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Histoire - Page 3

  • "Le christianisme médiéval, creuset de l'Europe"; la conférence de Mgr Delville du 17 janvier et l'échange qui s'en est suivi

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    Dans le cadre du Cycle de lunchs débats 2017,

    « L’Europe, ses fondements, aujourd’hui et demain »

    LE CHRISTIANISME MÉDIÉVAL,

    CREUSET DE L’EUROPE

    Lunch débat avec Monseigneur Jean Pierre DELVILLE

    Evêque de Liège

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    Université de Liège, salle des Professeurs,

    Mardi 17 janvier 2017

    Le mardi 17 janvier 2017, Mgr Jean-Pierre Delville, Evêque de Liège et professeur hre d’histoire du christianisme à l’université catholique de Louvain (U.C.L.) était l’invité d’un lunch-débat organisé à l’Université de Liège par l’Union des étudiants catholiques de Liège et le Groupe éthique sociale, associés au forum de conférences Calpurnia. Le thème de son exposé portait sur le rôle du christianisme médiéval dans la formation de l’identité européenne.

    Le texte de la conférence et de l'échange qui l'a suivi figure dans celogo-adobe-pdf.jpg

  • Les saints apôtres Philippe et Jacques ("le Mineur") (3 mai)

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    (SourceSaint Philippe et saint Jacques le Mineur, apôtres (1er s.)

    Saint Philippe et saint Jacques le Mineur, apôtres (1er s.)

    S. Philippe était de Bethsaïde, en Galilée, patrie de S. Pierre et de S. André.

    Le Sauveur, dès les premiers jours de sa vie publique, le rencontra et lui dit : "Suis-Moi !" 

    Après la Pentecôte (fête de la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres, cinquante jours après Pâques), il alla prêcher dans les immenses contrées de l'Asie supérieure ; il évangélisa longtemps les Scythes, puis les Galates, les Phrygiens, et c'est dans la ville d'Hiérapolis, en Phrygie, qu'il confirma sa prédication par le témoignage de son sang

    Un jour que le peuple offrait de l'encens à un gros serpent qu'il regardait comme une de ses divinités principales, Philippe, saisi de compassion, se jette à terre et supplie Dieu de délivrer ces malheureux de la tyrannie du serpent infernal. L'affreuse bête expire aussitôt. Le peuple se montrait disposé à accepter la doctrine d'un homme qui opérait de telles merveilles ; mais les magistrats et les pontifes s'emparèrent de l'Apôtre, le battirent de verges, le clouèrent à une croix et l'accablèrent de pierres. À sa mort, la terre trembla et plusieurs édifices s'écroulèrent.

    Saint Philippe mourut dans un âge fort avancé puisque S. Polycarpe eut quelque temps le bonheur de converser avec lui. 

    Saint Jacques le Juste, appelé le Mineur pour le distinguer de Jacques le Majeur (frère de saint Jean), était né à Cana, en Galilée d'Alphée et de Marie, soeur, c'est-à-dire proche parente de la sainte Vierge. St jacques était de la tribu de Juda et "fère de Jésus", c'est-à-dire cousin de Notre-Seigneur selon la chair.

    La tradition affirme qu'il ressemblait au Sauveur, et que les fidèles aimaient à regarder en lui une vivante image de leur Maître remonté dans le Ciel. Jacques eut un frère, Apôtre comme lui, nommé Jude, et ses deux autres frères, Joseph et Siméon, furent disciples de Jésus. 

    Après la Pentecôte, quand les Apôtres se partagèrent l'évangélisation du monde, Jacques se fixa à Jérusalem, pour la conversion spéciale des Juifs. Son autorité était très grande dans l'Église primitive, et, au concile de Jérusalem, c'est lui qui, le premier après saint Pierre, prit la parole.

    "Se référant à Eusèbe, qui écrit que Pierre, Jacques le Majeur (frère de Jean) et Jean ne se réservèrent pas la direction de l'église locale de Jérusalem, mais choisirent Jacques le Juste (le frère du Seigneur) comme évêque (episcopos), le R.P. Daniélou dans son Histoire Ecclésiastique (II, 1, 4) suggère que Jacques le Juste ait été à la fois une sorte de président du collège local des presbytres et d'héritier des pouvoirs apostoliques (naturellement en ce qui concerne l'église locale de Jérusalem)." (4) 

    Les conversions nombreuses et éclatantes opérées par son ministère lui suscitèrent des ennemis.

    En 62, le grand prêtre Anne, fils de celui du pontificat duquel Jésus avait été crucifié, se crut assez fort pour briser la jeune Eglise. Il fit arrêter jacques, le déféra au Sanhédrin. Par Flavius Josèphe et le mémorialiste et historien chrétien Hégésippe, qui écrivait au milieu du IIe siècle, nous connaissons le détail du drame.

    Les princes des Juifs le firent monter sur la terrasse du temple de Jérusalem et lui dirent : "Juste, nous avons confiance en toi ; parle et dis-nous la vérité sur Jésus !"

    Le saint Apôtre s'écria : "Pourquoi m'interrogez-vous sur le Christ ? Il siège dans les Cieux à la droite de la Majesté divine, et un jour Il reviendra sur les nuées du Ciel." La foule approuvait ces paroles ; mais les chefs, jaloux, précipitèrent le vieillard du haut du haut du temple où le démon avait naguère tenté Jésus. Comme il n'était pas mort, on se mit à le lapider, puis en dépit de quelques protestations généreuses, un foulon l'acheva à grands coups de sa lourde masse. Exécution illégale, qui valut à Anne d'être déposé du souverain pontificat. (5)

    Brisé dans sa chute, il mourut l'an 62 en priant pour ses bourreaux : "Seigneur, pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font."

    Nous avons de St Jacques le Mineur une Epître qui a le titre de Catholique ou Universelle, parce qu'elle ne fut point adressée à une Eglise particulière, mais à tout le corps des Juifs convertis qui étaient dispersés dans les différentes parties de l'univers.

    PRATIQUE. Pardonnez à vos ennemis, priez pour vos persécuteurs.

    Sources:

    (1) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 121 ; (2); (3); (4) DANIEL-ROPS, Histoire de l'Eglise du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965, p. 22 ; (5) DANIEL-ROPS, Histoire de l'Eglise du Christ, ibid., p. 46.

  • Athanase, un évêque dans la tourmente (2 mai)

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    (Source) Athanase, né vers 295, connut dans son enfance les dernières persécutions. Il était sans doute déjà diacre de l'évêque Alexandre d'Alexandrie lorsqu'il écrivit le « Contra gentes et de incarnatione Verbi » qui est à la fois une apologie contre les païens et un exposé des motifs de l'Incarnation. Diacre, il accompagna au concile de Nicée (325) son évêque auquel il succéda en juin 328.

    Énergique, intelligent et instruit, il visita entièrement tout son diocèse fort agité par les hérétiques ariens et mélétiens. Après avoir deux fois refusé à l'empereur Constantin de recevoir Arius, il dut se disculper des accusations des mélétiens à Nicomédie (332) et à Césarée de Palestine (333). Refusant une troisième fois de réconcilier Arius, Athanase fut cité à comparaître devant le concile de Tyr (335) d'où, n'ayant trouvé que des ennemis, il s'enfuit à Constantinople pour plaider sa cause devant l'Empereur qui le condamna à l'exil.

    Pendant qu'Athanase, déposé par le concile de Tyr, était en exil à Trêves, les troubles étaient si forts à Alexandrie qu'on n'osa pas lui nommer un successeur. Après la mort de Constantin Ier (22 mai 337), Constantin II le rendit à son diocèse (17 juin 337) où il arriva le 23 novembre 337. Les ariens élurent Grégoire de Cappadoce qui, avec l'appui du préfet d'Égypte, s'empara des églises d'Alexandrie qu'Athanase dut quitter (mars 339).

    Réfugié à Rome, il fut réhabilité par un concile réuni sous le pape Jules Ier mais il dut attendre la mort de son compétiteur et l'amnistie de l'empereur Constance pour rentrer dans son diocèse (21 octobre 346). Constance reprit les hostilités contre Athanase qui fut de nouveau chassé d'Alexandrie (356) et dut se réfugier dans la campagne égyptienne jusqu'à la mort de l'Empereur dont le successeur, Julien, rappela immédiatement les exilés (361).

    Rentré le 21 février 362, Athanase fut encore condamné à l'exil le 23 octobre 362 mais Julien ayant été tué dans la guerre contre les Perses (26 juin 363), son successeur, Jovien, vrai catholique, le rappela. Jovien mourut accidentellement (février 364) et son successeur, Valens, arien, chassa de nouveau Athanase d'Alexandrie le 5 octobre 365 où il l'autorisera à revenir le 1er février 366. Athanase mourut dans la nuit du 2 au 3 mai 373.

    Pour approfondir, lire la Catéchèse du Pape Benoît XVI : w2.vatican.va/…/hf_ben-xvi_aud_…

  • La légende de la "papesse Jeanne"

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    De Charlotte Vaudour sur Aleteia.org :

    L’extraordinaire légende de la papesse Jeanne

    Le premier long-métrage de Jean Breschand, "La papesse Jeanne", sort le 26 avril et raconte l'histoire légendaire d'une jeune femme qui accède au trône pontifical.

    Une femme est-elle montée sur le trône pontifical ?

    À quelques variantes près, différents scénarios relatent l’histoire de la papesse Jeanne. Vers 850, l’époque est violente, les barbares venus du nord envahissent les contrées chrétiennes. Une jeune fille originaire de Mayence, en Allemagne, quitte sa famille pour faire des études et suivre son amant. Prénommée Jeanne, elle se fait passer pour un moine britannique érudit surnommé Jean l’Anglais. Après avoir étudié en Angleterre puis à Athènes, elle se rend à Rome pour entrer à la Curie. Jean l’Anglais est proclamé pape et devient Jean VIII en 857, entre Léon IV et Benoît III, au moment de l’usurpation d’Anastase le Bibliothécaire (un antipape qui a exercé la fonction mais n’est plus reconnu comme légitime aux yeux de l’Église catholique). Les fidèles ont très peu d’occasion de le voir. C’est deux ans et sept mois plus tard, à l’occasion de la Fête-Dieu, que Jean VIII se tordant de douleur pendant une procession met au monde un enfant. Le pape se révèle être une papesse ! Fin de la légende.

     

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  • Vermeer, un peintre catholique

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    De Jean Duchesne sur le site de l'Eglise catholique en France :

    Vermeer catholique ?

    L’exposition parisienne pour laquelle on ne fait qu’une heure de queue à condition d’avoir réservé des semaines à l’avance est au Louvre (jusqu’au 22 mai) : « Vermeer et les maîtres de la peinture de genre ». Toutes les œuvres (il y en a pourtant à peine quarante) du maître hollandais ne sont pas là : ni la « Vue de Delft » célébrée par Proust, ni « L’Art de la peinture », ni « La Jeune Fille à la perle »… Mais « La Laitière » empruntée à Amsterdam tient compagnie à « La Dentellière » déjà sur place, de même que « Le Géographe » venu de Francfort à « L’Astronome » de la maison. Les toiles exposées du peintre vedette (une douzaine) voisinent avec des travaux comparables de contemporains : De Hooch, Dou, Metsu, Maes, Netscher, Ter Borch, Steen, Van Hoogstraten, Van Mieris… : des tableaux de dimensions modestes, destinés à des intérieurs, à la vie quotidienne et à l’intimité dont ils sont des reflets, dans des maisons bourgeoises où l’on voit surtout des femmes, à l’époque de Molière et de Racine, au moment où Louis XIV dans l’impérieuse gloire de sa jeunesse va envahir le pays.

    Ce sont moins les ressemblances que les différences qui frappent entre Vermeer et les autres. Certes, c’est de la peinture « de genre » : des instantanés domestiques qui prennent là une consistance inattendue. Certes aussi, la lumière vient toujours (ou presque) éclairer la scène de la gauche par une fenêtre à petits carreaux. Mais chez Vermeer, elle est d’une puissance inégalée, qui baigne la pièce et les personnages, conférant une intensité ou une densité poétique à leur activité banale (toilette, tâches ménagères, rédaction d’une lettre, séance de musique…). Cette ambiance lumineuse fait deviner des états d’âme inexprimés et met en valeur la couleur des matériaux en donnant de percevoir leur texture.

    allegorie1.jpgMais le tableau le plus surprenant de cette exposition est peut-être celui que l’on découvre juste avant la sortie. D’abord en raison de sa taille, bien supérieure aux autres. Ensuite parce que c’est une « Allégorie de la foi » – entendez : la foi catholique. Car Vermeer, né calviniste comme l’écrasante majorité de ses concitoyens, ne l’était pas resté. Il avait rejoint l’Église romaine pour se marier et vraiment rien n’autorise à penser que cette conversion n’était pas aussi sincère que son amour. Elle n’a de toute façon certainement pas favorisé ni sa carrière ni sa situation matérielle de père de très nombreuse famille. C’est une toile peu connue en France, venue du Metropolitan de New York, et vraisemblablement la dernière du peintre.

    On retrouve le sol de dalles noires et blanches et la lourde tenture de « L’Art de la peinture ». Mais on ne sait d’où vient la lumière qui éclaire le personnage central et la Bible à droite. Explication : les « papistes » ne pouvaient célébrer la messe qu’en privé, en se cachant derrière des rideaux, dans des maisons particulières. Sur l’autel, le cierge non allumé rappelle la même discrétion obligée. Le calice n’est assurément pas protestant, de même que le crucifix n’est pas la croix nue des réformés. La figure centrale a un pied sur un globe terrestre en signe de l’universalité de l’Église, et elle est vêtue de blanc et de bleu (couleurs mariales). Le tableau au fond est une copie la « Crucifixion » de Jordaens (1620), où Jésus confie l’un à l’autre sa Mère et saint Jean qui représente tous ses disciples. On voit encore sur les marches une chasuble indubitablement catholique et sur le sol, une pomme évoquant le péché originel, tandis qu’au premier plan un bloc lapidaire (sans doute le Christ, pierre d’angle) écrase l’hérésie sous la forme d’un serpent.

    Il faut avouer que ce tableau didactique, bien qu’il soit sans conteste de Vermeer et non sans mérites, séduit moins que ses toiles apparemment plus profanes. Peut-être n’est-ce pas dans l’apologétique de commande qu’un peintre croyant fait le mieux partager sa foi ou permet de sonder les profondeurs qu’elle atteint au cœur de chacun. C’est ce que confirme la comparaison entre deux œuvres assez proches, exposées côte à côte au Louvre. D’un côté, « La Peseuse d’or » due à De Hooch, expédiée de Berlin, de l’autre, « La Femme à la balance » de Vermeer, arrivée de Washington.

    C’est le même travail, sur une table encombrée de tissus devant une fenêtre. Dans les deux cas, la femme a un voile blanc sur la tête et porte une ample veste bleue aux manches courtes, bordée et peut-être doublée de fourrure blanche.

    Chez De Hooch, les tons chauds et vifs dominent. Le décor est neutre. La peseuse est un peu penchée, entièrement absorbée par ce qu’elle fait. Son visage apparaît à peine. La lumière est discrète, relativement uniforme et ne laisse pas percevoir d’au-delà.

    Chez Vermeer, des teintes plus froides l’emportent, mais le blanc est plus éclatant et une vive clarté transperce le rideau tiré. Le visage de la femme est plus visible et en même temps serein. Il manifeste un certain détachement envers l’opération à laquelle elle se livre avec sérieux, la tête un peu penchée, mais de haut.

    C’est, peut-on estimer, une attitude différente, plus distanciée, plus spirituelle, vis-à-vis de l’or et des richesses de ce monde. Cette impression est confirmée par le tableau accroché au fond, qui est un « Jugement dernier ». Sait-elle qu’elle est déjà en train d’être jugée ? Le peintre en tout cas suggère qu’elle l’est déjà, non seulement par la vision eschatologique derrière elle, mais encore par la splendeur venue d’ailleurs pour transpercer la tenture jaune d’or (justement) qui est censée mettre le trésor en train d’être évalué à l’abri des regards inquisiteurs.

    C’est une foi moins « confessante », moins dogmatique, plus intériorisée, plus concrète aussi que sur la grande « Allégorie » qui transparaît dans cette scène banale. Le christianisme de Vermeer n’est pas visible que dans ses rares œuvres religieuses. Il est perceptible et probablement plus convaincant encore dans sa peinture du quotidien où l’instant saisi au vol dans un huis clos s’inscrit dans une réalité infiniment plus ouverte.

    Jean Duchesne

  • La cause de béatification de Madame Elisabeth, soeur de Louis XVI, vient d’être relancée

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    De Priscilia de Selve sur le site de l'Eglise catholique à Paris :

    Madame Élisabeth, princesse et martyr

    Le 10 mai, jour anniversaire de son exécution, plusieurs messes auront lieu en l’honneur d’Élisabeth de France, sœur de Louis XVI. La cause de béatification de ce personnage remarquable, mais peu connu, vient d’être relancée.

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    Portrait de Madame Élisabeth, attribué à Louise Élisabeth Vigée Le Brun (1755-1842), visible au Petit Trianon (Versailles), dans le salon de Madame Élisabeth. © Starus - Domaine Public

    Sur son portrait peint par Élisabeth Vigée Le Brun, on reconnaît sans peine les traits des Bourbons. Élisabeth de France, dite Madame Élisabeth, dernière sœur de Louis XVI, naît à Versailles le 3 mai 1764 et grandit à la cour. Si elle est aujourd’hui l’objet d’une procédure en béatification, c’est, explique l’abbé Xavier Snoëk, curé de Ste-Élisabeth de Hongrie (3e) et postulateur de la cause, « qu’elle a très vite compris qu’elle ne se marierait pas et qu’elle n’était pas non plus appelée à la vie religieuse, et qu’elle a choisi, dès 1782, de se donner radicalement aux pauvres ». D’abord à la cour, discrètement, puis publiquement quand, après avoir reçu du roi le domaine de Montreuil, près de Versailles, elle y secourt pauvres et malades mettant en place un dispensaire informel. Une dévotion confirmée par Dominique Sabourdin Perrin, historienne : « Dévouée aux pauvres, elle le sera également à sa famille, quand, en 1792, elle est emprisonnée au Temple. Elle soigne, console et défend sa belle-sœur Marie-Antoinette, et ses nièces et neveux. Elle ira même jusqu’à prendre soin de Madame Tison, sa geôlière, qui l’avait pourtant dénoncée à plusieurs reprises. » Car Élisabeth de France a refusé de fuir afin de veiller sur sa famille. Elle sera guillotinée avec vingt-quatre autres prisonniers le 10 mai 1794, les soutenant de sa confiance en Dieu miséricordieux. « Elle n’a alors que 30 ans, mais une foi indéfectible en la vie éternelle, souligne l’abbé Xavier Snoëk. Elle s’inscrit parfaitement dans ces mouvements de spiritualité qui naissent en plein cœur de la Révolution. Elle-même a fondé, en 1790, une confrérie dédiée au Cœur immaculé de Marie, dont quelques-unes de ses dames de compagnie font partie. » C’est leurs témoignages écrits, transmis à travers les générations, qui serviront à appuyer sa cause, portée par l’archevêque de Paris, lieu de son exécution. Mais en quoi cette femme du XVIIIe siècle, issue de la famille royale, peut-elle être un exemple aujourd’hui ? « Madame Élisabeth a choisi d’assumer son célibat en le vivant comme un don de soi fait aux autres. Or ce qui guette parfois les célibataires non consacrés, c’est le repli sur soi. C’est en cela qu’elle est un beau modèle aujourd’hui. »

    Priscilia de Selve

  • Luther ou l'inauguration d'une ère dominée par la haine et la guerre contre l’Eglise catholique

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    unnamed.jpgMartin Luther  La face cachée d’un révolutionnaire
    Auteur : Angela Pelliciari
    Traduit de l’italien par Esther Barbier
    Office : 21 avril 2017
    Broché, 160 p. – 14,50 euros
    Pierre Téqui éditeur
     
    Présentation
    Si 2017 marque le 500ème anniversaire de Luther, gageons que les médias présenteront un Luther très consensuel, héraut de la lutte contre les abus de l’Eglise catholique et propagateurs d’une religion nouvelle, sans dogme.
    Pourtant, à rebours de l’hagiographie actuelle, Angela Pelliciari livre un portrait très différent. Partant des textes, toujours avec sa rigueur reconnue, elle dévoile la face cachée d’un révolutionnaire.
     
    Antisémitisme, haine de l’Eglise catholique et du pape, mensonges, calomnie, réécriture de la Bible pour qu’elle corresponde à ses thèses, appel au meurtre de ceux qui s’opposent à la Réforme… Le portrait que dresse Angela Pellicciari de Martin Luther est sans concession. Difficile de contredire l’enseignante italienne quand elle constate avec regret que « même dans les milieux catholiques on tient presque pour acquis que Luther avait raison et l’Eglise catholique tort ». C'est ne pas connaître le vrai Luther que de penser cela.
     
    Angela Pellicciari s’appuie sur les écrits du « Moïse allemand » qu’elle cite abondamment en lui opposant les paroles de Jésus. Elle montre les conséquences désastreuses de la révolte du prêtre allemand : détachement de l’Eglise allemande de Rome pour la soumettre aux princes qui s’emparent des biens du clergé, paupérisation du peuple, destruction des couvents et des œuvres de charité, guerre entre les nations. La réforme préconisée par Luther s’appuie certes sur les abus du haut clergé et de la curie romaine que personne ne conteste mais elle n’apporte aucune solution d’apaisement. Elle enfonce au contraire l’Europe dans un cataclysme qui ne s’achèvera pas de sitôt. La révolution luthérienne ouvre la porte à la grande Révolution française et aux idées jacobines. Angela Pellicciari voit dans la Réforme luthérienne la marque contemporaine d’une pensée affranchie de toute recherche de la vérité au nom d’une conscience individuelle qui place la liberté de pensée au-dessus de tout dogme. L’individu tout puissant est né en 1517 avec les thèses de Luther. Ce dernier est prophétique : « Son testament a été collecté et divulgué dans les siècles qui ont suivi par la pensée gnostique, jacobine et franc-maçonne, dominée par la haine et la guerre contre l’Eglise catholique. Au nom de la sainteté de cette haine (…) le sang a coulé à flots ».
     
    Auteur
    Angella Pellicciari, historienne du Risorgimento et spécialiste des rapports entre la papauté et la maçonnerie, enseigne l'Histoire de l'Église dans les séminaires Redemptoris Mater. Elle a publié une histoire de l’Eglise, disponible en français et en cours de traduction dans d’autres langues.

  • Les pièces de monnaie figurant sur le Suaire de Turin datent de Ponce Pilate

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    Du site aleteia.org :

    Les monnaies du linceul de Turin définitivement identifiées ?

    Interrogé par RCF Liège, le numismate Agostino Sferrazza est revenu sur l’énigme des pièces de monnaies que l’on pense avoir identifiées sur les yeux de l’homme du Saint-Suaire, qui pourrait être le Christ. Selon ses conclusions, elles dateraient bien de Ponce Pilate, ce qui serait un signe supplémentaire de l’authenticité du linceul de Turin.

    C’est en 1976 qu’apparaît l’hypothèse de la présence de pièces de monnaie sur les yeux de l’homme du linceul. En effet, en développant en 3D la mystérieuse image, les scientifiques constatent la présence de renflements sur les orbites, ne pouvant correspondre à une particularité morphologique. On songe alors à des boutons, puis rapidement à des « leptons » : ces piécettes de faible valeur répandues en Palestine du temps des Romains.

    Des dessins et des lettres

    Les observations sont poussées plus loin. En utilisant des technologies avancées, les chercheurs pensent pouvoir observer des dessins et inscriptions sur les pièces supposées. Sur l’œil droit, on croit pouvoir observer un « lituus » ou crosse d’astrologue. Et sur l’œil gauche une coupe sacrificielle. Ceux qui réfutent l’authenticité du linceul ne manquent pas de réfuter vigoureusement cette théorie, estimant que ses tenants ont « voulu » voir l’empreinte d’une pièce là où ne s’entrelacent que de simples fibres.

    Mais la réfutation n’est pas si simple. Car outre les dessins, on croit aussi pouvoir observer les lettres UKAI, qui seraient la partie visible du mot « TIBERIOUCAIKAROS », soit la version grecque de Tiberius Cesar, l’empereur Tibère. Un précieux indice qui correspond à des monnaies comparables de l’époque romaine et qui atteste qu’il s’agirait bien de pièces frappées précisément peu avant la passion de Jésus.

    Frappées en l’an 29

    Dans l’entretien qu’il a accordé mardi à RCF Liège, le numismate Agostino Sferrazza soutient pour sa part la théorie de l’authenticité des pièces et les date de l’époque de Ponce Pilate. Il s’appuie notamment sur les images produites par l’informaticien Nello Balossino, professeur associé à la Faculté des sciences de Turin, qui est parvenu à faire ressortir de manière saisissante la coupe sacrificielle figurant sur la pièce de l’œil droit. Selon Agostino Sferazza, il n’y a aucun doute : ces pièces auraient été frappées en 29 après Jésus-Christ.

    Voir aussi :

    http://belgicatho.hautetfort.com/archive/2017/04/08/athee-un-professeur-de-l-universite-de-liege-est-convaincu-que-le-suaire-de.html

  • Que dit la science de la Résurrection du Christ ?

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    De Radio Vatican :

    La Science face à la résurrection du Christ, des siècles d'interrogation 

    (RV) Entretien - «Si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est notre foi» : c’est avec cette phrase que Saint Paul, dans sa première épître aux Corinthiens (1 Co 15, 17) résume la centralité de la Résurrection dans la foi chrétienne.

    Tout repose sur le témoignage des apôtres et des saintes femmes, rapportés par les Évangiles : celui de Marie-Madeleine, des disciples d’Emmaüs, de ceux réunis au Cénacle, et surtout celui de Pierre et Jean. Accourus sur les lieux le dimanche matin, ils virent le tombeau ouvert, «vide», les linges posés à plat. Jean «vit, et il crut», est-il écrit sobrement (Jean 20, 1-10).

    La Résurrection, corps et âme, du Christ constitue ce «mystère de foi» sur lequel la science n’a aucune prise, et sur lequel elle n’a cessé pourtant de s’interroger. Que dit justement la science de cet évènement prodigieux ? Comment expliquer la disparition du corps de Jésus ? Peut-on aujourd’hui affirmer avec certitude que le tombeau situé dans la Basilique du Saint Sépulcre est bien celui du Christ ?

    Autant de questions que nous avons posées à Jean-Christian Petitfils, historien, auteur de Jésus, publié aux éditions Fayard (2011), une enquête fouillée et très documentée sur le «Jésus de l’Histoire». Interrogé par Manuella Affejee, il revient tout d’abord sur le récit évangélique fondamental du «tombeau vide», seul point de départ de l’historien.

  • Pâques est au fond le seul événement qui mérite ce nom

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    De Vianney Passot sur le site "FigaroVox"

    Rémi Brague : « Pâques est au fond le seul événement qui mérite ce nom»

    FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN- A l'occasion de la fête de Pâques, le philosophe Rémi Brague a accordé un entretien fleuve à FigaroVox. Il revient sur le sens de cette fête dans la France d'aujourd'hui, et rappelle l'impérieuse nécessité de défendre les chrétiens d'Orient, matrice de notre civilisation.

    Rémi Brague est un philosophe français, spécialiste de la philosophie médiévale arabe et juive. Membre de l'Institut de France, il est professeur émérite de l'Université Panthéon-Sorbonne. Auteur de nombreux ouvrages, notamment Europe, la voie romaine (éd. Criterion, 1992, rééd. NRF, 1999), Le Règne de l'homme: Genèse et échec du projet moderne(éd. Gallimard, 2015) et Où va l'histoire? Entretiens avec Giulio Brotti (éd. Salvator, 2016).

    FIGAROVOX.- Dimanche, c'est la fête de Pâques: la résurrection du Christ trois jours après sa crucifixion. Dans une France largement déchristianisée, et même coupée de toute idée de transcendance, fêter Pâques a-t-il encore un sens?

    Rémi BRAGUE.- Effectivement, bien des gens n'ont plus qu'une vague idée du christianisme de leurs ancêtres. Ne nous faisons d'ailleurs pas non plus trop d'illusions sur la profondeur de la foi desdits ancêtres. Nous n'avons pas d'instruments de mesure, mais tout porte à croire qu'ils n'étaient guère mieux lotis que nous.

    Quoi qu'il en soit, pour pas mal de nos contemporains, Pâques ne peut avoir que le sens que l'on donne aux œufs cachés dans le jardin et au lapin qui, dans certaines régions, les apporte, à défaut des cloches, spécifiquement chrétiennes. Dans tous les cas, nous restons chocolat…

    Pour qui a gardé un accès à la transcendance, Pâques est au fond le seul événement qui mérite ce nom. Ce que nous appelons ainsi, d'habitude, est la réalisation de possibilités dont le passé était gros. Le kaléidoscope tourne et nous fait apparaître une configuration originale, imprévue pour nous, de paillettes brillantes qui étaient pourtant là dès le début. La résurrection est le seul événement qui, comme le dit le mot, «arrive», accoste à notre rivage en venant d'un «Ailleurs» absolu.

    Que reste-t-il de Pâques et des fêtes chrétiennes, sinon des jours fériés? Ont-elles encore au moins une signification culturelle, ou sont-elles porteuses de sens pour quelques marginaux seulement?

    Cette signification culturelle serait aussi une signification naturelle. C'est vrai pour Noël, qui tombe au moment du solstice d'hiver, lorsque le jour cesse de décroître. C'était déjà chez les Romains la date des Saturnales. Comme on l'a à peu près toujours su, on l'a choisie pour fêter la naissance de Jésus, sur laquelle les Évangiles ne nous disent rien. On voulait faire comprendre par ce symbole qu'une nouvelle lumière se levait. Est-ce de la récupération? Mais oui, c'est celle d'un sain paganisme, celle d'un respect pour la beauté manifeste et la bonté profonde de la nature. Le retrouver pourrait être un premier pas sur le chemin d'une foi intégrale, de la nature au «Dieu de la nature» (Jefferson).

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  • En Egypte : le calvaire des Coptes

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    De Valérie Toranian sur le site de la Revue des Deux Mondes :

    Le calvaire des Coptes en Égypte

    Les Coptes sont la minorité chrétienne la plus importante du Moyen-Orient. On estime qu’ils sont entre 7 à 12 millions, soit 10% de la population égyptienne. Dimanche 9 avril, pendant la messe des Rameaux, dans des églises bondées à craquer, quarante-quatre d’entre eux ont trouvé la mort (le bilan est provisoire). Tués pendant l’office marquant le début de la Semaine Sainte. Une bombe placée sous un banc près de l’autel de l’église Mar Girgis (Saint Georges) à Tanta, ville du delta du Nil. Et un kamikaze se faisant sauter avec sa ceinture d’explosifs aux abords de la cathédrale Saint Marc à Alexandrie, où officiait Mgr Tawadros II, le patriarche copte orthodoxe.

    Les deux attentats ont été revendiqués par l’État islamique, dont beaucoup de membres chassés d’Irak et de Syrie se sont repliés sur le Sinaï égyptien : ils y sèment la terreur au sein des populations chrétiennes et même musulmanes, à qui ils tentent d’imposer leurs codes et leur mode de vie rétrograde. Malgré ses déclarations, l’armée du président Al Sissi est à la peine pour les déloger.

    Les Coptes, comme tous les chrétiens d’Orient, ne sont pas pourchassés par l’État islamique au seul motif qu’ils embrassent la religion du Christ et constituent des « poches » mécréantes dans la conquête et l’expansion du Califat. C’est aussi parce qu’ils habitent sur cette terre depuis les origines, bien avant l’arrivée de l’islam et qu’ils sont la preuve vivante que cette terre fut autre : païenne, zoroastrienne, chrétienne, bouddhiste… Toute origine, toute influence qui atteste d’une présence historique autre que musulmane est un affront pour Daech. C’est en cela que l’islamisme est une idéologie totalitaire. Du passé faisons table rase ! Un royaume nouveau doit voir le jour, pur de toute scorie étrangère à l’islam.

    Les Talibans dynamitaient les Bouddhas de Bamyan ; Daech détruit à l’explosif les chefs-d’œuvre antiques de Palmyre, ville classée au patrimoine de l’humanité : une première fois en 2015, une seconde fois en janvier dernier lors de la reprise de la ville par l’État islamique, avec notamment la destruction du tétrapyle, un édifice romain de seize colonnes daté du IIe siècle.

    Dans l’Égypte actuelle, les Coptes sont les Égyptiens « de souche », les « aegyptos », mot dont la contraction a donné naissance à « copte ».

    Dans l’Égypte actuelle, les Coptes sont les Égyptiens « de souche », les « aegyptos », mot dont la contraction a donné naissance à « copte ». Ceux qui, à partir de 43, date de l’arrivée de l’évangéliste Marc en Égypte, vont fonder une communauté chrétienne qui va grandir et prospérer. Six siècles avant l’arrivée de l’islam.

    Les Coptes assassinés lors de la fête des Rameaux se rajoutent à la liste déjà longue de leurs martyrs. Marc en premier lieu : le succès de sa communauté irrita l’administration romaine d’Alexandrie. Son corps fut traîné par un char et déchiqueté. Ses ossements furent l’objet d’une très grande dévotion. Jusqu’en 828, où ils furent volés par des marchands vénitiens envoyés par le Doge Justinien Partizipacio, qui en fit les reliques officielles de sa cathédrale Saint Marc. (Un épisode qui entacha durablement les relations entre l’église copte d’Égypte et l’église de Rome jusqu’à ce que le Pape Paul VI rende enfin aux Coptes ce qui leur appartenait… en 1968.)

    Persécutés par Byzance parce qu’ils ne ralliaient pas la doxa chrétienne officielle, les Coptes verront d’abord d’un très bon œil l’arrivée des musulmans qui venaient les délivrer des empereurs de Constantinople. Ils déchantèrent vite.

    Minoritaires à partir du XIVe siècle, ils deviennent de plus en plus des citoyens de seconde zone, héritant du statut de dhimmi sous l’Empire ottoman. Ils prennent part à la lutte d’indépendance de l’Égypte, puis à la révolution de 1958, mais Nasser les met à l’écart de la vie politique. Dans les années soixante-dix, leur situation se détériore. Persécutions, pillages, vols, destructions, enlèvements : plus l’influence des frères musulmans augmente, plus ils sont pris à partie. Non seulement les islamistes les poursuivent de leur haine, mais l’administration ne les voit pas d’un bon œil non plus. Ils sont exclus des fonctions supérieures dans l’armée, la police, la justice.

    Lors du printemps arabe, les Coptes sont place Tahir aux côtés de leurs compatriotes musulmans et laïcs, pour demander la fin de la dictature et de la ségrégation qui les frappe. Ils sont de nouveau dans la rue en 2013 pour réclamer, aux côtés de millions d’autres Égyptiens, le départ du président islamiste Morsi. Les Frères musulmans ne le leur pardonneront pas : quatre-vingts églises, bâtiments et œuvres sociales détruits, plusieurs familles coptes assassinées, chassées, torturées, rançonnées ; écoles, champs, maisons, bétails détruits ou volés. Les Coptes accusent les autorités de laxisme et de négligence systématique lorsqu’il s’agit de coincer les auteurs des forfaits.

    Têtus comme chrétiens en Orient, les Coptes font le dos rond, s’accrochent. Jusqu’à quand ?

    Pendant des siècles, ils furent discriminés. Désormais les Coptes sont régulièrement traqués, assassinés, égorgés sur leurs lieux de culte. Attentats en janvier 2011, vingt-trois morts dans une église d’Alexandrie ; en octobre 2013, quatre morts lors d’un mariage ; en décembre 2016, vingt-neuf morts dans l’attaque suicide contre l’église Saint-Pierre et-Saint Paul. Sans parler de l’assassinat des vingt-et-un coptes kidnappés en Libye et décapités par Daech en 2015, dans une mise en scène macabre largement diffusée par vidéo… Têtus comme chrétiens en Orient, les Coptes font le dos rond, s’accrochent. Jusqu’à quand ?

    On les dit proches du président Al Sissi et on le leur reproche. Certes, l’homme fort du Caire ne brille pas par son respect des droits de l’homme, mais « au moins, il nous protège un minimum des islamistes », murmurent les Coptes.

    Ces attaques interviennent dix-neuf jours avant la visite du pape François en Égypte, les 28 et 29 avril. Certains y voient un avertissement à l’égard du gouvernement égyptien qui s’apprête à recevoir le Saint-Père commue un chef d’État. Le Pape François rencontrera également le grand imam d’al-Azhar, prestigieuse institution de l’islam sunnite, avec qui les relations étaient plutôt fraîches depuis dix ans. Le pape Benoît XVI avait en effet provoqué l’ire des pays musulmans dans une conférence à Ratisbonne en 2006 où il avait rappelé que « Mahomet a prêché sa foi par l’épée, il a autant été chef de guerre que chef religieux ; que de nos jours « on ne peut pas utiliser la violence au nom de Dieu » et que « les religions devraient inciter à un usage correct de la raison et promouvoir des valeurs éthiques ». 

    Aujourd’hui, le christianisme est la religion la plus persécutée dans le monde.

    Changement de discours total avec le nouveau Pape qui refuse d’identifier l’islam à la violence, et ne cesse de défendre le dialogue. Dans son message de condoléance suite aux attentats anti-Coptes du 9 avril, il demande au Seigneur de « convertir le cœur de ceux qui sèment la terreur et aussi de ceux qui fabriquent les armes et en font commerce. » Ce n’est pas la première fois que François désigne l’argent comme ennemi principal de l’humanité et donc des chrétiens. Dans son message de Carême, il avait appelé à méditer sur « l’attachement à l’argent », source de tous les maux dans le monde, conformément à la vision très sociale qui est la sienne.

    C’est tout à son honneur.

    À condition, dans sa course contre « l’ennemi argent », de ne pas oublier le sort des plus persécutés de son Église. Les chrétiens d’Orient ont pratiquement disparu d’Irak, ils fuient la Syrie, le Sinaï. Aujourd’hui, le christianisme est la religion la plus persécutée dans le monde. Au Soudan, au Nigéria, au Congo, au Pakistan… Sans oublier les infâmes pogroms anti-chrétiens menés par les partisans hindouistes nationalistes en Inde.

    Même si l’État islamique, dans le futur, est vaincu, cantonné, repoussé, même si le califat est réduit à néant, il aura remporté cette triste victoire : avoir réussi en grande partie à chasser de leurs terres ancestrales les premières communautés chrétiennes de l’histoire.

    Lire également : 

    Persécution des chrétiens d’Orient – C’est une part de la civilisation européenne qui est agressée

  • "Le Kosovo, une chrétienté en péril" : KTO revient sur ces autres chrétiens martyrisés

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    Lu sur le site « Salon Beige »

    A découvrir : 

    "Le Kosovo-Métochié est une terre où la chrétienté orthodoxe est présente depuis plus de 700 ans. Ce "berceau" du christianisme orthodoxe en Serbie, compte plusieurs monuments placés sur la liste du patrimoine mondial de l´UNESCO mais aussi sur la liste du patrimoine mondial en péril. Le Kosovo, c´est une chrétienté en péril: depuis l´an 2000 on dénombre près de 150 lieux de culte chrétien pillés, détruits, incendiés...

    Pour les serbes orthodoxes, il s'agit donc d'un enjeu de première importance depuis l'autoproclamation d´indépendance du Kosovo : maintenir la flamme vivace et préserver tout ce qui peut l´être. Ce documentaire est une sorte d´état des lieux de la situation dans laquelle perdurent la tradition et la présence serbe orthodoxe, comment elle se maintient en vie dans ses monastères et rayonne dans ses villages, chez les fidèles. Une communauté soumise à épreuve face à la tentation de radicalisation d´un Islam démographiquement majoritaire au Kosovo".

     

    JPSC