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Livres - Publications - Page 2

  • "Que tout ce qui respire loue le Seigneur" : un ouvrage consacré à la musique dans la Bible

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    "Que tout ce qui respire loue le Seigneur"

    La musique dans la Bible : des éléments sur la musique vocale, instrumentale, la danse, 

    par Joseph Blanchard

    Couverture souple

    336 pages

    ISBN : 9782322164127

    Éditeur : Books on Demand

    Date de parution : 12/10/2018

    L'auteur : 

    Joseph Blanchard, musicien, a plusieurs diplômes (contrebasse, orgue, musique de chambre, direction chant choral). Il a suivi une formation solide pendant 4 ans à la Faculté de Théologie Catholique de Strasbourg et s''intéresse depuis longtemps à l'histoire de l'art, à l'archéologie. Il pratique également l'aquarelle … 

    Ecrire un livre sur la musique dans la Bible suppose bien évidemment porter plusieurs casquettes. L'une d'entre elles est d'avoir fait cette recherche comme un étudiant avec un maître de thèse. Il s'est donc entouré de spécialistes (hébreu, grec, musicologie, théologie ..).

  • François-Xavier Thuan : un cardinal magnifique

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    De Charles-Henri d'Andigné sur le site de l'hebdomadaire Famille Chrétienne :

    Cardinal Thuan : le résistant de la foi

    François-Xavier Nguyen van Thuan

    Prisonnier durant treize ans dans les geôles communistes, homme de grande allure et de manières simples, Mgr François-Xavier Thuan fit rayonner sa foi au Vietnam et au-delà. Une belle biographie lui rend hommage.

    Dans son dernier message pour la Journée mondiale de la paix, le 1er janvier, le pape François a cité les « Béatitudes du politique » (voir encadré ci-dessous). C’est le célèbre cardinal vietnamien François-Xavier Nguyen Van Thuan (1928-2002), qui en est l’auteur. Qui est cet homme ? L’historienne Anne Bernet, par ailleurs auteur de nombreuses biographies et récits historiques, lui a consacré une biographie très attachante.

    Les Béatitudes du politique

    « Heureux l’homme politique qui est conscient du rôle qui est le sien. Heureux l’homme politique qui voit son honorabilité respectée. Heureux l’homme politique qui œuvre pour le bien commun et non pour le sien. Heureux l’homme politique qui cherche toujours à être cohérent et respecte ses promesses électorales. Heureux l’homme politique qui réalise l’unité et, faisant de Jésus son centre, la défend. Heureux l’homme politique qui sait écouter le peuple avant, pendant et après les élections. Heureux l’homme politique qui n’éprouve pas la peur, en premier lieu celle de la vérité. Heureux l’homme politique qui ne craint pas les médias, car c’est uniquement à Dieu qu’il devra rendre des comptes au moment du jugement. »

    François-Xavier, cardinal Nguyen Van Thuan

    François-Xavier Van Thuan est issu d’une grande famille mandarinale, à la fois catholique, francophile et très patriote. Très croyants, ses parents lui donnent tôt le goût de la prière et de la Vierge Marie. C’est un enfant « précocement pieux, ouvert aux mystères du monde invisible », écrit Anne Bernet, et néanmoins turbulent, malgré une certaine fragilité physique : il est « imaginatif dès qu’il s’agissait de sottises ». Élève brillant, c’est l’« exemple achevé du fort en thème, ajoutant à des dons innés et une intelligence aiguë une capacité de travail remarquable favorisé par une mémoire hors norme »Réchappé miraculeusement d’une tuberculose à 20 ans, il est ordonné prêtre en 1958, à 30 ans, après avoir envisagé une vie contemplative. C’est un homme délicat, fin, au physique comme au moral, ayant pleinement profité de l’éducation raffinée qu’il a reçue. Gai, ne laissant rien paraître de tourments intérieurs pourtant bien réels (il prie souvent avec le sentiment que Dieu ne l’exaucerait pas), il a un solide sens de l’humour et, plus rare, un vrai talent d’imitateur qu’il exercera toute sa vie, y compris pour mimer Jean-Paul II. Nommé directeur du petit séminaire de Phu Xuan, non loin de Saïgon, il se fait remarquer par la douceur de ses méthodes, inspirées de Don Bosco, qui réussissent auprès des enfants mais pas des vieilles barbes de son entourage, qui grognent et renâclent.

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  • Homosexualité dans l'Eglise : une parution qui devrait faire du bruit

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    (Source) : 

    Il s'agit de la publication du livre Sodome par le sociologue, très politiquement correct, favorable au "mariage pour tous", Frédéric Martel. 

    A l'issu d'une enquête de 5 années, après avoir interviewé de nombreux membres haut-placés de la Curie et avoir eu accès à des sources de première main, le sociologue français expose sans fard le réseau gay qui a infiltré l'Eglise et le Vatican depuis essentiellement le pontificat de Paul VI. Des noms et des faits seront révélés.

    Ce qui fait l'intérêt de ce livre, c'est que Frédéric Martel ne peut pas être accusé de participer à un complot traditionaliste destiné à abattre le progressiste François. Bien au contraire, Frédéric Martel partage l'idéal bergoglien d'une Église des pauvres, des marginalisés, des périphéries. L'objet de sa diatribe n'est donc pas l'existence d'homosexuels actifs dans l'Église, mais l'hypocrisie qui entoure cet état de fait.

    Sources en espagnolen anglais, bizarrement il y a très peu de sources en français.

    et (source) :

    L'auteur est lui-même homosexuel. Après une rapide enquête, il s'avère que spécialiste de la sociologie du monde homosexuel, il avait écrit un livre mal reçu dans le milieu homosexuel :« le Rose et le Noir ».

    Ce livre est annoncé sur Amazon non pas pour le 1er avril mais pour le 21 février, en édition anglaise et Italienne, par hasard jour de l'ouverture de la grande rencontre au Vatican des responsables des conférences épiscopales, et plus tard en langue espagnole. 

    L'ouvrage ne porte pas que sur l'homosexualité ou les affaires de mœurs, et son titre anglais est :"In the Closet of the Vatican: Power, Homosexuality, Hypocrisy"(dans le secret du Vatican, pouvoir, homosexualité, hypocrisie)

    Ce n'est sûrement pas l'homosexualité qu'il dénonce mais de l'hypocrisie, et peut-être avant tout la doctrine morale de l'Eglise. Dans la mesure où il va donner des noms, des faits, des dates, cela risque en effet de susciter un scandale, et possiblement une mise en cause de la gestion du pape François.

    On trouve sur Amazon l'annonce de la parution d'un livre à la même date du 21 février, simplement pour le moment intitulé "Enquète" de Frédéric Martel et qui doit donc etre la version française du même ouvrage.

     

  • Quand le pape minimise les péchés "sous la ceinture"...

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    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso, en traduction française sur le site Diakonos.be :

    Rappel pour le sommet sur les abus. Pour François, les péchés « sous la ceinture » sont « les plus légers »

    Voici une nouvelle qui a de quoi surprendre : à l’occasion du voyage que le Pape François s’apprête à faire au Panama pour les JMJ, ce dernier a tenu à être officiellement accompagné par le français Dominique Wolton (photo) qui n‘est pas un homme d’Église et qui n’est d’ailleurs pas catholique mais qui est un théoricien de la communication et directeur de recherche au Centre National de la Recherche Scientifique, le mythique CNRS et également fondateur de la revue internationale « Hermès ».

    Mais par-dessus tout, Wolton est également l’auteur du livre-entretien le plus réussi parmi tous ceux qui ont été publiés jusqu’à présent, un livre dans lequel Jorge Mario Bergoglio a surtout parlé librement, sans retenue, allant jusqu’à déclarer pour la première fois en public qu’à l’âge de 42 ans, il avait été suivi pendant six mois par un psychanalyste agnostique de Buenos Aires.

    Ce livre, traduit en plusieurs langues, est sorti en 2017 et se compose de huit chapitres contenant chacun un entretien que l’auteur a eu avec le Pape en 2016. C’est depuis lors que le Pape Bergoglio a développé un sentiment de proximité envers Wolton qui l’incite aujourd’hui à le vouloir à ses côtés pour son prochain voyage.  Un sentiment qui n’est pas sans rappeler celui qui s’est développé entre le Pape Bergoglio et Eugenio Scalfari, un autre héraut des sans-Dieu que le Pape a convoqué en entretien à plusieurs reprises avec la certitude que Scalfari transcrirait et publierait ensuite à sa manière le contenu de leurs conversations, tout cela dans le but de construire une bonne image de François « in partibus infidelium ».

    Cette façon de faire fait également partie du modèle de communication qui plaît au Pape Bergoglio. En effet, au cours d’un entretien avec le bon interlocuteur, il peut dire à un large public bien davantage que ce qui pourrait apparaître dans les textes officiels.  Il peut lever le voile sur le fond de sa pensée.

    Par exemple, dans le livre-entretien avec Wolton, on nous explique pourquoi le Pape François ne considère pas tellement les abus sexuels commis par des hommes d’Église comme étant un problème de morale et de sexe mais plutôt de pouvoir et en particulier de pouvoir clérical, qu’il concentre dans l’expression « cléricalisme ».

    À Wolton qui lui demandait pourquoi on entendait aussi peu le message « le plus radical » de l’Évangile qui est « de condamner la folie de l’argent », le Pape Bergoglio a répondu :

    “Mais parce que certains préfèrent parler de morale, dans les homélies ou dans les chaires de théologie. Il y a un grand danger pour les prédicateurs, les prêcheurs, qui est de ne seulement condamner que la morale – je vous demande pardon – « sous la ceinture ». Mais les autres péchés, qui sont les plus graves, la haine, l’envie, l’orgueil, la vanité, tuer l’autre, ôter la vie… ceux-là on n’en parle pas tant que ça. Entrer dans la mafia, faire des accord clandestins… « Tu es catholique ? Alors donne-moi le chèque. »”

    Et plus loin, le Pape dit encore :

    “Les péchés de la chair sont les plus légers. Parce que la chair est faible. Les péchés plus dangereux son ceux de l’esprit. J’ai parlé d’angélisme : l’orgueil, la vanité sont des péchés d’angélisme. Les prêtres ont eu la tentation – pas tous, mais beaucoup – de se focaliser sur les péchés de la sexualité : ce que j’appelle la morale sous la ceinture. Les péchés plus graves sont ailleurs”.

    Wolton objecte alors : « Ce que vous dites n’est pas entendu ».

    Et le Pape répond :

    “Non, mais il y a des bons prêtres… Je connais un cardinal ici qui est un bon exemple. Il m’a confié, en parlant de ces choses là, que lorsqu’on vient le voir pour lui parler de ces péchés sous la ceinture, il dit tout de suite : « J’ai compris, passons à autre chose. » Il arrête la personne, comme pour dire : « J’ai compris, mais voyons si tu as quelque chose de plus important. » « Je ne sais pas. – Mais est-ce que tu pries ? Tu cherches le Seigneur ? Tu lis l’évangile ? » Il lui fait comprendre qu’il y a des échecs plus importants que ça. Oui, c’est un péché, mais… Il lui signifie « j’ai compris », puis il passe à autre chose. À l’inverse, il y en a certains, qui, quand ils reçoivent confession d’un péché de ce genre, demandent : « Comment tu l’as fait, et quand l’as-tu fait, et combien de temps ? »… Et ils se font un « film » dans leur tête. Mais ceux-là, ils ont besoin d’un psychiatre”.

    Le voyage du Pape au Panama a lieu moins d’un mois avant le sommet de tous les présidents des conférences épiscopales du monde entier qui se retrouveront afin de définir une stratégie commune pour gérer les abus sexuels et qui se déroulera du 21 au 24 février au Vatican.

    Il sera intéressant de voir comment, au cours de ce sommet, François arrivera à concilier sa minimisation de la gravité des péchés qu’il qualifie lui-même de « sous la ceinture » avec la stigmatisation des abus de pouvoir de la caste cléricale qu’il a lui-même à plusieurs reprises pointée du doigt comme étant la principale cause du désastre.

    Et ce n’est pas tout. On comprendra peut-être mieux dans quelle mesure le fait qu’il minimise les péchés sexuels – et les pratiques homosexuelles répandues au sein du clergé – explique ses silences et sa tolérance face à des des cas concrets d’abus de la part d’hommes d’Église de haut rang qu’il apprécie et qu’il favorise :

    > François et les abus sexuels. Le pape qui en savait trop

    Le cas de l’évêque argentin Gustavo Óscar Zanchetta est particulièrement interpellant à ce sujet. Après avoir été son confesseur, il l’a promu en 2013 évêque d’Oran avant de l’appeler à Rome en 2017 pour le nommer au sommet de l’Administration du Patrimoine du Siège Apostolique, malgré qu’à deux reprises, en 2015 et 2017 – comme Associated Press l’a montré le 20 janvier – des accusations concernant des comportements « sous la ceinture » inappropriés de sa part sur des jeunes séminaristes soient parvenues au Vatican depuis son diocèse, et par deux fois, le Pape lui a demandé des comptes à propos de ces accusations, avant de décider ensuite de le limoger de son diocèse mais aussi de le promouvoir à une charge encore plus prestigieuse, en considérant naturellement ses écarts comme étant peu importants et « légers » :

    > Ex-deputy to Argentine bishop says Vatican knew of misdeeds

  • Il faut être nostalgique, aujourd’hui, pour que l’avenir reste humain

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    Une chronique littéraire de Louis Cornellier sur le site canadien "Présence-Info.ca" :

    La nostalgie de Bellamy

    Avec Demeure. Pour échapper à l’ère du mouvement perpétuel (Grasset, 2018), le Français François-Xavier Bellamy signe un élégant réquisitoire contre une modernité qui a fait de la fuite en avant son idéologie.

    Ce qui définit le progressisme actuel, écrit le philosophe, ce n’est pas l’idée que nos sociétés ont des défauts qui doivent être corrigés; c’est plutôt la conviction que le changement est toujours préférable à la stabilité, que le mouvement vers l’avant vaut toujours mieux que l’immobilisme. «Et c’est précisément par là, écrit Bellamy, qu’il constitue un sophisme dangereux: croire par principe dans la supériorité de l’avenir, c’est ignorer qu’il y a dans l’héritage de l’histoire, et dans la réalité du présent, des biens infinis qui méritent d’être admirés, d’être protégés et transmis. Nous enjoindre sans cesse d’aller toujours de l’avant, c’est déprécier du même coup tout ce que nous avons en partage, ici et maintenant.» Cet optimisme de principe est, n’hésite pas à conclure Bellamy, «un nihilisme: il décrète que ce monde ne vaut rien, puisque tout autre monde sera meilleur».

    La charge, qui brille par son raffinement stylistique et par sa profondeur philosophique, fait mouche. Pendant des décennies, les choses, croyait-on, étaient claires: la gauche se réclamait du progressisme et la droite était assimilée au conservatisme. La réalité, cependant, brouille les cartes. Depuis des décennies, la droite capitaliste se nourrit de «destruction créatrice», de changement et d’évolution technique. La gauche de tendance socialiste, en revanche, résiste à ce rouleau compresseur et défend des droits sociaux qui n’ont rien de nouveau. Plus récemment, une certaine gauche, au nom du progressisme, a tourné le dos à de vieux idéaux en rejetant les idées de nation et en faisant de toutes les minorités, et non plus des pauvres et des travailleurs, son nouveau prolétariat. La droite capitaliste et la nouvelle gauche se rejoignent donc, notamment, dans le principe du sans-frontiérisme.

    Gauche et conservatisme

    Je me suis toujours défini, à tort, diront certains, comme un homme de gauche et je n’ai pas eu de scrupule, pendant des années, à me dire progressiste. Je prends toutefois conscience, aujourd’hui, en lisant Bellamy, plutôt identifié à la droite, et après avoir lu les essais du cinéaste Bernard Émond, clairement identifié à la gauche, que cette dernière étiquette ne me convient pas parce qu’elle désigne une idéologie que je rejette.

    La modernité s’est d’abord opposée à ce que le philosophe anglais David Hume appelait le «sophisme naturaliste», c’est-à-dire l’idée selon laquelle ce qui est doit être. Cette opposition était une manière d’affirmer que la tradition, en elle-même, n’a pas de valeur, que ce qui est ne devrait peut-être pas être. Cette critique moderne du conservatisme représentait une avancée de la liberté de juger. Or, constate Bellamy, nous sommes désormais aux prises avec le sophisme contraire, qui affirme que «ce qui va arriver est forcément meilleur que ce qui existe déjà». Jadis, le passé nous écrasait en s’imposant sans autre forme de procès. Aujourd’hui, passé et présent sont souvent méprisés et rejetés sous prétexte que «l’innovation est forcément un bien» et que le monde sera nécessairement meilleur demain.

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  • Les "Lumières" : des éteignoirs ?

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    De KTO ("L'Orthodoxie ici et maintenant") :

    Indubitablement, nos sociétés occidentales qui se réclament de l´héritage des Lumières, ce mouvement philosophique, moral et politique consistant à opposer la lumière de la raison, à l'obscurité de la religion, mettant l´accent sur la science et le progrès, vivent un malaise structurel, profond et grandissant. Quelles-en sont les racines, les causes et les fondements d´un tel malaise qui n´est pas que politique et sociétale mais moral et spirituel aussi ? Les Lumières ont-elles été totalement lumineuses, comme on veut nous faire croire ? Quelles en sont les parts obscures de ces Lumières ? Quelles en sont les failles qui devraient nous interroger ? Pour répondre à ces interrogations, Carol SABA reçoit Bertrand VERGELY, philosophe et théologien orthodoxe, qui vient de publier « Obscures Lumières, la révolution interdite » aux Editions CERF, qui interroge cet héritage des Lumières et trace, à l'aune de sa foi, des chemins de réflexion pour repenser, aujourd´hui, ici et maintenant, notre héritage politique, moral et métaphysique et nous relier de nouveau non pas à des « commencements » façonnés par l´histoire des conjonctures d´ici-bas, mais à la question originelle des « origines ».

    Diffusé le 15/01/2019 / Durée : 26 minutes

  • Entretien avec l'abbé Barthe : la messe de Vatican II

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    Lu sur le site web du bi-mensuel « L’Homme Nouveau »

    « L'abbé Claude Barthe vient de publier aux éditions Via Romana un nouveau livre sur la liturgie, La messe de Vatican II, qui devrait faire débat par les liens qu'il établit entre le nouvel ordo promulgué par le pape Paul VI et le concile Vatican II et par l'historique qu'il propose de la crise liturgique. Nous avons rencontré l'auteur.

    Selon vous, la réforme liturgique qui a suivi Vatican II n’a pas de précédent historique ?

    Barthe.jpgIl y a certes eu bien des modifications dans les liturgies catholiques, au cours des siècles, telle, pour la liturgie romaine, la synthèse romano-franque commencée au VIIIe siècle et achevée au XIe siècle, qui a vu une hybridation entre le rite vieux-romain et les rites des pays francs et germaniques. Quant au terme de réforme, qui désigne traditionnellement dans l’Eglise, un phénomène de rénovation disciplinaire, doctrinale et spirituelle (réforme grégorienne, réforme tridentine, par exemple), il a pu s’accompagner d’un versant liturgique (pour la réforme tridentine, l’édition des livres romains comme livres « canoniques » pour l’ensemble de l’aire latine). On peut parler à ce titre de réforme liturgique, mais cela n’a rien à voir avec la réforme liturgique de Vatican II. Celle-ci relève plutôt d’une réforme sous un mode d’inculturation, d’adaptation des formes cultuelles à une civilisation qui reçoit la mission catholique, comme cela s’est produit pour permettre l’accès des Slaves à la liturgie byzantine via le slavon ancien, lors de l’évangélisation des saints Cyrille et Méthode, au IXe siècle.

    Mais l’inculturation à l’époque de Vatican II a été très spécifique : elle visait à adapter la liturgie au monde moderne comme tel, avec cette différence, par rapport aux inculturations du passé, que la culture de la modernité est de soi étrangère, et même est hostile, au religieux chrétien contre lequel elle s’est édifiée.

    Le problème est le même que celui de l’appareil philosophique dans lequel s’exprime la théologie : on ne peut pas utiliser les philosophies contemporaines comme instrument de la théologie de la même manière que l’avait fait saint Thomas avec la philosophie d’Aristote. Ce qui ne veut pas dire qu’on n’a pas à tenir compte du monde dans lequel nous vivons pour faire entendre le message aux hommes qui s’y trouvent. Le faire comprendre par des traductions, celles des missels notamment, en faisant de gros efforts de pédagogie aussi. Mais il faut en même temps assumer l’opposition entre le sacré et le profane moderne comme un des moyens importants pour résister à l’esprit de sécularisation de la société actuelle. Ce fut l’option, entre autres, de l’œuvre de Solesmes. Ceci est tout autre que de réformer en gommant la différence avec les revendications modernes, par des modifications de mise à jour, pour évoquer le terme d’aggiornamento, qui a servi pour qualifier l’œuvre de Vatican II.

    La réforme liturgique de Vatican II s’est bien voulue une réforme d’aggiornamento : en prétendant restaurer la liturgie en son état supposé de l’Antiquité tardive, d’avant le Moyen Âge, elle l’a surtout restructurée et on peut dire, elle l’a largement refabriquée, conformément à la mentalité contemporaine.

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  • "Plaidoyer pour le Vrai" : un livre à ne pas manquer

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    Ce début d'année nous apporte une magnifique surprise : une parution sous une plume amie qui nous réjouit et nous stimule. Paul Vaute, brillant historien et grand communicateur, a longuement maturé cet ouvrage qui devrait satisfaire tous ceux pour lesquels la quête du vrai reste une priorité absolue, le préalable à toute entreprise de restauration d'un ordre social et politique.

    Livre Plaidoyer pour le vrai  Vrai-1.jpgPLAIDOYER POUR LE VRAI

    Un retour aux sources
    Paul Vaute

    Né à Mons en 1955, Paul Vaute est doublement master en histoire et en communication de l'Université de Liège. Il a été enseignant puis journaliste.

    L'opposition paraît irréductible entre ceux qui soutiennent qu'il n'y a pas de vérité ou que celle-ci ne peut être commune et ceux qui affirment la possibilité de cette vérité, même si notre intelligence ne l'appréhende jamais entièrement. Renouer avec le vrai, adéquation de la pensée et du réel, c'est refuser l'individualisme, le grégarisme et l'idéalisme. Ce livre défend la trinité de la vérité, de la bonté et de la beauté.

    Intitulé Plaidoyer pour le vrai. Un retour aux sources, l’ouvrage se situe au carrefour de la philosophie et de l’histoire. Du passé au présent, dans les domaines de l’éthique ou de la politique comme dans ceux des sciences humaines et des sciences dites « dures » , il s’agit de renouer avec le concept ancien, fréquemment dévalorisé et pourtant toujours pertinent, de la nécessaire adéquation de la pensée et du réel. S’inscrire dans cet héritage antique et judéo-chrétien, c’est refuser tout à la fois l’individualisme qui fait du moi la mesure de toute chose, le grégarisme qui soumet ce moi à l’opinion publique fluctuante et l’idéalisme qui impose au moi comme au nous le carcan de réformes ou de révolutions pensées en chambre.

    Le livre se trouvera dans toutes les bonnes librairies, mais comme elles se font rares hélas !, voici le lien vers la rubrique qui lui est consacrée sur le site de l’éditeur: https://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=61705&razSqlClone=1.

    On y trouvera toutes les informations pratiques ainsi que l’accès libre à un large extrait comprenant l’introduction et le début du premier chapitre. Le livre peut être acquis en version papier ou en numérique (ebook).

    Broché - format : 15,5 x 24 cm

    ISBN : 978-2-343-16233-1 • 20 décembre 2018 • 336 pages 

    EAN13 : 9782343162331

    EAN PDF : 9782140108396 

    * Nos versions numériques sont compatibles avec l'ensemble des liseuses et lecteurs du marché.

    34 €    Commander la version papier

    Version numérique* 

    26,99 €     Commander la version numérique au format PDF

  • Marie Noël, une très grande poétesse entre le monde et Dieu

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    Une magnifique émission ! Merci KTO !

    Marie Noël se nommait Marie Rouget. À Auxerre, où elle naquit le 16 février 1883 et où elle résida jusqu'à sa mort, à 84 ans, le 23 décembre 1967, on l'appelle toujours joliment « la fille poussée au son des cloches ». En Bourgogne, le souvenir de la vieille demoiselle est à tout jamais présent. C'est que la vie de Marie Rouget n'est pas commune. Bien longtemps, en effet, beaucoup ignorèrent que celle qui allait devenir Marie Noël, la Marie Noël qu'admirèrent Aragon, Colette, François Mauriac, Montherlant et qui obtint le Grand Prix de l'Académie française pour l'ensemble de son oeuvre, était l'auteur prolifique de récits, de chansons, de berceuses, de complaintes, de contes, de poèmes et de psaumes qui la délivraient de l'attente, des ténèbres, du doute et de l'effroi de la mort. Une vie de lutte incessante, au fil des mots, contre le mal auquel seul peut répondre l'amour. Tour à tour émerveillée, joyeuse et soumise, Marie Noël fut une catholique ardente et sincère, toute donnée à Dieu, jusque dans l'épreuve. Rebelle, elle dialogua néanmoins jusqu'à sa mort avec le Seigneur, feignant d'ignorer qu'on peut discuter tant que l'on veut avec Dieu, tôt ou tard, c'est Lui qui a le dernier mot. Ce film magnifique nous conte la vie hors du commun d'une fausse bigote à l'allure de redoutable « grenouille de bénitier », dont Montherlant a pu dire qu'elle était le plus grand poète français. Et l'on pense à André Chénier qui écrivit : « L'art ne fait que des vers. Le coeur seul est poète ». Une inoubliable promenade sur des chemins de poésie au pays de la sérénité, dans les pas d'une grande figure du christianisme qui, s'usant le corps et l'âme, se perdit dans la vie des autres.

    UNE COPRODUCTION KTO/CAT PRODUCTION 2018 - Réalisé par Armand Isnard

    Environ 45 films documentaires de 52 minutes sont coproduits chaque année par KTO, qui en diffuse au total 150. Une partie d'entre eux est disponible sur Internet. La chaîne privilégie des documents mettant en valeur une vision chrétienne de l'homme, une lecture des questions de société au regard de la doctrine sociale de l'Église, une (re)découverte du patrimoine culturel chrétien. Les documentaires sont aussi l'occasion de découvrir des grandes figures du christianisme, à travers des portraits ou des récits, et de partir à la rencontre des communautés chrétiennes à travers le monde. Ces films sont régulièrement remarqués dans la presse et sélectionnés dans les festivals.

  • « L'affaire Viganò » : une réponse et deux livres

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    Sources : Fsspx.news / La Porte Latine du 5 janvier 2019

    « L'affaire Viganò » : une réponse et deux livres

    Le 7 octobre 2018, le cardinal Marc Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques, avait répondu dans une lettre ouverte aux accusations portées par Mgr Carlo Maria Viganò, ancien nonce aux Etats-Unis, sur les complicités dont le cardinal Théodore McCarrick, ancien archevêque de Washington, et d’autres clercs poursuivis pour abus sur mineurs, ont bénéficié jusqu’à Rome, afin que leur comportement scandaleux ne soit pas révélé.

    Le 19 octobre, Mgr Viganò a répondu au cardinal Ouellet en maintenant ses accusations et en désignant le « fléau » à l’origine de ces scandales. Dans un préambule, il tient à rappeler les raisons qui l’ont poussé à porter ce terrible témoignage : « C’est la conspiration du silence qui a causé et qui continue de causer de grands dommages au sein de l’Eglise – des dommages frappant tant d’âmes innocentes, de vocations sacerdotales, et les fidèles en général. En ce qui concerne ma décision, que j’ai prise en conscience devant Dieu, j’accepte volontiers toute correction fraternelle, tout conseil, toute recommandation et invitation à progresser dans ma vie de foi et d’amour pour le Christ, l’Eglise et le pape. »

    Puis l’ancien nonce réplique au préfet de la Congrégation pour les évêques : « Le cardinal Ouellet reconnaît les affirmations importantes que j’ai exprimées et que j’exprime encore, et conteste des affirmations que je n’exprime pas et que je n’ai jamais exprimées. Sur un point, je dois absolument réfuter ce que le cardinal Ouellet a écrit. Le cardinal déclare que le Saint-Siège n’avait connaissance que de “rumeurs” qui étaient insuffisantes pour justifier des mesures disciplinaires à l’encontre de McCarrick. J’affirme au contraire que le Saint-Siège était conscient d’une série de faits concrets, et qu’il possède des preuves documentaires, et que les personnes responsables ont néanmoins choisi de ne pas intervenir ou qu’elles ont été empêchées de le faire. La compensation financière accordée par l’archidiocèse de Newark et le diocèse de Metuchen aux victimes des abus sexuels de McCarrick, les lettres du P. Ramsey, des nonces Montalvo en 2000 et Sambi en 2006, du Dr Sipeen 2008, mes deux notes aux supérieurs du secrétariat d’Etat, décrivant en détail des allégations concrètes à l’encontre de McCarrick, ne sont-ce donc là que des rumeurs ? Ce sont des correspondances officielles, et non des ragots de sacristie. Les crimes évoqués étaient très graves, y compris celui de tenter de donner l’absolution sacramentelle à ses complices d’actes pervers, avec célébration sacrilège de la messe par la suite. Ces documents précisent l’identité des auteurs et de leur protecteur, et la suite chronologique des faits. Ils sont conservés dans les archives adéquates ; il n’est nul besoin d’enquête extraordinaire pour les recouvrer.

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  • Houellebecq, un écrivain catholique ?

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    De Jules Germain sur le site aleteia.org :

    La conversion de Michel Houellebecq au catholicisme, sa plus grande tentation ?

    « Je reste persuadé que tout bonheur est d’essence religieuse », expliquait Michel Houellebecq en 1996 dans un entretien avec Sébastien Lapaque pour la revue Immédiatement. La sensation d’être en paix avec le monde, relié aux autres grâce à Dieu, est pour lui un idéal, quand bien même il lui semble impossible de l’atteindre. Aleteia vous en dit plus sur cet aspect méconnu de l’auteur qui sort le 4 janvier son nouveau roman, Sérotonine.

    Avec ses descriptions crues, Houellebecq est un auteur qui rebute de nombreux chrétiens. Il est vrai qu’il peut montrer certaines dimensions de notre époque plus propres à dégoûter qu’à donner envie d’espérer. Ce n’est pas pour autant qu’il faille croire qu’il soit anticatholique. C’est même le contraire, chez cet auteur qui se disait l’année dernière impressionné par le remarquable retour du catholicisme.

    Lire aussi : Michel Houellebecq : « À long terme, une société ne peut tenir sans religion »

    Houellebecq, écrivain catholique ?

    Houellebecq explique dans un entretien avec Agathe-Novak Lechevalier : « Je suis catholique dans le sens où je montre l’horreur d’un monde sans Dieu. » On retrouve ici le grand thème pascalien : la conscience de la misère de l’homme sans Dieu est un préalable à la découverte de la grandeur de l’homme avec Dieu. L’homme est grand dans la mesure où il reconnaît sa misère devant Dieu. Houellebecq précise d’ailleurs qu’il a été profondément marqué par Pascal, qui a constitué pour lui une révélation. Il parle à son sujet de « choc définitif ».

    On comprend mieux pourquoi sa prose peut révulser certains chrétiens : Houellebecq montre un monde dans lequel Dieu semble totalement absent, presque impensable. Pourtant, on y sent très présente la nostalgie d’une autre manière de vivre dans laquelle Dieu a toute sa place, donnant cette paix et cette harmonie face à l’existence. C’est particulièrement marqué dans sa poésie, par exemple avec ce poème qui va du dégoût du monde à la quête de Dieu :

    « Il est vrai que ce monde où nous respirons mal
    N’inspire plus en nous qu’un dégoût manifeste,
    Une envie de s’enfuir sans demander son reste,
    Et nous ne lisons plus les titres du journal.
    Nous voulons retourner dans l’ancienne demeure
    Où nos pères ont vécu sous l’aile d’un archange,
    Nous voulons retrouver cette morale étrange
    Qui sanctifiait la vie jusqu’à la dernière heure.
    Nous voulons quelque chose comme une fidélité,
    Comme un enlacement de douces dépendances,
    Quelque chose qui dépasse et contienne l’existence ;
    Nous ne pouvons plus vivre loin de l’éternité.»
    La Poursuite du Bonheur. Michel Houellebecq
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  • Quand un théologien et philosophe propose une alternative au libéralisme

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    D'Eugénie Bastié (Le Figaro Vox lefigaro.fr) :

    John Milbank : « Le libéralisme est une erreur anthropologique »

    FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN - Dans « La politique de la vertu », le théologien et philosophe britannique John Milbank, théoricien du « blue socialism » propose une alternative au libéralisme dans le retour d'une éthique des vertus et une économie sociale de marché fondée sur la coopération.


    John Milbank est un théologien chrétien anglican, professeur de religion, politique et éthique à l'université de Nottingham. Il a publié La politique de la vertu avec Adrian Pabst (Desclée de Brouwer, 537p, 24€).


    FIGAROVOX.- Dans votre livre «La politique de la vertu», vous critiquez abondement le «libéralisme» qui est selon vous dans une «métacrise». Qu'entendez-vous par là?

    John MILBANK.- Le libéralisme peut vouloir dire beaucoup de choses. C'est avant tout une erreur anthropologique: l'intuition d'Hobbes et de Locke de construire une théorie politique en partant des individus isolés, détachés de tous liens. L'individu est décrit comme une créature inquiète et désirante faisant preuve de volonté, et non plus comme un être constitué par ses liens aux autres ayant des finalités. Ce libéralisme pense de façon abstraite l'individu en dehors de tout contexte culturel, social ou historique. Il s'agit de déterminer ce qu'un système politique doit nécessairement être, en le déduisant d'un hypothétique état de nature, sans traits culturels. Alors que le libéralisme est souvent associé à l'optimisme, il fait preuve en réalité d'un pessimisme anthropologique radical, même s'il est censé être socialement amélioré par le miracle de la main invisible. Une autre forme d'anthropologie libérale est celle de Rousseau, qui pense lui aussi l'individu isolé de tout comme originellement bon. L'association a tendance à corrompre l'individu, en introduisant la rivalité, l'avidité. Cela implique un différent type d'ingénierie sociale pour produire une société qui minimise la rivalité. Ce sont deux formes de pessimisme: pessimisme au niveau de l'individu jugé intrinsèquement égoïste, ou pessimisme au niveau d'un processus culturel jugé intrinsèquement corrupteur. Dans les deux cas, cela repose sur une dualité instaurée entre nature et culture.

    Dans quelle anthropologie la «politique de la vertu» s'enracine-t-elle?

    Nous à l'inverse qui nous situons dans l'anthropologie aristotélico-thomiste, nous pensons que les hommes sont des animaux naturellement culturels. Les buts de la société humaine: avoir des bonnes relations, participer au processus politique, mettre en œuvre des amitiés, atteindre la connaissance, s'ils sont naturels, doivent être soumis à un soubassement métaphysique. Sans transcendance, je crains que le postlibéralisme ne prenne soit la voie d'un fascisme sanctifiant l'état nation soit la voie d'une sorte de progressisme qui ne reconnaît des droits individuels ou bien ne reconnaît que l'écologie comme projet collectif, qualifiant toutes les autres médiations culturelles comme des formules arbitraires. Les principaux rivaux du libéralisme: le socialisme de guilde non-étatiste (proudhonien), le personnalisme catholique ou le conservatisme tocquevillien ont été mis hors-jeu.

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