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Livres - Publications - Page 2

  • Un épisode peu glorieux du Mouvement wallon pendant la seconde guerre mondiale

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    Du site de l'Académie Royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique :

    Les séparatistes wallons et le gouvernement de Vichy (1940-1943), un ouvrage d'Hervé Hasquin

    L’« Omerta » ou la loi du silence a permis d’occulter pendant plus d’un demi-siècle un épisode peu glorieux du Mouvement wallon pendant la seconde guerre mondiale. Or, une figure emblématique de ce Mouvement, l’imprimeur-éditeur Georges Thone, futur président du Grand Liège et l’un des fondateurs du Rassemblement wallon (1968) fut le chef de file incontesté d’un certain nombre de personnalités réfugiées dans la zone libre et qui de juillet 1940 à janvier-février 1943, ont tenté de négocier le rattachement de la Wallonie à la France.

    Dans quelles conditions Thone discutait-il avec l’entourage du Maréchal Pétain et des gouvernements successifs de Vichy ? Qui étaient ces wallons, journalistes, écrivains, hommes politiques qui l’entouraient et recevaient une aide financière du régime ? Qui étaient les « amis liégeois » de Thone pendant cette période ?

    Historien, chercheur et docteur en Philosophie et Lettres, Hervé Hasquin enseigna à l’Université libre de Bruxelles à partir de 1970 ; il en fut le recteur (1982-1986) et le président du Conseil d’administration (1986-1995). Parallèlement, il mena une carrière politique (sénateur, député, ministre) entre 1987 et 2007. Il a présidé l’Institut d’étude des religions et de la laïcité de l’ULB pendant de très nombreuses années, ainsi que le Centre de l’égalité des chances et la lutte contre le racisme (2008-2011). Il a été élu Secrétaire perpétuel de l’Académie royale de Belgique à la fin de l’année 2007.

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  • Léopold III en questions

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    De Paul Vaute sur le blog "Le Passé belge" :

    Léopold III en questions

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       Même avec le recul du temps, Léopold III demeure un sujet touchy. Qu'on le veuille ou non, le réflexe persiste, quand sont évoqués des faits qui le concernent, de les classer à sa charge ou à sa décharge, même s'il n'en put mais. Les questions posées ne changent pas et survivent aux réponses fournies de longue date mais trop nuancées pour séduire le café du commerce. Elever le débat est l'ambition du Cercle Léopold III, créé il y a plus de quinze ans sous le haut patronage de la princesse Maria Esmeralda. Oui, on y défend l'honneur d'un Roi, mais en recherchant sincèrement la vérité, même si elle doit conduire à mettre des bémols au bilan du règne.

       La démarche vient de déboucher sur un ouvrage collectif [1], qui ne risquait certes pas d'être un nouveau pamphlet politicien, mais se trouve tout aussi éloigné des hagiographies trop ferventes. L'intention une fois saluée, regrettons qu'elle soit desservie par quelques scories, comme l'emploi de l'expression incongrue de "Rois de Belgique" (pp. 23, 32) ou l'ample recours au "journal des événements" (p. 34) du général Raoul Van Overstraeten, aide de camp puis conseiller militaire, sans préciser que ce prétendu journal ne fut pas écrit au jour le jour mais largement reconstruit ultérieurement [2].

       L'ensemble s'articule aux interrogations les plus récurrentes adressées à l'association au cours des années 2012 à 2014. Sans surprise, c'est le remariage qui est arrivé en tête de liste (30 %), suivi de l'attitude à l'égard des questions humanitaires et du sort des Juifs (15 %), puis – à égalité (10 %) – de la politique d'indépendance et de neutralité, de l'entrevue de Berchtesgaden avec Hitler, de la déportation du Roi à la fin de la guerre (parfois présentée comme volontaire) et de l'abdication (parfois perçue comme une faiblesse). En queue (5 %) viennent la décision de capituler le 28 mai 1940, le choix de rester en Belgique plutôt que de suivre les ministres et les activités du "Roi prisonnier" sous l'occupation. Sur chacun de ces points sont proposés des dossiers bien étayés par l'historiographie et divers témoignages.

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  • La nouvelle formule du « Notre Père » entre en vigueur pour les Belges francophones à la Pentecôte, ce dimanche 4 juin prochain

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    Dans notre enfance pré-conciliaire on priait : « ne nous laissez pas succomber à la tentation » . Après Vatican II, pour faire plaisir entre autres aux protestants, on introduisit, en 1966, un contresens théologique en traduisant le grec de référence « καὶ μὴ εἰσενέγκῃς ἡμᾶς εἰς πειρασμόν » par « ne nous soumets pas à la tentation » (il eût été possible de dire encore : "ne nous soumets pas à l’épreuve", le substantif peirasmos ayant aussi ce sens).

    Plus de cinquante ans après « le » concile, l’épiscopat belge fait enfin prévaloir la raison et la science linguistique sur un œcuménisme mal placé.  Vous direz désormais, comme nous l’avons appris du Sauveur : « ne nous laisse pas entrer en tentation » et, pour vous le faire savoir, le Curé-Doyen de la Ville de Liège vient de faire diffuser cette nouvelle version dans toutes les églises de la Cité Ardente, au verso d’une illustration représentant Jésus en prière.

    Monseigneur Léonard nous avait déjà expliqué, voici près de vingt ans, pourquoi la version de 1966 était insatisfaisante. Il n’est jamais trop tard pour le reconnaître :

    "Sur la question, dans son livre « Que Ton Règne vienne », (Editions de l’Emmanuel, 1998) Monseigneur Léonard, conserve le sens de « tentation » mais explique, un peu longuement, que la formule grammaticale grecque provient d’un hébraïsme mal traduit : «  il s’agit, écrit-il, de bien comprendre l’usage de la négation devant un verbe dont le substantif hébreu est conjugué à la forme causative, celle qui permet de passer de l’idée de « dormir », par exemple, à celle de « faire dormir ». En français, nous avons besoin de deux mots pour le dire. En hébreu, il suffit d’utiliser la forme causative ou factitive du verbe. C’est elle qui permet, dans notre texte, de passer de l’idée de « entrer dans la tentation » à celle de « faire entrer dans la tentation ». Que se passe-t-il si l’on met une négation devant la forme causative de la sixième demande ? Faut-il comprendre « ne nous fait pas entrer dans la tentation » ou bien « fais que nous n’entrions pas dans la tentation » ? Tel est exactement le problème. Pour un Sémite, la réponse est évidente d’après le contexte. La demande signifie : « Fais que nous n’entrions pas dans la tentation ». Exactement comme pour nous en français, si je dis : « je n’écris pas ce livre pour m’amuser », chacun comprend que j’écris effectivement ce livre (la preuve !), en dépit de la négation qui semble affecter  le verbe, mais que ce n’est pas pour m’amuser. Malgré les apparences, la négation ne porte pas sur « écrire », mais sur « pour » . Mais, dans son incommensurable bêtise, un ordinateur aurait pu comprendre que, pour pouvoir m’amuser, je n’écrivais pas ce livre… Qu’a fait ici le premier traducteur grec du « Notre Père » sémitique ? Le grec n’ayant pas de forme causative et ne connaissant pas davantage la tournure française « faire entrer », il a pris un autre verbe qu’ « entrer » , un verbe exprimant d’un seul mot, comme en hébreu, l’idée de « faire entrer », à savoir le verbe grec « introduire » et il a mis une négation devant ! Pour les lecteurs grecs connaissant encore les tournures sémitiques, l’interprétation correcte allait de soi. Mais, par la suite, l’expression allait forcément être mal comprise et prêter à scandale. Le problème est résolu si, instruit de ces petites ambigüités linguistiques, on traduit : « Fais que nous n’entrions pas dans la tentation » ou « garde-nous de consentir à la tentation ». De ce point de vue, l’ancienne traduction française du « Notre Père » était moins heurtante que l’actuelle (sans être parfaite), puisqu’elle nous faisait dire : « Et ne nous laissez pas succomber à la tentation ». La même  difficulté existant dans de nombreuses langues européennes, plusieurs conférences épiscopales ont entrepris de modifier la traduction du « Notre Père » en tenant compte du problème posé par la version actuelle. Espérons que les conférences épiscopales francophones feront un jour de même.

    Si nous traduisons correctement la sixième demande (« Garde nous de consentir à la tentation » !) alors tout s’éclaire. Dans la cinquième demande, nous avons prié le Père de nous remettre nos dettes passées. Dans la septième, nous allons lui demander de nous protéger, à l’avenir, du Tentateur. Dans la sixième, nous lui demandons logiquement, pour le présent, de nous préserver du péché en nous gardant de succomber à la tentation. »

    JPSC

  • Quand, du front, Eugenio Corti écrivait aux siens

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    Du site de l'Homme Nouveau (Philippe Maxence) :

    Paroles du front

    Paroles du front

    Auteur du monumental Cheval rouge, l’écrivain Eugenio Corti a rendu son âme à Dieu en 2014, laissant derrière lui une œuvre superbe, appuyée sur une foi solide et une formation philosophique qui lui permettait de n’être pas dupe de la modernité. La parution de ce nouveau livre est une surprise. Et, une bonne surprise ! Elle nous permet de découvrir le futur écrivain avant même qu’il ait vécu la grande expérience fondatrice que fut pour lui la guerre sur le Front de l’Est. Jeune officier d’artillerie, Eugenio Corti est envoyé en 1941 en Russie pour se battre contre le bolchevisme. Anti-­communiste, il veut voir sur le terrain la réalité de cette immense machine anti-chrétienne. Comme beaucoup de soldats, il écrit à ses parents, sa famille et ses amis.

    Ce sont ses lettres que l’on peut découvrir dans ce volume. Parfaitement maîtrisées (Corti tient à ne pas affoler les siens), elles permettent de découvrir la réalité de cette campagne italienne en Russie. Elles témoignent aussi de son intérêt pour les populations rencontrées. Mais c’est la foi de Corti, surtout qui impressionne. Dès le départ, il assure qu’il reviendra, étant confiant en la Providence. Et il revint ! Pour témoigner de cet enfer et des enjeux réels de cette guerre.

    Eugenio Corti, Je reviendrai, Éd. des Syrtes, 240 p., 17 €.

  • De la Wehrmacht au Goulag : les mémoires d'Aloysius Pappert, un Allemand catholique et antinazi

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    Du site de l'Homme Nouveau (Stephen Vallet) :

    Mémoires d’un Allemand catholique et antinazi : de la Wehrmacht au Goulag

    Mémoires d’un Allemand catholique et antinazi : <br> de la Wehrmacht au Goulag

    Les mémoire de guerre d’Aloysius Pappert n’ont certainement pas la portée d’Orages d’acier d’Ernst Jünger qui su, avec force et profondeur, retracer la Première Guerre mondiale des soldats allemands. Il y avait dans ce récit un aspect suffisamment universel pour que les Poilus eux-mêmes se reconnussent dans ce livre et, au-delà, pour qu’il touchât des générations qui n’avaient pas connu ce conflit ni tout simplement la guerre. Puissance incroyable de la grande littérature !

    Aloysius Pappert n’a certainement pas l’ambition d’égaler pour le second conflit mondial, son éminent compatriote. D’ailleurs bien des ouvrages sont parus qui évoquent la vision des combattants de la Seconde Guerre mondiale. Le soldat oublié de Guy Sajer, par exemple, fut au moment de sa sortie un grand succès. Dans un autre genre, les livres d’August von Kageneck en constituent un autre exemple, jusques et y compris son livre de dialogue avec Hélie de Saint Marc, déporté en Allemagne et survivant des camps de concentration avant de reprendre le combat en Indochine et en Algérie.

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  • Liturgie : le pape émérite rend hommage à l’humble cardinal Sarah

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    Lu sur « diakonos.be » :

     Silence Sarah.png« Avec le cardinal Sarah, la liturgie est entre de bonnes mains ». Signé : Benoît XVI. Ce qui à première vue peut sembler un simple acte d’estime est en réalité une véritable bombe. Elle signifie en fait que le Pape émérite – avec le style discret qu’on lui connaît – entre en scène pour prendre la défense du cardinal Robert Sarah qui, en tant que Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin, est désormais isolé et mis à l’écart par les nouvelles nominations du pape François qui l’a d’ailleurs désavoué en public.

     Ce geste retentissant de Benoît XVI a pris la forme d’une postface rédigée pour le livre du cardinal Sarah « La force du silence ». Le texte de Benoît XVI devrait être publié dans les prochaines éditions du livre mais a déjà été rendu public hier soir par le site américain First Things.

     Dans cette postface, Benoît XVI fait un éloge appuyé du livre du cardinal Sarah et de l’auteur lui-même qu’il considère comme un « maître spirituel qui parle du profond du silence avec le Seigneur, expression de son union intérieure avec Lui et pour cela, il a quelque chose à dire à chacun d’entre nous ».

     A la fin de la lettre, il remercie le pape François d’avoir « nommé un tel maître spirituel à la tête de la congrégation pour la célébration de la liturgie dans l’Eglise ». Il s’agit d’une note qui ressemble davantage à une défense qu’à de la simple gratitude. Ce n’est un mystère pour personne qu’au cours de l’année dernière, le cardinal Sarah a été de fait évincé, d’abord par une série de nouvelles nomination à la Congrégation dans le but d’entourer le cardinal Sarah de membres progressistes ouvertement hostiles à la « réforme de la réforme » que Benoît XVI appelait de ses vœux et que le cardinal guinéen tentait de réaliser. Puis par le désaveu ouvert du Pape [actuel] au sujet de la position des autels ; ensuite par la nouvelle traduction des textes liturgiques qui ferait l’objet d’une étude par une commission créée à l’insu et contre le cardinal Sarah ; enfin par les manœuvres pour étudier la possibilité d’une messe « œcuménique » en passant outre la Congrégation elle-même.

     Il s’agit d’une dérive qui frappe au cœur le pontificat même de Benoît XVI qui plaçait la liturgie au centre de la vie de l’Eglise. Et dans le document qui vient d’être publié, le Pape émérite lance un nouvel avertissement : « Tout comme pour l’interprétation des Ecritures Saintes, la liturgie aussi requiert une connaissance spécifique. Mais en ce qui concerne la liturgie, il est également vrai que la spécialisation peut manquer l’essentiel à moins qu’elle ne soit enracinée dans une union intérieure et profonde avec l’Eglise orante qui apprend sans cesse du Seigneur lui-même ce qu’est l'adoration ». D’où l’affirmation finale qui résonne comme un avertissement : « Avec le cardinal Sarah, maître du silence et de la prière intérieure, la liturgie est entre de bonnes mains ». 

     Cette intervention de Benoît XVI, qui vise à soutenir le cardinal Sarah et à le remettre de fait à la tête de la Congrégation pour la liturgie est sans précédent. Et malgré qu’elle ne se manifeste que sous la forme « innocente » d’un commentaire d’un livre, la signification ecclésiale d’une telle démarche n’échappera à personne et révèle la préoccupation du Pape émérite au sujet de ce qui est en train de se passer au cœur de l’Eglise.

     Benoît XVI intervient aujourd’hui sur ce qui a sans doute le plus caractérisé son pontificat : « La crise de l’Eglise est une crise de la liturgie » disait-il, et ce jugement a été relayé par le cardinal Sarah. Mais il ne faut pas oublier ce que Mgr Georg Gänswein a affirmé dans une récente interview d’une façon en apparence innocente: en répondant à une question au sujet de la confusion qui règne dans l’Eglise et sur les divisions qui se sont créées, il a déclaré que Benoît XVI suivant avec attention tout ce qui était en train de se passer dans l’Eglise. Et aujourd’hui nous constatons qu’il commence discrètement à réagir.

     Source : Riccardo Cascioli, LNBQ

     Traduction: Diakonos.be .

    LE PAPE ÉMÉRITE VOLE AU SECOURS DU CARDINAL SARAH

    Le pape Benoît XVI a lui-même exprimé son point de vue paisiblement, sans ambages ni polémique inutile.  Sed tandem, qui aures habet, audiat. Un hommage mérité au silence de l’humble cardinal.

    JPSC

  • "Le christianisme médiéval, creuset de l'Europe"; la conférence de Mgr Delville du 17 janvier et l'échange qui s'en est suivi

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    Dans le cadre du Cycle de lunchs débats 2017,

    « L’Europe, ses fondements, aujourd’hui et demain »

    LE CHRISTIANISME MÉDIÉVAL,

    CREUSET DE L’EUROPE

    Lunch débat avec Monseigneur Jean Pierre DELVILLE

    Evêque de Liège

    delville.jpg

    Université de Liège, salle des Professeurs,

    Mardi 17 janvier 2017

    Le mardi 17 janvier 2017, Mgr Jean-Pierre Delville, Evêque de Liège et professeur hre d’histoire du christianisme à l’université catholique de Louvain (U.C.L.) était l’invité d’un lunch-débat organisé à l’Université de Liège par l’Union des étudiants catholiques de Liège et le Groupe éthique sociale, associés au forum de conférences Calpurnia. Le thème de son exposé portait sur le rôle du christianisme médiéval dans la formation de l’identité européenne.

    Le texte de la conférence et de l'échange qui l'a suivi figure dans celogo-adobe-pdf.jpg

  • Comment remettre le sexe à sa place ?

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    Lu dans le mensuel « La Nef » (n° 293 de mai 2017) :

    Vergely.jpg« Bertrand Vergely, philosophe orthodoxe et enseignant en classes préparatoires, mène une œuvre indispensable sur le sens de la vie. Son dernier livre (1) a été pour Christophe Geffroy l’occasion de le rencontrer. Entretien :

    La Nef – Votre livre doit beaucoup à Vaclav Havel qui a annoncé un « post-totalitarisme » caractérisé par « la rencontre entre communisme et consommation » (p. 89 et 173) : pouvez-vous nous expliquer ce paradoxe ?

    Bertrand Vergely – En 1978, alors que la Tchécoslovaquie subit la répression après le printemps de Prague en 1968, Vaclav Havel a un choc. Il voit un marchand installer au milieu de ses légumes une banderole avec marquée dessus le fameux slogan communiste « Prolétaires de tous les pays unissez-vous ». À cet instant, il comprend que le communisme est à l’agonie. Pour faire de la propagande via les circuits de consommation, manifestement, le régime n’est plus capable de soutenir un débat d’idées. L’intuition d’Havel ne s’arrête toutefois pas là, celui-ci constatant quelques années plus tard que, si le communisme est en train de se marier avec le consumérisme, l’inverse est vrai. Le capitalisme est en train de se marier avec le communisme, comme le montre la propagande économique qui ne cesse d’utiliser le social, la démocratie, l’humain, pour vendre. 
    Qu’est-ce qui fait qu’on en est arrivé là ? Le procès de sécularisation de l’Occident qui voit l’homo economicus, comme le dit Louis Dumont, remplacer l’homo religiosus, comme le dit Mircea Eliade. Un culte auquel souscrivent tant le communisme que le capitalisme, tous deux pensant que la morale va quand l’économie va. Vision totalement matérialiste de l’homme et de son avenir.

    Vous consacrez de longs développements à ce que l’on fait aujourd’hui de l’amour ; alors qu’on ne cesse d’en parler, vous avancez qu’on est en train de le tuer en voulant l’affranchir de toute contrainte : pouvez-vous vous expliquer ?
    On ne parle pas d’amour. On parle de libération sexuelle. La nuance est grande, l’important n’étant pas l’amour mais le droit que l’on peut avoir sur lui. L’amour comme objet de consommation a remplacé l’amour. La preuve : l’utilisation du mot droit. Écoutons les discours qui se tiennent. Tous parlent non d’amour mais du droit de s’aimer. Le mariage en est une illustration frappante. Avec le mariage pour tous de quoi a-t-il été question ? Du mariage comme droit. Résultat, parlons de l’amour et du mariage comme droits, comme le fait aujourd’hui la démocratisation du mariage et de l’amour. On les tue.

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  • Luther ou l'inauguration d'une ère dominée par la haine et la guerre contre l’Eglise catholique

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    unnamed.jpgMartin Luther  La face cachée d’un révolutionnaire
    Auteur : Angela Pelliciari
    Traduit de l’italien par Esther Barbier
    Office : 21 avril 2017
    Broché, 160 p. – 14,50 euros
    Pierre Téqui éditeur
     
    Présentation
    Si 2017 marque le 500ème anniversaire de Luther, gageons que les médias présenteront un Luther très consensuel, héraut de la lutte contre les abus de l’Eglise catholique et propagateurs d’une religion nouvelle, sans dogme.
    Pourtant, à rebours de l’hagiographie actuelle, Angela Pelliciari livre un portrait très différent. Partant des textes, toujours avec sa rigueur reconnue, elle dévoile la face cachée d’un révolutionnaire.
     
    Antisémitisme, haine de l’Eglise catholique et du pape, mensonges, calomnie, réécriture de la Bible pour qu’elle corresponde à ses thèses, appel au meurtre de ceux qui s’opposent à la Réforme… Le portrait que dresse Angela Pellicciari de Martin Luther est sans concession. Difficile de contredire l’enseignante italienne quand elle constate avec regret que « même dans les milieux catholiques on tient presque pour acquis que Luther avait raison et l’Eglise catholique tort ». C'est ne pas connaître le vrai Luther que de penser cela.
     
    Angela Pellicciari s’appuie sur les écrits du « Moïse allemand » qu’elle cite abondamment en lui opposant les paroles de Jésus. Elle montre les conséquences désastreuses de la révolte du prêtre allemand : détachement de l’Eglise allemande de Rome pour la soumettre aux princes qui s’emparent des biens du clergé, paupérisation du peuple, destruction des couvents et des œuvres de charité, guerre entre les nations. La réforme préconisée par Luther s’appuie certes sur les abus du haut clergé et de la curie romaine que personne ne conteste mais elle n’apporte aucune solution d’apaisement. Elle enfonce au contraire l’Europe dans un cataclysme qui ne s’achèvera pas de sitôt. La révolution luthérienne ouvre la porte à la grande Révolution française et aux idées jacobines. Angela Pellicciari voit dans la Réforme luthérienne la marque contemporaine d’une pensée affranchie de toute recherche de la vérité au nom d’une conscience individuelle qui place la liberté de pensée au-dessus de tout dogme. L’individu tout puissant est né en 1517 avec les thèses de Luther. Ce dernier est prophétique : « Son testament a été collecté et divulgué dans les siècles qui ont suivi par la pensée gnostique, jacobine et franc-maçonne, dominée par la haine et la guerre contre l’Eglise catholique. Au nom de la sainteté de cette haine (…) le sang a coulé à flots ».
     
    Auteur
    Angella Pellicciari, historienne du Risorgimento et spécialiste des rapports entre la papauté et la maçonnerie, enseigne l'Histoire de l'Église dans les séminaires Redemptoris Mater. Elle a publié une histoire de l’Eglise, disponible en français et en cours de traduction dans d’autres langues.

  • L'Islam : pour tous ceux qui veulent en parler (mais ne le connaissent pas encore)

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    De Charles-Henri d'Andigné sur le site de l'hebdomadaire Famille Chrétienne :

    L'Islam : pour tous ceux qui veulent en parler (mais ne le connaissent pas encore)

    L'Islam pour tous ceux qui veulent en parler

    Auteur : Annie Laurent

    Editeur : Artège

    Nombre de pages : 288

    Dans cet ouvrage soigné qui associe clarté et précision, Annie Laurent offre des réponses aux nombreuses et légitimes interrogations que suscite l'Islam, du fait de son omniprésence dans une actualité inquiétante, en France et dans le monde ; du fait aussi de son projet anthropologique, juridique, social et politique dont les fondements heurtent ceux de la civilisation européenne. C'est donc un défi existentiel que l'Europe doit relever alors qu'elle connaît une crise d'identité d'une gravité sans précédent.

    A l'heure où dominent les relativismes, où s'installent les confusions et où l'émotion supplante la raison, la relation avec l'Islam et les musulmans est confrontée à deux sérieux écueils : le déni et la passion. Il est donc urgent de bannir toute superficialité dans l'approche de réalités encore trop méconnues ou déformées. Autrement dit, il convient de porter sur l'Islam un regard lucide et vrai tout en cultivant bienveillance et respect envers les musulmans. Tel est l'enjeu réussi de ce livre qui s'inspire aussi de l'expérience des chrétiens d'Orient.

    Annie Laurent est titulaire d'un doctorat d'Etat en sciences politiques pour une thèse intitulée « Le Liban et son voisinage ». Sa longue expérience du Proche-Orient l'a conduit à se spécialiser dans les domaines touchant aux questions politiques de cette région, à l'Islam, aux chrétiens d'Orient et aux relations interreligieuses. Auteur de plusieurs livres sur ces sujets, elle est aussi à l'origine de la création de l'association Clarifier. Le pape Benoît XVI l'a nommée experte au Synode spécial des Évêques pour le Moyen-Orient qui s'est tenu à Rome en octobre 2010.

    Extrait choisi

    « Une première prise de conscience est nécessaire : le monde musulman, n’ayant pas la connaissance d’un Dieu qui aime chaque homme d’un amour infini (1), souffre dramatiquement de manque d’a-mour et de considération. Telle est la cause principale qui conduit certains de ses membres à des actions d’extrême violence.

    Il incombe donc aux “non-musulmans”, conscients de cette frustration, de porter sur les musulmans un regard bienveillant, fait d’estime, de sympathie, de compassion et de respect. Et donc de bannir des attitudes trop vite venues, telles que l’invective, l’ironie sur leurs pratiques cultuelles, la condescendance et le mépris, voire la haine. Pour les chrétiens en particulier, il s’agit finalement de tendre à aimer les musulmans comme Dieu Lui-même les aime.

    Cette disposition sera d’autant plus motivante qu’elle tiendra compte de tout ce qui manque aux musulmans en matière d’amour de Dieu.

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  • Le voile du moralisme politique, un texte annonciateur de Marcel De Corte

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    Lu sur le site web du bimensuel français « L’Homme Nouveau » :

    marceldecorte.jpg"Sous le titre « Morale et politique », le professeur Marcel de Corte (1905-1994) avait publié naguère un article décrivant le processus d’hypermoralisation du discours politique cohabitant avec l’abandon de la pratique individuelle de la morale. Loin d’avoir perdu de sa pertinence, cette réflexion du grand philosophe belge semble avoir été écrit pour décrire la situation actuelle de déliquescence les mœurs publiques et privées. Il mérite d'être relu en cette période électorale: 

    « Le plus curieux phénomène que puisse enregistrer l’observateur des mœurs actuelles est sans doute l’imprégnation de la politique par la morale, par une certaine morale s’entend.

    Une abondance de discours et de revendications

    Les tribunes politiques sont devenues des chaires d’où se distribuent les préceptes de conduite, les promesses de bonheur et les perspectives de châtiment. Les prédicateurs religieux les imitent servilement, comme d’habitude. À aucune époque de l’histoire la justice n’a été célébrée avec une telle abondance de discours et de revendications. L’esprit et le cœur s’ouvrent à la fraternité et surtout à la haine des « méchants » qui l’entravent. Les hommes politiques battent leur coulpe, sur la poitrine de leurs voisins, mais souvent, aussi devant les tribunaux de moralité et d’orthodoxie. Le vocabulaire de l’éthique suffit à peine à la demande et les mots qui le composent, manœuvrés par les spéculateurs, sont emportés dans un mouvement de hausse vertigineuse. Les opinions politiques sont pesées, jugées, louées ou condamnées comme des vertus ou des tares morales imbibant l’âme et le corps. Une telle est un brevet de bonne conduite, digne d’éloge et de récompense, une autre suscite le blâme, la réprobation, et parfois l’emprisonnement et la mort. D’individuelle qu’elle était, la conscience morale a subi une inflation inouïe : elle est devenue, comme on sait, universelle, et elle se débite en assignats, tous les jours de l’année, dans des manifestes, des pétitionnements et des cortèges.

    Jamais les concepts de bien et de mal n’ont été politiquement plus répandus.

    Cette première constatation s’en double d’une autre. S’il est vrai que la politique et la morale tendent de plus en plus à coïncider, et même à devenir la règle de vie d’un chacun, il est également vrai de dire que les mœurs publiques et privées sont en pleine déliquescence.

    Le phénomène est tellement visible qu’il se passe de démonstration ou de description. Il n’est que d’ouvrir les yeux et de contempler le spectacle que nous offre l’humanité d’aujourd’hui. Le moralisme politique ou la politique moralisante est un voile sous le couvert duquel se perpètrent les pires attentats contre la morale élémentaire et particulièrement contre l’amour du prochain. Les conduites personnelles désorbitées n’ont plus d’axe et la simple pratique des devoirs d’état requiert aujourd’hui une sorte d’héroïsme. Les exemples foisonnent.

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  • Benoît XVI : le véritable renouveau de la liturgie est la condition fondamentale pour le renouveau de l’Eglise

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    Lu sur le blog « salon beige » :

    opera omnia.jpgAlors que le volume sur la Théologie de la Liturgie des Œuvres complètes du pape émérite Benoît XVI vient d’être publié à l’occasion de son 90e anniversaire, l’événement a été marqué par une parution simultanée en russe à la demande du patriarche de Moscou. Si la préface de ce volume des Opera Omnia a été rédigée par Benoît XVI en 2008, la version russe bénéficie d’une préface originale des mains du pape émérite en 2015. Inédite, elle vient d’être publiée en italien par Il Corriere della Sera. Et traduite en anglais par l’abbé John Zuhlsorf, prêtre catholique du diocèse de Madison. Extrait de la traduction de Jeanne Smits :

    […]

     « Dans les années qui ont suivi le Concile Vatican II, je suis redevenu conscient de la priorité de Dieu et de la divine liturgie. La mauvaise interprétation de la réforme liturgique qui a été largement diffusée au sein de l’Eglise catholique a conduit de plus en plus à mettre à la première place l’aspect de l’instruction, et celui de notre propre activité et créativité. Le “faire” de l’homme a quasiment provoqué l’oubli de la présence de Dieu. Dans ce genre de situation, il devient toujours plus clair que l’existence de l’Eglise tire sa vie de la célébration correcte de la liturgie et que l’Eglise est en danger lorsque la primauté de Dieu n’apparaît plus dans la liturgie et, par conséquent, dans la vie. La cause la plus profonde de la crise qui a bouleversé l’Eglise se trouve dans l’obscurcissement de la priorité de Dieu dans la liturgie. Tout cela m’a amené à me consacrer davantage que par le passé au thème de la liturgie car je savais que le véritable renouveau de la liturgie est la condition fondamentale pour le renouveau de l’Eglise. Les écrits rassemblés dans ce 11e volume des Opera Omnia sont nés de cette conviction. Mais en dernière analyse, même avec toutes leurs différences, l’essence de la liturgie en Orient et en Occident est unique, elle est la même. Et ainsi j’espère que ce livre puisse donner également aux chrétiens de Russie de saisir mieux et de manière nouvelle le grand don qui nous est offert dans la sacrée liturgie. »

    Ref. Le véritable renouveau de la liturgie est la condition fondamentale pour le renouveau de l’Eglise

    JPSC