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Défense de la Vie - Page 2

  • Quand la Libre épingle Belgicatho à tort

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    Ainsi, la Libre de ce jour (p. 9, rubrique "La journée") se croit autorisée à prendre à parti notre blog qui, selon la Rédaction de ce quotidien, s'en serait pris à Herman Van Rompuy. Nous avons publié hier les "utiles précisions" concernant l'affaire des Frères de la Charité autorisant la pratique de l'euthanasie dans leurs murs. A propos d'Herman Van Rompuy, il était seulement signalé ceci :

    "16) Herman van Rompuy, membre donc de ce conseil d’administration a réagi de la façon suivante à une interpellation sur Twitter du canoniste flamand Kurt Martens : « Le temps de "Roma locuta, causa finita" ("Rome a parlé, la cause est entendue") est désormais loin derrière nous. »

    17) Herman van Rompuy n’a pas commenté son tweet. Le Frère Stockman a déclaré le 14 août n’avoir aucune idée de l’intention de van Rompuy mais constater au travers de ce tweet un déclin du respect pour l’autorité du Vatican."

    Cela justifie-t-il que la Rédaction de La Libre, nous assimilant à toute la mouvance des sites qualifiés par elle d'"ultras-cathos", nous accuse de stigmatiser l'homme politique flamand ?

    Mise à jour (11H30) : Il est amusant de constater que, depuis la parution de ce "post", le site de la Libre a modifié l'article en question (sur l'édition en ligne) et qu'il n'est plus question d'"ultra-cathos" mais bien de "catholiques" !

  • Le Vatican prend clairement position à propos du débat sur l’euthanasie dans l’organisation des Frères de la Charité en Belgique et demande au Supérieur général de prendre de nouvelles mesures

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    Communiqué de presse du Supérieur général des Frères de la Charité

    Rome, le 5 août 2017

    Le Vatican prend clairement position à propos du débat sur l’euthanasie dans l’organisation des Frères de la Charité en Belgique et demande au Supérieur général de prendre de nouvelles mesures.

    À la suite de la discussion qui a eu lieu ces derniers mois entre l’organisation des Frères de la Charité en Belgique et l’Administration générale des Frères de la Charité à travers le Supérieur général, le Fr. René Stockman, à propos de l’autorisation oui ou non de l’euthanasie à l’intérieur des établissements des soins de santé mentale des Frères de la Charité en Belgique, l’organisation belge avait pris la décision, au mois de juin de cette année, d’autoriser l’euthanasie sous certaines conditions à l’intérieur de ces établissements. Cette décision s’opposait à la vision de l’Administration générale de la Congrégation, et également au texte de vision des Évêques belges qui avaient avancé dans leur déclaration du 22 mai 2017 de ne pas pouvoir souscrire à l’application de l’euthanasie, dans ce cas auprès des patients avec un trouble psychiatrique.

    Par la suite, les dicastères concernés du Vatican – à savoir la Secrétairerie d’Etat, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et la Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée – avaient demandé au Supérieur général, le Fr. René Stockman, de présenter un rapport sur la situation dans la branche belge des Frères de la Charité. Le résultat était une prise de position claire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, demandant au Supérieur général de transmettre cette prise de position à l’organisation des Frères de la Charité en Belgique et leur demandant de se conformer à cette vision qui exclut toute forme d’euthanasie.  

    Après de nouvelles consultations entre ces trois dicastères et une consultation finale avec le Pape, le Préfet de la Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée, le Cardinal de Aviz, en tant que responsable du Vatican pour les congrégations de droit pontifical, a formulé dans une lettre au Supérieur général la procédure de suivi de ce dossier. Dans ce document, il félicite et encourage le Supérieur général pour sa prise de position claire à propos de l’euthanasie et il le charge et le mandate pour prendre de nouvelles mesures. Le Supérieur général mettra tout en œuvre pour conformer l’organisation à la vision de l’Église catholique et – à défaut de cela – il prendra les mesures juridiques nécessaires pour sauvegarder l’identité catholique et la position, les intérêts et les structures des Frères de la Charité et de leurs œuvres.

    En plus, il a été prié de demander aux frères qui sont membres du Conseil d’administration de l’organisation des Frères de la Charité en Belgique, de rédiger une lettre officielle dans laquelle ils déclarent au Supérieur général qu’ils suivent entièrement la vision du Magistère de l’Église catholique, affirmant depuis toujours que la vie humaine doit être respectée et protégée de manière absolue, à partir du moment de la conception jusqu’à sa fin naturelle.

    L’organisation des Frères de la Charité en Belgique devra recevoir de nouveau la question de modifier le texte de vision sur l’application de l’euthanasie chez les patients psychiatriques, de telle sorte que la pratique soit conforme à la vision précitée du Magistère de l’Église catholique et également conforme au charisme des Frères de la Charité. Cela signifie que ledit texte de vision doit être adapté selon les principes suivants : l’affirmation que le respect de la vie est absolue ; le refus de considérer le manque de perspective chez un patient et le fait prétendu de ne plus pouvoir être traité comme des arguments pour autoriser l’euthanasie ; ne pas accepter que la pratique de l’euthanasie soit considérée comme un acte médical et ne pas accepter que l’euthanasie – si les conditions légales sont remplies selon le droit belge – ait lieu à l’intérieur de l’établissement des Frères de la Charité.

    Les frères en question et l’organisation ont été informés de la prise de position du Vatican et ils ont été invités à répondre de façon positive à ce qui leur est demandé dans un délai d’un mois. La Région belge des Frères de la Charité, les autres membres du Conseil de la Congrégation, les Évêques belges et le Nonce apostolique ont été également informés de cette évolution.

    Fr. René Stockman

    Supérieur général

    Frères de la Charité

    rene.stockman.fc@fracarita.org

    Lire sur zenit.org : Belgique : Rome demande aux Frères de la Charité de renoncer à l'euthanasie

  • Une médecine anténatale qui marche sur la tête

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    De Tugdual Derville, Délégué général d'Alliance Vita, sur le site du Figaro (FigaroVox) :

    (Auteur de Le temps de l'Homme - Pour une révolution de l'écologie humaine(Plon, 2016) et L'aventure A bras Ouverts - Un voyage en humanité (Editions Emmanuel, 2017).

    Naître ou ne pas naître, une mortelle discrimination

    Le 26 juillet 2017, une naissance à l'hôpital de Boulogne-sur-Mer a été annoncée comme un «malheureux événement». Elle a mis en lumière l'injonction paradoxale adressée aux personnes porteuses d'un handicap: «Prenez toute votre place dans cette société où tout est fait… pour que vous n'existiez pas!»

    Étrange échec: le bébé avait réchappé à l'«interruption médicale de grossesse» (IMG). Alors que sa mère était à son huitième mois de grossesse, une IRM ayant détecté une malformation cérébrale, des médecins avaient aussitôt «prescrit l'IMG». L'intervention consiste à provoquer la mort du fœtus menacé d'un handicap. Ici, par un «fœticide au cordon», c'est-à-dire l'injection d'un produit létal in utero, pour provoquer la mort du bébé avant de déclencher l'accouchement d'un enfant «mort-né». Or, voilà donc que, contre toute attente, l'enfant est né vivant. Après une succession de tel chocs, on imagine le désarroi des parents au moment où les soignants prennent soin avec eux de cette vie fragile qu'il n'ont pas réussi à arrêter.

    L'annonce prénatale d'un handicap est toujours un évènement violent pour les parents. Alors que chacun désire légitimement un bébé en bonne santé, il devenu difficile de résister à la proposition - parfois très insistante - d'IMG. Beaucoup de Français ignorent que l'avortement peut alors légalement intervenir jusqu'au terme de la grossesse. Mobile invoqué: «qu'il existe une forte probabilité que l'enfant à naître soit atteint d'une affection d'une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic» (art. L. 2213-1). Dans les faits, de plus en plus de familles comme de soignants considèrent comme une faute médicale la naissance d'un nouveau-né porteur d'une anomalie. Les notions de gravité et d'incurabilité sont, de toutes les façons, sujettes à interprétation. L'injonction de «réussir son bébé», selon le slogan contestable d'une marque de puériculture, s'est généralisée.

    En Grande-Bretagne, cette distinction de statut entre les fœtus bien-portants (protégés par la loi à l'issue du délai légal pour avorter) et les fœtus défaillants (qu'on peut éliminer pendant toute la grossesse) est contestée par un parlementaire. Lord Kevin Shinkwin, qui porte un handicap visible, a défendu le 27 janvier 2017 un texte de loi proposant de mettre fin à une telle inégalité entre des êtres humains. Remerciant sa mère de l'avoir élevé «sans discrimination» par rapport au reste de sa fratrie et le médecin qui l'a opéré à de nombreuses reprises, il a dénoncé «l'incohérence grotesque» de l'eugénisme anténatal. Pour lui, «Les personnes ayant des déficiences congénitales sont menacées d'extinction». Et il a conclu: «Si nous étions des animaux, sans-doute serions-nous éligibles au statut des espèces en danger. Mais nous ne sommes que des êtres humains porteurs de handicaps…»

    Le bébé né à Boulogne-sur-Mer a exceptionnellement résisté à cette mortelle discrimination, mais l'IMG ne l'a pas seulement «raté». Son père a rapporté un diagnostic aggravé par l'injection de poison: «On nous a indiqué que des taches étaient apparues sur la partie du cerveau qui n'était pas touchée. Selon les médecins, l'arrêt cardiaque a privé le bébé d'oxygène et cela rend notre enfant inopérable alors qu'avant, on aurait pu tenter quelque chose». Les parents ont logiquement décidé de porter plainte.

    Voilà donc ces médecins conduits à se défendre. Tout en reconnaissant que la situation est «rare et désolante», ils affirment n'avoir commis aucune erreur. Pour se dédouaner, ils signalent qu'un tel échec est déjà arrivé au CHU de Lille. Le produit mortel peut dysfonctionner. Mais parler d'un échec quand la vie l'emporte sur la mort révèle qu'un valeur négative est attribuée à certaines existences. Cette sordide affaire donne raison à Lord Shinkwin: notre médecine anténatale marche sur la tête. Surtout si on rapproche cet évènement d'une autre naissance ardemment attendue: le 4 août 2017, la France a salué la survie d'un autre bébé, né sur son sol, en même temps qu'elle s'est attristée de la mort de son jumeau, trop faible. Leurs soignants avaient tout tenté... Tous deux avaient été conçus dans le cadre d'un programme de sauvegarde d'une espèce en voie d'extinction: le panda géant.

    Retour en humanité. Pour Pierre Teilhard de Chardin, tout homme doit se prononcer sur un postulat fondamental: «Vaut-il mieux être que ne pas être?» S'il fait primer l'inexistence sur l'existence, toute discussion est pratiquement close. En légitimant la sélection anténatale de ses membres, la société admet officiellement qu'elle privilégie l'inexistence de certains. Mais de quel droit décréter qu'une vie ne vaudrait pas la peine d'être vécue? De plus, une certaine médecine, en préférant éliminer très tôt les patients souffrant de certaines anomalies plutôt que de tenter de les guérir, cautionne le courant de pensée eugéniste et son dangereux fantasme du «bébé zéro défaut». Dès 1978, Francis Crick, co-découvreur de la structure de l'ADN, affirmait qu'«aucun enfant nouveau-né ne devrait être reconnu humain avant d'avoir passé un certain nombre de tests portant sur sa dotation génétique.» Il proposait déjà un verdict radical: «S'il ne réussit pas ces tests, il perd son droit à la vie.»

    Le progrès de la science devrait-il nous faire régresser en humanité? Avec la généralisation de la sélection anténatale, la société qui se réclame de la «tolérance» n'adresse pas seulement un cruel message de rejet aux personnes handicapées: une telle discrimination à l'entrée de l'existence incite chacun à mépriser sa propre vie quand survient la dépendance… Vivement la reconnaissance d'un droit de l'homme… à l'imperfection!

  • Le petit Charlie Gard a ouvert les yeux et regardé ses parents au moment de mourir...

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    De Jeanne Smits, sur son blog :

    Charlie Gard a ouvert les yeux et regardé ses parents au moment de mourir

    Mais son affaire va déboucher sur un nouvel eugénisme

    Charlie Gard a ouvert les yeux et regardé ses parents au moment de mourir : c’est la confidence déchirante faite par Chris Gard et Connie Yates dans une interview publiée par le Daily Mail de Londres. Et l’on apprend aussi que le bébé – courageux petit soldat jusqu’au bout – a mis 12 minutes à mourir depuis l’instant où sa ventilation a été stoppée. Douze longues minutes où son cœur a continué de battre, alors qu’il mourait techniquement, de suffocation. Il n’a pas bénéficié d’une mort naturelle au terme de sa vie, entouré des soins palliatifs dont il pouvait avoir besoin pour éviter de souffrir. On a décidé pour lui de l’heure de sa mort.

    Dans cette affaire en effet, je n’ai pas souvenir qu’on ait parlé de son espérance de vie naturelle. Atteint d’une grave maladie génétique orpheline, un syndrome de déplétion de l’ADN mitochondrial, son état n’a cessé de se dégrader depuis le premier diagnostic posé lorsqu’il avait 3 mois. Si – contrairement à ce qu’avait affirmé le corps médical – Charlie ne souffrait pas de lésions cérébrales graves et irréversibles, l’état de ses muscles était, lui, en régression, de telle sorte qu’il n’était même plus possible de lui appliquer le traitement expérimental que désiraient pour lui ses parents.
    Ce qui semble indiquer que, ses muscles se dégradant progressivement, il serait mort naturellement dans un avenir prévisible. On a pu lire ici ou là que sa résistance –  Charlie avait près d’un an lorsqu’il a été… tué – était exceptionnelle. On n’a pas d’exemple de nouveau-né survivant aussi longtemps avec ce syndrome.

    Lire la suite sur le blog de Jeanne Smits

  • Les Frères de la Charité au pied du mur

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    Lu sur le site de LaLibre.be :

    Le Vatican menace d'exclure la branche belge des Frères de la Charité

    La branche belge de l'ordre catholique des Frères de la Charité est menacée d'exclusion par le Vatican à la suite de ses prises de position sur l'euthanasie. La Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée, institution de la curie romaine, demande ainsi au supérieur général des frères de la charité, René Stockman, de prendre les mesures nécessaires, indique le magazine catholique Tertio dans son édition à paraître mercredi. En mars dernier, la branche belge des Frères de la Charité avait approuvé un texte rendant possible l'euthanasie pour des personnes n'étant pas en phase terminale dans la quinzaine de centres psychiatriques gérés par l'ordre. Cette prise de position n'est pas conforme à la doctrine catholique, selon le Vatican. La Congrégation pour la Doctrine de la foi pointe des incompatibilités entre la note approuvée par la branche belge des Frères de la Charité et l'enseignement de l'Eglise.

    Le préfet de la Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée, le cardinal Joao Braz de Aviz, va un pas plus loin et propose des mesures concrètes. Selon lui, les Frères de la Charité doivent signer une déclaration écrite confirmant qu'ils sont d'accord avec la doctrine catholique. En outre, la branche belge doit réviser son point de vue sur la situation des personnes en phase non terminale, ce qu'elle n'a pas fait. Le Vatican menace dès lors la branche belge de se voir retirer son identité catholique.

     

    René Stockman et l'ensemble de la congrégation des frères de la charité ont été mis au courant de la menace. Ils disposent d'un mois pour se mettre en conformité.

    Le Vatican avait ouvert une enquête sur la branche belge des Frères de la Charité, après qu'une plainte avait été déposée par René Stockman lui-même.

     
  • ONU : l'enfant à naître écarté du "droit à la vie" ?

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    De Stefano Gennarini sur le Friday Fax du site "C-Fam" :

    Un comité de l’ONU écarte l’enfant à naître du droit à la vie et ouvre la porte à l’euthanasie

    NEW YORK, le 28 juillet (C-Fam) Le Comité des droits de l’homme, un des comités les plus anciens et les plus célèbres de l’ONU, envisage d’écarter l’enfant à naître du « droit à la vie » en droit international.

    Selon le texte de la modification examinée, « [l]es États parties doivent donner accès à l’avortement dans des conditions de sécurité pour protéger la vie et la santé de la femme enceinte et lorsque le fait de mener la grossesse à terme causerait pour la femme une douleur ou une souffrance considérable, tout particulièrement lorsque la grossesse résulte d’un viol ou d’un inceste ou que le fœtus présente des malformations mortelles ». Le projet de texte prévoit également des restrictions à l’avortement lorsque celui-ci constitue un traitement cruel, inhumain ou dégradant.

    Alors qu’il en prive l’enfant à naître, le Comité dit le plus grand bien du droit à la vie : il déclare que ce droit est « inhérent à toute personne humaine » et qu’il « ne devrait pas être interprété de manière étroite ». Le Comité le qualifie d’« extrêmement précieux » et considère qu’il s’agit « du droit suprême auquel aucune dérogation n’est autorisée ». Mais, selon les observations formulées, l’euthanasie ne porte pas atteinte à ce droit si elle est pratiquée sur des malades en phase terminale.

    En 2015, diverses associations de défense de la vie du monde entier ont assiégé le Comité lorsqu’il est devenu manifeste que ce comité envisageait d’écarter l’enfant à naître du droit à la vie. L’inquiétude de ces associations était si profonde, si on la compare à la réaction des mouvements favorables à l’avortement, que le Secrétariat de l’ONU a prolongé la période pendant laquelle des commentaires peuvent être formulés afin de permettre au Planning familial et à d’autres organisations qui fédèrent les mouvements de défense de l’avortement d’intervenir à nouveau.

    Des experts internationaux de la santé et du droit ont déjà critiqué des comités de l’ONU sur la question de l’IVG, notamment dans les Articles de San José. Quinze universitaires ont ainsi souligné qu’aucun traité des Nations Unies ne pouvait être légitimement interprété comme prévoyant un droit à l’avortement, quelles que soient les circonstances.

    Les Articles de San José précisent que, si aucun traité des Nations Unies ne prévoit d’obligation positive des États concernant la protection des enfants à naître, le droit international créé une présomption en faveur de la protection de la vie prénatale, car il interdit d’appliquer la peine de mort à une femme enceinte et la Convention relative aux droits de l’enfant protège les enfants « avant la naissance ».

    Le projet actuel du Comité va à l’encontre des recherches récentes sur le sens qui était donné à cette convention lorsqu’elle a été négociée. Dans le Tulane Journal of International and Comparative Law, Thomas Finegan explique ainsi comment les rédacteurs de la convention ont repoussé les tentatives visant à créer des obligations positives en matière d’avortement ou de protection de la vie anténatale.

    Le Comité des droits de l’homme a notamment pour rôle d’examiner les rapports des États parties concernant la mise en œuvre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, l’un des instruments relatifs aux droits de l’homme auxquels les États-Unis sont partie. Le projet d’observations constitue un revirement par rapport à deux observations des années 80 sur le droit à la vie, qui ne faisaient aucune mention de l’IVG.

    Si ses observations et ses recommandations n’ont pas de valeur contraignante et ne font pas autorité, le Comité peut néanmoins influer indirectement sur l’interprétation du Pacte par l’intermédiaire des organes et des organismes des Nations Unies qui s’appuient sur ce texte et par l’intermédiaire des juges. Son avis non contraignant sera probablement cité lorsque la Cour suprême des États-Unis réexaminera la question de l’avortement.

  • Après la mort du petit Charlie Gard : une déclaration de l'hôpital du Bambino Gesu

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    D'Anne Kurian sur zenit.org :

    Charlie Gard : développer un modèle de médecine personnalisée

    Déclaration du Bambino Gesù

    « C’est le véritable héritage du cas Charlie [Gard] : l’engagement à développer concrètement un modèle de médecine personnalisée », estiment les experts de l’hôpital Bambino Gesù du Saint-Siège. Il « valait la peine de faire tout ce que nous avons fait », affirment-ils alors que le petit britannique de 11 mois atteint d’une maladie rare mitochondriale, s’est éteint le 28 juillet 2017.

    La fin de vie a été décidée le 27 juillet par la Haute Cour de Justice britannique, suite à l’accord manqué entre les parents de l’enfant et l’Hôpital Great Ormond Street de Londres, où Charlie est hospitalisé. Le Great Ormond « nous a refusé notre ultime désir », a déclaré la mère du petit Charlie, Connie Yates, faisant allusion à la possibilité de garder le petit en vie pendant quelques jours avant sa mort, pour passer quelques jours « dans la tranquillité ». Le nourrisson a été transféré dans un centre assisté pour malades en phase terminale et est décédé en l’absence de respirateur artificiel.

    « Nous avons fait tout ce que nous pouvions pour répondre à l’appel de la famille et chercher de donner une nouvelle opportunité de soins au petit Charlie », peut-on lire dans un document diffusé le 25 juillet par l’hôpital du Bambino Gesù, après la décision des parents d’abandonner leur bataille judiciaire pour la survie de l’enfant.

    L’hôpital romain a participé à une confrontation internationale entre cliniciens et chercheurs, pour étudier le bien-fondé d’un traitement expérimental et pour assurer une évaluation clinique de Charlie Gard « qui, malheureusement, au moment où nous avons pu l’effectuer, a donné un résultat non positif ».

    Lors de « l’évaluation clinique conjointe effectuée sur place par notre chercheur et médecin – le professeur Enrico Silvio Bertini, médecin-chef pour les maladies musculaires et neurodégénératives – avec le professeur de neurologie de l’Université Columbia, Michio Hirano, a émergé l’impossibilité de lancer le plan thérapeutique expérimental, à cause des conditions gravement compromises du tissu musculaire du petit Charlie ».

    « Le très grave contexte clinique que nous avons trouvé aurait fait de la tentative de thérapie expérimentale un acharnement thérapeutique. (…) Tout ceci rempli notre cœur de tristesse », soulignent les soignants : « nous avons malheureusement constaté que nous sommes peut-être arrivés tard… Dans le domaine des maladies rares et ultra-rares, chaque histoire est un cas en soi ».

    Un précédent pour l’avenir des maladies rares

    Mais ils soulignent deux résultats : « On n’a pas débranché sans avoir auparavant répondu à une demande de soins légitime de la part des parents et sans avoir auparavant vérifié jusqu’au bout les conditions de l’enfant et les opportunités concrètes offertes par la recherche au niveau international ».

    Le second résultat a été celui de la « confrontation conjointe internationale approfondie, sur le plan scientifique comme sur le plan clinique ; un fait extraordinaire, un cas emblématique pour l’avenir des maladies rares ».

    « Pour la première fois, explique la note, la communauté scientifique internationale s’est démenée pour évaluer concrètement et jusqu’au bout les possibilités de soins. La communauté clinique et scientifique internationale, qui se met en réseau et crée une synergie pour un malade et se mobilise pour une vie, en travaillant en lien étroit, représente un précédent qui donnera plus de force à tous les Charlie qui viendront. C’est le véritable héritage du cas Charlie : l’engagement à développer concrètement un modèle de médecine personnalisée ».

    « C’est pourquoi, conclut le texte, cela valait la peine de faire tout ce que nous avons fait, tirés par la force de Charlie et de ses magnifiques parents, par la force du partage indispensable dans le parcours de soins avec la famille, par la force de l’alliance entre les cliniciens, la famille et le patient ».

    Avec une traduction de Constance Roques

    Voir aussi : le_pape_François_prie_pour_le_petit_Charlie_Gard

  • A propos de l' Affaire Mercier: Savonarole réanimé à Louvain-La-Neuve

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    Lu dans le magazine trimestriel "Vérité et Espérance-Pâque Nouvelle" n° 103 (été 2017)

    C'est proprement avoir les yeux fermés, sans tâcher jamais de les ouvrir, que de vivre sans philosopher (Descartes). Il semble qu’à l’Université Catholique de Louvain (UCL), on ait amendé la mise en garde cartésienne contre l’esprit moutonnier : on peut y philosopher, sans doute, mais seulement en fermant les yeux sur les questions susceptibles de déranger le consensualisme du « vivre ensemble ». C’est que nous sommes sous le règne du prêt-à-penser, absolument incompatible avec... la philosophie.

    Brève chronique de l’événement

    Même si l’« affaire Mercier » a fait grand bruit dans les médias, un bref rappel des faits n’est peut-être pas inutile. Début février 2017, Stéphane Mercier, docteur en philosophie, chargé de cours invité à l’Université Catholique de Louvain (UCL)[1], présente à plus de cinq cents étudiants de première année (environ 250 en Sciences appliquées et 300 en Sciences économiques et politiques) un argumentaire intitulé La philosophie pour la vie. Contre le prétendu « droit de choisir » l’avortement et qui, indique l’auteur, suit de près celui de Peter Kreeft[2]. Loin de soulever dans l’auditoire le tollé dont allaient, le mois suivant, parler les médias, le professeur poursuit son cours pendant cinq semaines d’affilée, « sans le moindre problème », me précise M. Mercier. Mais le 14 mars, un (ou une) élève du 1er baccalauréat en Sciences politiques alerte l’association féministe « Synergie Wallonie pour l’égalité entre les femmes et les hommes ». Le texte de l’exposé paraît le 21 mars sur la Toile. Émoi dans les réseaux sociaux. 

    À peine saisie, l’UCL réagit durement et convoque l’enseignant, dont elle suspend illico la fonction. Le 21 mars, sur le site de la RTBF, Tania Van Hemelrijck, « conseillère du Recteur à la politique du genre » – une appellation pas très... neutre – déclare : Ce sont des propos totalement inacceptables étant donné que l’UCL défend ce droit [sic] fondamental à l’avortement. Sur le même site, on lit encore : l’autre argument avancé par l’UCL est que « le droit [resic] à l’avortement est inscrit dans la constitution [reresic], et qu’il n’y a pas à sortir de là ». Comme si un texte juridique était en soi une référence irréfragable en matière de philosophie ! Le même jour, l’UCL s’empresse de désavouer publiquement son invité avant même de l’entendre :  Quelle que soit l’issue de l’instruction, le droit [rereresic] à l’avortement est inscrit dans le droit belge et la note dont l’UCL a connaissance est en contradiction avec les valeurs portées par l’université. Le fait de véhiculer des positions contraires à ces valeurs est inacceptable. Ce communiqué en étonna plus d’un. Après s’être référé à une loi (dont il altérait l’objet[3]), il affirmait, en fait, que le respect dû à tout embryon humain n’était pas au nombre des valeurs d’une université catholique. En outre, il légitimait l’avortement par sa légalité (en Belgique), comme si la loi, en disant le droit, décrétait, ipso facto et infailliblement, la morale. Après une telle injure au bon sens, l’UCL méritait bien un rappel à l’ordre. Elle l’a eu. Le 26 mars, à Bruxelles, Stéphane Mercier, prenait la parole à l’occasion d’une « Marche pour la vie » qui rassembla de deux à trois mille personnes. Actuellement, M. Mercier est licencié, mais a introduit un recours auprès de la commission disciplinaire.  Adhuc sub judice lis est ; autrement dit : l’ordalie est en cours.

    Un curieux attelage philosophique : UCL-SW

    Nous ne sommes pas à Florence, ni au XVe siècle, mais tout de même ! Si l’UCL n’a pas voué au gibet et au bûcher le Savonarole louvaniste, elle l’a de fait trucidé académiquement pour avoir amorcé une disputatio malséante, inconvenante, inopportune, en deux mots : politiquement incorrecte. Pensez un peu : le misérable avait osé aborder un sujet, l’avortement, tellement anodin et banal, il est vrai, que d’aucuns voudraient le retirer du code pénal. Ce nouveau « progrès » est, en effet, à l’ordre du jour de plus d’une officine, qui, naturellement, s’oppose à tout projet visant à conférer un statut juridique à un fœtus ou à un enfant mort-né. Or, depuis Socrate, tous les pédagogues le savent : l’actualité d’une question est un puissant facteur de motivation. Il était donc particulièrement opportun d’engager sur la question un débat philosophique avec des rhétoriciens fraîchement émoulus. Avec la disparition des « humanités » et, partant, la décadence du cours de français, nos jeunes étudiants n’ont guère appris à disserter[4] ! Mais voilà : l’impertinent Mercier avait, sur la question, défendu une thèse contraire à la seule doxa bienséante, celle du progressisme main stream, comme dit Finkielkraut. Le déferlement de blâmes qui accabla l’enseignant  procède d’une étrange conjuration : s’y coalisent, notamment, des associations féministes – comme « Synergie Wallonie » (SW) – et des laïcistes militants, mais aussi une institution dite « catholique » dont le grand chancelier n’est autre – ex officio – que l’Archevêque de Malines-Bruxelles. On aura vraiment tout vu !

    Morale et Génétique

    Quelles objections oppose-t-on à l’argumentaire incriminé ? Les plaignants de SW situent le débat sur le terrain des opinions : L’auteur du texte est opposé à la pratique de l’avortement pour différentes raisons, dont le droit à la vie du fœtus, qu’il considère comme un être humain. Nous ne partageons pas son opinion car nous revendiquons le droit pour les femmes de disposer de leur propre corps. Or, sur ce point, M. Mercier rappelle non une opinion, mais les données de la Science : primo, l’individuation de l’embryon est assurée dès le début du processus vital ; secundo, de la conception à la mort, il n’y a aucune solution de continuité. Très pertinemment, l’auteur souligne l’impossibilité (et le ridicule) de justifier une quantification du respect dû à un fœtus sur un critère de temps et de lieu. Bref, la génétique confirme un sentiment intime, à savoir l’altérité mère-enfant, lequel enfant n’est jamais, en aucune façon, une propriété. Comme l’observait le grand généticien français Jérôme Lejeune : Si l’on supposait que ce qui se développe dans le ventre de la mère n’est pas un être humain, pourquoi donc ferait-on une loi spéciale pour l’éliminer ? Il n’y a pas de loi pour réglementer ou pour interdire d’arracher une dent ou d’enlever une tumeur[5].

    L’altérité de l’embryon par rapport à sa mère : voilà le point faible de l’argumentaire opposé à celui de M. Mercier. Mon ventre est à moi, c’est, avec le spectre des faiseuses d’anges, le slogan qu’en France, Simone Veil a sans doute le plus exploité. Elle-même indique que, si elle se refuse à entrer dans des discussions scientifiques [elle admet les enseignements de la génétique] ou philosophiques, elle tient cependant à observer : La seule certitude sur laquelle nous puissions nous appuyer, c’est le fait qu’une femme ne prend pleine conscience qu’elle porte un être vivant qui sera un jour son enfant que lorsqu’elle ressent en elle-même les premières manifestations de cette vie[6]. Dans un essai, j’ai longuement analysé la dialectique déployée par l’ancienne ministre de la Santé, et l’on conviendra que, sur ce point, son opinion est assez personnelle, comme je l’ai souligné :

    Tout importantes qu’elles soient, les approches juridique et scientifique des questions analysées ici, n’exemptent pas d’enrichir le débat d’un éclairage de nature plus existentielle, plus proche de l’intimité des personnes et de leur vécu. Une question, récurrente dans la vie comme dans les romans et autres fictions, est extrêmement révélatrice de la manière dont une femme enceinte, son partenaire et leur entourage peuvent s’interroger à la survenue d’une grossesse non désirée. Que les protagonistes s’expriment de façon voilée (Que fait-on?) ou plus ou moins explicite (Va-t-on « le » garder? ou Fais- « le » passer!), tous parlent d’un même sujet, et qui, dans leur esprit, ne se réduit pas à un quelconque agglomérat de cellules. Le pudique pronom le est à l’évidence un substitut pour bébé ou enfant. Et l’on notera que ces interrogations s’imposent bien avant que la femme ne ressente en elle les premières manifestations de la vie, quoi qu’en dise Simone Veil. Pour n’être pas de nature juridique ni scientifique, les propos de ce genre n’en ont que plus de prégnance authentiquement humaine: ils révèlent ce que les protagonistes vivent en leur for intérieur dans un désarroi que d’aucuns nommeront situation de détresse, une expression qui appelle plus aisément la compassion, au risque d’occulter le tragique d’une autre destinée, latente celle-là. Le langage, ici encore, se fait le serviteur des causes les plus contestables…[7]

    Mise en exergue dans toutes les critiques mais toujours citée hors contexte, la comparaison avortement-viol, a soulevé une indignation discutable, évidemment logique si l’IVG n’est pas considérée comme un meurtre, mais parfaitement rationnelle dans le cas contraire ; si le viol est évoqué, c’est  précisément parce que, plus médiatisé, il  est ressenti, notamment par un auditoire de jeunes anesthésiés en matière d’IVG-IMG-GPA, comme un sommet dans l’horreur, alors que l’IVG – un sigle ! – est devenue une pratique « sociétale » presque banalisée à la faveur d’une loi toujours plus laxiste et de mœurs toujours plus permissives. La violence faite à un fœtus lors d’un acte abortif est comme escamotée par le fait que, médicalisée, l’intervention se déroule quotidiennement, légalement, en milieu hospitalier et bénéficie d’une aide sociale, tous gages extérieurs d’honorable normalité. Les IVG-IMG se comptent annuellement par milliers en Belgique[8], mais, médiatiquement, c’est un non-événement, contrairement aux procès criminels, tel le viol, qui défraient les chroniques judiciaires : le temps du Dr Willy Peers est, de longue date, révolu.

    Une cacophonie pas très catholique à l’UCL

    Au sein même du monde « catholique », le cas Mercier a créé un profond malaise et suscité de vives oppositions. La discorde fut évidente à l’UCL. Le montrent, entre autres analyses, le Oui du pro-recteur Marc Lits et le Non du professeur émérite Silvio Marcus Helmons, en réponse à la question : Fallait-il suspendre le cours du professeur Mercier [9].

    Dans une rencontre avec Christian Laporte, le professeur émérite de l’UCL Vincent Hanssens, contempteur du discours politique (!) de M. Mercier, souligne qu’une université catholique se doit d’assurer un enseignement axé fondamentalement sur la recherche scientifique et non sur la Révélation[10]. Et alors ? M. Mercier ne dit pas autre chose : Ce qui est proposé ici est un argument philosophique, pas un argument théologique reposant sur la Révélation. En vérité, la position de l’Université est doublement intenable : non seulement elle bafoue, à l’évidence, son identité idéologique, mais aussi et surtout, elle porte atteinte à son identité académique en se soumettant à la pire des dictatures pour une institution universitaire, celle de la pensée dominante et du politiquement correct. À cela s’ajoute, avec une belle inconséquence, l’affirmation réitérée de l’attachement de l’UCL à la liberté académique ! Heureusement, tous les ex-collègues de M. Mercier ne s’alignent pas sur les positions officielles de leur Alma Mater. Ainsi, dans Le Soir (mis en ligne le 29 mars), a paru un article intitulé Propos anti-avortements à l’UCL : la liberté académique menacée ? où s’exprime l’inquiétude de deux professeurs émérites de l’UCL ; l’un signe Jean Bricmont, athée et pro-choix, et l’autre, Michel Ghins, catholique et pro-vie.

    Des réactions pastorales diverses

    Dans l’affaire qui nous occupe, l’épiscopat aura donné un exemple achevé de langue de buis et d’irénisme. Répondant à une pétition de « Pro Christiana » en faveur du jeune professeur, les évêques francophones de Belgique, légitimant les exigences pédagogiques de l’UCL, laissèrent entendre qu’un débat sur l’avortement n’avait peut-être pas sa place dans un cours d’initiation à la philosophie et qu’en outre, la question ne pouvait, somme toute, être tranchée qu’en élevant la disputatio au niveau de la théologie. Pour ce qui est de la pédagogie, j’ai montré en quoi un débat sur un sujet sociétal litigieux est, au contraire, tout à fait opportun. Quant à la dévolution à la seule théologie d’une doctrine qui est défendable sur des bases purement philosophiques, elle confine au fidéisme : le Fides et Ratio de saint Jean-Paul II n’est pas opposable à l’Evangelium Vitae du même pape. Pour pacifier les esprits, nos évêques ont évidemment préféré citer un passage consolateur et rassembleur de Misericordia et misera où le pape François rappelle que si l’avortement est un péché grave [...], il n’existe aucun péché que la miséricorde de Dieu ne puisse rejoindre et détruire quand elle trouve un cœur contrit qui demande à être réconcilié avec le Père.

    De son côté, le R.P. Tommy Scholtès, porte-parole de la Conférence épiscopale, tint, forcément, des propos peu convaincants : Les mots de Stéphane Mercier me paraissent caricaturaux. Le mot meurtre est trop fort : il suppose une violence, un acte commis en pleine conscience, avec une intention, et cela ne tient pas compte de la situation des personnes, souvent dans la plus grande détresse.[11] Ni violence, ni  pleine conscience, ni intention dans un acte d’IVG ? Quant à la « situation des personnes » – qui n’est pas l’objet premier du propos – elle n’est pas ignorée dans l’argumentaire incriminé, même si elle aurait certainement donné lieu à des développements ultérieurs ; n’oublions pas que l’enseignant inscrivait son exposé dans la perspective de débats, dont son texte est explicitement une amorce : Il est tout à fait permis de discuter : la philosophie sert précisément à cela.

    À propos de commentaires « ecclésiastiques », il faut citer la très belle exhortation du R.P. Charles Delhez Poursuivre l’aventure de la vie[12], remarquable de justesse, d’humanité, de pondération et de miséricorde, mais ferme dans les convictions et fidèle à la doctrine de l’Église.

    And the winner is...

    Au final, il est clair que l’ « affaire Mercier » est une manifestation de plus des effets délétères d’une police de la pensée dans un monde qui s’autodétruit par individualisme, relativisme et hédonisme. Pareille atteinte à la liberté académique et à la liberté d’expression ne peut que disqualifier ses auteurs, d’autant qu’ils appartiennent au monde universitaire. Du moins l’incident aura-t-il eu le mérite de réveiller quelques consciences à propos d’une question jugée dépassée du fait que les mœurs et la loi y auraient apporté une réponse définitive. Là où l’on brûle des livres, on finit par brûler des hommes, écrivait déjà Heinrich Heine ; la censure fut, hélas ! le fait du Savonarole florentin, mais rien de pareil n’est à redouter à Louvain-la-Neuve.  

    L’inévitable querelle intestine qui s’est déclarée entre croyants ne pouvait qu’amuser la galerie des athées militants. On imagine aisément leur jubilation à réactualiser une séquence fameuse de La Grande Vadrouille : sous bonne garde teutonne passent deux Français capturés (Stanislas-de Funès et Augustin-Bourvil), mais déguisés en « collègues » de la Feldgendarmerie ; surpris par cet improbable défilé, le désopilant Paul Préboist confie à son copain de pêche : V’là qu’ils s’arrêtent entre eux maintenant, ça doit pas marcher ben fort !

     

    Mutien-Omer Houziaux,

    ancien embryon.

    [1] Et non professeur, comme l’a rappelé l’aimable rectification cathoDique d’un évêque. – Les médias ont laissé entendre que M. Mercier était un novice dans le métier. En réalité, son curriculum vitae mentionne six années d’assistanat, quatre années au FNRS en qualité de chargé de recherches et trois années consécutives à l’UCL en qualité de chargé de cours (par renouvellement annuel).

    [2] Né en 1937. Professeur de philosophie au Boston College de Chesnut Hill et au KIng’s College de NewYork.

    [3] En Belgique, l’avortement reste un délit, qui peut être dépénalisé sous certaines conditions.

    [4] Ancien professeur de français, chercheur et enseignant à l’université, j’ai huit petits-enfants et un arrière-petit-fils... et des centaines d’anciens étudiants. Je sais de quoi je parle ! Indigence lexicale, pauvreté syntaxique, absence de rigueur intellectuelle, massacre de l’orthographe, culture classique en berne : un diagnostic largement partagé par nombre de collègues. Quant au salut par un certain Pacte d’Excellence, la chose relève plutôt de la foi (en sainte Rita). 

    [5] http://publications.fondationlejeune.org/article.asp?filename=fjl441.xml

    [6] Simone Veil, Une vie, Stock, 2007, pp. 352-353.

    [7] M.-O. Houziaux, À contretemps. Regards politiquement incorrects. Préface de M. Dangoisse, Mols, 2010, p. 90.

    [8] Le dernier rapport (2012) de la Commission (belge) d’évaluation de l’avortement indique une augmentation constante du nombre d’IVG ; de 2006 à 2011, ce nombre est passé de 17.640 à 19.578. Les chiffres déclarés sont très inférieurs à la réalité car souvent les hôpitaux ne déclarent pas les avortements ni les médecins gynécologues en pratique cabinets privés, me signale Carine Brochier, Project Manager à l’Institut Européen de Bioéthique. Et l’on ne parle pas des embryons (dis) qualifiés de surnuméraires (et réifiés) ni des avortements médicamenteux.

    [9] La Libre Belgique du 28 mars 2017, pp. 40-41. En pages 42 et 43, le même quotidien donne aussi la parole à Henri Bartholomeeusen, avocat et président du Centre d’Action laïque, qui s’insurge contre le prétendu simplisme d’un opposant à l’IVG, Alain Tiri, auteur d’un article intitulé « Le progressisme ou la mort de la pensée », également paru dans LLB (23 mars 2017).

    [10] Christian Laporte, « L’UCL est d’abord une université », La Libre Belgique, 3 avril 2017, p. 8.– Sur le site de Belgicatho, 10/04/2017, le R.P. Xavier Dijon, professeur émérite (UNamur) a convenu, avec son collègue Hanssens, qu’une université catholique n’était pas une institution ecclésiale, mais ajoute que, pour autant, elle ne peut s’abstraire d’une conscience spécifique : Est-il sûr par exemple que la façon dont les embryons humains sont traités aujourd’hui dans nos centres de recherches correspond à la dignité dont ils sont titulaires ? X. Dijon souligne aussi la légitimité d’un débat académique sur une question déjà tranchée par le pouvoir politique.

    [11] Le Soir, 27 mars 2017, p. 7.

    [12] La Libre Belgique, 3 avril 2017, p. 45. Le R.P. Delhez rappelle  que, pour le généticien agnostique Axel Kahn, on peut, s’agissant de l’embryon, parler de singularité admirable et de début possible d’une personne.

    JPSC

  • Vient de paraître : le magazine « Vérité et Espérance-Pâque Nouvelle » : n° 103, été 2017

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    Le magazine trimestriel « Vérité & Espérance – Pâque Nouvelle » édité par l’association « Sursum Corda » (responsable de l'église du Saint-Sacrement à Liège) a publié sa livraison de l’été 2017. Tiré à 4.000 exemplaires, ce magazine abondamment illustré parcourt pour vous l’actualité religieuse et vous livre quelques sujets de méditation.

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    Au sommaire de ce numéro n° 103 (été 2017) : 

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    Fête-Dieu 2017 à Liège 

    Brève histoire du sacrement de pénitence (V et fin)

    A propos de l’affaire Mercier : Savonarole réanimé à Louvain-la-Neuve

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    Rome et le monde : 

    Les 90 ans de Benoît XVI

    Emmanuel Macron et Dieu

    La célébration du centenaire des apparitions de Fatima

    Liturgie : l’héritage de Benoît XVI en péril ? 

    Belgique:

    L’ « Affaire Mercier » et le rôle d’une université catholique

    Les Frères de la Charité de Belgique autorisent l’euthanasie dans leurs centres psychiatriques

    Le régime des cultes en Belgique : reconnaître la primauté de l’Etat ou obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes

    Sans Mgr Léonard, plus de vocations ?

     

    Secrétaires de Rédaction : Jean-Paul Schyns et Ghislain Lahaye

    Editeur responsable: SURSUM CORDA a.s.b.l. ,

    Vinâve d’île, 20 bte 64 à B- 4000 LIEGE.

    La revue est disponible gratuitement sur simple demande :

    Tél. 04.344.10.89  e-mail : sursumcorda@skynet.be 

    Les dons de soutien à la revue sont reçus  avec gratitude au compte IBAN:

     BE58 0016 3718 3679   BIC: GEBABEBB de Vérité et Espérance 3000, B-4000 Liège

     

     JPSC

  • Quand notre société organise la traque des enfants trisomiques

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    De Sandrine De Schutter sur le site de LaLibre.be relayé par didoc.be :

    Pourquoi traquer les enfants trisomiques ?

    Une mère réagit à une nouvelle mesure du gouvernement. Celle-ci prévoit le remboursement presque intégral d’un test de dépistage de la trisomie 21, alors que plus de fonds devraient être débloqués pour le traitement de cette même maladie.

    Je veux hurler que ma petite fille blonde aux yeux bleus est un trésor ! Que chacun de ses progrès nous fait vivre un bonheur intense. Elle est trisomique, et alors ? Le budget consacré au dépistage précoce me dégoûte !

    C’est la douleur d’une mère, celle d’un enfant trisomique, que j’ai envie de hurler à la face du monde en apprenant ce matin, à la radio, que le test prénatal non invasif (ou « NIPT ») sera désormais remboursé, en totalité ou en très grande partie, à tous ceux qui y recourent.

    Le NIPT permet de dépister précocement la trisomie 21 avec un taux de certitude de 99,8 %. Actuellement, il coûte environ 290 euros. À partir du 1er juillet prochain, il devrait être presque intégralement remboursé. Pour assurer ce dépistage à grande échelle, traquer au mieux ces enfants trisomiques, quinze millions d’euros ont été débloqués. Quelque 100.000 tests par an sont annoncés : de quoi avertir (et prévenir) autant que possible de la naissance de ce que le ministre De Block appelle les mongoloïdes.

    Gestion sélective des naissances ?

    Ce test contribue à éviter à la mère une amniocentèse dangereuse, c’est vrai. Mais est-ce là l’objectif véritable d’un tel dépistage ? N’a-t-on pas plutôt fait un pas de plus dans ce qu’il est désormais convenu pudiquement d’appeler la « gestion sélective des naissances » ? La honte et le dégoût m’étreignent.

    Nous, parents d’un enfant trisomique, aurions tellement aimé recevoir du ministre de la Santé le même soutien : en remboursant la logopédie, les services d’aide précoce ou l’inclusion scolaire, par exemple. Mais avec un quotient intellectuel en dessous de 86 points (s’agissant de notre enfant), on ne veut pas investir : c’est grave.

    Je veux crier haut et fort que ma petite fille blonde aux yeux bleus est un trésor ! Que chacun de ses progrès est une vraie victoire qui nous fait vivre un bonheur intense : bien plus beau, bien plus vrai, bien plus profond, que tous les bonheurs éphémères inlassablement proposés par la société de consommation. Elle est trisomique, et alors ?

    Chaque jour, elle nous fait grandir

    À force de stimulations et de persévérance, notre fille suit une scolarité normale avec de l’aide, engrange les amitiés, apprend à lire et à écrire, nage, roule à vélo,… à son rythme. Investir en elle, c’est l’aider à progresser et à devenir autonome. Elle est profondément heureuse avec sa trisomie : c’est une autre réalité qu’il est bon de souligner, encore et encore. Pour cela, il lui suffit de se sentir aimée.

    Bien sûr, la vie n’est pas toujours facile. Ni la sienne, ni la nôtre. Mais quelle vie est facile ? Notre vie a du sens car elle est utile à un autre être, plus faible peut-être, mais qui a tant à nous apporter. Combien de personnes dépressives ne retrouvent-elles pas du sens à leur existence en s’engageant au service des autres ?

    À 9 ans, elle est rayonnante, pleine d’empathie et de joie. Elle rend ses frères et sœurs plus attentifs aux autres, nous fait tous grandir dans le don de nous-même, nous enseigne la patience et le courage. La vérité est que notre fille trisomique, jour après jour, continue à nous faire grandir en humanité.

    Pourquoi cette traque ?

    Alors je veux crier une nouvelle fois ma tristesse face à une société qui semble avoir définitivement démissionné face à la fragilité. Pourquoi traque-t-on ainsi les enfants trisomiques ? Parce qu’un avortement coûterait moins cher à la collectivité qu’en assurer la prise en charge adéquate ? La vie de ma fille vaudrait-elle moins que celle d’un autre ? Dois-je comprendre que la différence rend indigne de vivre ?

    Combien de temps faudra-t-il encore avant que je ne me voie reprocher un manque de conscience citoyenne en faisant le choix personnel de garder un enfant dont le handicap coûtera cher au reste de la population ? Combien de temps s’écoulera-t-il avant qu’on ne me considère comme l’égoïste n’ayant pas voulu tirer les leçons pourtant si simples d’un NIPT positif ? N’aurais-je pas manqué de solidarité avec le portefeuille de mon voisin ?

    Non, définitivement, une campagne de dépistage précoce de la trisomie 21, remboursement à la clé, n’est ni un progrès ni une avancée. Vers où allons-nous ? Faut-il être parfait pour rester en vie ? Allons-nous aussi supprimer les enfants atteints de mucoviscidose ? Ou ceux qui, plus tard, développeront un cancer ? Où nous arrêterons-nous ? Quelle société sommes-nous en train de construire ? Peut-être celle du mensonge, où une pratique eugéniste nous est vendue comme un simple test destiné à aider les parents à se préparer au mieux à la naissance de leur enfant. Mais de quoi parle-t-on ?

    Le manque d’accompagnement

    Une fois le syndrome de Down détecté, quelle information et quel accompagnement sont apportés aux parents ? Presque aucun. A-t-on vraiment le droit de décider de la vie ou de la mort d’un enfant dont personne ne nous dit le bonheur qu’il vivra et qu’il nous procurera au-delà de sa différence ? On a peur de ce qu’on ne connaît pas. Pourtant, nombreux sont les parents qui, après avoir découvert à la naissance la trisomie de leur enfant, après avoir encaissé ce qui fut assurément un choc, se sont relevés et n’imaginent désormais plus la vie sans cet enfant.

    Ce n’est pas du handicap que l’enfant trisomique et sa famille souffrent le plus. C’est d’être pointés du doigt. Alors, qu’il me soit permis de faire ici une confidence : mon mari et moi-même n’avons pas choisi de poursuivre une grossesse déjà bien entamée, mais d’adopter notre fille trisomique. Oui, d’adopter. Nous avons fait un choix, en pleine conscience. Un choix de vie qui est pour nous un vrai chemin de bonheur.

    C’est ce bonheur que je veux aussi hurler à qui veut l’entendre, plus encore que la colère qui m’habite face à cette traque honteuse qu’on appelle dépistage. C’est la joie qu’apporte notre enfant trisomique que je veux clamer à la société tout entière. Jusqu’à m’en époumoner.

    Cet article a été publié dans La Libre Belgique du 19-6-17 sous le titre « Ce n’est pas du handicap que l’enfant trisomique et sa famille souffrent le plus. C’est d’être pointés du doigt. » Sandrine De Schutter se présente comme maman.

    Source : http://www.lalibre.be/debats/opinions/ce-n-est-pas-du-handicap-que-l-enfant-trisomique-et-sa-famille-souffrent-le-plus-c-est-d-etre-pointes-du-doigt-opinion-59469955cd709410f324f151

  • 37 eurodéputés soutiennent Charlie Gard et ses parents et appellent au respect du droit à la vie

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    CHARLIE GARD : 37 DÉPUTÉS EUROPÉENS VENT DEBOUT CONTRE LA DÉCISION DE LA CEDH

    Gènéthique vous informe 

    Dans une lettre ouverte, 37 eurodéputés soutiennent Charlie Gard et ses parents et appellent au respect du droit à la vie (cf. Charlie Gard must be given right to life, human dignity).

    Suite aux décisions des tribunaux britanniques et à de celle de la CEDH, le soutien de l’assistance respiratoire, ainsi que l'alimentation et l'hydratation parentérales de Charlie Gard, bébé de 10 mois atteint du syndrome de l’encéphalopathie mitochondriale de forme infantile, peuvent être suspendus, conduisant l'enfant à une mort certaine. 37 députés européens[1] ont signé une lettre ouverte dans laquelle ils ont fait part de leurs « inquiétudes au sujet du résultat scandaleux du cas de Charlie, qui enfreint les valeurs les plus fondamentales de l'Europe, en particulier le droit à la vie, le droit à la dignité humaine et à l'intégrité personnelle ». Ils dénoncent dans cette affaire « l'approbation des tribunaux » successifs, jusqu’à la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH), dernier recours des parents de Charlie Gard, « pour interrompre ses soins de support, y compris la nutrition et l'hydratation ».

    Les députés européens signataires condamnent une conduite honteuse qui porte atteinte « aux valeurs de notre société civilisée » quand un pays « n’agit pas dans le meilleur intérêt de ses citoyens ». Ils s’engagent à opposer un « non » à de telles pratiques.

    Pour sa part la Fédération européenne One of Us a souhaité agir auprès des autorités britanniques et européenne à travers le hashtag #JeSuisCharlieGard. Elle a déclaré : « Tout être humain a le droit de se battre pour sa vie. Charlie et ses parents sont privés de leur liberté de recevoir le traitement qu'ils jugent approprié. L'État n'a pas le droit d'éliminer la vie d'un enfant ou d'exclure la volonté des parents de se battre pour la vie de leur enfant. Le cas de bébé Charlie établit également un précédent dangereux contre la défense de la vie et contre la liberté des personnes atteintes d'une maladie. Nous ne pouvons pas "éliminer" les malades et entraver leur volonté de lutter pour leur vie sans leur donner aucun espoir ».

    [1] Les députés signataires : Miroslav Mikolášik MEP, Luigi Morgano MEP, Laurentiu Rebega MEP, Laima Andrikiene MEP, Elisabetta Gardini MEP, Ivan Štefanec MEP, Lara Comi MEP, Marijana Petir MEP, Lorenzo Fontana MEP, Nicola Caputo MEP, Tunne Kelam MEP, Marek Jurek MEP, Beatrix von Storch MEP, Franc Bogovič MEP, Patricija Šulin MEP, Pavel Svoboda MEP, György Hölvenyi MEP, Michal Boni MEP, Jan Olbrycht MEP, Zbigniew Kuzmiuk MEP, Jadwiga Wiśniewska MEP, Thomas Mann MEP, Annie Schreijer-Pierik MEP, Daniela Aiuto MEP, Alojz Peterle MEP, Branislav Škripek MEP, Enrico Gasbarra MEP, Anna Záborská MEP, Arne Gericke MEP, Steven Woolfe MEP, Mylene Troszczynski MEP, Lars Adaktusson MEP, Remo Sernagiotto MEP, József Nagy MEP, Pál Csáky MEP Marek Plura MEP, Robert Jaroslaw Iwaszkiewicz MEP.

     
  • Quand "La Croix" fait chorus avec les thuriféraires de Simone Veil

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    Lu sur le site "Droit de naître et de vivre" :

    Depuis son décès le 30 juin 2017, Mme Simone Veil fait l’objet d’un concert laudatif dont l’apothéose pourrait être l’entrée de sa dépouille mortelle au Panthéon. Bien qu’injustifiable, ce grand tintamarre républicain était néanmoins prévisible de la part de ceux qui ont soutenu – si ce n’est aggravé – la loi scélérate qui porte le nom de la défunte.

    Mais un impromptu du journal La Croix est venu ajouter une note supplémentaire à ce barouf infernal. Ce n’est plus seulement la République qui encense le cercueil où git Mme Veil, c’est le principal quotidien catholique de France ! La Croix a en effet publié un article au ton hagiographique dont le titre est à lui seul un scandale au sens biblique : « Simone Veil, une autorité morale ».

    Auteur d’une loi d’une terrible injustice, Mme Veil est offerte en exemple ! Faisant référence à l’engagement de l’ancienne ministre au moment du vote de 1975, Bernard Gorce commet l’éloge suivant : « Simone Veil a gagné une stature nationale, incarnant à la fois un esprit d’ouverture à la modernité, une rectitude intellectuelle, un sens de la justice. » Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef adjointe dudit quotidien, ose, quant à elle, ces lignes qui suscitent la nausée : « parce que le combat mené par Simone Veil pour légaliser l’avortement, que l’on soit pour ou contre, porte la marque d’une grande dignité (…) Simone Veil mérite l’hommage de la nation. De toute la nation. »

    Mme Veil devrait donc être honorée pour avoir donné l’assentiment de la loi à ce que le Concile Vatican II qualifie de « crime abominable » … Voilà la proposition d’un journal soi-disant catholique, propriété des Pères assomptionnistes ! Par respect pour la mémoire des millions d’enfants piétinés par ces lignes, Droit de Naître appelle toutes les familles catholiques de France à faire une croix sur une publication moribonde et dénaturée qui ne mérite ni fleurs ni couronnes.

    On ne soulignera jamais assez la gravité du pas qui a été franchi avec le vote de la loi Veil. Celui de la grande transgression de cet interdit fondateur de nos sociétés : "Tu ne tueras point". Depuis lors, cette brèche s'est ouverte jusqu'à une banalisation totale de l'avortement considéré aujourd'hui comme un droit des femmes et revendiqué comme tel. Sans compter que le nombre d'avortements (20.000 en Belgique chaque année, 225.000 en France...) participe gravement au deficit démographique qui frappe nos sociétés européennes depuis l'avènement d'une culture contraceptive généralisée provoquant le vieillissement de notre population et participant à un appel massif de l'immigration avec toutes les conséquences que l'on sait. Il est particulièrement choquant en effet d'entendre des voix catholiques se joindre au choeur médiatico-politique qui fait d'une initiatrice de cette culture de mort - tant dénoncée par Jean-Paul II - une figure de proue de la France contemporaine.