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Eglise - Page 5

  • La lumière du Matin de Pâques baigne désormais l'église Saint-Martin d'Arlon

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    Arlon : le vitrail du « Matin de Pâques » inauguré

     
     
  • Un jeune Pakistanais chrétien refuse d’apostasier : ses camarades l’assassinent

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    Lu sur le site aleteia.org :

    Pakistan : un adolescent chrétien refuse d’apostasier, ses camarades l’assassinent

    Sharon Masih, 15 ans, a succombé sous les coups portés par les élèves de sa classe. Depuis longtemps, il se sentait menacé en raison de sa foi chrétienne.

    Les faits remontent au 30 août dernier. Sharon Mesih assiste aux cours au lycée public de Burewala, une localité située à une cinquantaine à l’ouest de la frontière indo-pakistanaise. Une journée comme une autre, même si l’adolescent, de confession chrétienne, n’est plus aussi serein qu’avant. Depuis quelque temps en effet, ses camarades musulmans multiplient les allusions vexatoires, les moqueries voire les menaces. À telle enseigne qu’il songe à quitter l’établissement afin d’échapper à ce climat pesant.

    Mais Sharon Mesih ne mettra pas son projet à exécution. Ce jour-là, il se retrouve acculé dans un recoin du lycée par un groupe d’élèves virulents. Des insultes sont proférées, les premiers coups commencent à tomber. Le malheureux tente de résister. Les coups redoublent : c’est le lynchage. Les lycéens finissent par quitter le terrain, laissant au sol leur victime qui gît inconsciente, sanglante et tuméfiée. Les secours finissent par arriver, mais trop tard. Le décès sera constaté à l’hôpital de Burewala où il a été transporté.

    Citoyens de seconde zone

    Une enquête a été ouverte. Selon les premières informations — relayées par Fides, l’agence de presse des Œuvres Pontificales Missionnaires — les agresseurs lui avaient intimé l’ordre d’apostasier et d’embrasser l’islam, ce que le jeune homme avait refusé. C’est un avocat chrétien, Maître Mushtaq Gill, qui suit ce dossier : il espère obtenir justice pour la famille auprès des tribunaux, ce qui n’est jamais chose aisée pour la minorité chrétienne au Pakistan.

    Anjum James Paul, un enseignant chrétien, président de la Pakistan Minorities Teachers’ Association (PMTA), interrogé par Fides, rappelle que les chrétiens sont toujours considérés comme des citoyens de seconde zone : « Beaucoup reste à faire pour que le Pakistan devienne un État modéré où règne le respect des droits fondamentaux, de la dignité humaine, de la diversité, de la coexistence pacifique avec les minorités religieuses. L’État devrait agir afin de rendre les écoles publiques des lieux où est construite la coexistence pacifique aux niveaux social et religieux. Au Pakistan, les minorités religieuses, telles que les chrétiens, sont encore victimes de l’extrémisme et de la violation des droits fondamentaux ».

    Lire aussi : Père Parvez : « Au Pakistan, l’islam est hors de contrôle »

  • Israël chercherait à affaiblir la présence chrétienne à Jérusalem

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    Lu sur le site du quotidien "L'Orient - Le Jour" :

    Israël accusé de chercher à « affaiblir » la présence chrétienne à Jérusalem

    Les principales Églises chrétiennes de Jérusalem ont, fait rare, publié un communiqué hier dénonçant des tentatives « systématiques » d'Israël « d'affaiblir la présence chrétienne » dans la Ville sainte. Le communiqué a été rédigé par les chefs des Églises catholique, grecque-orthodoxe, arménienne et luthérienne, ainsi que des représentants d'autres communautés chrétiennes.

    Le texte vise le récent jugement d'un tribunal israélien ayant permis à un groupe, qui milite pour la colonisation de Jérusalem-Est – secteur palestinien occupé et annexé par Israël– de s'emparer de terres appartenant aux Églises dans cette partie de la ville. Il critique également un projet de loi israélien sur le statut des terres appartenant à des Églises en cours de discussion au Parlement israélien. « Nous voyons dans ces actions une tentative systématique d'affaiblir l'intégrité de la Ville sainte de Jérusalem et de la Terre sainte, et de saper la présence chrétienne », souligne le communiqué.

    Le 31 juillet, un tribunal de Jérusalem a confirmé la validité d'une vente immobilière, impliquant l'organisation ultranationaliste israélienne Ateret Cohanim et l'Église grecque-orthodoxe, portant sur l'acquisition de deux hôtels situés près de la porte de Jaffa dans la Vieille Ville. L'Église a démenti avoir vendu le terrain et affirmé que le jugement était « politiquement motivé ». Parallèlement, une proposition de loi au Parlement prévoit de transférer à l'État d'Israël tous les terrains ayant appartenu à des Églises et qui ont été vendus à des investisseurs privés en échange de compensations, ont indiqué les médias israéliens. Ce texte, s'il est adopté, pourra porter atteinte à de futures transactions portant sur des biens appartenant aux Églises.

    Dans leur communiqué, les Églises estiment que ces deux mesures menacent un accord vieux de plusieurs décennies sur la gestion des sites religieux. « Nous ne pouvons pas souligner avec assez de force l'extrême gravité de la situation (et des effets) que ces agressions récentes et systématiques ont eus sur le statu quo, l'intégrité de Jérusalem et le bien-être des communautés chrétiennes en Terre sainte », ajoute le texte. Les Églises de Terre sainte appellent en outre les chrétiens à travers le monde à les soutenir. 

     
  • Quand des catholiques chinois défendent leur église face à une pelleteuse

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    Du site de Famille Chrétienne :

    Vidéo - En Chine, des catholiques défendent leur église face à une pelleteuse

    Le 29 août, des milliers de fidèles catholiques se sont réunis pour défendre leur église face à une pelleteuse venue la détruire, à Wangcun (près de Changzhi). Devant une telle mobilisation, les autorités ont dû suspendre leur projet, indiquent les agences Asianews et Aica. L’église a été bâtie il y a un siècle mais les autorités entendent la remplacer par une place « pour enrichir la vie du peuple ». Pour empêcher les manifestants de communiquer entre eux, Wechat (le Whatsapp chinois) a été bloqué, tout comme le site du diocèse. Mais les fidèles se relaient sur les lieux. 

  • Le voyage du pape en Colombie

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    AA-Visite-du-pape-en-Colombie-du-6-au-11-septembre-2017-Photo-Conference-episcopale-de-Colombie-2.jpgLes discours prononcés et les évènements de ce voyage sont présentés sur le site de l'Eglise de France : http://www.eglise.catholique.fr/actualites/voyage-pape-colombie/

  • Quatre chrétiens assassinés et décapités par des islamistes au Kenya

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    Kenya : quatre chrétiens assassinés et décapités par al-Shabaab (source)

    Les islamistes d’al-Shabaab viennent, de nouveau (voir notamment iciici et ), d’assassiner des chrétiens au Kenya dans le comté de Lamu. Le 5 septembre des militants de ce groupe de terroristes musulmans, dont la base est en Somalie, ont enlevé et tué Hillary Njuguna, un charpentier qui travaillait à scier du bois avec des compagnons près du village de Malamanda. Le groupe islamiste, fort d’une trentaine de militants, a le jour suivant investi deux autres villages et a massacré puis décapité trois autres chrétiens : Joseph Kinuthia, enseignant à l’école primaire de Bobo, Jared Maiko et Gushi Peter. En trois mois, les djihadistes d’al-Shabaab ont tué plus de 49 chrétiens au Kenya.

  • Soutien à Arnaud Dumouch : on ne lâche rien !

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    Du Comité de Soutien à Arnaud Dumouch (7 septembre) :

    Le scandale du renvoi sans préavis, sans indemnités, sans faute professionnelle d'un professeur de religion nommé depuis des années, père de famille, jeté à la rue, est à l'étude au Vatican.

    Ce précédent inouï, qu'on ne voit que dans l'Eglise catholique et que l'on ne pratiquait qu'au XIX° s dans la société belge, à un moment où les évêques passent leur temps à se frapper la poitrine pour les fautes de leurs prédécesseurs d'il y a 70 ans, ne peut rester sans suite.

    C'est toute la profession de professeur de religion catholique qui a été mise en danger par des inspecteurs idéologiques. Aucun professeur ne sera plus en sécurité dans son emploi.

    Dans le cas présent, les prétextes sont absurdes au point de faire rire le Président de la "chambre de recours" qui s'est réunie pour la forme, deux jours après le départ de Monseigneur Léonard et pour contourner son avis écrit. L'avocate italienne devant le Vatican parle avec raison d'"Arbitraire".

    Voici l'enregistrement du pauvre frère Jean-Pierre Berger (à partir de la minute 19) et le commentaire du Président de la chambre de recours : "Mais, avec des reproches aussi absurdes, vous allez faire renvoyer tous les professeurs !!"
    http://visitationpourlavie.free.fr/90_2_Fond_du_recours.MP3

    A quoi sert la nomination si on peut retirer d'un simple geste un Visa ecclésiastique et contourner ainsi tout bon sens et toute morale ?

    Les coupables de cette affaire (Frère Patrick Vandeputte, frère Jean-Pierre Berger des frères des écoles Chrétiennes, Michel Gomez et Jean Barbier du Pouvoir Organisateur de l'institut saint Joseph de Châtelet, l'Abbé Jacques Piton et Myriam Gesché qui sont à l'origine de cette histoire à cause de leur conflit idéologique violent avec leur collège de du Diocèse de Namur, Henri Ganty) devront rendre compte devant la justice civile.

    Le scandale de cette affaire est manifeste et, comme disait un des professeurs de l'Institut Saint Joseph, les meilleurs inspecteurs en religion restent les élèves. Voici leur appel, toujours resté sans réponse auprès de Monseigneur Harpigny. Cet évêque se frappera-t-il un jour la poitrine pour son silence ?

    http://visitationpourlavie.free.fr/PetitionCommentairesMai2016.pdf

    Comme vous pouvez le constater sur cette page la pétition lancée par ces élèves est toujours active. Nous ne lâcherons rien jusqu'à la réhabilitation du professeur Arnaud Dumouch !

  • Quand un prêtre révèle les dernières paroles du cardinal Caffarra

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    Une note d'Antonio Socci (www.antoniosocci.com) traduite sur le site "Benoît-et-moi" :

    UN PRÊTRE RÉVÈLE LES DRAMATIQUES DERNIÈRES PAROLES DU CARDINAL CAFFARRA

    De nombreux catholiques, ces dernières années, ont regardé le cardinal Carlo Caffarra comme l'une des rares lumières dans l'obscurité actuelle.

    Un prêtre me confie qu'il y a quelques jours, il est allé lui dire sa douleur pour le désastre quotidien que l'on vit dans l'Église, lui rapportant plusieurs faits.

    Le cardinal a fondu en larmes et lui a dit: «Le Seigneur n'abandonnera pas son Eglise. Les Apôtres étaient douze et le Seigneur recommencera avec quelques-uns. Imaginez la souffrance de Saint Athanase, qui a été laissé seul pour défendre la vérité par amour du Christ, de l'Eglise et des hommes. Nous devons avoir la foi, l'espoir et le courage».

    Ce prêtre me confie: «le cardinal était très peiné, mais il m'a transmis beaucoup de courage et beaucoup d'amour pour l'Eglise».

    La référence de Caffara à Saint Athanase [ndt: auquel Benoît XVI consacra sa catéchèse du 20 juin 2007, dans la série dédiée au Pères de l'Eglise, cf. beatriceweb.eu] renvoie au moment le plus sombre de l'histoire de l'Eglise. Quand les hérétiques ariens au quatrième siècle prirent le contrôle de l'Église .

    Presque seule s'éleva la voix de l'évêque Athanase en défense de la vérité catholique. Il fut excommunié par le pape et subit quatre fois l'exil.

    Mais peu de temps après, l'Eglise revint à la vraie foi et, à la suite, elle canonisa Athanase, le proclamant Père et Docteur de l'Eglise.

    Le prêtre qui a parlé avec le cardinal répète qu'il était très peiné. On peut penser qu'il est mort d'avoir le cœur brisé. Certainement, dans le secret de la prière, il avait offert à Dieu sa vie pour cette pauvre chrétienté perdue.

    Il était sûr que dans le monde et dans l'Eglise, à la fin, le Seigneur allait vaincre. Ainsi, au cours des dernières années, il s'est retrouvé protagoniste d'une défense puissante de la foi catholique et des sacrements face à l'Amoris laetitia du Pape Bergoglio .

    Ce qui le réconfortait, dans ce témoignage, c'étaient les paroles prophétiques qu'il avait reçues des années plus tôt de Sœur Lucie de Fatima, dans une lettre dans laquelle elle lui avait écrit que «la bataille finale entre Dieu et Satan sera sur la famille et le mariage».

    Cette histoire - en plus de révéler à tous sa sagesse, sa foi et son courage - a mis aussi en lumière sa profonde humanité .

    J'en ai un souvenir personnel. C'était le 15 Août 2010, fête de l'Assomption. Ma fille Catherine venait de se réveiller d'un coma et avait été admise à la «Maison des réveils», sur les collines de Bologne. Ce jour-là - à notre grande surprise - nous avons vu arriver, dans la chaleur, avec sa manière réservée et simple, le cardinal Carlo Caffara archevêque de Bologne. Il était venu voir Catherine, dont il avait suivi le drame (nous étions en contact indirect) et il est resté avec nous toute la journée . Il était habillé comme un simple prêtre. Il est aussi allé saluer et bénir tous les autres, les patients et leurs familles. Un véritable homme de Dieu. Je le connaissais jusque-là comme un théologien de grande épaisseur, ami et collaborateur de Jean-Paul II et Benoît XVI, qui le respectaient beaucoup. Mais ce jour-là - dans ce lieu de souffrance et d'espoir - je l'ai découvert comme un vrai père. Son humanité et sa sagesse paternelle m'ont frappé et je les ai entièrement retrouvées dans sa dernière mission pour l'Eglise.

  • A Rimini, le cardinal Parolin a justifié la "stratégie du dialogue" défendue par le pape François; mise à jour (8 septembre)

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    Mise à jour (8 septembre) : Le 28 août dernier, nous avions répercuté sur ce blog des extraits de la conférence prononcée par le Cardinal Secrétaire d'Etat Pietro Parolin lors de la clôture du meeting de Communion et Libération à Rimini. Le journal La Croix publie ce discours in extenso : on y accédera en cliquant sur ce lien : http://www.la-croix.com/Urbi-et-Orbi/Documentation-catholique/Saint-Siege/A-Rimini-cardinal-Parolin-invite-reprendre-routes-monde-authenticite-2017-09-07-1200874937

    Lors de la conclusion du meeting de Communion et Libération à Rimini, le 25 août, le cardinal Parolin a expliqué le "manifeste" du pape François (source):

    Le cardinal a apporté sa propre contribution sur le thème du meeting ("Ce que tu as reçu de tes pères, regagne-le pour le posséder") et a procédé à une clarification des aspects les plus importants du pontificat de François

    Dans ce sens, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Vatican, a prononcé un discours sur "l'étreinte" que l'Eglise propose à l'homme d'aujourd'hui.

    Etait présent également le président de la Communauté de 'Communion et Libération', le père Julian Carron, qui a adressé un message de salutation au cardinal: «Nous avançons désarmés pour rencontrer l'autre et pour offrir à chacun la contribution que la foi peut apporter sur le chemin de chacun».

    "Dites au pape que nous prions pour lui."

    Au terme d'une leçon dense, riche en idées culturelles et théologiques, la présidente de la séance, Emilia Guarnieri, a conclu en invitant le cardinal à faire savoir au pape François que l'assistance du meeting est prête à vivre en suivant le cap indiqué.

    Plus qu'un résumé, nous reprenons quelques passages saillants de l'intervention du cardinal Pietro Parolin.

    La question des migrants

    "Quand je pense qu'une partie non négligeable du débat civil et politique de ces derniers temps s'est concentrée sur la façon de nous défendre contre le migrant! Certes, pour le pouvoir politique, il c'est un devoir d'élaborer des schémas alternatifs à une migration massive et incontrôlée, d'établir un projet qui évite le désordre et l'infiltration d'individus violents parmi ceux que l'on accueille. Il est juste d'impliquer l'Europe et pas seulement elle. C'est de la clairvoyance que d'envisager le problème du développement structurel et des peuples dont proviennent les migrants qui, s'ils doivent s'y appliquer, auront encore besoin de décennies. Mais, tout au moins, n'oublions pas que ces femmes, ces hommes, ces enfants, en ce moment, sont nos frères ".

    "Et pourtant, nous aussi, chrétiens, nous continuons à penser selon une division anthropologique et théologique dramatique, qui passe par un "eux" comme un "non-nous" et un "nous" comme un "non-eux". Nous avons besoin de reprendre en considération, sans superficialité, le thème de la diversité, de sa richesse, dans un contexte de connaissance et de respect mutuel ".

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  • Fête de la Nativité de la Vierge Marie (8 septembre)

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    La nativité de la Vierge par Uccello (XVe s.)

    Première homélie pour la nativité de la Vierge Marie, de saint Jean Damascène

    Neuf mois étant accomplis, Anne mit au monde une fille et l'appela du nom de Marie. Quand elle l'eut sevrée, la troisième année, Joachim et elle se rendirent au temple du Seigneur et, ayant offert au Seigneur des victimes, ils présentèrent leur petite fille Marie pour qu'elle habitât avec les vierges qui, nuit et jour, sans cesse, louaient Dieu.

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  • François, un pape "fabuleux" ?

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    Après avoir mis en ligne une note très critique à l'égard du pape, nous relayons celle-ci, de l'abbé de Tanoüarn qui renvoie le pendule dans une direction très opposée. Saurons-nous faire la part des choses ?

    Un pape fabuleux

    Non je ne fais pas une crise de gatisme précoce ; je viens seulement de terminer le dernier livre du pape (avec Dominique Wolton) : Politique et société. Près de 400 pages. Un pavé. Bien sûr il y a des redites, mais ce n'est pas gênant, cela contribue au contraire me semble-t-il à montrer qu'il y a une pensée claire du pape et que les "petites phrases" dont il a le secret ne sont pas des piques gratuites mais comme des stalactites tombés de la paroi rocheuse et qui en proviennent. Il y a effectivement - c'est la première fois que cela m'apparaît avec tant de clarté - une pensée du pape, que l'on retrouve sur tous les sujets. Un regret ? Que la théologie soit trop discrètement évoquée pour que l'on puisse vraiment saisir le système théologique du pape, comme on comprend ici son approche politique.

    Avec François, l'Eglise a un pape qui est en avance sur son temps, un pape qui a saisi l'aspect particulier que doit prendre une pastorale soucieuse de réussir dans la société matérialisée dans laquelle nous vivons, je dirais : un pape authentiquement personnaliste. Il ne me semble pas exagéré de considérer qu'il fait sienne la distinction que propose Laberthonnière entre les êtres et les choses. Les humains, quels qu'ils soient, sont tous des êtres, à l'image de Dieu. Chaque être vaut infiniment plus que toutes les choses. Preuve ? Chaque être se détermine librement par rapport à Dieu, en ce sens chaque être possède une destinée. "Le christianisme n'est pas une science. Ce n'est pas une idéologie. Ce n'est pas une ONG. C'est une rencontre (...) Comment élargir les conditions pour l'écoute des autres, c'est la mutation que l'Eglise doit faire". Comment ne pas souscrire à ces formules ? Comment ne pas voir se profiler l'image de Pascal et la réalité trop souvent tue de la grâce efficace dans cette exaltation de la "rencontre" ? L'Eglise de François est augustinienne et en ce sens "janséniste". Elle met la grâce avant la science et se garde de toute idéologisation d'un contenu de pensée chrétien. Elle met la grâce au-dessus de toutes les bienfaisances purement humaines, et c'est pour cela qu'elle n'est pas une ONG, malgré tant d'apparences contraires.

    L'Eglise doit muter : ce qu'elle doit perdre en route, ce n'est ni sa liturgie (à Dieu ne plaise), ni ses dogmes (qui sauvent notre esprit de l'ignorance), ni sa morale (à condition, note le pape, que l'on considère la morale non pas comme un monde en soi mais comme une conséquence de la rencontre avec le Seigneur)... Ce qu'elle doit perdre en route, c'est ce qui l'empêche d'écouter les hommes, le cléricalisme et la rigidité, j'emprunte ces deux mots au langage du Saint-Père. J'en ajouterai un troisième ! l'idéologie.

    Le pape emploie ce dernier terme très souvent. Il ne faut pas voir dans ce qu'il stigmatise comme idéologique ce que Marx appelait ainsi : la pensée qui se serait d'elle-même mise au service du Grand Capital (ou au service de l'Or, comme dit Maurras dans L'avenir de l'intelligence). Non ! Le mot "idéologie", employé par François, c'est de manière générale toute forme de pensée close sur elle-même et menacée de la fameuse maladie du perroquet que l'on nomme psittacisme : cette maladie, vous savez, qui apparaît quand la répétition dispense de la compréhension.

    J'imagine quelque grave théologien me lisant d'aventure, je le vois plissant les yeux avec un air sceptique. L'objectant dirait sans doute sans s'occuper du pape : "ce christianisme là est un christianisme sans doctrine, une pure mystique, c'est-à-dire un état d'âme"...

    A quoi je répondrais qu'il ne faut pas confondre "état d'âme" et "état de l'âme" et qu'il reste absolument vrai que le christianisme est un état de l'âme augmentée, sur-naturalisée, divinisée...

    Mais je voudrais souligner encore autre chose dans ce beau livre du pape François, qui a le don des petites phrases aux grands effets. Pour lui, la foi n'est pas seulement cet acte de vital, auquel notre objectant reprochait de n'être qu'un état d'âme. C'est une réalité objective, une réalité qui s'objective dans les cultures chrétiennes : "Une foi qui ne devient pas une culture n'est pas une vraie foi. Le voilà le rapport entre foi et culture : l'inculturation de la foi et l'évangélisation de la culture". Dans cet éloge de l'inculturation, on voit se profiler le risque du morcèlement de chrétientés inculturées que leur éloignement géographique contribue à rendre incompatibles les unes avec les autres.. Mais ce risque est un beau risque car la culture chrétienne agrandit toujours l'humanité, comme l'avait bien vu l'anthropologue René Girard. Et les cultures chrétiennes convergent toujours finalement, comme aujourd'hui fonctionnent ensemble les deux poumons, Orient et Occident de la sainte Eglise de Dieu. Moscu, Rome : des cultures différentes qui finissent par se rencontrer, non pas dans une synthèse artificielle, mais dans une sur-thèse différenciée, si l'on reprend le vocabulaire du pape.

    Cette culture chrétienne, liturgique, théologique, artistique, les vandales post-conciliaires avaient espéré nous en priver. Nous en jouissons aujourd'hui en sécurité grâce à Benoît XVI. Cette culture chrétienne traditionnelle est la plus riche au monde, la plus diverse, la plus longue et la plus convergente en même temps.  Elle est comme un biotope favorable au développement de notre foi, pas seulement une contre-culture, dans notre monde matérialisé, mais un accomplissement humain intégral (pour reprendre un adjectif cher au pape) et qui ne peut nous être ôté.

    Deux remarques pour finir : nulle part je n'ai vu le pape prétendre être responsable du développement humain intégral que par ailleurs il appelle de ses voeux. Le Père Stalla Bourdillon en fait un Boniface VIII des temps modernes. Mais sa lecture nous emmène à mille lieu de cela. François se veut seulement serviteur des serviteurs de Dieu. Son impérialisme est celui de la charité.

    Deuxième remarque : je traiterai dans un prochain post ce qui concerne les relations entre le pape et les migrants. 

  • La mort du cardinal Caffarra

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    6a00d83451619c69e201b7c91d68b2970b-800wi.jpgLe cardinal Carlo Caffarra, RIP (source : Le Salon Beige)

    L'archevêque émérite de Bologne, âgé de 79 ans, est décédé ce matin, des suites d'une longue maladie. Il avait dirigé l'archidiocèse de l'Émilie-Romagne pendant 12 ans, de 2003 à 2015.

    Ordonné prêtre en 1961, il obtient un doctorat en droit canonique à l’université pontificale Grégorienne et un diplôme de spécialisation en théologie morale auprès de l’Académie pontificale alphonsienne. Il part enseigner la théologie morale dans les séminaires de Parme et de Fidenza, puis à la faculté théologique de l'Italie septentrionale à Milan. En 1974, il est nommé par le Pape Paul VI membre de la Commission théologique internationale.

    Dans les années 1970, le cardinal Caffarra approfondit les thèmes du mariage, de la famille et de la procréation et enseigne l’éthique médicale à la Faculté de médecine et de chirurgie de l'université catholique du Sacré-Cœur à Rome. En 1980, le Pape Jean-Paul II le nomme expert au Synode des évêques sur le Mariage et la Famille puis le charge l’année suivante de fonder et de présider l’Institut pontifical Jean Paul II sur le mariage et la famille.

    Le cardinal Carlo Caffarra fait partie des quatre signataires des « Dubia » adressés au pape à propos de l'exhortation Amoris laetitia. Après le décès du cardinal Meisner il y a quelques mois, il ne reste plus que le cardinal Burke et le cardinal Brandmüller.

    Nommé cardinal par le pape Benoît XVI en 2006, le cardinal Caffarra était un très proche de Saint Jean-Paul II.

    Le cardinal Caffarra ne sera pas mort sans avoir eu le temps de confirmer, de vive voix, la teneur de la lettre que lui avait envoyée sœur Lucie de Fatima sur la dernière bataille de Satan qui serait livrée autour de la famille et du mariage.

    En juin 2015, le cardinal Carlo Caffarra déclarait au journal italien Il Tempo à la veille de la marche pour la famille à Rome :

    "L’Europe est en train de mourir. Et peut-être même n’a-t-elle aucune envie de vivre, car il n’y a pas de civilisation qui ait survécu à la glorification de l’homosexualité. Je ne dis pas : à l’exercice de l’homosexualité. Je parle de la glorification de l’homosexualité. Et je fais une incise : on pourrait observer qu’aucune civilisation n’est allée jusqu’à  proclamer le mariage entre personnes de même sexe. En revanche, il faut rappeler que la glorification est quelque chose de plus que le mariage. Dans divers peuples l’homosexualité était un acte sacré. De fait, l’adjectif utilisé dans le Lévitique pour juger la glorification de l’homosexualité à travers le rite sacré est celui d’« abominable ». Elle avait un caractère sacré dans les temples et dans les rites païens.

    C’est si vrai que les deux seules réalités civiles, appelons-les ainsi, les deux seuls peuples qui ont résisté pendant de nombreux millénaires – en ce moment je pense surtout au peuple juif – ont été ces deux peuples qui ont été les deux seuls à contester l’homosexualité : le peuple juif et le christianisme. Où sont les Assyriens ? Où sont les Babyloniens ? Et le peuple juif était une tribu, il paraissait n’être rien par rapport aux autres réalités politico-religieuses. Mais la réglementation de l’exercice de la sexualité que nous rencontrons, par exemple, dans le livre du Lévitique, est devenu un facteur de civilisation extrêmement important. Voilà ma première pensée : c’est la fin.

    Ma deuxième réflexion est purement de foi. Devant de tels faits je me demande toujours : mais comment est-il possible que dans l’esprit de l’homme puissent s’obscurcir des évidences aussi originelles, comment est-ce possible ? Et je suis arrivé à cette réponse : tout cela est une œuvre diabolique. Littéralement. C’est le dernier défi que le diable lance au Dieu créateur, en lui disant : « Je vais te montrer comment je construis une création alternative à la tienne et tu verras que les hommes diront : on est mieux ainsi. Toi, tu leur promets la liberté, je leur propose d’être arbitres. Toi, tu leur donnes l’amour, moi je leur offre des émotions. Tu veux la justice, et moi, l’égalité parfaite qui annule toute différence.

    J’ouvre une parenthèse. Pour quoi dis-je : « création alternative » ? Parce que si nous retournons, comme Jésus nous le demande, au Principe, au dessein originel, à la manière dont Dieu a pensé la création, nous voyons que ce grand édifice qu’est la création est érigée sur deux colonnes : la relation homme-femme (le couple) et le travail humain. Nous parlons maintenant de la première colonne, mais la deuxième aussi est en train de se détruire… Nous sommes, par conséquent, face à l’intention diabolique de construire une création alternative, qui défie Dieu dans l’intention de voir l’homme finir par penser qu’on se trouve mieux dans cette création alternative ? [...]" 

    L’archevêque de Bologne Matteo Zuppi présidera les obsèques du cardinal Caffarra le samedi 9 septembre en la cathédrale de Bologne, où il sera enterré dans la crypte.

    ...et, sur son blog, Sandro Magister publie cette note (traduite sur diakonos.be) :

    Carlo Caffarra, prophète ignoré. Sa dernière lettre au Pape François

    Ce 6 septembre au matin, le cardinal Carlo Caffarra, archevêque émérite de Bologne et théologien moral de premier plan, particulièrement sur les questions de famille et de vie, nous a quittés à l’improviste.

    Lire la suite