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Eglise - Page 4

  • Lagrasse : ces Chanoines de la Mère de Dieu qui auraient pu revivifier l’esprit monastique à l’abbaye de Val-Dieu au Pays de Herve…

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    JPSC

  • Retrouver l'émerveillement de l'enfant; prédication du Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine pour le 14e dimanche du temps ordinaire

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    Prédication (archive du 3 juillet 2011) par le père Michel-Marie Zanotti-Sorkine (Mt 11, 25-30) pour le 14e dimanche du temps ordinaire.

    http://www.delamoureneclats.fr / http://www.unfeusurlaterre.org

    Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 11,25-30.

    En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. 
    Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. 
    Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. » 
    « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. 
    Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. 
    Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. » 

    Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

  • Un quart des prêtres français récemment ordonnés provient des milieux traditionalistes

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    Du Figaro relayé par le site "Riposte catholique" :

    Un quart des prêtres ordonnés en France sont issus des rangs traditionalistes

    Selon Le Figaro :

    Avec 84 prêtres diocésains ordonnés en 2017, l’Église de France est inquiète. La courbe, passée sous la barre symbolique des 100 ordinations annuelles après les années 2000, ne repassera pas le cap de la centaine avant longtemps. Autre fait marquant : près d’un quart des prêtres français ordonnés sont dans une mouvance traditionaliste. Même si l’on constate un léger progrès depuis les basses eaux de 2015, où seulement 68 prêtres avaient été ordonnés, la courbe, qui est passée sous la barre symbolique des 100 ordinations annuelles après les années 2000, indique qu’elle ne repassera pas le cap de la centaine avant longtemps. L’autre donnée de l’équation n’est pas plus réjouissante. Près de la moitié des prêtres diocésains en activité ont plus de 75 ans – 5 410 exactement fin 2015 – pour 6 217 prêtres de moins de 75 ans. Cet âge canonique marque normalement le départ à la retraite. Mais beaucoup de prêtres français continuent jusqu’à 80 ans. Voire jusqu’à 90 ans, comme le père de Mesmay, prêtre parisien qui a attendu cet âge pour prendre sa retraite ! Il y a bientôt un an, le 26 juillet, le père Hamel était assassiné en pleine messe en Normandie à l’âge de 86 ans. Comme tant d’autres confrères, il avait tenu à continuer sa mission jusqu’au bout. […]

    À côté de ces courbes statistiques prévisibles depuis longtemps, l’Église de France est confrontée à un phénomène de fond assez inattendu et que les statistiques officielles de l’épiscopat ne prennent pas en compte. Il se trouve en effet qu’aux 84 prêtres diocésains ordonnés en France en 2017 – dont 25 viennent d’ailleurs de communautés nouvelles d’inspiration charismatique – il faudrait ajouter 22 jeunes prêtres français. Les uns ordonnés dans des structures lefebvristes (11 Français sur 23 ordonnés). Les autres dans le courant traditionaliste, comme la Fraternité Saint-Pierre (6 Français sur 19 ordonnés) et plusieurs autres instituts.

    Témoin, le succès étonnant de la communauté Saint-Martin de sensibilité très classique. Elle compte, à elle seule, 90 prêtres actifs et autant de séminaristes sans compter une année propédeutique qui attire beaucoup de jeunes. Tout comme des séminaires diocésains de styles classiques séduisent davantage aujourd’hui. Dans ce contexte, le dixième anniversaire du motu proprio de Benoît XVI visant à normaliser la messe en latin selon le missel de 1962, n’est pas totalement anecdotique. La tendance lourde du goût des jeunes catholiques pour une certaine tradition se confirme de plus en plus clairement. […]

    Il serait temps que l’épiscopat français en prenne toute la mesure et laisse aux traditionalistes la place qu’il leur faut. Notamment en leur accordant des paroisses personnelles (seuls 4 évêques en ont accordées !), en leur prêtant des églises plus spacieuses et en acceptant de ces fraternité la droit d’exercer pleinement (et non, comme certains évêques, en limitant le nombre de prêtres autorisés à exercer dans leur diocèse…).

  • Non, on ne peut pas consacrer n'importe quel type de pain ou de vin lors d'une célébration eucharistique

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    Lettre circulaire aux Evêques sur le pain et le vin pour l’Eucharistie (source)

    1. La Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, à la demande du Saint Père François, s’adresse aux Evêques diocésains (et à ceux qui leur sont équiparés en droit) pour leur rappeler qu’il leur appartient, en premier lieu, de pourvoir dignement à ce qui est nécessaire pour la célébration de la Cène du Seigneur (cf. Lc 22,8.13). C’est à l’Evêque, premier dispensateur des mystères de Dieu, modérateur, promoteur et gardien de la vie liturgique dans l’Eglise qui lui est confiée (cf. CIC can. 835 §1), que revient de veiller sur la qualité du pain et du vin destinés à l’Eucharistie et, donc, sur ceux qui les préparent. On rappelle ici, dans le but d’être utile, les dispositions en vigueur, et on suggère quelques indications pratiques.

    2. Alors que jusqu’à maintenant, d’une manière générale, quelques communautés religieuses ont pris soin de confectionner le pain et le vin pour la célébration de l’Eucharistie, aujourd’hui on les trouve en vente aussi dans les supermarchés, dans d’autres magasins et sur le réseau Internet. Afin d’éviter tout doute sur la validité de la matière eucharistique, ce Dicastère suggère aux Ordinaires de donner des indications à ce propos, par exemple en garantissant la matière eucharistique par des certificats appropriés.

    L’Ordinaire est tenu à rappeler aux prêtres, en particulier aux curés et aux recteurs d’églises, leur responsabilité de vérifier qui sont les personnes qui procurent le pain et le vin pour la célébration, ainsi que l’idonéité de la matière.

    Il appartient en outre à l’Ordinaire d’informer et de rappeler la nécessité du respect absolu des normes de la part des producteurs de vin et de pain pour l’Eucharistie.

    3. Les normes à propos de la matière eucharistique, indiquées dans le canon 924 du CIC et aux numéros 319-323 de la Présentation générale du Missel romain, ont déjà été expliquées dans l’Instruction Redemptionis Sacramentum de cette Congrégation (25 mars 2004) :

    a) “Le saint Sacrifice eucharistique doit être célébré avec du pain azyme, de pur froment et confectionné récemment en sorte qu’il n’y ait aucun risque de corruption. Par conséquent, le pain fabriqué avec une autre matière, même s’il s’agit d’une céréale, ou le pain, auquel on a ajouté une autre matière que le froment, dans une quantité tellement importante que, selon l’opinion commune, on ne peut pas le considérer comme du pain de froment, ne constitue pas la matière valide de la célébration du Sacrifice et du Sacrement de l’Eucharistie. Le fait d’introduire d’autres substances dans la fabrication du pain destiné à l’Eucharistie, telles que des fruits, du sucre ou du miel, constitue un grave abus. Il est évident que les hosties doivent être fabriquées par des personnes qui, non seulement se distinguent par leur intégrité, mais encore sont compétentes dans ce domaine, et emploient les instruments appropriés” (n. 48).

    b) “Le saint Sacrifice eucharistique doit être célébré avec du vin naturel de raisins, pur et non corrompu, sans mélange de substances étrangères. […] Il faut prendre soin de conserver en parfait état le vin destiné à l’Eucharistie, et de veiller à ce qu’il ne s’aigrisse pas. Il est absolument interdit d’utiliser du vin dont l’authenticité et la provenance seraient douteuses: en effet, l’Église exige la certitude au sujet des conditions nécessaires pour la validité des sacrements. Aucun prétexte ne peut justifier le recours à d’autres boissons, quelles qu’elles soient, qui ne constituent pas une matière valide” (n. 50).

    4. La Congrégation pour la Doctrine de la Foi, dans sa Lettre circulaire aux Présidents des Conférences Episcopales sur l’usage du pain pauvre en gluten et du moût comme matière eucharistique (24 juillet 2003,  Prot. N. 89/78 – 17498), a rendu publiques les normes qui regardent les personne qui, pour des motifs graves et divers, ne peuvent absorber du pain normalement confectionné ou du vin normalement fermenté.

    a) “Les hosties totalement privées de gluten sont une matière invalide pour la célébration de l’Eucharistie. Sont, par contre, matière valide, les hosties partiellement privées de gluten et celles qui contiennent la quantité de gluten suffisante pour obtenir la panification, sans que l’on y ajoute des matières étrangères et qui n’ont pas été confectionnées selon des procédés susceptibles de dénaturer la substance du pain” (A. 1-2).

    b) “Le moût c’est-à-dire le jus de raisin, frais ou conservé, dont on suspend la fermentation grâce à des procédés qui n’en altèrent pas la nature (par exemple dans le cas de la congélation), est une matière valide pour l’Eucharistie” (A. 3).

    c) “Les Ordinaires sont compétents pour concéder, aux prêtres ou aux fidèles, la licence d’utiliser comme matière eucharistique du pain comportant une faible teneur de gluten ou du moût. Cette licence peut être concédée, de manière habituelle, tant que dure la situation qui l’a motivée” (C.1).

    5. De plus, la même Congrégation a décidé que la matière eucharistique préparée avec des organismes génétiquement modifiés peut être considérée une matière valide (cf. Lettre au Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, 9 décembre 2013, Prot. N. 89/78 – 44897).

    6. Ceux qui confectionnent le pain et produisent le vin pour la célébration doivent être vivement conscients que leur œuvre est orientée au Sacrifice Eucharistique, et ceci demande, de leur part, honnêteté, responsabilité et compétence.

    7. En vue de l’observance de ces normes générales, les Ordinaires peuvent, s’ils le jugent opportun, se mettre d’accord au sein des Conférences Episcopales, en donnant des indications concrètes. En tenant compte de la complexité des situations et des circonstances, de même que de la disparition du respect pour les choses sacrées, on sent qu’il est devenu nécessaire, du point de vue pratique, qu’il y ait quelqu’un qui puisse garantir effectivement, à la demande de l’Autorité compétente, l’authenticité de la matière eucharistique de la part des producteurs, ainsi qu’une distribution et vente qui soient convenables.

    On suggère, par exemple, qu’une Conférence Episcopale puisse demander à une ou plusieurs Congrégations religieuses, ou encore à un autre Organisme idoine, de vérifier la production, la conservation et la vente du pain et du vin pour l’Eucharistie dans un pays donné ainsi que dans les autres pays où ces produits seraient exportés. On recommande en outre que, dans les lieux de vente, le pain et le vin destinés à l’Eucharistie soient traités de la manière qui convient à leur usage.

    Du siège de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrement, le 15 juin 2017, en la solennité du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ.

    Robert Card. Sarah
    Préfet

    + Arthur Roche
    Archevêque Secrétaire

     

  • Milan : un prélat au profil très bergoglien remplace le cardinal Scola à l'archevêché

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    L'ère Scola se clôt à Milan; celui que l'on donnait comme probable candidat à la succession de Benoît XVI lors du dernier conclave et qui aurait assuré la continuité avec la ligne de Jozef Ratzinger s'efface, atteint par la limite d'âge. Reste à voir si son remplaçant qui semble répondre aux critères définis par le pape François va ou non renouer avec l'héritage du cardinal Martini...

    D'Anne Kurian sur zenit.org :

    Milan : Mgr Mario Delpini nommé archevêque

    Il est l’auteur d’un livre humoristique sur le cléricalisme

    Le pape François a nommé Mgr Mario Enrico Delpini archevêque métropolitain de Milan (Italie), en date du 7 juillet 2017. A 65 ans, il était jusqu’à présent évêque auxiliaire et vicaire général du diocèse de Lombardie réputé pour être le plus grand du monde – quelque 5 millions de catholiques.

    Il succède au cardinal Angelo Scola, dont le pape a accepté la renonciation pour limite d’âge. Il avait été nommé au gouvernement pastoral du diocèse ambrosien en 2011.

    Mgr Mario Delpini est originaire de la région de Lombardie. La presse italienne le présente comme un évêque proche des fidèles, vivant simplement – dans un foyer pour prêtres âgés – et se déplaçant en vélo. En 1998, il a publié un livre humoristique sur le « savoir vivre » pastoral et qui épingle un certain cléricalisme: « Reverendo che maniere! » Sa devise épiscopale est Plena est terra gloria eius.

    Après sa nomination, il a souhaité « que tous les hommes et toutes les femmes qui habitent dans le diocèse, d’où qu’ils viennent, quelle que soit leur langue, aident l’Eglise ambrosienne à être créative et accueillante, plus pauvre et plus simple, pour être libre et joyeuse ».

    Né à Gallarate le 29 juillet 1951, il a reçu l’ordination sacerdotale le 7 juin 1975 dans le diocèse milanais. Il a étudié la Littérature à l’Université catholique du Sacré-Cœur et la théologie patristique à l’Augustinianum à Rome. Le p. Delpini a été professeur de Lettres classiques dans divers séminaires de 1975 à 1987. Après deux ans d’études au Séminaire Lombard de Rome, il est revenu dans son diocèse pour y être notamment recteur du petit séminaire de Venegono et enseignant auprès de la communauté propédeutique.

    Entre 2000 et 2007, il a été conseiller auprès du Conseil épiscopal milanais, délégué de l’archevêque pour les vocations et les prêtres et recteur majeur du séminaire de Milan, puis vicaire épiscopal pour la zone pastorale VI – Melegnano. Nommé évêque auxiliaire de Milan par Benoît XVI, il a reçu la consécration épiscopale le 23 septembre 2007.

    Depuis 2012, il était vicaire général de l’archidiocèse, secrétaire de la Conférence épiscopale de Lombardie et secrétaire de la Commission épiscopale pour le clergé et la vie consacrée.

  • Migrations : le cardinal Turkson invite à exclure tout autant l'accueil désordonné que le repli sur soi

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    D'Anne Kurian sur zenit.org :

    Migration : « L’idée même de l’être humain est en jeu »

    Le card. Turkson invite les Européens à être « vraiment ambitieux »

    Face à la crise migratoire, les Européens doivent être « vraiment ambitieux » car « le destin de l’humanité est en jeu. L’idée même de l’être humain est en jeu », affirme le cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson, préfet du Dicastère pour le service du développement humain intégral. A la veille d’une réunion de crise des ministres de l’Intérieur de l’Union européenne à Tallinn (Estonie), le 5 juillet 2017, il a accordé un entretien au Huffingtonpost.

    Évoquant l’afflux migratoire de l’Afrique vers l’Europe, il invite à faire des distinctions : « Le continent africain est très diversifié. On ne peut pas continuer à parler de l’Afrique comme si c’était un corps uniforme : un monolithe ! C’est une chose si les personnes fuient la guerre ; et c’en est une autre si les personnes fuient parce qu’il n’y a pas de travail… Dans le premier cas, il faut construire une vraie paix ; dans le second il fait changer le paradigme de développement ».

    Pour le préfet, la solution réside à la fois « en Europe et en Afrique ». Sur le Vieux continent, il déplore un « énorme retard sur une vision culturelle, et également politique » du phénomène. Un retard lié « à l’incompréhension profonde du mouvement des peuples… les visions régionales ne suffisent pas : il faut une vision globale ».

    Il appelle à « une politique commune et une vision culturelle haute et historique » afin que l’Europe puisse « relever la tête comme modèle de paix, justice et liberté ». « Il faut courage et honnêteté ».

    « Une Europe barricadée sur elle-même, sans souffle d’idéal, n’est plus Europe », affirme-t-il. Et de questionner : « Qu’auraient fait aujourd’hui Adenauer, Schumann et De Gasperi ? ». Le cardinal encourage les Européens à « être vraiment ambitieux : regarder l’idée d’Europe et regarder l’histoire, pas le moment. Le destin de l’humanité est en jeu. L’idée même de l’être humain est en jeu ».

    « On dirait qu’en Occident on ne parvient pas à dépasser deux visions que certains politiques exacerbent pour en tirer des avantages électoraux », poursuit le cardinal Turkson : la vision selon laquelle « chacun doit rester chez soi et construire des murs », et la vision sur la base de laquelle « il faudrait accueillir de façon désordonnée ».

    « Ce sont toutes les deux des visions erronées, incomplètes, non raisonnées, et vieilles, filles de débris idéologiques du passé », assure-t-il. Le préfet du Dicastère prône une voie médiane qui mette au centre « la personne, toutes les personnes avec leurs droits et leurs devoirs en vue du bien commun ».

    Quant aux Africains, explique-t-il, ils « doivent être mis en condition et doivent trouver le moyen de se mettre eux-mêmes en condition de croissance. La question est : comment procéder là où sévissent la corruption, le crime organisé, les intérêts des pays étrangers… ? »

  • Pour que la liturgie devienne toujours plus le cœur de la vie de foi et de charité de la communauté chrétienne

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    De Guillaume Luyt sur le site de l'Homme Nouveau :

    Dix ans de Summorum Pontificum: un entretien exclusif avec Mgr Guido Pozzo

    À l'occasion du 10ème anniversaire du motu proprio Summorum Pontificum de Sa Sainteté le pape Benoît XVI, Mgr Guido Pozzo, Secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei, a bien voulu nous accorder un entretien exclusif.

    Excellence, vous êtes entré à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi il y a 30 ans, en 1987 : quel souvenir gardez-vous du cardinal Ratzinger ?

    Mgr Guido Pozzo : Dès ma première rencontre avec celui qui était alors Préfet de la Congrégation, la figure du cardinal Ratzinger m'est apparue riche de compétence théologique éminente et de profonde spiritualité sacerdotale. Les années durant lesquelles j'ai eu le privilège de collaborer avec lui à la Doctrine de la Foi continuent de représenter pour moi une école d'authentique discipline intellectuelle et de grande maturation dans la foi et le ministère sacerdotal.

    Il y a 10 ans, le cardinal Ratzinger, devenu le pape Benoît XVI, signait le motu proprio Summorum Pontificum libéralisant l'usage du missel de saint Jean XXIII : comment avez-vous accueilli ce document ?

    Comme un acte de justice qui a pleinement réhabilité l'usus antiquior du rite romain, que personne ne pouvait évidemment abroger mais dont seulement l'exercice pratique pouvait éventuellement être régulé. Cela a en outre été l'occasion de valoriser, au profit de toute l'Église, un trésor plein de richesses spirituelles.

    En 2009, lorsque le pape Benoît XVI, en accord avec le cardinal Levada, alors Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, décide de placer la Commission Ecclesia Dei sous l'autorité de ce dicastère, vous y êtes nommé comme Secrétaire : quelle image aviez-vous alors du monde traditionnel ?

    J'ai toujours pensé, et je le pense encore, que le monde dit “traditionaliste” est un archipel non homogène. Il serait tout à fait inopportun de prétendre en donner une définition précise. Ce qui, en revanche, me semble opportun est de distinguer les fidèles, laïcs et prêtres, légitimement attachés aux traditions liturgiques, disciplinaires et spirituelles antérieures à la réforme conciliaire – et qui ont le droit de pouvoir les suivre – des initiatives et groupes idéologiquement marqués qui se réfèrent et promeuvent des modèles historiques, culturels et politiques d'époques et sociétés désormais révolues. Cette distinction n'est pas toujours facile mais elle est nécessaire pour éviter, justement, l'idéologisation de la notion de Tradition catholique. De la même façon que certains groupes ou certaines orientations théologiques et pastorales tendent à idéologiser le concile Vatican II, le concept et la défense de la Tradition catholique peuvent eux aussi risquer d'être idéologisés.

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  • « La Croix » : en dix ans, la messe en latin a trouvé sa place

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    Alors que le correspondant à Rome du journal « La Croix » annonce (voir ici) que le pape François aurait l’intention d’abroger le « motu proprio » libéral de Benoît XVI pour parquer  tous les traditionalistes au sein de la Fraternité Saint-Pie X érigée en « prélature personnelle » à cet effet  (tout cela est-il bien sérieux ?), le même journal publie lui-même les lignes suivantes qui suffisent à montrer l’irréalisme de ce noir dessein prêté au pape régnant. De Marie Malzac et Malo Tresca sur le site de « La Croix » :   

    « Il y a dix ans, Benoît XVI tendait la main aux traditionalistes en libéralisant, par la publication de son motu proprio Summorum Pontificum, la forme extraordinaire du rite romainAutrefois houleuses, les relations entre l’Église de France et les fidèles attachés à la tradition semblent plus apaisées aujourd’hui. Dans les diocèses, les évêques restent cependant prudents quant à l’application de ce texte.

    Chaque jour ou presque, en fin d’après-midi, Laurence, une quadragénaire aux habits excentriques, enfourche son vélo et sillonne, pendant près d’une heure et demie, tout le Sud-Est parisien pour franchir, à 19 heures tapantes, la lourde porte de l’église Saint-Eugène-Sainte-Cécile, dans le 9e arrondissement.

    Certes, cette résidente du Val-de-Marne pourrait « trouver des messes de semaine bien plus proches », concède-t-elle à voix basse. Mais elle peut participer là à la messe selon le rite tridentin : une célébration suivant la liturgie qui était en vigueur avant la réforme voulue par le concile Vatican II, qu’elle privilégie « dès qu’elle le peut et depuis qu’elle est petite ».

    Ce soir de début juillet, ils sont, comme Laurence, une vingtaine à se recueillir dans l’immense travée de l’édifice qui propose, depuis 1985, des messes de ce type.

    Car la « messe en latin », « dos au peuple », est toujours proposée dans l’Église et pas seulement par les intégristes de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX), héritiers de Mgr Marcel Lefebvre (lire ci-dessus).

    forme « extraordinaire » du rite romain

    Longtemps problématique et strictement encadrée, cette pratique s’est libéralisée au lendemain de la publication, le 7 juillet 2007, par Benoît XVI, du motu proprio Summorum Pontificum (« La sollicitude des souverains pontifes »), qui a redonné droit de cité dans l’Église à la liturgie telle qu’elle était célébrée avant les années 1960. Cette dernière est devenue ainsi la forme « extraordinaire » du rite romain.

    Pourtant longuement discutée et mûrie, la décision du pape de tendre la main aux fidèles de sensibilité traditionnelle – dans le giron de Rome mais se disant troublés par certaines « dérives », souvent issues d’une mauvaise compréhension du renouveau liturgique – avait alors fait l’effet d’un coup de tonnerre. D’autant qu’elle s’inscrivait dans le cadre des discussions avec la FSSPX, vingt ans après le schisme de Mgr Marcel Lefebvre.

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  • Les traditionalistes, dix ans après le « motu proprio » de Benoît XVI

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    Lu sur le site de "Famille chrétienne"

    "Il y a tout juste dix ans, Benoît XVI publiait le Motu proprio Summorum Pontificum sur la forme extraordinaire du rite romain (messe de Saint Pie V). Premier bilan, avec S.E. Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei, en charge de ces questions au Vatican.

    Quel bilan faites-vous de l’application du Motu proprio, dix ans après ?

    Dans la perception de l’opinion publique, le Motu proprio a été vu comme une concession aux traditionalistes, et comme une manière de se rapprocher de la Fraternité Saint-Pie X pour dépasser la rupture avec elle. On ne peut bien sûr pas nier qu’un tel motif soit au centre de l’attention de tous, parce qu’aucun catholique ne peut se réjouir d’une division dans l’Église. Cependant, il serait complètement réducteur et insuffisant d’en rester à ce type de motivations. Dans la lettre d’accompagnement du Motu proprio, Benoît XVI a réaffirmé que le Concile Vatican II n’a pas abrogé les anciens livres liturgiques, mais a voulu qu’en soit faite une révision, sans rompre ou annuler la tradition qui précédait. Le Motu proprio, par conséquent, n’aspire pas à une uniformité liturgique, mais à une réconciliation dans l’Église, en faisant cohabiter les deux formes, ordinaire et extraordinaire, du rite romain, l’une à côté de l’autre, en en respectant la spécificité. Cela a d’ailleurs été le cas dans l’histoire de la liturgie, dans laquelle il y a toujours eu une multiplicité de rites et même de variantes du rite romain de Saint Pie V. De ce point de vue, le bilan de cette première décennie est en grande partie positif puisque – même si cela s’est fait lentement et non sans difficultés au début – cette conscience s’est accrue au sein de nombreux diocèses. Dans le même temps, la défiance réciproque a diminué. En France et aux États-Unis, en particulier, où les célébrations dans la forme extraordinaire sont plus nombreuses, le résultat peut être considéré comme profitable et encourageant. Et ce également grâce à l’engagement apostolique des Instituts qui sont sous la juridiction de la Commission pontificale Ecclesia Dei. En France tout spécialement, dans de très nombreux diocèses, est proposée, au moins dans un lieu, la messe dans l’usus antiquior. Une surprise positive a également été l’intérêt manifesté pour la liturgie ancienne en Extrême Orient et en Europe orientale. L’accueil en Italie est assez bon, même s’il apparaît encore modeste dans le Sud.

    Le Motu proprio est-il correctement appliqué, et qu’est-ce qui pourrait être amélioré en cette matière ?

    Le bilan, prometteur dans l’ensemble, de ces dix années d’application du Motu proprio de Benoît XVI ne signifie pas que tous les problèmes aient été substantiellement résolus. Il existe des problèmes d’ordre pratique, comme l’insuffisance des prêtres disponibles ou idoines pour la célébration de la messe selon le Vetus Ordo. Cela empêche souvent l’Ordinaire de pouvoir exaucer toutes les demandes des groupes stables de fidèles. Dans certains diocèses, se manifeste aussi le manque de prêtres. Il y a aussi des problèmes liés à des préjugés idéologiques ou d’autres de caractère plus pastoral. Certains évêques regrettent que les « groupes stables de fidèles » faisant la demande d’une messe en forme extraordinaire ne soient pas toujours réellement insérés à l’intérieur de l’action pastorale de l’Église particulière. Il y a le risque d’un certain isolement. Cependant, un tel isolement n’est pas dû à l’usage de la forme extraordinaire, mais à d’autres facteurs que toute Église locale devra examiner spécifiquement. Il revient évidemment à l’Ordinaire de garantir et d’assurer l’harmonie et la participation active dans la réalité ecclésiale diocésaine, conformément à la loi universelle de l’Église. Le prêtre, missionné par l’évêque, qui célèbre l’usus antiquior, devrait avoir un rôle très important pour favoriser une telle harmonie et la participation des fidèles du « groupe stable » de la forme extraordinaire. Il y a ensuite le problème de la connaissance du latin dans la formation des séminaires, non seulement en raison d’une exigence liturgique, mais de manière plus générale, pour la formation structurelle de l’esprit et de l’éducation aux humanités qu’elle apporte, condition indispensable pour l’étude de la philosophie et de la théologie. Étant donné que nombre de séminaristes ne viennent pas de lycées littéraires ou scientifiques où l’étude du latin est obligatoire, je crois qu’il serait nécessaire d’assurer aujourd’hui une étude de la langue latine tout au long de la formation au séminaire, en ne se limitant pas à quelques heures hebdomadaires durant l’année de propédeutique (par exemple, on pourrait prévoir deux heures hebdomadaires tout au long du cycle de philosophie et de théologie). N’oublions pas que le latin est toujours la langue universelle de l’Église. Les prêtres doivent donc connaître cette langue et l’aimer.

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  • François envisagerait-il d’abolir Summorum Pontificum ?

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    De Nicolas Senèze sur le site du journal La Croix :

    Le pape François réfléchit à l’avenir du motu proprio

    Le pape, qui a conscience des tensions qu’a pu entraîner la possibilité pour les prêtres de choisir leur rite pourrait profiter de l’accord avec les lefebvristes pour réserver l’ancien rite à leur seule prélature personnelle.

    Dans les couloirs du Vatican, Summorum Pontificum n’est plus vraiment un texte d’actualité. Plus importantes semblent être aujourd’hui les discussions avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) pour qui le texte de Benoît XVI n’a pas forcément été une bonne nouvelle : en sortant du débat la question liturgique, le pape allemand avait en effet permis d’aller au fond des désaccords théologiques.

    Selon la Commission « Ecclesia Dei », chargée à Rome du dialogue avec la FSSPX, ces désaccords seraient aujourd’hui aplanis. Seule manque encore la signature de Mgr Bernard Fellay au bas du document soumis il y a déjà plusieurs années. « S’ils ne signent pas, ils sont vraiment très bêtes, car on leur fait un pont d’or », commente un observateur qui a lu le texte. Le supérieur général de la FSSPX devrait signer après avoir convaincu les plus récalcitrants au sein de la Fraternité. Et probablement avant l’été 2018, date du prochain chapitre général au cours duquel son mandat sera remis en jeu. Être nommé à vie à la tête d’une prélature lui éviterait une réélection compliquée.

    le prêtre ne doit pas choisir son rite

    Pour François, il s’agit d’abord d’un geste d’unité : partisan d’une « diversité réconciliée » et non d’une Église uniforme, il est persuadé que, du moment que la FSSPX se dit catholique, elle y a sa place. Reste à savoir si les lefebvristes trouveront leur place dans l’Église plurielle de François. « Que feront les évêques dans les diocèses avec la prélature lefebvriste en face d’eux ? »,interroge un observateur.

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  • La mort de Joaquin Navarro-Valls, porte-parole et ami de Jean-Paul II

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    D'Anita Bourdin sur zenit.org :

    Joaquin Navarro-Valls, porte-parole et ami de Jean-Paul II, s’est éteint

    S. Jean-Paul II et Joaquin Navarro-Valls @GregBurkeRome

    S. Jean-Paul II Et Joaquin Navarro-Valls @GregBurkeRome

    Joaquín Navarro-Valls, porte-parole de Jean-Paul II, puis de Benoît XVI, en tant que directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, de 1984 à 2006, s’est éteint discrètement ce 5 juillet 2017 à Rome, l’âge de 80 ans, après une longue maladie. Espagnol, né le 16 novembre 1936, il avait été le premier laïc et le premier non italien à occuper un tel poste. Il était actuellement président du Conseil consultatif de l’Université Campus Bio-Medico de Rome.

    Une chapelle ardente a été ouverte à 16h, ce jeudi 6 juillet 2017, dans la basilique romaine Sant’Eugenio a Valle Giulia, et les obsèques auront lieu dans cette même basilique à 11h, demain, 7 juillet 2017.

    Une pirouette, un trait d’humour, l’oeil brillant, un éclat de rire, une poignée de main franche. Il laisse le souvenir de son enthousiasme et d’une allégresse profonde, comme le rappelle la photo postée sur twitter par celui qui occupe aujourd’hui ce même poste au Vatican, Greg Burke.  Le souvenir d’un « aigle » qui savait voler haut et voir clair, anticiper, éviter les pièges, apaiser, avancer droit.

    Ce médecin journaliste était un laïc consacré, un « numéraire », de l’Opus Dei et il vécut dans les années soixante-dix, à Rome, auprès du fondateur, S. Josemaria Escriva de Balaguer. Son exigence professionnelle reflétait cette spiritualité de la vocation des laïcs engagés dans le monde et de la sanctification dans le travail.

    Son rôle fut fondamental auprès des papes et auprès de la presse accréditée au Vatican : il a modernisé les locaux et le style. Mais pas seulement.

    Une fois à la retraite, il a confié, lors d’un dîner de journalistes, à Rome, que sa position de laïc avait été particulièrement utile pour sa mission : il n’appartenait pas à la « hiérarchie » ecclésiastique, ce qui lui conférait la liberté dont ce rôle avait besoin. Un soir, lors d’un voyage de Benoît XVI, comme il lisait les discours des papes avant qu’ils ne les prononcent, il remarqua qu’un mot manquait. Il demanda à être reçu par le pape, le soir même. L’entourage pontifical lui demanda si c’était important. Il répondit que c’était au pape de juger si c’était important. Il fut reçu et il dit quelque chose comme : « Saint-Père, demain les journaux ne vont pas rapporter ce que vous avez dit. Ils vont parler du mot qu’on attendait et qui n’est pas prononcé. » Le mot a été inséré dans le discours du pape. Joaquin Navarro-Valls concluait : un laïc peut faire cela. Si, dans cette circonstance, on ne me laisse pas approcher le pape, je peux donner ma démission, parce que les conditions ne sont pas réunies pour que j’accomplisse la mission qui m’est confiée. Voilà, disait-il en substance, la liberté d’un laïc à ce poste.

    Il partagea avec Jean-Paul II les moments les plus dramatiques comme, en 1998, l’assassinat du commandant de la Garde suisse pontificale, de sa femme et le suicide de la jeune recrue qui venait de les abattre, mais aussi les moments les plus complices comme les chants et les repas champêtres lors des excursions en montagne, les moments de prière si profonds, les moments les plus enthousiasmants comme les premières JMJ, ou les plus historiques comme les visites au Vatican du président de l’URSS Mikhail Gorbatchev, le 1er décembre 1989, et de Fidel Castro, le 19 novembre 1996 : la salle de presse du Saint-Siège n’a peut-être jamais concentré autant de media du monde entier. Il a été de tous les voyages officiels. Il fit partie de la délégation du Saint-Siège aux grandes conférences de l’ONU : au Caire en 1994, à Copenhague en 1995, à Pékin également en 1995, et à Istanbul en 1996. Il partagea aussi les moments les plus douloureux de la maladie – l’œil du médecin savait – et de la mort de son ami le pape polonais, qui fut la nouvelle la plus difficile à vivre, et à annoncer, la gorge nouée, le 2 avril 2005.

    Il fut aussi des voyages de Benoît XVI – dont la JMJ de Cologne en 2005 –  jusqu’à l’arrivée de son successeur, le p. Federico Lombardi, en juillet 2006, après la visite du pape allemand en Espagne, pour la Rencontre mondiale des familles, à Valence.

    Il avait étudié la médecine à Grenade mais aussi à Barcelone, avec une spécialisation en psychiatrie et en psychologie sociale. Il eut aussi une bourse d’études pour Harvard. Il fit le journalisme à l’université de Navarre et la communication. Il collabora à différentes publications et fonda « Diagonal » à Barcelone. De 1974 à 1977 il fut correspondant de deux revues et porte-parole de l’Opus Dei où il était entré en 1959.

    En 1977, il devint correspondant à Rome, pour l’Italie et le Vatican et les pays de l’Est Méditerranéen, du quotidien de Madrid ABC. C’est alors qu’il devint président de l’Association de la presse étrangère en Italie avant d’être appelé par Jean-Paul II à la direction de la Salle de presse du Saint-Siège, lors d’un dîner à la table du pape. Il fut surpris et il dit « oui ».

    Lorsqu’il quitta cette charge, au bout de 22 ans, et à l’âge de 69 ans, il fut commentateur à la télévision publique italienne, la RAI, et président du Conseil consultatif de l’université Campus Bio-Medico de Rome, dépendant de l’Opus Dei. Il a présidé la Fondation Telecom Italia.

    Il a été décoré par le roi Juan Carlos Ier à plusieurs reprises et il a reçu différents prix journalistiques nationaux et internationaux. Il était docteur honoris causa des universités de Valence (2005) et de Catalogne (2010).

    « Joaquin Navarro. RIP. Grace under pressure », a dit ce soir un tweet de Greg Burke. Une citation d’Hemingway, allusion au courage de Navarro-Valls : « Le courage e(s)t la grâce sous pression » (Le vieil homme et la mer). Et puis la photo de saint Jean-Paul II qui rit, tient le bras et serre la main de son ami, accompagne un second tweet : « Joaquin Navarro, 1936-2017. Continue à sourire »: « Keep Smiling ». Courage, sourire, un héritage.

  • Le Vatican : une pétaudière ?

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    L'historien Jean-Baptiste Noé répond aux questions sur le site Atlantico.fr :

    Pétaudière au Vatican : le pape François confronté à une opposition grandissante

    Et la valse des cardinaux ne s'arrête plus, chacun participant autour du pape à une certaine densification des tensions depuis quelques jours. Et le pape s'en retrouve de plus en plus seul.

    1/ Le Pape François semble être confronté à une forte agitation parmi ses cardinaux : l'éviction du Cardinal Müller qu'il remplace par un jésuite (Ladaria), l'affaire de pédophilie qui touche le Cardinal australien George Pell, la déclaration du Cardinal Tukson demandant à ce que l'immigration soit combattue pour protéger l'Afrique... Le Vatican connait-il une crise majeure de sa gouvernance aujourd'hui ?

    Jean-Baptiste Noé : Le pontificat connaît un moment difficile, l’adhésion au Pape des premières années est en train de s’effriter. L’attitude ambiguë du document Amoris laetitia, qui peut être interprété de différentes façons, les questions restées sans réponse de quatre cardinaux majeurs à ce document, la façon autoritaire dont le Pape gouverne, fait que de nombreuses tensions apparaissent.

    Le cardinal Müller n’est pas favorable à l’accès à la communion pour les divorcés remariés alors que le Pape semble au contraire pour, même s’il ne l’a jamais dit clairement.

    Une telle opposition ne pouvait pas durer. Ce sont des figures importantes de l’Église qui s’en vont, et le Pape se trouve de plus en plus seul, ou bien entouré de personnes qui n’osent pas exprimer leurs avis, de peur d’être sanctionnées.

    Le cardinal Turkson est le préfet du dicastère du développement humain intégral, créé par le Pape le 1er janvier dernier en regroupement de nombreux autres dicastères. Sa prise de position répond à un problème précis. L’Italie est submergée par les migrants. Elle ne sait plus où les faire attendre ni comment les gérer. Les autres pays d’Europe ne veulent pas les prendre et n’aident pas l’Italie à affronter cette crise.

    Sur la question migratoire, le Vatican est dans la cacophonie. Le Pape a toujours appelé à être généreux dans l’accueil et la communauté Sant’Egidio organise des couloirs humanitaires pour faire venir des migrants en Europe. Sauf qu’aujourd'hui ceux qui viennent ne fuient pas la guerre, mais viennent pour des motifs économiques.

    On voit se dessiner une fracture entre le Nord et le Sud. Les évêques d’Europe sont, dans l’ensemble, favorables à la vague migratoire et demandent aux Européens d’accueillir ces personnes. Les évêques d’Afrique et du Moyen-Orient sont en revanche beaucoup plus circonspects. En Syrie et en Irak, les évêques ont demandé à leurs fidèles de ne pas partir afin que la présence chrétienne puisse continuer. Partir, c’est donner la victoire à l’État islamique.

    En Afrique, les cardinaux Turkson et Sarah ont recommandé à l’Europe de fermer le robinet migratoire. Ils mettent en garde les Européens contre la perte de culture et les difficultés d’intégration de ces personnes. Les évêques du Moyen-Orient sont très surpris par l’attitude de l’Europe, car, pour eux, faire venir ces personnes sur le sol européen c’est, à terme, importer le conflit islamique en Europe. 

    Quant au cardinal Pell, c’est une figure importante qui s’en va et une personne estimée et appréciée par le Pape qui l’avait nommé pour réformer les finances du Saint-Siège. On lui reproche des faits qui se seraient tenus il y a cinquante ans. La présomption d’innocence doit prévaloir. En France, l’évêque de Dax avait été accusé de tels actes, il vient d’être blanchi par la justice. Mais l’innocence fait toujours moins de bruit que la mise en examen. Pourquoi ces accusations sont-elles lancées maintenant ?

    Il a été mis en disponibilité pour pouvoir se défendre en Australie. Mais compte tenu de son âge (75 ans) et de la lenteur du processus judiciaire, il est peu probable qu’il revienne à Rome.

    La réforme de la Curie engagée par le Pape a soulevé beaucoup d’espoirs, mais pour l’instant peu de choses ont été réalisées. Sur ce point-là, le bilan du Pape François est maigre.

    La déclaration du supérieur des Jésuites sur la nature "symbolique inventée par l'homme" du diable semble avoir particulièrement troublée les chrétiens : peut-on parler d'une sorte de "putsch" jésuite au Vatican avec la nomination par François du cardinal jésuite Ladaria au poste de préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi ?

    Cela fait longtemps que certains jésuites ont des problèmes avec les fondamentaux du dogme chrétien. Ces propos contredisent directement la pensée du Pape qui, à plusieurs reprises, a explicitement dit que le diable existe, et cela dès le début de son pontificat. Ce qui avait par ailleurs beaucoup marqué les observateurs. Les propos de ce supérieur n’engagent que lui. Ils n’ont pas de liens avec la nomination de Mgr Ladaria comme préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Celui-ci était secrétaire de cette congrégation et il y avait été nommé par Benoît XVI. Le préfet n’étant pas renouvelé, il était dans l’ordre des choses que ce soit le secrétaire qui le remplace.  

    L'image d'un pape autoritaire contrastant avec une image médiatique soignée se vérifie-t-elle aujourd'hui ?

    Le Pape a toujours aimé agir seul et parfois de façon abrupte. Ce trait de son caractère émerge un peu plus aujourd'hui. Les médias lui étaient jusqu’à présent favorables, mais les choses sont en train de changer. En Italie, des critiques se font jour. En Argentine la presse et la population sont dans l’incompréhension. Le Pape a annoncé se rendre au Chili en janvier 2018, mais il ne se rendra pas en Argentine, alors que les deux pays sont limitrophes. Compte tenu des tensions jalouses entre le Chili et l’Argentine cela a été très mal vécu par les Argentins qui s’estiment trahis par leur Pape. Le pontificat doit trouver un nouveau souffle s’il veut rester sur la bonne dynamique des débuts.