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Société - Page 3

  • Abus sexuels : oser voir ce que l'on voit

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    De Jean Bernard sur le site du mensuel La Nef :

    Abus sexuels dans l’Église : oser voir ce que l’on voit !

    Le synode a abordé la question des abus sexuels dans l’Église, mais sans s’y étendre. Sur cette difficile question existent des rapports, américains notamment, peu médiatisés et tout aussi peu évoqués par les responsables ecclésiastiques qui ne les intègrent pas dans leur réflexion. Or, ces rapports mettent en évidence un certain nombre de faits qu’il est essentiel de prendre en compte si l’on veut éradiquer un terrible fléau aux conséquences si dramatiques.

    Depuis les dernières révélations concernant les abus sexuels sur mineurs commis par les membres du clergé au Chili, en Pennsylvanie et maintenant en Allemagne, la thèse officielle de l’Église est désormais claire : ces abus sont imputables au « cléricalisme », c’est-à-dire à ce sentiment de toute-puissance que le statut clérical conférerait à ses titulaires et qui les autoriserait à commettre de véritables crimes, en particulier sur les enfants. C’est en ce sens que, dans sa Lettre au peuple de Dieu du 20 août 2018, le pape François a souligné que l’origine de cette tragédie était à rechercher dans « la manière déviante de concevoir l’autorité dans l’Église », autrement dit dans le cléricalisme qui, « favorisé par les prêtres eux-mêmes ou par les laïcs, engendre une scission dans le corps ecclésial qui encourage et aide à perpétuer beaucoup de maux que nous dénonçons aujourd’hui ». Et le pape, dans cette lettre, de conclure de manière on ne peut plus claire : « Dire non aux abus, c’est dire non, de façon catégorique, à toutes formes de cléricalisme. » Pourtant, d’autres voix, parmi lesquelles figurent des hauts prélats (tels que le cardinal Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi), refusent de s’inscrire dans ce schéma explicatif et font entendre une thèse alternative, il est vrai un peu provocatrice : selon eux, les abus sexuels dans l’Église seraient, dans une large part, la conséquence de la surreprésentation d’homosexuels dans le clergé, et l’Église aurait fait preuve d’une tolérance aveugle en laissant accéder à la prêtrise ou à l’état religieux des hommes faisant courir, en raison de leur orientation sexuelle, un risque élevé aux mineurs et aux jeunes majeurs.

    Pour tenter d’y voir plus clair dans le débat cléricalisme versus homosexualité, il convient plus que jamais d’avoir égard à la célèbre invitation de Charles Péguy : « Il faut toujours dire ce que l’on voit : surtout il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l’on voit. » Or, que voit-on justement sinon que la victime type d’un abus sexuel dans l’Église n’est pas à proprement parler un enfant, ce en quoi le terme de pédophilie souvent entendu est mal choisi, mais plutôt un adolescent, qui plus est de sexe masculin. Il suffit, pour s’en convaincre, de se référer à l’étude la plus précise jamais menée jusqu’alors sur les abus sexuels dans l’Église, celle du John Jay College of Criminal Justice de New York de 2004, portant sur les années 1950-2002. Or, cette étude a mis en évidence que, en ce qui concerne l’Église catholique aux États-Unis, les victimes étaient avant tout des mineurs pubères de 11 à 17 ans (81 %) et que, parmi cette dernière catégorie, la proportion selon le sexe s’établissait à 85 % de garçons et 15 % de filles. Ces chiffres, qui ont été peu ou prou confirmés par des études plus récentes conduites en Belgique (1) et en Allemagne (2), attirent d’autant plus l’attention qu’ils sont exactement l’inverse de ce qui est observé dans la société dans son ensemble, où les victimes sont, dans leur immense majorité, de sexe féminin (3).

     

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  • Mgr Aupetit sur les Gilets jaunes : « La violence engendre la vengeance et la haine »

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    Lu sur le site web "aleteia":

    gilets jaunes manifestation-yellow-vests-movement-paris-ciric_377342.jpg"Alors que la France est traversée par un profond mouvement social, Mgr Aupetit, archevêque de Paris, appelle « les protagonistes à un véritable dialogue où chacun accepte de sortir de ses certitudes pour établir un vrai diagnostic d’une situation délétère et trouver humblement les voies d’une reconstruction fraternelle de notre société ».

    Mgr Aupetit, archevêque de Paris depuis un an, vient de publier un texte intitulé « L’urgence de la fraternité ». Il revient sur le mouvement des Gilets jaunes et appelle à un vrai dialogue afin de « reconstruire une société fraternelle ». Découvrez ci-dessous le texte en intégralité :

    L’urgence de la fraternité

    Les événements récents montrent une souffrance importante d’une grande partie de nos concitoyens, qui génère la colère quand elle ne semble pas entendue et une frustration devant ce qui peut être pris pour de l’arrogance. Comme archevêque de Paris, je comprends la peine de ceux qui manifestent pacifiquement et luttent pour conserver une vie digne, je dénonce la violence scandaleuse de ceux qui en profitent pour saccager notre ville, je salue le courage des services de police et de gendarmerie et je m’unis au souci de nos gouvernants qui cherchent des réponses à la crise.

    Notre pays souffre d’une incompréhension généralisée. L’individualisme devient la valeur absolue au détriment du bien commun qui se construit sur l’attention aux autres et en particulier aux plus faibles. Les valeurs de la République que sont la liberté et l’égalité sont parfois détournées par des réseaux d’influence qui réclament des droits nouveaux sans égard pour les plus vulnérables.

    Où sont les véritables priorités ? Les urgences nationales, les « grandes causes » de notre pays ne peuvent légitimement être celles des revendications communautaristes ou catégorielles. Le devoir primordial de l’État est de garantir pour chacun les moyens d’entretenir sa famille et de vivre dans la paix sociale. Il nous faut reconstruire une société fraternelle. Or, pour être frères, encore faut-il une paternité commune. La conscience de Dieu le Père qui nous apprend à nous « aimer les uns les autres » a façonné l’âme de la France. L’oubli de Dieu nous laisse déboussolés et enfermés dans l’individualisme et le chacun pour soi.

    La violence engendre la vengeance et la haine. Apprenons ensemble à nous écouter vraiment et à nous parler sans à priori méprisant pour ceux qui ne pensent pas comme nous. J’appelle modestement les protagonistes à un véritable dialogue où chacun accepte de sortir de ses certitudes pour établir un vrai diagnostic d’une situation délétère et trouver humblement les voies d’une reconstruction fraternelle de notre société. Je demande enfin aux chrétiens de prier et d’être ce qu’ils sont appelés à être au nom du Christ : des artisans de paix.

    Je porterai notre pays dans la prière lors de la Messe de l’Immaculée Conception du vendredi 7 décembre prochain à 18h30 à Notre Dame de Paris. En ces temps troubles que nous vivons, nous pourrons confier à la sainte Patronne de la France la paix de notre nation qui ne peut naître que de la justice.

    + Michel Aupetit,
    archevêque de Paris "

    Ref. Mgr Aupetit sur les Gilets jaunes : « La violence engendre la vengeance et la haine »

    Une parole à la fois mesurée et courageuse d'un pasteur parfaitement dans son rôle.

    JPSC

  • Quand des évêques cessent d'être catholiques...

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    Lu sur le site "Riposte catholique" :

    Ces évêques qui ont perdu la foi

    Les éditions Golias publient “Les confessions de Mgr X”. Un évêque se confie sur des sujets qui concernent l’Église.

    “Certes, beaucoup de confrères se reconnaîtront dans mes mots, j’en suis sûr. Mais je ne veux pas les engager dans cette entreprise : nous sommes si divisés entre nous”.

    La division de l’épiscopat… Quand on n’a pas la même foi catholique, nous sommes évidemment divisés.

    Quelques morceaux choisis :

    “Notre Église a toujours accueilli les candidats homosexuels, nos structures leur permettent de s’épanouir presque naturellement. De même, c’est une erreur de parler de l’homosexualité comme “moralement désordonnée”. Du reste, nous poussons le bouchon car le Code de droit canonique prend un malin plaisir à presque décrire les “formes très variables à travers les siècles qu’elle revêt (can. 2357), preuve qu’il s’agit d’un sujet que nous maîtrisons. Sur ce sujet en particulier, nous n’avons aucun conseil à donner tant que n’aurons pas fait notre petit ménage.”

    “Dans dix ou vingt ans, quand on s’apercevra que la Manif pour tous nous a fait un tort considérable, on formulera nos discours autrement.”

    “De ce que je vois sur le terrain, ce sont les femmes qui portent nos communautés et je me dis parfois, en voyant certaines d’entre elles, que si je pouvais les ordonner, je n’hésiterai pas une seule seconde.”

    “Nous ne savons faire qu’une chose : des prêtres comme hier. Mais ces prêtres sont inutiles pour ces temps que nous vivons. Il faut être aveugle et sourd pour persister dans ces choix.”

    “Le catholique affiché et revendiqué, “décomplexé” comme on le dit aujourd’hui, fait peur, il apparaît comme un illuminé. Cela a toujours existé mais les manifs autour du Pacs, puis du mariage pour tous ont décuplé ce côté exalté, fondamentaliste même. Il y a un effet repoussoir et que nous ne voulons pas trop analyser car ce serait reconnaître que nous nous trompons depuis au moins deux décennies.”

    “Sur les divorcés remariés, je peux vous dire que finalement Amoris Laetitia entérine une pratique déjà bien ancrée en paroisses. J’avoue qu’il ne me viendrait pas à l’esprit de refuser la communion à qui que ce soit.”

    “Une chose pas très difficile que nous pourrions faire : enlever nos cols romains et nos soutanes, nous débarrasser de certains signes qui nous rendent certes visibles mais qui nous mettent à part, encore et toujours.”

    “Nous devons être capables d’appeler des gens mariés et célibataires. Nous ne sommes pas plus grands que Paul et Paul n’a jamais empêché une communauté de se choisir un homme marié pour présider l’eucharistie. Il était pourtant célibataire !’

    Avortement

    “Un embryon est-il une personne ? Officiellement, je dis oui mais là, je vais être honnête avec vous : c’est non ! Il n’y a pas de conscience dans un embryon. Un homme ou une femme n’est pas qu’un être naturel, entre en lui de la culture; il y a aussi des attributs pour le dire philosophiquement, des accidents qui permettent à l’homme et à la femme d’être une personne.”

    Humanae vitae

    “La Tradition qu’ils défendent n’est qu’un élément de tradition. En cela, les appeler “traditionalistes” est une erreur de langage car ils ne respectent pas la totalité de la Tradition vivante, toujours en mouvement. Le christianisme, à la différence du judaïsme ou de l’islam, ne fait pas de ses textes un élément fondateur ; à ce titre, le christianisme n’est pas une loi et ceux qui le pensent devraient sérieusement se poser la question sur la vérité de leur foi.

    “On le voit sur Humanae vitae et Monique (Baujard) a eu bien raison de rappeler comment cet épisode a été vécu et les égarements de l’Église à ce moment-là. C’est rare de voir une institution qui choisit délibérément de se couper d’une partie des siens pour des raisons idéologiques et philosophiques datées ! Car la vision de la femme qui est portée dans Humanae vitae n’avait déjà plus aucun sens à l’époque, alors aujourd’hui…”

  • Tous pour le pacte migratoire de l'ONU ?

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    Déclaration du Président de la COMECE rappelant le soutien de l’Église Catholique au Pacte mondial sur la migration

    “L’immigré qui réside avec vous sera parmi vous comme un israélite de souche, et tu l’aimeras comme toi-même, car vous-mêmes avez été immigrés au pays d’Égypte. Je suis le Seigneur votre Dieu” (Lévitique 19:34).

    Le pape François réaffirme que notre responsabilité commune, en tant qu’Église catholique en Europe, est d’accueillir, de protéger, de promouvoir et d’intégrer les migrants et les réfugiés dans nos sociétés. Ce ne sont pas de simples chiffres ou tendances, mais « avant tout des personnes avec un visage, un nom et une histoire personnelle » et qui méritent d’être traitées conformément à la dignité inhérente à leur personne et à leurs droits fondamentaux.

    À cet égard, les principes de la centralité de la personne humaine et de ses besoins réels et du bien commun doivent présider aux politiques internes et externes de l’UE et des États membres, y compris en matière de migration. Alors que le Pacte mondial des Nations Unies pour les migrations et les réfugiés est sur le point d’être adopté, nous encourageons également les autorités politiques nationales, pour reprendre les termes du pape François, « afin que la responsabilité de la gestion mondiale et partagée de la migration internationale trouve son point de force dans les valeurs de la justice, de la solidarité et de la compassion ». 

    Le 11 décembre, un pacte mondial des Nations Unies doit être signé à Marrakech. Fruit d'une vaste négociation, il reconnaît la responsabilité partagée des autorités et des sociétés des pays de départ, de transit et d'arrivée pour encadrer et réglementer les migrations dans l'intérêt de toutes les personnes et communautés concernées. Il vise à assurer la sécurité et la protection des personnes migrantes ainsi que des sociétés d’accueil en promouvant des voies de migration légales, empêchant ainsi le trafic d’êtres humains, les voyages meurtriers, les bouleversements familiaux et la violence.

    Rappelant les exhortations du Saint-Siège sur ce sujet, la COMECE encourage les États membres de l'Union européenne à faire de ce pacte mondial un accomplissement pour le bien commun d'une humanité partagée.

    + Jean-Claude Hollerich S.J.

    Archevêque de Luxembourg

    Président de la COMECE

    ... mais, pour Alexandre del Valle sur le site de Valeurs actuelles :

    Le Pacte mondial pour les migrations ou l’offensive onusienne va contre le principe de souveraineté nationale

    Le Pacte “Global Compact” vise à favoriser une immigration extra-européenne massive, tant légale qu’illégale. Alexandre del Valle souligne ici les postulats tiersmondistes et anti-souverainistes qui sous-tendent ce texte. 

    Le « Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières » lancé en avril 2017 par l’Assemblée générale des Nations Unies et que les États du monde entier sont invités à ratifier avant le 11 décembre 2018, suscite depuis des semaines des débats houleux entre « immigrationnistes » et « populistes », mais pas seulement, car le Pacte, de son vrai nom « Global Compact », vise en fait à favoriser une immigration extra-européenne massive, tant légale qu’illégale (les deux étant confondues de façon perverse), que les pays d’accueils européens sont sommés d’accepter et d’organiser sous peine d’être qualifiés de « racistes » et « xénophobes ». Alexandre del Valle souligne ici les postulats tiersmondistes et anti-souverainistes qui sous-tendent le texte mais que les 193 États de l’Assemblée générale de l’ONU, à l’anti-occidentalisme revanchard, ont d’autant plus facilement adopté qu’ils ont intérêt à se débarrasser de populations excédentaires sans travail et que seuls les Etats européens en respecteront réellement les termes « non-contraignants » pour se donner bonne conscience. Sauf si les désistements en chaîne observés ces dernières semaines - Hongrie, Pologne, Slovaquie et République Tchèque en tête – et les demandes d’amendements formulés par nombre d’États occidentaux non-dupes se multiplient.

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  • Italie : les crucifix et les crèches de Noël ont leur place dans les écoles

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    Du site "Pour une école libre au Québec" :

    Italie : appui des ministres de l'Éducation et de l'Intérieur aux crèches de Noël et aux crucifix dans les écoles

    Le ministère italien de l’Éducation italien a autorisé l’installation de crucifix et la réintégration de crèches de Noël dans les écoles du pays.

    « Le crucifix est pour moi le symbole de notre histoire, de notre culture et de nos traditions », a déclaré le ministre de l’Éducation, Marco Bussetti, devant la Fédération des écoles catholiques. « Je ne vois pas comment cela peut être offensant, cela peut au contraire aider les écoliers à réfléchir à notre histoire. » Il a ajouté « Le crucifix et la crèche sont des symboles de nos valeurs, de notre culture et de nos traditions, expression de notre identité. Je ne vois pas comment cela peut poser problème à l’école. Ceux qui pensent que pour pratiquer l’inclusion il faut les cacher font fausse route ». 

    Après qu’une école de Terni, au nord-est de Rome, a annulé la crèche vivante traditionnelle sous le prétexte de respecter les enfants d’autres cultures, le ministre de l’intérieur italien Matteo Salvini a qualifié la mesure d’« IDIOTIE ». 

    « Il ne s’agit pas seulement de religion », a déclaré Salvini sur Facebook, « mais de l’histoire, des racines, de la culture. Vive nos traditions. Je ne lâche pas ! » a-t-il ajouté.

    Samedi dernier, Salvini s’est exclamé au sujet d’un autre incident du même type quand une école avait interdit le mot offensant de « Jésus » qu’il ne voyait pas comment le mot « Jésus » dans un Noël pouvait offenser quiconque pour conclure par « exceptionnelle écolière [qui s’est rebellée], lamentables institutrices. »

    Dans ce dernier incident, les institutrices d’une école primaire du Nord de l’Italie avaient demandé aux élèves d’omettre le nom de Jésus dans le cantique de Noël afin de ne pas offenser la sensibilité de leurs camarades non catholiques. Mais une écolière se rebella, recueillit les signatures de ses camarades et obtint à la fin que la chanson soit chantée dans sa version originale lors du Récital de Noël. Le fait s’est produit dans une école élémentaire de la Riviera del Brenta, à la frontière entre les provinces de Venise et de Padoue. La fille a 10 ans et est en 5e année.

    Sources : Corriere de la SeraIl Gazzettino (de Padoue), Facebook de Salvini

  • Italie : l'effondrement démographique d'un peuple catholique

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    De Sandro Magister en traduction sur diakonos.be :

    Effondrement des naissances et des mariages religieux en Italie. Après deux synodes sur la famille

    Le jour même l’Université pontificale urbanienne organisait une exposition (voir photo) consacrée à l’héroïque famille polonaise Ulma – « cette famille nombreuse », disait le Pape François, « fusillée par les nazis allemands pendant la deuxième guerre mondiale pour avoir caché et aidé des juifs » -, en Italie, l’Institut national des statistiques vient de publier les données des naissances et des mariages pour l’année 2017.

    Et on est loin des familles « nombreuses », comme celle de ces martyrs polonais ou comme tant d’autres familles de l’Italie du siècle dernier. En 2017, l’effondrement de la natalité est à son niveau le plus bas jamais atteint.  Dans un pays de 60,5 millions d’habitants, seuls 458.151 bébés sont nés l’an dernier, soit à peine plus de 7 pour 1.000 habitants, soit 30% sous la moyenne de l’Union européenne qui est déjà la région du monde qui détient le record de la dénatalité.

    Si l’on considère que le taux de fécondité – ou « total fertility rate » – qui permet d’assurer la croissance zéro, c’est-à-dire le maintien de la population, se situe à 2,1 enfants par femme, les statistiques italiennes sont nettement en-dessus depuis des décennies et, en 2017, il s’est écroulé à 1,32 avec des régions où les naissances sont encore plus rares, comme la Sardaigne où ce taux n’est plus que de 1,06.

    Ces chiffres à eux seuls attestent déjà par eux-mêmes de l’inexorable marche vers l’extinction de tout un peuple. Mais les données qui concernent les mariages sont encore plus impressionnantes. Ils y en avait encore 203.000 en 2016 et ils sont tombés à 191.000 en 2017, soit une baisse de 6% en à peine un an, ce qui correspond à une chute qui n’a d’égal dans l’histoire que celle de 1975, l’année de la légalisation du divorce en Italie.

    Mais attention. Les mariages avec au moins un conjoint étranger ne diminuent pas, pas plus que les remariages de divorcés et de veufs. Ce sont les premiers mariages qui s’effondrent – moins 7,3% – et plus encore les mariages religieux qui ont baissé de 10,5% entre 2016 et 2017.Voici comment le démographe Roberto Volpi, qui n’est pas catholique, commente cette dernière donnée dans le quotidien « Il Foglio » du 29 novembre :« La raison pour laquelle ce repli du mariage religieux est encore plus inquiétant que tout le reste s’explique aisément. Aujourd’hui encore, en Italie, 70% des naissances surviennent au sein du mariage mais c’est le mariage religieux qui assure nettement plus de naissances par rapport au mariage civil.  Ce dernier est en effet surtout le mariage contracté par les divorcés, les veufs et les couples mixtes d’italiens et d’étrangers, contrairement au mariage religieux qui reste de loin préféré par les célibataires et les jeunes filles qui sont davantage susceptibles d’avoir des enfants. » 

    Et il conclut :« En Italie, un taux de mariage élevé en Italie a marqué les années de la reconstruction de l’après-guerre, du miracle économique, de l’entreprenariat et de la confiance des italiens en l’avenir. Ce sont les mariages qui nous disent si nous sommes malades ou en bonne santé.  Pour le moment, nous en sommes à un stade quasiment terminal.  Ce ne serait pas un mal si l’Église, qui est la première à en faire les frais, pouvait le comprendre et se bouger un peu. » Cette dernière boutade semble paradoxale après un double synode que l’Église catholique vient justement de consacrer au thème de la famille.

    Paradoxal mais vrai, vu la façon dont ce double synode a été dès le départ intentionnellement détourné vers une controverse sur la communion des divorcés-remariés et sur l’admission à miséricordieuse de ce que le mariage n’est pas, de la cohabitation aux couples homosexuels.

    Une controverse qui a laissé le champ libre aux adversaires du véritable mariage. Comme le dit le célèbre dicton de Tite-Live : « Dum Romae consulitur, Saguntum expugnatur ».  Pendant qu’à Rome on bavarde, l’ennemi est en train d’envahir la ville.

    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

  • Sénégal : un député dénonce les profanations répétées contre des lieux de culte et appelle l'Etat à agir

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    De Charles Senghor sur Africa (site d'actualité religieuse du journal La Croix) :

    Au Sénégal, un député appelle l’État à agir contre la profanation des lieux de culte

    Le député sénégalais Toussaint Manga a invité, mardi 27 novembre 2018, l’État du Sénégal à prendre des mesures fermes pour lutter contre les profanations de lieux de culte dont la multiplication inquiète les fidèles.

    De nombreux lieux de culte, notamment des églises, ont été profanés, ces dernières années au Sénégal. Cette situation inquiète de nombreux fidèles catholiques.

    Lors du vote, mardi 27 novembre, du budget du ministère de l’intérieur et de la sécurité publique, le député Toussaint Manga, de confession chrétienne, a interpellé le ministre Ali Ngouille Ndiaye, sur la question des profanations de lieux de culte. « Je m’inquiète de la récurrence des profanations des églises, a-t-il affirmé. Nous demandons à l’État du Sénégal de prendre des mesures fermes contre ceux qui tenteraient de profaner les églises. » Pour le jeune parlementaire, le Sénégal est une référence en termes de dialogue islamo-chrétien. « Il ne faut pas laisser certaines personnes malintentionnées écorner cette image », a-t-il ajouté.

    Des cas fréquents

    Les cas de profanation de lieux de culte catholiques sont fréquents au Sénégal.

    Le dernier cas remonte au 24 octobre à Kaolack (Centre). Ce jour-là, un homme a fait irruption dans la cathédrale Saint-Théophile, saccageant les deux statues qui se trouvaient au cœur du lieu de culte, traitant les catholiques de païens.

    A lire : Au Sénégal, la cathédrale de Kaolack a été saccagée par un individu qui traite les catholiques de païens

    En mai 2017, une église catholique de Mbao, dans le diocèse de Dakar, avait été profanée par des inconnus. En mars 2016, des cimetières musulmans et catholiques ont été profanés à Rufisque et à Pikine, dans le même diocèse. En 2014, sept actes de cambriolage et de profanation, notamment de tabernacles, avaient été enregistrés au sein des différentes églises du diocèse de Ziguinchor, en l’espace d’un mois, entre le 15 mars et le 15 avril sans que les coupables ne soient identifiés. En 2013, l’église Marie-Immaculée des Parcelles assainies, à Dakar, avait connu le même sort. Un jeune qui avait apostasié est entré dans l’église pour casser des statues.

    Après la profanation de la cathédrale de Kaolack, de nombreux catholiques avaient exigé de l’État le renforcement de la sécurité dans les lieux de culte catholiques.

    Charles Senghor (à Dakar)

  • Quand les journalistes se muent en inquisiteurs et les médias en instruments du totalitarisme

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    Du site "Pour une école libre au Québec" :

    Médias: la nouvelle Inquisition ?

    Docteur de la Sorbonne en langue et littérature françaises, Ingrid Riocreux étudie dans son nouvel ouvrage le désamour généralisé envers les médias.

    Enclins à orienter l’information au gré des vents qui leur conviennent, les médias colportent et imposent une vision du monde qui leur est propre, souligne Ingrid Riocreux. 

    À l’heure des infox et des médias alternatifs, des polémiques à deux sous et des « buzz » pilotés, « médiatiquement nous sommes entrés dans l’ère du soupçon », indique Ingrid Riocreux. Après un premier ouvrage consacré au langage propre aux médias, l’agrégée de lettres modernes et docteur de la Sorbonne en langue et littérature françaises analyse dans son nouvel opus comment les médias et journalistes qui colportent la suspicion sont devenus indignes de confiance. 

    Mêlant témoignages et décryptages, l’ouvrage dévoile une parole dominante qui cherche à s’imposer dans le discours médiatique au détriment de la recherche de la vérité et du pluralisme.

    — Pourquoi, après un premier livre qui étudiait le langage des médias, consacrer à nouveau un ouvrage à ceux que vous appelez, citant Maupassant, les « marchands de nouvelles » ?

    — Le point de départ de la Langue des médias était la démonstration de l’existence d’un sociolecte journalistique : une manière de parler propre aux journalistes. Je m’attachais à la diction, au repérage de formules récurrentes, pas toujours marquées idéologiquement, que ce soient les anglicismes ou les métaphores clichés.

    Je voulais surtout insister sur le glissement qui conduit de l’absence de réflexion sur le langage à l’imprégnation idéologique. Dans ce second volume, c’est cette imprégnation idéologique qui est au cœur de mon analyse, de deux manières, puisque je montre que le discours médiatique est porté par une vision du monde qui préexiste à l’observation du réel et la modèle, et parallèlement, que cette manière de dire le monde oriente totalement notre compréhension des choses, en profondeur.

    Méthodologiquement, Les Marchands de nouvelles diffère beaucoup de La Langue des médias sur trois points : j’y ai mis beaucoup de moi, alors même que je m’étais effacée le plus possible de mon premier livre.

    J’ai voulu montrer l’impact de l’idéologie portée par les médias sur la vie, sur le quotidien, au travers d’anecdotes personnelles. J’ai suivi en cela l’exemple de Klemperer, précisément parce que, entre-temps, j’ai lu LTI [la langue du IIIe Reich de Victor Klemperer] et d’autres ouvrages que je cite abondamment. C’est la deuxième différence avec mon autre livre : le second est beaucoup plus nourri que le premier parce que, grâce aux conseils de lecteurs qui m’ont écrit, j’ai découvert Sternberger, Klemperer, Armand Robin, etc. Et le travail fascinant de Michel Legris (Le Monde tel qu’il est, Pion, 1976). Enfin, je reviens, dans ce nouveau livre, sur la réception du précédent : comment la Langue des médias a été accueilli et ce que cela dit de notre temps. J’ai traqué le off des journalistes, leurs confidences hors plateau, notamment sur la dégradation de leurs conditions de travail, directement en lien avec la pression idéologique qu’ils subissent et dont beaucoup se plaignent.

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  • Gilets jaunes : gare au chaos !

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    De Tugdual Derville sur le site de RCF :

    Gilets jaunes : gare au chaos !

    Le mouvement des "gilets jaunes" me paraît typique de l’histoire de France. Il me fait penser aux jacqueries du passé qui enflammaient le peuple exaspéré par le pouvoir central. L’ancien régime se finançait par la fameuse gabelle, l’impôt sur le sel, en monopolisant son stockage et sa distribution. Denrée nécessaire, le sel jouait le rôle de notre essence, rapportait d’indispensables revenus à la couronne… et provoquait des rébellions. Notre histoire est émaillée d’émeutes liée au sel. Connaissez-vous les Bonnets rouges ? Pas ceux qui ont fait reculer l’écotaxe, mais ceux de 1675. Déjà en Bretagne, ils contestaient les taxes sur les timbres, le tabac et le sel. Plus tôt, la gabelle avait provoqué la révolte des Nus-pieds en Normandie. Cet impôt, déjà complexe, générait des exemptions, des fraudes et une économie parallèle. Sa suppression pouvait ruiner des milliers de malheureux qui vivaient du trafic. Sur ce plan, le relais semble pris par le tabac et le cannabis.

    Rien de nouveau donc sous le soleil avec nos gilets jaunes. Les réseaux sociaux ont tout de même permis à cette jacquerie d’être générale, flexible, presque impossible à canaliser. Les protestataires se sentent pressurisés et méprisés ; aucun corps intermédiaire pour les représenter ou réguler la violence. Quand on sait celle qu’un conducteur peut générer avec son véhicule, on ne s’étonne ni des morts, ni des blessés car ce sont des êtres humains fragiles qui barrent les routes. Je ne sais pas si cette idée est aussi « géniale » que l’a dit le député Lassale après avoir arboré le jaune fluo dans l’hémicycle. En voyant des scènes opposant les mêmes concitoyens – je veux dire ceux qui ont les mêmes difficultés, et qui se sentent abandonnés par les élites parisiennes – les uns tentant de se rendre à leur travail en voiture, les autres tentant de les en empêcher, en entendant les altercations devant des forces de l’ordre débordées, j’ai pensé à Ravage de Barjavel. Ce roman d’anticipation décrit une France sombrant dans l’anarchie puis la barbarie, à partir d’un incendie catastrophique. Pillages, massacres, règlements de comptes.

    Nous en sommes capables, autant aujourd’hui qu’hier. Comme au temps des guerres de religion, de la Terreur et, plus récemment, pendant l’occupation nazie ou au moment de l’épuration qui suivit la Libération. Brutalité, vengeance, justice expéditive. Le peuple manque de repères. Certains n’ont rien à perdre. Les cités sont hors-la-loi. Nos chefs sont déconsidérés. Gare au chaos ! Et place aux bâtisseurs de paix.

     

    Un autre regard, celui d'Alain de Benoist, Intellectuel, philosophe et politologue :

    « Les gilets jaunes ? La revanche des ploucs émissaires ! »

    La France, depuis une dizaine de jours, vit à l’heure des gilets jaunes, et les commentaires sont déjà nombreux. Feu de paille ou vague de fond ? Nouvelle fronde ? Nouvelle jacquerie ? Quel est votre sentiment ?

    Il y a cinq ans, presque jour pour jour, le 23 novembre 2013, vous m’aviez interrogé sur le mouvement des bonnets rouges. J’avais alors attiré votre attention sur le fait que « tous les mouvements de protestation ou de révolte d’une certaine ampleur auxquels nous assistons aujourd’hui naissent en marge ou à l’écart des partis et des syndicats, lesquels ne sont de toute évidence plus capables d’incarner ou de relayer les aspirations du peuple ». Ma conclusion était celle-ci : « Un seul mot d’ordre : des bonnets rouges partout ! » Eh bien, nous y sommes : les gilets jaunes, ce sont les bonnets rouges partout. Après des années et des années d’humiliation, de paupérisation, d’exclusion sociale et culturelle, c’est tout simplement le peuple de France qui reprend la parole. Et qui passe à l’action avec une colère et une détermination (déjà deux morts et 800 blessés, plus qu’en mai 68 !) qui en disent long.

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  • Un militant musulman pakistanais prend la défense d'Asia Bibi

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    Du site des Missions Etrangères de Paris :

    Un musulman pakistanais prend la défense d’Asia Bibi

    La chrétienne pakistanaise Asia Bibi est toujours coincée au Pakistan et ne peut quitter le pays suite à un accord signé entre le gouvernement et les radicaux. Selon le militant musulman Wajahat Abbas Kazmi, les musulmans modérés restent silencieux parce qu’ils sont conscients que prendre la parole les mettrait en danger, eux et leurs familles. Selon lui, rien ne justifie les protestations des extrémistes contre l’acquittement d’Asia Bibi.

    Pour Wajahat Abbas Kazmi, un militant pakistanais et producteur musulman, ce qui se passe dans son pays contre Asia Bibi est « une honte ». L’accord passé entre le gouvernement et les islamiques radicaux est encore plus scandaleux selon lui, en empêchant efficacement la femme chrétienne de quitter le pays, malgré son acquittement des accusations de blasphème qui portaient contre elle. Wajahat, qui vit en Italie, fait partie de la poignée de musulmans pakistanais qui n’hésitent pas à prendre la parole ouvertement pour défendre Asia Bibi et s’opposer aux discriminations antichrétiennes au Pakistan. Sa vie a été menacée à de maintes reprises à cause de son travail en faveur des droits de l’homme. Malgré cela, le musulman continue de s’opposer aux persécutions contre les minorités. Son livre intitulé Asia Bibi : La tragedia di una donna cristiana vista attraverso gli occhi di un musulmano (Asia Bibi : la tragédie d’une femme chrétienne selon le regard d’un musulman) doit être publié au cours des prochaines semaines. Selon lui, la cause de la souffrance d’Asia Bibi vient des « abus de la loi sur le blasphème » qui a été utilisé, souligne-t-il, « non seulement contre les chrétiens, mais aussi contre les musulmans ».

    Comment interprétez-vous le silence des musulmans modérés dans le cadre de l’affaire Asia Bibi ?

    Au Pakistan, les modérés restent silencieux parce qu’ils savent que ceux qui ont essayé de prendre la défense d’Asia Bibi ont été menacés ou même tués. Les Pakistanais se taisent parce qu’ils savent que parler serait dangereux pour eux et pour leurs familles. De plus, je crois que ceux qui vivent en dehors du pays connaissent peu cette affaire et ils n’en connaissent pas tous les détails.

    Pourquoi les positions radicales dominent-elles le monde islamique ?

    C’est très simple : parce que ceux qui parlent plus fort que les autres sont plus facilement écoutés alors que les discours de paix sont toujours réduits au silence. Je pense aussi que ceux qui s’expriment en faveur de la paix n’ont pas de portée médiatique suffisante. De plus, la plupart des lecteurs préfèrent écouter ceux qui crient plus fort.

    Que pensez-vous de la loi sur le blasphème ? Pourquoi n’est-elle pas rejetée par la population ?

    Les lois qui pénalisent les offenses contre la religion musulmane sont enracinées dans le Code pénal britannique, qui date de l’époque coloniale comme toutes les autres lois en vigueur au Pakistan. Le problème est qu’elles n’ont pas été abolies, et que de nouvelles lois ont été ajoutées avec les années, comme sous le régime militaire du général Zia-ul Haq. Mais nous devons être prudents. Les chrétiens ne sont pas les seules victimes de cette loi ; les musulmans le sont également. Les lois sur le blasphème ont été abusées comme n’importe quelle autre loi. Elles ne sont pas utilisées seulement contre les minorités, parce qu’au Pakistan, toutes les lois peuvent être manipulées contre tous ceux qui ne sont pas suffisamment puissants pour se défendre. Ces dernières années, certains des plus grands pays du monde se sont débarrassés de ce genre de lois. J’espère que cela arrivera aussi au Pakistan peu à peu.

    Dans votre pays, les extrémistes ont bloqué les routes en demandant qu’Asia Bibi soit pendue. Finalement, le gouvernement d’Imran Khan a signé un accord avec eux. Pensez-vous que les autorités ont cédé ?

    C’est une honte, rien ne justifie cela. Rien ne peut justifier les protestations des gens contre l’acquittement d’Asia Bibi. En même temps, le nom d’Asia Bibi n’a pas été ajouté à la liste des Pakistanais interdits de quitter le pays, ce qui nous donne espoir que l’accord en question n’est peut-être pas si important.

    (Avec Asianews)

     
  • Au Nouveau Mexique : le partenariat de l'horreur

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    Lu ICI :

    Le partenariat de l’horreur

    Au Nouveau-Mexique (Etats-Unis) un établissement pratiquant des avortements s’est associé à l’Université d’Etat locale afin de fournir les cadavres de certains fœtus à des fins de dissection et de recherche.

    Les Etats-Unis sont le pays de tous les contrastes : tandis que certains Etats, encouragés par l’administration du président Trump, interdisent l’avortement, d’autres le permettent, même en toute fin de grossesse.

    C’est le cas à Albuquerque de la Southwestern Women’s Options, clinique dirigée par Curtis Boyd, médecin réputé pour pratiquer des avortements de fœtus en fin de terme.

    Le praticien, qui aime les caméras, répète invariablement avec froideur : « Est-ce que je tue ? Oui, je tue. Je le sais. » On ne saurait être plus clair.

    Dans cette spirale de l’horreur, l’établissement où Curtis Boyd officie s’est associé à l’Université du Nouveau-Mexique qui « commande » et prélève des parties de corps de fœtus avortés à des fins de dissection et de « recherche » : cœur, cerveau, poumon, pieds, yeux, tête entière ou non. Tout se vend et s’achète. 

    L’appât du lucre 

    Et comme l’horreur a souvent le cynisme pour compagne, une ancienne secrétaire de direction « repentie » de Curtis Boyd, Nina Whitten, avoue avoir été formée par son supérieur au « contrat-avortement par téléphone », dont l’objectif était « de s’assurer que la femme ne se fasse pas avorter ailleurs, qu’elle ne fasse pas adopter l’enfant à naître, ou change d’avis. Nous faisions ça pour l’argent ».

    Depuis le mois de mars 2018, Curtis Boyd a été placé sous surveillance par le Conseil des médecins à la suite de la mort d’une femme étant passée par son établissement, Keisha Marie Atkins. 

    La mère de cette dernière a même décidé d’entamer des poursuites judiciaires contre Curtis Boyd en septembre dernier. En dépit de la barbarie de ses actes, celui-ci persiste et signe, déclarant : « ce que je fais est important ». Et grave. Ce criminel en blouse blanche a-t-il prêté le serment d’Hippocrate ?

  • N'en déplaise à Luc Ferry, la nature humaine existe bel et bien

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    D'Aline Lizotte sur le site Smart reading Press :

    OUI, MONSIEUR FERRY, LA NATURE HUMAINE EXISTE !

    Dans une tribune publiée le 10 octobre dans Le Figaro, le philosophe Luc Ferry s’interrogeait sur la notion de «loi naturelle» invoquée lors des débats sur l’extension de la PMA et en contestait l’existence, parlant de «l’introuvable loi naturelle». Il y affirmait que «tout ce que l’humanité a fait de grand depuis le siècle des Lumières est pour l’essentiel artificiel, antinaturel et que, du coup, c’est à la liberté éclairée autant que faire se peut par la raison et non à la nature de poser des limites.» Une affirmation qui mérite réponse…

    Selon Luc Ferry, s’il y avait une «nature humaine» et en conséquence une «loi naturelle», nous serions enfermés dans le déterminisme de l’animal, et l’homme n’aurait rien produit de tout ce qu’il a fait depuis qu’il a émergé des ténèbres de son état primitif. Il n’aurait inventé ni la roue, ni la bombe atomique, ni l’avion, ni la médecine, ni l’art des cavernes, ni les toiles de Picasso. Il n’aurait produit ni les guerres, ni la torture, ni la prostitution, ni la traite des esclaves. Parce qu’il n’y a pas de nature, l’homme s’est donné à lui-même sa propre forme et sa propre loi. Non programmé, il est absolument libre de demeurer, selon ce que dit Hobbes, comme un loup pour l’homme ou comme un Socrate qui préfère boire la ciguë plutôt que d’enfreindre la loi. S’il n’y a pas de «nature humaine», il n’y a pas non plus d’humanité et, s’il n’y a pas d’humanité, il n’y a pas de société politique. Nos sociétés dites «humaines» ne seraient en réalité que d’immenses jungles dans lesquelles l’homme «libre» choisit d’être prédateur ou victime ! Affirmer l’existence d’une nature humaine, ce serait renoncer à la liberté ! Dans toute cette belle argumentation, il y a d’abord une confusion de langage qui porte sur le mot «nature».

    NATURE ET LOI NATURELLE

    Si l’homme n’est pas un être instinctif programmé et déterminé, n’a-t-il pour autant aucune «nature» ?

    Le langage courant appelle «nature» l’environnement qui est extrinsèque à l’homme et qui est composé des paysages qu’il voit, des animaux qu’il fréquente ou non, de la détermination du temps «par le déplacement du soleil autour de la terre». Vivre dans la nature, c’est vivre dans cet environnement quotidien et essayer de le gouverner tant bien que mal pour en bénéficier et se mettre à l’abri de ses méfaits. De sorte que la «nature» apparaît à l’homme à la fois bienfaisante et malfaisante. Si on lui dit qu’il est lui aussi un «être naturel», il proteste vaguement, car il ne se sent pas aussi déterminé que son chien, son chat ou ses lapins. Et il a bien raison car, comme le dit Luc Ferry, il n’est pas cet être instinctif «programmé et déterminé». Cela est juste, mais faut-il en tirer que l’homme n’a aucune «nature» ?

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