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Culture - Page 5

  • Dimanches musicaux à l’église du Saint-Sacrement à Liège : le 19 novembre à 16h00, récital Schubert avec le Trio Subito.

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    Dans le cadre de la série « Foliamusica » 2017 dédiée à la promotion des jeunes musiciens professionnels :

    FOLIAMUSICA AFFICHE DE TRIO SUBITO 2017-page-001.jpg

    Entrée 9€, gratuit pour les enfants de moins de 10 ans.

    Réservations : tel 0473 32 19 83

    le récital sera suivi d’une rencontre avec les artistes autour du verre de l’amitié

    offert  dans la salle de réception de l'église

    www.foliamusica.be

     

    JPSC

  • Faire payer l’entrée des cathédrales et autres églises classées toujours affectées au culte ?

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    cathedrale-notre-dame-paris-touristes-fideles-payer-entree.jpgCette pratique est en déjà en  vigueur dans plusieurs pays d’Europe comme…l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne ou les Pays-Bas.  Heureusement pas (encore ?) en Belgique ni en France où Stéphane Bern, chargé d’une mission sur le patrimoine, a suggéré de faire payer l’entrée des cathédrales pour entretenir ces monuments: une idée que l’épiscopat français  a rejetée lundi en soulignant que ceux-ci étaient « avant tout » des « lieux de prière et de culte dont l’accès doit être libre ».

    De Mahaut Hermann sur le site web de « La Vie » :

    « Une proposition se voulant audacieuse, le tollé général, un recul partiel : la mécanique est bien rodée et marche à tous les coups. La dernière idée de Stéphane Bern pour le patrimoine religieux (faire payer l’entrée des cathédrales) n’a pas fait exception à la règle.  « Je suggérais de faire payer l'entrée de Notre-Dame aux visiteurs touristiques - qui empêchent du reste les croyants de se recueillir - en dehors des heures où s'y rendent les fidèles »a précisé l’animateur de télévision sur Twitter. Celui-ci a aussi accusé ses détracteurs d’avoir « déformé cette suggestion qui émane de l’observatoire du patrimoine religieux ».

    De fait, la cohabitation entre ceux qui prient et ceux qui visitent des lieux de culte hautement touristiques n’est pas toujours aisée, que ce soit à Paris avec Notre-Dame, à Reims, à Chartres, à Lyon avec Fourvière, à Vézelay, et dans bien d’autres villes. La proposition relayée par Stéphane Bern ne sort pas du néant. Elle sert à gérer les visites des édifices religieux de bien des pays européens en dehors des horaires de cultes et de prière. Cependant, même répandue, elle repose sur une distinction curieuse. Distinguer le fidèle du touriste revient à postuler que le touriste ne peut pas être touché par la dimension sacrée d’un lieu de culte et qu’il ne voit en lui que la « vieille pierre », et que, réciproquement, le fidèle ne voit ce lieu que comme un toit qui l’accueille pour prier, sans s’appuyer pour lui pour nourrir sa prière. De l’art sacré, l’un ne retiendrait en somme que l’art et l’autre que le sacré, sans comprendre les liens qui unissent l’un et l’autre. Or le fidèle entré dans Notre-Dame pour prier peut très bien avoir envie d'aller admirer les œuvres par lesquelles ses prédécesseurs ont chanté la gloire de Dieu avant de s'arrêter devant le Saint-Sacrement ou dans tout autre endroit de l’édifice réservé à la prière. Le lien étroit entre art et prière est d’ailleurs développé dans le texte le plus officiel qui soit, le Catéchisme de l’Église catholique : « ‘créé à l’image de Dieu’ (Gn 1, 26), l’homme exprime aussi la vérité de son rapport à Dieu Créateur par la beauté de ses œuvres artistiques » (§2501), « l’art sacré véritable porte l’homme à l’adoration, à la prière et à l’amour de Dieu Créateur et Sauveur, Saint et Sanctificateur » (§ 2502).

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  • Le transhumanisme : tour de Babel du vingt-et-unième siècle

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    Du site "laselectiondujour.com" :

    LE TRANSHUMANISME, TOUR DE BABEL DU XXIE SIÈCLE

    « Il y a autant de transhumanismes que de transhumanistes », confie un des promoteurs du colloque « TransVision 2017 » tenu à Bruxelles ce week-end. L’occasion pour le site 01net de faire le point sur les différents courants de pensée qui animent et divisent cette idéologie en vogue.

    La pensée « transhumaniste », née en Californie dans les années soixante, vise à faire advenir par les nouvelles technologies un « homme amélioré », le Cyborg (organisme cybernétique), capable d’abolir ces trois limites de notre nature : le corps sexué, le temps et la mort. Mais vers cet objectif commun d’un « homme augmenté » jusqu’à frôler l’éternité,  les chemins divergent, rapporte 01net. En effet, les transhumanistes peinent à s’accorder sur leurs priorités, ce qui les divise en « techno-progressistes », « immortalistes », « libertariens », « singularitariens » … Par ailleurs, tous ne sont pas fans de cryogénisation, de téléchargement du cerveau, ou encore d’une expansion sans limite de l'intelligence artificielle.

    Néanmoins cette nébuleuse transhumaniste veut peser politiquement, par exemple en présentant une liste transhumaniste aux prochaines élections européennes de 2019. Et l’on aurait tort de ne pas prendre au sérieux son projet prométhéen, bien décrit par le philosophe Fabrice Hadjadj dans le dernier numéro de Famille Chrétienne (27/10/2017) : conquérir l’immortalitéau prix d’une double rupture : «l’immortel rompt avec ses pères, qui étaient mortels, et il ne laisse jamais la place à ses fils, puisqu’il n’y a plus de succession ». Le transhumanisme est donc un programme de guerre intergénérationnelle avec l’euthanasie comme arme de prédilection. Comme l’avait prédit Woody Allen, « l’éternité, c’est long, surtout vers la fin » … 

  • Le roman de la vie de sainte Bakhita parmi les finalistes du prix Goncourt

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    De Jules Germain sur aleteia.org :

    Bakhita : le roman de la vie d’une sainte parmi les finalistes du prix Goncourt

    Le roman Bakhita vient d’être retenu parmi les quatre finalistes du prix Goncourt. Il s’agit de la dernière sélection avant le résultat final qui sera donné le 6 novembre. Zoom sur ce très beau roman consacré à une ancienne esclave devenue sainte.

    Ce roman lumineux, déjà Prix du roman Fnac, est l’un des phénomènes de la rentrée littéraire. Écrit par une romancière non catholique, il retrace avec une grande beauté le parcours extraordinaire de cette sainte canonisée par Jean Paul II.

    Née au Soudan vers 1869, sainte Joséphine Bakhita incarne, selon Benoit XVI, la beauté de l’espérance. Enlevée et vendue comme esclave alors qu’elle était encore enfant, cette sainte des temps modernes a fait l’expérience de la perte de tout et de l’oubli total d’elle-même. L’auteur, Véronique Olmi, insiste : Bakhita est un surnom donné par des esclavagistes. Joséphine est son prénom de baptême adulte. Son vrai nom, Bakhita l’a oublié. Cet oubli symbolise plus largement une expérience de dépersonnalisation : l’esclavage l’a conduite à ce point où sa dignité de personne a été totalement niée.

    Une rencontre libératrice

    Alors qu’elle appartenait à un général turc qui lui infligeait des scarifications, Bakhita est rachetée en 1883, à quatorze ans, par le consul d’Italie à Khartoum, au Soudan. Elle raconte : « Le nouveau maître était assez bon et il se prit d’affection pour moi. Je n’eus plus de réprimandes, de coups, de châtiments, de sorte que, devant tout cela, j’hésitais encore à croire à tant de paix et de tranquillité ».

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    Bakhita, par Véronique Olmi, Albin Michel, août 2017, 22,90 euros.

  • La dictature du relativisme et ses idoles

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    De Bertrand Vergely sur le site de l'Institut Montalembert (6 novembre) :

    La dictature du relativisme

    Bertrand VERGELY nous apporte, dans ce magnifique texte, un éclairage sur le mensonge et la tyrannie du relativisme.

    Le relativisme vient du terme relation et signifie le fait pour la pensée de relier une réalité posée comme absolue à un contexte matériel et historique afin de montrer que celle-ci n’a rien d’absolu. Pour ses défenseurs, le relativisme est un progrès majeur, l’absolu étant synonyme de fanatisme et donc de violence et de folie.

    Avant de voir si c’est le cas, voyons ce qui se passe derrière le relativisme.

    1. Retour sur la notion d’absolu. L’absolu désigne ce qui est sans lien avec quoi que ce soit d’autre que lui-même. Les Anciens disaient « ce qui se soutient par soi ». D’où une coupure radicale entre l’absolu et le reste. Il est à la mode de critiquer l’absolu en voyant là une figure du fanatisme et de la violence. Il s’agit là d’une erreur. Consultons notre expérience. Tout ce qui est grand est absolu. Ainsi prenons le vrai, le bien et le beau. Rien n’est vrai, bien ou beau parce que cela est relativement vrai, bien ou beau. Tout est vrai, bien ou beau parce que cela est absolument vrai, bien ou beau. On ne fait pas les choses à moitié. On les fait ou on ne les fait pas. D’où l’erreur de ceux qui croient bien faire en relativisant le vrai, le bien et le beau. En croyant sauver le vrai, le bien et le beau, ils le tuent. On croit que les violents et les assassins sont les fanatiques. De fait, ce sont eux qui sont les violents et les assassins.

    Est-ce à dire que le relativisme n’a aucun sens ? Il en a. À condition que l’on comprenne pourquoi et comment. Ainsi il nous arrive sans cesse d’exagérer en donnant trop d’importance à ce qui n’en a pas. D’où des erreurs, en science et en morale.  Relativiser, dans ces conditions, s’avère salutaire afin d’éviter en science de fabriquer des obstacles épistémologiques et en morale des conflits. Hormis ces cas extrêmes, il n’y a aucun intérêt à relativiser. Au XVIIIème siècle pourtant, il en a été décidé autrement. Posant la religion comme une pathologie, les penseurs matérialistes ont décidé de relativiser la religion. Au XIXème siècle, ce principe s’est étendu à toute la sphère de l’esprit et des idées qui ont été relativisées, les idées et l’esprit étant censées faire le jeu de la religion. Résultat, nous vivons sous la dictature du relativisme qui tend à tout relativiser sauf le relativisme afin d’asseoir une vue matérialiste et athée de l’existence. Il importe de se délivrer d’une telle vision proprement pathologique.  L’absolu fait partie de nos vies. C’est ainsi. Rien de ce qui est essentiel ne se divise. Il faut en prendre acte et en être reconnaissant. C’est l’absolu qui sauve la vie de l’esprit.

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  • Quand Disney plonge les enfants dans les délices de la famille homoparentale...

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    Via CitizenGo :

    Cela devait arriver et... c'est arrivé. 

    Disney vient de lancer son premier dessin animé racontant les aventures d'une famille dont les enfants ont "la chance" d'avoir deux mamans et pas de papa...

  • Dernières nouvelles de l'homme (et de la femme aussi) : chroniques d'une disparition annoncée

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    De Benjamin Fayet sur Aleteia.org :

    Fabrice Hadjadj : « Être humain, c’est se tourner vers le mystère de Dieu ou vers la vie sexuelle des mouches »

    Le philosophe Fabrice Hadjadj publie aux éditions Tallandier, "Dernières nouvelles de l'homme (et de la femme aussi) : chroniques d'une disparition annoncée". Dans cette compilation de deux années de chroniques pour la revue italienne Avvenire, également publiés en France par la revue Limite, il s'attaque avec son style enlevé et plein d'humour aux dogmes du progrès, du technicisme et du consumérisme.

    Aleteia : L’emprise technologique au cœur de la réflexion de votre livre est-elle la principale raison de l’effondrement spirituel de notre monde ?

    Fabrice Hadjadj : Elle est plutôt la cause d’un effondrement charnel : nous nous voyons de plus en plus comme des individualités libres indépendantes du corps donné par la naissance. Voilà pourquoi nous pouvons passer nos journées tassés sur un siège à regarder des écrans, réduire notre intelligence à des algorithmes qui n’ont plus rien à voir avec l’activité de nos mains, fantasmer le transfert de notre conscience sur des « supports non-biologiques ». Votre question elle-même est marquée par cet état des choses. Elle présuppose que l’essentiel est du côté du spirituel. Mais que faut-il entendre par « spirituel », catégorie moderne et fourre-tout ? Le démon n’est-il pas lui-même un esprit – un pur esprit impur, pour ainsi dire ? Et le Verbe, au contraire, ne s’est-il pas fait chair, de sorte que depuis l’Ascension, la chair, dans son animalité même, est devenue une réalité invisible et divine ?

    Le christianisme est peut-être une spiritualité, mais c’est alors une spiritualité de l’Incarnation. Insister trop sur le spirituel, en oubliant la chair, c’est conforter à la fois l’hybridation de l’homme avec la machine, mais aussi la rupture de l’homme avec les autres vivants. C’est être encore sous l’influence du paradigme technocratique, sans s’en apercevoir.

    Car ce paradigme affecte aussi notre rapport au religieux : qu’il s’agisse de la mindfulness, où la méditation s’éloigne de la prière pour devenir une technique de bien-être ; du jihadisme où l’on prétend atteindre le paradis en appuyant sur un détonateur ; ou même de ce mélange de psychologisme et de pseudo-pentecôtisme où l’Esprit saint ressemble à un logiciel qui se télécharge quasi instantanément et vous confère le repos ; dans tous ces cas, on reste dans une mentalité technologique, où l’on a perdu la patience propre à la culture — cette lenteur de la pousse des plantes, que Jésus propose comme la bonne vitesse, dans la parabole du semeur.

    Cette dénonciation du paradigme technocratique semble s’harmoniser parfaitement avec l’encyclique Laudato Si’ du pape François. Est-il pour vous une source d’inspiration et a-t-il joué un rôle dans votre évolution intellectuelle au cours de ces deux années de chroniques hebdomadaires ?

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    Dernières nouvelles de l’homme (et de la femme aussi) : chroniques d’une disparition annoncée, par Fabrice Hadjadj, Tallandier, octobre 2017, 336 p., 18, 90 euros.

  • Un hommage vibrant du cardinal Sarah au grégorien et à la liturgie

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    Du site de l'Homme Nouveau :

    Hommage vibrant du cardinal Sarah au grégorien et à la liturgie

    Rédigé par Cardinal Robert Sarah, Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements. le  dans Religion

    Hommage vibrant du cardinal Sarah au grégorien et à la liturgie

    Card. Robert Sarah

    Pour le Jubilé d'or à Praglia (Italie) fêtant les 50 ans de fondation de l'Association Saint-Benoit Patron de l'Europe, le Cardinal Robert Sarah a rappelé le lien étroit entre les racines chrétiennes de l'Europe et la liturgie. Dans son propos, le cardinal a rappelé la place importante du latin et du grégorien, chez les bénédictins, mais aussi chez tous les catholiques. Il voit en effet dans ces deux composants la matrice de la liturgie. Pour le cardianl Sarah, le grégorien en tant que chant liturgique par excellence, est le plus à même de faire le lien entre le monde visible et invisible et ainsi de nous permettre de rentrer dans l'extase chrétienne, seule vraie extase, possible uniquement, dit-il, en présence de la croix. 

    Message à l’Association Saint-Benoît Patron de l’Europe à l’occasion de son Jubilé d’or (50 ans de fondation)

    Je suis heureux de saluer toutes les personnes, originaires de divers pays européens, qui participent au Congrès de l’Association Saint Benoît Patron de l’Europe, dans cette magnifique abbaye bénédictine de Praglia, à l’occasion de son Jubilé d’or. En effet, c’est en 1967, il y a tout juste cinquante ans, que votre Association a été fondée à la suite de la proclamation, par le Bienheureux Pape Paul VI, de saint Benoît de Nursie, le « Père » du monachisme en Occident, Saint Patron de l’Europe, le 24 octobre 1964 (1). Les fondateurs de votre Association s’étaient sentis particulièrement concernés par l’appel lancé par le Souverain Pontife depuis l’abbaye du Mont Cassin, symbole du déchirement, puis de la réconciliation des nations qui constituent l’Europe: « Notre vieille société », avait dit Paul VI, « a tellement besoin de puiser dans ses racines chrétiennes une vigueur et une splendeur nouvelles, dont elle est redevable en si grande partie à saint Benoît qui les a alimentées de son esprit » (2), L’objectif principal de l’Association Saint-Benoît Patron de l ‘Europe consiste donc à promouvoir et à diffuser la culture chrétienne dans une Europe spirituellement unie par la foi en Jésus Christ, Rédempteur de l’humanité. Il n’est donc pas étonnant que, dès les premières heures de la vie de votre Association, le Très Révérend Père Abbé de Notre-Dame de Fontgombault, Dom Jean Roy, vous ait assuré de son soutien spirituel et de sa protection paternelle, une résolution courageuse et une attitude bienveillante, qui ne se sont jamais démenties par la suite sous ses successeurs: le Père Abbé émérite Dom Antoine Forgeot, qui honora de sa présence toutes vos rencontres importantes, et maintenant le Père Abbé Don Jean Pateau, que je salue très cordialement, de même que le Père Abbé de Notre-Dame de Triors, Dom Hervé Courau, qui vous a lu le message de Dom Forgeot.

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  • Le centième anniversaire de la mort de Léon Bloy

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    De Mélinée Le Priol sur le site du quotidien La Croix (3 novembre) :

    Qui sont les catholiques qui lisent Léon Bloy aujourd’hui ?

    Léon Bloy, pamphlétaire catholique et écrivain mystique, est mort il y a tout juste un siècle, le 3 novembre 1917.

    Peu connu du grand public, il reste un auteur important pour de nombreux convertis au catholicisme et certains milieux catholiques de droite.

    « Celui qui ne prie pas Dieu prie le diable. » Le 14 mars 2013, lors de sa toute première homélie pontificale, le pape François fraîchement élu cite un auteur français mal connu, sinon tout à fait ignoré du grand public actuel : Léon Bloy (1846-1917). Cette référence à un écrivain aussi virulent et tempétueux n’a pas manqué de surprendre, notamment les milieux catholiques.

    À LIRE : Léon Bloy : cent ans après sa mort, le salut par les livres

    Il faut dire que Léon Bloy, converti à l’âge de 23 ans au contact de l’écrivain chrétien Jules Barbey d’Aurevilly, nourrissait pour les bourgeois et les chrétiens « tièdes » de son temps une haine féroce. Venu du socialisme révolutionnaire et de l’anticléricalisme, ce « prophète des pauvres » reprochait notamment au clergé sa complicité avec la bourgeoisie. Détesté des croyants comme des incroyants, il sera qualifié d’anarchiste de droite.

    Son œuvre furieuse, brûlante, inquiète du naufrage spirituel d’une société en voie de sécularisation, continue d’influencer certains milieux catholiques de droite, et notamment la droite royaliste.

    L’auteur des convertis ?

    « Quand on a envie d’en découdre avec le monde moderne, Léon Bloy est le polémiste idéal », soutient pour sa part Paul Piccarreta, directeur de la revue Limite, qui, sans se reconnaître dans les rangs de cette droite catholique, compte cet auteur parmi ses pamphlétaires préférés. Lui-même converti, il se sent aussi proche d’autres écrivains catholiques convertis du XIXe siècle, comme Jules Barbey d’Aurevilly ou Charles Péguy.

    À LIRE : Quand des chrétiens racontent leur conversion

    « Je crois que Léon Bloy continue aujourd’hui d’accompagner de nombreux catholiques dans leur conversion », ajoute Paul Piccarreta, qui voit dans cette figure un auteur de jeunesse, « à lire à 20 ans ». « Il vous introduit dans un univers dramatique, assez jobien (propre au personnage biblique Job, NDLR.), qui tient du cri vers Dieu. C’est un rapport à Dieu en perpétuelle tension. »

    Un « aliment spirituel vivifiant »

    La foi violente et lumineuse de Léon Bloy lui a permis de susciter de nombreuses conversions au catholicisme parmi les intellectuels de son temps, à commencer par Jacques Maritain et son épouse Raïssa, dont il fut le parrain de baptême. Il fut aussi admiré par les écrivains Paul Claudel et Georges Bernanos.

    Pour Pierre Glaudes, auteur d’un ouvrage récent sur cette figure (1), Léon Bloy reste d’une « actualité persistante » et peut être « aliment spirituel vivifiant »pour les catholiques d’aujourd’hui. « Mais Bloy n’est pas un théologien, précise-t-il, c’est un écrivain, un homme qui parle par analogie, qui joue avec les ressources de la fiction et qui donne à penser de cette façon. »

    Mélinée Le Priol

    (1) Léon Bloy, la littérature et la Bible, Les Belles Lettres, 464 p., 35 €.

  • Ploërmel : quand le laïcisme sape la laïcité

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    De Samuel Pruvot sur le site de l'hebdomadaire Famille Chrétienne :

    Mgr Centène : « À Ploërmel, le laïcisme sape la laïcité ! »

    L’évêque de Vannes, Mgr Raymond Centène, revient sur l’affaire de la croix de Ploërmel pour tirer au clair un imbroglio juridique qui cache mal une opposition anticléricale d’un autre âge. Il déplore un laïcisme qui sape la laïcité issue du christianisme. 

    La décision du Conseil d’Etat est-elle cohérente par rapport à la loi 1905 ?

    La décision du Conseil d’Etat applique strictement la loi de 1905 qui interdit d’ériger des signes religieux dans les lieux publics. On est d’accord ou pas avec cette loi mais c’est la loi. Comme disaient les Romains : « dura lex sed lex » (la loi est dure mais c’est la loi). Les signes religieux érigés avant 1905 sont conservés, c’est pourquoi en Bretagne il y a des calvaires en tous lieux - y compris à Ploërmel.

    Dans cette affaire, le Conseil d’Etat semble avoir oublié le code de la propriété littéraire et artistique. Le grand public ignore souvent ce fait. Ce code indique clairement qu’on ne peut porter atteinte à l’intégrité d’une œuvre d’art sans l’accord explicite de l’artiste. En le faisant, la mairie s’exposerait à des poursuites judiciaires de la part de l’artiste. La loi de 1905, présentée comme un grand principe de la République, n’est pas supérieure dans la hiérarchie des normes juridiques au principe de propriété artistique... car ce droit est confirmé par tous les traités internationaux, notamment le traité de Berne. Le fait que le sculpteur soit étranger et que le monument dans son intégralité ait été conçu et réalisé en Russie renforce sa position. Ce dernier peut faire tierce opposition à l’arrêt du Conseil d’Etat qui contrevient au droit inaliénable et imprescriptible de l’artiste à voir son œuvre respectée.

    Que peut faire l’évêché en l’état ?

    Je ne peux légalement entrer dans cette affaire. Certains reprochent à l’évêché de ne rien faire... Mais, techniquement, l’évêché n’est pas « partie » à cette instance. Cela veut dire que l’évêque n’a aucun moyen d’agir juridiquement. Ce qui pose problème, ce n’est pas tant la croix qui surplombe la statue que le lieu où elle est érigée. Si on cherche une issue, il faut déplacer la statue sur un autre terrain ou bien changer la nature juridique du terrain public où elle se trouve. En clair : vendre ce terrain à une personne privée.

    En attendant les solutions à venir, on a l’impression que cette campagne contre la statue de Jean-Paul II n’est pas exempte de mauvaise foi…

    Sur Ploërmel, une commune d’une dizaine de milliers d’habitants, l’opposition se résume à deux personnes… Ces opposants sont les mêmes depuis le départ. On s’appuie ici sur des arguties juridiques pour lutter contre l’Eglise. On dirait que ceux qui s’en prennent à la statue reprochent à Jean-Paul II d’avoir existé et à l’Eglise catholique tout court d’exister !

    Pourquoi cette tension autour d’une statue de Jean-Paul II ?

    Cette affaire cristallise beaucoup de choses car il y a en France une grande inquiétude autour de l’identité et de l’appartenance religieuse. Beaucoup de Français se sentent menacés dans leur identité c’est pourquoi cette affaire est devenue un symbole qui agite les réseaux sociaux. Le plus douloureux, c’est que la Croix a vocation à rassembler les hommes, comme le dit l’Ecriture, et non à les diviser. Jésus a donné sa vie pour rassembler les enfants de Dieu dispersés... Autant qu’un signe d’identité culturelle, la Croix est un signe d’unité.

    En quoi le christianisme peut-il faire bon ménage avec la laïcité à la française ?

    Le christianisme en France et en Europe est intimement lié à l’histoire de nos peuples au-delà du culte conscient et objectif. Jean-Paul II parlait des racines chrétiennes de l’Europe. Que les libres penseurs le veuillent ou pas, le christianisme fait partie de notre identité européenne. Le christianisme est plus qu’une religion, il est constitutif de notre être, de notre manière de vivre et de notre façon d’appréhender les problèmes de coexistence. Il faudrait que les opposants comprennent que s’ils n’étaient pas dans un pays chrétien ils ne seraient pas laïques. S’ils ont des idées laïques, c’est parce qu’ils sont eux aussi d’une certaine manière héritiers d’une Histoire façonnée par 2000 ans de christianisme. Ce qui rend possible une approche laïque, c’est précisément cet héritage culturel chrétien. C’est une originalité par rapport à toutes les autres religions. La laïcité repose sur la distinction entre le pouvoir politique et le pouvoir religieux, à savoir un principe posé par l’Evangile. Si le Christ n’avait pas déclaré qu’il fallait rendre à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César, les opposants à la statue de Jean-Paul II ne seraient pas là...

    Comment expliquez-vous ce paradoxe ?

    Pourquoi les premiers chrétiens ont-ils été martyrisés dans un monde polythéiste ? Parce qu’ils refusaient la divinisation de l’empereur ou de sacrifier de l’encens aux dieux de l’empire. Ils refusaient la collusion absolue entre le pouvoir religieux et le pouvoir politique. Des cohortes de martyrs chrétiens ont donné leur vie en affirmant ce principe de distinction. Le danger que ne voient pas ceux qui sont obnubilés par la lutte contre l’Eglise, c’est la montée de religions comme l’islam qui confond les pouvoirs religieux et politiques comme le faisaient les Romains. La charia est une loi donnée par Dieu pour être appliquée sur le terrain civil et pénal. Les laïcistes ne se rendent pas compte qu’ils sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis. Tout ce qui est fait pour affaiblir le christianisme contribue en fait à saper la laïcité. Cela revient à en arracher la racine.

  • Quand Microsoft installe une porte dérobée dans nos crânes

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    D'Erwan Le Morhedec (Koz) sur son blog (31 octobre):

    Langage inclusif : Back off, Microsoft !

    Vous connaissez la parabole de la grenouille, Al Gore l’avait utilisée pour souligner la menace climatique. Plongée dans l’eau bouillante, la grenouille s’en extirpe par mouvement réflexe. Mais, soumise à ébullition progressive, la batracienne s’épanouit jusqu’à cuisson. Pour les Français, c’est pareil.

    Trêve de grenouilles, comme on sait, les Français sont des veaux. Ou plutôt, les Françaises et les Français sont des veaux et, tant que nous y sommes, des velles. Ils ont accueilli la nouvelle d’une surveillance institutionnalisée de leur expression et partant, de leur pensée, avec le regard impavide de la bête que l’on mène par le col.

    Les uns ne voient rien venir, les autres diraient bien quelque chose certes mais quoi, et les derniers tendent à penser que Microsoft part d’une bonne intention. Que l’on me pardonne cette expression aussi potentiellement sexiste qu’offensante : bougres de cons, l’intention ne change rien à l’affaire !

    Microsoft vient d’installer une porte dérobée dans vos crânes.

    L’intégration du « langage inclusif » dans les corrections et suggestions de Word est loin d’être indifférente : c’est un basculement, un vrai changement de nature, et un changement inquiétant. Car il ne s’agit plus de corriger les fautes d’orthographe, d’appliquer des règles de grammaire, à la rigueur d’alléger votre style, toutes fonctionnalités classiques d’un traitement de texte. Non, en intégrant à Word le « langage inclusif », Micro$oft nous dit quoi écrire, nous dit quoi penser. Les suggestions étaient stylistiques, elles sont idéologiques. Une entreprise opère des choix idéologiques, et elle nous les impose.

    Ne vous y trompez pas : le vocabulaire est un champ de bataille. Chacun sait qu’en changeant les mots, on change la pensée. C’est d’ailleurs pleinement revendiqué par les tenants du « langage inclusif » et de l’ « écriture inclusive ».

    Lire la suite sur le blog Koztoujours.fr 

  • Le transhumanisme en débat (Fabrice Hadjadj - Laurent Alexandre)

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    FABRICE HADJADJ-LAURENT ALEXANDRE, LE TRANSHUMANISME EN DÉBAT

     de genethique.org (31 octobre 2017)

    Dans une interview croisée publiée par le magazine Famille chrétienne, le philosophe Fabrice Hadjadj et le docteur Laurent Alexandre confrontent leur point de vue sur le transhumanisme : mort de la mort, intelligence artificielle, eugénisme, des sujets au cœur de l’actualité qui interrogent notre vision de l’homme et de sa dignité.

    La quête de l’immortalité des transhumanistes ouvre un débat « qui ne fait que commencer », estime Laurent Alexandre, et elle « suppose une technologie très avancée : beaucoup d’informatique, d’intelligence artificielle, de nanotechnologie… ». Pour Fabrice Hadjadj, l’enjeu se situe plutôt à la naissance, car « l’immortel rompt avec ses pères, qui étaient mortels, et il ne laisse jamais la place à ses fils, puisqu’il n’y a plus de succession ». La vie est alors « une propriété que l’on conserve avec avarice ». En outre, ces immortels « finiront par se donner la mort », car « la possibilité technologique de prolonger la vie va s’accoupler avec la nécessité technologique d’y mettre fin ».

    Quant à l’intelligence artificielle, le terme pose problème au philosophe : intelligence artificielle et intelligence humaine sont-elles « dans un même genre » « Dans quelle mesure parler d’intelligence à propos de la computation des microprocesseurs ? Cela suppose de réduire l’intelligence à une gestion algorithmique du Big data ». Il préfère donc le terme d’ « artifice intellectuel », qui nous dépasse non pas du fait d’une intelligence plus grande, mais « parce que nous nous sommes mis à voir l’intelligence humaine comme un ordinateur sophistiqué, et donc que nous avons abandonné la quête de l’intelligence au profit d’un management cybernétique ». Laurent Alexandre explique de son côté qu’aujourd’hui, « on ne sait pas faire autre chose que de l’IA faible », mais « un jour l’IA générale arrivera », probablement « avant 2100 ». Celle-ci nous obligera à adapter nos métiers, à « repenser l’école et la formation ». Pour lui l’intelligence « est ce qui nous permet de prendre le pouvoir et de nous reproduire ».

    Enfin, la perspective du bébé à la carte est inéluctable pour Laurent Alexandre, qui craint particulièrement « l’eugénisme intellectuel » : « tous les arguments seront bons pour le justifier (…) on aura mille arguments pour penser que quelqu’un avec 180 de QI aura plus de dignité que quelqu’un avec 92 de QI ! ». En conséquence, il pense que « notre définition de la dignité [sera] profondément modifiée ». Fabrice Hadjadj invite à une réflexion plus profonde qu’une opposition de fait à l’eugénisme : « Confrontés à une proposition réelle d’amélioration des ‘performances’ de leur enfant, sans aucune élimination d’embryons » que feront ces opposants ? « Ce qui va se passer, c’est qu’au nom d’une certaine morale, et même au nom d’un moralisme, celui du bien de l’enfant à venir, le monde va entrer dans une logique eugéniste (…) L’issue n’est pas à trouver dans une morale plaquée, mais dans une conversion de nos modes de vie ».

    Sources: Famille chrétienne, Antoine Pasquier, Bénédicte Drouin-Jollès (27/10/2017)