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Société - Page 3

  • 14-24 ans : Instagram et Snapchat sont les pires applis en matière de bien-être et de santé mentale

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    Du site "signis.net" :

    Instagram : pire réseau social pour le bien-être des jeunes

    Londres, 24 mai 2017 (Numerama). D'après les retours des utilisateurs de réseaux sociaux entre 14 et 24 ans, Instagram et Snapchat sont les pires applis en matière de bien-être et de santé mentale. En cause : le culte de l'image (souvent retouchée) et l'impression de ne pas bénéficier d'une vie aussi animée que celle d'autrui.

    De tous les réseaux sociaux à la mode, lequel exerce le pire impact sur le bien-être des adolescents ? Instagram est marqué de ce triste attribut — suivi de près par Snapchat — à en croire l’étude menée par la Royal Society for Public Health (RSPH), une association caritative britannique dédiée à la santé publique.

    Les sondés, 1 479 adolescents (ou jeunes adultes) entre 14 et 24 ans, devaient répondre à 14 questions concernant la santé et le bien-être (niveau d’anxiété, dépression, solitude…) sur ces plateformes pour attribuer une note à chacune. YouTube est considéré comme la plateforme à l’impact le plus positif sur la santé mentale, suivi par Twitter puis par Facebook. Viennent ensuite seulement Snapchat en quatrième position et Instagram en bout de piste.

    Pour Shirley Cramer, directrice du RSPH, les mauvais scores de ces deux applis — la première assumant son plagiat de la seconde — ne sont pas une coïncidence : « Il est intéressant de voir que Snapchat et Instagram sont bons derniers […] — ces deux plateformes sont focalisées sur l’image » Le RSPH va jusqu’à s’inquiéter d’une potentielle  «  crise de santé mentale provoquée par les réseaux sociaux » chez les jeunes.

    L’étude cite le témoignage de plusieurs sondés, dont l’une qui affirme : « Instagram amène facilement les filles et les femmes à penser que leurs corps sont loin d’être suffisamment beaux puisque les gens utilisent des filtres et modifient leurs photos pour paraître « parfaits ». » Un autre témoigne ainsi : « Cela a augmenté mon niveau d’anxiété […] Je m’inquiète toujours de savoir ce que les autres pensent de mes publications et de mes photos. »

    La RSPH constate un phénomène plus insidieux : « Le fait de voir en permanence des amis en vacances ou sortir peut amener les jeunes à se sentir exclus alors que d’autres profitent de la vie. Ces sentiments peuvent provoquer une attitude de « désespoir par comparaison » chez les jeunes ». L’étude analyse ainsi : « Les attentes irréalistes provoquées par les réseaux sociaux peuvent pousser les jeunes à des sentiments de gêne, de mauvaise estime de soi et une recherche de perfection qui peut prendre la forme de troubles d’anxiété. »

    Pour autant, l’association ne cite pas seulement l’impact négatif des réseaux sociaux : elle souligne aussi que certaines peuvent avoir un impact positif sur l’expression individuelle. Elle appelle surtout à adopter des mesures pour lutter contre ces dérives. Outre l’identification, par les réseaux sociaux, des utilisateurs à risque pour les guider vers un service d’aide approprié, elle appelle aussi ces plateformes à signaler les photos de personnes qui ont été retouchées, par exemple en intégrant un pictogramme dédié.

    La RSPH suggère aussi des campagnes de sensibilisation, dans le cadre scolaire, à une bonne utilisation des réseaux sociaux, et le lancement de fenêtres pop-up indiquant qu’on passe trop de temps sur la plateforme — une mesure soutenue par 70 % des sondés, conscients du phénomène d’addiction qui peut vite voir le jour.

    Instagram affirme que sa priorité est de garder la plateforme sécurisée pour les ados, rappelant qu’il fournit déjà des conseils pour gérer le harcèlement ou des avertissements avant l’accès à certains contenus. De son côté, Facebook a récemment multiplié les initiatives pour lutter contre le suicide, mais les récentes  révélations sur sa politique interne de modération interrogent sur sa régulation réelle du contenu.

  • Le bilan de 15 ans de pratique de l'euthanasie en Belgique

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    Alliance Vita fait le point sur 15 ans de pratique de l'euthanasie dans notre pays :

    Euthanasie en Belgique : bilan de 15 ans de pratique

    Le 15ème anniversaire de la loi du 28 mai 2002 légalisant l’euthanasie en Belgique a été l’occasion pour la presse belge de faire un bilan quantitatif de ce dispositif : 14 753 personnes ont été euthanasiées entre 2002 et 2016, selon les données officielles de la Commission fédérale de contrôle.

    Ce nombre important suscite des interrogations multiples, auxquelles la présente note cherche à répondre. Quelle est la législation applicable, et les débats actuels pour en élargir l’application ? Quelles sont les données statistiques plus précises ? Quelles sont les dérives constatées dans l’application de la loi, et quelles réactions ces dérives éthiques suscitent-elles ?

    I – SYNTHESE 

    La Belgique a dépénalisé l’euthanasie en 2002 pour les personnes majeures. En 2014, la loi a été étendue aux mineurs sans limite d’âge. Depuis 15 ans, le nombre d’euthanasies n’a cessé d’augmenter rapidement, et les propositions de loi se sont multipliées pour faciliter et pour élargir les conditions de la pratique de l’euthanasie.

    De fait, les informations disponibles mettent en lumière de multiples dérives dans l’interprétation et dans l’application de la loi : persistance de nombreuses euthanasies clandestines, interprétation de plus en plus large des critères à respecter (notamment sur la notion de « souffrance physique ou psychique constante, insupportable et inapaisable »), rôle discutable de la commission fédérale de contrôle, évolution vers des suicides assistés médiatisés, utilisation des euthanasies pour des dons d’organes, pressions pour supprimer la clause de conscience, etc.

    Les mentalités, surtout dans les régions néerlandophones, évoluent rapidement vers une banalisation de l’euthanasie, au nom de l’autonomie et de « la liberté de l’individu à disposer de sa vie et de sa mort », dans une vision utilitariste anglo-saxonne de l’existence. L’euthanasie est progressivement considérée comme un droit dont on peut réclamer l’application pour soi-même ou pour des proches, même si les conditions ne sont pas clairement réunies.

    Pour autant, face à ces dérives, une réelle opposition commence à se faire entendre. A titre d’exemple : des professionnels de la santé témoignent des dérives dans leur service, des documentaires et films sur les conditions d’euthanasies se multiplient, les représentants religieux s’unissent pour défendre la dignité des personnes fragilisées, sans oublier l’activité des réseaux sociaux qui ne cessent d’informer et d’alerter, spécialement au niveau international.

    Lire la suite sur le site d'Alliance Vita

  • En Inde : une attaque antichrétienne toutes les 40 heures

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    Du site christianophobie.fr :

    Inde : une attaque antichrétienne toutes les 40 h…

    Nos confrères du site protestant évangélique Info Chrétienne signalent l’augmentation sensible des attaques antichrétiennes en Inde. Préoccupant…

    Selon Release International, le dernier rapport du Conseil Chrétien de l’Inde enregistre une augmentation de près de 20 % des attentats contre les chrétiens en 2016. Et la violence physique contre les chrétiens aurait augmenté de 40 %.  Les meurtres auraient doublé. Dans certains états, les chrétiens ont été battus, menacés et tués. Des tentatives ont été faites pour les forcer à renier leur foi et embrasser l’hindouisme.

    De nombreux services d’églises et réunions de prière sont régulièrement perturbés. Des églises et des écoles chrétiennes ont été bombardées, incendiées, vandalisées et démolies. Des bibles ont été déchirées et brûlées. Des militants ont battu un évangéliste avec des chaînes, l’ont dépouillé et l’ont forcé à boire de l’urine. Un cimetière chrétien a été profané et les squelettes ont été répandus sur le cimetière.

    Selon ce rapport, l’Inde enregistre une nouvelle attaque contre les chrétiens toutes les 40 heures […]

    Source : Info Chrétienne, 8 mai

    ... ce que confirme l'Oeuvre d'Orient (Radio Vatican) :

    L'Œuvre d’Orient inquiète pour le respect de la liberté religieuse en Inde

    (RV) Après une visite de deux jours en Russie, Narendra Modi arrive en France ce vendredi 2 juin 2017 ; il sera reçu par le président Emmanuel Macron samedi. A l’occasion de cette visite officielle du Premier ministre indien, l’Œuvre d’Orient attire l’attention du gouvernement français sur les agressions répétées contre les chrétiens en Inde.

    L’Inde compte aujourd’hui 830 millions d’hindous et 140 millions de musulmans. Les chrétiens, estimés à 25 millions, constituent 2,3% de la population, et représentent la troisième communauté religieuse du pays. Or, «même si la convivialité et le vivre-ensemble sont réels, les chrétiens sont dans certains Etats, régulièrement victimes de violence», souligne le communiqué de l’Œuvre d’Orient.

    Le  20 mai dernier par exemple, dans un village de l’archidiocèse d’Hyderabad, l’église de Notre-Dame de Fatima, qui venait à peine d’être consacrée, a été prise d’assaut par une foule en furie. Des centaines de personnes ont saccagé l’édifice, brisant le crucifix et la statue de la Vierge Marie. «Plusieurs cas d’arrestations arbitraires et d’intimidations envers les chrétiens nous sont également régulièrement signalés», assure en outre l’Œuvre d’Orient. L’association en appelle donc aux autorités indiennes, afin que celles-ci fassent respecter les libertés religieuses et agissent avec fermeté contre les groupes fondamentalistes.

    (MA avec l’Œuvre d’Orient)

  • Rien ne résiste à l'appel de Dieu

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    dom-louis-marie-copie.jpgUn entretien  du mensuel « La Nef » (n° 293, juin 2017) avec Dom Louis-Marie, Père-Abbé de  l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux. Celui-ci nous parle de son abbaye, des vocations, nous offre le regard d’un moine sur l’Église et un monde qui perd toute mesure.

    La Nef – Pourriez-vous d’abord nous dire un mot de la situation de votre abbaye et de votre fondation de La Garde ?

    TRP Dom Louis-Marie – Notre abbaye, fondée en 1970 par Dom Gérard, compte désormais 52 moines profès et deux postulants. Sainte-Marie de la Garde, fondée en 2002, compte 14 moines profès et deux postulants qui prendront le saint habit le 24 juin prochain avant l'office de complies. L'âge moyen est à peu près de 50 ans. Nous consacrons nos journées au Seigneur par la prière liturgique dès la nuit, par le travail (agriculture, maraîchage, moulin à huile, boulangerie et pâtisserie, vie de la maison, magasin et vente par correspondance) et par un apostolat monastique qui comporte confessions, prédications, aumônerie de scouts, des chapitres Sainte-Madeleine, Saint-Lazare et autres. Nous avons aussi en charge la direction et l'aumônerie de l'Institution Saint-Louis, collège d'environ 80 garçons. Enfin nous assurons le ministère monastique habituel auprès des personnes qui font chez nous un séjour à l'hôtellerie. Je suis très heureux de voir que Sainte-Marie de la Garde offre à un certain nombre de prêtres la possibilité de se reposer en profitant de la sainte liturgie. 

    Avez-vous toujours de nouvelles vocations régulièrement ? Leur profil a-t-il changé au fil du temps ? Et comment analysez-vous ce que l’on nomme la « crise des vocations » ?

    Oui, nous avons régulièrement des vocations. Le Seigneur appelle toujours des âmes à la vie consacrée, à une vie cachée en Dieu, ne cherchant que son bon plaisir dans le cloître, à la vie de prière dans la liturgie solennelle. Le profil des candidats change, certainement, mais pas la nature humaine qui est faite pour Dieu. Les jeunes ont soif d'identité et d'une certaine sécurité que ne donne pas le monde actuel en perpétuel changement. Il me semble très important de pouvoir donner un accompagnement personnalisé à nos jeunes en formation afin qu'ils puissent s'enraciner humainement. La crise des vocations a des causes très variées qui se ramènent à un tronc commun : le déracinement. D'où une conception diffuse de la liberté, qui se définit comme la possibilité de changer, une certaine immaturité des tempéraments due aux innombrables et permanentes gratifications de la technologie, une structure mentale abîmée par les mauvaises méthodes d'apprentissage, une image très sécularisée et même salie du sacerdoce. Mais tout cela ne résiste pas à l'appel de Dieu. Preuve en est que les communautés qui gardent le sens du sacré continuent de recruter.

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  • Pour que l’Europe continue d’avoir la famille comme son plus précieux trésor

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    De Constance Roques sur zenit.org :

    La famille, « meilleur allié pour le progrès intégral de la société »

    Audience avec la Fédération des Associations familiales catholiques en Europe

    Fédération des Associations Familiales Catholiques en Europe © L'Osservatore Romano

    Fédération Des Associations Familiales Catholiques En Europe © L'Osservatore Romano

    Pour le pape François, il n’existe pas de « meilleur allié pour le progrès intégral de la société que de favoriser la présence de familles dans le tissu social ». Le pape a reçu en audience les participants à la rencontre organisée par la Fédération des Associations familiales catholiques en Europe (FAFCE) à l’occasion du 20e anniversaire de sa fondation ce jeudi 1er juin 2017, dans la Salle Clémentine du Palais apostolique du Vatican.

    Parlant de « capital familial » appelé à « imprégner les relations économiques, sociales et politiques du continent européen », le pape a souligné la nécessité d’une culture de la rencontre « où l’on valorise l’unité dans la différence, la réciprocité et la solidarité entre les générations ». Une culture de la rencontre qui pourrait ouvrir « des horizons positifs » aux quatre crises que traverse l’Europe : crise démographique, crise migratoire, crise du travail et crise de l’éducation.

    Face à ces défis, le pape François a encouragé la FAFCE à « provoquer un dialogue constructif avec les différents acteurs de la scène sociale, sans cacher votre identité chrétienne », identité qui, au contraire, permet de « voir au-delà de l’apparence et de l’instant ». Pour ce faire, il a invité la Fédération à inviter d’autres familles à s’associer, parce que « l’union fait la force ».

    Fondée en 1997, la FAFCE représente aujourd’hui des associations familiales catholiques de 14 pays européens. L’organisation a un statut participatif auprès du Conseil de l’Europe et est membre de la Conférence des ONG internationales du Conseil de l’Europe. Elle fait également partie de la plateforme des droits fondamentaux de l’Union Européenne.

    Voici notre traduction du discours que le pape a adressé aux personnes présentes.

    CR

    Discours du pape François

    Chers frères et sœurs,

    Chères familles qui appartenez à cette Fédération, dont c’est le vingtième anniversaire, je vous salue avec affection et je remercie le président Antoine Renard pour ses aimables paroles.

    Vingt années sont peu pour tracer un bilan, mais c’est certainement un temps propice pour remercier le Seigneur pour la vitalité et l’enthousiasme du travail que vous effectuez dans votre engagement quotidien. Cette réalité associative, « jeune » dans son esprit et dans son histoire, est appelée à en contaminer d’autres dans le service des familles, pour que l’Europe continue d’avoir la famille comme son plus précieux trésor. L’image du « trésor » a été présente dans la rencontre d’hier qui vous a réunis à Rome, familles de nombreux pays d’Europe. C’est une image qui reflète très bien l’estime que nous devons tous avoir pour la famille. En effet, les familles ne sont pas des pièces de musée mais, à travers elles, se concrétise le don, dans l’engagement mutuel et dans l’ouverture généreuse aux enfants, comme dans le service de la société. Ainsi, les familles sont comme le levain qui aide à faire croître un monde plus humain, plus fraternel, où personne ne se sente refusé ni abandonné.

    1 Votre activité multiforme se résume dans le service intégral de la famille, cellule fondamentale de la société, comme je l’ai récemment rappelé aux Autorités de l’Union européenne à l’occasion du 60ème anniversaire des Pactes de Rome. Votre travail, dans le secteur ecclésial comme dans le secteur civil, pourrait à première vue sembler répondre à des exigences diverses et disparates. Mais en réalité, il répond au service de cette bonne nouvelle qu’est la famille. Dans Amoris laetitia, j’ai voulu mettre en évidence le fait qu’à partir de la famille, nous pouvions rendre concret le don à travers la beauté et la joie de l’amour mutuel. Dans cette perspective, votre activité devrait être ce rappel qui redit à tous qu’il n’existe pas de meilleur allié pour le progrès intégral de la société que de favoriser la présence de familles dans le tissu social. En effet, il reste actuel que la famille est la base de la société et qu’elle continue d’être la structure la plus adéquate pour garantir aux personnes le bien intégral nécessaire pour leur développement permanent. J’ai voulu souligner combien l’unité de tous les membres de la famille et l’engagement solidaire de celle-ci avec la société tout entière sont des alliés du bien commun et de la paix, y  compris en Europe.

    La famille est la relation interpersonnelle par excellence dans la mesure où elle est une communion de personnes. Conjugalité, paternité, maternité, filiation et fraternité permettent que chaque personne soit introduite dans la famille humaine. La manière de vivre ces relations est dictée par la communion, moteur de la véritable humanisation et de l’évangélisation. C’est pourquoi, aujourd’hui plus que jamais on voit la nécessité d’une culture de la rencontre, où soient valorisées l’unité dans la différence, la réciprocité et la solidarité entre les générations. Ce « capital familial » est appelé à imprégner les relations économiques, sociales et politiques du continent européen. Le style familial que vous vous proposez de diffuser n’est sujet à aucune idéologie contingente, mais il se base sur la dignité inviolable de la personne. Et c’est sur la base de cette dignité que l’Europe pourra être réellement une famille de peuples (cf. Discours au Parlement européen, Strasbourg, 25 novembre 2014).

    2 Des crises de différents types affleurent actuellement en Europe, y compris dans l’institution familiale. Mais les crises sont des aiguillons pour travailler davantage et mieux avec confiance et espérance.

    Je connais vos initiatives pour promouvoir des politiques concrètes en faveur de la famille dans le secteur économique et du travail, mais pas uniquement, visant à procurer un travail digne et adéquat pour tous, spécialement pour les jeunes qui, dans de nombreuses régions d’Europe, souffrent de la plaie du chômage. Dans ces initiatives comme dans d’autres qui touchent directement le domaine législatif, l’attention au respect et à la dignité de chaque personne doit toujours prévaloir. En ce sens, dans la culture de la rencontre, est toujours présente une attitude de dialogue où l’écoute est toujours nécessaire. Que votre dialogue soit toujours basé sur des faits, des témoignages, des expériences et des styles de vie qui parlent mieux que vos discours et initiatives. C’est incontournable pour le rôle de premier plan auquel mon prédécesseur saint Jean-Paul II appelait les familles (Familiaris consortio, 44).

    Quatre crises, en particulier, traversent l’Europe en ce moment : la crise démographique – l’hiver démographique -, la crise migratoire, la crise du travail et celle de l’éducation. Ces crises pourraient trouver des horizons positifs justement dans la culture de la rencontre, là où différents acteurs sociaux, économiques et politiques s’unissent pour tracer des politiques en faveur de la famille. Dans ces quatre champs, vous vous efforcez déjà de proposer des réponses à la mesure de la famille, voyant en elle une ressource et une alliée pour la personne et son environnement. En ce sens, votre tâche, bien souvent, sera de provoquer un dialogue constructif avec les différents acteurs de la scène sociale, sans cacher votre identité chrétienne, au contraire, cette identité vous fera toujours voir au-delà de l’apparence et de l’instant. Comme vous l’avez bien souligné, la culture de l’instant demande une éducation pour le lendemain.

    3 Pour faire ce travail exigeant, la famille ne peut pas rester isolée comme une monade, elle a besoin de sortir d’elle-même, elle a besoin de dialoguer et de rencontrer les autres pour donner vie à une unité qui ne soit pas uniformité et qui génère le progrès et le bien commun.

    Chères familles, vous avez beaucoup reçu de vos ancêtres. Ils sont la mémoire permanente qui doit nous pousser à mettre la sagesse du cœur et pas seulement la technique dans la création d’initiatives sur la famille et pour la famille. Ils sont la mémoire et les jeunes générations sont la responsabilité qui est devant vous. Avec cette sagesse, par exemple, votre service du caractère sacré de la vie se concrétise dans l’alliance entre les générations ; il se concrétise dans le service rendu à tous, spécialement les plus démunis, les personnes avec un handicap, les orphelins ; il se concrétise dans la solidarité avec les migrants ; il se concrétise dans l’art patient d’éduquer qui voit chaque jeune comme un sujet digne de tout l’amour familial ; il se concrétise dans le droit à la vie de l’enfant à naître qui n’a pas encore de voix ; il se concrétise dans des conditions de vie dignes pour les personnes âgées.

    Le travail à faire est important et complexe. C’est pourquoi c’est seulement en renforçant votre association et en invitant d’autres familles à s’associer que la tâche devient moins ingrate, parce que l’union fait la force. Il vous reviendra souvent d’être le ferment qui enseigne à d’autres à travailler ensemble en respectant les légitimes différences et particularités.

    4 Enfin, je vous encourage à développer avec créativité de nouvelles méthodes et ressources afin que a famille puisse exercer, dans le domaine ecclésial comme dans le domaine civil, la triple tâche de soutien aux nouvelles générations, d’accompagnement sur les routes si souvent accidentées de la vie, et de guide qui montre des références de valeurs et de significations sur le chemin de chaque jour. Cette triple mission peut être une contribution spécifique que votre Fédération, avec son service quotidien, offre aux familles en Europe.

    Je vous bénis et vous accompagne de ma prière, par l’intercession de la Sainte Famille de Nazareth. Et vous aussi, s’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi. Merci.

  • Un ancien praticien de l'avortement devenu pro-vie a été mis à l'honneur lors du forum européen One of Us

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    D'Antoine Pasquier sur le site de Famille Chrétienne :

    One of Us récompense un ancien « avorteur », devenu pro-vie

    Le docteur John Bruchalski, qui pratiquait jusqu’au début des années quatre-vingt-dix des avortements, est désormais à la tête d’une des plus importantes cliniques provie américaine. Il a reçu le trophée des « Héros de la vie », le 27 mai à Budapest, à l’issue du second forum européen One of Us.

    La fédération One of Us a remis, samedi 27 mai, son trophée des « Héros de la vie » au docteur John T. Bruchalski, en conclusion de son second forum européen organisé à Budapest (Hongrie). Médecin généticien américain, cet ancien « avorteur » favorable aux recherches sur l’embryon et au concept de pré-embryon est désormais à la tête du centre médical Tepeyac, l’une des plus importantes cliniques de gynécologie et de maternité provie aux États-Unis. Ce centre, John Bruchalski l’a fondé en 1994, à Fairfax (Virginie), au terme d’une conversion spirituelle et scientifique commencée en 1989.

    C’est cette année-là que le jeune médecin, diplômé deux ans plus tôt de l’université de l’Alabama, rencontra pour la première fois le professeur Jérôme Lejeune, venu témoigner au procès de Maryville (Tennessee) où un couple en instance de divorce s’opposait sur le devenir de leurs embryons congelés en vue d’une fécondation in vitro. « J’étais de l’autre côté à l’époque, avec mon professeur, le « père » de la FIV aux États-Unis, qui expliquait que l’embryon n’était pas égal à une personne mais tout au plus à un morceau d’appendice ou de tissu humain », a raconté le lauréat de One of Us, devant un parterre de représentants de mouvements provie venus de toute l’Europe et du ministre de la famille hongrois, Katalin Novak. « Jérôme Lejeune est venu, avec tout son génie, démontrer au juge comment tout le matériel génétique d’une personne était présent dans cette première cellule qu’est l’embryon ». John Bruchalski en est littéralement bouleversé. « Il l’a expliqué si clairement et si distinctement que le médecin que j’étais a reconsidéré sa position sur l’instant où commence une vie humaine et le moment où elle doit être respectée ».

    J’ai reçu un appel du Ciel me demandant de ne plus faire d’avortement.

    Le médecin américain n’arrête pas son activité pour autant, mais se pose de plus en plus de questions sur l’avortement. « Parfois j’avortais des enfants, parfois je les sauvais ». C’est une conversion mystique qui viendra achever sa conversion scientifique. Durant l’été 1994, John Bruchalski se rend au Mexique pour voir la Vierge de Guadalupe, puis en Serbie à Medjugorje. « J’ai reçu un appel du ciel me demandant de ne plus faire d’avortement », a-t-il confié samedi soir, en présence de son épouse. Grâce à son centre Tepeyac, qui accueille chaque année plus de 20 000 patients, John Bruchalski a permis de sauver plusieurs milliers d’enfants « qui ne seraient jamais nés sinon », a salué Thierry de la Villejégu, vice-président de la fédération One of us et directeur de la fondation Jérôme Lejeune.

    Une belle réussite que le médecin américain appelle de ses vœux en Europe. « N’abandonnez jamais ! », a-t-il déclaré à Famille Chrétienne. « Nous allons gagner la bataille, celle du triomphe du Sacré-Cœur, du cœur du Christ, celle du triomphe du bien sur le mal. La mentalité de l’avortement va s’effondrer si nous continuons de persévérer. Soyez patients et surtout aimez tous ceux qui vous entourent ».

    Objectif de One of Us : devenir incontournable en Europe

    Plus tôt dans la journée, Jaime Mayor Oreja, le président de la fédération européenne One of Us, a lui aussi invité à la patience et au temps long dans le combat pour la défense de la vie, le comparant à celui de David contre Goliath. « Nous sommes David, mais rappelons-nous que c’est lui le plus fort, lui qui l’emporte à la fin ». Devant près de 600 responsables politiques européens et nationaux, personnalités associatives, experts de la santé et de l’éthique réunis au Castle Garden Bazaar de Budapest, l’ancien ministre espagnol a donné les lignes directrices à suivre : « notre fédération doit être présente, dans les années à venir, dans le débat public au niveau européen et doit être représentée dans chaque pays afin que nos idées y soient relayées ».

    Présente à Budapest pour le Sommet sur la famille, la présidente de la Manif pour tous a été invitée à prendre la parole par les dirigeants de One of Us. Elle a exhorté l’assistance à « être créative », à « agir avec charité », à « montrer la beauté de la famille et de la maternité » et à toujours conserver « la volonté de gagner ». Pour clore ce second forum, qui avait pour thème central « Protéger la vie : le cœur du nouveau débat culturel », l’eurodéputé italien et président d’honneur de One of Us, Carlo Casini, a rappelé l’Europe à ses engagements. « L’Union Européenne a été fondée sur l’engagement que plus jamais de sang n’y soit versé. Et pourtant, le sang des enfants à naître continue d’y être versé ! Si l’Europe est le continent de la paix, il est incompréhensible que l’Union Européenne encourage la mise à mort des enfants à naître sur son sol mais aussi partout dans le monde ». Et de lancer un appel aux dirigeants des fondations Schuman, Adenauer et Gasperi afin que la demande de One of Us soit revêtue « de la force des pères fondateurs » : « L’Union Européenne ne doit plus accepter la mort de quiconque, à commencer par celle des enfants à naître ».

    Antoine Pasquier (à Budapest)

  • La nouvelle bienpensance ou quand la mise en cause de l'avortement est devenue la ligne rouge qu'il est interdit de franchir

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    De Jean-Michel Beaussant sur le site de l'Homme Nouveau :

    Défense de la vie : quand l’idéologie fait loi

    Aujourd’hui désigner l’avortement comme un crime devient un crime. Ce détournement de l’intelligence et déni du réel envahit les médias comme le monde politique. Le 28 mai, journée nationale pour la vie, devrait être l’occasion de s’interroger sur le conditionnement de plus en plus inquiétant de notre société par la culture de mort.

    « C’est monstrueux de dire que l’IVG est un crime », s’est indigné un journaliste le 17 avril sur CNews, menaçant même de quitter le plateau après le juste propos d’un prêtre lors d’un débat sur le vote des catholiques. On sait en outre comment l’Université catholique de Louvain a désavoué un professeur qui qualifiait l’avortement de « meurtre ». On n’a pas oublié non plus les mots du ministre Laurence Rossignol à l’Assemblée nationale, le 26 janvier dernier : « Avorter ce n’est pas enlever une vie. » Ces flagrants dénis de réalité par aveuglement idéologique finissent donc par désigner en délit d’opinion – c’est-à-dire paradoxalement en crime – le discours vrai et scientifique sur cette réalité. C’est le « délit du réel », selon le mot d’Élisabeth Lévy.

    On se rappelle le commentaire subversif de Hans Küng après Evangelium Vitæ : « Le pape veut abolir la liberté de conscience dans les questions les plus intimes et interdire même aux Parlements démocratiquement élus de légiférer dans ces domaines. »

    La liberté d’expression interdite

    Ce n’est pas l’Église mais ­l’État en l’occurrence qui, par le délit d’entrave numérique, veut abolir l’objection de conscience (et sa liberté d’expression) et qui légifère en ce sens par déni du réel. Dans Evangelium Vitæ, Jean-Paul II n’interdisait aucunement la liberté de conscience qui est une liberté intérieure s’opposant à ce que l’État ou l’Église puisse contrôler et contraindre les intentions ou les croyances de chacun, au for interne. Mais il plaçait l’obligation de respecter la vie innocente au-dessus de cette liberté de conscience, au nom du respect du bien commun et de la dignité des personnes. « La tolérance légale de l’avortement et de l’euthanasie ne peut en aucun cas s’appuyer sur le respect de la conscience d’autrui, précisément parce que la société a le droit et le devoir de se protéger contre les abus qui peuvent intervenir au nom de la liberté de conscience. » On saisit ce que peut impliquer analogiquement ce primat de la conscience concernant le commandement relatif à l’adultère avec les dérives pastorales et doctrinales auxquelles on assiste actuellement.

    À celui qui prétend que sa conscience lui prescrit et que sa liberté lui permet de tuer son voisin parce qu’il pense mal, ou de tuer son enfant parce qu’il est encombrant, l’État de droit civilisé répond normalement, au for externe, par la loi et la sanction pénale qui empêchent le passage à l’acte. Dans notre société un tel passage à l’acte étant au contraire permis légalement dans de nombreux cas transgressifs, c’est la liberté de le penser comme un crime et de l’exprimer comme tel qui devient aujourd’hui interdit comme un crime ! On passe de la prohibition d’actes intrinsèquement désordonnés (on n’est pas libre de faire n’importe quoi) à la prohibition d’idées justes (on n’est pas libre de penser vrai à cet égard). C’est la « loi des suspects » ou le « délit d’opinion » propre aux régimes totalitaires avec l’imposition d’une pensée « correcte » autrement appelée « pensée unique » à l’égard d’idées ou d’actes humainement répréhensibles.

    Ainsi marche la révolution copernicienne – d’origine idéaliste ou nominaliste – par laquelle ce n’est plus le réel et la loi naturelle qui informent l’intelligence objectivement, orientant la conscience ainsi éclairée. Mais c’est l’intelligence qui informe subjectivement le réel en créant une vérité et une loi arbitraires. Au lieu d’être l’œil qui reçoit la lumière, la conscience (individuelle et collective) devient la lumière qui éclaire le réel (et fait la loi) dans un faux discernement qui est un déni partiel et flagrant de la réalité : l’avortement n’est pas la cessation d’une vie sauf s’il y a « projet de vie » !

    L’IVG ne tuerait pas…

    Incohérence schizophrénique de la pensée moderne : si fumer ou boire peut tuer et est dangereux pour l’enfant à naître comme il est indiqué à l’attention des femmes enceintes par une image dissuasive sur certains contenants, l’« IVG », elle, ne tue aucun enfant et n’est pas dangereuse pour la mère ! Mais un chauffard sera lourdement condamné pour « IIG » (« interruption involontaire de grossesse » !) s’il a tué le « projet de vie » d’une future mère dans un accident de la route…

    Il est regrettable que certains opposants au délit d’entrave numérique (y compris des clercs) ne s’en prennent exclusivement qu’à l’attentat à la liberté d’opinion, prenant acte pour ainsi dire de la transgression assumée de l’« IVG », comme s’il était normal pour une mère de choisir en conscience de garder ou non son enfant et à un médecin de la suivre dans ce second terme de l’alternative. En ciblant ce seul attentat à la liberté d’expression sans dénoncer simultanément l’attentat premier à la vie humaine, ils se font des avocats dangereux du primat de la conscience sur le primat du respect de la vie innocente, c’est-à-dire du primat de la liberté (humaine) sur le primat de la vérité (divine). On ne peut être un bon apôtre de la liberté de conscience sans défendre simultanément l’accessibilité et la force contraignante de la vérité sur cette conscience libre et responsable. On s’expose sinon, tôt ou tard, au sophisme de Küng et à sa dérive irréversiblement totalitaire pour l’État : quand le respect de la vie humaine innocente n’oblige plus en conscience, on oblige en conscience au respect de la loi homicide.

  • Retour sur la Marche de la Vie à Rome où Stéphane Mercier fut très applaudi

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    Lu ICI :

    Italie : le droit à lavie, don de Dieu, affirmé dans les rues de Rome

    Lorsque la pluie d’orage cessa pour laisser place au soleil, les organisateurs de la 7ème Marcia per la Vita, remerciant la Providence qui ne manque jamais de nous assister, comprirent que cette marche serait un grand succès. A trois heures et demi, le cortège s’ébranla, quittant la piazza della Repubblica. En tête, la grande banderole et le train joyeux des enfants et mamans, qui expriment si bien la force et l’espérance de la culture de la vie.

    La 7ème édition de la Marcia per la Vita est l’une des plus nombreuses de ces dernières années. Combien y a-t-il de participants ? Certainement des dizaines de milliers. Virginia Coda Nunziante, présidente du Comité Marcia per la Vita, ne regarde pas tant les chiffres. « La discussion sur le nombre de participants – affirme-t-elle – n’a qu’une importance relative. Le succès de la Marche tient surtout à la force de son message ». Et cette force est exprimée par le cortège où affluent des personnes de tous horizons, groupes et associations variés, mais tous unis dans cet amour commun de la vie et de la famille. « Les nombreuses âmes du peuple pro-life colorent le long cortège » écrit Luca Liverani dans l’Avvenire du 21 mai.

    La marche italienne est particulièrement marquée par cette polyphonie de voix et de couleurs. Familles et associations pro-life provenant de toute l’Italie et du monde entier, forment une extraordinaire chorégraphie où ballons colorés, pancartes, drapeaux, musiques et slogans se mêlent aux chapelets et aux hymnes religieux. Les prêtres y sont très nombreux : les bénédictins de l’abbaye de Nursie sous la conduite du père Cassian Folsom, les religieux et religieuses du Verbo Incarnato, les jeunes frères Franciscains de l’Immaculée, les pères Somaschi, la Fraternité Saint Pie X, les Légionnaires du Christ, l’Institut du Bon Pasteur, les séminaristes du North American College et ceux de l’Institut du Christ-Roi de Gricigliano, mais surtout deux incontournables points de référence : le cardinal Raymond Leo Burke, patron de l’Ordre Souverain Militaire de Malte, et Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire de Maria Santissima d’Astana, auxquels s’est joint l’archevêque Carlo Maria Viganò, ex-Nonce du Saint-Siège aux Etats-Unis.

    Le cardinal Carlo Caffarra et l’archevêque Luigi Negri, dans l’impossibilité de venir, ont envoyé de longs messages qui sont venus s’ajouter à ceux de tant d’autres évêques et cardinaux. Le pape François a envoyé sa bénédiction et fait savoir, par l’intermédiaire du secrétaire d’Etat, le cardinal Pietro Parolin : «qu’il était heureux de faire parvenir aux participants son salut et son souhait que l’évènement puisse favoriser l’adhésion aux valeurs de la vie humaine et l’accueil de cet incommensurable don divin dans toute son incroyable richesse».

    La veille de la marche, comme tous les ans, s’est tenue une adoration Eucharistique, cette année à la basilique de Sant’Andrea delle Fratte, le sanctuaire marial de Rome où la Vierge Marie est apparue en 1842 au juif Ratisbonne, le convertissant miraculeusement. La cérémonie était présidée par le cardinal Burke, en présence des cardinaux Walter Brandmüller et George Pell, de l’archevêque Carlo Maria Viganò et de Mgr Athanasius Schneider. Au premier rang se tenaient les ambassadeurs de Hongrie, Pologne et Corée du Sud et, dans la foule, les représentants de toutes les organisations internationales venus pour le Rome Life Forum (dont Jeanne Smits a publié les nouvelles sur son blog : http://leblogdejeannesmits.blogspot.it/2017/05/rome-life-forum-burke-caffarra-fatima-consecration-russie-coeur-marie.html).

    Le caractère catholique de la marche est évident. Mais à Rome, cœur de l’Eglise, se manifeste également son universalité par l’aspect international de l’évènement : plus de 100 leaders pro-life étrangers, de plus de 20 pays différents, et représentant tous les continents : Autriche, Nouvelle-Zélande, Brésil, Caraïbes, Vénézuela, Argentine, Canada, Etats-Unis, Nigéria, Afrique du Sud, Philippines, mais encore Allemagne, Pologne, France, Grande-Bretagne, Espagne, Irlande, République Tchèque, Lituanie, Roumanie, Slovaquie.

    Le cortège passe non loin du Colisée, longe les Forums impériaux et arrive à 17h00 sur la piazza Madonna di Loreto, juste derrière la piazza Venezia, où a été monté un grand podium, avec un écran-géant. L’avocat Claudio Vitelli, du Comité de la Marcia per la Vita, présente alors les témoignages, introduits par un choeur d’une paroisse de Naples qui chante un hymne à la Vierge pour la défense de la vie, sous la direction du curé, Francesco Cirino, qui œuvre activement auprès des femmes voulant avorter : chaque année, ce sont plusieurs dizaines d’enfants qui doivent la vie à son apostolat.

    Quelques jeunes femmes racontent leur histoire émouvante: Katy, qui devait être avortée, a lutté pour vivre et s’occupe aujourd’hui des jeunes femmes en difficulté, avec la Communauté Papa Giovanni XXIII, et Monica qui, après un premier avortement, s’est refusé à tuer son second enfant et qui, depuis quelques années, s’est convertie à la religion catholique, parvenant à guérir cette profonde blessure. Puis intervient, avec sa mère, Roberto Panella, qui plongé dans le coma à la suite d’un accident, s’est réveillé, alors que les médecins le donnaient pour mort, et est aujourd’hui un militant convaincu contre l’euthanasie. L’entrepreneur Roberto Brazzale parle de son expérience auprès de ses salariés : il donne une prime aux femmes qui attendent un enfant.

    Très applaudi, le jeune professeur belge, Stéphane Mercier, enseignant à l’Université catholique de Louvain, suspendu de ses fonctions (il est aujourd’hui dans l’attente de la réponse définitive, sans doute le licenciement) pour avoir soutenu dans un cours que l’avortement est un homicide. « De toute façon – affirme-t-il avec courage et détermination – au jour du jugement, je ne serai pas jugé par les autorités académiques de Louvain » puis il demande le soutien des prières afin de ne « pas fuir, de peur, devant les loups ».

    Le dernier témoignage est celui de Gianna Jessen, dont l’histoire est désormais mondialement connue. Tandis qu’elle s’exprime sur le podium, deux personnes la soutiennent pour l’aider à tenir debout. Gianna ne peut marcher seule, parce que sa mère a tenté de l’avorter par injection saline, un poison qui brûle et étouffe l’enfant. Après 18 heures d’exposition à la solution qui aurait due la tuer, Gianna est inexplicablement née, échappant à la mort contre tout pronostic. Le traumatisme lui provoqua une paralysie cérébrale. Elle le dit clairement : elle est convaincue qu’elle doit sa vie à une intervention miraculeuse de Jésus-Christ et s’exclame au milieu des applaudissements : « La question que je pose aux féministes : si vous défendez les droits des femmes, où étaient mes droits ce matin-là ? ».

    Enfin, Virginia Coda Nunziante conclut la journée par le texte que nous reportons dans l’article suivant.

    La marche a reçu également quelques soutiens politiques : la présidente de Fratelli d’Italia, Giorgia Meloni, a déclaré : « Pour nous, la défense de la vie et le soutien de la famille et de la natalité sont une priorité, et samedi nous descendrons dans la rue pour le rappeler ». Le secréataire de la Lega Nord Matteo Salvini, a affirmé de son côté : « Je suis aujourd’hui en pensée avec la Marcia per la Vita à Rome, et non à Milan pour la Marche des envahisseurs» (marche des migrants).

    Les agences Ansa, SIR et Aska ont suivi la Marche par leurs communiqués et plusieurs chaînes de télévision et radios en ont parlé : Canale 5, Rai 3, Rai News 24, TV 2000, Radio radicale qui a retransmis tous les témoignages sur le podium, mais aussi, outre les nombreux blogs et sites, les agences internationales National Catholic Register, Aleteia, Catholic Thing et LifeSiteNews et les quotidiens italiens Avvenire, Libero, Il Giornale, La Croce, La Repubblica, La Verità et le quotidien Il Tempo de Rome, qui a consacré au sujet la une et un dossier de plusieurs pages.

    Le prochain rendez-vous est déjà fixé, le 19 mai 2018, quarantième anniversaire de la désastreuse légalisation de l’avortement en Italie. (Veronica Rasponi)

  • Fabriquer un bébé pour un autre, c’est se hasarder à générer chez ce petit de la souffrance et de la pathologie relationnelle

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    Une opinion d'Anne Schaub, psychothérapeute, publiée sur le site de LaLibre.be :
     
    L’enfant, le grand oublié

    Je veux dénoncer les écorchures imposées à l’enfant dans la gestation pour autrui. Fabriquer un bébé pour un autre, c’est se hasarder à générer chez ce petit de la souffrance et de la pathologie relationnelle.

    Dans le débat sur les mères porteuses, je suis frappée qu’un intervenant est systématiquement oublié : l’enfant. Dans la gestation pour autrui (GPA), il s’agit apparemment d’une simple affaire de désir d’enfant, de générosité, de solidarité entre couples et entre femmes… et aussi d’argent. Que dire, que penser du développement in utero du petit être humain embryon dans le ventre d’une mère porteuse ? Que ressent ce petit enfant qui est remis/vendu à la naissance aux parents d’intention qui ont soit fourni eux-mêmes les gamètes, soit ont fait appel à un ou des donneurs externes ? Sur base des acquis en sciences humaines et en neurosciences, que peut-on présumer comme effets durables sur l’enfant ainsi projeté dans la vie ?

    Le terreau de base

    Il me semble essentiel de considérer les enjeux majeurs que représentent pour l’enfant à naître les circonstances de conception, de gestation et de naissance. De nombreuses démonstrations issues des neurosciences mettent en lumière l’importance biopsychologique et cognitive de cette période prénatale pour l’enfant. Ces étapes de vie représentent le terreau de base dans lequel seront ensemencées les premières expériences sensorielles, relationnelles et émotionnelles inconscientes, à connotation soit d’unité, de tendresse, de joie et de sérénité, soit de distance ou de confusion affective; voire, de stress extrême entre autres, lié à l’angoisse de séparation.

    Faciliter ou organiser une maternité/parentalité éclatée de la conception à la naissance charge l’enfant d’un bagage psycho-affectif empreint de ruptures et le marque d’une filiation brouillée.

    Hormis les circonstances de conception d’un enfant, déjà influentes sur son devenir, si celui-ci est séparé de sa mère de naissance même durant quelques heures, il est touché en plein cœur dans son besoin de continuité, de stabilité et de sécurité de base. Comme cela s’est produit pour Amélie, 6 ans. Son petit cœur restait écorché et à vif suite à une césarienne et une séparation de naissance de quelques heures. C’est comme si ses grosses colères répétitives à chaque contrariété cachaient un cri tragique répétitif : "Maman, pourquoi m’as-tu abandonnée ? J’ai encore souvent si peur ! Sans toi, je crois mourir !" (1) En effet, toute situation qui impose au nouveau-né, même involontairement, la séparation avec la mère qui l’a porté neuf mois, entraîne chez lui selon le contexte et à des degrés divers, une blessure d’abandon qui peut aller jusqu’à une angoisse de mort. Le bébé il est vrai, se "sent" exister à partir de la présence en qualité et en quantité de sa mère, qu’il connaît de tous ses sens déjà depuis plusieurs mois et à laquelle il s’est attaché !

    Le réflexe de l’attachement

    Si une femme, une mère, quelle qu’en soit la raison, peut décider de ne pas s’attacher au bébé qu’elle attend, l’enfant lui, ne le peut pas. Le processus qui crée ce lien d’attachement du bébé vers la mère, relève d’un "réflexe" programmé de survie. Il s’agit bien d’un mécanisme biophysiologique et psychologique, incontournable et incontestable. Aucun contrat entre des parents d’intention et une mère porteuse, aucune pensée d’adulte qui désire de tout son cœur l’enfant attendu à distance, n’a le pouvoir de diminuer ou d’effacer cette expérience humaine d’attachement gestationnel qui se tisse tout en finesse et en subtilité chez le fœtus, et s’avère fondamentale pour son devenir. Qui, un jour ou l’autre, ne revient pas à ces fondements-là, pour mieux se comprendre ?

    Le procédé procréatif propre à la GPA, expose de facto le jeune enfant à une dissociation entre la dimension génétique, corporelle et éducative. Pour la plupart des psychologues et pédopsychiatres, il s’agit bien d’un contexte d’origine susceptible d’entraîner chez celui-ci un bouleversement sensoriel et intrapsychique, au risque d’altérer la fondation de son identité.

    Des chercheurs ont filmé des nouveau-nés et ont observé par exemple que le nourrisson ensommeillé s’agite lorsqu’on place tout près de son visage un coton imprégné de l’odeur d’une femme qui lui est étrangère et par contre, s’apaise et se rendort rapidement quand il reconnaît l’odeur de sa maman (1). Ces tout-petits attestent de leur compétence à discriminer qui est leur mère (odeur, voix, toucher, intuition profonde) et qui ne l’est pas. Nul ne peut les tromper et toute expérience de rupture maternelle aussi précoce qu’une séparation de naissance, porte atteinte à leur sentiment de sécurité de base et à leur intégrité existentielle.

    La rupture volontaire

    Autre sujet à discussion, quant au rapprochement à faire ou non avec l’adoption (1). L’histoire de Julio, 48 ans, est à ce titre éloquente : il doit fréquemment composer avec les grosses colères de son fils de 12 ans. Il se souvient des siennes au même âge et de son opposition permanente à ses parents d’adoption sur qui il rejetait systématiquement la cause du moindre mal-être. Aujourd’hui il se sent apaisé et partage une belle complicité avec eux. Un travail psychologique lui a permis de mieux conscientiser combien à l’époque il rejetait à tort, sur ses parents d’adoption, sa révolte de fond liée à une permanente angoisse de séparation. Il a petit à petit conscientisé que ceux-ci, qui n’y étaient pour rien, avaient au contraire cherché par l’adoption à l’entourer de ce qu’il avait perdu par les aléas de la vie.

    Ainsi, la blessure la plus profonde que l’enfant issu de GPA aura sans doute à résoudre et qui n’existe pas chez l’enfant adopté, c’est de réaliser que ce sont ses parents qui ont eux-mêmes créé la situation de rupture avec la mère de naissance. Ce conflit intrapsychique est susceptible de sourdre en lui toute une vie, avec des questionnements identitaires et existentiels. Dans le débat autour de la GPA, il est essentiel de remettre le petit enfant au cœur du débat. Tout nouveau-né n’est-il pas un "petit sans voix" ? Sortons l’enfant de l’ombre, en vue de dénoncer les écorchures potentielles de base qui lui sont imposées dans la GPA ! Car "fabriquer" un enfant pour autrui, c’est se hasarder à générer de la souffrance et de la pathologie relationnelle chez l’enfant concerné.

    (1) Extrait du livre "Un cri secret d’enfant… Attachement mère-enfant, mémoires précoces, séparation, abandon", Ed. Les acteurs du savoir, Anne Schaub (Préface du professeur Marcel Frydman).

     
  • 15 millions d'euros pour le dépistage prénatal non invasif de la trisomie 21

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    Empêcher les enfants trisomiques de venir au monde, une priorité du gouvernement belge :

    LA BELGIQUE DÉBLOQUE 15 MILLIONS D’EUROS POUR LE DÉPISTAGE PRÉNATAL NON INVASIF DE LA TRISOMIE 21

      

    La Belgique remboursera presque intégralement le dépistage prénatal non invasif de la trisomie 21 (DPNI) à partir du 1er juillet. Les femmes enceintes devront compléter à hauteur de 8,68€ maximum, alors que le test coûte 290€ depuis décembre dernier (cf. Belgique : le prix du DPNI revu à la baisse). La ministre de la santé publique Maggie de Block a prévu un budget de 15 millions d’euros pour cette mesure, « qui rendra possible le remboursement de 100 000 tests par an ».  La mesure doit encore être confirmée par le Comité de l’assurance soins de santé ce lundi.

    Note Gènéthique :

  • La France à l'heure du grand "Chamboule tout"

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    De Patrice Buffotot sur le site de France Catholique :

    Le « Chamboule tout » politique français : Une manipulation « machiavélique » ?

    En quelques mois, nous assistons à une « recomposition du paysage politique français », véritable bain de jouvence aux dires des médias, qui devrait résoudre tous les problèmes du pays. Cette « recomposition » est en réalité comme l’explique Jacques Rollet, plus une « décomposition » [1] du milieu politique dont la conséquence sera de désorienter un peu plus les électeurs.

    Une vaste opération de décomposition

    En effet, cette vaste opération de décomposition où des politiques de droite comme de gauche trahissent respectivement leur famille politique et surtout leurs électeurs, provoque une perte des repères des électeurs qui sont ainsi plus facilement manipulables. Il est évident que les médias apportent un soutien actif à cette décomposition. Elles arrivent à présenter le « Chamboule tout » pour les législatives de juin 2017 comme une « recomposition », c’est-à-dire comme une évolution positive, afin d’inciter l’électeur perdu, à voter pour cette nouvelle formation centriste en cours d’élaboration qui va de la gauche à la droite, cassant toutes les filiations idéologiques avec les anciennes forces politiques quelles soient socialistes, démocrates-chrétiennes, gaullistes et conservatrices. Le ralliement ne repose plus que sur l’opportunisme. Si cette formation obtient la majorité, il y aura la constitution d’un « grand centre » et l’opposition sera constituée de deux partis extrémistes, à l’extrême gauche et à l’extrême droite qui serviront de partis repoussoirs. Cette configuration politique est dangereuse à plus d’un titre pour l’avenir du pays.

    En effet le clivage gauche/droite, qui a structuré la vie politique française depuis plus d’un siècle, est présenté comme obsolète. On nous explique en effet que de nouveaux clivages, comme ceux de nomades/ sédentaires, de mondial/local, de pro-européens (ouverture) et souverainistes (fermeture) sont plus opérationnels et pertinents. L’intérêt de cette démarche est de briser les repères des électeurs, de brouiller les pistes et ainsi de les déboussoler au point, comme l’exprime bien l’expression populaire, de ne plus « savoir à quels saints se vouer ».

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