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Spiritualité - Page 5

  • L'Académie de Chant Grégorien à Liège. Une offre qui s'élargit encore pour un nouveau cycle: de novembre 2018 à mai 2019

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     Encore quelques jours pour s'inscrire !

    église du saint sacrement Liège GOPR0645.JPGL’académie de chant grégorien à Liège organise, du 14 novembre 2018 au 25 mai 2019, un nouveau cycle de cours : une offre dédiée au chant grégorien qui s’élargit à la formation de la voix, à la lecture musicale et à l’initiation à l’orgue liturgique, avec trois professeurs universitaires ou diplômés des conservatoires tant belges qu’étrangers. Encore quelques jours pour s’inscrire !

    Les formations se donnent toutes dans les locaux de l’église du Saint-Sacrement (Bd d’Avroy, 132, 4000 Liège). Elles sont diversifiées et cumulables : chaque élève compose le « menu » de son choix en remplissant le formulaire d’inscription disponible sur simple demande.

    Renseignements : academiedechantgregorienliege@proximus.be, sur le site www.gregorien.be  ou chez Jean-Paul Schyns (secrétariat), tél 04.344.10.89. Pour les inscriptions en ligne : www.gregorien.be

    cliquer sur les images ci-dessous pour les agrandir

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  • Des maximes pour notre temps...

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    ... tirées des textes de saint Léon le Grand :

    Toute parole de l'Ecriture-Sainte nous convie finalement à la joie dans le Seigneur.

    Vous êtes greffés sur le Seigneur.

    Il y a davantage dans l'âme de chaque fidèle que dans tout le firmament.

    Quiconque reste étranger à la vérité n'est pas miséricordieux, quiconque ignore la bonté est incapable de justice.

    Bénéfique compassion : nous sommes malades avec les malades, nous pleurons avec ceux qui pleurent.

    L'obéissance adoucit le commandement.

    Il faut user convenablement des créatures visibles, tout comme on utilise la terre, la mer, l'eau, les sources et les fleuves.

    Pour le bon ordre : que chacun préfère les autres à soi ; que chacun respecte d'abord les intérêts des autres, avant les siens propres.

    Il faut garder tête solide, au milieu de toutes les girouettes.

    Chrétien, prends conscience de ta dignité. Rappelle-toi toujours de quel Corps tu es membre.

    Devenu temple du Saint-Esprit par ton baptême, ne chasse pas un tel hôte de ton cœur par des actes coupables.

    Les mystères s'accommodent au temps. Par contre, la foi que nous vivons ne saurait changer selon le temps.

    Ne rendre à personne le mal pour le mal : voilà tout le secret de l'ascèse chrétienne.

    Adultes, nous ne sommes pas invités à retourner aux jeux de l'enfance ni à ses débuts imparfaits. Il faut vivre comme il convient à l'âge mûr, quand on l'atteint.

    Peu importe de savoir à partir de quelle nature (divine ou humaine) nous sommes au Christ ! En effet, l'unité de personne demeure intégralement. C'est donc intégralement le même qui est Fils de l'homme en raison de la chair et Fils de Dieu en raison de la divinité, possédée dans l'unité avec le Père.

    Liez société avec : patriarches, prophètes, apôtres et martyrs.

    Toute parole de l'Ecriture-Sainte nous convie finalement à la joie dans le Seigneur.

    Vous êtes greffés sur le Seigneur.

    Il y a davantage dans l'âme de chaque fidèle que dans tout le firmament.

    Il y a des pièges dans l'abondance des riches, il y en a aussi dans la pauvreté. L'opulence rend hautain et vaniteux, le dénuement engendre l'aigreur et l'amertume.

    Ne jugeons pas l'héritage (spécialement chrétien), sur l'indignité des héritiers.

    Ceux qui ne résistent pas à leurs désirs dépravés perdent finalement la paix du cœur.

    C'est une maxime fondamentale du christianisme ; les seules et véritables richesses consistent dans la pauvreté d'esprit : plus on est humble, plus on est grand.

    http://missel.free.fr/Sanctoral/11/10.php

  • Léon le Grand, un pape à la barre sur une mer démontée (10 novembre)

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    ih4059.jpgBenoît XVI a consacré sa catéchèse à saint Léon le Grand lors de l'audience générale du mercredi 5 mars 2008 :

    Chers frères et soeurs,

    En poursuivant notre chemin parmi les Pères de l'Eglise, véritables astres qui brillent de loin, nous abordons pendant notre rencontre d'aujourd'hui la figure d'un Pape qui, en 1754, fut proclamé Docteur de l'Eglise par Benoît XIV:  il s'agit de saint Léon le Grand. Comme l'indique l'épithète que la tradition lui attribua très tôt, il fut véritablement l'un des plus grands Papes qui aient honoré le Siège romain, contribuant largement à en renforcer l'autorité et le prestige. Premier Evêque de Rome à porter le nom de Léon, adopté ensuite par douze autres Souverains Pontifes, il est également le premier Pape dont nous soit parvenue la prédication qu'il adressait au peuple qui se rassemblait autour de lui pendant les célébrations. Il est naturel de penser également à lui dans le contexte des actuelles Audiences générales du mercredi, des rendez-vous qui pendant les dernières décennies sont devenus pour l'Evêque de Rome une forme habituelle de rencontre avec les fidèles et avec de nombreux visiteurs de toutes les parties du monde.

    Léon était originaire de la région italienne de la Tuscia. Il devint diacre de l'Eglise de Rome autour de l'an 430 et, avec le temps, il acquit au sein de celle-ci une position de grande importance. Ce rôle de premier plan poussa Galla Placidia, qui à cette époque dirigeait l'Empire d'Occident, à l'envoyer en Gaule en 440 pour résoudre une situation difficile. Mais au cours de l'été de cette année, le Pape Sixte III - dont le nom est lié aux magnifiques mosaïques de Sainte-Marie-Majeure - mourut, et ce fut précisément Léon qui lui succéda, recevant la nouvelle alors qu'il accomplissait justement sa mission de paix en Gaule. De retour à Rome, le nouveau Pape fut consacré le 29 septembre 440. C'est ainsi que commença son pontificat, qui dura plus de vingt-et-un an, et qui a été sans aucun doute l'un des plus importants de l'histoire de l'Eglise. A sa mort, le 10 novembre 461, le Pape fut enterré auprès de la tombe de saint Pierre. Ses reliques sont conservées aujourd'hui encore dans l'un des autels de la Basilique vaticane.

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  • "C'est de la liturgie d'hier que nous avons reçu la foi, qui nous a donné notre vocation, qu'ont connue tant de martyrs."

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    De la Lettre de Paix liturgique 667 du 6 Novembre 2018 :

    CARDINAL ZEN : " C'EST DE LA LITURGIE D'HIER QUE NOUS AVONS REÇU LA FOI, QUI NOUS A DONNE NOTRE VOCATION , QU'ONT CONNUE TANT DE MARTYRS"

    Nous vous proposons aujourd’hui le texte du message en forme d’entretien qui a été adressé par le cardinal Zen aux participants des Rencontres Summorum Pontificum, qui se sont tenues à Rome, le vendredi 26 octobre, dans le grand amphithéâtre de l’Augustinianum, l’Institut pontifical d’études des Pères de l’Eglise.

    Le cardinal Joseph Zen, archevêque émérite de Hong Kong, est un très valeureux défenseur de la foi catholique en Chine, et plus généralement de la liberté du peuple chinois contre l’oppression communiste. Il avait été vraisemblablement nommé cardinal in pectore, en secret, par Jean-Paul II. Il a, en tout cas, été officiellement revêtu de la pourpre romaine, par Benoît XVI, en 2006.

    Dans ces dernières années, il a manifesté sa ferme opposition aux préparatifs d’un accord  entre le Saint-Siège et le régime communiste chinois , avertissant : « Dans notre acceptation des dispositions de Rome, il y a une limite, celle de la conscience. Nous ne pouvons pas suivre cet éventuel accord dans ce qui semble à la conscience manifestement contraire à la foi catholique authentique ». Et lorsque l’accord a été signé, le 22 septembre 2018, accord dont on ne connaît pas encore la teneur précise, mais dont tout laisse penser qu’il sacrifie les évêques, de l’Eglise dite « souterraine », qui n’ont jamais voulu s’intégrer à l’Eglise contrôlée par les communistes, dite « Eglise patriotique de Chine », ou « Association patriotique des catholiques chinois », le cardinal a demandé la démission du Cardinal Parolin, Secrétaire d’Etat, l’accusant de « vendre l'Eglise catholique au gouvernement communiste ».Nous retiendrons particulièrement de cet entretien les derniers mots du cardinal à propos de la liturgie traditionnelle  "La liturgie antique peut faire du bien même à ceux qui ne la fréquentent pas régulièrement, car elle est une nourriture pour l'âme".

    Éminence, quels souvenirs avez-vous de la messe tridentine durant votre enfance à Shanghai ? 

    Nous ne pensions pas alors qu'il pouvait y avoir une autre manière d'assister à la messe. La messe était celle-là… Quand j'étais enfant, chaque jour j'allais à la messe et je l'ai servie jusqu'à l'âge de 12 ans. Le dimanche, mon père m'emmenait avec lui à cinq messes, et je ne me suis jamais ennuyé. En fin de compte, on savait ce qui se déroulait. Même si elle était célébrée en latin, on comprenait de quoi il s'agissait.

    Pour nous, Chinois, l'atmosphère mystique que nous y trouvions était très appréciée et jamais je n'ai trouvé de difficultés pour suivre la messe.

    Après, quand je suis devenu un peu plus grand, j'ai pris connaissance du mouvement liturgique en faveur de l'utilisation de la langue vernaculaire dans la liturgie et j'ai pensé que c'était une chose raisonnable. Je réussissais ainsi à mieux connaître la messe en latin grâce aux traductions. On pouvait aussi lire les lectures, qui, d'ailleurs, étaient les mêmes pendant toute la semaine, tandis que maintenant il y a beaucoup  de variété.

    Certes, le concile a accepté la langue vernaculaire, mais ce n'est pas une raison pour mépriser les usages antérieurs.

    Je me souviens quand je suis allé enseigner dans le séminaire de Shanghai. J'y ai célébré ma première messe selon le rite postconciliaire. J'ai prononcé le sermon ; la messe était celle de saint Jérôme et l'évangile disait que le scribe « est semblable au maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l'ancien* ». J'ai donc dit aux séminaristes : « Aujourd'hui, nous commençons à pratiquer cette nouvelle forme liturgique : faites en sorte de l'apprendre. Un jour viendra où vous en serez le célébrant principal et un peu après ce sera à vous de prononcer le sermon mais il ne faut pas penser que le passé est mauvais ! C'est de la liturgie d'hier que nous avons reçu la foi, celle elle qui nous a donné notre vocation, c'est elle qu'ont connu tant de martyrs : par charité, apprenez ce qui est nouveau mais ne méprisez pas le passé ! »

    Je ne tolère pas quand quelqu'un, en enseignant des choses nouvelles, se moque des choses du passé. Il ne s'y trouve pas des choses ridicules mais plutôt des trésors.

    Quel est votre souvenir du pape Benoît, le pape du Summorum Pontificum ? 

    Il est fantastique. Benoît est un grand homme. Avant tout un grand théologien etje dirais même un mystique. Quand il parle, quand il écrit, on trouve dans son enseignement des accents merveilleux. Par exemple, lors de la lettre adressée à la Chine, il y a eu des brouillons et nous avons donné nos opinions, etc. mais il a lui aussi ajouté une note personnelle. À un moment donné, il met en avant le livre de la Révélation, l'Apocalypse, où l'on parle d'un livre scellé. Il y a sept sceaux et personne ne réussit à l'ouvrir. C'est le livre de l'Histoire. Lors de cette vision, saint Jean pleura : « Qui réussira à ouvrir ce livre ? » Voilà l'agneau immolé qui arrive et lui seul parvient à ouvrir le livre. Ce qui veut dire que nous ne réussissons à comprendre l'Histoire qu'à partir de Jésus Crucifié. C'est une méditation fantastique.

    Je dis que c'est un Pape qui n'a qu'un seul défaut : il est trop bon, trop humble, trop patient, il a trop de répugnance à exercer son autorité, mais on peut l'excuser au vue de toutes ses extraordinaires qualités, on peut lui pardonner ce défaut. Malheureusement, quelques-uns ont abusé de cette bonté.

    Ce message s'adresse aux participants du pèlerinage à Rome du peuple Summorum Pontificum : auriez-vous un conseil pour eux ?

    Je me réjouis du fait que dans l'Église il y ait tant de monde, et beaucoup de jeunes, qui apprécient les trésors de la liturgie antique de l'Église. Je me réjouis car il s'agit vraiment d'un trésor qu'au moins une partie de l'Église apprécie et cherche à maintenir pour le bien de tous. La liturgie antique peut faire du bien même à ceux qui ne la fréquentent pas régulièrement, car elle est une nourriture pour l'âme.

  • Religio depopulata in Europa : l’exception polonaise

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    Vous voulez comprendre la Pologne d'aujourd'hui dans son rapport à la religion catholique ? Oubliez votre environnement occidental et acceptez de plonger dans une autre histoire, dans une autre grille de lecture politique, dans une culture où l'identité catholique polonaise reste très forte. 1989 a été un bouleversement considérable en Pologne. Depuis lors la hiérarchie catholique polonaise cherche à maintenir ses valeurs dans un monde devenu complexe.

    Une corpoduction KTO/Grand Angle Production 2016 - Réalisé par Françoise Pons Documentaire du 26/07/2016. 

    JPSC

  • Tu aimeras (31ème dimanche)

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    Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

    Un scribe s'avança vers Jésus pour lui demander : « Quel est le premier de tous les commandements ? »
    Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l'unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n'y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »
    Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as raison de dire que Dieu est l'Unique et qu'il n'y en a pas d'autre que lui. L'aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toutes les offrandes et tous les sacrifices. »
    Jésus, voyant qu'il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n'es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n'osait plus l'interroger.

    Sur Homélie.fr, du Père Joseph Marie Verlinde (archive 2012) :

    À première vue, la question du scribe peut paraître très académique. Il était en effet courant de mettre à l’épreuve un rabbi en lui demandant de synthétiser les préceptes de la Torah en un seul commandement d’où découleraient tous les autres. Il se pourrait cependant que le dialogue qui s’engage se déroule à un autre niveau ; l’évangéliste précise en effet qu’ » un scribe s’avança » : cet homme sort de la foule, et s’engage personnellement dans la rencontre qu’il sollicite avec Jésus. D’où la réponse bienveillante du Seigneur.

    A la question « quel est le premier de tous les commandements » c’est-à-dire quelle est la pierre angulaire, quel est l’esprit de tous les préceptes de la Torah ? Jésus répond : « Tu aimeras ».

    On pourrait s’étonner que l’amour puisse faire l’objet d’un précepte, mais ces deux mots – « tu aimeras » - résonnent plutôt comme une invitation et une promesse, que comme un ordre. Le Shema Israël (1ère lect.) que cite Jésus, commence d’ailleurs par une invitation pressante à l’écoute, confirmant ainsi qu’il s’agit d’ouvrir notre cœur pour accueillir la promesse du Seigneur : « Mets-toi en route sur le chemin de l’amour, comme je t’y invite, et tu verras : chemin faisant, je t’apprendrai à aimer ». Et quel est l’objet de cet amour ? Le Deutéronome répond : « le Seigneur notre Dieu, car il est l’unique Seigneur », c’est-à-dire le seul Saint, le seul digne de notre adoration.

    Mais Dieu ne reste-t-il pas voilé dans sa transcendance ? Comment les esprits incarnés que nous sommes pourraient-ils aimer l’invisible ? C’est bien pourquoi le Verbe s’est fait chair : il a pris visage pour nous, il nous a dévoilé son Nom pour que nous puissions le contempler de nos yeux, l’invoquer de nos lèvres ; et que de cet échange de regard et de paroles puisse naître l’amour. Un amour fort, radical et par le fait même exclusif : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force », autrement dit, de tout notre être, de toute notre personne. Dans la stricte logique du don – qui est celle de l’amour – cela signifie qu’à l’image de Jésus, nous sommes invités à livrer notre vie, instant après instant, entre les mains du Père, dans un élan d’abandon amoureux, pour ne plus vivre que du don qu’il nous fera de lui-même en retour. Tel est le cœur de la Loi ; telle devrait être la disposition de cœur de celui qui veut obéir à la Loi selon l’intention de Dieu. Tous les autres préceptes nous sont donnés uniquement afin de nous aider à concrétiser ce don de nous-mêmes au quotidien. Celui qui aime vraiment, ne cherche-t-il pas à accomplir le désir de l’autre, à agir conformément à ses attentes jusque dans le moindre détail ? Il appartient en effet à la nature de l’amour de chercher la communion des volontés dans l’obéissance réciproque. Nous sommes décidément loin d’une soumission formelle, légaliste, sans âme. Une telle obéissance n’aurait aucune valeur aux yeux de Dieu, car le poids de nos actions se mesure au poids d’amour que nous y mettons.

    Fidèle à la structure du Décalogue (Ex 20,1-17), Jésus présente sa réponse en deux parties. Nous remarquons en effet que les dix commandements se répartissent en cinq commandements ayant trait à notre relation à Dieu et cinq commandements qui orientent notre relation au prochain. Jésus poursuit donc par le second volet : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». L’amour est un absolu ; tout lui est relatif ; tout doit être vécu à sa lumière. Il ne porte pas seulement sur notre relation à Dieu, mais il doit devenir une disposition habituelle de notre cœur. Tout ce que nous faisons, tout ce que nous disons, devrait procéder de cet amour et être finalisé en lui, illuminant au passage toutes nos relations humaines.

    Il est impossible de sectoriser notre vie et de séparer des moments où nous serions dans la logique du don et puis d’autres où nous consentirions à la logique de l’individualisme. Certes nous subissons quotidiennement ce tiraillement entre l’être charnel et l’être spirituel en nous. Mais cette contradiction douloureuse devrait nous conduire à un choix résolu en faveur de l’homme nouveau. Rien ne sert de tergiverser ; Saint Paul nous avertit : « les tendances de la chair s’opposent à l’esprit, et les tendances de l’esprit s’opposent à la chair. En effet, il y a là un affrontement qui vous empêche de faire ce que vous voudriez » (Ga 5,17). Ne pas choisir ou remettre à demain de le faire, revient à céder au vieil homme pour tenter d’échapper aux exigences de l’amour. Il est d’ailleurs impossible de séparer l’amour de Dieu de l’amour du prochain, car par la foi nous ne sommes plus qu’un avec le Christ total, Tête et Corps, c’est-à-dire avec chacun de nos frères que Jésus a récapitulé en lui. Voilà pourquoi Notre-Seigneur peut nous dire : « tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

    « Tu n’es pas loin du Royaume de Dieu » : et que manque-t-il encore à ce scribe décidément bien sympathique pour y avoir accès ? Il lui suffirait de reconnaître en Jésus « la porte » (Jn 10,9) de la Bergerie : « Personne ne va vers le Père sans passer par moi » (Jn 14,6). En clair : depuis que le péché a injecté dans nos cœurs le poison mortel de l’égoïsme, aucun d’entre nous ne peut accéder au Royaume, car nous sommes incapables de gravir le chemin de la charité qui seul y conduit. Nous avons tous fais la triste expérience que dans nos actions apparemment les plus gratuites, se glisse toujours une part de recherche de nous-mêmes. Toutes nos œuvres sont irrémédiablement marquées par les conséquences du péché et sont dès lors indignes de Dieu. Mais en Jésus-Christ, nous avons « le grand-prêtre qu’il nous fallait, saint, sans tache, sans aucune faute » (2nd lect.). C’est par lui, qui « est désormais plus haut que les cieux », que nous présentons nos vies en offrande au Père, nous unissant aux intentions du Cœur de Jésus, qui supplée à notre amour déficient et « intercède pour nous » (Rm 8,34). Comme le scribe, « avançons-nous donc avec pleine assurance vers le Dieu tout-puissant qui fait grâce, pour obtenir miséricorde, et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours » (He 4,16).

    « “Tu aimeras” : nous te rendons grâce, Seigneur, de renouveler ton appel et ta promesse. Nous te le demandons humblement : daigne “verser sur nous une eau pure afin que nous soyons purifiés de toutes nos souillures et de toutes nos idoles”. Fidèle à ta promesse, “donne-nous un cœur nouveau et un esprit nouveau ; enlève notre cœur de pierre et donne-nous un cœur de chair ; mets en nous ton Esprit afin que nous suivions tes voies, que nous observions tes commandements et que nous y soyons fidèles (cf. Ez 36,25-27). »

  • L’amour fidèle du Christ est la lumière pour vivre la beauté de l’affectivité humaine

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    D'Hélène Ginabat sur zenit.org :

    Catéchèse sur le 6ème commandement : « la beauté de l’affectivité humaine » (Traduction intégrale)

    Savoir entrer dans une relation profonde avec les autres

    « L’amour fidèle du Christ est la lumière pour vivre la beauté de l’affectivité humaine », a déclaré le pape François en introduisant sa catéchèse. C’est pourquoi, a-t-il expliqué, l’amour humain s’exprime à son tour « dans la fidélité, dans l’accueil et dans la miséricorde ». Pour « des hommes et des femmes adultes », il s’agit de « prendre sur soi le poids de quelqu’un d’autre », « une attitude globale de la personne qui sait assumer la réalité et qui sait entrer dans une relation profonde avec les autres ».

    Le pape François a poursuivi sa catéchèse sur les Commandements au cours de l’audience générale de ce mercredi matin 31 octobre 2018, Place Saint-Pierre. Il est revenu sur le thème, déjà abordé la semaine précédente, de la sixième Parole : « Tu ne commettras pas d’adultère », pour en développer la signification « sponsale » pour tous les hommes et toutes les femmes.

    « Toute vocation chrétienne est sponsale », a répété le Saint-Père, « car elle est le fruit du lien d’amour avec le Christ » : « Dans le sacerdoce, on aime le peuple de Dieu avec toute la paternité, la tendresse et la force d’un époux et d’un père. Et de même la virginité consacrée dans le Christ se vit avec fidélité et avec joie comme une relation sponsale et féconde de maternité et de paternité ».

    Voici notre traduction de la catéchèse en italien du pape François.

    HG

    Catéchèse du pape François

    Chers frères et sœurs, bonjour !

    Aujourd’hui, je voudrais compléter la catéchèse sur la sixième Parole du Décalogue : « Tu ne commettras pas d’adultère », en soulignant que l’amour fidèle du Christ est la lumière pour vivre la beauté de l’affectivité humaine. En effet, notre dimension affective est un appel à l’amour qui se manifeste dans la fidélité, dans l’accueil est dans la miséricorde. C’est très important. Comment se manifeste l’amour ? Dans la fidélité, dans l’accueil et dans la miséricorde.

    Mais il ne faut pas oublier que ce commandement se réfère explicitement à la fidélité matrimoniale et il est donc bien de réfléchir plus à fond sur sa signification sponsale. Ce passage de l’Écriture, ce passage de la Lettre de saint Paul est révolutionnaire ! Penser, avec l’anthropologie de cette époque, et dire que le mari doit aimer sa femme comme le Christ aime l’Église : mais c’est une révolution ! C’est peut-être, à cette époque, la chose la plus révolutionnaire qui ait été dite sur le mariage. Toujours sur la voie de l’amour. Nous pouvons nous demander : ce commandement de la fidélité, à qui est-il destiné ? Seulement aux époux ? En réalité, ce commandement est pour tout le monde, c’est une parole paternelle de Dieu adressée à tous les hommes et à toutes les femmes.

    Souvenons-nous que le chemin de la maturité humaine est le parcours même de l’amour qui va de recevoir des soins à la capacité d’offrir des soins, de recevoir la vie à la capacité de donner la vie. Devenir des hommes et des femmes adultes veut dire arriver à vivre l’attitude sponsale et parentale, qui se manifeste dans les différentes situations de la vie comme la capacité de prendre sur soi le poids de quelqu’un d’autre et de l’aimer sans ambiguïté. C’est par conséquent une attitude globale de la personne qui sait assumer la réalité et qui sait entrer dans une relation profonde avec les autres.

    Qui est donc l’adultère, celui qui vit dans la luxure, l’infidèle ? C’est une personne immature qui garde sa vie pour elle-même et interprète les situations sur la base de son propre bien-être et de sa propre satisfaction. Par conséquent, pour se marier, il ne suffit pas de célébrer le mariage ! Il faut faire un chemin du ‘je’ au ‘nous’, de penser tout seul à penser à deux, de vivre tout seul à vivre à deux : c’est un beau chemin, un beau chemin. Quand nous arrivons à nous décentrer, alors tout acte est sponsal : nous travaillons, nous parlons, nous décidons, nous rencontrons les autres avec une attitude accueillante et oblative.

    En ce sens, toute vocation chrétienne – maintenant nous pouvons élargir un peu la perspective et dire que toute vocation chrétienne, en ce sens, est sponsale. Le sacerdoce l’est parce que c’est l’appel, dans le Christ et dans l’Église, à servir la communauté avec toute l’affection, le soin concret et la sagesse que donne le Seigneur. L’Église n’a pas besoin d’aspirants au rôle de prêtre – non, cela ne sert à rien, il vaut mieux qu’ils restent chez eux – mais elle a besoin d’hommes dont le cœur est touché par l’Esprit Saint dans un amour sans réserve pour l’Épouse du Christ. Dans le sacerdoce, on aime le peuple de Dieu avec toute la paternité, la tendresse et la force d’un époux et d’un père. Et de même la virginité consacrée dans le Christ se vit avec fidélité et avec joie comme une relation sponsale et féconde de maternité et de paternité.

    Je répète : toute vocation chrétienne est sponsale, parce qu’elle est le fruit du lien d’amour où nous sommes tous régénérés, le lien d’amour avec le Christ, comme nous l’a rappelé le passage de saint Paul lu au début. À partir de sa fidélité, de sa tendresse, de sa générosité, nous regardons avec foi le mariage et toutes les vocations, et nous comprenons le sens plénier de la sexualité.

    La créature humaine, dans son indissoluble unité d’esprit et de corps, et dans sa polarité masculine et féminine, est une réalité très bonne, destinée à aimer et à être aimée. Le corps humain n’est pas un instrument de plaisir, mais le lieu de notre appel à l’amour, et dans l’amour authentique il n’y a pas de place pour la luxure ni pour la superficialité. Les hommes et les femmes méritent plus que cela !

    La Parole « Tu ne commettras pas d’adultère », même sous une forme négative, nous oriente à notre appel originel, c’est-à-dire à l’amour sponsal plein et fidèle, que Jésus-Christ nous a révélé et donné (cf. Rm 12,1).

    © Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

  • Toussaint : l'occasion de réveiller en soi le désir d'être saint

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    z0ac2pcq.jpgDe Benoît XVI, son homélie du mercredi 1er novembre 2006 dans la basilique vaticane (source) :

    Chers frères et soeurs,

    Notre célébration eucharistique s'est ouverte par l'exhortation "Réjouissons-nous tous dans le Seigneur". La liturgie nous invite à partager l'exultation céleste des saints, à en goûter la joie. Les saints ne constituent pas une caste restreinte d'élus, mais une foule innombrable, vers laquelle la liturgie nous invite aujourd'hui à élever le regard. Dans cette multitude, il n'y a pas seulement les saints officiellement reconnus, mais les baptisés de chaque époque et nation, qui se sont efforcés d'accomplir avec amour et fidélité la volonté divine. Nous ne connaissons pas le visage ni même le nom de la plupart d'entre eux, mais avec les yeux de la foi, nous les voyons resplendir, tels des astres emplis de gloire, dans le firmament de Dieu.

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  • Toussaint : voulons-nous vraiment vivre éternellement ?

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    FIGAROVOX/OPINION (via Le Forum Catholique) - La fête de la Toussaint tombe cette année un dimanche. Pour Hélène Bodenez, la question de la mort que pose la fête du 2 novembre, le lendemain de la Toussaint, nous interroge.

    Hélène Bodenez est professeur agrégée de lettres et enseigne dans un établissement jésuite à Paris. Elle a publié en 2010 À Dieu, le dimanche! aux Éditions Grégoriennes et tient un blog d'opinion: Raison garder.

    La Toussaint, le Paradis pour tous ?

    «La fin dernière est méprisable»… À chaque Toussaint, la phrase culte d'Albert Camus s'impose en repoussoir dans ma mémoire. Dessinant le profil de l'homme absurde dans le Mythe de Sisyphe, le Prix Nobel de littérature en esquissait les contours comme un Dom juan répétant sans cesse le même discours à sa «quantité» de conquêtes. Homme de la répétition tel Sisyphe, ainsi Don Juan défiant ultimement le Commandeur et obtempérant sans trembler à son «donne-moi la main». Rien ne fait fléchir le grand seigneur méchant homme, surtout pas l'enfer dans lequel il tombe et que Molière met en scène avec force éclairs et roulements de tonnerre dans un deus ex machina impressionnant. L'heure de la justice, fin dernière, est méprisée en effet. Croire au ciel par peur de l'enfer, une indignité, une absurdité.

    Changer la mort?

    Si cette fuite en avant pouvait au XVIIème siècle passer pour une provocation inouïe, elle paraît bien commune aujourd'hui dans un monde d'autonomie qui a sommé les dieux de s'en aller. Que nombre de civilisations - et pas que la chrétienne - aient mis en place des représentations de l'au-delà sous le mode de la rétribution des actes ne bouleversent plus grand monde. Qui croit encore que «notre agir n'est pas indifférent devant Dieu»? Le Dies irae ne fait plus peur à grand monde, ne reste qu'un splendide moment de culture, de Mozart à Verdi. Si quelque chose de nous subsiste après la mort, c'est évidemment pour le paradis, un paradis ouvert tous azimuts, polnareffien. La grande égalité rêvée sur terre jusqu'à la l'utopie totalitaire se prolongera au Ciel, pense-t-on allègrement. Qu'on se le tienne pour dit: le «Changer la vie» moderne ne peut que coïncider avec un libertaire «Changer la mort». Le ciel a intérêt à se mettre à la page, vite fait!

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  • L'importance du tourisme religieux en France

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    Lu sur le Forum Catholique :

    La revue mensuelle Juristourisme des Editions juridiques Dalloz a publié dans son numéro de mars dernier tout un intéressant dossier sur le tourisme religieux.

    Juristourisme

    Voici juste l'article de présentation de Jean-François Guy Barrey, Webmestre de Pèlerinages de France :

    LE TOURISME LIE A LA SPIRITUALITE, UNE COMPOSANTE MAJEURE DE L’OFFRE TOURISTIQUE FRANÇAISE

    Le tourisme lié à la spiritualité en France, essentiellement catholique, s’enracine sur dix-neuf siècles d’histoire et un patrimoine bâti exceptionnel, avec 50 000 édifices religieux (monastères, abbayes, cathédrales, églises, chapelles, ainsi que des synagogues et mosquées) dont 10 000 classés Monuments Historiques protégés et ouverts au public. Les grandes cathédrales de France, Notre-Dame de Paris, de Chartres, d’Amiens, de Reims, du Puy, pour n’en citer que quelques-unes, le Mont-Saint-Michel comptent parmi les monuments chaque année les plus visités. La France compte 163 sanctuaires, dédiés pour la majorité d’entre eux à la Vierge Marie. 

    Ce patrimoine remarquable comporte de nombreux sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO, de renommée internationale, tels le Mont-Saint-Michel, Rocamadour, Le Puy-en-Velay.

    La France est jalonnée de nombreuses routes et chemins de pèlerinages, dont les chemins du Mont-Saint-Michel, les Chemins de Saint-Jacques de Compostelle, les chemins de Saint-Martin, de saint Gilles, la Voie des Francs, classée patrimoine culturel par le Conseil de l’Europe, qui, partant de Cantorbéry en Angleterre, va jusqu’à Rome.

    Notre patrimoine religieux catholique attire chaque année en France des millions de visiteurs et de pèlerins étrangers et explique pour partie que la France soit et demeure depuis de longues années la première destination touristique au monde. Avec 84,7 millions de visiteurs internationaux ayant généré 42,2 milliards d’euros de recettes touristiques en 2013, le tourisme constitue une industrie majeure pour la France, représentant 7,33% de son PIB en 2012 (source : Atout France/ministère de l’économie). Mais des marges de progrès existent. Un des objectifs majeurs du compartiment « Tourisme et spiritualité » du GIE Atout France est de « positionner la France comme une destination de tourisme spirituel en développant les atouts de l’offre française et permettre d’accroître la notoriété des sites moins connus à l’international, en s’appuyant sur la renommée de sites majeurs (idées de circuits dans l’Hexagone) ».

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  • Défendre l'Eglise

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    De Vatican News :

    Fin du Synode: le Pape invite à défendre l’Église

    Dans une intervention empreinte de gravité, en conclusion de l’Assemblée synodale, le Pape a évoqué la crise qui secoue l’Église catholique en invitant à la pénitence pour que l’Église ne soit pas salie.

    «C’est le moment de défendre l’Église contre le Grand Accusateur, avec la prière et la pénitence : nous ses enfants, nous sommes tous sales, nous sommes tous pécheurs, mais l’Église ne doit pas être salie.» Dans sa prise de parole en conclusion du Synode, le Pape a fait une allusion explicite à la crise qui secoue l’Église catholique, en invitant à la pénitence. Il est aussi revenu sur le processus synodal en invitant à laisser le Document final «travailler dans nos cœurs», à prier, à l’étudier, car les participants au Synode en sont les premiers destinataires mais il n’est qu’un outil pour avancer dans la réflexion, et non pas une fin en soi.

    François a également rappelé que le Synode n’est pas un Parlement, mais qu’il «est un espace protégé pour que l’Esprit Saint puisse agir», et c’est pour cela que les informations transmises à l’extérieur ne peuvent être que générales, sans exposer des situations particulières.

    Ne pas laisser l’Église être salie

    Le Pape a ensuite mis l’accent sur la sainteté de l’Église, qui doit être défendue. «Notre Mère est sainte» mais nous, ses enfants, «nous sommes tous pécheurs», a-t-il souligné, et justement «à cause de nos péchés, le Grand Accusateur» en profite et tourne autour de la terre en cherchant qui accuser. «En ce moment il est en train de nous accuser fortement», a remarqué le Pape, «et cette accusation devient une persécution», a-t-il déclaré en faisant allusion aux persécutions physiques concrètes, vécues par exemple par les chrétiens d’Irak dont venait de parler le cardinal Sako à la tribune de Synode, mais aussi à d’autres formes de persécution plus insidieuses qui se font jour dans d’autres environnements, avec «des accusations continues pour salir l’Église». L’Église, notre mère, ne doit pas être salie, même si nous, «nous sommes tous sales», a lancé François.

    «Et c’est donc le moment de défendre la Mère. Et la Mère, on la défend du Grand Accusateur avec la prière et la pénitence. C’est pour cela que j’ai demandé, dans ce mois qui finit dans peu de jours, de prier le Rosaire, de prier saint Michel archange, de prier la Vierge pour qu’elle recouvre toujours la Mère Église. Continuons à le faire. C’est un moment difficile, parce qu’à travers nous l’Accusateur attaque la Mère, et on ne touche pas à la Mère. Ceci, je voulais le dire avec mon cœur à la fin du Synode», a précisé François avec fermeté.

    Au début de son discours, le Pape a remercié chaleureusement tous ceux qui ont travaillé à ce Synode qui se conclut dimanche. Il a remercié particulièrement les jeunes qui «nous ont apporté leur musique ici dans la Salle», tout en précisant avec humour que «“musique” est la parole diplomatique pour dire… “vacarme” !». En conclusion, le Pape a rappelé que l’Esprit Saint «offre ce document pour nous tous, aussi pour moi, pour réfléchir ce qu’il veut nous dire à nous».

    Cardinal Sako : ne pas oublier les chrétiens d’Orient

    S’exprimant au nom des quatre présidents délégués du Synode, le cardinal Sako a exprimé sa gratitude pour cette Assemblée synodale, et il a rappelé que des millions de fidèles prient chaque jour pour le Pape. Il a évoqué un proverbe en arabe qui dit : «L’arbre fructueux est frappé avec des pierres», en encourageant le Pape à avancer «avec courage et confiance». La barque de Pierre, malgré les vagues, reste solide parce que Jésus «ne l’abandonnera jamais». Il appelle donc à construire une société plus fraternelle et «à ne pas oublier les chrétiens d’Oirent», parce que «si l’Orient est vide de chrétiens, a-t-il averti, le christianisme restera sans racine». Ils ont donc besoin de soutien et de proximité «jusqu’à ce que la tempête passe».

    Cardinal Baldisseri : les jeunes ont montré un visage lumineux de l’Église

    Dans son salut conclusif, le cardinal Baldisseri, secrétaire général du Synode des évêques, a remercié le Pape pour sa proximité tout au long de cette assemblée, ainsi que les que les jeunes qui avec leur présence et leur enthousiasme ont permis de «manifester le visage beau, lumineux et pluriel de l’Église présente sur tous les continents». Il a enfin remercié tous ceux qui ont permis le bon déroulement de cette assemblée, des pères synodaux jusqu’au personnel technique.

  • "Jésus, Fils de David, prends pitié de moi"; homélie pour le 30e dimanche du temps ordinaire

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    Homélie du Père Simon Noël pour le 30e dimanche année B, l'aveugle de Jéricho :

    L'aveugle de Jéricho, qui mendiait au bord du chemin, se mit à crier au passage de Jésus : « Jésus, Fils de David, prends de moi ». Et alors qu'on le rabrouait il criait de plus belle : « Jésus, Fils de David, prends de moi ». La prière de ce malheureux consistait donc à répéter sans cesse la même chose. De même le publicain dans le temple ne cessait de répéter : « Ô Dieu, sois propice au pécheur que je suis ». Ces deux exemples, l'aveugle de Jéricho et le publicain de la parabole donnée par Jésus, sont à l'origine d'une forme de prière qu'on appelle la prière monologique, et qui consiste à répéter sans cesse la même petite formule. Jésus lui-même priera ainsi au jardin des oliviers lorsqu'il répétera pendant des heures la même chose : « Père, s'il est possible, éloigne de moi cette coupe. Mais que ta volonté soit faite, et non la mienne ».

    La plus célèbre des prières de type monologique est celle qu'on appelle en orient la prière de Jésus. En égrenant leur rosaire, les moines et les pieux laïcs orientaux ne cessent de murmurer l'invocation : « Seigneur Jésus-Christ, ayez pitié de moi, pécheur ». Cette invocation est en fait une combinaison de la prière de l'aveugle et de celle du publicain. Elle consiste en deux éléments : l'invocation du Nom de Jésus et une supplication pour le pauvre que je suis. C'est donc une prière toute simple, qui ne fatigue ni l'esprit ni le cœur, mais qui est, lorsqu'on la reprend sans cesse, très puissante pour nous conduire à la paix profonde et nous envelopper de la Divine miséricorde. Pourquoi ne l'essayeriez-vous pas aujourd'hui, tout de suite après avoir reçu la sainte hostie : redire pendant quelques instants cette formule toute simple à Jésus réellement présent avec tout son amour au fond de votre cœur : « SeigneurJésus-Christ, ayez pitié de moi ».

    « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » : telle est la demande de Jésus à l'aveugle qui le supplie. C'est aussi la même demande que Jésus-Christ nous fait quand nous prions ou quand nous venons de le recevoir dans la sainte communion. Jésus est tout prêt à répandre ses grâces, il vient dans notre cœur les mains chargées de grâces. Encore faut-il que nous les lui demandions. En fait il connaît nos besoins, mieux que nous, il n'a pas besoin de notre prière, mais c'est nous qui en avons besoin, afin de prendre conscience de notre pauvreté et de notre dépendance face à la libéralité divine. Ce que nous devons demander avant tout c'est le divin amour, car alors nous sommes riches de l'essentiel, ainsi que les vertus chrétiennes qui nous manquent. Mais nous pouvons aussi lui confier tous nos soucis quotidiens et lui recommander ceux qui sont dans notre cœur, en disant simplement : « Dans ton royaume, souvenez-vous, Seigneur, de telle ou telle personne ».

    Je voudrais aussi dire un mot sur un passage de l'épître. Il est dit qu'un prêtre « est capable de compréhension envers ceux qui commettent des fautes par ignorance ou par égarement, car il est lui aussi rempli de faiblesse ». Ainsi un prêtre, par exemple lorsqu'il administre le sacrement de la réconciliation, se doit d'être plein de miséricorde et de compréhension, comme le pape François aime souvent à le rappeler. Le prêtre est lui-même faible et pécheur. Mais Jésus-Christ est quant à lui notre grand-prêtre. Sa miséricorde est infinie, dès qu'on se repent sincèrement. Mais ce qu'il y a de merveilleux dans cette miséricorde divine, c'est que non seulement Jésus pardonne et oublie nos fautes, mais qu'en outre il nous comprend, car il sait mieux que nous de quoi nous sommes façonnés. Ressentir cette compréhension du Christ de notre misère est l'un des bienfaits du sacrement de la réconciliation, qui est ainsi source de paix et de joie dans notre vie. Comme le dit si bien le Père Joël Guibert, si nous comprenions cela, nous irions à confesse avec le même entrain et la même joie que nous allons communier.

    Ainsi donc ces deux lectures de ce jour nous parlent une fois de plus de l'amour insondable du Sacré-Cœur de Jésus-Christ, source et océan infini de miséricorde, comme cela est affirmé dans les douze promesses de ce Sacré-Cœur, faites à sainte Marguerite-Marie. Cet amour, nous en faisons l'expérience dans la prière et dans les sacrements. Mais si nous ne prions pas et si nous ne vivons pas les sacrements avec une ferveur suffisante, nous ne pouvons connaître cet amour suréminent qui est dans le Christ Jésus, et notre religion deviendra quelque chose de sec, de froid et d'ennuyeux. Oui, ce à quoi nous sommes appelés, c'est de vivre avec le Christ une relation d'amitié et d'intimité, qui en imprégnant toute notre existence nous fera déjà connaître le bonheur qui sera éternellement le nôtre au paradis.