Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Foi - Page 2

  • Pour Benoît XVI, l'urgence est de trouver des bergers convaincus qui ne succombent pas à l'esprit du temps et professent leur foi avec détermination

    IMPRIMER

    Du blog de Jeanne Smits :

    Le message de Benoît XVI pour les funérailles du cardinal Meisner, signataire des Dubia

    Le cardinal Meisner et Benoît XVI, en une époque révolue

    Lors des funérailles du cardinal Joachim Meisner le samedi 15 juillet à Cologne, un message de la main du pape François a été lu au cours de la cérémonie par le nonce apostolique en Allemagne, Mgr Nikola Eterović. Mais à la surprise générale, un deuxième message, émanant celui-là du pape émérite Benoît XVI, a été lu par le préfet de la maison pontificale et secrétaire particulier de Benoît XVI, Mgr Georg Gänswein. Cela a d'autant plus de poids que le cardinal Meisner  est l'un des quatre cardinaux qui ont présenté des Dubia au pape François à propos d'Amoris laetitia.

    Je vous propose ci-dessous ma traduction de ce message à la fois beau et émouvant, mais également riche  d'enseignement par les temps qui courent. Je vous laisse savourer ce texte – quelle joie et quel plaisir intellectuel de traduire Benoît XVI ! – non sans vous signaler que le pape émérite évoque la foi profonde, la piété eucharistique, la vie de prière de ce cardinal qui a su comprendre « que le Seigneur n'abandonne pas son Eglise, même lorsque parfois le navire a tant pris l'eau qu'il est sur le point de chavirer ». Double leçon : notre pauvre Eglise semble au plus mal, mais Notre Seigneur Jésus-Christ ne l'abandonne point. Et un rappel : « L'Eglise se trouve dans la nécessité urgente de disposer de bergers convaincants qui puissent résister à la dictature de l'esprit du temps et qui vivent et pensent la foi avec détermination. » Il semble vraiment très, très difficile de ne pas faire le lien entre ces déclarations et la confusion doctrinale du pontificat actuel. — J.S.

    « En cette heure où l'Eglise de Cologne et les fidèles venus d'au-delà de ses frontières sont rassemblés pour dire à Dieu au cardinal Joachim Meisner, je suis avec vous par le cœur et la pensée, et, accomplissant avec joie le souhait du cardinal Woelki, je désire vous adresser un mot de souvenir. 

    « Lorsque j'ai appris la mort du cardinal Meisner mercredi dernier, je n'ai pas voulu y croire. La veille nous avions parlé au téléphone. Sa gratitude à propos du fait qu'il avait pu prendre quelques vacances après avoir participé à la béatification de Mgr Teofilius Matulionis à Vilnius le dimanche précédent (le 25 juin) était évidente au son de sa voix.  L'amour de l'Eglise des pays voisins à l'Est, qui avaient souffert sous la persécution communiste, ainsi que la gratitude que lui inspirait la résistance aux souffrances à cette époque-là, avaient marqué toute sa vie. De telle sorte qu'il n'y a pas pas de coïncidence dans le fait qu'il aura rendu la dernière visite de sa vie à un Confesseur de la foi dans ces pays-là. 

    « Ce qui m'a particulièrement impressionné au cours de cette dernière conversation avec le cardinal à la retraite, c'est la joie déliée, la joie intérieure, la confiance qu'il avait trouvées. Nous savons que ce berger, ce pasteur passionné a trouvé difficile de quitter son poste, spécialement à un moment où l'Eglise se trouve dans la nécessité urgente de disposer de bergers convaincants qui puissent résister à la dictature de l'esprit du temps et qui vivent et pensent la foi avec détermination. Cependant, cela m'a d'autant plus ému qu'au cours de cette dernière période de sa vie, il a appris à lâcher prise et à vivre toujours plus dans la certitude profonde que le Seigneur n'abandonne pas son Eglise, même lorsque parfois le navire a tant pris l'eau qu'il est sur le point de chavirer. 

    « Deux choses, dernièrement, lui ont donné toujours plus de joie et de confiance.

    « 1.  D'abord, il m'a toujours redit la joie profonde qui le remplit à travers l'expérience du sacrement de pénitence lorsque des jeunes, surtout de jeunes hommes, vivent la grâce du pardon – ce don d'avoir véritablement trouvé la vie que seul Dieu peut leur donner. 

    « 2. La deuxième chose qui l'a toujours touché et qui l'a toujours rempli de joie, ce sont les progrès discrets de l'adoration eucharistique. Lors des JMJ de Cologne cela avait constitué pour lui un point central – qu'il y eût une adoration, un silence où le Seigneur seul puisse parler au cœur. Certains experts en pastorale et en liturgie avaient pensé qu'un tel silence dans la contemplation du Seigneur ne peut s'obtenir avec une telle masse de gens. Certains étaient également d'avis que l'adoration eucharistique est en tant que telle dépassée, puisque le Seigneur veut être reçu dans le Pain eucharistique, et qu'Il ne veut pas être simplement regardé. Mais ce Pain ne peut être mangé comme un aliment quelconque ; « recevoir » le Seigneur dans le sacrement eucharistique requiert toutes les dimensions de notre existence – la réception doit être adoration : tout cela est désormais tout de même devenu très clair. Ainsi le temps d'adoration eucharistique lors des JMJ de Cologne est devenu un événement très intérieur qui n'est pas devenu inoubliable pour le seul cardinal. Ce moment lui est toujours resté présent intérieurement et a été pour lui une grande lumière. 

    « Lorsque le cardinal Meisner, au dernier matin de sa vie, n'a pas paru à l'heure de célébrer la messe, on l'a trouvé mort dans sa chambre. Son bréviaire avait glissé de ses mains :  il est mort en priant, son regard tourné vers le Seigneur, en conversation avec le Seigneur. La nature de la mort qu'il lui a été donné de vivre redit encore une fois comment il a vécu : le regard tourné vers le Seigneur, et en conversation avec lui. Ainsi nous osons sans crainte confier son âme au bon Dieu. Seigneur, nous vous remercions pour le témoignage de votre serviteur Joachim. Permettez-lui d'être désormais un intercesseur pour l'Eglise de Cologne et pour l'ensemble de la terre ! Requiescat in pace ! »

  • Eloge de la soutane

    IMPRIMER

    Lu sur le site « aleteia » :


    communautc3a9-de-saint-martin.jpg« Il y a 55 ans, les prêtres enlevaient la soutane au profit du col romain. Aujourd'hui, de plus en plus de jeunes prêtres, non affiliés à des groupes traditionalistes, n'hésitent plus à la porter. À l'occasion de son ordination récente, un prêtre a reçu une lettre d'un de ses aînés lui prodiguant de précieux conseils sur ce vêtement qui, à bien des égards, est à l'image de celui qui la porte. Voici le contenu de la lettre:

    « Cette soutane, en ce jour si spécial, doit te paraître encore plus belle qu’une robe de mariée. Tu as raison de te sentir inondé de joie à la simple idée de la porter : après tout, tu as attendu ce moment depuis tes premiers pas au séminaire.

    Mais je ne peux que te souhaiter d’être tout aussi heureux lorsque viendra l’heure d’assumer pleinement toute la signification que revêtent les couleurs de ce simple vêtement, y compris lorsque sonnera l’heure de ta mort et que ce modeste habit deviendra ton linceul. Aujourd’hui, il t’apparaît comme une robe de mariée et suscite l’enthousiasme de tes amis, de ta famille et de toi-même. Mais puisses-tu ressentir le même enthousiasme lorsqu’il sera devenu ton compagnon de solitude, la cage dans laquelle Dieu fusionnera avec toi et te purifiera, l’inconfortable ermitage de tes vieux jours.

    Rassure-toi : cette robe de mariée saura aussi être ton armure, lorsque les circonstances l’imposeront, pourvu que tu te souviennes alors de t’en servir de cette manière, comme d’une protection. En effet, porter une soutane devrait à soi seul être une forme de prière. Mais il ne faut pas croire que, sitôt le vêtement boutonné, tel soit immédiatement le cas. Cela demande un effort constant.

    Les poches. Elles sont amples et profondes : aussi, elles doivent te servir à ranger tout ce que tu partageras avec les autres. Aie toujours quelque chose à donner à ceux qui sont dans la nécessité et aux enfants. Rappelle-toi que certains apprécieront toujours un peu de l’argent dont il manque si cruellement. Tous auront besoin de ton sourire et d’un mot de consolation – au moins tout autant que de ta voix chantant les hymnes pendant la messe. Tout cela tient à une raison très simple : les gens ont avant tout besoin de savoir qu’ils sont aimés et, plus encore, de sentir que cet amour est bien réel.

    Ta soutane, si tu regardes dans sa doublure, comporte aussi une poche intérieure, sur la poitrine. Contrairement à ce que semblent croire les experts autoproclamés de la mode cléricale, elle n’a pas vocation à servir d’écrin à un stylo de grande valeur. Ranges-y plutôt précieusement les lettres auquel tu ne sais pas encore comment répondre, des notes portant le nom de ceux pour qui tu as promis de prier, les factures que tu t’es engagé à payer pour de plus miséreux que toi, les adresses des personnes à qui tu réserves une visite prochaine, conscient qu’elles ne viendront pas d’elles-mêmes te trouver, les photographies des chats, des chiens, des petits-enfants et des êtres aimés de tes paroissiens, ainsi que deux ou trois dessins que des enfants t’auront offerts. Garde cette poche bien remplie à tout moment.

    Que ta soutane soit également un roc sur lequel ton égo se brisera sitôt que tu adopteras des postures orgueilleuses, que de vaines ambitions te séduiront ou que la fierté t’envahira sans prévenir et sans que tu puisses y résister. Que cette soutane soit un roc sur lequel tu puisses prendre appui lorsque tu sentiras le courant de la vie te porter à la dérive. Ne t’inquiète pas – cette soutane sera toujours ton plus fidèle soutien. N’aie jamais peur de l’enfiler à la hâte si tu dois porter secours à ton prochain, même si tu dois pour cela paraître ridicule dans la rue et provoquer les sourires amusés de ceux qui te verront ainsi.

    Les manches se retroussent bien mieux que celles d’une simple chemise. Elles te rappelleront que la soutane n’est pas tant un uniforme qu’une tenue de travail. Néanmoins, ne retrousse ces manches que pour accomplir un travail au service des autres : ne poursuis jamais tes propres plans.

    J’espère aussi sincèrement que ta soutane portera des traces blanches. Celles dans ton dos seraient le témoignage de la sueur du travail, celles sur ton torse la marque des larmes que tu auras versé et que d’autres auront fait couler en te confiant, le visage enfoui sur ton épaule, leurs petits soucis du quotidien comme les grandes peines de leur existence. Certains tracas seront vains, d’autres blessures seront de véritables drames. Je te souhaite de voir ces traces blanches apparaître sur le tissu de ta soutane plus vite que les premiers cheveux blancs sur ton crâne.

    Ne crains pas non plus de froisser ou de salir ta soutane lorsque tu porteras secours aux nécessiteux ou aux blessés. N’hésite pas à en déchirer quelques pans pour en faire des bandages ou pour en vêtir les blessures de l’âme. Souviens-toi toujours que, dans certains cas extrêmes, elle pourra servir à d’autres de manteau pour se réchauffer ou de tente pour passer la nuit.

    Puisse le tissu de ta soutane s’user bientôt et porter les traces de l’usure aux genoux et aux épaules. Ces marques seront le signe de tes nuits de prières passées dans l’ombre à porter la croix des autres. Puisse également le tissu s’user de t’être souvent assis pour tendre l’oreille et d’avoir joué des coudes pour te frayer un chemin dans la foule. Tu devras aimer ta soutane et non la personne qui la porte. Et surtout, avant toute autre chose, aime l’Église qui te l’a donnée. Plus encore, aime le Christ, aime-le infiniment, car c’est lui qui t’a offert, toi, à l’Église. Cela suffit déjà à me rendre infiniment reconnaissant à son égard.

    PS : Tu remarqueras bien vite que presque tous les passagers dans le bus ou dans le métro sont absolument convaincus d’avoir davantage droit à garder leur place assise qu’un prêtre en soutane. Pour être tout à fait honnête, peu importe de savoir s’ils ont raison ou pas – il s’agit d’une question immatérielle et secondaire. Ce qui compte avant tout, c’est que lorsque certains te haïront, ils ne haïssent pas Dieu à travers toi. Le nombre de personnes qui te regarderont, parfois de travers, ne cessera de croître : ta soutane te donnera d’ailleurs une visibilité toute particulière. Mais elle pourra aussi en intimider d’autres, et le nombre de personne qui trouveront le courage de venir vers toi et de te parler ne cessera de diminuer.

    Peu nombreux seront ceux qui oseront te critiquer. Cela ne signifiera aucunement qu’il n’y a pas de raison de te critiquer. Ta soutane, souviens-t-en toujours, n’est pas l’emballage d’un produit fini. Le Seigneur t’a vêtu de ce tissu dans sa plus grande miséricorde pour dissimuler tes imperfections et tes faiblesses. »

    Ref. La soutane : plus qu’un uniforme, une tenue de travail

    JPSC

  • Le 13 juillet 1917 à Fatima

    IMPRIMER

    De Tom Hoopes sur aleteia.org :

    Fatima : comment le 13 juillet 1917 a changé l’Église

    Le message, délivré par Notre Dame de Fatima ce jour-là, a suscité de nombreuses conversions mais a aussi conduit certains à rejeter la foi.

    Cette semaine est marquée par le 100e anniversaire de la plus complexe des sept apparitions de Marie à Fatima survenue en 1917, au Portugal. Le message qu’elle a délivré ce jour-là a inspiré à certains un parcours de conversion mais a provoqué chez d’autres une forte répulsion face à la foi. Certains ont pu y perdre la raison, d’autres s’y sont ralliés contre leur même raison.

    Ce jour-là, en effet, la Sainte Vierge fit un récit effrayant aux trois pastoureaux de Fatima, en les ouvrant à cette occasion à une vision de l’enfer, et en les mettant sévèrement en garde contre le risque d’une nouvelle guerre mondiale et d’une nouvelle ère des martyrs. Mais surtout, le message du 13 juillet 1917, la Vierge Marie a changé le regard de l’Église sur le monde contemporain.

    Lire la suite sur aleteia.org
  • Les chrétiens sont-ils capables de transmettre leurs convictions sur l’importance de l’existence, la relativité de l’économique, la valeur de l’engagement, de la solidarité ?

    IMPRIMER

    Lu sur le site de l'Eglise catholique à Paris :

    Entretien du cardinal André Vingt-Trois à l’AFP (12 juillet 2017)

    Politique française, crise des migrants, jihadisme... À quelques mois de son départ du siège d’archevêque de Paris, le cardinal André Vingt-Trois, 74 ans, dessine son “idéal” de société contre une “société de fric”, dans un entretien à l’AFP après des mois de silence médiatique - Réalisé par Benoît Fauchet.

    Vous traversez une épreuve de santé, un syndrome neurologique de Guillain-Barré, maladie auto-immune du système nerveux. Comment le vit-on quand on assume vos responsabilités ?

    Je suis un long chemin de convalescence. J’ai partagé modestement la condition des malades, expérimenté la dépendance. J’ai vérifié que mon identité ne se réduisait pas aux activités que je pouvais mener. C’est une leçon de vie, parce que beaucoup de gens ont tendance à juger la valeur des autres par ce qu’ils font, l’image qu’ils donnent d’eux-mêmes, pas par leur existence propre.

    Quel regard avez-vous porté sur la présidentielle, lorsque les évêques ont été invités à prendre position entre les deux finalistes ?

    Beaucoup de temps médiatique est consacré à des oppositions entre personnages publics, très peu au contenu des événements. Ce n’est pas sain pour la démocratie. Si on essaye de réfléchir sur les enjeux, ce que le conseil permanent des évêques a fait à deux reprises, on dit +l’Eglise n’a rien à dire+. Mais je ne me souviens pas d’un débat électoral où l’Eglise a dit +il faut voter pour untel+. Au fond certains veulent une parole utilisable pour servir de combustible à la polémique. C’est pour ça que je me tais dans ce genre de débat !

    Quelles attentes avez-vous à l’égard du nouveau pouvoir : le rassemblement, l’apaisement des fractures, y compris sur des sujets sociétaux sensibles comme la PMA (procréation médicalement assistée) et la GPA (gestation pour autrui) ?

    La responsabilité de nos gouvernants est d’incarner un projet collectif. C’est irréductible à une vision purement économique et financière de la société, c’est le principe d’une société animée par un idéal. Qu’est-ce qui fait que les Français vivent ensemble, qu’ils sont une nation, une société organisée autour d’un corpus commun ? Chaque fois qu’on prend des décisions qui effritent ce corpus, on appauvrit les possibilités de permettre aux jeunes d’identifier ce qui est commun. Donner l’impression qu’on peut fabriquer des enfants au gré de ses désirs et les regarder pousser de loin, ce n’est quand même pas donner une image très forte de la transmission intergénérationnelle... Si nous n’avons pas un minimum d’idées et de consensus sur ce qui est bon pour l’Homme, aucun vote ne peut le définir.

    On pourrait penser que l’Église est plus discrète sur les questions de solidarité, l’accueil des migrants : ce n’est pas le cas ?

    Ce qui définit clairement l’identité chrétienne, ça n’est pas l’adhésion à des valeurs, c’est la mise en pratique de convictions. Il n’est pas difficile de tenir des discours enflammés ; ce qui est plus compliqué, c’est de retrousser ses manches et de réaliser quelque chose, qui n’est pas forcément spectaculaire. Ainsi des paroisses et associations dans les quartiers nord de Paris, qui n’ont pas des ressources illimitées, s’engagent sur l’accompagnement et l’intégration des migrants.

    Mais - question plus radicale - veut-on ou non accueillir ces malheureux ? Cette question semble appeler une réponse évidente, qui n’est pas portée par la société. Il faut un objectif suffisamment structurant pour convaincre que l’accueil des pauvres va coûter quelque chose à chacun.

    Comment voyez-vous les tensions que le terrorisme islamiste fait peser sur le monde, notamment sur la France ?

    Nous pouvons espérer que les armées vont arriver à venir à bout du groupe Etat islamique. Mais quand ce sera fini, ce ne sera pas fini ! Ce serait céder à l’illusion de certains courants politiques selon laquelle le terrorisme nous vient d’ailleurs et par des migrants. La majeure partie des terroristes ont surgi dans nos sociétés, trop souvent vides de sens. Il faut développer les mesures coercitives, mais quand on traite les symptômes, on n’a pas soigné la maladie. Notre société ne peut-elle susciter que le rejet ou le fanatisme terroriste, ou bien susciter une compétition positive par les espérances qu’elle porte ?

    Dans quelques mois, atteint par la limite d’âge (75 ans en novembre), vous allez quitter votre siège d’archevêque de Paris. Quels seront les défis à relever par votre successeur ?

    L’Église qui est à Paris est vivante, elle a la capacité de se développer. Comme d’autres, elle est dans une période de cassure entre l’héritage d’une société post-chrétienne et l’avènement d’une société des idoles - une société de fric. Le défi des chrétiens est de savoir s’ils vont être capables de transmettre à la génération qui vient leurs convictions sur l’importance de l’existence, la relativité de l’économique par rapport au spirituel ou au culturel, la valeur de l’engagement, de la solidarité.

  • Quand le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, énumère les chantiers qu’il souhaiterait engager

    IMPRIMER

    De Marie Malzac sur le site du journal La Croix :

    Les priorités liturgiques du cardinal Sarah

    À l’occasion des dix ans du Motu proprio Summorum pontificum, libéralisant la forme extraordinaire du rite romain, le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, énumère les chantiers qu’il souhaiterait engager dans un long texte publié par le mensuel catholique traditionaliste La Nef.

    Depuis sa nomination comme préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, en 2014, le cardinal Robert Sarah a évoqué à plusieurs reprises la nécessité d’une « réforme de la réforme », expression déjà utilisée en son temps par Benoît XVI.

    L’année dernière, le pape François avait mis en garde contre l’utilisation d’une telle expression – la qualifiant d’« erreur » – au vu des récupérations dont elle fait régulièrement l’objet par « des personnes rigides ».

    Dans une longue analyse publiée dans le numéro de juillet du mensuel traditionaliste La Nef, qui consacre un important dossier aux dix ans du Motu proprio Summorum pontificum, libéralisant le rite en cours avant les années 1960, le gardien de la liturgie catholique se rallie à cette position. Il reconnaît qu’il convient d’abandonner cette expression, « devenue synonyme de domination d’un clan sur l’autre ». L’heure est désormais, dit-il, à la « réconciliation liturgique ».

    > À LIRE : Le cardinal Sarah et le silence dans la liturgie

    « Ceux qui prétendent que l’usage de la forme extraordinaire du rite romain remettrait en cause l’autorité du concile Vatican II se trompent gravement », estime-t-il ainsi. Au contraire, à ses yeux, il faut désormais réfléchir à la façon dont, selon le souhait formulé en son temps par Benoît XVI, l’ancienne et la nouvelle forme pourraient s’enrichir « mutuellement ».

    Vers un « rite commun réformé » ?

    Le cardinal Sarah va même plus loin. « Il est prioritaire que nous examinions comment retourner à un rite commun réformé, toujours avec cette finalité d’une réconciliation à l’intérieur de l’Église parce que, pour le moment, il y a encore des violences, du mépris et des oppositions douloureuses ».

    Il adresse pour cela certaines recommandations. À ceux qui « pratiquent la forme extraordinaire du rite romain », il conseille de ne pas adopter de « posture esthétique, bourgeoise, une forme d’archéologisme culturel ». « L’usage de la forme extraordinaire fait partie intégrante du patrimoine vivant de l’Église catholique, elle n’est pas un objet de musée », rappelle le cardinal, invitant à intégrer dans la forme extraordinaire une « juste conception » de la participation des fidèles à la liturgie.

    Mais il demande également que la possibilité de célébrer selon l’ancien missel soit facilitée.

    À ses yeux, la forme ordinaire doit réapprendre du rite antérieur à Vatican II « la primauté de Dieu », en évitant l’écueil d’une présence « massive et centrale du prêtre », qui risque de devenir un « écran opaque ».

    Plusieurs pistes

    Il énumère en ce sens plusieurs suggestions. « Quand nous célébrons la messe, propose le cardinal, mettons toujours sur l’autel une grande croix, une croix bien en vue, comme point de référence pour tous, pour le prêtre et pour les fidèles ».

    Autres recommandations : « garder les doigts joints après la consécration, faire la génuflexion avant l’élévation, communier à genoux, recevoir la communion sur les lèvres ». « L’usage du latin dans certaines parties de la messe, peut aussi aider à retrouver l’essence profonde de la liturgie », ajoute-t-il.

    > À LIRE : Le cardinal Sarah suggère aux prêtres de célébrer « vers l’Orient » à partir de l’Avent 2016

    « J’exhorte les jeunes prêtres à abandonner avec hardiesse les idéologies des fabricants de liturgies horizontales et à revenir aux directives de Sacrosanctum Concilium », souligne encore le cardinal, qui propose aussi la célébration « vers l’Orient » et l’ouverture « d’espaces de silence » dans la liturgie.

    Le cardinal Sarah affirme enfin qu’il souhaiterait, « dans une prochaine édition du missel romain réformé, insérer en annexe les prières au bas de l’autel de la forme extraordinaire, peut-être dans une version simplifiée et adaptée, et les prières de l’offertoire » pour compléter le canon romain.

    > À LIRE : Le cardinal Sarah encourage la messe « tournés vers Dieu »

  • Benoît, fondateur du monachisme occidental (11 juillet)

    IMPRIMER

    Benoît XVI, catéchèse, 9 avril 2008 (via Introibo.fr)

    Chers frères et sœurs, Je voudrais parler aujourd’hui de saint Benoît, fondateur du monachisme occidental, et aussi Patron de mon pontificat. Je commence par une parole de saint Grégoire le Grand, qui écrit à propos de saint Benoît : "L’homme de Dieu qui brilla sur cette terre par de si nombreux miracles, ne brilla pas moins par l’éloquence avec laquelle il sut exposer sa doctrine" [3]. Telles sont les paroles que ce grand Pape écrivit en l’an 592 ; le saint moine était mort à peine 50 ans auparavant et il était encore vivant dans la mémoire des personnes et en particulier dans le florissant Ordre religieux qu’il avait fondé. Saint Benoît de Nursie, par sa vie et par son œuvre, a exercé une influence fondamentale sur le développement de la civilisation et de la culture européenne. La source la plus importante à propos de la vie de ce saint est le deuxième livre des Dialogues de saint Grégoire le Grand. Il ne s’agit pas d’une biographie au sens classique. Selon les idées de son temps, il voulut illustrer à travers l’exemple d’un homme concret - précisément saint Benoît - l’ascension au sommet de la contemplation, qui peut être réalisée par celui qui s’abandonne à Dieu. Il nous donne donc un modèle de la vie humaine comme ascension vers le sommet de la perfection. Saint Grégoire le Grand raconte également dans ce livre des Dialogues de nombreux miracles accomplis par le saint, et ici aussi il ne veut pas raconter simplement quelque chose d’étrange, mais démontrer comment Dieu, en admonestant, en aidant et aussi en punissant, intervient dans les situations concrètes de la vie de l’homme. Il veut démontrer que Dieu n’est pas une hypothèse lointaine placée à l’origine du monde, mais qu’il est présent dans la vie de l’homme, de tout homme.

    Lire la suite

  • Le pape François se dit favorable à la béatification de Blaise Pascal

    IMPRIMER

    Du site d'Ouest France :

    Blaise Pascal béatifié ? Le pape François y est favorable

    Le pape François s'est déclaré samedi favorable à une béatification de Blaise Pascal, philosophe, mathématicien, polémiste et théologien français du XVIIe siècle qui s'était vivement opposé aux jésuites à son époque.

    Blaise Pascal sera-t-ilm béatifié ? « Je pense moi aussi qu'il mérite la béatification. J'envisage de demander la procédure nécessaire et l'avis des organes du Vatican chargés de ces questions, en faisant part de ma conviction personnelle positive », a déclaré le pape François, répondant à une question en forme de plaidoyer d'Eugenio Scalfari, le fondateur de La Repubblica, dans un entretien publié samedi par le quotidien italien.

    Pascal, catholique tourmenté

    Autodidacte surdoué né en Auvergne en 1623, rivalisant dès l'adolescence avec les plus grands mathématiciens, polémiste efficace, Blaise Pascal est devenu un catholique tourmenté après une expérience mystique à l'âge de 31 ans.

    Malade et sujet à de violentes migraines, il est mort en 1662, à 39 ans, sans avoir eu le temps de finir son apologie de la pensée chrétienne, dont l'ébauche a été publiée après sa mort sous le titre Pensées. Dans cet ouvrage, il a exposé son « pari », expliquant qu'il n'y avait rien à perdre et tout à gagner à croire en Dieu. De manière moins connue, ce raisonnement s'accompagnait aussi d'un appel à une conversion du coeur et un choix de la pauvreté susceptible d'avoir touché le pape argentin.

    Un obstacle ? 

    Outre une jeunesse plutôt prétentieuse et mondaine, les féroces « Provinciales » de Pascal en faveur des jansénistes dans leur lutte théologique et politique contre les jésuites pourraient cependant faire obstacle à une éventuelle béatification.

    Mais l'élection en mars 2013 de François, le premier pape jésuite, pourrait avoir modifié la donne. « Trop de contentieux traînaient entre l'auteur des Provinciales (et les jésuites) pour qu'un pape tiers à l'affaire puisse se sentir légitime à mettre sur les autels (...) le vibrionnant adepte de l'apostrophe ironique », écrivait Xavier Patier, auteur d'un livre sur l'expérience mystique de Pascal, dans le magazine Famille Chrétienne en mai 2013. « Nous avons ce pape, et de surcroît un pape ami de la pauvreté, cette pauvreté que Blaise disait avoir décidé d'aimer », ajoutait-il.

  • Le cardinal Gerhard Müller a fortement critiqué le pape François pour la façon "inacceptable" dont le souverain pontife l'a récemment congédié en tant que chef de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi

    IMPRIMER

    De Christa Pongratz-Lippitt sur le site de "La Croix International" :

    Müller tacle François, affirme que la manière dont le pape l'a renvoyé est inacceptable

    Le pape François n'a donné aucune raison au renvoi de l'ancien Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a déclaré le card. Gerhard Müller. 

    Le cardinal Gerhard Müller a fortement critiqué le pape François pour la façon "inacceptable" dont le souverain pontife l'a récemment congédié en tant que chef de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF). "Le dernier jour de mon mandat en tant que préfet de la CDF, le pape m'a informé en une minute de sa décision de ne pas prolonger mon mandat. Il n'a pas donné de raisons - tout comme il n'a donné aucune raison au rejet de trois membres hautement compétents de la CDF quelques mois plus tôt », a déclaré le cardinal âgé de 69 ans au quotidien bavarois Passauer Neue Presse.

    « Je ne peux pas accepter cette façon de faire les choses. En tant qu'évêque, on ne peut pas traiter les gens de cette façon ", a-t-il déclaré lors de l'interview, qui a été publiée le 6 juillet." Je l'ai déjà dit: l'enseignement social de l'Église doit être également appliqué à la façon dont les employés sont traités ici au Vatican", a-t-il ajouté. La dépêche de François faisait savoir au cardinal Müller, lors d'une réunion privée au Vatican le 30 juin, que son mandat de responsable de la doctrine ne serait pas renouvelé. Le terme de cinq ans a officiellement pris fin le 2 juillet.

    M. Müller a déclaré au Passauer Neue Presse que le Cardinal Joachim Meisner, l'un des quatre cardinaux qui se sont récemment manifestés pour contester publiquement le pape sur les questions concernant le mariage et le divorce, était "particulièrement bouleversé" en apprenant la décision de François. L'ancien préfet de la CDF a déclaré qu'il avait parlé à Meisner, âgé de 83 ans, de son licenciement dans une longue conversation téléphonique le 4 juillet. "Cela l'a perturbé et blessé personnellement. Il a pensé que cela nuirait à l'Église ", a déclaré Müller." Cela parle naturellement pour moi - mais c'est un fait - c'est la façon dont il l'a exprimé ", a-t-il ajouté. Les deux cardinaux se sont entretenus à 20h30 et Meisner est mort de façon inattendue pendant son sommeil un peu plus tard dans nuit. Müller a appris sa mort, le lendemain matin, informé par le curé de la ville de Bad Füssing, la station balnéaire bavaroise où Meisner était en vacances. Le cardinal Müller a déclaré que, lors de son appel téléphonique, Meisner avait exprimé sa profonde préoccupation par rapport à la situation actuelle de l'Église, en particulier "au sujet des querelles, des disputes et des discussions qui s'opposaient à l'unité de l'église et à la vérité" .

    Le cardinal Meisner fut archevêque de Cologne de 1983 à 2014 et, comme conservateur sur le plan de  la doctrine, il était la voix la plus influente de l'Église allemande au Vatican au cours des pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI. L'interviewer a demandé à Müller si Meisner était contrarié que le Pape Francis n'aie pas encore répondu au plaidoyer des quatre cardinaux pour des éclaircissements sur l'interprétation d'Amoris Laetitia, notamment si les divorcés remariés pouvaient recevoir l'Eucharistie dans des cas individuels .

    Le cardinal Müller a déclaré que, plutôt que de publier les "dubia" (les doutes des cardinaux) dans une lettre et d'en faire la publicité, il aurait mieux valu traiter le problème dans une réunion confidentielle. Il a tenu à souligner qu'il n'avait jamais pris parti dans le débat de la dubia. "J'ai toujours été fidèle au pape et je serai toujours catholique, un évêque et un cardinal ", a-t-il insisté.

    Mais il a également souligné qu'il appartenait au pape et aux évêques d'adhérer à la vérité des Evangiles et de préserver l'unité de l'Église." C'est ainsi qu'en toute clarté je dois m'inquiéter face aux tentatives des cardinaux Schönborn, Kasper et d'autres pour expliquer comment on peut parvenir à un équilibre entre le dogme, c'est-à-dire l'enseignement de l'Eglise, et la pratique pastorale (concernant la communion pour les divorciés remariés), qui ne me paraissent tout simplement pas convaincantes ", a déclaré Müller.

    Lorsqu'on lui a demandé s'il pensait que le Pape François devait discuter des dubia avec les trois cardinaux restants qui ont signé la lettre, il a déclaré: «Je suggère que le pape me confie le dialogue puisque j'en ai la compétence et le sens de responsabilité requis. Je pourrais modérer la discussion entre le pape et les cardinaux. "Il a dit qu'il ne se laisserait pas annexer à un mouvement qui critique le pape ". Au lieu de cela, il a déclaré que le dialogue et la coopération étaient nécessaires. "Des ponts sont nécessaires pour empêcher un schisme", at-il averti. Et il a ajouté que, en tant que cardinal, il continuerait à être responsable de la préservation de l'unité de l'Église et d'éviter les polarisations dans la mesure du possible. "En tant que préfet-émérite du CDF, je me consacrerai à la promotion et à la défense de la foi", a-t-il déclaré.

    Les médias ont largement couvert le licenciement de Müller en tant que chef de la congrégation doctrinale. Die Zeit, l'hebdomadaire de 60 pages de haute qualité, lui a consacré une page entière (56x40cm) intitulée «tombé de haut». Une des lignes les plus retentissantes de l'article était un commentaire attribué à un diplomate du Vatican dont le nom n'est pas cité : "Sa tâche aurait dû être d'expliquer les réformes et de les traduire pour le monde entier; de ne pas rompre avec la tradition, mais d'écrire un nouveau chapitre de la tradition." "Au lieu de cela, il a agi comme l'inquisiteur du pape."

  • Lagrasse : ces Chanoines de la Mère de Dieu qui auraient pu revivifier l’esprit monastique à l’abbaye de Val-Dieu au Pays de Herve…

    IMPRIMER

    JPSC

  • Retrouver l'émerveillement de l'enfant; prédication du Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine pour le 14e dimanche du temps ordinaire

    IMPRIMER

    Prédication (archive du 3 juillet 2011) par le père Michel-Marie Zanotti-Sorkine (Mt 11, 25-30) pour le 14e dimanche du temps ordinaire.

    http://www.delamoureneclats.fr / http://www.unfeusurlaterre.org

    Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 11,25-30.

    En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. 
    Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. 
    Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. » 
    « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. 
    Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. 
    Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. » 

    Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

  • Pour que la liturgie devienne toujours plus le cœur de la vie de foi et de charité de la communauté chrétienne

    IMPRIMER

    De Guillaume Luyt sur le site de l'Homme Nouveau :

    Dix ans de Summorum Pontificum: un entretien exclusif avec Mgr Guido Pozzo

    À l'occasion du 10ème anniversaire du motu proprio Summorum Pontificum de Sa Sainteté le pape Benoît XVI, Mgr Guido Pozzo, Secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei, a bien voulu nous accorder un entretien exclusif.

    Excellence, vous êtes entré à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi il y a 30 ans, en 1987 : quel souvenir gardez-vous du cardinal Ratzinger ?

    Mgr Guido Pozzo : Dès ma première rencontre avec celui qui était alors Préfet de la Congrégation, la figure du cardinal Ratzinger m'est apparue riche de compétence théologique éminente et de profonde spiritualité sacerdotale. Les années durant lesquelles j'ai eu le privilège de collaborer avec lui à la Doctrine de la Foi continuent de représenter pour moi une école d'authentique discipline intellectuelle et de grande maturation dans la foi et le ministère sacerdotal.

    Il y a 10 ans, le cardinal Ratzinger, devenu le pape Benoît XVI, signait le motu proprio Summorum Pontificum libéralisant l'usage du missel de saint Jean XXIII : comment avez-vous accueilli ce document ?

    Comme un acte de justice qui a pleinement réhabilité l'usus antiquior du rite romain, que personne ne pouvait évidemment abroger mais dont seulement l'exercice pratique pouvait éventuellement être régulé. Cela a en outre été l'occasion de valoriser, au profit de toute l'Église, un trésor plein de richesses spirituelles.

    En 2009, lorsque le pape Benoît XVI, en accord avec le cardinal Levada, alors Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, décide de placer la Commission Ecclesia Dei sous l'autorité de ce dicastère, vous y êtes nommé comme Secrétaire : quelle image aviez-vous alors du monde traditionnel ?

    J'ai toujours pensé, et je le pense encore, que le monde dit “traditionaliste” est un archipel non homogène. Il serait tout à fait inopportun de prétendre en donner une définition précise. Ce qui, en revanche, me semble opportun est de distinguer les fidèles, laïcs et prêtres, légitimement attachés aux traditions liturgiques, disciplinaires et spirituelles antérieures à la réforme conciliaire – et qui ont le droit de pouvoir les suivre – des initiatives et groupes idéologiquement marqués qui se réfèrent et promeuvent des modèles historiques, culturels et politiques d'époques et sociétés désormais révolues. Cette distinction n'est pas toujours facile mais elle est nécessaire pour éviter, justement, l'idéologisation de la notion de Tradition catholique. De la même façon que certains groupes ou certaines orientations théologiques et pastorales tendent à idéologiser le concile Vatican II, le concept et la défense de la Tradition catholique peuvent eux aussi risquer d'être idéologisés.

    Lire la suite