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Belgique

  • Mgr Delville : Trésor de la foi et annonce missionnaire

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    mag_104-page-001.jpgMonseigneur Jean-Pierre Delville, évêque de Liège,  a  fait devant les délégués des mouvements spirituels de son diocèse réunis à l’évêché une intéressante communication intitulée « Trésor de la foi et annonce missionnaire ». Il a bien voulu nous autoriser à en reproduire le texte, que voici : texte paru dans Vérité et Espérance-Pâque Nouvelle n° 104, automne 2017 (ce n° est disponible sur simple demande à sursumcorda@skynet.be )

     

    VE PN 104 Trésor Foi et Mission . Kérygme web-jesus-sermont-mount-c2a9leemage.jpg

    « Je vais d’abord voir les dimensions de la transmission du trésor de la foi à la lumière des suggestions du pape François dans Evangelii gaudium (EG). Puis je les illustrerai à travers l’histoire de notre région au cours des âges. Pour chaque époque, j’évoquerai la répercussion dans l’aujourd’hui de ce qui s’est vécu alors[1]. Enfin, je vais profiler des pistes pour activer la transmission de la foi dans notre Église locale, à la lumière des derniers documents du pape François et de nos expériences locales, afin de donner un avenir à nos mouvements, nos paroisses, notre foi, notre Église et notre monde[2].

     

    1. Les quatre caractéristiques de la transmission de la foi

     

    Dès l’époque de Jésus, on voit que le message que Jésus transmet reçoit deux types de réactions opposées : l’adhésion ou le rejet. Il est accepté avec enthousiasme par les uns, qui y voient une source de vie et d’amour. Il est rejeté par les autres parce qu’il n’est ni évident ni immédiat et qu’il va à l’encontre de nos pulsions premières, liées à la survie, à la sécurité, à la possession… Sous certains aspects, l’Evangile est déjà à l’époque dérangeant. Sa transmission ne va pas de soi. C’est un aspect que l’on voit beaucoup réapparaître aujourd’hui : la foi dérange et est rejetée parce qu’elle est exigeante.

    Selon l’évangéliste Matthieu, « Jésus proclamait la bonne nouvelle du Règne et guérissait toute maladie et toute infirmité parmi le peuple » (Mt 4,23). La transmission de la foi est donc constituée d’un message (un kérygme, une annonce) et d’un engagement salutaire (une éthique du salut).

    1. Dimension kérygmatique

    Il s’agit de la première annonce, celle du cœur de la foi (EG 163), le kérygme : « Jésus-Christ est mort et ressuscité ». Le fait de cibler l’annonce de la foi sur la personne de Jésus est le cœur de l’annonce. Si Jésus annonce le royaume de Dieu, les disciples, après la Pentecôte, centrent la foi sur la personne même de Jésus. Ils partent dans les grandes villes de l’Empire romain. Ils témoignent de ce qu’ils ont vu. Ils centrent tout sur la personne du Christ, sa mort et sa résurrection. En Jésus, se révèle un Dieu de la non-violence, qui donne son sang plutôt que de demander qu’on se sacrifie et donne son sang pour lui. Jésus combat le mal par la prière. Il assume toute la souffrance humaine sur la croix, car il demande que le sang soit épargné. C’est tout le sens du mystère de Pâques, que nous venons de célébrer. Le rôle unificateur de saint Paul est à relever. La transmission se fait dans la plupart des cultures religieuses, ethniques, sociologiques et linguistiques de l’époque. Le pape insiste sur la nécessité de l’apprentissage du contexte biblique dans le cadre de l’école et à la catéchèse (EG 175). L’évangélisation demande la familiarité avec la Parole de Dieu et cela exige que les diocèses, les paroisses et tous les groupements catholiques proposent une étude sérieuse et persévérante de la Bible, en promouvant la lecture personnelle et communautaire.

    1. Dimension éthique ou salvifique

    J’appelle catéchèse éthique celle qui ressort de l’engagement envers les pauvres et envers la paix, en ce qu’il éclaire notre vie, en plus de rendre service aux autres. Jésus guérit les gens malades ou pris par de mauvais esprits. Sa parole se fait engagement et salut. De même les premières communautés chrétiennes sont des lieux en décalage profond avec la société ambiante qui elle est caractérisée par la violence, l’esclavage, l’absence de morale publique, l’exploitation de l’homme par l’homme. Les communautés chrétiennes sont des lieux d’échanges, de partage, de soutien, d’amour mutuel. Elles sont des lieux de rencontres entre les juifs et les païens. La foi est transmise sociologiquement par ces communautés vivantes et dynamiques. Ces communautés sont persécutées car elles s’opposent au pouvoir des empereurs divinisés et sont réputées dangereuses pour l’autorité de l’état. Cela montre l’importance du salut que communique l’évangile, par la médiation de l’engagement des chrétiens.

    1. Dimension communautaire

    Les premiers disciples sont très vite chargés de répercuter le message. Qu’on pense aux 72 disciples, qui reviennent de mission tout contents, en disant : « les démons nous sont soumis ». Ils ne sont pas des pédagogues ni même tous instruits. Ils transmettent ce qu’ils ont compris comme ils le peuvent, sans systématisation. De même, dans les communautés de l’Église primitive, l’amour mutuel des chrétiens est signe de foi.

    1. Dimension mystique ou mystagogique

    Jésus se retire dans la montagne pour prier. De même il invite le chrétien à se retirer dans sa chambre pour prier dans le secret. Cela intrigue ses disciples, au point qu’ils lui demandent : « Apprends-nous à prier ». Jésus leur propose alors la prière du « Notre Père ». Cette prière est en quelque sorte le « credo » de Jésus, la prière de ralliement des chrétiens. L’initiation mystagogique, c’est le cheminement vers les mystères de la foi et vers la prière. Le mot « mystères » a un double sens : il signifie à la fois les sacrements et la dimension mystique de la foi.

     

    1. Les quatre évangélisations successives de nos régions

     

    1. La première évangélisation et sa dimension communautaire (4e siècle)

    L’enrichissement mutuel de la foi et de la culture qui l’accueille entraine une diversité d’expression de la foi. Des différences et des nuances apparaissent. Les quatre évangiles sont les témoins de ces divergences : l’évangile de Luc est d’inspiration hellénistique, l’évangile de Marc est imprégné de culture romaine, celui de Matthieu, de culture juive et l’évangile de Jean, apparu beaucoup plus tard, tend à corriger certaines limites des trois précédents. Le défi alors posé est celui de la diversité. Il y a une vraisemblance que les églises Notre-Dame de la vallée de la Meuse remontent au 4e siècle et aient été fondée par les petites communautés chrétiennes urbaines. Cette première évangélisation a donc un côté communautaire. Nous découvrons aujourd’hui des tendances différentes dans l’Église. Chaque congrégation ou groupe a son charisme, mais aussi parmi les laïcs, on voit des gens plus de gauche ou de droite, des sensibles au spirituel ou au social.

    1. La seconde évangélisation (7e siècle) et sa racine mystique

    Au 5e siècle, les invasions germaniques bouleversent la société romaine. Les Germains ont une culture sensiblement différente de la culture chrétienne et « latine » en vigueur dans l’Empire. Ils pratiquent le culte des objets de la nature (arbres, fontaines, pèlerinages, sacrifices, cours d’eau,…) et recourent à la magie et aux talismans. Cependant les Romains transmettent aux Germains les valeurs de la civilisation et leur foi chrétienne. Les deux cultures vont rapidement s’apprivoiser mutuellement, suite au baptême de Clovis, roi des Francs, une des plus importantes tribus germaniques. Le culte des reliques de saints chrétiens va être progressivement substitué à la religion de la nature des Germains et contribuer à leur évangélisation. Ainsi les Germains sacralisent la religion chrétienne par l’introduction d’un culte de substitution. Aujourd’hui, des formes de paganisme réapparaissent, avec des demandes d’exorcismes, des peurs, l’usage de talismans. D’autre part notre région est au cœur de la rencontre entre Germains et Romains, puisque les deux langues coexistent (germanique et française).

    1. La troisième évangélisation (13e siècle) et sa racine kérygmatique

    Dès le 11e siècle Huy et Liège se développent comme villes. Il se fait une nouvelle évangélisation, portée par les ordres apostoliques comme les franciscains (à Huy dès 1234) et les dominicains ; les croisiers sont fondés officiellement à Clairlieu en 1248. Tous ces ordres s’adaptent à la culture des villes et contestent les richesses. Ils retournent aux sources de l’évangile et au Christ, à la lumière de l’expérience acquise par les croisés en Terre Sainte, d’où ils rapportent des reliques du Christ. Ils diffusent une catéchèse de base et portent une attention particulière à la mission : ainsi saint François d’Assise invente la crèche vivante. Les statuts du diocèse de Liège de 1288 demandent que les parents apprennent aux enfants le Notre Père, l’Ave Maria et le Credo. Le thomisme promeut un nouvel équilibre entre nature et foi. Tout cela, c’est la dimension kérygmatique. Des femmes y participent activement : Isabelle de Huy, béguine, aide sainte Julienne dans la promotion de la Fête-Dieu. Aujourd’hui le christianisme a gardé des traces de cette nouvelle évangélisation ces pratiques urbaines comme les processions, les confréries, les crèches, les hôpitaux, les écoles. Il s’inspire de la pensée de l’époque et de l’apport de saint Thomas d’Aquin.

    1. La quatrième évangélisation (19-20e siècle) : prépondérance de la dimension éthique

    Dès la Réforme (16ème siècle), apparait avec force le rôle de l’individu et l’influence de l’éthique. On ne réfléchit plus d’abord en tant que membre d’une société ou d’une communauté mais en tant qu’individu. Parallèlement, en réaction à certains abus (vénération des reliques, diffusion payante d’indulgences,…), Luther impose un retour aux sources de la foi, les Écritures, en vue du salut de chacun. Mais ce recentrage se fait de manière assez intolérante avec une théologie du primat de la grâce sur la liberté, mais de facto, avec une accentuation sur la cohérence de l’agir chrétien. Kant accentuera le concept de liberté et la transcendance de l’éthique sur la métaphysique.

    Au 19ème siècle, la Révolution industrielle suscite le capitalisme sauvage ; l’Église réagit par la fondation de la démocratie chrétienne, des syndicats chrétiens, des mutualités chrétiennes, de cercles catholiques, qui poussent à l’instauration de lois sociales, réglementant le travail et le salaire. Encore aujourd’hui cette législation et ces associations sont porteuses de dimensions évangéliques dans la société. Les « Cercles catholiques » locaux gardent la trace de cette action de l’Eglise pour la justice sociale. Ceci fait penser au développement sauvage de l’économie aujourd’hui et à la nécessité de nouvelles solidarités (cf. Populorum communio, 4.2)

    Sa dimension kérygmatique

    D’autre part le développement des sciences met en question la fondation de la foi sur la nature et la création, car la géologie montre que le cosmos existe depuis des milliards d’année, alors que jusque 1850 on situait la création en 4000 avant JC.  Ce changement de perspective incite à un approfondissement des rapports entre sciences et foi. Il suscite une nouvelle lecture de la Bible, à la lumière des genres littéraires qui y sont utilisés et à la lumière de sa dimension symbolique. L’approfondissement de la foi devient toujours plus actuel. Le développement des technologies aujourd’hui nous pousse à un nouvel examen du monde et de la répartition des connaissances et des biens (cf. Populorum communio, 4.1).

    Sa dimension communautaire

    Le Concile Vatican II revisite la place de l’Eglise dans la société, insiste sur le rôle de la catéchèse et sur l’incarnation de la foi dans la vie, il valorise le dialogue avec la société et avec d’autres courants spirituels. Il entraine une certaine désacralisation de la foi, la fin d’une prétention à connaître la vérité absolue et à avoir un monopole du spirituel. Le tournant de mai 68 accentue la coupure avec la tradition et les institutions. La participation des laïcs, la réforme liturgique, l’engagement social et le dialogue œcuménique ou interreligieux sont des conséquences du Concile, très actuelles aujourd’hui. La nécessité s’impose de rapprocher les peuples (cf. Populorum communio, 4.3).

    Sa dimension mystique

    Le 21ème siècle est caractérisé par une crise des institutions et par les tensions entre le communautarisme et l’individualisme : qu’on pense à la destruction des tours de New York le 11 septembre 2001. Nous sommes dans un monde hyper-connecté avec une pléthore d’informations qui nuit à la bonne communication et à la transmission des valeurs et de la foi. Elle engendre de nombreuses peurs. Si la foi ne s’appuie plus sur la nature, comment réagir à ces peurs ? On constate un besoin de paternité, d’amour, de modèles. Un retour du sacré, réel mais multiforme, ainsi qu’une rupture des traditions. Dans ce cadre pensons aux nouvelles initiatives chrétiennes chez nous. Apparaît la nécessité d’une gouvernance mondiale pour l’écologie (cf. Populorum communio, 4.4).

     

    1. Les pistes actuelles de la transmission de la foi

     

    On pourrait dire qu’il y a deux types d’analyse de la situation actuelle de la foi : celle de la coupe à moitié pleine et celle de la coupe à moitié vide.

    Coupe à moitié vide : on insiste alors sur la désaffection de la pratique dominicale ; sur la sécularisation des institutions ; sur l’évolution des législations (euthanasie) ; sur l’éloignement de la jeunesse ; sur le petit nombre de prêtres, de religieux et même de bénévoles ; sur les églises désertées et fermées. Dès lors, il faut une optique d’évangélisation à partir de zéro. En ce sens on voit que le catéchuménat des adultes se développe. Il y a aussi le Chemin néo-catéchuménal, qui fait vivre le cheminement du catéchuménat sur plusieurs années à des gens déjà baptisés.

    Coupe à moitié pleine : en relève en ce sens que la moitié des enfants fréquentent les écoles libres catholiques et que 50% des enfants dans l’officiel suivent les cours de religion ; que plus de la moitié des syndiqués sont dans la CSC ; que, si les gens n’ont plus le rythme de la célébration hebdomadaire, néanmoins 60% des Belges se disent chrétiens, d’après une enquête récente. Les gens tiennent aux fêtes chrétiennes, spécialement à Noël, et aux manifestations folkloriques chrétiennes. Ils veulent un enterrement chrétien, et même une messe, alors qu’ils y vont peu durant leur vie. On rouspète si on abandonne une église, même si on n’y va jamais. Face à l’islam dans ses dérives fanatiques, on redécouvre le sens de la foi ; avec le pape François, beaucoup se reconnaissent chrétiens. Après dix minutes de conversation et un petit verre à la main, même un franc-maçon est fier de dire à l’oreille de l’évêque qu’il a été baptisé. En outre la mondialisation ajoute chez nous de nouveaux chrétiens, venus d’autres continents.

    Face à tout cela, on est obligé de voir large. On ne peut pas se contenter de répéter ce qu’on a toujours fait ; on ne peut pas non plus faire comme si on ne partait de rien.

    L’exhortation apostolique Evangelii Gaudium du pape François nous aide à voir des pistes d’action. Le pape François parle d’une Eglise en sortie : « Je préfère une Eglise accidentée, blessée, et sale pour être sortie sur la route à une Eglise malade pour sa fermeture et la commodité de s’attacher à ses sécurités ». Mieux vaut risquer ses talents que de les enterrer sous la terre. Sortir signifie un peu de confusion et renoncer à l’ordre

    Jésus est frappé par les foules qui sont sans berger. Sans émotion, il n’y a pas de pastorale. Ni de mission. Donc volonté de se laisser porter par Jésus. Il faut avoir une volonté de sortir, en nous laissant toucher par l’émotion de Jésus. Il faut rencontrer les besoins de la foule et des nombreux blessés de la vie. Une Eglise en sortie est un peuple qui met du baume sur les blessures de la violence. Un peuple vit non à partir de lois, de valeurs et de préceptes, mais de sentiments de miséricorde, qui ne sont pas des émotions mais sagesse de vie. Les gens veulent vivre un sentiment religieux profond. On peut être tenté par un christianisme de repli dans une civilisation post-chrétienne, un christianisme composé de refuges comme des monastères bénédictins (« Benedict-option ») ; mais le pape François nous pousse à une « Street-option », un christianisme qui descend dans la rue et travaille à la mission globale au service du monde. Il s’agit d’enrichir les autres par les richesses que nous avons reçues.

    1. a) Catéchèse kérygmatique

    Encore aujourd’hui il faut une catéchèse kérygmatique, qui cible l’essentiel de la foi. Je propose que l’on s’attelle à cette catéchèse de la première annonce et que chacun l’approfondisse en faisant un réapprentissage et une réappropriation du credo. C’est par une catéchèse kérygmatique que les protestants évangéliques ont recruté de nombreux chrétiens et comptent actuellement 600 millions d’adhérents dans le monde. Cela nous interroge sur notre capacité à annoncer la foi à ceux qui en sont loin. Le pape a créé le dimanche de la Parole de Dieu, dont la date est fixée en Belgique au premier dimanche d’avent. La Bible est en effet une grammaire de la vie et de ses mystères : l’amour, la mort, la souffrance, la créativité, la fécondité… Sans le langage biblique et la culture biblique, nous devenons des analphabètes de la vie.

    1. b) La catéchèse éthique

    « Aujourd’hui et toujours, les pauvres sont les destinataires privilégiés de l’Évangile », écrit le pape (EG 48). La catéchèse doit passer par l’expérience du service des pauvres et l’engagement pour la paix. Ainsi la foi est confirmée par les œuvres et les œuvres éclairent la foi. Notre langage de paix et nos services aux personnes fragilisées sont la base de cette catéchèse éthique. Cela fait penser aux communautés d’aujourd’hui, qui vivent une foi intense avec des gens d’origines très différentes et qui sont des facteurs de réconciliation. Le pape François, par ses voyages (dernièrement en Égypte et à Fatima), veut créer une mission globale, une réconciliation du monde, d’une manière non idéologique. Le dialogue avec l’islam et avec le judaïsme est donc très important. Il faut arriver à construire partout un État démocratique, qui fait profiter à chacun des richesses spirituelles de tous.

    1. c) La catéchèse mystagogique

    La catéchèse mystagogique implique essentiellement deux choses : une valorisation renouvelée des sacrements de l’initiation chrétienne (baptême, confirmation, eucharistie) et une progressivité de la formation au mystère de la foi, dans laquelle toute la communauté intervient et où le prêtre assure le rôle de représentant du Christ et de successeur des apôtres (EG 167). La transmission de la foi est donc aussi mystique, elle est transmise à travers la prière, depuis la prière personnelle jusqu’à la prière communautaire. Elle conduit au mystère de Dieu, au mystère de la création et elle nous unit à Dieu.

    1. d) La catéchèse communautaire

    Nous sommes tous appelés à transmettre la foi. Donc la démarche de transmission est d’abord une démarche d’Église. L’Eglise doit être missionnaire, elle doit être en sortie (EG 24). Le pape écrit que « l’Église “en sortie” est la communauté des disciples missionnaires qui prennent l’initiative, qui s’impliquent, qui accompagnent, qui fructifient, et qui fêtent ». La communauté évangélisatrice expérimente aussi que le Seigneur a pris l’initiative, il l’a précédée dans l’amour (cf. 1 Jn 4, 10) et, en raison de cela, elle sait aller de l’avant, elle sait prendre l’initiative sans crainte, aller à la rencontre, chercher ceux qui sont loin et arriver aux croisées des chemins pour inviter les exclus.

    Dans ce cadre il faut souligner l’influence des parents et de la famille : cette dimension importante est déjà présente dans les Actes des Apôtres. Les grands-parents ont également (et de plus en plus) un rôle fondamental à cet égard (EG 66). Si le parent n’est pas engagé dans une démarche de foi, même tâtonnante, l’enfant ne sent pas encouragé à y participer.

    Mais il y a aussi le rôle de la communauté, des mouvements spirituels, de l’école, de l’amitié et la camaraderie. Les groupes dont fait partie une personne sont fondamentaux dans sa démarche de foi. Celle-ci est encouragée par l’exemple et par le témoignage, en particulier celui des responsables pastoraux. La collaboration entre les différents niveaux de responsabilité est importante. Mais chaque personne doit être porteuse d’initiatives et de créativité, avec ses charismes propres.

    Il faut enfin un accompagnement spirituel individuel spécifique à tous les âges de la vie dans une perspective de continuité ; c’est un accent mis par le pape François (EG 169 : accompagnement spirituel) et c’est une invitation aux prêtres et aux accompagnateurs à prendre au sérieux leur rôle de pasteurs.

     

    1. Conclusion

     

    Je suis persuadé que notre Église a un avenir. J’oserais dire, en revenant sur le verre à moitié vide et sur le verre à moitié plein, que nous devons travailler dans deux sens. Dans le premier sens, nous devons être saisis par l’urgence d’une annonce de la foi, dans une société qui en est loin, au sens explicite du mot. Il faut trouver de nouveaux lieux d’annonce et d’explicitation de la foi. Les groupes spécialisés peuvent nous orienter. Mais chacun doit oser aussi sortir de sa carapace, vaincre ses tabous et dire sa foi, surtout en racontant ce qu’il vit, ce qu’il fait, ce qu’il sait ce qu’il découvre en cette matière. Il faut semer davantage. Il faut renouveler de manière créative le langage de la foi.

    D’autre part, sachant que l’Esprit souffle où il veut, il faut voir partout les semences d’évangile qui sont parfois implicites, les braises qui couvent sous la cendre. Il faut brasser large, comme fait le pape François ; il faut dialoguer avec tous, écouter, s’engager socialement dans le sens de l’évangile, sachant qu’il y a bien plus d’inspiration chrétienne qu’on ne le croit dans nos sociétés. Il faut s’engager socialement en faveur de la solidarité sociale, de la mixité sociale, de l’accueil du pauvre, du respect de l’écologie, car tout cela est expression discrète de l’évangile. Il faut lutter contre les mouvements qui ont tendance à exclure le religieux de la société. Il faut valoriser les démarches minimales de foi, qui s’expriment parfois par un geste, une prière, une visite, une ouverture d’église, une musique, une œuvre d’art. Que l’Esprit Saint nous aide et nous inspire ! »

     

    † Jean Pierre Delville

    évêque de Liège

    [1] Cf. Jean-Pierre Delville, Le christianisme médiéval, creuset de l’Europe, dans Jean-Pierre Delville, Quelle âme pour l’Europe ?, Trajectoire 28, Namur, 2016, p. 57-90.

    [2] Cf. Évêques de Belgique, Populorum communio, Lettre pastorale pour le Carême, 26 mars 2017, Bruxelles, 2017.

     JPSC

  • Deux, trois petits pas au Livre de Job

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    mag_104-page-001.jpg"Vir erat in terra Hus, nomine Job: simplex et rectus, ac timens Deum: quem Satan petiit, ut tentaret: et data est ei potestas a Domino in facultates et in carnem ejus...

    "Il y avait, au pays de Hus, un homme appelé Job, simple, droit et craignant Dieu. Satan demanda de le mettre à l'épreuve et reçut du Seigneur pouvoir  sur ses biens et  sur son corps..."

    Job, 1 (offertoire du 21e dimanche après la Pentecôte)

     

    job 007.jpg

    Il était un homme, appelé Job...

     

    Un homme simple et droit,

    qui vénérait Dieu

    et veillait à garder ses enfants en son amour.

    ~

    Job était entouré d’estime

    et comblé de biens.

    ~

    Il n’est pas entouré d’estime

    et comblé de biens

    parce qu’il vénère Dieu.

     

    Il ne vénère pas Dieu

    parce qu’il est entouré d’estime

    et comblé de biens.

     

    Simplement Job est Job

    et Dieu, Dieu.

    ~

    Là,

    ni « parce que », ni « pour que ».

    Simplement Job est Job

    et Dieu, Dieu.

    C’est tout.

     

    C’est Tout.

    Il ne faut pas chercher plus loin.

    ~

    Dieu garde l’homme en bienveillante main ;

    il « ne dort ni ne somnole » :

    il veille.

     

    « Regardez les oiseaux du ciel...

    Regardez les lis des champs... »

    Dieu pourvoit à tout

    et au-delà.

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  • Opus Dei : l’abbé Etienne Montero a célébré sa première messe solennelle à Saint-Jacques sur Coubenberg

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    De Jean-Jacques Durré sur le site Cathobel :

    « Ce dimanche 15 octobre, en l’église Saint-Jacques sur Coudenberg, l’abbé Etienne Montero a célébré sa première messe solennelle.

    opus-dei-Montero.jpgQui ne connaît pas le Professeur Etienne Montero, ancien doyen de la Facultés de Droit de l’UNamur (anciennement Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix de Namur). L’homme ne laisse personne indifférent et il s’est fait de nombreux détracteurs en montant souvent au créneau pour dénoncer entre autres la loi sur l’euthanasie. Depuis plus de 25 ans, il s’intéresse aussi à des questions d’éthique politique et de bioéthique. Régulièrement consulté par diverses instances publiques; son expertise sur la fin de vie a été sollicitée, notamment, dans plusieurs procédures judiciaires à l’étranger (Canada, Afrique du Sud, Nouvelle-Zélande, etc.). Etienne Montero est aussi l’auteur de plusieurs ouvrages et d’environ 150 articles scientifiques. Il a assuré la direction scientifique de près de 10 ouvrages.

    Ordonné à Rome

    Ce que l’on ne sait peut-être pas, c’est que ce docteur en droit aux idées fortes, a franchi le pas et est devenu prêtre en avril dernier, avec 30 autres membres de l’Opus Dei. Il a été ordonné à Rome par le cardinal Giuseppe Bertello, président du Gouvernorat de l’Etat de la Cité du Vatican.

    Et dimanche dernier, 15 octobre, l’abbé Montero a donc célébré sa première messe solennelle en l’église Saint-Jacques sur Coudenberg, à Bruxelles. Pour sa première célébration, l’abbé Montero était entouré, comme concélébrants, par Mgr Emmanuel Cabello, vicaire régional de la prélature de l’Opus Dei, Mgr Herman Cosyns, secrétaire de la Conférence épiscopale belge, le Père Xavier Dijon sj, ancien collègue du nouveau prêtre à l’Université de Namur et plusieurs autres prêtres.

    Environ 350 personnes ont participé à la célébration, parmi lesquelles des membres de sa famille, des collègues de travail et de nombreux amis. La messe a été suivie par une réception dans les locaux de la Guilde des Arbalétriers, située dans les sous-sols de l’église.

    Ancien du collège Saint Pierre à Uccle, licencié et docteur en droit de l’UCL, licencié et, bientôt, docteur en Théologie de l’Université de Navarre. Etienne Montero a mené une carrière de recherche et enseignement universitaire. Ses enseignements et ses recherches ont porté sur le droit civil et le droit des technologies de l’information. Il est en effet un spécialiste du droit du commerce et de la signature numérique et de questions de responsabilité des intermédiaires de l’internet.

    « Seule la foi vous permet de quitter une carrière prestigieuse »

    Les lectures de la messe de ce 28ème dimanche du temps ordinaire étaient centrées sur l’amour d’alliance de Dieu avec son Peuple, alliance qui est célébrée dans le sacrement de l’Eucharistie, présidée par le nouveau prêtre. L’homélie a été l’occasion de relever que le sacrement de l’Ordre a fait d’Etienne Montero « un ministre du Christ, prêtant à Jésus, ses paroles et ses gestes au moment de dire « Ceci est mon Corps, ceci est mon Sang ». Le prêtre est aussi le Christ dans le sacrement de la miséricorde de Dieu —la confession —, lorsqu’il dit : Et moi (…) je te pardonne tous tes péchés. Comme dit le pape François, il est alors, comme Jésus, « l’instrument de la tendresse de Dieu ». C’est aussi avec l’autorité du Christ qu’il proclame la Parole de Dieu et l’explique aux fidèles ».

    Comment Etienne Montero a-t-il « sauter le cap », en quittant une carrière académique prestigieuse, même s’il garde une charge d’enseignement? « Seule la foi peut l’expliquer », a poursuivi l’abbé Montero, rappelant que « le sacerdoce est un don immense, reçu dans la foi, la foi dont nous parle saint Paul dans la deuxième lecture: ‘Je peux tout en celui qui me donne la force’. Et de conclure: « Le prêtre n’est pas un superman, il est un homme ordinaire, qui n’a pas en lui-même plus de pouvoir que les autres, mais, à qui Dieu, dans son infinie miséricorde, donne la force de faire des choses divines: il peut transformer le pain et le vin en le Corps et le Sang du Christ, il peut pardonner tous les péchés, car le sacrement de l’Ordre lui donne d’être le Christ qui agit au service de ses frères les hommes ».

    J.J.D. »

    Ref. L’abbé Etienne Montero a célébré sa première messe solennelle

    JPSC

  • Bruxelles : une année dans le Coeur de Jésus

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    De catho-bruxelles.be :

    UNE ANNÉE DANS LE CŒUR DE JÉSUS (octobre 2017 - juin 2018)

    A la Basilique, tout au long de cette année, les fidèles seront invités à entrer davantage dans la spiritualité du Cœur de Jésus, en répondant notamment aux promesses du Cœur de Jésus pour les neuf premiers vendredis du mois. A l’issue de ces neuf mois, chacun pourra se consacrer au Sacré-Cœur, lors de la fête du Sacré-Coeur.

    L’amour de Jésus n’est pas à conjuguer au passé mais au présent. Jésus ne cesse de nous aimer. Parce que nous l’oublions trop facilement ou n’y croyons pas assez, Jésus a montré son Coeur à une humble religieuse, Marguerite-Marie Alacoque en 1675. Jésus a fait douze promesses à Sainte Marguerite-Marie. Si le langage de ces dernières n’est plus celui d’aujourd’hui, la mise en perspective avec la Parole de Dieu est éclairante (découvrez ici ces 12 promesses).

    ET SI JE PRENAIS AU SERIEUX CES PROMESSES DE JESUS ? Nous ne savons pas comment le Seigneur réalisera ses promesses. Mais Dieu fait ce qu’il dit et si je le croyais ?

    C’est ainsi qu’Il s’est défini Lui-même : « Mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de coeur» (Mt 11, 29). Et le sens de la fête du Sacré-Coeur de Jésus est de découvrir toujours plus sa tendresse et de nous laisser envelopper par l’humble fidélité et par la douceur de l’amour du Christ, qui nous révèle la miséricorde du Père. Nous pouvons expérimenter et goûter la tendresse de cet amour à toutes les saisons de la vie: au temps de la joie et dans celui de la tristesse, au temps de la santé et dans celui de l’infirmité et de la maladie. »
    pape François

    PROPOSITIONS POUR 2017-2018 | BASILIQUE DU SACRÉ-CŒUR

    LES 9 PREMIERS VENDREDIS DU MOIS
    Nous invitons chacun à faire cette démarche : dès le vendredi 6 octobre, et pendant 9 mois, venir participer à la messe à la basilique chaque premier vendredi. Ce sera possible en venant soit à la messe de 9h, soit à la soirée Miséricorde à 20h (qui aura lieu dans la basilique même ou dans la crypte, suivant la température) précédée à 19h par les confessions.

    FÊTE DU SACRE-CŒUR VENDREDI 8 JUIN ET DIMANCHE 10 JUIN
    Cela aboutira à la fête du Sacré Coeur, qui cette année tombe le vendredi 8 juin, où durant la messe solennelle de 19h, il y aura possibilité de se consacrer au Sacré Coeur.
    C’est aussi Jésus qui a demandé à Saint Marguerite-Marie l’établissement de la fête du Sacré-Coeur. Voici ce qu’elle a déclaré : « Voici ce Coeur qui a tant aimé les hommes, qu’il n’a rien épargné jusqu’à s’épuiser et se consumer pour leur témoigner son amour…
    Je vous demande que le premier vendredi après l’octave du Saint Sacrement soit consacré à célébrer une fête particulière pour honorer mon Coeur…

    PARCOURS DU SACRE-CŒUR DE JESUS
    Chaque dimanche à 14h à la Basilique : le parcours du Cœur de Jésus pour ceux qui veulent méditer sur le mystère du cœur de Dieu qui a tant aimé le monde…
    SAMEDI 2 DECEMBRE CONFERENCE
    De 14h30 à 16h00 « Voici quelles sont d’âge en âge les pensées de son cœur » (ps 33,11) Les annonces du Cœur de Jésus dans l’Écriture (conférence par sr Marie-David Weill, csj)


    Date / Heure
    Date(s) - 06 octobre 2017 - 08 juin 2018
    Toute la journée

    Lieu
    Basilique nationale du Sacré-Coeur
    Parvis de la Basilique, 1
    1081 Koekelberg

  • Pour 2/3 des Belges, la religion cause plus de problèmes qu'elle n'en résout

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    Lu sur La Capitale (lundi 16, p. 15)

    La religion une invention du diable ! 

    Selon une grande enquête de l’institut de sondage Ipsos relayée par nos confrères du Nieuwsblad, comparativement au reste du monde, c’est en Belgique que l’on est le plus intimement convaincu que la religion est à la base de bien davantage de problèmes qu’elle ne peut en résoudre.  Deux Belges sur trois estiment en effet que la religion n’apporte gue des soucis. Un vrai record ! Ipsos a mené son enquête dans 24 pays du monde. Nulle part autant qu’en Belgique on ne considère la religion comme une invention du diable. 68 % des Belges sondés ne voient en elle qu’une source d’ennuis.

  • Belgique : une offre élargie pour le Chant Grégorien

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    De  Manu Van Lier sur le site « cathobel », le 12 octobre 2017

    « L’Académie de chant grégorien a été fondée en mars 2000 à Bruxelles Depuis, elle ne cesse de se développer et propose aujourd’hui un programme très complet avec des cours de chant grégorien à Bruxelles et à Liège ouverts à tous

    A Bruxelles

    Le cours est animé par Isabelle Valloton, qui a reçu une formation grégorienne à l’abbaye valaisanne de Saint-Maurice et au Chœur grégorien de Paris ainsi que dans des séminaires organisés par des grégorianistes de renom. Elle sera assistée par Jacques Zeegers, directeur musical de la choraleModifier grégorienne Saint-Irénée de Bruxelles. www.irenee.gregorien.be

    Les leçons sont organisées sur deux niveaux et sont données le samedi après-midi de 14h à 17h aux dates suivantes :

    28 octobre, 18 novembre, 2 décembre ,16 décembre 2017 ;  20 janvier, 3 février, 24 février,
    3 mars 2018. Messe de clôture le dimanche 18 mars.

    Prieuré Saint-Madeleine, avenue de Jette 225, 1090 Jette

    Information et inscription : www.gregorien.be ; academiegregorien@skynet.be  – 0477 414 419.

    A Liège

    D+®pliant cours acad+®mie 2017-2018.jpg

    Le cours est également animé par Isabelle Valloton (voir ci-dessus) assistée par, Gérald Messiaen auteur d’un répertoire grégorien consultable sur le site de l’Académie www.gregorien.be et d’un manuel « Le chant grégorien, un aperçu ».

    Treize leçons sont organisée le samedi de 14h30 à 17h30 aux dates suivantes : 21 octobre,
    11 novembre, 25 novembre, 9 décembre 2017 ;  13 janvier, 27 janvier, 17 février, 10 mars, 14 avril,
    21 avril, 5 mai, 26 mai et 9 juin 2018. Journée festive le samedi 18 juin : concert et messe de clôture avec la Schola Cardinal Wyszynski de Varsovie dirigée par Michal Slawecki.

    Cette formation est élargie à la formation de la voix, à la lecture musicale et à l’initiation à l’orgue, avec trois professeurs universitaires ou diplômés des conservatoires tant belges qu’étrangers.

    Les formations se donnent toutes dans les locaux de l’église du Saint-Sacrement (Bd d’Avroy, 132, 4000 Liège).  Inscription en ligne sur www.gregorien.be.  Pour tout renseignement: 04.344.10.89 ou academiedechantgregorienliege@proximus.be "

    Source: une offre élargie pour le Chant Grégorien

    Voir aussi:    L'Académie de Chant Grégorien à Liège : une offre qui s’élargit encore !

    JPSC

  • Cantus amoris : concerts à Liège, Stavelot et Aix-la-Chapelle les 25, 26 et 27 octobre

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    Cantus amoris 

    Concerts-Konzerte Liège, Stavelot, Aachen

    25, 26, 27 octobre/October 2017

    Tous les détails figurent sur le pdf téléchargeable ICI

    L’ensemble vocal et instrumental français Les Heures propose un programme sur le thème du Cantique des Cantiques, mêlant des pièces grégoriennes et des motets de compositeurs liégeois du xviie siècle autour de Henry Du Mont.

    Trois grands lieux

    Liège, Stavelot, Aix-la-Chapelle, trois hauts lieux millénaires de culte et de culture : une ville impériale et deux principautés dépendant du Saint-Empire romain de la nation germanique. Ces trois cités carolingiennes aux destins croisés étaient jadis englobées dans le diocèse de Liège.

    Pendant sept ans, l’abbaye de Stavelot accueillit l’Evêque Lambert qui devait être assassiné en 705 à Liège sur la place qui porte désormais son nom. Et le somptueux buste reliquaire de saint Lambert fut réalisé à la demande d’Erard de la Marck, Prince-évêque de Liège, par un illustre orfèvre aixois au xvie siècle.

    Liège fut, semble-t-il, la ville de prédilection de Charlemagne (du fait peut-être de sa naissance possible à Jupille ?). Par la suite, les Empereurs couronnés à Aix-la-Chapelle intervinrent régulièrement dans la nomination des Princes-évêques, notamment celle de Notger par Otton Ier et celle de Poppon comme Prince-abbé de Stavelot-Malmedy par Henri II. Certains ecclésiastiques cumulèrent du reste la double charge. Ce fut le cas de Ferdinand de Bavière à l’époque des compositeurs de ce concert.

    Enfin, à l’heure actuelle Liège et Aix-la Chapelle, villes jumelées, entretiennent des relations privilégiées, notamment dans le cadre de l’Eurégio Meuse-Rhin. Il était donc justifié d’associer ces trois villes millénaires dans un événement musical d’exception.

    Le premier concert, organisé au profit du Foyer des Orphelins, trouvait donc tout naturellement sa place dans la Cité Ardente. Réputée pour son festival annuel de musique de chambre et ses manifestations culturelles, l’Abbaye de Stavelot était également un lieu tout désigné pour un deuxième concert dont les bénéfices iront à la Fondation Roi Baudouin (recherche contre le cancer). Enfin, la magnifique cathédrale impériale d’Aix-la-Chapelle dans laquelle fut enterré Charlemagne, organisatrice de nombreux concerts de musique sacrée, était le lieu magique pour le dernier Cantus Amoris au profit de la Maecenata stiftung (recherche contre le cancer).

    La musique

    Antoine Auda, auteur de remarquables recherches sur la vie musicale à Liège, souligne la richesse de la musique sacrée aux xvie et xviie siècles. Certaines paroisses attiraient des talents exceptionnels par comparaison avec d’autres grandes villes. Liège pouvait se vanter de posséder des compositeurs de grand savoir, grande érudition, inventivité et solidité contrapuntique à la néerlandaise auxquels il faut ajouter l’élégance moderne à l’italienne.

    Les chœurs des grandes églises étaient non seulement des formations musicales préparant les fêtes religieuses, mais aussi de véritables institutions pédagogiques. Les enfants y entraient vers l’âge de huit ou neuf ans et y apprenaient le chant, les matières scolaires et divers instruments comme l’orgue et la basse de viole.

    Dans les grandes villes de Belgique ou de France, l’état des chœurs variait beaucoup en fonction de la compétence de leurs maîtres. Mais quand les organisations administratives et musicales coopéraient dans de bonnes conditions, ces maîtrises constituaient de véritables pépinières musicales, dont sortaient parfois des talents de premier rang comme Henry Du Mont à Maastricht, Léonard Collet de Hodemont, Lambert Pietkin ou Pierre Bonhomme à Liège.  

    Né en pays de Liège, le musicien et compositeur Henry de Thier francisera son nom wallon à Paris en se faisant désormais appeler Henry Du Mont (v.1610-1684). Organiste officiel de Notre-Dame de Maastricht, il intervint parallèlement à Liège et se perfectionna probablement, avant de partir à Paris, auprès de Léonard Collet de Hodemont (v.1575-1636) dans la cathédrale Saint-Lambert. C’est là qu’il aurait connu Lambert Pietkin (1613-1693), organiste de renom lui aussi. Quasi contemporain de Hodemont, Pierre Bonhomme (v.1555-1617), après un séjour à Rome, devint « grand chantre » à la collégiale Sainte-Croix de Liège. Il laisse lui aussi une musique très emprunte de la modernité italienne.

    Les motets latins de ces compositeurs étaient destinés non seulement à la lecture des théoriciens et des amateurs (distraction assez répandue à l’époque), mais avant tout à l’usage quotidien dans la vie liturgique. Pour les religieux, la musique sacrée était un moyen de communication, et ils faisaient appel aux meilleurs chanteurs de leur entourage pour assurer la qualité et la ferveur de l’interprétation.

    Le concert proposé ici est organisé autour de la thématique de l’amour selon le Cantique des Cantiques. Il est associé à la sortie du livre Un couple pour la vie ? édité chez l’Harmattan et écrit par un liégeois, Joseph-André Metten. Ces soirées sont dédiées à Madame Susana Metten, son épouse, qui commença avec lui l’écriture de cet ouvrage avant de décéder quelques mois plus tard. Le couple a voulu témoigner avec lucidité et ferveur de la force de l’amour qui peut unir deux êtres donnés l’un à l’autre pour la vie à travers les épreuves parfois douloureuses et les grandes joies de l’existence.[1]

    [1]  Susana et Joseph-André Metten, Un couple pour la vie ?, L’Harmattan, Paris 2016.

    Ce livre sera vendu à la fin des concerts avec un versement par l’éditeur de 40% du prix de vente au profit de l’association et des fondations bénéficiaires des concerts.

  • Bruxelles, 21 octobre : "Samedi philo" sur le vivant, la vie humaine et la famille avec le Frère Marie-Jacques csJ

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  • Le modèle social belge dans l'impasse...

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    Une opinion de Bruno Colmant (Banque Degroof Petercam, professeur à l'ULB et à l'UCL) sur le site de la Libre :

    La fin de l'Etat-providence ?

    La Belgique devra accepter l’inflexion de son modèle social, car l’importance de la dette publique l’a sabordé.

    La notion d’Etat-providence relève de deux acceptions, à savoir l’Etat-providence bismarckien, fondé en Allemagne par les lois de 1880, et l’Etat-providence beveridgien (ou welfare state), du nom de son inventeur, l’économiste anglais travailliste William Beveridge (1879-1963). L’Etat-providence bismarckien est fondé sur le mécanisme des assurances sociales, dans lequel les prestations sont la contrepartie de cotisations, tandis que l’Etat-providence beveridgien, financé par l’impôt, fournit des prestations uniformes à tous les acteurs de la société.

    L’Etat-providence belge résulte d’une juxtaposition de ces deux catégories. L’Etat-providence belge est une architecture sociale qui constitue l’essence du modèle belge fondé sur la solidarité fiscale et parafiscale, elles-mêmes respectivement fondées sur la capacité contributive des citoyens et une association de leurs revenus professionnels à un mécanisme assurantiel.

    Mais si ce modèle était robuste dans une économie prospère, caractérisée par une amplification de la démographie et une hausse des gains de productivité, ses limites furent atteintes dans les années septante, une décennie maudite altérée par deux chocs pétroliers et des désordres monétaires. L’économie abandonnait l’industrie pour entrer dans le secteur tertiaire et l’Etat combla ce choc d’emploi par une politique de transferts sociaux qui embrasèrent la dette publique jusqu’à ce qu’elle dépasse 130 % du PIB au début des années nonante. Bien que ce pourcentage reflua, nous avons commencé à endetter collectivement nos pays pour adoucir la transition vers l’économie des services, très différente du contexte industriel. Nous espérions que la démographie et la productivité futures nous extirperaient sans douleur d’une dette publique qui enflait.

    Malheureusement, cet espoir de l’Etat-providence qui se rembourse tout seul aurait exigé une économie géographiquement statique. La formulation actuelle de l’Etat-providence nous a piégés dans une dette publique qui a consisté à anticiper la consommation sur la production. Nous n’avons donc pas redistribué la croissance, mais emprunté celle des générations suivantes qui refuseront bien sûr d’honorer ces dettes. L’erreur, c’est de n’avoir pas compris qu’il aurait fallu rembourser cette dette publique lorsque la conjoncture était favorable. De surcroît, c’était sans compter la mondialisation qui déplace le progrès et la croissance au gré de l’ouverture des peuples et des marchés. Aujourd’hui, nous entamons une nouvelle transition qui est celle de l’inventivité technologique.

    La Belgique devra donc accepter l’inflexion de son modèle social car l’importance de la dette publique l’a sabordé. Le pays entame un combat intime : celui qui l’oppose à lui-même. D’ailleurs, il oscille en permanence entre deux espaces-temps : il s’impose un modèle social industriel, inventé dans les années soixante, alors que 70 % du PIB provient désormais du secteur des services. Et c’est cela, sans doute, le chromosome faible de la Belgique : le flottement permanent entre deux modèles, le passager clandestin de tous les courants. Ni dehors, ni dedans. Certains appellent cela du pragmatisme ou un relent de lutte des classes. D’autres le qualifient de pusillanimité.

    Mais nous faisons peut-être face à une autre ambiguïté. En effet, si la croissance a été alimentée par l’endettement privé et public, est-il possible d’en espérer le retour sans endettement croissant ? En d’autres termes, est-il cohérent de vouloir désendetter nos économies et de promouvoir simultanément la croissance ? Probablement pas, car un autre phénomène se greffe sur cette ambivalence, à savoir que l’inflation est insuffisante. Or, l’inflation est justement un moyen sournois de réduire le pouvoir d’achat de la monnaie et donc d’alléger le poids des dettes. A mon intuition, il n’est donc pas possible de souhaiter le retour d’une croissance économique (traditionnellement alimentée par l’endettement) et de vouloir réduire l’endettement de nos communautés alors que l’inflation est basse. Cette situation est, en effet, de nature déflationniste. Or la déflation est le pire piège de l’économie.

    Comment s’extraire de cette situation ? Il n’y a pas de solution parfaite car chaque piste emprunte une certaine orientation politique. Certains préconisent la rigueur budgétaire et donc la réduction des dépenses publiques et le démantèlement de l’Etat-providence. Est-ce envisageable ? Je ne le crois pas : nous faisons face à la dette cachée des pensions, pour lesquelles aucune réserve n’est constituée en Belgique alors que l’espérance de vie augmente et que la natalité est insuffisante. D’autres appellent le retour de l’inflation pour stimuler la croissance. Mais cette piste est contraire aux orientations de la Banque centrale européenne (BCE), gardienne de l’euro, qui se veut impitoyable si l’inflation venait à dépasser 2 %. De manière intermédiaire, on peut imaginer une économie vieillissante et désinfatuée qui empile des dettes publiques transformées en offre de monnaie par la BCE. C’est l’approche adoptée temporairement par cette institution qui solde l’accroissement de dettes publiques entraîné par la crise de 2008. Elle devrait normalement susciter une reprise de l’inflation, mais cette dernière est malheureusement contrariée par le vieillissement de la population. On le voit : tout est dans tout.

    Mais il faut tirer une leçon de ce constat : nous avons fait preuve d’une terrifiante myopie en croyant qu’on pourrait impunément emprunter le bien-être économique futur sans prendre en considération les mutations économiques et l’inversion des courbes démographiques. Cette situation va d’ailleurs s’aggraver avec la digitalisation de l’économie. Le temps d’une profonde remise en question est venu. Elle devra nécessairement passer par l’établissement d’une vision réaliste à long terme de notre avenir économique et du rôle que l’Etat sera amené à y jouer. Une telle démarche nous semble indispensable. Si une telle réflexion n’est pas engagée, il en résultera une économie de terre brûlée et un tollé générationnel. Vers quoi cette réflexion devrait-elle alors conduire ? Vers une solidarité fiscale et sociale harmonieuse, à la hauteur de ce qui fut bâti après la Seconde Guerre mondiale.

  • Fluctuat nec mergitur : les tribulations d’un collège jésuite au pays des grands lacs

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    Un regard africain sur une tranche d’histoire qui peut encore nous parler en tant que Belges nous le rappelle : le temps n’est pas partout le même ni l’évolution des mentalités linéaire. Les tribulations d’un collège jésuite au pays des grands lacs nous en apportent la preuve.

    Dédié à Notre-Dame de la Victoire, dont la statue surmonte l’entrée d’honneur de cet immense bâtiment achevé dans les années 1950, le Collège des Jésuites de Bukavu (RDC) déploie aujourd’hui encore ses ailes autrefois immaculées au sommet de la presqu’île de Nya-Lukemba, face au lac Kivu.

    Comme le montre ci-dessous le film commenté par le P. José Minaku, en trois quart de siècles et plus, il a certes vieilli et payé son tribut aux vicissitudes qui jalonnent l’histoire du Congo depuis l’indépendance mais, sous le nom d’Alfajiri hérité de l’ère mobutiste, c’est toujours bien lui avec sa grande croix dominant la tour de la chapelle et le monogramme du Christ : Iesus Hominum Salvator, qui est aussi celui de la Compagnie de Jésus, restée aux commandes du navire : « Stella Duce », sous la conduite de l’étoile.

    Le monde a certes changé et la population scolaire, encore plus nombreuse qu’autrefois, est bien différente de la jeunesse coloniale qui avait motivé la fondation de ce collège en 1938 mais, et c’est ce que donne à entendre le commentaire, l’esprit demeure, conservant même une pieuse mémoire des temps anciens.

    JPSC

  • Verviers, 21 octobre : concert "Célébration royale" avec le Te Deum de Charpentier et des oeuvres de Purcell et de Haendel

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  • Chiffres et pratique de la procréation médicalement assistée (PMA) en Belgique

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    Du Bulletin de l'Institut Européen de Bioéthique :

    Chiffres et pratique de la Procréation Médicalement assistée en Belgique

    Dossier de l'IEB

    Depuis 1978, année de naissance du premier bébé né par fécondation in vitro, le nombre d’enfants conçus de cette manière s’élève à 5,4 millions dans le monde entier. La grande majorité des traitements de PMA est réalisée en Europe. En 2014, il y eut 707.171 cycles entrepris sur le continent, donnant lieu à 146.232 naissances.

    Les techniques de procréation médicalement assistée se sont beaucoup développées depuis 40 ans en Belgique, pays pionnier dans la pratique. Il compte aujourd’hui 18 centres de Procréation Médicalement Assistée (PMA), soit un par hôpital universitaire et un centre non-universitaire par province et 16 banques d’ovocytes et de sperme.

    En 2014, 33.790 cycles de PMA ont été entrepris, ce qui a conduit à 5.774 naissances, soit 4,6% du total des naissances. En comparaison, aux Etats-Unis, les enfants conçus en 2015 par FIV représentent 1,7% du nombre total des naissances6, soit 67.818 nourrissons. Au Japon, ce chiffre atteint 5% des naissances !

    A l'heure où la France se questionne sur la PMA pour toutes les femmes, ce nouveau Dossier de l'IEB aborde différents aspects de la PMA: juridiques, économiques, éthiques et psychologiques.

    Il ne fait pas l'impasse sur des données sensibles telles que le nombre d'embryons détruits, donnés, congelés chaque année et aborde aussi l'aspect budgétaire et les coûts que représentent ces techniques de procréation.

    D’après l’INAMI, la totalité des dépenses liées à la PMA aurait coûté à la sécurité sociale 72.969.000€ pour la seule année 2013.

    Télécharger le Dossier : ICI