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Patrimoine religieux - Page 3

  • Bruxelles : le 5e centenaire de la Réforme sera fêté dans la Cathédrale Saints Michel et Gudule

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    Lu dans le Vif (Olivier Rogeau), p.51 :

    Un anniversaire dans le fief des catholiques ! 

    Le 28 octobre, à 16 heures, l'Eglise protestante unie de Belgique (Epub) organise un culte pour la commémoration des 500 ans de la Réforme. Il aura lieu dans la cathédrale Saint-Michel, " navire amiral " de l'Eglise catholique ! …  "Ironie de l'histoire, l'église a subi, au XVIe siècle, la colère destructrice des iconoclastes protestants, rappelle l'historienne de l'ULB Monique Weiss. Des statues et des vitraux ont été cassés, des reliques ont été volées et la châsse de sainte Gudule a été brisée."

    "Le fait que l'Eglise catholique ait mis sa cathédrale à notre disposition envoie un signal oecuménique fort, estime Steven H. Fuite, président de l'Eglise protestante unie de Belgique. D'autant que le cardinal Jozef De Kesel, archevêque de Malines-Bruxelles, souhaite assister et participer activement au culte, avec d'autres chefs religieux et responsables de la laïcité." Différence notable avec les commémorations des siècles passés, le 500e anniversaire de la Réforme est donc un événement oecuménique, en Belgique comme ailleurs. Le 31 octobre 2016, le pape François et l'évêque Munib Younan, président de la Fédération luthérienne mondiale (FLM), ont célébré un service oecuménique à Lund, en Suède. Ils ont prié pour le pardon et la cicatrisation des blessures que les confessions se sont infligées mutuellement au fil des siècles.

  • Saint Bruno (6 octobre)

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    De Benoît XVI (6 octobre 2006) :

    La mission de saint Bruno, le saint du jour, apparaît avec clarté, elle est - pouvons-nous dire - interprétée dans la prière de ce jour qui, même si elle est assez différente dans le texte italien, nous rappelle que sa mission fut faite de silence et de contemplation. Mais silence et contemplation ont un but:  ils servent à conserver, dans la dispersion de la vie quotidienne, une union permanente avec Dieu. Tel est le but:  que dans notre âme soit toujours présente l'union avec Dieu et qu'elle transforme tout notre être.

    Silence et contemplation - une caractéristique de saint Bruno - servent à pouvoir trouver dans la dispersion de chaque jour cette union profonde, continuelle, avec Dieu. Silence et contemplation:  la belle vocation du théologien est de parler. Telle est sa mission:  dans la logorée de notre époque, et d'autres époques, dans l'inflation des paroles, rendre présentes les paroles essentielles. Dans les paroles, rendre présente la Parole, la Parole qui vient de Dieu, la Parole qui est Dieu.

    Sur le site de la Famille monastique de Bethléem :

    Qui est Bruno ?

    Bruno est né à Cologne vers 1035.

    REIMS

    Dès ses jeunes années, il quitte la Germanie pour entreprendre des études à l’école cathédrale de Reims, la plus réputée à son époque en Europe.
    Vers l’âge de vingt ans, il devient membre du chapitre des chanoines séculiers qui suivent la règle de saint Augustin en étant rattachés à la cathédrale de Reims. De l’initiateur de la vie canoniale qu’est Augustin, le chanoine Bruno reçoit non seulement la pensée mais aussi sa sagesse de vie tout évangélique, ecclésiale, théologique, liturgique, fraternelle, qu’il a instaurée et léguée comme charisme à l’Église.
    A cette même période, Bruno est maître en théologie et lui, l’humble chanoine, dirige l’école cathédrale de Reims où il exerce une grande influence et dont il devient l’écolâtre renommé. Homme de Lumière il sait puiser dans les sources variées de la Tradition vivante de l’Église. Chercheur de la Vérité, qu’il transmet dans son enseignement pendant de longues années, Bruno ne s’arrête pas dans sa course vers la Lumière. Il est l’homme selon Dieu, parce qu’il est par-dessus les choses du monde, attaché à Celui qui a fait le monde. Ce n’était pas seulement son érudition, la profondeur de sa science, la sûreté de sa pensée, qui attiraient la jeunesse de l’école de Reims vers Bruno. C’était son rayonnement spirituel. Unifié en son intelligence et en son cœur, Bruno a cette science qui se tourne à aimer. Toute cette science, ce succès, cette gloire, s’allient en Bruno avec une grande bonté dont il rayonne, si bien que « Bonus » deviendra, après sa mort, son surnom. Sa riche personnalité pourrait se résumer dans ce témoignage du légat Hugues de Die :Maître Bruno est maître en tout ce qui honore l’homme dans l’homme.

    Voici qu’un jour il se trouve dans un jardin avec deux amis, Raoul le Verd et Foulcoie le Borgne. Bruno reçoit la grâce de brûler d’Amour divin d’une manière nouvelle. A la fin de sa vie, il rappelle à son ami Raoul cette rencontre : « Tu te souviens du jour où nous étions tous les deux dans le jardin d’Adam, avec un troisième ami, Foulcoie. Notre conversation avait évoqué les plaisirs de la vie qui trompent l’homme, les richesses de ce monde qui sont périssables, et enfin, la joie de la gloire de Dieu qui n’a pas de fin. Soudain, tu te souviens ? Brûlants d’Amour divin, nous avons promis, nous avons fait vœu, nous avons décidé de quitter prochainement les ombres fugitives du monde, afin de nous mettre en quête des biens éternels en recevant l’habit monastique. »

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  • "La cause plus profonde de la crise qui a bouleversé l’Eglise réside dans l’obscurcissement de la priorité de Dieu dans la liturgie"

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    D'Anne Kurian sur zenit.org :

    Liturgie : la priorité de Dieu, par Benoît XVI

    Préface de l’édition russe de son livre (Traduction intégrale)

    Pape François et Benoît XVI © L'Osservatore Romano

    Le pape François et Benoît XVI © L'Osservatore Romano

    « L’Eglise est en danger lorsque le primat de Dieu n’apparaît plus dans la liturgie et ainsi dans la vie », écrit Benoît XVI dans la préface de l’édition russe de son livre « La théologie de la liturgie », préparée par la maison d’édition du Patriarcat de Moscou (volume XI de l’Opera omnia de Joseph Ratzinger).

    L’ouvrage a été présenté au pape émérite le 25 septembre 2017, par le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou. « La cause plus profonde de la crise qui a bouleversé l’Eglise, affirme le pape allemand, réside dans l’obscurcissement de la priorité de Dieu dans la liturgie. »

    Il met en garde : « L’homme, en mettant Dieu de côté, se soumet lui-même à des contraintes qui le rendent esclave de forces matérielles et qui sont ainsi opposées à sa dignité. »

    Voici notre traduction intégrale de la préface publiée en italien par la Fondation Joseph Ratzinger-Benoît XVI le 3 octobre.

    Préface de Benoît XVI

    Nihil Operi Dei praeponatur — Ne rien préférer à l’œuvre de Dieu. Par ces paroles, saint Benoît, dans sa Règle (43,3), a établi la priorité absolue du Culte divin sur tout autre devoir de la vie monastique. Cela, même dans la vie monastique, n’était pas immédiatement une évidence parce que pour les moines le travail de l’agriculture et de la science était aussi un devoir essentiel.

    Aussi bien dans l’agriculture que dans l’artisanat et dans le travail de formation, il pouvait y avoir des urgences temporelles qui pouvaient sembler plus importantes que la liturgie. Face à tout cela Benoît, avec la priorité attribuée à la liturgie, met en relief la priorité de Dieu dans notre vie, sans équivoque : « A l’heure de l’Office divin, dès que l’on entend le signal, on laisse tout ce que l’on a entre les mains, on accoure avec la plus grande sollicitude » (43,1).

    Dans la conscience des hommes d’aujourd’hui, les choses de Dieu, et avec elles la liturgie, ne semblent pas du tout urgentes. Il y a urgence pour toutes les choses possibles. La chose de Dieu ne semble jamais urgente. Aujourd’hui, on pourrait affirmer que la vie monastique est en tout état de cause différente de la vie des hommes dans le monde, et c’est certainement juste. Et cependant la priorité de Dieu que nous avons oubliée vaut pour tous. Si Dieu n’est plus important, on déplace les critères pour établir ce qui est important. L’homme, en mettant Dieu de côté, se soumet lui-même à des contraintes qui le rendent esclave de forces matérielles et qui sont ainsi opposées à sa dignité.

    Dans les années qui ont suivi le Concile Vatican II, je suis devenu à nouveau conscient de la priorité de Dieu et de la liturgie divine. Le malentendu de la réforme liturgique qui s’est largement répandu dans l’Eglise catholique a conduit à mettre toujours plus au premier plan l’aspect de l’instruction et de son activité et sa créativité. L’action des êtres humains a fait presque oublier la présence de Dieu. Dans une telle situation, il devient toujours plus clair que l’existence de l’Eglise vit de la célébration juste de la liturgie et que l’Eglise est en danger lorsque le primat de Dieu n’apparaît plus dans la liturgie et ainsi dans la vie. La cause plus profonde de la crise qui a bouleversé l’Eglise réside dans l’obscurcissement de la priorité de Dieu dans la liturgie. Tout cela m’a conduit à me dédier au thème de la liturgie plus largement que par le passé parce que je savais que le vrai renouveau de la liturgie est une condition fondamentale pour le renouveau de l’Eglise.

    Sur la base de cette conviction sont nées les études qui sont recueillies dans ce volume 11 de l’Opera omnia. Mais au fond, malgré toutes les différences, l’essence de la liturgie en Orient et en Occident est unique et identique. Et ainsi j’espère que ce livre pourra aider aussi les chrétiens de Russie à comprendre de façon nouvelle et mieux le grand cadeau qui nous est donné dans la Sainte Liturgie.

    Cité du Vatican, Fête de Saint Benoît, 11 juillet 2015

    Benoît XVI

  • Liège : Renouveau au sanctuaire de sainte Julienne de Cornillon; Installation des sœurs clarisses ce dimanche 8 octobre

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    Renouveau au sanctuaire de sainte Julienne de Cornillon
    Installation des sœurs clarisses ce dimanche 8 octobre

    La célébration d’installation de la communauté des sœurs clarisses au sanctuaire de sainte Julienne de Cornillon aura lieu le dimanche 8 octobre 2017 à 15h00 et sera présidée par Mgr Jean-Pierre Delville, évêque de Liège.

    Cette fête est fixée au premier dimanche suivant la fête de saint François d‘Assise, ami de sainte Claire, fondatrice des clarisses à Assise vers 1220.

    Pour la célébration du 8 octobre :
    Réponse souhaitée pour le 3 octobre : Tél 04 343 64 54

    Une belle solidarité Liège-Burundi

    Les clarisses du monastère de « Hannut-Bujumbura » sont déjà présentes et très appréciées dans le diocèse de Liège. Le monastère de Bujumbura a été co-fondé en 1962 d’une part, par deux sœurs clarisses liégeoises, Mère Marie-Agnès Baré et mère Marie-Françoise Wagelmans, et d’autre part par la jeune sœur d’origine burundaise Claire-Marie, entrée dans l’ordre en Belgique en 1957. Après 40 années, c’est suite aux troubles que plusieurs clarisses sont revenues sur le monastère fondateur de Hannut en 2002, pour plusieurs motivations : continuité de la vie contemplative, formation des jeunes sœurs, accueil des gens selon leurs besoins.

    Le père Patrick Bonte, osc, commissaire apostolique du Sanctuaire de Cornillon dit : « La communauté compte actuellement une douzaine de clarisses en Belgique et une quarantaine au Burundi et en Uganda, pour une moyenne d’âge d’environ 35-40 ans. La plupart de ces religieuses belgo-burundaises habitent en Belgique depuis plus de 10 ans suite aux évènements dans leur pays et leur couvent de Bujumbura fut co-fondé par deux clarisses liégeoises. C’est un beau signe de solidarité entre religieuses originaires de deux continents. »

    Contemplation et fabrication des hosties

    En priorité, les sœurs clarisses poursuivront la vie de prière contemplativedes carmélites dans ce très haut-lieu spirituel d’où s’est diffusée la Fête-Dieu au Moyen-Âge à l’instigation de sainte Julienne. La messe quotidienne se poursuivra chaque jour à 8 heures du matin et reste ouverte au public. Les sœurs poursuivent la fabrication de plus de 2.000.000 d’hosties par an pour le diocèse de Liège et au-delà. Enfin, elles géreront la petite hôtellerie de quelques lits pour les retraitants et les pèlerins, par exemple de plus en plus nombreux sur les chemins de saint Jacques de Compostelle. Il est intéressant de constater que de nombreux liégeois ont déjà trouvé ce nouveau chemin pour porter des œufs à sainte Claire !

    Les sœurs clarisses sont à Liège depuis 1340

    En deux implantations : d’une part le couvent des clarisses en Île à l’emplacement duquel fut construite l’Athénée Royal Liège 1 en 1839, dans l’actuelle rue des Clarisses et d’autre part le couvent de Sœurs clarisses urbanistes, des religieuses de l'ordre de Sainte-Claire, mais suivant la règle adoucie par le pape Urbain IV. Le couvent de ces dernières fut remplacé en 1895 par Académie royale des Beaux-Arts de Liège, près du Cadran.

    Béguinage contemporain

    Par ailleurs, le projet de nouveau béguinage contemporain évolue très bien. Il accueillera dès 2018 des laïcs et des familles répartis dans huit unités autonomes de logement. Ils associeront un beau cadre de vie sécurisée tout en participant, modestement et à leur mesure, au renouveau de ce haut-lieu, poumon spirituel au cœur de la ville. Ce projet de vie semi-communautaire contribue à la revitalisation des quartiers d’Amercoeur et de la Chartreuse.

    Informations pratiques pour le 8 octobre

    Dimanche 8 octobre 2017, 15h00, premier dimanche suivant la fête de saint François d‘Assise, ami de sainte Claire, messe d’installation des clarisses, à l’église Sainte-Julienne de Cornillon,
    rue de Robermont 2, 4020 Liège.

    L’eucharistie sera présidée par Monseigneur Jean-Pierre Delville, évêque de Liège, en présence du père Patrick Bonte, osc, vicaire épiscopal à pour la vie religieuse et pour les mouvements spirituels, commissaire apostolique délégué du Vatican pour le sanctuaire.

    Animation par la chorale Saint-François d’Assise.

    Plus d’informations sur les clarisses et Cornillon
    Dossier de presse
    Histoire des clarisses à Liège puis Hannut-Bujumbura
    Installation des clarisses à Cornillon
     
    Contacts
    Pour la célébration du 8 octobre :
    Réponse souhaitée pour le 3 octobre : Tél 04 343 64 54
    Email : lessoeursclarisses@gmail.com
    Pour la presse, la gestion de l’ASBL du sanctuaire et le projet de béguinage contemporain :
    Père Patrick Bonte, osc, vicaire épiscopal à pour la vie religieuse et pour les mouvements dans le diocèse de Liège, commissaire apostolique délégué du Vatican pour le sanctuaire.
    Jacques Galloy, administrateur-délégué de l’ASBL - cornillon@saintejulienne.org

  • Liturgie : des affrontements au plus haut niveau

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    De l'abbé Claude Barthe sur le site de l'Homme Nouveau :

    Question liturgique : affrontements au plus haut niveau

    Question liturgique : affrontements au plus haut niveau

    Mais où est donc passé le cardinal Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin ?

    Plusieurs motu proprio, des textes qui ont la particularité d’être des actes d’autorité personnelle du pape, ont été publiés récemment. Le motu proprio Summa familiæ cura (19 septembre) concerne la morale, champ de bataille important. Celui-ci met pratiquement fin à l’Institut Jean-Paul II pour le mariage et la famille alors que le motu proprio Magnum principium (9 septembre) porte sur la liturgie.

    Magnum principium semble concerner un enjeu minuscule : la rectification de telle ou telle expression dans les traductions des livres liturgiques. Pour nombre d’observateurs, il a cependant une portée symbolique majeure : le combat sans merci des partisans de la ligne d’aujourd’hui, celle qui se réclame du Pape François, contre celle des partisans de la ligne d’hier, celle qui se réclame de Benoît XVI. À moins que l’enjeu ultime soit bien plus fondamental encore.

    Les petits acquis de la « restauration » liturgique

    Dans l’histoire de la « restauration » liturgique ratzingérienne, qui s’étale de 1996 à 2013, sous les cardinaux-préfets du Culte divin, Medina, Arinze et Cañizares, en dehors de la publication de l’instruction Redemptionis Sacramentum, du 25 mars 2004, véritable Syllabus des dérives liturgiques prohibées, qui ne fut suivi d’aucun effet, l’unique victoire avait été de décider que les traductions liturgiques élaborées depuis le Concile de manière très libérales seraient révisées. Le résultat en fut bien modeste.

    Pour contrer les effets de l’instruction Varietates legitimæ, du 25 janvier 1994, avait été élaboré l’instruction Liturgiam authenticam, du 28 mars 2001, qui expliquait : « La traduction des textes de la liturgie romaine n’est pas une œuvre de créativité. […] Il est nécessaire que le texte original ou primitif soit, autant que possible, traduit intégralement et très précisément, c’est-à-dire sans omission ni ajout, par rapport au contenu, ni en introduisant des paraphrases ou des gloses » (n. 20).

    Les conférences française et allemande traînèrent des pieds. En fait, c’est dans la seule aire linguistique anglophone que ce travail fut accompli correctement, grâce à la ténacité du cardinal nigérian et donc anglophone Arinze. Il fut aidé par le comité Vox Clara, constitué en 2002 au sein de la Congrégation pour faire contrepoids à la très libérale Commission ICEL (International Commission on English in the Liturgy), organisme de coordination entre les conférences épiscopales anglophones.

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  • Le christianisme occidental va-t-il terminer dans un musée ?

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    De Samuel Pruvot sur Figaro Vox (lefigaro.fr):

    Les chrétiens d'Occident figurent eux aussi sur la liste des espèces en voie de disparition

    FIGAROVOX/TRIBUNE. - À l'occasion de l'ouverture du Congrès Mission qui se tient ce week-end à Paris, Samuel Pruvot estime que notre pays est redevenu une terre de mission et que les catholiques doivent agir en conséquence, en osant l'évangélisation.

    Samuel Pruvot est co-organisateur du Congrès Mission, un week-end réunissant les catholiques français pour une réflexion sur l'évangélisation. Rédacteur en chef au magazine Famille Chrétienne, il est aussi auteur de Nos ancêtres les saints. Petite histoire missionnaire de la France (Cerf).

    Le christianisme occidental va-t-il terminer dans un musée? La Sainte couronne d'épines acquise par saint Louis - vénérée par Melania Trump et Brigitte Macron - passerait de Notre-Dame de Paris au palais du Louvre. Et la statue de Notre-Dame quitterait, elle aussi, la grotte de Lourdes pour voyager dans les musées nationaux... Cette perspective fait sourire ou frémir. Mais elle n'est pas complètement impossible.

    Visitant l'exposition «Chrétiens d'Orient. Deux mille ans d'histoire» à l'institut du monde arabe, le Président a évoqué un «passé glorieux qui nous oblige». Mieux vaut tard que jamais. Avant que le chrétien d'Orient ne devienne le dernier des Mohicans. Emmanuel Macron a pu contempler, entre autres merveilles rescapées, les Évangiles de Rabula, un manuscrit enluminé syriaque du VIe siècle.

    Mais n'oublions pas que les chrétiens d'Occident, eux aussi, figurent désormais sur la liste des espèces en voie de disparition. La sécularisation est «en marche» tout autant que le parti de notre Président. Sinon plus.

    Suffit-il vraiment d'un «Congrès Mission» pour enrayer la déchristianisation? Avouons-le, ce phénomène grignote la France depuis l'après-guerre et il avance avec le caractère (apparemment) inéluctable d'une désertification.

    À défaut d'une solution miracle pour bloquer l'avancée du Sahara, notre rassemblement se veut une oasis. Une pépinière.

    Car les catholiques pratiquants, comme leurs compatriotes, sont tentés par la déprime. Ils pourraient croire que leur âge d'or est derrière eux au lieu de croire en Jésus Christ. Game over. Ils souffrent d'une «Identité malheureuse» pour reprendre une expression de Finkielkraut: «La France a changé, la vie a changé, le changement lui-même a changé.»

    Le malaise vient justement de là. Il y a un monde qui est en train de disparaître sous nos yeux. Et c'est le nôtre! Ce monde familier et immuable de nos parents avec ses coquelicots, ses petites mairies et ses clochers pluriséculaires.

    Elle s'en va lentement la «force tranquille» du candidat François Mitterrand qui, en 1981, posait devant une petite église romane de la Nièvre. Il faudrait un Verlaine pour chanter cet automne de notre civilisation. Son enterrement, les sanglots longs des violons et aussi sa langueur monotone.

    Faut-il pour autant céder à la nostalgie? Nous avons quand même autre chose à demander aux évêques que de déposer le bilan. Minoritaires et convalescents de la Manif pour tous, beaucoup de catholiques prennent conscience que les civilisations sont mortelles comme disait joliment Valéry.

    Se consoler en se disant que la religion, elle, doit avoir quelque chose d'éternel, c'est oublier un peu vite la parole de Jésus: «Quand le Fils de l'homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre?» Oublier que des chrétientés entières ont disparu dans les tempêtes de l'Histoire comme celle du grand saint Augustin qui vivait de l'autre côté de la Méditerranée.

    Le christianisme est bel et bien mortel sous nos latitudes et sa disparition laisserait un énorme vide. Un auteur américain du nom de Rod Dreher pose la bonne question: «Comment être chrétien dans un monde qui ne l'est plus?» (Artège). Si les catholiques occidentaux ne trouvent pas la réponse, ils n'échapperont pas au musée. Ou finiront dans un bunker.

    Comment ne pas céder à une angoisse de type identitaire? C'est un vertige légitime devant des forces qui pourraient nous arracher à notre matrice judéo-chrétienne. Mais la plupart de ceux qui prétendent défendre les «valeurs» n'ont même plus le temps d'aller à la messe…

    La solution se trouve dans la Tradition bien comprise, plus exactement chez les Pères de l'Eglise. C'est tout le génie de Jean-Luc Marion dans sa «Brève apologie pour un moment catholique» (Grasset) qui sera - comme par hasard - au Congrès mission.

    A chaque époque d'inventer ses méthodes, avec la créativité joyeuse des saints. De saint Martin à Pauline Jaricot, les saints ont toujours peiné en milieu hostile. «Nos ancêtres les saints» (Cerf), veut justement montrer que notre histoire nationale est jalonnée de réveils spirituels et apostoliques.

    Quand on admet que la France est redevenue un pays de mission tout redevient simple. Ou presque. On ne s'encombre plus de théories fumeuses pour justifier l'attentisme. Le temps des Tartuffe est terminé car s'ouvre celui des saints à l'air.

  • Quand la paroisse Sainte-Catherine (BXL) se lance dans la bière

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    De Christian Laporte sur le site de La Libre :

    Une bière d’abbaye bruxelloise pour soutenir Sainte-Catherine

    La paroisse de Ste-Catherine la diffusera pour permettre son développement.

    On peut imaginer qu’au sanctuaire marial de Notre-Dame du Laus, sis près de Gap, on trouvera bientôt aussi en plus, bien sûr, des nourritures spirituelles - dont les moindres ne sont pas les toujours très robustes célébrations de l’archevêque de Malines-Bruxelles émérite, Mgr André-Joseph Léonard - une bonne bière d’abbaye… bruxelloise qui a nom Sainte-Kat’!

    Comme donc Sainte-Catherine, cette paroisse chère au cœur de l’ex-primat de Belgique où il avait installé la Fraternité des Saints Apôtres avant son départ pour les Alpes de Provence. Il n’empêche, plus personne ne pourra accuser ladite paroisse d’être hors du monde, repliée sur ses certitudes. En effet, avec Brussels Beer Project, la communauté de Sainte-Catherine lance la semaine prochaine sur le parvis de l’église une bière d’abbaye d’un genre nouveau. La Ste-Kat’ est née de la rencontre improbable du Brussels Beer Project et de l’équipe pastorale de la paroisse du "Vismet" et plus particulièrement du P. Jérémie Schaub. Avec ses trois collègues de la paroisse qui défraya la chronique lors de sa fermeture/réouverture, il y voit une occasion de réinsérer le culte dans son quartier et de s’intégrer plus à la vie locale. BBP y a vu lui un cadeau du Ciel pour relancer un style de bière typé.

    Les Amis de Sainte-Catherine sur le pont

    Certes, les abbayes étaient installées loin des villes mais les églises sont au cœur de celles-ci. De là à brasser une "bière d’église ouverte sur le monde", il n’y avait qu’un tour de cloître rapidement franchi… Et voilà donc qu’on nous annonce une production de 50 000 bouteilles réalisée par la micro-brasserie de la rue Dansaert.

    Précision à l’attention de ceux qui craignent de voir les pasteurs se muer en marchands du temple : c’est l’ASBL des Amis de Ste Catherine qui assurera la distribution dans les cafés et restaurants sis autour de la place et auprès des particuliers qui passeront à l’église. Autre précision importante : tous les bénéfices couvriront les aménagements de l’église et permettront d’organiser un voyage-pèlerinage vers le Puy-du-Fou vraiment accessible à tous. En attendant le P. Schaub, ses confrères et l’équipe de Brussels Beer project baptiseront officiellement la nouvelle cervoise qu’on espère, évidemment, divine ce 4 octobre à partir de 18 h sur le parvis de l’église. Christian Laporte

    Rens. : stekatbeer@gmail.com

  • Le rite latin traditionnel rend la vérité "sensible"

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    Du Père de Blignières sur le site "Paix Liturgique" :

    RP de Blignières : LE RITE REND "SENSIBLE" LA VÉRITÉ

    Dimanche 17 septembre 2017 c'est dans une église de la Trinité des Pèlerins bondée que le RP de Blignières, fondateur des dominicains de Chéméré (et de nouveau Prieur depuis le 20 septembre 2017), a prononcé le sermon de clôture du pèlerinage romain ayant marqué le dixième anniversaire du motu proprio Summorum Pontificum. Nous sommes heureux, avec sa permission et celle du RP de Saint-Laumer, qui célébrait cette belle messe pontificale selon le rite dominicain, de vous faire partager cette réflexion qui souligne avec force le lien irrépressible entre liturgie et théologie. Car la liturgie, comme le soulignait le cardinal Müller, lors du colloque du 14 septembre à l’Université angélique, est un « lieu théologique ». Et par le fait, un « lieu » artistique. On appréciera en ce sens la conclusion du P. de Blignières, qui évoquant implicitement l’adage platonicien, « le beau est la splendeur du vrai », l’applique aux rites sacrés polis par la tradition : « La vérité qui devient sensible, qu’est-ce que c’est, sinon la beauté ? »

    SERMON DU RP DE BLIGNIÈRES (FSVF) POUR LE DIXIÈME ANNIVERSAIRE DU MOTU PROPRIO SUMMORUM PONTIFICUM

    Rome, église de la Trinité des Pèlerins, 17 septembre 2017

    Le Concile de Trente, pour rendre raison des cérémonies du Saint Sacrifice de la Messe, rappelle que la nature de l’homme a besoin d’aides extérieures et de signes visibles afin de s’élever à la contemplation des choses divines (1). On peut en tirer une définition du rite : « un rite, c’est ce qui rend sensible une vérité ». Le rite du sacrifice de la messe, c’est ce qui met à la portée de la nature humaine la vérité sur Dieu, la vérité sur l’homme, et la vérité sur le Christ. En sa forme latine traditionnelle, il rend tangibles, avec une efficacité insurpassable, ses trois aspects.

    La vérité sur Dieu : Dieu est Trinité

    Celui qui assiste pour la première fois à la messe dans le rite traditionnel est tout de suite frappé par l’ambiance sacrée qui s’en dégage. L’architecture majestueuse, la disposition de l’espace avec un lieu réservé aux ministres et un autre aux fidèles, l’orientation de la célébration, l’attitude recueillie et hiératique du célébrant, les vêtements particuliers qu’il revêt, la langue inaccoutumée qu’il emploie, les gestes de révérence qu’il fait en direction du tabernacle et des oblats consacrés, notamment les nombreuses génuflexions, enfin le mystérieux silence du canon : tout porte à sortir du monde profane et à se mettre en présence de Quelqu’un qui dépasse le monde.

    Mais si cet assistant prend la peine de suivre dans un missel ce que dit le prêtre, il est alors touché par un aspect étonnant de la prière. Certes, on y supplie avec grand respect celui que toutes les traditions de l’humanité appellent « Dieu », mais on le fait avec la certitude confiante d’un enfant s’adressant à son père. L’onction inimitable des très anciennes prières latines nous met en rapport, non avec un grand architecte impassible de l’Univers, mais avec une réalité mystérieuse et fascinante : la Trinité. On s’adresse à elle, étonnamment, comme si on était de la famille ! On lui parle avec une audace inouïe, on se présente à elle dans le voisinage de toute une nuée de saints personnages qui ont un grand crédit auprès d’elle. On ne cesse surtout de parler de son Fils, et chaque fois que l’on évoque son nom, on incline la tête.

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  • Les Chrétiens d’Orient : pluralité des rites et des communautés

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    Est-ce un modèle pour l’Eglise latine où le rite romain s’est largement émietté depuis la réforme de Paul VI (1969) ? Comparaison n’est pas raison. Les diverses traditions orientales puisent  leur stabilité dans l’attachement à des racines historiques profondes alors que la mentalité liturgique de l’Eglise latine postconciliaire est influencée par le libéralisme des cultes protestants. Dans « La Croix », Nicolas Senèze dresse un panorama des principaux rites orientaux . JPSC.

    Rites orientaux LC-20170705-Proche-Orient-Chretiens-V3_0_728_491.jpg

    « Parmi les Églises d’Orient, on peut distinguer cinq différents rites qui concernent les chrétiens orthodoxes et catholiques.

    Comme l’explique le code des canons des Églises orientales, « le rite est le patrimoine liturgique, théologique, spirituel et disciplinaire qui se distingue par la culture et les circonstances historiques des peuples et qui s’exprime par la manière propre à chaque Église » (canon 28).

    Rite alexandrin

    La principale Église orientale de rite alexandrin est l’Église copte-orthodoxe (10 millions de fidèles), dont le siège est à Alexandrie. En sont issues l’Église éthiopienne-orthodoxe (née en 1959) et l’Église érythréenne-orthodoxe (1993). Une Église copte-catholique a vu le jour en 1741 (250 000 fidèles), une Église éthiopienne-catholique en 1622 (1 million de fidèles) et, en 2015, une Église érythréenne-catholique.

    Rite arménien

    Séparée en 451, l’Église arménienne apostolique (dite aussi grégorienne) compte actuellement 6 millions de fidèles. Elle est dirigée par deux catholicos, l’un d’Etchmiadzin (Arménie), l’autre de Cilicie siégeant à Antélias (Liban). Une Église arménienne-catholique (600 000 fidèles) a vu le jour en 1742, dont le patriarche siège à Beyrouth (Liban).

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    Églises d’Orient, trois clés pour comprendre leur histoire

    Rite byzantin

    Le rite byzantin est commun à une quinzaine d’Églises orthodoxes qui toutes reconnaissent une primauté d’honneur au patriarche œcuménique deConstantinople. Parmi elles, trois ont leur patriarcat dans le monde arabe (Alexandrie, Antioche, Jérusalem). Il y a aujourd’hui entre 125 et 180 millions d’orthodoxes dans le monde.

    Il existe plusieurs Églises catholiques de rite byzantin, dites « uniates », dont les plus importantes sont l’Église grecque-catholique d’Ukraine (7 millions de fidèles, siège à Kiev), l’Église grecque-catholique de Roumanie (1,7 million de fidèles, siège à Blaj) et l’Église melkite (1,3 million de fidèles, siège à Damas).

    Rite syrien-occidental (antiochien)

    La principale Église de rite syrien-occidental est l’Église syrienne-orthodoxe (dite jacobite) qui compte 250 000 fidèles et dont le siège est à Damas.

    En 1665, des fidèles de l’Église malabare-catholique, refusant la latinisation forcée de leur Église, sont entrés dans la communion de l’Église syrienne pour former l’Église malankare-orthodoxe (1,7 million de fidèles). Une partie de ses fidèles est revenue à Rome en 1930 pour former l’Église malankare-catholique (270 000 fidèles).

    Il existe également une Église syrienne-catholique, forte de 100 000 fidèles, unie à Rome en 1797 (siège à Damas). L’Église maronite (4 millions de fidèles), qui n’a jamais été formellement coupée de Rome, relève, elle aussi, du rite antiochien.

    Rite syrien-oriental (chaldéen)

    Séparée aujourd’hui en deux juridictions (Bagdad et Chicago), l’Église assyrienne d’Orient rassemble entre 100 000 et 200 000 fidèles. La plus importante Église de cette famille demeure l’Église chaldéenne, unie à Rome en 1552 (un million de fidèles, notamment en Irak).

    La tradition chaldéenne est présente en Inde avec l’Église malabare-catholique (6 millions de fidèles), unie à Rome en 1599, mais dont une partie des fidèles est revenue en 1907 dans la juridiction de l’Église assyrienne.

    ______________

    Lexique

    Araméen

    Selon la Bible, la Mésopotamie aurait été peuplée par les descendants d’Aram, cinquième fils de Sem, qui donnera son nom au territoire du centre de l’actuelle Syrie. La langue araméenne, qui appartient à la branche sémitique, apparaît au Ier millénaire av. J.-C. et devient, jusqu’au VIIe siècle apr. J.-C., la principale langue du Proche-Orient, avant d’être supplantée par l’arabe.

    Diaspora

    Mot grec signifiant « dissémination » (de speiro, semer). La diaspora a d’abord désigné la dispersion des juifs autour du bassin méditerranéen puis à travers le monde. Par analogie, il s’applique, surtout depuis le XXe siècle, à tous les groupes ethniques dispersés par l’histoire.

    Rite

    Comme l’explique le code des canons des Églises orientales, « le rite est le patrimoine liturgique, théologique, spirituel et disciplinaire qui se distingue par la culture et les circonstances historiques des peuples et qui s’exprime par la manière propre à chaque Église » (canon 28).

    Syriaque

    Dérivé de l’araméen, le syriaque apparaît à Édesse (aujourd’hui Sanliurfa, en Turquie) à la fin du Ier millénaire av. J.-C. et devient la langue des chrétiens qui lui donnent un véritable statut littéraire. Il est aujourd’hui l’héritage de tous les chrétiens syriaques, du Proche-Orient au sud de l’Inde : syriens-orthodoxes et syriens-catholiques, assyriens et chaldéens, maronites, malabars et malankars. Le syriaque est aujourd’hui parlé à travers plusieurs dialectes en Syrie (syriaque occidental), au sud de la Turquie (turoyo) et en Irak et Iran (syriaque oriental ou soureth).

    Nicolas Senèze »

    Ref. Les cinq principaux rites des Églises orientales

  • Premier dimanche du Mois en l’église du Saint-Sacrement à Liège : 1er octobre 2017 à 10h (Bd d’Avroy, 132).

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    Saint-Sacrement 1er dimanche du mois_oct2017.jpg

    Propre de la Messe grégorienne « Justice et Miséricorde »

    L’église du Saint-Sacrement à Liège offre chaque premier dimanche du mois à 10h00 une messe particulièrement soignée sur le plan musical.

    Le dimanche 1er octobre prochain, l’organiste Patrick Wilwerth, professeur au conservatoire de Verviers, et l’Ensemble instrumental Darius ont choisi de privilégier la musique anglaise de la Renaissance et de l’âge baroque.

    Le propre grégorien de la messe est chanté par la Schola du Saint-Sacrement. Il commence par la mélodie de l’introït extrait de psaume 118 qui évoque le lien entre la justice et la miséricorde divines.

    JPSC

  • La Cambre (Bruxelles), 5 octobre : grand concert « In Honorem Sanctae Mariae » par l'ensemble féminin « Graces and Voices »

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    « In Honorem Sanctae Mariae »

    par l'ensemble Féminin « Graces and Voices » 
    partenaire l'Académie de Chant Grégorien,

    >> Interview de l'ensemble vocal "Grace and Voices" (septembre 2017) 

    concert-in-honorem-sanctae-maria2017.jpg

    En écho au chant des moniales cisterciennes fondatrices de l'abbaye de la Cambre.

    L'oratorio « In Honorem Sanctae Mariae » est composé de chants médiévaux et grégoriens et à l'orgue d'oeuvres baroques espagnoles ainsi que d'une oeuvre chorale de chacun des compositeurs contemporains Vytautas Miškinis et Simon Wawer.

    Graces and Voices est un ensemble vocal féminin international, sensible à l'harmonie de la beauté intérieure du chant choral.

    Ses membres proviennent de Lituanie, Biélorussie, Autriche, Singapour et maîtrisent différentes disciplines outre le chant choral, le piano, l'orgue et le violon.


    Prix des places : 35 €, 20 €, 11 euros étudiants
    n° de compte: BE73001684963960
    Réservations : 
    lesgrandesheuresdelacambre@gmail.com 

  • « Nova et vetera ». Le sentier de la bonne musique liturgique

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    Lu sur « diakonos.be » la version française d’un article publié par Sandro Magister sur son site « Settimo Cielo » :   

    « Je publie un article qu’on m’a envoyé. L’auteur est un illustre compositeur et musicologue, expert en liturgie, directeur de la revue international « Altare Dei » éditée à Macao et à Hong Kong. On peut écouter un extrait de sa « Missa Summorum Pontificum » ici. Il est également l’auteur de la dramatique « déclaration » sur la situation actuelle de la musique sacrée que Settimo Cielo a publiée en mars dernier.

    *

    Vrais et faux amis de la tradition

    par Aurelio Porfiri

     Aurelio_Porfiri_300x300_preview.png« A la mi-septembre s’est déroulé à Rome le pèlerinage des fidèles liés à la forme extraordinaire du rite romain pour célébrer leur fidélité à l’Eglise – une, sainte, catholique, apostolique et romaine – et pour fêter le dixième anniversaire du motu proprio « Summorum Pontificum » qui autorisait une usage plus large du missel antérieur à Vatican II.

    A cette occasion, on m’a commandé une messe que j’ai baptisée « Missa Summorum Pontificum » qui a été exécutée dans la Basilique Saint-Pierre le 16 septembre au cours d’une messe pontificale solennelle célébrée par l’archevêque Guido Pozzo.

    Cette messe reprenait les parties du propre et celles de l’ordinaire. J’ai essayé d’innover dans la tradition « nova et vetera », en prenant le grégorien et la polyphonie comme modèle mais pour composer une musique qui sonne comme en 2017 et pas comme relique du passé.  J’ai d’abord pensé au rythme et ensuite à la musique, en cherchant à comprendre comment ma musique aurait servi au mieux ce moment rituel.  J’ai cherché à faire en sorte que mes morceaux n’alourdissent pas le rite et qu’ils prévoient l’intervention des fidèles là où c’est possible parce qu’il serait erroné de laisser à la réforme postconciliaire le monopole de la participation alors que cette dernière était également réclamée par tous les documents précédant le Concile.  Il est clair que cette idée de participation ne signifie pas qu’il faille se laisser aller à la banalisation, à la médiocrité ni au mauvais goût.  Car malheureusement notre réalité est celle-là.

    Au cours du pèlerinage, j’ai rencontré de véritables amis de la Tradition. Parmi eux, une majorité a approuvé les efforts entrepris pour chercher à montrer combien la Tradition ne consiste pas essentiellement à fixer le passé mais à regarder vers l’origine et à se projeter dans l’avenir.  La forme extraordinaire est toujours jeune quand elle s’habille de courage, elle ne se laisse pas impressionner par la minorité (parce que c’est une minorité mais qui sait faire du bruit) qui a peur du moindre changement.

    On peut ne pas être d’accord avec mon style, c’est parfaitement légitime. Mais on ne peut pas et on ne doit pas penser que la forme extraordinaire serait le culte du passé.  Le catholique (et non le traditionaliste comme l’a bien dit le cardinal Sarah) regarde Jésus qui vient et, sans la Tradition, il tombe dans les bras de l’esprit du monde, même en matière de liturgie.

    Il m’est arrivé, cette année et l’année dernière, d’avoir des conversations intéressantes avec des grandes personnalités ecclésiastiques du monde anglo-saxon en visite à Rome pour le pèlerinage. Quand ils me reprochaient le niveau médiocre de la musique que l’on entend dans les églises italiennes, je tentais de répliquer que la mauvaise influence venait également de chez eux.  Mais que le niveau soit médiocre, on n’a pas besoin de se l’entendre dire.  La recherche de la nouveauté pour la nouveauté nous a jeté dans le gouffre dans lequel nous nous trouvons.

    Moi, j’ai voulu essayer d’emprunter un autre chemin, le « nova et vetera ». Ce qui importe, c’est que la forme extraordinaire ne devienne pas le frigo où l’on conserve les choses pour ne pas qu’elles moisissent mais bien la serre d’où naissent de nouvelles fleurs aux côtés des anciennes.

    Au cours de ce pèlerinage, j’ai croisé de nombreuses personnes amoureuses de l’Eglise, de sa Tradition et de ses rites. Des jeunes et des moins jeunes, issus des quatre coins du monde.  Et ces gens n’avaient pas peur de la nouveauté, ils ne sont pas de ceux que le pape François a qualifiées de « rigides ».  Non, ce sont des personnes d’aujourd’hui qui ne veulent pas perdre la beauté de la liturgie mais qui veulent se perdre dans la beauté de la liturgie.  Je suis l’un d’entre eux.

    Il est clair qu’une partie de ce monde tombe sous le coup de cette définition du pape François. Ce sont ceux qui voudraient vivre dans le passé ou le faire revivre comme si nous étions encore aujourd’hui au XVIè siècle ou plus tard.  Ils n’ont pas le visage serein des pèlerins que j’ai croisés mais ils cultivent des rancœurs et les laissent éclater dans l’ombre.  Je voudrais vraiment les aider comme leur frère dans le Christ et leur dire qu’à chaque siècle, l’Eglise a été à l’avant-garde de l’excellence artistique parce qu’elle a donné lieu à de nouvelles créations.

    De nouvelles créations basées non pas sur le vide ou sur des esthétiques contraires ou opposées à l’esthétique catholique, mais qui prenaient pour modèle la grande Tradition et qui n’avaient rien à envier aux modèles des maîtres précédents qui, avec ces modèles, servaient bien le culte de Dieu.

    J’ai fait de mon mieux. J’ai suivi l’enseignement des papes, à commencer par Saint Pie X.  Je crois au moins avoir contribué à violer une sorte de tabou qui est l’antithèse de ce que l’Eglise catholique a toujours été, une mère toujours féconde de beauté et non, comme certains le pensent, une vieille dame rabougrie qui ne sort jamais de chez elle parce qu’elle est seule et impotente.

    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

    Ref. « Nova et vetera ». Le sentier de la bonne musique liturgique

    On relira aussi avec profit le texte de cette homélie, extraite du site web du diocèse de Liège,  que nous avons publiée le 25 août dernier : Mgr Jean-Pierre Delville, évêque de Liège : le sens de la forme extraordinaire du rite romain

    JPSC