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Livres - Publications - Page 4

  • Bazarder l'héritage de mai 68 : une nécessité selon Denis Tillinac

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    Du site de RTFrance :

    Denis Tillinac : «Il faut bazarder intégralement l'héritage de Mai 68» 

    Le gaulliste Denis Tillinac livre pour RT France une critique incisive de Mai 68 et de ses leaders, qu'il définit comme «des générations de jouisseurs égoïstes». L'écrivain constate d'ailleurs que «Mai 68 a désintégré toute la société».

    Ecrivain, Denis Tillinac est l'auteur de près de trente oeuvres littéraires. Il a reçu de nombreuses distinctions comme le prix Roger-Nimier ou le prix Paul-Léautaud. Cet ancien soutien et proche de Jacques Chirac vient de publier, aux éditions Albin Michel, Mai 68, l'arnaque du siècle.

    RT France : Denis Tillinac, vous publiez un livre, Mai 68, l'arnaque du siècle (aux éditions Albin Michel). Tout d'abord, racontez-nous votre Mai 68. Vous viviez à Bordeaux, vous étiez étudiant : comment l'avez-vous vécu ?

    Denis Tillinac (D. T.) : J’ai écrit ce livre pour dire que j’ai très mal vécu Mai 68. J’étais un étudiant de 20 ans, pas politisé, romantique, un peu anar’ – comme toujours à 20 ans – et je m’indigne de voir que, 50 ans après, on persiste à nous présenter Mai 68 comme un moment de ludisme, de créativité, de générosité et de libération, sexuelle entre autres – or ce n’est pas vrai. Personnellement, j’ai vécu quelque chose de très ennuyeux où les copains devenaient au fil des jours – ça avait commencé d’ailleurs dès mai 67 – de plus en plus politisés avec un langage de plus en plus manichéen, des mœurs de plus en plus policières.

    J’ai trouvé cela ennuyeux, oppressif et pas du tout créatif. Je trouvais que les slogans étaient ineptes. En définitive, j’ai pris mon solex et j’ai traversé la route sur des autoroutes désertes à 30 km/h pour aller retrouver à l’autre bout de la France la femme que j’aimais. C’était cela mon acte politique de Mai 68… Une fuite.

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  • Le philosophe Denis Moreau : "j'assume une foi intéressée"

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    Lu sur La Libre Belgique du 2 juin (p. 50-51) :

    “Il faut des catholiques de droite et de gauche”

    Le philosophe Denis Moreau :

    « Si je suis catholique, précisément, c’est parce que cela m’aide à bien vivre. Je le reconnais : je défends l’idée d’une religion intéressée, sans négliger non plus la question des “fins dernières”. Si je suis catholique, c’est aussi pour gagner la vie éternelle, et jouir du bonheur promis au Paradis. J’assume cette foi intéressée.  Si je suis chrétien, c’est parce que je suis convaincu que c’est bon pour moi, que cela m’aide à mieux vivre, et à affronter certains problèmes de l’existence. » … « Il y a une tradition de progrès social de la gauche, la défense des opprimés notamment, des plus faibles. Et, sur ces sujets, le catholicisme a aussi des choses à dire. Il faut pouvoir s’intéresser aux pauvres ; les inégalités sont insupportables. Le pape François répète cela en boucle… Le catholicisme doit irriguer toute la société, donc il est souhaitable qu’il y ait des catholiques de droite et des catholiques de gauche. Mais je trouve un peu dommage que le catholicisme de gauche ait quasiment disparu. Alors certes, la gauche française est en perte de repères, mais le catholicisme pourrait sans doute lui apporter quelque chose. D’ailleurs, il est souhaitable que les croyants s’engagent en politique pour participer à la vie du monde dans lequel ils évoluent. Et il me semble que cet engagement doit se faire différemment de la manière dont on le concevait dans les années 1950-1970 : on parlait alors du modèle de “l’enfouissement” du “levain dans la pâte”(les chrétiens devaient agir sans se signaler comme chrétiens, de manière discrète). » 

    Pour lire l'article in extenso : page 50page 51

  • L'avortement blesse les femmes

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    De Madeleine-Marie Humpers sur cathobel.be :

    FIC141341HAB0.jpgQuand l’avortement blesse les femmes. Marie Philippe brise le tabou

    De nombreuses femmes souffrent d’avoir eu recours à l’. Une réalité que les discours sur le « droit » des femmes à avorter passent généralement sous silence. Dans son livre Après l’. Des femmes témoignent leur donne la parole…

    A l’approche des élections, la Belgique est en plein débat sur la dépénalisation de l’avortement. L’Irlande a voté pour sa légalisation. Pourtant, les femmes qui ont subi une IVG restent généralement en retrait de ces débats politiques. Elles sont néanmoins les mieux placées pour en parler. En France, Marie Philippe a créé une association pour venir en aide aux femmes qui se posent la question de l’avortement ou qui ont subi une IVG. L’aide proposée passe par l’écoute mais aussi par l’information. Une écoute qui manque souvent à des femmes dont la souffrance est devenue presque taboue. Une information qui fait défaut, à l’heure où, par crainte d’enfreindre la loi (en France, il existe un « délit d’entrave à l’IVG »), de nombreux médecins n’osent plus évoquer les risques liés à l’avortement.

    Durant des années, Marie Philippe a donc soutenu, écouté, accompagné des femmes et a recueilli de nombreux témoignages via le site de l’association (www.ivg.net) et sur sa page Facebook (@ivgoupas). Le livre qu’elle vient de publier plonge le lecteur dans la réalité de l’avortement, à partir du vécu des femmes elles-mêmes: Après l’IVG. Des femmes témoignent.

    Quand l’IVG profite aux hommes…

    Dans les témoignages, les pressions subies par les femmes sont frappantes. Tandis que les adolescentes sont plus souvent influencées par leur famille, entre vingt et quarante ans environ, c’est le conjoint qui est en général responsable de ces pressions, pouvant aller jusqu’au harcèlement. Ainsi Vanessa (28 ans) témoigne :

    « Je suis à sept semaines de grossesse au moment où je lui annonce fermement ma décision [de garder l’enfant]. Là commence pour moi le calvaire, il se montre d’abord culpabilisant puis très menaçant, il profère ses menaces de mort par le biais de tierces personnes, proches de moi et dont il espère que leurs paroles me feront changer d’avis ; puis poursuit ses menaces envers moi directement. Il est précis et calculateur, il ne laisse pas de trace de message ou autres. Il rôde autour de chez moi, m’explique ce qu’il compte me faire et comment le faire et là, pas à pas, moi qui ne suis pourtant pas trouillarde, je prends peur ».

    Vanessa portera plainte, sans suite. Désespérée et terrorisée, elle finira par avorter. En France, il n’existe aucune loi qui protège les femmes des pressions subies pour les pousser à l’IVG. Le cas de Vanessa est particulièrement violent, pourtant bien d’autres femmes doivent faire face à un chantage pernicieux… « Tu avortes ou je te quitte ! ». Marie Philippe constate le véritable « pouvoir de domination » dont disposent les hommes sur leurs compagnes, spécialement en début de grossesse. « La femme qui cède est comme assujettie, opprimée par son ‘partenaire’, qui la considère plus comme un objet que comme un être humain doté d’une dignité dans toutes les composantes de sa personne, comme femme et mère ». En général, l’avortement est présenté comme une liberté, un « droit » pour les femmes, mais la réalité des pressions subies par les femmes en vue d’un avortement contredit cette représentation de l’IVG: « Dire que le ‘droit fondamental’ à l’IVG conduit à une authentique libération de la femme est un leurre », affirme Marie Philippe. « C’est là le grand paradoxe de cette liberté qui leur est donnée de faire un avortement sans aucune mise en garde, ni entrave ou dissuasion forte: cette liberté les conduit en fait à accomplir un acte psychologiquement assujettissant. Un acte qui les atteint dans leur dignité de femme. Elles éprouvent souvent un sentiment de profonde injustice par rapport à l’homme qui, par sa nature, ne vit pas l’IVG dans son corps et dans son esprit. On touche ici du doigt une contradiction majeure du discours sur l’égalité homme/femme dans ce domaine »« Trop souvent l’IVG est un droit des femmes…utilisé pour les hommes ! », dénonce Marie Philippe.

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  • Quand un vicaire général de Paris publie un livre-plaidoyer en faveur des migrants

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    Suite à la parution du livre de Monseigneur de Sinety:​  Il faut que des voix s’élèvent, (Flammarion, 132 p., 12 €) sur l’immigration, Thibaud Collin a publié une tribune dans le dernier numéro de “L’Homme Nouveau” (source):

    La crise migratoire sans précédent qui traverse tout le continent européen a inspiré un livre-plaidoyer pour les migrants à Mgr Benoist de Sinety, vicaire général de Paris. Fallait-il que sa voix s’élève ? Livre empli de lieux communs, cet appel à l’ouverture démontre plus un déni de la réalité qu’une réelle charité apostolique.

    Quand Mgr de Sinety se fait l’avocat des migrants

    ”La fraternité est d’abord une rencontre. Grâce aux réfugiés, migrants, exilés, les Français ont une occasion exceptionnelle de redécouvrir la générosité et l’enthousiasme qui fait naître le service de  l’autre. ». Peut-on, après avoir refermé son petit livre (Mgr de Sinety, Il faut que des voix s’élèvent, Flammarion, 132 p., 12 €.), remercier Mgr Benoist de Sinety, vicaire général du diocèse de Paris, d’avoir été l’occasion de prises de conscience sur ce sujet complexe et sensible nommé trop simplement « les migrants»? Il n’y a guère de sujets qui engendrent plus de passions et de polémiques dans notre pays. Il n’y a guère de sujets qui concentrent plus d’enjeux moraux, politiques, religieux, économiques et civilisationnels. Malheureusement, tous ceux qui aimeraient, grâce à cette lecture, mieux appréhender ces enjeux resteront sur leur faim. En 130 pages, Mgr de Sinety fait part de son indignation quant à la manière dont les migrants sont traités dans notre pays. On n’a pas à juger une telle indignation qui comme tout affect est par essence indiscutable. On peut cependant juger ce qu’elle engendre ; en l’occurrence ici un texte d’une indigence intellectuelle inquiétante. En effet, il est manifeste que Mgr de Sinety éprouve une authentique compassion pour toutes ces personnes, certes irréductibles à toutes les catégories administratives et médiatiques. Comme toute personne, elles ont droit au respect de leur dignité. Mais est-ce à dire que la compassion doit devenir l’unique principe du jugement pratique ? Est-ce à dire que la dignité est un absolu relativisant toute différence de traitement ? Mgr de Sinety est prêtre ; on ne peut donc lui reprocher d’avoir une approche morale de la question. Mais le prêtre n’en est pas moins doué de raison pratique. Or lorsqu’un affect envahit la raison et finit par la saturer, on tombe dans le moralisme. Tel est le cas ici. L’exercice du jugement pratique est comme court-circuité. Toutes les médiations de l’ordre humain sont écrasées dans une approche incantatoire qui cherche principalement à culpabiliser le lecteur de ne pas être à la hauteur des défis migratoires actuels. On croit lire du Sartre accusant nombre de ses compatriotes d’être des « salauds ». Il n’est pas impossible qu’à travers cet exercice cathartique l’auteur cherche lui-même à se libérer de ses « lourds remords ». Comme s’il s’agissait de se faire pardonner (par qui ?) une existence trop heureuse.

    Un propos abstrait

    Mais alors pourquoi ne pas avoir écrit un livre de témoignage, racontant la manière dont il a pris conscience de la nécessité de cette rencontre de «l’autre», puis les étapes de cet accueil, ses déconvenues et ses joies, etc. Mais non, Mgr de Sinety veut prendre de la hauteur et se placer, telle la conscience universelle, en position de surplomb sur toutes les contingences du monde humain. D’où l’extraordinaire abstraction de son propos. À aucun moment, il ne prend en compte pour les discuter les arguments exposés, par exemple, par Laurent Dandrieu (Laurent Dandrieu, Église et immigration :  le grand malaise, Presses de la Renaissance, 308 p., 17,90 €.) ou encore Jean-Yves Le Gallou (Jean-Yves Le Gallou, Immigration: la catastrophe. Que faire ?, Via Romana, 484 p., 23 €.) dans leurs livres sur le même sujet. Probablement, qu’on ne discute pas avec n’importe qui. Il y a des questions de principe avec lesquelles on ne transige pas. Cette attitude me fait penser à celle d’une militante de la cause gay, éminente chercheuse en sciences sociales et responsable d’une association de parents gays et lesbiens, qui en 2013 avait refusé de lire mon livre, de me serrer la main et de discuter avec moi lors d’une émission sur France Culture. En effet, quand on sait que l’on est dans le vrai, pourquoi perdre son temps à discuter avec des gens aveuglés par leurs préjugés ? Certes.

    Le livre de Mgr de Sinety manifeste inconsciemment et paradoxalement un mépris de classe. Il a une approche de la question des migrants qui s’enracine dans le traitement médiatique des récentes migrations depuis 2015, en faisant abstraction de sa profondeur historique et de son caractère civilisationnel et religieux. Ainsi l’islam n’est jamais nommé ni même évoqué en 130 pages. La situation de « la France périphérique », « l’insécurité culturelle », réalités courageusement analysées par des sociologues pourtant plutôt classés « à gauche », ne sont l’objet d’aucune discussion. On a l’impression que Mgr de Sinety voit les choses de Paris intra muros et se demande comment faire pour aider les migrants qu’il voit à la télévision mais qu’il croise aussi peut-être au coin de la rue. Ainsi raconte-t-il que des paroissiens de Saint-Germain-des-Prés ont décidé, au terme d’une réunion où il les a interpellés, de baisser le loyer de leur chambre de bonne. Bienheureuses personnes capables d’un tel geste. Il considère que nous sommes des nantis, des enfants gâtés, etc. Mais qui est ce « nous » ? Il nomme certes quelques-unes des difficultés (Lapsus révélateur, Mgr de Sinety parle du « chômage qui frappe quelques centaines de milliers (sic) de personnes » dans notre pays.) que connaît notre pays mais quand on les compare à la misère de l’Afrique, finalement de quoi se plaint-on ?

    Ce livre repose sur une confusion entre les préceptes moraux négatifs (« tu ne commettras pas d’adultère») et les préceptes moraux positifs (« honore ton père et ta mère »). Alors que les premiers doivent être toujours respectés quelles que soient les circonstances (aucune circonstance ne rend vertueux un adultère), les seconds sont à réaliser selon l’exercice de la vertu de prudence. Ainsi je ne peux déduire automatiquement du commandement les modalités de la prise en charge de mes parents âgés. Mgr de Sinety aborde la question des migrants comme étant l’objet d’un impératif absolu abstraction faite de toutes circonstances. Peut-être qu’il ne pense pas ainsi, mais comme à aucun moment il ne fait le travail de mise en contexte social, politique et religieux, son exhortation tombe à plat. Elle ne fera que conforter les belles âmes « droitdelhommistes » dans leur aveuglement et confirmera le jugement de tous ceux qui pensent que les clercs qui abordent aujourd’hui de tels sujets sont de doux rêveurs idéalistes. On attend encore le livre qui saura se situer à la hauteur des enjeux de ce problème pratique complexe. Mgr de Sinety en assumant sa position comme relevant de « l’éthique de la conviction » offre un boulevard à ceux qui assument « une éthique de responsabilité ». Dualité éthique mortifère, car ce dont on a besoin c’est bien de jugements prudentiels posés au service du bien commun, national et international.

  • Vatican II : le moment du décrochage...

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    Du Salon Beige :

    Le concile Vatican II représente pour le catholicisme français (mais pas seulement) le moment du « décrochage »

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    C'est le constat auquel est arrivé Guillaume Cuchet, dans son ouvrage Comment notre monde a cessé d’être chrétienL'Homme Nouveau publie une intéressante discussion entre l'auteur, l'abbé Claude Barthe et l'historien Jean Chaunu. Extraits :

    "Je suis parti des données rassemblées par le chanoine Boulard qui était dans l’Église le grand spécialiste après-guerre des questions sociologiques et que les historiens connaissent bien, en raison notamment de la publication en 1947 de sa fameuse Carte religieuse de la France rurale, dite « carte Boulard », qui est un des documents les plus énigmatiques et les plus explicatifs de l’histoire de France. L’avantage de cette sociologie très modeste en apparence, qui s’est attachée à décrire la situation plus qu’à véritablement l’expliquer, est qu’elle permet de prendre le problème à la racine en commençant par compter et dater les phénomènes. Ce qui, paradoxalement, manquait le plus dans la littérature « scientifique » existante sur le sujet. Tout le monde avait des idées sur les explications, les interprétations, mais on paraissait avoir fait l’économie de la première des opérations historiographiques qui consiste à décrire précisément la situation et ses tendances.

    De vingt ans de comptabilité approfondie, entre, en gros, 1945 et 1965, Boulard avait conclu à la stabilité globale des taux dans la longue durée moyennant une pente légèrement déclinante, un peu déprimante, certes, parce qu’en dépit d’efforts répétés on n’arrivait pas à redresser les courbes, mais assez rassurante tout de même, parce qu’elle préservait a priori de toute mauvaise surprise. [...] En mettant en série tous ces sondages et en rendant leurs données comparables, il a mis en évidence une cassure dans la pratique religieuse survenue quelque part autour de 1965Il en a tiré une première conclusion : tout ne venait pas de 1968, comme on avait déjà tendance à le dire de son temps. [...] Je suis donc entré dans le dossier avec cette date en tête, 1965-1966, que j’ai retrouvée depuis dans toute une série de cas locaux que j’ai pu examiner. Comment expliquer une telle rupture dans une histoire qui est censée ne jamais en connaître ? Il faut bien qu’il y ait eu un évènement pour la produire et, si possible, un évènement religieux parce que, comme disait Lucien Febvre, l’histoire « religieuse » procède avant tout d’explications « religieuses » (même si la religion catalyse beaucoup de « social »). D’où la nécessité de faire la part de l’évènement conciliaire dans la rupture.

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  • La triste évolution de l’Église catholique post-conciliaire : une mise en garde aux prélats orthodoxes qui rêvent d'un concile

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    Nous avons rendu compte ici de l’ouvrage de Guillaume Cuchet « Comment notre monde a cessé d’être chrétien » (Seuil, 288 pages, 21€ ). Cet ouvrage  est examiné également dans le monde orthodoxe . Le site "orthodoxie.com" en fait une analyse sur laquelle notre confrère du «Salon beige » attire l’attention de ses lecteurs :

    "[...] Le concile a engendré une perte de repères chez les fidèles [catholiques, ndB]. Le texte conciliaire Dignitatis humanae, publié en 1965, sur la liberté religieuse, est apparu « comme une sorte d’autorisation officieuse à s’en remettre désormais à son propre jugement en matière de croyances, de comportements et de pratique, qui contrastait fortement avec le régime antérieur », ce qui suscitait chez le père Louis Bouyer cette remarque chagrine : « Chacun ne croit plus, ne pratique plus que ce qui lui chante. »

    Dans le domaine de la piété, note Cruchet, des aspects de la réforme liturgique qui pouvaient paraître secondaires, mais qui ne l’étaient pas du tout sur le plan psychologique et anthropologique, comme l’abandon du latin, la communion dans la main, la relativisation des anciennes obligations, ont joué un rôle important. De même que les critiques de la communion solennelle qui se sont multipliées à partir de 1960 et surtout de 1965, ainsi que la nouvelle pastorale du baptême (à partir de 1966) et du mariage (en 1969-1970), qui avait tendance à hausser le niveau d’accès aux sacrements en exigeant des candidats davantage de préparation et d’investissement personnel.

    Dans le domaine des croyances, c’est le fait même du changement de discours qui a compté. La variation de l’enseignement officiel rendait sceptiques les humbles, qui en déduisaient que, si l’institution s’était « trompée » hier en donnant pour immuable ce qui avait cessé de l’être, on ne pouvait pas être assuré qu’il n’en irait pas de même à l’avenir. Toute une série de« vérités » anciennes sont tombées brutalement dans l’oubli, comme si le clergé lui-même avait cessé d’y croire ou ne savait plus qu’en dire, après en avoir si longtemps parlé comme de quelque chose d’essentiel.

    Un autre domaine dans lequel la conjoncture a pu déstabiliser les fidèles, note l’auteur, « est celui de l’image de l’Église, de sa structure hiérarchique et du sacerdoce. La “crise catholique” des années 1965-1978 fut d’abord une crise du clergé et des militants catholiques. L’abandon de la soutane (dès 1962) et de l’habit religieux, la politisation (à gauche) du clergé, les départs de prêtres, de religieux et de religieuses, parfois suivis de leur mariage, sont apparus à beaucoup comme une véritable “trahison des clercs”, sans équivalent depuis les “déprêtrisations” de la Révolution, qui a eu les mêmes effets déstabilisants. »

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  • J'aime, je veux, je fais... : vraiment ?

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    De Liberté politique (François Billot de Lochner) : J'aime, je veux, je fais : vraiment ?

    La société se sexualise et se pornographie à une allure vertigineuse. Lutter contre ce fléau est un impératif. Le tout récent livre de Mgr Gobilliard et de Mme Hargot sur ce sujet capital est, au mieux, inopportun.

  • L'humanisme, un fourre-tout conceptuel qui n'a rien à voir avec le christianisme

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    De Radio Notre-Dame :

    Décryptage : L’humanisme est-il chrétien ?

    L’humanisme serait issu du christianisme. Cette thèse, Laurent Fourquet, auteur de « Le christianisme n’est pas un humanisme » (Pierre Guillaume) la remet totalement en question. Il en débat avec Frédéric Guillaud, auteur de « Dieu existe » (Cerf) qui lui même raison et existence de Dieu en adéquation.

    L’idée commune largement enseignée est que l’humanisme est un dérivé du christianisme. Une vision totalement remise en cause par Laurent Fourquet qui déclare : « c’est en gros pour l’humanisme, une manière de liquider le christianisme en faisant de celui-ci un simple commencement d’une histoire qui s’écrit sans lui ». Et de poursuivre en taclant les penseurs chrétiens qui participent à cet amalgame : « un certain nombre de d’intellectuels chrétiens ont cédé à la tentation de vouloir raccrocher le christianisme en se disant comme ça ‘on va le sauver’. Je pense que c’est un jeu perdant ».

    Une aliénation du christianisme

    Pour Laurent Fourquet, définir le christianisme par rapport à l’humanisme relève de l’aliénation la plus pure« Penser le christianisme à partir des termes humanistes qui sont aujourd’hui dominants dans en Occident, c’est accepter de le définir par rapport à ce qu’il n’est pas. Ce qui est une définition la plus pure me semble-t-il du terme d’aliénation ». Une analyse partagée par Frédéric Guillaud. Il précise quand même qu' « aujourd’hui, humaniste c’est un fourre-tout conceptuel qui sert de carte d’identité spirituelle à l’occidental cultivé de nos grandes villes ». Laurent Fourquet le pense comme une idéologie qui valorise l’appropriation  des choses du monde par l’homme, à partir de la raison. Le problème, selon lui, c’est que cela débouche forcément sur du nihilisme, une négation du monde autour de l’Homme. A la fin, c’est l’Homme lui-même qui est nié. Une approche nuancée par Frédéric Guillaud, qui ajoute « il y a là la question de la définition. La raison dont vous parlez qui mène au nihilisme, c’est la raison technique, c’est la science mathématisée ».

  • "Aime, et ce que tu veux, fais-le" un livre de Thérèse Hargot qu'il ne faut vraiment pas confondre avec du saint Augustin !

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    De Constance Prazel, sur Liberté Politique, ces propos critiques qu'il est bon de lire au moment ou la chaîne KTO accueille sur son plateau le duo Hargot - Gobillard au sujet du livre d'entretiens qu'ils viennent de publier. Madame Hargot, en particulier, tient des propos assez choquants et pas vraiment en accord avec une vision catholique de la sexualité... :

    Aime et fais ce que tu veux...

    L’une des plus belles prières augustiniennes, tirée de son commentaire de l’épître de saint Jean, ou slogan soixante-huitard ? L’amour dont parle saint Augustin, c’est la dilectio, l’amour désintéressé qui vient de Dieu, et duquel rien ne peut sortir de mauvais. Malheureusement, il n’est pas sûr qu’il soit toujours interprété de la sorte.

    C’est sous une forme détournée, Aime, et ce que tu veux, fais-le, qu’une « accompagnatrice » en questions affectives et sexuelles, Thérèse Hargot, a choisi d’acclimater la maxime augustinienne pour son dernier opus, écrit en dialogue avec Mgr Emmanuel Gobilliard, évêque auxiliaire de Lyon.

    La jeune femme s’est fait une spécialité de s’adresser à un public bien sous tous rapports, en utilisant un langage d’une crudité absolue pour parler de sexualité, de vie conjugale, et d’éducation affective.

    Elle le sait : son discours plaît, parce qu’il présente tous les gages de la respectabilité, et « en même temps », expression du grand écart si conforme à la France de 2018 présidée par Emmanuel Macron, il assume une expression cash qui se veut sans tabou, pour donner ce qu’il faut de frisson d’interdit aux honnêtes gens. Que pourrait-on lui reprocher, puisqu’elle inclut habilement un évêque dans son opération de séduction ?

    L’entreprise pourrait avoir quelques mérites, si elle n’entretenait une permanente confusion des genres, sans mauvais jeu de mots. Un discours qui parle volontiers, voire de manière privilégiée aux catholiques (un gauchiste libéré estimera ne pas avoir besoin des conseils de Thérèse Hargot, et ne se reconnaîtra sûrement pas dans sa rhétorique). Un discours qui se nourrit, existe par le public catholique, comme en témoigne ses nombreuses interventions dans les diocèses, les établissements catholiques du secondaire ou du supérieur. Mais un discours, in fine, de défiance et de critique à l’égard de l’Eglise experte en humanité.

    Donner la parole à l’autre est une chose saine et indispensable.  A condition que cet autre se présente comme autre, en vérité, et non dans un culte de l’ambiguïté. Dans le livre de Thérèse Hargot, la vigilance est de mise, car on se retrouve dans une conversation vécue sur le mode de l’entre-soi, de « l’entre-catho », avec des propos  trop souvent en contradiction avec le discours de l’Eglise. L’on ne saurait suivre Thérèse Hargot, quand, confortablement installée dans un fauteuil à dialoguer avec une autorité ecclésiastique, elle nous explique que « heureusement que les religieuses ont la masturbation, », « seul moment où [leur] corps est touché, [leurs] pulsions évacuées, [leur] sexe considéré » ; ou bien qu’il est une « erreur » de vouloir moraliser ses pulsions ; ou même, à propos d’une jeune femme mariée qui trompe son mari avec son patron tout en restant avec son mari : « Bienheureux celles et ceux qui vivent de telles amours ! » Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a là de quoi semer le trouble dans les esprits, tout particulièrement dans ceux de la jeunesse, mais également dans ceux du monde adulte…

    Par son langage cru, par des raccourcis superficiels, par des affirmations catégoriques souvent peu fondées, Madame Hargot en arrive à désacraliser totalement ce qu’il y a de plus sacré chez l’homme, ce chef-d’œuvre de la Création qui consiste à donner la vie. Par son discours évacuant systématiquement toute notion de morale, et bien évidemment toute transcendance, son discours devient bassement techniciste et scientiste. Thérèse Hargot devrait pourtant le savoir : évacuer la morale crée l’amoralité, conduisant mécaniquement à l'immoralité. La plus belle intimité des personnes mérite mieux que cela...

    Aujourd’hui, le dialogue est devenu une vertu en soi, au détriment de l’approche par la vérité et la charité, qui seul peut mener à la conversion. Mais une formatrice en vie sexuelle et affective ne sera pas automatiquement une philosophe accomplie, une sexologue reconnue, ou un théologien affirmé, quand bien même elle dialoguerait avec un évêque… Sachons donc garder notre esprit critique sur des sujets aussi délicats, et ne pas prendre pour parole d’Evangile ce qui ne saurait bénéficier d’un imprimatur !

  • La défense de la famille constitue la limite de l'obéissance à l'État (François)

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    De Famille Chrétienne :

    Pour le pape François, la défense de la famille constitue la « limite » de l'obéissance à l'État

    Le pape François a écrit une préface à un recueil de textes de son prédécesseur Benoît XVI sur la politique, à paraître le 10 mai 2018 en Italie. Dans ce texte, révélé le 6 mai par le journal italien La Stampa, il affirme qu'il existe une “limite” à l'obéissance à l'Etat en matière familiale.

    Pour le successeur de Pierre, il existe aujourd'hui une idéologie qui refuse tout amour sauf celui “de son propre égo”. Selon lui, cela entraîne une “colonisation des consciences”, par une idéologie qui nie la différence homme-femme – “certitude de fond” – et son rôle dans la transmission de la vie.

    Sans les nommer, le pape désigne ainsi la 'théorie du genre' et l'avortement, basés sur la “grande négation” que l'homme a été créé à l'image de Dieu. Ainsi, “il faut établir l'obéissance de l'homme à Dieu comme limite de l'obéissance à l'Etat”, ce qui aujourd'hui signifie “défendre la famille”.

    Cette idéologie, poursuit-il, aboutit à la “production planifiée et rationnelle” de personnes qui considèrent licite “d'éliminer“ ce qui “n'est plus considéré comme créé, donné, conçu et généré, mais fabriqué par nous seuls”. Ces “apparents” droits de l'homme, estime le Souverain pontife, conduisent in fine à “l'autodestruction de l'homme”.

    Joseph Ratzinger-Benoît XVI avait déjà étudié ce problème avec l'idéologie marxiste, analyse le pape argentin. Il avait ainsi mis en évidence que “l'authentique” différence entre le marxisme et le christianisme se situe dans la différence “abyssale” quant à la rédemption. Alors que l'idéologie communiste voit celle-ci comme la libération de toute dépendance, le christianisme la voit comme “complète dépendance à l'amour” qui constitue la “vraie liberté”.

  • Sans Dieu, les droits de l'homme s'effondrent; un texte inédit de Joseph Ratzinger

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    De Settimo Cielo traduit sur diakonos.be :

    Gloria a Dio perché sia pace in terra. Un livre inédit du Pape Benoît

    Le livre sera en vente à partir de ce 10 mai mais Settimo Cielo vous propose d’en découvrir les nouveautés les plus attendues : un texte de Joseph Ratzinger daté du 29 septembre 2014 et qui n’a encore jamais été publié avant aujourd’hui sur la question du fondement des droits humains, qui – écrit-il – sont ancrés dans la en un Dieu créateur ou ne sont pas.

    Il s’agit d’un texte d’une limpidité cristalline que Ratzinger a rédigé dans sa retraite vaticane, un an et demi après sa démission comme pape, pour commenter un livre – par la suite publié en 2015 sous le titre définitif « Diritti umani e cristianesimo. La Chiesa alla prova delle modernità » – de son ami Marcello Pera, philosophe de l’école libérale et ancien président du sénat italien.

    Dans son commentaire, le « pape émérite » analyse l’immixtion des droits de l’homme dans la pensée laïque et chrétienne de la deuxième moitié du vingtième siècle en tant qu’alternative aux dictatures totalitaires en tout genre, athées au islamiques. Et il explique pourquoi « dans ma prédication et dans mes écrits, j’ai toujours affirmé la centralité de la question de Dieu ».

    La raison est justement d’assurer aux droits de l’homme leur fondement de vérité, sans lequel les droits se multiplient jusqu’à s’autodétruire et l’homme finit par se nier lui-même.

    Le volume dans lequel va paraître ce texte, ainsi que d’autres textes de Ratzinger sur le lien entre foi et politique, est édité en Italie par Cantagalli :

    > Joseph Ratzinger-Benedetto XVI, « Liberare la libertà. Fede e politica nel terzo millennio », Pierluca Azzaro et Carlos Granados dir., préface du Pape François, Cantagalli, Sienne, 2018, pp. 208, 18 EUR.

    C’est le second d’une collection de sept volumes intitulés “Joseph Ratzinger – Textes choisis” sur les thèmes fondamentaux de la pensée de Ratzinger théologien évêque et pape, publiés en même temps en plusieurs langues et dans plusieurs pays : en Allemagne par Herder, en Espagne par BAC, en France par Parole et Silence, en Pologne par KUL et aux Etats-Unis par Ignatius Press.

    Les deux volumes parus à ce jour sont préfacés par le Pape François.

    Voici ci-dessous le texte inédit qui ouvre le second volume de la collection. Le sous-titre est l’original de Ratzinger en personne.

    Sans Dieu, les droits de l’homme s’effondrent (source)

    Éléments pour une discussion sur le livre de Marcello Pera « La Chiesa, i diritti umani e il distacco da Dio ».

    de Joseph Ratzinger

    Ce livre représente sans aucune doute un défi majeur pour la pensée contemporaine et aussi, particulièrement, pour l’Eglise et la théologie. Le hiatus entre les affirmations des papes du XIXè siècle et la nouvelle vision qui commence avec « Pacem in terris » est évidente et l’on a beaucoup débattu à ce sujet.  Elle se trouve aussi au cœur de l’opposition de Lefèbvre et de ses partisans contre le Concile.  Je ne me sens pas en mesure de fournir une réponse claire à la problématique soulevée par votre livre ; je me limiterai donc à faire quelques remarques qui, à mon sens, pourraient être importantes pour une discussion ultérieure.

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  • Bruxelles (UOPC), 9 juin : "Créés pour se donner" avec Stéphane Seminckx, médecin et prêtre

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