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Politique - Page 5

  • Asia Bibi ressuscitée

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    De James Channan, o.p., traduction Laurence Desjoyaux, sur le site de l'hebdomadaire La Vie :

    La résurrection d'Asia Bibi

    Le dominicain pakistanais James Channan, très impliqué dans le dialogue interreligieux au Pakistan et fondateur du Peace Center de Lahore, témoigne pour La Vie de sa joie après l’acquittement définitif d’Asia Bibi et de ses espérances pour les chrétiens du pays.

    Quelle joie pour nous, en ce 29 janvier, d’apprendre qu’Asia Bibi était définitivement libre et que le recours contre son acquittement a été rejeté par le président de la Cour suprême du Pakistan, Asif Saeed Khan Khosa, assisté par deux autres juges !

    Enfin, il est reconnu une fois pour toutes qu’elle n’a pas proféré de blasphème contre le prophète de l’Islam et que toutes les charges retenues contre elles sont fausses et sans fondement. Enfin, il est dit que ceux qui ont témoigné contre la chrétienne sont des menteurs et ont donné un faux témoignage.

    Les dessous de la libération d’Asia Bibi

    Pour Asia Bibi, et c’est d’abord a elle que nous pensons, cette décision est une véritable résurrection des morts. Dieu l’a comme relevée du tombeau, sa cellule de prison dans le couloir de la mort où elle a passé huit ans. Cette femme pauvre et illettrée, qui était ouvrière agricole dans la périphérie de Lahore, n’a jamais faibli dans l’épreuve. Elle est pour nous l’exemple d’une foi forte dans le Christ ressuscité. Elle nous en a donné le témoignage pendant toutes ces années depuis le fond de sa cellule où planait l’ombre de la mort et maintenant elle est dans la joie d’une « résurrection ». Elle s’est battue pour prouver son innocence avec la force de la foi, comme un roc qui ne peut être ébranlé, et c’est vraiment une satisfaction de la voir aujourd’hui victorieuse. Je ne peux qu’imaginer à quel point ses nuits ont dû être sombres et ses rêves épouvantables quand la peine de mort a été prononcée contre elle en novembre 2010 et qu’elle a craint d’être pendue. Mais Asia est une femme pleine d’espérance et elle a toujours cru qu’un jour elle se relèverait et pourrait vivre à nouveau une vie libre et « normale ».

    Je veux saluer ici son avocat, Saif-ul-Malook, un musulman qui s’est battu pour elle et l’a défendue en risquant sa propre vie. Lui et sa famille ont reçu des menaces de mort de la part d’islamistes à tel point qu’ils ont dû fuir le pays et se réfugier aux Pays-Bas après l’acquittement d’Asia Bibi prononcé par la Cour suprême du Pakistan le 31 octobre 2018. Mais cet homme courageux est retourné à Islamabad pour défendre une dernière fois la cause de la chrétienne, ce 29 janvier, et il a gagné. J’imagine sa joie profonde.

    Le rejet de l’appel contre l’acquittement est une victoire de la justice. C’est la justice qui l’emporte au Pakistan.

    Le procès d’Asia Bibi était un test pour le Pakistan. Il a montré au grand jour comment des esprits dérangés et des musulmans radicaux détournaient cette loi sur le blasphème pour s’en prendre à n’importe qui et spécialement aux chrétiens les plus pauvres et sans défense. Je me réjouis de la position audacieuse des juges de la Cour suprême du Pakistan et de leur décision. Il ont rendu leur jugement librement, en conscience, sans se laisser influencer par les manifestations, les grèves et les menaces de la part de fanatiques islamistes qui ont accompagné chaque étape de l’interminable procès d’Asia Bibi. Le rejet de l’appel contre l’acquittement est une victoire de la justice. C’est la justice qui l’emporte au Pakistan. Notre système judiciaire, au plus haut niveau, rend la justice quelles que soient les circonstances et les conséquences possibles de ses décisions.

    Au Pakistan, un prêtre et un imam au service de la paix

    Tous les chrétiens et, je le crois, une majorité de musulmans, se réjouissent de cet acquittement définitif et éprouvent un grand soulagement que la Cour ait tranché, après tant d’années, en faveur d’Asia Bibi. J’espère qu’après cette décision les islamistes se garderont de toute fausse accusation et qu’ils craindront de faire de faux témoignages.

    Maintenant, Asia Bibi est libre. Mon regret est qu’elle ne puisse malheureusement pas vivre librement dans son propre pays, celui qui l’a vu naître. Elle est forcée, de crainte d’être un jour victime d’un attentat, de quitter le Pakistan et de s’installer ailleurs pour recommencer une vie libre.

    Que Dieu la bénisse, elle et sa famille, pour qu’elle puisse désormais vivre en paix et mener une vie de liberté.

  • Quand un prêtre refuse la communion à un homme politique qui a voté pour l'avortement légalisé

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    De Violaine Epitalon sur le site du journal La Croix :

    En Irlande, un prêtre refuse la communion à un homme politique favorable à la légalisation de l’avortement

    Le père John Hogan a refusé la communion à Robert Troy, membre du Fianna Fail (parti conservateur irlandais) au Parlement lors d’une messe d’enterrement. Il avait voté en faveur de la légalisation de l’avortement en Irlande en décembre 2018.

    Robert Troy, membre du Fianna Fail (parti conservateur irlandais), s’est vu refuser la communion lors d’une messe d’enterrement à l’église de la paroisse de Saint Nicolas (Galway) pour avoir voté en faveur de la légalisation de l’IVG. John Hogan, prêtre de la paroisse catholique de Multyfarnham, (comté de Westmeath) a déclaré dans un tweet le 1er décembre 2018 s’être informé de la liste des députés ayant participé à la légalisation de l’avortement. « J’ai vu le nom de celui qui, il y a quelques années, se tenait sous mon toit et jurait être pro vie », précise-t-il. Et il poursuit : « le désir de pouvoir et de gloire pousse à commettre d’épouvantables choix. »

    À LIRE : Irlande, les députés ont légalisé l’avortement

    Le 13 décembre 2018, le parlement irlandais ratifiait une loi formalisant le résultat du référendum de mai 2018 : 66,4 % des Irlandais ont voté pour l’abrogation du 8e amendement de la constitution. Robert Troy, membre du parti conservateur au Parlement irlandais, et considéré comme « pro-life », a expliqué dans une interview avec le magazine Ireland’s Hot Press, les raisons pour lesquelles il a voté en faveur de cette loi. Selon lui, la légalisation de l’avortement était une nécessité sans laquelle les femmes étaient« victimisées et dans l’obligation de se rendre à l’étranger. » Bien qu’il avoue être perplexe quant au délai concernant l’interruption jusqu’à 12 semaines de grossesse, le politicien affirme en être venu « à l’ultime décision de voter oui ».

    Le combat des catholiques pro vie en Irlande

    Le père John Hogan ne cache pas ses positions politiques par rapport à l’avortement. Dans un tweet du 18 janvier, il dit apporter son soutien et sa bénédiction « à tous mes amis aux États-Unis qui participent à la Marche pour la vie. Je vous en prie, pensez à nous et priez pour nous, en Irlande, car nous devons redoubler d’effort dans notre campagne de résistance pour la vie », ajoute-t-il.

    Jusqu’à l’année dernière, l’avortement était interdit par le 8e amendement de la constitution irlandaise. Le sujet est facteur de divisions au sein du pays, empreint d’une culture très catholique. Ce n’est pas la première fois que les instances catholiques réagissent ainsi depuis la loi de décembre 2018. Le 21 janvier, Josepha Madigan, avocate et femme politique irlandaise, s’est vu refuser une salle de réunion au Mater Hospital des sœurs de la Charité (Dublin). « Nous nous engageons à respecter la dignité de la vie humaine », déclare l’hôpital. Josepha Madigan avait elle aussi participé à la campagne de légalisation de l’IVG en 2018 avec le parti irlandais Fine Gael.

     

  • Quand un docteur en géographie et enseignant congolais réhabilite Léopold II

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    Lu dans le Courrier australien, ce commentaire de Marie-France Cros sur « Le plus grand chef d’État de l’histoire du Congo » : le livre qui réhabilite Léopold II :

    Léopold II 5c4df5a5d8ad5878f03ac3b9.jpg« C’est sous ce titre provocateur que Jean-Pierre Nzeza Kabu Zex-Kongo, docteur en géographie et enseignant, publie un ouvrage qui ne manquera pas d’attirer l’attention à l’heure où le « Musée royal de l’Afrique centrale » de Tervuren est rebaptisé « Africa Museum » en dépit de sa pauvreté en matière africaine hors Congo et offre aux visiteurs une présentation de l’Afrique centrale « déléopoldisée » avec autant de finesse que n’en mit Khrouchtchev à déstaliniser l’URSS.

    L’auteur s’efforce de répondre à deux questions : qu’a laissé Léopold II en héritage aux Congolais ? Le temps n’est-il pas venu de réhabiliter ce souverain ?

    Le Dr Nzeza souligne qu’on a surtout donné la parole, ces dernières années, à des « réquisitoires » contre Léopold II, « passant sous silence ses […] réalisations », sans comparer le tout aux autres « conquêtes et exploitations coloniales ».

    Des réquisitoires basés sur une documentation « d’origine essentiellement britannique » et donc « tendancieuse » en raison des rivalités coloniales entre Londres et le Palais royal de Bruxelles.

    Si le Dr Nzeza juge Léopold II « indéfendable sur le martyre des autochtones  » , il a mené à bien de « grandes réalisations dont les Congolais profitent largement aujourd’hui ou pourraient encore davantage tirer profit avec une bonne gouvernance ».

    Et de détailler la longue bataille du roi pour doter la Belgique d’une colonie. On retiendra notamment sa prise de contact avec l’explorateur britannique Stanley, qui n’arrive pas à intéresser Londres à l’Afrique centrale ; la Grande-Bretagne s’en mordra les doigts plus tard et mettra en cause l’État indépendant du Congo (EIC) afin de mettre les mains sur le Katanga et ses richesses minières, rappelle l’auteur.

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  • L’anticapitalisme doit-il mener à défendre la famille ?

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    Du site de l'hebdomadaire "Famille Chrétienne" (Kévin Boucaud-Victoire) :

    Christopher Lasch : le penseur de la famille assiégée

    L’anticapitalisme doit-il mener à défendre la famille ? C’est ce qu’a défendu l’historien et sociologue américain Christopher Lasch, à rebours de la gauche.

    Depuis quelques années, la France découvre la pensée de Christopher Lasch. Renaud Beauchard, professeur associé à l’American College of Law, publie un court essai sur cet historien et sociologue américain. Christopher Lasch. Un populisme vertueux aborde les sujets favoris de l’intellectuel : le populisme, le narcissisme, le féminisme, le progrès et... la famille. Dès 1977, il perçoit la destruction de la structure familiale en cours et y propose une explication.

    Né en 1932 au sein d’une famille qui appartenait à la gauche intellectuelle, Christopher Lasch est formé au marxisme de l’école de Francfort – qui s’intéresse aux transformations culturelles induites par le capitalisme. De foi protestante, il puise aussi ses références chez le théologien luthérien Reinhold Niebuhr, et dans le populisme américain, qui s’inspire en partie du puritanisme anglais des XVIe et XVIIe siècles. Cette richesse intellectuelle le pousse à se décrire comme « à la fois radical, révolutionnaire même, et profondément conservateur ».

    « C’est le fait de devenir parent, explique Renaud Beauchard, dans un monde où la charge d’élever des enfants expose à l’indifférence glaciale [d’une] société ‘obnubilée par les enfants’ qui devait conduire Christopher Lasch à trouver sa voie en le convainquant de se lancer dans une enquête de grande ampleur sur la famille. » C’est ainsi qu’il publie en 1977 Haven in a Heartless World : The Family Besieged (Un refuge dans ce monde impitoyable).

    L’éducation des enfants surveillée

    Il y dénonce, selon Beauchard, « la reformulation méthodique des fonctions de socialisation de la famille par la recherche en sciences sociales ». Pour Lasch, la société moderne se définit par une prise de contrôle du marché et de « l’État thérapeutique » sur les individus. « Dans la phase initiale de la révolution industrielle, relève le sociologue, les capitalistes arrachèrent la production du foyer pour la collectiviser à l’intérieur de l’usine, sous leur surveillance. [...] Ils étendirent enfin leur contrôle sur la vie privée des travailleurs ; médecins, psychiatres, enseignants, psychopédagogues, agents aux services des tribunaux pour mineurs et autres spécialistes commencèrent à surveiller l’éducation des enfants, qui jusque-là relevait de la famille. » Ainsi Lasch décrit la prolétarisation « du métier de parent », par la « socialisation de la reproduction ». La « séparation radicale entre la vie domestique et le monde du travail » entraînée par la généralisation du travail salarié à partir du XVIIIe siècle a fait de la famille un lieu de retraite.

    « Dernier avatar de la société bourgeoise », Narcisse est le stade de l’individualisme généré par la société de consommation et dominé par l’anxiété.

    Mais progressivement, « l’État thérapeutique », dans sa lutte contre le patriarcat, s’est peu à peu mis à vouloir remplacer les parents, par l’intermédiaire des professions d’aide à la famille. Le but ? Défendre les droits des enfants contre « le pouvoir arbitraire que les parents exerçaient ». Mais sans s’en rendre compte, l’État crée un nouveau « paternalisme sans père ». Dans ce combat, il a trouvé des alliés de poids avec les médias de masse, la publicité et la société de consommation. Ces derniers ont dévalorisé symboliquement les parents aux yeux de leurs enfants et les ont cantonnés « à un rôle de support des besoins de la famille », commente Beauchard.

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  • La situation des catholiques chinois s'aggrave

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    Du site "Bitter Winter" :

    La répression de l’Église catholique clandestine se poursuit

     

    En dépit d’un accord entre le Vatican et Pékin, les autorités chinoises continuent de réprimer les églises catholiques.

    La crise à laquelle est confrontée l’Église catholique clandestine en Chine continentale s’aggrave de jour en jour, alors que les autorités, malgré l’accord Vatican-Chine de 2018, attaquent et ferment les lieux de rassemblement de l’Église clandestine les uns après les autres.

    Les nouvelles exigences mises en place par la nouvelle Réglementation sur les affaires religieuses, qui stipule que tout lieu de rassemblement qui n’adhère pas à l’Association patriotique catholique chinoise (APCC) est considéré comme illégal et sera fermé, compliquent davantage les choses. Bitter Winter a rapporté à plusieurs reprises que des prêtres clandestins à travers la Chine ont été convoqués par des ministères pour être interrogés et « transformés ». Selon le Parti communiste chinois (PCC), l’accord conclu signifie que les prêtres de l’Église catholique clandestine devraient simplement se joindre à l’APCC.

    Mi-octobre 2018, les autorités ont fait une descente à la Machi Church, la plus grande église catholique clandestine de la ville de Baotou dans la région autonome de Mongolie intérieure. Le même jour que la descente, le Département municipal du travail du Front uni de Baotou, en coordination avec la Brigade locale de la sécurité nationale, a dépêché plus de trois cents policiers, dont certains étaient armés, pour encercler la Machi Church et forcer les membres de l’église à accepter comme prêtre de l’église un prêtre désigné par l’APCC du district de Qingshan, dans la ville de Baotou.

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    L’extérieur de la Machi Church. (Fourni par une source interne)

    Refusant de se joindre à l’APCC, les membres de l’église ont utilisé un gros cadenas pour verrouiller les portes de l’église afin d’empêcher le prêtre de l’APCC d’y entrer, et de prendre le contrôle de l’église. Il est entendu que le prêtre légitime de cette église catholique clandestine a été arrêté par la police. Bien qu’il ait été libéré par la suite, on lui a interdit d’entrer dans l’église pour célébrer la messe.

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  • Syrie : la population chrétienne risque de s'éteindre

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    Du site Aleteia.org :

    En Syrie, la population chrétienne « risque de s’éteindre »

    AED

    La Vallée des Chrétiens (Wadi Al-Nasara en arabe), une région rurale de Syrie située près de la frontière avec le Liban.

    Selon le cardinal Mario Zenari, nonce apostolique en Syrie, les chrétiens ne représenteraient plus que 2% de la population syrienne et risqueraient "de s'éteindre", rapporte l'agence Fides le 28 janvier 2019.

    Le haut prélat s’exprimait sur la situation des chrétiens syriens dans le cadre d’une conférence organisée par l’université de Budapest (Hongrie). Dans son discours, le cardinal Zenari est revenu sur l’historique de l’exode des chrétiens de Syrie. Alors qu’ils représentaient 25% de la population après la Deuxième Guerre mondiale, ils n’étaient plus que 6% avant le conflit qui déchire le pays depuis huit ans.

    Lire aussi : Joseph Yacoub : en Irak et en Syrie, « une des plus vieilles chrétientés se meurt »

    Selon ses propos rapportés par l’agence catholique, le cardinal Zenari a prévenu que la population syrienne chrétienne « risque de s’éteindre ». En effet, les chrétiens ne sont plus que 2%, non pas tant à cause de la « destruction d’églises » mais en raison de l’émigration et du faible taux de natalité des chrétiens. Enfin, le fait que les familles formées d’un conjoint chrétien et musulman « suivront la religion islamique » accentue ce déclin.

  • Plus rien n'empêcherait Asia Bibi de quitter le Pakistan avec sa famille

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    D'Anita Bourdin sur zenit.org :

    Asia Bibi: « Plus rien ne l’empêche de quitter le Pakistan avec sa famille »

    Rejet de l’appel contre la mère de famille chrétienne

    « Après cette décision de la Cour Suprême, plus rien n’empêche désormais Asia Bibi de quitter le Pakistan avec sa famille. Plusieurs pays comme la France ou le Canada ont proposer de l’accueillir », souligne Vatican News en français, ce mardi 29 janvier 2019.

    Le mari et une fille d’Asia Bibi étaient venu rencontrer le pape François, avec leur avocat.

    « La Cour Suprême du Pakistan a en effet rejeté l’appel à un nouveau procès visant la mère de famille chrétienne, acquittée le 31 octobre dernier. Asia Bibi pourrait désormais quitter son pays où elle est menacée de mort par les islamistes », explique la même source.

    Vatican News précise: « La décision est logique : le magistrat qui présidait l’audience n’était autre qu’Asif Saeed Khosa, le président de la cour qui avait rédigé l’arrêt d’acquittement d’Asia Bibi fin octobre. »

    Libérée le 8 novembre 2018 de la prison de Multan, dans le centre du pays, Asia Bibi a été placée en lieu sûr, sa famille craignant des représailles, rappelle la même source.

    L’Oeuvre d’Orient aussi « se réjouit de la confirmation de l’innocence de la chrétienne Asia Bibi par la Cour suprême pakistanaise. Elle espère que Madame Asia Bibi pourra rapidement rejoindre sa famille ».

    Le communiqué ajoute deux choses. D’une part, « il conviendrait aussi de s’interroger sur l’indemnisation qui lui sera versée suite aux dix années de prison illégitimes ».

    D’autre part, « L’Œuvre d’Orient souhaite voir disparaître toute condamnation pour blasphème et toute discrimination visant les communautés religieuses minoritaires ».

    Pour Marc Fromager, directeur de l’AED-France, « il y a lieu de se réjouir de cette victoire de la liberté religieuse, mais Asia Bibi demeure en danger sur le territoire pakistanais, activement recherchée par des islamistes qui veulent à tout prix la tuer. 187 autres chrétiens demeurent emprisonnés au Pakistan à cause de leur foi, ne les oublions pas, et que les autorités pakistanaises poursuivent leurs efforts en faveur des droits civils. »

    Lire aussi :  Paul Bhatti à Vatican News : "Un tournant pour le Pakistan" 

    et aussi :  Les dessous de la libération d'Asia Bibi

  • Retour des JMJ : le journal parlé du pape François lors du vol de nuit entre Panama et Rome

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    De Jean-Marie Guénois sur le site web du « Figaro » :

     « Dans l'avion qui l'a conduit de Panama à Rome dans la nuit de dimanche à lundi, le pape François a donné une conférence de presse où il a confirmé sa pensée sur plusieurs points d'actualité dont celui du mariage des prêtres »

     «Personnellement je pense que le célibat est un don pour l'Église». C'est donc un «non» ferme qu'il a opposé à l'éventualité d'autoriser le mariage des prêtres dans l'Église catholique latine: «Je ne le ferai pas, que cela reste clair. Je peux sembler peut-être fermé là-dessus mais je ne me sens pas de me présenter devant Dieu avec cette décision.» Pour bien affirmer sa détermination, François a même cité cette phrase de saint Paul VI: «Je préfère donner ma vie que de changer la loi du célibat». De même, il n'est pas question de mettre en place un système de «célibat optionnel» où le séminariste pourrait choisir son mode de vie, mariage ou célibat: «Je ne suis pas d'accord» a prévenu François.

    En revanche le pape jésuite s'est dit ouvert à une certaine évolution «pour permettre quelques possibilités» qui seraient réservées «à des endroits très éloignés» - comme les «îles du Pacifique» ou «l'Amazonie», selon des «nécessités pastorales». Et François de détailler: «On pourrait ordonner un homme âgé, marié, pour qu'il puisse célébrer la messe, administrer le sacrement de réconciliation et donner l'onction des malades». Cela signifierait, a encore expliqué le Pape, que «l'évêque donnerait seulement le «munus sanctificandi» [ qui est une des trois parts du pouvoir sacerdotal ndlr ], à ce type de prêtre alors que «l'ordination sacerdotale accorde les trois munera: crescendi, celui qui commande le pasteur ; docendi, celui qui enseigne et sanctificandi, celui qui sanctifie par les sacrements.

    Mais, a encore prévenu le Pape: «Je ne dis pas qu'il faut faire comme cela car je n'ai pas encore réfléchi, je n'ai pas suffisamment prié à ce sujet et les théologiens doivent l'étudier et en discuter» mais «je crois que la question doit rester ouverte, pour les endroits où l'on rencontre ce problème pastoral du manque de prêtre».

    Il a aussi précisé «ce n'est pas ma décision» mais «cela nous a été donné dans l'histoire de l'Église. C'est donc une chose à étudier, à repenser et à prier» mais les théologiens - le Père Lobinger a écrit «un livre intéressant» à ce sujet - réfléchissent actuellement à ce principe: «l'Église fait eucharistie et que l'eucharistie fait l'Église». Autrement dit: il faut bien des prêtres pour consacrer l'eucharistie sans quoi l'Église disparaît.

    Ce n'est pas la première fois que François évoque ses positions à ce sujet mais cette mise au point est importante puisqu'il a convoqué pour octobre 2019 un synode sur l'Amazonie où cette mesure pourrait être adoptée. « Certains évêques ne comprennent pas encore bien et ne savent pas quoi faire »

    *

     « L'autre sujet sensible que François a abordé fut celui de la réunion des conférences épiscopales qu'il a convoquées à Rome, à la fin du mois de février pour coordonner, sur un plan mondial, la lutte dans l'Église contre la minorité de prêtres pédophiles. «Il ne faut pas surestimer l'attente» quant aux résultats de cette réunion, a-t-il encore prévenu car «le problème des abus continuera» et pas «seulement dans l'Église» mais aussi «dans les familles» où «la honte» fait que tout reste «couvert». Il a aussi espéré que «la prise de conscience dans l'Église» puisse contribuer «à la prise de conscience dans la société».

    Pour ce qui du sommet au Vatican: «Ce sera une sorte de catéchèse» pour les présidents de conférences épiscopales parce que «certains évêques ne comprennent pas encore bien et ne savent pas quoi faire». La réunion se déroulera donc en trois directions: «la prise de conscience du drame» avec des témoignages notamment, l'étude de «la procédure» pour que les évêques sachent exactement «quoi faire» et enfin l'établissement de «programmes plus généraux» pour toute la chaîne hiérarchique, de l'évêque au président de conférence épiscopale. Le pape a conclu: «On priera» et il y aura des «liturgies pénitentielles pour demander pardon pour toute l'Église».

    *

    François a aussi évoqué la question de l'impact de l'avortement sur les femmes: «Le message de la miséricorde est pour tous, y compris pour la personne humaine qui est en gestation» et pour les femmes qui ont «fait cette chute. Il y a la miséricorde pour elles». Mais, a-t-il précisé, «la miséricorde est difficile car le problème n'est pas de donner le pardon: le problème est d'accompagner une femme qui a pris conscience d'avoir avorté. Ce sont des drames terribles». Et François d'évoquer la souffrance des femmes qui ont avorté: “Quand une femme pense à ce qu'elle a fait... je dis ici la vérité... Il faut être là au confessionnal [pour le réaliser ndlr]. Tout ce qu'on peut y faire, c'est de donner la consolation et de ne rien dire». D'où sa décision pastorale: «C'est pour cela que j'ai ouvert la possibilité d'absoudre l'avortement par miséricorde.» Et d'ajouter ce conseil: «Je conseille souvent, quand elles pleurent: ‘Ton enfant est au ciel: parle-lui, chante-lui les berceuses que tu n'as pas pu lui chanter'». Ainsi, «faut-il trouver une voie de réconciliation de la mère pour son enfant. Avec Dieu, c'est déjà fait. Dieu pardonne. Dieu pardonne toujours. Mais, la miséricorde est aussi pour elle et il faut travailler à cela. Le drame de l'avortement pour bien le comprendre, il faut être au confessionnal. C'est terrible”.

    *

    Le Pape a aussi été interrogé sur les cours d'éducation sexuelle qui font débat au Panama: «Il faut donner une éducation sexuelle. Le sexe est un don de Dieu. (...) c'est le don de Dieu pour aimer. Mais il faut donner une éducation sexuelle objective, comme les choses sont, sans colonisations idéologiques. Le sexe comme don de Dieu doit être éduqué, sans rigidité. Éduquer revient à faire sortir le meilleur de la personne, l'accompagner sur le chemin.”

    *

    Interrogé enfin sur la crise du Venezuela, le pape s'est montré très prudent: «Je soutiens tout le peuple vénézuélien” a-t-il lancé. “Un peuple qui est en train de souffrir, que ce soit d'un côté ou de l'autre, tout le peuple souffre.” Quant à l'action, il a rappelé que ce n'était pas son rôle: “Si je commençais à dire, ‘faites ceci' ou ‘faites cela', je me placerais dans un rôle qui ne me revient pas. Ce serait une imprudence pastorale de ma part. Je ferais du mal.” D'où son appel renouvelé à une “solution juste et pacifique” car “le sang n'est pas la solution”, laissant toutefois entendre la disponibilité de l'Église si le pays avait “besoin d'aide” pour travailler à un “accord commun”.

    *

    Interrogé, pour conclure, sur la fermeture d'un centre d'accueil de migrants en Italie où des enfants étaient scolarisés, le Pape a redit sa position sur ce sujet, mais en insistant sur sa “complexité” et la nécessité d'avoir de la “mémoire” car dans certains pays “comme les États-Unis, tous sont des immigrés”. Il a donc redit les principes: «recevoir le cœur ouvert, accueillir, accompagner, et faire croître pour intégrer», mais il a «aussi» noté, avec la même force, que «les gouvernements doivent faire preuve de prudence parce que la prudence est la vertu de ceux qui gouvernent». Ils se trouvent face à une «équation difficile» comme l'a montré l'exemple de “la Suède” qui a dû restreindre les flux d'entrée de migrants: «C'est la prudence du gouvernement» et «il faut penser avec réalisme». Le pape François a enfin pointé une autre face du problème, qu'il avait peu abordé jusque-là: «résoudre le problème de l'immigration revient aussi à aider le pays d'où ils proviennent, chassés par la faim ou par la guerre. Investir là où il y a la faim, l'Europe est capable de le faire». C'est donc «un problème complexe dont nous devons parler, sans a priori, en tenant compte de tous ces éléments”.

    Ref. Le Pape dit non au mariage des prêtres

    Ce titre de l’article du Figaro prête à confusion. Une chose est d’ordonner prêtres des hommes mariés, une autre de permettre aux prêtres de se marier. La seconde hypothèse n’a jamais été envisagée, et pour la première le pape dit devoir encore mûrir l'idée de confier à des hommes mariés un sacerdoce de seconde zone en quelque sorte:  « limité » à trois actes sacramentels: célébrer l’eucharistie, confesser et oindre les malades dans les lieux où l’on manque actuellement de prêtres au sens « plénier » du ministère sacerdotal. Une proposition plutôt bizarre formulée par un autre jésuite.  JPSC

  • Quand le pape François donne des leçons d’économie politique : une analyse contredite par les chiffres?

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    Pape-François.jpgDu vaticaniste Sandro Magister sur son blog « settimo cielo » traduit par notre confrère « diakonos.be » :

    "Pendant que le Pape François était en tournée à Panama pour les JMJ, le Gotha de la finance mondiale se réunissait à Davos en Suisse, la « Montagne enchantée » du roman de Thomas Mann, fresque grandiose de la bourgeoisie du dix-neuvième siècle.

    Un contraste visible. Parce que le Pape est par antonomase le pape des pauvres et de la révolte des exclus contre les puissants.

    Il est vrai qu’en pratique les hommes les plus riche du monde et les pontes de la finance se battent pour être reçus par lui au Vatican et lui offrir leur obole. Et François les accueille à bras ouverts et les couvre d’éloges : des magnats de Google et d’Appel à la présidente du FMI Christine Lagarde (photo), « une femme intelligente qui soutient que l’argent doit être au service de l’humanité ».

    Mais cela n’affecte pas le discours dominant qui place invariablement ce pape dans le camp des pauvres et des exclus. Avec une prédilection toute particulière pour ceux qu’il appelle les « mouvements populaires » anticapitalistes et no global, en particulier ceux qui sont sud-américains, qu’il a convoqués et rencontrés à plusieurs reprises et auxquels il aime adresser des discours interminables d’une trentaine de pages chacun, véritables manifestes politiques de son pontificat.

    Pourtant depuis quelque temps, plutôt qu’à ces « mouvements populaires », François s’adresse davantage aux jeunes auxquels il a consacré un synode en octobre dernier. Mais son message reste toujours le même.  Les jeunes sont les « exclus de la société », ils sont victimes d’une paupérisation progressive du monde dans lequel « les riches sont toujours plus riches et les pauvres toujours plus pauvres » alors que de plus en plus de richesses se concentrent dans les mains de quelques-uns et que la pauvreté s’étend inexorablement à des franges de plus en plus larges de la société.

    Les médias du Vatican se font tout naturellement l’écho de ce discours, surtout depuis que « L’Osservatore Romano » a lui aussi a été rappelé à l’ordre, c’est-à-dire prié de « faire corps » en toute circonstance avec le Pape.

    Andrea Monda, le nouveau directeur du quotidien du Saint-Siège, a rapidement apporté la preuve de son adhésion à la vision économique et politique de François à travers une interview accordée un célèbre théologien protestant américain, Harvey Cox, qui se trouve en totale harmonie avec cette vision, sous un gros titre s’étalant sur toute une page : « La religion populaire, unique espérance contre la domination du Dieu marché ».

    Cette interview, publiée à la veille du voyage de François au Panama, est intéressante par ses réponses mais encore bien plus par ses questions, visant toutes à défendre – entre les éclairs apocalyptiques de « la Guerre des étoiles » – la thèse selon laquelle « le Marché [toujours en majuscules, ndlr] est un véritable empire contre lequel les hommes, et même les peuples, doivent se rebeller et résister ».

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  • Nivelles : mobilisation contre la désacralisation de l’église Notre-Dame du Saint-Sépulcre

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    Spluc-pour-UP.jpgLu dans L’Avenir de ce 26 janvier, p. 26 :

    Nivelles : Le Spluc mobilisé pour sauver son église

    La désacralisation de l’église Notre-Dame du Saint-Sépulcre est-elle imminente? La perspective est évoquée depuis des années. Selon la fabrique d’église et l’échevine des Cultes, rien ne laisse penser que la situation évoluera à court terme. Mais les Amis du Spluc sont convaincus du contraire. Ce groupe, récemment initié par des paroissiens, est persuadé que la procédure progresse dans l’ombre. … La mobilisation s’organise donc au sein des paroissiens. Une entrevue a eu lieu avec Mgr Jean-Luc Hudsyn, évêque auxiliaire pour le BW. Visiblement sans résultat. La pétition (300 signatures) qu’ils viennent de lui envoyer offrira peut-être un meilleur écho à leurs demandes. … L’échevine des Cultes avoue sa surprise à l’égard de ce mouvement spontané. «Je suis un peu étonnée de constater que les gens s’agitent maintenant, alors que le projet est évoqué depuis plusieurs années, indique Colette Delmotte. Il implique la vente de l’église, à condition que celle-ci soit accompagnée d’un projet validé par l’archevêché. Il y a bien un dossier plus concret sur la table, mais rien de définitif.»
     
    Nivelles : «Une vie paroissiale bien réelle» 

    L’un des arguments avancés pour justifier la demande de désacralisation est la baisse de fréquentation des paroissiens au sein de l’église. «On peut toujours dire qu’il y a moins de monde qu’avant, mais la messe dominicale reste tout de même suivie par 80 ou 90 personnes , explique le représentant des Amis du Spluc. Les autres offices attirent une vingtaine de personnes. À côté de cela, le Spluc abrite aussi une chorale. Cette église a bel et bien une vie paroissiale.» En cas de vente (qui impliquerait également la cure de la rue de Namur et un autre terrain appartenant à la fabrique d’église), une des options privilégiées serait de consacrer une partie de l’argent à la construction d’une chapelle, sur le site du Petit Baulers. Quant à l’église proprement dite (appelée à héberger des appartements), les murs extérieurs et leurs éléments architecturaux (comme les rosaces) seraient conservés.

  • Une loi promulguée dans l’État de New York autorisant l’avortement jusqu’au 9e mois de grossesse suscite de vives protestations

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    De Vatican News :

    Vives protestations contre une nouvelle loi sur l’avortement à New York

    Une loi promulguée dans l’État de New York rend possible l’avortement jusqu’au 9e mois de grossesse.

    Le Reproductive Health Act (RHA) autorise l’avortement au-delà de 24 semaines, et jusqu’au 9emois de grossesse en cas de danger pour la mère. Cette nouvelle loi pour l’État de New York a été votée le 22 janvier et aussitôt promulguée par le gouverneur de l’État, Andrew Cuomo, qui l’a présentée comme un «progrès» à étendre au pays entier.

    Cette prise de position, venant d’un homme politique se déclarant catholique, a suscité une vive indignation dans les associations de défense de la vie, certains réclamant son excommunication. Mgr Edward B. Scharfenberger, l’évêque d’Albany, la capitale de l’État de New York, a adressé une lettre au gouverneur dans laquelle il se déclare scandalisé par une «législation si destructrice», incompatible avec sa foi catholique et ses convergences affichées avec le Pape François sur d’autres thèmes comme l’abolition de la peine de mort.

    Face aux nombreux appels à excommunier le gouverneur, l’évêque d’Albany précise  que «l’objectif de l’excommunication est de ramener la personne à la pleine pratique de la foi. Elle n’est donc pas pensée pour satisfaire le désir d’appliquer une punition. L’excommunication est une mesure très sévère, mais ne veut être ni punitive, ni vindicative, mais réparatrice et constructive.»

    Mgr Scharfenberger explique toutefois que «ceux qui assument des charges publiques et continuent à s’éloigner de la foi catholique dans leur défense persistante de l’avortement, comme c’est mis en évidence non seulement par la promotion de la législation, mais aussi par sa scandaleuse célébration, devraient être conscients de la disposition du canon ecclésial selon lequel, dans la mesure où ils continuent dans une telle obstination, ils ne doivent pas se présenter pour la sainte communion. Le même canon laisse au ministre du sacrement la possibilité de refuser la communion si une telle personne demande à être accueillie.»

    Sans exprimer donc une excommunication formelle, l’évêque rappelle donc des normes ecclésiales très claires. La cathédrale de l’Immaculée Conception, situé près du siège du gouverneur, a sonné les cloches en signes de deuil en mémoire des enfants non nés, et en signe de compassion pour leurs mères.

  • Le Conseil de l'Europe a adopté la Résolution sur « La charia, la Déclaration du Caire et la Convention européenne des droits de l’homme »

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    De Gregor Puppinck sur le site de Valeurs Actuelles :

    Le Conseil de l’Europe “s’inquiète grandement” de l’application de la charia en Europe

    Grégor Puppinck est docteur en droit, directeur du Centre européen pour le droit et la justice, membre du Panel d’experts de l’OSCE sur la liberté de religion. Il vient de publier “ Les droits de l’homme dénaturé ” (Le Cerf) dans lequel il analyse de façon critique la transformation des droits de l’homme depuis la Déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948.

    Malgré bien des obstacles et des reports, la Résolution sur « La charia, la Déclaration du Caire et la Convention européenne des droits de l’homme » a finalement été adoptée, le 22 janvier dernier à Strasbourg, par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe[1].

    Cette résolution – bien que non contraignante - est d’une importance politique majeure : elle témoigne d’une prise de conscience que la loi islamique constitue un ordre juridico-religieux concurrent au droit issu de la modernité occidentale, tant en Europe qu’au plan universel. Car il y a bien concurrence aujourd’hui, et même rivalité, entre la charia et la rationalité juridique occidentale fondée sur la liberté et l’égalité. L’un et l’autre système prétendent être le seul qui convienne à l’homme, universellement. En Europe, cette concurrence s’exerce surtout en matière de droit de la famille ; au plan universel, elle s’exerce quant à la compréhension même du droit et des droits de l’homme. Cette résolution révèle aussi la faiblesse de l’Europe face à ce phénomène politico-religieux.

    La charia s’applique déjà en Europe…

    Tout d’abord, l’Assemblée du Conseil de l’Europe « s’inquiète grandement » du « fait que la charia, y compris des dispositions clairement contraires à la Convention, s’applique officiellement ou officieusement dans plusieurs États membres du Conseil de l’Europe, sur l’ensemble ou une partie de leur territoire ». Il s’agit principalement de la Grèce, de la Tchétchénie, et du Royaume-Uni.

    Elle déplore que les autorités grecques n’aient pas encore aboli l’application de la charia en Thrace où elle continue de régir officiellement les relations au sein de la communauté musulmane depuis son rattachement à la Grèce après la Première Guerre mondiale. L’Assemblée « dénonce en particulier le fait que les femmes sont clairement désavantagées dans les procédures de divorce et de succession, deux domaines clés de compétence des muftis ». Plus encore, ces procédures n’offrent pas de garantie satisfaisante. Ainsi, la présence d’un avocat n’est pas requise, les décisions sont définitives et ne peuvent faire l’objet d’aucun recours. Quant aux tribunaux grecs censés superviser ces juridictions, le Rapport parlementaire rédigé à l’appui de la résolution déplore que ceux-ci « se bornent à une apparence de contrôle juridictionnel et ratifient 99 % des décisions qui leur sont soumises ».

    L’Assemblée du Conseil de l’Europe se déclare « également préoccupée par les activités ‘judiciaires’ des ‘conseils de la charia’ au Royaume-Uni ».

    L’Assemblée se déclare « également préoccupée par les activités ‘judiciaires’ des ‘conseils de la charia’ au Royaume-Uni ». Ces instances, privées et officieuses, donnent des conseils et prononcent des jugements en matière principalement de divorce (y compris sur la garde des enfants et les aspects financiers), mais aussi de succession et de droit commercial. Leur fonctionnement est encore plus opaque qu’en Grèce. Rattachées pour la plupart à des mosquées, leur nombre pourrait s’élever à quatre-vingt-cinq, rien qu’en Angleterre et au Pays de Galles. Bien que dépourvus de compétence officielle, ces « tribunaux » parallèles se considèrent eux-mêmes comme des autorités légitimes au sein de « leur » communauté. De fait, eux seuls sont en mesure de prononcer un divorce islamique à la demande de l’épouse ; or, de nombreux couples musulmans se sont mariés uniquement religieusement, privant l’épouse – parfois très jeune lors du mariage – des garanties offertes par la procédure civile de divorce. Celle-ci est alors comme enfermée dans le mariage, la communauté et la loi islamiques, car elle est souvent ignorante de ses droits civils et voies de recours devant les tribunaux britanniques. Ceci est d’autant plus préoccupant que ces conseils de la charia ne sont pas assez respectueux des droits des femmes et que certains, selon le Rapport, « cautionnent les sévices infligés aux épouses, considèrent le viol conjugal comme négligeable et autorisent les mariages forcés ». En Grèce, d’autres conseils de ce type ont « autorisé plusieurs mariages musulmans conclus par procuration, sans le consentement exprès des femmes », parfois mineures.

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