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Eglise - Page 4

  • Le pari bénédictin

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    Un itinéraire au rebours du christianisme post-moderne et de la tentation protestante dont Jean Guitton a montré qu’elle a toujours guetté l’Eglise catholique : aujourd’hui plus que jamais. Lu sur le nouveau site web du mensuel « La Nef » :Dreher.jpg

    Rod Dreher est un journaliste américain renommé qui tient un blog sur The American Conservative. Converti au catholicisme (1993) puis à l’orthodoxie (2006), il a publié aux États-Unis un essai qui a connu une forte audience, Le Pari bénédictin, traduit en français en septembre dernier (1). Nous l’avons longuement rencontré, il tient un discours stimulant qui appelle au débat. 

    La Nef – Vous êtes passé du protestantisme au catholicisme puis à l’orthodoxie : pourriez-vous nous expliquer votre itinéraire ?

    Rod Dreher –Je n’étais pas un protestant très pratiquant : nous allions à l’église pour Pâques et pour Noël, mais c’était à peu près tout. Adolescent, j’ai rejeté en bloc le christianisme, auquel je reprochais sa mollesse et son esprit bourgeois. Etre chrétien signifiait adhérer à une sorte d’idéologie thérapeutique, réconfortante pour l’esprit mais en aucun cas exigeante. La vraie foi ne pouvait s’y apparenter. Les seuls chrétiens passionnés que je rencontrais étaient des fondamentalistes, dont l’esprit anti-intellectuel et les idées étroites me rebutaient franchement.

    A l’été 1984, âgé de 17 ans, je me suis retrouvé à faire un tour d’Europe en car. Ma mère avait gagné un ticket à la loterie de notre paroisse, et m’y avait envoyé à sa place. Je voulais voir Paris, marcher dans les traces de mon héros d’alors, Ernest Hemingway. En chemin, nous nous sommes arrêtés à la cathédrale de Chartres. Je suis entré sans grande conviction, m’attendant à trouver un vieil édifice sans intérêt. Mais j’y ai rencontré Dieu. Rien, dans mon expérience de jeune Américain du XXe siècle, ne m’avait préparé à la magnificence spirituelle de ces pierres et de ces vitraux médiévaux. Ma reconversion n’a pas été immédiate, mais c’était le départ de ma quête. Je savais que Dieu existait et qu’Il m’appelait.

    J’ai résisté à Sa grâce pendant sept ou huit ans encore, puis j’ai compris que je désirais le Christ par-dessus tout, bien au-delà de mes désirs égocentriques, et je me suis converti. J’ignorais tout de l’Eglise orthodoxe, et je n’en voyais qu’une véritable : l’Eglise catholique romaine. En 1993, j’y ai été reçu lors de la Vigile pascale à Washington. Sans m’en rendre compte, j’ai alors lié ma nouvelle foi catholique à mes convictions politiques : il me plaisait de faire partie des cercles conservateurs catholiques de Washington et de New York, de m’engager sur les champs de bataille religieux et politiques.

    Ce que j’ignorais, c’est que ma conversion était avant tout intellectuelle. En 2001, alors journaliste au New York Post, j’ai beaucoup écrit sur les scandales d’abus sexuels dans l’Eglise. Je m’imaginais que ma foi résisterait à l’épreuve, parce que j’avais tous les arguments théoriques pour l’appuyer.

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  • Du Livre de Job au Livre Eternel

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    Dans le n° 105 du magazine trimestriel « Vérité et Espérance. Pâque Nouvelle » qui vient de paraître, on peut lire en prolongement de  Deux, trois petits pas au Livre de Job cette méditation sur la justice et la miséricorde divines, signée Jean-Baptiste Thibaux :

    mag_105-page-001.jpg 

    DU LIVRE DE JOB

    AU LIVRE ÉTERNEL 

    « Dieu fait lever son soleil

    sur les bons, et sur les méchants ;

    et sa pluie, il la prodigue

    aux justes et aux injustes. »

    (Mt 5, 45) 

    Est-ce donc à dire que l’homme ne serait pas rétribué selon ses actes ? Voilà une question que nous pouvons aborder avec l’ampleur de regard requise, espérons-le, à présent que nous avons appris de Job la souveraine indépendance de Dieu, laquelle exclut définitivement toute idée de bas marchandage.

    ◊ 

    Rappelons pour commencer que l’Ecriture sainte est comme un corps vivant : si l’on en prélève un élément en le dissociant du tout, il perdra l’influx vital. La Parole de Dieu devient parole d’homme ; l’infini – car elle procède de l’Infini – est tout à coup propos borné.

    Telle est précisément l’hérésie : son nom, du grec, signifie « choix », « prise pour soi ». Autant dire : piratage.

    Il n’est point d’hérésie qui ne se réclame de l’Ecriture. De l’Ecriture disséquée. Il importe de recevoir l’Ecriture sainte à l’image de Jérusalem « qui est édifiée comme une cité où tout ensemble ne fait qu’un » (Ps 121/h.122, 3).

    Et pour la recevoir à l’image de Jérusalem, il faut la lire avec les yeux de Jérusalem, en Jérusalem ; cette Jérusalem céleste, la « Jérusalem nouvelle », que l’Apôtre saint Jean a vue « qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu, comme une jeune mariée parée pour son époux » (Ap 21, 2). Cette heureuse Jérusalem, la sainte Eglise, dont la voix qui venait du Trône a dit : « Voici la demeure de Dieu avec les hommes » (Ibid. 3).

    Saint Pierre donne aussi cet avertissement tout à fait clair : « Vous savez cette chose primordiale : pour aucune prophétie de l’Ecriture il ne peut y avoir d’interprétation individuelle, puisque ce n’est jamais par la volonté d’un homme qu’un message prophétique a été porté : c’est portés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu » (2 P 1, 20-21). 

    ◊ 

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  • Kinskasa : les bons vœux de Kabila aux Congolais

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    De Hubert Leclerq sur le site de La Libre Afrique :

    Voeux Kabila.jpg« Plusieurs morts, entre 6 et 11, des dizaines de blessés, des églises profanées et une population congolaise à bout de patience: tel pourrait être le premier bilan de cette journée lors de laquelle les catholiques congolais voulait marcher pacifiquement pour démontrer leur détermination à obtenir de Joseph Kabila qu’il dise enfin publiquement qu’il ne chercherait pas à briguer un troisième mandat et la mise en oeuvre de l’accord de la Saint-Sylvestre, signé entre majorité et opposition sous l’égide des évêques congolais, le 31 décembre dernier, qui prévoit notamment la libération des prisonniers politiques, la fin  des poursuites contre les opposants, la fin des dédoublements des partis politiques, la réouverture des médias,…

    Lire aussi:
    RDC : Des civils en armes à côté de militaires qui parlent anglais

    Des demandes visiblement inacceptbales pour le régime de Joseph Kabila, président dont le dernier mandat s’est terminé le 19 décembre 2016, qui n’a pas hésité à opposer la force brutale face à ces paroissiens qui, la plupart du temps, n’ont pas pu sortir de l’édifice religieux ou ont été « chargés » sur le seuil de leur église. Car pour cette répression, la police, les militaires et la garde présidentielle n’ont pas hésité à pénétrer au sein même des églises pour tirer à balles réelles et des gaz lacrymogènes. « Un régime qui ne respecte pas les églises est un régime qui porte en lui les gènes de sa destruction », prophétisait dimanche en début d’après-midi un prêtre d’une commune populaire du nord de Kinshasa qui, comme tant d’autres, a été cloîtré dans son édifice avec ses paroissiens « pendant de longues heures sous les tirs de gaz lacrymogènes. Beaucoup de mamas âgées ont fait des malaises. La solidarité entre les paroissiens a été exemplaire », souligne le prêtre pour qui la « diabolisation du régime en place resserre les liens entre les différentes couches de la société congolaise ».

    Plusieurs prêtres ont été blessés comme à Lemba ou à Limete. Ici, le père Jean a été atteint par une balle en caoutchouc en pleine tête. (Photo) La plupart des personnes blessées ou tuées l’ont été au sein même des édifices religieux.

    Face à une telle barbarie, la communauté internationale qui a multiplié les mises en garde à l’intention du pouvoir ne peut demeurer silencieuse. Que ce soient les Nations unies, à travers les responsables de la Monusco, l’Union européenne, à travers son ambassadeur à Kinshasa, la Belgique, via les tweets des ministres de la Coopération et des Affaires étangères, le Canada, via son ambassadeur, etc… tous ont mis en garde le régime de Joseph Kabila l’enjoignant de laisser les Congolais jouir de leur droit de manifester pacifiquement. Tous ajoutaient qu’ils seraient attentifs à cette journée du 31 décembre, laissant clairement entendre qu’en cas de dérapage, les sanctions pourraient suivre.

    Lire aussi:
    Marche des catholiques : le pouvoir de Kabila mis en garde !

    Si ces ministres et diplomates n’étaient pas trop affairés aux préparatifs du réveillon du Nouvel An, ils ne peuvent que constater l’échec total de leur appel. Une fois de plus, Kabila a opté pour la fuite en avant. Une théorie kamikaze qui, à chaque épisode entraîne son lot de morts et de blessés.

    Ne rien faire serait signer un chèque en blanc à tous les débordements de violences de ce pouvoir illégitime.  Alors Messieurs, que fait-on après cette répression ? Un constat ne suffit plus. Il faut des sanctions… et pas contre des lampistes de troisième zone. Personne n’ignore qui sont les vrais responsables de ces violences, de ces tueries, le clan Kabila doit être directement ciblé par les futures sanctions. La justice internationale doit aussi intervenir. Des milliers de morts, plus de 4 millions de déplacés (un chiffre qui a doublé en 2017), deux experts civils des Nations unies abattus, dix-sept casques bleus abattus et, aujourd’hui, des meurtres de paroissiens jusque dans les églises,…   Une liste non exhaustive qui démontre que les mois qui passent ne font qu’accroître la violence et l’absence de toute limite dans le chef d’un pouvoir qui a démontré qu’il entend coûte que coûte se maintenir au pouvoir. »

    Ref. RDC : Silence interdit pour la communauté internationale

    JPSC

  • Quand Benoît XVI écrit au Cardinal Müller

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    Comme le rapporte aussi le site « Pro LiMuller.jpgturgia » de Denis Crouan, pour son 70eme anniversaire fêté hier (31/12/2017), le cardinal Gerhard Ludwig Müller s’est vu offrir un livre de mélanges comprenant plusieurs articles en forme d’hommage.

    Pour la circonstance, Benoît XVI a tenu à saluer celui qu’il avait nommé à la tête de la congrégation pour la doctrine de la foi, récemment (2/7/2017) - et pour le moins brutalement - démis de ses fonctions par le pape François. La lettre que le pape émérite écrivit au cardinal Muller le 31 juillet, en la fête de saint Ignace de Loyola, constitue la préface de ce livre collectif. Le site « Benoît et moi » publie aujourd’hui la traduction intégrale de celle-ci en français :  

    « Eminence, cher confrère,

    Ton 70e anniversaire approche, et bien que je ne sois plus en mesure d'écrire une véritable contribution scientifique pour le recueil d'analyses qui te sera consacré pour cette occasion, je voudrais y participer malgré tout avec un mot de salutation et de remerciement.

    Vingt-deux ans se sont écoulés depuis que tu m'as offert ton Katholische Dogmatik für Studium und Praxis der Théologie en mars 1995. Ce fut pour moi à ce moment-là un signe encourageant que même dans la génération théologique post-conciliaire, il y avait des penseurs avec le courage d'aborder la totalité, c'est-à-dire de présenter la foi de l'Église dans son unité et son intégralité. En effet, tout comme l'exploration des détails est importante, il n'est pas moins important que la foi de l'Église apparaisse dans son unité interne et dans son intégrité, et qu'en fin de compte la simplicité de la foi émerge de toutes les réflexions théologiques complexes. Parce que le sentiment que l'Eglise nous charge d'un fardeau de choses incompréhensibles, qui finalement ne peuvent intéresser que les spécialistes, est le principal obstacle à la proclamation du oui au Dieu qui nous parle en Jésus-Christ. À mon avis, on ne devient pas un grand théologien parce qu'on est capable de traiter des détails minutieux et difficiles, mais parce qu'on est en mesure de présenter l'unité ultime et la simplicité de la foi.

    Mais ton Dogmatik en un volume m'a également intéressé pour une raison autobiographique. Karl Rahner avait présenté dans le premier volume de ses écrits un projet pour une nouvelle construction de la dogmatique, qu'il avait élaboré avec Hans Urs Von Balthasar. Ce fait éveilla évidemment en nous tous une soif incroyable de voir ce schéma rempli de contenu et mené à son terme. Le désir d'une dogmatique signée Rahner-Balthasar, qui naquit à cette occasion, se heurta à un problème éditorial. Dans les années 1950, Erich Wewel avait convaincu le père Bernard Häring d'écrire un manuel de théologie morale qui, après sa publication, devint un grand succès. Alors, l'éditeur eut une idée: que dans la dogmatique aussi, quelque chose de semblable devait être fait et qu'il était nécessaire que ce travail soit écrit en un seul volume, d'une seule main. Il s'est évidemment adressé à Karl Rahner, lui demandant d'écrire ce livre. Mais Rahner s'était entre-temps empêtré dans une telle masse d'engagements qu'on ne pouvait pas s'attendre à ce qu'il accomplisse une si grande entreprise. Curieusement, il conseilla à l'éditeur de s'adresser à moi qui, au début de mon chemin, enseignais la théologie dogmatique et fondamentale à Freising. Cependant, bien que j'en fusse à mes débuts, j'étais moi aussi impliqué dans de nombreux engagements et je ne me sentais pas capable d'écrire un travail aussi imposant en un temps acceptable. Alors je demandai de pouvoir impliquer un collaborateur - mon ami le père Alois Grillmeier. Dans la mesure du possible, j'ai travaillé sur le projet et j'ai rencontré le Père Grillmeier à plusieurs reprises pour une consultation approfondie. Cependant, le Concile Vatican II requit tous mes efforts, en plus de me demander de réfléchir d'une manière nouvelle à toute l'exposition traditionnelle de la doctrine de la foi de l'Église. Lorsque j'ai été nommé archevêque de Münich-Freising en 1977, il était clair que je ne pouvais plus penser à une telle entreprise. Quand en 1995 ton livre m'est arrivé entre mes mains, je vis de façon inattendue qu'un théologien de la génération suivant la mienne avait réalisé ce qui avait été souhaité plus tôt, mais qu'il n'avait pas été possible d'accomplir.

    J'ai pu ensuite te connaître personnellement, quand la Conférence épiscopale allemande te proposa comme membre de la Commission théologique internationale. Tu t'y es distingué avant tout pour la richesse de ton savoir et pour ta fidélité à la foi de l'Église qui jaillissait de toi. Lorsque le Cardinal Levada quitta son poste de Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi pour des raisons d'âge en 2012, tu apparus, après diverses réflexions, comme l'évêque le plus apte à recevoir cette charge.

    Quand j'acceptai cette charge en 1981, l'archevêque Hamer - alors secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi - m'expliqua que le Préfet ne devait pas nécessairement être un théologien, mais un sage qui, en abordant les questions théologiques, ne fasse pas d'évaluations spécifiques, mais reconnaisse ce qu'il fallait faire à ce moment pour l'Église. La compétence théologique devait plutôt se trouver chez le secrétaire qui dirige le Consulta, c'est-à-dire les réunions d'experts, qui ensemble donnent un jugement scientifique précis. Mais comme en politique, la dernière décision n'appartient pas aux théologiens, mais aux sages, qui connaissent les aspects scientifiques et, en plus de ceux-ci, savent considérer l'ensemble de la vie d'une grande communauté. Durant les années de mon office, j'ai cherché à répondre à ce critère. Dans quelle mesure j'y ai réussi, d'autres peuvent l'évaluer.

    Dans les temps confus que nous vivons, l'ensemble de compétence théologique et scientifique, et de sagesse, de celui qui doit prendre la décision finale me semble très important. Je pense, par exemple, que dans la réforme liturgique, les choses se seraient terminées différemment si la parole des experts n'avait pas été la dernière instance, mais si, en plus, une sagesse capable de reconnaître les limites de l'approche d'un "simple" spécialiste avait jugé.

    Au cours de tes années romaines, tu t'es toujours employé à ne pas agir seulement comme spécialiste, mais aussi comme sage, comme père dans l'Église
    . Tu as défendu les traditions claires de la foi, mais selon la ligne du Pape François, tu as cherché à comprendre comment elles peuvent être vécues aujourd'hui.

    Le Pape Paul VI voulait que les grandes charges de la Curie - celle du Préfet et du Secrétaire - ne fussent assignées que pour cinq ans, afin de protéger ainsi la liberté du Pape et la flexibilité du travail de la Curie. Entre-temps, ton contrat quinquennal dans la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a pris fin. De cette façon, tu n'as plus de charge spécifique, mais un prêtre et surtout un évêque et un cardinal ne part jamais en retraite. C'est pour cette raison que tu peux, et que tu pourras aussi à l'avenir servir publiquement la foi, à partir de l'essence intime de ta mission sacerdotale et de ton charisme théologique. Nous sommes tous heureux qu'avec ta grande et profonde responsabilité et le don de la parole qui t'est fait, tu seras aussi présent dans le futur, dans la lutte de notre temps pour une juste compréhension de la condition d'homme et de chrétien. Que le Seigneur te soutienne.

    Enfin, je tiens également à exprimer un remerciement tout personnel. En tant qu'évêque de Ratisbonne, tu as fondé l'Institut Papst Benedikt XVI, qui - dirigé par l'un de tes élèves - accomplit un travail vraiment louable pour maintenir publiquement présent mon travail théologique dans toutes ses dimensions. Que le Seigneur te récompense de tes efforts.

    Ton Benoît XVI »

    Ref. Benoît XVI écrit au Cardinal Müller

    JPSC

  • Prédication du Père Zanotti-Sorkine pour la fête de la Sainte Famille

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    Prédication du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine (Lc 2, 22-40) pour le dimanche de la Sainte Famille (archive du 30 décembre 2011).

    http://www.delamoureneclats.fr  

    Références bibliques : http://aelf.org/

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    Évangile : L’enfant grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse (Luc 2, 22-40)

    Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes. Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur. Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple. Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait, Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant : « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. » Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui. Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. » Il y avait aussi une femme prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était très avancée en âge ; après sept ans de mariage, demeurée veuve, elle était arrivée à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. Survenant à cette heure même, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.

  • Le Te Deum d'action de grâces pour l'année écoulée

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    Nous te louons, Dieu,
    Nous t'acclamons, Seigneur.
    Père éternel,
    Toute la Terre te vénère.

    C'est pour toi que tous les anges,
    les cieux, toutes les puissances,
    les chérubins et les séraphins
    chantent inlassablement :

    « Saint, Saint, Saint,
    Dieu, Seigneur de l'univers ;
    le ciel et la terre sont remplis
    de la gloire de ta majesté. »

    C'est toi que les Apôtres glorifient,
    toi que proclament les prophètes,
    toi dont témoignent les martyrs.

    C'est toi que par le monde entier
    l'Église annonce et reconnaît ;
    Nous t'adorons, Père infiniment saint,
    ton Fils unique et bien-aimé,
    et aussi le Saint Esprit.

    Toi, Christ, tu es Seigneur de la gloire,
    Tu es le Fils de Dieu,
    Toi, pour libérer l'humanité captive,
    Tu n'as pas craint le corps d'une vierge.

    Par ta victoire sur la mort,
    tu as ouvert à tout croyant le Royaume des Cieux ;
    tu sièges à la droite de Dieu
    dans la gloire du Père.

    Nous croyons que tu viendras en juge.
    Aussi, défends tes serviteurs,
    sauvés par ton sang :
    prends-les avec tous les saints
    pour jouir avec eux de la gloire éternelle.

    Sauve ton peuple, Seigneur,
    et bénis ceux qui ont recueilli ton héritage.
    Et conduis-les
    Et donne-leur l'éternité.

    Chaque jour nous te bénissons ;
    Nous louons ton nom pour toujours,
    Et pour les siècles des siècles.

    Pitié, Seigneur, aujourd'hui,
    garde nous du péché.
    Prends pitié de nous, Seigneur,
    prends pitié de nous.

    Que ta miséricorde, Seigneur, soit sur nous,
    ainsi que nous l'espérons.
    C'est en toi, Seigneur, que j'ai espéré.
    Que je ne sois jamais confondu.

  • La pratique religieuse continue à baisser mais les pèlerinages résistent mieux

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    Lu dans la Dernière Heure (30 décembre 2017), p. 7 :

    Les pèlerinages ont toujours la cote 

    Chaque année depuis cinq ans, l’Observatoire des Religions et de la Laïcité (ORELA), qui dépend de L’ULB, publie un rapport faisant l’état des lieux de la laïcité et des religions dans notre pays. Dans sa dernière publication, l’observatoire met en lumière une diminution de “la pratique telle que mesurée habituellement” . Il souligne, dans le même temps, le grand succès que continuent de rencontrer d’autres manifestations religieuses ancestrales comme les pèlerinages. “Ces derniers sont désormais vécus comme des expériences spirituelles plus larges que de simples témoignages de la foi catholique” , note l’observatoire. … « Par exemple, le 7 mai 2016, le pèlerinage de Hal a emmené entre 1.600 et 1.800 Bruxellois à pied, en vélo ou en bus vers la basilique Saint-Martin” , indique le rapport. “Ces pèlerinages semblent accuser tout de même une certaine baisse de fréquentation ces dernières années. Des manifestations de foi paraissant réunir une forme de superstition et d’anciennes traditions populaires maintiennent leur attrait, telle la bénédiction des animaux lors d’une messe à la Saint-Hubert” , note cependant l’ORELA.

  • Les évêques rwandais s'opposent à un élargissement de l'accès à l'avortement et dénoncent sa banalisation

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    De Marie Malzac sur le site du quotidien La Croix :

    Au Rwanda, les évêques opposés à une modification du Code pénal sur l’avortement

    La conférence épiscopale du Rwanda s’est élevée mi-décembre contre la tentation d’élargir les conditions d’accès à l’avortement, un « péché grave », alors que ce sujet est au cœur des débats dans ce pays.

    Pour le moment, il n’y a ni calendrier ni texte en particulier, mais la question de la réforme du Code pénal en matière d’avortement agite l’opinion publique rwandaise. C’est pour cela que les membres de la Conférence épiscopale du Rwanda (CEPR) ont décidé de monter au créneau, afin de redire la dignité de la vie humaine « dès sa conception », dans un communiqué diffusé le 15 décembre, à l’occasion d’une de ses sessions ordinaires.

    « Nous avons jugé utile de revenir sur la gravité du crime de l’avortement, comme nous l’avons fait le 17 décembre 2010 dans notre message plaidant pour la protection de la vie », affirment-ils ainsi en guise d’introduction.

    Les évêques dénoncent la « banalisation » de l’avortement

    « Notre société est menacée par le relativisme moral, concernant spécialement les relations sexuelles en dehors du mariage, qui ont de déplorables conséquences sur la vie humaine, sur la famille voire sur tout le pays. Parmi ces conséquences, il y a les grossesses indésirables constituant le point moteur de la tentation à l’avortement, actuellement favorisé par les lois qui, de plus en plus, tendent vers la banalisation de ce crime », déplorent-ils.

    Depuis 2012, le Code pénal autorise en effet l’avortement en cas de viol, d’inceste, de mariage forcé ou de risque pour la santé de la mère et de son enfant. Pourtant, de nombreuses femmes, souvent issues de milieux pauvres, ont encore recours à l’avortement illégal, en raison de leur ignorance de la loi. Un quart des femmes incarcérées dans le pays le seraient d’ailleurs en raison d’un avortement non autorisé, selon l’ONU rwandaise « L’initiative des Grands lacs ».

    « Un crime grave »

    « Nous voudrions rappeler que l’avortement est un crime grave parce qu’il ne vise qu’à supprimer la vie d’un innocent. Le meurtre d’un enfant dans le sein de sa mère ne peut jamais être justifié », martèlent les évêques. « Il constitue donc un péché grave devant Dieu et une monstruosité au sein de la famille humaine », insistent-ils.

    Dans les cas de grossesses non désirées chez les filles mineures, l’avortement peut entraîner, de l’avis de la CEPR, de « graves séquelles psychiques qui se manifestent souvent par un profond et maladif chagrin ». Il s’agit dès lors, indiquent-ils, de les accompagner « vers l’acceptation de soi et l’accueil maternel des enfants qu’elles portent ».

    « Nous voudrions demander à toutes les instances compétentes, et en particulier aux législateurs de notre pays, au personnel du domaine de la santé et à toute la société rwandaise en général, de ne pas céder à toute tentative qui puisse nuire à la vie humaine », concluent-ils, invitant les uns et les autres à « unir leurs forces pour combattre l’immoralité sexuelle et l’avortement, surtout au niveau de la jeunesse ».

    Des rencontres ont lieu régulièrement entre le ministère de la santé et les évêques rwandais « sur l’utilisation des méthodes naturelles dans la limitation des naissances en montrant les dangers des méthodes artificielles que le gouvernement encourage dans les hôpitaux », a indiqué à La Croix l’abbé Jean de Dieu, responsable de la communication de la Conférence épiscopale. En termes de planification familiale, les désaccords sont nombreux entre le gouvernement et l’épiscopat.

    « Les évêques veulent rappeler qu’en insistant sur les valeurs d’intégrité et de fidélité nous pouvons sauver les jeunes tandis qu’en distribuant les préservatifs leur destruction reste garantie », relève encore ce prêtre.

    Chiffres record de propagation du sida

    Dans un pays où le sida atteint des chiffres record, les autorités cherchent aussi depuis plusieurs années à contenir sa propagation. Le taux de contamination est désormais stable. Parmi les mesures pour lutter contre ce fléau, la distribution gratuite de préservatifs. Une pratique fermement condamnée par les évêques. Récemment, Mgr Servilien Nzakamwita, évêque de Byumba, l’a qualifiée « d’autorisation à la fornication pour les adolescents ».

    L’épidémie de sida

    La ministre de la santé s’est défendue en indiquant qu’au-delà de cette distribution, les autorités faisaient également des efforts pour promouvoir un comportement responsable et « l’abstinence », selon l’agence espagnole EFE, qui l’a interrogée dans un article paru le 26 décembre.

    Cette question n’est pas sans rappeler la polémique suscitée par les propos de Benoît XVI en 2009, dans l’avion que le menait en Afrique. À cette occasion, il avait affirmé que pour lutter contre le sida, les préservatifs n’étaient pas la solution, et qu’au contraire, ils risquaient « d’aggraver le problème ». L’année suivante, il avait nuancé ce propos dans Lumière du monde (Bayard, 2010, 300 p., 20,99 €), en indiquant que « dans certains cas individuels », le préservatif pouvait constituer un « début de moralisation ».

  • 13 prêtres et 10 autres opérateurs pastoraux ont été tués à travers le monde en 2017

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    VATICAN - Les missionnaires tués au cours de l'année 2017

    Cité du Vatican (Agence Fides) – Selon les informations recueillies par l’Agence Fides, au cours de l’année 2017, ont été tués de par le monde 23 opérateurs pastoraux, à savoir 13 prêtres, 1 religieux non prêtre, 1 religieuse et 8 laïcs. Selon la répartition continentale, pour la huitième année consécutive, le nombre le plus élevé de ces morts est enregistré en Amérique, où ont été tués 11 opérateurs pastoraux (8 prêtres, 1 religieux non prêtre et 2 laïcs), suivie par l’Afrique, où ont été tués 10 autres opérateurs pastoraux (4 prêtres, 1 religieuse et 5 laïcs) et en Asie 2 (1 prêtre et 1 laïc). De 2000 à 2016, selon les données recueillies par l’Agence Fides, ont été tués de par le monde 424 opérateurs pastoraux dont 5 Evêques.

    La liste annuelle établie par Fides, sans doute incomplète, ne concerne pas seulement les missionnaires ad gentes au sens strict mais tous les opérateurs pastoraux morts de façon violente. Nous n’utilisons pas de fait le terme « martyr », sauf dans son sens étymologique de « témoin », pour ne pas devancer le jugement que l’Église pourra éventuellement donner à certains d’entre eux, mais aussi à cause de la pauvreté des informations que, dans la majorité des cas, il est possible de recueillir sur leur vie et sur les circonstances mêmes de leur mort.

    De nombreux opérateurs pastoraux tués a trouvé la mort suite à des vols ou à des cambriolages, perpétrés par ailleurs avec férocité, dans des contextes marqués par la dégradation morale, la pauvreté économique et culturelle, l'intolérance, la violence comme règle de comportement, le manque de respect pour la vie et de tout droit fondamental. Sous toutes les latitudes, les prêtres, religieuses et laïcs partageaient avec les personnes la même vie quotidienne, apportant la valeur spécifique de leur témoignage évangélique comme signe d’espérance. Les personnes tuées ne représentent que la pointe de l’iceberg en ce qu’est sûrement longue la liste des opérateurs pastoraux ou des simplex catholiques agressés, malmenés, volés, menacés tout comme celle des structures catholiques au service de l’ensemble de la population qui font l’objet d’attaques, d’actes de vandalisme ou de saccages. A ces listes provisoires établies par l’Agence Fides sur base annuelle, vient s’ajouter la longue liste de ceux, nombreux, dont on ne saura jamais rien, pas même le nom, et qui, souffrent dans tous les angles de la terre et paient de leur vie leur foi en Jésus Christ. Rarement, les meurtriers de prêtres ou de religieuses sont identifiés ou condamnés. Le cas de la condamnation du mandant de l’assassinat du Frère Vincente Canas, missionnaire jésuite espagnol, tué au Brésil en 1987, est exemplaire. Dans le cadre d’un premier procès, en 2006, les inculpés furent acquittés pour manque de preuve alors que la nouvelle procédure, portée à terme les 29 et 30 novembre derniers, a porté à la condamnation du mandant, seul survivant des inculpés. (SL) (Agence Fides 28/12/2017) 

  • Le pape séduit l'extrême-gauche allemande

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    De Jules Germain sur le site aleteia.org :

    L’extrême-gauche allemande sous le charme du pape François

    Gregor Gysi, l’un des hauts responsables du parti d'extrême-gauche allemand Die Linke, regrette un affaiblissement de l'autorité morale de l'Église catholique en Allemagne et trouve le pape François « carrément fantastique ».

    En Allemagne, le fait qu’un homme politique de gauche n’exprime pas une opinion négative à propos de l’Église est déjà remarquable en soi. Avec, au centre-droit, un parti explicitement chrétien, le parti chrétien démocrate (CDU), le parti de gauche, le parti social-démocrate (SPD), a tendance à voir les chrétiens comme des adversaires idéologiques. C’est sans parler de l’extrême-gauche qui est encore moins tendre à leur égard. Gregor Gysi, l’un des hauts responsables du parti d’extrême-gauche allemand Die Linke, renverse complètement les perspectives. Il trouve en effet le pape François « carrément fantastique », comme nous l’apprennent nos confrères du site katholisch.de.

    Gregor Gysi veut « défendre le Pape »

    L’homme politique de gauche Gregor Gysi a reconnu qu’il trouvait le pape François « carrément fantastique » dans une interview pour Domradio, la radio de l’Église catholique de Cologne. Il le considère capable de poser les grandes questions qui interrogent l’humanité dans sa quête de sens et loue son engagement pour la justice, à l’image du christianisme des origines.

    Lire aussi : Allemagne : un bus pour rendre le Christ visible au cœur des campagnes

    Ce n’est pas la première fois que le parti d’extrême-gauche exprime ainsi un faible pour le pape François. En 2016, il avait déjà, lors d’une campagne régionale, utilisé pour ses affiches de campagnes une photo du pape François avec une citation : « Pour que la politique soit au service de l’homme, il ne faut pas qu’elle soit l’esclave de l’économie ou du monde financier ».

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    « Sans les Églises, nous serions une société sans morale »

    Pour Gregor Gysi, les Églises sont capables d’ancrer la morale dans la société. « Si elles n’existaient pas, personne ne le ferait. » Il y a des décennies, la gauche était parvenue à instaurer des normes morales. Mais après l’échec du socialisme d’État, elle a perdu toute capacité à le faire par des normes générales et contraignantes, selon le président du groupe parlementaire. « Par conséquent, sans les Églises, nous serions une société sans morale. » Elle seule peut faire ce que les partis ne peuvent plus faire.

    Gregor Gysi a cependant l’impression que l’influence des Églises diminue et il semble le regretter. Il y a des décennies, elles auraient pu infléchir certaines évolutions, a-t-il déclaré, citant l’avortement, le mariage pour tous, l’insémination artificielle ou encore l’euthanasie. Il apparaît donc que sans l’Église, une vraie lucidité et un enseignement sur les grands problèmes moraux manquent à la société. Et cela peut être souligné même à l’extrême-gauche ! Dans un numéro de Famille chrétienne, Jean-Luc Mélenchon avait d’ailleurs remarqué la justesse des analyses du pape François.

    Lire aussi : Frère Venard : « On peut affirmer que Jésus n’est d’aucun parti aujourd’hui »

  • 2017 se termine dans l'horreur pour les chrétiens d'Egypte

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    Du site du quotidien "L'Orient - Le Jour" (Caroline Hayek) :

    L’année se termine dans l’horreur pour les chrétiens d’Égypte

  • L'Osservatore Romano dénonce des pratiques médiatiques visant à construire l'image d'un pape progressif et permissif

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    D'Anne Kurian sur zenit.org :

    L’Osservatore Romano s’élève contre les textes faussement attribués au pape

    Pour construire « l’image d’un pape progressif et permissif »

    Une de L'Osservatore Romano du 29/12/2017

    Une De L'Osservatore Romano Du 29/12/2017

    « Les faux textes du pape ». C’est le titre de l’éditorial de Lucetta Scaraffia, à la Une de L’Osservatore Romano daté du 29 décembre 2017. L’historienne italienne s’élève contre les textes attribués au pape François circulant par des canaux privés, et contre les tentatives médiatiques de construire « l’image d’un pape progressif et permissif ».

    La chroniqueuse s’inquiète du phénomène de la « post-vérité » qui fait suite au « relativisme » : si ce dernier « mettait en doute l’existence même d’une vérité », la post-vérité, cette pratique « sournoise et envahissante », « prétend être une vérité plus authentique parce qu’elle se présente comme un discours alternatif du discours officiel ».

    Cette « spirale de falsification » comprend entre autres « la diffusion de faux discours du pape », en particulier sur les réseaux sociaux : « Discours qui circulent souvent en espagnol, note Lucetta Scaraffia, dans la tentative de les rendre plus vraisemblables et qui prétendent rapporter les vraies paroles de François, toujours plus révolutionnaires et imprévisibles que celles que la Curie, évidemment diabolisée, lui attribuerait dans une continuelle opération de censure. »

    Dans l’optique de la « post-vérité », poursuit-elle, ces sources « privées » semblent « plus fiables » que les textes publiés par les organes officiels du Saint-Siège. L’historienne y voit une volonté de « construction de l’image d’un pape progressif et permissif ». Dans cette optique, estime-t-elle, il importe peu de comprendre la ligne programmatique du pape et d’en lire les documents fondateurs.

    Lucetta Scaraffia dénonce également un « processus de sélection conscient » dans certains médias qui se limitent à diffuser « seulement les phrases [du pape] qui leur semblent en accord avec la personnalité médiatique qui a été construite autour » de lui. Ainsi « ils passent sous silence » le reste et cherchent à « exagérer » les affirmations conformes à leur image du pape, qu’ils « tirent de leur contexte » en « forçant la réalité ».

    Pour l’historienne, il ne faut pas en sous-évaluer les effets : « la majorité se fie aveuglément aux médias ». Dans la post-vérité, conclut-elle, « ce qui compte c’est seulement la personnalité du leader. Ainsi, tout ce qui contribue à la définir fonctionne, même si cela ne correspond pas à la réalité. Le reste n’intéresse pas. »