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Culture - Page 4

  • Le projet "Docteur Angélique"

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    Le projet de traduction de la totalité des œuvres de saint Thomas d'Aquin et leur mise à disposition sur Internet avance. http://docteurangelique.free.fr  

    L'Institut se présente :

    L’Institut Docteur Angélique est un institut privé de philosophie et de théologie catholique.

    Cet Institut vise à proposer une formation solide et complète à la lumière du saint concile Vatican II et de saint Thomas d’Aquin.

    Donnée entièrement par correspondance, elle se veut pratique et peu chère, adaptée à tous les francophones. Elle délivre un certificat d’étude de l’Institut équivalent à deux années de philosophie et deux années de théologie catholique. Les cours sont gratuits et dispensés par Internet (liste des cours). Les examens (organisés pour 100 euros par an selon les possibilités) sont oraux et sont soutenus par skype ou par téléphone. Les devoirs écrits sont envoyés par email.

    Se préparer à saint Thomas d’Aquin

    Vous trouverez sur ce site les œuvres complètes saint Thomas d’Aquin en français.

    Accéder à saint Thomas d’Aquin n’est pas facile à un débutant. Nous vous conseillons vivement de commencer par une formation philosophique aristotélicienne.

    Les oeuvres de saint Thomas d'Aquin

  • La Confession : un film qui détonne agréablement dans le prêt-à-penser de la production contemporaine

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    Lu sur aleteia.org (du Père Denis Dupont-Fauville) :

    Voici un film qui détonne agréablement dans le prêt-à-penser de la production contemporaine. Non seulement il adapte à nouveau un roman qui pourrait sembler commandé par des thématiques révolues, mais il le fait avec un grand respect des convictions qu’il décrit et des questions qu’il aborde.

    L’histoire est bien connue. Durant l’Occupation, un jeune abbé fascine le village dont il est nommé curé, au point que l’une des habitantes, communiste farouche, va le braver dans son confessionnal pour tenter de démasquer ce qu’elle considère comme une idéologie. Mais les réponses inattendues du prêtre provoquent un dialogue qui fera évoluer la jeune femme à l’inverse de ses prévisions jusqu’à entrer dans un amour véritable. De Dieu, de son représentant, des deux ?

    Très fidèle aux dialogues du roman, la confrontation est construite comme une grande inclusion délimitée par deux confessions : la première où Barny, l’héroïne, assaille l’abbé Morin sur le terrain des idées, la seconde où les deux protagonistes prennent congé l’un de l’autre en exprimant leur amour sous le regard de Dieu. Hormis quelques scènes obligées avec des collègues de travail ou l’occupant allemand, l’ensemble se présente comme une série de discussions en face-à-face, au long desquelles s’opère l’insensible retournement de la grâce.

    Lire la suite sur aleteia.org

  • Italie : les naissances au plus bas

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    Lu sur le site de la Tribune de Genève :

    Les naissances sont au plus bas en Italie

    Démographie : 474'000 naissances en 2016, c'est le nombre le plus faible depuis l'unification de l'Italie en 1861.

    Le nombre de nouveau-nés en Italie est tombé à un point bas inédit l'an dernier, a annoncé lundi l'office national de la statistique, l'ISTAT. En parallèle, la population a diminué et son âge moyen augmenté.

    Il y a eu en 2016 12'000 naissances de moins qu'en 2015, soit un total de 474'000 naissances. C'est le nombre le plus faible depuis l'unification du pays en 1861. Le nombre de décès s'est élevé à 608'000.

    L'âge moyen en Italie est désormais de 44 ans et neuf mois, au lieu de 44 ans et sept mois en 2015. Au total, plus de 22% de la population est âgée de plus de 65 ans. Il s'agit du ratio le plus élevé des pays de l'union européenne.

    1,34 enfant par femme

    L'Italie compte 60,58 millions d'habitants, soit 86'000 de moins qu'en 2015, et ce malgré l'arrivée de migrants dont le taux de fécondité est plus élevé.

    Le taux de fécondité, de 1,34 en moyenne au niveau national, est très variable d'une région à l'autre. Ainsi, en Sardaigne, les femmes n'ont en moyenne que 1,07 enfant alors que dans la province de Bolzano dans l'extrême nord du pays, près de la frontière autrichienne, le taux de naissance a même augmenté et s'élève à 1,78 enfant par femme.

    Par ailleurs, le nombre d'Italiens, qui partent s'installer à l'étranger a augmenté de 12,6% d'une année sur l'autre pour atteindre 115'000. (ats/nxp)

  • Protégeons la dignité des femmes, prévenons l'addiction à la pornographie

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    Communiqué de presse de la FAFCE :

    Protégeons la dignité des femmes, prévenons l'addiction à la pornographie 

    Bruxelles, le 8 mars 2017
     
    Alors que la Journée internationale de la Femme est observée par les institutions politiques dans le monde entier aujourd’hui, la Fédération européenne des Associations familiales catholiques (FAFCE) souhaite attirer l'attention sur la dignité de la femme, souvent bafouée par la pornographie, où la femme est réduite à un objet. 

    En 2015, NBC News rapportait que, globalement, l’industrie pornographique a une valeur estimée de 97 milliards de dollars. Il y a un cercle vicieux entre la pornographie, l’exploitation et les abus sexuels, et la traite des être humains. 

    L’exploitation sexuelle est la raison principale de la traite humaine dans l'Europe occidentale et centrale. Selon une étude du Parlement européen sur l’exploitation sexuelle et la prostitution de 2014 "la traite des êtres humains à des fins d'exploitation sexuelle serait l'une des activités illicites les plus lucratives d'Europe, les groupes criminels en retirant environ 3 milliards de dollars par an".

    Le marché de la prostitution est un phénomène hautement globalisé et "industrialisé", où des millions de femmes et d'enfants issus de milieux défavorisés partout dans le monde sont achetés et vendus par des cercles criminels à des macro-bordels qui peuvent exploiter des centaines de victimes à la fois.

    L'addiction à la pornographie crée une demande pour les formes les plus extrêmes de pornographie, conduisant à son tour à perpétuer l'exploitation et la traite de femmes et d'enfants, qui sont victimes de cette forme d'esclavage moderne. 
     
    Alors que l'Union européenne est en train de revoir sa Directive sur les services de médias audiovisuels, il y a une opportunité de renforcer la protection des mineurs des contenus nocifs, qui peut à son tour contribuer à prévenir l'addiction à la pornographie. L'exposition des enfants à la pornographie a un impact énorme sur leur compréhension de la sexualité et en particulier de la femme et de sa dignité, puisque les femmes sont souvent représentées comme des objets dans ce contexte.

    La FAFCE a lancé un appel aux Députés européens pour leur demander de protéger les enfants contre les contenus audiovisuels nocifs, tels que la pornographie et la violence. L'appel, qui est  encore ouvert, a déjà reçu l'appui de 14 organisations internationales et européennes. 
     
    Contact:
    Maria Hildingsson, Secrétaire Général
    Mob. +32 4 70 20 39 18
    info@fafce.org
    La Fédération des Associations Familiales Catholiques en Europe, FAFCE, détient un statut participatif auprès du Conseil de l’Europe, est membre de la Plateforme des droits fondamentaux de l’UE et représente les associations familiales de 15 Etats européens.
  • Comment Eric-Emmanuel Schmitt a découvert qu'il était devenu chrétien

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    Lu sur presence-info.ca

    Éric-Emmanuel Schmitt à Montréal pour promouvoir son nouveau livre : «J’ai découvert que j’étais devenu chrétien» 

    De passage à la librairie Pauline de Montréal le 27 février afin de lancer son dernier ouvrage Plus tard je serai un enfant (Novalis), Éric-Emmanuel Schmitt a livré un vibrant témoignage dans lequel il est revenu sur son enfance et sur sa foi grâce aux questions de l’écrivaine Marie-Andrée Lamontagne.

    D’entrée de jeux, l’auteur a parlé de son enfance heureuse passée à Lyon dans les années 60. Né d’un père alsacien et d’une mère lyonnaise, il a vécu dans un milieu modeste. Son père était kinésithérapeute et sa mère professeure d’éducation physique. «Je n’ai pas la nostalgie de l’enfance, mais j’ai envie de garder l’esprit d’enfance, les qualités que j’avais lorsque j’étais enfant», a-t-il confié, faisant référence à l’étonnement, l’émerveillement et l’humilité et se permettant quelques clins d’œil à Platon.

    L’auteur, qui est également agrégé en philosophie, a répondu avec passion aux questions de l’animatrice, s’exprimant ainsi sur des sujets sensibles. Ce fut notamment le cas lorsqu’il a souligné l’importance pour une nation d’être fière d’elle-même. Une fierté nationale doit se nourrir d’un «roman national», de «des mythes fondateurs», de «fictions qui nous rassemblent». Pour autant, Éric-Emmanuel Schmitt reconnaît l’importance des historiens et de leurs travaux critiques.

    La langue française

    Son rapport avec la langue française a également été l’objet de belles envolées. «La langue française c’est la partenaire de ma vie. Je me bats et je fais l’amour avec elle tous les jours. C’est rarement moi qui gagne! Elle me surprend encore. J’ai vraiment une relation amoureuse avec la langue française. Elle est une maîtresse qui me domine. Cependant, à force de concentration la langue me sourit.»

    Marie-Andrée Lamontagne a profité de l’occasion pour l’inviter à commenter le slogan choisi par la France pour mousser sa candidature pour les Jeux olympiques de 2024 (Made for Sharing). «Insupportable! C’est d’une sottise! Et derrière ce slogan, il y a cette idée qui veut qui si l'on parle anglais, l'on parle moderne! C’est difficile pour moi de consentir à cette assimilation! Je comprends très très bien l’attitude défensive que vous avez face à la langue. Je trouve que nous ne sommes pas assez défensifs. Le Français n’est pas défensif. Il est beaucoup trop prétentieux pour l’être. La France se croit le centre du monde. Le centre du monde n’a pas à se défendre.»

    Obsédé par les évangiles

    Durant la soirée, Éric-Emmanuel Schmitt a aussi parlé de sa foi, lui qui est né dans une famille athée. Elle pratiquait, dit-il, «un athéisme presque militant». Paradoxalement, ses parents ont jugé important qu’il reçoive une éducation chrétienne. Il a donc été baptisé et a suivi les cours de catéchisme. Lorsqu’il entreprit ses cours de philosophie, il se rendit compte que de grands philosophes étaient croyants. «Tiens, se dit-il alors, on peut être intelligent et croyant!» Ses études en philosophie lui ont permis «non pas d’affirmer un athéisme, mais à affirmer un agnosticisme.»

    Puis, lors d’une nuit dans le désert où il s’était perdu, Éric-Emmanuel Schmitt vit une extase mystique qui bouleversera sa vie entière. «Cela m’a totalement changé. J’ai été obligé de me reconstruire.»

    Devenu croyant, il lit les œuvres de grands mystiques juifs, musulmans et chrétiens. Un jour, il décide de lire les évangiles. Autre choc fondamental. Il découvre la place de l’amour.

    «Parce que les quatre évangiles, c’est un récit sur quelqu’un qui est venu changer les rapports entre les hommes. Il est venu changer ces rapports d’intérêt, de peur, de violence par l’amour. C’est tellement incroyable de lire cela. C’est de la dynamite! Je deviens obsédé. Absolument obsédé par les évangiles.»

    Pendant sept ans, il cherche à comprendre les divers évènements de la vie de Jésus ainsi que sa mort sur la croix. Sa recherche s’apparentait à celle réalisée par un recherchiste qui planche sur un dossier. «À l’issue de ces sept années de réflexion, j’ai découvert que j’étais devenu chrétien. Cette obsession était devenue autre chose qu’une obsession.»

    Comme il l’a fait dans Plus tard je serai un enfant, Éric-Emmanuel Schmitt a précisé sa pensée au sujet de la foi. Pour lui, la foi est une vérité subjective qui n’a rien à voir avec le domaine de la raison. La foi n’est pas un savoir. C’est pourquoi lorsque quelqu’un lui demande si Dieu existe, il préfère répondre: «Je ne sais pas, mais je crois que oui».

    Le doute

    Pour lui, l’intégrisme et le terrorisme religieux découlent du refus de ne pas savoir. «Le problème c’est souvent la prétention de savoir. C’est cela le problème de la violence. La violence c’est le refus de ne pas savoir. Notre époque est traversée par cela, comme toutes les époques d’ailleurs.»

    L’intégriste, le terroriste, le religieux radical, qui est prêt à tuer celui qui ne pense pas comme lui, sont «victimes d’une maladie de la pensée. Ils refusent qu’au fond on puisse ne pas savoir et que l’on puisse penser des choses diverses. Le violent, c’est celui-là. C’est celui qui refuse de ne pas détenir la vérité. Le psychiatre Carl Gustav Jung affirmait que «le fanatisme est une surcompensation du doute».

    Lors de la période de questions, Éric-Emmanuel Schmitt en a surpris plus d’un en affirmant être ouvert à l’idée de publier un livre avec le célèbre philosophe athée Michel Onfray. «Il y a vingt ans, il m’a proposé que nous écrivions ensemble un livre portant sur le christianisme. J’ai refusé. Je pense que je vais l’appeler bientôt. Cela serait intéressant finalement. Je pense qu’il est suffisamment apaisé pour être dans un dialogue. Je pense qu’il ne l’était pas il y a vingt ans.»

    La soirée s’est terminée par une séance de signature de son nouvel opus.

  • Le film "Silence" : une projection du relativisme contemporain ?

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    L'opinion de l'évêque de San Sebastian (Espagne) traduite par S. Seminckx sur didoc.be :

    Silence

    On parle beaucoup de Silence, le film récemment sorti en salle de Martin Scorsese. Nous reprenons ici la recension d’un site généralement bien renseigné (www.almudi.org) qui donne à son tour la parole à Mgr Munilla, évêque de San Sebastian, en Espagne.

    Silence porte sur la persécution de missionnaires catholiques et sur la crise que le protagoniste traverse dans sa foi au Japon du 17ème siècle. Les acteurs sont Andrew Garfield, Adam Driver, Tadanobu Asano, Ciarán Hinds et Liam Neeson, qui ont tourné le film à Taiwan entre janvier et mai 2015.

    Nous reproduisons ici l’essentiel de l’opinion de Mgr Munilla, à laquelle nous souscrivons. (…)

    L’évêque de San Sebastian a expliqué que le film « l’a déçu », parce qu’il n’est pas fidèle au martyre tel qu’il s’est déroulé à cette époque. Selon lui, « les pères jésuites furent en première ligne pour donner témoignage au milieu de cette épreuve du martyre et, bien évidemment, à aucun moment l’apostasie ne fut à l’avant-plan ».

    « La thèse de ce film, c’est que ceux qui allaient au martyre étaient les fidèles les plus simples, sans formation théologique et culturelle. Mais les jésuites, mieux formés, finissaient par apostasier. Comme si la foi adulte des jésuites permettait d’opérer cette distinction : “apostat à l’extérieur mais toujours chrétien à l’intérieur ; mais le peuple moins formé doit foncer tête baissée vers le martyreˮ. Historiquement c’est totalement faux. A l’époque, les évangélisateurs qui avaient prêché au peuple ouvrirent la marche vers le martyre. »

    L’évêque a assuré également que la scène dans laquelle Jésus-Christ lui-même demande au Père Rodrigues d’apostasier et de piétiner son image « est absurde ».

    « Le martyre est une grâce. Au moment voulu, Jésus donne cette grâce pour que nous ne tombions pas dans le péché d’apostasie. Dieu accordera ce don gratuit qui dépasse nos forces dans la mesure où nous sommes fidèles et humbles ».

    Selon le prélat, Silence est un film « erratique » dans lequel, au fond, « on projette le relativisme contemporain ».

    En conclusion, « dire intérieurement “oui, je suis chrétienˮ sans le démontrer dans les œuvres, c’est la projection du relativisme de ceux qui optent pour une vie sans cohérence interne : je fais un pacte avec Jésus-Christ mais aussi avec le monde. Voilà ce qui transparaît dans ce film ».

    Source : https://www.almudi.org/peliculas/silencio. Ce texte a été traduit de l’espagnol par Stéphane Seminckx.

  • Le film "Silence" et le silence de Dieu

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    Lu sur le site de La Croix :

    « Silence » et le silence de Dieu, par Gaël Giraud

    Gaël Giraud, jésuite, revient sur le film de Martin Scorsese, « Silence ».

    Pour Gaël Giraud, le film de Martin Scorsese semble poser une question redoutable : le silence de Dieu devant la souffrance humaine, que signifie-t-il ?

    Le film de Martin Scorsese semble poser une question redoutable : le silence de Dieu devant la souffrance humaine, que signifie-t-il ? Le cinéaste ne répondra pas dans ce film, lequel se clôt sur une sentence énoncée en voix off : « Dieu répondra… » Mais quand ? Ce n’est autre que la question posée dans l’Apocalypse : « Jusques à quand tarderas-tu à faire justice ? » (Ap 6, 10).

    Silence situe ce mystère aussi vieux que la souffrance elle-même au cœur du drame des paysans japonais chrétiens et pauvres du XVIIe siècle, soumis à une répression d’une rare cruauté. Et au cœur du drame éprouvé par les missionnaires catholiques, notamment des jésuites portugais, venus évangéliser l’archipel dans le sillage de saint François-Xavier. Tout tourne, en effet, autour de deux d’entre eux, Ferreira et Rodrigues, qui finirent par abjurer leur foi pour épargner d’inutiles souffrances aux chrétiens japonais torturés.

    Scorsese (et avant lui le romancier japonais catholique Shūsaku Endō, dont il s’inspire) semble entremêler deux thèses qui convergent vers la même conclusion : il valait mieux abjurer. La première est que le christianisme est une religion qui ne veut pas la souffrance de l’homme, de sorte que, placé dans une situation perverse, il était préférable de renoncer à son orgueil de prêtre occidental et de sauver des vies. Renoncer à s’affirmer chrétien serait alors le meilleur moyen de le rester. La seconde thèse est que la civilisation japonaise, bouddhiste par essence, serait intrinsèquement étrangère au christianisme. La prétendue visée universaliste de ce dernier serait simplement l’héritage de l’enracinement occidental du christianisme. Une ambition mise en échec par la singularité nippone que nos braves missionnaires n’avaient pas vraiment pris la peine d’apprendre à connaître.

    Sauver la vie d’autrui est évidemment un motif légitime pour consentir à se compromettre en apparence face à des régimes dictatoriaux. De même, l’expérience évangélique n’a jamais pu se transmettre sans un travail, de l’intérieur, des référents culturels au sein desquels elle a d’abord été explicitée. Pourtant Matteo Ricci, astronome jésuite italien qui, à la même époque, entrera à la cour de l’empereur de Chine, et deviendra un authentique mandarin, témoigne de ce que cette intelligence de l’inculturation n’était pas étrangère aux jésuites du Grand Siècle. Néanmoins, le film ne semble pas vouloir s’arrêter à ces constats somme toute bien connus. Il suggère en effet que les deux jésuites apostats ont collaboré avec le régime japonais dans sa rage obsessionnelle à détruire tout signe chrétien, tout en conservant leur foi in petto, dans la plus absolue discrétion. En affichant ce renoncement à toute manifestation extérieure de leur fidélité religieuse, Scorsese veut-il faire l’apologie d’un christianisme intimiste, rangé au rayon des spiritualités intérieures ? Pareille lecture du film n’est pas impossible. Et c’est cela précisément qu’il faut questionner.

    Je doute fort que nos amis bouddhistes endosseront les tortures infligées par l’inquisition japonaise comme faisant partie de l’essence de leur sagesse. Il est aussi permis de douter que ce raffinement sadique fasse partie de l’essence d’une « culture japonaise ». De quoi, alors, la traque subie par les chrétiens au début de l’ère Tokugawa est-elle le nom ? D’un totalitarisme aussi tristement banal que cruel, qui tente d’exercer un contrôle policier des comportements de tous, et d’en exclure toute trace du christianisme. Résister, d’une manière ou d’une autre, à un tel totalitarisme, ce n’était donc pas manquer de compréhension à l’égard de la civilisation japonaise, si énigmatique soit-elle. C’était faire œuvre de justice.

    Ce qui semble échapper au film Silence, c’est que l’expérience chrétienne est éminemment politique, et que les martyrs – chrétiens ou non – ont toujours et partout été les témoins souffrants d’une résistance à l’oppression. En témoignent, en France, Jean Moulin et les martyrs de la Résistance, qu’ils fussent chrétiens, communistes ou gaullistes. Ou encore, parmi tant d’autres, les six jésuites assassinés au Salvador en 1989 par la junte militaire d’extrême droite alors au pouvoir. La question, dès lors, n’est plus celle de savoir si je dois « tenir » ou « abjurer », mais comment s’organise la résistance à la dictature. Peut-être passe-t-elle par une apostasie de façade, peut-être par un entrisme intelligent au sein des structures de pouvoir, susceptible de conduire au tyrannicide, peut-être par un christianisme catacombaire en attendant des jours meilleurs. Les chrétiens qui, en Pologne, résistèrent à la dictature communiste ont utilisé tous ces stratagèmes.

    Et c’est cela qui manque dans Silence : le point de vue des Japonais eux-mêmes, chrétiens ou non, par-delà le cercle étroit des collaborateurs du régime. Le point de vue des vaincus, dont certains survivants ont gardé la mémoire dangereuse du Crucifié. Si, d’ailleurs, le régime japonais a cherché par tous les moyens à éradiquer leur foi, n’est-ce pas justement parce qu’elle représente bien plus qu’une expérience intimiste, mais,bel et bien un engagement politique dangereux pour les régimes totalitaires ?

    Aux questions piégées d’un pouvoir politique qui ne respecte plus l’humain, le Christ a certes répondu par le silence (Mt 26, 63). Non pas le silence d’un Dieu retiré des affaires des hommes, mais celui d’un homme condamné par avance pour avoir troublé l’ordre public de l’occupant romain. Celui d’un Dieu qui refuse de se compromettre avec les jeux pervers du pouvoir humain. Au péril de sa vie. Silence des victimes dont la mémoire restera un danger tant que le Ressuscité continuera d’appeler les femmes et les hommes d’aujourd’hui à la liberté.

    Gaël Giraud
  • Une déclaration sur les conditions actuelles de la musique sacrée déplore l'état déplorable où elle se trouve

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    Cantate Dominum, Cantate Novum :
    Déclaration sur les conditions actuelles de la musique sacrée (source)

    Nous soussignés, musiciens, pasteurs d’âmes, enseignants, chercheurs et amateurs de musique sacrée, nous présentons à la communauté catholique du monde entier cette déclaration exprimant notre grand amour du trésor de la musique sacrée de l’Église et notre profond malaise devant l’état malheureux où elle se trouve.

     Introduction

    Cantate Domino canticum novum, cantate Domino omnis terra (Psaume 96): ce chant à la gloire de Dieu a retenti tout au long de l’histoire du christianisme depuis ses commencements jusqu’à nos jours. L’écriture sainte et la sainte Tradition témoignent toutes deux d’un grand amour de la beauté et de la puissance de la musique dans le culte offert au Dieu tout-puissant. Le trésor de la musique sacrée a toujours été cher aux saints, aux théologiens, aux papes et aux fidèles de l’Église

    L’on retrouve le témoignage de cet amour et de cette pratique de la musique au travers de la littérature chrétienne et dans maints documents que les papes ont consacrés à la musique sacrée, depuis le Docta Sanctorum Patrum de Jean XXII (1324) et le Annus Qui de Benoît XIV (1749) au motu proprio Tra le sollecitudini de s. Pie X (1903), au Musicae Sacrae Disciplina de Pie XII, au chirographe de s. Jean-Paul II sur la musique sacrée, et ainsi de suite. Cette vaste documentation nous amène à considérer avec le plus grand sérieux l’importance et le rôle de la musique dans la liturgie. Cette importance est liée au lien profond qui existe entre la liturgie et sa musique.  Ce lien va dans les deux sens: une bonne liturgie est propice à une musique magnifique, mais d’autre part un niveau médiocre de musique liturgique a un effet considérable sur la liturgie. Il ne faut pas non plus oublier l’importance œcuménique que revêt la musique : on sait que d’autres traditions chrétiennes – telles l’anglicane, la luthérienne et l’orthodoxe – ont l’importance et la dignité de la musique sacrée en très grande estime, comme en témoignent leurs propres « trésors », si jalousement préservés.

    Nous vivons un jalon important : le cinquantième anniversaire de la promulgation de l’Instruction sur la musique dans la liturgie du 5 mars 1967, Musicam sacram, sous le pontificat du bienheureux Paul VI. À la relecture de ce document, on ne peut aujourd’hui que songer à la via dolorosa qu’eut à parcourir la musique sacrée pendant les décennies qui ont suivi Sacrosanctum concilium. Car ce qui se produisait dans certains secteurs de l’Église à l’époque (1967) n’était pas du tout dans la ligne indiquée par Sacrosanctum Concilium ou Musicam sacram. Certaines orientations qui étaient entièrement absentes des documents conciliaires furent imposées dans la pratique, ce avec parfois un certain manque de vigilance de la part du clergé et de la hiérarchie ecclésiastique. Dans certains pays le trésor de la musique sacrée dont le Concile avait demandé la préservation fut non seulement aucunement préservé, mais bien plutôt l’objet d’opposition. Ceci tout à fait à l’encontre du Concile, qui avait clairement indiqué que :

    La tradition musicale de l’Église universelle constitue un trésor d’une valeur inestimable qui l’emporte sur les autres arts, du fait surtout que, chant sacré lié aux paroles, il fait partie nécessaire ou intégrante de la liturgie solennelle. Certes, le chant sacré a été exalté tant par la Sainte Écriture que par les Pères et par les Pontifes romains ; ceux-ci, à une époque récente, à la suite de saint Pie X, ont mis en lumière de façon plus précise la fonction ministérielle de la musique sacrée dans le service divin. C’est pourquoi la musique sacrée sera d’autant plus sainte qu’elle sera en connexion plus étroite avec l’action liturgique, en donnant à la prière une expression plus agréable, en favorisant l’unanimité ou en rendant les rites sacrés plus solennels. Mais l’Église approuve toutes les formes d’art véritable, si elles sont dotées des qualités requises, et elle les admet pour le culte divin (SC 112).

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  • « Inculturer » les chefs d’œuvre de la musique sacrée dans la modernité ?

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    Le pape François a regretté ce samedi devant les participants à un congrès sur la musique sacrée que la volonté de modernité et l'abandon du latin aient parfois conduit à "une certaine médiocrité" dans la liturgie. Lu sur voafrique :

    "La rencontre avec la modernité et l'introduction des langues parlées (dans chaque pays, au lieu du latin) dans la liturgie ont suscité tant de problèmes", a estimé le pontife argentin.

    "Par moments, une certaine médiocrité, superficialité et banalité a prévalu, au détriment de la beauté et de l'intensité des célébrations liturgiques", a-t-il fait valoir.

    Pour le pape, l'Eglise se doit de sauvegarder et de valoriser le riche patrimoine de la musique sacrée, en évitant cependant toute vision "nostalgique".

    En effet, elle doit dans le même temps faire en sorte que la musique et les chants à la messe "soient pleinement +inculturés+ dans les langages artistiques et musicaux actuels (... afin de) faire vibrer le coeur de nos contemporains", a-t-il insisté.

    Pour cela, le pape a lancé un appel aux musiciens, compositeurs, chefs de chœur et animateurs de messe à travers le monde à contribuer à un "renouvellement qualitatif" du chant liturgique et prôné une formation musicale adéquate pour les futurs prêtres, "dans un dialogue avec les courants musicaux de notre temps"

    Ref. Le pape regrette "une certaine médiocrité" de la liturgie moderne

    L « inculturation » de Bach et Messiaen ou de quinze siècles de chant grégorien, c’est quoi exactement ? Un chef d’œuvre spirituel parle à l’intelligence de l'âme quel que soit son âge et n’a aucun besoin de transcription. La philosophe Simone Weil écrivait ceci : « Une mélodie grégorienne témoigne autant que la mort d’un martyr. » En tout cas, elle nous déporte, elle nous transporte, elle nous gratifie de la présomption d’un Paradis empreint de gravité. Elle n’est ni triste ni gaie, elle ne prétend pas nous séduire, nous éblouir ; même pas nous émouvoir. Ce qu’impose sa présence ne figure pas dans la gamme de l’affectivité. Toujours Simone Weil : « Un amateur de musique peut fort bien être un homme pervers – mais je le croirais difficilement de quelqu’un qui a soif de chant grégorien. » Le fait est que les sentiments profanes – tous ambivalents – sont miraculeusement supplantés par un fondu-enchaîné d’émotions qu’on ne saurait décrire, mais d’où la moindre impureté est exclue.

    Trait du 1er dimanche du carême (5 mars 2017)

    Refhttp://eglisedusaintsacrementliege.hautetfort.com/archive/2017/03/02/patrimoine-liturgique-et-culturel-5916680.html

    JPSC

  • Selon Philippe Lamberts, le combat de la laïcité est allé trop loin

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    De Christian Laporte sur le site de la Libre :

    Pour Philippe Lamberts, le combat de la laïcité "est allé trop loin"

    Le député européen Ecolo ne se montre pas moins hérissé par ceux qui utilisent la religion comme argument identitaire.

    Je suis pour une totale séparation de l’Eglise et de l’Etat mais les chrétiens qui s’engagent en politique doivent pouvoir eux aussi affirmer ce pour quoi ils se battent." Fin décembre 2008, lors d’un débat politique à la rencontre des jeunes de Taizé au Heysel, un militant d’Ecolo peu connu montrait que son engagement de "catho pratiquant" n’avait rien à envier à ceux de Mark Eyskens, vieux briscard immémorial de la foi au CD&V et de Clotilde Nyssens, rescapée d’un certain esprit chrétien au CDH, parti officiellement humaniste.

    Philippe Lamberts siège depuis lors au Parlement européen. Et ce fidèle, dans tous les sens du terme, de la paroisse du St-Esprit à Anderlecht ne met pas son drapeau religioso-philosophique en poche. Dans une interview sans langue de buis au "Vif", l’élu Ecolo confirme qu’il n’accepte toujours pas qu’on confine la religion à la sphère privée. Cet habitué de Taizé qu’il considère comme son "lieu d’enracinement" n’en est pas moins hérissé par l’attitude des hommes politiques qui utilisent la religion comme argument identitaire, et non comme démarche spirituelle.

    Arrêter de considérer les croyants comme des arriérés…

    Ce qu’il traduit avec son franc-parler traditionnel : "Si j’examine la cohérence entre le message de l’Evangile et l’action politique de ceux qui s’en réclament, j’ai vraiment envie de rigoler. Parce que, souvent, c’est tout le contraire"… Mais l’élu envoie aussi une volée de bois vert aux apôtres de la laïcité intégrale : "En Europe, depuis les Lumières, le combat pour le libre-examen, pour la reconnaissance d’un être humain capable de penser par lui-même, a été un combat difficile contre le pouvoir des Eglises chrétiennes. Ce combat de la laïcité devait être mené. Mais je pense que c’est allé trop loin. A gauche, on en est arrivé à assimiler la religion à l’opium du peuple, sans nuance. Avec condescendance, on considère les croyants comme des arriérés, des enfants qui se débarrasseront des oripeaux de la vie spirituelle une fois qu’ils deviendront adultes. On arrive peut-être à un moment où l’Europe est mûre pour vivre bien dans ses baskets à la fois le chemin spirituel et le libre-examen…"

     
  • Patrimoine liturgique et culturel

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    Chaque premier dimanche du mois, l’église du Saint-Sacrement offre à 10h00 une célébration dominicale unique en son genre à Liège (Bd d’Avroy, 132), en soignant la qualité du chant grégorien et celle de la musique instrumentale assurée par d’excellents professionnels : Patrick Wilwerth, professeur d’orgue au conservatoire de Verviers et directeur du chœur universitaire de Liège, ainsi que deux jeunes violonistes de l’Ensemble Darius qui mettent leur talent  au service du culte.

    Pour cette célébration l'association canonique "sursum corda" a voulu garder aussi la richesse de la liturgie ancienne dans laquelle est né l’immense répertoire du plain-chant. C’est en latin, certes, mais l’usage antique et vénérable de cette langue, mère de la nôtre,  ne présente aucun inconvénient : les fidèles qui en éprouvent le besoin trouvent la traduction dans les livrets qui sont mis à leur disposition.

    Une initiative à la fois spirituelle et patrimoniale qui mérite le détour :

    Saint-Sacrement 1er dimanche du mois_2.0.jpg

    Ref. http://eglisedusaintsacrementliege.hautetfort.com/archive/2017/03/02/patrimoine-liturgique-et-culturel-5916680.html

    JPSC

  • Simone Weil (la grande) et l'actualité politique française

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    Une pensée de Simone Weil s'applique tout naturellement à l'actualité politique française :

    « La nature charnelle de l’homme lui est commune avec l’animal. Les poules se précipitent à coups de bec sur une poule blessée. C’est un phénomène aussi mécanique que la pesanteur. » (AD5, 104)