Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

International - Page 3

  • De Nasser à al-Sissi : le destin des dhimmis en Egypte

    IMPRIMER

    De Dominique Decherf sur le site de France Catholique :

    Égypte : de Nasser à al-Sissi

    Le destin des dhimmis

    L’histoire d’une vie vaut mieux que tous les discours. À ceux qui s’étaient gaussés de l’invention d’une mythique «  Eurabia  » (Eurabia. L’axe franco-arabe, Jean-Cyrille Godefroy, 2006, et Eurabia et le spectre du califat, Les Provinciales, 2010) dénonçant la compromission des États européens avec les régimes islamiques au Maghreb et au Machrek, manquait tout un arrière-plan historique qui aurait permis de dépasser la polémique et l’invective et de débattre en toute connaissance de cause. Il faut rendre hommage à Olivier Véron éditeur des Provinciales d’avoir demandé et de publier une autobiographie de l’auteur de ces prétendues élucubrations conspirationnistes, l’Anglo-Italo-Égytienne juive Bat Ye’or (Fille du Nil), pseudonyme de Gisèle Orebi.

    À l’entendre, au long de ces années, défendre le statut des minorités religieuses ou ethniques, on en oubliait combien le combat de l’intéressée – et de son mari David Littman (1933-2012) auquel elle consacre de magnifiques pages d’un grand amour – ne s’était jamais tant adressé à l’islam ou aux potentats dans les pays musulmans dont elle fut la victime dans l’Égypte nationaliste nassérienne, qu’aux minorités elles-mêmes qu’elles soient juives ou chrétiennes. On sait que la cause des juifs dits orientaux ou sépharades n’a été reconnue en Israël même qu’après de nombreuses années. Le Likoud qui les représentait n’obtint la majorité qu’en 1978. Longtemps ils ne seront considérés que comme des citoyens de seconde zone par leurs coreligionnaires, au motif qu’ils avaient moins souffert des sultans et des émirs que les ashkénazes des cosaques et des nazis. Le reproche majoritaire adressé à l’Europe y concernait la destruction des communautés en Europe, la Shoah, et non celui d’une complicité avec des régimes arabes qui ne sera avancée plus tard que sous forme d’appendice au drame central.

    Les chrétiens furent les plus réticents à entrer dans la problématique de Bat Ye’or. D’abord les chrétiens orientaux. Bat Ye’or consacre plusieurs pages à la guerre du Liban et à sa proximité avec Bachar Gemayel (assassiné en 1982). Au cœur du drame, la question des réfugiés palestiniens. On a presque oublié aujourd’hui la popularité de la cause palestinienne parmi les chrétiens tant orientaux qu’occidentaux. Une proportion certes minoritaire mais hyperactive des Palestiniens autour de Yasser Arafat et dans des formations encore plus radicales (FPLP, FDPLP) étaient des chrétiens. D’Orient le préjugé victimaire pro-palestinien avait gagné les milieux militants chrétiens d’Occident. Israël perdrait la guerre de la communication. La question palestinienne préempterait pour longtemps – c’est loin d’être fini – le dialogue entre juifs et chrétiens.

    Finalement dans tout ceci il n’est pas question d’islam mais d’Israël. C’est la guerre de 1948 et Nasser qui ont rendu la vie impossible aux juifs égyptiens mais aussi aux Grecs, aux Italiens, aux Levantins qui y avaient prospéré au temps du protectorat britannique. Pas les Frères musulmans que Nasser ferait pendre. C’est la guerre de 1967 qui a imposé la question des Palestiniens, pas une querelle religieuse. On s’entendra pour rapporter tout cela à une forme de post-colonialisme. La reconnaissance d’un État palestinien et le respect des droits de l’homme (et de la femme) de­vaient suffire à rétablir l’harmonie entre Arabes et Israéliens, musulmans, juifs et chrétiens. C’est là où Bat Ye’or répond : non. En terre musulmane, en droit musulman (charia), il ne peut y avoir égalité entre musulmans et non-musulmans. Peu à peu, certains régimes se sont orientés vers une forme de laïcité qui permet d’envisager d’aller vers cette égalité devant la loi. Le djihadisme est revenu en force pour réaffirmer les fondamentaux, redonnant tout son crédit à la thèse initiale de Bat Ye’or sur le dhimmi (le protégé ou l’opprimé selon les traductions), travail novateur datant de 1980 que les Provinciales rééditent en même temps que son autobiographie, avec la préface de Jacques Ellul, historien, sociologue et théologien protestant, mort en 1994 (voir Islam et judéo-christianisme, PUF, 2004, préface d’Alain Besançon).

    Les faits ayant donné raison à Bat Ye’or, il reste maintenant à s’attaquer tous ensemble, juifs, chrétiens, musulmans, à la racine du mal : la charia. La boucle est bouclée : partie du Caire sous Nasser, elle attend de son lointain successeur Al-Sissi (qui devrait être réélu lors des élections de la fin mars en Égypte) et des oulémas d’Al-Azhar la garantie d’un réel changement religieux.

    — -

    Bat Ye’or, Autobiographie politique. De la découverte du dhimmi à Eurabia, Les Provinciales, 352 pages, 24 e – réédition de Le dhimmi. Profil de l’opprimé en Orient et en Afrique du Nord depuis la conquête arabe, Les Provinciales, 160 pages, 15 euros.

  • Le nouveau Secrétaire d'Etat américain est un militant en faveur du respect de la vie et de la famille traditionnelle

    IMPRIMER

    WASHINGTON DC, le 13 mars (C-Fam)

    Le président Trump a annoncé ce matin que Rex Tillerson était démis de ses fonctions de secrétaire d'Etat américain et qu'il sera remplacé par Mike Pompeo, ancien membre du Congrès du Kansas, actuellement directeur de la C.I.A.

    Cela sera considéré comme une bonne nouvelle par les défenseurs pro-vie et pro-famille car Pompeo a un long engagement en faveur du droit à la vie et parce qu'il résiste à l'ordre du jour homosexuel.

    Les positions de Rex Tillerson sur l'avortement et le mariage homosexuel n'ont jamais été claires; il a toutefois siégé au conseil d'administration des Boy Scouts lorsque ce groupe a commencé à autoriser que des chefs scouts soient homosexuels.

    En tant que membre du Congrès, Pompeo a affirmé qu'il croyait que la vie commence à la conception et se termine à la mort naturelle. Il a coparrainé la Loi sur le caractère inviolable de la vie humaine, qui stipule que «chaque vie humaine commence par la fécondation, le clonage ou son équivalent fonctionnel, et qu'à ce moment chaque humain a tous les attributs et privilèges légaux et constitutionnels de la personne ...»

    Pompeo a coparrainé le 'Title X Abortion Provider Prohibition Act' qui demandait l'interdiction du financement fédéral à tout groupe pratiquant des avortements.

    Pompeo a coparrainé un projet de loi qui aurait inclus l'enfant à naître sous la protection du 14e amendement.

    Il a voté pour interdire l'information sur l'avortement dans les centres de santé scolaires. Il a voté pour interdire le financement fédéral pour Planned Parenthood et voté pour défrayer le Fonds des Nations Unies pour la population.

    Sur la question des LGBT, Pompeo a toujours soutenu la vision traditionnelle du mariage et s'est opposé à l'agenda homosexuel. Il s'est opposé à l'abrogation du 'Don’t Ask Don’t Tell policy' qui empêchait les homosexuels déclarés de servir dans l'armée. Pompeo a soutenu la Loi sur la défense du mariage et s'est élevé contre son abrogation.

    A propos du décret Obergefell qui a imposé le mariage de même sexe au pays, Pompeo a déclaré: «Créer, venu de nulle part, un droit fédéral de se marier, va à l'encontre des siècles de compréhension partagée de notre Constitution. C'est un abus de pouvoir choquant. Il est faux. Je continuerai à me battre pour protéger nos institutions les plus sacrées; les habitants du Kansas et notre nation ne méritent pas moins. "

    Pompeo a été attaqué par l'establishment LGBT pour ses prises de positions fortes sur la sexualité humaine.

    Pompeo a affirmé: "En tant que citoyen du Kansas, j'ai un profond respect pour le caractère sacré de la vie, la solidarité de la famille et la solennité du mariage. Je continuerai le combat pour défendre ces idéaux fondamentaux chaque jour. Je suis et serai toujours pro-vie et je défendrai la vie de la conception à la mort naturelle. Je continuerai à m'opposer à tout financement des contribuables en faveur de l'avortement. Je soutiens également pleinement l'institution traditionnelle du mariage. Les familles fortes sont la pierre angulaire de notre République et nous devons les préserver pour notre communauté et notre culture. "

    La raison pour laquelle cela est important pour les pro-vie, c'est que, sous les démocrates, les États-Unis sont devenus la source d'une politique sociale radicale dans le monde et à l'ONU. On s'attend à ce que Pompeo en prenne conscience et y mette un terme.

    Pompeo a obtenu son diplôme premier de sa section à l'Académie militaire des États-Unis à West Point; il a obtenu un diplôme de la Harvard Law School où il a étudié le droit. Il est issu du mouvement politique du Tea Party très conservateur et est devenu la deuxième personnalité conservatrice du Kansas à occuper une place de premier plan au Département d'État. L'ancien gouverneur du Kansas, Sam Brownback, est maintenant ambassadeur des États-Unis pour la liberté de religion.

  • Le pape François et l'immigration : un discours très équilibré

    IMPRIMER

    De Philippe Saint-Germain sur Causeur.fr :

    «Le discours du Pape François sur l’immigration est très équilibré»

    Entretien avec François Huguenin, l'auteur du "Pari chrétien" 

    Dans Le Pari chrétien (Editions Tallandier, 2018), l’historien des idées François Huguenin s’interroge sur les conditions nouvelles dans lesquelles les chrétiens affrontent leurs responsabilités politiques. Comment être une minorité créatrice, influente, dans un monde qui a cessé d’être chrétien ? La réponse tient dans ce paradoxe : c’est dans leur distance à l’égard du pouvoir que se trouve leur véritable puissance politique. Entretien.

    Philippe de Saint-Germain. Dès l’origine, le christianisme s’est pensé comme une religion « dans le monde mais non pas du monde ». Comment ce monde en France a-t-il cessé d’être chrétien ?

    François Huguenin. C’est une longue histoire, à l’évolution complexe, et qui remonte au moins au XVIIe siècle. Ce qui est entièrement nouveau, c’est que la déchristianisation va de pair aujourd’hui avec la perte des valeurs communes. Non seulement la société n’est plus chrétienne, mais la morale — qui n’est pas religieuse en elle-même — n’est plus universelle au sens où elle constitue plus un point de rencontre entre chrétiens et non-chrétiens. Pendant des générations, la pratique religieuse a diminué, mais la conscience collective restait de « marque » chrétienne, pour reprendre l’expression de Pierre Manent. De nos jours, les chrétiens pratiquants ne représentent guère plus de 4 à 5% de la population, et la majorité des Français qui persistent à se dire catholiques ne vit plus comme dans une société moralement ou culturellement chrétienne.

    En quoi cette situation modifie le rapport que les chrétiens peuvent avoir avec la politique ?

    Je pense que cela rend obsolète les postures de domination qui ont longtemps formaté les chrétiens, et plus profondément leur relation au pouvoir. Pourtant, les réflexes demeurent : à droite, la tendance est de confondre christianisme et chrétienté, autrement dit d’attribuer à l’autorité le pouvoir de « faire la norme » ; à gauche, la tentation est de rejoindre le monde en diluant son message au prétexte de rejoindre ses préoccupations. Dans les deux cas, nous restons dans une logique de pouvoir. Or même si le christianisme s’est développé dans le cadre d’une société chrétienne, son existence n’est pas liée à cet état des mœurs ni conditionnée par une forme de pouvoir politique où il tiendrait plus ou moins le manche. Les chrétiens ont d’abord besoin d’une société qui garantisse la liberté religieuse : Vatican II l’a dit clairement, mais les premiers chrétiens le disaient aussi entre le IIe et le IVe siècle !

    A lire aussi: Migrants: pourquoi il faut défendre le pape

    Lire la suite

  • La dictature se renforce en Chine

    IMPRIMER

    Du site "Eglises d'Asie" (Missions Etrangères de Paris) :

    Xi Jinping se rapproche d’un régime despotique

     

    La première session de la 13e assemblée nationale populaire chinoise, le 5 mars, a ouvert la voie au mandat à vie du président chinois. Un rassemblement historique « deux sessions » de l'Assemblée populaire nationale et de la Conférence consultative politique du peuple chinois, grâce auquel Xi Jingping pourrait détenir les pleins pouvoirs…

    L’assemblée nationale populaire semble prête à accorder un règne à vie au président Xi Jinping, accélérant au passage l’intégration des anciennes colonies européennes de Macao et Hong-Kong. Xi Jinping pourrait devenir le premier président chinois à dépasser cinq ans de mandat depuis le règne de Mao Zedong entre 1949 et 1976.

    Les 3 000 délégués composant l’assemblée nationale populaire ont tenu leur première session annuelle le 5 mars. À cette occasion, ils devaient rencontrer les 2 000 membres de la Conférence consultative politique du peuple chinois. Les médias officiels chinois ont vanté une « nouvelle mission pour une nouvelle ère », intégrant pour cela la « pensée de Xi Jingping » dans la constitution du géant communiste. Une façon d’entériner d’office tout son programme.

    William Nee, un spécialiste de la Chine d’Amnesty International, remarque qu’il y a dix ans le rassemblement, joyeusement appelé les « deux sessions », de l'Assemblée populaire nationale (APN), et de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC), avait provoqué de vifs débats au sein de la société chinoise. « Cette fois, cependant, cela semble très différent, complètement sous contrôle »ajoute William.

    Quand le secrétaire général de l’APN, Wang Chen, a lu les amendements de la constitution repoussant les limites du mandat de Xi Jingping, l’audience a applaudi. « Ce genre de flatteries et de servilité envers un seul cadre du parti communiste aurait été impensable il y a seulement cinq ans » estime William. Les journalistes seront autorisés à assister au vote de l’APN du 11 mars, devant autoriser Xi Jingping à rester au pouvoir après le terme de son mandat, en 2023. Cela dit, il est difficile de déterminer à l’avance, vu les milieux troubles de la politique chinoise, s’il exercera un troisième mandat ou davantage. Des critiques publiques ont déjà dénoncé l’abandon des limites du mandat du président.

    « Impensable il y a seulement six ans »

    En attendant, la Chine a renforcé son armée avec 8 % d’investissements supplémentaires, dépensant plus de 1 000 milliards de yuans (141 milliards d’euros). Le premier ministre chinois Li Keqiang a renouvelé le traditionnel avertissement envers les nationalistes taïwanais, prévenant que toute déclaration formelle d’indépendance ne serait pas tolérée. Li a également fixé l’objectif de 6,5 % de croissance, ainsi qu’une réduction d’impôts de 800 milliards de yuans (102 milliards d’euros). En 2017, la Chine a atteint une croissance de 6,9 %.

    Par ailleurs, l’Assemblée populaire nationale chinoise a par annoncé vouloir accélérer le développement de ce que le gouvernement chinois appelle la « Greater bay area » (« région de la baie »), un projet de centre d’affaires devant relier Hong-Kong et Macao avec la province de Guangdong. Ce qui pourrait affaiblir les conditions des deux régions administratives spéciales chinoise. L’APN doit également valider la création d’une commission nationale destinée à combattre la corruption des autorités et institutions publiques, y compris celle ne dépendant pas du parti communiste.

    La chasse de Xi Jingping contre les corrompus a déjà entraîné la condamnation d’1,5 millions de fonctionnaires. Le nouveau corps disciplinaire, qui contrôlera les entreprises d’état, les écoles et les hôpitaux, renforçant par là même le pouvoir du président chinois. Les délégués de l’APN, en approuvant les décisions du noyau dirigeant du Parti Communiste chinois, font ainsi preuve de loyauté. Le rassemblement des « deux sessions » prendra fin le 17 mars, avec l’annonce, par l’APN du nouveau vice-président, un rôle plutôt symbolique.

    (Ucanews, Hong-Kong)

  • Québec : une population en voie d'extinction ?

    IMPRIMER

    Du site "Pour une école libre au Québec" :

    Québec — Jamais aussi peu de naissances depuis 10 ans, jamais autant de décès

    Les chiffres prévisionnels sur le nombre de décès et de naissances pour le Québec en 2017 ont été publiés par l’Institut de la statistique du Québec.

    Il n’y a jamais eu autant de décès en une année au Québec qu’en 2017 (66 200). En 2000, le nombre de décès n’était encore que de 53 287.

    Quant aux naissances, le Québec n’en a pas connu aussi peu depuis 2006 alors que le Québec comptait de près de 700 000 habitants de moins, soit près de 10 % de moins qu’aujourd’hui. Cette différence s’expliquant principalement par l’immigration. Rappelons, en effet, qu’en 15 ans, les minorités visibles sont passées au Québec de 7 % (2001) à 13 % (2016) de la population. Cette augmentation s’accompagnant d’un accroissement de l’utilisation de l’anglais. C’est ainsi qu’à Laval, si 7 % de la population est anglophone de naissance, 13 % des résidents disent parler l’anglais à la maison. Les Lavallois qui emploient l’anglais comme première langue officielle parlée sont encore plus nombreux : ils représentent 17 % de la population. 

    Aucun parti politique ne semble se préoccuper de ce taux de fécondité anémique qui augure mal pour la survie du peuple francophone québécois. Tous pensent que l’immigration comblera le manque de naissances. Les difficultés d’intégration économique (le chômage est plus important parmi les minorités ethniques), linguistique, culturelle et religieuse dans la société québécoise ne semblent pas préoccuper les politiciens outre mesure. Certains partis semblent même surtout voir dans cette immigration nombreuse de futurs consommateurs et électeurs fédéralistes.

    On trouvera ci-dessous les graphiques de la natalité pour deux périodes (1900-2017 et 1980-2017). Le taux de natalité se calcule en prenant le nombre de naissances divisé par 1000 habitants (on ajoute le signe ‰, pour mille, à la fin). Le taux de natalité officiel pour 2017 n’est pas encore connu, il devrait l’être d’ici un mois ou deux. Pour le calculer nous avons pris la population du Québec en 2017 selon l’Institut de la statistique du Québec (8 394 034 habitants, ce chiffre est provisoire) et les naissances pour 2017 (83 900) pour obtenir un taux de natalité de (9,99 ‰). Préférant pécher par optimisme, nous avons corrigé cette valeur vers le haut et avons utilisé 10,1 ‰ comme taux de natalité ci-dessous.

    Lire la suite

  • Syrie : et si on commençait par appeler les choses par leur nom ?

    IMPRIMER

    Du blog "Ora pro Siria" :

    Lettre ouverte par les moniales Trappistines Syriennes:

    Appeler les choses par leur nom, voici le commencement de la paix

    Quand les armes se tairont-elles? Quand se taira tant de journalisme partiel? Nous, qui vivons en Syrie, nous sommes dégoûtés par l’indignation générale qui se lève pour condamner ceux qui défendent leur propre vie et leur propre terre.

    A plusieurs reprises ces mois-ci, nous nous sommes rendus à Damas. Nous y sommes allés après que les bombes des rebelles aient fait un massacre dans une école. Nous y étions également voici quelques jours seulement, le jour après que 90 missiles tirés à partir du faubourg de la Goutha soient tombés sur la partie de la ville sous le controle du gouvernment. Nous avons écouté les récits des enfants, la peur de sortir de chez eux et d’aller à l’école, la terreur de devoir voir encore leurs camarades de classe, ou eux-memes, sauter dans les airs. Ces enfants ne parviennent pas à dormir la nuit à cause de la peur qu’un missile arrive sur leur toit. La peur, les larmes, le sang et la mort. Ces enfants ne sont-ils pas aussi dignes de notre attention?

    Pourquoi l’opinion publique n’a-t-elle pas cillé, pourquoi personne ne s’est-il indigné, pourquoi n’y a-t-il pas eu d’appels humanitaires ou autre en faveur de ces innocents? Pourquoi n’est-ce que lorsque le gouvernement syrien intervient, en suscitant la gratitude de la part des citoyens Syriens qui se sentent ainsi protégés contre tant d’horreur (on l’a constaté, et ils nous l’ont raconté), pourquoi seulement à ce moment-là on s’indigne de la férocité de la guerre? Certes, quand l’armée Syrienne bombarde, des femmes, des enfants, des civils, meurent ou sont blessés. Nous prions aussi pour eux. Non seulement pour les civils, nous prions également pour les djihadistes parce que chaque homme qui choisit le mal est un fils perdu, c’est un mystère caché dans le cœur de Dieu. C’est à Lui qu’il faut laisser le jugement, Lui qui ne veut pas la mort du pécheur mais qu’il se convertisse et vive.

    Mais cela ne veut pas dire qu’on ne puisse pas appeler les choses par leur nom. Et on ne peut pas confondre celui qui attaque avec celui qui se défend.

    A Damas, c’est à partir de la zone de la Goutha qu’ont commencé les attaques en direction des civils qui habitent dans la partie de la ville contrôlée par le gouvernement et non pas l’inverse. Le quartier de la Goutha lui-même a vu les civils n’appuyant pas les djihadistes être placés dans des cages de fer – hommes et femmes – exposées en plein air et utilisées comme boucliers humains. Goutha est un quartier dans lequel aujourd’hui les civils qui veulent s’enfuir et se réfugier dans la partie gouvernementale en profitant de la trêve accordée sont pris pour cible par des tireurs embusqués rebelles. Pourquoi dès lors cette cécité de l’Occident? Comment est-il possible que ceux qui informent, y compris à l’intérieur de l’Eglise, soient si unilatéraux?

    Lire la suite

  • Syrie : les chrétiens sont la cible privilégiée des rebelles islamistes

    IMPRIMER

    Syrie : les rebelles islamistes visent en premier lieu les chrétiens (source)

    Un prêtre franciscain fait le point sur la situation à Damas et sur les affrontements meurtriers dans le quartier de la Ghouta, une enclave aux mains des djihadistes. Le but de ces derniers : vider Damas de ses chrétiens.

    Le père Bahjat Elia Karakach est un religieux franciscain de la Custodie de Terre sainte. Il est également le supérieur du couvent de la Conversion-de-Saint-Paul qui est la principale paroisse de rite latin de la capitale syrienne.

    Dans le cadre d’un entretien relayé par l’agence de presse catholique italienne SIR, le 2 mars 2018, le religieux a fait le point sur la guerre civile dans le pays.

    A Damas, la principale cible des extrémistes musulmans - présentés de façon raccourcie comme des rebelles au pouvoir syrien légitime - ne semble pas être les bâtiments de l’administration de Bacha el-Assad, mais plutôt les quartiers chrétiens : « les missiles et les roquettes lancés par les milices djihadistes ont dernièrement visé le quartier chrétien de Bab-Touma, dans la vieille ville de Damas, où se concentrent de nombreuses églises ainsi que le quartier général du patriarcat », précise le père Karakach.

    Et le franciscain d’ajouter qu’au terme de plusieurs mois de bombardements, « depuis le début de l'année, au moins quatre églises ont été frappées par des terroristes qui veulent vider Damas de ses chrétiens ».

    Les fidèles se sentent abandonnés, conclut le religieux, parce que personne, « pas même les médias chrétiens, ne raconte ce qui se passe dans cette région de Damas. » Dont acte.

    Lire aussi :

    Syrie: Mgr Armash Nalbandian doute de l'impartialité des médias occidentaux

  • Syrie : le traitement médiatique déforme la réalité

    IMPRIMER

    De Charlotte d'Ornellas sur le site de Valeurs Actuelles :

    Syrie : les civils oubliés de Damas

    Syrie. Par son manque d’équilibre, le traitement médiatique des combats de la Ghouta, en banlieue de Damas, ressemble à celui d’Alep. De l’autre côté de la ligne de front, dans la capitale syrienne, des civils souffrent aussi, dont on ne parle pas.

    « Nos vies valent-elles moins que les leurs ? » Depuis sept ans, cette question revient inlassablement chez les civils qui vivent dans les zones gouvernementales de Syrie. Dans la presse occidentale, la réponse semble toujours être positive. La couverture médiatique récente n'échappe pas à ce réflexe : elle évoque systématiquement les pertes civiles du quartier de la Ghouta, tenu par les groupes armés opposés à Bachar al-Assad, sans préciser que de l’autre côté de la ligne de front, d’autres civils vivent sous les obus lancés par ces combattants. Elle oublie également de préciser que dans Ghouta ne vivent pas que des civils... 

    « Nous avons fui de notre maison, cela devenait invivable » raconte Maria, qui vit au cœur de la vieille ville de Damas. Au téléphone, elle confie entendre les bombardements de l’armée syrienne, dont s’émeut le monde entier. « Personne ne nie ces bombardements, et nous connaissons tous les conséquences au bout de sept ans de guerre » précise-t-elle immédiatement. Elle a appelé parce qu’elle ne supporte plus le traitement médiatique : « Vous oubliez simplement que dans la partie de la ville contrôlée par le gouvernement, nous vivons l’enfer aussi. » Au cœur de la vieille ville damascène, les quartiers chrétiens sont une cible privilégiée. Le nonce en Syrie, le Cardinal Mario Zenari, le déplorait encore récemment en évoquant la fermeture contrainte de plusieurs écoles chrétiennes de la ville.

    SUR LE MÊME SUJET : Jean-Yves Le Drian craint "le pire" pour la Syrie

    « Qui tient Damas tient la Syrie »

    Une chef de mission de SOS Chrétiens d’Orient sillonne justement les rues de l’un de ces quartiers. Elle s’appelle Béatrice et comme d’autres sur place, elle recueille les témoignages, tente de les rapporter pour briser le silence : « Bien sûr qu’ils se sentent abandonnés. Alors on aide déjà à la reconstruction, mais on attend surtout que ça se calme pour recommencer nos activités avec les enfants et les aider à dépasser le traumatisme de cet autre genre de bombardement ». Derrière elle, le muezzin appelle à la prière un pays à bout de nerfs. Les cloches sonnent quelques minutes plus tard. Le Cardinal Zenari n’avait pas hésité à rappeler que si les chrétiens payaient un lourd tribut, le reste de la population n’était pas épargnée non plus. Sept ans que ce conflit ravage le quotidien et épuise les esprits. Sept ans que les témoignages se ressemblent. L’Aide à l’Eglise en Détresse (AED) et l’Œuvre d’Orient donnaient récemment la parole à l’archevêque maronite de Damas, monseigneur Samir Nassar : « Avec les obus aveugles qui tuent les innocents chaque jour, nous continuons à vivre en sursis, entre les mains de la Providence. »

    C’est entre Damas et la Ghouta que se joue actuellement l’une des dernières grandes batailles de cette interminable guerre syrienne. La Ghouta est une banlieue à la fois industrielle et agricole de la capitale syrienne, contrôlée par différentes factions d’opposition depuis le début de la guerre. La reprendre serait symbolique : « Qui tient Damas tient la Syrie », répétait Hafez el Assad. Son fils semble partager l’idée, au point d’avoir rappelé l’une de ses troupes les plus aguerries qui se battait jusqu’alors à Idlib : le Tigre.

  • Xi Jinping, empereur à vie ?

    IMPRIMER

    cina10.jpg"Le parti communiste chinois (PCC) a proposé d’autoriser le président de la République populaire de Chine à rester en poste au-delà de la limite constitutionnelle de deux mandats. Concrètement, cette proposition ouvre la voie à un maintien au pouvoir "à vie" de l’actuel président Xi Jinping. Emmanuel Veron, docteur en géographie, spécialiste de la Chine et enseignant à l’INALCO, décrypte les enjeux pour Aleteia.

    Surnommé « l’empereur rouge », Xi Jinping est considéré comme le dirigeant chinois le plus important depuis quarante ans. Président de la République populaire de Chine depuis 2013, il aurait dû, conformément à la Constitution du pays, quitter ses fonctions en 2023. Mais, surprise (ou pas), le comité central du Parti communiste chinois (PCC) vient de proposer d’effacer de la constitution la mention stipulant qu’un président « ne peut pas exercer plus de deux mandats consécutifs » de cinq ans.

    Depuis son arrivée à la tête du PCC fin 2012, Xi Jinping a tout mis en œuvre pour concentrer les pouvoirs sur sa personne et rétablir autour de lui un quasi-culte de la personnalité. Omniprésent, il a également durci sa politique de répression à l’égard des médias mais aussi au sein du PCC en menant une vaste lutte « contre la corruption » (plus d’un million de cadres ont été sanctionnés). Aujourd’hui âgé de 64 ans, Xi Jinping pourrait-t-il devenir le « Mao Tsé-toung du XXIe siècle » ? Docteur en géographie, spécialiste de la Chine et enseignant à l’INALCO, Emmanuel Veron revient pour Aleteia sur les enjeux d’une telle annonce.

    Cette proposition du Parti communiste chinois vous fait-elle l’effet d’une bombe ou, au contraire, s’inscrit-elle dans une certaine logique ?
    Emmanuel Veron : Cette affaire était dans les tuyaux depuis longtemps. Les premiers signaux ont été lancés au moment du congrès du PCC en octobre 2017. Le comité permanent, renouvelé à cette occasion, donne la trajectoire politique de la Chine au moins pour les cinq prochaines années. Chacun a senti la figure particulière de Xi Jinping : une concentration des pouvoirs sur sa personne, un pouvoir fort, et surtout la nouvelle équipe qu’il a nommé au comité permanent. Dans les faits, beaucoup de proches tels que Li Zhanshu, directeur de la direction générale du Comité central du PCC, et Wang Yang, vice-premier ministre, l’entourent au sommet du parti et de l’État mais aussi des figures intellectuelles et universitaires.

    Lire aussi : La Chine de Xi Jinping : de pire en pire

    Jusqu’à quand Xi Jinping pourrait-il rester à la tête de la Chine ?
    Il me semble évident que Xi Jinping va rester pour au moins trois mandats et cela pour trois raisons. La première est le contexte international dans lequel la Chine est insérée : la Chine de Xi Jinping s’est mondialisée à un niveau sans précédent dans l’histoire du monde et du pays et l’actuel président est loin d’en avoir terminé. Le deuxième point concerne la politique nationale. Le pouvoir communiste chinois a besoin de maintenir au pouvoir quelqu’un de fort qui puisse conduire d’un seul et même trait les nombreuses réformes dont le pays a besoin et… avec une politique dirigiste. Il est donc malheureusement aussi assez évident que sur le plan national cette politique va s’accompagner d’un durcissement du contrôle et de la censure. Enfin, la troisième raison que je vois est le niveau de puissance qu’a atteint la Chine. Par exemple, jamais Pékin n’avait investi à ce point sur le continent africain (en vingt ans, la Chine est devenue le partenaire économique le plus important pour l’Afrique avec un commerce sino-africain multiplié par 20 et l’implantation de 10 000 entreprises chinoises en Afrique, d’après un récent rapport du cabinet Mckinsey Africa). Comment la Chine peut-elle continuer à s’affirmer à un tel niveau sur le plan international ? Pour le PCC la réponse a un nom : Xi Jinping. Empereur à vie, je ne sais pas, mais ce qui est certain c’est qu’avec lui la Chine s’inscrit dans une vision qu’elle a d’elle-même et déploie sa stratégie pour être la plus grande puissance au monde.

    Lire aussi : Pourquoi le Vatican tend la main à la Chine ?

    Comment le projet des « nouvelles routes de la soie » s’inscrit-il dans le calendrier de Xi Jinping ?
    C’est LE projet de Xi Jinping pour la Chine de demain ! Depuis presque cinq ans, la politique étrangère de la Chine se traduit par ces nouvelles routes de la soie. Lancées en 2013 par le président, elles doivent relier, par terre et par mer, la Chine au Proche-Orient, à l’Afrique et à l’Europe, en passant par l’Asie centrale. Au niveau financier, on est sur plus de 1 000 milliards de dollars investis côté chinois uniquement pour la construction d’infrastructures. Dans les faits, ce projet s’inscrit dans un temps long de recentrement du monde sur la Chine. L’objectif visé : sortir d’un cadre occidentalisé, onusien et, à terme, redessiner le monde avec la Chine comme centre, les pays européens comme périphéries et la « marginalisation » des États-Unis. Pour la Chine, ces nouvelles routes de la soie sont également… les nouvelles routes de la foi. En terme d’échéance, l’horizon visé est la seconde moitié du XXIe siècle. Le gouvernement chinois vise le centenaire de la République populaire de Chine pour la mise en place de ce projet.

    Lire aussi : Chine : des églises encore persécutées

    Cette annonce peut-elle ou va-t-elle changer les relations de la Chine avec l’Occident ?
    Xi Jinping se trouve dans une logique de pouvoir et de puissance. Le langage diplomatique de la Chine à l’égard des États-Unis va, selon les dossiers, se durcir et en particulier là où la Chine talonne les États-Unis. Le jeu assez dur mené par Pékin et Washington va nécessairement impacter les décisions de l’Union européenne qui a finalement peu de marge de manœuvre par rapport à la Chine. La Chine a tout intérêt à avoir en face d’elle une Europe fragmentée et va certainement développer des relations bilatérales avec chaque pays."

    Ref. Xi Jinping, empereur à vie ?

    Mais quel accord le pape actuel espère-t-il obtenir d’un pouvoir absolu qui, au fond, n’a rien à négocier avec lui ? A défaut d’un compromis impossible, une compromission est déjà bien engagée par l’Eglise patriotique inféodée au régime en place. Face à Créon,  il faut choisir son rôle : Antigone ou Ismène ?

     JPSC

  • Ce n'est vraiment pas le moment d'oublier la Syrie

    IMPRIMER

    D'Anne-Bénédicte Hoffner sur le site du quotidien La Croix :

    En Syrie, les Églises alertent sur l’intensification des violences

    « C’est vraiment un moment infernal », lance le nonce apostolique en Syrie dans les colonnes de l’Osservatore romano, rappelant que la défaite de l’État islamique n’a pas réglé tous les problèmes du pays.

    De son côté, l’archevêque maronite de Damas s’alarme d’un « effondrement » de son Église en raison de l’exil d’un nombre croissant des Syriens.

    « Ici à Damas, les coups tombent surtout dans certaines zones, comme la vieille ville ou dans d’autres quartiers avec une forte présence chrétienne », alerte le cardinal Mario Zenari, nonce en Syrie, interrogé par L’Osservatore romano dans son édition du 22 février. « Mais à environ quinze kilomètres à l’est, dans ce que l’on appelle la Ghouta orientale, on parle d’un déluge de feu. Bombardements constants, artillerie, combats… C’est vraiment un moment infernal ».

    Le régime syrien semble avoir décidé d’en finir avec l’une des dernières poches rebelles dans le pays (avec celle d’Idlib au Nord) : la Ghouta orientale, où vivent environ 400 000 habitants, ainsi que de nombreux groupes armés islamistes – proches des Frères musulmans ou d’Al-Qaida. De nouveaux bombardements meurtriers ont eu lieu lundi 26 février, malgré la trêve demandée par l’ONU et appuyée par des pressions internationales.

    Les frappes aériennes, qui ont fait plus de 550 morts depuis le 18 février dans cette enclave assiégée, semblent toutefois avoir baissé d’intensité, même si des accusations d’attaques chimiques ont été évoquées avec 14 cas de suffocation.

    Bombardements dans les quartiers chrétiens

    De leur côté, les rebelles ont repris eux aussi leurs bombardements en direction de la capitale depuis janvier, faisant plusieurs morts et de nombreux blessés, en particulier dans les quartiers chrétiens de Bab Touma et Kassaa, les plus proches géographiquement de la Ghouta.

    Lire la suite

  • RDC : « Le consensus de corruption, horizon indépassable de l’histoire congolaise ? »

    IMPRIMER

    La 3eme marche des catholiques congolais (25 février) et puis quoi ? Pour l’analyste Thierry Vircoulon, le maintien au pouvoir de Joseph Kabila en RDC tient au pacte tacite passé avec les acteurs sécuritaires, politiques et économiques. Lu dans « Le Monde » de ce 26 février 2018 :

    marche 25 février.jpg

    « Chronique. En République démocratique du Congo (RDC), le début de l’année 2018 a un air de déjà-vu. Depuis la fin constitutionnelle du régime en 2016, le pays est une cocotte-minute dont la température monte régulièrement.

    Après l’organisation d’une bastonnade en règle des chrétiens contestataires à Kinshasa, le 21 janvier, le pape s’est ému et le cardinal Monsengwo a décrit la RDC comme une « prison à ciel ouvert ». Le gouvernement belge a décidé d’arrêter sa coopération avec le régime congolais et d’attribuer son aide au développement à des organisations de la société civile et non plus au gouvernement. Les autorités congolaises ont répliqué avec toute la panoplie des représailles diplomatiques : arrêt des activités de la coopération belge, fermeture du consulat de Lubumbashi et réduction des vols de la compagnie aérienne belge pour Kinshasa.

    Lire aussi :   La RDC signifie à la Belgique la fermeture du consulat Schengen à Kinshasa

    Tout cela ressemble à une répétition du début des années 1990. À cette époque, le président au pouvoir, Mobutu Sese Seko, s’accrochait au pouvoir contre l’Eglise, la Belgique et les États-Unis – tout comme Joseph Kabila aujourd’hui. Certains protagonistes de la crise actuelle sont les mêmes : Lambert Mende, porte-parole de l’actuel gouvernement, était alors ministre de Mobutu, et Mgr Monsengwo, à la tête de la Conférence nationale puis du Haut Conseil de la République, faisait déjà figure d’opposant. Le seul absent de cette nouvelle transition imposée est Etienne Tshisekedi, qui est décédé au début de l’année 2017 mais dont un fils, Félix, continue de jouer un rôle dans les rangs de l’opposition.

    Comme le gouvernement actuel, Mobutu utilisait la rhétorique de la souveraineté bafouée et la fibre anticoloniale contre la Belgique. Comme le gouvernement actuel, il jouait de la concurrence entre Bruxelles et Paris, incitant le gouvernement français à remplacer l’ex-puissance coloniale financièrement et militairement. Et comme le gouvernement actuel, le maréchal-président n’hésita pas à traiter par la force la contestation de l’Église (telle la marche des chrétiens le 16 février 1992).

    Lire la suite