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Ethique - Page 4

  • GPA : comment l'opinion française a basculé

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    D'Isabelle de Gaulmyn sur son blog (La Croix) :

    GPA, quand l’opinion française bascule

    Dans quelques années, on retiendra que c’est en octobre 2018 que l’opinion française a basculé en faveur de la GPA, la Gestation pour autrui. Et peut-être se trouvera-t-il un sociologue pour s’interroger sur la rapidité et la radicalité de ce mouvement… En trois semaines, il est sidérant – au sens propre – de voir comment l’idée de la GPA s’est installée, justifiée, imposée dans le paysage médiatique.

    À l’origine, le livre de Marc Olivier Fogiel, « Qu’est-ce qu’elle a ma famille ? », et la manière, émouvante, dont il raconte l’histoire de ces deux petites filles, Mila, 7 ans, et Lily, 5 ans, qu’il a eu par une GPA, avec une mère porteuse aux États-Unis, et son mari François. Ces dernières années, la GPA s’était déjà invitée dans le débat français à travers le cas des époux Mennesson, qui se battent depuis 18 ans pour faire reconnaître le lien de filiation avec leurs jumelles, nées en 2000. Mais sans doute parce qu’on ne commentait alors que l’aspect juridique, qu’on se perdait un peu dans les comparaisons entre les normes de droit français et de droit international, peut-être aussi parce qu’ils n’étaient pas  célèbres, leur combat semblait excessif, voire même soulevait une certaine gêne devant une telle obstination.

    Les larmes de Marc Olivier Fogiel

    Le témoignage de « MOF », comprendre Marc Olivier Fogiel, sa capacité à faire du « story telling », racontant comment les larmes lui sont venues le jour où il reçoit ce SMS de la mère porteuse américaine « We are pregnant », – on est enceinte… Son émotion, semblable à celle de n’importe quel père, ses joies, auxquelles tout téléspectateur peut aisément s’identifier. D’autant plus que l’animateur vedette bénéficie de la sympathie de tout le petit monde médiatique, avec, dans le rôle des bonnes fées qui se sont penchées sur les berceaux, Murielle Robin et Claire Chazal..

    150.000 euros par bébé

    Il n’est pas ici question de mettre en doute la sincérité de Marc Olivier Fogiel, de son désir d’être père. Ni non plus de douter de sa capacité à l’être, père. On souhaite évidemment tout le bonheur possible aux deux petites princesses, si mignonnes sur les épaules de leurs parents, si gracieuses, sur les images savamment distillées par les réseaux sociaux. On veut bien croire, ici, qu’il ne s’agit pas d’une simple campagne de communication, bien montée, mais d’une vraie conviction…. Simplement, on ne peut que constater la force de cette vague d’émotions et de sentiments, qui emporte tout sur son passage… À tel point que la loi permettant la PMA (procréation médicalement assistée) pour toutes n’est même pas votée que la GPA déjà est présentée sur tous nos écrans comme une chose après tout plutôt positive…

    Même le prix à payer ne semble pas poser de problème : 150.000 euros par bébé, selon l’heureux papa. On frémit en pensant à l’épaisseur du contrat soigneusement bordé par des avocats qui a du accompagner la transaction. Quid des enfants si elles étaient nées mal formées ? Mais oublions. Après tout, l’argent n’empêche pas l’amour. Dans notre monde capitaliste, il est permis, même recommandé, d’aimer ce que l’on achète, surtout ce que l’on achète très cher. Quant à la « mère », qu’on nous certifie heureuse, celles qui ont eu l’extraordinaire joie de l’avoir été restent songeuses. Elles savent bien, évidemment, qu’on ne peut sacraliser les neufs mois de gestation. Que cela ne suffit pas à faire une mère. Qu’il y a « l’après », et que cet après est toujours à construire. Mais justement, quel est le prix pour qu’une mère renonce à « l’après » ? À combien évaluer la location temporaire d’un ventre ?

    Mais peu importe. La GPA désormais, c’est la belle histoire de deux petites princesses qui ont trouvé leurs rois de pères, et vivent dans un royaume où la douleur et la souffrance n’ont pas droit de cité. Une histoire sur papier glacé. Et on sait que, sur papier glacé, les questions glissent, et ne restent pas…

  • Synode des Jeunes : on sent d'où vient le vent...

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    De Nicolas Senèze sur le site du journal La Croix (NB : c'est nous qui soulignons) :

    Un Synode en quête de propositions

    Le Synode sur les jeunes aborde lundi 22 octobre sa dernière semaine. Malgré des débats parfois intéressants, les participants ont du mal à aboutir à des propositions concrètes.

    Voilà deux semaines et demie que les participants du Synode sur les jeunes sont au travail. Ces derniers jours, ils ont plus particulièrement axé leur réflexion sur la troisième partie du document de travail consacré aux propositions pastorales en direction des jeunes. Mais à la lecture des rapports des quatorze groupes linguistiques, publiés samedi 20 octobre, il semble que le Synode a du mal à entrer dans le concret.

    Certes, les évêques développent une intéressante réflexion en faveur d’une présence plus incisive de l’Église dans le monde numérique. Ils comptent particulièrement sur l’action des jeunes catholiques qui maîtrisent presque naturellement les nouvelles technologies. Plus largement, d’ailleurs, l’idée que les jeunes sont les premiers évangélisateurs des autres jeunes s’est imposée, certains parlant clairement d’un « ministère » des jeunes pour les jeunes.

    Néanmoins, la plupart des rapports des groupes linguistiques peinent à sortir des généralités : « il faut », « les jeunes ont besoin », « les communautés devront »… Beaucoup de bonnes résolutions mais, au final, peu de propositions concrètes.

    Même sur un sujet comme la formation dans les séminaires, les évêques ont du mal à émettre des intuitions propres. Ainsi, la volonté d’une formation pas seulement universitaire mais aussi plus humaine et spirituelle, ou l’implication de laïcs et de femmes dans cette formation : des idées fortes… mais déjà recommandées par le nouveau programme des séminaires publié il y a deux ans par le Vatican et que les épiscopats locaux sont censés mettre actuellement en œuvre à leur niveau !

    « En fait, 80 % des sujets évoqués n’ont pas de rapport avec les jeunes mais concernent toute l’Église », soupire Mgr Jean Kockerols, évêque auxiliaire de Malines-Bruxelles, qui reconnaît que certains de ces thèmes ont été portés par les jeunes eux-mêmes. Ainsi sur la place des femmes dans l’Église et l’idée qu’il faut mettre fin à un certain machisme ecclésial, particulièremùent mise en avant par une génération qui baigne désormais dans la mixité. Ou encore sur l’accueil des personnes homosexuelles dans l’Église. « Dans l’Église, tous doivent se sentir chez eux, sans aucune exclusion. C’est ce que nous demandent avec force les jeunes », explique ainsi le cardinal John Ribat, archevêque de Port Moresby (Papouasie-Nouvelle-Guinée), président délégué du Synode.

    « Je pense que le document final du Synode doit parler à tous les jeunes. Même les jeunes homosexuels doivent se sentir inclus dans ce qui sera proposé », renchérit le cardinal Blase Cupich, archevêque de Chicago (États-Unis).

    Mais, au-delà des déclarations, les rapports des groupes de travail affichent une grande prudence. Comme si, après les âpres débats du Synode sur la famille, les évêques craignaient d’afficher des divergences perçues comme des divisions, voire de mettre le pape en difficulté.

    « Les propositions concrètes ne sont pas dans les rapports des groupes de travail,tempère Paolo Ruffini, préfet du dicastère pour la communication et porte-parole du Synode. Elles devraient apparaître dans le débat qui suivra la présentation, mardi, du document final à l’Assemblée. Les pères synodaux pourront alors faire des propositions concrètes. »

    « Les différences culturelles sont si fortes qu’il est difficile de parler concrètement, constate Mgr Alain de Raemy, évêque auxiliaire de Genève. Les jeunes sont très différents : on ne peut pas appliquer un même modèle partout. » Ce qui interroge sur le modèle même du Synode. En coulisses, certains plaident même pour des synodes continentaux, à l’image de ce qui se fera l’an prochain pour l’Amazonie.

    De fait, sur de nombreux points, le Synode devrait renvoyer les sujets concrets aux conférences épiscopales. Avec le risque de provoquer de fortes déceptions, tant le Synode avait créé des attentes chez les jeunes qui s’y étaient impliqués.

    Craignant peut-être l’écueil d’un document final indigeste, « en général lu par un petit nombre et critiqué par beaucoup », comme le pape l’avait lui-même prévu dans son discours d’ouverture, le Synode a d’ailleurs décidé d’écrire en plus une lettre aux jeunes. Ce devrait être un texte court et entraînant, peut-être aussi décliné sous forme numérique. Une façon de dire aux jeunes que, malgré tout, leur parole a été entendue.

  • L’Antéchrist selon Mgr Fulton Sheen

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    Lu sur le site web de « Pro Liturgia » :image001.jpg

    Mgr Fulton Sheen fut l’un des grands prédicateurs du 20e siècle. Au cours d’une émission radiophonique du 26 janvier 1947, il avait expliqué les 12 moyens employés par l’Antéchrist - une figure du Nouveau Testament - pour éloigner le plus possible de gens de Dieu. 
    L’Antéchrist, avait expliqué Mgr Sheen, n’attaquera pas directement le christianisme. C’est de façon très sournoise et sans éveiller le soupçon qu’il agira. Voyons comment il s’y prendra : 

    1) Il se présentera comme un grand philanthrope mettant essentiellement l’accent sur la paix dans le monde mais parlant rarement - ou uniquement de façon floue - du Dieu de Jésus-Christ. 
    2) Il écrira des articles livrant une nouvelle idée de Dieu : un Dieu dont l’image sera en harmonie avec le mode de vie des gens.
    3) Il se montrera ouvert à toutes les religions non-chrétiennes.
    4) Il abordera la question du péché qu’il réduira uniquement à des comportements qui ne sont ni généreux, ni tolérants, ni libéraux, y compris dans les domaines de la morale.
    5) Il montrera que la tolérance qui conduit à ne plus faire de différence claire entre le bien et le mal est la plus grande des vertus chrétiennes. 
    6) Il ne condamnera pas les expériences sexuelles, quelles que soient leurs formes. 
    8) Il utilisera habilement le vocabulaire religieux pour détruire la religion.
    9) Il présentera toujours le Christ comme étant la plus grande figure de tous les temps.
    10) Il dira que sa mission est de libérer les gens de cet esclavage que constituent le pharisaïsme et l’étroitesse d’esprit.
    11) Au milieu d’un amour apparent pour les hommes et d’un discours magnifique sur la création, il gardera au fond de lui le secret de la religion à laquelle il faut aboutir : celle d’une fraternité humaine sans la paternité de Dieu.
    12) Il construira une contre-Eglise imitant l’Eglise véritable. Extérieurement, cette nouvelle Eglise de l’Antéchrist sera semblable en beaucoup de points à l’Eglise du Christ, à une différence près : l’homme moderne en quête de Dieu qui la fréquentera n’y trouvera que sa propre solitude de sorte qu’il y mourra de faim, la communauté qu’il y trouvera étant incapable de répondre à ses besoins spirituels.

    Ref. Jeudi, 18 octobre 2018.

    L’Antéchrist est cette forme d’esprit, issue de l’Esprit multiforme du mal (appelé Légion par l’Ecriture): à l’aube du troisième millénaire, elle singe plus que jamais, pour mieux l’anéantir, la Parole du Christ dans ce monde dont l’évangile affirme que la figure passera au jour du jugement par le Fils de l'Homme. A son retour, celui-ci trouvera-t-il encore la foi sur cette terre (St Luc, 18, 8)? La question est posée par le Christ lui-même. La réponse est entre les mains de notre propre liberté.

    JPSC

  • Pennsylvanie : l'enquête fédérale sur les abus sexuels est lancée

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    Lu sur le site du journal Le Monde :

    Scandale de pédophilie en Pennsylvanie : enquête fédérale

    La justice fédérale américaine a pour la première fois lancé une enquête sur les abus sexuels commis par le clergé catholique pendant soixante-dix ans.

    Le département de la justice états-unien a ouvert une enquête sur les abus sexuels commis par des prêtres catholiques de l’Etat de Pennsylvanie sur un millier d’enfants sur une période de soixante-dix ans, des faits révélés en août par un rapport du ministère public, ont déclaré jeudi 18 octobre six diocèses.

    C’est la première fois qu’une enquête fédérale est ouverte aux Etats-Unis sur des accusations d’abus sexuels commis par des prêtes catholiques et leur dissimulation par les autorités épiscopales.

    Dans un rapport de 884 pages, concluant deux années d’enquête et instruit le 14 août, le procureur général de Pennsylvanie a décrit dans le détail les sévices commis par près de 300 hommes d’église sur une période de soixante-dix ans.

    Le dossier se fonde sur des archives conservées par les diocèses, des confessions manuscrites notamment, a expliqué le procureur général.

    Assignations à comparaître

    Josh Shapiro a par la suite déclaré que si les diocèses de Pennsylvanie avaient systématiquement nié les accusations d’abus sexuels, ils avaient secrètement documenté les cas d’abus et souvent envoyé les informations au Vatican.

    L’agence de presse Associated Press a été la première à révéler jeudi l’ouverture d’une enquête du département de la justice.

    Les diocèses de Pennsylvanie ont dit avoir reçu des assignations à comparaîtrede la part de l’administration fédérale pour des accusations d’abus sexuels commis sur des enfants par plus de 300 prêtres catholiques de l’Etat de Pennsylvanie. Ils ont précisé qu’ils coopéraient avec les autorités. Aucun commentaire n’a été fait par le département de la justice.

  • Quand Mgr Vigano réfute les accusations du cardinal Ouellet et confirme ses accusations

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    De Jeanne Smits sur son blog :

    Troisième témoignage de Carlo Maria Viganò : une réponse aux accusations du cardinal Ouellet

    Ce vendredi 19 octobre, Mgr Carlo Maria Viganò a rendu public son troisième témoignage, qui prend la forme d'une réponse au cardinal Ouellet. Il maintient ses accusations relatives à l'affaire McCarrick et accuse clairement le « fléau » qui selon lui est à la racine des scandales qui secouent l'Eglise. Je vous en propose ici la traduction complète, par mes soins, d'après le texte anglais publié par LifeSiteNews. – J.S.

    Troisième témoignage de Carlo Maria Viganò : une réponse  aux accusations du cardinal Ouellet

    En la fête des martyrs nord-américains

    Le fait de porter témoignage de la corruption au sein de la hiérarchie de l'Eglise catholique a été pour moi une décision douloureuse, et elle le demeure. Mais je suis un homme âgé, un homme qui sait devoir bientôt rendre compte devant le Juge de ses actions et omissions, un homme qui craint Celui qui peut jeter corps et âme en enfer. Un juge qui, même dans son infinie miséricorde, accordera à chacun salut ou damnation selon ses mérites. Anticipant la question terrible de ce Juge – “Comment as-tu, toi qui avais connaissance de la vérité, pu garder le silence au milieu du mensonge et de la dépravation ?” – quelle réponse pouvais-je donner ?

    J'ai témoigné avec la pleine conscience de l’inquiétude et du désarroi que mon témoignage allait provoquer chez beaucoup de personnes éminentes : des hommes d’Eglise, des frères évêques, des collègues avec qui j'avais travaillé et prié. Je savais que beaucoup d'entre eux se sentiraient blessés et trahis. Je m'attendais à ce que certains m’assaillent à leur tour, moi et mes motivations. Plus douloureux que tout, je savais qu'un grand nombre de fidèles innocents seraient troublés et déconcertés par le spectacle d'un évêque accusant des collègues et des supérieurs de méfaits, de péchés sexuels et d’une grave négligence à l'égard de leur devoir. Mais je crois que la persistance de mon silence eût mis beaucoup d’âmes en péril, et damnerait certainement la mienne. Ayant rapporté à de nombreuses reprises à mes supérieurs et même au pape le comportement aberrant de Theodore McCarrick, j'aurais pu dénoncer publiquement plus tôt les vérités dont j'avais connaissance. Si j'ai quelque responsabilité par rapport à ce retard, je m'en repens. Ce retard a été dû à la gravité de la décision que j'allais prendre, et au long travail de ma conscience.

    On m’a accusé de susciter la confusion et la division au sein de l'Eglise par ce témoignage. A ceux qui pensent que cette confusion et cette division étaient insignifiantes avant août 2018, une telle assertion peut paraître plausible. Les observateurs plus impartiaux, en revanche, auront eu conscience qu’on a confusion et division à l’excès, et de longue date, comme il était inévitable dès lors que le successeur de Pierre néglige d'exercer sa mission principale, qui est d’affermir ses frères dans la foi et dans la saine doctrine morale. S'il exacerbe alors la crise par le biais de déclarations contradictoires ou déconcertantes à propos de ces doctrines, la confusion s'aggrave.

    C'est pourquoi j'ai parlé. Car c’est la conspiration du silence qui a causé et qui continue de causer de grands dommages au sein de l’Eglise – des dommages  frappant tant d'âmes innocentes, de vocations sacerdotales, et les fidèles en général. En ce qui concerne ma décision, que j'ai prise en conscience devant Dieu, j'accepte volontiers toute correction fraternelle, tout conseil, toute recommandation et invitation à progresser dans ma vie de foi et d'amour pour le Christ, l’Eglise et le pape.

    Laissez-moi redire les éléments-clefs de mon témoignage :

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  • La chasteté et le célibat ne conduisent pas à la délinquance sexuelle

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    De Catherine Mallaval sur le site de Libération :

    Roland Coutanceau : «La chasteté et le célibat ne conduisent pas à la délinquance sexuelle»

    Le psychiatre Roland Coutanceau rappelle que l’attirance pour les mineurs revêt des formes très variées et qu’il est possible, dans certains cas, d’éviter le passage à l’acte.

    Psychiatre expert en criminologie auprès des tribunaux, président de la Ligue française pour la santé mentale, Roland Coutanceau est à l’origine de la création, en région parisienne, d’un pôle de victimologie et de thérapie familiale qui fait référence. Auteur des Blessures de l’intimité (éd. Odile Jacob), il décortique le profil des pédophiles.

    L’Eglise est confrontée de par le monde à des scandales de pédophilie. Cela est-il surprenant ?

    En général, vous vous en doutez, les institutions qui ont affaire à ce genre de scandale sont surtout celles dans lesquelles des adultes sont directement en relation avec des enfants. L’éducation nationale, le milieu des associations qui gèrent l’après-scolaire… L’Eglise, c’est un peu différent. Il y a manifestement un certain nombre de personnes qui présentent un attrait pédophilique en son sein. Même si à ce jour aucune étude statistique de référence ne permet de quantifier le problème.

    Comment peut-on essayer d’expliquer la présence de ces pédophiles ?

    Un certain nombre d’êtres humains, à la fin de l’adolescence ou lorsqu’ils sont jeunes adultes, ne sont pas au clair avec leur sexualité, leur orientation, leurs fantasmes. On peut supposer que certains de ceux-là, outre la sincérité de leur foi, sont enclins à se réfugier dans un idéal, une forme de sublimation que sont le célibat et la chasteté. Pour être plus direct : mon hypothèse est qu’il y a parmi les prêtres des pédophiles qui se sont tournés vers l’Eglise pour de mauvaises raisons, sans qu’ils en soient forcément conscients. Le psychanalyste et prêtre catholique Marc Oraison, disparu en 1979, avait conseillé à ses pairs de créer une sorte de filtre lorsque des hommes s’engagent dans la voie du séminaire, permettant d’analyser précisément les motivations qui poussent vers la prêtrise. L’Eglise aurait pu le faire.

    L’absence de sexe, le vœu d’abstinence ne sont-ils pas des pousse-au-crime ?

    Non. C’est ce que beaucoup pensent intuitivement, mais la chasteté, le célibat ne conduisent pas à la délinquance sexuelle. Ce ne sont pas des facteurs aggravants ou facilitants. La pédophilie, cette sexualité maudite, ne naît pas de ça.

    De quoi alors ?

    D’abord, il faut savoir que la pédophilie est un monde. Varié. De la même façon qu’il y a des Don Juan, des inhibés, des hommes qui ne couchent qu’avec des prostituées… Concrètement, l’attrait pédophilique que certains ressentent est, à un niveau fantasmatique, une excitation sexuelle pour un corps prépubère, garçon ou fille. Cet attrait peut être exclusif (les sujets ne sont attirés que par des enfants) ou pas. Il peut aussi être ressenti par une personne qui a une orientation hétérosexuelle (et préférera les petites filles), homosexuelle (avec une attirance pour les petits garçons) ou bi. Des tas de gens, des médecins, des juges, des journalistes peuvent avoir ce fantasme qu’on ne choisit pas (de même que son orientation) sans pour autant passer à l’acte. Il n’y a pas de mécanicité.

    Mais des hommes franchissent le pas. Qu’ont-ils en commun ?

    On observe souvent une forme d’immaturité. Le pédophile peut avoir un QI brillant, mais se sentir comme un enfant au niveau affectif. Autre trait : un égocentrisme au carré, qui se traduit par une moindre capacité à réfléchir à ce qui se passe dans la tête des autres et un intérêt quasi exclusif pour leur propre sexualité et leurs fantasmes. Ces sujets présentent ce que nous, les psys, avons appelé «troubles de la personnalité». Ils ne sont pas en capacité de se demander quelle est la réalité sexuelle de l’autre. Et sont atteints d’une distorsion, une déformation cognitive qui les empêche de voir clairement ce qui est. Ainsi, ils vont mal interpréter le comportement d’un enfant. Qu’une petite fille sourie, et ils ont l’impression qu’elle leur fait du gringue. Ils mésinterprètent les discours et le comportement de l’enfant. Et projettent leur propre sexualité sur celle de l’enfant. En outre, ils érotisent tous les faits et gestes de ces enfants : un sourire donc, s’asseoir sur les genoux, prendre la main… Et interprètent une demande d’intérêt ou d’affection de l’enfant comme une demande sexuelle. C’est ce type de distorsion qui est le trait des délinquants sexuels. Mais je précise qu’en dépit de cette distorsion, ils connaissent l’interdit que représente la pédophilie. Ils en ont conscience. Et sont responsables de leurs actes.

    Parmi ceux qui passent à l’acte, y a-t-il des différences ?

    Il y a ceux qui culpabilisent, des fatalistes, des très égocentriques, uniquement centrés sur leur désir. Mais aussi des cyniques qui sont dans une mégalomanie de leur désir.

    Peut-on les repérer ?

    On ne peut pas scanner la vie fantasmatique des gens. Mais on peut avoir l’intuition des comportements qui dérapent. Des comportements de promiscuité. Ceux qui souvent s’isolent avec un enfant ou ont un chouchou… Il ne s’agit pas d’être parano, mais vigilant.

    Peut-on les soigner ?

    La sexualité humaine s’apprivoise quand on en parle à un autre être humain. Dans ma consultation, je reçois des sujets qui n’en sont qu’au stade du fantasme, d’autres qui sont passés à l’acte. La première chose à faire avec ces derniers est de clarifier la distorsion cognitive dont ils sont atteints. Dire : "Vous avez une attitude pédophile mais un enfant ne désire pas ça". Il s’agit de faire monter le niveau de lucidité. On peut leur apprendre une vie auto-érotique (masturbation), les aider à être plus structurés, plus au clair avec leur sexualité. Et à replacer leur attrait pédophile au niveau du fantasme. Nous pouvons aussi essayer de faire avancer l’âge de l’objet sexuel qu’ils désirent. La plupart d’entre nous, sans nous en rendre compte, à mesure que nous avançons en âge, désirons des partenaires plus âgés que lorsque nous avions 20 ans.

    Est-ce vraiment possible ?

    La sexualité est plus souple qu’on ne le croit. Il y a une certaine plasticité qui permet d’en faire passer certains qui n’étaient attirés que par des enfants à la peau soyeuse, sans poil, vers un désir pour de jeunes adultes. Cela ne marche pas toujours. Certains ne veulent pas changer. Et vous disent et redisent «les enfants ont une peau plus belle». C’est une idéalisation à laquelle ils tiennent, une forme de fétichisme.

    Comment l’Eglise peut-elle se dépêtrer de tout ça ?

    Comme toutes les institutions confrontées à ce genre d’affaires, elle a voulu laver son linge sale en famille. Mais, comme les autres, elle ne peut pas couvrir et doit répondre à la justice des hommes. Et se préoccuper de cette question. Ce que l’on pourrait conseiller à l’Eglise, c’est de parler vrai avec certains prêtres : beaucoup de gens parlent quand ils se sentent devinés. Quand on soupçonne quelqu’un de pédophilie, il faut donc lui en parler. Quitte à s’être trompé.

  • Eugénisme euthanasique des personnes atteintes de démence

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    Du Bulletin d'Information de l'Institut Européen de Bioéthique :

    Eugénisme euthanasique des personnes atteintes de démence

    Dans une lettre ouverte du 6 octobre dernier, le Prof. et Président de la Commission fédérale d’évaluation et de contrôle de l’euthanasieWim Distelmans demande de modifier la loi pour permettre l’euthanasie des personnes démentes.

    Selon la loi en vigueur, les patients ne peuvent obtenir l’euthanasie que s’ils sont conscients et capable de discernement. La déclaration anticipée d’euthanasie, qui n’est exécutée qu’en cas de coma irréversible, est donc sans effet si le patient est atteint de démence.

    Le Prof. Distelmans décrit la situation à laquelle font face de nombreux patients déments, leurs proches aidants et leurs médecins : les aidants naturels sont souvent épuisés, les personnes atteintes de démence restent trop souvent seules chez elles, ne bénéficiant pas de soins résidentiels adaptés et particulièrement agréables. Il s’inquiète de ce qu’on prévoie d’ici 2035 une augmentation de la moitié du nombre de personnes démentes. Les personnes atteintes d’Alzheimer sont en effet de plus en plus nombreuses (Voir Bulletin de l’IEB), alors que « les budgets de recherche d’une thérapie efficace de la maladie d’Alzheimer et d’autres processus de démence ont récemment été considérablement réduits en raison de résultats trop coûteux et insuffisants ». La solution serait donc, selon lui, l’euthanasie pour les personnes démentes.

    Au Canada, selon une étude menée par l’Université de Sherbrooke, 91% des aidants proches seraient d’accord pour étendre l’euthanasie aux personnes inaptes en phase terminale (moyennant des signes de détresse et une directive anticipée), et 72% des aidants proches y seraient favorables même sans directive anticipée. Une autre étude, menée par l’Association des proches aidants de la Capitale-Nationale(Québec, octobre 2017) montre la détresse des proches aidants : 36% des proches aidants songent à abandonner en raison du poids de toutes leurs responsabilités, 57% disent ressentir « une forme de pression pour accélérer le départ de la personne aidée ». On saisit le poids et la fatigue des proches tentés de proposer et de suggérer l’euthanasie à leurs parents…

    Comment ne pas craindre des euthanasies non voulues par le patient, qui changerait d’avis entre le moment de sa déclaration et celui où l’on va exécuter cette demande ?

    Source : VRT  et les 2 études canadiennes

  • La vie humaine est précieuse, sacrée et inviolable...

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    De Vatican News (Cyprien Viet) :

    Audience générale: la vie humaine est précieuse, sacrée et inviolable

    Dans le cadre de l’audience générale de ce mercredi 17 octobre, tenue sur la Place Saint-Pierre, le Pape François a poursuivi sa série de catéchèses sur les Dix commandements, en revenant une nouvelle fois sur cette parole clé : «Tu ne tueras point».

    «Nous avons déjà souligné comment ce commandement révèle qu’aux yeux de Dieu la vie humaine est précieuse, sacrée et inviolable, a martelé le Pape François. Personne ne peut mépriser la vie des autres ni sa propre vie ; l’homme en effet, porte en lui-même l’image de Dieu et il est l’objet de son amour infini, quelle que soit la condition dans laquelle il a été appelé à l’existence», a précisé le Souverain pontife.

    François a expliqué qu’il existe des meurtres physiques mais aussi des meurtres symboliques, quand on insulte, diffame ou méprise l’autre. Dans l’Évangile,  Jésus invite à interrompre les offrandes au temple et à d’abord se réconcilier avec son frère. «Nous aussi, quand nous allons à la messe, nous devrions avoir cette attitude de réconciliation avec les personnes avec lesquelles nous avons eu des problèmes», a remarqué le Pape François.

    Une parole peut suffire à tuer

    Nos mots, nos paroles peuvent aussi blesser et tuer. «Pour offenser l’innocence d’un enfant, une phrase inopportune suffit. Pour blesser une femme, un geste de froideur peut suffire. Pour briser le cœur d’un jeune il suffit de lui refuser la confiance. Pour annihiler un homme, il suffit de l’ignorer. C’est comme dire à l’autre personne : “Tu es un mort pour moi”, parce que tu l’as tué dans ton cœur», a averti le Saint-Père.

    Comme Caïn dans la Bible, cruel et indifférent vis-à-vis de son frère, nous aussi nous nous détournons parfois de ceux dont nous devrions prendre soin. Mais «aucun de nous ne peut survivre sans miséricorde, nous avons tous besoin du pardon», a répété le Pape François. Il ne suffit donc pas de ne pas faire le mal, comme un minéral ou une plante, comme les pavés de la Place Saint-Pierre, qui sont là, à leur place, mais ne font rien. Il faut faire le bien, activement. «“Tu ne tueras point” est un appel à l’amour et à la miséricorde, un appel à vivre selon le Seigneur Jésus, qui a donné la vie pour nous, et qui est ressuscité pour nous», a précisé le Saint-Père.

  • Inadmissible, la peine de mort ? Tel n'est pas l'enseignement constant de l'Eglise.

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    De Cyrille Dounot, Doctorant en histoire du droit et des institutions à l'Université de Toulouse, sur le site de la revue Catholica

    Une solution de continuité doctrinale. Peine de mort et enseignement de l’Église 

    « Si l’Évangile interdit aux États d’appliquer jamais la peine de mort, saint Paul lui-même alors a trahi l’Évangile » Cardinal Journet [1]

    Le 11 mai 2018, lors d’une audience concédée au préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le pape a approuvé une nouvelle version du § 2267 du Catéchisme de l’Église catholique (CEC) indiquant notamment : « L’Église enseigne, à la lumière de l’Évangile, que la peine de mort est inadmissible. » Cette modification doctrinale est actée par un simple rescrit, réponse écrite d’ordre administratif, donné lors d’une audience ordinaire, ex Audentia Sanctissimi.

    Daté du 1er août 2018, il indique seulement que le nouveau texte sera promulgué « par impression dans LOsservatore Romano, entrant en vigueur le même jour, et ensuite sera publié dans les Acta Apostolicæ Sedis ». Il s’agit d’un texte juridique de faible envergure, employé ordinairement pour des questions règlementaires, et non doctrinales. De surcroît, l’approbation pontificale de ce nouveau paragraphe n’a pas été faite en « forme spécifique », qui abrogerait toute disposition antérieure traitant du même sujet. Le texte latin porte que le pape en a simplement « approuvé la formulation ». Il s’agit d’une approbation en « forme générique », permettant de soutenir que les dispositions antérieures contraires peuvent être tenues pour toujours valables. Enfin, ce texte de forme juridique mineure cache mal un mépris des formes et des institutions, en établissant que son entrée en vigueur dépend d’une publication dans la presse officieuse du Saint-Siège (dérogeant au principe établi par le can. 8, §1), laissant dédaigneusement au journal officiel du Vatican le soin d’en assurer une copie.

    En cela, cette modification du CEC s’éloigne grandement du formalisme respecté tant pour l’adoption du texte originel, par la constitution apostolique Fidei depositum, le 11 octobre 1992, que pour sa révision en 1997, par la lettre apostolique Laetamur magnopere, aboutissant à l’édition typique en latin, texte faisant foi et non modifié depuis. Le changement opéré n’obéit aucunement à une procédure semblable, et ne respecte aucun parallélisme des formes. Il provient initialement non d’un concile œcuménique, soutenu par un synode des évêques épaulé par une commission de spécialistes, mais d’une idée particulière au pontife régnant, exprimée dès le début de son pontificat dans des textes dépourvus de forte autorité magistérielle. Il s’agit d’une Lettre aux participants au XIXe Congrès de l’Association internationale de droit pénal et du IIIe Congrès de l’Association latino-américaine de droit pénal et de criminologie, le 30 mai 2014, d’un Discours à une délégation de l’Association Internationale de Droit Pénal, le 23 octobre 2014, ou encore d’une Lettre au président de la Commission internationale contre la peine de mort, le 20 mars 2015.

    La formulation nouvelle du paragraphe en question s’en ressent, puisque l’unique autorité doctrinale citée à l’appui du propos est un autre texte du même pontife, un Discours aux participants à la rencontre organisée par le Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, daté du 11 octobre 2017.

    Cette approche externe ne doit pas occulter le point le plus délicat, et le plus douloureux de cette expression de la volonté pontificale, à savoir la solution de continuité doctrinale. Quelle que soit la manière d’aborder la question, le catholique est placé devant un mystère, sinon d’iniquité, du moins de l’entendement. Jusqu’au pape actuel, le catéchisme exposait que « l’enseignement traditionnel de l’Église n’exclut pas, quand l’identité et la responsabilité du coupable sont pleinement vérifiées, le recours à la peine de mort » (CEC, § 2267) ; désormais, le pape affirme que ce recours est inadmissible, « à la lumière de l’Évangile ». Les positions semblent inconciliables, et nous laissons le dénouement de ce problème aux théologiens et aux pasteurs. Contentons-nous d’évoquer d’abord l’enseignement pérenne de l’Église sur la question de la peine de mort, et ensuite d’évaluer les raisons apportées à un tel revirement.

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  • Inde : plusieurs ONG s’inquiètent des avortements sélectifs contre les filles

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    Du site "Eglises d'Asie" (Missions Etrangères de Paris) :

    Inde : plusieurs ONG s’inquiètent des avortements sélectifs contre les filles

    16/10/2018

    À l’occasion de la Journée internationale des filles, lancée par les Nations unies et organisée le 11 octobre, plusieurs mouvements et ONG ont lancé une campagne contre les avortements massifs de fœtus féminins dans le pays, lors d’un programme organisé le 10 octobre dans la capitale. L’ONG Population research institute rappelle qu’entre 2000 et 2014, l’Inde a enregistré au moins 12,7 millions d’avortements sélectifs basés sur le sexe. Le recensement de 2011 indique également que le nombre de filles âgées de moins de six ans est passé de 78,83 millions en 2001 à 75,84 millions en 2011.

    Des mouvements contre l’avortement et d’autres groupes se sont joints aux efforts du gouvernement qui cherchent à rétablir la proportion des sexes en Inde, biaisée par l’avortement massif de fœtus féminins. Selon l’ONG américaine Population research institute, on comptait en Inde, entre 2000 et 2014, au moins 12,7 millions d’avortements sélectifs basés sur le sexe. La veille de la Journée internationale des filles, lancée par les Nations unies, plusieurs groupes ont donc participé à un programme organisé sur une place publique de la capitale, New Delhi, afin d’insister sur l’importance de protéger les filles. Le 10 octobre, l’ONG chrétienne Alliance Defending Freedom-India, opposée à l’avortement, a organisé un évènement afin de sensibiliser la population sur les problèmes posés par les avortements sélectifs et par les violences domestiques. « Les filles et les garçons ont le même droit à la vie et à la liberté », a soutenu Tehmina Arora, directeur d’ADF India« Notre pays ne peut se permettre de perdre ses petites filles à cause de la discrimination et de la maltraitance. »

    En 2015, Maneka Gandhi, ministre des Femmes et du Développement de l'enfant, a déclaré que les avortements sélectifs sont responsables de « la mort de 2 000 filles par jour » dans le pays. Traditionnellement, les familles hindoues préfèrent souvent avoir des fils plutôt que des filles pour des raisons économiques et religieuses. Les filles sont souvent considérées comme un poids financier parce que les familles doivent trouver de l’argent et des bijoux en dot pour leur mariage. Parmi d’autres facteurs responsables se trouvent également la continuité des lignées familiales ainsi que le rôle des hommes dans les rituels hindous, y compris les prières qui sont dites après la mort d’un homme. Avec l’augmentation des familles nucléaires, certaines femmes subissent plusieurs avortements dans l’objectif d’avoir un garçon, soutient Tehmina Arora.

    Appel à appliquer la loi

    Le recensement de 2011 montre que le nombre de filles âgées de moins de six ans est passé de 78,83 millions en 2001 à 75,84 millions en 2011. Afin d’encourager les familles à avoir des filles, le gouvernement a lancé la campagne « Beti Bachao, Beti Padhao » (« sauvez les filles, éduquez vos filles ») en 2015. Le gouvernement a également lancé d’autres programmes afin d’encourager les familles à accepter les filles. « Le futur de l’Inde est étroitement lié aux vies des filles et des femmes dans le pays », souligne Tehmina Arora. Manoj Kumar, un artiste dont le groupe a présenté un théâtre de rue au cours du programme organisé le 10 octobre, confie que le système patriarcal indien est également responsable de « l’oppression des femmes » et des violences contre elles dans les familles. Bien que l’avortement soit légal en Inde, les diagnostics prénatals dans le but de déterminer le sexe du fœtus ont été interdits en 1994 dans une tentative de renverser la tendance. Tehmina Arora, comme d’autres, soutient que plusieurs établissements de santé à travers le pays utilisent discrètement des échographes afin de déterminer le sexe des fœtus, avant de pratiquer des avortements sans les enregistrer. ADF-India a lancé une campagne en 2016 appelée « Vanishing girls » (« Filles disparues »), appelant à l’application stricte de la loi concernant l’interdiction de ces pratiques.

    (Avec Ucanews, New Delhi)

  • Bioéthique : tout est lié !

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    Du site "Ecologie humaine" : 

    BIOÉTHIQUE : TOUT EST LIÉ !

    Tribune de Blanche Streb, auteur de Bébés sur mesure : le monde des meilleurs, paru en juin 2018 aux éditions Artège. Ce propos est issu d’une conférence tenue le 3 octobre 2018 à Sainte Foy-Lès-Lyon.

    « Chers tous,

    Certains enfants sont déjà en âge de prononcer ces quatre mots : « Je suis un OGM », un organisme génétiquement modifié…

    Ils sont nés d’une technique de procréation artificielle qu’on appelle la Fécondation In Vitro à trois parents, ou FIV 3 parents. Pour se faire, on utilise deux ovules – l’un de la femme souhaitant être mère biologique, l’autre d’une donneuse – et un spermatozoïde. Trois personnes sont donc intervenues dans la conception de ces enfants.

    On peut dire que ce sont des bébés génétiquement modifiés car ils sont créés dès leur première cellule, avec l’ADN de trois personnes. Ils sont nés en Ukraine, au Mexique : où ce n’est pas autorisé mais tout simplement pas interdit. C’est déjà légalisé au Royaume-Uni et le sera peut-être un jour en France.

    Cette FIV 3 parents a pour objectif affiché d’éviter des maladies graves et rares. Mais cette technique ne guérit personne ; elle fabrique quelqu’un…

    La FIV 3 parents fait de l’enfant ainsi né un cobaye, le cobaye de la technique qui a contribué à le faire naitre. Ni sûre ni efficace. Ce n’est même plus un essai sur l’homme, c’est un essai d’homme.

    Derrière cet objectif affiché se cache une autre réalité : un prétendu rajeunissement des ovules. Qui constitue un grand marché que certains entendent bien exploiter pour leur propre profit.

    Et voilà comment en quelques lignes, vous venez de plonger dans des problématiques bien réelles de bioéthique

    La bioéthique rassemble les questions qui touchent à l’éthique et à la vie ; questions morales qui concernent la recherche, la biologie, la génétique, la santé…

    Vous sentez-vous concerné par la bioéthique ?

    Peut-être pas. Peut-être pas encore. Pourtant les biotechnologies s’intéressent tant à l’homme…. nous devrions aussi nous y intéresser !

    Les mauvaises décisions prises en matière de bioéthique ont un impact concret sur notre société.

    « Rien de ce monde ne nous est indifférent ». Voilà une phrase du Pape François qui bouscule. Laudato Si’ est une encyclique éclairante qui nous invite à changer le monde. Changer le monde ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Peut-être d’abord essayer de changer soi-même, pour commencer…

    Voici trois prises de conscience majeures auxquelles nous invite Laudato Si’.

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  • Comment est-il possible que la conscience d’un prêtre soit si profondément obscurcie ?

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    Lu sur ProLiturgia.org :

    Au sujet des « problèmes » qui secouent actuellement l’Eglise, l’abbé Henri Vallançon, curé d’un secteur paroissial qui compte douze clochers dans le diocèse de Coutances, écrit : « (...) Ce qui me frappe dans les réactions officielles, c’est leur impuissance à s’élever au-delà du registre émotionnel et à identifier les causes du mal. La pédophilie de ces prêtres viendrait de leur « cléricalisme » et de leur « séparation », de leur prise excessive de distance vis-à-vis des autres, etc. On se rapproche le plus possible des arguments qui conviennent aux médias, pour négocier leur indulgence.

    Outre que tous les cas que je connais contredisent ces explications, la question de fond me semble la suivante : comment est-il possible que la conscience d’un prêtre soit si profondément obscurcie qu’il en vienne à poser des actes aussi graves ? Depuis quelques décennies, un mouvement général de sécularisation du prêtre s’est emparé du clergé ; un climat anti-juridique et anti-doctrinal s’est développé au profit de postures soi-disant pastorales ; les signes distinctifs visibles ont été abandonnés dans l’habit et dans le comportement. Malaise autour des concepts de loi et de dogme, effacement des justes frontières dans les relations humaines… Comment, dans ces conditions, le prêtre peut-il garder vive la conscience qu’avec l’onction sacerdotale reçue au jour de son ordination, il est un être consacré, mis à part par le Christ pour être totalement dédié à Son service ? Peu à peu, tout se banalise. Si ce qui est le plus sacré se désacralise, le plus grave devient anodin.

    Depuis quelques décennies, au catéchisme, dans les séminaires diocésains, dans les homélies, se sont radicalement estompées de la formation de la conscience morale : une définition claire du péché originel, à cause duquel nul ne peut être sauvé sans la grâce de Dieu que confèrent les sacrements ; la possibilité du péché mortel, dont la conséquence est la damnation éternelle ; l’existence d’actes intrinsèquement pervers, indépendamment de l’intention de celui qui les pose ; la nécessité de l’ascèse et du sacrement de pénitence pour lutter contre le mal ; l’obéissance à la volonté de Dieu et l’acceptation de tous les sacrifices à consentir pour ne jamais la transgresser ; la place d’honneur faite à la vertu de chasteté, dans le mariage comme dans le célibat consacré ; la mise en garde vis-à-vis du monde et de ses sollicitations qui souillent la pureté de l’âme… Tant que les hommes d’Eglise ne renoueront pas avec la prédication de ces vérités évangéliques, ils se laisseront eux-mêmes corrompre par le mal qu’ils ne combattent plus et entraîneront dans leur dérive ceux auxquels ils s’adressent. (...) »

    Source : « La Manche Libre », 4 octobre.