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Foi - Page 4

  • Dimanche de la solennité du Saint-Sacrement (Fête-Dieu)

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  • Fête-Dieu : le Lauda Sion

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    1. Lauda, Sion, Salvatorem * lauda ducem et pastorem, * in hymnis et canticis,

    Loue, Sion, ton Sauveur, loue ton chef et ton pasteur par des hymnes et des chants.

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  • L'heure est venue

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    (source)

    L’heure est venue

    14,00

    Dans cet ouvrage, le père Guibert appelle les chrétiens à un sursaut de lucidité, à un embrasement spirituel. Ils ne peuvent continuer sur la voie du compromis ou de l’esprit mondain, souvent par souci du vivre ensemble ou d’avoir la paix, dans une société de plus en plus déchristianisée, car cela ne sera pas tenable pour eux longtemps. En effet, comme avertissait le cardinal Sarah en octobre 2015, ils seront bientôt pris en étau entre deux idéologies : « les deux grandes idéologies totalitaires qui menacent actuellement la société, la famille et l’Église : la mentalité libertaire des démocraties occidentales ainsi que l’islamisme radical, l’un et l’autre ouvertement christianophobes. »

    « Pas d’amalgame », « nouvelles discriminations », « victimes des oppresseurs », etc., dans un contexte où la pensée peine à se déployer face à un champ lexical de plus en plus réduit et tabou, l’urgence est déjà de voir clair et ne pas se leurrer face à l’immigration de masse ou le choc des civilisations : « En ces temps d’imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire », écrivait George Orwell.

    L’auteur analyse donc cet air du temps, ses racines idéologiques, l’oppression qu’elle déploie avant de proposer quelques boussoles pour les chrétiens désireux de traverser la tempête dans la fidélité à leur Maître et dans l’amour de l’Église.

    L’heure est venue de poser les bons diagnostics et de ne plus avoir peur de nommer les choses ; et en fonction de cela, adopter une attitude résolument prophétique. L’Église comme son Maître ne pourra faire l’économie de la Passion mais cela conduira à la résurrection.

  • Pothin, Blandine et leurs compagnons, martyrs (2 juin)

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    Du site "chrétiens aujourd'hui . com" :

    Sainte Blandine

    Sainte Blandine, dite de Lyon, est une chrétienne d’origine du Proche Orient. Elle vécut de la première communauté chrétienne de Lugdunum (Lyon). Elle fut martyrisée durant le mois de juillet 177 sous Marc Aurèle.

    Qui était Sainte Blandine ?

    À l’origine esclave romaineBlandine se joint à la communauté chrétienne. Blandine et ses 47 compagnons (dont l’évêque de Lyon, Saint Pothin) sont morts soit en prison, soit livrés aux bêtes dans l’amphithéâtre des Trois Gaules, retrouvé sous le jardin des plantes de la Croix-Rousse.

    Ayant survécu à l’incarcération, Blandine fut livrée aux bêtes qui refusèrent de lui faire le moindre mal. Elle fut torturée et dut assister à la mort de ses compagnons. Elle fut ensuite flagellée, placée sur un grill brûlant, puis livrée dans un filet à un taureau qui la lança en l’air avec ses cornes.

    Ayant survécu à toutes ces horreurs, Blandine fut finalement égorgée par le bourreau à la fin des jeux où elle parut : elle fut la dernière des 47 martyrs de Lyon à accomplir son martyre durant l’été 177.

    Une légende tardive en a fait une toute jeune fille émouvante par sa fragilité, thème souvent représenté par les peintres lyonnais du XIXe siècle. En réalité il s’agissait d’une femme d’âge mur comme le montrent les termes employés par la Lettre des martyrs pour la désigner, et par le fait qu’elle est comparée, pour son attitude à l’égard de ses compagnons, à la mère des sept frères martyrs du 2e Livre des Macchabées.

    Sainte Blandine est la patronne de la ville de Lyon. Elle est aussi, avec sainte Marthe, patronne des servantes.

    Le martyre de Saint Pothin et de ses compagnons

    Saint Pothin fut le premier évêque de Lyon. Il venait de l’Asie, avait été formé à l’école de saint Polycarpe, évêque de Smyrne, et envoyé par lui dans les Gaules.

    Pothin, après avoir gagné un grand nombre d’âmes à Jésus-Christ, fut arrêté sous le règne de Marc-Aurèle. Il était âgé de quatre-vingt-dix ans, faible et tout infirme. Son zèle et le désir du martyre soutenaient ses forces et son courage.

    Conduit au tribunal au milieu des injures du peuple païen, il fut interrogé par le gouverneur, qui lui demanda quel était le Dieu des chrétiens : « Vous le connaîtrez si vous en êtes digne« , répondit l’évêque. A ces mots, la multitude furieuse se précipite contre lui. Ceux qui étaient plus près le frappèrent à coups de pieds et à coups de poings, sans aucun respect pour son âge. Le vieillard conservait à peine un souffle de vie quand il fut jeté en prison, où il expira peu après.

    Le récit du martyre des compagnons de Saint Pothin est une des pages les plus marquantes de l’histoire de l’Église des premiers siècles.

    Le diacre Sanctus supporta sans faiblir toutes les tortures, au point que son corps était devenu un amas informe d’os et de membres broyés et de chairs calcinées. Au bout de quelques jours, miraculeusement guéri, il se trouva fort pour de nouveaux supplices. Il ne voulait dire à ses bourreaux ni son nom, ni sa patrie, ni sa condition; à toutes les interrogations il répondait: « Je suis chrétien ! » Ce titre était tout pour lui. Livré enfin aux bêtes, il fut égorgé dans l’amphithéâtre.

    Maturus eut à endurer les mêmes supplices que le saint diacre. Il subit les verges, la chaise de fer rougie au feu, et fut enfin dévoré par les bêtes féroces.

    Le médecin Alexandre, qui dans la foule des spectateurs, soutenait du geste le courage des martyrs, fut saisi et livré aux supplices.

    Attale, pendant qu’on le grillait sur une chaise de fer, vengeait les chrétiens des odieuses imputations dont on les chargeait indignement : « Ce ne sont pas, disait-il, les chrétiens qui mangent les hommes, c’est vous, quand à nous, nous évitons tout ce qui est mal. » On lui demanda comment s’appelait Dieu: « Dieu, dit-il, n’a pas de nom comme nous autres mortels. »

    Il restait encore le jeune Ponticus, âgé de quinze ans, qui avait été témoin de la mort cruelle de ses frères.

     
  • La cause de béatification de Madame Elisabeth, soeur de Louis XVI

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    D'Anita Bourdin sur zenit.org :

    Elisabeth de France par Élisabeth Vigée Le Brun @ wikimedia

    La cause de béatification de « Madame Elisabeth », par l’abbé Xavier Snoëk

    Ou l’offrande d’une vie

    L’abbé Xavier Snoëk, est prêtre du diocèse de Paris, chapelain de l’ordre de Malte, curé de l’église sainte Élisabeth du Temple à Paris depuis 2006. En 2017, il a été nommé postulateur de la cause d’Elisabeth de France, après s’être intéressé aux Bienheureuses carmélites de Compiègne et à la cause de l’Impératrice Zita dont il accueille les manifestations dans son église.

    ZENIT – Madame Elisabeth sœur de Louis XVI est morte sur l’échafaud en « odeur de sainteté » le 10 mai 1794. Dans quelles circonstances?

    L’abbé Xavier Snoëk – D’après les mémoires de Madame de Genlis, une odeur de rose s’est répandue sur la place de la Révolution, au moment de l’exécution d’Elisabeth de France, qui a eu lieu après un procès expéditif d’une demi-journée.  En effet, elle a été sortie de la Tour du Temple, le  soir du 9 mai 1794, y laissant seule, sa nièce, Madame Royale, qu’elle avait eu le temps de former.  Sa bonté est connue depuis 1781 date à laquelle la gazette royale l’évoque, puis sa tante, la reine de Naples, en parle dans une de ses lettres. Dès qu’elle occupe le domaine de Montreuil que le roi lui a offert, elle est appelée« la bonne dame de Montreuil ». Pendant sa résidence forcée aux Tuileries, elle est surnommée « la sainte Geneviève des Tuileries ».

    Comment cette mort évangélique a-t-elle été préparée par sa vie de « laïque » au cœur du monde?

    Très tôt, elle a su qu’elle n’était appelée  ni à la vie religieuse ni au mariage. Aussi soulage-t-elle les misères cachées des courtisans, avant de secourir les pauvres du quartier de Montreuil, soignant les malades et distribuant œufs, lait et légumes de son domaine. Cette vie de charité est soutenue par une vie de prière très fervente et une foi inébranlable en la vie éternelle et en la miséricorde divine. Délibérément, en connaissance de cause, elle décide de rester auprès du roi et de sa famille, dans la tourmente, afin de les soutenir.

    En quoi est-elle imitable, aujourd’hui?

    Nos paroisses sont remplies de célibataires qui cherchent à donner un sens à leur vie. Intellectuelle, sportive, Madame Elisabeth présente un modèle très actuel de laïque engagée dans la prière et le service des pauvres.

    Face à l’éclatement des familles, aujourd’hui, elle présente un beau dévouement pour ses proches, qui se révèle héroïque en raison des circonstances exceptionnelles de la Révolution.

    A l’heure où on vit à la recherche d’un bonheur terrestre, par sa foi en la vie éternelle et sa confiance en Dieu, Elisabeth de France nous entraine à regarder vers le Ciel.

    Où en est sa cause de béatification? Et quelles sont les étapes à venir?

    La Conférence épiscopale de France a donné en 2017, un avis favorable à la réouverture de sa cause, et la congrégation pour la cause des saints, son Nihil obstat. L’archevêque de Paris (celui du lieu de sa mort)  a donc pu rouvrir fin 2017, officiellement, la cause et nommer les différentes commissions du « tribunal » début 2018. Maintenant, la phase diocésaine du procès est en cours. Parallèlement, si un miracle lui est attribué, il sera étudié par l’évêque du lieu où il s’est produit. Si les conclusions des commissions sont positives, la positio (synthèse de leurs travaux) sera rédigée et transmise à Rome. La congrégation pour la cause des saints statuera et si un miracle est reconnu, le pape pourra alors la proclamer bienheureuse.

    Le motu proprio “Maiorem hac dilectionem” promulgué par le pape François en Juillet 2017 sur la troisième voie de béatification, celle de l’Offrande de la vie, peut-il influer sur cette cause ?

    Tout à fait ! Elisabeth de France semble bien faire partie de cette catégorie, qui concerne les personnes mortes de mort violente suite à leur engagement pour les autres, et qui ne sont pas mortes en haine de la Foi, ce qui est le cas des martyrs. Elisabeth n’a pas été exécutée par haine de la Foi mais elle est restée auprès de sa famille, alors qu’elle savait qu’elle risquait sa vie et qu’à plusieurs reprises, son frère lui avait demandé de partir. Elle a refusé de s’en aller avec son frère Charles d’Artois dès 1789, puis successivement, avec ses tantes, son directeur spirituel, et son autre frère le comte de Provence, alors qu’elle était encore à Versailles aux Tuileries. Elle n’a quitté la famille royale ni lors du voyage à Varennes, ni lors du retour aux Tuileries après l’arrestation, ni le 10 août 1792, alors qu’à tout moment elle pouvait prendre un autre chemin.  Au Temple même, où le chevalier de Jarjayes avait organisé son évasion ainsi que celle de la reine et des enfants, elle ne quitte pas Marie-Antoinette qui refuse de partir et reste avec elle dans la prison.

  • La Fête-Dieu 2018 à Liège

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    sommet fête-Dieu.jpgPlusieurs centaines de personnes se sont réunies à la basilique Saint-Martin ce jeudi 31 mai pour la Fête-Dieu, en cette ville de Liège où le vœu de sainte Julienne a été exaucé pour la première fois : célébrer le don de l’eucharistie, sacrement qui nous rappelle les événements fondamentaux de la foi chrétienne, la mort et la résurrection du Christ. Mais cette année, l’ambiance était particulière à cause des événements survenus il y a quelques jours.

    Après la messe, la procession vers le centre-ville est partie avec quelque retard en raison d’un violent orage qui s’est abattu sur la Cité Ardente, symbole de cet orage de violence qui a secoué les habitants. La marche s’est terminée devant l’entrée de la cathédrale où la « Night Fever », le rendez-vous de prière régulier des jeunes, invitait à l’adoration, à la confession, au recueillement, à la solidarité avec les victimes de l’attentat.

    Dans un communiqué qui fait suite à cette célébration le service de presse de l’évêché écrit :

    « Quel contraste entre la joie de cette Fête du Corps et du Sang du Christ initiée à Liège, et cette chape de plomb qui s’est posée sur la ville le jour même des tueries. Et pourtant, les organisateurs de la fête « made in Liège » n’ont pas renoncé à maintenir les différentes manifestations. Au contraire, cette « actualité » a permis à Mgr Jean-Pierre Delville, évêque de Liège, de faire le lien, lors de la messe à Saint-Martin, ce jeudi soir, entre le sang qui a coulé dans les rues de Liège et celui du Christ, versé sur la croix et symbolisé par le vin de l’eucharistie.

    Le jeudi saint, à la Dernière Cène, Jésus annonce à ses disciples, en présentant du pain et du vin, que son corps sera « livré », que son sang sera « versé pour la multitude », en signe de la « nouvelle Alliance ». Sa mort violente a été le plus grand don qu’on puisse imaginer : celui de Dieu qui donne sa vie par amour pour les hommes. Si la Croix avait été le dernier mot de cette histoire incroyable, le fait de se réunir chaque dimanche pour célébrer la messe n’aurait aucun sens, si ce n’est comme repas de commémoration d’un sacrifice inhumain.

    Ce n’est qu’à partir de la perspective de la Résurrection que les choses prennent leur vrai sens. Ce don ultime du Christ a trouvé une réponse auprès de Dieu. Il montre qu’on ne peut pas tuer l’amour, que la mort n’aura jamais le dernier mot pour celui qui croit en la Vie.

    C’était donc cela la grande intuition de sainte Julienne lorsque, au milieu du 13e siècle, elle a demandé l’instauration d’une fête d’action de grâce pour le don de l’eucharistie et de vraie « communion » avec Celui qui nous a montré le chemin de la Vie. Dans ce sens, les festivités de la Fête-Dieu représentent la réponse chrétienne au non-sens du terrorisme aveugle et sans merci, et cette réponse a déjà été souligné ce jeudi soir à Saint-Martin. »

    On ne peut mieux dire.

    Ce dimanche 3 juin à 10h00 c’est à l’église du Saint-Sacrement, au Boulevard d'Avroy,  que la Solennité du cette même fête du « Corpus Christi » sera célébrée par l’évêque de Liège dans le même esprit auquel chacun est invité à s’unir :

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    JPSC

  • La Fête-Dieu 2018 à Liège : dimanche 3 juin une journée exceptionnelle à l’église du Saint-Sacrement, de 10h00 à 18h00

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    Du 29 mai au 10  juin prochains, Liège célébrera la « Fête-Dieu » instituée au XIIIe siècle à l’initiative d’une sainte liégeoise : Julienne de Cornillon. Appelée aussi « Corpus Christi » ou « Saint-Sacrement », cette fête aujourd’hui universelle honore la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie.

    Une série de manifestations religieuses mais aussi culturelles et touristiques sont inscrites au programme à Liège et ailleurs dans le diocèse.

    P6254068 (800x600).jpgA ce titre, l’évêque de Liège, Mgr Jean-Pierre Delville célébrera la Solennité de la Fête le dimanche 3 juin à 10 heures en l’église du Saint-Sacrement située au cœur de la Cité ardente (Bd d’Avroy, 132, face à la statue équestre de Charlemagne).

    L’office sera animé par un chœur grégorien slovaque, la « Schola minor de Bratislava » (dir. Sylvia Urdová) et l’Ensemble polyphonique « Praeludium » (dir. Patrick Wilwerth) accompagné par les cordes de l’orchestre de chambre « Darius ». A l’orgue : Patrick Wilwerth, professeur au conservatoire de Verviers. La cérémonie se terminera par la bénédiction du Saint-Sacrement et la vénération des reliques de sainte Julienne (Retinne, 1192-Fosses-la-Ville 1258).

    Le public pourra ensuite se partager entre une réception (accès gratuit) offerte en présence de l’évêque de Liège et une exposition de pièces du patrimoine muséal liégeois illustrant le thème de la Fête-Dieu. Cette exposition sera aussi animée par un diaporama projeté sur grand écran (De 12h00 à 18h00 – entrée libre).

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    Tous renseignements : 04.344.10.89  ou e-mail  sursumcorda@skynet.be

    Voir également ici:

    la Fête-Dieu à Liège, du 29 mai au 10 juin pour tous les goûts…

    et là :

    L’Office liégeois de la Fête-Dieu / Sainte Julienne de Cornillon présentée par Benoît XVI

  • Après le référendum irlandais, inventer une nouvelle culture de la vie

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    De Gérard Leclerc sur le site « France catholique » :

    « Est-il possible de tirer des leçons raisonnables à la suite du référendum qui vient d’approuver en Irlande, à une majorité des deux tiers, la fin de l’interdiction de l’avortement ? Face à un tel raz-de-marée, les défenseurs de la vie risquent de sombrer dans le découragement. Et cela d’autant plus que les mécanismes qui ont entraîné un vote aussi massif semblent, à vue humaine, irrépressibles. Comment résister à une tendance qui a déjà emporté toute l’Europe, conquis la plupart des moyens d’information avec des arguments qui portent, eu égard à leur charge affective très forte ? Toute la presse a également mentionné la baisse d’influence de l’Église dans ce pays de longue tradition catholique, à la suite d’une série de scandales, notamment en matière de pédophilie. On se souvient encore de la lettre adressée par Benoît XVI aux fidèles irlandais plongés, disait-il, dans la plus sombre des situations.

    Il est incontestable aussi que, depuis les années soixante, une révolution s’est produite dans les mentalités, qui ne s’explique pas seulement par l’effondrement de la pratique religieuse. C’est la morale commune qui s’est trouvée dévalorisée, jusqu’à la déconstruction de la conscience éthique de la personne. Ce qui était, autrefois, objet d’interdit a été décrété archaïque, non seulement par les courants les plus extrêmes du gauchisme culturel mais aussi par des courants libéraux libertaires qui ont autorisé toutes les transgressions. Et nous savons que cela continue aujourd’hui, avec l’instrumentalisation technique de la reproduction et la justification du suicide assisté, avec des provocations qui vont jusqu’à l’obscénité. On l’a vu récemment en Suisse.

    Les défenseurs de la vie sont donc face à un formidable défi. Ils n’ont aucune chance de gagner sur le terrain législatif, dès lors qu’ils ont perdu l’opinion. Or, toute évolution ne peut s’opérer que par la sensibilisation de l’opinion, qui, aujourd’hui, ne ressent que certains dommages, d’ailleurs non contestables, de l’interdiction de l’avortement. En France, au moment de l’élaboration de la loi Veil et de la bataille d’opinion qui l’avait précédée et accompagnée, nous avions déjà connu cette objection massive de la souffrance des femmes, des drames causés par la clandestinité des pratiques abortives. À l’époque, ces arguments avaient tout emporté, les défenseurs de la vie apparaissant comme des esprits rigides, bardés de principes cruels. Par la suite, les choses se sont aggravées, puisqu’on est passé d’une loi de tolérance et de compassion à un impératif rigoureux. L’exception est devenue la règle et l’opposition dénoncée comme attentatoire aux droits des femmes. C’est au point où même l’objection de conscience se trouve délégitimée, ce qui est gravissime dans un État de droit. Inventer une nouvelle culture de la vie, tel est le seul objectif raisonnable. Mais il faudra du temps pour rendre évidente à la conscience la réalité de la vie naissante. Une vie naissante qui, quoi qu’on en dise, se trouve cruellement interrompue par l’acte abortif. »

    Ref. Après le référendum irlandais, inventer une nouvelle culture de la vie

    « Oui, non, je ne sais pas » : l’anthropologie  chrétienne présente trop souvent de nos jours une image brouillée entre les excès idéologiques rigides ou incantatoires et un libéralisme libertaire abdiquant toute conviction sérieuse. Plus que de l’avenir de Dieu, qui est éternel, c’est du fondement même de la nature de l’homme et de son existence comme tel qu’il est question. Si un prochain concile devait voir le jour, après l’aggiornamento  raté de Vatican II, la réponse à ce défi gigantesque suffirait à sa raison d’être: guérir l’âme du monde, rien de moins. Car la question reste posée : si la société, l’économie, la culture, la politique, toutes ces dimensions humaines fondamentales et toutes en crise manifeste, se tournaient vers la figure de l’homme qu’offre le christianisme pour s’y ressourcer trouveraient-elles aujourd’hui dans l’Eglise un discours vraiment crédible à la fois pour le coeur et l'esprit ? La réponse ne s’improvise pas.

    JPSC

    Voir aussi :

    Caroline Roux, déléguée générale adjointe d’Alliance VITA et directrice de VITA International, était l’invitée de l’émission À la Source, le 29 mai 2018 pour décrypter les résultats du référendum irlandais sur l’avortement.

  • Pèlerinage de Chartres : le reportage de Boulevard Voltaire

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    Sur le « salon beige », encore un écho de ce pèlerinage de Pentecôte dont le succès étonnant a galvanisé près de 15.000 jeunes de Paris à Chartres :

    JPSC

  • Irlande : la hiérarchie catholique ne s’est pas impliquée ouvertement dans la campagne du referendum sur la libéralisation de l’avortement. Le résultat sera connu lundi.

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    irlande_avortement_vote_sipa.jpgEn Irlande le 8e amendement de la Constitution, qui reconnaît un droit égal à la vie entre la mère et l’enfant à naître, est remis en question et fait l’objet d’un référendum ce vendredi 25 mai. Alors que les mobilisations du projet « Love both, vote no » s’intensifient dans un pays où près de 80% des habitants se déclarent catholiques, 53% de la population se dit favorable à une réforme . De l’avocate Gabrielle de Loynes sur le site « aleteia » :

    « La reconnaissance constitutionnelle du droit à la vie d’un enfant à naître en Irlande empêche toute législation élargissant le droit à l’avortement. L’objet du référendum du 25 mai est précisément d’abroger le 8e amendement de la Constitution et, par conséquent, de légaliser l’avortement, sans condition, dans les douze premières semaines de grossesse, comme c’est le cas en France. Ce référendum était une promesse de campagne du Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, arrivé au pouvoir en juin 2017, selon lequel la Constitution n’a pas vocation à « établir des affirmations définitives sur des sujets médicaux, moraux et légaux ».

    La possibilité d’avorter n’est jamais acquise

    La législation sur l’avortement en Irlande est l’une des plus restrictives en Europe et dans le monde puisqu’elle ne l’autorise que si la grossesse fait courir à la mère un « risque réel et substantiel », qui doit être justifié par deux médecins. En Europe, seul Malte, où le catholicisme est religion d’État, interdit totalement l’interruption volontaire de grossesse, tandis que dans le monde, c’est encore le cas de nombreux pays dont la Corée du Sud, les Philippines, le Sénégal ou encore Madagascar. 

    De nombreux pays d’Afrique ont fait le choix de restreindre l’accès à l’avortement à condition de mettre en danger la vie de la mère, parmi lesquels la Côte d’Ivoire. Cette même restriction se retrouve au Liban, au Guatemala, au Paraguay et au Venezuela. Plus élargi, le droit à l’avortement au Brésil, au Chili, et en Pologne est également autorisé si la grossesse résulte d’un acte criminel et si le fœtus présente de graves malformations. Ainsi, à l’exception de Malte, de la Pologne et de l’Irlande, ce sont les femmes d’Europe et d’Amérique du Nord qui disposent des législations les plus libérales. Depuis le 30 mars 2018, Chypre a rejoint la liste de ces pays libéraux.

    Lire aussi : Avortement en Irlande : le référendum est-il seulement une affaire de religion ?

    Mais, la possibilité d’avorter n’est jamais acquise et le sujet demeure sensible dans de nombreux pays. À titre d’exemple, dès le quatrième jour de son mandat, Donald Trump, Président des États-Unis, a signé un décret interdisant le financement fédéral d’ONG internationales qui soutiennent l’avortement. À l’ombre de la loi, la pratique a aussi son importance. En Italie, où l’IVG est légale, 70% des médecins se disent « objecteurs de conscience » et refusent de la pratiquer, ce qui en rend l’avortement relativement difficile. À l’échelle de l’Union européenne, le délai pendant lequel l’avortement peut être pratiqué varie de 10 semaines (24,3% des États membres), à 12 (56%), 14 (10%), 16 semaines en Suède ou 24 au Royaume-Uni. Selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), qu’il soit largement autorisé, restreint ou interdit, chaque année environ 56 millions d’avortements ont lieu dans le monde.

    En Irlande, la particularité d’un droit égal à la vie

    Le 8e amendement de la Constitution irlandaise garantit « le droit à la vie » de l’embryon, en instaurant cette spécificité du « droit égal à la vie de la mère». À l’exception du risque mortel pour la mère, ajouté en 2013, l’avortement est prohibé même en cas de viol, d’inceste ou de malformation du fœtus, au risque d’encourir une peine de 14 ans d’emprisonnement. Malgré cette interdiction, plusieurs milliers d’irlandaises (3.679 en 2013) se rendent chaque année à l’étranger, principalement au Royaume-Uni, pour avorter. Cette réalité, les pro-life irlandais, défenseurs du 8e amendement, ne l’ignorent pas, mais ils craignent les dérives d’un avortement « à la demande » qui concerne les enfants « handicapés comme valides » et dénoncent « l’industrie de l’avortement ».

    Lire aussi : Le pape François critique vertement les avortements thérapeutiques

    Selon Paul Staunton, militant pro-life depuis cinq mois, « avec la légalisation, on pourra choisir qui a le droit de vivre et qui ne l’a pas ». Patrick Finegan, autre militant pour la vie, déplore que les pro-avortement font valoir le droit au choix, « mais ils n’évoquent que celui de l’avortement ». Pour Radko Vykukal, 22 ans, « il y a plein d’autres façons d’aider les femmes qui ne veulent pas de leur enfant, pensez à l’adoption. Depuis la légalisation du mariage gay [en 2015], la demande d’enfants est d’autant plus grande ». Le bébé à naître, lui n’a jamais le choix. C’est cette voix que porte le « Love Both project », celle de l’enfant à naître que l’on n’entend pas. Celle d’un être vivant qui, sans intervention de l’homme, est amené à vivre et faire ses propres choix. Une voix ni inférieure, ni supérieure mais seulement égale à celle de sa mère et de son père. Leur ambition est de défendre « la beauté de la vie » et « les plus vulnérables » en protégeant la vie à naître et en soutenant les femmes qui vivent des grossesses non désirées.

    L’Église irlandaise adopte une position nuancée

    Dans un pays où la population est majoritairement catholique, il est surprenant de constater que l’Église irlandaise soit restée relativement discrète durant la campagne sur le référendum. Pour Linda Hogan, professeur de religion au Trinity College de Dublin, il s’agit d’une « décision stratégique ». Selon elle, l’Église ne renonce pas à défendre la dignité humaine, mais ses messages se diffusent plutôt « au niveau de la paroisse que des ondes nationales ». L’association des prêtres catholiques (ACP) s’est d’ailleurs inquiétée de l’utilisation de la chaire d’une église comme tribune de l’opposition à la révision du droit à l’avortement, jugeant ce type d’intervention « inapproprié ».

    Lire aussi : L’Irlande du Nord bientôt majoritairement catholique ?

    Si la position de l’Église est constante, reconnaissant un droit à la dignité identique pour l’enfant à naître, dès l’instant de sa conception, à celui de toutes les personnes humaines, son message semble évoluer de la sanction à la compassion. Sans transiger, son discours s’oriente progressivement vers une reconnaissance globale et plus marquée des opinions variées de la société. Soucieux de ne pas rigidifier ce « principe non négociable » qu’est l’opposition à l’avortement au détriment de la miséricorde, le pape François, pour qui « cette défense de la vie à naître est intimement liée à la défense de tous les droits humains » (Evangelii Gaudium), se veut toutefois à l’écoute des personnes en souffrance. Depuis 2016, à son initiative, tous les prêtres ont la faculté d’absoudre le péché d’avortement. Il n’en demeure pas moins qu’en parfaite adéquation avec l’actuelle Constitution irlandaise, l’Église admet seulement l’avortement thérapeutique, pour sauver la vie de la mère ou pour éviter un dommage grave et irréversible sur sa santé. »

    Ref : Love both vote no » : l’avortement en question en Irlande

    JPSC

  • Mariages mixtes : l’archevêque de Philadelphie s’oppose, comme son confrère le Cardinal de Cologne, à l’accès des conjoints protestants à la communion catholique

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    Chaput-with-Pope-a.jpgMettre la pagaille est-il devenu une méthode de gouvernement dans l' Eglise? Notre confrère « Diakonos.be » relaie à ce sujet la traduction française d'une réflexion de Sandro Magister sur son site « Settimo cielo » :

    « Si on réécoute et qu’on regarde à nouveau aujourd’hui la réponse tortueuse – oui, non, je ne sais pas, faites comme vous voulez – donnée par le Pape François le 15 novembre 2015 dans l’église luthérienne de Rome à la femme protestante qui lui demandait si elle pouvait communier à la messe avec son mari catholique, on se dit qu’il s’agissait d’un portrait fidèle de la réalité :

    > « Mi chiamo… »

    Les oui, non, je ne sais pas, faites comme vous voulez que François a prononcés à cette occasion n’étaient pas les tâtonnements à l’aveugle de quelqu’un qui ne savait pas quoi répondre mais précisément le contraire.  Ils disaient bien ce que le pape voulait qu’il se passe et qui est en effet en train d’arriver aujourd’hui dans l’Église.

    Le déclencheur a été cette décision prise à la majorité des évêques par l’Allemagne en février dernier d’admettre les conjoints protestants à la communion eucharistique. Une décision qui a provoqué une levée de boucliers de la part des évêques dissidents, dont sept d’entre eux – y compris le cardinal de Cologne Rainer Woelki – ont fait appel à Rome, à la Congrégation pour la doctrine de la foi :

    > Un cardinal, sept évêques et quatre nouveaux « dubia ». Cette fois sur l’intercommunion

    Le Pape François a alors convoqué un sommet à Rome pour mettre autour de la table les autorités du Vatican compétentes en matière de doctrine et d’œcuménisme avec les représentants allemands des deux parties en désaccord. Mais ce sommet, qui s’est tenu le 3 mai, s’est dans les faits terminé sur un match nul par la volonté du Pape.  Ou plus précisément, par l’ordre donné par François aux évêques allemands de « trouver, dans un esprit de communion ecclésiale, un résultat si possible unanime ».  En pratique, un tel accord étant impensable, il s’agit d’un feu vert pour toutes les positions diverses et variées.

    Et c’est bien ce qui est en train de se produire. Avec en plus la division qui, étant donné la gravité extrême de la matière en jeu, puisqu’elle touche à la conception même de l’eucharistie et donc du sacrement qui est « la source et le sommet de la vie de l’Église », dépasse les frontières de l’Allemagne et est en train de secouer l’Église catholique toute entière, avec des interventions opposées de cardinaux et d’évêques de premier ordre, tel que par exemple – en défense de la « bonne doctrine » mise en danger par le refus du Pape de « faire la clarté » – le cardinal hollandais Willem Jacobus Eijk :

    > Alerte générale dans l’Eglise. Mais François la laisse retentir dans le vide

    Il était donc prévisible que l’une ou l’autre voix s’élève des Etats-Unis, un autre pays dans lequel le grand nombre de mariages mixtes rend cette controverse particulièrement vive.

    Et c’est bien ce qui s’est passé le 23 mai avec cette intervention dans « First Things » de l’archevêque de Philadelphie, Charles J. Chaput (photo), qui critique lui aussi sévèrement la « protestantisation » de l’Eglise catholique, autrement dit cette dérive généralisée que beaucoup considèrent comme caractéristique du pontificat actuel et qui se manifeste notamment par l’ « atrophie » des sacrements tels que le mariage, la confession et, précisément, l’eucharistie.

    > What Happens in Germany

    Voici le passage central de son article qu’il est toutefois bon de lire dans son intégralité :

    *

    Une façon polie de dissimuler la vérité

    par Charles J. Chaput

    La question de savoir qui peut recevoir l’Eucharistie, quand et comment, ne concerne pas que l’Allemagne. Si, comme l’affirme Vatican II, l’Eucharistie est la source et le sommet de notre vie chrétienne et le sceau de notre unité catholique, alors les réponses à ces questions ont des implications pour l’Église toute entière.  Elles nous concernent tous.  Dans cette optique, voici quelques points de réflexion et de discussion que je propose, en tant que simple évêque diocésain parmi tant d’autres :

    1. Si l’Eucharistie est vraiment le signe et l’instrument de l’unité de ecclésiale, alors en changeant les conditions de la communion, ne redéfinit-on pas aussi ce qu’est l’Église ?
    2. Que ce soit intentionnel ou pas, c’est pourtant exactement ce que va faire la proposition allemande. Il s’agit de la première étape pour ouvrir la communion à tous les Protestants ou à tous les baptisés puisqu’en définitive le mariage ne constitue pas en lui-même une raison pour autoriser la communion aux non-catholiques.
    3. La communion présuppose une foi et un credo commun, y compris une foi surnaturelle en la présence réelle de Jésus Christ dans l’Eucharistie, ainsi que dans les sept sacrements reconnus par la tradition permanente de l’Église catholique. En remettant cela en cause, la proposition Allemande adopte dans les faits une notion protestante de l’identité ecclésiale. Être baptisé et croire au Christ semble suffire, sans qu’il soit nécessaire de croire au mystère de la foi telle que la tradition catholique et ses conciles la comprennent. Le conjoint protestant devra-t-il croire aux ordres sacrés tel que l’Église catholique les comprend, puisque ceux-ci sont logiquement en lien avec la croyance que le pain et le vin sont le corps et le sang du Christ ? Ou bien les évêques allemands suggèrent-ils que le sacrement de l’Ordre pourrait ne pas dépendre de la succession apostolique ? En ce cas, nous serions face à une erreur bien plus grave.
    4. La proposition allemande brise le lien vital entre la communion et la confession sacramentelle. On suppose que cela n’implique pas que le conjoint protestant doive confesser ses péchés graves avant de communier. Ce qui entre pourtant en contradiction avec la pratique permanente et l’enseignement dogmatique de l’Église catholique, le concile de Trente, le catéchisme de l’Église catholique actuel ainsi qu’avec le Magistère ordinaire. Ce qui aurait pour effet d’entraîner une protestantisation de la théologie catholique des sacrements.
    5. Si l’enseignement de l’Église peut être ignoré ou renégocié, y compris un enseignement ayant reçu une définition conciliaire (dans le cas présent, à Trente), est-ce que tous les conciles peuvent être historiquement relativisés et renégociés ? Aujourd’hui, de nombreux protestants libéraux rejettent l’enseignement sur la divinité du Christ du Concile de Nicée ou le considèrent comme un simple bagage historique. Le conjoint protestant devra-t-il croire à la divinité du Christ ? S’ils doivent croire à la présence réelle du Christ dans le sacrement, pourquoi ne devraient-ils pas partager la croyance catholique dans les ordres sacrés et dans le sacrement de réconciliation ? Et s’ils croient à tout cela, pourquoi ne sont-ils pas invités à devenir catholique afin d’entrer en communion visible et entière ?
    6. Si les Protestants sont invités à la communion catholique, les catholiques seront-ils toujours empêchés de communier chez les protestants ? Si c’est le cas, pourquoi en seraient-ils empêchés ? Si on ne les en empêche pas, est-ce que cela n’implique pas que la vision catholique des ordres sacrés et de la consécration eucharistique valide serait en fait fausse et, si elle est fausse, que les croyances protestantes seraient vraies ? Si l’intercommunion n’est pas censée entraîner une équivalence entre les conceptions catholiques et protestantes de l’Eucharistie, alors la pratique de l’intercommunion induit le croyant en erreur. N’est-ce pas là un cas d’école de « cause de scandale » ? Et cela ne sera-t-il pas considéré par beaucoup comme une forme polie de tromperie ou comme une tentative de cacher des enseignements plus difficiles dans le contexte de la discussion œcuménique ? On ne peut construire l’Unité sur un processus qui dissimule systématiquement la vérité de nos différences.

    L’essence de la proposition allemande sur l’intercommunion c’est qu’on pourrait partager la sainte communion même sans qu’il y ait véritablement d’unité dans l’Église. Cela frappe au cœur la véritable nature du sacrement de l’Eucharistie parce que, par sa nature même, l’Eucharistie c’est le corps du Christ.  Et le « corps du Christ », c’est la présence réelle et substantielle du Christ sous les apparences du pain et du vin ainsi que l’Église elle-même, la communion des croyants unis au Christ, à la tête.  Recevoir l’eucharistie, c’est proclamer d’une façon publique et solennelle, devant Dieu et dans l’Église, qu’on est en communion à la fois avec Jésus et avec la communauté visible qui célèbre l’eucharistie. »

    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

    Ref. Communion aux protestants. La bombe a explosé en Allemagne mais toute l’Église est sous le choc

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  • Célibat sacerdotal en péril : à Chartres, le cardinal Sarah est monté au créneau

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    Vers une dilution  supplémentaire  de l’identité du sacerdoce dans l’Eglise latine ? De l’abbé Claude Barthe sur le site du bi-mensuel « L’Homme Nouveau » :

    Sarah 8a96c870-0e8e-4e6e-803f-cf3420c243aa.jpeg« On sait qu’une assemblée spéciale du Synode des évêques va se réunir, en octobre 2019, pour l’Amazonie, et qu’elle traitera de l’ordination d’hommes mariés pour répondre aux « nécessités pastorales » locales. De plus, le cardinal Stella, Préfet de la Congrégation pour le Clergé, personnage majeur de la Curie du Pape François, a confirmé, dans un entretien publié dans Tutti gli uomini di Francesco « Tous les hommes de François », de Fabio Marchese Ragona: (San Paolo, 2018), que le Saint-Siège est bien en train d’étudier la possibilité de « l'ordination d’hommes mariés pour un sacerdoce à temps partiel ». Le Cardinal Stella a en outre précisé que l'abolition de la règle du célibat pour les candidats à l’ordination ne concernerait pas seulement l’Amazonie, mais aussi « quelques îles du Pacifique, et pas seulement ». Cette atteinte gravissime à la structure spirituelle du sacerdoce dans l’Eglise latine a été relayée au Canada, par une discussion exploratoire des évêques du Québec, en Allemagne, au Mexique (région du Chiapas), au Brésil, en Afrique du Sud. Dans ce contexte, le cardinal Sarah (photo) a consacré un passage de son homélie prononcée, dans la cathédrale de Chartres, le 21 mai, lors de la messe conclusive du Pèlerinage de « Notre-Dame de Chrétienté », à la défense du célibat sacerdotal :

    « Chers frères prêtres, gardez toujours cette certitude : être avec le Christ sur la Croix, c'est cela que le  célibat sacerdotal proclame au monde ! Le projet, de nouveau émis par certains, de détacher le célibat du sacerdoce en conférant le sacrement de l’Ordre à des hommes mariés (les viri probati) pour, disent-ils, "des raisons ou des nécessités pastorales", aura pour graves conséquences, en réalité, de rompre définitivement avec la Tradition apostolique. Nous allons fabriquer un sacerdoce à notre taille humaine, mais nous ne perpétuons pas, nous ne prolongeons pas le sacerdoce du Christ, obéissant, pauvre et chaste. En effet, le prêtre n’est pas seulement un alter Christus, mais il est vraiment ipse Christus, il est le Christ lui-même ! Et c'est pour cela qu'à la suite du Christ et de l’Église, le prêtre sera toujours un signe de contradiction ! » 

    Ref. Célibat sacerdotal en péril : à Chartres, le cardinal Sarah est monté au créneau

    On peut penser que, comme  c’est déjà le cas dans l’Eglise grecque, une telle « ouverture » de la prêtrise aux hommes mariés serait reçue comme la création d’un sacerdoce de seconde zone  et conduirait en outre à vider de son sens le diaconat permanent qui peine déjà à prendre ses marques depuis son exhumation par le concile « Vatican II ».   

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