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International - Page 5

  • Comment l'immigration et le multiculturalisme changent le monde

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    Du site "Pour une école libre au Québec" :

    Exodus de Paul Collier, comment l'immigration et le multiculturalisme changent le monde

    Exodus: l’immigration et le multiculturalisme au XXIe siècle est un livre de 2013 de l’économiste Paul Collier sur la manière dont la migration affecte autant les migrants que les pays d’origine et de destination de ces migrants. L’ouvrage se penche sur les effets économiques de l’immigration internationale et la lutte contre la pauvreté. Le livre de Collier affirme également que l’exode des cerveaux est l’un des inconvénients, souvent négligés, de la migration. Selon Colin Kidd, Collier soutient que la politique d’immigration occidentale a été guidée non par la raison, mais par des réactions émotionnelles face à la culpabilité postcoloniale occidentale « tout en étouffant la prise en compte de problèmes plus vastes de pauvreté dans le monde ».

    L’ouvrage qui vient d’être traduit en français est déjà considéré comme un classique dans le monde anglo-saxon. Sans céder à l’émotion, le professeur à Oxford y décrypte les conséquences de l’immigration, aussi bien pour les pays d’accueil que de départ. Loin d’être une chance, celle-ci fragilise l’Europe et appauvrit l’Afrique.

    Pour Collier, si l’immigration ne frappe pas les nations d’obsolescence, son accélération continue, conjuguée à une politique de multiculturalisme assumé, pourrait menacer leur viabilité. L’absorption s’est révélée plus difficile que prévu. Tout indiquerait que l’accroissement continu de la diversité pourrait, à un moment ou à un autre, mettre en péril les accomplissements fondamentaux des sociétés modernes. 

    Si beaucoup d’économistes vantent les bienfaits de l’immigration, pour Collier c’est en grande partie une position incantatoire. Ces économistes répondent à la mauvaise question : « L’immigration est-elle une bonne chose ? » plutôt que « Quel est le meilleur niveau d’immigration ». Nous ajouterions une question sur le type d’immigration, toutes les immigrations à même effectif ne se valant pas. Deuxièmement, ces économistes mettent généralement en avant les effets à court terme sur le PIB, alors que les effets à long terme importent davantage. Troisièmement, les recherches les plus fiables sur l’effet de l’immigration sur les salaires moyens ont montré qu’il est nul, ou très proche de zéro. Quatrièmement, cela a un coût social, notamment en matière de logement. Cinquièmement, les effets économiques sont probablement moins importants que les effets sociaux, qui n’ont pas fait l’objet de suffisamment de recherches.

    L’un des messages que ce livre tente de véhiculer, c’est que les cultures, ça compte. La culture, c’est ce qui sépare les diasporas des autochtones, et certaines cultures sont plus que d’autres éloignées de celle de la population indigène.

    Paul Collier
    Exodus 
    Immigration et multiculturalisme au XXIe siècle
    aux éditions L’ARTILLEUR,
    en février 2019, 
    411 pages

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  • Harcèlement, heures supplémentaires, humiliation ouverte et népotisme : l'insupportable culture de travail qui sévit chez Amnesty International

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    De Dominique Dewitte sur le site de L'Express.live :

    Amnesty International est soumise à une culture de travail «toxique» depuis un quart de siècle

    Ce problème peut entacher gravement la réputation de l'organisation

    L’organisation de défense des droits humains Amnesty International souffre d’une culture de travail toxique depuis des années. C’est la conclusion d’un rapport du consultant Konterra Group. Amnesty International avait demandé au consultant de procéder à un audit de son organisation après le suicide de deux employés l’an dernier. Le rapport décrit un environnement de travail dans lequel règnent une culture de harcèlement, d’heures supplémentaires, d’humiliation ouverte et de népotisme.

    Le groupe Konterra mentionne un problème qui dure depuis au moins un quart de siècle. Amnesty International a été créée au début des années 1960 par l’avocat britannique Peter Benenson.

    Plan de réforme

    « De nombreux employés ont souvent déclaré qu’ils se sentaient exclus des discussions importantes« , indique le rapport. « Le personnel entendait souvent dire qu’il ne servait à rien. Il y avait aussi régulièrement des menaces qui sortaient du cadre des procédures disciplinaires normales. Ces problèmes semblent dominer la culture du travail depuis plus de vingt-cinq ans. »

    Le rapport, qui a principalement porté sur le secrétariat international de l’organisation à Londres, mentionne également un grave manque de confiance dans la direction de l’organisation.

    « De nombreux employés considèrent leur emploi comme une vocation », indique le rapport. « Les employés disent que la nature de leurs tâches peut avoir des effets traumatisants. Cependant, la plupart des problèmes de bien-être ne sont pas liés à l’exposition aux traumatismes ou à la souffrance. Ils proviennent bien davantage de la culture et de la charge de travail, qui ont un effet particulièrement néfaste. »

    Kumi Naidoo, secrétaire général d’Amnesty International, a reconnu que l’étude avait abouti à des conclusions alarmantes. Il a promis de présenter un plan de réforme d’ici la fin mars.

    Atteintes à la réputation

    « Amnesty International n’est en aucun cas la seule grande organisation confrontée à de tels problèmes », commente l’étude publiée dans le journal britannique The Times. « Oxfam a également récemment publié les conclusions provisoires d’un rapport sur une série de scandales sexuels au sein de son organisation. »

    « Là encore, les faits établis étaient symptomatiques d’un plus large éventail de problèmes dont l’organisation a souffert. Comme c’est le cas pour Amnesty International, de nombreux employés d’Oxfam ont également mentionné le harcèlement et un environnement de travail toxique. »

    « De nombreuses personnes du secteur bénévole et communautaire décrivent des difficultés dans la gestion de leurs organisations », note le Times. « Les employés et les dirigeants de ces organisations peuvent probablement compter davantage sur l’engagement que sur le professionnalisme. »

    « La conviction du droit moral peut avoir des conséquences dévastatrices. Cela peut conduire à une attitude caractérisée par l’impatience et l’intolérance à l’égard de ses collègues. Cependant, ces organisations ont de puissants ennemis et sont donc particulièrement vulnérables aux atteintes à la réputation. En conséquence, leur mission risque également de perdre de la crédibilité. »

  • Rapprochement avec la Chine communiste : le Vatican se fourvoie-t-il ?

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    Lu dans Le Soir d'aujourd'hui (p. 12) : 

    Chine : Une répression sans précédent de toutes les religions 

    Du jamais vu depuis la Révolution culturelle, selon les experts. Les musulmans ouïghours sont particulièrement ciblés, mais catholiques, protestants et membres du Falun Gong sont aussi ostracisés. … « Dans plusieurs provinces chinoises (Dongbei, Anhui, Henan, Mongolie Intérieure), les messes de Noël ont été contrôlées par la police : elles étaient interdites aux moins de 18 ans. Et dans d’autres provinces (Hebei, Shaanxi, Yunnan), les célébrations et décorations de Noël étaient interdites », détaille Bernardo Cervellera, prêtre catholique et éditeur du site AsiaNews , lié à l’Institut pontifical pour les Missions à l’étranger  … « La situation des catholiques s’est encore compliquée après le lancement il y a un an des Nouvelles régulations sur les activités religieuses , poursuit le père CervelleraLes communautés officielles sont depuis contrôlées sur les dimensions des croix, la hauteur des statues, les textes qu’elles mettent en ligne. Et la retransmission en live des cérémonies est interdite. De plus, une politique de sinisation est en cours, qui a mené à la destruction de clochers ou de façades pas assez chinoises . Désormais, les hymnes patriotiques doivent être chantés avant les offices et le portrait de Xi Jinping doit être accroché sur l’autel. Quant à l’Eglise illégale, souterraine , elle n’a pas le droit d’exister. Les lieux de culte sont fermés, saisis, et on est sans nouvelles plusieurs évêques et prêtres qui ont été arrêtés puis ont disparu ».

  • Avortement : la trahison du chef de la Cour Suprême des Etats-Unis

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    De Michel Janva sur le Salon Beige :

    Avortement : trahison du chef de la Cour Suprême des Etats-Unis

    Avortement : trahison du chef de la Cour Suprême des Etats-Unis

    En 2005, George Bush nommait à la Cour Suprême le juge John Roberts, conservateur modéré et catholique pratiquant, soupçonné par des associations pro-avortement de vouloir revenir sur l’arrêt de la Cour suprême autorisant l’avortement. Mais Roberts n’avait pas déclaré d’intention de casser Roe vs Wade, et ne s’est engagé sur aucun autre sujet controversé depuis sa désignation. Cette réserve était la condition d’une confirmation sans encombre par le Sénat. Mais elle pouvait également cacher des options judiciaires décevantes pour les conservateurs et les pro-vie américains.

    Et c’est le cas.

    La Cour suprême des Etats-Unis a bloqué, jeudi 8 février, l’entrée en vigueur d’une loi de Louisiane, qui permettait de restreindre l’accès à l’avortement. Ce dossier était considéré comme un test pour la Cour. La décision a été prise à une courte majorité, le chef de la Cour, John Roberts, ayant joint sa voix à celle des quatre magistrats progressistes pour geler la législation de Louisiane.

    Ce texte prévoit d’imposer aux médecins volontaires pour pratiquer des avortements d’avoir une autorisation d’exercer dans un hôpital situé à moins de 50 kilomètres du lieu de l’opération. Les pro-avortements avaient saisi la Cour suprême en urgence pour qu’elle le bloque, en attendant une décision sur le fond.

    Depuis son élection, Donald Trump a réussi à y faire entrer les magistrats pro-vie Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh, qui ont tous deux pris parti pour l’entrée en vigueur de la loi de Louisiane. Mais cela n’a pas suffit.

    Il y a deux ans, le juge Roberts avait voté avec les conservateurs pour maintenir une loi similaire au Texas, qui avait été invalidée par la majorité progressiste. En se prononçant jeudi pour bloquer celle de Louisiane, il a donc changé de position, voire de camp.

  • Chine : la mise au pas de l'Eglise catholique se confirme

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    De Jean-Marie Dumont sur le site de l'hebdomadaire Famille Chrétienne :

    Les catholiques chinois et la « sinisation » 

    La République populaire de Chine (RPC) célébrera en octobre les 70 ans de sa fondation par Mao Zedong. Tout porte à croire qu’à l’approche de cet anniversaire, les actions visant à « siniser » les secteurs de la société considérés comme influencés par l’étranger, notamment les groupes religieux, vont se poursuivre. C’est ce qui ressort d’une rencontre dont a rendu compte le 22 janvier l’agence Ucanews, basée à Hong Kong. Wang Zucan, n°2 du Département du travail du Front uni, agence du Parti communiste, s’est adressé à la Conférence des évêques de l’Église catholique en Chine et à l’Association patriotique des catholiques de Chine, deux organes non reconnus par le Vatican, même si les évêques qui les dirigent le sont. Évoquant l’importance de « hisser le drapeau rouge avec cinq étoiles dans les cours des églises », il leur a demandé « de progresser sur la voie de l’indépendance, de l’autonomie et de l’auto-administration de l’Église, et du fonctionnement démocratique de l’Église ». Des propos faisant étrangement écho à ceux de Benoît XVI déclarant en 2009 « les principes d’indépendance et d’autonomie, d’autogestion et d’administration démocratique de l’Église » « inconciliables avec la doctrine catholique ». À cette réunion se trouvait Mgr Joseph Ma Yinglin, l’un des sept évêques ordonnés sans mandat pontifical, dont le pape a levé le 22 septembre l’excommunication, mais qui préside toujours la Conférence épiscopale non reconnue. Dans cette rencontre, il a tenu un discours qui avait les apparences de l’allégeance, s’engageant à « progresser de plus en plus sur la voie de la sinisation pour obtenir un résultat satisfaisant pour le 70e anniversaire de la RPC ». Ce genre de rencontres et de propos illustre les incertitudes qui accompagnent le rapprochement actuel entre Rome et la Chine, les évêques dont l’excommunication a été levée ne manifestant pour l’heure publiquement aucune prise de distance notable avec le pouvoir chinois.

    Jean-Marie Dumont

    Lire également : Le Vatican s’oppose à l’intégration des catholiques clandestins à l’Église patriotique

  • Vers la liberté des chrétiens dans les pays musulmans ?

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    François et les émirs 30424324-29057941.jpgLe pape François et le grand imam Al Tayeb ont apposé ensemble leur signature au bas d'une déclaration commune sur la fraternité universelle qui suscite quelques interrogations  politiquement -ou religieusement- "incorrectes" de Michel Janva sur le site web « salon beige » :

    Le Pape François et le Grand Imam d’Al-Azhar Ahmad Al-Tayeb ont signé hier à Abou Dhabi un Document sur la fraternité humaine pour la paix dans le monde et la coexistence commune. Sans caractère magistériel, ce document plaide pour un certain nombre de principes, parmi lesquels la liberté de religion, dont on sait que les chrétiens ont à souffrir dans les pays musulmans :

    « La liberté est un droit de toute personne : chacune jouit de la liberté de croyance, de pensée, d’expression et d’action. Le pluralisme et les diversités de religion, de couleur, de sexe, de race et de langue sont une sage volonté divine, par laquelle Dieu a créé les êtres humains. Cette Sagesse divine est l’origine dont découle le droit à la liberté de croyance et à la liberté d’être différents. C’est pourquoi on condamne le fait de contraindre les gens à adhérer à une certaine religion ou à une certaine culture, comme aussi le fait d’imposer un style de civilisation que les autres n’acceptent pas. »

    Nous sommes en droit tout de même de nous demander en quoi le pluralisme de religion est une volonté divine… et surtout comment les musulmans qui adhèrent à ce texte vont le mettre en oeuvre dans leurs pays où la conversion de musulmans au Christ est prohibée et punie.

    Autre paragraphe, qui devrait abolir l’état de dhimmitude subie par de nombreux chrétiens en paix musulmans :

    « Le concept de citoyenneté se base sur l’égalité des droits et des devoirs à l’ombre de laquelle tous jouissent de la justice. C’est pourquoi il est nécessaire de s’engager à établir dans nos sociétés le concept de la pleine citoyenneté et à renoncer à l’usage discriminatoire du terme minorités, qui porte avec lui les germes du sentiment d’isolement et de l’infériorité ; il prépare le terrain aux hostilités et à la discorde et prive certains citoyens des conquêtes et des droits religieux et civils, en les discriminant. »

    Concernant les Emirats Arabes Unis, si les musulmans sont majoritaires dans le pays, la population des Émirats est composée à 85 % d’étrangers. Un million d’entre eux sont catholiques : des Européens, mais surtout des Asiatiques originaires des Philippines, d’Inde ou du Sri Lanka, ou encore des Libanais. Pour la première fois, ils ont pu assister à une messe publique. Ils ont certes le droit de pratiquer mais de manière discrète. Mardi matin, ils étaient 135 000 réunis dans le stade Zayed Sports Center, sans compter ceux massés à l’extérieur et qui n’ont pas pu entrer, faute de place, mais pour lesquels des écrans géants avaient été installés pour qu’ils puissent suivre la messe. Le gouvernement des Émirats arabes unis leur avait octroyés une journée de congé pour qu’ils puissent assister à cette messe.

    Ref. Vers la liberté des chrétiens dans les pays musulmans ?

    JPSC

  • Une grande première : la messe célébrée par le pape dans la péninsule arabique

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    D'Anne Kurian sur zenit.org :

    Emirats arabes unis : la première messe célébrée par un pape sur la péninsule arabique

    Le chrétien n’est armé que de sa foi et de son amour

    Le dernier rendez-vous de cette visite a été consacré aux chrétiens : le pape François a célébré une messe au stade « Zayed Sports City », avec quelque 180 000 baptisés d’une centaine de nationalités, mais aussi 4 000 musulmans.

    Il est arrivé aux alentours de 10h (7h à Rome) en voiture découverte, aux abords du stade, où il a été ovationné chaleureusement par des pèlerins qui scandaient « We love you ! » C’est dans le stade même, comble – 45 000 places -, que le pape a célébré la messe, sous un grand podium blanc.

    Dans son homélie, il s’est spécialement arrêté sur la Béatitude de la « douceur » : « Heureux les doux » (Mt 5, 5). « N’est pas heureux celui qui agresse ou écrase, mais celui qui garde le comportement de Jésus qui nous a sauvé : doux aussi devant ses accusateurs », a-t-il souligné. Et de donner aux chrétiens le conseil de saint François « sur la manière de se rendre auprès des Sarrasins et des non chrétiens » : « Ne faire ni procès ni disputes, être soumis à toute créature humaine à cause de Dieu et confesser simplement qu’ils sont chrétiens » (Première Règle, XVI).

    « Ni procès, ni disputes, a insisté le pape, et cela vaut aussi pour les prêtres… le chrétien part armé seulement de sa foi humble et de son amour concret. »

    Prêts à faire du bien à quiconque

    Il a aussi appelé à « la sainteté du vivre-au-quotidien, qui n’a pas besoin de miracles et de signes extraordinaires » : « Les Béatitudes ne sont pas pour des super-hommes, mais pour qui affronte les défis et les épreuves de chaque jour. Celui qui les vit selon Jésus rend propre le monde. Il est comme un arbre qui, même en terre aride, absorbe chaque jour de l’air pollué et le restitue oxygéné. »

    Et le pape a exhorté : « Je vous souhaite d’être ainsi, bien enracinés en Jésus et prêts à faire du bien à quiconque vous est proche. Que vos communautés soient des oasis de paix. » Il s’agit de « tenir son cœur propre… pratiquer la douceur et la justice malgré tout… être miséricordieux avec tous… vivre l’affliction en étant unis à Dieu ».

    La célébration reflétait les couleurs et les langues des différents rites représentés : chaldéens, coptes, grecs-catholiques, grecs-melchites, latins, maronites, syro-catholiques, syro-malabars, syro-malankars… que le pape a salués avant de rejoindre l’aéroport pour rentrer à Rome.

  • La Déclaration sur la Fraternité signée à Abu Dhabi par le pape et le grand imam d'al-Azhar

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    Une dépêche de l'Agence Fides :

    ASIE/EMIRATS ARABES UNIS - Signature d’une Déclaration d’Abu Dhabi sur la fraternité de la part du Pape et du grand imam d’al-Azhar

    Abu Dhabi (Agence Fides) – Un Document sur la fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune signée par le Pape François et le cheikh Ahmed al Tayyeb, grand imam d’al-Azhar, en tant qu’instrument visant à attester aux yeux du monde que « la foi porte le croyant à voir dans l’autre un frère à soutenir et à aimer » et que « de la foi en Dieu, qui a créé l’Univers, les créatures et tous les êtres vivants – égaux pour Sa Miséricorde – le croyant est appelé à exprimer cette fraternité humaine en sauvegardant la Création et tout l’Univers et en soutenant toute personne, en particulier les plus nécessiteuses et les plus pauvres ». Tel est l’événement imprévu qui a marqué la participation du Pape à la Conférence sur la fraternité humaine en cours à Abu Dhabi au cours de l’après-midi du 4 février dans le cadre de sa visite apostolique aux Emirats arabes unis.

    La signature de ladite déclaration a eu lieu au Founders Memorial, après les interventions tenues à la conférence par le Prince héritier, le cheikh Mohammed bin Zayed Al Nahyan, par Ahmed Al-Tayyib, grand imam d’al-Azhar, et par le Pape François. Les trois hommes sont entrés dans la salle de la conférence en se tenant par la main. Le grand imam d’al-Azhar, dans son intervention, a révélé que l’idée de signer ensemble un document sur la fraternité humaine et la paix était née autour d’une table à la Domus Sanctae Marthae, au Vatican, à l’occasion d’une visite de ce même cheikh Ahmed al Tayyeb au Pape François.

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  • Après un pape argentin, un pape philippin ?

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    De l'abbé Claude Barthe sur Res Novae :

    Res Novae : Après le Pape Bergoglio, le Pape Tagle ?

    Res Novae : Après le Pape Bergoglio, le Pape Tagle ?

    Cette analyse est extraite du numéro 4 de la lettre d'information, d'analyse et de prospective religieuse Res Novae, dirigée par l'abbé Claude Barthe (cf. présentation ici). Pour pouvoir lire cette lettre, il suffit de s'y abonner aux conditions indiquées ci-dessous. À la fin de la dernière assemblée du Synode des évêques, le cardinal Luis Antonio Gokim Tagle, archevêque de Manille, s’est distingué sur l’une de ces vidéos qu’il affectionne et qui a fait le tour du monde. Il y fait des pas de danse pour signifier la pastorale missionnaire de l’Église qui s’avance vers les hommes, cependant qu’autour de lui des personnes de différentes régions du monde claquent des doigts sur le rythme qu’il donne.On ne saurait d’ailleurs être plus synodal que le cardinal Tagle. En 2014, il avait eu ces mots, lors d’une conférence de presse à la Sala Stampa du Saint-Siège : « Dans ce Synode, l’esprit de Vatican II s’est manifesté chez les Pères ». Et après la dernière assemblée, il délivrait aux jeunes ce message : « Le synode va continuer là où vous êtes dans le monde entier, dans vos maisons, vos paroisses, vos écoles ».

    Souriant et… énigmatique…

    Souriant et énigmatique, assez insaisissable, il se dévoile peu, comme s’il était « en réserve ». Sa pensée n’a peut-être pas une grande originalité. Cependant, pour les personnages les plus en vue du pontificat actuel, Luis Antonio G.Tagle est rêvé comme le nouveau Montini de ce nouveau Roncalli que représenterait le Pape François. Que serait en effet devenu Vatican II, ouvert par Angelo Roncalli, sans l’élection (difficile) de Giovanni Battista Montini, en 1962 ? À la mort de Jean XXIII, aucun texte n’avait été encore voté. Le vrai Concile a été dirigé par Paul VI, réformateur inquiet et décidé, tout en étant relativement « modéré » par rapport aux progressistes de type Rahner et autres du groupe Concilium. Le pape Montini est donc celui qui a mené à terme les intuitions roncalliennes dans ce qu’il pensait devoir être un merveilleux rajeunissement du visage de l’Église.Ce grand remue-ménage d’aujourd’hui, qui finalement ne bouge pas grand-chose mais crée un style ecclésial nouveau, une sorte d’hyper-Vatican II (les ouvertures morales d’Amoris lætitia), n’aura de conséquences durables que si le successeur de François a la capacité de réellement bâtir une nouvelle étape dans la transformation de l’Église.

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  • Le discours du pape à Abou Dhabi

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    logo-emirats-arabes-abu-dhabi-800x425.pngEmirats arabes unis: le discours de la paix à Abou Dhabi (traduction officielle) (source)

    « Le devoir de bannir toute nuance d’approbation du mot guerre »

    « La fraternité humaine exige de nous, représentants des religions, le devoir de bannir toute nuance d’approbation du mot guerre », déclare le pape François dans son discours d’Abou Dhabi lors du sommet des religions pour la paix ce lundi 4 février 2019.

    Voici la traduction officielle en français du discours du pape François devant les participants de ce congrès, de différentes religions. Nous allons compléter plus tard les ajouts signalés notamment par (…).

    Discours du pape François

    Al Salamò Alaikum! La paix soit avec vous!

    Je remercie de tout cœur Son Altesse le Sheikh Mohammed bin Zayed Al Nahyan et le Docteur Ahmad Al-Tayyib, Grand Imam d’Al-Azhar, pour leurs paroles. Je suis reconnaissant au Conseil des Anciens pour la rencontre que nous venons d’avoir, près de la Mosquée du Cheikh Zayed.

    Je salue cordialement les Autorités civiles et religieuses et le Corps diplomatique. Permettez-moi aussi un remerciement sincère pour l’accueil chaleureux que tous m’ont réservé, ainsi qu’à notre délégation.

    Je remercie aussi toutes les personnes qui ont contribué à rendre possible ce voyage et qui ont travaillé avec dévouement, enthousiasme et professionnalisme pour cet événement: les organisateurs, le personnel du Protocole, celui de la sécurité et tous ceux qui de diverses manières ont donné leur contribution «dans les coulisses». Un merci spécial à Monsieur Mohamed Abdel-Salam, ancien conseiller du Grand Imam.

    De votre patrie je me tourne vers tous les pays de cette Péninsule, auxquels je désire adresser mon plus cordial salut, avec amitié et estime.

    Avec un esprit reconnaissant au Seigneur, en ce huitième centenaire de la rencontre entre Saint François d’Assise et le sultan al-Malik al-Kamil, j’ai accueilli l’opportunité de venir ici comme croyant assoiffé de paix, comme frère qui cherche la paix avec les frères. Vouloir la paix, promouvoir la paix, être instruments de paix: nous sommes ici pour cela.

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  • Le Pape en voyage aux Émirats arabes unis pour tendre la main à l'islam

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    De Jean-Marie Guénois dans le « Figaro » : 

    Pape Emirat 368608695.jpg"François est arrivé dimanche soir à Abu Dhabi pour une visite de trois jours au cours de laquelle il compte confirmer sa politique de main tendue avec l'islam. Un déplacement dans un contexte tendu, alors que ce pays est impliqué dans le conflit au Yémen.

    Mettre ses pas dans ceux de Saint François. Il y a huit siècles exactement, en 1219, le poverello d'Assise rencontrait le Sultan Malik Al-Kamil sur le delta du Nil. La cinquième croisade battait son plein mais la rencontre fut pacifique. Cette même démarche de paix, le pape François entend la mener à sa manière, ce lundi et mardi, dans un tout autre contexte: lors d'un voyage aux Émirats arabes unis (EAU) où, pour la première fois, le chef de l'Eglise catholique foule la péninsule arabique et va y célébrer une messe chrétienne en plein air.

    «Je suis heureux de cette opportunité offerte par le Seigneur, a confié François dans un message vidéo le 31 janvier adressé aux Emirats arabes unis, pour écrire, dans votre cher pays, une nouvelle page dans l'histoire des relations entre les religions en confirmant que nous sommes frères même si nous sommes différents». Ainsi le pape affermit-il sa politique de main tendue avec l'islam. Il couronnera cet élan à la fin du mois de mars par une visite au Maroc.

    Diplomatie vaticane

    Ces deux jours à Abu Dhabi ne vont toutefois pas de soi en raison du contexte du conflit des Emirats arabes unis et de l'Arabie Saoudite avec le Yémen. À commencer par la diplomatie vaticane qui aurait plutôt appuyé sur le frein si elle avait été associée à l'organisation de ce voyage non prévu dans le calendrier et décidé par le pape seul. Emile Nakhleh, ancien directeur du programme d'analyse de la stratégie politique de l'islam de la CIA, cité par l'hebdomadaire progressiste catholique américain, National Catholic Reporter - pourtant proche du pontificat - résume le problème: «Ce n'est pas une bonne optique pour le pape de visiter les Emirats Arabes Unis qui sont toujours impliqués dans les atrocités commises au Yémen. Je ne sais pas comment sa sainteté peut même justifier cela».

    Mais un autre expert, le Frère Paul Lansu, conseiller du mouvement catholique «Pax Christi international» y voit une opportunité pour François «de parler avec les autorités de ce pays en espérant qu'il puisse convaincre les responsables des Emirats de changer de politique à propos du désastre qu'ils ont fait au Yémen avec les Saoudiens.»

    Une conférence mondiale sur «la fraternité humaine»

    Il n'est même pas certain que François aborde ce sujet fâcheux sur place. Dimanche 3 février, juste avant de prendre l'avion, il a toutefois lancé à Rome un énième appel international «d'urgence» pour une action au Yémen: «Je suis la crise humanitaire du Yémen avec grande préoccupation. La population est épuisée par ce long conflit et une multitude d'enfants souffrent de la faim sans pouvoir accéder aux dépôts d'alimentation. Le cri de ces enfants et de leurs parents monte devant la présence de Dieu». Dans sa prière pour le Yémen, il a encore ajouté: «Prions fortement, parce que ce sont des enfants qui ont faim, qui ont soif, qui n'ont pas médicaments, qui sont en danger de mort.»

    Certes le thème officiel du déplacement, «fais de moi un instrument de ta paix», reprend la première phrase de la fameuse prière de Saint François d'Assise. Certes le nouveau porte-parole du pape, Alessandro Gisotti, a précisé que ce 27ème déplacement du pape avait pour objectif de barrer la route aux «professionnels de la haine» qui «instrumentalisent le nom de Dieu pour justifier la violence».

    Mais François vient avant tout aux EAU pour participer, lundi, avec 700 autres responsables religieux de toutes confessions, à une «conférence mondiale sur la fraternité humaine» organisée par le «Conseil Musulman des Sages» présidé par son ami, le cheikh Ahmed Al Tayeb, recteur et grand iman de l'université Al Azhar du Caire (Egypte) qu'il va rencontrer pour la cinquième fois en cinq année de pontificat.

    Pour la messe, 130 000 fidèles attendus

    C'est lui qui a invité François. L'enjeu, pour l'Eglise catholique, étant d'obtenir, à terme, un statut juridique de «citoyen» pour les habitants chrétiens des pays musulmans. Le défi pour les musulmans étant de montrer le visage d'un islam tolérant. Ce voyage - fortement médiatisé par ce pays qui a financé deux agences internationales de communication anglo-saxonnes à cette fin - s'inscrit de fait dans le cadre de l'année de la «Tolérance» décrétée en 2019 par les Emirats Arabes Unis

    Relativement ouvert, ce pays de tradition musulmane malikite et non wahhabite, plus rigoriste, dispose d'un ministère de la «Tolérance». Il admet l'existence de 76 églises - dont 9 catholiques - mais avec interdiction de signes extérieurs et de prosélytisme chrétien. 90 % de ses habitants sont des étrangers essentiellement philippins et indiens. Ce sont eux qui formeront, mardi, le gros des 130.000 fidèles attendus pour la messe publique du pape. Ces travailleurs immigrés, mal payés, ne disposent d'aucun droit du sol aux Émirats arabes unis. Ils y demeurent des étrangers".

    Ref. Le Pape en voyage aux Émirats arabes unis pour tendre la main à l'islam

    JPSC

  • Quel mal ont donc fait les Chrétiens d'Orient pour qu'on leur accorde si peu de considération ?

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    De Monseigneur Gollnisch sur le Figaro Vox (lefigaro.fr):

    «Quel mal ont fait les Chrétiens d'Orient pour qu'on leur accorde si peu de considération ?»

    «Quel mal ont fait les Chrétiens d'Orient pour qu'on leur accorde si peu de considération ?»

    FIGAROVOX/TRIBUNE - La bienveillance des pays occidentaux envers les Chrétiens d'Orient, si nécessaire soit-elle, ne suffit pas à leur rendre justice, considère Mgr Gollnisch. Les Chrétiens d'Orient font partie de notre civilisation, la civilisation de la Méditerranée, et doivent être considérés comme tels, souligne l'homme d'Eglise.

    Monseigneur Gollnisch est directeur général de l'Œuvre d'Orient et Vicaire général de l'Ordinariat des catholiques orientaux en France. En 2016, il a publié Chrétiens d'Orient, résister sur notre terre (Cherche midi).

    Il est temps de redécouvrir l'unité de la civilisation méditerranéenne, notre civilisation.

    De l'Andalousie à la Turquie, de l'Algérie à la Provence, du Maroc à la Grèce et à la Croatie, les paysages se ressemblent, travaillés par les mondes grec et latin, araméen et arabe, égyptien et berbère. Les oliviers, les vignes, les palmiers, les collines qui descendent vers la mer, les pêcheurs, les chants, les temples: voici cette civilisation méditerranéenne, une et multiforme, liée à l'Afrique et à l'Arabie, à la Perse et à l'Europe centrale.

    Comment oublier ce que nous devons aux civilisations égyptienne, araméennes, et assyro-babylonienne? La Méditerranée que tant de gens du nord aiment rejoindre aux beaux jours ne saurait être une division entre deux mondes. Ce serait couper en deux notre propre civilisation, notre propre corps. Il est clair qu'une minorité musulmane se déploie en Europe, dans des pays qui n'y étaient pas habitués, ni préparés. Cela pose les problèmes que nous savons, qui ne sont pas insurmontables mais qui exigent des uns et des autres un retour sur soi-même, une conversion et une clarification qui pourront être bénéfiques à chacun.

    Au sud et à l'est de notre Méditerranée commune, il y a des chrétiens enracinés là depuis deux mille ans.

    Qu'est-ce que les chrétiens disent d'eux-mêmes? Qu'est-ce que les musulmans disent d'eux-mêmes? Et qu'est-ce que la laïcité dit d'elle-même, à un moment où plusieurs confondent la laïcité des pouvoirs publics, celle des services publics, de l'espace publique ou de l'opinion publique. Le prix de la laïcité a été remis en 2017 aux Femen qui avaient envahi la Cathédrale Notre-Dame et l'église de la Madeleine: comment aider dans ces conditions ceux des musulmans réticents à intégrer la laïcité?

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