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Culture - Page 2

  • Quand un théologien et philosophe propose une alternative au libéralisme

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    D'Eugénie Bastié (Le Figaro Vox lefigaro.fr) :

    John Milbank : « Le libéralisme est une erreur anthropologique »

    FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN - Dans « La politique de la vertu », le théologien et philosophe britannique John Milbank, théoricien du « blue socialism » propose une alternative au libéralisme dans le retour d'une éthique des vertus et une économie sociale de marché fondée sur la coopération.


    John Milbank est un théologien chrétien anglican, professeur de religion, politique et éthique à l'université de Nottingham. Il a publié La politique de la vertu avec Adrian Pabst (Desclée de Brouwer, 537p, 24€).


    FIGAROVOX.- Dans votre livre «La politique de la vertu», vous critiquez abondement le «libéralisme» qui est selon vous dans une «métacrise». Qu'entendez-vous par là?

    John MILBANK.- Le libéralisme peut vouloir dire beaucoup de choses. C'est avant tout une erreur anthropologique: l'intuition d'Hobbes et de Locke de construire une théorie politique en partant des individus isolés, détachés de tous liens. L'individu est décrit comme une créature inquiète et désirante faisant preuve de volonté, et non plus comme un être constitué par ses liens aux autres ayant des finalités. Ce libéralisme pense de façon abstraite l'individu en dehors de tout contexte culturel, social ou historique. Il s'agit de déterminer ce qu'un système politique doit nécessairement être, en le déduisant d'un hypothétique état de nature, sans traits culturels. Alors que le libéralisme est souvent associé à l'optimisme, il fait preuve en réalité d'un pessimisme anthropologique radical, même s'il est censé être socialement amélioré par le miracle de la main invisible. Une autre forme d'anthropologie libérale est celle de Rousseau, qui pense lui aussi l'individu isolé de tout comme originellement bon. L'association a tendance à corrompre l'individu, en introduisant la rivalité, l'avidité. Cela implique un différent type d'ingénierie sociale pour produire une société qui minimise la rivalité. Ce sont deux formes de pessimisme: pessimisme au niveau de l'individu jugé intrinsèquement égoïste, ou pessimisme au niveau d'un processus culturel jugé intrinsèquement corrupteur. Dans les deux cas, cela repose sur une dualité instaurée entre nature et culture.

    Dans quelle anthropologie la «politique de la vertu» s'enracine-t-elle?

    Nous à l'inverse qui nous situons dans l'anthropologie aristotélico-thomiste, nous pensons que les hommes sont des animaux naturellement culturels. Les buts de la société humaine: avoir des bonnes relations, participer au processus politique, mettre en œuvre des amitiés, atteindre la connaissance, s'ils sont naturels, doivent être soumis à un soubassement métaphysique. Sans transcendance, je crains que le postlibéralisme ne prenne soit la voie d'un fascisme sanctifiant l'état nation soit la voie d'une sorte de progressisme qui ne reconnaît des droits individuels ou bien ne reconnaît que l'écologie comme projet collectif, qualifiant toutes les autres médiations culturelles comme des formules arbitraires. Les principaux rivaux du libéralisme: le socialisme de guilde non-étatiste (proudhonien), le personnalisme catholique ou le conservatisme tocquevillien ont été mis hors-jeu.

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  • Véganisme, antispécisme... Quelle est la place de l'animal dans la Création ?

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    Du site "Le Rouge & le Noir" :

    [Véganisme] La place de l’animal dans la Création : l’« antispécisme » en question

    Giotto, Saint François d’Assise prêchant aux oiseaux

    La place que nous donnons aux animaux dans nos sociétés dépend directement de la vision que nous avons de nous-mêmes en tant qu’hommes, ainsi que de notre rôle dans la Création. Pour cette raison, notre réflexion se divisera en deux temps : nous aurons d’abord à cœur de réfuter l’idéologie « antispéciste » sur son propre terrain, sans référence religieuse, avant de proposer une réponse qui soit à la fois philosophique et authentiquement chrétienne.

    Avant toute chose, une précision nous paraît nécessaire : personne ne nie plus que l’élevage intensif, c’est-à-dire la plupart des élevages industriels qui se sont développés depuis les Trente glorieuses, et qui concernent principalement les volailles, les porcs et les bovins, soient un désastre sur plusieurs plans. La mécanisation et l’automatisation à outrance ont détruit le lien entre animal et éleveur. Pour des raisons de rentabilité, le traitement de l’animal, ainsi que son mode d’abattage, sont souvent indignes. Sur le plan écologique, ce type d’élevage engendre des déforestations, une forte émission de gaz à effet de serre, la pollution de l’eau et des nappes phréatiques, et une consommation d’eau excessive. Cependant, l’on peut militer pour la dignité de ces animaux, défendre une vision plus respectueuse (et plus traditionnelle) de l’élevage, sans pour autant prôner l’idéologie nouvelle de « l’antispécisme », que nous allons nous attacher à réfuter. Autre précision préalable : nous distinguons clairement l’antispécisme du végétarisme ou du véganisme, qui sont des choix personnels de vie et dont les régimes alimentaires peuvent être profitables. Certains modes d’alimentation religieux, issus notamment de la discipline monastique, s’en rapprochent beaucoup, et il est demandé à tout chrétien de s’abstenir de viande au moment du Carême et autres jours de jeûne [1]. Mais défendre, comme un corollaire, l’antispécisme comme la solution unique à la maltraitance des animaux est aussi faux qu’excessif.

    Les paradoxes (et les erreurs) de l’antispécisme

    Qu’est-ce que le spécisme ?

    Par analogie avec le racisme, le sexisme, et tous les « -ismes » discriminatoires, le spécisme (du latin species, « espèce ») est la pensée selon laquelle la vie, les intérêts ou la souffrance des animaux comptent moins que ceux des hommes simplement parce qu’ils sont d’une autre espèce. C’est une discrimination arbitraire liée, non pas à l’ethnie, la religion ou le sexe, mais à l’espèce. Le « spécisme » est une notion forgée par l’Anglais Richard Ryder en 1970, popularisée par le philosophe australien Peter Singer dans son livre La Libération animale (1975), mais qui n’a connu une large diffusion qu’à partir des années 2010. Comme l’antiracisme entend lutter contre la haine des hommes entre eux en raison de la couleur de peau ou de l’appartenance ethnique, l’antispécisme veut lutter contre la différence posée comme évidente entre les hommes et les autres animaux et, corollaire, arrêter l’exploitation de la souffrance animale au profit des hommes (pour leur consommation notamment). À une époque d’inflation des droits et de dénonciation systématique des inégalités, l’antispécisme veut porter le combat de la justice sociale jusqu’au bout de sa logique : abolition des différences de « race », de sexe, puis d’espèce. Il faudrait ainsi faire reconnaître les intérêts, besoins et aspirations de chaque espèce, et cesser de considérer les animaux comme des « êtres sensibles » relevant du régime des biens, selon ce que prévoit le Code civil.

    L’homme : seul animal moral, seule espèce antispéciste

    L’écosystème animal est régi par la loi du plus fort (prédateur / proie), et seuls les animaux domestiques et fermiers peuvent survivre sans défense, « protégés » qu’ils sont par l’homme qui les élève. S’ils ne sont plus élevés par les hommes, ils retournent à l’état sauvage et, rentrant à nouveau dans ce système de loi du plus fort, ils sont, pour la plupart, condamnés à une disparition rapide. Là réside tout le paradoxe antispéciste : l’homme est la seule espèce capable de fonder une morale. Les autres animaux ne pensent pas en termes de bien ou de mal, parce que l’idée même de libre-arbitre leur est étrangère [2]. La question du comportement éthique ne se pose que pour les hommes [3]. Un animal prédateur ne prend jamais en pitié la proie qu’il dévore (y compris lorsqu’il s’agit d’un homme), et ne se demande pas davantage si sa chasse est une action bonne ou mauvaise : elle relève de l’instinct le plus naturel, comme la proie fuit instinctivement devant le danger qui la guette. Il n’y a que l’homme pour raisonner et s’interroger sur le bien-fondé moral de son action. Dès lors, il faut se rendre à l’évidence : l’idée d’antispécisme est spécifiquement humaine et, en conséquence, profondément anthropo-centrée. Tous les autres animaux, sans exception, se pensent comme espèces et sont donc spécistes par nature [4]. Une espèce ne se mange pas entre elle et ne se reproduit qu’entre elle (c’est d’ailleurs le cœur de la définition d’espèce), preuve assez évidente d’une conscience universellement répandue de l’espèce, mais que les antispécistes refusent pour eux-mêmes [5].

    L’antispécisme est donc en réalité le comble du spécisme. L’homme projette sur les animaux ses propres représentations, et anthropomorphise le règne animal. Les animaux ne sont, par définition, pas dans le même système de droits et de devoirs définis par les sociétés humaines pour la pérennité de leur espèce : il sera toujours interdit juridiquement pour un homme d’en tuer un autre, quand un animal aura toujours le droit d’en manger un autre. En refusant la différence de droit et de nature entre animaux et humains, l’antispécisme refuse aux animaux leur spécificité et même leur mystère. Né et répandu dans des milieux citadins, fort éloignés des campagnes et de la réalité de la nature, l’antispécisme veut imposer aux animaux une vision du monde qui ne peut pas être la leur.

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  • La foi chrétienne orthodoxe, là où la Russie trouve son sens

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    D'Anne Gichkina sur le site de la Revue Méthode :

    L’orthodoxie comme sens de la Russie

    Par cet article, je tâcherai de vous prouver pourquoi l’orthodoxie n’est pas un trait supplémentaire de la Russie mais sa constante indispensable.

    I. LA VOIE HISTORIQUE DU PEUPLE RUSSE

    Pourquoi je parle du sens. L'Histoire humaine a le sens, tout comme la vie humaine en a un. L'Histoire d'un peuple a donc aussi son sens. Cette question du sens est au cœur de toutes les religions. Les religions sont à l’origine des cultures. Si nous voulons comprendre telle ou telle culture il est impératif d'accourir à l'histoire de sa religion. Sans connaître sa religion nous ne pouvons pas connaître une culture. La religion c'est également la vision du monde et l'identité du peuple. L'orthodoxie est une vision du monde, le catholicisme en est une autre, l'islam - encore une autre etc. Ce sens d'un peuple s'appelle « l'idée nationale ». L'Histoire nous montre qu’uniquement les peuples qui ont la culture très riche et la tradition de réflexions sur leur Histoire nationale et sur le sens de cette Histoire arrivent à survivre à travers des siècles.

    Ils peuvent avoir de graves crises sur la courte distance mais à long terme ils sont les plus endurants. Différemment des peuples qui ont perdu toute préoccupation du sens de leur Histoire, de leur identité nationale, de leur culture. Ces peuples essaient de survivre juste pour survivre. Mais survivre pourquoi faire ? S'il n'y a pas de sens. L’avenir s’ordonne et peut s’expliquer comme le passé pour ceux qui connaissent leur Histoire. Et ceux qui la négligent paient généralement très cher pour cette ignorance. La Russie aujourd’hui représente l’exemple de la continuité et de la cohérence historique, autrement dit de la fidélité à son Histoire.

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  • Liège : fêtez les Rois le samedi 5 janvier prochain à 17 heures à l’église du Saint-Sacrement (Bd d’Avroy, 132)

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    Epiphanie 2019.jpg

    Une manifestation ouverte à tous. Entrée libre.

    santons 5.jpg

    La Solennité de l’Epiphanie organisée à Liège le samedi 5 janvier 2019 à 17 heures  en l’église du Saint-Sacrement (Bd d’Avroy, 132), est une fête familiale, avec la procession à la crèche, le partage de la galette des rois et l’échange des vœux pour l’an nouveau au cours d’une réception clôturant la célébration.

    La messe sera animée par les membres du chœur de chambre « Praeludium »,l’organiste Patrick Wilwerth ainsi que les solistes du chant Isabelle Valloton et Peter Cannière.

    Au programme : les chants grégoriens de la Fête, une messe et des motets polyphoniques pour le temps de la Nativité ainsi que des noëls interprétés à l’orgue.

    Fondé en 1994 par Patrick Wilwerth, le chœur de chambre Praeludium est un ensemble vocal de haut niveau dont la plupart des membres sont issus des académies de musique de la région liégeoise. Son répertoire va de la musique ancienne à  la musique contemporaine.

    Isabelle Valloton est membre du Chœur grégorien de ParisPeter Cannière est directeur artistique du Gregoriaans Koor van Leuven et professeur au Centrum Gregoriaans de Drongen (Tronchiennes).

    Patrick Wilwerth est professeur d’orgue au conservatoire de Verviers et directeur musical du chœur universitaire de Liège.

    Cette manifestation est ouverte à tous. En prime cette année, autour de la crèche, petits et grands  découvriront une centaine de jolis santons liégeois habillés à l’ancienne pour illustrer les récits de l’enfance de Jésus.

    Extraits :

    « Rejoice » d’Henry Purcell

    Reges Tharsis, offertoire grégorien:

  • Alors que leurs églises sont saccagées, les croyants massacrés, les reliques pillées, il ne faut pas que les chrétiens d'Orient soient oubliés

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    De Kevin Bossuet sur le site de Valeurs Actuelles :

    Églises saccagées, croyants massacrés, reliques pillées… Plaidoyer pour que les chrétiens d'Orient ne soient pas oubliés

    Alors que les chrétiens du monde entier viennent de fêter Noël, le professeur d'histoire Kevin Bossuet appelle à ne pas oublier les chrétiens d'Orient, victimes d'exactions depuis trop longtemps.

    De Rome à Rio de Janeiro en passant par Varsovie ou encore Jérusalem, les chrétiens du monde entier ont célébré, ce 25 décembre, Noël dans la joie, le partage et l’ouverture aux autres. A Bethléem, en Cisjordanie, des centaines de fidèles, en provenance des quatre coins de la planète, se sont par exemple massés autour de la basilique de la Nativité afin de fêter ce jour si particulier pour eux. Pour beaucoup de pèlerins venus fêter la naissance de Jésus à l’endroit même où, d’après la tradition chrétienne, il est né, ce moment fort et unique restera assurément à jamais gravé au plus profond de leur foi, au plus profond de leur cœur. Bon nombre d’entre eux, venus d’Occident, ont d’ailleurs profité de leur déplacement dans ce lieu si symbolique pour accompagner dans la prière toutes ces communautés chrétiennes d’Orient qui continuent, dans l’indifférence quasi-générale, à être persécutées et qui n’ont donc pas pu célébrer Noël dans de bonnes conditions.

    À Erbine, il ne reste plus que 5 chrétiens, sur les 3000 que comptait la ville avant la guerre

    En effet, par exemple, dans la ville syrienne d’Erbine, reconquise il y a quelques mois par le régime de Bachar el-Assad, c’est avec une certaine désolation et dans une ambiance quasi-apocalyptique que les quelques chrétiens encore présents sur place ont passé Noël. Alors qu’avant la guerre la ville comptait environ 3000 chrétiens, ils ne sont plus aujourd’hui que cinq. Les maisons ont été démolies, l’église a été saccagée, la plupart des icônes ont été détruites et les croix ont été brisées. C’est bien une atmosphère complètement chaotique qui surplombe encore aujourd’hui cette partie du territoire syrien. A Ankawa, en Irak, c’est le désespoir qui a plané au-dessus de la tête de ces dizaines de réfugiés chrétiens qui ont passé la fête de la Nativité loin de leur maison. Complètement délaissés par le gouvernement irakien et terrifiés par un avenir qu’ils jugent incertain, c’est dans l’angoisse et la détresse qu’ils ont essayé de retrouver une certaine vigueur morale, guidés par leur foi qui les rend toujours plus forts, qui les rend toujours plus solidaires. Tous n’ont finalement qu’un seul désir : revenir dans leur ville ou leur village, reconstruire leur maison et leur église, et vivre de nouveau en paix.

    Il est vrai que le futur s’annonce bien incertain pour tous ces chrétiens qui sont, depuis plusieurs années, contraints de fuir leurs terres pour rejoindre un Occident au sein duquel ils ne trouvent souvent pas leur place ou pour se réfugier dans des régions limitrophes où ils vivent, la plupart du temps, dans une extrême précarité. Alors qu’au début du XXe siècle, au Moyen-Orient, un habitant sur quatre était de confession chrétienne, les chrétiens représentent aujourd’hui environ 3 à 4 % de la population totale. Cette hémorragie démographique est d’autant plus inquiétante qu’elle est devenue complètement endémique. En Irak, par exemple, on estime, au cours des trois dernières décennies, à environ 80 % le nombre de chrétiens qui ont dû quitter le pays. Alors qu’ils étaient 1.2 million dans les années 80, ils ne sont plus aujourd’hui que 300 000 environ.

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  • Un homme nommé Jésus

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    …selon l’une des émissions populaires  réalisées par  « Secrets d’histoire ». Pour un regard vraiment digne de Foi procurez -vous vite  l’ouvrage magistral de Joseph Ratzinger- Benoît XVI : « Jésus de Nazareth. La figure et le message », qui constitue le cœur des « opera omnia » de cet immense théologien  de notre temps. (Parole et silence, 2014).

    JPSC

  • Messe du Jour de Noël : Plain-chant parisien (XVIIe-XVIIIe siècle)

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    Ensemble Organum. Les pages de la Chapelle. Notre Dame de Paris. Marcel Pérès, orgue et direction. Kyrie eleïson with organ improvisation by Marcel Pérès :


    Au temps du Roi-Soleil, le plain-chant connut une efflorescence  dont les messes du Liégeois Henry Du Mont, maître de chapelle de Louis XIV, ont laissé des traces populaires, jusqu’au concile Vatican II. Voici peu, un africain qui fréquentait l’église du Saint-Sacrement à Liège pouvait encore chanter par cœur la messe royale qu’il avait apprise dans les années 1950 au collège Notre-Dame de la Victoire à Bukavu. Ce collège jésuite de plus de deux mille élèves, rebaptisé « Alfajiri » à l’époque de Mobutu, comporte, encore aujourd’hui, une section latine et a conservé sa belle devise « stella duce » en hommage à Notre-Dame dont la statue surplombe toujours l’entrée principale de l’établissement construit pendant et après la guerre 1940-1945 sur la presqu’île de Nya Lukemba  surplombant le lac Kivu.

    Culture sans frontières…

    JPSC

  • Ces pays où il ne fait pas bon fêter Noël

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    Lu sur aleteia.org :

    Ces pays dans lesquels le petit Jésus a interdiction de naître

    Il y a généralement deux causes à l’hostilité d’un gouvernement de voir Noël être célébré : l'idéologie communiste et le fondamentalisme islamique.

    Si l’Enfant-Jésus, la Vierge Marie et saint Joseph ont affronté en leur temps la vicieuse persécution d’Hérode, la situation des chrétiens d’aujourd’hui dans plusieurs pays du monde se révèle parfois tout aussi difficile quand il s’agit de célébrer la Nativité. Si dans les pays occidentaux, on déplore parfois la sécularisation rampante et la surenchère commerciale qui entoure la période de l’Avent, ailleurs célébrer la naissance de Jésus est officiellement interdit quand cela ne conduit pas à risquer la mort. Voici huit pays qui se distinguent tristement pour interdire, ou presque, au petit Jésus de naître le 25 décembre :

  • O Emmanuel (23 décembre)

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    Les antiennes O de l'Avent (voir ICI)

    23 décembre

    O Emmanuel, Rex et legifer noster, expectatio gentium, et Salvator earum : veni ad salvandum nos, Domine, Deus noster.

    O Emmanuel, notre Législateur et notre Roi, espérance et salut des nations : Viens nous sauver, Seigneur, notre Dieu.

  • Avant d'offrir un parfum...

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    De Constance du Bus (source) :

    o.57037.jpgTransgression parfumée

    Elle est partout. Dans les gares, dans les abris-bus, dans les métros, sur le côté des avenues à Bruxelles. Elle apparaît parfois sur un panneau-dérouleur, pour mieux surprendre. Elle accroche le regard de tous, enfants comme adultes, cette  femme qui a loué son corps pour faire augmenter le chiffre d’affaire de Givenchy. Et cet enfant de 7 ans qui la regarde, mi gêné, mi perplexe. Il vient d’apprendre à lire, à l’école ; il reconnaît le mot écrit sur l’affiche…

    Ce n’est pas le croquis souriant d’une mère de famille proposant la meilleure huile d’olive qui soit. C’est une expression de bête traquée, une peur déterminée dans les yeux, le visage blême et amaigri, les lèvres rouge sang, fébriles, légèrement entr’ouvertes, brillantes comme une pomme qu’on a envie de croquer de façon presque acharnée. Elle nous regarde, épaules nues, à moitié retournée devant ce mur blanc carrelé, comme si elle avait été acculée au fond d’un couloir de cuisine ou de métro parisien.

    Le parfum de cette victime assumée, on le voit à peine : la tension est trop forte pour s’en préoccuper. Il se nomme « L’Interdit ». Et tout est là. Mais qu’est-il interdit de faire à cette femme ? Est-il interdit de céder à l’attraction étourdissante d’un parfum ? Bon sang, si ce n’était que ça, on ne choisirait pas un mot si clignotant pour quelques gouttes d’alcool aromatisé. Alors, serait-il interdit de la désirer ? Peut-être. De plonger la tête dans son cou ? Sans doute. De faire l’amour contre ce mur blanc carrelé et froid, à un être si vulnérable qui mélange angoisse et tentation ? Certainement. Mais voilà le produit.

    Qu’est-ce qu’on vend, au fait ? Le parfum ou la femme ?

    A l’heure où les pommes croquées étiquettent bon nombre de nos écrans et gadgets inséparables, qui s’inquiète encore d’une instigation omniprésente et si décomplexée à la transgression ? Qui s’inquiète encore de la réduction d’un être humain à l’état d’objet ? Que dit cette femme à toutes celles qui vont « craquer » pour ce parfum, sinon qu’il leur assure d’être une proie délicieuse et parfaite pour celui qui n’y résistera pas ?

    Et cet enfant de 7 ans qui la regarde, mi gêné, mi perplexe. Il doit attendre son bus, et ce soir il repassera au même endroit. Elle sera toujours là. « Maman, pourquoi il est marqué ‘L’interdit’ sur le panneau ? » …

    Oh, mais ne vous en faites pas, la nouvelle génération saura se tenir ; Madame la ministre de la Jeunesse et de l’Egalité des chances a annoncé l’allocation de 250.000 euros à l’éducation sexuelle et affective des jeunes en Fédération Wallonie Bruxelles pour l’année 2019. L’accent sera mis sur la lutte contre le harcèlement et les agressions sexuelles dans les lieux festifs. (La Libre, 20/11/2018). On se souvient, je l’espère, du site Allesoverseks proposé par le ministère de l’éducation en Flandre, rédigé par Sensoa et sponsorisé par Durex… On y découvre des liens vers des sites pornographiques, « ou des dessins très précis qui illustrent les techniques adéquates pour réaliser les meilleurs attouchements ou pénétrations possibles » (La Libre, 20/10/2017). Un site recommandé à partir de 10 ans.

    Que doit-on craindre ou espérer d’une telle mesure « éducative » ? Doit-on s’attendre à un paradoxe de la même nature en Belgique francophone, qui voit une société encourager à la prévention d'une main, et inviter à la transgression et à l'instrumentalisation de l'autre ? Qu’est censée répondre la mère à la question de son enfant, dans ce climat malaisant qui s’évapore du mélange sulfureux d’une transgression encouragée et d’une prévention angoissée ? Et cette question qui me taraude terriblement fort ces derniers jours, comme celle de la chanson : « Qui a le droit, qui a le droit, qui a le droit, d’faire ça, à un enfant qui croit vraiment c’que disent les grands ? » « Maman, dis, c’est quoi qui est interdit ? Je ne comprends pas… »

  • L'urgence de prier pour l'Eglise comme on ne l'a jamais fait pour elle

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    De Samuel Pruvot et Marie-Catherine d'Hausen sur le site de l'excellent hebdomadaire Famille Chrétienne :

    Michael D. O'Brien : « Nous devons prier comme nous n'avons jamais prié pour l'Église »

    Michael D. O'Brien, peintre et écrivain canadien, est l'auteur de nombreux romans, dont beaucoup sont publiés en français aux éditions Salvator

    MAGAZINE – Dans son dernier ouvrage, « Le Journal de la peste », l’écrivain Michael D. O’Brien dénonce la montée d’un nouveau totalitarisme en Occident. Une parole percutante.

    Canadien anglophone, né en 1948, il est marié, père de six enfants et grand-père. Élevé dans le catholicisme, il a perdu la foi à l’adolescence. Mais à 21 ans, il a reçu la grâce d’une conversion totale. Autodidacte, il est artiste peintre et romancier « pour le Christ ».

    En France, on aimerait bien pouvoir profiter de la trêve de Noël, où la justice et la paix seraient à l’honneur. Mais cela semble en contradiction avec notre monde occidental – la vieille Europe et l’Amérique du Nord – qui semble arrivé à la fin d’un cycle...

    C’est très vrai pour l’Europe et l’Amérique du Nord et du Sud. Les signes de décadence sont légion. On peut en voir les symptômes dans tous les arts, et particulièrement dans la glorification de l’art dégénéré, l’industrie du divertissement, et le pouvoir des nouveaux médias de contrôler et reformater la conscience. Nous vivons une révolution culturelle et, en fait, une révolution qui affecte toutes les sphères.

    Quel est le rôle des catholiques en Occident dans ce contexte difficile ?

    On assiste à une révolution sociale et politique imposée à toutes les nations. D’abord, la redéfinition de la morale sexuelle, dont la révolution des genres est un exemple évident. De même que la montée de la culture de mort, le fait d’appeler le bien mal, et le mal bien, d’appeler le meurtre de l’enfant dans le sein de sa mère un geste de compassion. On est dans un univers totalement inversé. C’est pourquoi il est si vital, pour les catholiques, de défendre la vérité. Nous devons accepter, comme Jésus, d’être des signes de contradiction. Mais une contradiction d’amour et de vérité en même temps.

    Votre roman qui vient de paraître en France,  Le Journal de la peste, porte un titre terrible ! Qu’est-ce que la peste, pour vous ?

    Pas simplement des conditions intellectuelles, mais principalement un état spirituel. Pas simplement une question d’analyse politique ou sociologique, mais une partie de la guerre dans les cieux qui atteint notre terre et dans laquelle nous sommes tous plongés.

    C’est l’Apocalypse ? !

    Je ne fais pas de prédictions. Mais, dans mes romans apocalyptiques, je fais émerger des questions. Si ce sont les temps prophétisés par Jésus, les Apôtres et les prophètes, alors il faut se poser la question : « Suis-je éveillé ? » Car Jésus nous dit : « Restez éveillés ! »

    On a quand même l’impression que les politiques de nos dirigeants occidentaux – Emmanuel Macron, ou encore Justin Trudeau au Canada – sont parfois des signes des derniers temps à voir certaines décisions, comme la probable libéralisation de la PMA.

    Je crois qu’à chaque fois qu’une idée va contre la vie et les Évangiles, elle relève d’un esprit d’Antéchrist. Mais il faut être prudent. On ne peut pas rejeter tel ou tel dirigeant en disant : « C’est l’Antéchrist. » Nous vivons au milieu de cet esprit qui envahit tout le monde occidental. Dans sa première épître, l’apôtre Jean dit, qu’un jour, l’homme du péché, le vrai Antéchrist, viendra. Et que de nombreux petits antéchrists le préfigurent.

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  • 19 décembre : O radix Jesse

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    Les antiennes O de l’Avent (source)

    Par Monique Brulinthéologienne, Professeur honoraire à l’ICP

    Avec les antiennes des Vêpres qui se chantent au Magnificat dans les sept jours qui précèdent Noël, du 17 au 23 décembre, la liturgie de l’Avent atteint sa plénitude. Ces antiennes, que l’Eglise romaine chantait déjà avec une grande solennité au temps de Charlemagne, commencent toutes par l’interjection O : O Sagesse, O Adonaï et Chef de la maison d’Israël, O Rameau de Jessé, O Clé de David, O Soleil de justice, O Roi des nations, O Emmanuel.

    Elles donnent lieu à une forme originale d’énoncé des noms divins inspirés des Saintes Ecritures dans l’admirable articulation du Premier et du Nouveau Testament. Vers l’an 830, Amalaire de Metz faisait remarquer à propos de ces grandes antiennes que les ô marquent l’admiration et introduisent dans l’ordre de la vision et du regard, plus que dans celui de la narration et de l’exhortation (De Ordine Antiphonarii, ch. 13). L’horizon qu’elles laissent apercevoir ouvre sur une dimension eschatologique, celle de la nouvelle venue du Seigneur. Leur Veni est porteur de toute l’espérance actuelle de l’Eglise.

    Les fidèles de l’époque baroque seront très sensibles à cette attente vibrante si proche de leur ethos. Comme l’observait un commentateur du XVIIe siècle, ce sont « des exclamations en forme de désir » auxquelles l’âme fidèle doit se disposer et qui prendront tout leur effet à partir « des actes de vertu, de foi, d’espérance, du double amour de Dieu et du prochain ».

    « Il n’y a guère de chrétien qui ne se sente touché d’une piété plus particulière dans ces saints jours, et lorsqu’il voit cette union de toute l’Eglise, les ministres de Dieu dans le chœur, les âmes religieuses dans leur solitude ; les laïcs de toute condition et de tout sexe dans les églises ; enfin tous les fidèles occupés d’un même désir, faire retentir les mêmes voix, réitérer si souvent les mêmes prières ; il éprouve en lui-même que son cœur s’attendrit et que les désirs si ardents des âmes saintes, attirent la grâce de Dieu sur les autres, qui les fait aussi désirer comme elles. Le zèle des parfaits en donne aux imparfaits et ces derniers se trouvant heureusement mêlés avec les premiers, ils se sentent échauffés par le feu des autres. » (Les ô de l’Avent selon l’usage de Paris et de Rome avec l’office de Noël, Paris, 2e édition, 1690).

    Ces antiennes inspireront bien des musiciens – notamment, Marc-Antoine Charpentier. Elles ont été l’objet, dans l’ancienne France, d’un investissement de piété populaire en des cérémonies où, dans certains villages, on pouvait faire participer les enfants.

    Comme le faisait observer Dom Guéranger, « l’instant choisi pour faire entendre cet appel à la charité du Fils de Dieu est l’heure des Vêpres, parce que c’est sur le Soir du monde (vergente mundi vespere) que le Messie et venu. » On chante ces antiennes à Magnificat pour marquer que le Sauveur que nous attendons nous vient par Marie.

    O Radix Jesse, qui stas in signum populorum, super quem continebunt reges os suum, quem gentes deprecabuntur : veni ad liberandum nos, jam noli tardare.

    O Rameau de Jessé, étendard dressé à la face des nations, les rois sont muets devant toi tandis que les peuples t’appellent : Viens, Seigneur, délivre-nous, ne tarde plus.