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Eglise - Page 4

  • Selon Annie Laurent, les chrétiens d’Orient ont besoin de se réapproprier leur vocation

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    Du site du journal "L'Orient - Le Jour" :

    Annie Laurent : Les chrétiens d’Orient ont besoin de se réapproprier leur vocation

    ESSAI

    Pour l’essayiste, « le modèle libanais dépend du maintien d’une influence réelle de ses chrétiens sur les institutions et la culture ».

    Rien n’arrêtera Annie Laurent dans sa défense des chrétiens d’Orient. Depuis Guerres secrètes au Liban (1987), c’est une battante qui consacre d’incalculables conférences, articles, émissions à ce sujet. Elle est de surcroît une spécialiste académique de l’islam. Son essai, Les chrétiens d’Orient vont-ils disparaître ?, s’attaque aux problèmes actuels sociopolitiques et moraux des chrétiens dans un entourage de plus en plus hostile, miné par les guerres pernicieuses où se mêlent les grandes puissances sans connaissance approfondie ni considération des vicissitudes de l’histoire. 

    Il y a plus de 30 ans, vous découvriez le Proche-Orient, auquel vous avez consacré une thèse à l’Université de Paris. Depuis lors, vous êtes reconnue comme une spécialiste de notre région, notamment dans ses composantes religieuses, ce qui vous a valu de participer en tant qu’experte au synode pour le Moyen-Orient (Rome 2010). Votre dernier livre* porte un double titre, qui semble paradoxal. Pouvez-vous nous l’expliquer ?

    Le titre principal, Les chrétiens d’Orient vont-ils disparaître ?, veut attirer l’attention de mes lecteurs en France sur la menace existentielle qui pèse sur l’avenir du christianisme dans son berceau d’origine. Certes, les chrétiens d’Orient suscitent un regain d’intérêt dans mon pays, mais je le trouve trop limité à l’aide humanitaire et à l’approche sociologique. Pour réagir à cette insuffisance, je propose une réflexion en profondeur sur ce que les chrétiens proche-orientaux ont à apporter à leurs sociétés, aussi bien dans les pays arabes qu’en Iran, en Turquie et en Israël. Je dresse un état des lieux sociopolitique actuels dans toutes ces contrées, précédé par l’histoire et l’identité de chaque Église, ainsi que l’explication de leurs options face aux défis redoutables qu’elles affrontent. Ainsi, on n’est pas chrétien de la même manière selon qu’on appartient à telle ou telle communauté ou à tel ou tel pays. Mon intention est de faire comprendre cette complexité ; ce n’est pas suffisant, d’où le sous-titre, Une vocation pour toujours, qui veut encourager l’espérance. Il est essentiel que les chrétiens orientaux reprennent conscience des exigences de leur baptême. En me gardant de juger qui que ce soit et en m’appuyant sur les recommandations émises par Benoît XVI dans son exhortation apostolique Ecclesia in Medio Oriente, j’observe les fragilités qui affaiblissent aussi bien les hiérarchies religieuses que les laïcs : mondanité, amour de l’argent et des apparences, sécularisation, crise de la famille, imitation servile des mœurs occidentales, etc. Mais je suis aussi attentive aux admirables témoignages de sainteté que donnent tant d’Orientaux chrétiens. 

    L’une des causes de l’affaiblissement du christianisme au Proche-Orient ne résulte-t-elle pas de l’insuffisante solidarité entre Églises ?  

    Certainement ! L’unité est primordiale face aux défis auxquels sont confrontés les chrétiens au Levant, ceux-ci en sont de plus en plus conscients, comme le montre la création de structures vouées à la concertation, mais cela ne suffit pas. Les chrétiens ont à se libérer des conditionnements hérités d’une longue histoire tourmentée qui a engendré des mentalités confessionnelles. Je pense d’abord à l’éclatement de l’Église indivise des premiers siècles ; à partir du VIIe siècle, l’irruption de l’islam, profitant de ces divisions, a accru les clivages. Puis, l’instauration de la dhimmitude a poussé de trop nombreux chrétiens à se faire musulmans pour échapper à ce régime humiliant. Quant au millet** mis en place par l’Empire ottoman, il a accru les rivalités et la méfiance des Églises entre elles, dans un rapport malsain à l’autorité musulmane. De la communion entre chrétiens dépend aussi la crédibilité et l’efficacité du témoignage évangélique. Dans mon livre, je décris les progrès accomplis pour relever le défi de l’unité, mais aussi les échecs. Je n’oublie pas que Rome est elle aussi appelée à mieux respecter les particularités orientales pour rassurer les Églises qui sont encore séparées. 

    À l’aune des changements géopolitiques au Proche-Orient, comment voyez-vous les rapports entre les religions qui le composent ? 

    Entre musulmans de diverses obédiences et nationalités, la haine atteint un niveau terrifiant, si bien que l’on peut craindre l’éclatement de la région sur des bases ethniques et confessionnelles. Pour les chrétiens, l’alliance des minorités est un piège si, au nom de la solidarité et de la sécurité, elle conduit à les séparer de leur environnement. Or ce concept est promu au niveau stratégique par les dirigeants d’Israël, qui cherchent chez eux à séparer leurs citoyens arabes, selon qu’ils sont chrétiens ou musulmans. En entrant dans ce jeu, les chrétiens renonceraient à leur vocation missionnaire et médiatrice, privant les non-chrétiens des bienfaits de l’Évangile. Ils ont donc raison de réclamer de tous les États l’adoption du concept de citoyenneté. 

    Le Liban, confronté à l’installation massive de réfugiés étrangers et à l’émigration incessante de ses chrétiens, n’est-il pas menacé dans son identité et sa vocation ? 

    Évidemment... La pérennité du Liban en tant que modèle dépend du maintien d’une influence réelle de ses chrétiens sur les institutions et la culture, ce qui, outre un taux démographique suffisant, exige de leur part une réelle conscience de leurs responsabilités. Ils sont donc appelés à une forme de conversion pour renoncer à des pratiques archaïques en vue de faire prévaloir le bien commun, au bénéfice de tous, et surtout de la paix. Avec sa formule unique, le Liban n’est-il pas le ferment providentiel placé dans la masse et qui doit lever grâce à l’intercession de ses saints ? 

    *Éd. Salvator, 2017. 

    **Nation (sous-entendu confessionnelle).

  • Homélie du pape Benoît XVI pour le Dimanche "in albis" et Dimanche de la Miséricorde

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    HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI pour le deuxième dimanche de Pâques (archive, 15 avril 2007)

    Chers frères et sœurs,

    selon une antique tradition, le dimanche d'aujourd'hui prend le nom de Dimanche "in Albis". En ce jour, les néophytes de la veillée pascale revêtaient une fois de plus leur habit blanc, symbole de la lumière que le Seigneur leur avait donnée dans le Baptême. Par la suite, ils devaient déposer leur habit blanc, mais devaient introduire la nouvelle luminosité qui leur avait été conférée dans leur vie quotidienne; ils devaient préserver avec soin la flamme délicate de la vérité et du bien que le Seigneur avait allumée en eux, pour apporter ainsi dans notre monde un peu de la lumière et de la bonté de Dieu.

    Le Saint-Père Jean-Paul II voulut que ce dimanche soit célébré comme la Fête de la Divine Miséricorde:  dans la parole "miséricorde", il trouvait résumé et à nouveau interprété pour notre époque tout le mystère de la Rédemption. Il vécut sous deux régimes dictatoriaux, et, au contact de la pauvreté, de la nécessité et de la violence, il ressentit profondément la puissance des ténèbres, qui menace le monde également à notre époque. Mais il fit également l'expérience, avec tout autant de force, de la présence de Dieu qui s'oppose à toutes ces forces à travers son pouvoir totalement différent et divin:  avec le pouvoir de la miséricorde. C'est la miséricorde qui met une limite au mal. En elle s'exprime la nature toute particulière de Dieu - sa sainteté, le pouvoir de la vérité et de l'amour. Il y a deux ans, après les premières Vêpres de cette fête, Jean-Paul II achevait son existence terrestre. En mourant, il est entré dans la lumière de la Divine Miséricorde, dont il nous parle à présent de façon nouvelle, au-delà de la mort et à partir de Dieu. Ayez confiance - nous dit-il - dans la Divine Miséricorde! Devenez jour après jour des hommes et des femmes de la miséricorde de Dieu! La miséricorde est l'habit de lumière que le Seigneur nous a donné dans le Baptême. Nous ne devons pas laisser s'éteindre cette lumière; au contraire, elle doit croître en nous chaque jour et apporter ainsi au monde l'annonce joyeuse de Dieu.

    Ces jours particulièrement illuminés par la lumière de la divine miséricorde coïncident précisément avec une occasion pour moi significative:  je peux porter mon regard en arrière sur 80 années de vie. Je salue tous ceux qui sont réunis pour célébrer avec moi cet anniversaire. Je salue avant tout Messieurs les Cardinaux, avec une pensée particulièrement reconnaissante pour le Doyen du Collège cardinalice, Monsieur le Cardinal Angelo Sodano, qui s'est fait l'interprète qualifié des sentiments communs. Je salue les Archevêques et les Evêques, parmi lesquels les Auxiliaires du diocèse de Rome, de mon diocèse; je salue les Prélats et les autres membres du clergé;  les  religieux et les religieuses, ainsi que tous les fidèles présents. J'adresse en outre une pensée respectueuse et reconnaissante aux personnalités politiques et aux membres du Corps diplomatique, qui ont voulu m'honorer de leur présence. Je salue enfin, avec une affection fraternelle, l'envoyé personnel du Patriarche oecuménique Bartholomaios I, Son Eminence Ioannis, Métropolite de Pergame, en exprimant ma satisfaction pour son geste cordial et en souhaitant que le dialogue théologique entre catholiques et orthodoxes puisse se poursuivre avec une énergie renouvelée.

    Nous sommes rassemblés ici pour réfléchir sur le déroulement d'une longue période de mon existence. Bien sûr, la liturgie ne doit pas servir à parler de son moi, de soi-même; toutefois, notre propre vie peut servir pour annoncer la miséricorde de Dieu. "Venez, écoutez que je raconte, vous tous les craignant-Dieu, ce qu'il a fait pour mon âme" dit un Psaume (65, [66], 16). J'ai toujours considéré comme un grand don de la Divine Miséricorde que la naissance et la renaissance m'aient été accordées, pour ainsi dire, le même jour sous le signe du début de Pâques. Ainsi, le même jour, je suis né membre de ma propre famille et de la grande famille de Dieu. Oui, je rends grâce à Dieu car j'ai pu faire l'expérience de ce que signifie la "famille"; j'ai pu faire l'expérience de ce que signifie la paternité, de sorte que la parole sur Dieu comme Père est devenue compréhensible pour moi de l'intérieur; sur la base de l'expérience humaine m'a été dévoilé l'accès au Père grand et bienveillant qui est au ciel.  Devant Lui, nous avons une responsabilité, mais dans le même temps, Il nous donne confiance, car dans sa justice transparaît toujours la miséricorde et la bonté avec lesquelles il accepte également notre faiblesse et nous soutient, de sorte que peu à peu, nous pouvons apprendre à marcher droit. Je rends grâce à Dieu car j'ai pu faire l'expérience profonde de ce que signifie la bonté maternelle, toujours ouverte à celui qui cherche un refuge, et précisément ainsi, en mesure de me donner la liberté. Je rends grâce à Dieu de m'avoir donné ma sœur et mon frère qui, par leur aide, ont été fidèlement proches de moi le long du chemin de la vie. Je rends grâce à Dieu pour les compagnons rencontrés sur mon chemin, pour les conseillers et les amis qu'Il m'a donnés. Je rends grâce en particulier car, dès le premier jour, j'ai pu entrer et croître dans la grande communauté des croyants, dans laquelle est grande ouverte la frontière entre vie et mort, entre ciel et terre; je rends grâce d'avoir pu apprendre tant de choses en puisant à la sagesse de cette communauté, dans laquelle ne sont pas seulement contenues les expériences humaines depuis les temps les plus reculés:  la sagesse de cette communauté n'est pas seulement sagesse humaine, mais en elle parvient à nous la sagesse même de Dieu - la Sagesse éternelle.

    Dans la première lecture de ce dimanche, nous est raconté que, à l'aube de l'Eglise naissante, les personnes portaient les malades sur les places, afin que, lorsque Pierre passait, son ombre les couvrît:  on attribuait à cette ombre une force de guérison. En effet, cette ombre provenait de la lumière du Christ et comportait donc quelque chose du pouvoir de la bonté divine. L'ombre de Pierre, à travers la communauté de l'Eglise catholique, a recouvert ma vie depuis le début, et j'ai appris que c'est une ombre bonne - une ombre qui guérit, car, justement, elle provient en définitive du Christ lui-même. Pierre était un homme avec toutes les faiblesses d'un être humain, mais surtout, c'était un homme plein de foi passionnée dans le Christ, plein d'amour pour Lui. A travers sa foi et son amour, la force de guérison du Christ, sa force d'unification, est arrivée aux hommes, bien que mêlée à toute la faiblesse de Pierre. Cherchons aujourd'hui également l'ombre de Pierre, pour demeurer dans la lumière du Christ!

    Naissance et renaissance; famille terrestre et grande famille de Dieu - tel est le grand don des multiples miséricordes de Dieu, le fondement sur lequel nous nous appuyons. En poursuivant sur le chemin de la vie, je rencontrai ensuite un don nouveau et exigeant:  l'appel au ministère sacerdotal. En la fête des saints Pierre et Paul de 1951, lorsque, avec quarante compagnons, nous nous trouvâmes dans la Cathédrale de Freising, étendus sur le sol et que tous les saints furent invoqués sur nous, la conscience de la pauvreté de mon existence face à ce devoir me pesait. Certes, le fait que la protection des saints de Dieu, des vivants et des morts, soit invoquée sur nous était un réconfort. Je savais que je n'aurais pas été seul. Et quel réconfort me procuraient les paroles de Jésus que, par la suite, au cours de la liturgie de l'Ordination, nous pûmes entendre des lèvres de l'Evêque:  "Je ne vous appelle plus serviteurs, mais amis". J'ai pu en faire l'expérience profonde:  Lui, le Seigneur, n'est pas seulement Seigneur, mais également ami. Il a posé sa main sur moi et ne me quittera pas. Ces paroles étaient prononcées alors que l'on conférait la faculté d'administrer le Sacrement de la réconciliation et ainsi, au nom du Christ, de pardonner les péchés. C'est la même chose que nous avons écoutée aujourd'hui dans l'Evangile:  le Seigneur souffle sur ses disciples. Il leur accorde son Esprit - l'Esprit Saint:  "Ceux à qui vous remettez les péchés, ils leur seront remis...". L'Esprit de Jésus Christ est la puissance du pardon. C'est la puissance de la Divine Miséricorde. Elle donne la capacité de recommencer depuis le début - toujours à nouveau. L'amitié de Jésus Christ est l'amitié de Celui qui fait de nous des personnes qui pardonnent, de Celui qui nous pardonne aussi, nous relève continuellement de notre faiblesse et précisément ainsi, nous éduque, diffuse en nous la conscience du devoir intérieur de l'amour, du devoir de répondre à sa confiance avec notre fidélité.

    Dans le passage évangélique d'aujourd'hui, nous avons également écouté le récit de la rencontre de l'apôtre Thomas avec le Seigneur ressuscité:  il est accordé à l'apôtre de toucher ses blessures et ainsi, il le reconnaît - il le reconnaît, au-delà de l'identité humaine de Jésus de Nazareth, dans son identité véritable et plus profonde:  "Mon Seigneur et mon Dieu!" (Jn 20, 28). Le Seigneur a apporté avec lui ses blessures dans l'éternité. C'est un Dieu blessé; il s'est laissé blesser par l'amour pour nous. Les blessures sont pour nous le signe qu'Il nous comprend et qu'il se laisse blesser par l'amour pour nous. Comme nous pouvons nous aussi toucher ses blessures dans l'histoire de notre temps! En effet, il se laisse toujours blesser à nouveau pour nous. Quelle certitude de sa miséricorde et quel réconfort celles-ci signifient pour nous! Et quelle certitude nous donnent-elles sur ce qu'Il est:  "Mon Seigneur et mon Dieu!". Et combien elles constituent pour nous un devoir de nous laisser blesser à notre tour pour Lui!

    Les miséricordes de Dieu nous accompagnent jour après jour. Il suffit que nous ayons le cœur vigilant pour pouvoir les percevoir. Nous sommes trop enclins à ressentir uniquement la difficulté quotidienne qui nous a été imposée en tant que fils d'Adam. Si toutefois, nous ouvrons notre cœur, alors, nous pouvons, même plongés en elle, constater sans cesse également combien Dieu est bon avec nous; combien Il pense à nous précisément dans les petites choses, nous aidant ainsi à atteindre  les  grandes.  Avec le poids accru de la responsabilité, le Seigneur a apporté également une nouvelle aide dans ma vie. Je vois constamment avec une joie reconnaissante combien est grande la foule de ceux qui me soutiennent par leur prière; qui, avec leur foi et leur amour, m'aident à accomplir mon ministère; qui sont indulgents avec ma faiblesse, reconnaissant également dans l'ombre de Pierre la lumière bénéfique de Jésus Christ. C'est pour cela que je voudrais en cette heure rendre grâce de tout cœur au Seigneur et à vous tous. Je voudrais conclure cette homélie par la prière du saint Pape Léon le Grand, cette prière qu'il y a trente ans précisément, j'ai écrite sur l'image-souvenir de ma consécration épiscopale:  "Priez notre bon Dieu, afin qu'il veuille en nos jours renforcer la foi, multiplier l'amour et accroître la paix. Qu'il me rende, moi, son misérable serviteur, apte à accomplir son devoir et utile à votre édification et qu'il m'accorde d'exercer mon service de telle sorte que, avec le temps donné, s'accroisse mon dévouement. Amen".

  • Le dimanche de la Divine Miséricorde

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    Nous lisons sur Evangile au quotidien :

    Deuxième dimanche de Pâques
    Dimanche de la Divine Miséricorde - Dimanche de saint Thomas

              Au terme de l'octave pascale - toute la semaine n'est considérée que comme un seul jour célébrant « la fête des fêtes » (saint Augustin) -, le deuxième dimanche de Pâques inaugure l'octave de dimanches qui mène jusqu'à la Pentecôte, comme aussi un jour unique de fête, un « grand dimanche » (saint Athanase) d'allégresse, manifestée par la flamme du cierge pascal qui brûle près de l'ambon.

            Ce dimanche a porté de nombreux noms :

    • ce fut le dimanche in albis (« en blanc ») car, ce jour-là, les baptisés de Pâques revêtent pour la dernière fois le vêtement blanc de leur naissance nouvelle.
    • Ce fut le dimanche de Quasimodo, du premier mot latin de l'antienne d'ouverture de la messe : « Comme des enfants nouveau-nés ont soif du lait qui les nourrit, soyez avides du lait pur de la Parole, afin qu'il vous fasse grandir pour le salut, alléluia ! »
    • Et, depuis le 30 avril 2000, le pape Jean-Paul II a demandé qu'il soit fêté comme le « dimanche de la Divine Miséricorde », selon la demande faite par le Christ à sœur Faustine Kowalska, canonisée ce jour-là : « Je désire qu'il y ait une fête de la Miséricorde. Je veux que cette image que tu peindras avec un pinceau, soit solennellement bénie le premier dimanche après Pâques, ce dimanche doit être la fête de la Miséricorde » (1931).

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  • Dimanche in albis

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    Selon une tradition ancienne, ce dimanche, le premier après celui de Pâques, s'appelle dimanche in albis. En ce jour, les néophytes de la veillée pascale revêtaient une fois encore leur vêtement blanc, symbole de la lumière que le Seigneur leur avait donnée au baptême. Ils déposaient ensuite ce vêtement blanc, mais la luminosité nouvelle qui leur avait été communiquée, ils devaient la faire entrer dans leur vie quotidienne. La flamme délicate de la vérité et du bien que le Seigneur avait allumée en eux, il devaient la conserver avec diligence pour apporter ainsi à notre monde quelque chose de la luminosité et de la bonté de Dieu. On l’appelle également dimanche de « Quasimodo », du premier mot de chant de l’introït de la messe de ce jour.

    1 Petr.,2, 2 « Quasimodo geniti infantes, alleluia : rationabile, sine dolo lac concupiscite, alleluia, alleluia » : Comme des enfants nouveau-nés, alleluia, ayez soif d’un lait spirituel très pur, alleluia, alleluia. Ps. 80, 2 « Exultate Deo adjutori nostro : jubilate Deo Jacob » : Exultez en Dieu notre secours, acclamez le Dieu de Jacob.

    JPSC

  • Homélie pour le Dimanche de la Miséricorde

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    Du Père Simon Noël osb sur son blog :

    Homélie pour le dimanche de la miséricorde

    On sait que la miséricorde tient une grande place dans la vie spirituelle du pape, comme elle était aussi au cœur de la vie de saint Jean-Paul II. Le pape François a confié un jour comment était née sa vocation. Alors qu'il était un jeune lycéen, un 21 septembre, fête de saint Matthieu, il entra dans une église de Buenos Aires, pour se confesser. A cette occasion, il fit une expérience intérieure de la divine miséricorde, qui fut si profonde, qu'il sentit qu'il valait la peine désormais d'y consacrer sa vie. Telle fut l'origine de son appel à se donner totalement à Dieu.

    L'évangile que nous avons entendu nous parle justement de ce mystère. Jésus envoie ses disciples, en leur donnant le Saint-Esprit, afin qu'ils aillent dans le monde, vers les hommes, leur apporter le pardon des péchés. C'est donc le soir de la résurrection que Jésus a institué le sacrement de la réconciliation, le sacrement du pardon et de la miséricorde.

    Le soir de Pâques, au cénacle, à ses apôtres, et huit jours après, à saint Thomas, Jésus montre ses plaies glorieuses, les plaies de sa passion, celle du cœur transpercé tout particulièrement, plaies qui furent sanglantes le vendredi saint, mais qui désormais sont transfigurées par la résurrection. Les âmes mystiques se sont toujours plu à voir dans ses plaies les sources de cette divine miséricorde, qui se répand dans le monde, sur les âmes et les corps.

    En hébreu, le mot qui désigne la miséricorde divine est le même mot que celui qui désigne les entrailles maternelles : rahamîm.

    L'amour de Dieu s'est incarné dans le Christ, venu sur terre pour qu'aucun des enfants du Père ne soit perdu, mais ait la vie. Tous les actes de Jésus sont le fruit de la miséricorde. Cette miséricorde est manifestée à l'heure de la croix. Jésus, chargé de nos péchés et de nos souffrances, nous a rendus libres et capables de dire à Dieu : Abba, Père.

    Écoutons ce que les docteurs de l’Église ont pu dire sur ce thème. D'abord saint Éphrem, un père syriaque du 4e siècle, dans son homélie sur la femme pécheresse : Je sais que j'ai péché au-delà de toute mesure, et je ne puis dire tout ce qu'il y a en moi d'impureté et de débauche. Cependant, comparé à l'abondance de sa miséricorde, aux trésors de sa pitié, mes péchés, quelque nombreux qu'ils soient, ne sont qu'une goutte d'eau, et j'ai la conviction que, si j'ai seulement le bonheur de m'approcher de lui, je serai purifié de toutes mes fautes et de toutes mes iniquités, parce qu'il fera sortir de moi tout ce qu'il y a de dérèglements et d'injustices, tant sont grandes sa divinité, sa sainteté et son innocence.

    Saint Augustin, dans la Cité de Dieu : Le péché seul, en effet, sépare les hommes d'avec Dieu, et s'ils peuvent être purifiés en cette vie, ce n'est point par la vertu, mais bien par la miséricorde divine.

    Saint Bonaventure, dans l'Aiguillon de l'amour divin : Oui, la miséricorde de notre Dieu est immense. Quand même se trouveraient en vous tous les péchés qui ont jamais été, tous les crimes qui seront commis à l'avenir, la miséricorde du Seigneur l'emporterait encore infiniment sur tout cela.

    Le saint curé d'Ars dans l'un de ses sermons : Ce n'est pas le pécheur qui revient à Dieu pour lui demander pardon, mais c'est Dieu qui court après le pécheur et qui le fait revenir à lui. Il y en a qui disent : « J'ai fait trop de mal, le Bon Dieu ne peut pas me pardonner ». C'est un gros blasphème. C'est mettre une borne à la miséricorde de Dieu et elle n'en a point : elle est infinie.

    On connaît la célèbre déclaration de sainte Thérèse de l'enfant Jésus : Oui, je le sens, quand même j'aurais sur la conscience tous les péchés qui se peuvent commettre, j'irais, le cœur brisé de repentir, me jeter dans les bras de Jésus car je sais combien il chérit l'enfant prodigue qui revient à lui.

    Dans une lettre d'août 1954, Marthe Robin écrivait : Plongez-vous dans l'amour du Bon Dieu, quelles que soient les fautes que vous pourriez avoir commises ; parce qu'une âme n'est pas agréable à Dieu parce qu'elle est sans péché, mais parce qu'elle croit en sa miséricorde, et qu'en toute confiance elle s'abandonne en son amour.

    Et concluons par une phrase de saint Jean-Paul II, dans une homélie qu'il fit en 2002 à Cracovie : Dans la miséricorde de Dieu, le monde trouvera la paix et l'homme trouvera le bonheur.

  • Vient de paraître : le magazine trimestriel « Vérité et Espérance-Pâque Nouvelle », n° 106, printemps 2018

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    Le magazine trimestriel « Vérité & Espérance – Pâque Nouvelle » édité par l’association « Sursum Corda » (responsable de l'église du Saint-Sacrement à Liège) a publié sa livraison du printemps 2018. Tiré à 4.000 exemplaires, ce magazine abondamment illustré parcourt pour vous l’actualité religieuse et vous livre quelques sujets de méditation.Les articles mentionnés en bleu sont disponibles sur le blog de l'église du Saint-Sacrement (cliquez sur les titres ci-dessous pour y accéder).

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    Au sommaire de ce numéro n° 106 (printemps 2018) : 

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    Liturgie au Pays de Liège

    La réception de l’Eucharistie à travers le temps

    Eclipse de Dieu, éclipse de l’homme

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    Rome et le monde : 

    Comment vivre en chrétien dans un monde qui ne l’est pas ?

    Comment notre monde a cessé d’être chrétien

    RDC : une Eglise qui dérange le pouvoir

    Belgique :

    Le débat sur la laïcité est relancé

    De passage à Bruxelles, le Cardinal Sarah pointe les dérives du monde occidental 

     

    Secrétaires de Rédaction : Jean-Paul Schyns et Ghislain Lahaye

    Editeur responsable: SURSUM CORDA a.s.b.l. ,

    Rue Vinâve d’île, 20 bte 64 à B- 4000 LIEGE.

    La revue est disponible gratuitement sur simple demande :

    Tél. 04.344.10.89  e-mail : sursumcorda@skynet.be 

    Les dons de soutien à la revue sont reçus  avec gratitude au compte IBAN:

     BE58 0016 3718 3679   BIC: GEBABEBB de Vérité et Espérance 3000, B-4000 Liège

     JPSC

  • Corriger le pape pour obéir au Christ ?

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    Où va l'Eglise ? (source : "Benoît et moi")

    En marge d'un congrés qui se tiendra à Rome demain en mémoire du cardinal Caffara, Riccardo Cascioli (Nuova Bussola Quotidiana) s'entretient avec le cardinal Burke, qui n'a pas perdu une once de sa pugnacité (6/4/2018)

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    A noter parmi les intervenants, outre le cardinal Burke, les cardinaux Brandmüller et Zen, Mgr Athanasius Schneider et l'ami de Benoît XVI Marcello Pera.

    Ce qui s'est passé avec la dernière interview donnée à Eugenio Scalfari pendant la Semaine Sainte et rendue publique le Jeudi Saint est allé au-delà du tolérable. Qu'un athée notoire prétende annoncer une révolution dans l'enseignement de l'Église catholique, considérant qu'il parle au nom du Pape, niant l'immortalité de l'âme humaine et l'existence de l'enfer, a été source de profond scandale non seulement pour beaucoup de catholiques mais aussi pour beaucoup de laïcs qui respectent l'Église catholique et ses enseignements, même s'ils ne les partagent pas.

    Cardinal Burke

    BURKE: CORRIGER LE PAPE POUR OBÉIR AU CHRIST (www.lanuovabq.it, 5 avril 2018, traduction de "Benoît et moi") :

    Certains accusent de désobéissance ceux qui ont exprimé des doutes, des questions et des critiques sur l'action du Pape, mais «la correction de la confusion ou de l'erreur n'est pas un acte de désobéissance, mais un acte d'obéissance au Christ et donc à son Vicaire sur terre». Ainsi s'exprime le Cardinal Raymond Leo Burke dans cet entretien avec La Nuova BQ, à la veille d'une importante conférence qui se tiendra à Rome le samedi 7 avril sur le thème «Où va l'Église» (voir ici), dont lui-même sera l'un des intervenants. La conférence de Rome aura lieu à la mémoire du cardinal Carlo Caffarra, disparu en septembre dernier, l'un des signataires des Dubia. Comme on s'en souvient, il s'agit de cinq questions au Pape François visant à obtenir une déclaration claire de continuité avec le Magistère précédent suite à la confusion créée par les interprétations différentes et parfois opposées de l'exhortation apostolique post-synodale Amoris Laetitia. A ces Dubia, dont le Cardinal Burke est également signataire, aucune réponse n'a jamais été donnée et le Pape François n'a jamais répondu à la demande répétée d'audience de la part des cardinaux signataires.

    La Bussola: Eminence, vous serez l'un des principaux orateurs de la conférence du 7 avril qui, au nom du Cardinal Caffarra, s'interrogera sur l'orientation de l'Eglise. Le titre de la conférence laisse déjà percevoir l'inquiétude pour la direction prise. Quelles sont les raisons de cette inquiétudes?

    Cardinal Burke: La confusion et la division dans l'Église sur les questions les plus fondamentales et les plus importantes - le mariage et la famille, les sacrements et la juste disposition pour y accéder, les actes intrinsèquement mauvais, la vie éternelle et les "novissimes" [ndt: c'est-à-dire ce qui arrive à l'homme à la fin de sa vie, la mort, le Jugement, le destin éternel: le ciel ou l'enfer] - se répandent de plus en plus. Et le Pape refuse non seulement de clarifier les choses par l'annonce de la doctrine constante et de la discipline saine de l'Église, responsabilité inhérente à son ministère de successeur de saint Pierre, mais il augmente même la confusion.

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  • Allemagne : fronde de sept évêques contre l’accès à la communion sacramentelle du conjoint luthérien en cas de couple mixte luthéro-catholique

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    Le 22 février, la Conférence des évêques allemands avait annoncé avoir adopté « après d’intenses débats » un projet de texte sur la possibilité pour les couples luthéro-catholiques de communier ensemble à l’eucharistie.

    Estimant que ce projet viole « la foi catholique et l’unité de l’Église », sept évêques ont écrit à Rome.  Commentaire d' Anne-Bénédicte Hoffner dans le quotidien « La Croix » :

    "La possibilité pour les couples luthéro-catholiques de participer ensemble à l’eucharistie fait débat en Allemagne.

    Le 22 février, au terme de l’Assemblée plénière de printemps des évêques allemands et après « d’intenses débats », le cardinal Reinhard Marx, archevêque de Munich, président de la Conférence épiscopale allemande et membre du C9 (le groupe de cardinaux chargés de conseiller le pape dans sa réforme de la curie) avait annoncé un texte qui faciliterait, dans certains cas, la communion pour le conjoint de confession protestante.

    Pour certains évêques allemands, une telle décision outrepasse les compétences de la conférence des évêques et relève de l’Église universelle, autrement dit de Rome. Sept d’entre eux viennent d’écrire au préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, Mgr Luis Ladaria, et au cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens pour leur demander leur « aide » et « des éclaircissements », révèle le Kölner Stadt-Anzeiger, le quotidien de la ville de Cologne, dans son édition du 4 avril, qui a pu lire la missive.

    Majorité des deux tiers

    Selon l’article, le document pastoral annoncé en février – et adopté par une majorité des deux tiers des évêques – serait « illégal » car il « violerait de leur point de vue la foi catholique et l’unité de l’Église ».

    En plus du cardinal Rainer Woelki, archevêque de Cologne, cette lettre de « trois pages » datée du 22 mars, est signée également par l’archevêque de Bamberg, Mgr Ludwig Schick, et par les évêques d’Augsbourg, Eichstätt, Görlitz, Ratisbonne (Regensburg) et Passau. « L’opposition au cardinal Marx et à la majorité des évêques se concentre donc en Bavière », relève le quotidien allemand, en rappelant que cette région est aussi celle du cardinal Marx, archevêque de Munich et président de la conférence épiscopale bavaroise…

    Les sept signataires n’ont en outre pas « consulté préalablement » le président de la Conférence des évêques allemands (DBK). Le cardinal Woelki ne lui a écrit que le lendemain, le 23 mars, pour l’avertir de leur initiative.

    « Des changements toujours possibles »

    Le cardinal Marx leur répond dans une lettre datée du 4 avril, adressée à l’ensemble des évêques d’Allemagne, et publiée sur le site Internet de la conférence des évêques. Sur le fond, ce proche de François justifie cette décision – prise « à une écrasante majorité » rappelle-t-il – par l’encouragement du pape « à faire de nouveaux pas dans le domaine de l’œcuménisme et de la pastorale ».

    Concernant les doutes exprimés par les sept signataires, il rappelle que « la gravité du besoin spirituel » de chaque couple mixte sera vérifiée et que la décision ayant été prise en cohérence avec les « textes de référence » sur l’œcuménisme et avec le droit canonique, le lien « avec l’Église universelle » est assuré. « Il a été démontré à maintes reprises et clairement qu’un évêque diocésain (canon 844) et bien sûr une conférence nationale des évêques peuvent formuler des critères qui permettent la communion à des chrétiens qui ne sont pas en pleine communion avec l’Église catholique », écrit-il également.

    Il invite enfin les signataires à « informer » tous les évêques et non pas seulement lui puisque leur courrier « concerne toute l’Assemblée plénière ».

    « Le procédé est sans précédent dans l’histoire récente de l’Église » allemande, indique l’article, qui fait toutefois référence au conflit qui avait opposé à la fin des années 1990 la majorité des évêques allemands au pape Jean-Paul II sur l’accompagnement des femmes enceintes dans les Centres de consultation pré-avortement.

    « Pour des raisons de conscience », l’ancien archevêque de Cologne, le cardinal Joachim Meisner, s’était publiquement désolidarisé d’une décision prise en juin 1999 à la majorité des évêques allemands de rester dans le système consultatif du gouvernement.

    Ref. Fronde de sept évêques allemands contre le projet de communion pour les couples mixtes

    Des appels à Rome dans la constellation actuelle d’un pouvoir auquel le Cardinal Marx est étroitement associé ont-il quelque chance d’être entendus ?  

    JPSC

  • Pape François : une communication chaotique, selon le vaticaniste Sandro Magister

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    Sur son blog « Settimo Cielo », le vaticaniste Sandro Magister publie une réflexion très argumentée relative à la communication estimée chaotique du pape François sur des sujets sensibles concernant la foi et les mœurs. Le site « diakonos.be » en publie la traduction qu’on lira ci-dessous. Il en ressort une image du pontife qui, si elle s’avérait exacte, poserait un vrai problème ou -si elle ne l’est pas- appelle un démenti autorisé et circonstancié. Sandro Magister est spécialiste des questions religieuses au sein de l’un des principaux journaux de la péninsule : « l’Espresso ». Enseignant l'histoire religieuse contemporaine à l’université d’Urbino, Sandro Magister est considéré comme l’un des vaticanistes les plus anciens et les plus fiables. JPSC.

    « En théorie, tous les médias du Vatican devraient travailler main dans la main pour transmettre au grand public l’image fidèle du Pape.

    Mais en pratique, ce n’est pas le cas. La salle de presse du Vatican est prudemment restée à l’écart de l’instrumentalisation ratée d’une lettre privée de Benoît XVI.  Elle a laissé Mgr Dario Edoardo Viganò, le Préfet du Secrétariat pour la communication, se débattre seul dans la tempête et ce dernier n’a été sauvé du naufrage que grâce à la protection du pape qui ne tient décidément pas à se priver de son désastreux « spin doctor ».

    Le Pape, précisément. Parce que François lui-même fait souvent cavalier seul en matière de communication publique, sans prendre la peine de se concerter avec personne.  Et il s’y prend d’au moins trois manières :

    • En disant lui-même ce qu’il veut en public, sans passer par aucun contrôle ni aucune vérification préalable ;
    • En faisant en sorte que d’autres disent en public ce qu’il leur dit dans des entretiens privés ;
    • En recommandant d’écouter des personnes qui disent ce que lui-même ne dit ni en public ni en privé mais qu’il souhaite entendre dire.

    Ces derniers jours, François a eu recours à l’ensemble de ces trois modalités de communication. Avec des effets diversement perturbateurs.

    *

    La première de ces modalités, il l’a utilisée dans l’homélie de la messe du dimanche de Pâques. Il n’a lu aucun texte écrit, parlant à bâtons rompu en italien.  Et pour faire l’éloge des grandes « surprises » que Dieu fait, en particulier l’annonce de la résurrection, voici comment il s’est exprimé : « Pour le dire un peu avec le langage des jeunes : la surprise [de Dieu] est un coup bas  »  (en italique dans la retranscription officielle de l’homélie).

    Sauf que l’expression « coup bas » n’appartient pas au langage des jeunes mais à celui de la boxe. Il désigne un coup décoché sous le ceinture : interdit, répréhensible et qui peut valoir une disqualification.  Un coup vil, en traître.  Une bien mauvaise image pour illustrer l’annonce de la résurrection de Jésus au cours de l’homélie de Pâques place Saint-Pierre.  Il n’en reste pas moins que ce « coup bas » décrit par François a fait mouche dans les médias.  En Italie, il faisait même les titres d’un important journal télévisé du soir.

    *

    La seconde modalité est celle adoptée par François quand il a invité pour un entretien mardi dernier son ami Eugenio Scalfari, fondateur du quotidien « la Repubblica » et figure emblématique de l’intelligentsia laïque italienne.

    Au cours de cet entretien, à l’instar des autres qu’il a déjà eu avec le Pape, Scalfari n’enregistre pas et ne prend pas de notes. Mais il en retranscrit toujours le contenu dans « la Repubblica », avec çà et là quelques omissions et quelques ajouts aux paroles du pape « pour que le lecteur comprenne », comme il l’a lui-même expliqué dans une conférence de presse après la publication du premier compte-rendu.  Et cette fois, il a entre autre attribué à François l’affirmation suivante :

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  • Sainte Julienne de Cornillon, promotrice du culte eucharistique (5 avril)

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    sainte-julienne-du-mont-cornillon.jpgDe BENOÎT XVI, lors de l'AUDIENCE GÉNÉRALE du mercredi 17 novembre  2010 (source) :

    Sainte Julienne de Cornillon

    Chers frères et chères sœurs,

    Ce matin également, je voudrais vous présenter une figure féminine, peu connue, à laquelle l’Eglise doit toutefois une grande reconnaissance, non seulement en raison de sa sainteté de vie, mais également parce qu’à travers sa grande ferveur, elle a contribué à l’institution de l’une des solennités liturgiques les plus importantes de l’année, celle du Corpus Domini. Il s’agit de sainte Julienne de Cornillon, également connue sous le nom de sainte Julienne de Liège. Nous possédons quelques informations sur sa vie, en particulier à travers une biographie, probablement écrite par un ecclésiastique qui lui était contemporain, dans laquelle sont recueillis divers témoignages de personnes qui eurent une connaissance directe de la sainte.

    Julienne naquit entre 1191 et 1192 près de Liège, en Belgique. Il est important de souligner ce lieu, car à cette époque, le diocèse de Liège était, pour ainsi dire, un véritable «cénacle» eucharistique. Avant Julienne, d’éminents théologiens y avaient illustré la valeur suprême du sacrement de l’Eucharistie et, toujours à Liège, il existait des groupes féminins généreusement consacrés au culte eucharistique et à la communion fervente. Guidées par des prêtres exemplaires, elles vivaient ensemble, se consacrant à la prière et aux œuvres de charité.

    Devenue orpheline à l’âge de 5 ans, Julienne, avec sa sœur Agnès, fut confiée aux soins des sœurs augustiniennes du couvent-léproserie du Mont-Cornillon. Elle fut éduquée surtout par une religieuse prénommée Sapience, qui suivit sa maturation spirituelle, jusqu’à ce que Julienne elle-même reçoive l’habit religieux et devienne elle aussi moniale augustinienne. Elle acquit une culture considérable, au point de lire les œuvres des Pères de l’Eglise en latin, en particulier saint Augustin, et saint Bernard. Outre sa vive intelligence, Julienne faisait preuve, dès le début, d’une propension particulière pour la contemplation; elle possédait un sens profond de la présence du Christ, dont elle faisait l’expérience en vivant de façon particulièrement intense le sacrement de l’Eucharistie et s’arrêtant souvent pour méditer sur les paroles de Jésus: «Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde» (Mt 28, 20).

    A l’âge de seize ans, elle eut une première vision, qui se répéta ensuite plusieurs fois dans ses adorations eucharistiques. La vision présentait la lune dans toute sa splendeur, dont le diamètre était traversé par une bande noire. Le Seigneur lui fit comprendre la signification de ce qui lui était apparu. La lune symbolisait la vie de l’Eglise sur terre, la ligne opaque représentait en revanche l’absence d’une fête liturgique, pour l’institution de laquelle il était demandé à Julienne de se prodiguer de façon efficace: c’est-à-dire une fête dans laquelle les croyants pouvaient adorer l’Eucharistie pour faire croître leur foi, avancer dans la pratique des vertus et réparer les offenses au Très Saint Sacrement.

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  • Le Vatican, vérités et légendes

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    Vient de paraitre : Christophe Dickès, Le Vatican, vérités et légendes, Perrin, 270 pages, 13 €. Vu sur le blog « Salon Beige » :

    JPSC

  • Plus l'Eglise sera forte plus l'islam sera sage...

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    Du site i24news.tv

    "Plus l'Eglise sera forte plus l'islam sera sage" (P. Bruckner à i24NEWS)

    L'essayiste Pascal Bruckner dans "Conversations avec Anna Cabana" le 29.03.2018

    Je pense que le danger aujourd'hui, je ne parlerai pas d'occupation, c'est cette minorité de salafistes et d'islamistes", a déclaré jeudi soir le romancier et essayiste Pascal Bruckner à i24NEWS dans "Conversations avec Anne Cabana."

    "Ils ne veulent pas vivre selon nos mœurs et selon nos lois, et qui eux génèrent ces générations de djihadistes, de terroristes qui veulent tuer indifféremment des militaires, des gendarmes, des Juifs, des infidèles, tout ce qu'ils leur tombent sous la main parce qu'ils sont mués par une volonté d'assassinat sacré, parce qu'il faut bien comprendre que le djihadiste meurt pour aller au ciel," a expliqué l'essayiste à i24NEWS.

    "Je pense que pour résister à l'assaut de l'islam radical, il serait bon que l'Eglise catholique se remuscle un peu parce que je pense que la religion arrête la religion et qu'au fond plus l'Eglise sera forte plus l'islam sera sage," a-t-il asséné en prenant l'exemple des Etats-Unis.

    Evoquant le lieutenant colonel Arnaud Beltram assassiné vendredi dernier, M. Bruckner le qualifie de double héros". "C'est un catholique il s'était converti à trente ans, d'ailleurs l'Eglise lui a fait hommage appuyé, et c'était la double foi catholique et républicaine."

    Pour revoir l'intégralité de l'intervention de l'essayiste Pascal Bruckner :