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islamisme - Page 5

  • Chrétiens d’Orient : l’armée irakienne entre dans Qaraqosh

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    Lu sur le site web de "Famille chrétienne"

    liberation-qaraqosh_article.jpgEnfin ! Plus de deux ans après la prise de Qaraqosh par les hommes de Daech, la ville où résidaient près de 50 000 chrétiens est en partie libérée.

    Au deuxième jour de l'offensive visant à reprendre Mossoul des mains des islamistes, l'armée irakienne a pénétré dans Qaraqosh, située à une dizaine de kilomètres à l'est de Mossoul. « Ce n'est qu'après 17 h 30 que des éléments plus clairs nous parviennent enfin. L'armée irakienne a réussi à s'ancrer dans plusieurs points des quartiers périphériques de la ville après un affrontement avec des éléments de Daech au sud de Qaraqosh. Plusieurs témoignages font état de la présence de tireurs embusqués dans la ville » peut-on lire sur le site de Fraternité en Irak, association humanitaire qui suit en direct l'avancée de l'offensive.

    « Les jeunes dansaient de joie ! »(photo) raconte Ibrahim Lallo, le directeur adjoint du camp de déplacés chrétiens d'Ankawa 2, situé en périphérie d'Erbil. C'est ici que des milliers de chrétiens sont réfugiés depuis l'été 2014 et attendaient le moment de la libération. « Les jeunes se sont retrouvés sur le terrain de football du camp, ils chantaient, ils dansaient. Les autres ont de nouveau un peu d'espoir. Ils ne pensent plus à quitter l'Irak mais veulent rester pour voir comment la situation va évoluer. Tout le monde est content de cette nouvelle ».

    ︎ À lire aussi : La bataille de Mossoul est lancée

    Peu d'informations circulent concernant l'état de Qaraqosh. « On dit qu'il n'y a pas beaucoup de maisons détruites. Ce qui est une bonne chose : les églises seraient debout. Il n'y aurait pas eu beaucoup de bombardements » rapporte Ibrahim Lallo, ajoutant que « les spécialistes de l'armée travaillent à enlever les mines et les pièges ».

    Si la ville de Qaraqosh est sur le point d'être totalement libérée, il ne faut pas s'attendre à un retour rapide des populations déplacées. L'expérience montre que Daech a l'habitude de piéger et de miner les maisons, les rues ou les champs. « Ça prendra quelques mois. Trois, quatre ou six… Mais ici, on pense que même s'il faut attendre 6 mois, c'est bien. C'est une telle joie de savoir Qaraqosh libérée » s'exclame le directeur adjoint du camp d'Ankawa 2.

    Dans un communiqué, Mgr Gollnisch, directeur de l'Œuvre d'Orient, appelait, lundi 17 octobre, à une « libération rapide et totale des villes chrétiennes de la plaine de Ninive […] Cela redonnera aux chrétiens qui le souhaitent l'espoir de pouvoir rentrer chez eux. Cependant, cela suppose d'assurer, sans délai, le déminage et le dépiégage de cette zone ainsi que le rétablissement des infrastructures de base. »

    La vaste offensive visant à reprendre Mossoul et sa région est menée principalement par les forces irakiennes et kurdes, aidées de l'aviation occidentale. La coalition compterait environ 30 000 hommes tandis que le nombre d'islamistes à Mossoul est évalué à 5 000.

    Ref. L’armée irakienne entre dans Qaraqosh

    JPSC

  • "Syrie : le grand aveuglement"; un reportage étonnant d'objectivité sur France2

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    Du site ihsnews.net :

    (VIDEO) Un reportage de France 2 sur la Syrie, étonnant d’objectivité et de justesse d’analyse

    Voici un reportage qui détonne par rapport à ce que l’on trouve habituellement dans les médias occidentaux et plus spécialement en France. Et cet étonnement est d’autant plus grand, que le reportage est surprenant d’équilibre, de modération, de rigueur et de tentative d’objectivité, alors qu’il fut diffusé sur une chaîne du service public. Bien sûr, l’on pourrait lui reprocher de survoler ou du moins de passer un peu rapidement sur certains sujets, mais difficile de faire mieux dans un format regardé par le plus grand nombre. Aussi, nous vous recommandons grandement cet épisode de l’émission Un oeil sur la planète ayant pour titre : Syrie : le grand aveuglement.

  • Les recrues étrangères de l’EI ont un niveau d’éducation plus élevé qu’attendu

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    Lu sur ihsnews.net :

    Etonnantes révélations sur le niveau d’éducation des recrues de l’EI

    Alors que les djihadistes sont souvent présentés comme des rejetés n’ayant aucun avenir dans leur pays d’origine, et qui se lancent dans l’islamisme faute d’éducation, une étude de la Banque mondiale bat en brèche ces stéréotypes, puisque les recrues étrangères de l’EI ont un niveau d’éducation plus élevé qu’attendu. Le groupe islamiste « n’est pas allé chercher ses recrues étrangères parmi les pauvres et les moins bien formés », constate l’institut.

    C’est « plutôt le contraire », précise mercredi l’étude de la Banque mondiale, basée sur la fuite de données internes de l’Etat islamique (EI) et portant sur 3803 recrues.

    Il s’agit d’informations concernant le pays de résidence, la nationalité, le niveau d’éducation ou encore les expériences précédentes dans le djihadisme et la connaissance de la charia, la loi islamique, ont précisé les auteurs de l’enquête, consacrée plus largement à la situation économique de la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord).

    « L’une des découvertes les plus importantes est que ces personnes sont loin d’être des illettrées », constate la Banque mondiale. Elle estime que ces données apportent « un éclairage » sur le profil des combattants de l’EI.

    Moyenne d’âge de 27,4 ans

    La plupart des recrues, pour la période de 2013 à 2014, « assurent avoir une formation secondaire. Une partie importante a poursuivi ses études jusqu’à l’université », précisent les chercheurs de l’institution internationale, qui fixent à 27,4 ans la moyenne d’âge des effectifs étrangers de l’EI.

    Selon les données, 43,3% ont effectué des études secondaires, 25,4% sont allés à l’université. Seulement 13,5% ne sont pas allés au-delà de l’école primaire et 1,3% s’est déclaré illettré, le reste (16,3%) n’ayant pas donné d’information sur leur formation.

    « Les recrues de l’Etat islamique provenant d’Afrique, du sud et de l’est de l’Asie et du Moyen-Orient sont significativement plus éduquées que leurs compatriotes. La grande majorité affirme avoir eu un emploi avant de rejoindre l’organisation », explique la Banque mondiale.

    Selon l’étude, les recrues se sont rendues en Syrie avec des objectifs « divers ». « Certaines souhaitaient apporter leur aide à l’administration de l’organisation, d’autres arrivaient avec le désir de mettre un terme à leur vie en se mettant à leur service et d’autres voulaient simplement se battre », souligne l’étude.

    « La proportion de ceux souhaitant participer à des tâches administratives, mais aussi celle de candidats au suicide, augmente avec le niveau d’éducation », explique l’étude.

    L’étude arrive à la conclusion que la marginalisation « paraît être un risque de radicalisation », pointant du doigt « le chômage » comme une des causes de l’engagement auprès de l’EI.

    P. H. Ross avec ats

  • Vient de paraître : Magazine « Vérité et Espérance-Pâque Nouvelle » : n° 100, automne 2016

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    Le magazine trimestriel « Vérité & Espérance – Pâque Nouvelle » édité par l’association « Sursum Corda » (responsable de l'église du Saint-Sacrement à Liège) a publié sa livraison d'été. Tiré à 4.000 exemplaires, ce magazine abondamment illustré parcourt pour vous l’actualité religieuse et vous livre quelques sujets de méditation (les articles mentionnés ci-dessous en bleu sont disponibles en ligne sur le blog de l’église du Saint-Sacrement: cliquez sur le titre de l’article).

    mag_100_sept2016_corr02-page-001.jpg

    Au sommaire de ce numéro n° 100 (automne 2016) : 

    contrat Delta ingenieur stabilité339.jpg

    Brève histoire du sacrement de pénitence (II)

    Anima Christi

    Notes de lecture :

    Les racines juives de la messe – le Testament du Roc

    contrat Delta ingenieur stabilité340.jpg 

    Rome et le monde : 

    France : deux attentats islamistes endeuillent les vacances

    Le sacrifice du matin

    Aux JMJ de Cracovie : le pape appelle les « jeunes divans » à la fraternité multiculturelle

    Benoît XVI : Dernières Conversations

     

    Belgique:

    Fraternité des Saints Apôtres : la décision qui fâche

    15 juillet : le nouvel archevêque de Malines-Bruxelles décrète la dissolution de la Fraternité des Saints Apôtres

    Quelques réactions dans la « cathosphère »

    La dissolution de la Fraternité des Saints Apôtres et l’obéissance à l’Eglise

     

    Secrétaires de Rédaction : Jean-Paul Schyns et Ghislain Lahaye

    Editeur responsable: SURSUM CORDA a.s.b.l. ,

    Vinâve d’île, 20 bte 64 à B- 4000 LIEGE.

    La revue est disponible gratuitement sur simple demande :

    Tél. 04.344.10.89  e-mail : sursumcorda@skynet.be 

    Les dons de soutien à la revue sont reçus  avec gratitude au compte IBAN:

     BE58 0016 3718 3679   BIC: GEBABEBB de Vérité et Espérance 3000, B-4000 Liège

    JPSC

     

  • Le pape François à la rencontre des périphéries dans le Caucase

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    De Jean-Marie Guénois, envoyé spécial à Tbilissi (Géorgie) et Bakou (Azerbaïdjan), dans le « Figaro » du 2 octobre 2016

    « Le pape François poursuit, ce dimanche, son voyage dans le Caucase, par une dernière étape en Azerbaïdjan. Il doit quitter aux aurores Tbilissi, la capitale de Géorgie, où il a passé deux jours dans l'indifférence populaire et une relative tension avec les orthodoxes largement majoritaires dans ce pays pour rentrer, dans la soirée de dimanche, à Rome. Mais l'accueil des musulmans chiites d'Azerbaïdjan ne pourra pas être pire que celui des chrétiens orthodoxes de Géorgie… Même si la glace a fondu en surface, ces chrétiens ont confirmé leur réputation d'être les plus anticatholiques de toute l'orthodoxie mondiale.

    Le paradoxe est que les musulmans chiites d'Azerbaïdjan se montrent beaucoup plus bienveillants pour la poignée de catholiques - une paroisse, sept prêtres, 570 catholiques recensés! - puisque le grand Mufti du Caucase, Allahs Hukur Pashazade, a financé une partie de leur église catholique de Bakou consacrée en 2007.

    L'Église catholique serait donc mieux accueillie dans le sud du Caucase par les musulmans que par des chrétiens orthodoxes? Oui, probablement mais une nuance près. Les catholiques sont ultraminoritaires dans les deux cas: 2,5 % de la population en Géorgie ; 0,01 % en Azerbaïdjan. Ils sont donc totalement inoffensifs. L'Azerbaïdjan, en frontière avec l'Iran, est musulman à 88 % mais à majorité chiite (62 %). L'islam y est, de plus, en pleine expansion: lors de l'indépendance vis-à-vis de l'Union Soviétique, le 30 août 1991, le pays comptait 17 mosquées, il y en a 2000 aujourd'hui.

    Absence de délégation orthodoxe dans un stade aux trois-quart vide

    Après avoir dit la messe du dimanche dans l'église catholique de Bakou, la capitale d'Azerbaïdjan, le pape François doit rencontrer le président de la République, Ilham Heydar Aliyev. Il visitera, l'après-midi, la grande mosquée flambant neuve - inaugurée en 2014 elle porte le nom du président financeur - pour un entretien avec le grand Mufti du Caucase. Entrevue suivie par une rencontre interreligieuse avec un discours très attendu du pape François qui sera le clou de son 16° voyage hors d'Italie.

    Quel souvenir le pape François emportera-t-il, dimanche soir, dans son avion de retour? Il le confiera peut-être aux journalistes qui l'accompagnent lors d'une conférence de presse aérienne devenue rituelle en rentrant de chaque voyage, mais il est certain que jamais encore, depuis son élection en 2013, le pape François n'aura reçu un accueil aussi froid qu'en Géorgie même s'il a vécu des moments très chaleureux aux contacts de la petite communauté catholique de ce pays.

    L'absence, en particulier, d'une délégation orthodoxe à la messe papale de samedi matin dans le stade - au trois quart vide - de Tbilissi alors que cette présence officielle orthodoxe avait été annoncée par le Vatican, quelques jours avant le départ, comme un pas historique vers une réconciliation, a été plutôt mal vécu par la délégation vaticane. »

    Ref. Caucase : le pape à la rencontre des musulmans, après un accueil glacé des orthodoxes

    JPSC

    Lire aussi : les mariages entre catholiques et orthodoxes sont interdits par l'Eglise orthodoxe géorgienne

  • Quand les rescapés de Saint-Etienne-du-Rouvray se confient

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    Lu sur le site de l'hebdomadaire "Famille Chrétienne" (Luc Adrian) :

    Confidences exclusives des rescapés de Saint-Étienne-du-Rouvray

    Repères

    Le 26 juillet 2016, deux djihadistes interrompent la messe matinale célébrée quotidiennement en l'église Saint-Étienne, à Saint-Étienne du Rouvray, dans la banlieue de Rouen. Y participent trois religieuses et trois laïcs, dont un couple, Guy et Janine Coponet. Après une macabre mise en scène, ils égorgent le célébrant, l’abbé Jacques Hamel, puis tentent de tuer Guy Coponet. Ils sont abattus en sortant de l’église.

    «Vous voyez les vaches ?, interroge la dame au téléphone. – Oui, répond le journaliste parisien. J’aperçois six vaches, on dirait même qu’elles broutent – Ça fait plus de vingt ans qu’elles broutent, ajoute Madame Coponet : elles sont en plastique. Bon, vous prenez à droite des vaches, puis la deuxième à gauche. On vous attend. » Sur ce dialogue surréaliste, on enfile une ruelle de pavillons en briques rouges et silex qui va cogner contre la ligne de chemin de fer Paris-Le Havre. Le « rond-point des vaches » est l’un des nombrils de Saint-Étienne-du-Rouvray, commune ouvrière de la banlieue sud de Rouen. En face, les falaises de la Seine. S’y juchent la basilique de Bonsecours et le cimetière, à flanc de coteau, où repose la dépouille du Père Jacques Hamel, assassiné par deux jeunes djihadistes le 26 juillet alors qu’il célébrait la messe dans l’église Saint-Étienne.

    Guy et Janine Coponet accueillent dans leur jardinet. Ce couple qui fête ses 63 ans de mariage n’a jamais voulu répondre aux questions des journalistes Guy n’est mentionné dans la presse que comme Monsieur C. Ils ont néanmoins accepté de recevoir Famille Chrétienne. Dans leur salon, devant le buffet normand, à côté de la pendule dont le tintinnabulement égrènera les deux heures de l’entretien, nous rejoint Danielle Delafosse, qui assistait elle aussi, avec deux de ses sœurs religieuses, à la messe ce mardi-là, en la Sainte-Anne. C’est elle qui donna l’alerte. Ensemble, Danielle, Janine et Guy partagent ce qu’ils n’ont jamais dit.

    Guy Coponet, vous devriez être mort ?

    Guy Coponet – Oui. Ils m’ont frappé de trois coups de couteau, au bras, au dos et à la gorge. L’urgentiste qui m’a soigné m’a dit : « Il y avait une main divine sur vous car aucun des coups n’a touché un organe vital. Or, ce n’était vraiment pas loin… C’est comme un miracle ! »

    Ce « miracle », vous le voyez comme un signe ?

    Guy – Le Seigneur a permis que je survive pour témoigner de sa miséricorde. Cela m’est pénible : je n’aime pas paraître. Je suis un ouvrier à la retraite, j’aime la vie cachée de Nazareth. Me retrouver sous les feux des projecteurs me fait horreur.

    Quel fut le plus dur pour vous dans cette épreuve ?

    Guy – Filmer. Les deux jeunes tueurs m’ont attrapé par le « colbach », m’ont mis une caméra dans les mains et m’ont dit : « Papy, tu filmes. » Ils venaient même vérifier la qualité des images et constater que je ne tremblais pas trop. J’ai dû filmer l’assassinat de mon ami le Père Jacques ! Je ne m’en remets pas. Car c’est du théâtre leur sale « truc », de la mise en scène. Ils voulaient faire une vidéo destinée à faire le tour du monde sur les réseaux sociaux, ce qui leur permettrait de mériter leur titre de gloire de « martyr » d’Allah. Ils ont même pris le temps de se ceinturer de scotch pour faire croire qu’ils allaient se faire exploser, alors qu’il n’y avait que du scotch. Mais nous ne l’avons appris qu’ensuite…

    Lire la suite

  • Mgr Lebrun à Assise : une parole à méditer

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    Hier, 19 septembre 2016, Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, était à Assise, invité par la communauté de Sant’Egidio pour ce rassemblement interreligieux auquel le Pape se joindra mardi. Dimanche, il s’est exprimé devant les délégations présentes à Assise. Le texte intégral de l’ intervention de Mgr Lebrun  se trouve sur le site de « Riposte catholique » :   

    «La Providence me conduit à Assise quelques semaines après l’assassinat du Père Jacques Hamel, à la fin de la messe, par deux jeunes hommes se réclamant de leur foi musulmane.  Oui, l’esprit d’Assise est bien présent, et il porte du fruit un peu partout ! Mais voilà que le mystère du Mal semble nous submerger et venir troubler ce chemin.

    Ici, je voudrais demander la grâce de continuer le chemin du dialogue, un dialogue qui soit plus fort et plus vrai, plus intérieur. Je demande quatre grâces :

    1. Je demande à Dieu, par l’intercession de saint François et du père Jacques Hamel, la grâce du pardon. Pardonner les assassins ? Ce n’est pas si difficile de pardonner deux assassins, mais ceux qui les commanditent, les encouragent, les approuvent, cela est plus rude. Que la Parole de Jésus s’accomplisse : «Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font» (Lc 23;34).
    1. Lorsque des responsables de Daech sont tués par des bombardements, quelle est ma pensée : ils ont ce qu’ils méritent ? Ouf, en voilà quelques-uns d’éliminés ? Ou bien que va-t-il se passer pour eux en paraissant devant Dieu ? Suis-je capable de prier pour leur salut, de les aimer ? Je demande la grâce de les aimer comme des frères, c’est à dire de désirer les retrouver dans le Royaume des Cieux. Que la Parole de Jésus nous stimule : «Moi, je vous dis : aimez vos ennemis» (Mt 5;44).
    1. Le père Jacques appartient à la lignée des martyrs. Il est bienheureux, dit le Pape François. Il n’est pas encore béatifié. Je reçois des lettres qui le demandent. Certaines m’incitent à demander la dispense de cinq ans. Je demande la grâce que la reconnaissance du martyre ne soit pas une bannière levée pour combattre et condamner ; mais la joie de rendre grâce pour le don d’un prêtre qui a donné sa vie comme le Christ. Que la Parole de Jésus m’habite : «Dieu a envoyé son Fils unique… non pas pour juger le monde, mais pour que par Lui, le monde soit sauvé» (Jn 3;17).
    1. Enfin, je demande la grâce d’un dialogue en vérité avec mes amis musulmans. Des questions se posent sur notre possible cohabitation. Dans la vie sociale et familiale, tout est-il compatible entre nos religions ? J’aimerais aussi interroger avec un infini respect ce qu’ils appellent leur soumission à un Dieu qui est au-dessus de l’humanité. Ce qu’ils perçoivent de Dieu n’est-il pas d’un tel absolu que toute réalité, même la vie humaine, n’aurait guère d’importance en comparaison ? Je voudrais, en même temps, témoigner de ma foi en Dieu qui s’est fait homme en Jésus : il est entré dans l’humanité, et ainsi dans ses limites. Quel beau mystère qui élève l’homme à la dignité divine et qui, en même temps, se mêle à son histoire chaotique.

    Je demande ces grâces, non sans remercier déjà pour celles reçues depuis l’offrande de la vie du père Jacques Hamel. Qu’il suffise de souligner la visite rendue par de nombreux musulmans à nos assemblées dominicales le dimanche 31 juillet. C’était bien une famille rendant visite à une famille en deuil,  et cela est bon. Nous sommes de la même famille humaine, promis donc à la même famille divine. Par Jésus le Christ.»

    Ref. Mgr Lebrun à Assise

    JPSC

  • Ce 14 septembre, le pape François célèbre sa messe pour le père Hamel

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    Quoi qu’il pense du point de savoir si le germe de la violence peut être écarté de la parole de l’Islam et de son fondateur n’empêche évidemment pas le pape François d’exprimer sa réprobation de l’assassinat du P. Hamel et d’offrir aujourd’hui sa messe matinale pour lui. Son porte-parole le fait savoir dans un communiqué de presse et la célébration sera diffusée sur CTV (la télévision du Vatican). Lu sur le site de "Famille chrétienne" : 

    « Le 14 septembre 2016, le pape François célébrera la messe à  la chapelle de Sainte-Marthe au Vatican, “en signe de proximité“ avec les proches du Père Jacques Hamel et toute la communauté de Rouen (France), a affirmé le 13 septembre un communiqué de Greg Burke, directeur de la Salle de presse du Saint-Siège. Un groupe de 80 pèlerins normands emmenés par leur évêque, Mgr Dominique Lebrun, assisteront à la messe du pape, en mémoire du prêtre assassiné le 26 juillet 2016 dans sa paroisse de Saint-Etienne du Rouvray (Seine-Maritime).

    Le Saint-Siège avait alors dénoncé un “meurtre barbare“ et fait part de la “douleur“ du pape, “particulièrement bouleversé par cet acte de violence qui s’est déroulé dans une église au cours d’une messe, action liturgique qui implore de Dieu sa paix pour le monde“, avait affirmé le Souverain pontife, dans un télégramme adressé, le 26 juillet, à l’archevêque de Rouen (France). 

    Quelques heures plus tôt, deux hommes armés de couteaux avaient surgi dans une église de Saint-Etienne-du-Rouvray, près de Rouen, au cours de la messe. Ils avaient pris en otages cinq personnes qui se trouvaient à l’intérieur, puis tué le prêtre et grièvement blessé une fidèle âgée. En sortant de l’église, les deux preneurs d’otages, “deux terroristes se réclamant de Daech“, selon le président de la République François Hollande, avaient été tués par les forces de l’ordre. Dans l’homélie des funérailles du Père Jacques Hamel, le 2 août, Mgr Dominique Lebrun avait révélé que le prêtre s’était écrié : “va-t’en Satan !“, à la figure de ses assaillants. 

    Exceptionnellement, la messe de suffrage en l'honneur du prêtre assassiné, le 14 septembre à Sainte-Marthe, sera diffusée en direct sur CTV, la chaîne de télévision du Vatican. »

    Ref. Ce 14 septembre, le pape célébre sa messe pour le père Hamel

    JPSC

  • Nouvelles attaques de talibans contre des quartiers chrétiens au Pakistan

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    ASIE/PAKISTAN - Mort d’un laïc catholique dans le cadre d’une attaque des talibans contre un quartier chrétien de Peshawar

    Peshawar (Agence Fides) – Quatre militants talibans ont attaqué ce matin vers 05.30 locales la Christian colony, quartier chrétien de Peshawar, ville du nord du Pakistan. Un laïc catholique, Samuel Masih, père de famille, a été tué et deux protestants, employés comme agents civils de sécurité ont été blessés. C’est ce qu’indique à Fides le Père Yunis Riaz, Curé de la Paroisse Saint Michel, sur le territoire de laquelle se trouve la Christian colony. Dans une fusillade intervenue par après, deux militaires et un agent de police ont été blessés alors que les quatre talibans auteurs de l’attaque sont morts.

    Le Père Riaz, Curé à Peshawar depuis cinq ans, raconte, dans le cadre d’un entretien accordé à Fides, ces moments agités : « Les quatre militants étaient embusqués hors de la Colonie. Ils ont attendu que la barrière s’ouvre pour faire sortir Samuel, qui devait se rendre au travail. A ce point, ils ont ouvert le feu, tuant Samuel et pénétrant dans la colonie. Dans la fusillade, nos deux agents de sécurité civils ont été blessés. Ils ont cependant donné l’alarme et appelé des renforts. Les militaires sont arrivés et ont poursuivi l’affrontement avec les terroristes. Deux d’entre eux ont été tués par l’armée. Deux autres se sont fait exploser, attendus que tous les quatre portaient des ceintures explosives, détruisant une habitation dans laquelle ils s’étaient barricadés mais sans pour autant faire d’autres victimes ».

    Le Curé poursuit : « Je me suis rendu sur place. Les gens ont peur. Nous sommes en deuil suite à la mort de Samuel. Dans la colonie, vit une trentaine de familles chrétiennes dont dix sont catholiques. Il s’agit de personnes simples, en majeure partie travaillant au nettoyage de bureaux de l’administration. Ce sont des gens dotés d’une foi forte. Nous surmonterons cela également ».

    « Les talibans – conclut le Père Riaz – frappent de manière indiscriminée des objectifs civils et militaires, des écoles et des familles. Ils veulent détruire la paix et jouir de visibilité en menaçant les institutions. Nous resterons unis pour protéger la paix sociale et religieuse. En tant que chrétiens, nous ferons ce qui nous appartient de faire, en priant et en travaillant pacifiquement, construisant chaque jour la paix dans notre vie quotidienne ». (PA) (Agence Fides 02/09/2016)

  • Les femmes voilées en Belgique, un effet de mode ?

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    deuil lilian.jpgDans  la « Libre », Dorian de Meeûs pose trois questions sur le voile islamique en Belgique à Felice Dassetto, sociologue des religions, professeur émérite UCL et membre de l'Académie Royale de Belgique. 

    Le nombre de femmes voilées a-t-il augmenté en Belgique ces dernières années ?
     

    A ma connaissance, il n'y a pas de chiffres à ce sujet. Mais mon impression est plutôt en sens contraire. Le pic du port du foulard semble avoir été atteint dans les années 2010. Depuis lors, il me semble que la situation est stagnante. En regardant ces questions, il faut prendre en compte également la succession des générations. La population qui a été hautement concernée a été la première et surtout la deuxième génération. En raison de l'impact de la prédication salafiste et des Frères musulmans dans les années 2000. Après le 11 septembre 2001 et les interpellations mal ressenties par une jeunesse musulmane, un sursaut identitaire pieux, alimenté par les groupes cités a trouvé son expression féminine dans l'obligation du foulard. Les choses pourraient changer auprès des troisièmes, quatrièmes générations. C'est à suivre et cela demanderait des recherches ou du travail journalistique de fond, qui manquent. Il y a également des phénomènes en sens contraire, car certaines femmes commencent à comprendre qu'elles paient un prix cher -sur le plan de l'emploi- en suivant ces obligations, qui restituent la lettre plus que l'esprit. L'esprit étant celui de la pudeur et il concerne tant les femmes que les hommes. Malheureusement, de nombreux leaders musulmans pensent que la lettre prime sur l'esprit. 

    Comment expliquez-vous cette "mode" ou "tendance" depuis une dizaine d’années?
     

    La politisation et la médiatisation française autour du burkini, peut donner à penser qu'il y a là une surenchère nouvelle, ce qui ne me semble pas être le cas. Mais à condition de ne pas faire de la surenchère polémique de part et d'autre et de ne pas tomber dans des débats contreproductifs et, selon moi, erronés. Il peut y avoir un effet d'imitation, donc de mode. Mais l'impact plus grand est celui de la prédication, tant des salafistes que des Frères musulmans, qui ont fait de cet objet identitaire une marque de la "vraie" musulmane. Ils en ont également fait un drapeau: celui, avec les mosquées, de la présence de l'islam en Europe. Dans les discours saoudiens, à l'origine du salafisme, ce projet était et est, explicite. 

    En Belgique, le port du voile est-il un acte volontaire des femmes musulmanes ou est-ce le fruit d’une forte pression des hommes de la communauté musulmane ?
     

    L'analyse est la même partout en Europe ; il peut y avoir des cas d'injonction externe, mais je ne généraliserais pas. Je soulignerais plutôt que globalement, c’est un climat diffus au sein des communautés musulmanes, ainsi que dans l'ensemble du monde musulman, qui ont fait de cet objet un "absolu". Il faut ajouter également que pour une jeune musulmane de la deuxième génération, dans les années 2000, porter le foulard était parfois un condition pour trouver un "bon" mari. Enfin, il ne faut pas oublier que - aussi paradoxale que cela puisse paraître, porter un foulard dans certains quartiers à fort contrôle social, c'est également synonyme de liberté de mouvement sans être harcelés par des jeunes qui trainent aux stations de métro, par les rumeurs qui circulent dans la communauté. 

    Ref. Les femmes voilées en Belgique, un effet de mode ?

    Les signes identitaires religieux ou autres n’ont plus la cote  dans le monde sécularisé.  Il fut néanmoins un temps, pas si lointain, où il convenait pour les femmes occidentales de mettre un chapeau pour sortir. Et les hommes eux-mêmes portaient des couvre-chefs. Question de mode vestimentaire et sans doute plus pour les dames qui se couvraient d’une mantille ou d’un « fichu » à l’église. Si vraiment le foulard des musulmanes gêne les sécularistes sectaires,  pour qu’il ne soit  plus un porte-drapeau, la meilleure façon de faire est de ne plus le critiquer. Une attitude libérale lui ôtera ses attraits militants ou transgressifs des dogmes de la modernité avancée.

    JPSC

  • « L’Islam, c’est la paix » pour les uns, « l’Islam, c’est la violence » pour les autres : stop aux formules paresseuses.

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    candiard.jpg Lu sur le site Figarovox cette réflexion d’Adrien Candiard, frère dominicain et membre de l'Institut dominicain d'études orientales (Le Caire). Islamologue, il est notamment l'auteur  de En finir avec la tolérance? Différences religieuses et rêve andalou (Paris, PUF, 2014) et Comprendre l'islam. Ou plutôt: pourquoi on n'y comprend rien (Paris, Flammarion, 2016).»

    FIGAROVOX.  L'irréductible diversité de l'islam sert souvent d'argument pour mettre hors de cause le fait religieux. «Ce n'est pas l'islam» est un leitmotiv qu'on entend à chaque fois qu'une action déplaisante est commise au nom de l'islam. D'autre part, on assiste à une réduction qui consiste à considérer l'islam comme intrinsèquement violent. Comment échapper à ce double écueil?  

    « ADRIEN CANDIARD: En période troublée, on cherche des réponses simples. Il faut pourtant admettre que l'islam — religion qui a quatorze siècles d'histoire, sur des territoires immenses, et qui compte aujourd'hui plus d'un milliard de fidèles dans des cultures très différentes — est une réalité complexe. Complexe ne veut pas dire incompréhensible, mais impossible à réduire à des formules paresseuses: «L'islam, c'est la paix», «l'islam, c'est la violence»… Des formules qui n'aident pas à comprendre, parce qu'elles réduisent l'islam à une de ses dimensions, un de ses courants, voire une de ses caricatures. L'islam n'a pas un «vrai» visage: il en a plusieurs, et nous n'avons pas à choisir celui qui nous convient. Ne pas reconnaître cette diversité et disserter sur la nature de l'islam en général, c'est en fait se contenter chercher la confirmation de ses propres aspirations, de ses arrière-pensées politiques ou de ses angoisses ; cela ne nous apprend rien sur l'islam.

    Certains renvoient dos à dos la violence islamique et la violence d'autres religions. L'islam est-elle une religion spécifiquement violente? Cette violence est-elle à chercher dans le Coran, ou bien sa racine se trouve-t-elle ailleurs?

    Chaque religion a ses propres défis par rapport à la violence. Dans le cas de l'islam, la difficulté tient d'abord à l'ambiguïté des sources à cet égard: on trouve, dans le Coran ou les hadiths, des appréciations très différentes de la violence — d'où d'ailleurs notre désarroi. Ces textes réclament donc une interprétation, et ils ont pu être, dans la tradition musulmane, interprétés de manières très différentes. De plus, l'imaginaire lié à l'islam primitif n'est pas un imaginaire non-violent. L'islam offre une disponibilité à un usage violent. Cela ne fait pas de l'islam une religion violente par nature, car avec ces données, de très nombreux courants, nullement marginaux, ont pu et peuvent encore vivre un islam pacifique. Tout texte appelle une interprétation, spécialement un texte religieux, et même ceux qui prétendent qu'il ne faut pas interpréter ne font en fait pas autre chose ; or l'interprétation est un acte éthique, qui engage la responsabilité de l'interprète. Le croyant n'est pas seulement le jouet d'un texte ou d'une tradition ; la violence peut être favorisée par un contexte, mais elle est d'abord un choix.

    Vous écrivez que le schéma occidental hérité des Lumières, qui oppose la modernité rationnelle à l'obscurantisme de la Tradition est inopérant en ce qui concerne l'islam. Pourquoi?

    La crise que traverse aujourd'hui l'islam, dont nous subissons les conséquences, ne nous est pas opaque seulement parce que nous connaissons mal cette religion ; c'est aussi que nous appliquons spontanément une fausse grille de lecture. On demande un islam moderne, donc forcément ouvert, contre la tradition nécessairement obscurantiste, alors que le conflit de légitimité très violent auquel on assiste oppose justement une version à la fois moderne et intolérante de l'islam — le salafisme — à un islam traditionnel nettement plus à l'aise avec la diversité. Tous les terroristes d'aujourd'hui sont issus de cette réforme moderne de l'islam qu'est le salafisme.

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  • Quand un franciscain d'Alep apporte son témoignage sur le nettoyage religieux en Syrie

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    Le témoignage très émouvant d'un franciscain d'Alep, au meeting de Rimini (23/8/2016) 

    SYRIE: OUVRONS LES YEUX SUR LE NETTOYAGE RELIGIEUX

    Firas Lutfi 23/08/2016 www.lanuovabq.it traduit sur le site Benoît-et-moi :

    Le Père Firas Lutfi, 41 ans, originaire de Hama en Syrie, frère mineur conventuel, est le vicaire de la paroisse Saint-François et le Supérieur du Collège de Terre Sainte à Alep. Invité ces jours-ci du Meeting de Rimini, il est intervenu samedi au rosaire public organisé à Rimini par le Comité Nazarat pour les chrétiens persécutés , en mémoire du Père Jacques Hamel.

    (...) Le texte qui suit est constitué de passages de son témoignage a bracio de samedi dernier, sur ce qui se passe à Alep et plus généralement dans la guerre en Syrie, et la persécution des chrétiens en Syrie et dans le nord de l'Irak.

    Dans cette guerre, le nombre de morts est approximativement de 380 mille, pour moitié des enfants et des femmes. C'est le drame le plus immense du XXIe siècle. Par rapport au début, aujourd'hui les choses sont très claires: il y a un scénario de lutte internationale, de grands intérêts politiques et économiques qui se jouent sur ce terrain. Ceux qui en paient les plus lourdes conséquences, ce sont des femmes et des enfants, des innocents.

    Depuis que la dernière route d'accès a été interrompue, Alep est devenue une grande prison. Avant le conflit, la ville avait 3 millions et demi d'habitants. Nous assistons aujourd'hui à un nettoyage ethnique et religieux peut-être jamais vu dans l'histoire de l'humanité. Les chrétiens étaient 150 mille, aujourd'hui, ils sont moins de 30 mille. Et ceux qui sont restés sont vraiment le 'petit troupeau' et ce sont les plus pauvres. Notre présence en tant que Franciscains est de nous tenir à leurs côtés concrètement.

    [...] Les djihadistes quand ils attaquent, attaquent avec des dizaines de milliers de soldats, ils font vraiment peur. En Irak, quand l'Etat islamique est entré dans la grande vallée de Ninive, et a fait table rase de 150 mille chrétiens qui y vivaient depuis deux mille ans, ils ont marqué les portes des chrétiens avec la lettre nun (Nassarah, chrétiens, ndlr), pour dire: le chrétien qui veut rester - mais personne n'est resté - doit payer le prix de sa présence, il doit être toléré, parce que, selon la loi islamique, dans un état où elle est appliquée sine glossa, un chrétien ne jouit pas des mêmes droits .

    [...] Au père Jacques Hamel, on a coupé la gorge au nom d'Allah. Un autre martyr - et j'ai eu l'honneur de recueillir sa dépouille -, le père Murad, a été abattu. Le Père Frans Van der Lugt également, un autre jésuite hollandais qui était resté à Homs dans la vieille ville, à côté des musulmans et des chrétiens, a été liquidé avec deux balles dans la tête, la veille du jour où ils sont arrivés à un accord entre le gouvernement et les «rebelles» (i.e. les djihadistes!). Ce ne sont pas les seuls martyrs qui ont donné leur sang pour le Christ, pour la cause de l'Evangile, mais ce sont des centaines de milliers d'innocents qui meurent.

    Voilà, ce courage, le martyre du sang, n'est peut-être pas demandé à chacun d'entre nous. Cependant, le mot martyr, qui vient du grec, désigne effectivemnt à la fois le martyre de la vie - vivre héroïquement la foi, l'espérance, la charité - et la disponibilité à offrir sa vie pour le Seigneur.

    Eh bien, le terrorisme, le fanatisme, le fondamentalisme ne sont pas seulement vécus au Moyen-Orient, voilà une raison de plus pour vous encourager à persévérer dans la prière afin que ce fondamentalisme, ce fanatisme ne touche jamais cette terre belle et bénie d'Italie. Que ce sang versé pour le Christ soit vraiment la fin de toute la haine, la semence d'une chrétienté plus authentique, selon l'Evangile.

    Après le martyre du Père Hamel, il y a eu le dimanche suivant la visite des [musulmans dans les] églises. Ces gestes sont bienvenus. Mais malheureusement, une dénonciation claire des grandes écoles de l'Islam, sur l'Isis et ses œuvres, n'a jamais eu lieu, il y a donc tout un chemin à faire. Nous encourageons à parvenir à ce courage de dire: plus jamais de violence au nom de la religion, au nom d'Allah.

    Allah dans l'Islam est le Dieu de miséricorde, le Dieu de la paix, et donc une lecture fondamentaliste du Coran porte un discours vraiment tragique, sanglant, exclusiviste. Donc, aidons nos frères musulmans à comprendre aussi le vrai visage de ce Dieu, qui est un Dieu vraiment miséricordieux, il n'est pas égoïste, c'est un Dieu qui est 'charité', c'est-à-dire relation, un amour qui se donne et ne pense pas seulement à lui-même.

    Il est clair que pour nous, cet amour infini a été manifesté à travers la personne de Jésus-Christ. Mais n'ayons pas peur de le dire! Tant de fois, au nom du pacifisme ou d'une peur de l'autre, nous nous refermons en nous-mêmes. Au lieu de cela, le geste du diocèse auquel appartient le Père Jacques, qui avait offert le terrain pour construire la mosquée, a malheureusement a été payé avec le martyre.

    C'est un discours vraiment brûlant, aujourd'hui, mais une façon de ne pas avoir peur est aussi de revenir aux racines de notre foi. En Orient, nous n'avons pas peur de dire la vérité, et même de donner notre sang suivant l'exemple du Père Jacques, du Père Mourad, du Père Van der Lugt. Si le Seigneur le veut, nous n'avons pas peur de le faire, parce que dans ces terres il y a les racines du christianisme: l'Évangile, la vie apostolique, la vie de Jésus, de la Vierge Marie, la vie missionnaire de saint Paul, de Barnabé et de Luc qui a écrit le troisième évangile sont là, à Antioche, Jérusalem, en Syrie. Eh bien, si on coupe les racines de ce grand arbre du christianisme, le reste de l'arbre dessèche et finalement il meurt. Voilà pourquoi il est important de nous unir tous aux souffrances, à la douleur de nos frères chrétiens, de nos sœurs qui souffrent la persécution, la faim, la soif.

    Au nom de toute la communauté du petit troupeau resté à Alep, je voudrais sincèrement et avec toute la chaleur de mon cœur vous dire merci pour votre présence, pour ce que vous faites pour nous.
    Paix et bien.