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Eglise - Page 5

  • Les prêtres condamnés à gérer un patrimoine de plus en plus lourd?

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    Un billet de Pierre Amar sur le site de l'hebdomadaire "La Vie" :

    Les prêtres deviendront-ils des gardiens de musée ? 

    Dans beaucoup de villages de France, l’Église s’épuise à accomplir ce que ni La Poste, ni la Gendarmerie, ni l’Éducation nationale n’ont accepté de faire : maintenir coûte que coûte une présence. Celle-ci ressemble le plus souvent à une vitrine vide. Sous le vieux clocher qui sonne encore l’angelus trois fois par jour, il n’y a plus grand chose : parfois un mariage, plus souvent un enterrement (sans messe), rarement l’eucharistie. Cela fait déjà plusieurs années que « la vieille dame qui avait les clés de l’église » est morte. Les derniers à lui avoir demandé d’y accéder pour y faire une courte prière étaient des scouts en exploration. Depuis, la clé se trouve à la mairie.

    Propriétaire et affectataire

    La mairie, justement, ne sait plus très bien quoi faire. La République a eu l’idée de confisquer les églises : la malheureuse ! La voilà propriétaire de plus de 40.000 édifices et l’entretien de l’église pèse très lourd dans le budget de nombreuses petites communes. Pour rentabiliser ce lieu, le Conseil municipal a bien proposé que des concerts et des expositions soient organisés : l’église serait pleine, pour une fois ! Mais l’affectataire, c’est-à-dire le curé, doit encore donner son feu vert. Or, il ne le fait pas systématiquement, car les événements proposés ne respectent pas toujours le caractère sacré du lieu où sont parfois clairement antichrétiens. Certains maires menacent et fustigent : pourquoi devraient-ils considérer l’église comme un lieu de culte alors que, justement, il n’y a (presque) plus de culte ? 

    La désaffectation d’un édifice religieux est une procédure bien définie. En cas de non-célébration du culte pendant plus de six mois ou de délabrement avancé, le maire peut seulement alerter le préfet qui, par arrêté et après accord écrit de l'évêque, prononcera la désaffectation. Libre alors au maire d’en faire un loft, une salle de concert ou bien de la démolir. C’est un crève-cœur pour les paroissiens, mais pas seulement. Beaucoup d’habitants interprètent la destruction du clocher comme la fin symbolique d’une foi qu’ils n’ont plus mais qui faisait, inconsciemment, leur identité.

    Trop c’est trop

    Le plafond de l’une de mes vingt églises vient de s’effondrer : je n’ai pu m’empêcher de pousser un « ouf » de soulagement. Une de moins ! Nous en sommes là. Il faut dire courageusement la vérité : beaucoup de curés en ont plus qu’assez. Sont-ils envoyés vers des pierres ou vers des cœurs ? Deviendront-ils des gardiens de musée ? Quand vont-ils enfin faire de l’évangélisation et arrêter de courir ? Dans leur paroisse, il y a un seul supermarché, pas quarante. Quel sens cela a-t-il de faire cinquante kilomètres pour célébrer la messe à une assistance de vingt-cinq personnes dont vingt-trois ne sont pas du village ? La pastorale de l’éclatement s’apparente à un acharnement thérapeutique. Il faut avoir le courage de reconnaître l’absurdité de desservir des clochers jusqu’à l’épuisement. 

    Le dimanche doit pouvoir rassembler toute la communauté chrétienne, dans sa diversité et ses richesses, en un lieu unique où coulerait la source eucharistique. Ni plus ni moins qu’un sanctuaire vers lequel on viendrait pour boire à la source, reprendre des forces et se rassembler pour vivre l’essentiel. Un covoiturage devrait être mis en place. À proximité immédiate du sanctuaire, une cité paroissiale fonctionnelle accueillerait de multiples activités pour un dimanche bien rempli : catéchèse, activités pour les enfants, repas, messe, jeux, conférence et pourquoi pas les vêpres ? Avant que les paroisses n’existent, on affluait vers les monastères et les cathédrales, ces pôles rayonnants où soufflait l’Esprit ; c’est ainsi que nos ancêtres ont évangélisé la France. 

    L’enjeu est de taille : voulons-nous gérer la pénurie, être les administrateurs d’un patrimoine de plus en plus lourd, ou bien redécouvrir la créativité missionnaire des évangélisateurs ? Faut-il inexorablement fermer boutique sans même réfléchir à demain ? Pourquoi n’organisons-nous pas des tournées missionnaires ? Pourquoi n’essayons-nous pas non plus de faire venir des prêtres et des religieux « différents », issus par exemple des communautés nouvelles ou traditionnelles ? Face à l’urgence, est-il encore temps de défendre nos prés carrés ? Ne sommes-nous pas tous serviteurs de la même évangélisation ? Quel avenir pour nos églises ? Toutes ces questions ne sont pas nouvelles : depuis l’article « L’eau monte » du père Jean-Louis Blaise qui décrivait (en 2001) la diminution du nombre de prêtres sans réduction de la pastorale, à Monsieur le curé fait sa crise de Jean Mercier (2016), en passant par Quel avenir pour nos paroisses ? du père Montoux (2011), on voit bien que cette problématique est récurrente et ancienne. Pourquoi est-ce si difficile d’en parler publiquement et paisiblement ? Et pourquoi n’avons-nous pas de réponses à nos questions ?

  • En Irlande : pas d'holocauste mais bien une tragédie de la pauvreté

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    De Stefano Magni sur la Nuova Bussola Quotidiana (notre traduction) :

    Irlande: non pas un «Holocauste», mais bien une tragédie de la pauvreté

    La presse, pendant deux jours, à la fin de la semaine dernière, a découvert une sorte d'"Holocauste irlandais". Ensuite, on n'en a pratiquement plus parlé. Ce qui a attiré l'attention, tant de la presse que de la télévision? La découverte d'une "fosse commune" avec les corps de 800 enfants dans le sol d'un orphelinat catholique à Tuam, dans le nord-ouest de l'Irlande. C'était les enfants de mères célibataires. L'orphelinat, dirigé par les Sœurs du Bon Secours, en activité de 1925 à 1961, est aujourd'hui accusé d'avoir laissé mourir de faim et d'épuisement ses jeunes hôtes, de les avoir enterrés dans une fosse commune, en guise de punition pour le péché parental. Mais cela s'est-il vraiment passé comme cela?

    La Nuova Bussola Quotidiana s'est entretenue avec David Quinn, de l'Irish Independent. "L'histoire est née il y a près de trois ans - explique-t-il - en juin 2014, quand une historienne locale, Catherine Coreless, a mené des recherches sur les enfants morts dans l'orphelinat de Tuam. Elle a trouvé tous les certificats de décès, les noms et les causes de la mort de près de 800 enfants, 796 pour être précis. Ces enfants ont dû être enterrés quelque part ". C'est revenu à la une parce que "les ossements ont été retrouvés et que ce qui avait été soupçonné était ainsi confirmé : ils ont été enterrés dans l'enceinte de l'orphelinat. On ne sait pas combien ont été retrouvés; on dit «un nombre important», probablement beaucoup moins que 796, mais nous n'avons aucun moyen de le savoir."

    Cela a fait immédiatement scandale, "tout comme lorsque la nouvelle avait été annoncée la première fois en 2014. Alors, les journaux ont titré que les corps de 800 enfants avaient été jetés dans une fosse septique. Après les enquêtes et les fouilles, on a trouvé deux structures souterraines. Dans l'une, des corps ont été trouvés, datant des années 50 et des décennies précédentes. Nous ne savons pas à quoi était destiné cet espace et il n'est pas du tout certain qu'il s'agissait d'une fosse septique". En général, "ce qui fait aujourd'hui scandale - continue Quinn - c'est que des centaines d'enfants sont morts dans un orphelinat, puis enterrés dans une fosse anonyme. Des réalités similaires à celle de l'orphelinat de Tuam, il y en avait dans toute l'Irlande, mais aussi en Angleterre et dans le reste de l'Europe. Je ne vais pas défendre ces pratiques répandues en tant que telles, mais la réalité de Tuam était commune alors." Le nombre de décès dans cet orphelinat n'est pas supérieur à la moyenne; ainsi "à l'intérieur de l'orphelinat de Tuam, le taux de mortalité était encore plus faible que chez les enfants nés dans des familles pauvres dans le reste du pays. Et la pauvreté, on ne l'entendait pas alors comme nous la connaissons aujourd'hui, mais bien en tant que difficulté à obtenir suffisamment de nourriture pour survivre".

    La majeure partie des morts, selon ces documents, est due à la maladie. "Considérons alors les espaces et le niveau de l'encombrement. Comme on le voit dans la liste des défunts et les causes de leur mort, un enfant malade de la rougeole provoque une contagion très rapide, comme un feu d'été, comme cela est arrivé en 1936 et 1947. En 1943, dans les mois de mai et juin, nous voyons des dizaines de décès par coqueluche (certains de coqueluche avec arrêt cardiaque). Beaucoup ont été infectés et sont morts dans un court laps de temps. Ce n'est pas pour justifier quoi que ce soit: on pouvait probablement consacrer plus d'attention et de soins aux enfants. Cependant, les vaccins et les antibiotiques n'étaient pas encore répandus; lorsqu'ils sont intervenus à la fin des années 40, les statistiques montrent une baisse drastique du taux de mortalité infantile due à la maladie".

    Dans les médias, cependant, on parle beaucoup de ceux qui sont morts de faim, de malnutrition... "Sur la liste des morts, la cause du décès est répertoriée comme mort par la faim ou la malnutrition. Y a 18 cas de «marasme», parmi les causes énumérées. Il faut en effet garder à l'esprit que c'étaient des enfants très pauvres. Ils sont arrivés à l'orphelinat déjà malnutris, ainsi que leurs mères qui souffraient de malnutrition. «Marasme» était alors un terme, indiqué par celui qui constatait la mort de l'enfant, qui incluait également d'autres causes de décès. Et, au total, il s'agit d'une petite minorité. Ce que je voudrais souligner, cependant, c'est que rien n'est caché: nous connaissons les noms du défunt, la date du décès et sa cause.

    S'agit-il, par conséquent, d'un cas tellement exceptionnel? "Je veux rappeler les circonstances - conclut Quinn - : un orphelinat pauvre, dans un pays parmi les plus pauvres d'Europe, dans une région parmi les plus pauvres du pays, à une époque où la mortalité infantile était très élevée partout (et dans le sud de l'Italie, en 1925, elle était encore plus élevé qu'en Irlande). L'opinion publique jette l'opprobre sur l'Irlande catholique qui a «abandonné» les enfants des mères célibataires dans les orphelinats. Mais qu'est-ce qui est arrivé à ce moment-là, dans d'autres pays? Les mêmes pratiques étaient monnaie courante partout dans le monde, dans les pays catholiques ou pas, chrétiens ou pas. Dans la laïque et sociale Suède démocratique, c'était encore pire: les mères célibataires ont été contraintes à l'avortement et stérilisées, selon les lois eugéniques. Et il ne me semble pas que la chose aujourd'hui fasse autant de scandale".

  • Laisser aux conférences épiscopales le soin d'accorder des dispenses pour ordonner des hommes mariés ?

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    Lu sur le site du journal La Croix :

    Ordination d’hommes mariés : « La question doit être discutée au niveau des conférences épiscopales »

    Alphonse Borras, canoniste belge (1), vicaire général du diocèse de Liège :

    L’ordination presbytérale de viri probati (hommes à la foi éprouvée, d’âge mûr, mariés ou veufs, NDLR) est un scénario possible pour faire face à la précarité, dès lors que l’on y voit une question disciplinaire et non pas dogmatique. Mais il faut contextualiser cette question.

    Dans certains diocèses de vieille chrétienté, en Europe occidentale et en Amérique du Nord, où on est habitué à la célébration dominicale, on rencontre désormais de sérieuses difficultés pour offrir régulièrement l’Eucharistie aux fidèles. Or on ne peut pas tenir une ecclésiologie qui fait de l’Eucharistie « le lieu où l’Église prend corps » et ne pas veiller à ce qu’elle soit célébrée, même de manière assez lâche.

    A LIRE : Le pape François envisage une réflexion autour de l’ordination…

    Ma conviction est que la discipline de l’Église catholique latine en ce qui concerne un clergé célibataire représente un trésor, constitué au fil des siècles. Je ne plaide donc pas pour une remise en cause de cette discipline, surtout à une époque où certaines Églises de la Réforme (en Suède notamment) commencent à en redécouvrir la richesse. Mais, pour le bien des fidèles, il y a lieu d’envisager, de manière raisonnée, des exceptions au célibat sacerdotal.

    Je plaide donc pour que le pape, par un motu proprio par exemple, puisse déclarer qu’il ne se réserve plus les dispenses pour ordonner des hommes mariés et qu’il donne aux conférences épiscopales ou aux provinces ecclésiastiques le pouvoir d’accorder ces dispenses. Déjà dans son discours du 17 octobre 2015, le pape François avait suggéré que des questions de discipline, selon les besoins de l’Église locale, puissent être résolues par les Conférences épiscopales.

    Quels prêtres voulons-nous et pour quelles missions ?

    Une fois ces dispenses accordées, les évêques concernés pourraient réfléchir entre eux aux profils d’hommes mariés qu’ils voudraient voir ordonner. Dans certains diocèses très pauvres en moyens humains, les évêques se tourneront sans doute vers leurs diacres, qu’ils connaissent déjà et dont ils savent la foi et l’engagement pastoral. Ce qui suppose un solide discernement pour ne pas mettre un terme au renouveau du diaconat permanent. Il est donc important que tout cela soit discuté au niveau des conférences épiscopales ou des provinces ecclésiastiques pour éviter le cas par cas, avec des évêques qui viendraient présenter eux-mêmes à Rome leurs viri probati.

    Enfin, entre le moment où le pape prendrait cette décision et l’ordination du premier homme marié, il s’écoulera quelques années. Ce temps devrait être mis à profit pour s’interroger : de quelle présence d’Église avons-nous besoin ? quels prêtres voulons-nous et pour quelles missions ?… Bref, appeler tel ou tel homme marié à l’ordination presbytérale, en imaginant qu’un jour cela soit possible, ne devra pas se faire au détriment d’une réflexion générale sur l’Eucharistie.

    Recueilli par Claire Lesegretain

    (1) vient de publier : Quand les prêtres viennent à manquer, Médiaspaul, 206 p., 17 €.

  • François : "Je ne suis pas un homme exceptionnel"

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    De Radio Vatican :

    « Je n’ai pas l’impression d’être un homme exceptionnel », « je ne suis qu’un homme qui fait ce qu’il peut ». C’est ce que confie le Pape François dans un entretien accordé à l’hebdomadaire allemand Die Zeit et publié ce mercredi 8 mars 2017. Interrogé sur de nombreux sujets, liés intrinsèquement à l’Église, à la situation politique en Europe et à sa vie personnelle, le Pape répond sans ambages et directement au rédacteur en chef de la revue.

    « Le manque de vocations est un problème que l’Église doit résoudre ». Dès le début de l’entretien, le Pape est confronté à l’une des crises les plus préoccupantes, au moins en Europe : celle des vocations. Pour l’affronter, il faut prier, ce qui nous manque, constate François. Il faut ensuite travailler avec les jeunes « qui sont les grands oubliés de la société moderne parce qu’ils n’ont pas de travail dans de nombreux pays ».

    Un autre obstacle apparait : celui de la natalité. « S’il n’y a pas de jeunes, il n’y aura pas de prêtres ». En outre, pour susciter les vocations, il ne faut pas avoir recours au prosélytisme, avertit François. « Aujourd’hui, affirme-t-il, il y a tant de jeunes et ensuite, ceux-ci ruineront l’Église parce qu’ils ne sont pas prêtres par vocation. La vocation est importante » explique le Pape. « L’Église fait l’eucharistie, mais l’eucharistie fait l’Église » résume-t-il.

    Concernant le célibat optionnel, François reconnait qu’il fait partie du débat, surtout là où il y a un grand manque de prêtres. « Mais le célibat optionnel n’est pas la solution » répète-t-il. Quant aux viri probati, ces hommes mariés qui deviennent diacres, c’est une possibilité reconnait-il. « Mais on doit aussi décider du type de tâches qu’ils doivent assumer, par exemple pour les communautés isolées ». Une chose est sûre pour le Pape François. Il ne faut pas avoir peur car la peur ferme les portes tandis que la liberté les ouvre.

    Attaques personnelles

    Revenant sur les affiches critiques à son égard qui ont été placardées dans les rues de Rome, le Pape préfère en rire : « le romanaccio (le dialecte romain NDLR) utilisé dans ces manifestes, c’était magnifique ». En revanche il n’a pas apprécié le faux numéro de l’Osservatore Romano envoyé aux membres de la Curie au sujet d’Amoris Laetita. Une chose est sûre : depuis qu’il a été élu pape, François n’a pas perdu la paix. Il comprend que sa façon d’agir ne plaise pas à tout le monde. Il confesse demander dans ses prières « le sens de l’humour » pour affronter toutes ces épreuves.

    A l’inverse de ces attaques et de ces critiques, il y a une sorte d’idéalisation dont fait l’objet le Pape pour ses prises de parole et son style. Le Pape François n’est pas pour autant à l’aise avec cela. Il reconnait volontiers être un pécheur. « Mais il ne faut pas oublier que l’idéalisation d’une personne est une forme subtile d’agression ». « Et quand on m’idéalise, je me sens agressé ».

    Die Zeit a abordé la crise qu’il y a eu entre le Saint-Siège et l’Ordre de Malte au sujet de l’ancien grand chancelier, Albrecht von Boeselager. François reconnait qu’il y avait des problèmes au sein de l’Ordre et qu’ils devaient être résolus, « c’est pourquoi j’ai nommé un délégué capable de les résoudre, avec un charisme que n’a pas le cardinal Burke », ce dernier restant toutefois patron de l’Ordre.

    Concernant les voyages à venir, il a confirmé des déplacements en Inde, au Bangladesh et en Colombie. Il aurait aimé se rendre au Congo-Brazzaville et coupler cette visite avec la République démocratique du Congo mais « avec Kabila, ça ne va pas ». Il a exprimé de nouveau son souhait d’aller en Russie, mais cela implique d’aller également en Ukraine. « L’important serait d’aller au Soudan du Sud », mais il reconnait que ce ne sera pas possible. Un voyage en Égypte serait aussi à l’étude.

    Crise de la foi

    Interrogé sur la crise de la foi que peuvent vivre les fidèles, le Pape admet que « la crise fait partie de la vie de la foi ; une foi qui n’entre pas en crise pour grandir, reste, en général, non ? infantile ». Reconnaissant avoir lui-même traversé des moments de doute, le Pape affirme que « la foi est un don, on te la donne ». « Je demande à Dieu et Lui me répond » poursuit-il, concluant : « la foi n’est pas un acquis ».

    Revenant sur la prière, le Pape rappelle une évidence : il faut « prier pour les bonnes choses ». François revient sur ce que Jésus a demandé au Père pour les apôtres : les protéger de l’esprit du monde, c’est-à-dire « l’esprit de l’orgueil, du pouvoir de dominer ». Faire le signe de la croix avant de tuer quelqu’un comme le font les mafiosi, « c’est une maladie » déplore le Pape. Mais ce qui le met en colère le plus, « c’est quand l’Église, la Sainte Mère l’Église, ma mère, mon épouse, ne témoigne pas de sa fidélité à l’évangile : cela me fait mal ».

    Le Pape est également interrogé sur les crises politiques qui secouent l’Europe. « Derrière les populismes, affirme-t-il, il y a toujours un messianisme. Il y a aussi une justification : l’identité du peuple ». Or, « le populisme est mauvais et à la fin, cela finit mal comme nous le montre le siècle passé », faisant explicitement référence au nazisme.

  • Le projet "Docteur Angélique"

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    Le projet de traduction de la totalité des œuvres de saint Thomas d'Aquin et leur mise à disposition sur Internet avance. http://docteurangelique.free.fr  

    L'Institut se présente :

    L’Institut Docteur Angélique est un institut privé de philosophie et de théologie catholique.

    Cet Institut vise à proposer une formation solide et complète à la lumière du saint concile Vatican II et de saint Thomas d’Aquin.

    Donnée entièrement par correspondance, elle se veut pratique et peu chère, adaptée à tous les francophones. Elle délivre un certificat d’étude de l’Institut équivalent à deux années de philosophie et deux années de théologie catholique. Les cours sont gratuits et dispensés par Internet (liste des cours). Les examens (organisés pour 100 euros par an selon les possibilités) sont oraux et sont soutenus par skype ou par téléphone. Les devoirs écrits sont envoyés par email.

    Se préparer à saint Thomas d’Aquin

    Vous trouverez sur ce site les œuvres complètes saint Thomas d’Aquin en français.

    Accéder à saint Thomas d’Aquin n’est pas facile à un débutant. Nous vous conseillons vivement de commencer par une formation philosophique aristotélicienne.

    Les oeuvres de saint Thomas d'Aquin

  • La Confession : un film qui détonne agréablement dans le prêt-à-penser de la production contemporaine

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    Lu sur aleteia.org (du Père Denis Dupont-Fauville) :

    Voici un film qui détonne agréablement dans le prêt-à-penser de la production contemporaine. Non seulement il adapte à nouveau un roman qui pourrait sembler commandé par des thématiques révolues, mais il le fait avec un grand respect des convictions qu’il décrit et des questions qu’il aborde.

    L’histoire est bien connue. Durant l’Occupation, un jeune abbé fascine le village dont il est nommé curé, au point que l’une des habitantes, communiste farouche, va le braver dans son confessionnal pour tenter de démasquer ce qu’elle considère comme une idéologie. Mais les réponses inattendues du prêtre provoquent un dialogue qui fera évoluer la jeune femme à l’inverse de ses prévisions jusqu’à entrer dans un amour véritable. De Dieu, de son représentant, des deux ?

    Très fidèle aux dialogues du roman, la confrontation est construite comme une grande inclusion délimitée par deux confessions : la première où Barny, l’héroïne, assaille l’abbé Morin sur le terrain des idées, la seconde où les deux protagonistes prennent congé l’un de l’autre en exprimant leur amour sous le regard de Dieu. Hormis quelques scènes obligées avec des collègues de travail ou l’occupant allemand, l’ensemble se présente comme une série de discussions en face-à-face, au long desquelles s’opère l’insensible retournement de la grâce.

    Lire la suite sur aleteia.org

  • Faire respecter partout dans le monde la liberté religieuse

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    De Radio Vatican

    Mgr Jurkovic rappelle la nécessité de défendre la liberté religieuse

    (RV) La liberté religieuse se détériore dans le monde entier. C’est l’alarme lancée ce mardi 7 mars 2017 par Mgr Ivan Jurkovic, observateur permanent du Saint-Siège près les Nations unies à Genève. Dans un discours lu à l’occasion d’une conférence intitulée « le respect mutuel et la coexistence pacifique comme condition d’une paix interreligieuse et de stabilité : soutenir les chrétiens et les autres communautés », et en présence du métropolite Hilarion, chef des relations extérieur du patriarcat de Moscou, Mgr Jurkovic a regretté les « assauts » lancés contre l’un des droits fondamentaux de l’Homme, la liberté religieuse.

    Dans la mesure où « le choix d’une foi a un impact à tous les niveaux de notre vie », « le choix et la pratique de sa foi doivent être libres de contrainte et de coercition » rappelle l’observateur du Saint-Siège. L’Église catholique s’efforce donc, dans ce contexte souvent dramatique dans certaines régions du monde, de maintenir vive l’attention sur le sort des communautés chrétiennes, principalement au Proche-Orient.

    Au-delà de l’évidente protection de cette liberté et des communautés religieuses, l’observateur insiste sur le fait que là où la liberté religieuse est bafouée, le niveau général éthique s’abaisse « au nom d’une fausse conception de la tolérance » et les croyants sont persécutés. Or, « nos riches traditions religieuses cherchent à offrir du sens et une direction », « elles appellent à la conversion, à la réconciliation, à se préoccuper pour le futur de la société, à sacrifice de soi pour le bien commun, à la compassion pour ceux qui sont dans le besoin ».

    Dans un contexte où des « formes modernes de tyrannie cherchent à supprimer la liberté religieuse ou à la réduire à une sous-culture sans droit à la parole dans la sphère publique, ou à utiliser la religion comme un prétexte pour brutaliser et haïr, il est impératif que les fidèles de ces différentes religions joignent leurs voix pour appeler à la paix, à la tolérance et au respect pour la dignité et les droits d’autrui » a proclamé Mgr Jurkovic. D’autre part, dans un monde globalisé où les différences s’estompent, « les religions ont le droit et le devoir d’affirmer qu’il est possible de construire une société » pluraliste.

    Dénonçant les persécutions religieuses, Mr Jurkovic souligne la nécessité d’agir en tant que « frères » afin de faire respecter partout dans le monde la liberté religieuse. Si le fossé entre les principes proclamés et les objectifs pour le moment atteints est encore trop grand, il n’y a pas le choix : il faut « continuer à travailler dans la direction d’une plus grande et efficace garantie de la liberté religieuse pour tous ». (XS)

  • L'enseignement catholique flamand ouvert au multiconfessionnalisme

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    Lu sur "De Morgen" :

    Donner plus de possibilités aux enseignants non baptisés

    La haute école anversoise Karel de Grote (Charlemagne) selon laquelle les écoles catholiques devraient recourir plus souvent à des enseignants non-baptisés trouve un soutien clair auprès de l'Enseignement catholique flamand. En théorie, les professeurs non baptisés peuvent enseigner dans une école catholique de l'enseignement primaire. Dans la pratique, cela ne se produit que très exceptionnellement, précisément parce qu'ils ne peuvent pas enseigner la religion, et l'enseignant ou le maître doivent généralement enseigner tous les sujets, en dépit de toutes sortes de solutions de rechange. Un humaniste, un bouddhiste ou un enseignant musulman pourrait donc être remplacé pour l'enseignement de la religion. Un pas que beaucoup trop peu d'écoles franchiraient, affirme le Haute Ecole anversoise catholique Karel de Grote dans une lettre ouverte que de Morgen a pu consulter. ... Comme d'autres hautes écoles catholiques, Karel de Grote a mis en place un programme spécial dans la formation des enseignants pour des étudiants non-croyants ou des croyants d'autres confessions. Lieven Boeve, PDG de l'Enseignement catholique flamand, a déjà souligné qu'il aimerait voir plus d'enseignants musulmans, mais les établissements scolaires décident de façon autonome. Il dit maintenant se réjouir de l'appel de l'établissement anversois qui correspond d'après lui à l'esprit de dialogue au sein de l'école catholique. L'identité chrétienne reste centrale, mais chrétiens, musulmans, libéraux et autres croyants sont appelés à oeuvrer ensemble pour façonner leur propre identité à travers le dialogue.

    Tout l'article est ici : http://www.demorgen.be/binnenland/-geef-ongedoopte-leerkrachten-meer-kansen-b3cf8eff/

  • Débat Dandrieu-Barbarin : le dilemme des chrétiens face à l’immigration

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    Le pape et les évêques invitent les chrétiens à accueillir les migrants. Chemin de sainteté personnelle ? Ou vraie source d’inspiration d’une politique d’immigration ? Un prélat et un essayiste laïc confrontent leurs positions. Ils sont interrogés par  Charles-Henri d’Andigné et Samuel Pruvot sur le site de « Famille chrétienne »:

    Les raisons d’un débat

    L’Église, le pape et l’immigration. Trio explosif ! Face aux migrants et réfugiés qui parviennent en nombre sur le continent européen, des catholiques français s’interrogent. Fidèle à ses prédécesseurs, le pape François nous appelle dans son style direct et audacieux à être à la hauteur de cette mutation. En vertu de notre sens de Dieu, de l’homme et de l’Histoire.

    Pour certains catholiques, cette invitation est dure à comprendre. C’est tout l’intérêt de l’essai de Laurent Dandrieu (Église et immigration. Le Grand malaise, Presses de la Renaissance) que de leur faire écho. Selon lui, l’Église en général et les derniers papes en particulier n’ont pas réellement pris la mesure du phénomène de l’immigration en Europe. Il estime que l’accueil dû à un migrant, (« J’étais un étranger et vous m’avez accueilli ») n’est plus possible avec des millions d’individus. Le problème a changé de nature en changeant d’échelle. Il s’interroge aussi sur l’identité culturelle des migrants et sur une approche de l’islam qu’il juge trop irénique chez beaucoup de prélats.

    Pour lui répondre point par point, sans naïveté ni langue de buis, il fallait un homme d’Église ouvert aux interrogations légitimes des laïcs. Mais aussi un proche du pape François conscient de la sagesse séculaire et métapolitique de l’Église, si précieuse dans les affres du temps présent.

    Laurent Dandrieu, journaliste, responsable des pages culture de Valeurs actuelles, est auteur de plusieurs essais.

    Le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, auteur de Théologie et sainteté. Introduction à Hans-Urs von Balthasar (Parole et Silence, 2017).

    Quand on parle d’immigration, faut-il opposer identité et catholicité ?

    Cardinal Philippe Barbarin Il ne faut pas jouer l’enracinement contre la catholicité. Il me semble au contraire que plus on est enraciné dans sa culture, et plus on a une chance d’être ouvert au monde entier ! Je suis 100 % français avec une maman née au Maroc et originaire du Lot et un papa parisien natif du Berry. Je peux vous réciter des passages de Ronsard, La Fontaine, Bossuet ou Paul Valéry par cœur. Plus les racines sont profondes, plus l’identité peut s’élargir avec le temps, comme par cercles concentriques.

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  • "Sécularisation & Europe" : les actes du Colloque international sont publiés

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    Sans titrez.jpgEn 2015, à l’occasion de la chute du Rideau de Fer, le Sint-Janscentrum, le grand-séminaire de Bois-le-Duc (Pays-Bas) a organisé un colloque international, en collaboration avec la faculté de théologie de l’Université Jean-Paul II à Cracovie (Uniwersytet Papieski Jana Pawła II w Krakowie) et l’Institut d’Études Théologiques à Bruxelles (cf. www.sint-janscentrum.nl/?p=newsitem&id=596).

    Les actes du colloque viennent d'être publiés (www.betsaida.org/?p=boek&id=278).

    Le livre ‘Secularisation & Europe’ contient plus de 25 articles (en Français, Allemand et Anglais), écrits par des académiciens catholiques renommés, parmi lesquels Mgr. Léonard et les professeurs Herman De Dijn (KULeuven), Hanna-Barbara Gerl-Falkowitz (TUDresden), Massimo Introvigne (PUSTurijn) et Thomas Söding (RUBochum).

    L’introduction et la table des matières se trouvent sur le site internet: www.betsaida.org/pdf/leesproef_secularisation_europe.pdf.

  • 18-19 mars : 8e marche des hommes avec saint Joseph à Orval

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    unnamed.jpgOrval ? Orval !!

    N'est-il pas bon de faire une petite pause, dans les forêts gaumaises ?
    25 km et 25 heures ensemble, bande d'hommes. Ne tardez pas à vous inscrire à cette marche proposée par des membres et amis de la Communauté de l'Emmanuel en Belgique.

    "Cette marche du 19 mars me fait un bien fou. Elle m'a permis de parler avec des amis, de prier et de prendre une décision pour mon travail". Jean-Luc

    "C'est ma troisième participation et j'apprécie de plus en plus la personne de Saint Joseph, humble et juste, père et patron des travailleurs, il m'inspire". Christophe

    Cette 8ème édition partira de l'abbaye Notre-Dame d'Orval le samedi 18 mars à 15h00, nous conduira à l'ermitage de saint Walfroy où nous passerons la nuit pour revenir à Orval le dimanche 19 mars vers 17h00, jour de la fête de saint Joseph.

    "Je briserai le joug que tu portes sur ta nuque et je romprai tes chaines"                        Jérémie 30,8.

    Les hommes savent pourquoi.
    Regardez la bande-annonce:

     

    Avez vous déjà goûté le micro-climat gaumais et son célèbre sol couleur ocre ?

    Lien direct vers le formulaire d'inscription en ligne


    Envie de savoir qui nous sommes ?
    Besoin de plus d'infos, visitez notre site: www.marche-de-saint-joseph.be

    Le nombre de marches pour hommes ne cesse d'augmenter un peu partout, dont celle de nos amis de la marche des pères à Banneux et nous nous en réjouissons. Notre marche vers Orval a lieu depuis 8 ans fidèlement le 19 mars, fête de saint Joseph et c'est une initiative d'hommes membres ou amis de la Communauté de l'Emmanuel en Belgique et au Grand-Duché de Luxembourg.

    Nous invitons toutes les femmes et mères à participer à la marche des mères qui aura lieu à Banneux les 1 et 2 avril 2017. Infos et inscriptions: http://www.marchedesmeres.be/ . Une initiative de femmes membres ou amies de la Communauté de l'Emmanuel.

    Lien direct vers le formulaire d'inscription en ligne pour hommes

  • Transformer l'église en pub après la messe ?

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    Que faire quand le dernier Pub d'un petit village ferme ? Le pasteur d'une petite localité de Belgique a trouvé la solution : proposer à ses fidèles de rester boire une bière après la messe, au sein même de son église. Une opération qui semble efficace pour attirer de nouveaux fidèles...