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Patrimoine religieux - Page 2

  • Pourquoi le mois de mai est-il le mois de Marie ?

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    39594432.jpgDe missel.free.fr :

    La dédicace d'un mois à une dévotion particulière est une forme de piété populaire relativement récente dont on ne trouve guère l’usage général avant le XVIII° siècle. [Le mois de saint Joseph, mars, né à Viterbe, fut approuvé par Pie IX (12 juin 1855) ; le mois du Rosaire, octobre, né en Espagne, fut approuvé par Pie IX (28 juillet 1868) et demandé par Léon XIII (1883) ; le mois du Sacré-Cœur, juin, né au couvent des Oiseaux de Paris en 1833 et encouragé par Mgr. de Quelen, fut approuvé par Pie IX (8 mai 1873) ; on connaît encore le mois du saint Nom de Jésus approuvé par Léon XIII en 1902 (janvier), le mois du Précieux Sang approuvé par Pie IX en 1850 (juillet), le mois du Cœur Immaculé de Marie (août), le mois de Notre-Dame des Douleurs approuvé par Pie IX en 1857 (septembre), le mois des âmes du Purgatoire approuvé par Léon XIII en 1888 (novembre), le mois de l'Immaculée Conception (décembre)...]

    Le « mois de Marie » qui est le plus ancien de ces mois consacrés, vit le jour à Rome, peut-être autour du collège romain des Jésuites, d'où il se diffusa dans les Etats Pontificaux, puis dans le reste de l'Italie et enfin dans toute la catholicité. La promotion du « mois de Marie » doit beaucoup aux Jésuites, singulièrement au P. Jacolet qui publia le « Mensis Marianus » à Dillingen en 1724, au P. Dionisi qui publia le « mese di Maria », à Rome en 1725, et au P. Lalomia qui publia le « mese di Maria assia il mese di maggio » à Palerme en 1758. Après eux, vint le « mese di Maria » que publia le P. Alphonse Muzzarelli à Ferrare en 1785, qui connut plus de cent cinquante éditions en un siècle, et qui fut traduit en français, en espagnol, en portugais, en anglais et en arabe. Avec le P. Muzzarelli, il ne s'agit plus de méditer seulement la vie, les vertus et les privilèges de la Sainte Vierge, mais, de s’en inspirer pour sanctifier la vie quotidienne en pratiquant chaque jour une vertu. Ainsi, chaque jour du mois du mai, les fidèles méditent une vérité de la vie chrétienne en fonction de laquelle ils s’imposent une pratique particulière, puis font une invocation et chantent un cantique à Marie.

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  • Bavière : une croix dans chaque bâtiment public

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    Du site "Pour une école libre au Québec" :

    Bavière — Une croix dans chaque bâtiment public


    Markus Söder

    « Symbole d’identité culturelle » : tous les bâtiments publics bavarois devront à l’avenir être ornés d’un crucifix. Ainsi en a décidé le gouvernement du Land de Bavière en Allemagne.

    « L’islam ne fait pas partie de l’Allemagne » : c’est avec cette phrase que les politiciens bavarois multiplient ces dernières semaines les provocations selon Der Spiegel. Et, notamment, le chef de la CSU, Horst Seehofer, ainsi que son successeur en tant que ministre-président, Markus Söder. Pour eux, l’Allemagne est marquée par le christianisme. Dans un sondage INSA du 21 avril 2018, la CSU est donnée largement gagnante avec 42 % des intentions de vote.

    Afin qu’il n’y ait aucun doute à ce sujet, des croix devront être accrochées dans chaque bâtiment public bavarois à partir du mois de juin. « Une croix clairement visible à l’entrée de chaque bâtiment officiel, symbolisant l’histoire et la culture bavaroise, représentera ostensiblement les valeurs fondamentales de l’ordre juridique et social en Bavière et en Allemagne », a déclaré la Chancellerie à l’issue d’une réunion. Les règlements ont été modifiés en conséquence.

    « La croix est le symbole fondamental de l’identité culturelle et du caractère chrétien et occidental », peut-on encore lire. La nouvelle mesure s’applique « à tous les services administratifs de l’État libre de Bavière à compter du 1er juin 2018. » Les municipalités, cercles (arrondissements) et districts sont invités à « agir en conséquence ».

    Le FDP a vivement critiqué cette décision. Son chef, Christian Lindner a écrit sur Twitter que la façon dont la CSU « instrumentalise en permanence la religion à des fins partisanes » lui rappelait « tout simplement Erdogan ».

    Source : Der Spiegel

    Lire aussi : Bavière : quel sens le crucifix peut-il avoir dans des bâtiments publics officiels ?

  • Vendredi 4 mai : ouverture de l’édition 2018 du Festival international de Chant Grégorien de Watou

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    internationaal_gregoriaans_festival_van_watou_-43832-0.jpg

    Le vendredi 4 mai prochain, l’édition 2018 du Festival International de Chant Grégorien de Watou débutera par une pré-ouverture, avec la participation de 4 ensembles, à Houtkerque en Flandre française à 3 km à peine de Watou.

    L’église possède quelques très beaux retables et un orgue entièrement restauré. Didier Hennuyer, organiste titulaire de la cathédrale et de l'église Saint-François-de-Sales de Boulogne-sur-Mer, professeur d'orgue, viendra faire résonner ce magnifique instrument. C’est une belle façon de découvrir ainsi le petit village de Houtkerque. Après le concert, une rencontre est prévue dans la salle communale.

    Ensuite, le Festival continue à Grimbergen, Poperinghe, Coxyde, Anvers, Bruxelles, Dunkerque, Wervik et Haringe pour déboucher pleinement à Watou dès le 10 mai.

    Ces dix jours promettent d’être passionnants.

    Comme vous le savez, le Festival est un événement qui se déroule tous les trois ans. Veillez donc à être bien présent en 2018.

    Il est souhaitable de réserver ses places à l’avance.

    Le concert du soir à l’église abbatiale de Grimbergen affiche déjà complet, 450 places ayant été réservées.

    Signalons que pour le concert du 8 mai à la cathédrale de Bruxelles des places sont encore disponibles.

    Le Festival offre une programmation particulièrement variée aussi bien pour les concerts que pour le déroulement de la liturgie.

    Tant les compositions grégoriennes que les compositions qui ont été inspirées par le grégorien y seront programmées.

    La psalmodie, chant de l’office monastique, occupe une place importante dans le  programme de Watou.

    La psalmodie n’est pas la partie la plus facile du repertoire, mais bien la plus mystique.

    Les laudes seront chantées quotidiennement à partir du jeudi 10 mai jusqu’au dimanche 13 mai.

    Les vêpres seront aussi chantées à plusieurs reprises.

    Le “Psalterium Project” sera  présenté en primeur pendant le Festival. Il s’agit de l’enregistrement par l’ensemble néerlandais ‘’ Hartkeriana”  des 150 psaumes,  réunis dans une boîte de 12 CDs.

    À Watou, nous accueillerons le 10 mai, jour de l’Ascension, une délégation de 30 prêtres de Chine.

    Le samedi 12 mai, Mgr Lode Aerts, évêque de Bruges, présidera la messe à 9h30. Elle sera chantée par non moins de 12 ensembles.

    Il y aura tant de choses à vivre, mais comme dernier point, je voudrais attirer votre attention sur un événement unique, à savoir un drame liturgique du Moyen Âge, avec des dialogues chantés par 10 jeunes filles âgées de 12 à 18 ans, membres de l’ensemble vocal ‘’ Cantamare”  de La Haye. Il s’agit du jeu pascal “Visitatio sepulchri - La visite du tombeau “ , selon les manuscrits de l’abbaye féminine Sinte Marie à Rijnsburg (Pays-Bas) . On pourra assister à cette présentation soit à Wervik le jeudi 10 mai à 20h, soit à Watou le vendredi 11 mai à 16h30.

    Vous trouverez plus d’informations sur le programme complet du Festival en consultant le  site www.festivalwatou.be

    JPSC

  • Un miracle eucharistique à Bruxelles : le saviez-vous ?

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    Une publication historique de Véronique Hargot-Deltenre :

    Couverture - 8 mm-page-001.jpgIl s’agit de 16 Hosties consacrées, volées le 4 octobre 1369 dans l’ancienne église-Sainte-Catherine, et qui ont suinté du Saint Sang, alors qu’elles étaient poignardées dans une synagogue proche de la collégiale (future cathédrale) de Bruxelles, le 10 avril 1370. Ce miracle eucharistique, authentifié par l’Eglise, et les récits qui l’entourent sont racontés sur tous les vitraux de la nef de la cathédrale et de sa chapelle du Très-Saint Sacrement de Miracle (désacralisée en 1999 pour être transformée en musée), où les Hosties miraculeuses furent adorées pendant plus de 600 ans, et sources de multiples grâces et de guérisons.

    Les générations épiscopales belges post-conciliaires ont préféré reléguer dans l’ombre  (officiellement par crainte de réveiller un antisémitisme) ces pages de « l’histoire sainte » non seulement de Bruxelles, mais de la Belgique. En effet, ces Hosties miraculeuses, considérées comme un symbole national jusqu’en 1870, furent vénérées par d’immenses et magnifiques processions annuelles non seulement par toute la population bruxelloise et ses autorités civiles et ecclésiales, mais par des pèlerins venus de toute la Belgique et de l’étranger.

    L’auteur a voulu remettre à la lumière ce miracle eucharistique et ses fruits, non seulement pour le porter à la connaissance de tous ceux qui s’intéressent à l’histoire, mais pour  encourager, dans le rayonnement du miracle eucharistique bruxellois, la foi et la ferveur eucharistique ainsi que le renouveau de la vie ecclésiale et sacerdotale au cœur de l’Europe.

    Véronique Hargot-Deltenre est aussi l’auteur du livre « Ne désacralisons pas nos églises » qui relate la mobilisation et les arguments de ceux qui permirent le sauvetage de l’église Sainte-Catherine menacée de désacralisation de 2011 à 2014

    Pour vente, conférences et « parcours guidés et priés depuis l’église Sainte-Catherine vers la cathédrale », voir www.cap-ciel-bxl.be ou s’adresser à amisdesaintecatherine@gmail.com

    JPSC

  • Comment le diocèse de Liège envisage la réaffectation d'églises

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    Cliquer sur l'image pour avoir accès au document en PDF

    De la Libre - Gazette de Liège (21 avril, p. 20) :

    La pratique religieuse est en berne dans nos régions, comme c’est aussi le cas pour beaucoup d’engagements collectifs d’ordre philosophique ou politique. Et se pose, lancinante, la question de l’avenir des lieux de culte quand ceux-ci se trouvent ou se trouveront sans emploi.

    Ce contexte confère toute son importance au “Directoire pour la gestion du temporel des cultes” que vient de publier le diocèse de Liège, sous la signature du chanoine Eric de Beukelaer, vicaire épiscopal en charge de la matière, avec l’approbation de l’évêque bien sûr. Les objectifs y sont fixés à l’horizon 2020, dans le contexte induit progressivement par la constitution et l’évolution des unités pastorales (ou regroupements de paroisses). Le scénario des réaffectations partielles, déjà en œuvre en maints endroits, est volontiers privilégié pour être le moins intrusif. Il consiste en un partage avec d’autres communautés chrétiennes – prioritaires – ou avec d’autres activités d’ordre social ou culturel, compatibles avec le respect dû à la nature du lieu. Rencontres, conférences, expositions artistiques, concerts, bibliothèque, accueil de mouvements de jeunes et même… “repair café” sont cités par le “Directoire”. En revanche, précise-t-il, “ il ne peut s’agir d’intérêts privés, d’activités commerciales ou de manifestations de partis politiques ”. La désaffectation complète n’est envisagée qu’en dernier ressort, si les fidèles font totalement défaut.

  • Saint Anselme de Cantorbery, le "Docteur magnifique" (21 avril)

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    De BENOÎT XVI, lors de l'audience générale du mercredi 23 septembre 2009 (source) :

    Saint Anselme

    Chers frères et sœurs,

    A Rome, sur la colline de l'Aventin, se trouve l'abbaye bénédictine de Saint-Anselme. En tant que siège d'un institut d'études supérieures et de l'abbé primat des Bénédictins confédérés, c'est un lieu qui unit la prière, l'étude et le gouvernement, qui sont précisément les trois activités qui caractérisent la vie du saint auquel elle est dédiée:  Anselme d'Aoste, dont nous célébrons cette année le ix centenaire de la mort. Les multiples initiatives, promues spécialement par le diocèse d'Aoste pour cette heureuse occasion, ont souligné l'intérêt que continue de susciter ce penseur médiéval. Il est connu également comme Anselme du Bec et Anselme de Canterbury en raison des villes auxquelles il est lié. Qui est ce personnage auquel trois localités, éloignées entre elles et situées dans trois nations différentes - Italie, France, Angleterre - se sentent particulièrement liées? Moine à la vie spirituelle intense, excellent éducateur de jeunes, théologien possédant une extraordinaire capacité spéculative, sage homme de gouvernement et défenseur intransigeant de la libertas Ecclesiae, de la liberté de l'Eglise, Anselme est l'une des personnalités éminentes du Moyen-âge, qui sut harmoniser toutes ces qualités grâce à une profonde expérience mystique, qui en guida toujours la pensée et l'action.

    Saint Anselme naquit en 1033 (ou au début de 1034), à Aoste, premier-né d'une famille noble. Son père était un homme rude, dédié aux plaisirs de la vie et dépensant tous ses biens; sa mère, en revanche, était une femme d'une conduite exemplaire et d'une profonde religiosité (cf. Eadmero, Vita s. Anselmi, PL 159, col. 49). Ce fut elle qui prit soin de la formation humaine et religieuse initiale de son fils, qu'elle confia ensuite aux bénédictins d'un prieuré d'Aoste. Anselme qui, enfant - comme l'écrit son biographe -, imaginait la demeure du bon Dieu entre les cimes élevées et enneigées des Alpes, rêva une nuit d'être invité dans cette demeure splendide par Dieu lui-même, qui s'entretint longuement et aimablement avec lui, et à la fin, lui offrit à manger "un morceau de pain très blanc" (ibid., col. 51). Ce rêve suscita en lui la conviction d'être appelé à accomplir une haute mission. A l'âge de quinze ans, il demanda à être admis dans l'ordre bénédictin, mais son père s'opposa de toute son autorité et ne céda pas même lorsque son fils gravement malade, se sentant proche de la mort, implora l'habit religieux comme suprême réconfort. Après la guérison et la disparition prématurée de sa mère, Anselme traversa une période de débauche morale:  il négligea ses études et, emporté par les passions terrestres, devint sourd à l'appel de Dieu. Il quitta le foyer familial et commença à errer à travers la France à la recherche de nouvelles expériences. Après trois ans, arrivé en Normandie, il se rendit à l'abbaye bénédictine du Bec, attiré par la renommée de Lanfranc de Pavie, prieur du monastère. Ce fut pour lui une rencontre providentielle et décisive pour le reste de sa vie. Sous la direction de Lanfranc, Anselme reprit en effet avec vigueur ses études, et, en peu de temps, devint non seulement l'élève préféré, mais également le confident du maître. Sa vocation monastique se raviva et, après un examen attentif, à l'âge de 27 ans, il entra dans l'Ordre monastique et fut ordonné prêtre. L'ascèse et l'étude lui ouvrirent de nouveaux horizons, lui faisant retrouver, à un degré bien plus élevé, la proximité avec Dieu qu'il avait eue enfant.

    Lorsqu'en 1063, Lanfranc devint abbé de Caen, Anselme, après seulement trois ans de vie monastique, fut nommé prieur du monastère du Bec et maître de l'école claustrale, révélant des dons de brillant éducateur. Il n'aimait pas les méthodes autoritaires; il comparait les jeunes à de petites plantes qui se développent mieux si elles ne sont pas enfermées dans des serres et il leur accordait une "saine" liberté. Il était très exigeant avec lui-même et avec les autres dans l'observance monastique, mais plutôt que d'imposer la discipline il s'efforçait de la faire suivre par la persuasion. A la mort de l'abbé Herluin, fondateur de l'abbaye du Bec, Anselme fut élu à l'unanimité à sa succession:  c'était en février 1079. Entretemps, de nombreux moines avaient été appelés à Canterbury pour apporter aux frères d'outre-Manche le renouveau en cours sur le continent. Leur œuvre fut bien acceptée, au point que Lanfranc de Pavie, abbé de Caen, devint le nouvel archevêque de Canterbury et il demanda à Anselme de passer un certain temps avec lui pour instruire les moines et l'aider dans la situation difficile où se trouvait sa communauté ecclésiale après l'invasion des Normands. Le séjour d'Anselme se révéla très fructueux; il gagna la sympathie et l'estime générale, si bien qu'à la mort de Lanfranc, il fut choisi pour lui succéder sur le siège archiépiscopal de Canterbury. Il reçut la consécration épiscopale solennelle en décembre 1093.

    Anselme s'engagea immédiatement dans une lutte énergique pour la liberté de l'Eglise, soutenant avec courage l'indépendance du pouvoir spirituel par rapport au pouvoir temporel. Il défendit l'Eglise des ingérences indues des autorités politiques, en particulier des rois Guillaume le Rouge et Henri I, trouvant encouragement et appui chez le Pontife Romain, auquel Anselme démontra toujours une adhésion courageuse et cordiale. Cette fidélité lui coûta également, en 1103, l'amertume de l'exil de son siège de Canterbury. Et c'est seulement en 1106, lorsque le roi Henri I renonça à la prétention de conférer les investitures ecclésiastiques, ainsi qu'au prélèvement des taxes et à la confiscation des biens de l'Eglise, qu'Anselme put revenir en Angleterre, accueilli dans la joie par le clergé et par le peuple. Ainsi s'était heureusement conclue la longue lutte qu'il avait menée avec les armes de la persévérance, de la fierté et de la bonté. Ce saint archevêque qui suscitait une telle admiration autour de lui, où qu'il se rende, consacra les dernières années de sa vie en particulier à la formation morale du clergé et à la recherche intellectuelle sur des sujets théologiques. Il mourut le 21 avril 1109, accompagné par les paroles de l'Evangile proclamé lors de la Messe de ce jour:  "Vous êtes, vous, ceux qui sont demeurés constamment avec moi dans mes épreuves; et moi je dispose pour vous du Royaume comme mon Père en a disposé pour moi:  vous mangerez à ma table en mon Royaume" (Lc 22, 28-30). Le songe de ce mystérieux banquet, qu'il avait fait enfant tout au début de son chemin spirituel, trouvait ainsi sa réalisation. Jésus, qui l'avait invité à s'asseoir à sa table, accueillit saint Anselme, à sa mort, dans le royaume éternel du Père.

    "Dieu, je t'en prie, je veux te connaître, je veux t'aimer et pouvoir profiter de toi. Et si, en cette vie, je ne suis pas pleinement capable de cela, que je puisse au moins progresser chaque jour jusqu'à parvenir à la plénitude" (Proslogion, chap. 14). Cette prière permet de comprendre l'âme mystique de ce grand saint de l'époque médiévale, fondateur de la théologie scolastique, à qui la tradition chrétienne a donné le titre de "Docteur Magnifique", car il cultiva un intense désir d'approfondir les Mystères divins, tout en étant cependant pleinement conscient que le chemin de recherche de Dieu n'est jamais terminé, tout au moins sur cette terre. La clarté et la rigueur logique de sa pensée ont toujours eu comme fin d'"élever l'esprit à la contemplation de Dieu" (ibid., Proemium). Il affirme clairement que celui qui entend faire de la théologie ne peut pas compter seulement sur son intelligence, mais qu'il doit cultiver dans le même temps une profonde expérience de foi. L'activité du théologien, selon saint Anselme, se développe ainsi en trois stades:  la foi, don gratuit de Dieu qu'il faut accueillir avec humilité; l'expérience, qui consiste à incarner la parole de Dieu dans sa propre existence quotidienne; et ensuite la véritable connaissance, qui n'est jamais le fruit de raisonnements aseptisés, mais bien d'une intuition contemplative. A ce propos, restent plus que jamais utiles également aujourd'hui, pour une saine recherche théologique et pour quiconque désire approfondir la vérité de la foi, ses paroles célèbres:  "Je ne tente pas, Seigneur, de pénétrer ta profondeur, car je ne peux pas, même de loin, comparer avec elle mon intellect; mais je désire comprendre, au moins jusqu'à un certain point, ta vérité, que mon cœur croit et aime. Je ne cherche pas, en effet, à comprendre pour croire, mais je crois pour comprendre" (ibid., 1).

  • Du Liban à la Syrie : comment décliner l’identité plurielle des pays du Moyen- Orient ?

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    une diversité menacée 2018-01-22_160824_SALVATOR-1.jpgJoseph Yacoub est Professeur honoraire de sciences politiques à l'Université catholique de Lyon, premier titulaire de la chaire UNESCO «Mémoire, cultures et interculturalité». Spécialiste des minorités dans le monde et des chrétiens d'Orient, il a publié Une diversité menacée. Les Chrétiens d'Orient face au nationalisme arabe et à l'islamisme, (Salvator, janvier 2018). Pour "FigaroVox"  l’'historien des minorités chrétiennes en Orient rappelle que la Syrie est un pays aux identités anciennes et multiples, dont seule une compréhension aigüe pourra permettre une transition politique durable :

    « Dans son entretien télévisé le 15 avril, parlant de la Syrie, le chef de l'État a évoqué la nécessité d'une solution politique afin de permettre une transition à ce pays ravagé par le désordre et le chaos depuis 2011.

    Il est vrai que plusieurs tentatives sous forme de rencontres ont eu lieu ces derniers temps, sous l'égide soit de la Russie (Astana, Sotchi), soit des Nations-Unies (Genève), pour préparer la future Constitution de la Syrie, dans le cadre de débats sur la transition, mais aucune n'a abouti, tant les divergences sont profondes et les rapports de force constamment mouvants. Remarquons que du côté des autorités comme de l'opposition, le discours nationaliste n'a pas fondamentalement changé, prisonnier qu'il est de schémas rétrogrades et d'idées anachroniques.

    Vu son passé en Syrie, nous espérons que la France saura faire preuve, le moment venu, d'initiative diplomatique pour relancer le processus politique, afin d'éviter à ce pays les erreurs commises par le passé.

    Mais c'est quoi la Syrie?

    Ce pays suscite de nombreuses interrogations de type tant national que culturel et religieux.

    Il est important de rappeler que c'est un des berceaux majeurs de la civilisation, du christianisme, de la culture araméo-syriaque et du monde arabo-musulman. Multiple par sa diversité, des couches de civilisation l'enveloppent de toutes parts. Complémentaire dans tous ses affluents, les peuples y cohabitent depuis des lustres et aucune religion ne l'a marqué à elle seule.

    Mais dans leur volonté d'arabisation à outrance, les différents gouvernements syriens, toutes tendances confondues, se sont montrés, par choix idéologique et pour plaire à la majorité, incapables de définir la Syrie. Ils auraient constaté que ce pays est producteur d'une civilisation qui a absorbé dans son creuset ses différents conquérants, lesquels ont laissé des traces très visibles qui rappellent tantôt les Phéniciens et les Araméens, tantôt les Grecs, les Romains et les Byzantins, pour ne citer que ceux-là. D'ailleurs, le paysage, la géographie et la toponymie sont là pour en attester. Le pays n'est pas plus musulman que chrétien, ni plus arabe qu'araméen. C'est un tout.

    Or le fait d'avoir mélangé confusément Syrien et Arabe, sans définition objective préalable, a brouillé le sentiment d'appartenance et a fini par séparer les communautés et engendré de la méfiance. Cette obsession de prioriser une partie de l'histoire, celle qui commence au VIIe siècle de notre ère, a généré chaque fois des communautés marginalisées qui se sont senties exclues. D'où leur révolte de temps à autre.

    Déjà, le patriarche syriaque catholique, Mgr Ephrem II Rahmani (1848-1929), venu à Paris en 1919 au moment de la naissance de l'État syrien exposer les revendications de ses compatriotes, défendait l'identité syrienne qui diffère, disait-il, de celle de l'Arabie et rejetait par conséquent un gouvernement arabe chérifien sur la Syrie, arguant que «le Hedjaz n'a rien à voir avec la Syrie» (déclaration au quotidien Le Gaulois, le 16 août 1919).

    Aussi est-il important de traiter les différentes composantes de la population comme des éléments intrinsèques du corps national, sans distinction. Cela implique d'aborder l'histoire d'une manière neutre et non parcellaire, sans passion et sans préjugés, loin des intérêts politiques et des idées préconçues, et en laissant les historiens travailler librement.

    Comment donc agir?

    Nous devons aborder l'histoire d'une manière neutre et non parcellaire, sans passion et sans préjugés, loin des intérêts politiques et des idées préconçues.

    Sur le plan identitaire, quelle que soit la forme que prendra l'État syrien de demain, il convient de modifier la Constitution qui souffre d'un excès de nationalisme arabe, et d'y incorporer la civilisation syrienne dans son ensemble. A cela doit s'ajouter la reconnaissance de la langue araméo-syriaque qui doit être considérée comme langue nationale et officielle, aux côtés de la langue arabe.

    Cela doit s'accompagner d'une révision des programmes de l'enseignement de l'histoire et des religions, en y insérant le christianisme oriental qui, faut-il le répéter, est le produit de cette terre.

    Mais toutes ces réformes demandent un travail sur les mentalités, sur le poids des traditions et les représentations collectives, dont ce pays est privé, qui consiste à interroger l'imaginaire dominant afin de le libérer de ce qui l'entrave. Dès lors, on constatera que les perceptions s'opposent et les représentations mentales se heurtent, d‘où la nécessité de créer des centres de recherche appropriés.

    Mais comment l'entreprendre sans renouveler le discours politique qui souffre d'un excès de centralisme, pour y introduire une large décentralisation et la notion d'autonomie. Cette question revêt d'autant plus d'importance qu'elle se trouve posée d'une manière brûlante avec les revendications des Kurdes au nord-est de la Syrie.

    Tout cela requiert une vision à long terme et une quête d'authenticité, qui définirait, enfin, la personnalité de base de ce pays. »

    Ref. Joseph Yacoub : «Quelle identité pour la Syrie de demain ?»

    JPSC

  • Paul VI applaudissait-il la réforme liturgique ?

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    De Sandro Magister traduit sur le site diakonos.be :

    Paul VI et la réforme liturgique. Il l’a approuvée mais elle ne lui plaisait guère

    « C’est le Pape qui le veut ». C’est ainsi que Mgr Annibale Bugnini (1912-1982), l’artisan de la réforme liturgique qui suivit le Concile Vatican II, réduisait systématiquement au silence les experts qui contestaient l’une ou l’autre de ses innovations les plus inconsidérées.

    Le pape en question, c’était Paul VI qui avait en effet confié à Bugnini le rôle de secrétaire et de factotum du conseil pour la réforme de la liturgie présidé par le cardinal Giacomo Lercaro.

    Bugnini jouissait d’une mauvaise réputation auprès de certains membres du conseil. « Scélérat et mielleux », « manipulateur », « dépourvu de culture comme d’honnêteté » : c’est ainsi que le grand théologien et liturgiste Louis Bouyer (1913-2004), que Paul VI estimait énormément, l’a décrit dans ses « Mémoires ».

    En fin de compte, ce pape fut sur le point de créer Bouyer cardinal et punit Bugnini en l’exilant comme nonce à Téhéran après s’être rendu compte des dégâts qu’il avait causés et de la fausseté de ce « c’est le Pape qui le veut » derrière lequel cette canaille s’abritait.

    Pourtant, au cours des décennies qui suivirent, les héritiers de Bugnini menèrent le jeu. Son secrétaire personnel Piero Marini fut l’organisateur des cérémonies pontificales de 1983 à 2007.  Et des livres viennent de sortir qui mettent en évidence le rôle de Bugnini.

    Mais revenons à Paul VI, comment a-t-il vécu l’affaire de la réforme liturgique ? Les défenseurs de la liturgie préconciliaire l’accusent d’être le responsable ultime de toutes les innovations.

    En réalité, entre Paul VI et la réforme qui prenait forme peu à peu, il n’y avait rien de cette harmonie que les critiques lui reprochèrent.

    Au contraire, Paul VI a souffert à de nombreuses reprises de ce qu’il voyait se dérouler et qui était aux antipodes de sa culture liturgique, de sa sensibilité et de l’esprit avec lequel il célébrait.

    Un petit livre qui vient de sortir dernièrement apporte une nouvelle lumière précisément sur cette souffrance personnelle causée au Pape Jean-Baptiste Montini par une réforme liturgique avec laquelle il ne partageait pas grand-chose.

    lire la suite sur diakonos.be
  • Homélie présidentielle au Collège des Bernardins

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    Le-president-Republique-Emmanuel-Macron ron-devant-eveques-France-college-Bernardins-Paris-9-avril-2018_0_1399_933.jpgA l'occasion de la Conférence des évêques de France, lundi 9 avril au soir, Emmanuel Macron a prononcé un discours au ton hasardeux et aux thématiques multiples, dans lequel on retrouve davantage de questions que de réponses. Sur le site web « Atlantico », le point de vue de Bertrand Vergely, philosophe et théologien :

    « Quand on l’écoute attentivement, le discours que le chef de l’État a prononcé hier soir aux Bernardins à l’invitation des évêques de France suscite plus de questions qu’il n’apporte de réponses.

    En premier lieu, le ton général du discours pose question. Celui-ci n’a pas tant été un discours qu’une homélie, le chef de l’État invitant les catholiques sur le ton de l’exhortation à « faire un don de leur sagesse, de leur engagement et de leur liberté ».

    Exhortation pour le moins singulière, comme si les catholiques n’avaient pas déjà l’habitude du don d’eux-mêmes.

    Dans le projet par ailleurs, annoncé d’emblée, là encore on s’interroge. « Réparer le lien entre l’Église et l’État ». Le chef de l’État, sur ce point, est demeuré sibyllin en n’expliquant pas ce qui a été gâté entre l’Église et l’État,  pourquoi cela l’a été et comment il entendait réparer ce qui a été gâté. Avec cette formule, il avait pourtant un boulevard qui s’ouvrait afin de redéfinir ce que doit être l’attitude de la laïcité à l’égard des religions en général et de l’Église catholique en particulier et ce que doit être en retour l’attitude des religions en général et de l’Église catholique en particulier à l’égard de la laïcité.  Ce qui n’a pas été fait.  À un moment du discours, il a été question de donner un cap. Celui-ci a été donné : sous la forme d’un appel à la dignité de l’homme et au sens. Ce qui ne répond guère à la question de savoir ce qu’est la laïcité et ce que doivent être les relations de la République laïque à l’égard des religions et l’attitude des religions à l’égard de la République laïque. Est-ce d’ailleurs la question des relations entre l’Église et l’État dont il convient de parler ? Cette référence à la loi de 1905 est-elle pertinente ? Le lien entre l’Église et l’État a été rompu et nul ne songe à vouloir le rétablir.  C’est bien plutôt celle des relations entre la République et le religieux en général ainsi que l’Église catholique en particulier qui pose problème. Ainsi, quand il est expliqué  que les valeurs de la République résident dans la liberté et que la liberté réside dans le droit au blasphème, n’y a-t-il pas urgence à redéfinir ce que sont les principes de la République, le sens de la liberté ainsi que ses limites ? Le chef de l’État est demeuré étrangement silencieux sur ce problème pourtant crucial. En lieu et place d’une réflexion sur le sens de la liberté aujourd’hui, de façon kierkegaardienne,  il a été surtout question d’un appel à vivre de façon déchirée, dans l’inconfort et l’incertitude. En un mot, il a été question, pour les catholiques, d’aller sur la croix et d’y rester en souffrant.

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  • Poulseur : l'église vandalisée

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    L'Église de Poulseur vandalisée

    Source : RTC Télé Liège 

    Le sacristain de l’église de Poulseur, Jules Storder, a fait une triste découverte samedi, en allant fermer les portes de l’Église : elle avait été vandalisée.Lorsqu’il est entré, il a découvert des débris de plâtre, juste devant l’entrée et étalés sur plusieurs mètres. Après quelques secondes, il a compris de quoi il s’agissait : le Christ du chœur de l’Église avait été décroché durant la journée, puis jeté au sol. La manière dont les restes de la statue de plâtre étaient éparpillés dans la pièce lui laisse penser que les vandales, après l’avoir décrochée de sa croix, l’ont transportée de l’autre côté de l’Église, sont montés sur le jubé et l’ont lancée de là-haut.Il s’est rendu à la police ce matin afin de faire constater les dégâts. Malheureusement, il est difficile d’identifier les coupables. Les vases contenants des fleurs ont également été renversés et brisés au sol.« On ne peut rien faire de plus, insiste Jules. Je ne veux pas fermer les portes pendant la journée. Les Églises sont faites pour être ouvertes ! »C’est la première fois que l’église de Poulseur est victime d’un tel acte. Rien n’a été volé, ce qui prouve qu’il s’agit d’un acte de méchanceté gratuite. Le crucifix était là depuis plusieurs décennies et il va être remplacé par un nouveau, plus moderne.

    Jessica Meurens (stagiaire)

  • Paris : Emmanuel Macron a rencontré l’Église catholique au Collège des Bernardins (lundi soir, 9 avril)

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    Après une rénovation complète achevée en septembre 2008, le collège des Bernardins (XIIIe siècle) est aujourd’hui un lieu de rencontres, de dialogues, de formation et de culture proposant une programmation riche de conférences et colloques, d’expositions, de concerts, d’activités pour le jeune public ainsi qu’un centre de formation théologique et biblique. Depuis 2009, il abrite l'Académie catholique de France.

    Organisée par la Conférence des évêques de France (CEF), une grande soirée inédite s’y est tenue ce lundi 9 avril au soir, en présence du président de la République et de 400 invités. Après trois témoignages émouvants illustrant en binôme la plus grande des trois vertus théologales et le discours Mgr Pontier, Président de la CEF, on a pu entendre, en retour, celui du Président de la République consacré à la place du catholicisme dans la vie politique et sociale de la France. Nous y reviendrons. Voici l’enregistrement video de cette soirée (JPSC) :

  • Un site pour recenser le patrimoine chrétien et yézidi d'Irak

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    De RCF :

    Mésopotamia Héritage: un site pour recenser le patrimoine chrétien et yézidi d'Irak

    Présentée par Pauline de Torsiac 

    Mésopotamia Héritage: un site pour recenser le patrimoine chrétien et yézidi d'Irak

    © Mai 2011 - Pascal Maguesyan - Mesopotamia

    Collecter des informations précieuses sur le patrimoine détruit par le groupe Etat Islamique en Irak : une façon de sauver la mémoire, mais aussi de relever les hommes.

    Faire l’inventaire du patrimoine des chrétiens d’orient, lui redonner vie, c’est l’objectif de l’association Mésopotamia qui a lancé officiellement mercredi soir à Lyon un grand site de mémoire, mesopotamiaheritage.org.

    Ce site recense une centaine d’édifices emblématiques du patrimoine irakien chrétien mais aussi yézidi, des communautés dont les églises, les temples, les monastères et les trésors millénaires qu’ils contiennent ont été pillés, vandalisés anéantis par Daech.

    Pascal Maguesyan, chargé de mission pour l'association Mesopotamia, a lancé ce projet d'inventaire. "Le patrimoine est d'abord monumental, mais à travers ce patrimoine monumental sont aussi affectés les oeuvres et les manuscrits qui constituent le tissu culturel et cultuel de ces communautés". 

    COLLECTER L'HISTOIRE, ET LES SOUVENIRS

    Depuis un an, Pascal Maguesyan arpente l’Irak avec une équipe de 5 personnes pour documenter les églises, les  monastères, les temples qui figureront sur le site. L’équipe a déjà recensé une soixantaine de sites dans la plaine de Ninive, au Kurdistan irakien à Kirkouk ou Bagdad. A chaque fois, la méthode est la même : collecter les informations auprès d’experts sur la construction et l’histoire de chaque édifice chrétien. Faire des photos, des croquis, interroger la population, recueillir les témoignages de villageois qui permettront de raviver des souvenirs de mariage, baptême dans ces églises mises à sac par l’Etat islamique....

    Ce contact auprès des populations sur leur patrimoine est fondamental, souligne Pascal Maguesyan. "A travers ce travail, les populations locales prennent conscience de la valeur de leur patrimoine. Pendant des dizaines d'années, ils ont subi des guerres et des persécutions, ils n'ont pas eu le luxe de s'intéresser à leur patrimoine. Il fallait survivre au quotidien, aux bombardements, à la destruction psychique. En leur posant des questions sur les édifices, cela réveille chez eux le sentiment de l'ancienneté de leur civilisation". 

    RELEVER LES HOMMES

    Si cet inventaire vise à sauvegarder et à faire mémoire de ce patrimoine, il pourrait aussi à terme contribuer à permettre à la population de retrouver du travail, selon le Professeur Christian Cannuyer, membre du conseil scientifique du projet MESOPOTAMIA HERITAGE, professeur à l’Université Catholique de Lille. "Les églises chrétiennes de Mésopotamie portent la marque des origines juives du christianisme mésopotamien. Le programme décoratif est semblable en grande partie aux mosquées. Les yézidis ont une part de spiritualité commune avec les chrétiens. Sauver ce patrimoine, c’est aussi sauver cette mémoire partagée qui est un gage d’avenir. Il ne faut pas oublier que ce travail peut donner de l’emploi aux locaux. Après la sauvegarde viendra l’étape de la restauration : les compétences locales seront sollicitées".

    Derrière ce projet d’inventaire, il y a non seulement la volonté de préserver la mémoire mais aussi celle de reconstruire des édifices et de relever des hommes. Ce sont bien les fidèles qui sont tout particulièrement affectés par les destructions de leurs églises temples et monastères. Le père Muhannad Al Tawil peut en témoigner. C’est le curé de la paroisse Saint-Ephrem des chaldéens de Lyon. Ses fidèles sont presque tous des réfugiés originaires de la plaine de Ninive en Irak : "Les paroissiens parlent sans cesse des monastères et des églises endommagés, brûlés... avec les larmes aux yeux".

    Pour en savoir plus sur ce projet soutenu notamment par la Fondation RCF,  KTO l’œuvre d’Orient le magazine Pèlerin et la fondation Saint Irénée à Lyon, rendez vous sur le site mesopotamia heritage.org. Vous pouvez également soutenir ce projet en allant sur credofunding.fr