Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Témoignages - Page 3

  • La signification des gestes de la profession dominicaine hérités de la tradition médiévale

    IMPRIMER

    Présente par Michel Janva sur le site web « Salon Beige » : 

    Chéméré profession_fr_joseph-3-1050x600.jpg« Jeudi 1er novembre, fête de la Toussaint, la nouvelle église de Chéméré était comble. Famille, amis, fidèles du couvent entouraient le fr. Joseph-Marie Gilliot au jour de sa profession perpétuelle.

    Dans le sanctuaire, étendu la face contre terre les bras en croix en direction de l’autel, il a demandé « la miséricorde de Dieu et celle de la Fraternité » qui le reçoit en son sein.

    Le prieur a rappelé la signification des gestes de la profession hérités de la tradition médiévale, quand le religieux prononce, en mettant ses mains dans celle du supérieur posées sur le livre des Constitutions, la formule : « Moi, fr. Joseph, je promets obéissance à Dieu, à la Bienheureuse Vierge Marie, au Bienheureux Dominique et à vous mon Père, etc. »

    Simplicité et noblesse de cet engagement, qui lie au service de Dieu et des âmes une vie tout entière.

    Pendant la messe, le ciel s’est ouvert, le soleil est entré par les grandes baies du sanctuaire : comme un sourire de Dieu qui se réjouit du sacrifice d’un de ses fils.

    Sermon du Père de Blignières pour la profession perpétuelle du frère Joseph-Marie Gilliot :

  • "C'est de la liturgie d'hier que nous avons reçu la foi, qui nous a donné notre vocation, qu'ont connue tant de martyrs."

    IMPRIMER

    De la Lettre de Paix liturgique 667 du 6 Novembre 2018 :

    CARDINAL ZEN : " C'EST DE LA LITURGIE D'HIER QUE NOUS AVONS REÇU LA FOI, QUI NOUS A DONNE NOTRE VOCATION , QU'ONT CONNUE TANT DE MARTYRS"

    Nous vous proposons aujourd’hui le texte du message en forme d’entretien qui a été adressé par le cardinal Zen aux participants des Rencontres Summorum Pontificum, qui se sont tenues à Rome, le vendredi 26 octobre, dans le grand amphithéâtre de l’Augustinianum, l’Institut pontifical d’études des Pères de l’Eglise.

    Le cardinal Joseph Zen, archevêque émérite de Hong Kong, est un très valeureux défenseur de la foi catholique en Chine, et plus généralement de la liberté du peuple chinois contre l’oppression communiste. Il avait été vraisemblablement nommé cardinal in pectore, en secret, par Jean-Paul II. Il a, en tout cas, été officiellement revêtu de la pourpre romaine, par Benoît XVI, en 2006.

    Dans ces dernières années, il a manifesté sa ferme opposition aux préparatifs d’un accord  entre le Saint-Siège et le régime communiste chinois , avertissant : « Dans notre acceptation des dispositions de Rome, il y a une limite, celle de la conscience. Nous ne pouvons pas suivre cet éventuel accord dans ce qui semble à la conscience manifestement contraire à la foi catholique authentique ». Et lorsque l’accord a été signé, le 22 septembre 2018, accord dont on ne connaît pas encore la teneur précise, mais dont tout laisse penser qu’il sacrifie les évêques, de l’Eglise dite « souterraine », qui n’ont jamais voulu s’intégrer à l’Eglise contrôlée par les communistes, dite « Eglise patriotique de Chine », ou « Association patriotique des catholiques chinois », le cardinal a demandé la démission du Cardinal Parolin, Secrétaire d’Etat, l’accusant de « vendre l'Eglise catholique au gouvernement communiste ».Nous retiendrons particulièrement de cet entretien les derniers mots du cardinal à propos de la liturgie traditionnelle  "La liturgie antique peut faire du bien même à ceux qui ne la fréquentent pas régulièrement, car elle est une nourriture pour l'âme".

    Éminence, quels souvenirs avez-vous de la messe tridentine durant votre enfance à Shanghai ? 

    Nous ne pensions pas alors qu'il pouvait y avoir une autre manière d'assister à la messe. La messe était celle-là… Quand j'étais enfant, chaque jour j'allais à la messe et je l'ai servie jusqu'à l'âge de 12 ans. Le dimanche, mon père m'emmenait avec lui à cinq messes, et je ne me suis jamais ennuyé. En fin de compte, on savait ce qui se déroulait. Même si elle était célébrée en latin, on comprenait de quoi il s'agissait.

    Pour nous, Chinois, l'atmosphère mystique que nous y trouvions était très appréciée et jamais je n'ai trouvé de difficultés pour suivre la messe.

    Après, quand je suis devenu un peu plus grand, j'ai pris connaissance du mouvement liturgique en faveur de l'utilisation de la langue vernaculaire dans la liturgie et j'ai pensé que c'était une chose raisonnable. Je réussissais ainsi à mieux connaître la messe en latin grâce aux traductions. On pouvait aussi lire les lectures, qui, d'ailleurs, étaient les mêmes pendant toute la semaine, tandis que maintenant il y a beaucoup  de variété.

    Certes, le concile a accepté la langue vernaculaire, mais ce n'est pas une raison pour mépriser les usages antérieurs.

    Je me souviens quand je suis allé enseigner dans le séminaire de Shanghai. J'y ai célébré ma première messe selon le rite postconciliaire. J'ai prononcé le sermon ; la messe était celle de saint Jérôme et l'évangile disait que le scribe « est semblable au maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l'ancien* ». J'ai donc dit aux séminaristes : « Aujourd'hui, nous commençons à pratiquer cette nouvelle forme liturgique : faites en sorte de l'apprendre. Un jour viendra où vous en serez le célébrant principal et un peu après ce sera à vous de prononcer le sermon mais il ne faut pas penser que le passé est mauvais ! C'est de la liturgie d'hier que nous avons reçu la foi, celle elle qui nous a donné notre vocation, c'est elle qu'ont connu tant de martyrs : par charité, apprenez ce qui est nouveau mais ne méprisez pas le passé ! »

    Je ne tolère pas quand quelqu'un, en enseignant des choses nouvelles, se moque des choses du passé. Il ne s'y trouve pas des choses ridicules mais plutôt des trésors.

    Quel est votre souvenir du pape Benoît, le pape du Summorum Pontificum ? 

    Il est fantastique. Benoît est un grand homme. Avant tout un grand théologien etje dirais même un mystique. Quand il parle, quand il écrit, on trouve dans son enseignement des accents merveilleux. Par exemple, lors de la lettre adressée à la Chine, il y a eu des brouillons et nous avons donné nos opinions, etc. mais il a lui aussi ajouté une note personnelle. À un moment donné, il met en avant le livre de la Révélation, l'Apocalypse, où l'on parle d'un livre scellé. Il y a sept sceaux et personne ne réussit à l'ouvrir. C'est le livre de l'Histoire. Lors de cette vision, saint Jean pleura : « Qui réussira à ouvrir ce livre ? » Voilà l'agneau immolé qui arrive et lui seul parvient à ouvrir le livre. Ce qui veut dire que nous ne réussissons à comprendre l'Histoire qu'à partir de Jésus Crucifié. C'est une méditation fantastique.

    Je dis que c'est un Pape qui n'a qu'un seul défaut : il est trop bon, trop humble, trop patient, il a trop de répugnance à exercer son autorité, mais on peut l'excuser au vue de toutes ses extraordinaires qualités, on peut lui pardonner ce défaut. Malheureusement, quelques-uns ont abusé de cette bonté.

    Ce message s'adresse aux participants du pèlerinage à Rome du peuple Summorum Pontificum : auriez-vous un conseil pour eux ?

    Je me réjouis du fait que dans l'Église il y ait tant de monde, et beaucoup de jeunes, qui apprécient les trésors de la liturgie antique de l'Église. Je me réjouis car il s'agit vraiment d'un trésor qu'au moins une partie de l'Église apprécie et cherche à maintenir pour le bien de tous. La liturgie antique peut faire du bien même à ceux qui ne la fréquentent pas régulièrement, car elle est une nourriture pour l'âme.

  • De nouveaux martyrs de la Guerre civile espagnole

    IMPRIMER

    De Marina Droujnina sur zenit.org :

    • Cause des saints : reconnaissance du martyre de 9 séminaristes espagnols

    Ils avaient entre 18 et 23 ans

    Le pape François reconnaît le martyre du serviteur de Dieu Àngel Cuartas Cristóbal et de ses 8 compagnons, étudiants du séminaire d’Oviedo, au nord de l’Espagne, tués « en haine de la foi » à Oviedo entre 1934 et 1937, pendant la Guerre civile. La reconnaissance du martyre ouvre la voie à leur béatification : un miracle ultérieur ne sera pas utile, sauf pour la canonisation éventuelle.

    Le pape a autorisé le mercredi 7 novembre 2018 en tout la publication de 16 décrets de la Congrégation pour les causes des saints, pour 2 miracles, 11 martyres et les « vertus héroïques » de dix baptisés. Le pape a également autorisé la béatification «équipollente» de Michal Giedrojć (XVe s.).

    Ángel Cuartas Cristobal est né en 1910 dans une modeste famille de Lastres. Il est entré au séminaire en 1923. Il était sous-diacre et était en cinquième année de théologie. Il a été fusillé le 7 octobre 1934 à l’âge de 24 ans, pendant la Guerre civile espagnole.

    Le même jour – le 7 octobre 1934 – ont été aussi tués les cinq autres séminaristes âgés de 18 à 23 ans. Il s’agit de : Gonzalo Zurro Fanjul (1912 – 1934), 21 ans, il était tué le premier ; Juan José Castañón Fernández (1916-1934), 18 ans, il était le plus jeune de tous ; José María Fernández Martínez (1915-1934), 19 ans, Jesús Prieto López (1912-1934), 22 ans ; Mariano Suárez Fernández (1910-1934), 23 ans.

    Les deux autres séminaristes – Manuel Olay Colunga, 25 ans, (1911 – 22 septembre 1936) et Luis Prado García, 21 ans, (1914 – 4 septembre 1936) – ont été capturés pendant la guerre et emmenés à Gijón. Manuel Olay Colunga a été abattu à distance à Villafría (San Lazaro) et Luis Prado García a été fusillé à Gijón. Avant la mort, il a crié: « Vive le Christ ! » (Viva Cristo!)

    Enfin, un autre séminariste, Sixto Alonso Hevia, 21 ans, (1916-1937) a été poignardé à mort alors qu’il priait Dieu, le 27 mai 1937.

    • Cause des saints : Marià Mullerat i Soldevila, laïc espagnol, martyr

    Médecin et maire d’Arbeca, en Catalogne

    Le Vatican reconnaît le martyre d’un laïc et père de famille espagnol, un maire, le serviteur de Dieu Marià Mullerat i Soldevila (1897-1936), tué « en haine de la foi » pendant la Guerre civile en Espagne. Il pourra donc être béatifié.

    Le pape a autorisé le mercredi 7 novembre 2018 en tout la publication de 16 décrets de la Congrégation pour les causes des saints, pour 2 miracles, 11 martyres et les « vertus héroïques » de dix baptisés. Le pape a également autorisé la béatification «équipollente» de Michal Giedrojć (XVe s.).

    Fils d’un propriétaire aisé, Marià Mullerat i Soldevila est né à Santa Coloma de Queralt (Espagne) le 24 mars 1897. En 1914, il entre à la faculté de médecine de Barcelone et en 1921, déjà avec le titre de médecin, il s’installe à Arbeca, en Catalogne, où il épouse Dolors Sans i Bové.

    Homme cultivé, il promeut la fondation de L’Escut (1923-1926), un journal d’information local publié en catalan tous les quinze jours. Il publie régulièrement des articles sur des questions morales, civiques et spirituelles.

    En 1924, bien qu’il n’appartienne à aucun parti politique, il est élu maire d’Arbeca et réélu de 1927 à 1930. Durant cette période, il alterne les responsabilités municipales avec celles du médecin titulaire de la ville. Il exerce également à Puiggròs et Floresta.

    En tant que maire, il s’occupe de la promotion socioculturelle d’Arbeca : il crée la bibliothèque municipale et restaure une danse traditionnelle de la ville, « le Bal des Valenciens ». Il contribue à l’amélioration de la qualité de la vie, en renouvelant les machines pour amener l’eau du canal aux réservoirs. Il restaure aussi les cloches de l’église et il installe l’hôtel de ville. Il construit également la caserne de la Garde civile.

    Cet homme profondément religieux et pratiquant catholique convaincu, il est exécuté par des miliciens sur une route près d’Arbeca le 13 août 1936, victime de la persécution religieuse qui s’est répandue dans toute l’Espagne pendant la Guerre civile.

    Le procès de canonisation de Marià Mullerat a commencé en 2003.

  • L'euthanasie n'est pas une solution aux souffrances

    IMPRIMER

    Au moment où la question de l'euthanasie est débattue dans l'Hexagone, cette tribune collective paraît sur le site du Figaro Vox :

    « L'euthanasie n'est pas une solution aux souffrances »

    FIGAROVOX/TRIBUNE - Vingt-trois médecins, membres du groupe Grain de Sel, alertent sur les dangers que représenterait une légalisation de l'euthanasie en France, entre déshumanisation du patient et appauvrissement des relations inter-personnelles. 


    Cett tribune est proposée par le groupe Grain de Sel du collège des médecins de la SFAP, Sociéte française d'accompagnement et de soins palliatifs. Les signataires sont tous médecins.


    Devant la perspective de la maladie grave, nous sommes tous habités par des peurs -chacun avec notre histoire- de la souffrance et de la mort. Ces craintes suscitent un débat récurrent au sein de notre société centrée sur l'individu. Nous, médecins, proposons ici questions et réflexions.

    Les revendications d'euthanasie proviennent pour l'essentiel de personnes en bonne santé ou de certains patients en période d'annonce ou d'aggravation d'une maladie. Ils réagissent ainsi aux craintes suscitées par les représentations de la maladie. Les patients qui formulent une demande de mort ne la souhaitent généralement plus quand ils sont correctement soulagés et accompagnés. Ceux qui persistent dans leur demande sont le plus souvent habité́s par le désir ambivalent de «vivre encore un peu», mais autrement (avec moins d'obstination médicale parfois...). Les demandes peuvent aussi émerger des familles, signes de leur propre désarroi et vécu d'impuissance.

    Nous, professionnels, sommes témoins des belles choses qui peuvent se vivre dans les derniers moments, même s'ils sont difficiles.

    Pourtant nous, professionnels, sommes témoins des belles choses qui peuvent se vivre dans les derniers moments, meme s'ils sont difficiles, tant à domicile qu'à l'hôpital: pacification de liens familiaux, partage de souvenirs, désir de transmission, mots d'amour, restauration de liens sociaux perdus. Ils favorisent la continuité de la mémoire de la personne décédée et contribuent à la prévention de deuils pathologiques Supprimer ces moments serait prendre un risque sociétal, vers un appauvrissement des relations et une plus grande solitude.

    Devant la crainte de souffrir avant de mourir, beaucoup demandent un «droit à la mort» au nom du respect de l'autodétermination. Mais nos décisions n'engagent-elles vraiment que nous? Quelles questions posent ce type de demandes? La réalité n'est-elle pas plus complexe et nuancée? La psychologie et notre expérience de médecins en soins palliatifs nous enseignent que des choix affirmés avec certitude cachent souvent de l'ambivalence, de l'inquiétude, du doute. Ces sentiments sont difficiles à dévoiler, surtout en situation de vulnérabilité liée àla maladie, et nécessitent d'autant plus d'efforts de compréhension de la part de l'entourage et des soignants.

    Une loi qui ne protège pas le plus faible peut-elle être juste ?

    D'ailleurs, une demande qui convoquerait l'action d'un tiers pour mourir ne traduit-elle pas plutôt symboliquement un ultime appel envers la solidarité humaine plutôt qu'un souhait de voir provoquer la mort, c'est-à-dire rompre ce lien?

    Le temps éprouvant de l'agonie, qui suscite des craintes et ne fait plus sens est heureusement accompagné médicalement aujourd'hui. Il n'est pourtant pas dénué́ de significations, ou d'opportunitéś de temps d'échanges essentiels.

    Enfin, des enjeux sociaux et financiers ne risquent-ils pas de venir parasiter des choix dits «libres et éclairés»? Le souci de libérer l'entourage d'un fardeau trop lourd est une parole de patients régulierement entendue comme motivation de demande de mort.

    Or une loi qui ne protège pas le plus faible ou le plus vulnérable peut-elle être juste?

    Il est nécessaire de se donner le temps d'évaluer une loi récente: la loi Leonetti-Claeys du 2 février 2016. Avec des moyens adaptés, les lois et dispositifs actuels apportent un cadre permettant d'améliorer considérablement la qualité de fin de vie des patients.

    La précipitation actuelle à vouloir de nouveau légiférer (3 propositions de loi depuis 2017) nous semble être le signe d'un emballement passionnel et idéologique qui relève d'une vision de l'homme isolé dans le monde.

    Les débats semblent incapables de reconnaître une quelconque valeur aux personnes vulnérables.

    Les débats ne prennent pas suffisamment en compte la complexité des situations et des relations et semblent incapables de reconnaître une quelconque valeur aux personnes faibles et vulnérables.

    En outre, introduire dans notre législation un droit-créance à choisir le moment de sa mort est la porte ouverte à de multiples dérives. Nous le constatons dans les rares pays ayant dépénalisé l'euthanasie ou le suicide assisté (Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, Canada): euthanasie de mineurs, de personnes déprimées, de personnes schizophrènes, de personnes démentes sans leur accord, de personnes âgées «lasses de vivre» ... [*] Demander aujourd'hui la légalisation d'une mort choisie, c'est prendre le risque qu'il ne soit plus possible demain d'exprimer le souhait de vivre encore malgré la maladie et le handicap.

    Les difficultés réelles de l'accès à des soins d'accompagnement de fin de vie sont génératrices elles-mêmes de souffrances. La société peut-elle autoriser le recours à l'euthanasie dépénalisée comme palliatif des carences du systeme de santé, au risque qu'elle devienne la solution la plus simple et la moins coûteuse à la complexité des situations à traiter?

    Travaillons plutot à recréer du lien et du sens, améliorons la qualité des soins, donnons-nous les moyens collectifs d'accompagner les plus vulnérables (personnes handicapées, personnes agées, personnes malades.). C'est le signe d'une société humaine.

    * Avis n° 73 du 11 septembre 2017 concernant l'euthanasie dans les cas de patients hors phase terminale, de souffrance psychique et d'affections psychiatriques. Comité consultatif de bioéthique de Belgique. Consulté sur Internet le 4 juillet 2018. https://www.health.belgium.be/sites/default/files/uploads/fields/fpshealth_theme_file/avis_73_euthanasie_0.pdf


    Suit la liste des médecins signataires: Benjamin Autric, Alix de Bonnières, Jean-Jacques Chever, Béatrice Cholin, Malika Daoud, Catherine d'Aranda, Esther Decazes, Elisabeth Dell'Accio, Delphine Dupety, Jean-Marc Hoang, Alain Hirschauer, Clémence Joly, Kirsten Keesmann, Sophie Lacondamine, Myriam Legenne, Christine Léveque, Caroline Mars, Alexis Petit, Colette Peyrard, Elisabeth Quignard, Bruno Rochas, Michel Sans Jofre, Sylvie Schoonberg.

  • Clemens August von Galen : un évêque face au nazisme

    IMPRIMER

    Clemens August von Galen - évêque, opposant, bienheureux

    Du numero 145 de la revue Sedes Sapientiae (Fraternité Saint-Vincent-Ferrier) :

    Le cardinal von Galen, évêque de Münster de 1933 à 1946, a été béatifié par Benoît XVI le 9 octobre 2005. Jérôme Fehrenbach, dans la biographie qu’il lui consacre [1], s’arrête à sa mort en mars 1946 et n’évoque pas du tout la procédure de béatification engagée à la fin des années 1950 et qui a abouti près d’un demi-siècle plus tard. Incompréhensiblement, il n’utilise pas la très abondante source historique et biographique que constituent les témoignages sous serment recueillis lors du procès de béatification [2]. Sans doute a-t-il estimé que les très importantes et intéressantes archives de la famille von Galen auxquelles il a eu accès (correspondances, etc.) suffisaient à dresser un portrait intime, personnel et spirituel à la fois, du grand évêque. Mais, ce faisant, il s’est privé des résultats d’une enquête systématique qui, comme dans tout procès de béatification, a porté, non seulement sur toutes les étapes de la vie du cardinal von Galen, mais aussi sur la façon dont il a pratiqué les différentes vertus (cardinales et théologales) et sur les questions difficiles qui pouvaient donner lieu à des objections.

    Si cette nouvelle biographie de von Galen apporte beaucoup d’éléments nouveaux, elle peut être complétée par d’autres travaux et d’autres sources pour mieux connaître cette grande figure de l’Église allemande contemporaine et mieux comprendre certaines de ses décisions et certains de ses actes.

    Une famille ancrée dans la tradition catholique

    Mgr von Galen était fier de ses séculaires origines terriennes et westphaliennes. Il les revendiqua publiquement dans un sermon prononcé en novembre 1937 : « C’est un fait établi, assorti de preuves documentaires, que mes ancêtres, des hommes de mon nom et de ma maison, dont le sang coule dans mes veines, depuis plus de 700 années, ont leur fief ici en Münsterland et sur les rives de la Lippe, que mes ancêtres en tant qu’allemands et allemandes ont vécu ici et sont morts ici. »

    C’est une famille de grands propriétaires terriens qui a compté de nombreux officiers, des ecclésiastiques et, au XIXe et XXe siècles, des députés. Déjà curé à Münster, Clemens August écrivait à sa sœur Agnès en 1921 : « Souvent je repense à la chance et au privilège que nous avons eus – et qu’ont vos enfants […] d’avoir en partage la foi catholique et la vie de l’Église catholique comme quelque chose de parfaitement naturel, au point que cela signifierait une rupture avec son propre passé, avec les racines natales, avec le foyer familial, si l’on s’en éloignait [3]. »

    La marque commune à tous les membres de cette famille est l’attachement à la foi catholique, non seulement par une pratique régulière (messe quotidienne et prière du soir dans la chapelle du château ancestral de Dinklage), mais aussi par une vie privée conforme à ses convictions et par un engagement public au service de l’Église.

    Né en 1878, Clemens August fit sa première communion, avec son frère Franz, en 1890, à l’âge tardif de 12 ans, selon la coutume de l’époque que Pie X modifiera vingt ans plus tard. À cette occasion, leur mère leur offrit à chacun un exemplaire de l’Imitation de Jésus-Christ, avec comme dédicace un seul mot : Modicum. Tout un programme de vie.

    Lire la suite

  • Mon corps, mon choix ?

    IMPRIMER

    D'Iris Bridier sur aleteia.org :

    Mon corps, mon choix ?

    Aujourd’hui l’avortement passe pour un droit acquis aux yeux de la société. Dans son premier roman, Clotilde Merza, assistante sociale, soulève la question de la liberté du choix face à une grossesse non prévue.

    Entre l’image du « tueur à gages » employée par le Pape François rappelant qu’on ne règle pas un problème en supprimant une vie humaine, le débat télévisé récent sur l’avortement et la réaction immédiate de Marlène Schiappa « J’ai rappelé à Cyril Hanouna que l’entrave à l’IVG est un délit », ou le Planning familial militant pour le rallongement à 20 semaines du délai légal de l’avortement pour s’aligner sur nos voisins européens, la défense de la vie reste un sujet brûlant d’actualité.

    Loin de tout discours idéologique, une assistante sociale s’est inspirée directement de son expérience professionnelle  pour soulever la question de la liberté intérieure. Dans son premier roman, Un pas en avant deux pas en arrière, Clotilde Merza montre « ce qui se passe sur le terrain » et explique « que l’on nous endort gentiment en n’osant plus s’interroger sur les raisons qui conduisent à l’avortement. La femme s’imagine qu’un de ses droits durement acquis est en danger, sans même se demander ce qu’il représente ou engendre pour elle dans sa vie. »

    Un roman novateur

    Alors elle met en scène deux femmes, l’une adolescente et l’autre se croyant ménopausée, toutes deux confrontées à une grossesse imprévue. Le ton, rappelant à certains égards celui de Bridget Jones, est volontairement léger pour rendre plus accessible un sujet grave, sans pour autant nier la réalité de l’acte.

    Clotilde Merza souhaite sensibiliser l’opinion aux pressions matérielles et normes sociales qui pèsent sur les épaules de celle qui n’a pas désiré être enceinte. « Comment faire un choix à quinze ans lorsque tout le monde nous dit qu’on est trop jeune et qu’on n’y arrivera pas ? Et pourtant on ne cessait de me répéter que j’étais libre de choisir, que c’était mon corps et que je faisais ce que je voulais. Mais étais-je libre de penser autrement, différemment d’eux ? » s’interroge Claire, la jeune protagoniste.

    Outil pédagogique

    N’en déplaise aux féministes, l’homme, trop souvent déresponsabilisé dans la prise de décision, retrouve sa juste place sous la plume de Clotilde Merza. Invité à se désengager par le slogan « Mon corps, mon choix, mon droit », le futur papa peut aussi parfois, se sentir concerné et soutenir la maman. Véritable outil de réflexion pour des solutions alternatives, ce roman plein d’espérance et de surprises nous interroge sur la place de l’imprévu dans une société de la parfaite maîtrise. Une ode à l’amour de la vie et à la vérité qui rend libre…

    Un pas en avant deux pas en arrière, par Clotilde Merza, éditions des Béatitudes, 137 pages, 12 euros.

  • Religio depopulata in Europa : l’exception polonaise

    IMPRIMER

    Vous voulez comprendre la Pologne d'aujourd'hui dans son rapport à la religion catholique ? Oubliez votre environnement occidental et acceptez de plonger dans une autre histoire, dans une autre grille de lecture politique, dans une culture où l'identité catholique polonaise reste très forte. 1989 a été un bouleversement considérable en Pologne. Depuis lors la hiérarchie catholique polonaise cherche à maintenir ses valeurs dans un monde devenu complexe.

    Une corpoduction KTO/Grand Angle Production 2016 - Réalisé par Françoise Pons Documentaire du 26/07/2016. 

    JPSC

  • Commémoration des défunts : le pape s'est recueilli au cimetière pour enfants morts in utero

    IMPRIMER

    D'Anne Kurian sur zenit.org :

    Commémoration des défunts : le pape se recueille au cimetière pour enfants morts in utero

    Premier pape en visite au cimetière du Laurentino

    Ce 2 novembre 2018, pour la Commémoration de tous les fidèles défunts, le pape François a été le premier pape à se rendre au cimetière Laurentino, terrain de 27 hectares dans la périphérie sud de Rome. Il s’est recueilli auprès des tombes d’enfants morts in utero, spontanément ou à la suite d’une IVG.

    Le programme officiel prévoyait en effet une halte au cimetière des enfants. Près de celui-ci, a été ouvert le « Jardin des anges », un domaine dédié aux sépultures d’enfants qui ne sont jamais nés, symboliquement gardé par deux statues de marbre représentant des anges, symboles d’innocence et de pureté. Le pape s’y est arrêté en descendant de voiture. Dans le silence, il a déposé des gerbes de fleurs sur plusieurs petites tombes ornées de peluches de nourrissons.

    Il s’est ensuite dirigé vers le cimetière des enfants, où il a également déposé des fleurs, puis a salué quelques familles, visiblement émues.

    L’aumônier du cimetière, Mgr Claudio Palma, avait expliqué à Vatican News avant cette visite : « le pape viendra en gardant présent à l’esprit qu’il y a ici ce Jardin des anges… l’unique lieu avec une place pour les fœtus avortés. Il sera ici pour cette raison : souligner l’importance de la vie… parce que notre vie va au-delà de la mort ».

    A 16h, le pape François a célébré une messe devant la chapelle de Jésus ressuscité, inaugurée en 2012. De forme circulaire, elle contient 140 places assises et un parvis de 120 m².

    Au terme de la messe, à son retour au Vatican, le pape s’est rendu dans les grottes de la basilique Saint-Pierre pour un temps de prière en privé, devant les tombes des papes défunts.

    Le cimetière Laurentino a été consacré le 9 mars 2002 par le cardinal vicaire de Rome, Camillo Ruini. C’est le quatrième cimetière visité par le pape à l’occasion du 2 novembre : en 2013, 2014 et 2015, il a célébré la messe au cimetière du Verano. En 2016, il a présidé la célébration à Prima Porta et en 2017 au cimetière américain de Nettuno, avant de s’arrêter aux Fosses Ardeatine.

  • Exorcismes et prières de délivrance : le témoignage de Mgr Macaire

    IMPRIMER

    Histoire de l'exorcisme en Martinique avec Mgr Macaire (via le blog du Père Simon Noël)



    Voici une vidéo qui pourra éclairer ceux qui se posent des questions sur les exorcismes et prières de délivrance. L'enseignement de Mgr Macaire est basé sur une expérience personnelle et sur la théologie la plus sûre. 
  • Ce que la Pologne peut apporter à l'Europe : la transmission de l'héritage de la foi

    IMPRIMER

    De Christophe Geffroy sur le site de la Nef (novembre 2018) :

    Transmettre l’héritage de la foi

    Mgr Marek Jedraszewski a été évêque auxiliaire de Poznan (1997-2012), puis archevêque de Lodz (2012-2016) ; il est depuis janvier 2017 archevêque de Cracovie. Nous le remercions vivement d’avoir accepté de répondre à nos questions.

    La Nef – Nous allons fêter en novembre 2018 le centième anniversaire de la renaissance de la Pologne en tant que nation : que vous inspire cet anniversaire ?

    Mgr Marek Jedraszewski – Il ne s’agit pas de la renaissance de la Pologne en tant que nation. La nation polonaise existe et a perduré depuis 966 car la Pologne est l’un des rares pays en Europe qui peut dire que l’adoption de la chrétienté marque à la fois le commencement de son histoire en tant que nation et le début de son histoire en tant qu’État. Pendant les 123 ans où elle fut partagée entre différentes puissances européennes (1795-1918), la Pologne n’existait pas comme entité étatique et c’est l’Église qui endossa, en quelque sorte, la responsabilité de la défense de l’identité nationale et culturelle, devoirs qui incombent normalement à l’État. Grâce à cela la Pologne a toujours existé en tant que nation et des soulèvements successifs ont eu lieu tout au long de l’époque des partages, pour retrouver l’indépendance perdue. Il y a cent ans, les circonstances ont permis à la Pologne de se trouver à nouveau sur les cartes d’Europe en tant qu’État indépendant. C’est le motif des grandes célébrations et des grandes joies que nous vivons actuellement et qui culmineront le 11 novembre 2018.

    Le but de ces cérémonies du centenaire du recouvrement de l’indépendance, n’est pas uniquement de célébrer la joie des Polonais des générations antérieures, ceux de 1918, mais de jeter un regard honnête sur notre histoire difficile au cours de ces cent dernières années car, dans les faits, la Pologne fut vraiment libre à peine 20 ans de 1918 à 1939. Ensuite, un nouveau partage de la Pologne fut perpétré par l’Allemagne nazie et la Russie bolchevique, puis un autre par les gouvernements communistes jusqu’en 1989 officiellement (mais les troupes soviétiques sont restées en Pologne jusqu’en 1993). Les conséquences de ce système se font encore sentir. Ce regard critique et en profondeur sur les cent dernières années, nous oblige encore davantage à considérer avec admiration et reconnaissance les générations successives de Polonais qui ont lutté pour la liberté de la Pologne mais il nous oblige aussi, puisque nous avons maintenant conscience de notre pleine souveraineté et de notre entière responsabilité envers notre pays, à prendre en mains l’avenir de notre Patrie afin d’en faire le bien commun de tous les Polonais.

    Quelle est la place de la religion catholique en Pologne ? Et comment résumeriez-vous la situation actuelle de l’Église polonaise ?

    On ne peut comprendre la Pologne sans comprendre aussi la signification fondamentale du christianisme dans son histoire. Cela concerne les débuts mêmes de l’histoire de notre nation et de notre État. Ces trois éléments (Église, nation, État) ont toujours été étroitement liés et, pendant les périodes où l’État polonais fut liquidé ou bien très limité, c’est justement l’Église qui a assumé ces importants devoirs, afin de sécuriser le bien commun des Polonais : leur culture, leur identité et leur espoir. Et rien de ce qui fait notre histoire, et donc notre passé, n’est devenu moins actuel aujourd’hui. L’Église en Pologne, faisant face à de nouveaux défis, s’applique à transmettre ce grand héritage de la foi chrétienne aux générations suivantes : elle cherche à ce que ce message chrétien et cette invitation à la liberté responsable éclairent ce qu’il faut faire aujourd’hui afin de ne pas s’éloigner de la Vérité de l’Évangile, de la vérité de cette forme de la vie conjugale, de la vie de famille qui est clairement tracée dans l’Évangile du Christ. C’est notre plus grand combat : le soin des époux, de la famille et, par là, le soin du peuple polonais, parce qu’aussi longtemps que le peuple polonais sera attaché à l’Église et à la chrétienté, il restera fidèle aux racines les plus profondes de sa tradition et de son identité.

    La situation actuelle de l’Église polonaise, c’est la situation d’une Église qui ne veut pas renoncer à l’union avec le Saint-Siège. C’est un défi pour accorder une attention pastorale spéciale aux enfants et aux jeunes, afin que le dimanche reste un jour vraiment consacré au Seigneur et pour que notre vie quotidienne à tous – enfants, jeunes et adultes – soit imprégnée de prière. Actuellement il est difficile de pouvoir parler d’un enracinement durable et profond de la foi chrétienne dans le peuple.

    Lire la suite

  • Quand les diocèses font appel à des religieux venus de l' étranger pour diriger les paroisses

    IMPRIMER

    De Corinne Lebrave sur France Info (france3-regions.francetvinfo.fr) :

    L'Aveyron manque de prêtres, le diocèse fait appel à des religieux venus de l' étranger pour diriger ses paroisses

    L'Aveyron manque de prêtre. Pour ne pas subir la crise des vocations, le diocèse fait appel à des religieux venus de l'étranger. A Saint-Sernin-sur-Rance, le père Adou arrive de Côte d'Ivoire. 14 des 38 paroisses de l'Aveyron ont été confiées à des hommes d'église originaires d'un autre pays. 

    Cela fait un an que le père Jules Adou est arrivé en Aveyron, depuis sa Côte d'Ivoire natale. L'évêque de Rodez avait lancé un appel pour faire venir des prêtres en renfort dans les paroisses aveyronnaises.

    Depuis un mois, le père Adou a désormais la charge de la paroisse de Saint-Sernin-sur-Rance.

    Aujourd'hui, sur les 38 prêtres en activité en Aveyron, 14 sont d'origines étrangères, dont 5 arrivent de Côte d'Ivoire. Pour l'homme d'église, il a fallu rapidement s'adapter à l'approche française de la religion.   

    Un recours à des prêtres étrangers, qui s'explique par une crise de vocation sur le territoire. Le diocèse de l'Aveyron ne compte aujourd'hui qu'un seul séminariste, d'origine indienne.

    Mais ces religieux venus d'Asie, d'Afrique ou d'Europe de l'est ne sont pas là que pour combler un vide. Ils apportent leur culture, leur personnalité à l'Eglise catholique française.

    Le père Jules restera encore 6 ans dans le département, c'est la durée de sa mission, avant de partir pour de nouveaux horizons.

    Le reportage de Robin Doreau et Régis Dequeker 

    En Aveyron, le diocèse fait appel à des prêtres étrangers pour pallier la crise des vocations dans le département
     
  • Le coup de gueule d'un curé français

    IMPRIMER
    Du site "Riposte catholique" :
     
    France : le cri d’un curé de campagne

    *

    Dans quelques mois, j’entrerai dans ma trentième année de sacerdoce dont vingt-cinq comme curé de paroisse. Certains de mes confères (ceux qui sont encore dans le sacerdoce !) fêtent cet anniversaire, d’autres le boudent… Mais au-delà de cette  herméneutique, il me semble que l’Église est en faillite, du moins dans nos pays de vieille chrétienté, dont la France. Lors de mon ordination dans les années quatre-vingts, les pseudo ténors des séminaires et des évêchés se voulaient rassurants en clamant haut et fort : « le creux de la vague est atteint, nous remontons… » Eh bien non !

    La population a décroché massivement de la pratique religieuse. La jeunesse lui a tourné le dos, malgré les grands rassemblements des JMJ, ou de quelques réunions diocésaines ou interdiocésaines. Les vocations sacerdotales tendent à se raréfier et même à disparaître dans de nombreux diocèses. En raison de la moyenne d’âge du clergé, la population sacerdotale, en nombre déjà insuffisant pour assurer le soutien spirituel des quelques fidèles qui n’ont pas abandonné le navire, va continuer de fondre dans les années à venir et à un rythme de plus en plus soutenu, d’autant plus que les «récents» scandales laminent le fond.

    Cet effondrement du tissu ecclésial français s’explique par une double cause :

    • d’abord, les changements sociétaux des “Trente Glorieuses” ;

    • ensuite, la pastorale des années soixante-dix menée tambour battant par l’immense majorité du clergé avec les fameux cantiques « il est formidable d’aimer » ou bien « Main ! Main! Main ! dans la Main » et j’en passe des plus croustillants tel « Jésus-Christ plus jamais ne sera mort » ; cette pastorale a encouragé et très probablement accéléré l’effondrement au lieu de tenter de le contenir.

    La situation actuelle, tout en étant complexe dans le détail, est pourtant limpide dans ses grandes lignes : toutes les institutions, paroisses, communautés qui ont adopté cette pastorale des années soixante-dix sont aujourd’hui de ce fait condamnées à disparaître à plus ou moins court terme.

    À cette règle, il n’existe quasiment pas d’exception.

    Parallèlement à cette situation, un certain nombre de faits objectifs doivent être relevés :

    • 25 % des ordinations en France s’effectuent aujourd’hui selon la “forme extraordinaire” du rite romain. Il est vrai que, paradoxalement, les évêques acceptent plus facilement cette “forme extraordinaire”, qu’ils considèrent sans avenir, que la “forme ordinaire” bien célébrée qui ferait ombrage à leur pastorale liturgique défaillante.

    • Bien que cette réalité soit difficilement quantifiable, il apparait clairement qu’une majorité des jeunes prêtres sortant actuellement des séminaires diocésains refusent de suivre leurs aînés dans la pastorale ultra progressiste qui règne encore au sein des diocèses et des paroisses. Ils demeurent cependant persécutés.

    • Le séminaire de la Communauté Saint-Martin, l’un des rares séminaires de France à ne pas connaître la crise, s’est imposé en quelques années comme la première maison de formation sacerdotale du pays ; il se trouve que ce séminaire est à peu près le seul à avoir appliqué fidèlement les directives et les intuitions du concile Vatican II, dans un esprit de continuité et non de rupture.

    • Le pèlerinage de Pentecôte de Paris à Chartres, attaché à la “forme extraordinaire” du rite romain, connaît une affluence croissante, en particulier dans la jeunesse, et s’est imposé en quelques années comme le premier pèlerinage organisé en France et même de toute l’Europe occidentale.

    • Les communautés religieuses et monastiques restées fidèles à la Tradition de l’Église (Solesmes, Kergonan, Flavigny, le Barroux, Fontgombault, les chanoines de Lagrasse, la Fraternité Saint-Vincent Ferrier, etc.) sont quasiment les seules à attirer des vocations ; certaines de ces communautés connaissent même un succès tel qu’elles devront probablement essaimer dans les années à venir.

    De cet ensemble de faits indéniables, il ressort qu’aujourd’hui, en France, en 2018, il y a une Église qui vit et se développe et une Église qui meurt.

    • Ceux qui dans les années 1970 nous expliquaient que la Tradition de l’Église pouvait être abandonnée sans tort pour l’Église se sont trompés ;

    • Ceux qui nous expliquaient que l’habit distinctif du prêtre ou de la religieuse, qu’une liturgie et une spiritualité traditionnelles, que le chant grégorien, que le sens du sacré, du silence et de la contemplation n’intéressaient plus la jeunesse et devaient être remisés au grenier se sont lourdement trompés et nous ont trompés.

    • Nos évêques sont actuellement plus préoccupés par les finances de leur diocèse que de l’évangélisation ; et leurs économes diocésains gèrent l’Église particulière comme une véritable entreprise commerciale au centime près. Ces laïcs en mission (avec un bon salaire) prennent les curés pour de simples manutentionnaires de cierges ou de dispensateurs de bénédictions.

    « Mal qui répand la terreur,

    Mal que l’épiscope en sa fureur,

    Inventa pour punir les curés de la terre,

    Le Fric (puisqu’il faut l’appeler par son nom)

    Capable d’enrichir la curie diocésaine

    Faisait aux ministres du culte la guerre » (d’après La Fontaine)

    • Les vicaires généraux, ou ces prêtres opportunistes, porte-voix de leur supérieurs sont inodores (pour la plupart) et sans saveur, heureux d’être à la droite et à la gauche de la mitre pour les honneurs (mais non pour le travail), surtout quand un beau liseré violet vient s’ajouter à leurs plus beaux habits de chœur ou leur carte de visite, « ecclésiastique quand tu nous tiens !!! »

    « Définis la cour un pas où les gens,

    Tristes, gais, prêts à tout, à tout indifférents,

    Sont ce qu’il plaît au prince, ou, s’ils ne peuvent l’être,

    Tâchent au moins de le paraître ;

    On dirait qu’un esprit anime mille corps;

    C’est bien là que les gens sont de simples ressorts… » La Fontaine

    La simple constatation des faits et des tendances actuelles à l’œuvre au sein de l’Église de France suffit à le démontrer.

    Face à cette situation, l’attitude d’une majorité d’évêques – consistant à ne pas voir cet ensemble de faits objectifs et à continuer obstinément à pratiquer cette pastorale délétère (la théorie du comme si… et de ces généraux sans armée) qui conduit à vider les églises en tournant le dos à deux millénaires de christianisme – demeure un défi lancé à la raison et un mystère parfaitement inexplicable.

    L’Église qui est en France entre dans l’agonie du Vendredi Saint, mais pour combien de temps ? Ponce Pilate se lave les mains et combien de prêtres fidèles à la réforme de la réforme vont-ils encore vivre l’épuration du Goulag épiscopal ?

    Dans tous les cas, redisons-nous que la vérité triomphe toujours, et c’est en soi une bonne Nouvelle ! Reste à savoir quand  et à quel prix ?

    Je ne saurais trop inviter les fidèles chrétiens à prier Marie comme le préconise notre pape François.