Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Eglise - Page 5

  • Des détails sur l'histoire de la "Vache sacrée" vandalisée

    IMPRIMER

    B9715277904Z.1_20180403212259_000+G50B15U0L.1-0.jpg

    De D.H. sur le site de La Capitale : 

    "Vache vandalisée: «On a accompli ce que les chrétiens attendaient»

    Lors de ce week-end pascal, Sudpresse a pu rencontrer, autour d’une tisane à la camomille, dans l’un des plus anciens estaminets du centre-ville de Bruxelles, deux des multiples chrétiens intégristes – deux frères âgés de 27 et 30 ans – qui ont attaqué l’œuvre d’art de Tom Herck intitulée « La vache sacrée ».

    Une carcasse de vache, reproduite grandeur nature et clouée à un crucifix de 5 mètres de haut qui avait, pour rappel, été exposée par l’artiste flamand, pendant un peu plus d’un mois, de novembre à décembre, dans la petite église de Kuttekoven, en province du Limbourg.

    Pour l’anecdote, nos deux chrétiens intégristes sont arrivés avec une bonne demi-heure de retard parce qu’ils venaient tout juste d’aller à confesse ; mais « on ne s’est pas du tout confessé » pour l’affaire qui nous occupe ici, ont-ils plaisanté. Ils estiment en effet avoir « accompli ce que le plus grand nombre de catholiques attendaient » d’eux !

    Le vitriol pas assez puissant

    Et pour cause : « Notre motivation première, c’était de détruire cette œuvre blasphématoire qui était là pour se moquer de la croix de Jésus-Christ. C’était une espèce de sentiment unanime de toute la chrétienté. On voulait tout simplement retirer cette vache de l’église et c’était mission accomplie mais cela n’a pas été possible vu que la porte de l’église était fermée à clé ! », expliquent les deux frères. « Par contre, il ne faut pas nous mettre tout sur le dos. On n’a rien cassé, on n’a rien brûlé, on n’a rien tagué. Tout ça, ce n’est pas nous. Ce sont des actions criminelles qu’on condamne et dont on se désolidarise. Nous, on ne faisait partie que du dernier commando qui s’en est pris à la vache et on est uniquement rentré discrètement par le vitrail déjà cassé, la veille du dernier jour de l’exposition, sans savoir qu’il y avait eu des graffitis néonazis, vu que ‘l’artiste’ n’avait rien dit et avait déjà tout repeint avant notre passage ».

    Et Le fils de Jan Jambon ?

    Et de détailler leur tentative de vitrioler au nom de Jésus cette vache de 300 kilos mise en vente 35.000 euros comme suit : « Le dissolvant pour plâtre qu’on a versé dessus n’a eu aucun effet tellement cette vache en polymère était vernie, ce n’était pas le bon produit ! On a ensuite coupé une corde et ça a lâché tout seul, cette espèce de vache, super-costaude, s’est retrouvée par terre. Elle a fait un énorme bang, on a eu peur, parce que pour le même prix, l’un de nous aurait pu se faire écraser ! » Quant à savoir comment le fils de notre ministre de l’Intérieur, Wouter Jambon, s’est retrouvé mêlé à cette histoire hallucinante ? Les deux frères ne souhaitent pas s’étendre sur la question par respect pour celui qu’ils disent connaître de loin parce qu’ils fréquentent tout simplement le même milieu chrétien. Tout juste apprendra-t-on à cet égard que « il ne faut pas dire que les flics ont bien travaillé parce que c’est grâce aux confidences que Wouter Jambon a faites à un faux ami dont il ne savait pas qu’il irait tout répéter et en ferait un tel usage que cela a été balancé chez les flics ! »

    D. H.

  • Pas de Linceul de Turin sans Résurrection du Christ

    IMPRIMER

    Du site "Prier en famille.com" :

    Ajoutée le 25 mars 2018

    Ecrivez-nous et posez vos questions à : 30videosapologetiques@gmail.com & Retrouvez nos autres vidéos sur la chaîne Youtube : "Marie de Nazareth"

    CONCLUSIONS SUR LE LINCEUL DE TURIN : Aujourd'hui, avec l'accumulation de découvertes étonnantes sur cet objet qui est le plus étudié au monde (500.000 heures de recherches scientifiques de haut niveau) il est possible de conclure que ce linge est bien celui qui a enveloppé le corps du Christ après sa mort en l'an 30 à Jérusalem et d'affirmer que le rayonnement qui a provoqué l'image imprimée sur le tissu, - image stupéfiante, inexplicable et non reproductible par la science à ce jour - (négatif montrant une image nette à partir d'une oxydation acide déshydratante de densité variable indiquant une information de distance) ne peut venir que du "flash" de la Résurrection. En s'attachant à mettre en lumière 5 arguments précis qui sont tous décisifs, la présentation explique pourquoi, dans l'état de la connaissance actuelle, rester dans le doute et ne pas conclure serait une attitude idéologique, incohérente et inadaptée.

    Plan de la vidéo :

    00:38 : Ne pas se tromper sur la possibilité théorique de conclure

    02:21 : Ne pas se tromper sur les preuves et la foi

    04:04 : Les 2 thèses entre lesquelles il faut choisir

    06:04 : 1/5 - Le codex de Pray prouve que le Linceul existe bien avant 944

    16:40 : 2/5 - Le Linceul est un "négatif", notion totalement inconnue avant le XIXème siècle

    22:28 : 3/5 - L’Évangile de la Passion se lit étonnamment sur le Linceul avec notamment 18 détails inconnus et inconcevables au Moyen-âge

    29:04 : Témoignage du photographe juif Barrie Schwortz, membre du STURP (extrait du DVD Net for God : "Il est l'image du Dieu invisible")

    32:24 : 4/5 - Un rayonnement 3D orthogonal au Linceul incompréhensible et impossible à reproduire à ce jour, qui a provoqué une oxydation acide déshydratante superficielle

    37:10 : 5/5 - Une singularité absolue constatée de 1.000 manières qui conduit logiquement à mettre en rapport cet objet absolument unique et non reproductible avec une cause forcément unique et non reproductible.

    38:10 : Arbre logique résumant le raisonnement qui conduit à conclure de manière certaine à une cause surnaturelle

    41:44 : Extrait de réponses aux questions

    41:51 : Qu'est-ce qu'une preuve ?

    42:40 : Les preuves ne sont jamais contraignantes

    43:50 : La foi n'est pas une affaire de connaissance

    44:30 : Se décider pour la seule attitude cohérente, juste, adaptée

    45:12 : Si un objet matériel devait garder une trace matérielle de l'événement de la Résurrection, ce ne pouvait être que le Linceul du Christ qui était, en cet instant décisif et absolument unique où le corps physique du Christ a été transformé en un corps glorieux, le seul objet matériel en contact direct avec lui.

  • Saint Isidore de Séville (4 avril) : se consacrer à la contemplation sans se refuser à la vie active

    IMPRIMER

    De BENOÎT XVI,  lors de l'audience générale du mercredi 18 juin 2008 (source) :

    L'enseignement de saint Isidore de Séville sur les relations entre vie active et vie contemplative

    Chers frères et sœurs,

    Je voudrais parler aujourd'hui de saint Isidore de Séville:  il était le petit frère de Léandre, évêque de Séville, et grand ami du Pape Grégoire le Grand. Ce fait est important, car il permet de garder à l'esprit un rapprochement culturel et spirituel indispensable à la compréhension de la personnalité d'Isidore. Il doit en effet beaucoup à Léandre, une personne très exigeante, studieuse et austère, qui avait créé autour de son frère cadet un contexte familial caractérisé par les exigences ascétiques propres à un moine et par les rythmes de travail demandés par un engagement sérieux dans l'étude. En outre, Léandre s'était préoccupé de prédisposer le nécessaire pour faire face à la situation politico-sociale du moment:  en effet, au cours de ces décennies les Wisigoths, barbares et ariens, avaient envahi la péninsule ibérique et s'étaient emparé des territoires qui avaient appartenu à l'empire romain. Il fallait donc les gagner à la romanité et au catholicisme. La maison de Léandre et d'Isidore était fournie d'une bibliothèque très riche en œuvres classiques, païennes et chrétiennes. Isidore, qui se sentait attiré simultanément vers les unes et vers les autres, fut donc éduqué à développer, sous la responsabilité de son frère aîné, une très grande discipline en se consacrant à leur étude, avec discrétion et discernement.

    Dans l'évêché de Séville, on vivait donc dans un climat serein et ouvert. Nous pouvons le déduire des intérêts culturels et spirituels d'Isidore, tels qu'ils  apparaissent  dans  ses œuvres elles-mêmes, qui comprennent une connaissance encyclopédique de la culture classique païenne et une connaissance approfondie de la culture chrétienne. On explique ainsi l'éclectisme qui caractérise la production littéraire d'Isidore, qui passe avec une extrême facilité de Martial à Augustin, de Cicéron à Grégoire le Grand. La lutte intérieure que dut soutenir le jeune Isidore, devenu successeur de son frère Léandre sur la chaire épiscopale de Séville en 599, ne fut pas du tout facile. Peut-être doit-on précisément à cette lutte constante avec lui-même l'impression d'un excès de volontarisme que l'on perçoit en lisant  les œuvres  de ce grand auteur, considéré comme le dernier des Pères chrétiens de l'antiquité. Quelques années après sa mort, qui eut lieu en 636, le Concile de Tolède de 653 le définit:  "Illustre maître de notre époque, et gloire de l'Eglise catholique".

    Lire la suite

  • Un dogme d'enfer en dix thèses

    IMPRIMER

    Philosophe et professeur à Paris I, Rémi Brague revient sur la controverse créée par des propos attribués au pape selon lesquels l'enfer n'existe pas. Lu sur le site de l’Express :

    « Dans un entretien à La Repubblicca, un quotidien italien, le pape François a déclaré que "l'enfer n'existe pas, ce qui existe, c'est la disparition des âmes pécheresses". Des propos qui ont créé un émoi et avec lesquels le Vatican a immédiatement pris ses distances, qualifiant l'entretien de "reconstruction". Rémi Brague, qui vient de publier chez Flammarion « Sur la religion. Pour en finir avec les préjugés et les confusions » revient sur cette controverse et ce dogme chrétien pour L'Express. 

    1. Je ne sais pas ce que le pape a vraiment dit (*). Il devrait se méfier d'une presse qui s'intéresse peu à ce qu'il dit, encore moins à savoir s'il dit vrai ou faux, mais beaucoup à ce qui fera scandale ou en tout cas du bruit. 
    2. Il est intéressant de se demander si ce que l'Église affirme depuis des siècles, en son magistère comme par ses saints et ses mystiques, doit aller aux poubelles de la pensée.  
    3. Ce qui le mérite, ce sont des images naïves qu'il faut vite dépasser : les diables cornus à fourches, la pesée des âmes, idée étrangère au christianisme, et venue de l'Égypte ancienne aux frontons de nos cathédrales. De même, l'idée d'une punition. Elle serait de toute façon hors de proportion avec les fautes, même les plus graves.  
    4. Il y a dans toutes nos actions une logique interne qui les oriente vers toujours plus de bien ou toujours plus de mal. La mort donne un coup de fixatif, elle scelle notre vie, elle nous fait obtenir ce que, au fond, nous avions toujours voulu.  
    5. Par provocation, je dirais presque que l'enfer (qui n'est pas dans le Credo) est le plus beau des dogmes chrétiens : Dieu prend au sérieux la liberté de l'homme, et la respecte jusqu'au bout. Celui qui Lui dit "non !" restera sans Lui.  
    6. Mais Lui, Dieu, a fait avec l'homme une alliance irrévocable et ne nous abandonne jamais. C'est pour cela que l'enfer est éternel. Mais, s'insurge-t-on, comment un Dieu d'amour pourrait-il créer un tel enfer ? Le Cantique des Cantiques l'a dit : "l'amour est fort comme la mort, la jalousie inflexible comme les enfers (¨e'ol)" (8, 6). Dans certaines icônes, le feu de l'enfer s'allume au nimbe de gloire qui entoure Dieu. 
    7. Le paradis, c'est l'amour de Dieu, vécu par ceux qui L'acceptent sans réserve ; l'enfer, c'est l'amour de Dieu, vécu par ceux qui Le refusent jusqu'au bout. Milton l'avait déjà vu : les démons refusent de se repentir précisément parce qu'ils savent que Dieu leur pardonnerait. Un autre anglais, C. S. Lewis, l'a dit très simplement : "la porte de l'enfer est fermée de l'intérieur". 
    8. L'enfer est-il habité ? Si oui, cela veut dire qu'on peut refuser le Bien, l'Amour, la Vie, en connaissance de cause. Nous avons le droit d'espérer que ce n'est pas possible, et donc que l'enfer est vide, non celui de l'affirmer.  
    9. S'il est habité, qui l'occupe ? Nous voudrions tous y voir ceux que nous n'aimons pas. Mahomet y met Abu Lahab -- le bien nommé -- et sa femme (Coran, CXI). Dante, ses ennemis politiques. Levinas, Hitler (Quatre Lectures talmudiques, p. 185). Les Chrétiens n'en ont pas le droit, car pour tous les "méchants", on peut trouver des excuses : enfance malheureuse, démence, influences, etc. Sauf pour une seule personne, celle que nous connaissons de l'intérieur, à savoir... nous-mêmes. Chacun de nous doit se demander s'il ne serait pas le candidat idéal à l'enfer, peut-être le premier damné de l'histoire de l'humanité.  
    10. La gravité des fautes est importante pour un juge humain, qui doit les comparer les unes aux autres : un génocide est pire que le port de la cravate d'un autre College. Mais là où il s'agit de comparer les fautes à leurs auteurs, elle perd sa pertinence. Je n'ai jamais tué ! En ai-je eu l'occasion ? Je n'ai jamais volé ! En ai-je eu besoin ? Je n'ai jamais trompé ma femme ! En ai-je le tempérament ? En revanche, ai-je résisté, non pas aux tentations que je n'ai jamais éprouvées, mais à celles qui m'ont vraiment assailli ? L'enfer, c'est tout le monde, sauf les autres.

    Ref. Un dogme d'enfer en dix thèses

    (*) Démentir est une chose mais la communication du Saint-Siège ne nous informe pas de ce que le pape a exactement dit [ndeB]

    JPSC

  • Quand Henri Conscience évoquait la chouannerie belge

    IMPRIMER

    De Paul Vaute sur le blog "Le Passé belge"

    Henri Conscience et la chouannerie belge

    PASBEL20180402.jpg

    La Belgique est française depuis trois ans et Overmere, près de Termonde, appartient au département de l'Escaut quand, le 12 octobre 1798, un huissier, accompagné de quelques soldats de l'armée occupante, vient saisir les biens d'un citoyen récalcitrant à l'impôt. L'affaire fait rapidement le tour du village. Les jeunes commencent à s'attrouper, montrant les dents ou les poings en direction des sbires qui n'en mènent pas large. Les cris de "Vive l'Empereur" (d'Autriche) sont lancés comme autant de défis. Les représentants de l'ordre n'insistent pas: ils s'en vont sous les huées.

    Partie remise, bien sûr. On envoie peu après des gendarmes pour réduire les bagarreurs. Mais les jongens ont ameuté les communes environnantes. La guerre des Paysans est déclenchée. Elle va s'étendre, à des degrés divers, dans toutes nos provinces et, malgré l'appellation réductrice, mobiliser dans toutes les couches sociales. La République mettra trois mois au moins pour venir, partiellement, à bout de l'incendie.

    Un demi-siècle s'est écoulé depuis ces événements quand Henri (ou Hendrik) Conscience en fait, en 1853, la matière d'un roman qui sera l'un de ses plus grands succès, tant en néerlandais qu'en traduction française.

    De Boerenkryg (La guerre des Paysans), observe Kevin Absillis (Université d'Anvers), a "ancré dans la mémoire collective belge et flamande" ce chapitre de l'histoire en en faisant, "selon les standards d'alors, une épopée tourbillonnante[1]. C'est une révolte pour la foi et pour la patrie – patrie qui est bien d'un bout à l'autre la Belgique. Même si l'essentiel de l'action se situe en Flandre, dans le village campinois de Lichtaart (Kasterlee) rebaptisé du nom de Waldeghem, les héros sont les "Belges opprimés" et la "Belgique combattante". Cinq mois après la parution du livre, le roi Léopold Ier offrira à Conscience une bague en diamant comme "marque de Sa haute bienveillance".

    Lire la suite sur le blog "Le Passé belge"

  • Les colloques singuliers du pape François avec Eugenio Scalfari

    IMPRIMER

    A maintes reprises déjà, sur des thèmes sensibles de la discipline, de la morale ou de la foi même de l’Eglise, le pape actuel s’est entretenu avec le fondateur du quotidien La Reppublica, Eugenio Scalfari. Celui-ci en a chaque fois publié dans son journal à grand tirage des comptes rendus hétérodoxes qui ont été  inlassablement contestés  par des responsables de la communication du Saint-Siège.

    Vendredi dernier  nous avons fait écho ici : Existence de l'enfer : quand l'interviewer favori du pape déforme ses propos à la dernière récidive du genre concernant la réalité de l’enfer.

    Le bon sens pose alors la question de savoir pourquoi le pape régnant s’obstine à confier sa pensée à un interlocuteur qui n’aurait apparemment rien de mieux à faire qu’à la déformer en s’adressant à un vaste public. Les plus indulgents attribueront cette manière de faire à la naïveté du pape et les plus sceptiques à une forme de duplicité, de double langage : la parole de Scalfari contre celle des services d’information du Vatican .   

    Au sujet des propos du  pape sur l'enfer rapportés par Scalfari, un religieux de nos amis lecteurs se demande s’il ne serait pas opportun « que le pape, lors d'une prochaine catéchèse du mercredi, nous fasse connaître son enseignement sur ce mystère. Il aurait sans doute, en tant que familier des exercices de saint Ignace, des choses intéressantes à dire. Et surtout, une parole prononcée en public, ferait disparaître toutes les perplexités suscitées par un journaliste qui rapporte à sa manière ce que le pape lui a dit en privé »

    A propos de l'enfer, dans l’encyclique « Spe Salvi » (30 novembre 2007), son prédécesseur Benoît XVI écrivait ceci : « Il peut y avoir des personnes qui ont détruit totalement en elles le désir de la vérité et la disponibilité à l'amour. Des personnes en qui tout est devenu mensonge; des personnes qui ont vécu pour la haine et qui en elles-mêmes ont piétiné l'amour. C'est une perspective terrible, mais certains personnages de notre histoire laissent entrevoir de façon effroyable des profils de ce genre. Dans de semblables individus, il n'y aurait plus rien de remédiable et la destruction du bien serait irrévocable: c'est cela qu'on indique par le mot « enfer ».

    Sans entrer dans des questions un peu vaines de savoir si l’enfer est un lieu ou un état, le pontife régnant pourrait toujours remettre au diapason du grand public les développements que le pape Ratzinger consacrait à cette grave question du mystère de la grâce et de la justice divines. Voici un extrait significatif de cette pensée audacieuse qui ne conteste cependant pas la possibilité de la damnation éternelle ni l'éternité de l'âme :

    « 43. […] La grâce n'exclut pas la justice. Elle ne change pas le tort en droit. Ce n'est pas une éponge qui efface tout, de sorte que tout ce qui s'est fait sur la terre finisse par avoir toujours la même valeur. Par exemple, dans son roman « Les frères Karamazov », Dostoïevski a protesté avec raison contre une telle typologie du ciel et de la grâce. À la fin, au banquet éternel, les méchants ne siégeront pas indistinctement à table à côté des victimes, comme si rien ne s'était passé. Je voudrais sur ce point citer un texte de Platon qui exprime un pressentiment du juste jugement qui, en grande partie, demeure vrai et salutaire, pour le chrétien aussi. Même avec des images mythologiques, qui cependant rendent la vérité avec une claire évidence, il dit qu'à la fin les âmes seront nues devant le juge. Alors ce qu'elles étaient dans l'histoire ne comptera plus, mais seulement ce qu'elles sont en vérité. « Souvent, mettant la main sur le Grand Roi ou sur quelque autre prince ou dynaste, il constate qu'il n'y a pas une seule partie de saine dans son âme, qu'elle est toute lacérée et ulcérée par les parjures et les injustices [...], que tout est déformé par les mensonges et la vanité, et que rien n'y est droit parce qu'elle a vécu hors de la vérité, que la licence enfin, la mollesse, l'orgueil, l'intempérance de sa conduite l'ont rempli de désordre et de laideur: à cette vue, Rhadamante l'envoie aussitôt déchue de ses droits, dans la prison, pour y subir les peines appropriées [...]; quelquefois, il voit une autre âme, qu'il reconnaît comme ayant vécu saintement dans le commerce de la vérité. [...] Il en admire la beauté et l'envoie aux îles des Bienheureux ». Dans la parabole du riche bon vivant et du pauvre Lazare (cf. Lc 16, 19-31), Jésus nous a présenté en avertissement l'image d'une telle âme ravagée par l'arrogance et par l'opulence, qui a créé elle-même un fossé infranchissable entre elle et le pauvre; le fossé de l'enfermement dans les plaisirs matériels; le fossé de l'oubli de l'autre, de l'incapacité d’aimer, qui se transforme maintenant en une soif ardente et désormais irrémédiable. Nous devons relever ici que Jésus dans cette parabole ne parle pas du destin définitif après le Jugement universel, mais il reprend une conception qui se trouve, entre autre, dans le judaïsme ancien, à savoir la conception d'une condition intermédiaire entre mort et résurrection, un état dans lequel la sentence dernière manque encore.

    44.Cette idée vétéro-juive de la condition intermédiaire inclut l'idée que les âmes ne se trouvent pas simplement dans une sorte de détention provisoire, mais subissent déjà une punition, comme le montre la parabole du riche bon vivant, ou au contraire jouissent déjà de formes provisoires de béatitude. Et enfin il y a aussi l'idée que, dans cet état, sont possibles des purifications et des guérisons qui rendent l'âme mûre pour la communion avec Dieu. L'Église primitive a repris ces conceptions, à partir desquelles ensuite, dans l'Église occidentale, s'est développée petit à petit la doctrine du purgatoire. Nous n'avons pas besoin de faire ici un examen des chemins historiques compliqués de ce développement; demandons-nous seulement de quoi il s'agit réellement. Avec la mort, le choix de vie fait par l'homme devient définitif – sa vie est devant le Juge. Son choix, qui au cours de toute sa vie a pris forme, peut avoir diverses caractéristiques. Il peut y avoir des personnes qui ont détruit totalement en elles le désir de la vérité et la disponibilité à l'amour. Des personnes en qui tout est devenu mensonge; des personnes qui ont vécu pour la haine et qui en elles-mêmes ont piétiné l'amour. C'est une perspective terrible, mais certains personnages de notre histoire laissent entrevoir de façon effroyable des profils de ce genre. Dans de semblables individus, il n'y aurait plus rien de remédiable et la destruction du bien serait irrévocable: c'est cela qu'on indique par le mot « enfer ». D'autre part, il peut y avoir des personnes très pures, qui se sont laissées entièrement pénétrer par Dieu et qui, par conséquent, sont totalement ouvertes au prochain – personnes dont la communion avec Dieu oriente dès maintenant l'être tout entier et dont le fait d'aller vers Dieu conduit seulement à l'accomplissement de ce qu'elles sont désormais.

    45. Selon nos expériences, cependant, ni un cas ni l'autre ne sont la normalité dans l'existence humaine. Chez la plupart des hommes – comme nous pouvons le penser – demeure présente au plus profond de leur être une ultime ouverture intérieure pour la vérité, pour l'amour, pour Dieu. Mais, dans les choix concrets de vie, elle est recouverte depuis toujours de nouveaux compromis avec le mal – beaucoup de saleté recouvre la pureté, dont cependant la soif demeure et qui, malgré cela, émerge toujours de nouveau de toute la bassesse et demeure présente dans l'âme. Qu'advient-il de tels individus lorsqu'ils comparaissent devant le juge? Toutes les choses sales qu'ils ont accumulées dans leur vie deviendront-elles d'un coup insignifiantes ? Ou qu'arrivera-t-il d'autre? Dans la Première lettre aux Corinthiens, saint Paul nous donne une idée de l'impact différent du jugement de Dieu sur l'homme selon son état. Il le fait avec des images qui veulent en quelque sorte exprimer l'invisible, sans que nous puissions transformer ces images en concepts – simplement parce que nous ne pouvons pas jeter un regard dans le monde d’au delà de la mort et parce que nous n'en avons aucune expérience. Paul dit avant tout de l'expérience chrétienne qu'elle est construite sur un fondement commun: Jésus Christ. Ce fondement résiste. Si nous sommes demeurés fermes sur ce fondement et que nous avons construit sur lui notre vie, nous savons que ce fondement ne peut plus être enlevé, pas même dans la mort. Puis Paul continue: « On peut poursuivre la construction avec de l'or, de l'argent ou de la belle pierre, avec du bois, de l'herbe ou du chaume, mais l'ouvrage de chacun sera mis en pleine lumière au jour du jugement. Car cette révélation se fera par le feu, et c'est le feu qui permettra d'apprécier la qualité de l'ouvrage de chacun. Si l'ouvrage construit par quelqu'un résiste, celui-là recevra un salaire; s'il est détruit par le feu, il perdra son salaire. Et lui-même sera sauvé, mais comme s'il était passé à travers un feu » (3, 12-15). Dans ce texte, en tout cas, il devient évident que le sauvetage des hommes peut avoir des formes diverses; que certaines choses édifiées peuvent brûler totalement; que pour se sauver il faut traverser soi-même le « feu » afin de devenir définitivement capable de Dieu et de pouvoir prendre place à la table du banquet nuptial éternel.

    46. Certains théologiens récents sont de l'avis que le feu qui brûle et en même temps sauve est le Christ lui-même, le Juge et Sauveur. La rencontre avec Lui est l'acte décisif du Jugement. Devant son regard s'évanouit toute fausseté. C'est la rencontre avec Lui qui, en nous brûlant, nous transforme et nous libère pour nous faire devenir vraiment nous-mêmes. Les choses édifiées durant la vie peuvent alors se révéler paille sèche, vantardise vide et s'écrouler. Mais dans la souffrance de cette rencontre, où l'impur et le malsain de notre être nous apparaissent évidents, se trouve le salut. Le regard du Christ, le battement de son cœur nous guérissent grâce à une transformation assurément douloureuse, comme « par le feu ». Cependant, c'est une heureuse souffrance, dans laquelle le saint pouvoir de son amour nous pénètre comme une flamme, nous permettant à la fin d'être totalement nous-mêmes et par là totalement de Dieu. Ainsi se rend évidente aussi la compénétration de la justice et de la grâce: notre façon de vivre n'est pas insignifiante, mais notre saleté ne nous tache pas éternellement, si du moins nous sommes demeurés tendus vers le Christ, vers la vérité et vers l'amour. En fin de compte, cette saleté a déjà été brûlée dans la Passion du Christ. Au moment du Jugement, nous expérimentons et nous accueillons cette domination de son amour sur tout le mal dans le monde et en nous. La souffrance de l'amour devient notre salut et notre joie. Il est clair que la « durée » de cette brûlure qui transforme, nous ne pouvons la calculer avec les mesures chronométriques de ce monde. Le « moment » transformant de cette rencontre échappe au chronométrage terrestre – c'est le temps du cœur, le temps du « passage » à la communion avec Dieu dans le Corps du Christ. Le Jugement de Dieu est espérance, aussi bien parce qu'il est justice que parce qu'il est grâce. S'il était seulement grâce qui rend insignifiant tout ce qui est terrestre, Dieu resterait pour nous un débiteur de la réponse à la question concernant la justice – question décisive pour nous face à l'histoire et face à Dieu lui-même. S'il était pure justice, il ne pourrait être à la fin pour nous tous qu’un motif de peur. L'incarnation de Dieu dans le Christ a tellement lié l'une à l'autre – justice et grâce – que la justice est établie avec fermeté: nous attendons tous notre salut « dans la crainte de Dieu et en tremblant » (Ph 2, 12). Malgré cela, la grâce nous permet à tous d'espérer et d'aller pleins de confiance à la rencontre du Juge que nous connaissons comme notre « avocat » (parakletos) (cf. 1 Jn 2, 1)[…].

    JPSC

  • Le Christ est vraiment ressuscité ! Alleluia !

    IMPRIMER

    XB_iconsexplained.com.jpgC'est le jour de la Résurrection, Peuples, rayonnons de joie !
    C'est la Pâque du Seigneur.
    De la mort à la vie et de la terre aux cieux,
    Christ Dieu nous a menés
    Chantons l'hymne de la victoire.

    Le Christ est ressuscité des morts, purifions nos sens
    et nous verrons le Christ resplendissant,
    dans l'inaccessible lumière de la Résurrection.
    Et nous l'entendrons nous crier :
    "Réjouissez-vous" en chantant l'hymne de la victoire.

    Le Christ est ressuscité des morts.
    Que le ciel se réjouisse, que la terre soit dans l'allégresse.
    Que le monde soit en fête, le monde visible et invisible,
    car le Christ est ressuscité, Lui l'éternelle allégresse.

    Christ est ressuscité des morts.
    Par la mort, il vaincu la mort.
    A ceux qui sont dans le tombeau, il a donné la vie.

    (1ère ode des matines byzantines de Pâques)

    L'équipe de belgicatho souhaite aux amis et aux visiteurs de ce blog une lumineuse fête de Pâques, au grand soleil du Ressuscité.

  • L'Alleluia de la vigile pascale

    IMPRIMER

    Voici l'alléluia des alléluias ! Le retour solennel de l'alléluia dans la nuit de Pâques est certainement un des rites les plus expressifs de toute l'année liturgique. Durant la messe de la vigile, après le chant de l'épître, le célébrant entonne seul cet alléluia par trois fois, en élevant la voix d'un ton à chaque reprise, le chœur le répétant de même à chaque fois. L'émotion monte irrésistiblement dans cette grande vague de louange adressée à chacune des personnes de la Sainte Trinité. 

    Alleluia-Paques.png

    La mélodie s'appuie à quatre reprises sur le sol avant d'atteindre finalement le do lumineux et redescendre sur le sol en une formule mélodique de cadence très ferme et très joyeuse. Ce jubilus pré­lude à l'explosion enthousiaste du verset : « Rendez grâce au Seigneur car Il est bon, car sa miséricorde est éternelle ». Il inaugure aussi la longue et belle série des alléluias du temps pascal. L'alléluia est devenu le symbole privilégié de la joie triomphante de l'Église, et il va retentir sans réserve dans la liturgie, de Pâques à la Pentecôte. Saint Benoît qui consacre un chapitre de sa Règle à l'alléluia, demande qu'il soit chanté sans interruption durant la période pascale. Mais l'alléluia est le refrain joyeux de circonstance qui doit résonner dans toute notre vie. Dom Guéranger souhaitait volontiers à ses correspondants de devenir « alléluia des pieds jusqu'à la tête ». L'Église a le cœur en fête, son Sauveur est ressuscité, la vie a triomphé, alors chantons alléluia !

    Pour entendre cet Alleluia

  • Homélie pour le jour de Pâques

    IMPRIMER

    Pâques, homélie pour la messe du jour (du Père Simon Noël osb sur son blog)

    unnamed.jpg

    Frères et sœurs, les Évangiles témoignent de la foi de l’Église, de la communauté chrétienne, en la résurrection du Seigneur Jésus, de sa victoire totale et définitive sur la mal et la mort. Ce témoignage s’articule sur trois éléments qui se combinent entre eux et qui ont chacun leur importance propre : le tombeau vide, les apparitions du Seigneur ressuscité, le témoignage des Écritures, en particulier des prophètes et des psaumes.

    L’évangile de ce dimanche de Pâques ne parle pas des apparitions de Jésus et il est peut-être significatif que l’Église offre ce premier témoignage évangélique de la résurrection, tiré de saint Jean, avant les autres : celui du tombeau vide et du sens des Écritures.

    Le disciple que Jésus aimait est au centre de ce passage. Et il nous est dit qu’il vit et qu’il crut. Mais que vit-il ? Un tombeau vide et à l’intérieur des linges soigneusement pliés. C’est pourquoi on peut dire qu’il crut sans avoir vu, sans avoir vu le Ressuscité. Il crut en comprenant le sens ultime et véritable des Écritures qui habitaient son cœur depuis l’enfance et qui toutes parlaient du mystère de Jésus mort et ressuscité pour nous.

    En cela ce mystérieux disciple bien-aimé est différent de Thomas dont le même évangile parlera dans le chapitre suivant et qui lui eut besoin lui de voir et de toucher pour croire. Et l’on connaît la réponse de Jésus : Heureux ceux qui croient sans avoir vu.

    L’Évangile de Jean constitue, après les trois autres Évangile, un approfondissement de la foi et de l‘expérience chrétienne, et qui privilégie le regard intérieur, le regard de l’amour et de la contemplation. Et un Évangile comme celui que nous venons d’entendre nous concerne tout spécialement nous, les croyants d’aujourd’hui, qui croient sans avoir vu, et dans un monde de plus en plus sécularisé.

    Ce disciple que Jésus aimait est proposé du reste comme le modèle des croyants de tous les temps. Il est aimé de Jésus, il a reçu Marie pour Mère, il s’incline devant le chef du collège des apôtres. Il est bon de le rappeler dans les temps troublés au niveau de la foi, que nous traversons.

    Son expérience de foi en la résurrection nous est proposée et elle éclairante pour nos contemporains. Elle commence par une expérience du vide et de l’absence, le tombeau vide. Elle est nourrie par un approfondissement incessant des Écritures. Et cette méditation conduit à un regard de foi qui discerne dans le concret de l’existence les signes donnés par Dieu, que symbolisent les linges pliés avec soin dans le tombeau. La foi du disciple bien-aimé est bien l’écho de la foi de celle qu’il a reçu comme Mère, la Mère de Jésus, la Vierge Marie, elle qui conservait et méditait tout en son cœur.

    Que pouvons-nous retirer de tout cela, dans le contexte et le combat de la foi qui est le nôtre ? Tout d’abord qu’un croyant doit au préalable partager la réalité de la condition de tout homme et en accepter toutes les obscurités. Consentir à et reconnaître le vide existentiel, ou le sentiment de l’échec, ou la perte des illusions. Il ne nous faut pas fuir le tombeau vide qu’est notre réalité humaine, car ce n’est que dans cette humanité reconnue et aimée que nous trouverons le Vivant qui vient toujours nous sauver. Mais ceci dit, le croyant doit oser et prendre le risque de prendre la Parole de Dieu, comme son seul secours, sa seule lumière sur le chemin de la vie et y discerner la voix de Dieu qui vient vers lui pour lui donner les vraies réponses à son angoisse et à son désir de bonheur. Enfin dans la prière, engendrée par le méditation de la Parole, il est appelé à discerner la présence agissante de Dieu dans sa vie au quotidien.

    C’est ce chemin seul, qui à la suite de Jean, nous conduira à la paix véritable et à une sagesse, en laquelle peut-être on ne verra rien et touchera rien, mais en laquelle du moins on goûtera de plus en plus la saveur d’une présence et d’un amour qui donne la vie véritable. Cette vie nouvelle, cette vie de Fils de Dieu, cette vie dans l’Esprit, c’est cela la vie chrétienne. Elle fait de nous des ressuscités.

  • Le corps de Jésus reconstitué en trois dimensions à partir du Saint Suaire

    IMPRIMER

    De Caroline Becker sur aleteia.org :

    Un corps de Jésus en 3D réalisé à partir du Saint Suaire

    RECONSTRUCTED CHRIST

    Un modèle en trois dimensions de l'homme des douleurs, réalisé à partir du Saint-Suaire, est actuellement présenté à Padoue. Le résultat de deux années de travail.

    Le Saint Suaire de Turin n’en finit pas de passionner les historiens et les scientifiques. Ce drap en lin, conservé dans la cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Turin, a servi à envelopper le corps d’un crucifié, considéré depuis des siècles comme celui du Christ. Sa particularité ? L’image de l’homme et ses blessures ont été « imprimées » sur le linge et les tâches ne sont pas sans rappeler les souffrances du Christ : couronne d’épines, flagellation, blessure de lance dans la poitrine, clous dans les mains. Quasiment invisible à l’oeil nu, l’image apparaît avec précision en négatif.

    Lire aussi : Monnaies du linceul de Turin : les questions qui subsistent

    « Le Suaire reste un défi pour la science », a confié Paolo Di Lazaro, à Vaticannews, directeur adjoint du Centre international de sindonologie, institution spécialisée dans les recherches relatives au Saint-Suaire. Après deux ans de travail entre l’Université et l’hôpital de Padoue, supervisé par le professeur Giulio Fanti, les chercheurs ont pu élaborer un corps en trois dimensions.

    © P.M WYSOCKI / LUMIÈRE DU MONDE

    Un phénomène encore inexpliqué

    Si les informations laissées par le Saint-Suaire ont permis de proposer un « portrait » entier de l’homme des douleurs, les études n’ont pas encore expliqué comment ce corps, si tourmenté, avait pu sortir de son linge sans laisser de traces de sang. Pourquoi les marques et les blessures engendrées par la crucifixion ont pu s’imprimer mais les traces, attendues par la médecine quelques heures après la mort, ne sont pas présentes ? Cette mystérieuse « impression » reste de nos jours irrésolue et les scientifiques ne sont toujours pas capables, avec les technologies actuelles, de réaliser le même résultat.

    Le linceul à la lumière de la foi

    Pour les croyants, ce phénomène inexpliqué serait le signe de la Résurrection du Christ. L’archevêque émérite de Turin, Severino Poletto, avait déclaré en 2010 : « Devant nous, l’image, silencieuse mais fortement éloquente, d’un homme crucifié, qui présente toutes les caractéristiques de la violence subie par le corps de Jésus durant sa Passion, telles que les décrivent les Évangiles. Nous savons que notre foi n’est pas fondée sur le linceul, mais bien sur les Évangiles et le témoignage des apôtres. L’Église n’a pas la compétence scientifique pour se prononcer sur son authenticité. Mais ce tissu est une aide précieuse à la foi et à la prière des croyants. »

    En images : ces reliques attribuées à Jésus

    CROWN OF THORNS

    Démarrer le diaporama

     
  • Un pape qui nierait l'existence de l'enfer et l'immortalité de l'âme ?

    IMPRIMER

    De Riccardo Cascioli, sur la Nuova Bussola Quotidiana, traduit sur le site "Benoît et moi" :

    Scalfari et le Pape, une farce qui doit prendre fin

    Riccardo Cascioli / www.lanuovabq.it  / 30 mars 2018

    Le Pape qui nie l'existence de l'enfer. Une énormité qui, pendant des heures et des heures, a rebondi dans les journaux du monde entier, avant que le Saint-Siège ne démente le fondateur de Repubblica, Eugenio Scalfari. Pourtant, dans le communiqué de presse, trop de choses ne tournent pas rond...

    Mais que doit penser un pauvre catholique quand, le matin du Jeudi Saint, il se connecte à Internet et apprend que le Pape a raconté à un vieux journaliste de ses amis que l'enfer n'existe pas et que les âmes qui ne se repentent pas disparaissent simplement? Un Pape qui nie deux vérités de foi: l'enfer et l'immortalité de l'âme. Cela ne peut pas être, cela ne s'est jamais produit dans l'histoire de l'Église. Et puis, au tout début du Triduum pascal, où nous revivons le sacrifice du Christ, venu nous sauver du péché. Un timing diabolique. S'il n'y a pas d'enfer, il n'y a pas non plus de salut. Peu importe s'il ne s'agit pas d'un texte magistériel mais de l'article désormais habituel du fondateur de Repubblica, Eugenio Scalfari, qui transcrit une conversation qu'il a eue à Sainte Marthe avec le Pape François. Il s'agit là d'une énormité sans précédent aux conséquences dévastatrices.

    Ce n'est pas possible, il n'est pas possible que le Pape pense cela; et encore moins qu'il le dise à la légère dans une conversation avec un journaliste dont on sait qu'il a l'habitude de transcrire ses conversations avec le Pape, et que le Saint-Siège a déjà démenti à deux reprises (tout en laissant encore beaucoup de doutes). Et pourtant, silence du Vatican. Silence malgré le fait que depuis le début de la matinée, plusieurs journalistes ont immédiatement demandé au Bureau de presse de fournir des informations.

    Les heures passent, la nouvelle fait le tour du monde : «Le Pape nie l'existence de l'enfer». Cela revient à dire que depuis deux mille ans, l'Église plaisante, qu'elle s'est moqué d'un grand nombre de personnes. Pas seulement sur l'existence de l'enfer. Le catéchisme de l'Église catholique dit au n° 1035 : «L’enseignement de l’Église affirme l’existence de l’enfer et son éternité. Les âmes de ceux qui meurent en état de péché mortel descendent immédiatement après la mort dans les enfers, où elles souffrent les peines de l’enfer, "le feu éternel". La peine principale de l’enfer consiste en la séparation éternelle d’avec Dieu en qui seul l’homme peut avoir la vie et le bonheur pour lesquels il a été crée et auxquels il aspire».

    Lire la suite

  • Chine : le pape ferait-il fausse route ?

    IMPRIMER

    De Christian Makarian sur le site de l'Express.fr

    Chine: la fausse route du pape

    Le chef de l'Eglise de Rome a l'intention d'amorcer la normalisation des relations avec Pékin. Mais est-ce une si bonne idée?

    Après le probable tête à tête de Donald Trump avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, faut-il s'attendre à une visite du pape François en République Populaire de Chine (RPC) ? Il est difficile de percer le mur du secret qui entoure les tractations entre le Vatican et Pékin, mais on peut s'attendre à une évolution sensible des relations diplomatiques puisque, de part et d'autre, des hommes de l'ombre oeuvrent à la normalisation. Pourquoi ? Et à quel prix ?

    Deux Eglises concurrentes

    Il n'existe pas de relations diplomatiques entre Rome et Pékin depuis 1951, le Vatican reconnaît Taïwan comme représentant de la Chine. Certains adversaires du pape - ils commencent à être sérieusement nombreux - évoquent un orgueil personnel : François voudrait être le premier pape à se rendre en Chine. Il s'agit là bien davantage d'une calomnie que d'une explication. Il serait plus juste de parler, éventuellement, d'angélisme : Jorge Bergoglio, qui n'est pas européen mais argentin, ne voit pas du tout le monde à l'instar des représentants traditionnels de l'Eglise. Issu du monde émergent, il trouve inconcevable que le chemin du pays le plus peuplé de la planète (1,4 milliard d'habitants), où la foi chrétienne est appelée à un très grand avenir, soit toujours obstrué par un blocage total entre le Vatican et Pékin. Une des voies de dénouement pourrait être un accord entre le Saint Siège et le RPC portant sur la procédure de nomination des évêques, point extrêmement sensible. 

    Car le régime chinois a encouragé la naissance et le développement d'une Eglise officielle - nommée, de façon hautement significative, l'"Association catholique patriotique", institution officielle destinée à faire souffrir, et à faire taire, les catholiques libres et fervents qui entendent vivre leur foi en dehors de tout alignement politique. Ces croyants libres, catégorisés par le régime comme Eglise clandestine, ont aussi leurs évêques. Parmi eux, on compte l'emblématique et courageux cardinal et évêque émérite de Hong Kong, Mgr Joseph Zen, qui n'a cessé de mettre en garde la Vatican contre un rapprochement qui ferait principalement les affaires du régime chinois et l'encouragerait à favoriser l'Eglise officielle contre l'Eglise réelle. Du reste, Jean Paul II comme Benoît XVI ont obstinément refusé, pour ces raisons, de normaliser les rapports avec la RPC ; ils savaient que cela n'influerait en rien sur une plus grande liberté accordée à l'Eglise, bien au contraire.

    Un christianisme en plein essor

    Le catholicisme a beau être très ancien en Chine, puisqu'il y a été implanté par saint François-Xavier, dès 1552, il n'est pas pour autant le fer de lance du christianisme dans l'empire du Milieu. En France, lorsque l'on dit "chrétien", on entend subséquemment le mot "catholique" car l'Eglise de Rome fut totalement dominante dans notre histoire ; en Chine, il en va différemment, car le terme "chrétiens" désigne en premier lieu les protestants, tant ils sont majoritaires. Rappelons que Tchan Kaï-Chek, l'ennemi de Mao Tse Toung, qui trouva refuge à Formose (Taïwan) après sa défaite et la fondation de la Chine Populaire, en 1948, était lui-même protestant, ainsi que son épouse. Les protestants se sont multipliés après l'arrivée des premiers missionnaires britanniques (puis américains) à partir des guerres de l'opium de la décennie 1840. On considère qu'il y aurait aujourd'hui en Chine environ 12 millions de catholiques et près de 80 ou 90 millions de protestants, correspondant à des dénominations très diverses. Le nombre de lieux de culte retranscrit la même disproportion ; entre 4000 et 5000 pour les catholiques, peut-être 30 000, ou davantage pour les protestants : il est évidemment impossible d'être plus précis sur ce point totalement soumis aux autorités chinoises. Autant dire que la foi chrétienne est galopante au pays de Mao, ce qui constitue un cinglant échec du régime.

    Foi contre foi

    Depuis des décennies, et plus particulièrement durant les dix dernières années, les communistes chinois ont en effet tout entrepris pour restreindre les droits des chrétiens, les ficher, humilier ou emprisonner leurs chefs, et dissuader les conversions au protestantisme ou au catholicisme. Derrière ces persécutions, une crainte essentielle, celle de voir l'esprit libéral occidental, avec son cortège de libertés fondamentales (de culte, donc de pensée, d'expression, d'aller et venir...). Ce n'est sûrement pas par hasard que, lors du dernier Congrès du Parti Communiste Chinois, en octobre 2017, Xi Jinping a pourfendu l'esprit occidental, l'a désigné comme une cible et qu'il a utilisé une expression assez singulière : "Quand le peuple a la foi, a-t-il déclaré, la nation a la force". De quelle fois s'agit-il ? Celle qu'il faut avoir dans le parti, évidemment, et dans son dirigeant, qui s'est arrogé, il y a trois semaines, la possibilité d'exercer le pouvoir suprême sans limite de mandat. Benoit Vermander, ancien directeur de l'Institut Ricci, la prestigieuse institution catholique, basée à Taïpeh, et aujourd'hui professeur de sciences religieuse à l'université Fudan de Shanghai, résume tout le débat : "La Chine est un Etat-Eglise ; et le parti est l'Eglise de cet Etat". C'est pourquoi le pape François aura le plus grand mal, si une forme de normalisation devenait effective, à dessiner un espace de vraie liberté pour l'Eglise de Rome.