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Culture - Page 2

  • Messe de Mozart et Christmas cake pour l'Epiphanie (7 janvier) à l'église Sainte-Julienne de Verviers

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    Epiphanie.jpgVous êtes invités à assister à la 

    Messe de l’Epiphanie 

    le dimanche 7 janvier à 11H00

    à l’église Ste Julienne (Verviers)

    animée par 

    La Chorale Ste Julienne 

    qui chantera 

    la messe de Mozart K220

    ("Spatzenmesse"),

    accompagnée par les orgues et par des instruments à cordes, 

    sous la direction de Margaret Todd-Scott.

    Après la Messe nous aurons le plaisir de vous offrir l’apéritif accompagné du Christmas Cake anglais.

  • Mais où sont les contes de Noëls d'antan ?

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    D'Anne Bernet sur le site de l'Homme Nouveau :

    Noël : contes roses, contes noirs

    Noël : contes roses, contes noirs

    Le monde a-t-il donc tant changé en à peine un demi-siècle que certaines coutumes, certains usages, qui tissaient depuis si longtemps la trame des jours catholiques semblent aujourd’hui appartenir à des époques révolues sans retour ?

    Je me souviens qu’enfant, et cela ne remonte tout de même pas à Mathusalem, le 24 décembre, avant de partir en famille à la messe de Minuit, mon grand-père nous réunissait dans le salon et, tirant de la bibliothèque les Lettres de mon moulin, nous lisait Les trois messes basses. « Une dinde truffée, Garrigou ? » « Oui, Don Balaguer, une dinde truffée, grosse comme cela … » et la maudite petite clochette du clergeon endiablé de tinter et de tinter encore aux oreilles du pauvre prêtre malade de gourmandise jusqu’à voler au Seigneur les trois messes de la sainte nuit de la Nativité.

    Lit-on encore Alphonse Daudet ? Ou les Christmas Carols de Dickens ? Ou même cette délicieuse nouvelle de Jean de La Varende, Le Saint Esprit de Monsieur de Vaintimille, qui voyait un gentilhomme, saisi devant la pauvreté d’une crèche villageoise, y jeter, magnifique, afin d’honorer l’Enfant Dieu, son prestigieux grand cordon de l’Ordre royal … 

    Pour commencer, les messes de minuit, sauf exception, ne sont plus à minuit, ce qui leur enlève, reconnaissons-le, une bonne part de leur mystère et de leur charme, et si elles le sont encore, avant de s’y rendre, ce n’est plus autour d’un aïeul et d’un livre que l’on se réunit, mais d’un poste télévisé qui, indifférent à la grâce de la Bonne Nouvelle, distille en continu des programmes d’année en année plus désespérément vulgaires …

    Les Anglo-Saxons ont trouvé moyen de sauver le conte de Noël à leur manière, qui consiste souvent à ne pas perdre une bonne occasion de gagner de l’argent et, chaque année, en décembre, les auteurs de romans policiers sont mis à contribution afin de proposer aux lecteurs de magazines des nouvelles sur fond de crime se passant dans l’ambiance ultra codifiée des fêtes de fin d’année, accompagnées de préférence d’une fin heureuse et de quelques références morales, sinon religieuses, de bon aloi. Puis ces histoires sont, l’année suivante, reprises en volume, car il n’y a pas de petits profits.

    La regrettée Phyllis Dorothy James, dernière souveraine britannique du genre, n’avait pas échappé à cet usage. Voici donc réunis à titre posthume (P.D. James Les douze indices de Noël. Fayard ; 192 p) quatre textes publiés entre 1969 et 1996, offrant pour certains des aventures inédites du super-intendant Adam Dalgliesh, héros récurrent de la romancière.

    Bien qu’elle eût des principes, sans doute plus que la moyenne de ses confrères, Mrs James ne donnait pas dans les bons sentiments et ces histoires sont d’un parfait cynisme. 

    L’on y verra Dalgliesh, tout jeune flic encore, confronté par hasard, un jour de Noël, à un suicide qui se révèlera un crime, puis, pour obliger un proche, enquêtant avec soixante ans de retard sur la mort très suspecte d’un vieillard saisi par le démon de midi, avant de déboucher sur le plus inattendu des dénouements, car les meurtriers ne sont pas toujours ceux que l’on soupçonne … Encore ces deux textes, de bonne tenue, conservent-ils une certaine morale. Impossible d’en dire autant de cette veillée de Noël en 1941 dans un manoir anglais digne d’Agatha Christie qui verra la soirée finir par l’implacable exercice d’une cruelle justice familiale, et moins encore des destinées d’un assassin bien sous tous rapports revenu sans scrupules sur les lieux de son crime après avoir laissé pendre à sa place un innocent …

    Et l’esprit de Noël, cher à Dickens tant tout cela ? Eh bien, soyez tranquilles, il est absolument absent de ces histoires cruelles et réalistes … Comme la justice divine et les promesses faites aux hommes de bonne volonté.

    Dans ces conditions, si je puis me permettre un conseil, éteignez ce maudit téléviseur, coupez le sifflet à ces rires gras qui insultent au mystère de la Vierge qui mit au monde un Fils et ouvrez, pour votre plaisir et celui de vos proches, les délicieux Contes de Noël (Elor. 150 p.) signés de Mauricette Vial-Andru, Jean-Louis Picoche, Yolande Desseau et Maël de Brescia, pour le simple bonheur de retrouver un peu de votre âme d’enfant et de croire encore que tous les miracles sont possibles en cette nuit bénie.

    Comme dans tout conte de Noël qui se respecte, vous y rencontrerez de braves bergers de Bethléem surpris aux champs et désireux d’aller voir un petit enfant couché dans la paille, en emportant de beaux cadeaux, quitte à s’expliquer avec la femme forte des Écritures qui les attend à la maison et n’aime pas voir gaspiller l’argent du ménage. Vous connaîtrez la vraie et belle histoire du petit âne qui porta Notre-Dame en Égypte. Vous saurez comment la Nouvelle Ève rédima la première. Et pourquoi l’humble sauge guérit tous les maux ou presque. Vous découvrirez le petit peuple des Santounais et vous saurez pourquoi Dieu permit que l’on se souvint d’eux. 

    Puis vous croiserez une grand-mère provençale dont la foi sauva le mas menacé par les flammes, et le bon Père Raphaël qui, à force de se prendre pour un grand pécheur, avait perdu le don du bonheur et de l’amour. Et cette famille pieuse qui, pour faire moderne, renonça à « s’agenouiller devant des figurines en argile. », donc à installer la crèche.

    Enfin, comme il faut bien admettre que tout n’est pas rose dans notre douce époque, vous rencontrerez un petit enfant orphelin qui demanda à Jésus de le délivrer de ses malheurs, un vieux curé que ses paroissiens laissaient seul, même le 25 décembre, devant « un pain boulot et un pichet d’eau ». Vous ne serez donc pas étonnés, avec de pareils chrétiens, qu’un jour, Noël ait disparu de villes grises où toute croyance sera interdite.

    Mais qui a dit qu’il fallait désespérer ?

    Joyeux Noël ! 

  • France : un Président qui sait que, sans les catholiques, l'unité du pays est une chimère

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    De Samuel Pruvot sur le site de l'excellent hebdomadaire "Famille Chrétienne" :

    « Sans les catholiques, le Président sait que l’unité du pays est une chimère »

    La première rencontre entre le président de la République et les responsables des cultes en France se déroule le 21 décembre. Sur quelle ligne avec quels enjeux ? L’essayiste Édouard Tétreau (1), proche du Président et relais informel entre l’exécutif et le monde catholique, fait le point sur la laïcité d’Emmanuel Macron dans un entretien sans concession.

    La prochaine installation, le 6 janvier, de Mgr Michel Aupetit à Paris est-elle une bonne nouvelle pour les relations entre l’exécutif français et l’Église catholique ?

    C’est une très bonne nouvelle. Je reconnais bien là le choix du Pape François pour le diocèse de Paris, pour l’Église de France, et pour la relation que vous soulignez.

    Une personnalité du Vatican me disait l’été dernier : « Paris, c’est un diocèse à aimer ; pas une machine bureaucratique à faire tourner. » Sans l’archidiocèse de Paris, pas d’homélie de Benoist de Sinety aux obsèques de Johnny Hallyday, ou de Matthieu Rougé à celles de Jean d’Ormesson. Pas de service des plus pauvres, des migrants de la porte de la Chapelle aux prostituées (Tamaris, Aux captifs la Libération). Les prêtres, religieux et laïcs du diocèse de Paris ont beaucoup donné ces dernières années. Il leur fallait un chef pour les incarner, les aimer, et les aider à continuer leur ministère. Mgr Aupetit, médecin ordonné prêtre à 44 ans, né dans une famille sans tradition catholique, d’un père cheminot, est d’abord le choix de cette incarnation. Pas un magistère cérébral, détaché ou administratif, mais humain, très humain.

    Mais en ce qui concerne les relations avec le pouvoir, que peut apporter Mgr Aupetit ?

    L’autre bonne nouvelle de cette nomination, c’est que l’Église de France se dote d’une personnalité à la parole forte et audible, dans un moment où cette parole est recherchée. Traditionnellement, trois institutions exercent au plan national ce magistère de la parole : le primat des Gaules, la conférence des Évêques de France, et l’archevêque de Paris. Le cardinal Barbarin est empêché par la séquence judiciaire que l’on sait.

    La conférence des évêques de France, sans doute du fait de sa structure collégiale et de sa recherche systématique du consensus, est hélas devenue difficilement audible ces dernières années. Sa prudence et sa retenue contrastent avec la vigueur et le dynamisme de la nouvelle génération de prêtres en France, témoins et acteurs d’un vrai renouveau de la pratique chrétienne (pèlerinages, hausse spectaculaire des vocations dans certaines communautés comme Saint Martin, vitalité du « Padreblog », etc.). Une génération qui aimerait bien que ses évêques seniors se mettent eux aussi « en marche » ! Il ne reste donc plus que l’archevêché de Paris pour porter à nouveau cette parole dans un moment clé.

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  • L'origine de la crèche de noël

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    Paru sur le site Egliseinfo.be :

    « Selon l’évangile de Luc, Marie a déposé l’enfant Jésus dans la mangeoire d’une étable où Joseph et elle avaient trouvé refuge. Le mot crèche désigne aujourd’hui toute représentation de la Nativité.

    Selon la légende, François d’Assise « inventa » au 13e siècle la crèche vivante dans une grotte de Greccio en Italie, où les frères mineurs avaient établi un ermitage. Joseph, la Vierge Marie, les mages, les bergers, et les paysans étaient joués par les gens du village. Les animaux aussi étaient réels. Thomas de Celano, le premier biographe de François, rapporte qu’il prêcha, durant la messe de Noël, et qu’on le vit se pencher vers la crèche, qui servait d’autel, où était apparu un enfant endormi. Il prit l’enfant tendrement dans ses bras. Puis le petit bébé s’éveilla, sourit à François, caressa ses joues et saisit sa barbe dans ses petites mains !

    Petit à petit, la coutume s’est répandue, sous l’influence des prédicateurs franciscains, surtout en Provence et en Italie.

    Mais c’est plus tôt, au VIe siècle que l’on situe la première célébration de la nuit de Noël dans l’église de Sainte Marie à Rome, avec des statues de la Vierge Marie, de Joseph, de l’âne et du bœuf.

    Les premières crèches « en modèles réduits » firent leur apparition dans les églises au XVI siècle à Prague avec les Jésuites. A la fin du XIXe siècle apparaissent les santons (de santouns : petits saints) façonnés dans l’argile, originaires de Provence. Ces figurines représentent tous les petits métiers traditionnels. Les habitants du village ainsi représentés apportent le fruit de leur labeur à l’Enfant Jésus. Ces figurines sont venues enrichir le décorum de la crèche traditionnelle. En Provence, la crèche Durant les fêtes de Noël, la pastorale provençale est une pièce jouée et parlée. Elle raconte l’histoire de la nuit de noël. La plus célèbre signée par Antoine Maurel en 1844 fut écrite en provençal. Il existe de multiples pastorales composées de saynètes parlées et chantées mais celle signée par Maurel est interprétée chaque année à l’époque de Noël en Provence. Elle attire de nombreux provençaux, nostalgiques de la langue de Frédéric Mistral. »

    creche-vatican2_lbb.jpgRef. L’origine de la crèche

    Cette année, la crèche érigée par le Vatican sur la place Saint-Pierre de Rome revisite, à sa manière, le style des crèches napolitaines. Question de goût.

    JPSC

  • Les femmes petites parce que privées de nourriture par les hommes : un bel exemple de fake news

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    De Solveig Mineo sur le site Bellica : 

    « Les femmes sont petites car les hommes les ont privées de nourriture » : fake news !

    « Les femmes sont plus petites que les hommes car elles ont été privées de viande depuis la nuit des temps », titrait L’Obs il y a quelques jours. Une part croissante des médias français se fait l’écho d’une théorie excitante élaborée par une anthropologue sans formation en biologie, Priscille Touraille, selon laquelle la différence de taille et de volume musculaire entre hommes et femmes viendrait d’une privation alimentaire orchestrée par les hommes depuis la nuit des temps sur l’ensemble du globe terrestre. En douze ans d’existence, cette théorie n’a été appuyée par aucun spécialiste en biologie évolutive. Si cette fake news prospère, c’est grâce à l’inculture du grand public -journalistes inclus- en matière de biologie évolutive et parce qu’elle flatte nos pulsions complotistes. Serions-nous, femmes, si fragiles, si irrationnelles, qu’il faille nous épargner les rigueurs d’un discours authentiquement scientifique en nous offrant à la place le doux cocon d’une science de niveau infantile ? Et si nous assistions à l’avènement d’un féminisme obscurantiste ?

    Mystification scientifique, unanimité médiatique

    La théorie présentée par Priscille Touraille dans sa thèse de 2005 puis dans son livre Hommes grands, femmes petites (2008) repose sur un nombre préoccupant de sophismes, comporte de nombreuses failles logiques, s’appuie sur une présentation tronquée des mécanismes de la sélection naturelle et est faiblement étayée sur le plan factuel.

    Comme le remarque la journaliste scientifique Peggy Sastre, en douze années, Priscille Touraille (docteur en anthropologie sociale et non physique) n’a jamais publié d’article en peer-reviewedsur sa théorie du dimorphisme sexuel. Autrement dit, elle refuse de se plier à une procédure élémentaire du débat scientifique : soumettre son travail à l’examen d’un comité de lecture d’une revue scientifique, composé de chercheurs reconnus dans le domaine étudié. La quatrième de couverture du livre de Touraille propose de « renouveler » une « investigation remarquablement gelée depuis le XIXe siècle ». À quoi bon débattre de cette thèse révolutionnaire avec d’autres scientifiques, puisque ceux-ci ne seraient que des dinosaures arque-boutés sur des thèses d’un autre âge ?

     

    On comprend aisément les craintes de l’auteure : lorsque des scientifiques qualifiés en matière de biologie évolutive et de génétique s’expriment sur la thèse du dimorphisme sexuel culturellement induit, ils la démontent intégralement, comme dans ce magistral article du biologiste Jerry Coyne.

    Le travail de Priscille Touraille porte le sceau prestigieux du CNRS mais seul le volet culturel de sa thèse a pu être évalué. La seule chose qui ait pu être validée dans sa thèse, c’est qu’il existe quelques tribus africaines et asiatiques dans lesquelles la sous-alimentation des femmes est probablement en partie culturellement instituée, et que quelques sources parcellaires, extrapolées et sorties de leur contexte, peuvent laisser supposer que peut-être, un jour, quelque part en occident, cette pratique ait pu avoir lieu.

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  • Liège-Musique: découvrir les jeunes talents professionnels à l'église du Saint-Sacrement

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    A l'église du Saint-Sacrement

    Bd d'Avroy, 132 à Liège

    Copie de église du st sacrement - Copie.JPG

    Prochain concert de la série "Jeunes talents"

    Dimanche 17 décembre 2012 à 16 heures

    Une histoire du violoncelle, illustrée par des extraits de l’œuvre de Jean-Sébastien Bach

    par Fabienne VENIEN

    Fabienne Venien ad5072dab7adf676f48447d079670198.jpg

    Française d’origine, Fabienne VENIEN est diplômée de l’enseignement musical supérieur en Belgique et titulaire, par ailleurs, d’une licence en communication de l’université de Liège.

    Cette jeune virtuose allie à son talent musical un sens pédagogique apprécié par le public. Une audition suivie du verre de l’amitié qui conclura la rencontre.

    Ce dimanche 17 décembre 2017 - 16 heures  EGLISE DU SAINT-SACREMENT  Bd d'AVROY, 132 Liège (4000)

     Réservations et tous renseignements : 0473 32 19 83

     

     PROGRAMME GENERAL

     dimanche  3 décembre 2017 à 16 H

    QUATUOR GENESIS 

    Gwendoline Blondeel - soprano

    Logan Lopez Gonzalez - contre-ténor

    Gabriele Bonfanti - ténor

    Guillaume Knop - basse

    PROGRAMME

    En "Avent" vers Noël

    Mille regrets Josquin Desprez

    Fair phyllis John Farmer

    Je ne l‘ose dire Certon

    Il est bel et bon Passereau

    Ubi caritas Ola Gjelo

    Northern Iights Ola Gjeilo

    Joy to the world (Haendel)

    Les anges dans nos campagnes

    God rest ye merry gentlemen

    Deck the hall

    Ding dong merrily on high

    Amazing grace

    Entre le bœuf et l'âne gris

    Douce nuit 

      ET

    NOS PROCHAINES RENCONTRES

    à l'église du Saint-Sacrement:

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  • Il a suffi de quinze ans pour que l'euthanasie soit banalisée en Belgique

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    De Loup Besmond de Senneville sur le site du journal La Croix :

    En quinze ans, l’euthanasie s’est banalisée en Belgique

    Initialement conçue comme une loi d’exception, l’euthanasie, adoptée en 2002 par la Belgique, y est considérée comme un acte de plus en plus banal.

    Si l’opinion publique y est très favorable, des professionnels de santé émettent des doutes quant à l’extension continue de cette pratique.

    « Une pente glissante. » Quand on l’interroge sur l’évolution de la mise en pratique de l’euthanasie dans son pays, Marc Desmet, jésuite et chef d’un service de soins palliatifs dans l’un des plus gros hôpitaux de Belgique, à Hasselt, répond sans hésiter. Quinze ans après la dépénalisation de l’euthanasie, ce médecin flamand ne peut que constater l’évolution de la loi (1).

    Initialement conçue, en 2002, comme une possibilité ouverte aux personnes souffrant de manière insupportable et constante d’une maladie grave incurable, elle n’a cessé, depuis, de s’élargir : les personnes atteintes de troubles mentaux représentent ainsi 19 % des patients euthanasiés, et il est possible depuis 2014 d’euthanasier les mineurs, même s’ils ne sont pas en mesure de donner leur consentement. Quant aux chiffres – 15 000 personnes au total ont été euthanasiées –, ils n’ont cessé d’augmenter, passant de 235 euthanasies en 2003, à 2024 en 2016 (soit 2 % des décès dans le pays).

    Une pression sociétale forte

    Pour réfléchir à ces évolutions, plusieurs chercheurs se sont réunis en novembre 2017 à l’université d’Anvers, pour un colloque entendant établir un bilan – critique – de quinze années d’application de cette loi dans le pays. Cet état des lieux était organisé alors que les Belges débattent depuis plusieurs semaines à une nouvelle évolution de la loi, pour permettre « aux personnes âgées qui ont le sentiment d’une vie accomplie », aussi appelées « fatiguées de vivre », même si elles ne souffrent d’aucune pathologie, d’accéder à l’euthanasie.

    Sept Belges sur dix sont favorables à une telle évolution, selon un sondage RTL/Le Soir/Ipsos publié à la mi-septembre, ce dont se réjouit Jacqueline Herremans, avocate et présidente de la branche belge de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD). Elle se félicite aussi d’un « changement de mentalités » concernant la mort, ainsi que de la « plasticité » de la loi, qui a permis les évolutions des dernières années : « le législateur n’a pas figé les concepts, par exemple en ne définissant pas ce qu’est une infection grave et incurable. »

    BLOG Fin de vie : déjà, appliquons la loi

    C’est précisément cette plasticité qui ne cesse d’inquiéter les opposants, dont Carine Brochier, directrice de l’Institut européen de bioéthique. « Alors que la loi était conçue comme une exception, il est devenu normal de se faire euthanasier, déplore-t-elle. La pression sociétale est énorme, et la société belge ne débat pas. Ce n’est pas notre culture, y compris philosophique. » Il demeure néanmoins un cercle où les avis sur l’euthanasie ne sont pas aussi homogènes que dans le reste de la société belge : celui des professionnels de santé.

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  • Le pape invite à conserver précieusement le très riche patrimoine de la tradition latine

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    D'Anne Kurian sur zenit.org :

    Pour éviter la scission entre les apparences et le cœur, le pape recommande la tradition latine

    « Sachez parler au cœur des jeunes, sachez conserver précieusement le très riche patrimoine de la tradition latine pour les éduquer au chemin de la vie » et pour qu’ils ne tombent pas « dans les labyrinthes de la superficialité et de la banalité, du succès extérieur qui cache un vide intérieur, de l’hypocrisie qui masque la scission entre les apparences et le cœur, entre un corps beau et soigné et une âme vide et aride ».

    C’est l’appel du pape François aux enseignants latinistes, dans un message aux participants à la XXIIème Séance publique des Académies pontificales sur le thème « In interiore homine. Parcours de recherche dans la tradition latine », qui s’est tenue ce mardi 5 décembre 2017.

    Les travaux ont été introduits par le cardinal Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical de la Culture et du Conseil de coordination des Académies pontificales. Au cours de la séance, le cardinal secrétaire d’État Pietro Parolin a lu le message envoyé par le pape, encourageant à une réflexion sur « l’intériorité, du cœur, de la conscience et de la connaissance de soi », à une époque caractérisée « par l’apparence, la superficialité, la scission entre le cœur et l’esprit, l’intériorité et l’extériorité, la conscience et les comportements ».

    Parmi les lauréats du Prix des Académies pontificales cette année : un Français, Pierre Chambert-Protat, pour sa thèse de doctorat sur Florus de Lyon.

    Voici notre traduction du message du pape en italien.

    AK

    Message du pape François

    À mon vénéré frère le Cardinal Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical de la culture et du Conseil de coordination des Académies pontificales.

    Je m’adresse à vous avec joie et gratitude, à l’occasion de la XXIIème Séance publique solennelle des Académies pontificales, cette manifestation qui se renouvelle d’année en année depuis 1995 et qui constitue un point de référence du chemin des sept Académies pontificales réunies dans le Conseil de coordination que vous présidez. À cette manifestation, est associée la remise du Prix des Académies pontificales, organisée à tour de rôle par l’une d’elles, selon le secteur de compétence, pour promouvoir et soutenir l’engagement de ceux qui, en particulier les jeunes ou les institutions qui travaillent avec les jeunes, se distinguent dans leur secteur respectif pour offrir des contributions importantes au projet que nous pourrions définir comme « humanisme chrétien ».

    Je voudrais donc vous adresser mes salutations cordiales, à vous tous, cardinaux, évêques, ambassadeurs, académiciens et amis qui participez à cette Séance publique solennelle, souhaitant vivement qu’une telle occasion représente pour tous, mais particulièrement pour les vainqueurs du Prix, un encouragement pour la recherche et l’approfondissement des thèmes fondamentaux pour la vision humaniste chrétienne.

    Cette édition voit pour la première fois comme protagoniste l’Académie pontificale Latinitatis, qui s’est insérée dans le Conseil de coordination des Académies pontificales à la suite de son institution voulue par mon vénéré prédécesseur Benoît XVI par le Motu proprio Latina Lingua du 10 novembre 2012, afin de « soutenir l’effort pour une plus grande connaissance et un usage plus compétent de la langue latine, dans le domaine ecclésiale comme dans le monde plus large de la culture » (N.4).

    J’adresse donc des salutations particulières au président de l’Académie, le prof. Ivano Dionigi, ainsi qu’à tous les académiciens, les remerciant pour leur engagement laborieux, dont témoigne surtout la revue Latinitas qui se propose comme point de référence qualifié et compétent pour les chercheurs et les connaisseurs de la langue et de la culture latine.

    En outre, je me félicite avec vous du choix du thème de cette séance publique : « In interiore homine. Parcours de recherche dans la tradition latine ». En effet, il entend conjuguer les itinéraires de recherche exprimés par les auteurs latins, classiques et chrétiens, avec une thématique d’une centralité absolue, non seulement dans l’expérience chrétienne mais aussi dans l’expérience simplement humaine. Le thème de l’intériorité, du cœur, de la conscience et de la connaissance de soi, en effet, se retrouve dans toutes les cultures ainsi d’ailleurs que dans les différentes traditions religieuses et, de manière significative, il se repropose avec beaucoup d’urgence et de force à notre temps, souvent caractérisé par l’apparence, la superficialité, la scission entre le cœur et l’esprit, l’intériorité et l’extériorité, la conscience et les comportements. Les moments de crise, de changement, de transformation non seulement des relations sociales, mais avant tout de la personne et de son identité la plus profonde, invitent inévitablement à une réflexion sur l’intériorité et sur l’essence intime de l’être humain.

    Une page de l’Évangile nous aide à réfléchir sur la question : il s’agit de la parabole du Père miséricordieux. Au centre, nous lisons l’affirmation qui se réfère au « fils prodigue » : « In se autem reversus dixit : […] “Surgam et ibo ad patrem meum”» ; « Alors il rentra en lui-même et se dit : […] “Je me lèverai, j’irai vers mon père” » (Lc 15,17-18). L’itinéraire de la vie chrétienne et de la vie humaine elle-même peut bien être résumé par ce dynamisme, d’abord intérieur, puis extérieur, qui fait initier le chemin de la conversion, du changement profond, cohérent et non hypocrite et, par conséquent, du développement intégral authentique de la personne.

    Combien de figures, appartenant au monde classique gréco-romain comme au monde chrétien – je pense surtout au Pères de l’Église et aux écrivains latins du premier millénaire chrétien -, ont réfléchi sur ce dynamisme, sur l’intériorité de l’homme, nous proposant de nombreux textes qui, aujourd’hui encore, sont d’une très grande profondeur et actualité et qui méritent de ne pas tomber dans l’oubli.

    Parmi tous ceux-ci, un rôle d’une prééminence absolue revient certainement à saint Augustin qui, partant de son expérience personnelle, témoignée dans les Confessions, nous offre des pages inoubliables et suggestives. Dans le « De vera religione », par exemple, il se demande en quoi consiste la vraie harmonie et, résumant à la fois la sagesse antique – à partir de la maxime « Connais-toi toi-même », gravée sur le temple à Apollon à Delphes, aux affirmations analogues de Sénèque – et les paroles évangéliques, affirme ceci : «Noli foras ire, in teipsum redi; in interiore homine habitat veritas; et si tuam naturam mutabilem inveneris, trascende et teipsum». « Ne sors pas de toi, rentre en toi-même ; la vérité habite l’homme intérieur et, si tu trouves que ta nature et changeante, dépasse-toi toi-même » (39,72).

    Sa réflexion devient ensuite un appel pressant dans le Commentaire de l’Évangile de Jean (18,10) : «Redite ad cor: quid itis a vobis, et peritis ex vobis? Quid itis solitudinis vias ?». « Entrez dans votre cœur ! Où voulez-vous aller loin de vous ? En allant loin, vous vous perdrez. Pourquoi vous mettez-vous sur des routes désertes ? ». Puis, renouvelant son invitation, il indique le but, la patrie de l’itinéraire humain : «Redi ad cor; vide ibi quid sentias forte de Deo, quia ibi est imago Dei. In interiore homine habitat Christus, in interiore homine renovaris ad imaginem Dei, in imagine sua cognosce auctorem eius». « Rentre dans ton cœur ; là, examine ce que tu perçois peut-être de Dieu parce que là se trouve l’image de Dieu ; le Christ habite dans l’intériorité de l’homme, dans ton intériorité tu es renouvelé selon à l’image de Dieu ; dans son image, reconnais ton Créateur » (ibid.).

    Ces affirmations suggestives sont d’un intérêt extraordinaire pour nos jours aussi et seraient à nous redire à nous-mêmes, à ceux avec qui nous partageons notre parcours humain, surtout aux plus jeunes qui commencent la grande aventure de la vie et qui, souvent, restent impliqués dans les labyrinthes de la superficialité et de la banalité, du succès extérieur qui cache un vide intérieur de l’hypocrisie qui masque la scission entre les apparences et le cœur, entre un corps beau et soigné et une âme vide et aride.

    Chers amis, comme saint Augustin, je voudrais moi aussi adresser un appel, à vous, les académiciens, aux participants à cette séance publique et surtout à ceux qui ont la tâche de l’enseignement, de la transmission de la sagesse des pères, renfermée dans les textes de la culture latine ; sachez parler au cœur des jeunes, sachez conserver précieusement le très riche patrimoine de la tradition latine pour les éduquer au chemin de la vie et les accompagner le long de sentiers riches d’espérance et de confiance, puisant dans l’expérience et la sagesse de ceux qui ont eu la joie et le courage de « rentrer en eux-mêmes » pour suivre leur propre identité et leur vocation humaine.

    Voulant maintenant encourager et soutenir ceux qui, dans le cadre de leurs études sur la langue et la culture latine, s’efforcent d’offrir une contribution sérieuse et valable à l’humanisme chrétien, je suis heureux d’attribuer le Prix des Académies pontificales, ex æquo, au Dr Pierre Chambert-Protat pour sa thèse de doctorat sur Florus de Lyon et au Dr Francesco Lubian pour sa publication critique des Disticha attribués à saint Ambroise.

    En outre, pour encourager l’étude du patrimoine de la culture latine, je suis heureux d’attribuer la Médaille du Pontificat au Dr Shari Boodts pour l’édition critique des Sermones de saint Augustin, et au groupe d’enseignants de latin de l’Université de Toulouse 2, pour la publication d’un précieux manuel de latin pour universitaires.

    Enfin, je souhaite aux académiciens et à tous les participants à cette rencontre un engagement toujours plus fécond dans vos domaines de recherche respectifs et je vous confie tous et chacun à la Vierge Marie modèle d’intériorité qui nous est proposée deux fois dans l’Évangile de Luc comme celle qui «conservabat omnia verba haec conferens in corde suo» (Lc 2,19). Qu’elle vous aide à toujours garder la Parole de Dieu dans votre cœur pour en faire la source lumineuse et inépuisable de tous vos engagements.

    De tout cœur je vous donne à tous, ainsi qu’à vos familles, une bénédiction apostolique particulière.

    © Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

  • Le Serment d'Hippocrate revu et corrigé ne protège plus la vie à naître

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    LE NOUVEAU SERMENT D'HIPPOCRATE MET LA VALEUR DE LA VIE HUMAINE EN BALANCE

     de genethique.org

    A l’occasion de son Assemblée générale en octobre 2017 à Chicago (USA), l’Association Médicale Mondiale (AMM) a adopté une version amendée du serment d’Hippocrate.  Initialement promu en 1948 suite à l’implication d’éminents médecins allemands dans des expérimentations sur des prisonniers non consentants, des euthanasies, etc., le serment, aussi connu comme la déclaration de Genève, est utilisé par les médecins du monde entier. Dans un certain nombre de pays, il fait même partie intégrante de la législation régissant l’exercice de la médecine.

    La version moderne adoptée cet automne reflète les changements du contexte dans lequel s’exerce l’éthique médicale. Ils manifestent une vision plus bureaucratique et plus légaliste de la médecine.

    La première modification consiste à transformer le "serment" en "engagement". Dans un monde toujours plus sécularisé, le terme de serment indiquerait une référence trop significative à une « divinité » qui « donnerait des lois ».

    La loi naturelle elle-même semble ne plus avoir cours et, dans la phrase : « même en cas de menace, je n’utiliserai pas mes connaissances médicales contredisant les lois de l’humanité », « les lois de l’humanité » ont été remplacées par « les droits humains et les libertés civiles ». Le bien et le mal sont placés sous l’égide de la loi positive, qui apparait désormais comme principale référence. Dans certaines circonstances, le bien et le mal pourraient même être définis par le gouvernement.

    Le changement le plus significatif concerne l’autorisation implicite de l’avortement : « Je maintiendrai le plus grand respect pour la vie humaine dès le moment de la conception » est remplacé par « je maintiendrai le plus grand respect envers la vie humaine ». L’interdiction universelle à l’avortement disparait. Ce passage soulève aussi la question de la fin de vie[1], même si la position de l’AMM reste à ce jour résolument hostile aux pratiques de suicide assisté ou d’euthanasie.

    Enfin, la question de l’autonomie du patient s’impose également dans la version 2017 du serment qui introduit une nouvelle clause : « Je respecterai l’autonomie et la dignité du patient ». Si le concept contient une certaine noblesse, « cela signifie-t-il que le médecin devra répondre à toutes les demandes du patient, quelles qu’elles soient ? ». 

    La version votée du nouvel "engagement d’Hippocrate" est disponible ici

    [1] Sujet récemment débattue par l’AMM réunie à Rome sur ce sujet (cf. Pape François : « L’euthanasie est toujours mauvaise »).

    Sources: Mercator, Michael Cook (30/11/2017)

  • Quand Jean d'Ormesson confessait sa foi

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    Le 12 juin 2014, sur le Figaro, Etienne de Montety interviewait Jean d'Ormesson qui vient de nous quitter :

    Jean d'Ormesson: «Croire en Dieu, on aurait tort de s'en priver…»

    INTERVIEW - Il publie un très personnel cantique de la Création.

    En 1980, Jean d'Ormesson écrivait Dieu, sa vie, son œuvre. En 2014, son panthéisme joyeux s'est transformé en action de grâces. Il publieComme un chant d'espérance: un court livre où l'écrivain fait part de son émerveillement et de sa stupéfaction face au mystère de l'univers. Il le fait avec brio, comme à son habitude. Commencé comme un court traité de cosmologie, le livre tourne vite à la quête de Dieu. Ce Dieu-là n'est pas celui qui régnait en maître chez ses grands-parents à Saint-Fargeau, il y a cent ans ; c'est une Personne plus insaisissable et plus riche à la fois: l'auteur des beautés de la Création, et celui qui donne la vie et la joie. Et ce Dieu, Jean d'Ormesson l'avoue, l'émeut chaque jour davantage.

    À quand remonte votre intérêt pour Dieu?

    Mon livre traite de Dieu, non pas parce que je vieillis, mais parce que ce sujet m'intéresse depuis longtemps. J'ai été élevé dans la religion catholique. Généralement, quand les gens disent ça, c'est pour mieux s'en démarquer. Ce n'est pas mon propos. Je ne suis jamais allé au catéchisme, hormis quelques mois au cours Bossuet, c'est ma mère qui m'a transmis la foi. Enfant, j'ai lu et relu l'Histoire sainte. Je revois mon père, qui était un catholique de gauche, me disant: est-ce bien vrai, tout ça? Sa remarque m'ouvrit un abîme de perplexité. Je n'ai jamais été très pieux, mais face aux mystères de l'existence, j'ai toujours manifesté un sentiment d'étonnement. Je suis étonné d'être en vie, je n'en reviens pas que le soleil se lève le matin ; je suis stupéfait d'écouter l'andante du Concerto 21 de Mozart. L'éternité, le temps, l'histoire me remplissent d'étonnement

    Avez-vous conservé la foi de votre enfance?

    À trente ans, j'étais toujours dans le même état d'esprit, mais toujours aussi peu pieux: je célébrais Dieu dans sa création. Si j'étais né aztèque, je crois que j'aurais été un adorateur du Soleil. Je trouvais des raisons de croire en découvrant la lumière du matin sur la Méditerranée, dans les calanques de Porto, en Corse, mais aussi en séjournant à Palmyre, à Rome, à Venise, à Damas, devant la mosquée des Omeyyades. Face au mystère de la création, il m'a toujours paru impossible de s'en tenir aux certitudes. Mes doutes m'embarrassaient, me paralysaient jusqu'à ce que j'apprenne que les plus grands saints ont douté. Ainsi Mère Teresa elle-même a connu des périodes de doutes profonds. Léon Bloy a raison: il n'y a qu'une tristesse, c'est de ne pas être un saint. Mais un saint n'est pas un être parfait!

    Pas pieux, donc, mais croyant…

    Je n'accorde pas une grande importance à l'astrologie, mais je note que je suis Gémeaux, signe de la dualité. Je suis gaulliste et européen, de droite mais assez à l'aise avec des hommes de gauche comme Mitterrand et Mélenchon. Et je suis catholique et agnostique. Songez que lorsque j'assiste à une messe, je suis volontiers un peu ironique. Mais je ne supporte pas qu'on critique la foi catholique devant moi. De nombreux auteurs me confortent dans cette position ambivalente. Il y a une histoire célèbre chez les juifs, ce sont deux rabbins qui se disent: «L'important c'est Dieu, qu'il existe ou non.» Un Père de l'Église dit par ailleurs: ma foi est la forme de mon espérance. C'est exactement mon cas.

    Alors à quoi croyez-vous précisément?

    Ce qui ne laisse pas de m'étonner et de m'émerveiller, c'est l'Incarnation: Dieu s'est fait homme. Je sais bien, avec Renan, que dans de nombreuses religions anciennes, les dieux prennent forme humaine: Zeus prit les traits d'Amphitryon pour séduire Alcmène. Mais le Dieu des chrétiens est le seul qui s'incarne par amour. L'amour est la grande nouveauté du christianisme qu'on retrouve dans d'innombrables propos du Christ: «Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés», etc. Les chrétiens le savent: quand ils font le bien, c'est à l'imitation de Dieu, mais je suis rempli d'admiration pour les non-chrétiens qui font eux aussi le bien.

    Votre livre montre cependant que votre approche de Dieu procède plutôt de la science que la foi.

    Le XXe siècle a été un siècle horrible à cause des guerres et des massacres. Et un siècle magnifique à cause de la science. On y a fait des découvertes exceptionnelles notamment concernant les origines de l'Univers, de Planck à Hubble. La réflexion sur l'univers est proprement saisissante: nous vivons sur une scène, coincés entre le mur de Planck qui donne le départ de l'Univers et celui de la mort. Nous vivons dans une parenthèse miraculeuse, qui a eu un commencement et aura une fin.

    Tous ces scientifiques nous éclairent sur la façon dont a pu se construire l'Univers. Mais pourquoi tout ceci a-t-il été créé?

    Ça relève de la foi. «Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien?» demandait Leibnitz. Or la nécessité de l'Univers n'est pas nécessaire. D'ailleurs, la science et la foi ne sont pas du tout incompatibles. Il est loin, le temps où Bertrand Russell pouvait, après une longue discussion sur l'existence de Dieu, couper court en disant: «Vous ne m'avez pas donné assez de preuves…» Croire en Dieu, c'est beaucoup plus simple que de ne pas y croire, et c'est beaucoup plus encourageant. On aurait tort de s'en priver!

    Il y a le mal qui est un mystère et un scandale, qui peut faire douter de Dieu.

    Oui, mais le mal est arrivé avec l'homme et avec la pensée. Avant l'homme, le mal n'existe pas. Il y a la souffrance, mais pas le mal. Le mal est l'apanage de l'homme. Car le mal est indissociable de la conscience du mal. Il procède de l'homme, de sa responsabilité, c'est-à-dire de la liberté de faire le mal. Le mal est le prix de notre liberté. Dieu n'est pour rien là-dedans.

    Et l'Église catholique dans tout ça, comment la trouvez-vous?

    Les ricaneurs sont nombreux qui citent Loisy: «Jésus annonçait le royaume, mais c'est l'Église qui est venue»… Or la succession de trois papes, Jean-Paul IIBenoît XVIet François, chacun illustrant à sa manière les trois vertus théologales, l'espérance, la foi et la charité, montre le caractère durablement exceptionnel de l'Église catholique, et ce depuis deux mille ans. Je mourrai dans son sein si elle veut de moi et j'aimerais bien avoir un prêtre à mes côtés.

    Comme un chant d'espérance, de Jean d'Ormesson, Éditions Héloïse d'Ormesson, 160 p., 16 €.

  • Bolland (Herve), 17 décembre : Concert de Noël avec l'ensemble ukrainien Loubistok

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    L'EGLISE SAINT-APOLLINAIRE DE BOLLAND

    VOUS INVITE A UN VRAI CONCERT DE NOËL 

    2004 2005 2006 ...2017 : DEPUIS QUATORZE ANS SANS INTERRUPTION !

    Dimanche 17 décembre 2017 à 15 heures,

    église Saint-Apollinaire de Bolland

    VOTRE CONCERT DE NOËL !

    SUR UN PODIUM POUR UNE MEILLEURE VISIBILITE

    LOUBISTOK

    BOLLANDINI CANTORES

    CHŒUR MIXTE SAINT-APOLLINAIRE

    P.A.F. : 10 € (8 en prévente, à verser au 732-0056429-26, Chorale de Bolland)

    Réservation au 087 / 67 55 73 (téléphone, fax, répondeur)

    RÉCEPTION APRES LE CONCERT (PRIX TRÈS MODÉRÉS)

    VIN CHAUD OFFERT A LA SORTIE S'IL FAIT FROID !

    QU’ON SE LE CHANTE !

     

    Loubistok nous revient, pour la quatorzième année consécutive.

    Le temps passe, mais nos jolies Ukrainiennes de Lviv nous enchantent toujours par la justesse et les couleurs chatoyantes de leurs voix slaves, par leur répertoire agréable et varié, mêlant noëls et pièces folkloriques, par la succession habile des chants a cappella et des pièces accompagnées au violon, à la flûte, au kobza, à la bandoura, par leur sourire et leurs merveilleux costumes traditionnels !

    Avec deux autres chœurs pour deux fois cinquante minutes d’une jouissance artistique assurée.

    Réservez tôt pour obtenir les meilleures places ! 

    Avec le soutien et le concours de la Ville de Herve

  • Quand la pub fait l'impasse sur Noël... et si c'était tant mieux ?

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    Coup de tonnerre sur nos pauvres sociétés européennes : une certaine marque de bière très connue ne produira plus de « bière de Noël » mais de la « bière d’hiver ». Dans le même temps, ce même mot recule aux frontons des temples du commerce et des enseignes municipales. Exit Noël, la société laïque pare ses tables pour « les fêtes de fin d’année » (le jour de l’An soit, et la deuxième, quelle est-elle ?)

    Et les uns de relayer ces horreurs estampillées #christianophobie, tandis que d’autres sabrent le champagne : l’emprise de Léreligion sur la société recule !

    Ridicule. Aussi ridicule, et ce n’est pas peu dire, que la brusque toquade de quelques élus pour l’origine vaguement mariale du graphisme du drapeau européen, ou que Jean-Luc Mélenchon voyant dans le folklorique titre de chanoine de Latran la preuve d’une mainmise vaticane sur la République française. Ah ! si monsieur Mélenchon connaissait mieux le pape François… vu son programme économique, écologique et social, cette allégeance, il l’appellerait de ses vœux ! Mais passons. C’est ridicule, oui, de voir un « viol de conscience », un « obscurantisme tentaculaire » dans le mot de « Noël » appendu aux vitrines pleines de foie gras, et une libération dans son retrait. Voilà une liberté qui ne coûte pas cher à consentir et qui fait oublier le reste.

    Grotesque tartarinade laïcarde, oui. Mais est-ce tellement mieux de s’arc-bouter, au nom de la défense de « l’identité chrétienne », sur la présence du mot Noël sur les emballages de marrons glacés ? C’est un fait, même s’il nous déplaît fort, à nous chrétiens : l’immense majorité de nos concitoyens ne fête pas, fin décembre, la venue du Dieu fait homme. Et ce n’est pas parce qu’elle s’est convertie au grand méchant z’islam. L’hypothèse salafiste est assez peu crédible pour expliquer la disparition d’un nom de fête chrétienne de sur un… pack de bière. À moins que l’expression « pression des milieux islamistes » n’ait pris un sens nouveau, plus mousseux et aussi quelque peu inattendu. Bref, c’est juste que nos concitoyens sont majoritairement sans religion et que du coup, l’étiquette Noël relève plutôt du simulacre.

    Peu importe à qui célafôte. C’est ainsi : la France n’est plus un pays majoritairement chrétien et l’on peut toujours clabauder « ouimédeculturechrétienne » ou « didentitéchrétienne », imposer de parler de Noël à quelqu’un qui se fiche comme d’une guigne de ce qui s’est passé à Bethléem dans une certaine étable, cela ne nous mène à rien. C’est se bercer d’illusions, faire semblant, et contraindre les autres à le faire. Ils ne croient plus. C’est ainsi.

    Et dans ces conditions, je crois que nous n’avons aucun intérêt à combattre pour défendre le royaume du Christ sur des boîtes de chocolats ou les calendriers des postes. Ne nous plaignions-nous pas chaque année ? N’était-ce pas même devenu proverbial, que Noël ne fût plus pour la majorité qu’une fête commerciale ? Et bien ! que le commerce fasse sa bringue, et nous, fêtons Noël. L’Enfant n’a pas besoin de catalogues de jouets mi-partis roses et bleus, ni de Mon Chéri, ni de Pyrénéens. Il se passera très bien d’être prétexte à lucullutiennes agapes, concours du cadeau hors de prix et rubans rouges autour des tablettes et des iphone. Rien de nouveau, nous le répétons chaque année.

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