félicitations favorables », précise-t-il.

    Autre évêque à monter au créneau pour tacler Mgr Vigano : Mgr McElroy, évêque de San Diego. « Malheureusement, au cours des dernières semaines, des guerriers idéologiques des deux côtés de l’Eglise ont utilisé la tragédie des victimes d’abus pour promouvoir leurs objectifs », regrette-t-il.  « Dans ses efforts clairs pour régler de vieux comptes personnels, dans son omission de toute référence à la participation personnelle massive de l’archevêque Vigano dans la dissimulation des abus sexuels commis par les évêques * et plus profondément dans sa haine pour le pape François et tout ce qu'il a enseigné, l'archevêque Vigano subordonne constamment la poursuite de la vérité complète à la partisannerie, à la division et à la distorsion. »

    "Bien que je ne sois pas au courant des informations qu’il révèle dans son témoignage, je l’ai toujours connu et respecté en tant qu’homme de vérité, de foi et d’intégrité"

    A contrario, d’autres évêques n’hésitent pas à prendre très au sérieux les déclarations de l’ancien nonce. C’est le cas de l’évêque de Phoenix, Mgr Olmsted, qui a tenu à apporter du crédit à la personnalité de Mgr Vigano, qu’il dit connaitre depuis 39 ans. « Nous sommes devenus collègues au Secrétariat d’État du Saint-Siège en août 1979, » raconte-t-il sur le site de son diocèse. « Bien que je ne sois pas au courant des informations qu’il révèle dans son témoignage écrit du 22 août 2018, et ne pouvant vérifier personnellement sa véracité, je l’ai toujours connu et respecté en tant qu’homme de vérité, de foi et d’intégrité. » Il demande par ailleurs que « le témoignage de l'archevêque Vigano soit pris au sérieux par tous et que chaque demande qu'il fasse soit examinée à fond ». « De nombreux innocents ont été gravement blessés par des religieux comme l'archevêque McCarrick ; quiconque a dissimulé ces actes honteux doit être porté à la lumière du jour », insiste-t-il. Des paroles qui vont dans le même sens que celles de Mgr Strickland, l’évêque de Tyler, dans le Texas. Jugeant les allégations du nonce « crédibles », il appelle à une « enquête approfondie ». « Je n'ai pas le pouvoir de lancer une telle enquête, mais je prêterai ma voix de toutes les manières nécessaires pour demander cette enquête et […] demander des comptes à tous ceux qui sont jugés coupables, même aux plus hauts niveaux de l'Église ».

    Doutes sur la capacité de certains médias à mener une enquête impartiale

    S’il ne s’est pas exprimé personnellement, l’archevêque de Philadelphie, Mgr Chaput, se serait, selon le New York Times, « porté garant de l’intégrité de l’archevêque Vigano dans une déclaration de son porte-parole ». Dans le diocèse de Madison (Wisconsin), Mgr Morlino a fait part de sa déception à propos de la réponse du pape dans l’avion qui le ramenait à Rome ; le Saint père se refusant à tout commentaires sur l’affaire et demandant aux journalistes de mener l’enquête.  «  Le pape François a ajouté expressément que de telles conclusions devraient être laissées à la "maturité professionnelle" des journalistes », rapporte le prélat, dubitatif sur la capacité de certains médias à mener une enquête impartiale. Il se dit par ailleurs convaincu de l’ « honnêteté », la « loyauté » et l’ « intégrité irréprochable » de l’ancien nonce. A la fin de son communiqué, l’évêque confie que sa « foi en l’Eglise n’est pas ébranlée par la situation actuelle. Des situations similaires, et pire encore, se sont produites dans le passé - mais peut-être pas aux États-Unis. »

    Une chose est certaine, comme l’écrit l’archevêque de Détroit, Mgr Vigneron, la déclaration de Mgr Vigano constitue pour l’Eglise américaine un « défi de taille » pour restaurer la confiance dans les dirigeants de l’Eglise, suite à « un été dévastateur concernant les abus sexuels et l’infidélité du clergé. » Toutes ces déclarations contradictoires montrent l’urgence d’une enquête impartiale faisant la lumière sur les faits. Faute de quoi, l’Eglise aux Etats Unis risquerait de se déchirer.

    Hugues Lefèvre

    *Mgr Vigano est accusé par certains d’avoir obligé le diocèse de Saint-Paul Minneapolis à enterrer une enquête pour attouchements sur mineurs à l’encontre de son archevêque, Mgr John Nienstedt.

    Ref. Les évêques américains se déchirent sur la lettre de Mgr Vigano

    Une enquête impartiale sur les accusations portées par Mgr Vigano est-elle possible ?

    JPSC

    Lire aussi :

  • Révélations de Vigano : nous avons le droit d'exiger la vérité et que justice soit faite

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    De Christophe Geffroy sur le site de la Nef :

    Affaire Vigano : séisme au Vatican !

    La lettre du Mgr Carlo Maria Vigano (cliquez ici), ancien nonce apostolique à Washington de 2011 à 2016, rendue publique le 26 août, est un événement sans précédent dans l’Eglise. Par sa forme – jamais un membre aussi élevé de l’administration vaticane n’était intervenu de la sorte – et plus encore par le fond : les faits rapportés sont effroyables mais d’une précision factuelle qui leur donne une réelle crédibilité, et ce d’autant plus que le signataire révèle principalement des faits dont il a été le témoin direct.

    Parmi les informations importantes ici dévoilées, il y a l’existence d’une complaisance au sein de la Hiérarchie vaticane à l’égard de la tendance homosexuelle de certains ses membres et, surtout, le fait que le pape François aurait été informé dès le 23 juin 2013 par Mgr Vigano lui-même au cours d’un tête-à-tête du passé de prédateur sexuel du cardinal McCarrick (il y a chez cet homme une dimension diabolique), ancien archevêque de Washington et haute figure de l’épiscopat américain. On imagine au demeurant mal comment Rome pouvait ignorer le cas McCarrick quand Benoît XVI avait immédiatement pris des sanctions contre ce haut prélat dès 2009, sanctions jamais appliquées concrètement. Pourquoi Benoît XVI n’a-t-il pas alors été obéi et pourquoi a-t-il fallu attendre l’été 2018 pour que François se décide enfin à sévir contre McCarrick ?

    Certes, on peut toujours s’interroger sur la méthode de l’ancien nonce de dévoiler publiquement ce qu’il sait – ce qu’il justifie par le fait que toutes ses mises en garde sont demeurées sans réaction de ses supérieurs –, on peut aussi penser qu’il eût mieux fait de s’en tenir aux faits sans aller jusqu’à demander la démission du pape, mais vu l’ampleur du désastre, cela n’est plus le problème, car le texte de Mgr Vigano est en effet une bombe, l’expression n’est, pour une fois, pas exagérée. Et face à de telles révélations qui secouent profondément et écœurent le peuple de Dieu, le silence ne peut être une réponse. Car de deux choses l’une. Ou Mgr Vigano n’est qu’un affabulateur qui ment effrontément et alors le minimum à attendre de l’Autorité, c’est qu’il soit dénoncé, qu’une enquête canonique rétablisse la vérité et sanctionne de façon exemplaire le menteur. Ou Mgr Vigano dit la vérité et nous avons là une affaire explosive qui ne pourra être traitée par la politique de l’autruche, pas plus qu’en essayant de le discréditer au prétexte qu’il serait « proche des milieux intégristes ». Toute théorie du complot n’a ici plus cours. Toutes les personnes incriminées et gravement fautives d’une façon ou d’une autre peuvent théoriquement être facilement démises de leurs fonctions, mais le pape ?

    Lui seul a les grâces d’état pour juger ce qu’il a à faire et ce n’est pas aux chrétiens de pétitionner pour exiger ceci ou cela, y compris sa démission. Il y a une chose, en revanche, que nous sommes en droit d’exiger : c’est la VÉRITÉ et que justice soit faite, ne serait-ce que par respect de toutes les victimes innocentes de tant d’horreurs commises par des hommes consacrés.

    Christophe Geffroy

  • Mgr Vigano dit la vérité...

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    D'Ed. Condon sur le site de Catholic News Agency :

    D'après un ancien fonctionnaire de la Nonciature, Vigano dit la vérité

    Monseigneur Jean-François Lantheaume, ancien premier conseiller à la nonciature apostolique de Washington, a déclaré que l'ancien nonce, l'archevêque Carlo Maria Viganò, avait dit la "vérité" dans sa déclaration explosive communiquée à la presse le 25 août.

    Le document de onze pages contient des allégations spécifiques selon lesquelles des évêques et des cardinaux de haut rang étaient au courant des allégations d'agression sexuelle à l'encontre de l'archevêque Theodore McCarrick depuis plus de dix ans. L'archevêque Viganò a également déclaré qu'en 2009 ou 2010, le pape Benoît XVI avait imposé des sanctions à McCarrick "similaires à celles que le pape François lui imposait" et qu'il lui était interdit de voyager et de parler en public.

    Dans sa déclaration, Viganò dit que celles-ci ont été communiquées à McCarrick lors d'une réunion houleuse à la nonciature de Washington, par le nonce Pietro Sambi. Viganò cite directement Mgr. Lantheaume lui avait parlé de la rencontre, après son arrivée à D.C. en 2011 pour remplacer Sambi comme nonce.

    "Monseigneur Jean-François Lantheaume, alors premier conseiller de la nonciature à Washington et chargé d’affaires par intérim après la mort inattendue du nonce Sambi à Baltimore, m’a dit à mon arrivée à Washington - et il est prêt à en témoigner - à propos de une conversation orageuse qui dura plus d'une heure, entre le nonce Sambi et le cardinal McCarrick, qu'il avait convoqué à la nonciature. Monseigneur Lantheaume m'a dit que «la voix du nonce pouvait être entendue tout au long du couloir».

    CNA a contacté Mgr. Lantheaume et a demandé une entrevue avec lui pour discuter du rôle qui lui a été attribué par l'archevêque Viganò. Lantheaume, qui a maintenant quitté le corps diplomatique du Vatican et sert dans le ministère sacerdotal en France, a refusé de donner une interview et a déclaré qu'il n'avait aucune intention de parler davantage sur le sujet.

    "Viganò a dit la vérité. C'est tout", écrit-il à l'AIIC.

    Le texte intégral de la déclaration de Viganò énumère de nombreux cardinaux de haut rang, au cours des trois derniers pontificats, comme étant au courant du comportement prédateur attribué à McCarrick, et qui ont omis d'agir, ou qui ont agi délibérément pour dissimuler les crimes présumés de McCarrick.

    L’ancien nonce désigne trois secrétaires d’État du Vatican, les cardinaux Angelo Sodano, Tarcissio Bertone et Pietro Parolin, qui n’ont pas réussi à restreindre le comportement de McCarrick ou qui ont agi positivement pour le soutenir.

    "Le cardinal Pietro Parolin, l'actuel secrétaire d'Etat, a également été complice de la dissimulation des méfaits de McCarrick qui, après l'élection du pape François, s'était vanté ouvertement de ses voyages et missions dans divers continents", a écrit Viganò.

    Plus controversé, l’archevêque Viganò allègue que le pape François a agi pour lever les restrictions imposées à McCarrick peu après son élection au pontificat, en 2013.

    Viganò dit avoir rencontré McCarrick en juin 2013 et le cardinal de l'époque lui a dit: "Le pape m'a reçu hier, demain je vais en Chine". Lors d'une réunion ultérieure avec François, Viganò a averti le pape de la longue liste d’allégations contre McCarrick mais que le Saint-Père n’a pas répondu.

    On pense que Mgr McCarrick réside toujours dans l'archidiocèse de Washington, DC, dans des conditions de "prière, pénitence et isolement" imposées par le pape François.

    Cette caution de Monseigneur Lantheaume compte au moment où les inconditionnels du pape François s'efforcent, par tous les moyens, de discréditer Mgr Vigano, comme ici, sur le site d'aleteia.org. Mgr Vigano savait d'avance qu'on s'en prendrait à sa réputation, ce qui ne l'a pas empêché de divulguer les faits pour le bien de l'Eglise.

    Une autre confirmation : http://catholicherald.co.uk/commentandblogs/2018/08/27/vigano-letter-spokesman-confirms-cardinal-wuerl-cancelled-meeting-between-mccarrick-and-potential-seminarians/?platform=hootsuite

  • Les silences du Pape face au rapport qui le met en cause

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    Le point de vue de Jean-Marie Guénois dans le « Figaro » :

    Pour l'heure, François a choisi la stratégie du silence. «Je ne dirai pas un mot à ce sujet», a-t-il rétorqué, dimanche 26 août, lors de la conférence de presse qu'il a donnée en soirée dans l'avion, de retour d'Irlande. Ce «sujet» est la lettre ouverte - et explosive - publiée, samedi, par Mgr Carlo Maria Vigano, ancien nonce apostolique aux États-Unis. Le Pape a reconnu l'avoir lue, mais il se tient à distance, et pour cause.

    Dans cette lettre de onze pages, Mgr Vigano, 77 ans, évêque à la retraite réputé pour la précision de ses informations, Italien connaissant tous les rouages du Vatican pour avoir été secrétaire général du gouvernement de la cité du Vatican, commet l'erreur de demander la démission du pape - cela affaiblit son propos - mais avance des faits que personne, pas même le Pape, n'est pour le moment en mesure de contredire.

    Il convient d'être prudent sur ce genre d'affaires mais l'enquête menée, dès sa parution, par Le Figaro auprès de quatre sources très informées, très différentes et internes du Vatican, conduisent à une même conclusion: les leçons tirées de l'affaire par Mgr Vigano sont de sa responsabilité, mais il sera difficile de contrer l'exactitude des faits décrits.

    L'ancien représentant du Pape aux États-Unis développe quatre thèses:

    la première est que le pape François a choisi, dès son élection en 2013, comme conseiller personnel pour les États-Unis, l'ancien archevêque de Washington, le cardinal Theodore McCarrick - qui avait joué un rôle décisif dans son élection - alors qu'il savait, affirme Vigano, la pratique homosexuelle de ce prélat avec ses séminaristes.

    Pression médiatique

    Par la stratégie du silence - grand classique de défense au Vatican -, le Pape entend ne pas donner d'importance à ce document

    La deuxième thèse est que le pape Benoît XVI, en 2009, informé par une enquête interne des mœurs de ce prélat - très connues aux États-Unis -, avait pourtant et aussitôt déposé cet archevêque. Mais ce dernier - de rang cardinalice et très puissant sur le plan financier - avait toujours refusé d'obéir et d'obtempérer. C'est finalement sous la pression médiatique du scandale qui a explosé aux États-Unis - car les faits sont exacts - que François a fini par faire appliquer la mesure, le 28 juillet 2018, retirant à McCarrick son titre de cardinal et lui imposant une vie de pénitence.

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  • Retour d’Irlande : le pape François repousse les balles dans tous les coins et encaisse un pénalty.

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    De Jean-Marie Guénois sur le site du Figaro de ce jour :

    Homosexualite-decelee-a-l-enfance-le-pape-recommande-le-dialogue-et-la-psychiatrie.jpgL'affaire de la pédophilie dans l'Eglise n'a pas fini de rebondir. Le tout dans une bataille médiatique où l'opinion publique est directement prise à témoin. Et où le pape François n'hésite pas à monter en première ligne comme il l'a démontré, dimanche soir, lors de la conférence de presse qu'il a donnée dans l'avion qui le ramenait d'Irlande vers Rome.

    » LIRE AUSSI - États-Unis: les catholiques sous le choc après les révélations sur les prêtres pédophiles

    Le point central de cette rencontre du Pape avec les journalistes - habituelle au retour de chaque voyage apostolique - a été les allégations portées par l'ancien nonce aux Etats-Unis, l'italien, Mgr Carlo Maria Vigano, 77 ans, dans une lettre ouverte de 11 pages publiée le 25 août, demandant la démission de François.

    Notamment parce que le Pape aurait été «informé» dès son élection sur le siège de Pierre en 2013 - par Vigano lui-même - des mœurs homosexuelles avec des séminaristes dont il aurait contraint certains, de l'ancien archevêque de Washington, le cardinal Theodore McCarrick. Un prélat aujourd'hui âgé de 88 ans, également visé par des affaires pédophiles, à qui François a retiré, en juillet dernier, sous la pression médiatique, son titre de cardinal en lui imposant une vie de pénitence. Mais dont il aurait fait, jusque-là, l'un de ses principaux conseillers, notamment pour la nomination des évêques aux Etats-Unis, selon la lettre de Vigano. Mgr McCarrick qui, de plus, aurait toujours refusé d'obéir et d'obtempérer à la mise à pied que Benoît XVI aurait exigé de lui, selon Mgr Vigano, dès qu'il avait appris ces affaires de moeurs en 2009.

    Pas de confirmation

    À cet ensemble de questions - et de lourdes accusations mettant en cause la crédibilité de François dans le contexte de lutte de l'Eglise contre la pédophilie - le Pape a choisi de repousser la balle en deux directions: s'il a reconnu avoir lu la lettre ouverte de Mgr Carlo Maria Vigano, il a refusé de confirmer quoi que ce soit de son contenu, laissant simplement entendre, sans dire sur quel point, que ce document comportait des faiblesses en lui-même et qu'il était donc à priori suspect.

    » LIRE AUSSI - Prêtres pédophiles en Pennsylvanie: le Vatican exprime sa «honte»

    Second retour de volée, François a pris à parti les journalistes, leur suggérant de faire leur travail pour se rendre compte, eux-même, de la réalité et les provoquant sur leur maturité professionnelle.

    Voici la réponse, mot à mot, du Pape à ce sujet: «J'ai lu ce matin ce communiqué [la lettre ouverte de Mgr Carlo Maria Vigano, ndlr.], je l'ai lu et je dirais sincèrement que je dois vous dire ceci, à vous et à tous ceux d'entre vous qui sont intéressés: lisez attentivement le communiqué et faites-vous votre propre jugement. Je ne dirai pas un mot là-dessus. Je pense que le communiqué parle de lui-même.»

    Puis: «vous avez la capacité journalistique suffisante pour tirer des conclusions. C'est un acte de confiance. Quand passera un peu le temps - et vous avez les conclusions - peut-être, je parlerai mais j'aimerais que votre maturité professionnelle fasse ce travaille. Cela vous fera vraiment du bien.» Ajoutant: «j'attends votre commentaire sur le document, cela me plairait. Merci.»

    Relancé alors sur la question de savoir quand il a été informé des accusations contre le cardinal McCarrick, et donc, s'il savait, oui ou non, François a rétorqué: «Ceci fait partie du communiqué de McCarrick. Etudiez et puis je dirai.»

    Le tribunal spécial «pas viable»

    L'autre nouveauté de cette conférence de presse a porté sur le fonctionnement effectif de la justice interne de l'Eglise à l'encontre des évêques qui auraient couvert des actes pédophiles. Le pape François a en effet décidé en 2016 de créer une sorte de tribunal spécial au Vatican pour juger de ces cas, mais, à ce jour, aucun évêque ne semble avoir été jugé. En Irlande, il a rencontré Marie Collins, une victime de prêtre pédophile, qui fut membre de la commission internationale de lutte contre la pédophilie que le Pape avait monté mais qui en a démissionné pour protester contre l'inaction et le manque de décisions concrètes.

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  • Le pape, mis en cause, répond "entre agacement et dédain"

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    De Cécile Chambraud sur le site du Monde :

    Pédophilie dans l’Eglise : un prélat accuse le pape d’avoir couvert un cardinal américain

    L’ancien nonce Carlo Maria Vigano affirme avoir averti François dès 2013 sur les dérives de Theodore McCarrick, qui a démissionné au mois de juillet, à l’âge de 88 ans.

    Les accusations concernant les scandales sexuels et leur « gestion » par l’Eglise catholique visent désormais directement les plus hauts responsables du Vatican et alimentent la bataille entre les partisans et les adversaires du pape François.

    Diffusée dimanche 26 août au petit matin, une charge virulente a eu pour effet de parasiter la seconde journée de la visite du pontife argentin en Irlande, pays où des milliers d’enfants, de jeunes et de femmes ont été concernés par diverses formes de violence commises par des prêtres ou des religieux, et où l’Eglise catholique s’échine à retrouver une crédibilité morale.

    Dans un texte de onze pages publié par le site américain National Catholic Register, un ancien diplomate du Saint-Siège accuse le sommet de l’Eglise d’avoir été informé de l’inconduite sexuelle du cardinal américain, Theodore McCarrick, dès 2000 et de l’avoir malgré tout nommé archevêque de Washington en novembre de cette année-là, puis cardinal.

    L’auteur de ce brûlot est l’archevêque émérite Carlo Maria Vigano, 77 ans, qui fut nonce (ambassadeur du Vatican) à Washington. Il met en cause nommément une série de très hauts responsables en poste au Vatican sous l’un des trois plus récents pontificats, parmi lesquels les secrétaires d’Etat (numéro deux du Vatican) de Jean Paul II et de Benoît XVI. Il va jusqu’à demander à François de démissionner pour montrer « le bon exemple » et permettre à l’Eglise de sortir de « la conspiration du silence ».

    Sortir de « la conspiration du silence »

    Il affirme que François aurait été, quant à lui, informé de la conduite du cardinal McCarrick au plus tard en juin 2013, soit trois mois après son élection, mais qu’il aurait cependant levé une sanction infligée au prélat américain par Benoît XVI. Ce n’est qu’au mois d’août 2018, après des révélations dans la presse américaine, que le pape argentin a demandé à Theodore McCarrick de rendre son titre de cardinal.

    Cet ancien poids lourd de l’Eglise américaine avait, semble-t-il, pour habitude de conduire des séminaristes dans son lit, dans sa maison de bord de mer. Certains d’entre eux l’ont accusé de les y avoir forcés. Un l’accuse d’avoir abusé de lui à partir de l’âge de 11 ans, une accusation jugée crédible par une enquête de l’Eglise américaine.

    On ignore pour l’instant dans quel cadre Mgr Vigano, qui fut proche de Benoît XVI, a écrit ce texte. Quant à son intention, elle n’est évidemment pas d’aider le pape François, un pape dont il est notoirement éloigné et dont, avec d’autres, il fustige les signaux d’ouverture adressés, de loin en loin, à des publics longtemps bannis par le catholicisme, au premier rang desquels les homosexuels. Son texte est un étrange mélange de faits qui sembleraient êtreassez faciles à vérifier, du moins pour ceux qui ont accès aux archives de la curie romaine, de choses dont il dit avoir été le témoin ou l’acteur, et d’insinuations formulées sous formes de on-dit et de questions rhétoriques.

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