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  • Vient de paraître : le magazine trimestriel « Vérité et Espérance-Pâque Nouvelle », n° 107, été 2018

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    Le magazine trimestriel « Vérité & Espérance – Pâque Nouvelle » édité par l’association « Sursum Corda » (responsable de l'église du Saint-Sacrement à Liège) a publié sa livraison de l’été 2018. Tiré à 4.000 exemplaires, ce magazine abondamment illustré parcourt pour vous l’actualité religieuse et vous livre quelques sujets de méditation.Les articles mentionnés en bleu sont disponibles sur le blog de l'église du Saint-Sacrement (cliquez sur les titres ci-dessous pour y accéder).

    Au sommaire de ce numéro n° 107 (été 2018) : 

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    La Fête-Dieu 2018 à Liège

    Fête-Dieu : l’office primitif

    La réception de l’Eucharistie à travers le temps

    A contretemps : bioéthique, spiritualité, scientisme

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    Rome et le monde : 

    Pape François : quel bilan pour cinq années de pontificat ?

    Qui peut communier ?

    L’accès des conjoints luthériens allemands à la communion sacramentelle

    Célibat sacerdotal en péril : le cardinal Sarah monte au créneau

    Efflorescence du catholicisme en Afrique

    Belgique :

    Avortement : encore plus permissif ?

    Vers une reconnaissance symbolique des couples homosexuels par l’Eglise ?

    Un attentat « islamiste » au Boulevard d’Avroy à Liège

     

    Secrétaires de Rédaction : Jean-Paul Schyns et Ghislain Lahaye

    Editeur responsable: SURSUM CORDA a.s.b.l. ,

    Rue Vinâve d’île, 20 bte 64 à B- 4000 LIEGE.

     

    La revue est disponible gratuitement sur simple demande :

    Tél. 04.344.10.89  e-mail : sursumcorda@skynet.be 

    Les dons de soutien à la revue sont reçus  avec gratitude au compte IBAN:

     BE58 0016 3718 3679   BIC: GEBABEBB de Vérité et Espérance 3000, 

    B-4000 Liège

     JPSC

  • Quand le Festival d’Avignon inscrit au programme la théorie du genre et le mariage pour tous, Mgr Cattenoz met les points sur les i.

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    Lu sur le blog « Salon beige »:

    Cattenoz 20150121_32.jpg" Extrait de l'homélie de Mgr Cattenoz prononcée dimanche à l'occasion de la messe du Festival d'Avignon qu'il présidait, et retransmise par France Culture :

    "[...] Le Festival d’Avignon bat son plein, un lieu merveilleux où l’humanité s’interroge librement à travers le théâtre sur ce qu’elle vit et ce qu’elle est, véritable brouillon de culture. Le festival est un lieu merveilleux pour répondre à l’appel de Jésus à évangéliser. Cette année, devant le thème du festival, le genre, je lance un appel à la conversion et à la découverte du message de l’Évangile que la lettre de Paul nous a présenté de manière merveilleuse.

    Je n’ai jamais rencontré de L, de G, de B, de T, et paraît-il, maintenant de Q ; je ne connais et ne vois que des personnes humaines avec toute la richesse de leur féminité et de leur masculinité inscrite dans leur chair et jusque dans leur être le plus profond. Je continue de m’émerveiller devant la complémentarité de l’homme et de la femme. Au nom même de celle-ci, je m’émerveille encore, devant l’amour qui jaillit entre eux et débouche sur le don de la vie. Le mariage pour tous peut bien exister, ce ne sera jamais qu’une amitié, aussi belle soit-elle.

    Comme le prophète Amos, je voudrais dénoncer une société aux comportements incohérents et qui n’a pas compris quel merveilleux projet de vie Dieu lui proposait.

    Il n’y a rien de nouveau sous le soleil dans notre société ! Elle se vautre dans un pseudo bien-être matériel, usant des trois quarts des richesses de la planète, sans comprendre pourquoi les vagues migratoires des plus pauvres des pauvres se succèdent à nos portes. Que la Mer Méditerranée devienne un immense cimetière ne semble pas gêner grand monde !

    Cependant, devant ses incohérences, notre société n’est pas à court d’idées : l’avortement, le suicide assisté, la PMA, la GPA, l’eugénisme tout devient possible au nom d’un principe devenu premier depuis les années 68 : « il est interdit d’interdire, on a bien le droit, on a tous les droits, mon plaisir est mon droit. »

    Depuis des années, le processus est bien rodé : changer le vocabulaire, dépénaliser la réalité et en faire un droit. Dans quelques années, nous aboutirons à un sommet : « Homodeus ! » où l’algorithme sera roi. Heureusement, comme autrefois, le colosse a des pieds d’argile !

    Au risque de choquer, je voudrais simplement rappeler les paroles de Jean-Paul II : « L’avortement est le crime le plus abominable qui soit, car la victime n’a même pas la possibilité de crier sa souffrance » (EV 50). Je voudrais citer Mère Teresa : « l’avortement est une réalité abominable, car une mère tue son propre enfant ». Je vous avoue que j’ai pleuré en voyant conduire au Panthéon de la République le corps de celle qui a permis la légalisation de l’avortement. Je voudrais enfin citer le Pape François qui récemment a eu le courage de dire haut et fort ceci : « J’ai entendu dire que c’est la mode – ou du moins, c’est une habitude – de faire certains examens pendant les premiers mois de la grossesse, afin de voir si le bébé va mal, ou s’il y a un problème. Dans ce cas, la première proposition est :“On l’élimine ?” L’homicide des enfants. Et pour avoir une vie tranquille, on élimine un innocent. [...] Au siècle dernier, tout le monde était scandalisé par ce que faisaient les nazis pour entretenir la pureté de la race. Aujourd’hui, nous faisons la même chose, mais avec des gants blancs » (2018 08 18).

    Face à cette anthropologie enfermée dans une impasse, Paul nous présente le projet de Dieu le Père sur nous : devenir dans le Christ ses enfants bien-aimés, partager sa propre vie divine au souffle de l’Amour de l’Esprit Saint, et cela dès maintenant et pour toujours. Jésus nous invite à témoigner de ce merveilleux projet divin au cœur de notre société d’aujourd’hui, aussi nous voulons au cœur du festival porter témoignage de Celui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie. Jean Vilar l’avait compris, lui qui a toujours demandé que le programme de la présence chrétienne au festival soit noté dans le programme lui-même.

    Il y a quelques jours, je demandais à des personnes atteintes de handicaps : « Quelle est la dernière merveille de Dieu dont vous avez été témoins ? » Claire, une jeune femme polyhandicapée m’a dit : “moi je m’émerveille de savoir que je vis et que je vivrai pour toujours en Jésus !” Et Madona, une femme atteinte de trisomie 21, a ajouté avec ses mots à elle : “Moi, quand je vois le prêtre qui lève l’hostie à la messe, je vois papa, maman, et tous les saints du ciel !” Quelle leçon d’humanité ! Oui, toi mon frère, même si tu n’acceptes pas ce témoignage de Claire et de Madona, même si tu ne partages pas ce merveilleux projet divin, tu restes mon frère et nous pourrons vivre ensemble une véritable fraternité, car c’est l’Amour seul qui compte. AMEN 

    Michel Janva "

    Ref. Mgr Cattenoz : Le mariage pour tous peut bien exister, ce ne sera jamais qu’une amitié

    Lorrain d’origine (il est né à Maxéville en 1945), Mgr Jean-Pierre Cattenoz a obtenu son doctorat en théologie à l’Institut catholique de Toulouse et fut ordonné prêtre en 1983 pour l’archidiocèse d’Avignon où il débuta son ministère avant de partit comme prêtre « Fidei Donum » à N'Djaména au Tchad. Il y fut  directeur des études du séminaire de Bakara pendant six ans. De retour en France, il enseigna au grand séminaire d'Avignon et au Studium de théologie de l'Institut Notre-Dame de Vie. De 2000 à 2002, il est responsable de la branche sacerdotale de cet institut de spiritualité carmélitaine, avant d’être nommé archevêque d’Avignon par Jean-Paul II (juin 2002).

    Rapidement après sa prise de fonction, il fut pris à partie par les milieux libéraux de son diocèse contestant sa politique d’implantation de communautés religieuses « étrangères » (qui ne tardèrent pas à susciter des vocations) et la fermeture du séminaire interdiocésain d’Avignon (très ouvert aux « valeurs » de la postmodernité). La promulgation d'une « charte diocésaine de l'enseignement catholique », qui demande aux élèves non catholiques des établissements catholiques de participer aux cours de première évangélisation ou de catéchèse, acheva de heurter la frange moderniste de son « gouvernement » diocésain qui réclama publiquement sa démission. Mais il fut confirmé dans son poste par le pape Benoît XVI (janvier 2010). Sous le règne du pape François, une nouvelle tentative libérale pour l’écarter, fit également long feu.

    JPSC

  • Chantal Delsol : « L’identité européenne est une matrice ». Vraiment ?

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    Lu sur le site « aleteia » :

    « Avec Rémi Brague et Philippe Bénéton, la philosophe est signataire de La Déclaration de Paris, un long plaidoyer en faveur d’une Europe en laquelle croire à nouveau. De nombreux intellectuels européens ont déjà signé ce texte stimulant qui, un an avant les élections européennes, invite à réinsuffler de la spiritualité dans le projet européen et à se garder de l’idéologie universaliste. Entretien.

    Aleteia : Quelle est l’origine de ce manifeste ?

    Chantal Delsol : Un groupe informel d’universitaires et d’écrivains libéraux-conservateurs, venus de tous les pays européens, se réunit depuis longtemps, tous les ans ou tous les deux ans. En juin 2017, ils ont organisé un colloque à Paris dont ce texte est le fruit. Ces intellectuels ressentent un profond malaise devant l’Europe telle qu’elle évolue et craignent qu’elle n’emporte les peuples vers un futur dangereux. L’émergence des démocraties illibérales en Europe centrale, le Brexit, les remous politiques en Italie, en sont quelques signaux précurseurs. Si les dirigeants européens ne l’ont toujours pas compris, on est en droit de s’inquiéter.

    Le traité de Rome de 1957 portait-il en lui le germe de cette évolution ?
    Je considère que les principes fondateurs ont été dévoyés. Les intentions qui ont guidé la construction européenne étaient bonnes à l’origine. Faire l’Europe ne saurait être remis en cause. Je souhaite pour ma part la mise en place d’une véritable Europe fédérale dans laquelle chaque État-membre conserverait le maximum de prérogatives selon le principe de subsidiarité. Ce choix suppose l’abandon de certaines de leurs souverainetés : pas seulement la souveraineté monétaire, mais aussi le droit de désigner un ennemi, prérogative régalienne par excellence. Je précise qu’il s’agit là d’un point de vue personnel que les signataires de la Déclaration de Paris ne partage pas nécessairement.

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    On les appelle les Pères de l’Europe. Qui sont-ils ?

    Quel serait le principal point commun des signataires de la Déclaration de Paris ?
    Nous estimons tous que l’Europe n’est pas assez incarnée. L’idéologie universaliste et abstraite qui s’épanouit à Bruxelles est totalement déconnectée. Considérer que l’on est citoyen du monde et non citoyen d’un pays est un déni complet de réalité. Nous sommes des êtres de chair, dotés de cinq sens, et nous avons besoin d’être ancrés sur un sol et dans une histoire, ici et maintenant. Rappelez-vous la véritable hystérie suscitée en 2012 par les auréoles de saints Cyrille et Méthode qui apparaissaient sur les pièces de monnaie slovaques. Les instances européennes avaient alors multiplié les injonctions pour les faire retirer, mais avaient finalement échoué. Cet épisode traduit bien la volonté de tout désincarner, systématiquement. Et cela, c’est insupportable : les peuples ne peuvent pas accepter cela.

    Cette désincarnation est-elle le fruit d’une volonté explicite ?
    Je ne crois à pas en un quelconque complot. En revanche, à la tête de l’Europe, de hauts responsables préconisent ouvertement un universalisme cosmopolite et désincarné. Ce qui implique la disparition des frontières et l’instauration d’un libéralisme généralisé, y compris du point de vue culturel. L’ambition finale est de détruire tous les particularismes, y compris la famille, pour que chacun d’entre nous devienne un citoyen du monde. Cette idéologie puise dans la philosophie des Lumières françaises.

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    Cette Europe ultra-libérale multiplie pourtant les règles. Comment expliquer ce paradoxe apparent ?
    Dans l’idéologie universaliste et humanitariste, éminemment matérialiste, la santé du corps et le bien-être sont considérés comme l’un des biens les plus précieux au monde, si ce n’est le plus précieux. Or les normes produites par Bruxelles visent pour la plupart à circonscrire tous les risques qui pourraient menacer le corps et le confort. Au grand détriment de l’esprit. Peu importe si les enfants regardent des programmes ahurissants sur les écrans, du moment qu’ils consomment assez de protéines chaque jour, pourrait-on résumer d’une image.

    À rebours de l’universalisme, quels sont les principes fondateurs de la culture européenne ?
    La culture commune européenne est établie sur trois piliers. Le premier, c’est le concept de vérité qui nous distingue des autres civilisations fondées sur les mythes. Depuis Parménide, Socrate et le judéo-christianisme, nous vivons dans une culture de vérité et non plus dans une culture de mythes. L’Évangile, texte fondateur de notre culture, est un récit daté. Il rapporte des faits qui ont eu lieu. Le Christ a existé, c’est une vérité, que l’on croit en sa nature divine ou non. De l’idée de Vérité découlent notamment les sciences. Le deuxième pilier est l’humanisme de distance : la protection que nous accordons à nos semblables s’accompagne du respect de leur autonomie. Cette spécificité s’est développée à la fin du Moyen-Âge et à la Renaissance avec des penseurs comme Guillaume d’Ockham, Marsile de Padoue et Comenius. De là vient la démocratie moderne. Le temps, enfin, est le troisième pilier. A partir des Juifs et des chrétiens, le temps n’est plus circulaire mais fléché. Personne ne nous impose notre histoire : c’est nous qui la faisons. De là provient l’idée moderne de Progrès.

    Il s’agit là des fameuses racines chrétiennes de l’Europe ?
    Le combat pour les racines chrétiennes de l’Europe n’est ni identitaire ni religieux. De ces trois piliers découlent en effet les sciences, la démocratie, le progrès. Nier ces racines, c’est menacer ces trois héritages dont nous bénéficions tous, et pas seulement les chrétiens. L’identité est une matrice. Si nous la détruisons, ce qui en sortira n’aura plus rien de commun avec ce qui nous constitue fondamentalement depuis des siècles.

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    L’avenir des Initiatives citoyennes européennes est en jeu

    Quel défi particulier l’Islam lance-t-il à l’Europe ?
    Face à un islam conquérant, nous sommes anesthésiés. Notre culture nous a fait passer de la civilisation du héros à celle du marchand. Nous sommes ainsi devenus des marchands, indulgents, emplis de mansuétude et de tolérance. Mais les marchands perdent toujours face à des guerriers déterminés. Et comme l’islam impose une culture de la soumission et empêche toute culture de la critique, ceux des musulmans qui aspirent à adopter notre mode de vie préfèrent se taire.

    Pourquoi les élites ne mesurent-elles pas le phénomène que vous pointez ?
    Les élites manquent de courage pour défendre leur propre culture. C’est un phénomène bien connu depuis les anciens. Avec la sophistication de la culture, et le développement du confort à tous points de vue, on devient incapable de fermeté, incapable de dire non. Ainsi, ceux qui l’emportent sont ceux qui n’ont pas ces scrupules d’hyper-civilisation (certains diraient :  ces scrupules décadents). Les pays d’Europe centrale sont à cet égard plus réalistes que nous, plus courageux pour défendre leur culture.

    Quelle interprétation donnez-vous au discours du pape François sur l’accueil des étrangers ?
    Il est normal que le pape François mette l’accent sur la charité, mais il sait très bien que le problème politique est majeur. Le problème de l’immigration est une tragédie cornélienne : deux valeurs, également importantes et affamées, se battent sans que l’une puisse avoir raison de l’autre. D’une part, la charité qui impose de recevoir les réfugiés ; d’autre part, le devoir politique qui impose de sauvegarder les valeurs culturelles de la société qui reçoit. Le discours de la pure charité, celui du Pape François ou de Merkel est ici dénué de sens. Un individu peut décider de se jeter à l’eau pour sauver son prochain, un chef politique n’a pas le droit de sacrifier sa société : elle ne lui appartient pas.

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    Accueil des migrants : « Il vaut mieux pécher par naïveté que par scepticisme ! »

    Dans ce sombre tableau de l’Europe d’aujourd’hui, quelles seraient les raisons d’espérer ?
    Depuis la chute du mur de Berlin l’Europe centrale est porteuse de beaucoup d’espoir, en particulier la République Tchèque, la Pologne et la Hongrie. Ces peuples dont nous partageons les racines, ont vécu une histoire tragique pendant cinquante ans. Aujourd’hui, l’idéologie matérialiste du confort a beaucoup moins d’emprise sur eux que sur nous. Ils savent ce qu’est l’histoire tragique. Ils ont conservé une forte sensibilité à la dimension spirituelle de l’existence, comme en témoignent par exemple les écrits de Jan Patocka, Jozef Tischner ou Leszek Kolakowski, qui ont été traduits en français. Si on voulait bien les écouter un peu, au lieu de se moquer d’eux, ils pourraient nous apprendre beaucoup.

    Rémi Brague, Philippe Bénéton, Chantal Delsol, La déclaration de Paris, Paris : Le Cerf, 2018, 77 p., 5 euros.

    Ref. Chantal Delsol : « L’identité européenne est une matrice ».

    Ouvrons tout simplement les yeux autour de nous : en un demi-siècle l’Europe a profondément changé. Le mythe européen qui s’est construit après la seconde guerre mondiale, sur les ruines du nationalisme et des empires coloniaux, a généré des institutions bureaucratiques qui n’inspirent plus personne aujourd’hui. Pour paraphraser Metternich, l’Europe occidentale ne sera bientôt plus qu’une expression géographique, un espace où s’entrecroisent les fantômes apostats d’un monde ancien qui s’effondre sur lui-même et la meilleure part du monde postcolonial qui l’absorbera peu à peu sans que, jusqu’ici, elle ne contracte ses virus les plus mortifères, ceux dont témoigne « a contrario » la crise islamiste.  On parlait jadis du péril jaune mais c’est un autre continent qui arrive et il ne partage pas les "valeurs" identitaires du déclin postmoderne.  Sous le ciel européen, quel visage aura donc l’Eurafrique à la fin de ce siècle : celui de l’antiquité tardive moribonde ou  celui d’un moyen âge promis à de nouvelles lumières? L’histoire est un éternel retour. Passons sans crainte aux « barbares » : au risque de scandaliser quelques-uns, je dirais que c’est ce que le pape François a, peut-être, compris.

    JPSC

  • Chine : de nouvelles règles pour contrôler les catholiques

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    De Domitille Farret d'Astiès sur aleteia.org :

    En Chine, de nouvelles règles pour contrôler les catholiques

    Après la démolition du sanctuaire Notre-Dame-du-Mont-Carmel en juin, la répression continue contre les chrétiens en Chine. L'État veut contrôler les fidèles et demande à l'Église de lui fournir des données à leur sujet.

    La province du Henan, en Chine, compte dix diocèses. La répression se durcit aujourd’hui davantage. Selon un prêtre, les autorités municipales auraient demandé aux Églises de la province de leur transmettre des statistiques sur les fidèles, et en particulier sur les familles pauvres. L’homme d’Église, qui souhaite rester dans l’anonymat, juge cette requête « totalement déraisonnable ». Il soupçonne ce programme d’avoir pour objectif d’annuler les subventions pour les personnes ayant de faibles revenus.

    Une circulaire avec cinq règles à appliquer

    Il explique que lors d’une visite dans son église le 1er juillet dernier, les autorités locales lui ont remis une circulaire contenant cinq règles à appliquer. La première ordonnait que soit transmis aux autorités le nombre de fidèles ainsi que leurs antécédents. D’autres règles imposaient le signalement des mineurs entrant dans les espaces religieux, la mise en évidence dans les lieux de culte des listes des membres du clergé, l’exposition permanente du drapeau national et que soit chanté l’hymne national lors de chaque cérémonie.

    Depuis plusieurs mois, le Henan connaît une série d’attaques. Avec 2,4 millions de chrétiens, dont 300 000 catholiques, cette province, considérée comme le berceau de la civilisation chinoise, représente la deuxième communauté catholique de Chine.

  • Etats-Unis : un catholique déterminé nommé à la Cour Suprême

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    De Philippe Gélie sur le site du Figaro :

    États-Unis : Brett Kavanaugh, le choix de Trump pour la Cour suprême 

    Le président Donald Trump annonce lundi la nomination du magistrat Brett Kavanaugh à la Cour suprême des Etats-Unis, ancrant ainsi dans le conservatisme l'institution qui tranche les grands débats de la société américaine.

    De notre correspondant à Washington,

    Dans une mise en scène calibrée pour la télévision à l'heure de grande écoute, Donald Trump a nommé lundi soir le juge Brett Kavanaugh à la Cour suprême. Un choix conforme à ses promesses de campagne mais relativement prudent, qui privilégie la raison sur la tentation du panache et les inclinations personnelles.

    Assumant devant la nation «l'une des responsabilités les plus fondamentales du président», Trump a affirmé ne pas avoir évalué les prétendants «sur leurs opinions personnelles mais sur leur capacité de mettre celles-ci de côté pour faire ce qu'exigent la loi et la Constitution. Je suis heureux d'annoncer que j'ai trouvé, sans le moindre doute, une telle personne.» Il a salué les «qualifications impeccables» de Kavanaugh, «l'un des esprits juridiques les plus affûtés de notre temps», qui a prouvé «son attachement à l'égalité devant la loi».

    » LIRE AUSSI - Trump imprime sa marque sur la Cour suprême des États-Unis

    Entouré de sa femme Ashley et de leurs deux filles, Brett Kavanaugh, 53 ans, a retourné le compliment au président: «Durant ce processus (de sélection), j'ai été témoin de votre appréciation pour le rôle vital du pouvoir judiciaire. Aucun président n'a jamais consulté plus largement ou parlé à plus de gens d'horizons différents pour solliciter leur contribution à une nomination à la Cour suprême», a-t-il dit.

    La célébration a duré dix-sept minutes, dont de longs applaudissements pour l'heureux élu. Commence maintenant le processus de confirmation par le Sénat, qui promet d'être beaucoup plus contentieux. La majorité républicaine espère le boucler après l'été, mais les démocrates entendent le faire traîner, si possible après les législatives de novembre, où ils espèrent regagner la majorité. Cinq sénateurs démocrates qui avaient été conviés à la cérémonie ont décliné l'invitation de Trump, de même que la républicaine du Maine Susan Collins.

    Passer au crible le parcours de Brett Cavanaugh pourrait prendre du temps. Juge fédéral à la Cour d'appel de Washington depuis 2006, il a rédigé plus de 300 jugements en douze ans. Son conservatisme affirmé s'y est traduit par une défense résolue des pouvoirs exécutifs du président, une tendance à arbitrer en faveur des entreprises et une hostilité remarquée à la bureaucratie. Il défend en outre une conception extensive du droit de posséder des armes. Dans la seule affaire qu'il ait jugée ayant trait à l'avortement, ce catholique fervent a refusé l'accès à l'IVG à une jeune immigrante en état d'arrestation.

    Certains conservateurs religieux lui ont toutefois reproché de ne pas être allé assez loin en ne lui déniant pas un droit constitutionnel d'avorter. Ce bémol, ajouté à ses liens avec l'ancien président George W. Bush, a maintenu le suspense sur sa nomination - Donald Trump n'ayant pas dirigé les critiques de la dynastie républicaine. Non seulement Kavanaugh a servi comme conseiller juridique dans la Maison-Blanche de Bush, mais il y a rencontré sa femme, secrétaire particulière du président venue avec lui du Texas.

    Auparavant, le diplômé de Yale avait travaillé à la Cour suprême pour le juge qu'il doit remplacer, Anthony Kennedy, un conservateur modéré nommé par Ronald Reagan. Il a aussi servi dans l'équipe du procureur spécial Kenneth Star, établissant les fondements juridiques d'un impeachment de Bill Clinton. De cette expérience, il a tiré la conclusion paradoxale que le président devrait être immunisé contre tout procès civil ou criminel, et même contre les enquêtes de la justice, durant son mandat. Un point de vue certainement apprécié par Trump, lui-même sous pression du procureur Robert Mueller.

    Le chef de la Maison-Blanche a finalement préféré le candidat de l'establishment aux choix plus hasardeux de sa liste de quatre «finalistes». Amy Coney Barrett, 46 ans, adversaire zélée de l'avortement, aurait plu à sa base évangélique mais était assurée de déchaîner les passions au Sénat. Kavanaugh a déjà traversé ce genre d'épreuve: lorsque Bush l'avait nommé juge fédéral en 2003, la chambre haute l'avait fait patienter trois ans avant de le confirmer, lui faisant ainsi payer à la fois son rôle contre Clinton et auprès de Bush. Devant ce risque, Mitch McConnell, le chef des républicains au Sénat, avait recommandé à Trump de choisir plutôt Raymon Kethledge, un juge du Midwest au parcours moins élitiste, ou Thomas Hardiman, déjà battu sur le fil par Neil Gorsuch en avril 2017.

    Le renforcement de la majorité conservatrice au sein de la Cour promet de se faire sentir sur l'évolution de sa jurisprudence. À voir les manifestants qui avaient envahi lundi soir les marches de la Cour suprême, on avait la confirmation que l'un des enjeux principaux de cette nomination tient à la possibilité de renverser le précédent de 1973 légalisant l'IVG. «L'avortement est un meurtre», proclamaient les pancartes des uns. «Ne criminalisez pas le choix des femmes», plaidaient celles des autres.

  • Football : quand le pape console les Brésiliens

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    Du Soir de ce lundi 9 juillet (p. 32) :

    Consolation 

    Grand amateur de football, le pape argentin François a eu un mot consolateur à l’attention des fidèles brésiliens présents dimanche sur la place Saint-Pierre de Rome. « Je vois des drapeaux brésiliens, a déclaré le chef de l’Eglise à la fin de l’angélus dominical en s’adressant à la foule. Bonjour les Brésiliens et… allez, il y aura une autre occasion », a-t-il déclaré en souriant.

  • Hongrie : Mémoire, identité et immigration

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    Joseph Yacoub retrace l'histoire singulière de la Hongrie. Selon lui, c'est uniquement en se penchant sur l'héritage de ce pays atypique qu'il est possible de saisir son rapport contemporain à la nation. Lu sur le site « figarovox »

    Hongrie XVM41652398-8119-11e8-b5a8-8cf49f807d25.jpgLa Hongrie (Magyarorszag) est un pays européen, néanmoins il a ses traits identitaires particuliers qui s'expliquent par l'histoire et la géographie, lesquelles déterminent pour une bonne part, le choix de la nation et modèlent sa conduite. À cela il convient d'ajouter une langue qui n'est ni germanique ni slave, encore moins latine (sauf l'alphabet), et qui appartient au groupe finno-ougrien. Cela permet de comprendre pourquoi ce pays est si attaché à son passé et à sa culture, et ne vient pas se jeter les mains vides, sans défense, dans les bras de la construction européenne, notamment sur la question migratoire, éclatée en 2015, et sur l'exercice de la démocratie. Au milieu de la Mittel Europa, distinct des Germains et des Slaves, ce pays a connu un destin singulier et une histoire douloureuse, voire terrible. En plus, ses limites territoriales ont varié fortement au cours des siècles, au gré des conquérants, et en particulier au lendemain du traité de Trianon (4 juin 1920), qui l'a démantelé.

    Le pays fut envahi par les Tatars en 1241 et occupé en majeure partie par les Turcs, durant 150 ans de 1526 à 1686. Par la suite, il connut une longue domination des Habsbourg en 1686, avant de parvenir au compromis austro-hongrois de 1867. Désintégré et éclaté autrefois en trois parties, le Traité de Trianon est perçu comme humiliant et un choc sérieux par les Hongrois, car il l'amputa considérablement au profit des pays voisins (Roumanie, Serbie, Slovaquie, Ukraine ) et réduit nettement sa population.

    Dans l'entre-deux-guerres, la Hongrie fut marquée par le régime réactionnaire et ultraconservateur de l'amiral Miklos Horthy, qui se rapprocha de l'Italie fasciste et de l'Allemagne nazie. Le pays fut alors occupé par les troupes allemandes, et les Juifs seront victimes de nombreuses mesures discriminatoires et de déportation. Libérée par l'Armée rouge en octobre 1944, ce fut un peu plus tard le début de la tyrannie communiste. Aussi, au lendemain de la seconde guerre mondiale, les choses étaient loin de s'arranger.

    Revenons sur l'histoire qui permet de comprendre le présent.

    Le Xe siècle fut un tournant, car le pays, qui prend le nom de Magyar, fit un choix pour le christianisme sous le roi Etienne (997-1038) - héritier d'Arpad, qui unifia les sept tribus venues de l'Oural et de la Volga, en 895 - Sacré roi en 1001, canonisé en 1038, ce premier roi est considéré comme le fondateur de l'Etat hongrois (la Couronne de Saint Etienne), même si le christianisme est plus ancien. Depuis, on parle des Magyars qui ont un somptueux héritage catholique comme à Esztergom, au nord de Budapest, et à Pécs. D'ailleurs, la Cathédrale de Pest porte le nom du roi Etienne.

    Avant cette période, succédant aux Romains qui l'appelaient Pannonie, le pays s'est trouvé envahi au Vè siècle, par des tribus d'origine asiatique (les Huns, les Avars) venus s'établir dans le bassin du Danube, parmi lesquels se distingue Attila, roi des Huns, au Vè siècle.

    Le roi Mathias Corvin est, quant à lui, une figure importante du XVè siècle (1440-1490), à l'origine de la Renaissance et de l'Humanisme, qui a promu les activités culturelles et fondé l'Université de Buda.

    Mais qu'en est-il de l'occupation turque?

    Le XVIè siècle fut crucial, car il vit l'avancée ottomane. La chute de Belgrade, en 1521, sous le sultan Suleiman le Magnifique, préluda en effet à l'occupation d'une grande partie de la Hongrie. L'armée hongroise défaite à Mohacs en 1526, la capitale Buda sera occupée seulement en 1541, suivie par Esztergom (centre religieux de la Hongrie) et Szeged en 1543, Eger en 1552, ainsi que Visegrad, Hatvan et Temesvar. Du point de vue administratif, les régions occupées seront organisées selon le modèle ottoman en vilayet et sandjak. Du temps de l'occupation turque, des églises furent transformées en mosquées, des lieux altérés et des territoires dépeuplés. Aujourd'hui, des vestiges architecturaux sont là pour rappeler cette période ottomane, dont quelques mosquées à Pécs et ailleurs, et le minaret d'Eger, qui est cependant coiffé en haut d'une croix.

    Fiers de leurs particularismes, les Hongrois surent résister aux occupations étrangères successives. En devenant chrétiens au Xè siècle, ce fut leur manière de marquer leur différence en s'appropriant ce message, en symbiose avec le reste de l'Europe. Le capitaine Istvan Dobo, combattant de la première heure, résista héroïquement aux Turcs en 1552. Devenue légendaire, sa statue trône au milieu de la belle place d'Eger, qui porte son nom.

    Et face aux Habsbourg, sous le leadership de Ferenc Rakoczi, originaire de Transylvanie, le pays mena une guerre d'indépendance de 1707 à 1711. Pour affirmer leur identité linguistique face à l'allemand et au latin, le Hongrois devient langue officielle en 1844. Lors de la Révolution de mars 1848, qui fut une période agitée, l'homme d'État Jozsef Eötvös (1813-1873) fut, par ses écrits, un combattant pour la liberté et la démocratie.

    Contre le régime communiste, les Hongrois menèrent une insurrection le 23 octobre 1956, qui marqua fortement les consciences. Même si le communiste Imre Nagy qui dirigea le gouvernement de 1953 à 1955, concéda des réformes et prit des mesures de libéralisation, n'empêche, les chars soviétiques envahirent le pays le 4 novembre et Imre Nagy sera fusillé, deux ans plus tard, en 1958.

    Mais comme toute chose a une fin, aux lendemains de 1989-1990, les données ont fondamentalement changé au profit de la démocratie. Imre Nagy sera réhabilité en 1989. Sur les billets de monnaie (forint), figurent des noms illustres hongrois qui sont honorés comme Ferenc Rakoczi, Mathias Kiraly et Bethlen Gabor, et le comte Istvan Széchenyi (1791-1860), fondateur de l'Académie hongroise des sciences, qui fit construire le premier pont sur le Danube (pont des Chaînes), reliant Buda et Pest.

    Que stipule alors la Constitution hongroise sur l'identité du pays et sa personnalité de base?

    Le 25 avril 2011, le pays a adopté sa deuxième Constitution qui se distingue nettement de celle de 1990, laquelle fut celle de l'après-communisme. Fondement de son ordre juridique, elle se démarque par son originalité sur un certain nombre de points, non à l'abri de contestations.

    Elle se réfère à Dieu, au christianisme et à la famille, et l'on s'affiche européen. Elle commence par ces termes: Que Dieu bénisse les Hongrois! Son préambule qui s'intitule: Profession de foi nationale (Nemzeti hitvallas) est un condensé des principes devant guider le pays.

    On rappelle avec fierté que le roi Saint Étienne, il y a mille ans, ait bâti l'État hongrois sur des fondations solides et ait fait de la patrie une partie de l'Europe chrétienne. On rappelle également que «nos ancêtres se sont battus pour la survie, la liberté et la souveraineté de notre nation».

    On fait remarquer que le peuple hongrois «a combattu pendant des siècles pour défendre l'Europe, contribuant aux valeurs communes de celle-ci par son talent et son assiduité». On reconnaît le rôle que le christianisme a joué dans la préservation de la nation ; et on ajoute aussitôt qu'on respecte les différentes traditions religieuses du pays.

    Quant aux minorités ethniques vivant dans le pays, ils font partie de la communauté politique hongroise et sont des éléments constitutifs de la nation, écrit-on. Il faut rappeler que sur dix millions d'habitants, 10% de la population appartiennent à des minorités, estimées à treize,

    Par ailleurs, le pays s'engage à préserver et entretenir la culture hongroise, «notre langue unique» et la langue et la culture des minorités ethniques vivant en Hongrie.

    Chose importante, on affirme que la culture nationale est «une riche contribution à la diversité de l'unité européenne», et on insiste sur les cadres essentiels de la vie en communautés que sont la famille et la nation. Le préambule poursuit que le pays respecte «la Sainte-Couronne qui incarne la continuité constitutionnelle de l'État hongrois et l'unité nationale».

    Concernant les Hongrois de souche, qui vivent dans les pays limitrophes, conséquence du traité de Trianon, on se veut à leur écoute, ce qui ne va pas sans problème. À leur adresse, le gouvernement fait preuve de visées protectrices, non sans susciter les craintes des pays voisins, qui soupçonnent ses objectifs irrédentistes. Voici ce que stipule l'article D: «Gardant à l'esprit qu'il ya une seule nation hongroise unie, la Hongrie porte la responsabilité de la situation des Hongrois vivant hors des frontières du pays. Elle aide au maintien et au développement de leur communauté. Elle soutient les efforts déployés pour maintenir leur magyarité, pour faire appliquer leurs droits individuels et collectifs, pour créer des organes collectifs d'autogestion et pour qu'ils s'épanouissent sur leur terre natale. Elle promeut la coopération entre eux et la Hongrie

    Vivant une telle histoire, souvent incrustée dans les mémoires, appuyée par des dispositions constitutionnelles, quelle conciliation peut éclore à l'horizon?

    C'est un défi pour l'Europe.

    Joseph Yacoub »

    Ref. Comprendre la Hongrie avec l’historien Joseph Jacoub

    Joseph Yacoub est professeur honoraire de sciences politiques à l'Université catholique de Lyon, premier titulaire de la chaire UNESCO «Mémoire, cultures et interculturalité». Spécialiste des minorités dans le monde et des chrétiens d'Orient, il est l'auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels: Qui s'en souviendra? 1915: le génocide assyro-chaldéo-syriaque, Cerf, Paris, 2014, traduit en anglais: Year of the Sword, Hurst, London, 2016 ; Une diversité menacée. Les Chrétiens d'Orient face au nationalisme arabe et à l'islamisme, Ed. Salvator, Paris, janvier 2018. En préparation: Le Moyen-Orient Syriaque.

    JPSC

  • Pourquoi parler de néo-colonialisme ?

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    Lu sur le site « aleteia » :

    La-mondialisation-de-la-rvolution-culturelle-occidentale.jpg« L’imposition agressive et efficace de normes politiques et culturelles inspirées de la révolution sexuelle occidentale aux pays en voie de développement est une préoccupation croissante. Elle menace de produire dans ces pays les mêmes effets qu’en Occident : sécularisation des cultures et perte de la foi.

    • 1. 

    Les derniers papes ont dénoncé le néo-colonialisme qui exporte mondialement les « déchets toxiques spirituels » d’un Occident décadent et s’attaque particulièrement au mariage, à la famille, à la vie et à la morale chrétienne.

    En savoir +

    • 2. 

    Avocate et acteur-clef de la décolonisation depuis son origine, l’ONU s’est paradoxalement transformée au fil des dernières décennies en centre névralgique d’un puissant mouvement néo-colonisateur.

    En savoir +

    • 3. 

    Précisément depuis que l’ONU défend l’auto-détermination au nom des droits de l’homme, de la démocratie, de l’égalité et de la liberté, ces valeurs universelles ont subi le choc d’une révolution culturelle extrêmement violente en Occident. La démocratie et ses valeurs se sont corrompues de l’intérieur. Les pays soumis à la pression de « se démocratiser » en ont souffert les conséquences : « démocratisation » en est venue à signifier en pratique « alignement sur la réinterprétation révolutionnaire des valeurs démocratiques ».

    En savoir +

    • 4. 

    A la fin de la guerre froide, l’ONU a transformé les objectifs de la révolution culturelle d’Occident en normes politiques et culturelles mondiales. De 1990 à 96, l’ONU a organisé neuf grandes conférences internationales au cours desquelles les nouvelles « normes » furent adoptées. Elles portent des noms bien connus : santé et droits sexuels et reproductifs (ou génésiques), perspective du genre, déconstruction des stéréotypes (féminin, masculin, maternel, paternel, familial…), promotion d’un « nouveau paradigme » de la famille (« familles sous toutes ses formes » ou « diversité des familles ») etc.

    En savoir +

    • 5. 

    Depuis les années 1990, l’ONU se présente de plus en plus comme une organisation, non plus internationale (ce qu’elle est par mandat), mais mondiale. Cette qualification, auto-proclamée, est abusive. Elle représente de graves menaces au respect de la souveraineté des nations, un principe de la Charte des Nations-Unies, et à la subsidiarité. Elle est d’autant plus dangereuse que le contenu des normes dites mondiales est aujourd’hui souvent contraire à l’esprit de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948, qui reconnaît la famille, fondée sur le mariage entre un homme et une femme, comme cellule de base de la société, et promeut la liberté de religion.

    En savoir +

    • 6. 

    Depuis la conférence du Caire, la plupart des pays en voie de développement ont permis à leurs politiques de développement social, de santé et d’éducation – et fréquemment aussi à leurs lois, d’être infectés, du moins jusqu’à un certain point, par les composantes radicales de la santé reproductive. Dans la mesure où ils l’ont fait, ils ont vendu leur souveraineté et leur indépendance à une minorité étrangère au pouvoir de la gouvernance mondiale. Les agents de la santé et des droits reproductifs ont avancé en Afrique avec une détermination implacable. Rien ne saurait être plus contraire à l’âme africaine que des politiques et lois s’attaquant à la maternité, la vie et la famille.

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    • 7. 

    Pour la première fois dans l’histoire de l’Eglise, la constitution pastorale Gaudium et Spes, dans le contexte de décolonisation du début des années 1960, met en lumière « les richesses des diverses cultures » (54) et le « génie propre de chaque peuple » (56). La vocation spécifique de chaque peuple, les dons que Dieu a fait à chacun sont aujourd’hui appelés, en ce temps de mondialisation, à bénéficier à tous, dans un fructueux « échange des dons ». Cette perspective ouvre un immense champ d’action. »

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    Ref. Pourquoi parler de néocolonialisme ?

    Marguerite Peeters 64Fiche.pngMarguerite Peeters est journaliste. De 1991 à 1993, elle a vécu en Ukraine. A son retour en Occident, elle a commencé à s’intéresser aux grandes conférences internationales de l’ONU et à la construction d’un consensus mondial sur le développement durable et ses composantes qui avait commencé directement après la guerre froide. En 1995, elle a fondé un service d’information spécialisé dans la mondialisation et les organisations internationales (Interactive Information Services). Elle a produit jusqu’à ce jour plus de 200 rapports détaillés sur ces sujets. Son travail s’est surtout distingué par les interviews d’experts qu’elle a pu réaliser pour tenter de comprendre le sens du nouveau langage employé par les organisations internationales: experts de l’ONU, de la gouvernance mondiale, des ONGs influentes. En 2001 elle a publié une synthèse analytique de ses travaux sur un site Internet américain: Hijacking Democracy – The Power Shift to the Unelected, dont elle a apporté quelques copies ici. En septembre 2003, elle a fondé à Bruxelles l‘Institute for Intercultural Dialogue Dynamics, dont l’objet est l’étude des concepts-clefs, valeurs et mécanismes opérationnels de la mondialisation. Ces dernières années, elle a participé à divers séminaires et conférences sur le thème de la laïcité

    JPSC

  • Etats-Unis : fin de l'ère "progressiste" ?

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    Ce qui n'a pas l'air de réjouir Lauric Henneton ne peut manquer de susciter de sérieux espoirs, notamment en ce qui concerne la protection de la vie à naître...

    De Paul Sugy sur le Figaro Vox :

    Démission du juge Kennedy de la Cour suprême : la fin d'une ère progressiste aux États-Unis ?

    FIGAROVOX/ENTRETIEN - Lauric Henneton décrypte l'importance de la nomination prochaine d'un nouveau juge à la Cour suprême. Si pour le Trump l'enjeu est d'abord électoral, les conservateurs espèrent se saisir de l'occasion pour renverser cinquante années de réformes progressistes.

    Lauric Henneton est maître de conférences à l'Université de Versailles Saint-Quentin. Il est l'auteur de La fin du rêve américain? (Odile Jacob, 2017).

    FIGAROVOX.- Le juge Anthony Kennedy a annoncé son départ à la retraite, ce qui laisse à Donald Trump le pouvoir de nommer à vie l'un des neuf juges qui détiennent le pouvoir juridique suprême dans le pays. Faut-il s'attendre à ce que la Cour bascule définitivement du côté des conservateurs ?

    Lauric HENNETON.- Oui, il est probable que Donald Trump désigne un juge plutôt conservateur, car c'est là qu'est son intérêt électoral. Autant, dans sa période new-yorkaise, Trump était bien plus progressiste dans ses positions et n'avait pas grand-chose en commun avec un évangélique de l'Arkansas par exemple… autant, depuis qu'il est élu, il a su habilement changer de convictions sur des sujets jugés fondamentaux par une large composante de son électorat: l'avortement, par exemple.

    Tout l'enjeu pour lui est de montrer qu'il est le Président qui tient ses promesses, et de fait, la nomination de juges conservateurs à la Cour suprême est un élément-clé pour lui permettre de tenir de nombreux engagements pris durant sa campagne: sur les lois fiscales, les droits de douane et le protectionnisme, le Mexique… Sur Twitter, Trump joue sur cette ligne-là en égrenant à longueur de temps la liste des promesses qu'il a tenues, et c'est en effet un argument très fort à l'approche des élections de mi-mandat, où Trump est loin d'être assuré de conserver une majorité républicaine au sénat. Alors, il cherche à tout prix à montrer qu'il est l'homme qui fait ce qu'il dit et qui dit ce qu'il fait: le transfert de l'ambassade à Jérusalem, par exemple, avait été promis de longue date, notamment par Obama, mais seul Trump a effectivement pris cette décision.

    Justement, sur quels thèmes quoi vont se jouer ces élections de mi-mandat?

    C'est difficile à anticiper car la vie politique américaine va très vite, au gré des événements, et certains sujets dont l'on croit un moment qu'ils vont être primordiaux disparaissent rapidement de la scène médiatique. En février par exemple, après la fusillade de Parkland et les manifestations immenses qui ont suivi, on était en droit de penser que la question du contrôle des armes à feu allait dominer la campagne des midterms… En réalité, cette question a quasiment disparu de l'actualité, bien qu'on ne soit pas à l'abri qu'elle ressurgisse à l'occasion d'une nouvelle fusillade dans une école, ou bien qu'un attentat ramène au contraire les enjeux de sécurité voire d'immigration au rang des priorités médiatiques.

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  • Nigéria : il faut éviter un nouveau génocide "à la rwandaise"

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    Du site belge de l'Aide à l'Eglise en Détresse :

    Nigeria: L’Occident ne doit pas attendre qu’un autre génocide se produise comme ce fut le cas au Rwanda

    29/06/2018 Louvain – Attaques violentes des bergers nomades peuls : l’appel des évêques nigérians de la Middle Belt à la Fondation Aide à l’Église en Détresse

    Mgr. Amove Avenya

    « Ne faites pas la même erreur que pour le génocide au Rwanda. Il a eu lieu au vu et au su de tous, mais personne ne l’a arrêté. Et nous savons comment ça s’est terminé ». C’est ce que déclare à l’Aide à l’Église en Détresse Mgr. Amove Avenya, évêque de Gboko, un diocèse qui se situe dans l’État à majorité chrétienne de Benue. Ce message est déjà le neuvième appel d’un évêque de la région centrale du Nigeria surnommée « Middle Belt », pour dénoncer les tensions préoccupantes qui existent avec les bergers islamistes peuls qui, ces derniers jours, ont à nouveau attaqué la région de Jos – capitale de l’État de Plateau – où plus de 100 personnes sont mortes.

    Il y a toujours eu des conflits, parce que cela fait des siècles que le bétail des bergers peuls vient paître dans la région nigériane de la Middle Belt, et que les paysans locaux – pour la plupart des chrétiens – se plaignent que leurs récoltes sont sans cesse endommagées par les troupeaux. Il s’agit d’un phénomène qui était autrefois un problème de nature économique ou ethnique, mais qui commence à se transformer en un conflit également religieux. Selon les données officielles, il y a eu 492 victimes dans l’État de Benue depuis le début de l’année. Mgr. Avenya ajoute : « Ce sont des criminels et des terroristes. Mais ils ne font pas la même chose dans les territoires à majorité musulmane. Nous sommes convaincus qu’il s’agit d’un acte de purification ethnique contre les chrétiens ».

    Mgr. Peter Iornzuul Adoboh, évêque de Katsina Ala (État de Benue), ainsi que Mgr. Matthew Ishaya Audu, évêque de Lafia (capitale de l’État de Nassarawa), pensent tous deux qu’il existe un objectif clair d’islamisation de la « Middle Belt ». Et les bergers peuls font partie de ce plan. « Ils veulent nuire aux chrétiens », explique Mgr. Audu, « et le gouvernement ne fait rien pour les arrêter, parce que le Président Buhari fait également partie du groupe ethnique des peuls ». Ces soupçons de protection par le gouvernement sont apparus non seulement parce que la police fédérale ne faisait rien pour s’attaquer au problème, mais aussi en raison du fait que les éleveurs peuls disposaient d’armes de plus en plus sophistiquées. Il fut un temps où ces bergers n’étaient armés que de bâtons », explique Mgr. Avenya, mais maintenant ils ont des fusils AK 47. Ces armes sont trop coûteuses pour qu’ils puissent se les payer. Qui les fournit ? De plus, dans cette région il y a des points de contrôle tous les deux kilomètres. Comment est-il possible que ces hommes armés, avec leurs troupeaux, deviennent invisibles ? ».

    Le 22 mai, tous les diocèses du Nigéria se sont joints à une marche de protestation pour demander au gouvernement de protéger les chrétiens. « Nos fidèles sont assassinés ou sont contraints de se déplacer continuellement à cause de la violence », ont affirmé les évêques de Lafia et Katsina Ala, et en Occident, on continue encore de considérer le problème des bergers peuls comme une affaire interne. Ne faites pas la même chose qu’avec le Rwanda, n’attendez pas que le génocide ait eu lieu pour intervenir ! »

    Par Marta Petrosillo

  • La façon dont le pape François prépare le prochain conclave

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    De Marie-Lucile Kubacki sur le site de l'hebdomadaire "La Vie" :

    Comment François prépare le prochain conclave

    Ce jeudi 28 juin, le pape crée 14 nouveaux cardinaux à Rome, dont 11 électeurs. Par ces nominations, François façonne par petites touches le visage de l'Église catholique de demain. Analyse.

    Les consistoires se suivent… et ne se ressemblent pas. Et pour cause, cette cinquième vague de « création de cardinaux » du pape François marque symboliquement un passage : pour la première fois depuis le début du pontificat, le nombre d’hommes en rouge créés par François dépassera le nombre de ceux créés par son prédécesseur Benoît XVI, pour atteindre presque la moitié des cardinaux électeurs. Une donnée importante, car ce sont ces cardinaux de moins de 80 ans qui devront élire le prochain pape. Sur les 125 cardinaux électeurs que comptera le collège après ce consistoire, 59 ont été créés par François, 47 par Benoît XVI et 19 par Jean Paul II. D’une certaine manière, à travers ces nominations et les changements qu’il impulse au collège cardinalice, le pape sculpte le visage de l’Église catholique des prochaines années et prépare l’après.

    Comment François a-t-il changé la donne ? La réponse tient en trois mots clés : universel, périphéries, minorités. Sous son pontificat, l’Europe a vu sa représentation fondre lentement pour passer de 60 électeurs au conclave de 2013 à 53 après le dernier consistoire, avec une nette érosion de la part italienne, passée de 28 électeurs à 22. L’Amérique du Nord a maintenu son chiffre de 17 cardinaux électeurs. Il n’y a pas eu d’explosion du nombre de centre et latino-américains, qui n’ont gagné que 2 électeurs, passant de 16 à 18. En revanche, l’Afrique et surtout l’Asie-Océanie ont vu leur représentation s’envoler depuis 2013, les premiers passant de 11 à 16 électeurs et les seconds, de 11 à 21 électeurs. En vision d'ensemble, cela signifie que « le Sud » est beaucoup plus représenté qu’en 2013, avec 55 électeurs contre 28 à l’époque.

    Changer le visage de l'Église

    Si l’on regarde à présent dans le détail, plusieurs constats s’imposent. Le premier est que François ne respecte plus nécessairement la tradition des sièges cardinalices « privilège historique », qui veut qu’être nommé évêque à la tête de certains diocèses – généralement de grandes villes à forte représentation catholique – soit synonyme de barrette rouge. Le but ? Conserver la plus large liberté de choix possible afin de pouvoir véritablement changer le visage de l’Église. Pour autant, certains, y compris parmi ses admirateurs, estiment qu’il nomme encore trop de cardinaux parmi les responsables de Curie. C’est le cas du prêtre jésuite et éditorialiste américain Thomas Reese, qui déclarait à La Vie, à l’occasion de l’anniversaire du pontificat : « La plus grande réforme dont la Curie ait besoin est ce cesser de faire évêques ou cardinaux tous ceux qui y travaillent. Le pape demande aux gens d’adopter une attitude de service mais il ne comprend pas que pour qu’ils se comportent réellement comme tels, ils doivent cesser d’être ordonnés évêques ou créés cardinaux. »

    Par ailleurs, le pape crée des cardinaux dans des pays qui n’en ont jamais eus, mais en cela il n’est pas particulièrement novateur, Jean Paul II ayant commencé à le faire avant lui, animé par la volonté de reconnaître que le catholicisme croissait dans certains pays du Sud quand il avait tendance à stagner ou décliner au Nord. La véritable nouveauté impulsée par François, en revanche...

    (la suite est en accès payant)

  • Un nouveau groupe djihadiste sème la terreur au Mozambique

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    Du site de l'Aide à l'Eglise en Détresse (France) :

    Mozambique : Émergence d’un nouveau groupe djihadiste

    L’Église du Mozambique s’inquiète de récentes attaques violentes perpétrées par un nouveau groupe djihadiste qui, d’octobre 2017 à juin 2018, sème la terreur dans la province de Cabo Delgado, au nord du pays.

    On dispose de peu de données sur ce groupe terroriste qui porte le même nom que l’organisation somalienne Al Shabab, mais qui n’a apparemment aucun rapport avec elle déplore l’évêque du lieu, Mgr Luiz Fernando Lisboa. Le groupe a tué des dizaines de personnes, brulé des maisons et attaqué des églises et des mosquées« L’ennemi n’a ni visage, ni porte-paroleNous ne le connaissons pas. On ne sait pas qui combattre. On ne sait même pas le motif de sa lutte. On parle de radicalisme religieux, de lutte pour les ressources naturelles, du commerce illicite d’armes, de conflits politiques, de rivalités ethniques… mais la vérité est que personne ne peut encore confirmer avec certitude de quoi il s’agit », déclare l’évêque de Pemba à l’AED, tout en précisant que « les défunts n’avaient aucune relation entre eux, ils étaient originaires de villages différents et étaient de religions différentes. Ce ne sont pas spécifiquement les chrétiens qui sont persécutés ».

    Cette situation de grande violence « est absolument nouvelle pour tous », et a surpris le gouvernement, la population et les forces de sécurité. Pour éviter d’autres attaques, « des voitures blindées ont été placées dans plusieurs districts, de nombreux soldats et policiers armés inspectent les gens et les voitures, en particulier dans la partie septentrionale de la province ».

    La situation d’extrême pauvreté et le chômage élevé des jeunes au Mozambique en font des proies faciles pour les terroristes. « On dit que les jeunes qui ont accepté de participer à ce groupe se sont vu promettre de grosses sommes d’argent », affirme le prélat. « Les jeunes impliqués ne sont pas seulement des inconnus, des étrangers ou des “terroristes”, comme nous les appelons habituellement. Il y a aussi des jeunes de nos familles, de nos villages, de chez nous, de notre confession… »

    Mgr Lisboa rend visite aux communautés et aux paroisses touchées pour leur donner des paroles d’encouragement et pour soutenir spirituellement les missionnaires. « Nous travaillons pour calmer les esprits et demander aux gens de rester sereins. Nous avons demandé qu’il ne soit pas diffusé d’images violentes sur les réseaux ni répandu plus de rumeurs concernant les faits, car cela ne fait que créer encore plus de panique et susciter une atmosphère d’insécurité. Nous prions beaucoup et nous demandons de prier pour que ces attentats s’arrêtent et pour que les autorités arrêtent les coupables et qu’ils soient jugés. Nous ne devons pas nous sentir piégés ou paralysés, malgré la prudence dont nous devons faire preuve ».

    Les principaux défis pour l’Église au Mozambique

    Beaucoup d’autres défis pèsent sur l’Église (le nombre de chrétiens représente environ 55% de la population) : la pauvreté -même si le pays est riche en ressources naturelles, la malnutrition maternelle et infantile, les mariages prématurés, les grossesses précoces des jeunes filles, le manque de soins adéquats pour les populations, les conditions d’éducation, les dettes cachées faites par le gouvernement précédent qui ont contribué à l’augmentation de la pauvreté, l’absence de réconciliation nationale après les deux guerres, pour n’en nommer que quelques-uns.

    Dans un communiqué envoyé de son diocèse, Mgr Lisboa encourage chacun à intensifier ses prières et à « ne pas être aveuglé par les préjugés religieux, ethniques et politiques, mais plutôt à former un grand courant de bons sentiments, de bonnes actions, de bonnes relations, de bons conseils, de bonnes initiatives… pour que la paix, qui est toujours le fruit de la justice, règne à nouveau parmi nous ».